Eh bien moi cette crise de nombrilisme m'a profondément ennuyé. Baudoin est un homme à femmes, mais qui n'arrive pas à choisir entre deux amours, semblent-ils aussi beaux l'un que l'autre. On le comprend un peu, quelque part, car entre la douceur chez l'une, et l'intelligence chez l'autre, le choix peut s'avérer cornélien. "Terrains vagues" correspond bien à ce territoire en friche qu'est son coeur. Mais que dire de l'option "automatique" de son écriture ? Ca casse complètement le rythme du récit, qui du coup explose en lamelles impossible à renouer ensemble.
Certes, Baudoin écrit bien, il a un beau style graphique, mais la forme est complètement arythmique, et du coup on s'y perd.
J’espère franchement que cet album n’est pas le début du déclin de la collection « Blandice » de Paquet. Parce que jusque là, il n’y avait rien à jeter, c’était LA collection irréprochable de chez Paquet. Pas que des chefs d’œuvres mais que des albums estimables : Betty Blues, Sumato, La Perspective Nevski, Souvenirs, Big Bill est mort... Ce « Sémaphore » ne tient pas la comparaison. Déjà, dès la couverture, ça se gâte : mauvaise composition, mauvais cadre, couleurs trop artificielles, perspectives ratées…. Après avoir vu l’album, il faut convenir que cette plage déserte, ce lieu vide, établit un rapport assez trouble avec le contenu de l’album, mais l’exécution n’est pas à la hauteur. D’autant qu’à l’intérieur, il y a des choses bien plus belles. Le dessinateur (la dessinatrice ?) sait croquer les personnages féminins. Malgré des petites raideurs et le sentiment assez clair qu’on est passé par la pose de modèles, les personnages de cette bd sont plutôt bien foutus. Les décors, en revanche, sont nettement moins réussis. Mais ce qui m’a le plus gêné dans cet album, c’est la mise en page et le découpage. Il y a bien quelques tentatives intéressantes de mettre en scène les choses de manière efficace, il y a quelques cases qui font mouches (je pense à l’utilisation de cases très étroites pour évoquer des fragments de mémoire), mais l’ennui, c’est que pour une trouvaille, on doit se coltiner dix autres tentatives lourdes ou à demi ratées. Sans compter toutes ces planches qui ne comportent que 2 ou 3 cases inutilement grandes. Ca nous donne une histoire de 78 pages, lue en 15 minutes et que d’autres auteurs aurait racontée en 20 planches…
Mais qu’est-ce que ça raconte au juste ? Un thriller assez glauque en fait, qui comporte deux trois scènes réellement intéressantes mais plombé par un nombre incroyable d’invraisemblances et d’approximations. Le coup du quadruple meurtre perpétré par des gamins de 15 ans, c’est déjà dur à avaler mais les voir transporter les corps aussi facilement que des sacs de patates de 20 kilos, c’est risible… Déjà, le début de l’intrigue était très mal parti avec de personnages traités à la grosse louche, façon « Nous deux » qui se prendrait pour Chabrol… (L’engueulade de la page 23 et la réconciliation qui suit semblent sorties d’un épisode de « Sous le soleil »).
La plus grosse erreur de cet album, c’est cette fin ridicule, expédiée et d’un fatalisme qui se voudrait troublant, mais qui est juste une façon de finir facilement et de manière pseudo originale, un récit crapoteux. Cette histoire de maladie, c’est n’importe quoi…
Bon, je suis très méchant, j’en ai conscience, parce que tout n’est pas à jeter dans cet album. La scène où les ados doivent maintenir les corps au fond de l’eau pendant toute la journée est bien trouvée et prenante, elle a quelque chose de délicieusement emblématique, elle sauve l’album et fait que sa lecture n’est pas un gâchis total. On a même l’impérieux sentiment qu’il y avait moyen de faire quelque chose de très bon autour de ce fait divers, qu’il y a avait là quelques bonnes idées qui auraient pu être exploitée d’une bien meilleure manière. Un album fait avec plus d’audace que de talent… Ça pardonne peu.
