Avec « Luna Almaden », la collection Aire Libre s'enrichit d'un bon petit polar mené par Clarke et Denis Lapière.
L'idée de départ est intéressante puisqu'il s'agit de nous faire vivre les aventures de Luna, une jeune aveugle, en positionnant la narration suivant sa perception du monde. Le défit était attrayant car il ne doit pas être aisé d'imaginer les ressentis et sensations d'une non voyante. Le challenge me semble réussit. Au fil de l'histoire, le lecteur entre peu à peu dans la peau de Luna, aidé il est vrai par quelques cases noires simulant la cécité et intelligemment distillées.
Le scénario élaboré par Denis Lapière est simple mais bien ficelé. Bien qu'il s'agisse d'un polar, le parti pris du scénariste n'est pas de brouiller les pistes. Le système narratif fait que le lecteur sait Luna innocente d'emblée. La véritable question réside dans la manière dont la machination va se dénouer tant les apparences chargent la jeune femme aux yeux des principaux protagonistes. Les tenants et les aboutissants nous seront dévoilés sans rebondissements scénaristiques artificiels. Logiquement, simplement.
Pour les dessins, Clarke adopte ici un style plus réaliste qu'à son habitude. Le trait est vif et sans fioritures. La trouvaille des cases noircies participe à l'ambiance générale de cette bande dessinée. Les couleurs des planches sont peut-être un peu froides, mais cela n'est guère dérangeant. Une mention particulière doit être donnée à la couverture très réussie et intrigante.
Voilà une histoire très plaisante à lire, mais qui se parcourt peut-être un peu rapidement.
Rares sont des bédés qui accrochent le lecteur comme « Enchaînés » ! Le deuxième tome confirme l’excellente impression du premier album : il m’a été impossible de se détacher du livre jusqu’au dénouement tellement le suspens est à son comble ! La bonne qualité de la mise en page, du découpage et surtout de la narration font de cette bédé un des meilleurs thrillers actuellement. Les personnages principaux sont carrément détestables : la mère qui fait tout pour assurer le besoin de ses 3 enfants, l’adolescent ridiculisé par ses camarades de classe, ils feront tout pour toucher le pactole en tuant l’autre ! Quelques-uns ont des remords pour effectuer cette tâche, les autres s’en foutent royalement, ils ont tous en tête ce gros paquet de pognon qui pourrait leur assurer un avenir infiniment plus radieux que la vie menée par chacun actuellement ! Paradoxalement, ces personnages clés se révèlent attachants et je me suis mis plusieurs fois à me demander ce que j’aurai fait à leur place ! Seul le dessin en ce qui concerne les anatomies des personnages peut être sujet à des critiques, c’est ça qui m’empêche de mettre cette série parmi les chefs d’œuvre du genre. Je comprendrais les lecteurs qui trouveront cette bédé exagérée mais ne vous trompez-pas ! Vous passerez malgré tout un excellent moment de lecture ! J’attends le prochain tome avec impatience !
Tome 1 : Arnold & Willie
Dans cette série, l'ambiance des années 70 aux USA est très bien retranscrite avec les bars Dicos, les grosses américaines, le look de l'époque , les pantalons éléphants, etc... Les deux héros sont au début des voleurs de voitures qui reviendront par la suite, sous l'emprise du parrain local, des tueurs en série. Il suffit de jeter un coup d’œil sur le dessin de Brüno pour se rendre compte qu'il est très personnel et qu'il s'accorde bien à cette bédé. Le scénario est une longue introduction, c'est un road-movie, il n'y a pas vraiment de fil conducteur. J'ai refermé l'album avec la sensation qu'il n'y a pas d'histoire à proprement parlé... mais la lecture du 2ème tome me démontrera le contraire ! Même avec un avis à priori mitigé, ne vous arrêtez pas à ce premier album et précipitez-vous sur le 2ème tome ! Attendez-vous à une grosse surprise !
