Flibustor est un projet destiné au départ à égailler le "Lanfeust Mag" de quelques vomis et non à sortir en album. Suite à l’insistance de Mourrad, l’album a vu le jour. La petite histoire voudrait que Monsieur Soleil s’en soit mordu les doigts de cette décision.
Dav est quelqu’un de généreux, sympa, loufoque et sans tabou et cela s’en ressent dans ses albums. Flibustor, c’est des persos attachants, un équipage d’enfer. L’humour vole pas très haut et verse plutôt dans le gore et le pipi-caca. Certaines scènes sont même franchement osées pour un album "jeunesse" (pas sûr que ça plaise à toutes les mamans). La liberté de ton adopté par Dav constitue le sel de cette bd. A mon avis, Flibustor serait moins parti en couille s’il avait été directement conçu dans un esprit "album". J’ai bien aimé l’aspect osé de la bd malgré que je sois peu réceptif au côté crado. Qu’on se le dise, l’humour de Dav ne se limite pas à cela. Pour preuve, Les garnimos qui est une belle réussite !
Belle découverte que ce one shot d’Andreas qui montre les multiples facettes de cet auteur sachant se défaire un temps de son style habituel tout en conservant son savoir-faire. En observant les planches, l’oeil est directement happé par les couleurs directes recouvrant un trait effacé. Vraiment du beau travail ! L’histoire permet de découvrir les peuples aztèques et incas à travers la destinée de cinq personnages : Malinalli (servante aztèque chez les incas), Xiquipilli (marchand inca), Ollin (prisonnier inca destiné aux sacrifices aztèques), Tolpizin et Chimalhuatl (aztèque préparant le retour du serpent à plumes). On sent que ces personnages ne sont pas choisis au hasard . . . le chemin de certains d’entre eux se croisent, d’autres pas. Malheureusement, ma méconnaissance de la culture inca et aztèque m’empêche de saisir toutes les références auxquelles cet album fait allusion. Néanmoins, sa lecture m’a été bien agréable (grâce aux planches superbes et à une narration prenante).
Ce livre parlera davantage aux passionnés de ces civilisations révolues qui sauront l’apprécier à sa juste valeur.
J'ai découvert Frantico vers fin Janvier quand son blog commençait à véritablement faire parler de lui. C'est devenu ensuite un véritable phénomène de mode qui vit son apogée par le voyage en Corée offert à Frantico pour un festival blog (véritable ou non, la polémique existe encore, je crois bien), voyage qui l'amènera à rencontrer l'amour et à mettre fin à son blog exhutoire.
Mais qu'est-ce qui a fait le succès de ce blog ?
Son approche graphique déjà. Semblable aux yeux d'un néophyte à des planches crayonnées au stylo sur un cahier et colorisée grossièrement, il s'avère pourtant que le trait est véritablement maîtrisé, faisant du simple quand il est compliqué d'obtenir une telle expressivité des personnages et décors. La mise en page, les points de vue, et même cette colorisation si spéciale (une texture de papier sopalin peint ?) sont excellents et amènent un réel plaisir de lecture à ces planches qui au premier coup d'oeil ne paient pas de mine.
Mais c'est surtout l'humour et la franchise décomplexée de ces planches qui sont formidables. Le Frantico de ces histoires n'a absolument aucun complexe, affichant sa pratique de la masturbation et ses basses pensées avec un total naturel. Il cause souvent (sans arrêt ?) de cul, de merde, de phantasmes, d'égoïsme humain, s'appropriant tous ces inavouables défauts et les rendant hilarants et tellement véridiques. Récits exutoires, sans doute, mais ce qui est certain c'est qu'on s'attache très rapidement à Frantico malgré tous ces défauts et sa franchise proche du choquant.
Et l'humour surtout est vraiment bon. Frantico parsème ses histoires crues et bassement instinctives de pensées philosophiques sur la vie quotidienne, les comportements humains, la société, une chasse d'eau, les poils de cul, n'importe quoi, et ça passe extrêmement bien tout en étant hilarant.
Voilà pour dire que le blog de Frantico est excellent, c'est une chose. Mais ce blog est accessible gratuitement et dans son intégralité sur le net ! Alors est-ce que ça vaut vraiment la peine de payer 19 Euros pour avoir sur format papier quelque chose qui autrement est gratuit sur Internet ?
Eh bien oui, en fait...
