Que dire du manga 20th century boys si ce n'est qu'il m'apparaît comme exceptionnel, impressionnant, génial, monstrueux (non, là je m'égare sur une autre histoire du même auteur). Les qualificatifs élogieux pourraient pleuvoir ainsi pendant des pages entières. En bref, c'est un chef-d'oeuvre.
Il faut d'abord relever le caractère monumental de la série. A ce jour, 21 tomes sont parus au Japon, 18 étant déjà traduits en langue française. Et la série n'est toujours pas terminée, même si ce 21ème tome lève le voile sur de nombreuses questions(selon ma libraire qui l'a su de machin truc qui est allé le trouver en format numérique... ). J'admire donc déjà la quantité astronomique de travail que l'auteur a du fournir pour le développement d'une telle série.
Le scénario est en tout point remarquable, l'auteur jonglant admirablement avec différentes époques et un nombre impressionnant de personnages. Il développe progressivement son scénario à rebondissements sans jamais lasser le lecteur. Je dois dire qu'arrivé au 12ème tome, la complexité de l'histoire m'a fait recommencer du début. Mais au regard du coût de la série, autant profiter plusieurs fois de l'investissement... Je me garde bien de dévoiler ici les détails du scénario afin de laisser aux futurs lecteurs la surprise la plus complète possible.
Le dessin est tout simplement admirable. J'ajouterai juste que j'apprécie tout particulièrement l'évolution du physique des personnages au travers des âges.
Reçu 5/5 sans hésiter!
J'aime et je n'aime pas Gillon; il compose très bien ses cases, ses cadrages, les plans, bref c'est très bon au niveau de la construction, mais que le résultat final est triste et mélancolique. Si je peux apprécier la noirceur du film Alien par exemple, ici c'est plutôt désagréable.
Passons sur Christopher-Charlton Heston, le héros playboy de l'espace, inutile de l'accabler davantage.
Quelques belles trouvailles sont à remarquer (le Tapir, notamment), les femmes sont très bien dessinées, mais les couleurs flashy (dont Gillon assume la responsabilité) mériteraient un procès pour mauvais goût.
Il faut aussi restituer l'époque de la série, mai 68, la libération des mœurs tout ça. Mais ça a vieilli et l'intérêt est limité, un peu à mon avis comme la série Star Trek.
Originalité dans le monde, le scénario, le dessin (qui pourrait être meilleur d'ailleurs), et dans l'humour assez moderne. Il y a aussi un peu de morale, mais qui heureusement garde un ton humoristique et ne vient pas gâcher l'ensemble. Un excellent moment de BD.
Note moyenne : 2.5/5
Tome 1 :
J'avais lu beaucoup de mal de cette BD, aussi n'en attendais-je vraiment rien quand je l'ai lue par pure curiosité. Mais finalement, je ne l'ai pas trouvé si désagréable que cela au final.
Bon, d'accord, le dessin est vraiment moche. Enfin, il y en a qui peuvent aimer le dessin approximatif au pinceau à aquarelle, sans encrage ni maîtrise technique, mais moi, comme beaucoup d'autres je pense, je trouve ça amateur et assez moche.
Mais le scénario est assez amusant. Beigbeder y fait une satyre grotesque de la Jet-Set et de leurs abus. Même si rien n'est vraiment percutant, je trouve que ça ne manque pas d'humour et que l'idée finale n'est pas mal.
Bref, j'ai lu cette BD rapidement mais sans déplaisir. Ce n'est clairement pas le genre de BD que j'achèterais par contre.
Tome 2 :
Par contre, j'ai largement moins apprécié le tome 2 que je viens de lire. L'auteur part plus avant dans le délire de puissance et de richesse de son héros, cherchant à faire du politiquement incorrect un peu ras des paquerettes. Le dessin reste égal mais là où je souriais pour le premier tome, je suis resté vraiment de marbre sur ce tome 2 qui est plutôt médiocre.
Mince alors, cette BD m'était passée totalement inaperçue quand elle est sortie en fin 2003 et pourtant, elle est vraiment excellente dans son genre ! Cela tient peut-être à sa couverture franchement trop peu représentative de sa qualité. Cela tient sûrement aussi au fait que dès que je lis "Editions Soleil", j'ai un gros à-priori négatif, surtout si le contenu est bourré d'action et de gros flingues. Mais je le répête, cette BD là est excellente !
