Après, le très agréable Comix Remix, voici le deuxième album de la collection "double expresso" que je lis. Sans les avis précédents, je serais sans doute passé à côté de cet album, la faute à un graphisme particulier qui rend les planches repoussantes. Heureusement, on est tellement absorbé par le récit que l’on finit par faire abstraction du dessin. Les avatars de Paul m’ont davantage fait penser à ceux de l’homme invisible que d’un super-héros mais j’avoue avoir des connaissances limitées en la matière. Graphisme moche, certes, mais l’histoire se lit d’une traite tellement elle est prenante. Malgré quelques petites incohérences (ou facilités ?) du récit, j’ai apprécié le développement psychologique de ce looser qui accède à la gloire et fini tiraillé entre son nouveau statut et ce qu’il est vraiment. A lire !
Il est vrai que cette série, qui au départ était un diptyque, ne brille pas par son originalité. Mais c'est complètement assumé, bien pris au sérieux, et ça fonctionne.
Cependant je commenterais les différents "morceaux" de cette désormais saga séparément :
Les deux premiers : sans doute les meilleurs, avec du très grand Rosinski, on sent qu'il a pris du plaisir, et l'ambiance est tout simplement magique. Son moyen-âge est sale et irréel à la fois. La simplicité de l'histoire est suffisamment bien menée pour devenir un classique dans le bon sens du terme
Note : 5/5
Les deux suivants : succès aidant, nos deux compères Dufaux et Rosinski remettent une couche ; car c'est bien de cela qu'il s'agit. L'histoire se répète en moins bien, et le tempérament naturel de notre cher dessinateur polonais reprend le dessus : je bâcle, consciencieusement, mais je bâcle.
Note : 2/5
Aïe aïe aïe... Qu'est-ce que Dufaux a été faire dans cette galère ?
Ce que l'on voit en premier, ce sont les couvertures. Plutôt pas mal, accrocheuses même, bien qu'un peu racoleuses. Et puis quand on ouvre... c'est le choc ! Amateur de nanars, d'albums involontairement rigolos, ceci est pour vous. Rarement j'ai vu, même chez Soleil, un dessin aussi maladroit. Le trait au bic est d'une finesse... Voilà un sérieux concurrent à L'Affaire du siècle ou autres Trois Vierges de Hislaire. Non vraiment, il faut voir les personnages aussi expressifs que Steven Seagal, les fautes de proportions ! Si c'était un film, l'équivalent serait les séries Z italiennes des années 80, les sous-sous Conan avec Lou Ferrigno.
Comment voulez-vous lire l'histoire dans ces conditions ? J'ai bien essayé, mais c'est impossible de la prendre au sérieux, à moins d'être de très bonne humeur...
C'est sur BDtheque que j'ai appris ce qu'était l'univers Ultimate de Marvel. Ultimate, c'est une revisite des personnages phares de Marvel comme s'ils étaient créés de nos jours, permettant ainsi à des auteurs modernes de leur donner un ton travaillé et bien plus actuel, tout en permettant également aux lecteurs de ne plus avoir des dizaines d'années de continuité et d'épisodes à connaître pour apprécier ces personnages et leurs aventures. Autant dire que ce concept m'arrange drôlement car je ne connaissais quasiment rien de l'univers Marvel jusqu'à il y a quelques mois, ce qui est ennuyeux quand on sait que cela fait plus de 40 ans que ces personnages existent et évoluent.
Quant à Ultimates, il s'agit de la revisite des fameux Vengeurs, groupe de super-héros regroupant en son sein Hulk, Iron-Man, Captain America, Thor, Giant Man et La Guèpe, avec à leurs côtés quelques mutants ainsi que les membres du S.H.I.E.L.D.
Et la collection Mavel Deluxe nous offre la possibilité de découvrir en une belle intégrale l'ensemble des 13 premiers épisodes de cette série scénarisée par Millar et dessiné par Hitch, épisodes formant une longue et solide histoire complète.
Et autant dire que j'ai apprécié le résultat.
L'objet, pour commencer, est beau et solide. Il vaut largement son prix par sa qualité physique, par la taille et la densité de son contenu, et aussi parce qu'il est nettement plus économique et pratique que d'avoir à payer tous les mois un épisode en fasicule souple.
