Note approximative : 3.5/5
C'est avec plaisir que j'ai relu, adulte, cette série dont j'avais bien apprécié certains albums étant enfant. C'est du pur Greg et j'aime ça.
Le dessin est strictement identique au style de la série Achille Talon. C'est rond, coloré, sympathique même si parfois un tout petit peu fouillis. J'aime bien ce type de dessin qui n'a pas vieilli avec les années.
Côté scénario, ce sont des petites histoires d'aventure sans prétention, des histoires qui plaisent aux enfants. Parfois ce sont simplement les péripéties de la bande de copains inventifs que sont les As, d'autres fois ce sont de vraies enquêtes aventureuses qui touchent presque au fantastique sauf que le fantastique finit toujours par trouver une explication plus ou moins logique, si on accepte un côté un peu fantasque et naïf évidemment.
Ce qui peut rebuter dans cette série est la même chose qui rebute un bon nombre de lecteurs d'Achille Talon : le texte est omniprésent et les bulles de dialogues sont longues et assez alambiquées. Cette lecture imposée brise assez le rythme de l'aventure et peut déplaire à ceux qui ne sont pas sensibles à l'excellente verve littéraire de Greg.
Mais ce que personne ne peut retirer à cette série, c'est son humour véritablement présent. C'est bourré de drôlerie, les gags sont souvent hilarants, les situations cocasses et touchantes comme Greg en a le secret. Je ne me souvenais pas d'un tel humour quand je lisais cela étant jeune, sans doute cet humour s'adresse-t-il plus à un public adulte permettant ainsi une double lecture très agréable.
Une série bien sympathique et drôle même si l'aspect fouillis de ses scénarios, des scènes d'action, du dessin et du texte peuvent ne pas plaire à tout le monde.
Une fois de plus, je suis conquis par le travail de Stassen. Il sait de manière trés pertinente et fine, nous parler d'une Afrique qui visiblement le fascine et qu'il semble beaucoup aimer. Dans cette histoire, et comme c'était déjà le cas avec Le bar du vieux français ou Déogratias, il ne faut pas chercher l'action, le suspense, les révélations de dernière minute. Ce dont il s'agit, c'est davantage d'une réflexion douce amère sur la condition, les contradictions, l'espérance et la cruauté d'un continent sur lequel tout a été dit, écrit, même si souvent tous ces discours ont participé à propager pas mal de clichés.
Dans cette bd, Stassen nous propose de suivre la trajectoire de quelques enfants, sur fond de guerre et d'actions humanitaires. Il en profite pour parler de mal être, de la difficulté pour l'Afrique d'assumer son destin post colonial et aussi d'intolérance.
S'attardant avec tendresse sur chacun des gamins qu'il nous décrit, il ne fait pas pour autant dans la miévrerie. Il montre en effet, que l'enfance et le temps de l'innocence et de la cruauté. Et même, si on peut trouver à juste titre que "les enfants" est une oeuvre moins puissante que Déogratias, on ne peut que louer la démarche de l'auteur qui fait une nouvelle fois, la preuve de sa maîtrise narrative.
Quant au graphisme, on aime ou on aime pas le style de Stassen. Personnellement, je le trouve en parfaite adéquation avec son propos. Il est à la fois, dépouillé et précis. Simple mais pas simpliste. Coloré mais aux accents tristes et désespérés.
Cette série partage pas mal de points communs avec Akira sans en atteindre le niveau.
Déjà au niveau du dessin et des décors, ce n'est que maintenant que je découvre que ce n'était pas Otomo lui-même aux manettes : les personnages et décors post-apocalyptiques sont très similaires à ceux d'Akira. Très similaire mais très réussi également. Rien d'original bien sûr, on voit ce même type de décor dans bien d'autres histoires comme Gunnm par exemple, mais les images sont belles, la narration très fluide, les scènes d'action très réussies. La marque d'Otomo en somme.
Le scénario n'est pas original non plus : une mère-courage bonne combattante part à la recherche d'enfants qu'elle a perdus 10 ans auparavant et qui sont quelque part dans ce monde à moitié désertique et dévasté par la guerre. Comme dans Akira, on trouve une armée omniprésente, de la violence et des scènes cruelles et dures (Sarah et son bébé quand elle doit le faire taire, par exemple). Malgré cela, chaque album est bien construit, le rythme est bon et ça se lit avec un certain interêt.
