N'étant pas amateur d'histoires policières classiques, c'est parce que j'ai lu que cette série était un spin-off de Spawn et donc que j'en espérais un peu de fantastique que je me suis décidé à acheter ce nouvel album édité par Delcourt. Celui-ci, en couverture souple, comporte en effet un bon nombre de pages (2 histoires, une longue et une petite) pour un prix relativement réduit et me permettait donc aisément de me faire une idée de la série.
Première bonne surprise : je craignais, au vu des couvertures et de l'opinion que j'ai de la série Spawn, que Sam et Twitch soient deux policiers bourrins et que leurs aventures soient ponctuées d'action, de violence et de gros mots en tout genre. Au lieu de ça, le rythme est assez doux, et surtout les personnages de Sam et Twitch sont très justes, réalistes sans être ennuyeux, et leurs dialogues sont bons et loin d'une sur-enchère de violence verbale destinée à faire "noir parce que c'est cool de faire du thriller noir".
Deuxième bonne surprise : même si cet album est du pur thriller sans aucune apparition de Spawn ou autres démons, j'ai rapidement su passer outre ma petite déception de ne pas voir du tout de Fantastique dans cette histoire car les scénarios de ces polars sont simples mais très efficaces. Je les ai lus avec un bon interêt et un vrai attachement pour les personnages.
C'est du bon thriller, sans noirceur exagérée, sans trop de violence, pas tellement original dans son histoire mais très bien mené et agréable à lire.
A côté de cela, le dessin Noir et Blanc de Paul Lee n'est pas mauvais non plus. J'ai eu du mal à y accrocher car il use et abuse de décors qui ne sont rien d'autre que des photos retouchées par Photoshop. Au final, il ne dessine vraiment que les personnages. Le résultat n'est pas excessivement esthétique ni tout à fait fluide mais ce n'est pas mal et ça donne une âme assez particulière à la BD.
En bref, une série polar pas aussi sordide que je le craignais, intelligente et agréable à lire.
A partir du moment ou j'ai commencé, j'ai enchaîné les 7 tomes sans pouvoir les lâcher. Van Hamme signe là une série géniale.
Son travail est remarquable non seulement pour la qualité du scénario, mais aussi pour le travail de documentation. On voit très bien les évolutions du monde des brasseurs, de la petite brasserie familiale à la multinationale, mais aussi des coutumes et des modes de vies à travers les ages. Rien à dire sur le dessin qui est très bon et surtout qui colle parfaitement à l'ambiance de la série.
Chaque tome présente son lot de rebondissements, d'histoire d'amour et de trahison. On a également droit de temps en temps à une péripétie qui vient remettre en cause des faits datant de 2 tomes en arrière. Mais c'est fait en finesse, sans que ce soit invraisemblable, comme ça arrive malheureusement dans d'autres séries.
Je n'ai pas trouvé qu'il y avait d'album moins bien que les autres, comme ça arrive parfois pour des séries en plusieurs tomes. D'ailleurs je trouve que la longueur de la série est parfaite, ni trop courte, ni trop longue. Les maîtres de l'orge est pour moi une série culte sans hésitation.
Je ne veux pas paraître contrariant, mais cette bd me semble pourtant une des meilleures de Reculé; son Moyen-Âge y est barbare et réaliste, les personnages ne sont pas lisses, et une magie due à l'étrangeté des situations s'impose. C'est un travail sincère et personnel.
Quant au dessin, il est un peu comparable à celui d'Hermann sans les défauts; ici les personnages ont de bonnes têtes, les femmes sont réussies, et son trait tout en nervosité y est meilleur que dans d'autres séries. Les cadrages et les angles de vues sont aussi bien choisis.
Bref, c'est plutôt réussi.
Les albums de cette série me semble empirer à chaque fois : encore un peu plus de gore, encore un peu plus de métal... à la fin, même les arbres sont en fer...
