C’est un manga, avec tous les ingrédients classiques, on sera donc indulgent sur la forme (genre BD pour enfants), qui plait certainement beaucoup aux Japonais, mais qui peut facilement lasser (surtout sur 7 tomes). On peut cependant remarquer que le dessin, bien que bon, est peu lisible, ce qui gâche pas mal le plaisir de lecture ; ici la couleur manque. Le monde imaginé est plutôt bien fait et riche. Les nombreux rebondissements et détours du scénario peuvent plaire, mais là, la profusion vire à l’excès ; et puis j’en ai rapidement eu marre de cette héroïne si gentille que tout le monde adore, même ses pires ennemis, et pour qui tout le monde se sacrifie. Pour finir, c’est un peu long et, à mon avis, dur à suivre si on lit pas tout d’une traite.
Bon point pour la réflexion qu’on trouve ici, c’est si rare de nos jours (même si ça vire trop au mélodrame).
D’emblée, je dois dire que le style d’Andreas si caractéristique me plait assez. Graphiquement, c’est donc superbe (tant au niveau du dessin que du découpage). J’ai entamé l’oeuvre de cet auteur par l’intégrale de Cyrrus-Mil en me disant qu’elle serait plus aisée à aborder qu’une série au nombre de tomes plus conséquent telle que Arq, Rock ou Capricorne. Comme quoi l’erreur est humaine puisque tout le monde semble s’accorder pour dire qu’il s’agit de l’œuvre la plus difficile à appréhender de Andreas. Et je veux bien le croire vu qu’à la première lecture, j’ai pas compris grand-chose. Deux autres lectures de l’album de l’auteur m’ont aidé à y voir plus clair (même si des zones d’ombre subsistent). Je salue l’intelligence et la cohérence du scénario mais je trouve cette série un brin trop alambiqué que pour être conseillée à l’achat. Mais si l’occasion de la lire se présente à vous . . . pourquoi pas ? ;)
"Le maître de jeu", la partie ne fait que commencer…
Avec cette histoire, Corbeyran développe son univers des Stryges. Un groupe de jeunes pratiquant les jeux de rôle et un enfant infirme accro à Internet, se retrouvent au beau milieu d’une affaire lugubre où beaucoup y laissent leur peau. Le scénario est très accrocheur, la fin de chaque tome est insoutenable. Il n’est pas nécessaire d’avoir lu Le Chant des Stryges pour suivre cette aventure. Mais les lecteurs de la série mère, seront heureux de pourvoir faire le lien entre les deux histoires avec plusieurs éléments tels que le livre et le tableau traitant des stryges. Les personnages sont vraiment très bien développés, ce qui fait qu’on se sent très proche d’eux.
C’est Charlet qui est au dessin et à la couleur. Je dois avouer que durant les premières planches, les illustrations ne me plaisaient que très moyennement, mais au fil de ma lecture, j’ai fini par m’y habituer assez vite, et à la fin par carrément apprécier ce style semi réaliste à influence manga.
A noter que pour le cinquième et le sixième tome, la série change de dessinateur, et à l’heure où je poste on ne sait pas encore qui prendra le relais.
Un peu déçu par cet album. Keiko Ichiguchi était annoncée par "la plus européenne des mangakas" (oui, c'est une femme). Par le fait qu'elle vive en Italie depuis près de dix ans, mais aussi par le choix du sujet de ses bouquins.
Il est vrai que réaliser un manga sur la Seconde Guerre, vue du côté allemand, est un peu inattendu de la part d'un auteur nippon, dont la famille a elle-même connu la guerre du côté de l'Axe. Mais l'originalité de ce choix s'efface vite derrière la beauté formelle du manga. Ichiguchi a un style élégant, fragile mais pas éthéré, un certain charme se dégage de ses planches. Elle instille dans son histoire toute sa sensibilité de femme, mais aussi de nipponne, si différentes d'un gros niais tel que moi. Et le charme agit. Jusqu'à un certain point.
Jusqu'à la rencontre du second personnage masculin de l'histoire. Qui ressemble furieusement au premier. Et au troisième aussi. Cela gêne vraiment la lecture, d'autant plus que dans une longue scène, ces deux personnages masculins sont ensemble, casqués, et qu'on ne sait plus qui est qui, à moins de zieuter les galons sur les uniformes.
