Cette BD est la seule, jusqu’à ce jour et à ma connaissance, à proposer un comparatif d’une même planche (même histoire) dessinée par douze dessinateurs différents !
Le résultat est assez saisissant car les auteurs ont un style très différent les uns des autres. Pour cela, je ne peux que féliciter l’association « On a marché sur la bulle » pour ce choix varié des dessinateurs !
C’est ainsi qu’on retrouve un auteur japonais, un dessinateur allemand peu connu au trait complément farfelu (et très intéressant !) et un autre spécialisé dans la réalisation de comics. Personnellement, je n’ai de cesse de comparer et recomparer encore les planches, les apprentis dessinateurs vont se régaler ! Impossible d’avouer qui dessine le mieux, qui est le meilleur metteur en scène !
Pour ceux qui croient que cette idée de mettre en scène la même histoire par 12 dessinateurs différents serait trop répétitive, sachez que le scénario de Fabien Velhmann est parfaitement adapté à cet exercice de style. Il en explique d’ailleurs la façon dont il a appréhendé ce projet.
Le seul défaut de cette BD est, à mon avis, de proposer une bibliographie assez fournie des auteurs qui pourraient lasser les grands amateurs et connaisseurs de bandes-dessinées.
« Coïncidence » m'apparaît donc comme une BD novatrice réussie, je pense même que cette idée sera reprise par d’autres éditeurs. Encourageant !
"Le Tour de Valse" est avant tout une formidable histoire d'amour entre une femme et un homme qui ne parviendront jamais à prendre en main leur destin.
Cet homme, Vitor, se retrouvera au sortir de la guerre 40-45 dans un goulag pour un motif imaginé mais lourd de conséquence dans la vie de ce couple. Tout avait pourtant bien commencé pour Kalia et Vitor, ils s’étaient mariés par amour puis eurent deux magnifiques enfants… mais la 2ème guerre mondiale et la venue du stalinisme vont casser ce bonheur.
Le "tour de valse" se concentre sur la vie de Kalia et la recherche de son mari. Cette femme découvrira tour à tour les "compagnons" de cellule de Vitor, l'horreur du goulag et ses conséquences. Elle découvrira aussi des hommes et des femmes brisés, le silence, la honte, l'humiliation pour Vitor qui se rend compte qu’il se comporte comme un "singe" malgré lui, la peur de dire la vérité.
Ce livre est aussi une belle leçon de courage, d'espoir et d'amour. Le dessin de Pellejo est magnifique, il rend bien l'atmosphère inquiétante, dure et froide de la Russie. Cependant une remarque me vient à l'esprit, la révolution d'octobre est toujours symbolisée par les 3 couleurs suivantes : le rouge, le noir et le blanc. Ces couleurs sont très présentes dans cet album et dans d’autres qui parlent de ce pays, est-ce cela la Russie ? Cette ambiance de l'époque soviétique devient tellement banale et figée dans l’esprit des gens que je me demande si ça ne devient pas trop systématique !
L'histoire est un peu trop romancée mais les évènements et les faits de l'époque s’ils demeurent vraiment véridiques sont suffisamment touchants pour qu'on lise avec intérêt cet album. Rien que pour ça, cette BD, témoignage d'une époque peu glorieuse de l'URSS, est donc une réussite de plus dans la collection "Aire libre".
La scénariste Marzena Sowa n’est autre que l'héroïne de cette bédé.
Elle y raconte sa jeunesse en Pologne pendant les années 80. A cette époque, les denrées étaient assez rares et dès qu’un arrivage de n’importe quel produit était annoncé, tout le monde se précipitait ! J’ai beau avoir maintes fois entendu et réentendu ces difficultés pour dénicher un produit en Pologne à cette période, j’ai encore du mal à appréhender cela tellement c’est surréaliste pour un français !