Un premier album d’une jeune dessinatrice (23 ans) qui n’a, malheureusement, pas encore le niveau qu’on est en droit d’attendre d’un auteur publié. Côté scénario, c’est assez moyen mais rien de dramatique, le rythme est soutenu et malgré certains inconsistances et des personnages très typés, ça vaut au moins Luuna, par exemple… Soit une intrigue facile mais qu’on suit sans peine.
Mais d’un point de vue graphique, pardon d’être aussi sec : cet album est une vraie catastrophe. Cristina De Arcos a encore bien des choses à apprendre. Son album est plein de perspectives foireuses, de corps mal proportionnés, de scènes d’action mal découpées, de cadrages ratés et d’une absence assez criante de tout sens de la mise en scène… On ne peut pas dire que Paquet nous ait tellement habitué à meilleur mais on tombe rarement aussi bas…
Je ne vais pas tirer sur Paquet, l’éditeur Suisse est loin d’être le seul à mettre des albums si peu aboutis sur le marché. Dans le genre, Carabas fait aussi très fort. Et puis les jeunes auteurs, il faut bien qu’ils commencent quelque part, et depuis la disparition des magazines qui permettaient aux apprentis dessinateurs de s’essayer sur des récits courts, ils sont bien forcés de proposer des albums complets et des projets de séries pour être publié, même quand ils sont encore très loin d’avoir le niveau…
Malgré tout le respect que j'ai pour Hergé, je dois reconnaître que j'ai toujours trouvé Quick et Mac... Flute, immangeable... inlecturable... imbuvable... je ne sais trop comment le dire. J'en possède pourtant quelques tomes chez moi que j'ai lus avec curiosité, mais c'est vraiment trop niais, trop plat... Il y a des années, je me souviens avoir lu le texte d'un spécialiste d'Hergé qui disait que ce dernier, malgré tous ses efforts pour introduire de l'humour dans son oeuvre, avait toujours raté son coup. Quand on lit Quick et Hamburflupke, on ne peut que lui donner raison.
A lire donc, pour la culture générale et à oublier très vite, au profit des meilleures productions du maître de la ligne claire.
Comme beaucoup l'ont déjà précisé, l'approche graphique de cette série est remarquable. Les planches se découvrent et se lisent avec beaucoup de surprise et de plaisir. On reconnaît toujours la patte de Rosinski, mais ici, on peut apprécier sa maîtrise de la couleur et on regrette à posteriori que les meilleures aventures de Thorgal n'aient pu bénéficier d'un tel travail. Je pense, quant à moi, que cela les aurait rendues inoubliables.
Mais revenons à Skarbeck. J'ai passé un grand moment d'aventure. Les références citées par Sente ne sont pas usurpées. Il y a du Dumas dans ce tourbillon de faits et de rebondissements qui sont toujours spectaculaires. Et à la fin de l'histoire, quand arrive le dénouement, on respire un peu, tant on commençait à avoir le tournis.
Je le répète, j'ai vraiment aimé l'ensemble. Pour ne rien gâcher, l'histoire est racontée en 2 tomes, ce qui nous évite les longueurs inutiles et les fins à la "mord moi le XIII".
Mon seul bémol est léger. Il concerne la dernière case de l'histoire. Elle est tellement gnangnan et convenue que ça m'a légèrement gâché le plaisir... Légèrement quand même, parce que l'essentiel avait été déjà dit, et bien dit.
Un bd à découvrir donc avec intérêt pour son graphisme somptueux et son scénar tendu et nerveux comme le physique de Skarbeck ou d'Alexandre.
Assurément une bd qui fera date.
Après deux ans d'attente, Juan Diaz Canales et Juanjo Guarnido nous livrent enfin le troisième album d'une série devenue incontournable. Dans « Âme Rouge », les milices racistes du précédent opus laissent leur place à l'inquisition MacCarthyste répondant à un nationalisme exacerbé au sein des Etats-Unis des années 1950.