Et les mutilations : soi-disant rituelles, on finit par comprendre qu'elles sont là essentiellement pour "choquer", comme cette femme qui s'arrache les yeux. Jodorowsky n'a décidément pas toujours la conscience tranquille. Son scénario s'essoufle et est bourré de facilité; par exemple, Honorata qui meurt car son coeur, sur lequel est greffé une bombe explose. Eh bien non, elle n'est pas morte ! Une seconde avant l'explosion, elle s'est téléportée dans un univers parallèle, se fait opérer, et zou comme aurait dit Franquin, la revoilà un album plus tard ! Hou le vilain joker sorti de la manche !
Je veux bien qu'il ne s'agisse que d'une BD et que la SF permet des libertés, mais que diable, la cohérence est ce qui fait qu'un scénario est captivant et réussi.
Et puis ce personnage de Meta-baron et ses contradictions improbables, ce mélange de "héros-méchant", ne me semble pas très convaincant sur la longueur.
La touche finale, c'est le machisme un peu idiot sur les bords : monsieur Jodorowsky joue les Gandhi, mais les femmes-objets et soumises, il ne dit pas non...
Reste les dessins excellents, mais eux aussi suivent une courbe descendante : plus ça avance, moins c'est raffiné pour devenir franchement brouillon.
Une série à lire à l'envers.
Ah, c'est beau et bien fait ! Ce fameux "à travers le passé ma mémoire t'embrasse" mérite de figurer parmi les belles citations de notre époque. J'attends la suite avec grand intérêt. Au fait, dois-je attendre longtemps ?
C'est une bonne série, en effet. Le second tome est à l'image du premier. Les dessins sont agréables, les enchaînements intéressants, l'histoire prend du sens.
Il manque toutefois ce quelque-chose qui fait qu'un thriller mérite son nom. Il manque ce coup de génie du scénariste qui fait que le lecteur dévore les pages de curiosité.
J'attends la suite, sans impatience mais avec intérêt.
C'est une belle oeuvre dans le sens où les personnages collent à l'histoire et elle le leur rend bien. Le gros défaut : les dessins et certaines scènes. Le coup de crayon n'est pas de mon goût, même si au fil des pages on s'y habitue. Pour les amoureux des beaux dessins, c'est à éviter. Pour ceux qui recherchent une histoire intéressante, intriguante et bien ficelée, cela mérite le détour sans hésitation.
Quand j'ai entamé Panorama, j'ai tout de suite ressenti le côté BD underground ou plutôt BD d'auteur, BD d'artiste, comme certains films passant tard le soir sur Arte.
Le dessin tout d'abord est on ne peut plus spécial. Sincèrement, je ne le trouve pas beau. Décors vides, personnages sans expression et dessinés en trois-quatre, traits qui paraissent assez peu maîtrisés. Je n'aime pas même si je dois admettre que son efficacité narrative n'est pas mauvaise dans la première moitié de l'album.
Le scénario commence tout en douceur. Deux locataires et amis discutent, l'un, Yukio, photographe semble cacher une vie peu vertueuse, l'autre, Hariyoshi, thésard et associal, s'interroge en secret sur la vie de son ami. Au milieu de cela, le vieux propriétaire aigri de leur immeuble, des femmes troubles qui semblent fréquenter le photographe, la famille de ce dernier, un ancien camarade du thésard... Et des discussions, des dialogues assez cyniques montrant la dureté d'esprit d'Hariyoshi, étonnamment sec et méprisant, contrastant avec les personnages d'habitude socialement intégrés des mangas typiques.
Jusqu'à la moitié de l'album, l'histoire n'avançait pas vite mais je restais relativement intéressé et accroché. Jusqu'à cet épisode où Yukio enlève la petite boule de l'oreille d'Hariyoshi...
Et après cela, j'ai complètement décroché. Le récit vire au glauque, la narration se fait décousue, avec un peu de symbolisme et d'onirisme. Non seulement, je pense n'avoir compris qu'à peine la moitié de cette fin du récit, mais en plus je n'ai pas apprécié du tout ce que j'en comprenais. "La perdition, la perversion, l’abandon, le travestissement, jusqu’à l’humiliation même", comme le dit Coacho ci-dessous, ne sont absolument pas des thèmes qui me ravissent et me donnent envie de lire.
