Les derniers avis (113681 avis)

Par Piehr
Note: 3/5
Couverture de la série Nic Oumouk
Nic Oumouk

Moui, c'est pas mal, c'est vrai. Toutefois, un poil en dessous de ce que Larcenet nous a habitué à lire depuis quelques années. En effet, entre Une aventure rocambolesque de..., Le combat ordinaire, Les Entremondes, une parfaite alchimie d'humour et de sentiments sincères servait les oeuvres de l'auteur. Ici, nous n'avons à faire qu'à un album "juste" drôle. Bon, l'ensemble reste tout de même très sympa. Le petit Nic est attendrissant, les multiples personnages secondaires assez typés.. très typés, même. L'image populaire du djeun's de banlieu. Mais j'aurais aimé un peu de recul, derrière tout ça, une critique moderne sociale sur les difficultés de réinsertion... Mais Larcenet a prit le parti de déconner à 100% avec cet album. Attendons de voir comment va évoluer la série ! Le dessin, par contre, tend vers ce que Larcenet fait de mieux : un dessin propre et si caractéristique du trait de l'auteur, un découpage nickel... Les couleurs de B. FIndakly ne sont d'ailleurs pas en reste. Un très bel album pour tout fan de l'auteur. Ce qui manque vraiment au premier tome (le seul paru à ce jour), c'est un peu de recul, une critique sociale plus présente. Larcenet s'est assagi avec l'âge, et des chefs d'oeuvre comme Le combat ordinaire en sont le résultat. Mais ici, c'est peut être l'acidité des débuts de l'auteur qui manque au récit.

22/07/2005 (modifier)
Par Piehr
Note: 4/5
Couverture de la série Apocalypse selon Lola (Lola Cordova)
Apocalypse selon Lola (Lola Cordova)

Lola, cette pute sous acide 24h/24, est principale coupable d'un double meurtre. Son alibi ? Elle n'a rien à voir avec tout ça, c'est les extraterrestres qui ont fait le coup, et ces enfoirés s'apprètent à détruire notre monde ! Rien que ça... Lola Cordova fait office d'OVNI dans le monde de la Bande dessinée : scénario trash complètement décalé, style graphique changeant de page en page mais frisant en permanence le délire pictural, dessin à la fois glamour, acide, ultra-inspiré et on ne peut plus personnel... La narration elle-même semble sortie tout droit d'un album de Bendis - La toute première scène est flagrante ! Conversation détachée des perso', multiplication des bulles vides de sens mais rigoureusement indispensables à l'ambiance qui se dégage de l'album, tout est là pour instaurer un univers à la limite du (bad ?) trip dans lequel baignent les différents protagonistes de l'histoire. Tout s'embrouille, on se débrouille, et au final rien n'est plus clair que le récit de Qwak, réglé au mm près. Entre les drogués au cul de Lola, les flics trop crédules pour être honnêtes, et l'héroïne nympho qui baise tout ce qui bouge, la galerie est pour le moins atypique. Pourtant, ne vous méprenez pas ! Lola Cordova n'est pas une BD X, mais bien un délire graphique trash sur fond d'aventure speedée sous acide. Toutefois, ma note n'est pas motivée uniquement par cette ambiance hors du commun, mais par, avant tout, le scénar' de Qwak. Le traitement est très dynamique, l'histoire sans temps mort : on VEUT croire Lola, que ce soit vrai ou faux ! Mais pourtant, impossible de savoir si cette hystérique, dont la mère est sa dealer, raconte tout ce qu'elle peut pendant qu'elle tient encore debout, ou si la survie de l'humanité ne dépend que d'elle. Le délire graphique, parlons-en : La mise en couleur tue tout. Au feuilletage de l'album, on risque d'être surpris, voir déçu : ca semble moche, vulgaire. Mais une fois dedans... c'est d'une intelligence ! Alliée au découpage hors du commun de l'album (ça fait souvent penser à du Ledroit, mais ca reste plus lisible que du Ledroit), elle permet de projeter au lecteur un univers improbablement réel et pourtant rigoureusement tangible. Ca brule la rétine :) Bref, Lola Cordova sonne comme une mauvaise nuit. Un ramassis de souvenirs nauséeux baigné dans la drogue, le sexe et la science-fiction. Et croyez-moi, jusqu'à la fin de l'album, on aimerait y croire, à l'histoire de Lola ! Alors, gros trip mystique ou fin du monde annoncé ? Je vous laisse découvrir cela par vous même ;)

