J'ai un avis rigoureusement identique à celui de Arzak : cette BD n'est pas vraiment une BD érotique, et l'érotisme qu'on y trouve est même franchement dispensable. Cet album est dans la veine de ces BDs de Manara que je trouve un peu délirantes, comme Courts métrages par exemple, où le récit ne s'encombre pas de vraisemblance ni d'une fin digne de ce nom.
L'idée de cette BD est une critique violente de la télévision et de ce monde de stars privilégiées et fortunées qui sont comme autant de nobles aristocrates coupés du monde au moment de la Révolution Française. J'apprécié le caractère violemment direct et furieux de la dénonciation que Manara fait de ce star-system de la télé qui, moi aussi, me répugne. C'est une accusation un peu naïve mais efficace et assez joussive quand on voit les présentateurs vedettes et autres directeurs d'antenne se faire guillotiner allègrement.
A côté de ce discours plein de bon sens et de défoulement intellectuel, Manara nous colle cependant une histoire bidon d'une jeune danseuse prise dans la tourmente de cette étrange révolution, avec comme à l'habitude de Manara une jupe très courte montrant régulièrement les parties intimes de sa belle héroïne et une part d'érotisme dont on aurait pu au final largement se passer dans le récit.
Manara dessine toujours des femmes aussi superbes, des hommes pas trop mal mais des décors (surtout les décors urbains) assez ratés. Ceci dit, c'est vrai que la seule présence d'aussi belles femmes dans son récit et la promesse de les voir dénudées amène plus facilement le lecteur (mâle) à lire sa BD qui sans cela aurait eu du mal attirer par la seule promesse de sa réflexion sur la télé-spectacle et le star-system.
Une BD qui se fond dans la masse des BDs de Manara de petite qualité au niveau scénario et au dessin agréable, mais une BD qui se détache quand même un peu du lot par l'interêt défoulatoire de sa critique de le show-business.
Depuis le temps que j'entends parler sur ce site des fameux Malheurs de Janice, je m'attendais à une lecture assez exceptionnelle dans un sens ou dans l'autre. Mais au final, bof...
Je ne suis définitivement pas amateur du tout de scènes sado-maso. Et pourtant cette série commence assez soft puisque, même si elle n'a guère le choix, l'héroïne de la série est plus ou moins consentante pour supporter les humiliations et coups de fouet que des aristos imbus d'eux-mêmes lui prodiguent avec sadisme. Mais même avec une femme consentante, l'humiliation et la douleur n'ont jamais été à même de m'émoustiller. Ensuite, au fil des tomes, cela tourne au manuel de torture sexuel et de soumission de la femme et là, personnellement, je décroche totalement. Le récit n'apporte rien d'original ni d'intéressant.
Alors certes Von Gotha s'y entend pour dessiner des corps de femmes et des parties intimes féminines. Mais d'un autre côté, il est assez nul quand il s'agit de représenter un sexe masculin (un manche à balai avec une boule au bout ?). L'ensemble n'est visuellement pas suffisamment réussi pour me permettre d'apprécier uniquement l'aspect esthétique de ces albums.
Dommage....j'ai pourtant essayé en écoutant les conseils d'un ami, mais c'est vraiment un enfer à lire. Le fond de l'histoire est pourtant plus que passionnant. Mais pas moyen de rentrer dedans et quand je vois le nombre de page, ça me décourage de me forcer un peu. Je me dis que si j'accroche pas au bout de 50 pages, pourquoi le reste me ferait continuer.
Bref, c'est mou et les dessins sont sans précision (le noir et blanc, c'est bien, mais là, ça n'ajoute rien au lugubre de l'histoire, ça perd le lecteur plus qu'autre chose).
Et pourtant j'aurais aimé mettre 5/5, mais j'accroche pas.
Un peu moisie cette BD se trouve être !
J'ai lu la série il y a quelques années et elle ne m'a pas laissé un souvenir merveilleux.
L'ensemble est trop naïf et le dessin a assez mal vieilli sans parler du scénario :(
Je pourrais redemander la série à mon préteur officiel de BDs pour avoir un avis plus complet, mais je crains de perdre mon temps à la relire...