L'ennui, c'est que contrairement à Akira, le fil rouge de l'histoire n'est pas très prenant, les récits de chaque tome se répêtent facilement et rien ne m'a donné particulièrement envie de lire le tome suivant à chaque fin d'histoire.
Bref, si je conseille l'achat, c'est juste parce que chaque album est indépendamment pas mauvais mais je ne conseille pas particulièrement l'achat de la série complète qui ne me parait pas indispensable.
Voilà, j'ai fait ma première incursion dans le monde de Batman et des super héros.
Je n'ai jamais été attiré par l'univers des mecs super balèzes, super intello...et c'est pour cela que j'ai choisi "Un Long Halloween" car d'après les avis précédents le coté thriller mystérieux prend le dessus sur le coté superhéros.
Le résultat est...convaincant. Je n'en suis pas ressorti totalement ébloui, mais j'ai passé un agréable moment à essayer de trouver ce "Holiday", tueur en série de son état... et quelle surprise à la fin...
Je m'apprête donc à poursuivre ma percée dans cet univers avec Batman - Dark Victory (la suite de ce "Long Halloween") et j'espère bien transformer l'essai.
Brunschwig et Hirn signent ici un premier album de toute beauté, tant par la forme que sur le fond. On prend l’album en main, format idéal, couverture mate, douce, on se l’approprie immédiatement. Une couverture forte, originale, intrigante, qui sort du lot de la (sur-) production (formatée) actuelle ou toutes les couvertures finissent par se ressembler.
On l’ouvre et la magie opère, on entre dans l’histoire, charmé par les atmosphères colorées si harmonieuses, on découvre les ambiances de cités, mais pas en spectateur, on s’immerge dans ces lieux qu’on fuirait plutôt dans la réalité.
On découvre à travers un trait épuré des personnages attachants, inquiétants, au fil des pages des jalons se mettent en place, le jeu subtil des flash-back qui caractérisent la marque de fabrique de M. Brunschwig est poussé dans les extrêmes enrichissant une fois de plus un mode narratif cinématographique rarement utilisé à ce niveau. Et quand on referme cet ouvrage précieux, on voudrait que le tome deux soit déjà sous presse pour que nos interrogations ne nous taraudent pas jusqu'à sa parution...
Alors que, pour une fois, Manara ne cache pas trop par son titre son but de faire une BD purement érotique, il réussit quand même à l'encombrer d'un scénario bidon et ridicule.
Son dessin des femmes est toujours aussi réussi même si comme à son habitude, ce sont toujours les mêmes femmes qu'il dessine d'une BD à l'autre. Par contre, son dessin des décors est particulièrement moche ici à cause de son utilisation abusive de flou informatique pour focaliser le regard uniquement sur les personnages. A ce moment là, autant ne pas faire de décor, c'est aussi bien et moins moche. Les couleurs de cette BD sont également laides : là aussi, autant faire du noir et blanc, c'est aussi bien et moins moche.
Quant au scénario, donc, il fait semblant de reprendre quelques préceptes du vrai Kama-Sutra et de la religion Hindoue. Mais il commence par un décor de ville moderne et d'intrigue bidon pour ensuite partir dans un délire aventuresque puis mystique bien nul. Heureusement, il est relativement possible de passer outre pour se concentrer sur le simple érotisme et les soi-disant préceptes tantriques. Pour une fois d'ailleurs, Manara va un peu plus loin que son simple érotisme habituel fesses-seins à l'air ce qui n'est pas plus mal mais ne suffit pas du tout à faire de cette BD une bonne BD.
J'avais déjà goûté au style très spécial de Jason avec Attends que je n'avais pas franchement apprécié. Je n'attendais donc pas grand chose de cet album non plus.
Et effectivement j'ai eu bien du mal à entrer dans cette BD. Jason a une narration bien à lui, basée sur des personnages au visage en permanence impassible, et cette BD est en plus muette, ce qui oblige à bien maintenir son attention pour comprendre les tenants et aboutissants des récits.
En outre, habitué à l'histoire complète de Attends, j'ai été un peu surpris de voir que Chhht ! est composé de nombreuses histoires courtes mettant en scène le même personnage dans des circonstances différentes à chaque fois. Ces histoires sont des sortes de contes sociaux qui touchent un peu à l'absurde, avec un zeste de fantastique ou de symbolisme.
Je n'ai pas vraiment apprécié la première histoire car je m'attendais à une histoire longue et je n'ai pas réussi à entrer dedans et à bien la comprendre en première lecture. Puis au cours des histoires suivantes, j'ai compris un peu la logique de ces petits contes, j'ai rigolé aux quelques touches d'humour de Jason, certains récits m'ont assez bien accrochés (pas tous cependant). Bref, j'ai fini par relativement apprécié ma lecture et cet album.