Le dessin est de très bonne facture. Réaliste et travaillé, il manque d'originalité mais il est techniquement très réussi et offre de très belles images. La colorisation, soigneusement informatisée, est aussi de très bonne qualité. Et donc globalement, c'est une belle BD que nous avons là même si son dessin se différencie difficilement de ce qui se fait un peu partout dans le monde des comics modernes.
Le scénario est ensuite très bon. Les personnages sont profondément travaillés et rendus originaux et intéressants. Bruce Banner est un scientifique dépressif, honteux de la créature destructrice qu'il devient quand il se transforme en Hulk. Captain America est le vrai Super-Soldat américain mais il provient directement des années 40 et se trouve un peu comme un cheveu sur la soupe dans le monde des années 2000. Iron-Man est un milliardaire dragueur et un peu alcoolique qui a décidé de vouer les dernières années qu'il lui reste à vivre à l'aventure et à changer le monde. Thor est un alter-mondialiste dont on ne sait pas s'il est le fils d'un Dieu d'Asgard ou si c'est un schizophrène avec un gros marteau. Quant à la Guèpe et Giant-Man, ils vivent une vie de couple mouvementée et dramatique.
Mettre en scène ces personnages ensemble permet de très bonnes interactions et dialogues et donnent une vraie vie à leur groupe et une vraie profondeur au récit.
L'histoire n'est pas du tout une suite de bastons mais bien au contraire une suite d'interactions entre les personnages avec derrière une trame d'action bien menée et diluée sur l'ensemble des 13 chapitres. Certains lecteurs pourraient reprocher une certaine lenteur du récit et un manque de dynamisme, mais j'ai personnellement été séduit et largement captivé par les simples relations entre ces super-héros complexes.
En outre, il y a tout de même une vraie histoire digne de super-héros derrière cela, histoire qui se monte tout doucement pour apparaitre véritablement à la moitié de l'album uniquement. Et bien sûr, il y a un final où l'action est reine et où tous les pouvoirs de nos héros se déchainent, mais le tout est tellement bien amené que l'aspect bourrin des Vengeurs passent très bien.
Au final, cette intégrale est une très bonne histoire de Super-Héros moderne, à la psychologie et aux dialogues fouillés. L'histoire n'a pas l'intelligence fascinante d'un Watchmen et le final n'est pas des plus fins mais les personnages sont très bons et le récit très bien construit pour offrir une vraie bonne lecture.
En 1962 le rédacteur en chef de V-Magazine demande au dessinateur Jean-Claude Forest de dessiner un Flash Gordon au féminin (avec le look de Bardot). Le résultat ? Un mélange décapant de science-fiction, d'humour, avec des morceaux de sexe dedans. A l'époque, c'est probablement la première BD "pour adultes", ce qui provoqua un certain cataclysme dans la milieu des "petits miquets", et surtout dans la façon dont la BD est perçue.
La parution en magazine (à bas prix) n'a pas déclenché l'ire des censeurs, alors que la réédition en album (chez Terrain Vague) en 1964 a provoqué beaucoup de remous... Malgré le prix élevé des albums !! Ce qui fit une énorme publicité à cette oeuvre "pornographique". En 1967, Roger Vadim adapta la BD au cinéma, avec Jane Fonda dans le rôle-titre.
C'est la mode des héroïnes peu habillées que va lancer Forest, avec cette bande qui restera comme une étape importante de l'espace franco-belge. Si l'on se penche sur la BD elle-même, il y a plusieurs points à dégager.
Effectivement, Barbarella se sert souvent de son corps pour arriver à ses fins, mais toujours pour faire le bien ! Enfin, dans le registre de "liberté" en vogue dans les années 1960. Les scènes où elle se balade les seins nus, ou presque, sont assez nombreuses, mais pas omniprésentes. La différence de culture, de race, ne l'arrêtent absolument pas. Barbarella fait donc l'amour avec un ange, des petits hommes verts (ou bleus), et même avec un ou deux robots...