Sans aucun doute, les auteurs ont joué au jeu de rôles Cyberpunk et ils ont su en tirer une histoire (un scénar' ?) franchement excellente, jouant sur l'actualité des médias, de la géopolitique et les confits armées impliquant les USA ces dernières années.
Le dessin est très bon. Eric Bourgier a bien assimilé les images classiques du monde futuriste et de la guerre cybernétisée et nous les ressort ici sans effets de style grossier, sans explosions à tout va, sans giclées de sang à droite à gauche et sans ces gonzesses dévêtues qui caractérisent nombre de BD de série B sur les mêmes thèmes. C'est un dessin qui privilégie l'action et l'efficacité tout en restant relativement fin et esthétique. La colorisation semble en outre ne quasiment pas faire appel à l'informatique ou alors de manière très discrète, ce qui honore d'autant plus le dessinateur.
Quant au scénario, il reprend une idée qui n'est pas si originale que cela : un monde géré par les méga-corporations qui organisent une guerre à but financier contre un pays du tiers-monde en manipulant l'opinion par des shows-télévisés truqués et en présentant l'ennemi comme des terroristes meurtriers. Mais la façon dont l'histoire est racontée, les personnages, les dialogues, tout est excellent et fin malgré l'aspect action brutale de pas mal de passages.
Une BD d'action cyberpunk excellente dans sa construction, son dessin et son scénario. Le fait que ce soit en outre un one-shot me fait vous en conseiller vivement l'achat si vous aimez ce genre de récit.
De la vraie tragédie médiévale à la Japonaise.
Michetz excelle dans la représentation du Japon médiéval, celui des samouraïs et des femmes maquillées de blanc. Son trait donne un vraie âme et une authenticité à ce Japon, permettant au lecteur de s'imprégner au mieux de cet univers si spécifique.
Avec Yann, ils ont réussi à offrir là deux récits vraiment authentiques et forts, des drames, des tragédies qui plongent leurs racines dans les traditions et légendes du Japon médiéval. Les histoires sont originales, crédibles et surtout fortes par leur aspect tragédique. Yann y ajoute en outre quelques idées et scènes bien glauques comme il en est expert. Ce sont des histoires qui n'ont vraiment rien de gaies, souvent assez dérangeantes mais qui captivent et marquent le lecteur.
J'ai une préférence pour le tome 1 dont l'histoire est un peu plus classique et accessible, le tome 2 étant doté d'une histoire plus originale mais dans laquelle j'ai eu assez de mal à m'immerger car les auteurs laissent le soin aux lecteurs de comprendre les natures et intentions de chaque intervenant et celles-ci sont loin d'être conventionnelles.
Bien sûr, la parenté avec l'histoire du Nimitz est évidente. Mais contrairement à Martin Caidin (auteur du roman original) et de Don Taylor (réalisateur du célèbre film), Kaiji Kawaguchi a toute latitude, du fait du format du manga, de creuser beaucoup plus les possibilités que sous-entend le synopsis. Du coup, il nous emmène sur des contrées inexplorées, des escales étonnantes, avec des personnages très difficiles à cerner.
C'est très réaliste, et la profondeur du récit oblige le lecteur à vraiment s'accrocher. En France, on connaît assez peu le déroulement de la Guerre du Pacifique, et cette revisite de l'histoire permet d'en apprendre pas mal. De plus, certains tomes comportent une partie pédagogique bienvenue à leur fin.
Une série à suivre (21 tomes parus au Japon à ce jour)...
Laiyna est décidément un personnage attachant, radieux, dont le souvenir reste toujours aussi fort. Les superbes dessins de René Hausmann, avec ses couleurs chatoyantes, ses senteurs de sapins, de rocailles et de forêts légendaires, en font tout simplement un must du genre. Car ça ne se regarde pas seulement, l'histoire d'un moyen-age préhistorique avec son lot de personnages grotesques ou raffinés recèle une poésie certaine.
