Je viens de finir le second tome hier soir et j’ai trouvé ça vraiment très bien. J’avais emprunté le premier tome par hasard à la bibliothèque du boulot, et j’avais trouvé les dessins vraiment superbes. Des petites toiles à chaque cases, riches en couleur et en détails. Une belle performance de Rosinsky.
Le scénario me laissait un peu sur la réserve. J’avais l’impression de lire un vague remake du Comte de Monte Christo. Et pour cause…Y. Sente dans le second tome nous livre une habile pirouette tout en finesse pour justifier les similitudes, qui ma foi, ne gâche rien au scénario. N’étant pas d’une originalité débordante, il en devient cependant tout à fait agréable et nous mène avec subtilité dans les méandres et aventures du Comte Skarbek.
Une belle histoire qui se lit et surtout se regarde avec énormément de plaisir.
Je n’ai pas apprécié les premiers albums de la nouvelle collection « Shampooing » des éditions Delcourt. Par exemple, Scoops à gogo est une bédé dédiée pour les enfants dont l’humour m’est apparu vraiment léger. Mister I est un album aux gags qui m’ont semblé trop répétitifs. C’est donc avec une certaine réserve que j’ai découverte « Louis au Ski », je ne fus pas du tout déçu cette fois-ci !
Cet album présente les aventures comiques d’un adorable petit garçon aux sports d’hiver, il s’agit de Louis. Le gros problème de ce bambin, c’est qu’il est souvent isolé du monde qui l’entoure malgré la présence d’un garçon plus âgé que lui qui pratique des sentiers difficiles et qui est glouton en Gameboy. Quant à ses parents, n’en parlons pas ! Les sports d’hiver semblent être l’occasion pour eux de s’éclater sans s’occuper de Louis !
La bédé est totalement muette mais grâce aux expressions de chaque personnage, on a l’impression d’avoir affaire à un dessin animé très vivant ! Je me suis surpris en train de rigoler face aux péripéties de Louis. Je me suis aussi à m’inquiéter sur le sort de ce petit être perdu dans une forêt ou en train de chercher la bonne piste. Je me suis mis à me rappeler aussi ces instants dans la foule où je me sentais perdu au milieu de tous ces « grandes » personnes. Lorsque j’ai lu cet album, j’ai eu l’impression de revoir ma propre enfance et ce, pas nécessairement aux sports d’hiver !
Le trait de Guy Delisle est légèrement « cartoonesque » et va idéalement avec cette histoire. Le dessin est rehaussé par la mise en couleurs aux tons très poétiques et très agréables d’Etienne Simon. La mise en pages aux cases identiques me paraît idéale pour une adaptation en dessins animés de cette bédé.
« Louis au ski » est la première bédé de « Shampooing » que j’ai vraiment aimée. Merci à l’auteur pour ce petit bijou, ce n’était pas si évident que ça pour un album totalement muet !
La BD érotique m'amuse, souvent les scénarii sont inexistants, mais qu'importe, le tout est d'admirer de belles femmes posant de façon lascive et aguicheuse... Tout cela pour dire que j'aime ce genre et loin de moi l'idée de le dénigrer en disant que Omaha n'est pas qu'une simple BD érotique.
Pour plusieurs raisons, déjà l'utilisation de personnage au type animalier est une démarche assez surprenante dans le genre érotique, même si cela permet d'accentuer les traits de caractères par ce biais simple, c'est original. Omaha par exemple est une chatte sexy, belle et tolérante mais elle est en même temps jalouse, impulsive et emportée. Son côté félin lui colle à merveille.
Passé ce détail qui n'est pas moindre, cela fait plaisir de voir que tous les personnages principaux de cette BD sont bien développés, ils ont tous une vraie personnalité et sont attachants.
Omaha est aussi une BD qui prône la liberté, et dénonce la connerie humaine, à l'instar de son personnage principal.
L'intrigue est simple mais se déroule de façon fort correcte, ponctuée comme il se doit de scènes de cul, des scènes assumées (c'est l'avantage des BDs érotiques, on n'est pas obligé d'avoir la pause cul au milieu de l'album comme dans les BDs dites plus "classiques"). Mais dans Omaha il n'y a pas que ça, il y a aussi des artistes, des gangsters, des politicards véreux, et le parcours d'Omaha et de son compagnon Chuck a un petit air de road movie qui n'est pas déplaisant.
Voilà, au final il fait plaisir de se balader en compagnie d'Omaha, le temps d'une lecture, dommage que pour l'instant cela soit sans suite.
