C’était en 1992, je n’étais plus vraiment un bédéphile, mes dernières lectures étaient des livres de Tintin et de quelques bds vite oubliées qu’un cousin me prêtait de temps en temps...
Bref, c’était une époque où j’étais étudiant et où j’avais fait connaissance avec un camarade de classe bédéphile. Lors d’une visite chez lui, il me présenta quatre bds dont le dessin me ne m’attirait pas vraiment. De retour chez moi, je suis mis à lire le premier tome, puis le deuxième, etc… jusqu’à cette fin étourdissante ! J’ai été tellement ému par ce dénouement que j’en suis resté un bon quart d’heure à me poser des questions, à ne plus penser à autres choses que cette bd !
La série, c’était « La quête de l’oiseau du temps ». J’ai acheté ensuite l’intégral de ce premier cycle et quand je le vois dans ma bédéthèque, je ne peux m’empêcher de penser à tous ces bons moments passés avec Bragon, Pélisse et l’inconnu !
Il y a des passages qui me sont restés dans ma mémoire, je me rappelle encore de la découverte du personnage de Fol, des péripéties dans le temple de l’oubli et puis et surtout le fameux rige ! Ahhh ce tome ! Malgré que je sache comment cette histoire se termine, je n’ai pu m’empêcher de lire et relire « Le rige ». Il y a dans cet album de tels moments de tension, d’émotion et de classe dans l’allure de ce personnage qu’on ne peut pas oublier de sitôt cette lecture !
Le dessin de Loisel, bien qu’au départ il ne me fascinait pas, est excellent. Il y a surtout chez cet auteur une grande faculté à mettre en page les évènements d’une manière très fluide, bref, c’est une perle au niveau de la narration !
Alors que dire de plus ? Quand on se souvient d’une bd plus de dix ans après avec émotion, je ne peux m’empêcher de répéter encore et encore : merci Régis ! Merci Serge de m’avoir redonner l’envie de (re)lire des bds !
"Carmen Mc Callum", voilà une série qui mérite bien sa place dans la collection Série B de chez Delcourt. En gros, de la bonne science fiction d’anticipation, cyberpunk avec beaucoup d’action, dans la même ligné que Travis (mais en plus flingueuse).
L’héroïne de l’histoire créé par Duval est une ex membre de l’IRA devenue mercenaire et vendant ses compétences au plus offrant. C’est une femme forte même si elle a un côté assez pessimiste et torturé. L’action se passe au-delà des années 2040. Ces aventures comptent à l’heure actuelle trois cycles terminés (3 albums, 2 albums et 2 albums). Bien que cette série soit essentiellement basée sur l’action, les histoires sont suffisamment complexes et riche en rebondissements pour tenir le lecteur en haleine.
Le dessin de Gess est tout à fait adapté à ce genre de BD, la découpe des planches et le cadrage des cases sont efficaces et très dynamiques. Il arrive que certains personnages aient une tête un peu bizarre, mais ça passe. Et je trouve que le trait s’améliore au fil des tomes.
Les couleurs de Breton puis de Rabarot sont biens, et accentuent la nervosité des illustrations.
J’aime beaucoup les couvertures du tome 1, 6 et 7 mais je trouve les autres trop banales et peu accrocheuses.
Vivement le tome 8 !!!!
Même constat que pour Monsieur, du même auteur : il s'agit de souvenirs souvents drôles, touchants dans leur authenticité, de l'auteur. J'ai bien aimé certaines séquences, comme celles intitulées : "la fondue galloise", où David, incommodé par une mauvaise digestion du fromage ingurgité, fait des rêves complètement foutraques, ce qui permet à l'auteur de se lâcher totalement, sans toutefois tomber dans le crade ou le porno pur et dur. Ca reste gentillet, servi par un style goossien qui sied tout à fait à ces échappées oniriques.
On passe un petit moment sympa.
