Hermann se fait plaisir avec ce premier western en couleur directe, et ça se voit. Il maîtrise parfaitement son univers, du cadrage au dynamisme des séquences. Cependant, l'épopée humaine du héros n'est pas des plus prenantes et originales. Hermann fait une énième variante de l'homme seul dans un environnement hostile. La répétition ne me gêne pas, mais ça se laisse lire sans être transcendant. Dans ce cas, il manque un petit quelque chose qui n'arrive pas.
Puis comme souvent depuis le passage à l'aquarelle, les traits des personnages ont pris de vilains tics de dessin, et personnages féminins = fée carabosse.
Le scénar de Corbeyran se tient, il est très bon. Mais ce qui m'a le plus marqué, c'est l'environnement déssiné par Moreno et dans lequel évoluent les personnages. J'ai presque envie de dire que c'est génial ! En fait on se croirait au siècle dernier, mais avec quelque chose de futuriste ! C'est vraiment particulier : par exemple le vieux téléphone sans clavier possède une visio, il y a dans la ville des sortes de navettes volantes, mais "d'époque"... Tout un univers de machines infernales qui fument et qui font du bruit, sorties tout droit d'un roman de Jules Verne !
L'histoire est glauque, sombre et mysterieuse, à l'image des illustrations.
Alors que le décor est carré et magistralement dessiné, les traits des personnages sont parfois faits un peu rapidement selon les pages, ceci pourrait en effet déplaire à certains.
En résumé j'ai bien aimé cette BD pour son originalité.
Après la relativement bonne surprise qu'a été le Docteur Tutut pour moi, j'ai voulu donner encore sa chance à Carali en lisant cet album que Wikipedia considère comme étant peut-être son album le plus important. Mais j'ai franchement moins apprécié cette BD là.
L'Amalgame est un recueil d'histoires courtes et de strips très variés. Cela va de l'histoire totalement loufoque (pire que Le concombre masqué de Mandryka que je trouvais déjà fort en matière de loufoquerie) à l'adaptation du conte persan semblable à ceux de l'album Les Contes d'un conteur. L'ennui, c'est qu'outre cette loufoquerie et outre le côté un peu trash (mais pas trop) des récits, je n'ai vraiment pas trouvé ces histoires drôles ni follement originales.
Quant au dessin, il est dans la style spécifique de Carali, volontairement "sale", fouillis et moche. Je n'aime pas du tout.
Bref, un album qui ne m'a franchement pas enthousiasmé.
Les dessins ne sont pas de haute précision, les mouvements des acteurs très sommairement rendus. C'est un des gros défauts de cette BD en noir et blanc. Côté histoire, ça se tient et on lit en attendant la suite, même si l'ensemble est vraiment tiré par les cheveux. Globalement, Il manque pas mal d'ingrédients à cette histoire pour que l'on en garde un bon souvenir. A réserver aux lecteurs avertis.
Note approximative : 2.5/5
Je viens de lire l'énorme pavé que représente Caravan (850 pages quand même). J'en sors avec une impression très mitigée.
Il faut savoir au départ que je ne suis pas un très grand fan de Sfar. J'adore Donjon mais j'apprécie moyennement Le chat du Rabbin, Grand Vampire, Petit Vampire et autres Paris-Londres. J'apprécie grandement l'imagination et l'originalité des récits de Sfar, mais j'aime nettement moins son dessin et sa narration. C'est donc sans conviction que je me suis lancé dans la lecture de cet énorme journal intime et carnet de croquis que représente cette BD.
D'abord, il faut bien prendre en compte le fait que ce n'est pas ce qu'on peut vraiment appeler une BD. A quelques pages composées d'un récit séquentiel selon la définition de Scott Mc Cloud (l'Art Invisible) s'accompagnent surtout nombre de pages de croquis, de pages de notes, de véritable textes écrits à la main et même quelques scans de documents divers. Ce sont des carnets donc. En outre, ce sont des carnets publiés quasiment tels quels, sans réel re-travail du récit ou du dessin ni élimination de ce qui pourrait être superflu. Sfar y parle de tout et n'importe quoi, de presque tout ce qu'il vit, des discussions qu'il a eues, des choses qu'il a vues, de ses pensées, de ses passions, etc...
Alors qu'est-ce que ça donne en définitive ?