Du manga d'auteur, une BD qui se veut différente dans son histoire et son dessin, un album qui semble vouloir faire passer quelque chose... mais ce quelque chose m'est passé complètement à côté, personnellement.
"Mourir au paradis", une BD d'actualité dans l'air du temps, et c'est justement pour cela qu'il faut la lire !
Dès la première image, on est propulsé à "Heaven estate", village surveillé pour personnalités richissimes. Il est vrai que cet arpent de la côte ouest américaine ressemble fort au paradis: donnant sur une baie sublime, les résidences et les palaces se succèdent au milieu d'un paysage sans tâche avec tout ce qu'il faut pour satisfaire les besoins et les caprices du gotha de ce monde.
Parlons-en, tiens. Un fabriquant d'arme paralysé, un propriétaire terrien blasé, un négociant coréen bien avisé... Toute la progéniture de ce petit monde et de bien d'autres s'ennuie ferme dans ce Paradis, coupée des dures réalités de ce monde. A partir de là, tout est possible...
C'est sur ce terreau ma foi fort intéressant que va se développer l'histoire. En elle-même, elle n'est pas très excitante. En effet, les folies d'un jeune homme fasciné par le nazisme font certes froid dans le dos, mais tout cela manque de crédibilité. On se dit que des fous, il y en a partout, et on ne voit pas pourquoi "Heaven Estate" dérogerait à la règle. Ce n'est donc pas l'histoire qui fait l'attrait principal de la BD.
C'est la peinture de cette résidence surveillée ainsi que des principaux personnages qui rend la lecture captivante. Il est incroyable de voir à quel point les enfants qui vivent à "Heaven Estate" sont déconnectés de la réalité, sauf un qui s'aperçoit mais trop tard que les événements ont pris une tournure tragique et absurde. Les autres restent prisonniers de leur immaturité.
Quant à ceux qui viennent de l'extérieur (une jeune touriste française, un employé mexicain d'une compagnie de livraison...), ils contemplent avec incrédulité le terrible spectacle qui va se dérouler devant leurs yeux, et parfois ils en seront les malheureuses victimes collatérales.
La fin de l'histoire renvoie directement à notre pays, la France (je m'excuse pour les francophones non-français!), cette ombre du cloisonnement.
A noter que le suspense est habilement distillé dans la première moitié de l'histoire, mais tend à se dissiper par la suite.
Cette BD offre donc différentes pistes de lecture toutes aussi intéressantes les unes que les autres, et développent un certain nombre de thèmes qui entremêlent la vie en société, l'éducation, mais aussi le racisme...
Elle interroge directement notre conscience de citoyen, et pose implicitement un questionnement sur la société que nous rêvons ou qui s'offre à nous.
Comment voulons-nous vivre ? Quelle société pour nos enfants ?
Ce sont ces questions cruciales qui "devraient" nous préoccuper que "Mourir au paradis" met en exergue.
Vendeur de pierres… Voilà un métier intéressant. Enfin, quand on ne sait plus quoi faire… Ou qu’on a épuisé à peu près tous les métiers les plus inutiles du monde, comme le héros de cette BD. Vraiment, c’est un homme qui ne sert à rien. Et écrire une histoire là-dessus, eh bien ça ne sert pas non plus. Même si l’histoire permet de parler de certaines traditions du Japon, l’intérêt de cette histoire approche du zéro absolu. Peut-être que l’histoire contient une part d’autobiographie, mais bof bof. Le dessin de Tsuge est, quant à lui, assez laid. Anguleux, « sale », irrégulier, il est plutôt désagréable à l’œil. Etrange, d’ailleurs, que l’on ne voie pas le visage de la femme du héros avant la page 120.
Bref, c’est un peu chiant, c’est long, c’est pas beau. On passe.