Le début prometteur peine à masquer le manque manifeste d’originalité de ce récit où les avatars de ce Rhino (héros de l’histoire?) sont clairement empruntés à ceux de Shrek. Ainsi, ces deux exclus de la société se retrouvent à devoir aller délivrer une princesse dans un château surveillé par une dragonne pour l’un et par un marais (vivant!) pour l’autre.
Mais bien vite, l’histoire s’enlise dans des propos stériles et la quête de départ se disperse dans une série de mésaventures qui sont autant de subterfuges malhabiles pour meubler un album au final bien décevant. Quant au dessin, il est correct, voire agréable par moment. Petit bémol toutefois à formuler concernant le manque d’expression des visages.
Bref, pas inoubliable . . .
Que voilà un ovni sympathique !
Tout d'abord, ne vous trompez pas sur la marchandise : certes, "stairway to heaven" est une BD où les personnages sont tous à poil et où il y a des phallus partout, mais ce n'est pas vraiment une BD érotique. C'est bel et bien l'aspect humoristique qui prévaut, et il est original et très réussi. C'est une BD drôle, pas vulgaire pour un sou, et très respectueuse pour ses personnages ce qui est assez rare dans ce genre de manga pour être noté.
Une franche réussite, donc !
Une série interminable sur l'art de s'empapahouter la tronche, c'est vite indigeste. J'ai tout de même réussi à tenir dix tomes car il y a quelques qualités, faut l'avouer.
Kibo le héros de l'histoire est un benêt exubérant au grand coeur, la relation qu'il entretient avec son père, combattant émérite mais discret au possible fonctionne assez bien. Le grand père de Kibo, un vieillard emmerdeur et libidineux fait office de ressort comique pendant les moments calmes entre deux scènes de rixes.
Si certaines idées ont de quoi séduire, cela tourne vite en rond à cause du côté souvent puéril de l'oeuvre, Kibo est vraiment montré comme un idiot, ça en devient vite agaçant. Un côté répétitif évident plombe bien l'ambiance: Un tome Kibo rencontre un adversaire hyper balaise, le tome suivant il s'entraîne car si il perd il devra, selon la coutume du Nadashinkage, se faire seppuku... Puis le tome d'après il le bat, rencontre un adversaire encore plus balaise etc, etc...
Les combats: Saruwatari est fasciné par les sports de combat, il essaye de rendre les bastons réalistes, mais ce n'est pas bien réussi... son style graphique assez surgonflé se prête plus à l'exagération.
À noter que Saruwatari est un fan de sports dits de "chope" genre lutte ou catch, son Nadashinkage (le style de Kibo) est plutôt inspiré de ces disciplines. Et si parfois des combattants utilisant les arts de percussion, genre Karaté, font une apparition ce n'est pas très fréquent.
Je précise ce point pour bien souligner la différence de rendu entre cette série et Coq de combat par exemple. Même si évidemment ces deux séries sont incomparables sur bien d'autres points.
Conclusion, lire un ou deux tomes pour se vider la tête ça va, ensuite c'est largement dispensable.
Eh bien c'est simple, les carnets sont ce que je préfère de ce qu'a fait Joann Sfar jusqu'à présent.
Au début, avec Harmonica, j'avoue avoir été un peu dérangée par le côté un peu trop "sympa" de l'ensemble. Après avoir lu le Journal de Neaud, ou bien les différents Carnet de bord de Trondheim, je m'attendais à quelque chose du même style, où l'auteur se "livrerait" plus.
Mais les carnets de Sfar ne forment pas du tout un journal intime. C'est un ramassis hétéroclite de réflexions de l'auteur, de croquis, de choses dont ils veut se souvenir. Et personnellement, j'adore. On a l'impression de converser avec lui, de suivre les sujets qui lui plaisent, et on est séduit par l'intelligence et la modestie qui se dégagent de l'ensemble, même si on peut être énervé par le fait que Sfar s'y donne résolument une image sympathique.
Chaque nouveau tome est à mon sens meilleur que le précédent. Et s'il n'en faut qu'un, autant prendre "Caravan" !
C'est un paradoxe : le meilleur graphisme de Comès pour sa moins bonne histoire. Même un amateur comme moi ne peut tout à fait défendre l'album.
Les indiens se prêtent admirablement au trait, les décors et les ambiances sont superbes, la magie est là. Et alors ? Alors l'histoire est trop hermétique, trop simplifiée, comme s'il manquait des pages pour étoffer les personnages pourtant vivants et sympathiques.
