J'étais curieux de découvrir ce pêché de jeunesse de Uderzo, bien avant Asterix et même avant Oumpah-Pah, d'autant plus que ce n'est pas n'importe qui au scénario puisque c'est Charlier, un Grand du scénario d'aventure.
Visuellement, on reconnait vaguement le trait qui deviendra celui d'Asterix. Les décors (les arbres notamment) et quelques personnages (notamment le Père Hoc) ont un air de déjà-vu. Mais pour le reste, il faut avouer que même s'il y a un certain début de maîtrise technique, le résultat n'est pas vraiment excellent et a pris un sacré coup de vieux visuellement parlant.
Quant au scénario, il est à mon goût largement trop porté sur l'aventure/action. Bon, il y a grosse part d'humour, mais de l'humour un peu naïf, presque façon tarte à la crême par moments notamment avec le Père Hoc qui joue le rôle du clown de service. Ca attire vaguement le sourire mais on est loin de l'humour de Goscinny. Surtout à cause du héros lui-même, Belloy, qui est quand même beau, fort façon noble chevalier : bien gentil mais relativement chiant comme personnage, quoi.
Et surtout les intrigues sont loin d'êre prenantes : elles ont mal vieilli elles aussi. Les scénarios sont cousus de fil blanc, et la narration manque nettement de rythme. Le récit n'est donc pas prenant pour un lecteur de nos jours.
Ce n'est pas une très mauvaise série mais je comprends sans peine qu'elle aie sombré dans l'oubli.
J'ai toujours été un grand fan de Kookaburra, le potentiel scénaristique de cette série m'a toujours impressionné.
Une grande attente pour le tome 4 et un changement de dessinateur m'a finalement profondément déçu.....
Ce n'est pas le dessin qui me déçoit, mais l'apparition d'imperfections, et d'erreurs dans le scénario...
Exemple: que devient l'amiral entre le T3 et le T4????????
A la fin du T3, l'amiral est enlevé avec le petit généralissime par Tahman, le chevalier sorcier et le Dakoid... ok, et la Dragan, la mère du petit, Skull, et Pieter se lancent à leur poursuite....ok encore.
Début du T4 (plusieurs années après en fait...bref passons), l'amiral n'est plus dans le vaisseau, mais tout simplement à bord de l'enclume......l'erreur est trop grossière
Cette BD aurait pu avoir 5 étoiles... dommage.
Yann se réclame comme le plus subversif des héritiers de Charlier... "Subversif" est peut-être un grand mot, mais cela correspond tout de même bien à l'esprit qui règne sur cette BD. La volonté affichée était bien, à l'époque, de choquer, de réveiller des consciences. Car faire une BD sur le SIDA, c'était déjà osé, à l'époque (1990), mais là ça versait dans l'ultra-outré (essayez de dire ça à vaix haute). Ceci dit, et même si certains gags m'ont fait rire (celui avec les Schtroumpfs par exemple, on a les références qu'on peut), la plupart m'ont semblé tout simplement grossiers et vains. Notons quand même le choc des cultures, avec les années 1980, celles de l'innocence, qui se frottent à la prise de conscience progressive (et un peu manichéenne parfois) qui caractérisera les années 1990.
Comme l'a souligné Ro, le dessin de Bodart était alors assez peu soigné, même s'il n'était pas désagréable à regarder.
"Rantanplan", le chien le plus bête que son ombre. Ahahah, mouais bof !
Différents scénaristes se relaient sur cette série : Léturgie, Fauche, Vittorio, De Groot, Adam et Leonardo. Les histoires mettent en scène les aventures et les gags du chien Rantanplan que l’on ne présente plus. Pour aviser cette série, il faut bien faire la différence entre les tomes gags et les tomes aventures.
Je trouve les Bêtisiers (un gag par demi page) vraiment très très mauvais, ça ne m’esquisse même pas un sourire (ça ne vaut même pas une étoile).
En revanche quelques uns des albums normaux (une histoire par tome), se laissent lire, comme par exemple : Les cerveaux qui n’est pas si mal. Mais bon, rien d’exceptionnel.
Au dessin, on retrouve bien sûr Morris associé à (selon les albums) Garcia, Janvier et Vittorio. C’est de la même trempe que les Lucky Luke.
Les couleurs du Studio Leonardo collent bien à l’univers de Morris. Mais je trouve qu’il y a un peu trop d’abus sur les dégradés vite fait à l’ordi qui rendent les fonds souvent très fades.
