Première chose qui me vient à l’esprit : c’est beau. Une planète imaginaire, une architecture d’inspiration asiatique et pré-colombienne, des véhicules volants en formes de jonques, le tout traité à l’aquarelle dans des teintes très douces, parfois peut-être un peu trop pâles et pas assez contrastées. Le traitement des personnages est lui aussi emprunt de finesse et d’élégance, notamment dans les attitudes et dans le modelé des visages. Un bémol toutefois, celui de Neya, la jeune héroïne, curieusement, n’est pas constant, tantôt rond, tantôt pointu, et sa tête me paraît hypertrophiée. Dommage.
L’histoire : nous sommes dans une galaxie dont les planètes, peu à peu, tendent à disparaître, sans que leurs habitants aient pu, au préalable, regagner la planète des origines : la planète divine. Sur Silurie, la jeune Neyah est instruite depuis son enfance pour devenir Hiérophante, c’est-à-dire l’intermédiaire entre les êtres divins et son peuple, or l’une d’entre eux lui confie une mission : sauver son peuple des Absolones qui s’apprêtent à débarquer, en le guidant vers un plan spirituel supérieur, hors d’atteinte des envahisseurs. L’intrigue imaginée par Vincent Pompetti, dont c’est le premier album, est donc un savant dosage de violence, de poésie et de spiritualité. Seuls ceux qui ont foi en leurs créateurs et qui sont capables de s’élever au-delà des contingences matérielles et des ambitions personnelles, peuvent échapper aux Absolones. Cette BD possède un charme indéniable de par sa poésie et son dessin, je n'ai lu pour l'instant que le premier tome mais je lirais aussi le suivant quand je pourrais mettre la main dessus, mais je n’irais pas jusqu’à en recommander l’achat ; à vous de juger.
“Nous sommes tous des pierres, parcelles de l’Univers, qui en se polissant deviennent des miroirs reflétant l’infini.” ...
Après tout le bien que j'avais entendu de cette série, je me suis mise à la lecture avec l'espoir de retrouver les émotions ressenties quand je découvrais encore le shonen.
Et le début m'a plutôt séduite. Les personnages, bien que parfois typiques du shonen, sont assez finement développés... L'histoire est intéressante et assez réaliste malgré l'élément fantastique (qui n'est finalement qu'un prétexte)... Les péripéties sont originales... Et je redécouvre avec plaisir un jeu avec lequel ma première rencontre avait été profondément ennuyeuse (expliqué dans un anglais approximatif par un coréen classé qui trouve ça évident et vous plante sur internet face à un adversaire classé également sans que vous ailliez compris les règles, tout un poème). Bref, j'aime !
Par contre, à partir du moment où Hikaru a des visées profesionnelles, on a toute une série de tomes quasi-uniquement consacrés à ses parties de Go... et au bout d'un moment ça lasse. Parce que moi le go je n'y connais rien. Et puis ce n'est même pas le problème : on me présenterai des parties de backgammon sur 600 pages ça me gonflerait quand même... Même si je sais jouer.
Les derniers tomes du cycle retrouvent un peu de leur saveur, avec un ton plus émouvant, et en toile de fond le passage du héros dans une vie d'adulte.
Bref, un manga agréable, mais dans lequel je n'ai pas trouvé le côté culte qu'on m'avait laissé espérer. A lire un fois, mais je réserverai mon achat à d'autres bd.
J'étais doublement curieux de lire cette BD : d'abord parce que c'est la première de la nouvelle collection Shampoo dirigée par Trondheim, et ensuite parce que je me demandais vraiment ce que Trondheim allait pouvoir rajouter au concept déjà bien exploité dans Mister O.
Alors ce que j'ai rapidement constaté, c'est qu'on peut vraiment considérer Mister I comme l'équivalent d'un tome 2 de Mister O. Même dessin minimaliste, même principe de gags sur un thème récurrent, même chute récurrente, même humour, même résultat.