Bref de l'évitable en tous points. D'ailleurs je ne pense pas qu'on sera très nombreux à aviser dessus ;)
Difficile de faire du neuf avec les personnages d'un univers aussi vieux que celui de DC (Superman et Batman approchent gentiment les 70 ans). Périodiquement, un scénariste s'amuse au jeu du "Et si ça s'était passé autrement ? Si Bruce Wayne avait été belge, est-ce qu'il serait devenu Moule-Man ? Si Superman avait mis son slip SOUS son collant, Lois Lane aurait-elle quand même craqué pour son super-paquet ? Si ma Super-Tante en avait eu, l'aurait-on appelée mon Super-Oncle ?" Généralement, ces élucubrations ne durent que le temps d'un numéro ; c'est rigolo, ça change, mais ça ne va pas très loin.
Red Son en revanche n'a pas été un numéro unique, mais une mini-série. Il faut dire que le "Et si... ?" de départ était pour le moins intéressant : et si Superman avait débarqué sur Terre 12 heures plus tôt ? Sa fusée se serait écrasée en Ukraine, et il aurait servi l'URSS au lieu des USA. Le problème, c'est qu'à la différence d'Alan Moore qui, avec le personnage du Dr. Manhattan dans Watchmen, avait tenté de représenter de façon réaliste l'influence d'un personnage tout-puissant sur l'évolution du monde, Mark Millar s'attache surtout à représenter l'influence de ce changement sur le monde de DC, pas sur le monde réel. Quel aurait été le rôle de Lex Luthor, Loïs Lane, Batman, Wonder Woman, Lana Lang, Brainiac ou Bizarro dans un monde où Superman aurait été coco, voilà ce raconte Red Son, qui du coup fait office de version "Pokémon rouge" de Superman - Man of Steel : on présente beaucoup de personnages, mais l'intrigue elle-même est finalement assez mince... Du coup, personnellement, je suis déçu. Oui, c'est vrai que c'est rigolo de voir Superman avec une faucille et un marteau sur le torse, Batman avec une chapka et des bat-gadgets de récup', Jimmy Olsen vice-président... mais sorti de ça, il n'y a pas grand'chose à se mettre sous la dent dans cet album. Le personnage central lui-même dans sa version supercoco n'est pas si différent de ce qu'il est "en vrai", un bon samaritain idéaliste toujours prêt à aider son prochain et servir Dieu (pour un communiste, la honte !), sauf qu'ici, son idéal de perfection, visiblement perverti par son éducation en zone rouge, le pousse à devenir un dictateur. De l'autre côté, l'Américain Lex Luthor, tout mégalomane qu'il est, n'en sera pas moins celui qui ramènera le monde sur le chemin de la liberté, puis du bonheur... Bref, on peut voir là une façon de nous répéter une fois de plus que le communisme ne mène qu'au totalitarisme et que, même si c'est un système imparfait, l'American Way of Life est ce qui mènera l'humanité vers le salut.
Alors bon, au final, que penser de Red Son ? Une curiosité, vaguement dépaysante pour les fans de Superman habitués à le voir défendre la bannière étoilée, une BD pas inintéressante, mais dans l'ensemble très décevante, car elle sort moins des sentiers battus qu'on ne pourrait le croire.
Le héros des dessins animés qu'on a tous vu une fois connaît la joie d'une (ré)édition en français. Avec des nouvelles couleurs, adaptées cependant à ce qui se faisait dans les années 1930, et une nouvelle traduction, on retrouve 3 histoires classiques du marin si connu. Cependant, on a vraiment du mal à rire des "gags", de la crétinerie de certains personnages. Je suis déçu, parce qu'on ne voit pas non plus, sauf à une ou deux occasions, l'effet "boeuf" des épinards sur Popeye...
Ca a mal vieilli...
Vraiment pas mal. Je n'apprécie que moyennement le dessin, mais on ne peut lui dénier une certaine qualité. Quand à l'histoire, même si elle pioche dans pas-mal de choses déjà vues, elle s'annonce vraiment avec un suspens poignant et surtout une ambiance lugubre très réussie.
J'attends la suite.