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Les Enquêtes de Sam & Twitch
N'étant pas amateur d'histoires policières classiques, c'est parce que j'ai lu que cette série était un spin-off de Spawn et donc que j'en espérais un peu de fantastique que je me suis décidé à acheter ce nouvel album édité par Delcourt. Celui-ci, en couverture souple, comporte en effet un bon nombre de pages (2 histoires, une longue et une petite) pour un prix relativement réduit et me permettait donc aisément de me faire une idée de la série. Première bonne surprise : je craignais, au vu des couvertures et de l'opinion que j'ai de la série Spawn, que Sam et Twitch soient deux policiers bourrins et que leurs aventures soient ponctuées d'action, de violence et de gros mots en tout genre. Au lieu de ça, le rythme est assez doux, et surtout les personnages de Sam et Twitch sont très justes, réalistes sans être ennuyeux, et leurs dialogues sont bons et loin d'une sur-enchère de violence verbale destinée à faire "noir parce que c'est cool de faire du thriller noir". Deuxième bonne surprise : même si cet album est du pur thriller sans aucune apparition de Spawn ou autres démons, j'ai rapidement su passer outre ma petite déception de ne pas voir du tout de Fantastique dans cette histoire car les scénarios de ces polars sont simples mais très efficaces. Je les ai lus avec un bon interêt et un vrai attachement pour les personnages. C'est du bon thriller, sans noirceur exagérée, sans trop de violence, pas tellement original dans son histoire mais très bien mené et agréable à lire. A côté de cela, le dessin Noir et Blanc de Paul Lee n'est pas mauvais non plus. J'ai eu du mal à y accrocher car il use et abuse de décors qui ne sont rien d'autre que des photos retouchées par Photoshop. Au final, il ne dessine vraiment que les personnages. Le résultat n'est pas excessivement esthétique ni tout à fait fluide mais ce n'est pas mal et ça donne une âme assez particulière à la BD. En bref, une série polar pas aussi sordide que je le craignais, intelligente et agréable à lire.
Les Maîtres de l'Orge
A partir du moment ou j'ai commencé, j'ai enchaîné les 7 tomes sans pouvoir les lâcher. Van Hamme signe là une série géniale. Son travail est remarquable non seulement pour la qualité du scénario, mais aussi pour le travail de documentation. On voit très bien les évolutions du monde des brasseurs, de la petite brasserie familiale à la multinationale, mais aussi des coutumes et des modes de vies à travers les ages. Rien à dire sur le dessin qui est très bon et surtout qui colle parfaitement à l'ambiance de la série. Chaque tome présente son lot de rebondissements, d'histoire d'amour et de trahison. On a également droit de temps en temps à une péripétie qui vient remettre en cause des faits datant de 2 tomes en arrière. Mais c'est fait en finesse, sans que ce soit invraisemblable, comme ça arrive malheureusement dans d'autres séries. Je n'ai pas trouvé qu'il y avait d'album moins bien que les autres, comme ça arrive parfois pour des séries en plusieurs tomes. D'ailleurs je trouve que la longueur de la série est parfaite, ni trop courte, ni trop longue. Les maîtres de l'orge est pour moi une série culte sans hésitation.
Castel Armer
Je ne veux pas paraître contrariant, mais cette bd me semble pourtant une des meilleures de Reculé; son Moyen-Âge y est barbare et réaliste, les personnages ne sont pas lisses, et une magie due à l'étrangeté des situations s'impose. C'est un travail sincère et personnel. Quant au dessin, il est un peu comparable à celui d'Hermann sans les défauts; ici les personnages ont de bonnes têtes, les femmes sont réussies, et son trait tout en nervosité y est meilleur que dans d'autres séries. Les cadrages et les angles de vues sont aussi bien choisis. Bref, c'est plutôt réussi.