Les gags partent pourtant sur une base très simple au niveau des idées : Mister I a faim, il voit une pomme, une carotte ou autre et aimerait bien la manger mais la malchance s'acharne contre lui et il n'y arrivera jamais, et à la fin il meurt toujours. La lecture se fait avec le sourire car les idées et péripéties sont toujours bonnes comme d'habitude avec Trondheim, et je ne peux souvent pas m'empêcher d'au minimum pouffer de rire sur la toute dernière case de chaque page, à chaque apparition de la flaque de sang signifiant la mort de Mister I.
Chaque planche a tellement de cases que même si c'est du muet, il y a une quantité de lecture non négligeable.
Pourtant, comme pour Mister O, on rigole un moment mais à la longue, à force de voir le même thème répété, ça lasse un peu. Alors si vous le lisez, je vous conseille de le faire par petits morceaux, sans lire tout l'album d'un coup sous peine de perdre un peu trop vite vos bonnes impressions de départ.
Marrant, typique de Trondheim, un peu trop similaire à Mister O mais une lecture mausante.
Plus je lis du Bess, plus j'adore. Enfin, quand je dis du Bess, je veux surtout parler du Bess en solo et en noir et blanc. Celui qui se laisse aller sans garde-fou dans des délires graphiques et philosophiquo-humoristiques absolument sidérants. Ce livre est plein de vie de poésie et d'humour. Il est de ceux qui rendent la vie plus douce. Il n'a ni queue, ni tête, il est un renouvellement perpétuel, un émerveillement continu, malgré l'épaisseur de l'objet. A mon sens le meilleur livre de Georges Bess.
Eva Miranda est une parodie bien ficelée qui témoigne de la grande connaissance des auteurs pour leur sujet : le feuilleton populaire à deux sous façon "Amour, gloire et beauté" et "Santa Barbara". Le résultat est plutôt réjouissant : une avalanche de clichés à chaque page, des clins d'oeil dans chaque case, chaque réplique. L'intrigue principal n'est évidemment qu'un prétexte à la parodie, elle s’oublie assez vite une fois le livre refermé d'ailleurs, mais l'essentiel n'est pas là. Il est dans le dessin fabuleux de Giardino et le sens de l'humour acerbe du scénariste. Certaines répliques m'ont plié de rire.
La couverture ne traduit pas forcément l'esprit de la bd. Je m'attendais en ouvrant l'album a trouver un récit type Travis version guerre, et en fait, j'ai surtout découvert une réflexion sur les dérives du rapport à l'image de nos sociétés et sur la mondialisation de l'économie. Et du coup, j'ai été agréablement surpris.
Bien sûr l'histoire débute seulement, bien sûr les thèmes traités ne sont pas forcément révolutionnaires, mais côté bd, les incursions dans ces registres précis ne sont pas aussi courantes que cela. Les albums suivants nous permettront de mieux évaluer le potentiel de la série, mais d'ors et déjà, j'avoue que mon intérêt est piqué au vif. J'attends la suite avec impatience, en espérant qu'on ne dérive pas vers le type de certaines bd-manga ou l'action prime sur le reste.
Côté graphisme, c'est nickel... Le style de Jacamon sert très bien le propos (comme c'était déjà le cas pour Le Tueur). En effet, son caractère anguleux est en adéquation parfaite avec le côté tranchant et incisif des opérations militaires décrites...
Une série naissante à découvrir donc...
Ce qui m'a conduit à lire cette série, c'est surtout le graphisme et la mise en couleur que je trouvais très lumineux et agréable. Et sur ce plan précis, les qualités de Gargouilles sont indéniables. Chaque planche caresse les yeux et participe au plaisir de la lecture. Côté narration, c'est sensiblement différent... Les idées de départ sont plaisantes, les personnages attachants, mais l'ensemble manque de liant... J'ai vraiment trouvé l'histoire confuse, au point que j'ai du à différents endroits revenir un peu en arrière pour voir ce que j'avais manqué comme informations...
Cela dit je suis un adulte et un peu titilleur sur les bords... mais cette bd est certainement une bonne occasion pour les plus jeunes d'entrer dans un monde magique, plein d'êtres fantastiques.
Même si je ne conseille pas forcément l'achat pour ceux qui aiment les histoires bien structurées et parfaitement maîtrisées sur le plan du récit, je pense que Gargouilles a tout ce qu'il faut pour plaire aux enfants.
