Houppeland est un diptyque qui sous ces abords humoristiques nous délivre un message terriblement réaliste.
Le scénario est franchement réussi. En résumé, Houppeland est un pays où la loi oblige les habitants à fêter Noël chaque jour de l'année.
A travers, ce récit, il est clair que le rapprochement avec nos habitudes sociales est inévitable. D'ailleurs, il ne faut pas aller très loin, il suffit de regarder ce qui se passe depuis une dizaine d'années, chaque 31 octobre : Nous fêtons Halloween à grandes pompes ! A ce train là, nous achèterons bientôt tous une dinde en Novembre pour fêter Tanksgiving et pourquoi pas, après cela, s'approprier une obscure tradition scandinave qui nous obligerait tous à se balader à poils ? Après tout, au diable la pudeur !
Après ce petit coup de gueule, j'aimerais revenir à cette histoire où le contexte dictatorial m'a fait curieusement penser à l'occupation pendant la seconde guerre mondiale. Il suffit de regarder les Joyeux Drills = Gestapo puis observez la tête du deuxième président élu (voir tome 2) qui avec sa mèche sur le coté ressemble fortement à un dictateur bien connu. Et bien-sûr, n'oublions pas la propagande et les dénonciations.
Sur le plan narratif, dès le début, on est captivé par cette histoire et je vous avoue avoir eu un petit faible pour le tome 2 qui m'a semblé plus aboutit.
Le dessin de Tronchet s'intègre parfaitement dans cette histoire et les couleurs sont très réussites.
Avec cette bd, l'auteur nous invite à lever la tête au delà des nuages, suivons son conseil.
Houppeland est un album de très grande qualité et c'est donc à lire, obligatoirement !
Ah ! Le Vent dans les Saules ! Cette série est vraiment du concentré de bonheur.
Adapté de l’œuvre de Kenneth Grahame, Plessix nous fait découvrir un univers bucolique et poétique où les animaux côtoient les humains dans une parfaite harmonie.
Faire la connaissance de Rat, Taupe et Crapaud est un réel plaisir sans oublier Blaireau, qui est intrigant à souhaits. De plus, en découvrant le milieu de vie de nos héros, on a parfois l'impression que les senteurs des fleurs sauvages titillent nos narines tellement l'atmosphère du récit reflète parfaitement le charme de nos campagnes.
J'ai particulièrement bien aimé le chapitre 5 où Taupe et Rat sont perdus dans la neige. Ce passage est, je pense, l'exemple le plus représentatif.
On vit donc au rythme des saisons et au fil des pages, on apprend à mieux connaître les protagonistes du récit qui ne manquent pas de caractère.
Le dessin de Michel Plessix est d'une finesse sans égal. Son trait subtil et apaisant donne beaucoup de réalisme à l'histoire.
Indiscutablement, Le Vent dans les Saules est une série à posséder et à lire... au coin du feu !
J'aime beaucoup le travail de Giménez en solo mais Titania est le premier album de cet auteur qui me déçoit réellement.
A travers six mini-histoires, on évolue à travers des paradoxes temporels. Le problème c'est que ces récits sont totalement dénués d'intérêt. Je pense que pour certains, c'est dû au fait qu'ils sont trop court et donc, ceux-ci manquent cruellement de densité. Pour les autres, je ne vois tout simplement pas ce qui justifie leur présence dans un album.
Mes deux étoiles vont au dessin de Gimenez qui est impeccable comme d'habitude.
A éviter, sauf si vous êtes fan de cet auteur !
Un excellent dessin, et un scénario qui montre bien qu'il n'est pas besoin d'en rajouter, l'histoire est assez dramatique en elle-même. Les auteurs ont ici un regard relativement réaliste, objectif, et sans parti-pris sur la guerre d'Algérie ; un épisode de l'histoire de France un peu délaissé (peut-être encore trop polémique ?). Tout est bien réussi dans cette série, et le scénario est même si réaliste que j'ai douté qu'il s'agisse d'une fiction.
Deux tout petits bémols :
- la couleur, certainement choisie sciemment, mais qui confond un peu la neige et le sable.
- le ton parfois un tantinet moralisateur, comme si on était pas au courant que la guerre "c'est mal".
Mais ne vous arrêtez pas à ces détails et lisez cette oeuvre.
Alan Moore fait partie, selon moi, de ces rares auteurs à percevoir l’immense richesse de possibilités qu’offre le support de la BD. En effet, là où trop d’auteurs semblent considérer cet art comme un « gentil échauffement » avant la littérature ou le cinéma, ce scénariste britannique exploite littéralement tout ce que la bande dessinée peut permettre.