Néanmoins, je n'accroche toujours pas vraiment au style de Jason et à ses histoires, sa narration et ses personnages. Alors quand on voit le prix élevé de cette BD, je n'en conseille pas l'achat.
Enfin Marniquet nous revient avec un superbe livre. J'avais adoré les aventures de Scott & Hasting, et cette aventure de Mac Gregor ravira les amateurs de Sherlock Holmes. Beaucoup de références dans cet ouvrage, tout d'abord littéraire avec l'ombre du Héros de Conan Doyle et la présence du Docteur Watson, puis bédéphile avec les allusions à From Hell et à l'autre série de Marniquet, enfin quelques apparitions style Guest Star (Avez vous remarqué le flegmatique John Steed dans une case? ). Les détracteurs de Marniquet mettront une nouvelle fois en avant les visages inexpressifs voire figés (bien que je trouve qu'il a progressé depuis), un dessin "ligne claire ", mais cela fait le charme de l'histoire et je reste un inconditionnel de cet auteur. En outre le livre est de bonne qualité avec un papier soigné et de très belles couleurs. Un livre à recommander. Superbe.
Mon voisin le Père Noël est un conte de noël assez sombre, loin de la guimauve habituelle des histoires de Noël. Un récit qui nous enchante pour mieux nous désenchanter par un final assez surprenant. Malgré quelques petites longueurs, j’ai trouvé cette histoire rondement bien menée. Et le trait de Béatrice Tillier n’est bien sûr pas étranger au charme de cet album...
Mais c'est génial, Agrippine ! Je l'ai découvert dans le Nouvel Obs et suis devenue une vraie fan, moi qui pourtant ne suis pas BD du tout !
Les dessins sont drôles, les répliques savoureuses et l'image de la famille est assez réaliste.
Une petite préférence pour madame Zonzon dans "Agrippine et l'ancêtre", mais tout est à lire quand même, et à savourer même parce qu'il n'y en a pas tant que ça.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Les As
Note approximative : 3.5/5 C'est avec plaisir que j'ai relu, adulte, cette série dont j'avais bien apprécié certains albums étant enfant. C'est du pur Greg et j'aime ça. Le dessin est strictement identique au style de la série Achille Talon. C'est rond, coloré, sympathique même si parfois un tout petit peu fouillis. J'aime bien ce type de dessin qui n'a pas vieilli avec les années. Côté scénario, ce sont des petites histoires d'aventure sans prétention, des histoires qui plaisent aux enfants. Parfois ce sont simplement les péripéties de la bande de copains inventifs que sont les As, d'autres fois ce sont de vraies enquêtes aventureuses qui touchent presque au fantastique sauf que le fantastique finit toujours par trouver une explication plus ou moins logique, si on accepte un côté un peu fantasque et naïf évidemment. Ce qui peut rebuter dans cette série est la même chose qui rebute un bon nombre de lecteurs d'Achille Talon : le texte est omniprésent et les bulles de dialogues sont longues et assez alambiquées. Cette lecture imposée brise assez le rythme de l'aventure et peut déplaire à ceux qui ne sont pas sensibles à l'excellente verve littéraire de Greg. Mais ce que personne ne peut retirer à cette série, c'est son humour véritablement présent. C'est bourré de drôlerie, les gags sont souvent hilarants, les situations cocasses et touchantes comme Greg en a le secret. Je ne me souvenais pas d'un tel humour quand je lisais cela étant jeune, sans doute cet humour s'adresse-t-il plus à un public adulte permettant ainsi une double lecture très agréable. Une série bien sympathique et drôle même si l'aspect fouillis de ses scénarios, des scènes d'action, du dessin et du texte peuvent ne pas plaire à tout le monde.