En plus, le gamin de l'histoire est très sympa...
Mouais... un dessin pas encore maîtrisé, des premières pages colorées pas très belles... ça va sûrement s'améliorer par la suite donc attendons avant de critiquer 8)
Après rien de très très neuf, on rigole pas mal dans cette histoire, l'humour est bien servi mais le noeud de l'histoire et l'énigme de la quête de la fille ne m'ont pas franchement intéressé... à lire pour l'humour ou pour passer le temps mais pas à acheter... vraiment rien de très neuf ou de très captivant !
"Le clan des Chimères", reprenons l’histoire à ces origines…
Corbeyran ajoute une troisième série dans son univers des Stryges. Mais comme pour Le Maître de Jeu, l’histoire se suffit à elle-même. Mais ceux qui suivent la série mère, seront heureux de découvrir l’enfance de Abeau et Cylinia de Roquebrune, frère et sœur énigmatiques de la saison 2 du Chant des Stryges. L’action se déroule au XIIIe siècle, une époque où l’inquisition fait rage. Religion, sorcière, stryges, descendances, fourberies, le ton est donné. L’intrigue mêlant médiéval et fantastique est vraiment très prenante.
Les dessins de Suro, je ne les ai pas aimés. Ils ne sont pas horribles, loin de là, mais je les trouve beaucoup trop statiques, les personnages sont figés. On va dire qu'ils sont suffisamment supportables pour suivre l'histoire.
Pareil pour les couleurs de Hubert et de Yannick. Même si elles sont correctes, à mes yeux, elles ne sauvent pas les dessins.
Je donne un petit 3/5 à cette série grâce au scénario qui réussit à me tenir en haleine.
Luc Leroi, les petites aventures d'un célibataire trentenaire "parano, rigolo, anti-héros et avec un nez en patate". Mélange du quotidien d'un jeune citadin un peu paumé et de quelques aventures sentimentales le plus souvent foireuses ou à sens unique. C'est un peu un ancêtre des romans graphiques actuels tels que Monsieur Jean et autres séries parlant de la vie quotidienne avec une petite touche d'aventure et une dose d'humour. Largement teinté de l'ambiance des années 80, je dois cependant admettre que je n'ai pas vraiment accroché à l'ensemble de la série Luc Leroi.
Le dessin évolue largement le long de la série qui fut entamée en 1980 pour la parution dans le magazine (A Suivre) et dont le dernier tome est paru en 2000. Proche de la ligne claire, il est un peu brouillon dans les premiers albums. Il deviendra cependant largement maîtrisé voire même très agréable visuellement parlant dans les derniers tomes, notamment au niveau des décors. Je trouve les personnages un peu moins réussis mais c'est surtout car J-C Denis cherche, semble-t-il, à les rendre réalistes en montrant leur médiocrité et leurs visages souvent ingrats.
La colorisation suivra le même chemin, assez moche au début pour devenir très sympathique à mes yeux vers la fin.
Globalement, je trouve quand même cette série bien dessinée et agréable à lire.
Concernant le scénario, étrangement, j'ai longtemps confondu Luc Leroi avec Bernard Lermite, un autre héros moderne créé, lui, par Martin Veyron. C'est sans doute la similitude dans le physique des personnages, leur vie urbaine, les histoires de femmes, leur côté looser et l'ambiance années 80 qu'ils partagent l'un et l'autre.
Passé ce côté anecdotique, les histoires de Luc Leroi me laissent assez froid. Sans réussir à m'attacher au personnage principal, je vais même jusqu'à avoir du mal à supporter sa bande d'amis qu'il fréquente. Le côté anti-héros du personnage principal m'exaspère et ne réussisse pas à le rendre vraiment sympathique à mes yeux. Quant à l'humour, il me fait relativement peu sourire.
Des histoires un peu trop "ambiance bobo parisienne des années 80" que je lis sans rentrer dedans, sans les trouver captivantes, mélangeant parfois une pointe d'agacement et parfois un peu d'interêt malgré tout.
Une série pas mauvaise mais qui sert plus à passer le temps me concernant.