Note finale : 3/5
Tome 2 : Priest
Avec ce tome, c’est sous les traits d’un autre personnage que l’histoire mise en place par Fatima prend tout son sens. Le scénario reprend la même trame que le film « Jackie Brown » du réalisateur Quentin Tarantino. Dans « Priest », c’est comme si l’histoire redémarrait au tome 1 mais avec les yeux d’un autre personnage. Dès lors, les évènements vécus par Arnold et Willie du premier album apparaissent logiques et explicités. L’ambiance des années 70 est toujours parfaitement rendue par Brüno. Contrairement à « Arnold et Willie », je suis ressorti de cet album impatient de connaître la suite ! A tous les lecteurs déçus par le premier tome, faites l’effort de découvrir « Priest » car le dénouement final (la série devrait se terminer au 3ème tome) a l’air très prometteur !
Note finale : 4/5
Bien sûr, je suis sensible au coté témoignage de la série, sur ce mouvement aux multiples ramifications, et dont la portée est, à mon avis, et comme le disent les auteurs, trop souvent minimisée.
Il n'empêche que les choses sont rarement aussi simples que cela et le coté partial, voire militant de la bd m'a quand même beaucoup géné. Certes, ces agissements sont inexcusables et doivent être condamnés sans faille, mais dans la bd, on a l'impression que les militants anti Klan se battent envers et contre tout: la police infiltrée par le Klan, l'armée compatissante, le FBI qui étouffe les affaires, et même l'administration Bush qui compte sur les voix klanistes. Le coté chevalier blanc des héros devient vraiment lassant assez rapidement.
C'est dommage, c'est un sujet très grave qui aurait mérité plus d'objectivité.
Bon, c'est bien dessiné, quoique plutôt classique dans le genre. Coté scénario, rien de révolutionnaire non plus, mais on s'y laisse prendre. En fait, la lecture m'a procuré un petit moment de détente bien agréable, mais rien d'inoubliable. Un peu le même sentiment qu'à la suite d'un épisode de bonne(?!) série américaine.
Je lirai sans doute la suite à la bibliothèque, mais je ne saurais conseiller l'achat
Du merveilleux et de l'originalité tant dans le dessin que dans le scénario.
L'histoire n'est pas uniquement focalisée sur le personnage principal, les autres personnages ont aussi du relief : c'est agréable.
L'humour est au rendez-vous.
Cette BD possède beaucoup de charme et sort des lieux communs de l'heroic fantasy actuelle.
Malheureusement je viens d'apprendre que cette série était abandonnée.
Quel gâchis !!
Note approximative : 3.5/5
Mon attention a été attirée sur The Goon quand j'ai appris qu'il avait été lauréat de 2 Eisner Awards : celui de la meilleure publication d'humour et celui de la meilleur série. Et il faut avouer qu'effectivement, cette série est pas mal même si elle n'est pas tout à fait mon genre personnel.
C'est vrai que les histoires courtes de The Goon rappellent beaucoup celles de Hellboy : même ambiance fantastique avec morts-vivants et autres créatures surnaturels et même héros fort en gueule et prompt à la baston. Mais là où Hellboy fait dans le mystique et l'ambiance assez sérieuse, The Goon part dans la vraie déconnade. Ca zigouille du zombie à tout va avec quelques scènes bien gore, ravissant sans aucun doute les fans de Romero et autres films du genre. Les dialogues sont drôles et les situations décalées. Bref, ça ne se prend pas du tout au sérieux et c'est assez amusant à lire.
Le dessin lui aussi est dans la même veine délirante, avec un mélange entre personnages dans le style comics d'humour et personnages réalistes, avec des déformations et des visages expressifs à la façon du magazine MAD, etc. Ce n'est pas moche, c'est assez original et ça donne une vraie "touche" à l'aspect visuel de la série.
Je suis sûr que cette série peut vraiment plaire à pas mal de monde, et moi même j'ai bien aimé. Mais si je ne considère pas la série comme vraiment indispensable, c'est surtout parce que d'une part, les histoires de zombies, de gore et de bagarres, ce n'est pas trop ma tasse de thé, et d'autre part parce que les histoires courtes de cette série se lisent bien, sont plaisantes mais ne marquent pas tant que ça les esprits au final.
Sympa, original, prêt à plaire énormément aux fans de films de zombies, mais pas aussi transcendant que les prix Eisner Awards me laissaient l'espérer.