Une oeuvre intéressante mais qui a eu du mal à naître on dirait. La lecture vaut à mon avis la peine, car Comès revient à ses thèmes via les amérindiens, et sa description est si imprégnée de sincérité que le plaisir est toujours là. Qui sait si ce n'est pas là son dernier album ? (ce que je ne souhaite aucunement)
Un dessin assez intéressant. Il n'est pas vraiment beau, il est irrégulier, certains visages sont très changeants et souvent ratés, certaines cases sont très difficiles à déchiffrer. Mais malgré tout cela, il est efficace, original, expressif, dynamique. Plein de qualités qui lui donnent une âme et un vrai interêt. Je ne lui reprocherais que le dessin des enfants et autres bébés qui sont franchement laids à mes yeux.
Quant aux scénarios de ces histoires courtes, ils sont noirs. Je ne sais pas si on peut vraiment parler d'humour, noir ou pas, car la plupart de ces récits sont nettement plus dramatiques qu'humoristiques. Les histoires sont assez originales, assez plaisantes aussi. Je me suis cependant assez souvent dit en fin d'histoire : "tout ça pour ça ? mouairf...". Les conclusions de certaines de ces nouvelles m'est un peu passé à côté. L'émotion passe néanmoins sur quelques histoires, notamment la première et la dernière pour moi.
Une BD pas désagréable à lire, avec un dessin et des histoires assez originales même si pas excellents ni l'un ni les autres.
Bon, je l'avoue, je ne suis pas un grand amateur du style de dessin deTardi. Mais en lisant cette série, je l'avoue, on s'y habitue. Les aventures de Nestor Burma se passent, en effet, dans un Paris typique des années 1950, et ça flatte la nostalgie des anciens titis parisiens et de certains bobos actuels. Nestor Burma, c'est un peu un certain parisianisme peuple. Mais je trouve certaines histoires, comme "Une gueule de bois en plomb" moins bien dessinées que d'autres... Et un peu expédiées d'ailleurs. Cela dit, l'ensemble des histoires sont relativement sympas, même si j'ai un peu de mal à trouver la logique de certaines intrigues. Burma se retrouve un peu facilement dans les emmerdes, et trop facilement dans des situations qui l'amènent à démêler le truc...
Je ne suis pas un amateur de roman policier, encore moins un spécialiste du genre, mais je dois dire que ce n'est pas ce que j'ai lu de mieux...
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La Vengeance du Comte Skarbek
Je viens de finir le second tome hier soir et j’ai trouvé ça vraiment très bien. J’avais emprunté le premier tome par hasard à la bibliothèque du boulot, et j’avais trouvé les dessins vraiment superbes. Des petites toiles à chaque cases, riches en couleur et en détails. Une belle performance de Rosinsky. Le scénario me laissait un peu sur la réserve. J’avais l’impression de lire un vague remake du Comte de Monte Christo. Et pour cause…Y. Sente dans le second tome nous livre une habile pirouette tout en finesse pour justifier les similitudes, qui ma foi, ne gâche rien au scénario. N’étant pas d’une originalité débordante, il en devient cependant tout à fait agréable et nous mène avec subtilité dans les méandres et aventures du Comte Skarbek. Une belle histoire qui se lit et surtout se regarde avec énormément de plaisir.
Louis
Je n’ai pas apprécié les premiers albums de la nouvelle collection « Shampooing » des éditions Delcourt. Par exemple, Scoops à gogo est une bédé dédiée pour les enfants dont l’humour m’est apparu vraiment léger. Mister I est un album aux gags qui m’ont semblé trop répétitifs. C’est donc avec une certaine réserve que j’ai découverte « Louis au Ski », je ne fus pas du tout déçu cette fois-ci ! Cet album présente les aventures comiques d’un adorable petit garçon aux sports d’hiver, il s’agit de Louis. Le gros problème de ce bambin, c’est qu’il est souvent isolé du monde qui l’entoure malgré la présence d’un garçon plus âgé que lui qui pratique des sentiers difficiles et qui est glouton en Gameboy. Quant à ses parents, n’en parlons pas ! Les sports d’hiver semblent être l’occasion pour eux de s’éclater sans s’occuper de Louis ! La bédé est totalement muette mais grâce aux expressions de chaque personnage, on a l’impression d’avoir affaire à un dessin animé très vivant ! Je me suis surpris en train de rigoler face aux péripéties de Louis. Je me suis aussi à m’inquiéter sur le sort de ce petit être perdu dans une forêt ou en train de chercher la bonne piste. Je me suis mis à me rappeler aussi ces instants dans la foule où je me sentais perdu au milieu de tous ces « grandes » personnes. Lorsque j’ai lu cet album, j’ai eu l’impression de revoir ma propre enfance et ce, pas nécessairement aux sports d’hiver ! Le trait de Guy Delisle est légèrement « cartoonesque » et va idéalement avec cette histoire. Le dessin est rehaussé par la mise en couleurs aux tons très poétiques et très agréables d’Etienne Simon. La mise en pages aux cases identiques me paraît idéale pour une adaptation en dessins animés de cette bédé. « Louis au ski » est la première bédé de « Shampooing » que j’ai vraiment aimée. Merci à l’auteur pour ce petit bijou, ce n’était pas si évident que ça pour un album totalement muet !