Marzena parle aussi de la ferveur religieuse accentuée par la présence d’un pape polonais à la tête de l’église. Par conséquent, « Marzi » représente un bon témoignage sur la Pologne des années 80 à travers les yeux d’une jeune fille naïve de 8 ans. Ce qui est assez surprenant, c’est que malgré ces difficultés, les enfants et parfois même les adultes n’ont apparemment pas trop souffert de ces privations. J’ai retrouvé dans la bédé cette joie de vivre et d’être ensemble à l’image des aventures de Marzi et de ses copines dans l’immeuble où elle habitait.
Le dessin inhabituellement dépouillé (par rapport à "Al Togo") de Sylvain Savoia est extrêmement bien adapté à cette bédé. Je reproche toutefois cette voix off qui accompagne un peu trop souvent, à mon goût, la lecture de cette bédé même si c’est difficilement envisageable autrement.
« Marzi » est finalement une bonne bédé, témoignage sympa sur une Pologne des années 80. Décidément, je l’ai trouvé craquante notre petite « Marzi » !
Poursuivant ma lecture des anciennes BDs d'Uderzo, après Belloy, Luc Junior et avant Oumpah-Pah, c'est encore une bonne surprise que j'ai à la lecture de Jehan Pistolet. Décidément, cela réussit véritablement à Uderzo d'avoir Goscinny pour scénariste.
Au niveau du dessin et des couleurs, les deux premiers tomes de Jehan Pistolet font assez vieillots. Les personnages sont encore un petit peu réalistes et le résultat est assez mitigé. Mais en arrivant au 4e tome, Uderzo aura acquis son style moderne, celui d'Astérix, et autant les couleurs que les décors et les personnages deviendront très sympas et très modernes. Il me semble bien d'ailleurs que le personnage de Jehan Pistolet lui-même se retrouvera parmi l'équipage des pirates dans un album d'Astérix.
Au niveau du scénario, le thème de base est classique : des aventures de corsaires et de pirates. Jehan Pistolet et son équipage sont aux ordres du Roy de France et combattent les méchants pirates, traquent les espions ennemis ou partent en Amérique chercher un ingrédient pour un médicament. Raconté comme ça, ça parait assez basique et pas palpitant pour quelqu'un de blasé par les BDs d'aventure.
Mais ce sont surtout les personnages et l'humour qui caractérisent les scénarios de Goscinny.
L'équipage de Jehan Pistolet est en effet composé de personnages hétéroclites, allant du petit matelot ressemblant bigrement à Goscinny lui-même jusqu'au gros cuistot à toque, en passant par un perroquet unijambiste à la répartie cinglante qui sert de mascotte. L'humour est l'élément essentiel des histoires, de l'humour assez bon et de plus en plus présent au fur et à mesure des tomes, humour qui préfigure celui d'Astérix.
Il est d'ailleurs amusant de noter que, comme Luc Junior peu de temps avant, Jehan Pistolet se rendra également en Amérique pour son dernier tome, préfigurant là aussi la création de Oumpah-Pah et plus tard le voyage d'Astérix au pays des indiens.
Les premiers tomes de cette série ont un peu vieilli mais se lisent bien et l'ensemble de la série est vraiment pas mal pour une série un peu oubliée.
Je continue ma découverte des oeuvres de jeunesse de Goscinny et Uderzo, du moins de leurs oeuvres d'avant Astérix et avant même Oumpah-Pah. Après Belloy scénarisé par Charlier, je découvre ainsi "Luc Junior" publié une ou deux années après avec cette fois Goscinny au scénario, et je dois avouer avoir été agréablement surpris.
Déjà, au niveau du dessin, Uderzo commence à acquérir son style "moderne", celui d'Astérix. Les dessins sont ronds et dynamiques, les compositions claires et la narration visuelle très lisible. Alors que Belloy avait un aspect assez vieillot et désuet, Luc Junior parait très moderne en comparaison.