Je mets quand même deux étoiles pour les dessins de Morris et les deux trois albums potables sur les 16 parus.
Un début très prometteur cet album. J'ai tout de suite été emballé par l'histoire : songez... un savant dit l'Apothicaire, invente un procédé transformant les livres en boisson. "Il suffit de boire un litre de littérature pour en connaître le contenu" annonce le 4ème de couverture ; ce qui donne comme réflexion, par exemple, au personnage principal : "je boirais bien un polar".
Début prometteur car on pourrait s'attendre, basiquement, à une enquête du Mike Hammeur du pauvre (le détective Otto) sur la mort de son ami, le fameux Savant. Et bien non, le scénariste prend à contre-pied une histoire quasi convenue en nous entraînant dans une aventure invraisemblable dans une Pologne actuelle, loin des stéréotypes (elle est loin la grisaille... place au ciel bleu, voir page 14,et 21) mais non encore délivrée de l'architecture communiste (voir la bibliothèque, les immeubles etc.). Le tour de force de ce premier album(récompensé par le premier concours Européen de la BD organisé par Glénat et Arte) est de se faire rejoindre dans un format inhabituel (34 pages) deux histoires, voire trois avec la référence aux égouts et au livre déversé (page 1 et 34) avec l'impression d'avoir lu une BD de 62 pages! Bref, une première BD certes sur 34 pages mais très dense au niveau scénario et surtout servie par un dessin qui a de la gueule.
Pour moi, voilà l'exacte illustration du roman graphique selon Saint Ro. Un homme qui se dévoile, nous conte ses forces, mais aussi ses faiblesses, passe par de nombreuses étapes durant sa vie, expérimente, vit, souffre, gémit, pleure, rit, etc. Une personne qui apparaît dans toute sa complexité, dont le dandysme apparent se craquelle sous le poids des années, discute avec ses amis de ses déboires affectifs, essaie de régler ses problèmes, tout ça dans le désordre et un bordel incroyables.
Je ne sais si c'est la première BD de Pomès (il paraît que oui), mais il a fait mouche avec cet album si surprenant. Surprenant aussi sur le plan du graphisme, puisqu'il propose une histoire en bichromie à dominante verte, comme pour souligner l'esprit malade de son héros. Un (anti-)héros qui a envie de crier, à l'instar de Patrick Bruel : "j'ai mal à mon amour !". Et c'en est renversant, bien que l'on aie souvent une furieuse envie de botter le fondement à ce corniaud de Patrick. Tiens, au passage, une remarque sur un détail : le fait d'appeler un "rival" uniquement par son initiale m'a rappelé de sombres souvenirs, tellement vrais...
Pomès est un auteur à suivre.
Pas mal cette BD. Elle parle d'un fléau qui nous concerne tous un jour ou l'autre : la crise de la trentaine. A cet âge-là, on peut se sentir englué dans une certaine monotonie, un train-train médiocre, autant sur le plan professionnel qu'affectif. Drysdale montre bien ces sentiments : des moments de silence, entrecoupés de paroles aussi vaines qu'automatiques, des habitudes auto-destructrices... Et puis ces moments de pure confusion, ceux de la rupture, du chagrin, ceux où l'on comprend certaines choses. Le dessin, autant que le récit, se retrouve destructuré, cassé, réduit à quelques traits... C'est assez impressionnant de justesse, criant de vécu aussi. Il y a des scènes poignantes, comme celle où Pierre est entouré d'avatars de Karinne qui lui disent ses quatre vérités, celle de la rupture avec l'étudiante, où les mots ne sont pas dits, mais parfaitement représentés par Karinne que l'on voit partir... De la pudeur pure...
Cependant, je n'ai pas été bouleversé par cet album, où une certaine spécificité culturelle québécoise prend parfois le pas sur de l'universalité, ce qui fait que je n'ai pas compris certains éléments...
Un vrai petit bijou que cet album, passé totalement inaperçu. Les auteurs, pourtant, ont mis tout leur coeur et leur savoir-faire, pour raconter cette histoire d'amour à tiroirs.