22/07/2005 (modifier)
Par Piehr
Note: 3/5
Couverture de la série Courtney Crumrin
Courtney Crumrin

Bonne surprise que cette série-là ! J'avais peur de trouver un Ersatz de Harry Potter, mais l'auteur a eu l'intelligence de ne pas succomber à la tentation de la facilité, créant par là-même un univers à la fois sombre et intrigant, sans tomber dans le glauque facile. Cette série est en définitive assez amusante. On aime découvrir l'attitude associale de la petite Courtney, qui prend refuge dans son univers magique pour éviter de se mélanger aux gens communs qu'elle déteste tant. Elle n'aime pas les gens, elle le dit bien elle-même. Ses propres parents ne sont que des pantins qui ne l'amusent même plus... Plus qu'une simple histoire de petite sorcière en devenir, les différents albums parus traitent à mon sens de belle manière des difficultés d'insertions de certains adolescents mal dans leur peau, se réfugiant dans leur univers... il faut bien que jeunesse se passe... par une métaphore plutôt bien sentie. A tel point qu'en seconde lecture, et si le ton général n'était pas aussi axé sur l'humour noir, on hésiterait presque à parler de BD fantastique tant le problème social mis en exergue, en second plan, peut devenir prépondérant. Le dessin de Naifeh est plutôt classe : des noirs et blancs poussés, générateurs d'une ambiance particulière, pourrait nous faire penser en effet à un style très Burtonien. Le noir en particulier est utilisé avec parcimonie pour générer chez les personnages de l'histoire des émotions réalistes et appropriées. Classe ! Cet univers plaira à tous, à tout âge : pas de violence, et des dialogues plutôt bien sentis - on se plairait à découvrir, nous aussi, le monde des choses de la nuit !

22/07/2005 (modifier)
Par Piehr
Note: 3/5
Couverture de la série One Piece
One Piece

Une série délirante, légère, pas prise de tête. Eiichiro Oda a en effet pris le parti de la déconne sympa pour mettre en scène les aventures de l'équipage du jeune Lufy, garçon caoutchouc possédant le pouvoir de s'étendre et de rebondir aux parois pour avoir mangé un fruit du démon, à la recherche du célèbre trésor "One piece". C'est agréable, et comme souvent dans les Shonen, très initiatique : le jeune héros, un peu bébête à première vue, évolue au fil de ses aventures afin de devenir puissant, glorieux. On retrouve le schéma classique d'un bon Dragon Ball, baigné dans cette ambiance de piraterie franchement joyeuse. Ca fait plaisir ! Toutefois, Attention : série fleuve qui n'en fini pas (27 tomes édités au moment de mon avis), et je crains le pire quant à l'interêt de la série sur le long terme. Bah, ne boudons pas notre bonheur : la formule fonctionne, et dans le genre Manga - déconne à donf, ca marche plutôt bien (même si on ne hurle pas de rire non plus).

22/07/2005 (modifier)
Par Piehr
Note: 4/5
Couverture de la série Blue Heaven
Blue Heaven

Super impressionnant, tout simplement. En effet, la mise en scène, très cinématographique, de ce premier album d'une série qui comptera en tout et pour tout trois opus, joue un grand rôle dans l'introspection du lecteur qui savoure ce Huis Clos. Huis Clos, si l'on peu dire, car l'action se déroule tout de même sur l'un des plus luxueux paquebots du monde, durant sa première sortie. Bâtiment énorme, hors-normes, parfait pour un thriller efficace, surprenant. Je ne connaissais pas cet auteur, mais la description-même de son travail, à l'intérieur de la liseuse de l'album, force le respect : Professeur de Tsutomu Nihei (Blame), illustrateur des couvertures de MPD Psycho au Japon, cet homme-ci est loin d'être un mangaka débutant... et on le ressent clairement au fil des pages. La narration est parfaite, la mise en scène incroyable, le dessin storyboardé avec classe. Là où cette histoire n'aurait pu être qu'un Survival de plus sans grand intérêt, on retrouve des scènes psychologiques fortes qui rappellent Monster - on s'attarde beaucoup sur le passé du psychopathe, on comprend sa douleur, sa vie... En fait, cette série se place plus comme l'étude d'un psychopathe en chasse, que comme une simple vision de témoin de l'action. C'est ainsi que le récit prend de la profondeur, de la constance. Classe. Le dessin est superbe, très fin, le "méchant" possédant un charisme particulièrement prenant. Une très bonne surprise, pour une série manga courte (trois tomes en tout, une fois n'est pas coutume) que je vous conseille de suivre de très prêt...