Les Lutins est clairement une série coupée en deux cycles très distincts, reliés de manière ténue par une légende commune aux deux mondes, celle des lutins. Curieusement, le premier cycle est plutôt noir, pessimiste, malsain par moments, alors que le second est primesautier, printanier, plus coloré. Cette particularité rend la série assez curieuse, et le lecteur lambda risque d'être déroute, l'espace de quelques minutes, en ouvrant le tome 3. Cette confusion est renforcée par le fait que le héros du second cycle ressemble physiquement beaucoup à celui du premier.
Ceci dit, les deux histoires sont assez prenantes, contenant des passages lyriques plutôt gouleyants de la part de Pierre Dubois, elficologue patenté. Le titre est un peu mensonger, puisque les lutins n'apparaissent finalement pas beaucoup dans les albums. Les 4 albums dégagent une impression de naturalisme assez fort, plutôt positif. Que pourrait-on demander de plus à des auteurs s'appelant Dubois et Duval, d'ailleurs ?
Décidément, même quand il n'est pas au scénario, dès que Jean-Yves Mitton dessine une série historique, que ce soit Quetzalcoatl, Chroniques Barbares ou ici Vae Victis, il insère une large part de violence et de sexe. Cela se veut peut-être réaliste pour une époque troublée, cela se veut sans doute un peu raccoleur aussi, il n'empêche que cela réduit nettement la qualité de la BD à mes yeux.
Et c'est dommage car Vae Victis a bien des qualités au demeurant. Le dessin de Mitton n'est pas mauvais d'une part. Mais surtout la série est véritablement intéressante sur le plan historique car elle aborde en profondeur la Guerre des Gaules de César. L'aspect stratégique et politique de ce conflit et de la quête de pouvoir de Rome et de César est bien traité et prenant à la fois. Le réalisme et le soucis du détail dans la présentation des nombreuses tribus gauloises et de leurs relations conflictuelles entre elles et face aux légions romaines est très bon et j'ai beaucoup apprécié l'interêt de cette partie du récit.
Mais à côté de cela, il y a également différents points qui ne m'ont pas plu dans cette BD. Tout d'abord, il y a cette part de violence et de sexe un peu gratuite.
Ensuite, il y a ce personnage d'Ambre, jolie rousse dont tout le monde tombe amoureux à toute vitesse : je trouve tout ce qui a trait à ses romances contrariées artificiel et inutile, et je n'apprécie tout simplement pas le personnage à vrai dire. Pas plus que j'apprécie celui de Milon, jeune et sage médecin au regard ténébreux et au passé mystérieux capable parfois de prouesses d'arts martiaux assez ridicules et d'autres fois de pouvoirs de divination tout aussi ridicules.
Ensuite, il y a le nombre de tomes qui m'empêche de conseiller l'achat de cette série qui vraiment s'étire trop en longueur. C'est une bonne chose de voir la Guerre des Gaules en détail, mais d'y accorder autant de tomes, puis ensuite de poursuivre avec le conflit contre les Bretons, cela tourne à la saga trop longue pour préserver l'interêt.
Le premier tome inaugurait une série qui avait tout pour plaire, le scénario partait sur une idée originale qui consiste à "compiler" les différents contes populaires dont la plupart sont issus de l'imagination de La Fontaine.
Malheureusement, le scénario de "le coeur de la forêt" se révêle banal et délaisse quasiment ce qui faisait l'essence du premier tome : les contes. L'histoire redevient classique et on se demande ce que viennent faire des personnages animaliers dans cette "galère".
Les dialogues sont trop présents et rendent pénible la lecture de cette bédé. Je regrette aussi la rareté des vues d'ensemble qui auraient permis d'"aérer" la mise en page et de pauser efficacement l'histoire. Ceci est d'autant dommage que le trait et la mise en couleur de Damien Vanderstraeten sont excellents et ce dessinateur aurait mérité une histoire et une mise en page plus adaptés à son talent. "Le coeur de la forêt" marque la fin de ce premier cycle et j'espère vivement que les erreurs narratives seront effacées dans les prochains tomes.
