En matière d’œuvres traitant de sujets historiques, je préfère généralement celles dont leurs auteurs ont décidés de traiter leur sujet de manière originale, symbolique ou métaphorique, plutôt que les oeuvres qui prétendent au « réalisme ». Je n’échangerais pas un Kusturica contre deux Spielberg, par exemple. Evidemment l’ennui avec une oeuvre comme « Underground », c’est qu’elle mise fortement sur l’intelligence du spectateur. Ce n’est pas une leçon d’histoire claire et transparente mais une interprétation affective. Elle nécessite non seulement des connaissances historiques préalables mais aussi un effort d’interprétation. C’est pleinement à cette catégorie d’oeuvre qu’appartient Achtung Zelig, mais malgré mon attirance pour le « genre », cette bd m’est complètement tombée des mains. Je n’ai aucunement saisi où les auteurs voulaient en venir, ce qu’ils voulaient faire passer... Alors soit je n’ai pas les connaissances suffisantes sur l’histoire de la Pologne pour saisir réellement la portée de cette histoire, soit c’est de l’absurde plus prétentieux que réussi... Mon agacement s’est accentué à la lecture de la fin de l’album, et l’impossibilité de savoir si il y aura une suite ou pas... Rosinski, qui signe la postface, et Casterman se contredisent sur ce point. En tout cas, si ça termine là, cette fin est franchement mauvaise et cette intrigue bien trop mince... C’est bien simple, la présentation de Casterman résume tout l’album !
Belle couverture, très glamour, non? (« Tournez-vous mademoiselle! »)… Pour une fois, l’intérieur de l’album ressemble vraiment à l’extérieur. Le dessin de l’espagnol Sergio Melia est très raffiné. Il a ce côté rétro façon dessin de mode des années 50. Ca colle bien avec l’intrigue, qui a un côté roman-photo assez prononcé. Heureusement, ce n’est pas aussi tarte que « Nous deux », ça se lit agréablement. Attention tout de même, on n’est pas face à une montagne de psychologie, ne vous attendez pas à la qualité d’un album de Gibrat, ici on est plutôt devant des clichés plutôt bien digérés. A lire, à l’occasion...
Les deux premiers tomes sont vraiment très bien et très axés sur cet univers de cartes « magique ». Les possesseurs de ces cartes peuvent transmettre de la chance ou de la malchance, à un lieu, une personne ou une action. J’aime beaucoup le dessin : traits clair, pas trop de détails superflus.
Le troisième tome quand à lui se déroule à Cuba ou magie Vodou et individus démoniaques se côtoient. Dans ce 3ieme tome les pouvoirs de notre héroïne Pandora ne sont pas vraiment mis en valeurs, c’est un peu frustrant !
Le tome 4 quand à lui démarre très bien, on s’attend à une fin énorme sachant que cet album clos le cycle du « Roi en Jaune », malheureusement et une fois de plus, lorsque l’on fait de la BD « ultra » commerciale, les auteurs rattachent la série « Arcanes Majeure » à une autre série appelée « Histoire secrète » (des mêmes auteurs, bien évidement). La fin du cycle « d’ Arcane Majeur » et donc de l’album « JFK » ne ressemble pas du tout à une fin, bien au contraire. Encore une fois on essaie de tirer le maximum d’argent au lecteur en faisant des suites à n’en plus finir, mais on ne donne pas de plaisir au lecteur.
Vous arrêtez à l’achat des 2 premiers albums. Les 2 derniers (3&4) n’ont aucun sens.
J'avais lu quelques strips réédités dans le Pif des années 1980, mais je ne savais pas qu'il y en avait eu autant... En effet, quand l'Association a décidé de publier cette oeuvre de jeunesse de Mattioli, ils ont dû scanner des anciens exemplaires du magazine, et retraiter par ordinateur, car l'auteur avait perdu la plupart de ses planches, et celles du magazine étaient également égarées. Cela représente, au total, 232 pages contenant chacune 5 à 6 strips pour l'essentiel. Je dis pour l'essentiel, car sur la fin, Mattioli a fait éclater cette règle du strip.