Ca donne plusieurs heures de lecture qui ne m'ont pas captivé pour la grosse majorité et qui m'ont même franchement ennuyé par moment.
Voici un aperçu de mon appréciation de la lecture :
- 1/5e du récit m'a objectivement intéressé : il s'agissait des quelques reflexions sur la religion et la vie communautaire, du fil rouge que représentait l'histoire de la convocation judiciaire pour les albums de Riad Sattouf ainsi que divers passages disséminés dans la masse de pages de l'album
- 2/5e du récit ont correspondu pour moi à une lecture de curiosité que j'ai lue comme je lirais un blog sur le net : il s'agit de tout ce qui traite de la vie même de Sfar, de sa famille, de ses amis, de quelques discussions, etc... Cette partie de ces carnets satisfait pour moi soit l'indicible désir de voyeur du lecteur lambda, soit l'envie du fan de Sfar de savoir comment vit son idole au jour le jour.
- Et les 2/5e restants ne m'ont pas intéressé du tout, tellement peu que j'ai rapidement fini par sauter totalement les pages concernés : il s'agissait des passages sur la musique et les accords de guitare/ukulele, sur l'art pictural et le dessin en lui-même, sur le cinéma, etc... Ce sont tout autant de passages qui intéresseront les musiciens amateurs, les dessinateurs et autres personnes vraiment concernées, mais qui ne m'ont absolument pas intéressé, moi qui justement ne m'intéresse ni à la musique ni à la technique du dessin, etc...
En définitive, si j'ai terminé ce pavé, c'est par curiosité et pour ne pas manquer quelque chose d'éventuellement très réussi dans ce flot de passages de dessins, de croquis et de textes. Mais au final, rien ne m'a particulièrement intéressé, rien ne m'a marqué ni franchement plu. Et j'aurais pu arrêter ma lecture à n'importe quel moment si l'envie de savoir le fin mot sur l'affaire Riad Sattouf ne m'avait pas forcé à lire l'ensemble pour n'en rien manquer.
A réserver aux fans de Sfar ou à ceux qui partagent précisément les mêmes passions que lui.
Attention, gros nanar en vue, et c'est plutôt énorme dans le genre. Si vous aimez les vieilles séries télés en carton-pâte, les décors en frigolite, les mutants qui ressemblent à des testicules poilus, les personnages aussi expressifs que des playmobils, si ça vous fait rire, foncez!
Je note que les couvertures de Lidwine sont tellement bien que ça en devient mensonger et honteux pour le contenu.
N.B: motivé, le Yannick!
J'ai lu ce manga avec un grand sourire sur les lèvres. C'est loufoque, drôle et assez réjouissant. L'idée de départ est assez maigre pourtant, une vieille fille encore vierge qui est rajeunie et envoyée dans "l'Enfer du Plaisir" où tous les animaux et tout le décor autour d'elle est dédié au plaisir charnel, ça devrait lasser assez rapidement un lecteur... Et pourtant je ne me suis pas lassé du tout, trouvant que l'auteur avait vraiment beaucoup d'idées à intégrer dans ce concept très réduit.
Le dessin est tout simple mais assez excellent en ce qui concerne les expressions des visages. L'héroïne tire souvent des tronches excellentes et vraiment hilarantes à mes yeux. Globalement, l'aspect visuel est donc bon, clair et très plaisant à lire.
Quant à l'humour, j'aurais pu le croire assez bas de plafond puisqu'on a quand même droit à des bites volantes, des arbres violeurs et autres loufoqueries sexuelles, mais j'étais éclaté de rire trop souvent pour m'en plaindre.
En outre, malgré la taille impressionnante de chaque tome, ils se lisent très vite et sans aucun ennui.
Une série agréable, originale et vraiment amusante.
Ce one shot est plutôt bien réalisé, surtout au niveau des dessins et du découpage, c'est beau et dynamique. La partie graphique soutient parfaitement l'histoire et l'ambiance malsaine devient palpable.
Au niveau du scénario cela commence plutôt bien, le suspense va crescendo et l'on est même gratifié d'un flash back intensément dramatique et révélateur de bien des choses sur les actes passés de Tenshu Yaashiro.
La lecture se déroule donc parfaitement jusqu'au dernier acte... Hélas, la fin est décevante et maladroite, une conclusion hâtive, facile et trop brusque plombe le plaisir. Dommage, la tension retombe et l'on tourne les pages en ressentant un sentiment de gâchis. Que dire de la toute dernière phrase, au lyrisme exagéré et malvenu? C'est presque risible.