Alors que je ne suis pas un adepte de l'humour contemporain, je me suis surpris à largement sourire à la lecture de cet album "indépendant". Car Sourdrille, qui se met lui-même en scène, est un jeune homme tout ce qu'il y a de banal et médiocre, et on peut parfois se reconnaître au détour d'une page... Fort d'un graphisme à la Goossens, et d'un humour sur soi-même assez salvateur, il nous propose une suite de saynètes un peu ridicules, sans grand intérêt certes, mais qui ont le mérite d'avoir l'air authentiques. On touche presque au roman graphique parfois...
Disons que cela ne restera pas dans les annales, mais que cela reste divertissant.
Ces histoires de pirates semblent être du déjà vu. Apparemment, elles sont tirées d'un roman d'Alexandre Dumas et l'on retrouve ici l'atmosphère de ses grands romans d'aventures. Je trouve que cette libre adaptation est plutôt originale : des pirates évoluant sur des ballons dirigeables dans un monde sauvage, dominé par une vilaine compagnie très capitaliste. Beaucoup d'aventures, des peuplades chamarrées, des trahisons, de la franche camaraderie, de l'amour, des trésors, enfin que de bons ingrédients qui sont réunis au long des 3 tomes qui composent cette série.
Les dessins ne sont pas exceptionnels mais le tout reste agréable à lire. Seule la colorisation n'est pas vraiment à mon goût.
Cette série mérite donc au minimum d'être empruntée pour une unique lecture et peut très décemment garnir une bibliothèque personnelle, ses 3 tomes ne constituant pas un investissement phénoménal.
Cette BD est la seule, jusqu’à ce jour et à ma connaissance, à proposer un comparatif d’une même planche (même histoire) dessinée par douze dessinateurs différents !
Le résultat est assez saisissant car les auteurs ont un style très différent les uns des autres. Pour cela, je ne peux que féliciter l’association « On a marché sur la bulle » pour ce choix varié des dessinateurs !
C’est ainsi qu’on retrouve un auteur japonais, un dessinateur allemand peu connu au trait complément farfelu (et très intéressant !) et un autre spécialisé dans la réalisation de comics. Personnellement, je n’ai de cesse de comparer et recomparer encore les planches, les apprentis dessinateurs vont se régaler ! Impossible d’avouer qui dessine le mieux, qui est le meilleur metteur en scène !
Pour ceux qui croient que cette idée de mettre en scène la même histoire par 12 dessinateurs différents serait trop répétitive, sachez que le scénario de Fabien Velhmann est parfaitement adapté à cet exercice de style. Il en explique d’ailleurs la façon dont il a appréhendé ce projet.
Le seul défaut de cette BD est, à mon avis, de proposer une bibliographie assez fournie des auteurs qui pourraient lasser les grands amateurs et connaisseurs de bandes-dessinées.
« Coïncidence » m'apparaît donc comme une BD novatrice réussie, je pense même que cette idée sera reprise par d’autres éditeurs. Encourageant !
"Le Tour de Valse" est avant tout une formidable histoire d'amour entre une femme et un homme qui ne parviendront jamais à prendre en main leur destin.
Cet homme, Vitor, se retrouvera au sortir de la guerre 40-45 dans un goulag pour un motif imaginé mais lourd de conséquence dans la vie de ce couple. Tout avait pourtant bien commencé pour Kalia et Vitor, ils s’étaient mariés par amour puis eurent deux magnifiques enfants… mais la 2ème guerre mondiale et la venue du stalinisme vont casser ce bonheur.
Le "tour de valse" se concentre sur la vie de Kalia et la recherche de son mari. Cette femme découvrira tour à tour les "compagnons" de cellule de Vitor, l'horreur du goulag et ses conséquences. Elle découvrira aussi des hommes et des femmes brisés, le silence, la honte, l'humiliation pour Vitor qui se rend compte qu’il se comporte comme un "singe" malgré lui, la peur de dire la vérité.