Attention, c'est une oeuvre de jeunesse au dessin minimaliste (qui a probablement inspiré Trondheim pour certaines de ses histoires), voire enfantin par moments. Les strips sont sympathiques, sans plus. Ils reposent sur des situations absurdes (le caméléon chope à peu près n'importe quoi avec sa langue, M transforme le ciel étoilé en papier peint pour son bon plaisir, les fleurs s'envolent comme des oiseaux...), souvent résolues par un coup de baguette magique du magicien. Environ un tiers des strips mettent en vedette les autres personnages, laissant parfois M totalement en-dehors. On voit que mattioli écrivait probablement de manière automatique, ce qui donne souvent un aspect nerveux à son dessin enfantin. Au final, il pourrait y avoir plusieurs façons de lire un tel recueil : soit on le lit en intégralité, histoire de bien voir l'évolution, soit on picore des gags par-ci par-là, à dose homéopathique. M le Magicien fait partie du patrimoine de la BD française, et c'est une bonne initiative qu'a prise l'Association de le publier. Les amateurs seront comblés.
Cette bd m'est apparue clairement commerciale dès le 1er coup d'oeil (bd de Soleil, signée Arleston, avec un autocollant tape à l'oeil : les origines du monde de Troy....) mais ce n'est pas pour ça que j'allais me priver de la lire...
Au final, j'ai passé un bon moment : le scénario, bien que pas très original, n'est pas du tout ennuyeux, et me donne même envie de connaître la suite. Je ne trouve pas le dessin exceptionnel (peut être parce que je viens de lire du Marini...), mais ça reste très correct, et je pense que ça s'améliorera avec les prochains tomes. A suivre si vous n'êtes pas devenu allergique à Troy.
Mis à part le pompage sur Highlander et Largo Winch, qui a déjà été reproché à cette bd, je trouve cette bd plutôt sympa.
Le dessin est bon à partir du tome 2 (celui du tome 1 est un peu brouillon), et le scénario tient la route sur les 4 tomes parus, même si le 4e tome n'apporte pas grand chose à l'histoire.
Bref c'est du pur Arleston, ce qui est selon les personnes un gage de qualité ou non.
Je trouve que les dessins sont plutôt pas mal dans l'ensemble, mais par contre il n'y a absolument aucun scénario.
Autant les trucs bourrins de Trolls de Troy me font souvent rire, mais là il n'y a vraiment rien dans cette bd, que du gore inutile... à réserver si vous voulez vous vider le cerveau.
Je suis tombée sur cette bd un peu par hasard alors que je commençais à être plus que déçue par Arleston (non pas que j'aie déjà été fan, mais Lanfeust, par exemple, avait eu le mérite de me distraire sans tomber dans le sous-pop-corn-bien-lourd). Je commence à tourner les pages, pleine de méfiance et un sourcil froncé, en me répétant mentalement que le talent d'Adrien Floch vaut bien de perdre une demi-heure à lire quelque chose de médiocre. Et là quelle n'est pas ma surprise : c'est bien. Pas grandiose, pas novateur pour un sou... Mais efficace, prenant, d'une lecture agréable, avec des personnages sympathiques et une aventure dynamique... Bien quoi !
Aurais-je eu des idées préconçues ? Il faut le croire. Certes, Ythaq reste une bd d'aventure assez classique, avec ses personnages un peu stéréotypés (mais pas tant que ça finalement si l'on compare à d'autres séries)... Quelques situations convenues et scènes déjà-vues, les touches d'humour de rigueur... Et le retour de la vengeance du come back de quelques thèmes dont Arleston a bien du mal à se défaire (les pouvoirs ne pouvant fonctionner que si une source d'énergie est présente, un(e) élu(e), etc...). Mais l'ensemble fonctionne vraiment bien, et j'ai pris un grand plaisir à lire cette histoire !
Il ne s'agit certes pas de la série de l'année mais je lirai la suite avec plaisir. Une très bonne surprise, à recommander !
Will Eisner, décédé récemment, était considéré comme un génie du comic book américain. C’est donc avec une certaine excitation que j’ai entamé la lecture de « L'appel de l'espace », d’autant plus que je trouvais le sujet alléchant.
L’histoire commence exactement comme le film « Contact » (avec entre autre Jodie Foster) : des scientifiques captent un signal venu de l’espace, et découvrent rapidement qu’il s’agit d’une suite de nombres premiers, preuve que l’émetteur est doué d’une certaine intelligence. Mais là où le film s’embarquait dans une histoire très science-fictionesque, « L'appel de l'espace » reste plus terre à terre, et s’amuse à imaginer la réaction en chaîne que produirait une telle découverte sur notre bonne vielle terre.