Autant le dire tout de suite, la narration est de qualité ce qui n'était pas joué d'avance compte tenu des thèmes abordés. Le scénario de Canales nous fait entrer dès les premières pages au cœur d'un bon vieux polar comme je les aime avec son héros désabusé et un cortège de seconds rôles réjouissants. L'intrigue complexe mêle astucieusement histoire d'espionnage, erreurs du passé et atmosphère policière pour notre plus grand bonheur. Le rythme insufflé au récit alterne savamment action débridée et moment de respiration avec une volonté inspirée de mettre en relief les avantages graphiques.
Car le dessin de Juanjo Guarnido est une nouvelle fois épatant. La galerie de personnages animaliers est remarquable tant leurs expressions ressemblent à celles de sujets humains. Comme à chaque fois, la race du protagoniste rappelle à merveille son tempérament présumé et ses travers. Si l'on ajoute à cela un découpage admirable et des couleurs bien senties, nous avons tous les ingrédients qui ont contribué à la réussite de cette série. Déjà récompensé par le prix du dessin au festival d'Angoulême 2004 (« Blacksad : Artic Nation »), Guarnido ne devrait pas être en reste avec ce nouvel opus.
« Blacksad » est une des productions qui aura le plus marqué le monde de la bande dessinée ces derniers temps !
Ce qui est bien avec la collection de BD pour tinenfants du Seuil, c'est qu'on peut en lire l'intégralité en 15 minutes environ. Ce qui est moins bien c'est qu'à 8.99 € le volume ça fait un peu cher la minute de lecture.
Bon, évidemment c'est des mini-histoires pour tout-petits donc il faut pas s'attendre à trouver beaucoup de chefs-d'oeuvres dans le lot, mais il y en a quand même des bons et des moins bons et "L'Ours voleur de merguez", en l'occurrence, n'est pas très bon. Une course-poursuite et une leçon sur le thème "quand on prend la peine de s'écouter les uns les autres on devient tous copains", mmmmouais, bof bof, je doute que même un môme se plonge avec passion là-dedans.
Enfin bon, si vos moins de 6 ans ont déjà lu tous vos Serpieri, vous pouvez toujours leur ramener ça de la bibliothèque, mais c'est clairement pas une lecture prioritaire.
Dans la collection "La Bande des Petits" des éditions du Seuil, il y a des choses très sympas comme Boucle d'or et les sept ours nains, mais il y a aussi pas mal de petits albums très anecdotiques, pas mauvais mais tellement simplets qu'on a du mal à imaginer que même des gosses vont réussir à s'enthousiamer pour. Quant aux adultes, ben, dépenser 8,99 € pour 24 demi-planches de BD lues en 2 minutes, y a de quoi hésiter...
Bref, "Boule de Poils et Mon Canard", c'est pas mauvais mais pas non plus folichon. Le dessin est chouette mais pas super original dans le genre "illustrations pour les enfants", y a quelques gags amusants mais ce n'est pas TRES drôle dans l'ensemble, et c'est franchement très court.
Autrement dit, c'est à emprunter à la bilbiothèque si vous avez des gamins de moins de 6 ans, mais sinon, vous pouvez vous en passer.
C’est avec beaucoup de joie et de tristesse que j’ai refermé le dernier album de « Machefer ».
De la joie parce que j’adore cette série qui reprend les péripéties et l’esprit délirant du fameux dessin animé « Diabolo et satanas ». L’univers de la série reprend également les ingrédients qui ont fait le succès de « Mad Max » avec sa situation dans un monde désertique et la présence d’engins aussi loufoques les uns que les autres. La série me satisfait pleinement par son excellent concentré d’humour bon enfant et d’action. Le dernier tome termine en apothéose « Machefer » par une course très rythmée et déjantée ! Que du bonheur pour moi qui aime les compétitions automobiles !
Par rapport aux premiers tomes, le trait de Vastra dans « les 24 heures du monde » est plus fin et me semble être plus mature. La mise en page et les cadrages sont excellents. De temps à autre, de superbes vues d’ensemble viennent occuper les planches, j’ai ressenti dans « les 24 heures du monde » plus de recherches au niveau des cadrages par rapport aux autres tomes. Ce dernier album de la série est finalement très spectaculaire graphiquement.