Ce livre est aussi une belle leçon de courage, d'espoir et d'amour. Le dessin de Pellejo est magnifique, il rend bien l'atmosphère inquiétante, dure et froide de la Russie. Cependant une remarque me vient à l'esprit, la révolution d'octobre est toujours symbolisée par les 3 couleurs suivantes : le rouge, le noir et le blanc. Ces couleurs sont très présentes dans cet album et dans d’autres qui parlent de ce pays, est-ce cela la Russie ? Cette ambiance de l'époque soviétique devient tellement banale et figée dans l’esprit des gens que je me demande si ça ne devient pas trop systématique !
L'histoire est un peu trop romancée mais les évènements et les faits de l'époque s’ils demeurent vraiment véridiques sont suffisamment touchants pour qu'on lise avec intérêt cet album. Rien que pour ça, cette BD, témoignage d'une époque peu glorieuse de l'URSS, est donc une réussite de plus dans la collection "Aire libre".
La scénariste Marzena Sowa n’est autre que l'héroïne de cette bédé.
Elle y raconte sa jeunesse en Pologne pendant les années 80. A cette époque, les denrées étaient assez rares et dès qu’un arrivage de n’importe quel produit était annoncé, tout le monde se précipitait ! J’ai beau avoir maintes fois entendu et réentendu ces difficultés pour dénicher un produit en Pologne à cette période, j’ai encore du mal à appréhender cela tellement c’est surréaliste pour un français !
Marzena parle aussi de la ferveur religieuse accentuée par la présence d’un pape polonais à la tête de l’église. Par conséquent, « Marzi » représente un bon témoignage sur la Pologne des années 80 à travers les yeux d’une jeune fille naïve de 8 ans. Ce qui est assez surprenant, c’est que malgré ces difficultés, les enfants et parfois même les adultes n’ont apparemment pas trop souffert de ces privations. J’ai retrouvé dans la bédé cette joie de vivre et d’être ensemble à l’image des aventures de Marzi et de ses copines dans l’immeuble où elle habitait.
Le dessin inhabituellement dépouillé (par rapport à "Al Togo") de Sylvain Savoia est extrêmement bien adapté à cette bédé. Je reproche toutefois cette voix off qui accompagne un peu trop souvent, à mon goût, la lecture de cette bédé même si c’est difficilement envisageable autrement.
« Marzi » est finalement une bonne bédé, témoignage sympa sur une Pologne des années 80. Décidément, je l’ai trouvé craquante notre petite « Marzi » !
Poursuivant ma lecture des anciennes BDs d'Uderzo, après Belloy, Luc Junior et avant Oumpah-Pah, c'est encore une bonne surprise que j'ai à la lecture de Jehan Pistolet. Décidément, cela réussit véritablement à Uderzo d'avoir Goscinny pour scénariste.
Au niveau du dessin et des couleurs, les deux premiers tomes de Jehan Pistolet font assez vieillots. Les personnages sont encore un petit peu réalistes et le résultat est assez mitigé. Mais en arrivant au 4e tome, Uderzo aura acquis son style moderne, celui d'Astérix, et autant les couleurs que les décors et les personnages deviendront très sympas et très modernes. Il me semble bien d'ailleurs que le personnage de Jehan Pistolet lui-même se retrouvera parmi l'équipage des pirates dans un album d'Astérix.
Au niveau du scénario, le thème de base est classique : des aventures de corsaires et de pirates. Jehan Pistolet et son équipage sont aux ordres du Roy de France et combattent les méchants pirates, traquent les espions ennemis ou partent en Amérique chercher un ingrédient pour un médicament. Raconté comme ça, ça parait assez basique et pas palpitant pour quelqu'un de blasé par les BDs d'aventure.
Mais ce sont surtout les personnages et l'humour qui caractérisent les scénarios de Goscinny.
L'équipage de Jehan Pistolet est en effet composé de personnages hétéroclites, allant du petit matelot ressemblant bigrement à Goscinny lui-même jusqu'au gros cuistot à toque, en passant par un perroquet unijambiste à la répartie cinglante qui sert de mascotte. L'humour est l'élément essentiel des histoires, de l'humour assez bon et de plus en plus présent au fur et à mesure des tomes, humour qui préfigure celui d'Astérix.