Ensuite, au niveau du scénario, il n'y a pas à dire : Goscinny, c'était un bon, quand même ! Là aussi, le récit a une touche assez moderne qui le rend très lisible de nos jours encore. Les scénarios sont simples et pas très originaux : deux journalistes, un vieux de la vieille et un jeune enthousiaste, vivent des aventures typiques du genre, envoyant des cambrioleurs en prison, visitant l'Amérique à la recherche d'un héritier disparu, etc... Mais le rythme et la narration sont très bons rendant la lecture agréable et pas ennuyeuse. Et surtout Goscinny, même s'il n'a pas encore l'humour excellent d'Astérix, nous crée quand même là des situations amusantes et des personnages assez bons, comme le chien de Luc Junior que je trouve bien marrant.
Bref, une série "Pêché de Jeunesse" de Goscinny et Uderzo, qui a un petit peu vieilli mais qui reste sympa et assez moderne pour son époque.
Cet album est une sorte de recueil de dessins d'humour à la façon des dessins de presse abordant tous les sujets qui préoccupent les médias et le monde depuis le début du 21e siècle.
Le dessin de Johan de Moor, tout en rondeur, n'est pas mal mais convient moyennement à des dessins à l'humour qui se voudrait parfois satyrique.
Mais cet album se lit surtout très vite et s'oublie tout aussi vite. L'humour de ces gags, en une image la plupart du temps, n'a rien ni de décalé ni d'original ni de cynique. Les sujets traités sont ultra bateaux puisqu'il s'agit de ce dont tous les médias parlent depuis quelques ans, un peu comme une BD sur Monica Lewinski à l'époque de Clinton.
Aucune page ne retient vraiment l'attention et j'ai ressenti plus d'ennui que d'envie de rire ou sourire en lisant cette BD. Je trouve d'ailleurs que son titre et sa couverture sont assez mensongers, manifestement destinés à tenter de rendre plus vendeur un simple recueil de dessins d'actualités sans réelle saveur.
Dispensable...
Le coup de coeur de la semaine.
C'est une histoire comme on aimerait en lire plus souvent, l'histoire d'un amour infini, qui même au-delà de l'éloignement, des différences, au-delà de la mort, ne cessera de grandir et perdurer. Julius est un personnage touchant, pas gâté par la vie, mais doté d'un coeur énorme, et on est heureux de voir un personnage comme ça traverser pour une heure ou deux notre vie. L'apect un peu "pâte à modeler" du dessin peut un petit peu rebuter à la première lecture, mais on l'oublie très rapidement pour plonger dans cette belle histoire, vite terminée. Mais c'est aussi sa force.
J'ai été très étonné par cette histoire. d'abord parce que Blutch ne s'est pas trop illustré dans ce genre, mais aussi parce qu'il réussit brillamment à retranscrire le style de récits fantastiques antiques, un style assez fascinant parfois. Le défaut vient selon moi d'un manque de régularité dans cette "adaptation" : un coup c'est très déclamatoire, limite pompeux, et ça en devient lourd, un coup c'est léger, primesautier, naturaliste, et c'en est charmant. On retrouve l'atmosphère de l'époque antique, les hommes se baladant sans slip, les jeunes beaux garçons qui font craquer les Alix (je parle du héros de BD, hein, pas du ouebmasteure du site marron) et les vieux qui ont du pouvoir. Dommage, car une plus grande constance dans le projet aurait été salutaire pour l'album.
Vous aimez le cinéma?
Vous avez vu American Beauty, Donnie Darko, Ice Storm (Ang Lee), Happiness (Todd Solondz), Lost High Way (D. Lynch), Las Vegas Parano, Orange Mécanique ou Pulp Fiction ?
Lisez "Le Roi des Mouches", le graphisme est époustouflant et sert admirablement le scénario.
Les détails sont très importants et offrent un commentaire, un contrepoint, un décalage à l'action du premier plan.
Encore un livre très proche du cinéma que ce soit au niveau du cadrage, des angles de vue qu'au niveau du scénario.