D'abord parce que d'avoir une BD en album et format papier, c'est toujours plus agréable à lire, même si le blog de Frantico était prévu initialement pour être affiché sur un écran, avec un format et une pagination assez libre.
Ensuite parce que c'est un bel objet solide et de bonne qualité.
Et enfin parce que c'est surtout un pavé de plus de 280 pages et 19 euros pour un tel pavé composé de gags aussi bons, osés et originaux, c'est vraiment un prix tout à fait acceptable.
Première chose qui me vient à l’esprit : c’est beau. Une planète imaginaire, une architecture d’inspiration asiatique et pré-colombienne, des véhicules volants en formes de jonques, le tout traité à l’aquarelle dans des teintes très douces, parfois peut-être un peu trop pâles et pas assez contrastées. Le traitement des personnages est lui aussi emprunt de finesse et d’élégance, notamment dans les attitudes et dans le modelé des visages. Un bémol toutefois, celui de Neya, la jeune héroïne, curieusement, n’est pas constant, tantôt rond, tantôt pointu, et sa tête me paraît hypertrophiée. Dommage.
L’histoire : nous sommes dans une galaxie dont les planètes, peu à peu, tendent à disparaître, sans que leurs habitants aient pu, au préalable, regagner la planète des origines : la planète divine. Sur Silurie, la jeune Neyah est instruite depuis son enfance pour devenir Hiérophante, c’est-à-dire l’intermédiaire entre les êtres divins et son peuple, or l’une d’entre eux lui confie une mission : sauver son peuple des Absolones qui s’apprêtent à débarquer, en le guidant vers un plan spirituel supérieur, hors d’atteinte des envahisseurs. L’intrigue imaginée par Vincent Pompetti, dont c’est le premier album, est donc un savant dosage de violence, de poésie et de spiritualité. Seuls ceux qui ont foi en leurs créateurs et qui sont capables de s’élever au-delà des contingences matérielles et des ambitions personnelles, peuvent échapper aux Absolones. Cette BD possède un charme indéniable de par sa poésie et son dessin, je n'ai lu pour l'instant que le premier tome mais je lirais aussi le suivant quand je pourrais mettre la main dessus, mais je n’irais pas jusqu’à en recommander l’achat ; à vous de juger.
“Nous sommes tous des pierres, parcelles de l’Univers, qui en se polissant deviennent des miroirs reflétant l’infini.” ...
Après tout le bien que j'avais entendu de cette série, je me suis mise à la lecture avec l'espoir de retrouver les émotions ressenties quand je découvrais encore le shonen.
Et le début m'a plutôt séduite. Les personnages, bien que parfois typiques du shonen, sont assez finement développés... L'histoire est intéressante et assez réaliste malgré l'élément fantastique (qui n'est finalement qu'un prétexte)... Les péripéties sont originales... Et je redécouvre avec plaisir un jeu avec lequel ma première rencontre avait été profondément ennuyeuse (expliqué dans un anglais approximatif par un coréen classé qui trouve ça évident et vous plante sur internet face à un adversaire classé également sans que vous ailliez compris les règles, tout un poème). Bref, j'aime !
Par contre, à partir du moment où Hikaru a des visées profesionnelles, on a toute une série de tomes quasi-uniquement consacrés à ses parties de Go... et au bout d'un moment ça lasse. Parce que moi le go je n'y connais rien. Et puis ce n'est même pas le problème : on me présenterai des parties de backgammon sur 600 pages ça me gonflerait quand même... Même si je sais jouer.
Les derniers tomes du cycle retrouvent un peu de leur saveur, avec un ton plus émouvant, et en toile de fond le passage du héros dans une vie d'adulte.
Bref, un manga agréable, mais dans lequel je n'ai pas trouvé le côté culte qu'on m'avait laissé espérer. A lire un fois, mais je réserverai mon achat à d'autres bd.
J'étais doublement curieux de lire cette BD : d'abord parce que c'est la première de la nouvelle collection Shampoo dirigée par Trondheim, et ensuite parce que je me demandais vraiment ce que Trondheim allait pouvoir rajouter au concept déjà bien exploité dans Mister O.
Alors ce que j'ai rapidement constaté, c'est qu'on peut vraiment considérer Mister I comme l'équivalent d'un tome 2 de Mister O. Même dessin minimaliste, même principe de gags sur un thème récurrent, même chute récurrente, même humour, même résultat.