Et là, l’auteur s’amuse et passe en revue tous les cotés les plus décadents de notre société, tous les traits les plus embarrassants de notre chère race humaine. Course au prestige entre les USA et l’URSS (oui la 1ere publication date des années 70), multinationale désireuse d’affirmer son emprise financière sur le monde, scientifiques fous avides de succès et de gloire, sectes opportuniste, motivations politiques douteuses, … Bref, que du beau monde. Les développements et implications de ce beau bordel sont tout simplement fascinants à suivre, et la conclusion est très bien faite.
Une superbe histoire, peut-être un peu difficile à suivre par moment (il y a beaucoup de personnages, beaucoup de noms à retenir), mais que je vous invite chaudement à découvrir si le sujet vous intéresse.
"La Geste des Chevaliers Dragons"Ange, le scénariste de cette série composée de one shot, nous dépeint un monde apocalyptique, où la vie ne tient plus qu’à un fil à chaque fois qu’un dragon apparaît, et seule une jeune pucelle de l’ordre des chevaliers Dragon peut en venir à bout avant que le souffle de la bête ne répande son fléau sur toute la terre. Le premier tome a le mérite de lancer une histoire Heroic Fantasy sombre et assez originale, le second s’endort un peu sur ses lauriers et joue plus la carte belles nanas en quête d’aventures (un peu trop bateau à mon goût), et le troisième retrouve une ambiance plus dramatique et sombre. Le problème c’est que l’histoire se répète et on commence à tourner autour du pot : un dragon se pointe et une vierge doit s’occuper vite fait de son cas. Ça devient très répétitif même si il faut souligner l’effort fait au fil des tomes pour développer et étoffer cet univers avec les prêtres d’Aman, les sœurs de la vengeance, les chasseurs de viell… Et puis arrive les tome 4 et 5 où il est tout d'abord question d’un siège et puis d'une sorte de chasse au trésor, pas révolutionnaire mais ils ont le mérite de changer un peu la trame de fond même si ça reste très manichéen et simpliste.
Chaque tome est dessiné par un auteur différent :
• TOME 1 - "Jaïna" :
Les illustrations de Varanda sont mes préférés. Il a su admirablement donner vie à cette série. Les deux héroïnes aux formes avantageuses sont très belles et les différentes architectures présentent dans ce tome sont vraiment extraordinaires. (Seul petit reproche, je n’aime pas la couverture.)
Les couleurs de Rieu sont jolies mais ce ne sont pas les meilleures.
• TOME 2 - "Akanah" :
Les dessins de Briones sont jolis et s’adaptent parfaitement bien à l’univers créé par Ange et Varanda. Encore une fois les filles sont belles, un poil plus siliconées que celles de son prédécesseur. Et le dragon de Briones est vraiment top.
Les couleurs de Paitreau (sur ce tome) sont les plus belles à mon goût.
• TOME 3 - "Le pays de non-vie" :
Guinebaud se démarque un peu plus du style des deux autres. Cette différence vient sûrement essentiellement du fait qu’il a volontairement omis d’encrer ses planches pour donner plus de spontanéité à son trait. Même si je ne suis pas un grand fan de cette technique qui fait trop fouillis selon moi, il faut bien se rendre à l’évidence que ça donne un côté encore plus effrayant à ce monde. Je trouve sa guerrière moins appétissante que les autres.
Les couleurs de Paitreau s’adapte parfaitement bien au style crayonné de Guinebaud mais s’éloigne un peu de se qu’il avait fait avec le tome 2.
• TOME 4 - "Brisken" :
On retrouve Briones et Paitreau, mais je trouve que c’est moins beau que le tome 2, les dessins et les couleurs sont plus épurés et grossiers que sur leur tome précédent.
• TOME 5 - "Les jardins du palais" :
Les dessins de Paty sont jolis et très épurés, mais ce ne sont pas mes préférés de la série. Je trouve que c'est un peu trop grossier surtout sur les prises de vue lointaines où le trait mériterait d'être plus fin. A la couleur, on retrouve encore Paitreau avec cette fois si des planches plus lumineuses et flamboyantes (parfois un peu trop).
En somme, c’est une série assez sympa avec un scénar plutôt sombre et répétitif, dont l’attrait principal est la variété des magnifiques dessins laissés par les différents auteurs qui se succèdent au fil des tomes.
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Achtung Zelig !