Omaha - Danseuse féline
La BD érotique m'amuse, souvent les scénarii sont inexistants, mais qu'importe, le tout est d'admirer de belles femmes posant de façon lascive et aguicheuse... Tout cela pour dire que j'aime ce genre et loin de moi l'idée de le dénigrer en disant que Omaha n'est pas qu'une simple BD érotique. Pour plusieurs raisons, déjà l'utilisation de personnage au type animalier est une démarche assez surprenante dans le genre érotique, même si cela permet d'accentuer les traits de caractères par ce biais simple, c'est original. Omaha par exemple est une chatte sexy, belle et tolérante mais elle est en même temps jalouse, impulsive et emportée. Son côté félin lui colle à merveille. Passé ce détail qui n'est pas moindre, cela fait plaisir de voir que tous les personnages principaux de cette BD sont bien développés, ils ont tous une vraie personnalité et sont attachants. Omaha est aussi une BD qui prône la liberté, et dénonce la connerie humaine, à l'instar de son personnage principal. L'intrigue est simple mais se déroule de façon fort correcte, ponctuée comme il se doit de scènes de cul, des scènes assumées (c'est l'avantage des BDs érotiques, on n'est pas obligé d'avoir la pause cul au milieu de l'album comme dans les BDs dites plus "classiques"). Mais dans Omaha il n'y a pas que ça, il y a aussi des artistes, des gangsters, des politicards véreux, et le parcours d'Omaha et de son compagnon Chuck a un petit air de road movie qui n'est pas déplaisant. Voilà, au final il fait plaisir de se balader en compagnie d'Omaha, le temps d'une lecture, dommage que pour l'instant cela soit sans suite.
La Corne Ecarlate
Le début prometteur peine à masquer le manque manifeste d’originalité de ce récit où les avatars de ce Rhino (héros de l’histoire?) sont clairement empruntés à ceux de Shrek. Ainsi, ces deux exclus de la société se retrouvent à devoir aller délivrer une princesse dans un château surveillé par une dragonne pour l’un et par un marais (vivant!) pour l’autre. Mais bien vite, l’histoire s’enlise dans des propos stériles et la quête de départ se disperse dans une série de mésaventures qui sont autant de subterfuges malhabiles pour meubler un album au final bien décevant. Quant au dessin, il est correct, voire agréable par moment. Petit bémol toutefois à formuler concernant le manque d’expression des visages. Bref, pas inoubliable . . .
Stairway to heaven
Que voilà un ovni sympathique ! Tout d'abord, ne vous trompez pas sur la marchandise : certes, "stairway to heaven" est une BD où les personnages sont tous à poil et où il y a des phallus partout, mais ce n'est pas vraiment une BD érotique. C'est bel et bien l'aspect humoristique qui prévaut, et il est original et très réussi. C'est une BD drôle, pas vulgaire pour un sou, et très respectueuse pour ses personnages ce qui est assez rare dans ce genre de manga pour être noté. Une franche réussite, donc !
Tough
Une série interminable sur l'art de s'empapahouter la tronche, c'est vite indigeste. J'ai tout de même réussi à tenir dix tomes car il y a quelques qualités, faut l'avouer. Kibo le héros de l'histoire est un benêt exubérant au grand coeur, la relation qu'il entretient avec son père, combattant émérite mais discret au possible fonctionne assez bien. Le grand père de Kibo, un vieillard emmerdeur et libidineux fait office de ressort comique pendant les moments calmes entre deux scènes de rixes. Si certaines idées ont de quoi séduire, cela tourne vite en rond à cause du côté souvent puéril de l'oeuvre, Kibo est vraiment montré comme un idiot, ça en devient vite agaçant. Un côté répétitif évident plombe bien l'ambiance: Un tome Kibo rencontre un adversaire hyper balaise, le tome suivant il s'entraîne car si il perd il devra, selon la coutume du Nadashinkage, se faire seppuku... Puis le tome d'après il le bat, rencontre un adversaire encore plus balaise etc, etc... Les combats: Saruwatari est fasciné par les sports de combat, il essaye de rendre les bastons réalistes, mais ce n'est pas bien réussi... son style graphique assez surgonflé se prête plus à l'exagération. À noter que Saruwatari est un fan de sports dits de "chope" genre lutte ou catch, son Nadashinkage (le style de Kibo) est plutôt inspiré de ces disciplines. Et si parfois des combattants utilisant les arts de percussion, genre Karaté, font une apparition ce n'est pas très fréquent. Je précise ce point pour bien souligner la différence de rendu entre cette série et Coq de combat par exemple. Même si évidemment ces deux séries sont incomparables sur bien d'autres points. Conclusion, lire un ou deux tomes pour se vider la tête ça va, ensuite c'est largement dispensable.