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Planète Divine
Première chose qui me vient à l’esprit : c’est beau. Une planète imaginaire, une architecture d’inspiration asiatique et pré-colombienne, des véhicules volants en formes de jonques, le tout traité à l’aquarelle dans des teintes très douces, parfois peut-être un peu trop pâles et pas assez contrastées. Le traitement des personnages est lui aussi emprunt de finesse et d’élégance, notamment dans les attitudes et dans le modelé des visages. Un bémol toutefois, celui de Neya, la jeune héroïne, curieusement, n’est pas constant, tantôt rond, tantôt pointu, et sa tête me paraît hypertrophiée. Dommage. L’histoire : nous sommes dans une galaxie dont les planètes, peu à peu, tendent à disparaître, sans que leurs habitants aient pu, au préalable, regagner la planète des origines : la planète divine. Sur Silurie, la jeune Neyah est instruite depuis son enfance pour devenir Hiérophante, c’est-à-dire l’intermédiaire entre les êtres divins et son peuple, or l’une d’entre eux lui confie une mission : sauver son peuple des Absolones qui s’apprêtent à débarquer, en le guidant vers un plan spirituel supérieur, hors d’atteinte des envahisseurs. L’intrigue imaginée par Vincent Pompetti, dont c’est le premier album, est donc un savant dosage de violence, de poésie et de spiritualité. Seuls ceux qui ont foi en leurs créateurs et qui sont capables de s’élever au-delà des contingences matérielles et des ambitions personnelles, peuvent échapper aux Absolones. Cette BD possède un charme indéniable de par sa poésie et son dessin, je n'ai lu pour l'instant que le premier tome mais je lirais aussi le suivant quand je pourrais mettre la main dessus, mais je n’irais pas jusqu’à en recommander l’achat ; à vous de juger. “Nous sommes tous des pierres, parcelles de l’Univers, qui en se polissant deviennent des miroirs reflétant l’infini.” ...
Hikaru no Go
Après tout le bien que j'avais entendu de cette série, je me suis mise à la lecture avec l'espoir de retrouver les émotions ressenties quand je découvrais encore le shonen. Et le début m'a plutôt séduite. Les personnages, bien que parfois typiques du shonen, sont assez finement développés... L'histoire est intéressante et assez réaliste malgré l'élément fantastique (qui n'est finalement qu'un prétexte)... Les péripéties sont originales... Et je redécouvre avec plaisir un jeu avec lequel ma première rencontre avait été profondément ennuyeuse (expliqué dans un anglais approximatif par un coréen classé qui trouve ça évident et vous plante sur internet face à un adversaire classé également sans que vous ailliez compris les règles, tout un poème). Bref, j'aime ! Par contre, à partir du moment où Hikaru a des visées profesionnelles, on a toute une série de tomes quasi-uniquement consacrés à ses parties de Go... et au bout d'un moment ça lasse. Parce que moi le go je n'y connais rien. Et puis ce n'est même pas le problème : on me présenterai des parties de backgammon sur 600 pages ça me gonflerait quand même... Même si je sais jouer. Les derniers tomes du cycle retrouvent un peu de leur saveur, avec un ton plus émouvant, et en toile de fond le passage du héros dans une vie d'adulte. Bref, un manga agréable, mais dans lequel je n'ai pas trouvé le côté culte qu'on m'avait laissé espérer. A lire un fois, mais je réserverai mon achat à d'autres bd.
Mister I
J'étais doublement curieux de lire cette BD : d'abord parce que c'est la première de la nouvelle collection Shampoo dirigée par Trondheim, et ensuite parce que je me demandais vraiment ce que Trondheim allait pouvoir rajouter au concept déjà bien exploité dans Mister O. Alors ce que j'ai rapidement constaté, c'est qu'on peut vraiment considérer Mister I comme l'équivalent d'un tome 2 de Mister O. Même dessin minimaliste, même principe de gags sur un thème récurrent, même chute récurrente, même humour, même résultat. Les gags partent pourtant sur une base très simple au niveau des idées : Mister I a faim, il voit une pomme, une carotte ou autre et aimerait bien la manger mais la malchance s'acharne contre lui et il n'y arrivera jamais, et à la fin il meurt toujours. La lecture se fait avec le sourire car les idées et péripéties sont toujours bonnes comme d'habitude avec Trondheim, et je ne peux souvent pas m'empêcher d'au minimum pouffer de rire sur la toute dernière case de chaque page, à chaque apparition de la flaque de sang signifiant la mort de Mister I. Chaque planche a tellement de cases que même si c'est du muet, il y a une quantité de lecture non négligeable. Pourtant, comme pour Mister O, on rigole un moment mais à la longue, à force de voir le même thème répété, ça lasse un peu. Alors si vous le lisez, je vous conseille de le faire par petits morceaux, sans lire tout l'album d'un coup sous peine de perdre un peu trop vite vos bonnes impressions de départ. Marrant, typique de Trondheim, un peu trop similaire à Mister O mais une lecture mausante.