Carole Beau est la coloriste des « 24 heures du monde ». Elle utilise des teintes très lisses, moins termes mais moins réalistes aussi (ça m’a paru bizarre de voir des voitures briller dans un environnement très poussiéreux) que ceux d’Afoula qui a réalisé les deux premiers tomes.
Tous les personnages de « Machefer » sont attachants. J’adore Jean-mi, héros géant un peu neuneu mais très sympathique qui parcourt ces contrées dans son « pot de yaourt » (fiat 500). Il a cette réputation d’être le champion du monde toutes catégories de « boules » (d’après Seb’..) !
De la tristesse aussi parce que cet album est apparemment le dernier de la série. D’après « Vents d’ouest », les ventes de «Machefer» ne sont pas assez élevées… je ne comprends pas cette désaffection du public. Serait-ce l’absence de violence, de sexe dans cette série qui rebutent les lecteurs –SIC !- ? Ou serait-ce le manque de pub de la part de l’éditeur ? La série « Golden Cup » chez un autre éditeur qui met également en scène des voitures est un succès alors que « Machefer » m’apparaît bien plus intéressant et distrayant que ce premier : bizarre !
J’espère tout simplement que « Vents d’ouest » reviendra sur sa décision et qu’il relancera cette série très sympathique !
Tout pareil qu'Artemis !
Tintin est une bd culte qui a marqué l'Histoire de la BD.
On peut trouver plein de choses à redire mais c'est un succès populaire indéniable qui a bercé l'enfance de nombreux d'entre nous !
Et puis les dessins sont beaux et les histoires font rêver les plus petits. Qui n'a jamais rêvé d'être l'ancêtre du Capitaine Haddock dans "Le Secret de la Licorne" ? On peut aussi citer "Objectif Lune" et "On a marché sur la Lune".
Je pense que c'est une BD culte pour les enfants empreinte de voyages et d'aventures.
Et quand on les lit étant enfant, c'est toujours avec une pointe de nostalgie qu'on les relit étant adulte.
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Terrains vagues
Eh bien moi cette crise de nombrilisme m'a profondément ennuyé. Baudoin est un homme à femmes, mais qui n'arrive pas à choisir entre deux amours, semblent-ils aussi beaux l'un que l'autre. On le comprend un peu, quelque part, car entre la douceur chez l'une, et l'intelligence chez l'autre, le choix peut s'avérer cornélien. "Terrains vagues" correspond bien à ce territoire en friche qu'est son coeur. Mais que dire de l'option "automatique" de son écriture ? Ca casse complètement le rythme du récit, qui du coup explose en lamelles impossible à renouer ensemble. Certes, Baudoin écrit bien, il a un beau style graphique, mais la forme est complètement arythmique, et du coup on s'y perd.
Sémaphore
J’espère franchement que cet album n’est pas le début du déclin de la collection « Blandice » de Paquet. Parce que jusque là, il n’y avait rien à jeter, c’était LA collection irréprochable de chez Paquet. Pas que des chefs d’œuvres mais que des albums estimables : Betty Blues, Sumato, La Perspective Nevski, Souvenirs, Big Bill est mort... Ce « Sémaphore » ne tient pas la comparaison. Déjà, dès la couverture, ça se gâte : mauvaise composition, mauvais cadre, couleurs trop artificielles, perspectives ratées…. Après avoir vu l’album, il faut convenir que cette plage déserte, ce lieu vide, établit un rapport assez trouble avec le contenu de l’album, mais l’exécution n’est pas à la hauteur. D’autant qu’à l’intérieur, il y a des choses bien plus belles. Le dessinateur (la dessinatrice ?) sait croquer les personnages féminins. Malgré des petites raideurs et le sentiment assez clair qu’on est passé par la pose de modèles, les personnages de cette bd sont plutôt bien foutus. Les décors, en revanche, sont nettement moins réussis. Mais ce qui m’a le plus gêné dans cet album, c’est la mise en page et le découpage. Il y a bien quelques tentatives intéressantes de mettre en scène les choses de manière efficace, il y a quelques cases qui font mouches (je pense à l’utilisation de cases très étroites pour évoquer des