Carnets de Joann Sfar
Eh bien c'est simple, les carnets sont ce que je préfère de ce qu'a fait Joann Sfar jusqu'à présent. Au début, avec Harmonica, j'avoue avoir été un peu dérangée par le côté un peu trop "sympa" de l'ensemble. Après avoir lu le Journal de Neaud, ou bien les différents Carnet de bord de Trondheim, je m'attendais à quelque chose du même style, où l'auteur se "livrerait" plus. Mais les carnets de Sfar ne forment pas du tout un journal intime. C'est un ramassis hétéroclite de réflexions de l'auteur, de croquis, de choses dont ils veut se souvenir. Et personnellement, j'adore. On a l'impression de converser avec lui, de suivre les sujets qui lui plaisent, et on est séduit par l'intelligence et la modestie qui se dégagent de l'ensemble, même si on peut être énervé par le fait que Sfar s'y donne résolument une image sympathique. Chaque nouveau tome est à mon sens meilleur que le précédent. Et s'il n'en faut qu'un, autant prendre "Caravan" !
Les Larmes du Tigre
C'est un paradoxe : le meilleur graphisme de Comès pour sa moins bonne histoire. Même un amateur comme moi ne peut tout à fait défendre l'album. Les indiens se prêtent admirablement au trait, les décors et les ambiances sont superbes, la magie est là. Et alors ? Alors l'histoire est trop hermétique, trop simplifiée, comme s'il manquait des pages pour étoffer les personnages pourtant vivants et sympathiques. Une oeuvre intéressante mais qui a eu du mal à naître on dirait. La lecture vaut à mon avis la peine, car Comès revient à ses thèmes via les amérindiens, et sa description est si imprégnée de sincérité que le plaisir est toujours là. Qui sait si ce n'est pas là son dernier album ? (ce que je ne souhaite aucunement)
Sombres Destins
Un dessin assez intéressant. Il n'est pas vraiment beau, il est irrégulier, certains visages sont très changeants et souvent ratés, certaines cases sont très difficiles à déchiffrer. Mais malgré tout cela, il est efficace, original, expressif, dynamique. Plein de qualités qui lui donnent une âme et un vrai interêt. Je ne lui reprocherais que le dessin des enfants et autres bébés qui sont franchement laids à mes yeux. Quant aux scénarios de ces histoires courtes, ils sont noirs. Je ne sais pas si on peut vraiment parler d'humour, noir ou pas, car la plupart de ces récits sont nettement plus dramatiques qu'humoristiques. Les histoires sont assez originales, assez plaisantes aussi. Je me suis cependant assez souvent dit en fin d'histoire : "tout ça pour ça ? mouairf...". Les conclusions de certaines de ces nouvelles m'est un peu passé à côté. L'émotion passe néanmoins sur quelques histoires, notamment la première et la dernière pour moi. Une BD pas désagréable à lire, avec un dessin et des histoires assez originales même si pas excellents ni l'un ni les autres.
Nestor Burma
Bon, je l'avoue, je ne suis pas un grand amateur du style de dessin deTardi. Mais en lisant cette série, je l'avoue, on s'y habitue. Les aventures de Nestor Burma se passent, en effet, dans un Paris typique des années 1950, et ça flatte la nostalgie des anciens titis parisiens et de certains bobos actuels. Nestor Burma, c'est un peu un certain parisianisme peuple. Mais je trouve certaines histoires, comme "Une gueule de bois en plomb" moins bien dessinées que d'autres... Et un peu expédiées d'ailleurs. Cela dit, l'ensemble des histoires sont relativement sympas, même si j'ai un peu de mal à trouver la logique de certaines intrigues. Burma se retrouve un peu facilement dans les emmerdes, et trop facilement dans des situations qui l'amènent à démêler le truc... Je ne suis pas un amateur de roman policier, encore moins un spécialiste du genre, mais je dois dire que ce n'est pas ce que j'ai lu de mieux...