Attilio Micheluzzi fut l'un des plus grands auteurs de BD italiens de l'après-guerre. Son trait réaliste et puissant, inspiré de Pratt et de grands auteurs américains, a toujours magnifié ses histoires, souvent empreintes d'humanisme et d'aventure pure. Sa jeunesse passée près d'un aéroport militaire lui a inspiré un grand amour des avions et autres hélicoptères. Des hélicoptères, il y en a dans ce récit, où les "Hind" soviétiques peinent à sortir leurs camarades de l'enlisement d'une guérilla montagnarde qui s'éternise. De nombreuses histoires dramatiques sont évoquées, illustrant le chaos politique et religieux qui régnait alors en Asie centrale. Le dessin de Micheluzzi est encore fluide, précis, magnifique. Mais hélas, il ne terminera pas son livre, le laissant à l'état d'encrage (et d'ébauches pour certaines planches), puisqu'il disparaîtra brutalement en septembre 1990, en plein travail. Il apparaît lui-même dans l'ultime case du récit, édictant une sentence à portée prophétique...
Ce livre est dramatique, décidément...
Le point de départ de l'histoire était intéressant... Quand deux enfants, liés par un étrange don pour les mathématiques, se retrouvent séparés, à cause d'une petite erreur d'appréciation... Thierry Smolderen, scénariste rare, attise un peu la curiosité du chaland avec cette histoire. Mais hélas, le soufflé retombe vite, et le scénario se contente d'aligner quelques scènes bizarres, sans vraiment les lier entre elles... Le personnage de Nombre aurait pu être plus intéressant, si mieux exploité. Le dessin d'Egger, quant à lui, manque clairement de maturité, même s'il progresse sur le tome 2. Mais cela ne suffit pas pour rétablir la balance...
Très bien vue cette idée de "puzzles visuels", entièrement muets. L'auteur décrit une situation sur 4 cases (page droite), vous tournez la page et vous constatez (page gauche) une case vous prenant à contre-pied par un point de vue différent amenant une autre interprétation de la scène. Le jeu est d'essayer de deviner pour chaque "puzzle" ainsi composé, "la" case. J'avoue m'être fait surprendre à chaque fois.
Je ne lui mets que "Pas mal" parce que passé l'originalité et la découverte on s'en lasse vite, et c'est pourquoi je n'en conseille pas l'achat (même s'il faudrait soutenir le travail intéressant des toutes jeunes éditions Cà et Là). Une curiosité graphique pour initiés.
Je ne connaissais jusqu'ici le sieur Guillaume Bouzard que de réputation, et c'est donc le premier de ces albums que je lis. Autant dire qu'il m'a donné envie d'en voir plus. On suit au cours de plusieurs petites histoires une tranche de vie de Coincoin accompagné par la suite du manchot Kennedy qui court après l'american dream. C'est vraiment drôle, et on trouve un contenu très riche pour cette si courte trentaine de pages. A noter que les 21 premières planches ont été publiées dans Psikopat. L'auteur a donc réalisé une fin pour l'album semble-t-il.
Je trouve que Perrissin a su ressusciter Barbe-Rouge, et il semble connaître son affaire pour nous conter des histoires plus réalistes et dresser un tableau et psychologiquement plus fouillé de notre pirate favori, tout en restant fidèle à l’esprit de JM Charlier : de l’aventure, toujours de l’aventure. Enfin de vraies histoires de pirates !
Très bon dessin.
J'ai trouvé cet album assez vide. Je pense que malgré le peu de pages accordé par le format de la collection Lépidoptère de 6 Pieds sous Terre, on peut raconter un minimum de choses.
Or à la lecture on se rend compte que beaucoup de pages ne sont qu'une présentation des "acteurs" de l'histoire ou du gag qui suit, 1 fois ça va, 5 fois c'est saoûlant.
Donc passée l'originalité de mettre en scène des soldats en plastique que je salue, les gags et le contenu de l'album m'ont difficilement arraché un sourire malgré l'évidente bonne volonté d'utiliser des mots tels que "merde" et cie, ainsi qu'une indispensable partouze de soldats.
La banlieue parisienne et le 93 plus précisément, j'y vis et j'y travaille, alors je sais un peu comment on y parle.
