Les derniers avis (113685 avis)

Par Piehr
Note: 3/5
Couverture de la série Tout va bien
Tout va bien

Je ne m'attendais pas vraiment à ce type de scénario, en fait. Je le pensais beaucoup moins axé "Aventure - enquête", un peu plus "Roman intimiste". En fait, la véritable force de cet album, c'est de savoir conjuguer ces deux aspects sans pour autant introduire de longueurs dans la narration, dans le récit. Voici donc Yvan, écrivain en mal d'inspiration qui pour le coup devient Auteur - Investigateur. Le problème, c'est qu'il s'attaque à gros... trop gros pour lui. Pour un premier album, chez Poisson Pilote, les deux auteurs réalisent ici une oeuvre très professionnelle. A peine peut-on reprocher peut-être un côté un peu fouilli dans la narration en début de tome, mais cette impression s'évapore bien vite pour laisser place à une histoire de qualité. Yvan est touchant, lui et son incapacité, au final, à changer le cours des choses, concernant sa vie intime, sa vie de couple. Tout lui échappe, et on en vient à le prendre en pitié - mais ne serait-il pas lui même la cause de ses soucis sentimentaux ? Reste que le refuge qu'il trouve dans cette enquête dans le monde des politiciens verreux et autres banquiers sans scrupule est très efficace. Le dessin de Thomas Clément est assez particulier. En fait, c'est "un dessin en 2D qui simule un dessin en 3D avec un rendu type 2D". Ok, personne à rien compris :) Mais regardez par exemple, le nez d'Yvan ! C'est un peu marrier un dessin qui rejète toute perspective travaillée, et un soucis de la volumétrie... un trait qui se veut sacrément paradoxal :) Au final, l'ensemble est très efficace, à défaut d'être réellement original. L'important, c'est que ce premier tome nous donne sacrément envie de lire la suite de la série.

22/07/2005 (modifier)
Par Piehr
Note: 5/5
Couverture de la série Le Vent dans les Sables
Le Vent dans les Sables

Je n'ai jamais été un grand fan du "vent dans les saules". S'il est clair que je ne pouvais être indifférent au style graphique jubilatoire de Plessix, j'avoue que le ton me semblait trop "enfantin", dans le sens péjoratif du terme. J'ai lu bien des séries "Jeunesse", et j'en ai aimé grand nombres. Pour leur innocence, le plus souvent. Mais "le vent dans les Saules" avait ce côté beaucoup trop mielleux qui m'agaçait parfois (bonne série tout de même !). Ici, Michel Plessix se sent plus libre, non "contraint" par le scénario originel d'un hypothétique roman. Seul maître à bord, il ne sacrifie pas pour autant ses petits personnages, qui restent tels qu'on les a connu auparavant : mignons, malins.. les fans de la série originelle seront aux anges. Mais ce qui transporte, ce n'est pas seulement ce dessin superbe à en pleurer, mais aussi cette narration, cette invitation au voyage... Le nom de ce tome ne pouvait pas être mieux choisi. C'est bien simple, s'il ne tenait qu'à moi, je prendrais le premier avion pour l'aventure dès ce soir ;) Arwen relève un détail important : la relative lourdeur de certaines cases. N'allez pas voir là un défaut du dessinateur, mais bien de la maison d'édition : imprimer un tel album sur un petit format, c'est un gachis incroyable :( Mais bon, le grand format n'est pas adapté à la cible, paraît-il... :( Au final, un album comme j'en lis rarement, et qui mérite amplement de faire partie de votre bibliothèque.