La Caste des Méta-barons
Les albums de cette série me semble empirer à chaque fois : encore un peu plus de gore, encore un peu plus de métal... à la fin, même les arbres sont en fer... Et les mutilations : soi-disant rituelles, on finit par comprendre qu'elles sont là essentiellement pour "choquer", comme cette femme qui s'arrache les yeux. Jodorowsky n'a décidément pas toujours la conscience tranquille. Son scénario s'essoufle et est bourré de facilité; par exemple, Honorata qui meurt car son coeur, sur lequel est greffé une bombe explose. Eh bien non, elle n'est pas morte ! Une seconde avant l'explosion, elle s'est téléportée dans un univers parallèle, se fait opérer, et zou comme aurait dit Franquin, la revoilà un album plus tard ! Hou le vilain joker sorti de la manche ! Je veux bien qu'il ne s'agisse que d'une BD et que la SF permet des libertés, mais que diable, la cohérence est ce qui fait qu'un scénario est captivant et réussi. Et puis ce personnage de Meta-baron et ses contradictions improbables, ce mélange de "héros-méchant", ne me semble pas très convaincant sur la longueur. La touche finale, c'est le machisme un peu idiot sur les bords : monsieur Jodorowsky joue les Gandhi, mais les femmes-objets et soumises, il ne dit pas non... Reste les dessins excellents, mais eux aussi suivent une courbe descendante : plus ça avance, moins c'est raffiné pour devenir franchement brouillon. Une série à lire à l'envers.
Sasmira
Ah, c'est beau et bien fait ! Ce fameux "à travers le passé ma mémoire t'embrasse" mérite de figurer parmi les belles citations de notre époque. J'attends la suite avec grand intérêt. Au fait, dois-je attendre longtemps ?
Les Nouveaux Tsars
C'est une bonne série, en effet. Le second tome est à l'image du premier. Les dessins sont agréables, les enchaînements intéressants, l'histoire prend du sens. Il manque toutefois ce quelque-chose qui fait qu'un thriller mérite son nom. Il manque ce coup de génie du scénariste qui fait que le lecteur dévore les pages de curiosité. J'attends la suite, sans impatience mais avec intérêt.
L'Anatomiste
C'est une belle oeuvre dans le sens où les personnages collent à l'histoire et elle le leur rend bien. Le gros défaut : les dessins et certaines scènes. Le coup de crayon n'est pas de mon goût, même si au fil des pages on s'y habitue. Pour les amoureux des beaux dessins, c'est à éviter. Pour ceux qui recherchent une histoire intéressante, intriguante et bien ficelée, cela mérite le détour sans hésitation.
Panorama (Atrabile)
Quand j'ai entamé Panorama, j'ai tout de suite ressenti le côté BD underground ou plutôt BD d'auteur, BD d'artiste, comme certains films passant tard le soir sur Arte. Le dessin tout d'abord est on ne peut plus spécial. Sincèrement, je ne le trouve pas beau. Décors vides, personnages sans expression et dessinés en trois-quatre, traits qui paraissent assez peu maîtrisés. Je n'aime pas même si je dois admettre que son efficacité narrative n'est pas mauvaise dans la première moitié de l'album. Le scénario commence tout en douceur. Deux locataires et amis discutent, l'un, Yukio, photographe semble cacher une vie peu vertueuse, l'autre, Hariyoshi, thésard et associal, s'interroge en secret sur la vie de son ami. Au milieu de cela, le vieux propriétaire aigri de leur immeuble, des femmes troubles qui semblent fréquenter le photographe, la famille de ce dernier, un ancien camarade du thésard... Et des discussions, des dialogues assez cyniques montrant la dureté d'esprit d'Hariyoshi, étonnamment sec et méprisant, contrastant avec les personnages d'habitude socialement intégrés des mangas typiques. Jusqu'à la moitié de l'album, l'histoire n'avançait pas vite mais je restais relativement intéressé et accroché. Jusqu'à cet épisode où Yukio enlève la petite boule de l'oreille d'Hariyoshi... Et après cela, j'ai complètement décroché. Le récit vire au glauque, la narration se fait décousue, avec un peu de symbolisme et d'onirisme. Non seulement, je pense n'avoir compris qu'à peine la moitié de cette fin du récit, mais en plus je n'ai pas apprécié du tout ce que j'en comprenais. "La perdition, la perversion, l’abandon, le travestissement, jusqu’à l’humiliation même", comme le dit Coacho ci-dessous, ne sont absolument pas des thèmes qui me ravissent et me donnent envie de lire. Du manga d'auteur, une BD qui se veut différente dans son histoire et son dessin, un album qui semble vouloir faire passer quelque chose... mais ce quelque chose m'est passé complètement à côté, personnellement.