La jeunesse ambiante, une génération qui a depuis longtemps perdu ses illusions et s'enlise dans une sorte de pessimisme joyeux.
Le texte est très travaillé et rappelle l'univers de Bukowsky, de Fante ("Demande à la poussière").
A lire aussi des mêmes auteurs:
Deux tueurs sortis chez Delcourt (format à l'italienne)
Autant j'ai fini par apprécier et prendre en affection la série Blake et Mortimer, autant je n'ai jamais réussi à entrer dans l'histoire du Rayon U. Comme Spooky le fait remarquer ci-dessous, cette série rappelle énormément l'oeuvre majeure d'Edgar P. Jacobs mais ne fait que préfigurer à cette dernière, comme un essai encore un peu raté.
Le dessin est similaire à celui de Blake et Mortimer, de la ligne claire à l'ancienne un peu trop épurée et simple dans les décors à mon goût. Un style naïf et strict d'une époque révolue.
L'histoire, pour sa part, est toute aussi naïve et désuette. Monde perdu, science-fiction, fantastique, tout y est traité à la façon des comics d'antan avec une foultitude de rebondissements, de péripéties, de traitrises, d'actes héroïques, etc. Rien qui ne sache me captiver tant tout est parfaitement cliché dans le genre, même pour l'époque.
Mais c'est surtout la narration à laquelle il n'y a pas moyen pour moi d'accrocher. Non seulement l'histoire est désuette de nos jours, mais l'accumulation de texte narratif redondant avec l'image m'empêche totalement de la lire : c'est vraiment trop lourd.
Si Egard P. Jacobs n'avait pas ensuite connu le succès avec Blake et Mortimer, je suis persuadé que le Rayon U aurait sombré dans l'oubli comme une BD d'une autre époque qu'on feuillette avec un sourire compatissant sans jamais réussir à la lire.
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Coïncidence
Cette BD est la seule, jusqu’à ce jour et à ma connaissance, à proposer un comparatif d’une même planche (même histoire) dessinée par douze dessinateurs différents ! Le résultat est assez saisissant car les auteurs ont un style très différent les uns des autres. Pour cela, je ne peux que féliciter l’association « On a marché sur la bulle » pour ce choix varié des dessinateurs ! C’est ainsi qu’on retrouve un auteur japonais, un dessinateur allemand peu connu au trait complément farfelu (et très intéressant !) et un autre spécialisé dans la réalisation de comics. Personnellement, je n’ai de cesse de comparer et recomparer encore les planches, les apprentis dessinateurs vont se régaler ! Impossible d’avouer qui dessine le mieux, qui est le meilleur metteur en scène ! Pour ceux qui croient que cette idée de mettre en scène la même histoire par 12 dessinateurs différents serait trop répétitive, sachez que le scénario de Fabien Velhmann est parfaitement adapté à cet exercice de style. Il en explique d’ailleurs la façon dont il a appréhendé ce projet. Le seul défaut de cette BD est, à mon avis, de proposer une bibliographie assez fournie des auteurs qui pourraient lasser les grands amateurs et connaisseurs de bandes-dessinées. « Coïncidence » m'apparaît donc comme une BD novatrice réussie, je pense même que cette idée sera reprise par d’autres éditeurs. Encourageant !