Cette série est en fait une sorte de BD promotionnelle pour la société Léna Bliss, société qui vend des cosmétiques, des bijoux et autres accessoires de mode pour les jeunes adolescentes. Pour réaliser cette BD, ils ont fait appel à deux auteurs, Oliv' au scénario et Efix au dessin, et à la maison d'édition Petit à Petit pour réaliser l'objet BD en lui-même. Cela donne au final une série qui, hormis le thème très "fashion victime" et le nom de l'éditeur qui est une société de mode adolescente, s'apparente sans soucis à n'importe quelle BD destinée aux adolescentes.
Le dessin de Efix n'est pas mauvais. Visiblement, il s'est inspiré du style de Janry pour ses visages car leurs traits s'apparentent grandement. Pour le reste, les décors sont un peu vides et l'encrage un peu gras, mais c'est visuellement assez joli. Il n'y a que quelques colorisations et effets de lumière un peu trop visiblement informatiques qui gâchent un peu le tout.
Quant au scénario, disons très vite qu'il ne faut surtout pas être allergique aux adolescentes victimes de la mode, au langage djeun's "c'est trop cool, je kiffe grave !" et à une histoire dont le sujet de base c'est de représenter une bande de filles superficielles qui n'ont rien d'autre comme idée en tête que de s'habiller fashion, faire craquer les garçons ("qui sont trooop bêtes") et avoir l'air cooools.
Mais si on admet que le public cible de cette BD, ce sont justement les jeunes adolescentes, si on ne se prend pas la tête en se disant que ça ressemble à une grosse opération marketting pour embrigader les filles dans l'univers trop fun de la mode, l'histoire se laisse lire et est bien desservie par un dessin sympa.
Bref, cette BD est destinée à être achetée ou offerte à des jeunes filles, mais elle parait d'une assez bonne qualité dans cette optique là.
Je ne suis pas trop amateur de ce genre d'histoire mais je dois admettre que celle-ci est pas mal et bien racontée.
Le dessin de Ferrandez y est tout à fait agréable à lire. Il me fait penser au dessin de Davodeau d'ailleurs.
Quant au scénario, il est original et pas mal trouvé. Son résumé est relativement simple mais il est agréablement raconté. Et sa fin, même si elle n'a rien de transcendant, est intelligente et plaisante.
Bref, une bonne lecture.
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20th Century Boys
Que dire du manga 20th century boys si ce n'est qu'il m'apparaît comme exceptionnel, impressionnant, génial, monstrueux (non, là je m'égare sur une autre histoire du même auteur). Les qualificatifs élogieux pourraient pleuvoir ainsi pendant des pages entières. En bref, c'est un chef-d'oeuvre. Il faut d'abord relever le caractère monumental de la série. A ce jour, 21 tomes sont parus au Japon, 18 étant déjà traduits en langue française. Et la série n'est toujours pas terminée, même si ce 21ème tome lève le voile sur de nombreuses questions(selon ma libraire qui l'a su de machin truc qui est allé le trouver en format numérique... ). J'admire donc déjà la quantité astronomique de travail que l'auteur a du fournir pour le développement d'une telle série. Le scénario est en tout point remarquable, l'auteur jonglant admirablement avec différentes époques et un nombre impressionnant de personnages. Il développe progressivement son scénario à rebondissements sans jamais lasser le lecteur. Je dois dire qu'arrivé au 12ème tome, la complexité de l'histoire m'a fait recommencer du début. Mais au regard du coût de la série, autant profiter plusieurs fois de l'investissement... Je me garde bien de dévoiler ici les détails du scénario afin de laisser aux futurs lecteurs la surprise la plus complète possible. Le dessin est tout simplement admirable. J'ajouterai juste que j'apprécie tout particulièrement l'évolution du physique des personnages au travers des âges. Reçu 5/5 sans hésiter!
Les Naufragés du temps
J'aime et je n'aime pas Gillon; il compose très bien ses cases, ses cadrages, les plans, bref c'est très bon au niveau de la construction, mais que le résultat final est triste et mélancolique. Si je peux apprécier la noirceur du film Alien par exemple, ici c'est plutôt désagréable. Passons sur Christopher-Charlton Heston, le héros playboy de l'espace, inutile de l'accabler davantage. Quelques belles trouvailles sont à remarquer (le Tapir, notamment), les femmes sont très bien dessinées, mais les couleurs flashy (dont Gillon assume la responsabilité) mériteraient un procès pour mauvais goût. Il faut aussi restituer l'époque de la série, mai 68, la libération des mœurs tout ça. Mais ça a vieilli et l'intérêt est limité, un peu à mon avis comme la série Star Trek.