Les gags partent pourtant sur une base très simple au niveau des idées : Mister I a faim, il voit une pomme, une carotte ou autre et aimerait bien la manger mais la malchance s'acharne contre lui et il n'y arrivera jamais, et à la fin il meurt toujours. La lecture se fait avec le sourire car les idées et péripéties sont toujours bonnes comme d'habitude avec Trondheim, et je ne peux souvent pas m'empêcher d'au minimum pouffer de rire sur la toute dernière case de chaque page, à chaque apparition de la flaque de sang signifiant la mort de Mister I.
Chaque planche a tellement de cases que même si c'est du muet, il y a une quantité de lecture non négligeable.
Pourtant, comme pour Mister O, on rigole un moment mais à la longue, à force de voir le même thème répété, ça lasse un peu. Alors si vous le lisez, je vous conseille de le faire par petits morceaux, sans lire tout l'album d'un coup sous peine de perdre un peu trop vite vos bonnes impressions de départ.
Marrant, typique de Trondheim, un peu trop similaire à Mister O mais une lecture mausante.
Plus je lis du Bess, plus j'adore. Enfin, quand je dis du Bess, je veux surtout parler du Bess en solo et en noir et blanc. Celui qui se laisse aller sans garde-fou dans des délires graphiques et philosophiquo-humoristiques absolument sidérants. Ce livre est plein de vie de poésie et d'humour. Il est de ceux qui rendent la vie plus douce. Il n'a ni queue, ni tête, il est un renouvellement perpétuel, un émerveillement continu, malgré l'épaisseur de l'objet. A mon sens le meilleur livre de Georges Bess.
Eva Miranda est une parodie bien ficelée qui témoigne de la grande connaissance des auteurs pour leur sujet : le feuilleton populaire à deux sous façon "Amour, gloire et beauté" et "Santa Barbara". Le résultat est plutôt réjouissant : une avalanche de clichés à chaque page, des clins d'oeil dans chaque case, chaque réplique. L'intrigue principal n'est évidemment qu'un prétexte à la parodie, elle s’oublie assez vite une fois le livre refermé d'ailleurs, mais l'essentiel n'est pas là. Il est dans le dessin fabuleux de Giardino et le sens de l'humour acerbe du scénariste. Certaines répliques m'ont plié de rire.
La couverture ne traduit pas forcément l'esprit de la bd. Je m'attendais en ouvrant l'album a trouver un récit type Travis version guerre, et en fait, j'ai surtout découvert une réflexion sur les dérives du rapport à l'image de nos sociétés et sur la mondialisation de l'économie. Et du coup, j'ai été agréablement surpris.
Bien sûr l'histoire débute seulement, bien sûr les thèmes traités ne sont pas forcément révolutionnaires, mais côté bd, les incursions dans ces registres précis ne sont pas aussi courantes que cela. Les albums suivants nous permettront de mieux évaluer le potentiel de la série, mais d'ors et déjà, j'avoue que mon intérêt est piqué au vif. J'attends la suite avec impatience, en espérant qu'on ne dérive pas vers le type de certaines bd-manga ou l'action prime sur le reste.
Côté graphisme, c'est nickel... Le style de Jacamon sert très bien le propos (comme c'était déjà le cas pour Le Tueur). En effet, son caractère anguleux est en adéquation parfaite avec le côté tranchant et incisif des opérations militaires décrites...
Une série naissante à découvrir donc...
Ce qui m'a conduit à lire cette série, c'est surtout le graphisme et la mise en couleur que je trouvais très lumineux et agréable. Et sur ce plan précis, les qualités de Gargouilles sont indéniables. Chaque planche caresse les yeux et participe au plaisir de la lecture. Côté narration, c'est sensiblement différent... Les idées de départ sont plaisantes, les personnages attachants, mais l'ensemble manque de liant... J'ai vraiment trouvé l'histoire confuse, au point que j'ai du à différents endroits revenir un peu en arrière pour voir ce que j'avais manqué comme informations...
Cela dit je suis un adulte et un peu titilleur sur les bords... mais cette bd est certainement une bonne occasion pour les plus jeunes d'entrer dans un monde magique, plein d'êtres fantastiques.
Même si je ne conseille pas forcément l'achat pour ceux qui aiment les histoires bien structurées et parfaitement maîtrisées sur le plan du récit, je pense que Gargouilles a tout ce qu'il faut pour plaire aux enfants.
En plus, le gamin de l'histoire est très sympa...