Le Tour de Valse
"Le Tour de Valse" est avant tout une formidable histoire d'amour entre une femme et un homme qui ne parviendront jamais à prendre en main leur destin. Cet homme, Vitor, se retrouvera au sortir de la guerre 40-45 dans un goulag pour un motif imaginé mais lourd de conséquence dans la vie de ce couple. Tout avait pourtant bien commencé pour Kalia et Vitor, ils s’étaient mariés par amour puis eurent deux magnifiques enfants… mais la 2ème guerre mondiale et la venue du stalinisme vont casser ce bonheur. Le "tour de valse" se concentre sur la vie de Kalia et la recherche de son mari. Cette femme découvrira tour à tour les "compagnons" de cellule de Vitor, l'horreur du goulag et ses conséquences. Elle découvrira aussi des hommes et des femmes brisés, le silence, la honte, l'humiliation pour Vitor qui se rend compte qu’il se comporte comme un "singe" malgré lui, la peur de dire la vérité. Ce livre est aussi une belle leçon de courage, d'espoir et d'amour. Le dessin de Pellejo est magnifique, il rend bien l'atmosphère inquiétante, dure et froide de la Russie. Cependant une remarque me vient à l'esprit, la révolution d'octobre est toujours symbolisée par les 3 couleurs suivantes : le rouge, le noir et le blanc. Ces couleurs sont très présentes dans cet album et dans d’autres qui parlent de ce pays, est-ce cela la Russie ? Cette ambiance de l'époque soviétique devient tellement banale et figée dans l’esprit des gens que je me demande si ça ne devient pas trop systématique ! L'histoire est un peu trop romancée mais les évènements et les faits de l'époque s’ils demeurent vraiment véridiques sont suffisamment touchants pour qu'on lise avec intérêt cet album. Rien que pour ça, cette BD, témoignage d'une époque peu glorieuse de l'URSS, est donc une réussite de plus dans la collection "Aire libre".
Marzi
La scénariste Marzena Sowa n’est autre que l'héroïne de cette bédé. Elle y raconte sa jeunesse en Pologne pendant les années 80. A cette époque, les denrées étaient assez rares et dès qu’un arrivage de n’importe quel produit était annoncé, tout le monde se précipitait ! J’ai beau avoir maintes fois entendu et réentendu ces difficultés pour dénicher un produit en Pologne à cette période, j’ai encore du mal à appréhender cela tellement c’est surréaliste pour un français ! Marzena parle aussi de la ferveur religieuse accentuée par la présence d’un pape polonais à la tête de l’église. Par conséquent, « Marzi » représente un bon témoignage sur la Pologne des années 80 à travers les yeux d’une jeune fille naïve de 8 ans. Ce qui est assez surprenant, c’est que malgré ces difficultés, les enfants et parfois même les adultes n’ont apparemment pas trop souffert de ces privations. J’ai retrouvé dans la bédé cette joie de vivre et d’être ensemble à l’image des aventures de Marzi et de ses copines dans l’immeuble où elle habitait. Le dessin inhabituellement dépouillé (par rapport à "Al Togo") de Sylvain Savoia est extrêmement bien adapté à cette bédé. Je reproche toutefois cette voix off qui accompagne un peu trop souvent, à mon goût, la lecture de cette bédé même si c’est difficilement envisageable autrement. « Marzi » est finalement une bonne bédé, témoignage sympa sur une Pologne des années 80. Décidément, je l’ai trouvé craquante notre petite « Marzi » !