Quant aux histoires... C'est quand même de la BD qui a vieilli : les péripéties s'enchaînent sans réelle de véracité... Mais Forest fait quand même preuve d'une certaine poésie, d'une grande inventivité graphique et narrative. Le lecteur "moderne" s'ennuiera vite, même si le dessin de Forest est loin d'être désagréable.
Il s'agit là de l'une des pierres angulaires de la BD moderne.
C'est certain Morea n'est la série culte de ces prochaines années, mais c'est une série agréable pour passer un bon moment sans se prendre la tête avec des scénarii alambiqués! Les dessins sont agréables et surtout, les filles sont très jolies! A lire pour tout ceux qui aiment l'univers cyber punk sf!
Aucune originalité dans ce triangle amoureux classieux et bourgeois à la mode fifties... Le scénario raplapla de Fromental est tout juste rattrapé par le trait "ligne claire" très élégant de Floc'h, qui se plaît à dessiner des filles en (très) petite tenue et des voitures galbées de l'époque.
Je l'avoue, l'alpinisme, ce n'est pas trop mon truc. Bon, d'accord, ceux qui ouvrent les voies sont des pionniers, des gens dont le courage et la force sont exceptionnels. Mais, euh, c'est à peu près tout, hein. Le Sommet des Dieux est le premier ouvrage sur le sujet que je suis amené à lire. Parce que c'est dessiné par Taniguchi.
Mais pour le reste, c'est quand même un peu chiant. 2 500 pages pour raconter trois ascensions, c'est quand même tirer en longueur. Bon, d'accord, Taniguchi dessine extrêmement bien la montagne (comme à peu près tout, du reste). C'est vrai, il y a des moments où l'émotion est grande à la lecture de ce manga. Mais globalement, à moins d'être un(e) passionné(e) du sujet - ou à moins d'avoir une révélation-, il y a fort à parier que ça ne vous parlera pas.
Une très bonne BD que ce Marquis d'Anaon ! Fabien Vehlmann, dont c'était l'un des premiers scenarii (je crois), faisait déjà preuve d'un réel talent de conteur, avec des histoires mêlant de façon habile histoire et fantastique, dans une période post-médiévale où l'obscurantisme régnait en maître. A noter, toutefois, que les albums se terminent de façon un peu abrupte, ce qui les rend un peu "courts"... Peut-être un format plus important (72 pages ?) aurait permis aux récits d'être mieux développés... J'ai eu la chance de pouvoir lire l'intégrale noir et blanc des trois premiers tomes, ce qui permet d'admirer le talent de matthieu Bonhomme, et surtout, l'évolution de son trait vers une plus grande maîtrise. Par contre, je ne saurais juger les couleurs. Mais ce qui est sûr, c'est que l'aventure, avec un grand "A", se tient là, devant nous.
Visuellement spécial, ce roman-photo a un aspect assez déjanté avec ses couleurs space et ses visages figés de... vrais blaireaux de romans-photos. Mention spéciale pour Jésus lui-même et sa mère Marie. Ce graphisme n'est pas particulièrement beau mais il marche carrément bien par l'aspect débile qu'il donne aux protagonistes de l'histoire. Je dois cependant dire qu'en cours de lecture, je me suis lassé un peu des visages figés des personnages et du fait que, une fois passé l'amusement initial de voir ces visages idiots, l'humour tient nettement plus dans les dialogues que dans les images.
Quant à l'histoire, transposer le Nouveau Testament en soap opéra ridicule, c'est non seulement bien trouvé mais surtout vraiment bien réussi dans le résultat. Les dialogues sont sans arrêt à deux niveaux, l'un correspondant à de vrais passages de la Bible et l'autre à des situations bécasses de roman-photo à deux balles : soirées cocktail, séduction, trahisons, magouilles de pouvoir, etc...
Au final, je dois dire que j'ai lu l'ensemble avec le sourire, et un vrai rire par-ci par-là. Néanmoins, une fois la bonne surprise du début passée, j'ai quand même fini par me lasser de l'idée et de l'humour relativement constant.
Cela reste cependant une BD d'humour originale et bien réussie que je conseille.