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Flibustor
Flibustor est un projet destiné au départ à égailler le "Lanfeust Mag" de quelques vomis et non à sortir en album. Suite à l’insistance de Mourrad, l’album a vu le jour. La petite histoire voudrait que Monsieur Soleil s’en soit mordu les doigts de cette décision. Dav est quelqu’un de généreux, sympa, loufoque et sans tabou et cela s’en ressent dans ses albums. Flibustor, c’est des persos attachants, un équipage d’enfer. L’humour vole pas très haut et verse plutôt dans le gore et le pipi-caca. Certaines scènes sont même franchement osées pour un album "jeunesse" (pas sûr que ça plaise à toutes les mamans). La liberté de ton adopté par Dav constitue le sel de cette bd. A mon avis, Flibustor serait moins parti en couille s’il avait été directement conçu dans un esprit "album". J’ai bien aimé l’aspect osé de la bd malgré que je sois peu réceptif au côté crado. Qu’on se le dise, l’humour de Dav ne se limite pas à cela. Pour preuve, Les garnimos qui est une belle réussite !
Aztèques
Belle découverte que ce one shot d’Andreas qui montre les multiples facettes de cet auteur sachant se défaire un temps de son style habituel tout en conservant son savoir-faire. En observant les planches, l’oeil est directement happé par les couleurs directes recouvrant un trait effacé. Vraiment du beau travail ! L’histoire permet de découvrir les peuples aztèques et incas à travers la destinée de cinq personnages : Malinalli (servante aztèque chez les incas), Xiquipilli (marchand inca), Ollin (prisonnier inca destiné aux sacrifices aztèques), Tolpizin et Chimalhuatl (aztèque préparant le retour du serpent à plumes). On sent que ces personnages ne sont pas choisis au hasard . . . le chemin de certains d’entre eux se croisent, d’autres pas. Malheureusement, ma méconnaissance de la culture inca et aztèque m’empêche de saisir toutes les références auxquelles cet album fait allusion. Néanmoins, sa lecture m’a été bien agréable (grâce aux planches superbes et à une narration prenante). Ce livre parlera davantage aux passionnés de ces civilisations révolues qui sauront l’apprécier à sa juste valeur.
Le Blog de Frantico
J'ai découvert Frantico vers fin Janvier quand son blog commençait à véritablement faire parler de lui. C'est devenu ensuite un véritable phénomène de mode qui vit son apogée par le voyage en Corée offert à Frantico pour un festival blog (véritable ou non, la polémique existe encore, je crois bien), voyage qui l'amènera à rencontrer l'amour et à mettre fin à son blog exhutoire. Mais qu'est-ce qui a fait le succès de ce blog ? Son approche graphique déjà. Semblable aux yeux d'un néophyte à des planches crayonnées au stylo sur un cahier et colorisée grossièrement, il s'avère pourtant que le trait est véritablement maîtrisé, faisant du simple quand il est compliqué d'obtenir une telle expressivité des personnages et décors. La mise en page, les points de vue, et même cette colorisation si spéciale (une texture de papier sopalin peint ?) sont excellents et amènent un réel plaisir de lecture à ces planches qui au premier coup d'oeil ne paient pas de mine. Mais c'est surtout l'humour et la franchise décomplexée de ces planches qui sont formidables. Le Frantico de ces histoires n'a absolument aucun complexe, affichant sa pratique de la masturbation et ses basses pensées avec un total naturel. Il cause souvent (sans arrêt ?) de cul, de merde, de phantasmes, d'égoïsme humain, s'appropriant tous ces inavouables défauts et les rendant hilarants et tellement véridiques. Récits exutoires, sans doute, mais ce qui est certain c'est qu'on s'attache très rapidement à Frantico malgré tous ces défauts et sa franchise proche du choquant. Et l'humour surtout est vraiment bon. Frantico parsème ses histoires crues et bassement instinctives de pensées philosophiques sur la vie quotidienne, les comportements humains, la société, une chasse d'eau, les poils de cul, n'importe quoi, et ça passe extrêmement bien tout en étant hilarant. Voilà pour dire que le blog de Frantico est excellent, c'est une chose. Mais ce blog est accessible gratuitement et dans son intégralité sur le net ! Alors est-ce que ça vaut vraiment la peine de payer 19 Euros pour avoir sur format papier quelque chose qui autrement est gratuit sur Internet ? Eh bien oui, en fait... D'abord parce que d'avoir une BD en album et format papier, c'est toujours plus agréable à lire, même si le blog de Frantico était prévu initialement pour être affiché sur un écran, avec un format et une pagination assez libre. Ensuite parce que c'est un bel objet solide et de bonne qualité. Et enfin parce que c'est surtout un pavé de plus de 280 pages et 19 euros pour un tel pavé composé de gags aussi bons, osés et originaux, c'est vraiment un prix tout à fait acceptable.