Les enfants
Une fois de plus, je suis conquis par le travail de Stassen. Il sait de manière trés pertinente et fine, nous parler d'une Afrique qui visiblement le fascine et qu'il semble beaucoup aimer. Dans cette histoire, et comme c'était déjà le cas avec Le bar du vieux français ou Déogratias, il ne faut pas chercher l'action, le suspense, les révélations de dernière minute. Ce dont il s'agit, c'est davantage d'une réflexion douce amère sur la condition, les contradictions, l'espérance et la cruauté d'un continent sur lequel tout a été dit, écrit, même si souvent tous ces discours ont participé à propager pas mal de clichés. Dans cette bd, Stassen nous propose de suivre la trajectoire de quelques enfants, sur fond de guerre et d'actions humanitaires. Il en profite pour parler de mal être, de la difficulté pour l'Afrique d'assumer son destin post colonial et aussi d'intolérance. S'attardant avec tendresse sur chacun des gamins qu'il nous décrit, il ne fait pas pour autant dans la miévrerie. Il montre en effet, que l'enfance et le temps de l'innocence et de la cruauté. Et même, si on peut trouver à juste titre que "les enfants" est une oeuvre moins puissante que Déogratias, on ne peut que louer la démarche de l'auteur qui fait une nouvelle fois, la preuve de sa maîtrise narrative. Quant au graphisme, on aime ou on aime pas le style de Stassen. Personnellement, je le trouve en parfaite adéquation avec son propos. Il est à la fois, dépouillé et précis. Simple mais pas simpliste. Coloré mais aux accents tristes et désespérés.
Mother Sarah
Cette série partage pas mal de points communs avec Akira sans en atteindre le niveau. Déjà au niveau du dessin et des décors, ce n'est que maintenant que je découvre que ce n'était pas Otomo lui-même aux manettes : les personnages et décors post-apocalyptiques sont très similaires à ceux d'Akira. Très similaire mais très réussi également. Rien d'original bien sûr, on voit ce même type de décor dans bien d'autres histoires comme Gunnm par exemple, mais les images sont belles, la narration très fluide, les scènes d'action très réussies. La marque d'Otomo en somme. Le scénario n'est pas original non plus : une mère-courage bonne combattante part à la recherche d'enfants qu'elle a perdus 10 ans auparavant et qui sont quelque part dans ce monde à moitié désertique et dévasté par la guerre. Comme dans Akira, on trouve une armée omniprésente, de la violence et des scènes cruelles et dures (Sarah et son bébé quand elle doit le faire taire, par exemple). Malgré cela, chaque album est bien construit, le rythme est bon et ça se lit avec un certain interêt. L'ennui, c'est que contrairement à Akira, le fil rouge de l'histoire n'est pas très prenant, les récits de chaque tome se répêtent facilement et rien ne m'a donné particulièrement envie de lire le tome suivant à chaque fin d'histoire. Bref, si je conseille l'achat, c'est juste parce que chaque album est indépendamment pas mauvais mais je ne conseille pas particulièrement l'achat de la série complète qui ne me parait pas indispensable.
Batman - Un long Halloween
Voilà, j'ai fait ma première incursion dans le monde de Batman et des super héros. Je n'ai jamais été attiré par l'univers des mecs super balèzes, super intello...et c'est pour cela que j'ai choisi "Un Long Halloween" car d'après les avis précédents le coté thriller mystérieux prend le dessus sur le coté superhéros. Le résultat est...convaincant. Je n'en suis pas ressorti totalement ébloui, mais j'ai passé un agréable moment à essayer de trouver ce "Holiday", tueur en série de son état... et quelle surprise à la fin... Je m'apprête donc à poursuivre ma percée dans cet univers avec Batman - Dark Victory (la suite de ce "Long Halloween") et j'espère bien transformer l'essai.
Le sourire du clown
Brunschwig et Hirn signent ici un premier album de toute beauté, tant par la forme que sur le fond. On prend l’album en main, format idéal, couverture mate, douce, on se l’approprie immédiatement. Une couverture forte, originale, intrigante, qui sort du lot de la (sur-) production (formatée) actuelle ou toutes les couvertures finissent par se ressembler. On l’ouvre et la magie opère, on entre dans l’histoire, charmé par les atmosphères colorées si harmonieuses, on découvre les ambiances de cités, mais pas en spectateur, on s’immerge dans ces lieux qu’on fuirait plutôt dans la réalité. On découvre à travers un trait épuré des personnages attachants, inquiétants, au fil des pages des jalons se mettent en place, le jeu subtil des flash-back qui caractérisent la marque de fabrique de M. Brunschwig est poussé dans les extrêmes enrichissant une fois de plus un mode narratif cinématographique rarement utilisé à ce niveau. Et quand on referme cet ouvrage précieux, on voudrait que le tome deux soit déjà sous presse pour que nos interrogations ne nous taraudent pas jusqu'à sa parution...