Ceux qui en parlent mais n'y vont jamais restent persuadés que "ziva" y est une expression en vogue. Quand vous entendez un "ziva" dans la bouche de quelqu'un qui veut caricaturer les jeunes de banlieue, vous savez instantanément qu'il n'a jamais vu un jeune de banlieue ailleurs que dans un sketch de Lagaf, parce que par chez moi, ça fait bien 15 ans que "ziva" c'est ringard.
Alors forcément, quand je lis un "ziva" dès la première planche d'une BD qui prétend mettre en scène deux encasquettés du 93, je suis déjà à peu près sûr que je vais pas aimer la suite. Quand on veut faire du bon pastiche, de la bonne parodie, on se documente un minimum sur ce qu'on veut caricaturer. Black (avec ses grosses lèvres roses façons "Y a bon Banania", mais surtout ne croyez pas que c'est raciste) et Mortamère (obsédé par ses Stan Smith qui aujourd'hui sont plutôt un accessoire vintage branché pour bobos qui veulent s'encanailler qu'une chaussure prisée par les jouvenceaux prolétaires de Seine-St-Denis) parlent plutôt comme le Renaud façon p'tit loubard parisien des années 70-80 ; en pensant qu'il réussit là une caricature rigolote de la banlieue d'aujourd'hui, Pixel Vengeur a l'air aussi intelligent que Dupont et Dupond lorsqu'ils se déguisent en costume folklorique pour passer inaperçus dans les contrées qu'ils visitent.
Si au moins les dialogues étaient drôles, je pourrais leur pardonner d'être en total décalage avec la réalité qu'ils prétendent singer. Hélas, pas une seule fois les "Teuma la cheutron de cet entchoulé de relou, sa mère la loose intergalactique" des deux abrutis ne m'ont arraché un sourire. Dialogues pas drôles, situations pas drôles... Chacune des histoires de l'album se limite grosso modo à "Blake et Mortamère arrivent dans le décor d'une BD plus connue qu'eux, parce que quand on n'a pas de talent et d'imagination, puiser chez ceux qui en ont sous prétexte de leur rendre hommage est une méthode qui a fait ses preuves. Ils disent des ziva et des tamère puis flinguent tout le monde et s'en vont". Ah oui, c'est vrai que c'est super drôle, c'est un subtil hommage à la banlieue et aux grands de la bande dessinée. Ce n'est pas DU TOUT de la récupération opportuniste.
Bref, qu'ajouter de plus ? Entre ça et la BD de Bigard, mon coeur balance pour désigner la plus mauvaise BD que j'aie lu cette année. Comme diraient Black et le suprême Mortamère, "Ziva, cette Débé comment qu'elle teufouè de la cheutron, c'est la taleto zeulou ! Je vais tôtplu chouraver des zonblous !" Et comme on dirait en vraie banlieue, "Vazi, tavu, jmenbalékouy, kraari, sulkorandlamek, ssdeupute".
Et si les figures de proue de la "Lost Generation" avaient été auteurs de BD ? Au lieu de devenir des vedettes de la littérature, ils auraient mal tourné, et mal fini. Voilà, vite résumé, l'argument de "Hemingway", qui commence comme ce qu'on appelle un "roman graphique" sur BDthèque, avec les galères de 4 auteurs de bandes dessinées en mal d'argent, d'amour et de reconnaissance, et qui à mi-parcours, se transforme en polar à points de vue multiples façon Pulp Fiction. Deux genres tellement surexploités qu’il devient difficile d’en faire quelque chose d’original. D’ailleurs le scénario de chacune des deux parties est extrêmement classique ; c’est le mélange des genres et la rupture surprenante entre les deux parties de l’histoire qui permettent à cet album de sortir un peu du rang, de ne pas simplement être une énième histoire sur ces sujets. Ceci, allié au style Jason, noir, mélancolique et constamment hanté par la mort, donne à "Hemingway" son petit charme. C’est à ma connaissance son album le plus abordable ; facile à suivre et à comprendre, il pourrait séduire ceux qui jusqu’ici n’accrochent pas trop à l’univers de l’auteur scandinave, mais peut-être décevoir ceux qui aiment ses titres plus mystérieux, oniriques, abscons. Pour ma part, je n’ai pas adoré, mais j’ai bien aimé.