Jehan Pistolet
Poursuivant ma lecture des anciennes BDs d'Uderzo, après Belloy, Luc Junior et avant Oumpah-Pah, c'est encore une bonne surprise que j'ai à la lecture de Jehan Pistolet. Décidément, cela réussit véritablement à Uderzo d'avoir Goscinny pour scénariste. Au niveau du dessin et des couleurs, les deux premiers tomes de Jehan Pistolet font assez vieillots. Les personnages sont encore un petit peu réalistes et le résultat est assez mitigé. Mais en arrivant au 4e tome, Uderzo aura acquis son style moderne, celui d'Astérix, et autant les couleurs que les décors et les personnages deviendront très sympas et très modernes. Il me semble bien d'ailleurs que le personnage de Jehan Pistolet lui-même se retrouvera parmi l'équipage des pirates dans un album d'Astérix. Au niveau du scénario, le thème de base est classique : des aventures de corsaires et de pirates. Jehan Pistolet et son équipage sont aux ordres du Roy de France et combattent les méchants pirates, traquent les espions ennemis ou partent en Amérique chercher un ingrédient pour un médicament. Raconté comme ça, ça parait assez basique et pas palpitant pour quelqu'un de blasé par les BDs d'aventure. Mais ce sont surtout les personnages et l'humour qui caractérisent les scénarios de Goscinny. L'équipage de Jehan Pistolet est en effet composé de personnages hétéroclites, allant du petit matelot ressemblant bigrement à Goscinny lui-même jusqu'au gros cuistot à toque, en passant par un perroquet unijambiste à la répartie cinglante qui sert de mascotte. L'humour est l'élément essentiel des histoires, de l'humour assez bon et de plus en plus présent au fur et à mesure des tomes, humour qui préfigure celui d'Astérix. Il est d'ailleurs amusant de noter que, comme Luc Junior peu de temps avant, Jehan Pistolet se rendra également en Amérique pour son dernier tome, préfigurant là aussi la création de Oumpah-Pah et plus tard le voyage d'Astérix au pays des indiens. Les premiers tomes de cette série ont un peu vieilli mais se lisent bien et l'ensemble de la série est vraiment pas mal pour une série un peu oubliée.
Luc Junior
Je continue ma découverte des oeuvres de jeunesse de Goscinny et Uderzo, du moins de leurs oeuvres d'avant Astérix et avant même Oumpah-Pah. Après Belloy scénarisé par Charlier, je découvre ainsi "Luc Junior" publié une ou deux années après avec cette fois Goscinny au scénario, et je dois avouer avoir été agréablement surpris. Déjà, au niveau du dessin, Uderzo commence à acquérir son style "moderne", celui d'Astérix. Les dessins sont ronds et dynamiques, les compositions claires et la narration visuelle très lisible. Alors que Belloy avait un aspect assez vieillot et désuet, Luc Junior parait très moderne en comparaison. Ensuite, au niveau du scénario, il n'y a pas à dire : Goscinny, c'était un bon, quand même ! Là aussi, le récit a une touche assez moderne qui le rend très lisible de nos jours encore. Les scénarios sont simples et pas très originaux : deux journalistes, un vieux de la vieille et un jeune enthousiaste, vivent des aventures typiques du genre, envoyant des cambrioleurs en prison, visitant l'Amérique à la recherche d'un héritier disparu, etc... Mais le rythme et la narration sont très bons rendant la lecture agréable et pas ennuyeuse. Et surtout Goscinny, même s'il n'a pas encore l'humour excellent d'Astérix, nous crée quand même là des situations amusantes et des personnages assez bons, comme le chien de Luc Junior que je trouve bien marrant. Bref, une série "Pêché de Jeunesse" de Goscinny et Uderzo, qui a un petit peu vieilli mais qui reste sympa et assez moderne pour son époque.
Le 12 Septembre
Cet album est une sorte de recueil de dessins d'humour à la façon des dessins de presse abordant tous les sujets qui préoccupent les médias et le monde depuis le début du 21e siècle. Le dessin de Johan de Moor, tout en rondeur, n'est pas mal mais convient moyennement à des dessins à l'humour qui se voudrait parfois satyrique. Mais cet album se lit surtout très vite et s'oublie tout aussi vite. L'humour de ces gags, en une image la plupart du temps, n'a rien ni de décalé ni d'original ni de cynique. Les sujets traités sont ultra bateaux puisqu'il s'agit de ce dont tous les médias parlent depuis quelques ans, un peu comme une BD sur Monica Lewinski à l'époque de Clinton. Aucune page ne retient vraiment l'attention et j'ai ressenti plus d'ennui que d'envie de rire ou sourire en lisant cette BD. Je trouve d'ailleurs que son titre et sa couverture sont assez mensongers, manifestement destinés à tenter de rendre plus vendeur un simple recueil de dessins d'actualités sans réelle saveur. Dispensable...