Du coup, la compréhension d'une telle histoire, qui introduit beaucoup de sentiments au coeur d'un événement (la guerre) où l'on n'en fait pas, est carrément torpillée. Et les personnages manquent quand même cruellement de saveur, de profondeur.
Et c'est dommage, parce que 1945 aurait pu être une BD passionnante, nous emmenant dans le labyrinthe des sentiments en des temps troublés.
Notons quand même l'arrivée d'une nouvelle auteure à suivre.
J'ai vraiment adoré ce bouquin, premier du genre que je lisais.
Au niveau du dessin, Thompson fait beaucoup avec pas grand chose. En à peine quelques traits, il arrive à composer des planches de toute beauté (voir tout simplement la galerie).
Le thème peut paraître parfaitement banal (l'histoire d'un ado, ses amours, son rapport à la religion) mais le récit ravive aussi quelques souvenirs, pas très lointains en ce qui me concerne ; ainsi, on est vite proche de Craig, quand bien même la religion catholique nous est Terra Incognita.
A posséder et à lire absolument.
En terme d'épaisseur, De mal en pis est à la bande dessinée ce que Guerre et Paix est à la littérature : un vrai pavé. Avec le même inconvénient qu'à la longue, on a parfois un peu de mal à se passionner pour certains personnages: ici, c'est Sherman, pourtant personnage central de l'histoire, que j'ai tendance à trouver agaçant sur la durée.
Il n'empêche que « De mal en pis » est une galerie de personnages plus ou moins réalistes, mais tous intéressants par certains aspects de leur personnalité : Dorothy Lestrade, enquiquineuse notoire et colocataire insupportable au point de ne jamais rester bien longtemps dans le même appartement, Irving Flavor, vieil aigri qui s'avère pourtant parfois touchant...
Le dessin colle parfaitement avec l'ambiance du récit (du moins je le trouve tel) et les pages d'annonce des nouveaux chapitres sont absolument formidables (en tout cas, quelques-unes m'ont vraiment fait marrer).
J'en conseille l'achat, mais le prix est assez élevé, surtout pour une BD de ce genre, dont on fait généralement peu de relectures.
Voilà un tome (je n'ai lu que le premier) qui ne m'a pas vraiment emballé. Sans compter que le scénario ne brille pas par son originalité, il n'a pas provoqué chez moi une suspension de la respiration lorsqu'il s'agissait de suivre Jack dans ses tribulations.
Le dessin, lui, est cependant plutôt bon, et les couleurs sympas.
A lire éventuellement si, comme moi, on le trouve chez Maxi-livres pour 3 euros en broché, entre 2 trains.
Franchement bien, oui !
Myrkos est un récit fictif dont l’univers est directement emprunté à la Grèce antique. Le terme "antic fantasy" est d’ailleurs avancé par les auteurs. Cette histoire n’est donc construite sur aucune base historique avérée. Pourtant le récit garde toute sa crédibilité. En effet, cet ornementiste qui s’oppose au conservatisme du dogme en découvrant la perspective aurait pu exister. C’est ce qui fait aussi la force de cette série : rendre vraisemblable un évènement qui ne se produira que bien après. Kraehn nous offre un scénario dense construit intelligemment sur une base solide avec une idée de départ originale et bien exploitée. Le dessin de Miguel est quant à lui soigné et correctement réalisé. On pourrait lui reprocher l’absence d’un style propre mais pour un premier album, je trouve ça pas mal. De plus, les couleurs sont judicieusement choisies pour mettre en valeur l’histoire. A suivre !
"Lune d’argent sur providence" quand le western rencontre le fantastique…
Herenguel porte trois casquettes, celles de scénariste, de dessinateur et de coloriste. Et il excelle dans les trois rôles.
Au cinéma, je suis plutôt fan des cows-boys de Sergio Leone avec leurs sales gueules et leurs guenilles toutes poussiéreuses. Alors que ceux de John Ford, coiffés à la gomina et portant des chemises roses, je les ai toujours trouvés un peu ridicule. Mais très paradoxalement, dans cet album, j’ai adoré cette ambiance très kitch des westerns des années 50, que l’auteur a admirablement réussi à coucher sur le papier. Les personnages sont très attachants. Au départ, ils apparaissent comme des stéréotypes du genre et par la suite, en avançant un peu plus dans l’histoire, on découvre que leur psychologie est plus fouillée et plus étoffée que ce que l’on imaginait. Le récit est agrémenté de petites pointes d’humour très subtiles et toujours bienvenues. Le fait d’ajouter une touche de fantastique rend l’histoire plus originale et attractive, et moins banale et convenue.