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Luna Almaden
Avec « Luna Almaden », la collection Aire Libre s'enrichit d'un bon petit polar mené par Clarke et Denis Lapière. L'idée de départ est intéressante puisqu'il s'agit de nous faire vivre les aventures de Luna, une jeune aveugle, en positionnant la narration suivant sa perception du monde. Le défit était attrayant car il ne doit pas être aisé d'imaginer les ressentis et sensations d'une non voyante. Le challenge me semble réussit. Au fil de l'histoire, le lecteur entre peu à peu dans la peau de Luna, aidé il est vrai par quelques cases noires simulant la cécité et intelligemment distillées. Le scénario élaboré par Denis Lapière est simple mais bien ficelé. Bien qu'il s'agisse d'un polar, le parti pris du scénariste n'est pas de brouiller les pistes. Le système narratif fait que le lecteur sait Luna innocente d'emblée. La véritable question réside dans la manière dont la machination va se dénouer tant les apparences chargent la jeune femme aux yeux des principaux protagonistes. Les tenants et les aboutissants nous seront dévoilés sans rebondissements scénaristiques artificiels. Logiquement, simplement. Pour les dessins, Clarke adopte ici un style plus réaliste qu'à son habitude. Le trait est vif et sans fioritures. La trouvaille des cases noircies participe à l'ambiance générale de cette bande dessinée. Les couleurs des planches sont peut-être un peu froides, mais cela n'est guère dérangeant. Une mention particulière doit être donnée à la couverture très réussie et intrigante. Voilà une histoire très plaisante à lire, mais qui se parcourt peut-être un peu rapidement.
Enchaînés
Rares sont des bédés qui accrochent le lecteur comme « Enchaînés » ! Le deuxième tome confirme l’excellente impression du premier album : il m’a été impossible de se détacher du livre jusqu’au dénouement tellement le suspens est à son comble ! La bonne qualité de la mise en page, du découpage et surtout de la narration font de cette bédé un des meilleurs thrillers actuellement. Les personnages principaux sont carrément détestables : la mère qui fait tout pour assurer le besoin de ses 3 enfants, l’adolescent ridiculisé par ses camarades de classe, ils feront tout pour toucher le pactole en tuant l’autre ! Quelques-uns ont des remords pour effectuer cette tâche, les autres s’en foutent royalement, ils ont tous en tête ce gros paquet de pognon qui pourrait leur assurer un avenir infiniment plus radieux que la vie menée par chacun actuellement ! Paradoxalement, ces personnages clés se révèlent attachants et je me suis mis plusieurs fois à me demander ce que j’aurai fait à leur place ! Seul le dessin en ce qui concerne les anatomies des personnages peut être sujet à des critiques, c’est ça qui m’empêche de mettre cette série parmi les chefs d’œuvre du genre. Je comprendrais les lecteurs qui trouveront cette bédé exagérée mais ne vous trompez-pas ! Vous passerez malgré tout un excellent moment de lecture ! J’attends le prochain tome avec impatience !