C'est en effet une histoire d'amour à plusieurs niveaux : d'abord l'amour du prochain, surtout lorsqu'il vient d'ailleurs. Ici, ce sont les Zaïrois (habitants de l'ex-Congo belge) qui sont mis à l'honneur, au travers des personnages de Papa The Boss (bonhomme et paternel) et de Marie-Constance (tendre et sensuelle), mais aussi au travers du Père Mutien, moine défroqué qui a succombé aux charmes capiteux de l'Afrique. Avec en filigrane l'histoire médiocre de Vincent, cet étudiant maussade qui refuse de céder aux appels au plaisir de cette jeune femme noire... L'amour de l'Afrique, les auteurs l'évoquent plus directement au travers de quelques planches superbes, tant du point de vue du dessin, des couleurs et de la voix "off", qui nous permettent de suivre le parcours du Père Mutien.
Et c'est aussi l'amour de Liège, l'une des plus belles villes de la Wallonie, qui est ici sublimée, courtisée par le dessin et les couleurs chaudes de Warnauts et Raives, unis dans ce petit bonheur.
Une ode à la vie, à l'amour. Par les temps qui courent, ça fait du bien.
Du grand Bilal sur le plan du dessin qui apparemment ne cesse de s'améliorer ; quant au scénario, il est comme lui seul en fait : visionnaire, original, bon. Ses inconditionnels aimeront, les autres pourront être séduits, l'esthétique de cette série étant moins repoussante que les autres.
A lire.
Vraiment génial ! C’est plus qu'une simple BD, c'est un roman, une oeuvre qui mêle beaucoup de choses, dont une dose de philosophie, et qui force à la réflexion et l'introspection. Taniguchi use ici d'un vieux ressort : le voyage dans le temps, mais traité avec une profondeur inédite et de l'originalité, par exemple : le héros est M. Toutlemonde et il vit des évènements de M. Toulemonde. (pas de sur-homme qui peut changer le monde par son retour dans le passé) Et c'est par là que l'identification est si facile. Résultat, on est forcément pris par cette histoire.
Le dessin n'a lui rien d'original ni de remarquable, mais il faut avouer qu'il est sans fautes et convient bien à l'histoire.
Alors, en conclusion, oui, quartier lointain est bien culte ; pour preuve son succès qui est bien mérité.
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Belloy
J'étais curieux de découvrir ce pêché de jeunesse de Uderzo, bien avant Asterix et même avant Oumpah-Pah, d'autant plus que ce n'est pas n'importe qui au scénario puisque c'est Charlier, un Grand du scénario d'aventure. Visuellement, on reconnait vaguement le trait qui deviendra celui d'Asterix. Les décors (les arbres notamment) et quelques personnages (notamment le Père Hoc) ont un air de déjà-vu. Mais pour le reste, il faut avouer que même s'il y a un certain début de maîtrise technique, le résultat n'est pas vraiment excellent et a pris un sacré coup de vieux visuellement parlant. Quant au scénario, il est à mon goût largement trop porté sur l'aventure/action. Bon, il y a grosse part d'humour, mais de l'humour un peu naïf, presque façon tarte à la crême par moments notamment avec le Père Hoc qui joue le rôle du clown de service. Ca attire vaguement le sourire mais on est loin de l'humour de Goscinny. Surtout à cause du héros lui-même, Belloy, qui est quand même beau, fort façon noble chevalier : bien gentil mais relativement chiant comme personnage, quoi. Et surtout les intrigues sont loin d'êre prenantes : elles ont mal vieilli elles aussi. Les scénarios sont cousus de fil blanc, et la narration manque nettement de rythme. Le récit n'est donc pas prenant pour un lecteur de nos jours. Ce n'est pas une très mauvaise série mais je comprends sans peine qu'elle aie sombré dans l'oubli.
Kookaburra
J'ai toujours été un grand fan de Kookaburra, le potentiel scénaristique de cette série m'a toujours impressionné. Une grande attente pour le tome 4 et un changement de dessinateur m'a finalement profondément déçu..... Ce n'est pas le dessin qui me déçoit, mais l'apparition d'imperfections, et d'erreurs dans le scénario... Exemple: que devient l'amiral entre le T3 et le T4???????? A la fin du T3, l'amiral est enlevé avec le petit généralissime par Tahman, le chevalier sorcier et le Dakoid... ok, et la Dragan, la mère du petit, Skull, et Pieter se lancent à leur poursuite....ok encore. Début du T4 (plusieurs années après en fait...bref passons), l'amiral n'est plus dans le vaisseau, mais tout simplement à bord de l'enclume......l'erreur est trop grossière Cette BD aurait pu avoir 5 étoiles... dommage.