Le Kama Sutra
Alors que, pour une fois, Manara ne cache pas trop par son titre son but de faire une BD purement érotique, il réussit quand même à l'encombrer d'un scénario bidon et ridicule. Son dessin des femmes est toujours aussi réussi même si comme à son habitude, ce sont toujours les mêmes femmes qu'il dessine d'une BD à l'autre. Par contre, son dessin des décors est particulièrement moche ici à cause de son utilisation abusive de flou informatique pour focaliser le regard uniquement sur les personnages. A ce moment là, autant ne pas faire de décor, c'est aussi bien et moins moche. Les couleurs de cette BD sont également laides : là aussi, autant faire du noir et blanc, c'est aussi bien et moins moche. Quant au scénario, donc, il fait semblant de reprendre quelques préceptes du vrai Kama-Sutra et de la religion Hindoue. Mais il commence par un décor de ville moderne et d'intrigue bidon pour ensuite partir dans un délire aventuresque puis mystique bien nul. Heureusement, il est relativement possible de passer outre pour se concentrer sur le simple érotisme et les soi-disant préceptes tantriques. Pour une fois d'ailleurs, Manara va un peu plus loin que son simple érotisme habituel fesses-seins à l'air ce qui n'est pas plus mal mais ne suffit pas du tout à faire de cette BD une bonne BD.
Chhht !
J'avais déjà goûté au style très spécial de Jason avec Attends que je n'avais pas franchement apprécié. Je n'attendais donc pas grand chose de cet album non plus. Et effectivement j'ai eu bien du mal à entrer dans cette BD. Jason a une narration bien à lui, basée sur des personnages au visage en permanence impassible, et cette BD est en plus muette, ce qui oblige à bien maintenir son attention pour comprendre les tenants et aboutissants des récits. En outre, habitué à l'histoire complète de Attends, j'ai été un peu surpris de voir que Chhht ! est composé de nombreuses histoires courtes mettant en scène le même personnage dans des circonstances différentes à chaque fois. Ces histoires sont des sortes de contes sociaux qui touchent un peu à l'absurde, avec un zeste de fantastique ou de symbolisme. Je n'ai pas vraiment apprécié la première histoire car je m'attendais à une histoire longue et je n'ai pas réussi à entrer dedans et à bien la comprendre en première lecture. Puis au cours des histoires suivantes, j'ai compris un peu la logique de ces petits contes, j'ai rigolé aux quelques touches d'humour de Jason, certains récits m'ont assez bien accrochés (pas tous cependant). Bref, j'ai fini par relativement apprécié ma lecture et cet album. Néanmoins, je n'accroche toujours pas vraiment au style de Jason et à ses histoires, sa narration et ses personnages. Alors quand on voit le prix élevé de cette BD, je n'en conseille pas l'achat.
Les Aventures de Sean Mac Gregor
Enfin Marniquet nous revient avec un superbe livre. J'avais adoré les aventures de Scott & Hasting, et cette aventure de Mac Gregor ravira les amateurs de Sherlock Holmes. Beaucoup de références dans cet ouvrage, tout d'abord littéraire avec l'ombre du Héros de Conan Doyle et la présence du Docteur Watson, puis bédéphile avec les allusions à From Hell et à l'autre série de Marniquet, enfin quelques apparitions style Guest Star (Avez vous remarqué le flegmatique John Steed dans une case? ). Les détracteurs de Marniquet mettront une nouvelle fois en avant les visages inexpressifs voire figés (bien que je trouve qu'il a progressé depuis), un dessin "ligne claire ", mais cela fait le charme de l'histoire et je reste un inconditionnel de cet auteur. En outre le livre est de bonne qualité avec un papier soigné et de très belles couleurs. Un livre à recommander. Superbe.
Mon voisin le Père Noël
Mon voisin le Père Noël est un conte de noël assez sombre, loin de la guimauve habituelle des histoires de Noël. Un récit qui nous enchante pour mieux nous désenchanter par un final assez surprenant. Malgré quelques petites longueurs, j’ai trouvé cette histoire rondement bien menée. Et le trait de Béatrice Tillier n’est bien sûr pas étranger au charme de cet album...
Agrippine
Mais c'est génial, Agrippine ! Je l'ai découvert dans le Nouvel Obs et suis devenue une vraie fan, moi qui pourtant ne suis pas BD du tout ! Les dessins sont drôles, les répliques savoureuses et l'image de la famille est assez réaliste. Une petite préférence pour madame Zonzon dans "Agrippine et l'ancêtre", mais tout est à lire quand même, et à savourer même parce qu'il n'y en a pas tant que ça.