En matière d’œuvres traitant de sujets historiques, je préfère généralement celles dont leurs auteurs ont décidés de traiter leur sujet de manière originale, symbolique ou métaphorique, plutôt que les oeuvres qui prétendent au « réalisme ». Je n’échangerais pas un Kusturica contre deux Spielberg, par exemple. Evidemment l’ennui avec une oeuvre comme « Underground », c’est qu’elle mise fortement sur l’intelligence du spectateur. Ce n’est pas une leçon d’histoire claire et transparente mais une interprétation affective. Elle nécessite non seulement des connaissances historiques préalables mais aussi un effort d’interprétation. C’est pleinement à cette catégorie d’oeuvre qu’appartient Achtung Zelig, mais malgré mon attirance pour le « genre », cette bd m’est complètement tombée des mains. Je n’ai aucunement saisi où les auteurs voulaient en venir, ce qu’ils voulaient faire passer... Alors soit je n’ai pas les connaissances suffisantes sur l’histoire de la Pologne pour saisir réellement la portée de cette histoire, soit c’est de l’absurde plus prétentieux que réussi... Mon agacement s’est accentué à la lecture de la fin de l’album, et l’impossibilité de savoir si il y aura une suite ou pas... Rosinski, qui signe la postface, et Casterman se contredisent sur ce point. En tout cas, si ça termine là, cette fin est franchement mauvaise et cette intrigue bien trop mince... C’est bien simple, la présentation de Casterman résume tout l’album !
Une mansarde à Paris
Belle couverture, très glamour, non? (« Tournez-vous mademoiselle! »)… Pour une fois, l’intérieur de l’album ressemble vraiment à l’extérieur. Le dessin de l’espagnol Sergio Melia est très raffiné. Il a ce côté rétro façon dessin de mode des années 50. Ca colle bien avec l’intrigue, qui a un côté roman-photo assez prononcé. Heureusement, ce n’est pas aussi tarte que « Nous deux », ça se lit agréablement. Attention tout de même, on n’est pas face à une montagne de psychologie, ne vous attendez pas à la qualité d’un album de Gibrat, ici on est plutôt devant des clichés plutôt bien digérés. A lire, à l’occasion...
Arcane Majeur
Les deux premiers tomes sont vraiment très bien et très axés sur cet univers de cartes « magique ». Les possesseurs de ces cartes peuvent transmettre de la chance ou de la malchance, à un lieu, une personne ou une action. J’aime beaucoup le dessin : traits clair, pas trop de détails superflus. Le troisième tome quand à lui se déroule à Cuba ou magie Vodou et individus démoniaques se côtoient. Dans ce 3ieme tome les pouvoirs de notre héroïne Pandora ne sont pas vraiment mis en valeurs, c’est un peu frustrant ! Le tome 4 quand à lui démarre très bien, on s’attend à une fin énorme sachant que cet album clos le cycle du « Roi en Jaune », malheureusement et une fois de plus, lorsque l’on fait de la BD « ultra » commerciale, les auteurs rattachent la série « Arcanes Majeure » à une autre série appelée « Histoire secrète » (des mêmes auteurs, bien évidement). La fin du cycle « d’ Arcane Majeur » et donc de l’album « JFK » ne ressemble pas du tout à une fin, bien au contraire. Encore une fois on essaie de tirer le maximum d’argent au lecteur en faisant des suites à n’en plus finir, mais on ne donne pas de plaisir au lecteur. Vous arrêtez à l’achat des 2 premiers albums. Les 2 derniers (3&4) n’ont aucun sens.
M le Magicien...
J'avais lu quelques strips réédités dans le Pif des années 1980, mais je ne savais pas qu'il y en avait eu autant... En effet, quand l'Association a décidé de publier cette oeuvre de jeunesse de Mattioli, ils ont dû scanner des anciens exemplaires du magazine, et retraiter par ordinateur, car l'auteur avait perdu la plupart de ses planches, et celles du magazine étaient également égarées. Cela représente, au total, 232 pages contenant chacune 5 à 6 strips pour l'essentiel. Je dis pour l'essentiel, car sur la fin, Mattioli a fait éclater cette règle du strip. Attention, c'est une oeuvre de jeunesse au dessin minimaliste (qui a probablement inspiré Trondheim pour certaines de ses histoires), voire enfantin par moments. Les strips sont sympathiques, sans plus. Ils reposent sur des situations absurdes (le caméléon chope à peu près n'importe quoi avec sa langue, M transforme le ciel étoilé en papier peint pour son bon plaisir, les fleurs s'envolent comme des oiseaux...), souvent résolues par un coup de baguette magique du magicien. Environ un tiers des strips mettent en vedette les autres personnages, laissant parfois M totalement en-dehors. On voit que mattioli écrivait probablement de manière automatique, ce qui donne souvent un aspect nerveux à son dessin enfantin. Au final, il pourrait y avoir plusieurs façons de lire un tel recueil : soit on le lit en intégralité, histoire de bien voir l'évolution, soit on picore des gags par-ci par-là, à dose homéopathique. M le Magicien fait partie du patrimoine de la BD française, et c'est une bonne initiative qu'a prise l'Association de le publier. Les amateurs seront comblés.