Il est d'ailleurs amusant de noter que, comme Luc Junior peu de temps avant, Jehan Pistolet se rendra également en Amérique pour son dernier tome, préfigurant là aussi la création de Oumpah-Pah et plus tard le voyage d'Astérix au pays des indiens.
Les premiers tomes de cette série ont un peu vieilli mais se lisent bien et l'ensemble de la série est vraiment pas mal pour une série un peu oubliée.
Je continue ma découverte des oeuvres de jeunesse de Goscinny et Uderzo, du moins de leurs oeuvres d'avant Astérix et avant même Oumpah-Pah. Après Belloy scénarisé par Charlier, je découvre ainsi "Luc Junior" publié une ou deux années après avec cette fois Goscinny au scénario, et je dois avouer avoir été agréablement surpris.
Déjà, au niveau du dessin, Uderzo commence à acquérir son style "moderne", celui d'Astérix. Les dessins sont ronds et dynamiques, les compositions claires et la narration visuelle très lisible. Alors que Belloy avait un aspect assez vieillot et désuet, Luc Junior parait très moderne en comparaison.
Ensuite, au niveau du scénario, il n'y a pas à dire : Goscinny, c'était un bon, quand même ! Là aussi, le récit a une touche assez moderne qui le rend très lisible de nos jours encore. Les scénarios sont simples et pas très originaux : deux journalistes, un vieux de la vieille et un jeune enthousiaste, vivent des aventures typiques du genre, envoyant des cambrioleurs en prison, visitant l'Amérique à la recherche d'un héritier disparu, etc... Mais le rythme et la narration sont très bons rendant la lecture agréable et pas ennuyeuse. Et surtout Goscinny, même s'il n'a pas encore l'humour excellent d'Astérix, nous crée quand même là des situations amusantes et des personnages assez bons, comme le chien de Luc Junior que je trouve bien marrant.
Bref, une série "Pêché de Jeunesse" de Goscinny et Uderzo, qui a un petit peu vieilli mais qui reste sympa et assez moderne pour son époque.
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La Quête de l'Oiseau du Temps
C’était en 1992, je n’étais plus vraiment un bédéphile, mes dernières lectures étaient des livres de Tintin et de quelques bds vite oubliées qu’un cousin me prêtait de temps en temps... Bref, c’était une époque où j’étais étudiant et où j’avais fait connaissance avec un camarade de classe bédéphile. Lors d’une visite chez lui, il me présenta quatre bds dont le dessin me ne m’attirait pas vraiment. De retour chez moi, je suis mis à lire le premier tome, puis le deuxième, etc… jusqu’à cette fin étourdissante ! J’ai été tellement ému par ce dénouement que j’en suis resté un bon quart d’heure à me poser des questions, à ne plus penser à autres choses que cette bd ! La série, c’était « La quête de l’oiseau du temps ». J’ai acheté ensuite l’intégral de ce premier cycle et quand je le vois dans ma bédéthèque, je ne peux m’empêcher de penser à tous ces bons moments passés avec Bragon, Pélisse et l’inconnu ! Il y a des passages qui me sont restés dans ma mémoire, je me rappelle encore de la découverte du personnage de Fol, des péripéties dans le temple de l’oubli et puis et surtout le fameux rige ! Ahhh ce tome ! Malgré que je sache comment cette histoire se termine, je n’ai pu m’empêcher de lire et relire « Le rige ». Il y a dans cet album de tels moments de tension, d’émotion et de classe dans l’allure de ce personnage qu’on ne peut pas oublier de sitôt cette lecture ! Le dessin de Loisel, bien qu’au départ il ne me fascinait pas, est excellent. Il y a surtout chez cet auteur une grande faculté à mettre en page les évènements d’une manière très fluide, bref, c’est une perle au niveau de la narration ! Alors que dire de plus ? Quand on se souvient d’une bd plus de dix ans après avec émotion, je ne peux m’empêcher de répéter encore et encore : merci Régis ! Merci Serge de m’avoir redonner l’envie de (re)lire des bds !