Les dessins sont magnifiques, ils fourmillent de détails sans pour autant surcharger les cases. Les couleurs sont à la fois pâles et sombres. Pâles pour accentuer le côté kitch et sombre pour faire ressortir le côté inquiétant et cruel de l’intrigue.
Et pour conclure, ce premier album contient plus de 60 pages, on en a donc largement pour son argent. J’attends impatiemment le deuxième tome qui devrait achever l’histoire.
Des histoires courtes policières mettant en scène une sorte de détective privé intelligent et sûr de lui malgré son physique d'amateur de copieux repas.
Le dessin est moyen, noir et blanc et assez restreint au niveau des décors. Les personnages ne sont pas moches mais pas très évolués techniquement parlant. c'est un dessin potable pour une série B du monde de la BD.
Quant aux scénarios de ces histoires courtes, il n'est pas très évolué non plus. Reprenant quelques thèmes classiques des films noirs de gangsters dans les années 20, les récits n'ont rien de bien originaux. Je reprocherais même une certaine facilité au tout tant les choses réussissent trop facilement à cet Agent de la National qui accumulent coincidences et interlocuteurs naïfs.
Si j'avais un vrai reproche à faire à cette BD, ce serait surtout le lettrage et la traduction. Le lettrage fait vraiment amateur, parfois difficile à lire tant on dirait quelqu'un qui a écrit cela à la main comme une simple lettre à un ami. Et au niveau de l'écriture, le nombre de fautes d'orthographe dans tous les textes, narrations et dialogues, est vraiment rédhibitoire : on dirait que ça a été écrit par un collégien par moments.
C'est pas trop mal pour passer le temps, ça se laisse lire, mais ça reste une série très moyenne et tout à fait dispensable car n'apportant rien de neuf ni rien de vraiment réussi.
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Nausicaä de la vallée du vent
C’est un manga, avec tous les ingrédients classiques, on sera donc indulgent sur la forme (genre BD pour enfants), qui plait certainement beaucoup aux Japonais, mais qui peut facilement lasser (surtout sur 7 tomes). On peut cependant remarquer que le dessin, bien que bon, est peu lisible, ce qui gâche pas mal le plaisir de lecture ; ici la couleur manque. Le monde imaginé est plutôt bien fait et riche. Les nombreux rebondissements et détours du scénario peuvent plaire, mais là, la profusion vire à l’excès ; et puis j’en ai rapidement eu marre de cette héroïne si gentille que tout le monde adore, même ses pires ennemis, et pour qui tout le monde se sacrifie. Pour finir, c’est un peu long et, à mon avis, dur à suivre si on lit pas tout d’une traite. Bon point pour la réflexion qu’on trouve ici, c’est si rare de nos jours (même si ça vire trop au mélodrame).
Cyrrus / Mil
D’emblée, je dois dire que le style d’Andreas si caractéristique me plait assez. Graphiquement, c’est donc superbe (tant au niveau du dessin que du découpage). J’ai entamé l’oeuvre de cet auteur par l’intégrale de Cyrrus-Mil en me disant qu’elle serait plus aisée à aborder qu’une série au nombre de tomes plus conséquent telle que Arq, Rock ou Capricorne. Comme quoi l’erreur est humaine puisque tout le monde semble s’accorder pour dire qu’il s’agit de l’œuvre la plus difficile à appréhender de Andreas. Et je veux bien le croire vu qu’à la première lecture, j’ai pas compris grand-chose. Deux autres lectures de l’album de l’auteur m’ont aidé à y voir plus clair (même si des zones d’ombre subsistent). Je salue l’intelligence et la cohérence du scénario mais je trouve cette série un brin trop alambiqué que pour être conseillée à l’achat. Mais si l’occasion de la lire se présente à vous . . . pourquoi pas ? ;)
Le Maître de Jeu
"Le maître de jeu", la partie ne fait que commencer… Avec cette histoire, Corbeyran développe son univers des Stryges. Un groupe de jeunes pratiquant les jeux de rôle et un enfant infirme accro à Internet, se retrouvent au beau milieu d’une affaire lugubre où beaucoup y laissent leur peau. Le scénario est très accrocheur, la fin de chaque tome est insoutenable. Il n’est pas nécessaire d’avoir lu Le Chant des Stryges pour suivre cette aventure. Mais les lecteurs de la série mère, seront heureux de pourvoir faire le lien entre les deux histoires avec plusieurs éléments tels que le livre et le tableau traitant des stryges. Les personnages sont vraiment très bien développés, ce qui fait qu’on se sent très proche d’eux. C’est Charlet qui est au dessin et à la couleur. Je dois avouer que durant les premières planches, les illustrations ne me plaisaient que très moyennement, mais au fil de ma lecture, j’ai fini par m’y habituer assez vite, et à la fin par carrément apprécier ce style semi réaliste à influence manga. A noter que pour le cinquième et le sixième tome, la série change de dessinateur, et à l’heure où je poste on ne sait pas encore qui prendra le relais.