Les Conquérants de Troy
Cette bd m'est apparue clairement commerciale dès le 1er coup d'oeil (bd de Soleil, signée Arleston, avec un autocollant tape à l'oeil : les origines du monde de Troy....) mais ce n'est pas pour ça que j'allais me priver de la lire... Au final, j'ai passé un bon moment : le scénario, bien que pas très original, n'est pas du tout ennuyeux, et me donne même envie de connaître la suite. Je ne trouve pas le dessin exceptionnel (peut être parce que je viens de lire du Marini...), mais ça reste très correct, et je pense que ça s'améliorera avec les prochains tomes. A suivre si vous n'êtes pas devenu allergique à Troy.
Moréa
Mis à part le pompage sur Highlander et Largo Winch, qui a déjà été reproché à cette bd, je trouve cette bd plutôt sympa. Le dessin est bon à partir du tome 2 (celui du tome 1 est un peu brouillon), et le scénario tient la route sur les 4 tomes parus, même si le 4e tome n'apporte pas grand chose à l'histoire. Bref c'est du pur Arleston, ce qui est selon les personnes un gage de qualité ou non.
Frère Pardon
Je trouve que les dessins sont plutôt pas mal dans l'ensemble, mais par contre il n'y a absolument aucun scénario. Autant les trucs bourrins de Trolls de Troy me font souvent rire, mais là il n'y a vraiment rien dans cette bd, que du gore inutile... à réserver si vous voulez vous vider le cerveau.
Les Naufragés d'Ythaq
Je suis tombée sur cette bd un peu par hasard alors que je commençais à être plus que déçue par Arleston (non pas que j'aie déjà été fan, mais Lanfeust, par exemple, avait eu le mérite de me distraire sans tomber dans le sous-pop-corn-bien-lourd). Je commence à tourner les pages, pleine de méfiance et un sourcil froncé, en me répétant mentalement que le talent d'Adrien Floch vaut bien de perdre une demi-heure à lire quelque chose de médiocre. Et là quelle n'est pas ma surprise : c'est bien. Pas grandiose, pas novateur pour un sou... Mais efficace, prenant, d'une lecture agréable, avec des personnages sympathiques et une aventure dynamique... Bien quoi ! Aurais-je eu des idées préconçues ? Il faut le croire. Certes, Ythaq reste une bd d'aventure assez classique, avec ses personnages un peu stéréotypés (mais pas tant que ça finalement si l'on compare à d'autres séries)... Quelques situations convenues et scènes déjà-vues, les touches d'humour de rigueur... Et le retour de la vengeance du come back de quelques thèmes dont Arleston a bien du mal à se défaire (les pouvoirs ne pouvant fonctionner que si une source d'énergie est présente, un(e) élu(e), etc...). Mais l'ensemble fonctionne vraiment bien, et j'ai pris un grand plaisir à lire cette histoire ! Il ne s'agit certes pas de la série de l'année mais je lirai la suite avec plaisir. Une très bonne surprise, à recommander !