À lire si l'occasion se présente, quant à l'acheter c'est une autre histoire...
Le scénario est excellent, très travaillé, original.
Les personnages ont beaucoup de psychologie, et ce sont même des poètes délicats.
Druuna n'est pas du tout racoleuse, n'a pas des jambonneaux à la place des fesses...
Et ce n'est pas de la pornographie sauvage, non, non...
Si au moins Serpieri avait le courage d'assumer ce qu'il fait, comme Dany et ses bd érotiques, on saurait à quoi s'attendre.
Mais franchement, il n'a rien trouvé de mieux à faire de son talent ??
Tarawa, atoll sanglant est une fresque historique parue initialement dans le journal Moustique en 1948. Elle relate un épisode dramatique de la Guerre du Pacifique.
Le dessin était initialement de Jean-Michel Charlier lui-même pour les avions et les bateaux et de Victor Hubinon pour les personnages. La version originale était en Noir et Blanc lui donnant un aspect proche des antiques comics militaires américains. La version actuelle a été remaniée et colorisée. Hubinon a repris une grande partie des dessins et des planches, reprenant au passage les dessins de Charlier lui-même. L'album initial de 60 pages sera ainsi transformé en 2 albums d'une quarantaine de pages en 1975 puis regroupé en une seule intégrale de 88 pages en 1993.
Le dessin y est semblable aux premiers Buck Danny, réaliste, très réussi pour les avions et les véhicules, un peu moins pour les personages. Cet aspect sérieux et rétro du dessin oeuvre bien pour donner de l'authenticité à ce récit de guerre.
Le scénario ensuite est un véritable récit journalistique. Les faits sont relatés tels quels, sans fiction ou presque. L'interêt historique est donc bien présent. En outre, sans savoir si cela tient au travail d'adaptation des auteurs de la BD, si cela tient au récit même du vrai journaliste de guerre Robert Sherrod, ou si cela tient au fait que cette bataille a vraiment été comblé au niveau des péripéties, l'histoire n'est en rien ennuyeuse malgré le fait qu'elle retranscrit la pure vérité des faits (en principe du moins). A lire cette BD, on découvre la somme incroyable de faits de bravoure, d'anecdotes héroïques et de dangers qui ont parsemés cette bataille.
Pour un amateur d'Histoire comme moi, c'est un bonheur de pouvoir lire une BD à la fois sérieuse et relativement captivante.
Il est à noter malgré tout que la narration et la BD ont quand même grandement vieilli. J'ai tiqué notamment sur certains termes franchement équivoques : le narrateur qui nous annonce que les gentils américains vont débarasser Tarawa de "la vermine jaune", les gentils héros qui balancent du "japs" et du "faces de prune" sans arrêt. Le récit datant de 1948, je comprends que les Japonais ne soient vraiment pas en odeur de sainteté à l'époque pour le lectorat Français. Je comprends aussi que cette haine puisse faire aussi partie de l'aspect historique du récit. Mais je déplore néanmoins l'aspect "gentils contre méchants" qui ne permet pas de voir le côté Japonais de cet épisode historique.
Je note cependant que les auteurs ont tenu à garder un aspect fidèle à l'horreur de la guerre car ils ne craignent pas de montrer les américains user de lances-flammes pour carboniser les Japonais et autres atrocités.
Je note cependant que la version originale du récit a été un peu censurée en 1975 car certains morts américains (un "blessé" qui a servi de bouclier humain à un des héros de l'histoire, un co-pilote qui se voit récompenser de son comportement héroïque en se faisant réduire en bouillie lors de l'aterrissage en catastrophe de son avion, ...) semblait risquer de choquer le jeune lecteur. C'est dommage car lors de ma lecture de la version censurée, je me suis vraiment demandé à ces deux moments cités ci-dessous ce qu'il était advenu de ce blessé que le héros portait sur ses épaules sur la case d'avant, et de ce co-pilote héroïque dont on ne parlait soudain plus du tout.
Une BD historique dont l'aspect et la narration paraissent désuets de nos jours mais qui se révèle historiquement et épiquement intéressante.