Chroniques aléatoires
Plus je lis du Bess, plus j'adore. Enfin, quand je dis du Bess, je veux surtout parler du Bess en solo et en noir et blanc. Celui qui se laisse aller sans garde-fou dans des délires graphiques et philosophiquo-humoristiques absolument sidérants. Ce livre est plein de vie de poésie et d'humour. Il est de ceux qui rendent la vie plus douce. Il n'a ni queue, ni tête, il est un renouvellement perpétuel, un émerveillement continu, malgré l'épaisseur de l'objet. A mon sens le meilleur livre de Georges Bess.
Eva Miranda
Eva Miranda est une parodie bien ficelée qui témoigne de la grande connaissance des auteurs pour leur sujet : le feuilleton populaire à deux sous façon "Amour, gloire et beauté" et "Santa Barbara". Le résultat est plutôt réjouissant : une avalanche de clichés à chaque page, des clins d'oeil dans chaque case, chaque réplique. L'intrigue principal n'est évidemment qu'un prétexte à la parodie, elle s’oublie assez vite une fois le livre refermé d'ailleurs, mais l'essentiel n'est pas là. Il est dans le dessin fabuleux de Giardino et le sens de l'humour acerbe du scénariste. Certaines répliques m'ont plié de rire.
Cyclopes
La couverture ne traduit pas forcément l'esprit de la bd. Je m'attendais en ouvrant l'album a trouver un récit type Travis version guerre, et en fait, j'ai surtout découvert une réflexion sur les dérives du rapport à l'image de nos sociétés et sur la mondialisation de l'économie. Et du coup, j'ai été agréablement surpris. Bien sûr l'histoire débute seulement, bien sûr les thèmes traités ne sont pas forcément révolutionnaires, mais côté bd, les incursions dans ces registres précis ne sont pas aussi courantes que cela. Les albums suivants nous permettront de mieux évaluer le potentiel de la série, mais d'ors et déjà, j'avoue que mon intérêt est piqué au vif. J'attends la suite avec impatience, en espérant qu'on ne dérive pas vers le type de certaines bd-manga ou l'action prime sur le reste. Côté graphisme, c'est nickel... Le style de Jacamon sert très bien le propos (comme c'était déjà le cas pour Le Tueur). En effet, son caractère anguleux est en adéquation parfaite avec le côté tranchant et incisif des opérations militaires décrites... Une série naissante à découvrir donc...
Gargouilles
Ce qui m'a conduit à lire cette série, c'est surtout le graphisme et la mise en couleur que je trouvais très lumineux et agréable. Et sur ce plan précis, les qualités de Gargouilles sont indéniables. Chaque planche caresse les yeux et participe au plaisir de la lecture. Côté narration, c'est sensiblement différent... Les idées de départ sont plaisantes, les personnages attachants, mais l'ensemble manque de liant... J'ai vraiment trouvé l'histoire confuse, au point que j'ai du à différents endroits revenir un peu en arrière pour voir ce que j'avais manqué comme informations... Cela dit je suis un adulte et un peu titilleur sur les bords... mais cette bd est certainement une bonne occasion pour les plus jeunes d'entrer dans un monde magique, plein d'êtres fantastiques. Même si je ne conseille pas forcément l'achat pour ceux qui aiment les histoires bien structurées et parfaitement maîtrisées sur le plan du récit, je pense que Gargouilles a tout ce qu'il faut pour plaire aux enfants. En plus, le gamin de l'histoire est très sympa...