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Prestige de l'uniforme
Après, le très agréable Comix Remix, voici le deuxième album de la collection "double expresso" que je lis. Sans les avis précédents, je serais sans doute passé à côté de cet album, la faute à un graphisme particulier qui rend les planches repoussantes. Heureusement, on est tellement absorbé par le récit que l’on finit par faire abstraction du dessin. Les avatars de Paul m’ont davantage fait penser à ceux de l’homme invisible que d’un super-héros mais j’avoue avoir des connaissances limitées en la matière. Graphisme moche, certes, mais l’histoire se lit d’une traite tellement elle est prenante. Malgré quelques petites incohérences (ou facilités ?) du récit, j’ai apprécié le développement psychologique de ce looser qui accède à la gloire et fini tiraillé entre son nouveau statut et ce qu’il est vraiment. A lire !
Complainte des landes perdues
Il est vrai que cette série, qui au départ était un diptyque, ne brille pas par son originalité. Mais c'est complètement assumé, bien pris au sérieux, et ça fonctionne. Cependant je commenterais les différents "morceaux" de cette désormais saga séparément : Les deux premiers : sans doute les meilleurs, avec du très grand Rosinski, on sent qu'il a pris du plaisir, et l'ambiance est tout simplement magique. Son moyen-âge est sale et irréel à la fois. La simplicité de l'histoire est suffisamment bien menée pour devenir un classique dans le bon sens du terme Note : 5/5 Les deux suivants : succès aidant, nos deux compères Dufaux et Rosinski remettent une couche ; car c'est bien de cela qu'il s'agit. L'histoire se répète en moins bien, et le tempérament naturel de notre cher dessinateur polonais reprend le dessus : je bâcle, consciencieusement, mais je bâcle. Note : 2/5
Jaguar
Aïe aïe aïe... Qu'est-ce que Dufaux a été faire dans cette galère ? Ce que l'on voit en premier, ce sont les couvertures. Plutôt pas mal, accrocheuses même, bien qu'un peu racoleuses. Et puis quand on ouvre... c'est le choc ! Amateur de nanars, d'albums involontairement rigolos, ceci est pour vous. Rarement j'ai vu, même chez Soleil, un dessin aussi maladroit. Le trait au bic est d'une finesse... Voilà un sérieux concurrent à L'Affaire du siècle ou autres Trois Vierges de Hislaire. Non vraiment, il faut voir les personnages aussi expressifs que Steven Seagal, les fautes de proportions ! Si c'était un film, l'équivalent serait les séries Z italiennes des années 80, les sous-sous Conan avec Lou Ferrigno. Comment voulez-vous lire l'histoire dans ces conditions ? J'ai bien essayé, mais c'est impossible de la prendre au sérieux, à moins d'être de très bonne humeur...
Ultimates
C'est sur BDtheque que j'ai appris ce qu'était l'univers Ultimate de Marvel. Ultimate, c'est une revisite des personnages phares de Marvel comme s'ils étaient créés de nos jours, permettant ainsi à des auteurs modernes de leur donner un ton travaillé et bien plus actuel, tout en permettant également aux lecteurs de ne plus avoir des dizaines d'années de continuité et d'épisodes à connaître pour apprécier ces personnages et leurs aventures. Autant dire que ce concept m'arrange drôlement car je ne connaissais quasiment rien de l'univers Marvel jusqu'à il y a quelques mois, ce qui est ennuyeux quand on sait que cela fait plus de 40 ans que ces personnages existent et évoluent. Quant à Ultimates, il s'agit de la revisite des fameux Vengeurs, groupe de super-héros regroupant en son sein Hulk, Iron-Man, Captain America, Thor, Giant Man et La Guèpe, avec à leurs côtés quelques mutants ainsi que les membres du S.H.I.E.L.D. Et la collection Mavel Deluxe nous offre la possibilité de découvrir en une belle intégrale l'ensemble des 13 premiers épisodes de cette série scénarisée par Millar et dessiné par Hitch, épisodes formant une longue et solide histoire complète. Et autant dire que j'ai apprécié le résultat. L'objet, pour commencer, est beau et solide. Il vaut largement son prix par sa qualité physique, par la taille et la densité de son contenu, et aussi parce qu'il est nettement plus économique et pratique que d'avoir à payer tous les mois un épisode en fasicule souple. Le dessin est de très bonne facture. Réaliste et travaillé, il manque d'originalité