fragments de mémoire), mais l’ennui, c’est que pour une trouvaille, on doit se coltiner dix autres tentatives lourdes ou à demi ratées. Sans compter toutes ces planches qui ne comportent que 2 ou 3 cases inutilement grandes. Ca nous donne une histoire de 78 pages, lue en 15 minutes et que d’autres auteurs aurait racontée en 20 planches… Mais qu’est-ce que ça raconte au juste ? Un thriller assez glauque en fait, qui comporte deux trois scènes réellement intéressantes mais plombé par un nombre incroyable d’invraisemblances et d’approximations. Le coup du quadruple meurtre perpétré par des gamins de 15 ans, c’est déjà dur à avaler mais les voir transporter les corps aussi facilement que des sacs de patates de 20 kilos, c’est risible… Déjà, le début de l’intrigue était très mal parti avec de personnages traités à la grosse louche, façon « Nous deux » qui se prendrait pour Chabrol… (L’engueulade de la page 23 et la réconciliation qui suit semblent sorties d’un épisode de « Sous le soleil »). La plus grosse erreur de cet album, c’est cette fin ridicule, expédiée et d’un fatalisme qui se voudrait troublant, mais qui est juste une façon de finir facilement et de manière pseudo originale, un récit crapoteux. Cette histoire de maladie, c’est n’importe quoi… Bon, je suis très méchant, j’en ai conscience, parce que tout n’est pas à jeter dans cet album. La scène où les ados doivent maintenir les corps au fond de l’eau pendant toute la journée est bien trouvée et prenante, elle a quelque chose de délicieusement emblématique, elle sauve l’album et fait que sa lecture n’est pas un gâchis total. On a même l’impérieux sentiment qu’il y avait moyen de faire quelque chose de très bon autour de ce fait divers, qu’il y a avait là quelques bonnes idées qui auraient pu être exploitée d’une bien meilleure manière. Un album fait avec plus d’audace que de talent… Ça pardonne peu.
À l'ombre de l'aigle
Un premier album d’une jeune dessinatrice (23 ans) qui n’a, malheureusement, pas encore le niveau qu’on est en droit d’attendre d’un auteur publié. Côté scénario, c’est assez moyen mais rien de dramatique, le rythme est soutenu et malgré certains inconsistances et des personnages très typés, ça vaut au moins Luuna, par exemple… Soit une intrigue facile mais qu’on suit sans peine. Mais d’un point de vue graphique, pardon d’être aussi sec : cet album est une vraie catastrophe. Cristina De Arcos a encore bien des choses à apprendre. Son album est plein de perspectives foireuses, de corps mal proportionnés, de scènes d’action mal découpées, de cadrages ratés et d’une absence assez criante de tout sens de la mise en scène… On ne peut pas dire que Paquet nous ait tellement habitué à meilleur mais on tombe rarement aussi bas… Je ne vais pas tirer sur Paquet, l’éditeur Suisse est loin d’être le seul à mettre des albums si peu aboutis sur le marché. Dans le genre, Carabas fait aussi très fort. Et puis les jeunes auteurs, il faut bien qu’ils commencent quelque part, et depuis la disparition des magazines qui permettaient aux apprentis dessinateurs de s’essayer sur des récits courts, ils sont bien forcés de proposer des albums complets et des projets de séries pour être publié, même quand ils sont encore très loin d’avoir le niveau…
Quick et Flupke
Malgré tout le respect que j'ai pour Hergé, je dois reconnaître que j'ai toujours trouvé Quick et Mac... Flute, immangeable... inlecturable... imbuvable... je ne sais trop comment le dire. J'en possède pourtant quelques tomes chez moi que j'ai lus avec curiosité, mais c'est vraiment trop niais, trop plat... Il y a des années, je me souviens avoir lu le texte d'un spécialiste d'Hergé qui disait que ce dernier, malgré tous ses efforts pour introduire de l'humour dans son oeuvre, avait toujours raté son coup. Quand on lit Quick et Hamburflupke, on ne peut que lui donner raison. A lire donc, pour la culture générale et à oublier très vite, au profit des meilleures productions du maître de la ligne claire.