L'Appel de l'Espace
Will Eisner, décédé récemment, était considéré comme un génie du comic book américain. C’est donc avec une certaine excitation que j’ai entamé la lecture de « L'appel de l'espace », d’autant plus que je trouvais le sujet alléchant. L’histoire commence exactement comme le film « Contact » (avec entre autre Jodie Foster) : des scientifiques captent un signal venu de l’espace, et découvrent rapidement qu’il s’agit d’une suite de nombres premiers, preuve que l’émetteur est doué d’une certaine intelligence. Mais là où le film s’embarquait dans une histoire très science-fictionesque, « L'appel de l'espace » reste plus terre à terre, et s’amuse à imaginer la réaction en chaîne que produirait une telle découverte sur notre bonne vielle terre. Et là, l’auteur s’amuse et passe en revue tous les cotés les plus décadents de notre société, tous les traits les plus embarrassants de notre chère race humaine. Course au prestige entre les USA et l’URSS (oui la 1ere publication date des années 70), multinationale désireuse d’affirmer son emprise financière sur le monde, scientifiques fous avides de succès et de gloire, sectes opportuniste, motivations politiques douteuses, … Bref, que du beau monde. Les développements et implications de ce beau bordel sont tout simplement fascinants à suivre, et la conclusion est très bien faite. Une superbe histoire, peut-être un peu difficile à suivre par moment (il y a beaucoup de personnages, beaucoup de noms à retenir), mais que je vous invite chaudement à découvrir si le sujet vous intéresse.
La Geste des Chevaliers Dragons
"La Geste des Chevaliers Dragons" Ange, le scénariste de cette série composée de one shot, nous dépeint un monde apocalyptique, où la vie ne tient plus qu’à un fil à chaque fois qu’un dragon apparaît, et seule une jeune pucelle de l’ordre des chevaliers Dragon peut en venir à bout avant que le souffle de la bête ne répande son fléau sur toute la terre. Le premier tome a le mérite de lancer une histoire Heroic Fantasy sombre et assez originale, le second s’endort un peu sur ses lauriers et joue plus la carte belles nanas en quête d’aventures (un peu trop bateau à mon goût), et le troisième retrouve une ambiance plus dramatique et sombre. Le problème c’est que l’histoire se répète et on commence à tourner autour du pot : un dragon se pointe et une vierge doit s’occuper vite fait de son cas. Ça devient très répétitif même si il faut souligner l’effort fait au fil des tomes pour développer et étoffer cet univers avec les prêtres d’Aman, les sœurs de la vengeance, les chasseurs de viell… Et puis arrive les tome 4 et 5 où il est tout d'abord question d’un siège et puis d'une sorte de chasse au trésor, pas révolutionnaire mais ils ont le mérite de changer un peu la trame de fond même si ça reste très manichéen et simpliste. Chaque tome est dessiné par un auteur différent : • TOME 1 - "Jaïna" : Les illustrations de Varanda sont mes préférés. Il a su admirablement donner vie à cette série. Les deux héroïnes aux formes avantageuses sont très belles et les différentes architectures présentent dans ce tome sont vraiment extraordinaires. (Seul petit reproche, je n’aime pas la couverture.) Les couleurs de Rieu sont jolies mais ce ne sont pas les meilleures. • TOME 2 - "Akanah" : Les dessins de Briones sont jolis et s’adaptent parfaitement bien à l’univers créé par Ange et Varanda. Encore une fois les filles sont belles, un poil plus siliconées que celles de son prédécesseur. Et le dragon de Briones est vraiment top. Les couleurs de Paitreau (sur ce tome) sont les plus belles à mon goût. • TOME 3 - "Le pays de non-vie" : Guinebaud se démarque un peu plus du style des deux autres. Cette différence vient sûrement essentiellement du fait qu’il a volontairement omis d’encrer ses planches pour donner plus de spontanéité à son trait. Même si je ne suis pas un grand fan de cette technique qui fait trop fouillis selon moi, il faut bien se rendre à l’évidence que ça donne un côté encore plus effrayant à ce monde. Je trouve sa guerrière moins appétissante que les autres. Les couleurs de Paitreau s’adapte parfaitement bien au style crayonné de Guinebaud mais s’éloigne un peu de se qu’il avait fait avec le tome 2. • TOME 4 - "Brisken" : On retrouve Briones et Paitreau, mais je trouve que c’est moins beau que le tome 2, les dessins et les couleurs sont plus épurés et grossiers que sur leur tome précédent. • TOME 5 - "Les jardins du palais" : Les dessins de Paty sont jolis et très épurés, mais ce ne sont pas mes préférés de la série. Je trouve que c'est un peu trop grossier surtout sur les prises de vue lointaines où le trait mériterait d'être plus fin. A la couleur, on retrouve encore Paitreau avec cette fois si des planches plus lumineuses et flamboyantes (parfois un peu trop). En somme, c’est une série assez sympa avec un scénar plutôt sombre et répétitif, dont l’attrait principal est la variété des magnifiques dessins laissés par les différents auteurs qui se succèdent au fil des tomes.