Samurai Champloo
Mouais... un dessin pas encore maîtrisé, des premières pages colorées pas très belles... ça va sûrement s'améliorer par la suite donc attendons avant de critiquer 8) Après rien de très très neuf, on rigole pas mal dans cette histoire, l'humour est bien servi mais le noeud de l'histoire et l'énigme de la quête de la fille ne m'ont pas franchement intéressé... à lire pour l'humour ou pour passer le temps mais pas à acheter... vraiment rien de très neuf ou de très captivant !
Le Clan des chimères
"Le clan des Chimères", reprenons l’histoire à ces origines… Corbeyran ajoute une troisième série dans son univers des Stryges. Mais comme pour Le Maître de Jeu, l’histoire se suffit à elle-même. Mais ceux qui suivent la série mère, seront heureux de découvrir l’enfance de Abeau et Cylinia de Roquebrune, frère et sœur énigmatiques de la saison 2 du Chant des Stryges. L’action se déroule au XIIIe siècle, une époque où l’inquisition fait rage. Religion, sorcière, stryges, descendances, fourberies, le ton est donné. L’intrigue mêlant médiéval et fantastique est vraiment très prenante. Les dessins de Suro, je ne les ai pas aimés. Ils ne sont pas horribles, loin de là, mais je les trouve beaucoup trop statiques, les personnages sont figés. On va dire qu'ils sont suffisamment supportables pour suivre l'histoire. Pareil pour les couleurs de Hubert et de Yannick. Même si elles sont correctes, à mes yeux, elles ne sauvent pas les dessins. Je donne un petit 3/5 à cette série grâce au scénario qui réussit à me tenir en haleine.
Luc Leroi
Luc Leroi, les petites aventures d'un célibataire trentenaire "parano, rigolo, anti-héros et avec un nez en patate". Mélange du quotidien d'un jeune citadin un peu paumé et de quelques aventures sentimentales le plus souvent foireuses ou à sens unique. C'est un peu un ancêtre des romans graphiques actuels tels que Monsieur Jean et autres séries parlant de la vie quotidienne avec une petite touche d'aventure et une dose d'humour. Largement teinté de l'ambiance des années 80, je dois cependant admettre que je n'ai pas vraiment accroché à l'ensemble de la série Luc Leroi. Le dessin évolue largement le long de la série qui fut entamée en 1980 pour la parution dans le magazine (A Suivre) et dont le dernier tome est paru en 2000. Proche de la ligne claire, il est un peu brouillon dans les premiers albums. Il deviendra cependant largement maîtrisé voire même très agréable visuellement parlant dans les derniers tomes, notamment au niveau des décors. Je trouve les personnages un peu moins réussis mais c'est surtout car J-C Denis cherche, semble-t-il, à les rendre réalistes en montrant leur médiocrité et leurs visages souvent ingrats. La colorisation suivra le même chemin, assez moche au début pour devenir très sympathique à mes yeux vers la fin. Globalement, je trouve quand même cette série bien dessinée et agréable à lire. Concernant le scénario, étrangement, j'ai longtemps confondu Luc Leroi avec Bernard Lermite, un autre héros moderne créé, lui, par Martin Veyron. C'est sans doute la similitude dans le physique des personnages, leur vie urbaine, les histoires de femmes, leur côté looser et l'ambiance années 80 qu'ils partagent l'un et l'autre. Passé ce côté anecdotique, les histoires de Luc Leroi me laissent assez froid. Sans réussir à m'attacher au personnage principal, je vais même jusqu'à avoir du mal à supporter sa bande d'amis qu'il fréquente. Le côté anti-héros du personnage principal m'exaspère et ne réussisse pas à le rendre vraiment sympathique à mes yeux. Quant à l'humour, il me fait relativement peu sourire. Des histoires un peu trop "ambiance bobo parisienne des années 80" que je lis sans rentrer dedans, sans les trouver captivantes, mélangeant parfois une pointe d'agacement et parfois un peu d'interêt malgré tout. Une série pas mauvaise mais qui sert plus à passer le temps me concernant.