Carmen Mc Callum
"Carmen Mc Callum", voilà une série qui mérite bien sa place dans la collection Série B de chez Delcourt. En gros, de la bonne science fiction d’anticipation, cyberpunk avec beaucoup d’action, dans la même ligné que Travis (mais en plus flingueuse). L’héroïne de l’histoire créé par Duval est une ex membre de l’IRA devenue mercenaire et vendant ses compétences au plus offrant. C’est une femme forte même si elle a un côté assez pessimiste et torturé. L’action se passe au-delà des années 2040. Ces aventures comptent à l’heure actuelle trois cycles terminés (3 albums, 2 albums et 2 albums). Bien que cette série soit essentiellement basée sur l’action, les histoires sont suffisamment complexes et riche en rebondissements pour tenir le lecteur en haleine. Le dessin de Gess est tout à fait adapté à ce genre de BD, la découpe des planches et le cadrage des cases sont efficaces et très dynamiques. Il arrive que certains personnages aient une tête un peu bizarre, mais ça passe. Et je trouve que le trait s’améliore au fil des tomes. Les couleurs de Breton puis de Rabarot sont biens, et accentuent la nervosité des illustrations. J’aime beaucoup les couvertures du tome 1, 6 et 7 mais je trouve les autres trop banales et peu accrocheuses. Vivement le tome 8 !!!!
Mesdames
Même constat que pour Monsieur, du même auteur : il s'agit de souvenirs souvents drôles, touchants dans leur authenticité, de l'auteur. J'ai bien aimé certaines séquences, comme celles intitulées : "la fondue galloise", où David, incommodé par une mauvaise digestion du fromage ingurgité, fait des rêves complètement foutraques, ce qui permet à l'auteur de se lâcher totalement, sans toutefois tomber dans le crade ou le porno pur et dur. Ca reste gentillet, servi par un style goossien qui sied tout à fait à ces échappées oniriques. On passe un petit moment sympa.
Monsieur
Alors que je ne suis pas un adepte de l'humour contemporain, je me suis surpris à largement sourire à la lecture de cet album "indépendant". Car Sourdrille, qui se met lui-même en scène, est un jeune homme tout ce qu'il y a de banal et médiocre, et on peut parfois se reconnaître au détour d'une page... Fort d'un graphisme à la Goossens, et d'un humour sur soi-même assez salvateur, il nous propose une suite de saynètes un peu ridicules, sans grand intérêt certes, mais qui ont le mérite d'avoir l'air authentiques. On touche presque au roman graphique parfois... Disons que cela ne restera pas dans les annales, mais que cela reste divertissant.
Edward John Trelawnay
Ces histoires de pirates semblent être du déjà vu. Apparemment, elles sont tirées d'un roman d'Alexandre Dumas et l'on retrouve ici l'atmosphère de ses grands romans d'aventures. Je trouve que cette libre adaptation est plutôt originale : des pirates évoluant sur des ballons dirigeables dans un monde sauvage, dominé par une vilaine compagnie très capitaliste. Beaucoup d'aventures, des peuplades chamarrées, des trahisons, de la franche camaraderie, de l'amour, des trésors, enfin que de bons ingrédients qui sont réunis au long des 3 tomes qui composent cette série. Les dessins ne sont pas exceptionnels mais le tout reste agréable à lire. Seule la colorisation n'est pas vraiment à mon goût. Cette série mérite donc au minimum d'être empruntée pour une unique lecture et peut très décemment garnir une bibliothèque personnelle, ses 3 tomes ne constituant pas un investissement phénoménal.