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On a tué Wild Bill
Hermann se fait plaisir avec ce premier western en couleur directe, et ça se voit. Il maîtrise parfaitement son univers, du cadrage au dynamisme des séquences. Cependant, l'épopée humaine du héros n'est pas des plus prenantes et originales. Hermann fait une énième variante de l'homme seul dans un environnement hostile. La répétition ne me gêne pas, mais ça se laisse lire sans être transcendant. Dans ce cas, il manque un petit quelque chose qui n'arrive pas. Puis comme souvent depuis le passage à l'aquarelle, les traits des personnages ont pris de vilains tics de dessin, et personnages féminins = fée carabosse.
Le Régulateur
Le scénar de Corbeyran se tient, il est très bon. Mais ce qui m'a le plus marqué, c'est l'environnement déssiné par Moreno et dans lequel évoluent les personnages. J'ai presque envie de dire que c'est génial ! En fait on se croirait au siècle dernier, mais avec quelque chose de futuriste ! C'est vraiment particulier : par exemple le vieux téléphone sans clavier possède une visio, il y a dans la ville des sortes de navettes volantes, mais "d'époque"... Tout un univers de machines infernales qui fument et qui font du bruit, sorties tout droit d'un roman de Jules Verne ! L'histoire est glauque, sombre et mysterieuse, à l'image des illustrations. Alors que le décor est carré et magistralement dessiné, les traits des personnages sont parfois faits un peu rapidement selon les pages, ceci pourrait en effet déplaire à certains. En résumé j'ai bien aimé cette BD pour son originalité.
L'Amalgame
Après la relativement bonne surprise qu'a été le Docteur Tutut pour moi, j'ai voulu donner encore sa chance à Carali en lisant cet album que Wikipedia considère comme étant peut-être son album le plus important. Mais j'ai franchement moins apprécié cette BD là. L'Amalgame est un recueil d'histoires courtes et de strips très variés. Cela va de l'histoire totalement loufoque (pire que Le concombre masqué de Mandryka que je trouvais déjà fort en matière de loufoquerie) à l'adaptation du conte persan semblable à ceux de l'album Les Contes d'un conteur. L'ennui, c'est qu'outre cette loufoquerie et outre le côté un peu trash (mais pas trop) des récits, je n'ai vraiment pas trouvé ces histoires drôles ni follement originales. Quant au dessin, il est dans la style spécifique de Carali, volontairement "sale", fouillis et moche. Je n'aime pas du tout. Bref, un album qui ne m'a franchement pas enthousiasmé.
Le Petit Bleu de la Côte Ouest
Les dessins ne sont pas de haute précision, les mouvements des acteurs très sommairement rendus. C'est un des gros défauts de cette BD en noir et blanc. Côté histoire, ça se tient et on lit en attendant la suite, même si l'ensemble est vraiment tiré par les cheveux. Globalement, Il manque pas mal d'ingrédients à cette histoire pour que l'on en garde un bon souvenir. A réserver aux lecteurs avertis.
Carnets de Joann Sfar
Note approximative : 2.5/5 Je viens de lire l'énorme pavé que représente Caravan (850 pages quand même). J'en sors avec une impression très mitigée. Il faut savoir au départ que je ne suis pas un très grand fan de Sfar. J'adore Donjon mais j'apprécie moyennement Le chat du Rabbin, Grand Vampire, Petit Vampire et autres Paris-Londres. J'apprécie grandement l'imagination et l'originalité des récits de Sfar, mais j'aime nettement moins son dessin et sa narration. C'est donc sans conviction que je me suis lancé dans la lecture de cet énorme journal intime et carnet de croquis que représente cette BD. D'abord, il faut bien prendre en compte le fait que ce n'est pas ce qu'on peut vraiment appeler une BD. A quelques pages composées d'un récit séquentiel selon la définition de Scott Mc Cloud (l'Art Invisible) s'accompagnent surtout nombre de pages de croquis, de pages de notes, de véritable textes écrits à la main et même quelques scans de documents divers. Ce sont des carnets donc. En outre, ce sont des carnets publiés quasiment tels quels, sans réel re-travail du récit ou du dessin ni élimination de ce qui pourrait être superflu. Sfar y parle de tout et n'importe quoi, de presque tout ce qu'il vit, des discussions qu'il a eues, des choses qu'il a vues, de ses pensées, de ses passions, etc... Alors qu'est-ce que ça donne en définitive ? Ca donne plusieurs heures de lecture qui ne m'ont pas captivé pour