1945
Un peu déçu par cet album. Keiko Ichiguchi était annoncée par "la plus européenne des mangakas" (oui, c'est une femme). Par le fait qu'elle vive en Italie depuis près de dix ans, mais aussi par le choix du sujet de ses bouquins. Il est vrai que réaliser un manga sur la Seconde Guerre, vue du côté allemand, est un peu inattendu de la part d'un auteur nippon, dont la famille a elle-même connu la guerre du côté de l'Axe. Mais l'originalité de ce choix s'efface vite derrière la beauté formelle du manga. Ichiguchi a un style élégant, fragile mais pas éthéré, un certain charme se dégage de ses planches. Elle instille dans son histoire toute sa sensibilité de femme, mais aussi de nipponne, si différentes d'un gros niais tel que moi. Et le charme agit. Jusqu'à un certain point. Jusqu'à la rencontre du second personnage masculin de l'histoire. Qui ressemble furieusement au premier. Et au troisième aussi. Cela gêne vraiment la lecture, d'autant plus que dans une longue scène, ces deux personnages masculins sont ensemble, casqués, et qu'on ne sait plus qui est qui, à moins de zieuter les galons sur les uniformes. Du coup, la compréhension d'une telle histoire, qui introduit beaucoup de sentiments au coeur d'un événement (la guerre) où l'on n'en fait pas, est carrément torpillée. Et les personnages manquent quand même cruellement de saveur, de profondeur. Et c'est dommage, parce que 1945 aurait pu être une BD passionnante, nous emmenant dans le labyrinthe des sentiments en des temps troublés. Notons quand même l'arrivée d'une nouvelle auteure à suivre.
Blankets - Manteau de neige
J'ai vraiment adoré ce bouquin, premier du genre que je lisais. Au niveau du dessin, Thompson fait beaucoup avec pas grand chose. En à peine quelques traits, il arrive à composer des planches de toute beauté (voir tout simplement la galerie). Le thème peut paraître parfaitement banal (l'histoire d'un ado, ses amours, son rapport à la religion) mais le récit ravive aussi quelques souvenirs, pas très lointains en ce qui me concerne ; ainsi, on est vite proche de Craig, quand bien même la religion catholique nous est Terra Incognita. A posséder et à lire absolument.
De mal en pis
En terme d'épaisseur, De mal en pis est à la bande dessinée ce que Guerre et Paix est à la littérature : un vrai pavé. Avec le même inconvénient qu'à la longue, on a parfois un peu de mal à se passionner pour certains personnages: ici, c'est Sherman, pourtant personnage central de l'histoire, que j'ai tendance à trouver agaçant sur la durée. Il n'empêche que « De mal en pis » est une galerie de personnages plus ou moins réalistes, mais tous intéressants par certains aspects de leur personnalité : Dorothy Lestrade, enquiquineuse notoire et colocataire insupportable au point de ne jamais rester bien longtemps dans le même appartement, Irving Flavor, vieil aigri qui s'avère pourtant parfois touchant... Le dessin colle parfaitement avec l'ambiance du récit (du moins je le trouve tel) et les pages d'annonce des nouveaux chapitres sont absolument formidables (en tout cas, quelques-unes m'ont vraiment fait marrer). J'en conseille l'achat, mais le prix est assez élevé, surtout pour une BD de ce genre, dont on fait généralement peu de relectures.