Donjon Zenith
Originalité dans le monde, le scénario, le dessin (qui pourrait être meilleur d'ailleurs), et dans l'humour assez moderne. Il y a aussi un peu de morale, mais qui heureusement garde un ton humoristique et ne vient pas gâcher l'ensemble. Un excellent moment de BD.
Rester Normal
Note moyenne : 2.5/5 Tome 1 :
J'avais lu beaucoup de mal de cette BD, aussi n'en attendais-je vraiment rien quand je l'ai lue par pure curiosité. Mais finalement, je ne l'ai pas trouvé si désagréable que cela au final.
Bon, d'accord, le dessin est vraiment moche. Enfin, il y en a qui peuvent aimer le dessin approximatif au pinceau à aquarelle, sans encrage ni maîtrise technique, mais moi, comme beaucoup d'autres je pense, je trouve ça amateur et assez moche.
Mais le scénario est assez amusant. Beigbeder y fait une satyre grotesque de la Jet-Set et de leurs abus. Même si rien n'est vraiment percutant, je trouve que ça ne manque pas d'humour et que l'idée finale n'est pas mal.
Bref, j'ai lu cette BD rapidement mais sans déplaisir. Ce n'est clairement pas le genre de BD que j'achèterais par contre.
Tome 2 :
Par contre, j'ai largement moins apprécié le tome 2 que je viens de lire. L'auteur part plus avant dans le délire de puissance et de richesse de son héros, cherchant à faire du politiquement incorrect un peu ras des paquerettes. Le dessin reste égal mais là où je souriais pour le premier tome, je suis resté vraiment de marbre sur ce tome 2 qui est plutôt médiocre.
Live war heroes
Mince alors, cette BD m'était passée totalement inaperçue quand elle est sortie en fin 2003 et pourtant, elle est vraiment excellente dans son genre ! Cela tient peut-être à sa couverture franchement trop peu représentative de sa qualité. Cela tient sûrement aussi au fait que dès que je lis "Editions Soleil", j'ai un gros à-priori négatif, surtout si le contenu est bourré d'action et de gros flingues. Mais je le répête, cette BD là est excellente ! Sans aucun doute, les auteurs ont joué au jeu de rôles Cyberpunk et ils ont su en tirer une histoire (un scénar' ?) franchement excellente, jouant sur l'actualité des médias, de la géopolitique et les confits armées impliquant les USA ces dernières années. Le dessin est très bon. Eric Bourgier a bien assimilé les images classiques du monde futuriste et de la guerre cybernétisée et nous les ressort ici sans effets de style grossier, sans explosions à tout va, sans giclées de sang à droite à gauche et sans ces gonzesses dévêtues qui caractérisent nombre de BD de série B sur les mêmes thèmes. C'est un dessin qui privilégie l'action et l'efficacité tout en restant relativement fin et esthétique. La colorisation semble en outre ne quasiment pas faire appel à l'informatique ou alors de manière très discrète, ce qui honore d'autant plus le dessinateur. Quant au scénario, il reprend une idée qui n'est pas si originale que cela : un monde géré par les méga-corporations qui organisent une guerre à but financier contre un pays du tiers-monde en manipulant l'opinion par des shows-télévisés truqués et en présentant l'ennemi comme des terroristes meurtriers. Mais la façon dont l'histoire est racontée, les personnages, les dialogues, tout est excellent et fin malgré l'aspect action brutale de pas mal de passages. Une BD d'action cyberpunk excellente dans sa construction, son dessin et son scénario. Le fait que ce soit en outre un one-shot me fait vous en conseiller vivement l'achat si vous aimez ce genre de récit.