la grosse majorité et qui m'ont même franchement ennuyé par moment. Voici un aperçu de mon appréciation de la lecture : - 1/5e du récit m'a objectivement intéressé : il s'agissait des quelques reflexions sur la religion et la vie communautaire, du fil rouge que représentait l'histoire de la convocation judiciaire pour les albums de Riad Sattouf ainsi que divers passages disséminés dans la masse de pages de l'album - 2/5e du récit ont correspondu pour moi à une lecture de curiosité que j'ai lue comme je lirais un blog sur le net : il s'agit de tout ce qui traite de la vie même de Sfar, de sa famille, de ses amis, de quelques discussions, etc... Cette partie de ces carnets satisfait pour moi soit l'indicible désir de voyeur du lecteur lambda, soit l'envie du fan de Sfar de savoir comment vit son idole au jour le jour. - Et les 2/5e restants ne m'ont pas intéressé du tout, tellement peu que j'ai rapidement fini par sauter totalement les pages concernés : il s'agissait des passages sur la musique et les accords de guitare/ukulele, sur l'art pictural et le dessin en lui-même, sur le cinéma, etc... Ce sont tout autant de passages qui intéresseront les musiciens amateurs, les dessinateurs et autres personnes vraiment concernées, mais qui ne m'ont absolument pas intéressé, moi qui justement ne m'intéresse ni à la musique ni à la technique du dessin, etc... En définitive, si j'ai terminé ce pavé, c'est par curiosité et pour ne pas manquer quelque chose d'éventuellement très réussi dans ce flot de passages de dessins, de croquis et de textes. Mais au final, rien ne m'a particulièrement intéressé, rien ne m'a marqué ni franchement plu. Et j'aurais pu arrêter ma lecture à n'importe quel moment si l'envie de savoir le fin mot sur l'affaire Riad Sattouf ne m'avait pas forcé à lire l'ensemble pour n'en rien manquer. A réserver aux fans de Sfar ou à ceux qui partagent précisément les mêmes passions que lui.
La Compagnie des Glaces
Attention, gros nanar en vue, et c'est plutôt énorme dans le genre. Si vous aimez les vieilles séries télés en carton-pâte, les décors en frigolite, les mutants qui ressemblent à des testicules poilus, les personnages aussi expressifs que des playmobils, si ça vous fait rire, foncez! Je note que les couvertures de Lidwine sont tellement bien que ça en devient mensonger et honteux pour le contenu. N.B: motivé, le Yannick!
Stairway to heaven
J'ai lu ce manga avec un grand sourire sur les lèvres. C'est loufoque, drôle et assez réjouissant. L'idée de départ est assez maigre pourtant, une vieille fille encore vierge qui est rajeunie et envoyée dans "l'Enfer du Plaisir" où tous les animaux et tout le décor autour d'elle est dédié au plaisir charnel, ça devrait lasser assez rapidement un lecteur... Et pourtant je ne me suis pas lassé du tout, trouvant que l'auteur avait vraiment beaucoup d'idées à intégrer dans ce concept très réduit. Le dessin est tout simple mais assez excellent en ce qui concerne les expressions des visages. L'héroïne tire souvent des tronches excellentes et vraiment hilarantes à mes yeux. Globalement, l'aspect visuel est donc bon, clair et très plaisant à lire. Quant à l'humour, j'aurais pu le croire assez bas de plafond puisqu'on a quand même droit à des bites volantes, des arbres violeurs et autres loufoqueries sexuelles, mais j'étais éclaté de rire trop souvent pour m'en plaindre. En outre, malgré la taille impressionnante de chaque tome, ils se lisent très vite et sans aucun ennui. Une série agréable, originale et vraiment amusante.
Alive
Ce one shot est plutôt bien réalisé, surtout au niveau des dessins et du découpage, c'est beau et dynamique. La partie graphique soutient parfaitement l'histoire et l'ambiance malsaine devient palpable. Au niveau du scénario cela commence plutôt bien, le suspense va crescendo et l'on est même gratifié d'un flash back intensément dramatique et révélateur de bien des choses sur les actes passés de Tenshu Yaashiro. La lecture se déroule donc parfaitement jusqu'au dernier acte... Hélas, la fin est décevante et maladroite, une conclusion hâtive, facile et trop brusque plombe le plaisir. Dommage, la tension retombe et l'on tourne les pages en ressentant un sentiment de gâchis. Que dire de la toute dernière phrase, au lyrisme exagéré et malvenu? C'est presque risible. À lire si l'occasion se présente, quant à l'acheter c'est une autre histoire...