La Vengeance du Comte Skarbek
Comme beaucoup l'ont déjà précisé, l'approche graphique de cette série est remarquable. Les planches se découvrent et se lisent avec beaucoup de surprise et de plaisir. On reconnaît toujours la patte de Rosinski, mais ici, on peut apprécier sa maîtrise de la couleur et on regrette à posteriori que les meilleures aventures de Thorgal n'aient pu bénéficier d'un tel travail. Je pense, quant à moi, que cela les aurait rendues inoubliables. Mais revenons à Skarbeck. J'ai passé un grand moment d'aventure. Les références citées par Sente ne sont pas usurpées. Il y a du Dumas dans ce tourbillon de faits et de rebondissements qui sont toujours spectaculaires. Et à la fin de l'histoire, quand arrive le dénouement, on respire un peu, tant on commençait à avoir le tournis. Je le répète, j'ai vraiment aimé l'ensemble. Pour ne rien gâcher, l'histoire est racontée en 2 tomes, ce qui nous évite les longueurs inutiles et les fins à la "mord moi le XIII". Mon seul bémol est léger. Il concerne la dernière case de l'histoire. Elle est tellement gnangnan et convenue que ça m'a légèrement gâché le plaisir... Légèrement quand même, parce que l'essentiel avait été déjà dit, et bien dit. Un bd à découvrir donc avec intérêt pour son graphisme somptueux et son scénar tendu et nerveux comme le physique de Skarbeck ou d'Alexandre. Assurément une bd qui fera date.
Blacksad
Après deux ans d'attente, Juan Diaz Canales et Juanjo Guarnido nous livrent enfin le troisième album d'une série devenue incontournable. Dans « Âme Rouge », les milices racistes du précédent opus laissent leur place à l'inquisition MacCarthyste répondant à un nationalisme exacerbé au sein des Etats-Unis des années 1950. Autant le dire tout de suite, la narration est de qualité ce qui n'était pas joué d'avance compte tenu des thèmes abordés. Le scénario de Canales nous fait entrer dès les premières pages au cœur d'un bon vieux polar comme je les aime avec son héros désabusé et un cortège de seconds rôles réjouissants. L'intrigue complexe mêle astucieusement histoire d'espionnage, erreurs du passé et atmosphère policière pour notre plus grand bonheur. Le rythme insufflé au récit alterne savamment action débridée et moment de respiration avec une volonté inspirée de mettre en relief les avantages graphiques. Car le dessin de Juanjo Guarnido est une nouvelle fois épatant. La galerie de personnages animaliers est remarquable tant leurs expressions ressemblent à celles de sujets humains. Comme à chaque fois, la race du protagoniste rappelle à merveille son tempérament présumé et ses travers. Si l'on ajoute à cela un découpage admirable et des couleurs bien senties, nous avons tous les ingrédients qui ont contribué à la réussite de cette série. Déjà récompensé par le prix du dessin au festival d'Angoulême 2004 (« Blacksad : Artic Nation »), Guarnido ne devrait pas être en reste avec ce nouvel opus. « Blacksad » est une des productions qui aura le plus marqué le monde de la bande dessinée ces derniers temps !
L'Ours voleur de merguez
Ce qui est bien avec la collection de BD pour tinenfants du Seuil, c'est qu'on peut en lire l'intégralité en 15 minutes environ. Ce qui est moins bien c'est qu'à 8.99 € le volume ça fait un peu cher la minute de lecture. Bon, évidemment c'est des mini-histoires pour tout-petits donc il faut pas s'attendre à trouver beaucoup de chefs-d'oeuvres dans le lot, mais il y en a quand même des bons et des moins bons et "L'Ours voleur de merguez", en l'occurrence, n'est pas très bon. Une course-poursuite et une leçon sur le thème "quand on prend la peine de s'écouter les uns les autres on devient tous copains", mmmmouais, bof bof, je doute que même un môme se plonge avec passion là-dedans. Enfin bon, si vos moins de 6 ans ont déjà lu tous vos Serpieri, vous pouvez toujours leur ramener ça de la bibliothèque, mais c'est clairement pas une lecture prioritaire.