22/07/2005 (modifier)
Par Piehr
Note: 3/5
Couverture de la série No Sex in New York
No Sex in New York

Une bonne surprise. Enfin, "demi-surprise", dans le sens où, ayant déjà lu du même auteur Les pauvres aventures de Jérémie, je m'attendais à son style décalé, provocateur, qui parvient sans faille à faire ressortir le côté le plus "perdant" de ses personnages : ici, l'auteur lui-même :) Bon, c'est sacrément moins trash que l'autre série de Riad Sattouf chez Poisson Pilote. Peut-être justement parceque tout cela sent le vécu à plein nez, l'autobiographie chlorhydrique, et que de ce fait, la fiction laisse place au voyage. Reste que No Sex in New York laisse un arrière goût de frustration : On aimerait presque qu'il conclue avec Lucie, notre petit héros :) Mais hélas... tout est dans le titre. Le titre justement, parlons-en : provoc' par plaisir, Riad Sattouf s'explique en début d'album : "Parcequ'il y a les deux mots qui font le plus vendre quand on les met sur une couverture ! Devinez lesquels !". Amusant, comme l'ensemble de l'album. Alors, bon, nous n'avons ici ni affaire à de l'humour de haut vol, ni à une révolution graphique, encore moins à un scénario bouleversant. Reste que pour passer un agréable moment, No sex in New York se pose là, et c'est déjà pas mal :)

22/07/2005 (modifier)
Par Piehr
Note: 4/5
Couverture de la série L'Anneau des 7 Mondes
L'Anneau des 7 Mondes

Moi, j'aime ! Le style que les jeunes auteurs italiens exposent au monde de la bande dessinée me plait particulièrement, tout éditeur confondu. Et ce serait faire erreur que de se limiter aux maîtres Barbucci et Canepa (Sky Doll, chez Soleil, pour ceux du fond). En effet, ces oeuvres sont souvent empreintes d'une ambiance légere, très agréable. Le scénario, quant à lui, se trouve ici être assez complexe. La mise en place d'un univers composé de 7 mondes donne en effet du fil à retordre au scénariste, qui pour le coup, semble se régaler. Le dessin est léché, même si parfois le trait est un peu gras. La mise en couleur, elle, force le respect dans la plupart des planches de cet album (il m'est arrivé de bloquer plusieurs fois sur des cases superbes, à la lecture), permettant l'instauration d'une ambiance très particulière, dans un monde assez original, et en définitive assez proche de ce que l'on peut trouver d'autres chez les humanos, dans le trip Heroic Fantasy. Et surtout, ne vous arretez pas au premier tome.. si celui-ci a la lourde tache d'introduire le récit, le tome 2 est bien meilleur :)

22/07/2005 (modifier)
Par Piehr
Note: 3/5
Couverture de la série Nic Oumouk
Nic Oumouk

Moui, c'est pas mal, c'est vrai. Toutefois, un poil en dessous de ce que Larcenet nous a habitué à lire depuis quelques années. En effet, entre Une aventure rocambolesque de..., Le combat ordinaire, Les Entremondes, une parfaite alchimie d'humour et de sentiments sincères servait les oeuvres de l'auteur. Ici, nous n'avons à faire qu'à un album "juste" drôle. Bon, l'ensemble reste tout de même très sympa. Le petit Nic est attendrissant, les multiples personnages secondaires assez typés.. très typés, même. L'image populaire du djeun's de banlieu. Mais j'aurais aimé un peu de recul, derrière tout ça, une critique moderne sociale sur les difficultés de réinsertion... Mais Larcenet a prit le parti de déconner à 100% avec cet album. Attendons de voir comment va évoluer la série ! Le dessin, par contre, tend vers ce que Larcenet fait de mieux : un dessin propre et si caractéristique du trait de l'auteur, un découpage nickel... Les couleurs de B. FIndakly ne sont d'ailleurs pas en reste. Un très bel album pour tout fan de l'auteur. Ce qui manque vraiment au premier tome (le seul paru à ce jour), c'est un peu de recul, une critique sociale plus présente. Larcenet s'est assagi avec l'âge, et des chefs d'oeuvre comme Le combat ordinaire en sont le résultat. Mais ici, c'est peut être l'acidité des débuts de l'auteur qui manque au récit.