Inner City Blues
Tome 1 : Arnold & Willie Dans cette série, l'ambiance des années 70 aux USA est très bien retranscrite avec les bars Dicos, les grosses américaines, le look de l'époque , les pantalons éléphants, etc... Les deux héros sont au début des voleurs de voitures qui reviendront par la suite, sous l'emprise du parrain local, des tueurs en série. Il suffit de jeter un coup d’œil sur le dessin de Brüno pour se rendre compte qu'il est très personnel et qu'il s'accorde bien à cette bédé. Le scénario est une longue introduction, c'est un road-movie, il n'y a pas vraiment de fil conducteur. J'ai refermé l'album avec la sensation qu'il n'y a pas d'histoire à proprement parlé... mais la lecture du 2ème tome me démontrera le contraire ! Même avec un avis à priori mitigé, ne vous arrêtez pas à ce premier album et précipitez-vous sur le 2ème tome ! Attendez-vous à une grosse surprise ! Note finale : 3/5 Tome 2 : Priest Avec ce tome, c’est sous les traits d’un autre personnage que l’histoire mise en place par Fatima prend tout son sens. Le scénario reprend la même trame que le film « Jackie Brown » du réalisateur Quentin Tarantino. Dans « Priest », c’est comme si l’histoire redémarrait au tome 1 mais avec les yeux d’un autre personnage. Dès lors, les évènements vécus par Arnold et Willie du premier album apparaissent logiques et explicités. L’ambiance des années 70 est toujours parfaitement rendue par Brüno. Contrairement à « Arnold et Willie », je suis ressorti de cet album impatient de connaître la suite ! A tous les lecteurs déçus par le premier tome, faites l’effort de découvrir « Priest » car le dénouement final (la série devrait se terminer au 3ème tome) a l’air très prometteur ! Note finale : 4/5
Amerikkka
Bien sûr, je suis sensible au coté témoignage de la série, sur ce mouvement aux multiples ramifications, et dont la portée est, à mon avis, et comme le disent les auteurs, trop souvent minimisée. Il n'empêche que les choses sont rarement aussi simples que cela et le coté partial, voire militant de la bd m'a quand même beaucoup géné. Certes, ces agissements sont inexcusables et doivent être condamnés sans faille, mais dans la bd, on a l'impression que les militants anti Klan se battent envers et contre tout: la police infiltrée par le Klan, l'armée compatissante, le FBI qui étouffe les affaires, et même l'administration Bush qui compte sur les voix klanistes. Le coté chevalier blanc des héros devient vraiment lassant assez rapidement. C'est dommage, c'est un sujet très grave qui aurait mérité plus d'objectivité.
Shrög
Bon, c'est bien dessiné, quoique plutôt classique dans le genre. Coté scénario, rien de révolutionnaire non plus, mais on s'y laisse prendre. En fait, la lecture m'a procuré un petit moment de détente bien agréable, mais rien d'inoubliable. Un peu le même sentiment qu'à la suite d'un épisode de bonne(?!) série américaine. Je lirai sans doute la suite à la bibliothèque, mais je ne saurais conseiller l'achat
Angus Powderhill
Du merveilleux et de l'originalité tant dans le dessin que dans le scénario. L'histoire n'est pas uniquement focalisée sur le personnage principal, les autres personnages ont aussi du relief : c'est agréable. L'humour est au rendez-vous. Cette BD possède beaucoup de charme et sort des lieux communs de l'heroic fantasy actuelle. Malheureusement je viens d'apprendre que cette série était abandonnée. Quel gâchis !!
The Goon
Note approximative : 3.5/5 Mon attention a été attirée sur The Goon quand j'ai appris qu'il avait été lauréat de 2 Eisner Awards : celui de la meilleure publication d'humour et celui de la meilleur série. Et il faut avouer qu'effectivement, cette série est pas mal même si elle n'est pas tout à fait mon genre personnel. C'est vrai que les histoires courtes de The Goon rappellent beaucoup celles de Hellboy : même ambiance fantastique avec morts-vivants et autres créatures surnaturels et même héros fort en gueule et prompt à la baston. Mais là où Hellboy fait dans le mystique et l'ambiance assez sérieuse, The Goon part dans la vraie déconnade. Ca zigouille du zombie à tout va avec quelques scènes bien gore, ravissant sans aucun doute les fans de Romero et autres films du genre. Les dialogues sont drôles et les situations décalées. Bref, ça ne se prend pas du tout au sérieux et c'est assez amusant à lire. Le dessin lui aussi est dans la même veine délirante, avec un mélange entre personnages dans le style comics d'humour et personnages réalistes, avec des déformations et des visages expressifs à la façon du magazine MAD, etc. Ce n'est pas moche, c'est assez original et ça donne une vraie "touche" à l'aspect visuel de la série. Je suis sûr que cette série peut vraiment plaire à pas mal de monde, et moi même j'ai bien aimé. Mais si je ne considère pas la série comme vraiment indispensable, c'est surtout parce que d'une part, les histoires de zombies, de gore et de bagarres, ce n'est pas trop ma tasse de thé, et d'autre part parce que les histoires courtes de cette série se lisent bien, sont plaisantes mais ne marquent pas tant que ça les esprits au final. Sympa, original, prêt à plaire énormément aux fans de films de zombies, mais pas aussi transcendant que les prix Eisner Awards me laissaient l'espérer.