Cette nouvelle série est à classer sans nul doute dans le genre 'aventures' et me fait un peu penser dans sa confection à certains films type 'il était une fois la révolution' dans lesquels on évoque différents destins qui sont amenés à se croiser pour former une belle histoire dramatique ou non, la suite nous le dira... Les dessins et couleurs sont remarquables et servent à merveille l'atmosphère générale voulue par le scénariste. A noter que les bateaux sont superbement mis en mouvement.
Côté scénario, il consiste à dresser le décors (plutôt normal étant donné qu'il s'agit d'un premier tome) mais reste tout de même assez dynamique et laisse présager quelque chose d'intéressant pour la suite.
Un tout petit reproche quand même concernant le passage où le poème de Baudelaire est mis en image sur une planche complète. Je trouve que cette planche n'était pas utile à l'intérieur même du récit et casse un peu la dynamique. 'L'albatros' aurait fait bien meilleur effet en page de garde en format manuscrit... mais cela n'engage que moi.
L'association d'auteurs est donc réussie, je souhaite beaucoup de bonheur à cette série pour mon plus grand plaisir et peut être pour le votre...
Tout simplement un chef-d’œuvre. Le dessin de très haut vol, s'améliorant fortement pour atteindre un pic jamais égalé au "Col du Vent", suggérant très subtilement toute la finesse des paysages, costumes, nous fait pénétrer comme par magie dans la Chine ancienne. Les cadrages et découpages sont ici à remarquer, avec une intelligente utilisation de la symétrie des planches. Du Kurosawa en bd.
L'histoire, onirique et ésotérique dans le meilleur sens du terme, rend le contexte des plus énigmatique et captivant. Les tomes progressent vers la découverte du moine fou, avec, tel un diamant à plusieurs facettes, des personnages et des intrigues à chaque fois différentes.
Tout cela rend définitivement cet énorme travail culte et indispensable.
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Afghanistan
Attilio Micheluzzi fut l'un des plus grands auteurs de BD italiens de l'après-guerre. Son trait réaliste et puissant, inspiré de Pratt et de grands auteurs américains, a toujours magnifié ses histoires, souvent empreintes d'humanisme et d'aventure pure. Sa jeunesse passée près d'un aéroport militaire lui a inspiré un grand amour des avions et autres hélicoptères. Des hélicoptères, il y en a dans ce récit, où les "Hind" soviétiques peinent à sortir leurs camarades de l'enlisement d'une guérilla montagnarde qui s'éternise. De nombreuses histoires dramatiques sont évoquées, illustrant le chaos politique et religieux qui régnait alors en Asie centrale. Le dessin de Micheluzzi est encore fluide, précis, magnifique. Mais hélas, il ne terminera pas son livre, le laissant à l'état d'encrage (et d'ébauches pour certaines planches), puisqu'il disparaîtra brutalement en septembre 1990, en plein travail. Il apparaît lui-même dans l'ultime case du récit, édictant une sentence à portée prophétique... Ce livre est dramatique, décidément...
Nombre
Le point de départ de l'histoire était intéressant... Quand deux enfants, liés par un étrange don pour les mathématiques, se retrouvent séparés, à cause d'une petite erreur d'appréciation... Thierry Smolderen, scénariste rare, attise un peu la curiosité du chaland avec cette histoire. Mais hélas, le soufflé retombe vite, et le scénario se contente d'aligner quelques scènes bizarres, sans vraiment les lier entre elles... Le personnage de Nombre aurait pu être plus intéressant, si mieux exploité. Le dessin d'Egger, quant à lui, manque clairement de maturité, même s'il progresse sur le tome 2. Mais cela ne suffit pas pour rétablir la balance...
Points de vues
Très bien vue cette idée de "puzzles visuels", entièrement muets. L'auteur décrit une situation sur 4 cases (page droite), vous tournez la page et vous constatez (page gauche) une case vous prenant à contre-pied par un point de vue différent amenant une autre interprétation de la scène. Le jeu est d'essayer de deviner pour chaque "puzzle" ainsi composé, "la" case. J'avoue m'être fait surprendre à chaque fois. Je ne lui mets que "Pas mal" parce que passé l'originalité et la découverte on s'en lasse vite, et c'est pourquoi je n'en conseille pas l'achat (même s'il faudrait soutenir le travail intéressant des toutes jeunes éditions Cà et Là). Une curiosité graphique pour initiés.