Tako
De la vraie tragédie médiévale à la Japonaise. Michetz excelle dans la représentation du Japon médiéval, celui des samouraïs et des femmes maquillées de blanc. Son trait donne un vraie âme et une authenticité à ce Japon, permettant au lecteur de s'imprégner au mieux de cet univers si spécifique. Avec Yann, ils ont réussi à offrir là deux récits vraiment authentiques et forts, des drames, des tragédies qui plongent leurs racines dans les traditions et légendes du Japon médiéval. Les histoires sont originales, crédibles et surtout fortes par leur aspect tragédique. Yann y ajoute en outre quelques idées et scènes bien glauques comme il en est expert. Ce sont des histoires qui n'ont vraiment rien de gaies, souvent assez dérangeantes mais qui captivent et marquent le lecteur. J'ai une préférence pour le tome 1 dont l'histoire est un peu plus classique et accessible, le tome 2 étant doté d'une histoire plus originale mais dans laquelle j'ai eu assez de mal à m'immerger car les auteurs laissent le soin aux lecteurs de comprendre les natures et intentions de chaque intervenant et celles-ci sont loin d'être conventionnelles.
Zipang
Bien sûr, la parenté avec l'histoire du Nimitz est évidente. Mais contrairement à Martin Caidin (auteur du roman original) et de Don Taylor (réalisateur du célèbre film), Kaiji Kawaguchi a toute latitude, du fait du format du manga, de creuser beaucoup plus les possibilités que sous-entend le synopsis. Du coup, il nous emmène sur des contrées inexplorées, des escales étonnantes, avec des personnages très difficiles à cerner. C'est très réaliste, et la profondeur du récit oblige le lecteur à vraiment s'accrocher. En France, on connaît assez peu le déroulement de la Guerre du Pacifique, et cette revisite de l'histoire permet d'en apprendre pas mal. De plus, certains tomes comportent une partie pédagogique bienvenue à leur fin. Une série à suivre (21 tomes parus au Japon à ce jour)...
Laïyna
Laiyna est décidément un personnage attachant, radieux, dont le souvenir reste toujours aussi fort. Les superbes dessins de René Hausmann, avec ses couleurs chatoyantes, ses senteurs de sapins, de rocailles et de forêts légendaires, en font tout simplement un must du genre. Car ça ne se regarde pas seulement, l'histoire d'un moyen-age préhistorique avec son lot de personnages grotesques ou raffinés recèle une poésie certaine.
Styl'miss - Fashion Victim
Cette série est en fait une sorte de BD promotionnelle pour la société Léna Bliss, société qui vend des cosmétiques, des bijoux et autres accessoires de mode pour les jeunes adolescentes. Pour réaliser cette BD, ils ont fait appel à deux auteurs, Oliv' au scénario et Efix au dessin, et à la maison d'édition Petit à Petit pour réaliser l'objet BD en lui-même. Cela donne au final une série qui, hormis le thème très "fashion victime" et le nom de l'éditeur qui est une société de mode adolescente, s'apparente sans soucis à n'importe quelle BD destinée aux adolescentes. Le dessin de Efix n'est pas mauvais. Visiblement, il s'est inspiré du style de Janry pour ses visages car leurs traits s'apparentent grandement. Pour le reste, les décors sont un peu vides et l'encrage un peu gras, mais c'est visuellement assez joli. Il n'y a que quelques colorisations et effets de lumière un peu trop visiblement informatiques qui gâchent un peu le tout. Quant au scénario, disons très vite qu'il ne faut surtout pas être allergique aux adolescentes victimes de la mode, au langage djeun's "c'est trop cool, je kiffe grave !" et à une histoire dont le sujet de base c'est de représenter une bande de filles superficielles qui n'ont rien d'autre comme idée en tête que de s'habiller fashion, faire craquer les garçons ("qui sont trooop bêtes") et avoir l'air cooools. Mais si on admet que le public cible de cette BD, ce sont justement les jeunes adolescentes, si on ne se prend pas la tête en se disant que ça ressemble à une grosse opération marketting pour embrigader les filles dans l'univers trop fun de la mode, l'histoire se laisse lire et est bien desservie par un dessin sympa. Bref, cette BD est destinée à être achetée ou offerte à des jeunes filles, mais elle parait d'une assez bonne qualité dans cette optique là.
L'outremangeur
Je ne suis pas trop amateur de ce genre d'histoire mais je dois admettre que celle-ci est pas mal et bien racontée. Le dessin de Ferrandez y est tout à fait agréable à lire. Il me fait penser au dessin de Davodeau d'ailleurs. Quant au scénario, il est original et pas mal trouvé. Son résumé est relativement simple mais il est agréablement raconté. Et sa fin, même si elle n'a rien de transcendant, est intelligente et plaisante. Bref, une bonne lecture.