Tel un joueur d’échecs entré dans un match et conscient de toutes choses, ce génial auteur maîtrise et gère l’alliage texte-illustration comme s’il en était l’inventeur. Watchmen en particulier semble être l’œuvre d’un divin créateur qui se serait fixé, des décennies durant, la mission de présenter tout ce que la BD peut être !
La narration, les dialogues, les personnages, les décors,… Tout est en osmose, et ce n’est pas tout…
En plus de sa rigueur et de son intelligence presque insoutenable, Watchmen jouit aussi et surtout d’un scénario des plus gigantesques, des plus profonds et des plus aboutis qu’il m’ait été donné de lire ou de voir. La construction de celui-ci est d’une maîtrise quasi-insolente.
Du début glauque et mystérieux à la fin titanesque, l’auteur maintient le lecteur dans un état de contemplation et de béatitude grandissant.
L’univers imaginé ici par Alan Moore sidère par son envergure d’une part, et d’autre part par sa paradoxale crédibilité. En effet, le travail de dément qu’il a dû faire sur chaque personnalité, sur chaque existence de chacun des personnages, sur chaque lieu, sur chaque fait (, …) rend ce récit d’un réalisme et d’une profondeur inouïs.
Rien n’est superficiel dans Watchmen !
On sort de cette œuvre comme on sortirait d’un rêve achevé et particulièrement prenant, comme on quitterait une autre planète devenue familière.
Enfin, dernière remarque sur l’écriture, c’est cette objectivité fascinante dont Moore fait usage. Il décrit moult personnages, moult idées politiques, moult conceptions du monde, de la vie, de la science (, …) et ne prend jamais position. Il dépeint son univers de diverses manières et de divers points de vue, ce qui le rend encore plus crédible et abouti.
Watchmen jouit également, bien sûr, des qualités graphiques de Dave Gibbons dont le talent est loin d’être négligeable, tant sur les plans que sur les expressions.
Le découpage (mise en scène), enfin, est sans nul doute ce qui parfait l’œuvre au plus haut point. Il joue sur des parallèles stupéfiants entre les faits, les dialogues, les images, …
Bref : La divine harmonie entre le texte et l’image, la démesure incroyable du scénario, l’esthétique rigueur du graphisme, …
Watchmen ! Peut-être l’aboutissement de millénaires d’arts visuels et littéraires…
L'impression générale à la fin de la série est : tout ça pour ça... Un premier tome où il ne se passe pas grand chose, un écrivain retravaille son manuscrit, il s'engueule avec son éditeur, avec sa copine. Bref c'est plat. La lecture aurait pu s'arrêter là. Oui mais enfin il se passe quelques chose à la dernière page. Du coup, hop j'enchaîne avec le tome 2.
Là aussi c'est assez mou, il tourne en rond dans la villa, un peu d'action par-ci par-là. Rien d'extraordinaire d'autant plus que le dessin notamment des personnages n'est pas génial.
Enfin au milieu du tome 3, on découvre que rien n'est du au hasard, que tout est issu d'une énorme machination... Enfin !!! Mon intérêt est soudain décuplé, ça devient potentiellement terrible.
Mais non, la fin est décevante, expédiée en 2 pages, sans réelle explication rationnelle.
On en parle de plus en plus, le dernier album est en tête de rayon à la Fnac. En feuilletant les différents albums, j'ai tout de suite aimé le dessin. Donc je me suis dit qu'il était temps que je me lance dans cette série. Les aventures de Niklos sont difficiles à qualifier, c'est un mélange entre thriller, montages financiers obscurs et fantastiques. Je pense que c'est là où je n'ai pas accroché. La série n'a pas vraiment trouvé son genre et ce mélange n'est pas très réussi.
Si certain ont aimé le coté fantastique, moi pas. Imaginez un instant que les opposants de Largo Winch aient recourt à la magie noire et à des poupées vaudous pour lui mettre des bâtons dans les roues... ça ne tient pas. Par contre d'autres points, sont plus réussis. Les dessins bien sûrs, mais aussi l'histoire de son passé, dont on en apprend un peu plus à chaque tome, par exemple. J'ai préféré également les albums ou il n'y avait pas d'aspect fantastique (4 et 5) même s’il faut reconnaître que la manière dont il s'en sort est tellement grosse, qu'elle ne tient pas debout...