Les Livres de Vie (Le Livre de Jack / Sam)
Voilà un tome (je n'ai lu que le premier) qui ne m'a pas vraiment emballé. Sans compter que le scénario ne brille pas par son originalité, il n'a pas provoqué chez moi une suspension de la respiration lorsqu'il s'agissait de suivre Jack dans ses tribulations. Le dessin, lui, est cependant plutôt bon, et les couleurs sympas. A lire éventuellement si, comme moi, on le trouve chez Maxi-livres pour 3 euros en broché, entre 2 trains.
Myrkos
Franchement bien, oui ! Myrkos est un récit fictif dont l’univers est directement emprunté à la Grèce antique. Le terme "antic fantasy" est d’ailleurs avancé par les auteurs. Cette histoire n’est donc construite sur aucune base historique avérée. Pourtant le récit garde toute sa crédibilité. En effet, cet ornementiste qui s’oppose au conservatisme du dogme en découvrant la perspective aurait pu exister. C’est ce qui fait aussi la force de cette série : rendre vraisemblable un évènement qui ne se produira que bien après. Kraehn nous offre un scénario dense construit intelligemment sur une base solide avec une idée de départ originale et bien exploitée. Le dessin de Miguel est quant à lui soigné et correctement réalisé. On pourrait lui reprocher l’absence d’un style propre mais pour un premier album, je trouve ça pas mal. De plus, les couleurs sont judicieusement choisies pour mettre en valeur l’histoire. A suivre !
Lune d'argent sur Providence
"Lune d’argent sur providence" quand le western rencontre le fantastique… Herenguel porte trois casquettes, celles de scénariste, de dessinateur et de coloriste. Et il excelle dans les trois rôles. Au cinéma, je suis plutôt fan des cows-boys de Sergio Leone avec leurs sales gueules et leurs guenilles toutes poussiéreuses. Alors que ceux de John Ford, coiffés à la gomina et portant des chemises roses, je les ai toujours trouvés un peu ridicule. Mais très paradoxalement, dans cet album, j’ai adoré cette ambiance très kitch des westerns des années 50, que l’auteur a admirablement réussi à coucher sur le papier. Les personnages sont très attachants. Au départ, ils apparaissent comme des stéréotypes du genre et par la suite, en avançant un peu plus dans l’histoire, on découvre que leur psychologie est plus fouillée et plus étoffée que ce que l’on imaginait. Le récit est agrémenté de petites pointes d’humour très subtiles et toujours bienvenues. Le fait d’ajouter une touche de fantastique rend l’histoire plus originale et attractive, et moins banale et convenue. Les dessins sont magnifiques, ils fourmillent de détails sans pour autant surcharger les cases. Les couleurs sont à la fois pâles et sombres. Pâles pour accentuer le côté kitch et sombre pour faire ressortir le côté inquiétant et cruel de l’intrigue. Et pour conclure, ce premier album contient plus de 60 pages, on en a donc largement pour son argent. J’attends impatiemment le deuxième tome qui devrait achever l’histoire.
L'Agent de la National
Des histoires courtes policières mettant en scène une sorte de détective privé intelligent et sûr de lui malgré son physique d'amateur de copieux repas. Le dessin est moyen, noir et blanc et assez restreint au niveau des décors. Les personnages ne sont pas moches mais pas très évolués techniquement parlant. c'est un dessin potable pour une série B du monde de la BD. Quant aux scénarios de ces histoires courtes, il n'est pas très évolué non plus. Reprenant quelques thèmes classiques des films noirs de gangsters dans les années 20, les récits n'ont rien de bien originaux. Je reprocherais même une certaine facilité au tout tant les choses réussissent trop facilement à cet Agent de la National qui accumulent coincidences et interlocuteurs naïfs. Si j'avais un vrai reproche à faire à cette BD, ce serait surtout le lettrage et la traduction. Le lettrage fait vraiment amateur, parfois difficile à lire tant on dirait quelqu'un qui a écrit cela à la main comme une simple lettre à un ami. Et au niveau de l'écriture, le nombre de fautes d'orthographe dans tous les textes, narrations et dialogues, est vraiment rédhibitoire : on dirait que ça a été écrit par un collégien par moments. C'est pas trop mal pour passer le temps, ça se laisse lire, mais ça reste une série très moyenne et tout à fait dispensable car n'apportant rien de neuf ni rien de vraiment réussi.