22/07/2005 (modifier)
Par Piehr
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Salvatore
Salvatore

La méga bonne surprise ! Etonné par les commentaires très enjoués de CoeurdePat et Balunga, j'étais curieux depuis un certain temps de découvrir cet album de De Crécy, qui ne m'a pourtant pas toujours convaincu. Mais ce premier tome de Salvatore est une perle de sensibilité, d'humour fin et de tendresse - on pourrait penser lire un album pour enfant, si le sujet principal n'était justement pas si adulte. La narration est superbe, la voix-off s'intégrant parfaitement dans le récit, malgré sa présence quasi-permanente. On découvre le petit monde de Salvatore, ses personnages animaliers hauts en couleurs, cet univers doux et clair... Un premier album vraiment rafraichissant, agréable. Le dessin, très particulier, fait pourtant mouche du premier coup. Le découpage, superbe, laisse alternativement part à une histoire fouillée, un humour sensible... Mon avis est bourré de superlatifs, mais il y a bien longtemps qu'un album ne m'avait pas réjouit à ce point... j'attends la suite avec impatience !

22/07/2005 (modifier)
Par Piehr
Note: 4/5
Couverture de la série Mertownville
Mertownville

Derrière cette présentation de 4ème de couv' peut engageante (me concernant), et une couverture qui ne paie pas de mine, on pourrait facilement passer à côté de cette petite perle de la bande dessinée. Ce serait une bien belle erreur... En effet, il y a longtemps que je n'avais pas été aussi enthousiaste à la lecture d'un album humoristique. Ici, la finesse des propos, alliée au quotidien de Lydia, rend l'album vraiment très drôle par moment. C'est plein de bonnes idées, d'invention, d'astuces scénaristiques (la séquence du cauchemar de Lydia est bluffante, j'adore). On suit la pauvre petite héroïne avec grand intérêt, la narration fluide rendant le tout particulièrement aisé. Le dessin de Michel Falardeau est quant à lui très propret, un peu trop typé Baggy Style par moment, et convient très bien à l'histoire. Son héroïne est vraiment craquante, et rien que pour cela... Un très bon album plein d'humour, mais que sans l'absurdité de certaines situations, j'aurais presque classé en roman graphique... et c'est peut être ce qui fait le charme de ce petit album. A suivre !

22/07/2005 (modifier)
Par Piehr
Note: 2/5
Couverture de la série Au Pays des Ombres (Vincent mon frère mort-vivant)
Au Pays des Ombres (Vincent mon frère mort-vivant)

J'ai lu pas mal d'avis positifs, de-ci de-là, concernant cet album. Mon libraire lui-même m'a dit "J'ai beaucoup aimé". Pourtant, un truc me tracassait depuis le début : je n'ai jamais lu ou entendu d'avis de quelqu'un ayant lu le petit bijou de Duprat, "Mon cousin dans la mort", album que je vous conseille vivement. C'est donc avec une certaine appréhension que je me suis plongé dans ce One-Shot, qui pour moi depuis le début sentait le réchauffé, tendance copie conforme, mention plagiat. "Mon cousin dans la mort" - "Vincent, mon frère mort vivant" : appréhension légitime, pas vrai ? Appréhension confirmée dès les premières pages. Tout d'abord, le dessin est très similaire à l'album de Duprat sans être pour autant aussi maitrisé. Il reste tout de même assez sympa... mais une fois de plus, quelle repompe ! Les personnages eux-même jouent les durs par leur regard parfois plein de haine, à l'instart de "Mon cousin dans la mort". Toutefois, là où la méchanceté ambiante était carrément déstabilisante dans l'opus qui me sert de référence ici, elle n'est qu'anecdotite dans ce One Shot, "pour faire pareil" sans raison valable. C'est pourquoi, finalement, les personnages ne prennent que parfois une attitude haineuse, sans raison apparante. Très bizarre. Enfin, la narration elle aussi est similaire au petit livre de Duprat. Le scénario est bien sûr différent, en quelques points - c'est bien plus fantastique ici, on s'amuse même du petit diable (qui peut faire penser à celui de Lincoln, en moins inventif), mais on ne va tout de même pas bien loin. J'ai de plus l'impression que cet album est posé la le cul entre deux chaises : narration parfois très enfantine d'une part, sujet plutôt adulte parfois, je ne sais pas vraiment à qui s'adresse cet album, en fin de compte. A l'époque de la création de la collection Lattitudes, de Soleil, j'étais plutôt enjoué : enfin un peu de nouveauté, non formatée comme le reste des débilité HF de l'éditeur ! Mais plus je lis d'albums de chez Lattitudes, plus je déchante...