Un peu déçu je dois dire... Achat ou pas... Je conseille surtout d'en lire 2-3 avant d'acquérir la série complète.
Déjà, le dessin est visuellement nettement plus agréable que celui de La Guerre Eternelle. Peut-être grâce à la couleur.
Ensuite, le scénario est toujours aussi béton. C’est plus de l’anticipation que de la simple science-fiction, et je le rapprocherais de 1984 ou du meilleur des mondes. Bref, il est génial.
Cependant, je trouve que cette BD (tout comme La guerre éternelle) n’est pas des plus captivantes, la faute doit être à la narration.
Mais lisez la quand-même, le scénario vaut vraiment le coup.
Pour tous les fans de la fantasy...
C'est extra, les dessins sont géniaux, les dialogues sont pleins d'humour et de fantaisie, les personnages sont des plus attachants, on se presse à lire une planche pour en commencer une nouvelle, c'est vraiment excellent !!!!
A lire absolument !
Toujours aussi féru d'exercices de style, Lécroart donne une nouvelle leçon d'OuBaPo avec ce petit album très réussi. Le principe n'est pas aussi "spectaculaire" que dans une album comme Cercle vicieux, mais le résultat est tout aussi brillant. Ici, ce sont les personnages qui, désireux d'entrer dans le monde de la BD grand public et racoleuse, s'appuient sur les jeux de la BD "élitiste" (d'où le titre). Détournements de planches issues d'autres BD, planches qui se lisent dans les deux sens, planches où il ne faut lire qu'une case sur deux, itération iconique et autres joyeusetés, le tout n'étant pas utilisé gratuitement pour faire le m'as-tu-vu, mais faisant partie intégrante du scénario. C'est très bien fait, c'est drôle, bref, c'est une lecture chaudement recommandée à ceux qui aiment la bande dessinée qui cherche à sortir un peu des sentiers battus sans pour autant verser dans le genre intello. Le seul petit bémol c'est que, comme souvent avec Lécroart, ce n'est pas vraiment le genre d'histoire dans laquelle on se replongera 10 fois avec plaisir. Je conseille quand même l'achat, en précisant que c'est une BD que vous risquez surtout de beaucoup prêter, mais pas de relire souvent.
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Houppeland
Houppeland est un diptyque qui sous ces abords humoristiques nous délivre un message terriblement réaliste. Le scénario est franchement réussi. En résumé, Houppeland est un pays où la loi oblige les habitants à fêter Noël chaque jour de l'année. A travers, ce récit, il est clair que le rapprochement avec nos habitudes sociales est inévitable. D'ailleurs, il ne faut pas aller très loin, il suffit de regarder ce qui se passe depuis une dizaine d'années, chaque 31 octobre : Nous fêtons Halloween à grandes pompes ! A ce train là, nous achèterons bientôt tous une dinde en Novembre pour fêter Tanksgiving et pourquoi pas, après cela, s'approprier une obscure tradition scandinave qui nous obligerait tous à se balader à poils ? Après tout, au diable la pudeur ! Après ce petit coup de gueule, j'aimerais revenir à cette histoire où le contexte dictatorial m'a fait curieusement penser à l'occupation pendant la seconde guerre mondiale. Il suffit de regarder les Joyeux Drills = Gestapo puis observez la tête du deuxième président élu (voir tome 2) qui avec sa mèche sur le coté ressemble fortement à un dictateur bien connu. Et bien-sûr, n'oublions pas la propagande et les dénonciations. Sur le plan narratif, dès le début, on est captivé par cette histoire et je vous avoue avoir eu un petit faible pour le tome 2 qui m'a semblé plus aboutit. Le dessin de Tronchet s'intègre parfaitement dans cette histoire et les couleurs sont très réussites. Avec cette bd, l'auteur nous invite à lever la tête au delà des nuages, suivons son conseil. Houppeland est un album de très grande qualité et c'est donc à lire, obligatoirement !
Le Vent dans les Saules
Ah ! Le Vent dans les Saules ! Cette série est vraiment du concentré de bonheur. Adapté de l’œuvre de Kenneth Grahame, Plessix nous fait découvrir un univers bucolique et poétique où les animaux côtoient les humains dans une parfaite harmonie. Faire la connaissance de Rat, Taupe et Crapaud est un réel plaisir sans oublier Blaireau, qui est intrigant à souhaits. De plus, en découvrant le milieu de vie de nos héros, on a parfois l'impression que les senteurs des fleurs sauvages titillent nos narines tellement l'atmosphère du récit reflète parfaitement le charme de nos campagnes. J'ai particulièrement bien aimé le chapitre 5 où Taupe et Rat sont perdus dans la neige. Ce passage est, je pense, l'exemple le plus représentatif. On vit donc au rythme des saisons et au fil des pages, on apprend à mieux connaître les protagonistes du récit qui ne manquent pas de caractère. Le dessin de Michel Plessix est d'une finesse sans égal. Son trait subtil et apaisant donne beaucoup de réalisme à l'histoire. Indiscutablement, Le Vent dans les Saules est une série à posséder et à lire... au coin du feu !