Les Lutins
Les Lutins est clairement une série coupée en deux cycles très distincts, reliés de manière ténue par une légende commune aux deux mondes, celle des lutins. Curieusement, le premier cycle est plutôt noir, pessimiste, malsain par moments, alors que le second est primesautier, printanier, plus coloré. Cette particularité rend la série assez curieuse, et le lecteur lambda risque d'être déroute, l'espace de quelques minutes, en ouvrant le tome 3. Cette confusion est renforcée par le fait que le héros du second cycle ressemble physiquement beaucoup à celui du premier. Ceci dit, les deux histoires sont assez prenantes, contenant des passages lyriques plutôt gouleyants de la part de Pierre Dubois, elficologue patenté. Le titre est un peu mensonger, puisque les lutins n'apparaissent finalement pas beaucoup dans les albums. Les 4 albums dégagent une impression de naturalisme assez fort, plutôt positif. Que pourrait-on demander de plus à des auteurs s'appelant Dubois et Duval, d'ailleurs ?
Vae Victis
Décidément, même quand il n'est pas au scénario, dès que Jean-Yves Mitton dessine une série historique, que ce soit Quetzalcoatl, Chroniques Barbares ou ici Vae Victis, il insère une large part de violence et de sexe. Cela se veut peut-être réaliste pour une époque troublée, cela se veut sans doute un peu raccoleur aussi, il n'empêche que cela réduit nettement la qualité de la BD à mes yeux. Et c'est dommage car Vae Victis a bien des qualités au demeurant. Le dessin de Mitton n'est pas mauvais d'une part. Mais surtout la série est véritablement intéressante sur le plan historique car elle aborde en profondeur la Guerre des Gaules de César. L'aspect stratégique et politique de ce conflit et de la quête de pouvoir de Rome et de César est bien traité et prenant à la fois. Le réalisme et le soucis du détail dans la présentation des nombreuses tribus gauloises et de leurs relations conflictuelles entre elles et face aux légions romaines est très bon et j'ai beaucoup apprécié l'interêt de cette partie du récit. Mais à côté de cela, il y a également différents points qui ne m'ont pas plu dans cette BD. Tout d'abord, il y a cette part de violence et de sexe un peu gratuite. Ensuite, il y a ce personnage d'Ambre, jolie rousse dont tout le monde tombe amoureux à toute vitesse : je trouve tout ce qui a trait à ses romances contrariées artificiel et inutile, et je n'apprécie tout simplement pas le personnage à vrai dire. Pas plus que j'apprécie celui de Milon, jeune et sage médecin au regard ténébreux et au passé mystérieux capable parfois de prouesses d'arts martiaux assez ridicules et d'autres fois de pouvoirs de divination tout aussi ridicules. Ensuite, il y a le nombre de tomes qui m'empêche de conseiller l'achat de cette série qui vraiment s'étire trop en longueur. C'est une bonne chose de voir la Guerre des Gaules en détail, mais d'y accorder autant de tomes, puis ensuite de poursuivre avec le conflit contre les Bretons, cela tourne à la saga trop longue pour préserver l'interêt.
Règlement de contes
Le premier tome inaugurait une série qui avait tout pour plaire, le scénario partait sur une idée originale qui consiste à "compiler" les différents contes populaires dont la plupart sont issus de l'imagination de La Fontaine. Malheureusement, le scénario de "le coeur de la forêt" se révêle banal et délaisse quasiment ce qui faisait l'essence du premier tome : les contes. L'histoire redevient classique et on se demande ce que viennent faire des personnages animaliers dans cette "galère". Les dialogues sont trop présents et rendent pénible la lecture de cette bédé. Je regrette aussi la rareté des vues d'ensemble qui auraient permis d'"aérer" la mise en page et de pauser efficacement l'histoire. Ceci est d'autant dommage que le trait et la mise en couleur de Damien Vanderstraeten sont excellents et ce dessinateur aurait mérité une histoire et une mise en page plus adaptés à son talent. "Le coeur de la forêt" marque la fin de ce premier cycle et j'espère vivement que les erreurs narratives seront effacées dans les prochains tomes.