J'avais lu le livre Daddy il y a bien longtemps et ai été vraiment surpris de le voir adapté en BD : je ne pensais pas le succès de ce livre suffisant pour en faire une adaptation. Cette adaptation se comprend cependant du fait que c'est l'auteur du roman lui-même qui a réalisé le scénario de la BD.
Au dessin, nous avons René Follet qui est spécialiste du dessin réaliste, dans une veine proche du style de Eddy Paape (Follet a d'ailleurs travaillé également sur la série Valhardi). Il faut aimer ce style classique et réaliste. Personnellement, je trouve que ça donne un air vieillot à la BD et je n'aime pas vraiment même si je n'ai pas de réels reproches techniques à formuler.
Concernant l'histoire maintenant, c'est une course-poursuite entre l'Allemagne et les Etats-Unis avec la particularité d'avoir pour personnage principal un enfant surdoué qui doit échapper à ses poursuivants nazis. La base de l'intrigue est assez complexe puisque basée sur des questions financières de détournements de fonds et autres, mais le récit ensuite n'est plus que la fuite du jeune Thomas, la poursuite de celui-ci par la Gestapo et la recherche du père de Thomas pour retrouver son fils et le protéger. C'est un thriller efficace même si le passage en BD brise un peu le dynamisme et la force du roman pour en faire quelque chose d'assez classique et sans grande surprise.
Je n'en conseille pas l'achat car je n'aime pas le dessin et je ne suis pas amateur de thriller historique, mais je n'en déconseille pas la lecture.
L'idée de base de l'esprit d'un chien transféré dans le corps d'un jeune homme avait suffi à me pousser à me procurer cette série pour la découvrir. Mais le résultat en est décevant...
D'abord, le dessin est franchement très moyen. Presque amateur pour le premier tome, il s'améliore ensuite mais ce sont alors les couleurs qui vont être de pire en pire. Bref, globalement, la série est assez moche et certains passages sont même désagréables à lire (le tome 5 par exemple m'a franchement déplu visuellement parlant).
Ensuite l'histoire a des côtés vraiment naïfs. Le décor de base du méchant sorcier du feu qui veut devenir le tyran du monde et poursuit le pauvre Orn avec ses vils démons, ce n'est déjà pas bien original. Ensuite le traitement du personnage d'Orn, le chien dans un corps d'humain qui en réalité devient complètement humain en quelques temps à peine se rapproche du grotesque : il se souvient des paroles qu'il a entendues quand il était chien alors il peut les répêter quand il est devenu humain, il mêle l'intelligence de l'humain à la sensibilité du chien, etc...
La reflexion qui est levée sur le droit à la vie de tout être même du chien et sur l'égoïsme de celle qui voulait à la base protéger son fils en séparant le corps et l'esprit du chien a un petit peu d'interêt mais une fois de plus, c'est traité avec trop de naïveté pour vraiment convaincre.
Bref, une série très moyenne qui peut permettre de passer le temps à condition de vraiment en demander peu au dessin et au scénario.
Les enquêtes de Mr Wens mêlent une ambiance de mystère en huis-clos à la façon de Agatha Christie (ce qui n'est absolument pas pour me déplaire) avec un peu plus d'action policière (ce qui ajoute un peu de modernité mais dont je ne suis pas pour autant particulièrement amateur). Globalement, les intrigues sont assez prenantes et bien construites. La narration est assez bonne et ne pêche pas par un excès de dialogues ou de narration.
Il manque cependant nettement une touche de fantaisie ou d'originalité dans ces récits qui se révèlent très basiques. Et surtout, A-P Duchâteau fait se terminer les histoires avec les mêmes défauts que les albums de Ric Hochet, c'est-à-dire que le dénouement est très rapide et sans réel interêt comparé au reste de l'intrigue. L'explication finale de l'enquête tient à peine sur la page de fin tellement elle est rapidement abordée pour en venir au plus vite au mot "Fin". En bref, même si le lecteur est assez captivé par les enquêtes, à mon goût le soufflé retombe mal sur la fin.
Concernant le dessin, pour sa part, il est sans défaut. Ligne claire, style classique, sobre et sans originalité, il a le mérite de bien fonctionner et d'être assez plaisant à lire.