Coincoin l'homme manchot empereur
Je ne connaissais jusqu'ici le sieur Guillaume Bouzard que de réputation, et c'est donc le premier de ces albums que je lis. Autant dire qu'il m'a donné envie d'en voir plus. On suit au cours de plusieurs petites histoires une tranche de vie de Coincoin accompagné par la suite du manchot Kennedy qui court après l'american dream. C'est vraiment drôle, et on trouve un contenu très riche pour cette si courte trentaine de pages. A noter que les 21 premières planches ont été publiées dans Psikopat. L'auteur a donc réalisé une fin pour l'album semble-t-il.
La Jeunesse de Barbe-Rouge
Je trouve que Perrissin a su ressusciter Barbe-Rouge, et il semble connaître son affaire pour nous conter des histoires plus réalistes et dresser un tableau et psychologiquement plus fouillé de notre pirate favori, tout en restant fidèle à l’esprit de JM Charlier : de l’aventure, toujours de l’aventure. Enfin de vraies histoires de pirates ! Très bon dessin.
Soldats en plastique
J'ai trouvé cet album assez vide. Je pense que malgré le peu de pages accordé par le format de la collection Lépidoptère de 6 Pieds sous Terre, on peut raconter un minimum de choses. Or à la lecture on se rend compte que beaucoup de pages ne sont qu'une présentation des "acteurs" de l'histoire ou du gag qui suit, 1 fois ça va, 5 fois c'est saoûlant. Donc passée l'originalité de mettre en scène des soldats en plastique que je salue, les gags et le contenu de l'album m'ont difficilement arraché un sourire malgré l'évidente bonne volonté d'utiliser des mots tels que "merde" et cie, ainsi qu'une indispensable partouze de soldats.
Black & Mortamère
La banlieue parisienne et le 93 plus précisément, j'y vis et j'y travaille, alors je sais un peu comment on y parle. Ceux qui en parlent mais n'y vont jamais restent persuadés que "ziva" y est une expression en vogue. Quand vous entendez un "ziva" dans la bouche de quelqu'un qui veut caricaturer les jeunes de banlieue, vous savez instantanément qu'il n'a jamais vu un jeune de banlieue ailleurs que dans un sketch de Lagaf, parce que par chez moi, ça fait bien 15 ans que "ziva" c'est ringard. Alors forcément, quand je lis un "ziva" dès la première planche d'une BD qui prétend mettre en scène deux encasquettés du 93, je suis déjà à peu près sûr que je vais pas aimer la suite. Quand on veut faire du bon pastiche, de la bonne parodie, on se documente un minimum sur ce qu'on veut caricaturer. Black (avec ses grosses lèvres roses façons "Y a bon Banania", mais surtout ne croyez pas que c'est raciste) et Mortamère (obsédé par ses Stan Smith qui aujourd'hui sont plutôt un accessoire vintage branché pour bobos qui veulent s'encanailler qu'une chaussure prisée par les jouvenceaux prolétaires de Seine-St-Denis) parlent plutôt comme le Renaud façon p'tit loubard parisien des années 70-80 ; en pensant qu'il réussit là une caricature rigolote de la banlieue d'aujourd'hui, Pixel Vengeur a l'air aussi intelligent que Dupont et Dupond lorsqu'ils se déguisent en costume folklorique pour passer inaperçus dans les contrées qu'ils visitent. Si au moins les dialogues étaient drôles, je pourrais leur pardonner d'être en total décalage avec la réalité qu'ils prétendent singer. Hélas, pas une seule fois les "Teuma la cheutron de cet entchoulé de relou, sa mère la loose intergalactique" des deux abrutis ne m'ont arraché un sourire. Dialogues pas drôles, situations pas drôles... Chacune des histoires de l'album se limite grosso modo à "Blake et Mortamère arrivent dans le décor d'une BD plus connue qu'eux, parce que quand on n'a pas de talent et d'imagination, puiser chez ceux qui en ont sous prétexte de leur rendre hommage est une méthode qui a fait ses preuves. Ils disent des ziva et des tamère puis flinguent tout le monde et s'en vont". Ah oui, c'est vrai que c'est super drôle, c'est un subtil hommage à la banlieue et aux grands de la bande dessinée. Ce n'est pas DU TOUT de la récupération opportuniste. Bref, qu'ajouter de plus ? Entre ça et la BD de Bigard, mon coeur balance pour désigner la plus mauvaise BD que j'aie lu cette année. Comme diraient Black et le suprême Mortamère, "Ziva, cette Débé comment qu'elle teufouè de la cheutron, c'est la taleto zeulou ! Je vais tôtplu chouraver des zonblous !" Et comme on dirait en vraie banlieue, "Vazi, tavu, jmenbalékouy, kraari, sulkorandlamek, ssdeupute".