Nicotine Goudron
Yann se réclame comme le plus subversif des héritiers de Charlier... "Subversif" est peut-être un grand mot, mais cela correspond tout de même bien à l'esprit qui règne sur cette BD. La volonté affichée était bien, à l'époque, de choquer, de réveiller des consciences. Car faire une BD sur le SIDA, c'était déjà osé, à l'époque (1990), mais là ça versait dans l'ultra-outré (essayez de dire ça à vaix haute). Ceci dit, et même si certains gags m'ont fait rire (celui avec les Schtroumpfs par exemple, on a les références qu'on peut), la plupart m'ont semblé tout simplement grossiers et vains. Notons quand même le choc des cultures, avec les années 1980, celles de l'innocence, qui se frottent à la prise de conscience progressive (et un peu manichéenne parfois) qui caractérisera les années 1990. Comme l'a souligné Ro, le dessin de Bodart était alors assez peu soigné, même s'il n'était pas désagréable à regarder.
Rantanplan
"Rantanplan", le chien le plus bête que son ombre. Ahahah, mouais bof ! Différents scénaristes se relaient sur cette série : Léturgie, Fauche, Vittorio, De Groot, Adam et Leonardo. Les histoires mettent en scène les aventures et les gags du chien Rantanplan que l’on ne présente plus. Pour aviser cette série, il faut bien faire la différence entre les tomes gags et les tomes aventures. Je trouve les Bêtisiers (un gag par demi page) vraiment très très mauvais, ça ne m’esquisse même pas un sourire (ça ne vaut même pas une étoile). En revanche quelques uns des albums normaux (une histoire par tome), se laissent lire, comme par exemple : Les cerveaux qui n’est pas si mal. Mais bon, rien d’exceptionnel. Au dessin, on retrouve bien sûr Morris associé à (selon les albums) Garcia, Janvier et Vittorio. C’est de la même trempe que les Lucky Luke. Les couleurs du Studio Leonardo collent bien à l’univers de Morris. Mais je trouve qu’il y a un peu trop d’abus sur les dégradés vite fait à l’ordi qui rendent les fonds souvent très fades. Je mets quand même deux étoiles pour les dessins de Morris et les deux trois albums potables sur les 16 parus.
Les Extravagantes Enquêtes d'Otto et Watson
Un début très prometteur cet album. J'ai tout de suite été emballé par l'histoire : songez... un savant dit l'Apothicaire, invente un procédé transformant les livres en boisson. "Il suffit de boire un litre de littérature pour en connaître le contenu" annonce le 4ème de couverture ; ce qui donne comme réflexion, par exemple, au personnage principal : "je boirais bien un polar". Début prometteur car on pourrait s'attendre, basiquement, à une enquête du Mike Hammeur du pauvre (le détective Otto) sur la mort de son ami, le fameux Savant. Et bien non, le scénariste prend à contre-pied une histoire quasi convenue en nous entraînant dans une aventure invraisemblable dans une Pologne actuelle, loin des stéréotypes (elle est loin la grisaille... place au ciel bleu, voir page 14,et 21) mais non encore délivrée de l'architecture communiste (voir la bibliothèque, les immeubles etc.). Le tour de force de ce premier album(récompensé par le premier concours Européen de la BD organisé par Glénat et Arte) est de se faire rejoindre dans un format inhabituel (34 pages) deux histoires, voire trois avec la référence aux égouts et au livre déversé (page 1 et 34) avec l'impression d'avoir lu une BD de 62 pages! Bref, une première BD certes sur 34 pages mais très dense au niveau scénario et surtout servie par un dessin qui a de la gueule.
A la lettre près
Pour moi, voilà l'exacte illustration du roman graphique selon Saint Ro. Un homme qui se dévoile, nous conte ses forces, mais aussi ses faiblesses, passe par de nombreuses étapes durant sa vie, expérimente, vit, souffre, gémit, pleure, rit, etc. Une personne qui apparaît dans toute sa complexité, dont le dandysme apparent se craquelle sous le poids des années, discute avec ses amis de ses déboires affectifs, essaie de régler ses problèmes, tout ça dans le désordre et un bordel incroyables. Je ne sais si c'est la première BD de Pomès (il paraît que oui), mais il a fait mouche avec cet album si surprenant. Surprenant aussi sur le plan du graphisme, puisqu'il propose une histoire en bichromie à dominante verte, comme pour souligner l'esprit malade de son héros. Un (anti-)héros qui a envie de crier, à l'instar de Patrick Bruel : "j'ai mal à mon amour !". Et c'en est renversant, bien que l'on aie souvent une furieuse envie de botter le fondement à ce corniaud de Patrick. Tiens, au passage, une remarque sur un détail : le fait d'appeler un "rival" uniquement par son initiale m'a rappelé de sombres souvenirs, tellement vrais... Pomès est un auteur à suivre.