Planète Divine
Première chose qui me vient à l’esprit : c’est beau. Une planète imaginaire, une architecture d’inspiration asiatique et pré-colombienne, des véhicules volants en formes de jonques, le tout traité à l’aquarelle dans des teintes très douces, parfois peut-être un peu trop pâles et pas assez contrastées. Le traitement des personnages est lui aussi emprunt de finesse et d’élégance, notamment dans les attitudes et dans le modelé des visages. Un bémol toutefois, celui de Neya, la jeune héroïne, curieusement, n’est pas constant, tantôt rond, tantôt pointu, et sa tête me paraît hypertrophiée. Dommage. L’histoire : nous sommes dans une galaxie dont les planètes, peu à peu, tendent à disparaître, sans que leurs habitants aient pu, au préalable, regagner la planète des origines : la planète divine. Sur Silurie, la jeune Neyah est instruite depuis son enfance pour devenir Hiérophante, c’est-à-dire l’intermédiaire entre les êtres divins et son peuple, or l’une d’entre eux lui confie une mission : sauver son peuple des Absolones qui s’apprêtent à débarquer, en le guidant vers un plan spirituel supérieur, hors d’atteinte des envahisseurs. L’intrigue imaginée par Vincent Pompetti, dont c’est le premier album, est donc un savant dosage de violence, de poésie et de spiritualité. Seuls ceux qui ont foi en leurs créateurs et qui sont capables de s’élever au-delà des contingences matérielles et des ambitions personnelles, peuvent échapper aux Absolones. Cette BD possède un charme indéniable de par sa poésie et son dessin, je n'ai lu pour l'instant que le premier tome mais je lirais aussi le suivant quand je pourrais mettre la main dessus, mais je n’irais pas jusqu’à en recommander l’achat ; à vous de juger. “Nous sommes tous des pierres, parcelles de l’Univers, qui en se polissant deviennent des miroirs reflétant l’infini.” ...
Hikaru no Go
Après tout le bien que j'avais entendu de cette série, je me suis mise à la lecture avec l'espoir de retrouver les émotions ressenties quand je découvrais encore le shonen. Et le début m'a plutôt séduite. Les personnages, bien que parfois typiques du shonen, sont assez finement développés... L'histoire est intéressante et assez réaliste malgré l'élément fantastique (qui n'est finalement qu'un prétexte)... Les péripéties sont originales... Et je redécouvre avec plaisir un jeu avec lequel ma première rencontre avait été profondément ennuyeuse (expliqué dans un anglais approximatif par un coréen classé qui trouve ça évident et vous plante sur internet face à un adversaire classé également sans que vous ailliez compris les règles, tout un poème). Bref, j'aime ! Par contre, à partir du moment où Hikaru a des visées profesionnelles, on a toute une série de tomes quasi-uniquement consacrés à ses parties de Go... et au bout d'un moment ça lasse. Parce que moi le go je n'y connais rien. Et puis ce n'est même pas le problème : on me présenterai des parties de backgammon sur 600 pages ça me gonflerait quand même... Même si je sais jouer. Les derniers tomes du cycle retrouvent un peu de leur saveur, avec un ton plus émouvant, et en toile de fond le passage du héros dans une vie d'adulte. Bref, un manga agréable, mais dans lequel je n'ai pas trouvé le côté culte qu'on m'avait laissé espérer. A lire un fois, mais je réserverai mon achat à d'autres bd.