Titania
J'aime beaucoup le travail de Giménez en solo mais Titania est le premier album de cet auteur qui me déçoit réellement. A travers six mini-histoires, on évolue à travers des paradoxes temporels. Le problème c'est que ces récits sont totalement dénués d'intérêt. Je pense que pour certains, c'est dû au fait qu'ils sont trop court et donc, ceux-ci manquent cruellement de densité. Pour les autres, je ne vois tout simplement pas ce qui justifie leur présence dans un album. Mes deux étoiles vont au dessin de Gimenez qui est impeccable comme d'habitude. A éviter, sauf si vous êtes fan de cet auteur !
Azrayen'
Un excellent dessin, et un scénario qui montre bien qu'il n'est pas besoin d'en rajouter, l'histoire est assez dramatique en elle-même. Les auteurs ont ici un regard relativement réaliste, objectif, et sans parti-pris sur la guerre d'Algérie ; un épisode de l'histoire de France un peu délaissé (peut-être encore trop polémique ?). Tout est bien réussi dans cette série, et le scénario est même si réaliste que j'ai douté qu'il s'agisse d'une fiction. Deux tout petits bémols : - la couleur, certainement choisie sciemment, mais qui confond un peu la neige et le sable. - le ton parfois un tantinet moralisateur, comme si on était pas au courant que la guerre "c'est mal". Mais ne vous arrêtez pas à ces détails et lisez cette oeuvre.
Watchmen
Alan Moore fait partie, selon moi, de ces rares auteurs à percevoir l’immense richesse de possibilités qu’offre le support de la BD. En effet, là où trop d’auteurs semblent considérer cet art comme un « gentil échauffement » avant la littérature ou le cinéma, ce scénariste britannique exploite littéralement tout ce que la bande dessinée peut permettre. Tel un joueur d’échecs entré dans un match et conscient de toutes choses, ce génial auteur maîtrise et gère l’alliage texte-illustration comme s’il en était l’inventeur. Watchmen en particulier semble être l’œuvre d’un divin créateur qui se serait fixé, des décennies durant, la mission de présenter tout ce que la BD peut être ! La narration, les dialogues, les personnages, les décors,… Tout est en osmose, et ce n’est pas tout… En plus de sa rigueur et de son intelligence presque insoutenable, Watchmen jouit aussi et surtout d’un scénario des plus gigantesques, des plus profonds et des plus aboutis qu’il m’ait été donné de lire ou de voir. La construction de celui-ci est d’une maîtrise quasi-insolente. Du début glauque et mystérieux à la fin titanesque, l’auteur maintient le lecteur dans un état de contemplation et de béatitude grandissant. L’univers imaginé ici par Alan Moore sidère par son envergure d’une part, et d’autre part par sa paradoxale crédibilité. En effet, le travail de dément qu’il a dû faire sur chaque personnalité, sur chaque existence de chacun des personnages, sur chaque lieu, sur chaque fait (, …) rend ce récit d’un réalisme et d’une profondeur inouïs. Rien n’est superficiel dans Watchmen ! On sort de cette œuvre comme on sortirait d’un rêve achevé et particulièrement prenant, comme on quitterait une autre planète devenue familière. Enfin, dernière remarque sur l’écriture, c’est cette objectivité fascinante dont Moore fait usage. Il décrit moult personnages, moult idées politiques, moult conceptions du monde, de la vie, de la science (, …) et ne prend jamais position. Il dépeint son univers de diverses manières et de divers points de vue, ce qui le rend encore plus crédible et abouti. Watchmen jouit également, bien sûr, des qualités graphiques de Dave Gibbons dont le talent est loin d’être négligeable, tant sur les plans que sur les expressions. Le découpage (mise en scène), enfin, est sans nul doute ce qui parfait l’œuvre au plus haut point. Il joue sur des parallèles stupéfiants entre les faits, les dialogues, les images, … Bref : La divine harmonie entre le texte et l’image, la démesure incroyable du scénario, l’esthétique rigueur du graphisme, … Watchmen ! Peut-être l’aboutissement de millénaires d’arts visuels et littéraires…
Mobilis
L'impression générale à la fin de la série est : tout ça pour ça... Un premier tome où il ne se passe pas grand chose, un écrivain retravaille son manuscrit, il s'engueule avec son éditeur, avec sa copine. Bref c'est plat. La lecture aurait pu s'arrêter là. Oui mais enfin il se passe quelques chose à la dernière page. Du coup, hop j'enchaîne avec le tome 2. Là aussi c'est assez mou, il tourne en rond dans la villa, un peu d'action par-ci par-là. Rien d'extraordinaire d'autant plus que le dessin notamment des personnages n'est pas génial. Enfin au milieu du tome 3, on découvre que rien n'est du au hasard, que tout est issu d'une énorme machination... Enfin !!! Mon intérêt est soudain décuplé, ça devient potentiellement terrible. Mais non, la fin est décevante, expédiée en 2 pages, sans réelle explication rationnelle.