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Révolution
J'ai un avis rigoureusement identique à celui de Arzak : cette BD n'est pas vraiment une BD érotique, et l'érotisme qu'on y trouve est même franchement dispensable. Cet album est dans la veine de ces BDs de Manara que je trouve un peu délirantes, comme Courts métrages par exemple, où le récit ne s'encombre pas de vraisemblance ni d'une fin digne de ce nom. L'idée de cette BD est une critique violente de la télévision et de ce monde de stars privilégiées et fortunées qui sont comme autant de nobles aristocrates coupés du monde au moment de la Révolution Française. J'apprécié le caractère violemment direct et furieux de la dénonciation que Manara fait de ce star-system de la télé qui, moi aussi, me répugne. C'est une accusation un peu naïve mais efficace et assez joussive quand on voit les présentateurs vedettes et autres directeurs d'antenne se faire guillotiner allègrement. A côté de ce discours plein de bon sens et de défoulement intellectuel, Manara nous colle cependant une histoire bidon d'une jeune danseuse prise dans la tourmente de cette étrange révolution, avec comme à l'habitude de Manara une jupe très courte montrant régulièrement les parties intimes de sa belle héroïne et une part d'érotisme dont on aurait pu au final largement se passer dans le récit. Manara dessine toujours des femmes aussi superbes, des hommes pas trop mal mais des décors (surtout les décors urbains) assez ratés. Ceci dit, c'est vrai que la seule présence d'aussi belles femmes dans son récit et la promesse de les voir dénudées amène plus facilement le lecteur (mâle) à lire sa BD qui sans cela aurait eu du mal attirer par la seule promesse de sa réflexion sur la télé-spectacle et le star-system. Une BD qui se fond dans la masse des BDs de Manara de petite qualité au niveau scénario et au dessin agréable, mais une BD qui se détache quand même un peu du lot par l'interêt défoulatoire de sa critique de le show-business.
Les Malheurs de Janice
Depuis le temps que j'entends parler sur ce site des fameux Malheurs de Janice, je m'attendais à une lecture assez exceptionnelle dans un sens ou dans l'autre. Mais au final, bof... Je ne suis définitivement pas amateur du tout de scènes sado-maso. Et pourtant cette série commence assez soft puisque, même si elle n'a guère le choix, l'héroïne de la série est plus ou moins consentante pour supporter les humiliations et coups de fouet que des aristos imbus d'eux-mêmes lui prodiguent avec sadisme. Mais même avec une femme consentante, l'humiliation et la douleur n'ont jamais été à même de m'émoustiller. Ensuite, au fil des tomes, cela tourne au manuel de torture sexuel et de soumission de la femme et là, personnellement, je décroche totalement. Le récit n'apporte rien d'original ni d'intéressant. Alors certes Von Gotha s'y entend pour dessiner des corps de femmes et des parties intimes féminines. Mais d'un autre côté, il est assez nul quand il s'agit de représenter un sexe masculin (un manche à balai avec une boule au bout ?). L'ensemble n'est visuellement pas suffisamment réussi pour me permettre d'apprécier uniquement l'aspect esthétique de ces albums.
From Hell
Dommage....j'ai pourtant essayé en écoutant les conseils d'un ami, mais c'est vraiment un enfer à lire. Le fond de l'histoire est pourtant plus que passionnant. Mais pas moyen de rentrer dedans et quand je vois le nombre de page, ça me décourage de me forcer un peu. Je me dis que si j'accroche pas au bout de 50 pages, pourquoi le reste me ferait continuer. Bref, c'est mou et les dessins sont sans précision (le noir et blanc, c'est bien, mais là, ça n'ajoute rien au lugubre de l'histoire, ça perd le lecteur plus qu'autre chose). Et pourtant j'aurais aimé mettre 5/5, mais j'accroche pas.