Coïncidence
Cette BD est la seule, jusqu’à ce jour et à ma connaissance, à proposer un comparatif d’une même planche (même histoire) dessinée par douze dessinateurs différents ! Le résultat est assez saisissant car les auteurs ont un style très différent les uns des autres. Pour cela, je ne peux que féliciter l’association « On a marché sur la bulle » pour ce choix varié des dessinateurs ! C’est ainsi qu’on retrouve un auteur japonais, un dessinateur allemand peu connu au trait complément farfelu (et très intéressant !) et un autre spécialisé dans la réalisation de comics. Personnellement, je n’ai de cesse de comparer et recomparer encore les planches, les apprentis dessinateurs vont se régaler ! Impossible d’avouer qui dessine le mieux, qui est le meilleur metteur en scène ! Pour ceux qui croient que cette idée de mettre en scène la même histoire par 12 dessinateurs différents serait trop répétitive, sachez que le scénario de Fabien Velhmann est parfaitement adapté à cet exercice de style. Il en explique d’ailleurs la façon dont il a appréhendé ce projet. Le seul défaut de cette BD est, à mon avis, de proposer une bibliographie assez fournie des auteurs qui pourraient lasser les grands amateurs et connaisseurs de bandes-dessinées. « Coïncidence » m'apparaît donc comme une BD novatrice réussie, je pense même que cette idée sera reprise par d’autres éditeurs. Encourageant !
Le Tour de Valse
"Le Tour de Valse" est avant tout une formidable histoire d'amour entre une femme et un homme qui ne parviendront jamais à prendre en main leur destin. Cet homme, Vitor, se retrouvera au sortir de la guerre 40-45 dans un goulag pour un motif imaginé mais lourd de conséquence dans la vie de ce couple. Tout avait pourtant bien commencé pour Kalia et Vitor, ils s’étaient mariés par amour puis eurent deux magnifiques enfants… mais la 2ème guerre mondiale et la venue du stalinisme vont casser ce bonheur. Le "tour de valse" se concentre sur la vie de Kalia et la recherche de son mari. Cette femme découvrira tour à tour les "compagnons" de cellule de Vitor, l'horreur du goulag et ses conséquences. Elle découvrira aussi des hommes et des femmes brisés, le silence, la honte, l'humiliation pour Vitor qui se rend compte qu’il se comporte comme un "singe" malgré lui, la peur de dire la vérité. Ce livre est aussi une belle leçon de courage, d'espoir et d'amour. Le dessin de Pellejo est magnifique, il rend bien l'atmosphère inquiétante, dure et froide de la Russie. Cependant une remarque me vient à l'esprit, la révolution d'octobre est toujours symbolisée par les 3 couleurs suivantes : le rouge, le noir et le blanc. Ces couleurs sont très présentes dans cet album et dans d’autres qui parlent de ce pays, est-ce cela la Russie ? Cette ambiance de l'époque soviétique devient tellement banale et figée dans l’esprit des gens que je me demande si ça ne devient pas trop systématique ! L'histoire est un peu trop romancée mais les évènements et les faits de l'époque s’ils demeurent vraiment véridiques sont suffisamment touchants pour qu'on lise avec intérêt cet album. Rien que pour ça, cette BD, témoignage d'une époque peu glorieuse de l'URSS, est donc une réussite de plus dans la collection "Aire libre".
Marzi
La scénariste Marzena Sowa n’est autre que l'héroïne de cette bédé. Elle y raconte sa jeunesse en Pologne pendant les années 80. A cette époque, les denrées étaient assez rares et dès qu’un arrivage de n’importe quel produit était annoncé, tout le monde se précipitait ! J’ai beau avoir maintes fois entendu et réentendu ces difficultés pour dénicher un produit en Pologne à cette période, j’ai encore du mal à appréhender cela tellement c’est surréaliste pour un français ! Marzena parle aussi de la ferveur religieuse accentuée par la présence d’un pape polonais à la tête de l’église. Par conséquent, « Marzi » représente un bon témoignage sur la Pologne des années 80 à travers les yeux d’une jeune fille naïve de 8 ans. Ce qui est assez surprenant, c’est que malgré ces difficultés, les enfants et parfois même les adultes n’ont apparemment pas trop souffert de ces privations. J’ai retrouvé dans la bédé cette joie de vivre et d’être ensemble à l’image des aventures de Marzi et de ses copines dans l’immeuble où elle habitait. Le dessin inhabituellement dépouillé (par rapport à "Al Togo") de Sylvain Savoia est extrêmement bien adapté à cette bédé. Je reproche toutefois cette voix off qui accompagne un peu trop souvent, à mon goût, la lecture de cette bédé même si c’est difficilement envisageable autrement. « Marzi » est finalement une bonne bédé, témoignage sympa sur une Pologne des années 80. Décidément, je l’ai trouvé craquante notre petite « Marzi » !