22/07/2005 (modifier)
Par Piehr
Note: 4/5
Couverture de la série Apocalypse selon Lola (Lola Cordova)
Apocalypse selon Lola (Lola Cordova)

Lola, cette pute sous acide 24h/24, est principale coupable d'un double meurtre. Son alibi ? Elle n'a rien à voir avec tout ça, c'est les extraterrestres qui ont fait le coup, et ces enfoirés s'apprètent à détruire notre monde ! Rien que ça... Lola Cordova fait office d'OVNI dans le monde de la Bande dessinée : scénario trash complètement décalé, style graphique changeant de page en page mais frisant en permanence le délire pictural, dessin à la fois glamour, acide, ultra-inspiré et on ne peut plus personnel... La narration elle-même semble sortie tout droit d'un album de Bendis - La toute première scène est flagrante ! Conversation détachée des perso', multiplication des bulles vides de sens mais rigoureusement indispensables à l'ambiance qui se dégage de l'album, tout est là pour instaurer un univers à la limite du (bad ?) trip dans lequel baignent les différents protagonistes de l'histoire. Tout s'embrouille, on se débrouille, et au final rien n'est plus clair que le récit de Qwak, réglé au mm près. Entre les drogués au cul de Lola, les flics trop crédules pour être honnêtes, et l'héroïne nympho qui baise tout ce qui bouge, la galerie est pour le moins atypique. Pourtant, ne vous méprenez pas ! Lola Cordova n'est pas une BD X, mais bien un délire graphique trash sur fond d'aventure speedée sous acide. Toutefois, ma note n'est pas motivée uniquement par cette ambiance hors du commun, mais par, avant tout, le scénar' de Qwak. Le traitement est très dynamique, l'histoire sans temps mort : on VEUT croire Lola, que ce soit vrai ou faux ! Mais pourtant, impossible de savoir si cette hystérique, dont la mère est sa dealer, raconte tout ce qu'elle peut pendant qu'elle tient encore debout, ou si la survie de l'humanité ne dépend que d'elle. Le délire graphique, parlons-en : La mise en couleur tue tout. Au feuilletage de l'album, on risque d'être surpris, voir déçu : ca semble moche, vulgaire. Mais une fois dedans... c'est d'une intelligence ! Alliée au découpage hors du commun de l'album (ça fait souvent penser à du Ledroit, mais ca reste plus lisible que du Ledroit), elle permet de projeter au lecteur un univers improbablement réel et pourtant rigoureusement tangible. Ca brule la rétine :) Bref, Lola Cordova sonne comme une mauvaise nuit. Un ramassis de souvenirs nauséeux baigné dans la drogue, le sexe et la science-fiction. Et croyez-moi, jusqu'à la fin de l'album, on aimerait y croire, à l'histoire de Lola ! Alors, gros trip mystique ou fin du monde annoncé ? Je vous laisse découvrir cela par vous même ;)

22/07/2005 (modifier)
Par Piehr
Note: 3/5
Couverture de la série Courtney Crumrin
Courtney Crumrin

Bonne surprise que cette série-là ! J'avais peur de trouver un Ersatz de Harry Potter, mais l'auteur a eu l'intelligence de ne pas succomber à la tentation de la facilité, créant par là-même un univers à la fois sombre et intrigant, sans tomber dans le glauque facile. Cette série est en définitive assez amusante. On aime découvrir l'attitude associale de la petite Courtney, qui prend refuge dans son univers magique pour éviter de se mélanger aux gens communs qu'elle déteste tant. Elle n'aime pas les gens, elle le dit bien elle-même. Ses propres parents ne sont que des pantins qui ne l'amusent même plus... Plus qu'une simple histoire de petite sorcière en devenir, les différents albums parus traitent à mon sens de belle manière des difficultés d'insertions de certains adolescents mal dans leur peau, se réfugiant dans leur univers... il faut bien que jeunesse se passe... par une métaphore plutôt bien sentie. A tel point qu'en seconde lecture, et si le ton général n'était pas aussi axé sur l'humour noir, on hésiterait presque à parler de BD fantastique tant le problème social mis en exergue, en second plan, peut devenir prépondérant. Le dessin de Naifeh est plutôt classe : des noirs et blancs poussés, générateurs d'une ambiance particulière, pourrait nous faire penser en effet à un style très Burtonien. Le noir en particulier est utilisé avec parcimonie pour générer chez les personnages de l'histoire des émotions réalistes et appropriées. Classe ! Cet univers plaira à tous, à tout âge : pas de violence, et des dialogues plutôt bien sentis - on se plairait à découvrir, nous aussi, le monde des choses de la nuit !