La Voix
Le coup de coeur de la semaine. C'est une histoire comme on aimerait en lire plus souvent, l'histoire d'un amour infini, qui même au-delà de l'éloignement, des différences, au-delà de la mort, ne cessera de grandir et perdurer. Julius est un personnage touchant, pas gâté par la vie, mais doté d'un coeur énorme, et on est heureux de voir un personnage comme ça traverser pour une heure ou deux notre vie. L'apect un peu "pâte à modeler" du dessin peut un petit peu rebuter à la première lecture, mais on l'oublie très rapidement pour plonger dans cette belle histoire, vite terminée. Mais c'est aussi sa force.
Peplum
J'ai été très étonné par cette histoire. d'abord parce que Blutch ne s'est pas trop illustré dans ce genre, mais aussi parce qu'il réussit brillamment à retranscrire le style de récits fantastiques antiques, un style assez fascinant parfois. Le défaut vient selon moi d'un manque de régularité dans cette "adaptation" : un coup c'est très déclamatoire, limite pompeux, et ça en devient lourd, un coup c'est léger, primesautier, naturaliste, et c'en est charmant. On retrouve l'atmosphère de l'époque antique, les hommes se baladant sans slip, les jeunes beaux garçons qui font craquer les Alix (je parle du héros de BD, hein, pas du ouebmasteure du site marron) et les vieux qui ont du pouvoir. Dommage, car une plus grande constance dans le projet aurait été salutaire pour l'album.
Le Roi des Mouches
Vous aimez le cinéma? Vous avez vu American Beauty, Donnie Darko, Ice Storm (Ang Lee), Happiness (Todd Solondz), Lost High Way (D. Lynch), Las Vegas Parano, Orange Mécanique ou Pulp Fiction ? Lisez "Le Roi des Mouches", le graphisme est époustouflant et sert admirablement le scénario. Les détails sont très importants et offrent un commentaire, un contrepoint, un décalage à l'action du premier plan. Encore un livre très proche du cinéma que ce soit au niveau du cadrage, des angles de vue qu'au niveau du scénario. La jeunesse ambiante, une génération qui a depuis longtemps perdu ses illusions et s'enlise dans une sorte de pessimisme joyeux. Le texte est très travaillé et rappelle l'univers de Bukowsky, de Fante ("Demande à la poussière"). A lire aussi des mêmes auteurs: Deux tueurs sortis chez Delcourt (format à l'italienne)
Avant Blake et Mortimer (Le Rayon U)
Autant j'ai fini par apprécier et prendre en affection la série Blake et Mortimer, autant je n'ai jamais réussi à entrer dans l'histoire du Rayon U. Comme Spooky le fait remarquer ci-dessous, cette série rappelle énormément l'oeuvre majeure d'Edgar P. Jacobs mais ne fait que préfigurer à cette dernière, comme un essai encore un peu raté. Le dessin est similaire à celui de Blake et Mortimer, de la ligne claire à l'ancienne un peu trop épurée et simple dans les décors à mon goût. Un style naïf et strict d'une époque révolue. L'histoire, pour sa part, est toute aussi naïve et désuette. Monde perdu, science-fiction, fantastique, tout y est traité à la façon des comics d'antan avec une foultitude de rebondissements, de péripéties, de traitrises, d'actes héroïques, etc. Rien qui ne sache me captiver tant tout est parfaitement cliché dans le genre, même pour l'époque. Mais c'est surtout la narration à laquelle il n'y a pas moyen pour moi d'accrocher. Non seulement l'histoire est désuette de nos jours, mais l'accumulation de texte narratif redondant avec l'image m'empêche totalement de la lire : c'est vraiment trop lourd. Si Egard P. Jacobs n'avait pas ensuite connu le succès avec Blake et Mortimer, je suis persuadé que le Rayon U aurait sombré dans l'oubli comme une BD d'une autre époque qu'on feuillette avec un sourire compatissant sans jamais réussir à la lire.