Un Moment d'intimité
Pas mal cette BD. Elle parle d'un fléau qui nous concerne tous un jour ou l'autre : la crise de la trentaine. A cet âge-là, on peut se sentir englué dans une certaine monotonie, un train-train médiocre, autant sur le plan professionnel qu'affectif. Drysdale montre bien ces sentiments : des moments de silence, entrecoupés de paroles aussi vaines qu'automatiques, des habitudes auto-destructrices... Et puis ces moments de pure confusion, ceux de la rupture, du chagrin, ceux où l'on comprend certaines choses. Le dessin, autant que le récit, se retrouve destructuré, cassé, réduit à quelques traits... C'est assez impressionnant de justesse, criant de vécu aussi. Il y a des scènes poignantes, comme celle où Pierre est entouré d'avatars de Karinne qui lui disent ses quatre vérités, celle de la rupture avec l'étudiante, où les mots ne sont pas dits, mais parfaitement représentés par Karinne que l'on voit partir... De la pudeur pure... Cependant, je n'ai pas été bouleversé par cet album, où une certaine spécificité culturelle québécoise prend parfois le pas sur de l'universalité, ce qui fait que je n'ai pas compris certains éléments...
Kin' la Belle
Un vrai petit bijou que cet album, passé totalement inaperçu. Les auteurs, pourtant, ont mis tout leur coeur et leur savoir-faire, pour raconter cette histoire d'amour à tiroirs. C'est en effet une histoire d'amour à plusieurs niveaux : d'abord l'amour du prochain, surtout lorsqu'il vient d'ailleurs. Ici, ce sont les Zaïrois (habitants de l'ex-Congo belge) qui sont mis à l'honneur, au travers des personnages de Papa The Boss (bonhomme et paternel) et de Marie-Constance (tendre et sensuelle), mais aussi au travers du Père Mutien, moine défroqué qui a succombé aux charmes capiteux de l'Afrique. Avec en filigrane l'histoire médiocre de Vincent, cet étudiant maussade qui refuse de céder aux appels au plaisir de cette jeune femme noire... L'amour de l'Afrique, les auteurs l'évoquent plus directement au travers de quelques planches superbes, tant du point de vue du dessin, des couleurs et de la voix "off", qui nous permettent de suivre le parcours du Père Mutien. Et c'est aussi l'amour de Liège, l'une des plus belles villes de la Wallonie, qui est ici sublimée, courtisée par le dessin et les couleurs chaudes de Warnauts et Raives, unis dans ce petit bonheur. Une ode à la vie, à l'amour. Par les temps qui courent, ça fait du bien.
Le Sommeil du Monstre
Du grand Bilal sur le plan du dessin qui apparemment ne cesse de s'améliorer ; quant au scénario, il est comme lui seul en fait : visionnaire, original, bon. Ses inconditionnels aimeront, les autres pourront être séduits, l'esthétique de cette série étant moins repoussante que les autres. A lire.
Quartier lointain
Vraiment génial ! C’est plus qu'une simple BD, c'est un roman, une oeuvre qui mêle beaucoup de choses, dont une dose de philosophie, et qui force à la réflexion et l'introspection. Taniguchi use ici d'un vieux ressort : le voyage dans le temps, mais traité avec une profondeur inédite et de l'originalité, par exemple : le héros est M. Toutlemonde et il vit des évènements de M. Toulemonde. (pas de sur-homme qui peut changer le monde par son retour dans le passé) Et c'est par là que l'identification est si facile. Résultat, on est forcément pris par cette histoire. Le dessin n'a lui rien d'original ni de remarquable, mais il faut avouer qu'il est sans fautes et convient bien à l'histoire. Alors, en conclusion, oui, quartier lointain est bien culte ; pour preuve son succès qui est bien mérité.