22/07/2005 (modifier)
Par Piehr
Note: 3/5
Couverture de la série One Piece
One Piece

Une série délirante, légère, pas prise de tête. Eiichiro Oda a en effet pris le parti de la déconne sympa pour mettre en scène les aventures de l'équipage du jeune Lufy, garçon caoutchouc possédant le pouvoir de s'étendre et de rebondir aux parois pour avoir mangé un fruit du démon, à la recherche du célèbre trésor "One piece". C'est agréable, et comme souvent dans les Shonen, très initiatique : le jeune héros, un peu bébête à première vue, évolue au fil de ses aventures afin de devenir puissant, glorieux. On retrouve le schéma classique d'un bon Dragon Ball, baigné dans cette ambiance de piraterie franchement joyeuse. Ca fait plaisir ! Toutefois, Attention : série fleuve qui n'en fini pas (27 tomes édités au moment de mon avis), et je crains le pire quant à l'interêt de la série sur le long terme. Bah, ne boudons pas notre bonheur : la formule fonctionne, et dans le genre Manga - déconne à donf, ca marche plutôt bien (même si on ne hurle pas de rire non plus).

22/07/2005 (modifier)
Par Piehr
Note: 4/5
Couverture de la série Blue Heaven
Blue Heaven

Super impressionnant, tout simplement. En effet, la mise en scène, très cinématographique, de ce premier album d'une série qui comptera en tout et pour tout trois opus, joue un grand rôle dans l'introspection du lecteur qui savoure ce Huis Clos. Huis Clos, si l'on peu dire, car l'action se déroule tout de même sur l'un des plus luxueux paquebots du monde, durant sa première sortie. Bâtiment énorme, hors-normes, parfait pour un thriller efficace, surprenant. Je ne connaissais pas cet auteur, mais la description-même de son travail, à l'intérieur de la liseuse de l'album, force le respect : Professeur de Tsutomu Nihei (Blame), illustrateur des couvertures de MPD Psycho au Japon, cet homme-ci est loin d'être un mangaka débutant... et on le ressent clairement au fil des pages. La narration est parfaite, la mise en scène incroyable, le dessin storyboardé avec classe. Là où cette histoire n'aurait pu être qu'un Survival de plus sans grand intérêt, on retrouve des scènes psychologiques fortes qui rappellent Monster - on s'attarde beaucoup sur le passé du psychopathe, on comprend sa douleur, sa vie... En fait, cette série se place plus comme l'étude d'un psychopathe en chasse, que comme une simple vision de témoin de l'action. C'est ainsi que le récit prend de la profondeur, de la constance. Classe. Le dessin est superbe, très fin, le "méchant" possédant un charisme particulièrement prenant. Une très bonne surprise, pour une série manga courte (trois tomes en tout, une fois n'est pas coutume) que je vous conseille de suivre de très prêt...

22/07/2005 (modifier)
Par Piehr
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Salvatore
Salvatore

La méga bonne surprise ! Etonné par les commentaires très enjoués de CoeurdePat et Balunga, j'étais curieux depuis un certain temps de découvrir cet album de De Crécy, qui ne m'a pourtant pas toujours convaincu. Mais ce premier tome de Salvatore est une perle de sensibilité, d'humour fin et de tendresse - on pourrait penser lire un album pour enfant, si le sujet principal n'était justement pas si adulte. La narration est superbe, la voix-off s'intégrant parfaitement dans le récit, malgré sa présence quasi-permanente. On découvre le petit monde de Salvatore, ses personnages animaliers hauts en couleurs, cet univers doux et clair... Un premier album vraiment rafraichissant, agréable. Le dessin, très particulier, fait pourtant mouche du premier coup. Le découpage, superbe, laisse alternativement part à une histoire fouillée, un humour sensible... Mon avis est bourré de superlatifs, mais il y a bien longtemps qu'un album ne m'avait pas réjouit à ce point... j'attends la suite avec impatience !

22/07/2005 (modifier)