Druuna
Le scénario est excellent, très travaillé, original. Les personnages ont beaucoup de psychologie, et ce sont même des poètes délicats. Druuna n'est pas du tout racoleuse, n'a pas des jambonneaux à la place des fesses... Et ce n'est pas de la pornographie sauvage, non, non... Si au moins Serpieri avait le courage d'assumer ce qu'il fait, comme Dany et ses bd érotiques, on saurait à quoi s'attendre. Mais franchement, il n'a rien trouvé de mieux à faire de son talent ??
Tarawa - Atoll sanglant
Tarawa, atoll sanglant est une fresque historique parue initialement dans le journal Moustique en 1948. Elle relate un épisode dramatique de la Guerre du Pacifique. Le dessin était initialement de Jean-Michel Charlier lui-même pour les avions et les bateaux et de Victor Hubinon pour les personnages. La version originale était en Noir et Blanc lui donnant un aspect proche des antiques comics militaires américains. La version actuelle a été remaniée et colorisée. Hubinon a repris une grande partie des dessins et des planches, reprenant au passage les dessins de Charlier lui-même. L'album initial de 60 pages sera ainsi transformé en 2 albums d'une quarantaine de pages en 1975 puis regroupé en une seule intégrale de 88 pages en 1993. Le dessin y est semblable aux premiers Buck Danny, réaliste, très réussi pour les avions et les véhicules, un peu moins pour les personages. Cet aspect sérieux et rétro du dessin oeuvre bien pour donner de l'authenticité à ce récit de guerre. Le scénario ensuite est un véritable récit journalistique. Les faits sont relatés tels quels, sans fiction ou presque. L'interêt historique est donc bien présent. En outre, sans savoir si cela tient au travail d'adaptation des auteurs de la BD, si cela tient au récit même du vrai journaliste de guerre Robert Sherrod, ou si cela tient au fait que cette bataille a vraiment été comblé au niveau des péripéties, l'histoire n'est en rien ennuyeuse malgré le fait qu'elle retranscrit la pure vérité des faits (en principe du moins). A lire cette BD, on découvre la somme incroyable de faits de bravoure, d'anecdotes héroïques et de dangers qui ont parsemés cette bataille. Pour un amateur d'Histoire comme moi, c'est un bonheur de pouvoir lire une BD à la fois sérieuse et relativement captivante. Il est à noter malgré tout que la narration et la BD ont quand même grandement vieilli. J'ai tiqué notamment sur certains termes franchement équivoques : le narrateur qui nous annonce que les gentils américains vont débarasser Tarawa de "la vermine jaune", les gentils héros qui balancent du "japs" et du "faces de prune" sans arrêt. Le récit datant de 1948, je comprends que les Japonais ne soient vraiment pas en odeur de sainteté à l'époque pour le lectorat Français. Je comprends aussi que cette haine puisse faire aussi partie de l'aspect historique du récit. Mais je déplore néanmoins l'aspect "gentils contre méchants" qui ne permet pas de voir le côté Japonais de cet épisode historique. Je note cependant que les auteurs ont tenu à garder un aspect fidèle à l'horreur de la guerre car ils ne craignent pas de montrer les américains user de lances-flammes pour carboniser les Japonais et autres atrocités. Je note cependant que la version originale du récit a été un peu censurée en 1975 car certains morts américains (un "blessé" qui a servi de bouclier humain à un des héros de l'histoire, un co-pilote qui se voit récompenser de son comportement héroïque en se faisant réduire en bouillie lors de l'aterrissage en catastrophe de son avion, ...) semblait risquer de choquer le jeune lecteur. C'est dommage car lors de ma lecture de la version censurée, je me suis vraiment demandé à ces deux moments cités ci-dessous ce qu'il était advenu de ce blessé que le héros portait sur ses épaules sur la case d'avant, et de ce co-pilote héroïque dont on ne parlait soudain plus du tout. Une BD historique dont l'aspect et la narration paraissent désuets de nos jours mais qui se révèle historiquement et épiquement intéressante.