Hemingway
Et si les figures de proue de la "Lost Generation" avaient été auteurs de BD ? Au lieu de devenir des vedettes de la littérature, ils auraient mal tourné, et mal fini. Voilà, vite résumé, l'argument de "Hemingway", qui commence comme ce qu'on appelle un "roman graphique" sur BDthèque, avec les galères de 4 auteurs de bandes dessinées en mal d'argent, d'amour et de reconnaissance, et qui à mi-parcours, se transforme en polar à points de vue multiples façon Pulp Fiction. Deux genres tellement surexploités qu’il devient difficile d’en faire quelque chose d’original. D’ailleurs le scénario de chacune des deux parties est extrêmement classique ; c’est le mélange des genres et la rupture surprenante entre les deux parties de l’histoire qui permettent à cet album de sortir un peu du rang, de ne pas simplement être une énième histoire sur ces sujets. Ceci, allié au style Jason, noir, mélancolique et constamment hanté par la mort, donne à "Hemingway" son petit charme. C’est à ma connaissance son album le plus abordable ; facile à suivre et à comprendre, il pourrait séduire ceux qui jusqu’ici n’accrochent pas trop à l’univers de l’auteur scandinave, mais peut-être décevoir ceux qui aiment ses titres plus mystérieux, oniriques, abscons. Pour ma part, je n’ai pas adoré, mais j’ai bien aimé.
Cap Horn
Cette nouvelle série est à classer sans nul doute dans le genre 'aventures' et me fait un peu penser dans sa confection à certains films type 'il était une fois la révolution' dans lesquels on évoque différents destins qui sont amenés à se croiser pour former une belle histoire dramatique ou non, la suite nous le dira... Les dessins et couleurs sont remarquables et servent à merveille l'atmosphère générale voulue par le scénariste. A noter que les bateaux sont superbement mis en mouvement. Côté scénario, il consiste à dresser le décors (plutôt normal étant donné qu'il s'agit d'un premier tome) mais reste tout de même assez dynamique et laisse présager quelque chose d'intéressant pour la suite. Un tout petit reproche quand même concernant le passage où le poème de Baudelaire est mis en image sur une planche complète. Je trouve que cette planche n'était pas utile à l'intérieur même du récit et casse un peu la dynamique. 'L'albatros' aurait fait bien meilleur effet en page de garde en format manuscrit... mais cela n'engage que moi. L'association d'auteurs est donc réussie, je souhaite beaucoup de bonheur à cette série pour mon plus grand plaisir et peut être pour le votre...
Le moine fou
Tout simplement un chef-d’œuvre. Le dessin de très haut vol, s'améliorant fortement pour atteindre un pic jamais égalé au "Col du Vent", suggérant très subtilement toute la finesse des paysages, costumes, nous fait pénétrer comme par magie dans la Chine ancienne. Les cadrages et découpages sont ici à remarquer, avec une intelligente utilisation de la symétrie des planches. Du Kurosawa en bd. L'histoire, onirique et ésotérique dans le meilleur sens du terme, rend le contexte des plus énigmatique et captivant. Les tomes progressent vers la découverte du moine fou, avec, tel un diamant à plusieurs facettes, des personnages et des intrigues à chaque fois différentes. Tout cela rend définitivement cet énorme travail culte et indispensable.