22/07/2005 (modifier)
Par Piehr
Note: 4/5
Couverture de la série Chhht !
Chhht !

Il y a quelques années de cela, Jason déboulait en Europe avec un petit album, Attends, faisant l'effet d'une bombe auprès des libraires, particulièrement chez les spécialistes en littérature indépendante (L'association et consort). Très vite, Jason est devenu "Auteur Culte" du public amateur de bande dessinée indé', tant son travail est représentatif de la mouvance "nouvelle BD" qui enflamme depuis quelques années les étagères de votre librairie préférée. Chhht ! est l'exemple parfait du travail de Jason. Travail que je n'avais que peu apprécié lors de ma lecture de Dis-moi quelque chose, One Shot à mon sens très plat... Toutefois, bien de l'eau a coulé sous les ponts, mes goûts ont évolué, et je découvre par le biais de Chhht ! un auteur emprunt d'une sensibilité touchante, d'une poésie dans laquelle baignent les dix histoires muettes de ce tome pas comme les autres. Les récits sans paroles sont souvent un sacré pari de la part d'un auteur : si la représentation picturale de l'ensemble est foireuse, toute la narration disparaît au profit d'une lassitude chez le lecteur. Ici, tout le contraire : on se plait à aimer le personnage de Jason, à suivre ses aventures ma foi bien ordinaires, finalement, mais surtout incroyablement justes. Les visages impassibles des personnages de Jason, qui peuvent rebuter bien des lecteurs, sont aussi générateurs d'une ambiance particulière, feutrée, propice au développement de l'imagination de chacun. Chez moi, ça fonctionne à merveille : j'adore ce style très propret, je bois les paroles invisibles que nous chante le dessin de l'auteur... Un album de qualité, qui me donnerait bien envie de relire Dis-moi quelque chose, tant je suis persuadé, finalement de mettre trompé il y a quelques temps.. ou du moins de ne pas avoir eu la maturité nécessaire, à l'époque, à l'appréciation du style si personnel de Jason.

22/07/2005 (modifier)
Par Piehr
Note: 4/5
Couverture de la série L'Aigle sans orteils
L'Aigle sans orteils

Ce superbe One-shot représente une très belle aventure humaine, l'histoire d'un Homme dont la volonté d'accomplir son rêve est telle qu'il parviendra à ses fins. Belle leçon, en somme. Le récit, très vivant, nous place directement du côté d'Amédée, que l'on soutiendra moralement tout au long du récit. On découvre ses craintes, ses ambitions, sa détermination, la montée en puissance de l'Aigle. L'une des forces de cet album réside dans la galerie de personnages secondaires à la psychologie forte, marquée, qui donne au récit son côté réaliste. Pourtant, des mots de Lax lui-même, rencontré en dédicaces à l'occasion de l'achat de l'album, tout celà n'est que pure fiction, même si ses rêves d'enfant et sa passion pour le cyclisme jouent un grand rôle dans la qualité de cette oeuvre. Le dessin, quant à lui, est superbe. Les pages, dont les couleurs dominantes inssuflent au récit des ambiances tantôt chaleureuses, tantôt glaciales, sont superbement choisies et appliquées. Pourtant, j'ai eu plusieurs fois l'impression au cours de mon récit que le noir et blanc du trait originel aurait amplement pu se passer de couleur, tant il est racé, clair et précis. Très bel album qui vous fera voyager, que vous soyez grand fan du tour de France, ou comme moi un peu hermétique à cet univers, mais amateur d'aventures humaines hors du commun.

22/07/2005 (modifier)