Orn
Un peu moisie cette BD se trouve être ! J'ai lu la série il y a quelques années et elle ne m'a pas laissé un souvenir merveilleux. L'ensemble est trop naïf et le dessin a assez mal vieilli sans parler du scénario :( Je pourrais redemander la série à mon préteur officiel de BDs pour avoir un avis plus complet, mais je crains de perdre mon temps à la relire... Bref de l'évitable en tous points. D'ailleurs je ne pense pas qu'on sera très nombreux à aviser dessus ;)
Superman - Red Son
Difficile de faire du neuf avec les personnages d'un univers aussi vieux que celui de DC (Superman et Batman approchent gentiment les 70 ans). Périodiquement, un scénariste s'amuse au jeu du "Et si ça s'était passé autrement ? Si Bruce Wayne avait été belge, est-ce qu'il serait devenu Moule-Man ? Si Superman avait mis son slip SOUS son collant, Lois Lane aurait-elle quand même craqué pour son super-paquet ? Si ma Super-Tante en avait eu, l'aurait-on appelée mon Super-Oncle ?" Généralement, ces élucubrations ne durent que le temps d'un numéro ; c'est rigolo, ça change, mais ça ne va pas très loin. Red Son en revanche n'a pas été un numéro unique, mais une mini-série. Il faut dire que le "Et si... ?" de départ était pour le moins intéressant : et si Superman avait débarqué sur Terre 12 heures plus tôt ? Sa fusée se serait écrasée en Ukraine, et il aurait servi l'URSS au lieu des USA. Le problème, c'est qu'à la différence d'Alan Moore qui, avec le personnage du Dr. Manhattan dans Watchmen, avait tenté de représenter de façon réaliste l'influence d'un personnage tout-puissant sur l'évolution du monde, Mark Millar s'attache surtout à représenter l'influence de ce changement sur le monde de DC, pas sur le monde réel. Quel aurait été le rôle de Lex Luthor, Loïs Lane, Batman, Wonder Woman, Lana Lang, Brainiac ou Bizarro dans un monde où Superman aurait été coco, voilà ce raconte Red Son, qui du coup fait office de version "Pokémon rouge" de Superman - Man of Steel : on présente beaucoup de personnages, mais l'intrigue elle-même est finalement assez mince... Du coup, personnellement, je suis déçu. Oui, c'est vrai que c'est rigolo de voir Superman avec une faucille et un marteau sur le torse, Batman avec une chapka et des bat-gadgets de récup', Jimmy Olsen vice-président... mais sorti de ça, il n'y a pas grand'chose à se mettre sous la dent dans cet album. Le personnage central lui-même dans sa version supercoco n'est pas si différent de ce qu'il est "en vrai", un bon samaritain idéaliste toujours prêt à aider son prochain et servir Dieu (pour un communiste, la honte !), sauf qu'ici, son idéal de perfection, visiblement perverti par son éducation en zone rouge, le pousse à devenir un dictateur. De l'autre côté, l'Américain Lex Luthor, tout mégalomane qu'il est, n'en sera pas moins celui qui ramènera le monde sur le chemin de la liberté, puis du bonheur... Bref, on peut voir là une façon de nous répéter une fois de plus que le communisme ne mène qu'au totalitarisme et que, même si c'est un système imparfait, l'American Way of Life est ce qui mènera l'humanité vers le salut. Alors bon, au final, que penser de Red Son ? Une curiosité, vaguement dépaysante pour les fans de Superman habitués à le voir défendre la bannière étoilée, une BD pas inintéressante, mais dans l'ensemble très décevante, car elle sort moins des sentiers battus qu'on ne pourrait le croire.
Popeye
Le héros des dessins animés qu'on a tous vu une fois connaît la joie d'une (ré)édition en français. Avec des nouvelles couleurs, adaptées cependant à ce qui se faisait dans les années 1930, et une nouvelle traduction, on retrouve 3 histoires classiques du marin si connu. Cependant, on a vraiment du mal à rire des "gags", de la crétinerie de certains personnages. Je suis déçu, parce qu'on ne voit pas non plus, sauf à une ou deux occasions, l'effet "boeuf" des épinards sur Popeye... Ca a mal vieilli...
Dontar
Vraiment pas mal. Je n'apprécie que moyennement le dessin, mais on ne peut lui dénier une certaine qualité. Quand à l'histoire, même si elle pioche dans pas-mal de choses déjà vues, elle s'annonce vraiment avec un suspens poignant et surtout une ambiance lugubre très réussie. J'attends la suite.