Jehan Pistolet
Poursuivant ma lecture des anciennes BDs d'Uderzo, après Belloy, Luc Junior et avant Oumpah-Pah, c'est encore une bonne surprise que j'ai à la lecture de Jehan Pistolet. Décidément, cela réussit véritablement à Uderzo d'avoir Goscinny pour scénariste. Au niveau du dessin et des couleurs, les deux premiers tomes de Jehan Pistolet font assez vieillots. Les personnages sont encore un petit peu réalistes et le résultat est assez mitigé. Mais en arrivant au 4e tome, Uderzo aura acquis son style moderne, celui d'Astérix, et autant les couleurs que les décors et les personnages deviendront très sympas et très modernes. Il me semble bien d'ailleurs que le personnage de Jehan Pistolet lui-même se retrouvera parmi l'équipage des pirates dans un album d'Astérix. Au niveau du scénario, le thème de base est classique : des aventures de corsaires et de pirates. Jehan Pistolet et son équipage sont aux ordres du Roy de France et combattent les méchants pirates, traquent les espions ennemis ou partent en Amérique chercher un ingrédient pour un médicament. Raconté comme ça, ça parait assez basique et pas palpitant pour quelqu'un de blasé par les BDs d'aventure. Mais ce sont surtout les personnages et l'humour qui caractérisent les scénarios de Goscinny. L'équipage de Jehan Pistolet est en effet composé de personnages hétéroclites, allant du petit matelot ressemblant bigrement à Goscinny lui-même jusqu'au gros cuistot à toque, en passant par un perroquet unijambiste à la répartie cinglante qui sert de mascotte. L'humour est l'élément essentiel des histoires, de l'humour assez bon et de plus en plus présent au fur et à mesure des tomes, humour qui préfigure celui d'Astérix. Il est d'ailleurs amusant de noter que, comme Luc Junior peu de temps avant, Jehan Pistolet se rendra également en Amérique pour son dernier tome, préfigurant là aussi la création de Oumpah-Pah et plus tard le voyage d'Astérix au pays des indiens. Les premiers tomes de cette série ont un peu vieilli mais se lisent bien et l'ensemble de la série est vraiment pas mal pour une série un peu oubliée.
Luc Junior
Je continue ma découverte des oeuvres de jeunesse de Goscinny et Uderzo, du moins de leurs oeuvres d'avant Astérix et avant même Oumpah-Pah. Après Belloy scénarisé par Charlier, je découvre ainsi "Luc Junior" publié une ou deux années après avec cette fois Goscinny au scénario, et je dois avouer avoir été agréablement surpris. Déjà, au niveau du dessin, Uderzo commence à acquérir son style "moderne", celui d'Astérix. Les dessins sont ronds et dynamiques, les compositions claires et la narration visuelle très lisible. Alors que Belloy avait un aspect assez vieillot et désuet, Luc Junior parait très moderne en comparaison. Ensuite, au niveau du scénario, il n'y a pas à dire : Goscinny, c'était un bon, quand même ! Là aussi, le récit a une touche assez moderne qui le rend très lisible de nos jours encore. Les scénarios sont simples et pas très originaux : deux journalistes, un vieux de la vieille et un jeune enthousiaste, vivent des aventures typiques du genre, envoyant des cambrioleurs en prison, visitant l'Amérique à la recherche d'un héritier disparu, etc... Mais le rythme et la narration sont très bons rendant la lecture agréable et pas ennuyeuse. Et surtout Goscinny, même s'il n'a pas encore l'humour excellent d'Astérix, nous crée quand même là des situations amusantes et des personnages assez bons, comme le chien de Luc Junior que je trouve bien marrant. Bref, une série "Pêché de Jeunesse" de Goscinny et Uderzo, qui a un petit peu vieilli mais qui reste sympa et assez moderne pour son époque.