Niklos Koda
On en parle de plus en plus, le dernier album est en tête de rayon à la Fnac. En feuilletant les différents albums, j'ai tout de suite aimé le dessin. Donc je me suis dit qu'il était temps que je me lance dans cette série. Les aventures de Niklos sont difficiles à qualifier, c'est un mélange entre thriller, montages financiers obscurs et fantastiques. Je pense que c'est là où je n'ai pas accroché. La série n'a pas vraiment trouvé son genre et ce mélange n'est pas très réussi. Si certain ont aimé le coté fantastique, moi pas. Imaginez un instant que les opposants de Largo Winch aient recourt à la magie noire et à des poupées vaudous pour lui mettre des bâtons dans les roues... ça ne tient pas. Par contre d'autres points, sont plus réussis. Les dessins bien sûrs, mais aussi l'histoire de son passé, dont on en apprend un peu plus à chaque tome, par exemple. J'ai préféré également les albums ou il n'y avait pas d'aspect fantastique (4 et 5) même s’il faut reconnaître que la manière dont il s'en sort est tellement grosse, qu'elle ne tient pas debout... Un peu déçu je dois dire... Achat ou pas... Je conseille surtout d'en lire 2-3 avant d'acquérir la série complète.
Libre à jamais
Déjà, le dessin est visuellement nettement plus agréable que celui de La Guerre Eternelle. Peut-être grâce à la couleur. Ensuite, le scénario est toujours aussi béton. C’est plus de l’anticipation que de la simple science-fiction, et je le rapprocherais de 1984 ou du meilleur des mondes. Bref, il est génial. Cependant, je trouve que cette BD (tout comme La guerre éternelle) n’est pas des plus captivantes, la faute doit être à la narration. Mais lisez la quand-même, le scénario vaut vraiment le coup.
Lanfeust des Etoiles
Pour tous les fans de la fantasy... C'est extra, les dessins sont géniaux, les dialogues sont pleins d'humour et de fantaisie, les personnages sont des plus attachants, on se presse à lire une planche pour en commencer une nouvelle, c'est vraiment excellent !!!! A lire absolument !
L'Elite à la portée de tous
Toujours aussi féru d'exercices de style, Lécroart donne une nouvelle leçon d'OuBaPo avec ce petit album très réussi. Le principe n'est pas aussi "spectaculaire" que dans une album comme Cercle vicieux, mais le résultat est tout aussi brillant. Ici, ce sont les personnages qui, désireux d'entrer dans le monde de la BD grand public et racoleuse, s'appuient sur les jeux de la BD "élitiste" (d'où le titre). Détournements de planches issues d'autres BD, planches qui se lisent dans les deux sens, planches où il ne faut lire qu'une case sur deux, itération iconique et autres joyeusetés, le tout n'étant pas utilisé gratuitement pour faire le m'as-tu-vu, mais faisant partie intégrante du scénario. C'est très bien fait, c'est drôle, bref, c'est une lecture chaudement recommandée à ceux qui aiment la bande dessinée qui cherche à sortir un peu des sentiers battus sans pour autant verser dans le genre intello. Le seul petit bémol c'est que, comme souvent avec Lécroart, ce n'est pas vraiment le genre d'histoire dans laquelle on se replongera 10 fois avec plaisir. Je conseille quand même l'achat, en précisant que c'est une BD que vous risquez surtout de beaucoup prêter, mais pas de relire souvent.