Daddy
J'avais lu le livre Daddy il y a bien longtemps et ai été vraiment surpris de le voir adapté en BD : je ne pensais pas le succès de ce livre suffisant pour en faire une adaptation. Cette adaptation se comprend cependant du fait que c'est l'auteur du roman lui-même qui a réalisé le scénario de la BD. Au dessin, nous avons René Follet qui est spécialiste du dessin réaliste, dans une veine proche du style de Eddy Paape (Follet a d'ailleurs travaillé également sur la série Valhardi). Il faut aimer ce style classique et réaliste. Personnellement, je trouve que ça donne un air vieillot à la BD et je n'aime pas vraiment même si je n'ai pas de réels reproches techniques à formuler. Concernant l'histoire maintenant, c'est une course-poursuite entre l'Allemagne et les Etats-Unis avec la particularité d'avoir pour personnage principal un enfant surdoué qui doit échapper à ses poursuivants nazis. La base de l'intrigue est assez complexe puisque basée sur des questions financières de détournements de fonds et autres, mais le récit ensuite n'est plus que la fuite du jeune Thomas, la poursuite de celui-ci par la Gestapo et la recherche du père de Thomas pour retrouver son fils et le protéger. C'est un thriller efficace même si le passage en BD brise un peu le dynamisme et la force du roman pour en faire quelque chose d'assez classique et sans grande surprise. Je n'en conseille pas l'achat car je n'aime pas le dessin et je ne suis pas amateur de thriller historique, mais je n'en déconseille pas la lecture.
Orn
L'idée de base de l'esprit d'un chien transféré dans le corps d'un jeune homme avait suffi à me pousser à me procurer cette série pour la découvrir. Mais le résultat en est décevant... D'abord, le dessin est franchement très moyen. Presque amateur pour le premier tome, il s'améliore ensuite mais ce sont alors les couleurs qui vont être de pire en pire. Bref, globalement, la série est assez moche et certains passages sont même désagréables à lire (le tome 5 par exemple m'a franchement déplu visuellement parlant). Ensuite l'histoire a des côtés vraiment naïfs. Le décor de base du méchant sorcier du feu qui veut devenir le tyran du monde et poursuit le pauvre Orn avec ses vils démons, ce n'est déjà pas bien original. Ensuite le traitement du personnage d'Orn, le chien dans un corps d'humain qui en réalité devient complètement humain en quelques temps à peine se rapproche du grotesque : il se souvient des paroles qu'il a entendues quand il était chien alors il peut les répêter quand il est devenu humain, il mêle l'intelligence de l'humain à la sensibilité du chien, etc... La reflexion qui est levée sur le droit à la vie de tout être même du chien et sur l'égoïsme de celle qui voulait à la base protéger son fils en séparant le corps et l'esprit du chien a un petit peu d'interêt mais une fois de plus, c'est traité avec trop de naïveté pour vraiment convaincre. Bref, une série très moyenne qui peut permettre de passer le temps à condition de vraiment en demander peu au dessin et au scénario.
Mr Wens
Les enquêtes de Mr Wens mêlent une ambiance de mystère en huis-clos à la façon de Agatha Christie (ce qui n'est absolument pas pour me déplaire) avec un peu plus d'action policière (ce qui ajoute un peu de modernité mais dont je ne suis pas pour autant particulièrement amateur). Globalement, les intrigues sont assez prenantes et bien construites. La narration est assez bonne et ne pêche pas par un excès de dialogues ou de narration. Il manque cependant nettement une touche de fantaisie ou d'originalité dans ces récits qui se révèlent très basiques. Et surtout, A-P Duchâteau fait se terminer les histoires avec les mêmes défauts que les albums de Ric Hochet, c'est-à-dire que le dénouement est très rapide et sans réel interêt comparé au reste de l'intrigue. L'explication finale de l'enquête tient à peine sur la page de fin tellement elle est rapidement abordée pour en venir au plus vite au mot "Fin". En bref, même si le lecteur est assez captivé par les enquêtes, à mon goût le soufflé retombe mal sur la fin. Concernant le dessin, pour sa part, il est sans défaut. Ligne claire, style classique, sobre et sans originalité, il a le mérite de bien fonctionner et d'être assez plaisant à lire.