mais il est techniquement très réussi et offre de très belles images. La colorisation, soigneusement informatisée, est aussi de très bonne qualité. Et donc globalement, c'est une belle BD que nous avons là même si son dessin se différencie difficilement de ce qui se fait un peu partout dans le monde des comics modernes. Le scénario est ensuite très bon. Les personnages sont profondément travaillés et rendus originaux et intéressants. Bruce Banner est un scientifique dépressif, honteux de la créature destructrice qu'il devient quand il se transforme en Hulk. Captain America est le vrai Super-Soldat américain mais il provient directement des années 40 et se trouve un peu comme un cheveu sur la soupe dans le monde des années 2000. Iron-Man est un milliardaire dragueur et un peu alcoolique qui a décidé de vouer les dernières années qu'il lui reste à vivre à l'aventure et à changer le monde. Thor est un alter-mondialiste dont on ne sait pas s'il est le fils d'un Dieu d'Asgard ou si c'est un schizophrène avec un gros marteau. Quant à la Guèpe et Giant-Man, ils vivent une vie de couple mouvementée et dramatique. Mettre en scène ces personnages ensemble permet de très bonnes interactions et dialogues et donnent une vraie vie à leur groupe et une vraie profondeur au récit. L'histoire n'est pas du tout une suite de bastons mais bien au contraire une suite d'interactions entre les personnages avec derrière une trame d'action bien menée et diluée sur l'ensemble des 13 chapitres. Certains lecteurs pourraient reprocher une certaine lenteur du récit et un manque de dynamisme, mais j'ai personnellement été séduit et largement captivé par les simples relations entre ces super-héros complexes. En outre, il y a tout de même une vraie histoire digne de super-héros derrière cela, histoire qui se monte tout doucement pour apparaitre véritablement à la moitié de l'album uniquement. Et bien sûr, il y a un final où l'action est reine et où tous les pouvoirs de nos héros se déchainent, mais le tout est tellement bien amené que l'aspect bourrin des Vengeurs passent très bien. Au final, cette intégrale est une très bonne histoire de Super-Héros moderne, à la psychologie et aux dialogues fouillés. L'histoire n'a pas l'intelligence fascinante d'un Watchmen et le final n'est pas des plus fins mais les personnages sont très bons et le récit très bien construit pour offrir une vraie bonne lecture.
Barbarella
En 1962 le rédacteur en chef de V-Magazine demande au dessinateur Jean-Claude Forest de dessiner un Flash Gordon au féminin (avec le look de Bardot). Le résultat ? Un mélange décapant de science-fiction, d'humour, avec des morceaux de sexe dedans. A l'époque, c'est probablement la première BD "pour adultes", ce qui provoqua un certain cataclysme dans la milieu des "petits miquets", et surtout dans la façon dont la BD est perçue. La parution en magazine (à bas prix) n'a pas déclenché l'ire des censeurs, alors que la réédition en album (chez Terrain Vague) en 1964 a provoqué beaucoup de remous... Malgré le prix élevé des albums !! Ce qui fit une énorme publicité à cette oeuvre "pornographique". En 1967, Roger Vadim adapta la BD au cinéma, avec Jane Fonda dans le rôle-titre. C'est la mode des héroïnes peu habillées que va lancer Forest, avec cette bande qui restera comme une étape importante de l'espace franco-belge. Si l'on se penche sur la BD elle-même, il y a plusieurs points à dégager. Effectivement, Barbarella se sert souvent de son corps pour arriver à ses fins, mais toujours pour faire le bien ! Enfin, dans le registre de "liberté" en vogue dans les années 1960. Les scènes où elle se balade les seins nus, ou presque, sont assez nombreuses, mais pas omniprésentes. La différence de culture, de race, ne l'arrêtent absolument pas. Barbarella fait donc l'amour avec un ange, des petits hommes verts (ou bleus), et même avec un ou deux robots... Quant aux histoires... C'est quand même de la BD qui a vieilli : les péripéties s'enchaînent sans réelle de véracité... Mais Forest fait quand même preuve d'une certaine poésie, d'une grande inventivité graphique et narrative. Le lecteur "moderne" s'ennuiera vite, même si le dessin de Forest est loin d'être désagréable. Il s'agit là de l'une des pierres angulaires de la BD moderne.