Mister I
J'étais doublement curieux de lire cette BD : d'abord parce que c'est la première de la nouvelle collection Shampoo dirigée par Trondheim, et ensuite parce que je me demandais vraiment ce que Trondheim allait pouvoir rajouter au concept déjà bien exploité dans Mister O. Alors ce que j'ai rapidement constaté, c'est qu'on peut vraiment considérer Mister I comme l'équivalent d'un tome 2 de Mister O. Même dessin minimaliste, même principe de gags sur un thème récurrent, même chute récurrente, même humour, même résultat. Les gags partent pourtant sur une base très simple au niveau des idées : Mister I a faim, il voit une pomme, une carotte ou autre et aimerait bien la manger mais la malchance s'acharne contre lui et il n'y arrivera jamais, et à la fin il meurt toujours. La lecture se fait avec le sourire car les idées et péripéties sont toujours bonnes comme d'habitude avec Trondheim, et je ne peux souvent pas m'empêcher d'au minimum pouffer de rire sur la toute dernière case de chaque page, à chaque apparition de la flaque de sang signifiant la mort de Mister I. Chaque planche a tellement de cases que même si c'est du muet, il y a une quantité de lecture non négligeable. Pourtant, comme pour Mister O, on rigole un moment mais à la longue, à force de voir le même thème répété, ça lasse un peu. Alors si vous le lisez, je vous conseille de le faire par petits morceaux, sans lire tout l'album d'un coup sous peine de perdre un peu trop vite vos bonnes impressions de départ. Marrant, typique de Trondheim, un peu trop similaire à Mister O mais une lecture mausante.
Chroniques aléatoires
Plus je lis du Bess, plus j'adore. Enfin, quand je dis du Bess, je veux surtout parler du Bess en solo et en noir et blanc. Celui qui se laisse aller sans garde-fou dans des délires graphiques et philosophiquo-humoristiques absolument sidérants. Ce livre est plein de vie de poésie et d'humour. Il est de ceux qui rendent la vie plus douce. Il n'a ni queue, ni tête, il est un renouvellement perpétuel, un émerveillement continu, malgré l'épaisseur de l'objet. A mon sens le meilleur livre de Georges Bess.
Eva Miranda
Eva Miranda est une parodie bien ficelée qui témoigne de la grande connaissance des auteurs pour leur sujet : le feuilleton populaire à deux sous façon "Amour, gloire et beauté" et "Santa Barbara". Le résultat est plutôt réjouissant : une avalanche de clichés à chaque page, des clins d'oeil dans chaque case, chaque réplique. L'intrigue principal n'est évidemment qu'un prétexte à la parodie, elle s’oublie assez vite une fois le livre refermé d'ailleurs, mais l'essentiel n'est pas là. Il est dans le dessin fabuleux de Giardino et le sens de l'humour acerbe du scénariste. Certaines répliques m'ont plié de rire.
Cyclopes
La couverture ne traduit pas forcément l'esprit de la bd. Je m'attendais en ouvrant l'album a trouver un récit type Travis version guerre, et en fait, j'ai surtout découvert une réflexion sur les dérives du rapport à l'image de nos sociétés et sur la mondialisation de l'économie. Et du coup, j'ai été agréablement surpris. Bien sûr l'histoire débute seulement, bien sûr les thèmes traités ne sont pas forcément révolutionnaires, mais côté bd, les incursions dans ces registres précis ne sont pas aussi courantes que cela. Les albums suivants nous permettront de mieux évaluer le potentiel de la série, mais d'ors et déjà, j'avoue que mon intérêt est piqué au vif. J'attends la suite avec impatience, en espérant qu'on ne dérive pas vers le type de certaines bd-manga ou l'action prime sur le reste. Côté graphisme, c'est nickel... Le style de Jacamon sert très bien le propos (comme c'était déjà le cas pour Le Tueur). En effet, son caractère anguleux est en adéquation parfaite avec le côté tranchant et incisif des opérations militaires décrites... Une série naissante à découvrir donc...
Gargouilles
Ce qui m'a conduit à lire cette série, c'est surtout le graphisme et la mise en couleur que je trouvais très lumineux et agréable. Et sur ce plan précis, les qualités de Gargouilles sont indéniables. Chaque planche caresse les yeux et participe au plaisir de la lecture. Côté narration, c'est sensiblement différent... Les idées de départ sont plaisantes, les personnages attachants, mais l'ensemble manque de liant... J'ai vraiment trouvé l'histoire confuse, au point que j'ai du à différents endroits revenir un peu en arrière pour voir ce que j'avais manqué comme informations... Cela dit je suis un adulte et un peu titilleur sur les bords... mais cette bd est certainement une bonne occasion pour les plus jeunes d'entrer dans un monde magique, plein d'êtres fantastiques. Même si je ne conseille pas forcément l'achat pour ceux qui aiment les histoires bien structurées et parfaitement maîtrisées sur le plan du récit, je pense que Gargouilles a tout ce qu'il faut pour plaire aux enfants. En plus, le gamin de l'histoire est très sympa...