Mourir au paradis
"Mourir au paradis", une BD d'actualité dans l'air du temps, et c'est justement pour cela qu'il faut la lire ! Dès la première image, on est propulsé à "Heaven estate", village surveillé pour personnalités richissimes. Il est vrai que cet arpent de la côte ouest américaine ressemble fort au paradis: donnant sur une baie sublime, les résidences et les palaces se succèdent au milieu d'un paysage sans tâche avec tout ce qu'il faut pour satisfaire les besoins et les caprices du gotha de ce monde. Parlons-en, tiens. Un fabriquant d'arme paralysé, un propriétaire terrien blasé, un négociant coréen bien avisé... Toute la progéniture de ce petit monde et de bien d'autres s'ennuie ferme dans ce Paradis, coupée des dures réalités de ce monde. A partir de là, tout est possible... C'est sur ce terreau ma foi fort intéressant que va se développer l'histoire. En elle-même, elle n'est pas très excitante. En effet, les folies d'un jeune homme fasciné par le nazisme font certes froid dans le dos, mais tout cela manque de crédibilité. On se dit que des fous, il y en a partout, et on ne voit pas pourquoi "Heaven Estate" dérogerait à la règle. Ce n'est donc pas l'histoire qui fait l'attrait principal de la BD. C'est la peinture de cette résidence surveillée ainsi que des principaux personnages qui rend la lecture captivante. Il est incroyable de voir à quel point les enfants qui vivent à "Heaven Estate" sont déconnectés de la réalité, sauf un qui s'aperçoit mais trop tard que les événements ont pris une tournure tragique et absurde. Les autres restent prisonniers de leur immaturité. Quant à ceux qui viennent de l'extérieur (une jeune touriste française, un employé mexicain d'une compagnie de livraison...), ils contemplent avec incrédulité le terrible spectacle qui va se dérouler devant leurs yeux, et parfois ils en seront les malheureuses victimes collatérales. La fin de l'histoire renvoie directement à notre pays, la France (je m'excuse pour les francophones non-français!), cette ombre du cloisonnement. A noter que le suspense est habilement distillé dans la première moitié de l'histoire, mais tend à se dissiper par la suite. Cette BD offre donc différentes pistes de lecture toutes aussi intéressantes les unes que les autres, et développent un certain nombre de thèmes qui entremêlent la vie en société, l'éducation, mais aussi le racisme... Elle interroge directement notre conscience de citoyen, et pose implicitement un questionnement sur la société que nous rêvons ou qui s'offre à nous. Comment voulons-nous vivre ? Quelle société pour nos enfants ? Ce sont ces questions cruciales qui "devraient" nous préoccuper que "Mourir au paradis" met en exergue.
L'Homme sans talent
Vendeur de pierres… Voilà un métier intéressant. Enfin, quand on ne sait plus quoi faire… Ou qu’on a épuisé à peu près tous les métiers les plus inutiles du monde, comme le héros de cette BD. Vraiment, c’est un homme qui ne sert à rien. Et écrire une histoire là-dessus, eh bien ça ne sert pas non plus. Même si l’histoire permet de parler de certaines traditions du Japon, l’intérêt de cette histoire approche du zéro absolu. Peut-être que l’histoire contient une part d’autobiographie, mais bof bof. Le dessin de Tsuge est, quant à lui, assez laid. Anguleux, « sale », irrégulier, il est plutôt désagréable à l’œil. Etrange, d’ailleurs, que l’on ne voie pas le visage de la femme du héros avant la page 120. Bref, c’est un peu chiant, c’est long, c’est pas beau. On passe.