Moréa
C'est certain Morea n'est la série culte de ces prochaines années, mais c'est une série agréable pour passer un bon moment sans se prendre la tête avec des scénarii alambiqués! Les dessins sont agréables et surtout, les filles sont très jolies! A lire pour tout ceux qui aiment l'univers cyber punk sf!
Jamais deux sans trois
Aucune originalité dans ce triangle amoureux classieux et bourgeois à la mode fifties... Le scénario raplapla de Fromental est tout juste rattrapé par le trait "ligne claire" très élégant de Floc'h, qui se plaît à dessiner des filles en (très) petite tenue et des voitures galbées de l'époque.
Le Sommet des dieux
Je l'avoue, l'alpinisme, ce n'est pas trop mon truc. Bon, d'accord, ceux qui ouvrent les voies sont des pionniers, des gens dont le courage et la force sont exceptionnels. Mais, euh, c'est à peu près tout, hein. Le Sommet des Dieux est le premier ouvrage sur le sujet que je suis amené à lire. Parce que c'est dessiné par Taniguchi. Mais pour le reste, c'est quand même un peu chiant. 2 500 pages pour raconter trois ascensions, c'est quand même tirer en longueur. Bon, d'accord, Taniguchi dessine extrêmement bien la montagne (comme à peu près tout, du reste). C'est vrai, il y a des moments où l'émotion est grande à la lecture de ce manga. Mais globalement, à moins d'être un(e) passionné(e) du sujet - ou à moins d'avoir une révélation-, il y a fort à parier que ça ne vous parlera pas.
Le Marquis d'Anaon
Une très bonne BD que ce Marquis d'Anaon ! Fabien Vehlmann, dont c'était l'un des premiers scenarii (je crois), faisait déjà preuve d'un réel talent de conteur, avec des histoires mêlant de façon habile histoire et fantastique, dans une période post-médiévale où l'obscurantisme régnait en maître. A noter, toutefois, que les albums se terminent de façon un peu abrupte, ce qui les rend un peu "courts"... Peut-être un format plus important (72 pages ?) aurait permis aux récits d'être mieux développés... J'ai eu la chance de pouvoir lire l'intégrale noir et blanc des trois premiers tomes, ce qui permet d'admirer le talent de matthieu Bonhomme, et surtout, l'évolution de son trait vers une plus grande maîtrise. Par contre, je ne saurais juger les couleurs. Mais ce qui est sûr, c'est que l'aventure, avec un grand "A", se tient là, devant nous.
Jésus et les copains
Visuellement spécial, ce roman-photo a un aspect assez déjanté avec ses couleurs space et ses visages figés de... vrais blaireaux de romans-photos. Mention spéciale pour Jésus lui-même et sa mère Marie. Ce graphisme n'est pas particulièrement beau mais il marche carrément bien par l'aspect débile qu'il donne aux protagonistes de l'histoire. Je dois cependant dire qu'en cours de lecture, je me suis lassé un peu des visages figés des personnages et du fait que, une fois passé l'amusement initial de voir ces visages idiots, l'humour tient nettement plus dans les dialogues que dans les images. Quant à l'histoire, transposer le Nouveau Testament en soap opéra ridicule, c'est non seulement bien trouvé mais surtout vraiment bien réussi dans le résultat. Les dialogues sont sans arrêt à deux niveaux, l'un correspondant à de vrais passages de la Bible et l'autre à des situations bécasses de roman-photo à deux balles : soirées cocktail, séduction, trahisons, magouilles de pouvoir, etc... Au final, je dois dire que j'ai lu l'ensemble avec le sourire, et un vrai rire par-ci par-là. Néanmoins, une fois la bonne surprise du début passée, j'ai quand même fini par me lasser de l'idée et de l'humour relativement constant. Cela reste cependant une BD d'humour originale et bien réussie que je conseille.