Boule de poils et mon canard
Dans la collection "La Bande des Petits" des éditions du Seuil, il y a des choses très sympas comme Boucle d'or et les sept ours nains, mais il y a aussi pas mal de petits albums très anecdotiques, pas mauvais mais tellement simplets qu'on a du mal à imaginer que même des gosses vont réussir à s'enthousiamer pour. Quant aux adultes, ben, dépenser 8,99 € pour 24 demi-planches de BD lues en 2 minutes, y a de quoi hésiter... Bref, "Boule de Poils et Mon Canard", c'est pas mauvais mais pas non plus folichon. Le dessin est chouette mais pas super original dans le genre "illustrations pour les enfants", y a quelques gags amusants mais ce n'est pas TRES drôle dans l'ensemble, et c'est franchement très court. Autrement dit, c'est à emprunter à la bilbiothèque si vous avez des gamins de moins de 6 ans, mais sinon, vous pouvez vous en passer.
Mâchefer
C’est avec beaucoup de joie et de tristesse que j’ai refermé le dernier album de « Machefer ». De la joie parce que j’adore cette série qui reprend les péripéties et l’esprit délirant du fameux dessin animé « Diabolo et satanas ». L’univers de la série reprend également les ingrédients qui ont fait le succès de « Mad Max » avec sa situation dans un monde désertique et la présence d’engins aussi loufoques les uns que les autres. La série me satisfait pleinement par son excellent concentré d’humour bon enfant et d’action. Le dernier tome termine en apothéose « Machefer » par une course très rythmée et déjantée ! Que du bonheur pour moi qui aime les compétitions automobiles ! Par rapport aux premiers tomes, le trait de Vastra dans « les 24 heures du monde » est plus fin et me semble être plus mature. La mise en page et les cadrages sont excellents. De temps à autre, de superbes vues d’ensemble viennent occuper les planches, j’ai ressenti dans « les 24 heures du monde » plus de recherches au niveau des cadrages par rapport aux autres tomes. Ce dernier album de la série est finalement très spectaculaire graphiquement. Carole Beau est la coloriste des « 24 heures du monde ». Elle utilise des teintes très lisses, moins termes mais moins réalistes aussi (ça m’a paru bizarre de voir des voitures briller dans un environnement très poussiéreux) que ceux d’Afoula qui a réalisé les deux premiers tomes. Tous les personnages de « Machefer » sont attachants. J’adore Jean-mi, héros géant un peu neuneu mais très sympathique qui parcourt ces contrées dans son « pot de yaourt » (fiat 500). Il a cette réputation d’être le champion du monde toutes catégories de « boules » (d’après Seb’..) ! De la tristesse aussi parce que cet album est apparemment le dernier de la série. D’après « Vents d’ouest », les ventes de «Machefer» ne sont pas assez élevées… je ne comprends pas cette désaffection du public. Serait-ce l’absence de violence, de sexe dans cette série qui rebutent les lecteurs –SIC !- ? Ou serait-ce le manque de pub de la part de l’éditeur ? La série « Golden Cup » chez un autre éditeur qui met également en scène des voitures est un succès alors que « Machefer » m’apparaît bien plus intéressant et distrayant que ce premier : bizarre ! J’espère tout simplement que « Vents d’ouest » reviendra sur sa décision et qu’il relancera cette série très sympathique !
Les Aventures de Tintin
Tout pareil qu'Artemis ! Tintin est une bd culte qui a marqué l'Histoire de la BD. On peut trouver plein de choses à redire mais c'est un succès populaire indéniable qui a bercé l'enfance de nombreux d'entre nous ! Et puis les dessins sont beaux et les histoires font rêver les plus petits. Qui n'a jamais rêvé d'être l'ancêtre du Capitaine Haddock dans "Le Secret de la Licorne" ? On peut aussi citer "Objectif Lune" et "On a marché sur la Lune". Je pense que c'est une BD culte pour les enfants empreinte de voyages et d'aventures. Et quand on les lit étant enfant, c'est toujours avec une pointe de nostalgie qu'on les relit étant adulte.