Comment débuter ma participation sinon par Tintin. J'ai appris à lire avec Tintin et même bien avant, aux dires de mes parents, car je ne m'en souviens forcément pas, j'ai appris à parler avec les personnages de Tintin. Ils étaient sur le calendrier du mur de la cuisine, il paraît qu'on me les montrait et je disais : « Tintin, Haddock, ... ». Après, je les ai tous lus, relus, re-relus quasiment à les connaître par cœur. À chaque fois c'était une aventure constamment renouvelée. Le plaisir de la découverte des premières lectures est vite remplacé par celui de l'attente impatiente des péripéties suivantes des prochaines pages, on s'en régale d'avance. Aujourd'hui encore, après quelques décennies, si je devais n'emmener qu'UNE série sur une île déserte... bref, on ne touche pas à Tintin !
Maintenant, si j'essaie de me détacher autant que je peux de l'affect pour appréhender l’œuvre d'Hergé, je trouve que, hormis les tout premiers, les récits sont sacrément bien construits. Les déroulements s'enchaînent, l'intensité dramatique se poursuit, entrecoupée de parenthèses d'humour en particulier avec les déboires du capitaine ou la surdité de Tournesol, mais le fil n'est jamais perdu et Hergé nous mène là où il veut. Un modèle du genre est le secret de la Licorne, aucun détail même d'arrière plan n'est laissé au hasard, c'est du grand art. Les bijoux de la Castafiore sont aussi ciselés à souhait.
Et le dessin, clair, Essentiel avec un grand E, rien de superflu. Avec la simple ligne claire et les aplats de couleurs, on a la moiteur des forêts tropicales et le sublime des neiges himalayennes. Des personnages tous trop trognons accompagnent Tintin, que demander de plus ?
Ah si, même si on pourrait reprocher le journal dans lequel travaillait Hergé, il n'empêche que Tintin est toujours du côté de l'opprimé, et l'affirme de plus en plus au fil des albums.
Mes préférés, tous à partir du Lotus bleu, mais surtout, on va dire dans l'ordre : le secret de la Licorne, les bijoux de la Castafiore, Tintin au Tibet, l'affaire Tournesol, l'étoile mystérieuse, l'île noire, le diptyque au Pérou, celui sur la lune... bref tous.
Rien que d'en parler, j'ai envie de me refaire la série, tiens, soirée cocooning Tintin aujourd'hui !
Je pense sincèrement que "Corto Maltese" est la BD la plus difficile à juger que j'aie jamais lue. Il s'agit indéniablement d'une œuvre unique, si différente et difficile d'accès qu'elle ne peut qu'être au centre de débats sans fin, entre haine et amour. Comme le soulignait justement Ju, c'est du quitte ou double en ce qui concerne ce marin à la boucle d'oreille. Et je comprends totalement les avis négatifs à ce sujet.
Et pourtant, je dois être honnête et dire que j'ai apprécié, réellement apprécié cette œuvre. Même si je lui trouve quelques défauts, ma note est le reflet autant de mon appréciation que la considération de celle-ci dans le monde de la Bande-dessinée en général. Pour cela, Corto Maltese est désormais culte.
Ce qui est amusant, c'est que j'ai gardé l'intégrale des albums (dans une magnifique collection pour les cinquante ans) pendant pratiquement six mois sur ma table de nuit, sans ouvrir ou me lancer dans la lecture. A la fois par la peur d'une attente trop grande, mais aussi rebuté par le dessin et l'aspect très poétique/rêveur. Cependant, je me suis finalement lancé, pour me faire happer pendant près d'une semaine par les différents albums, jusqu’à ressortir de ma lecture sur un petit nuage !
La lecture fut un réel plaisir, et j'ai réussi à passer outre les "défauts" de la BD qui la rendent souvent si inaccessible : le dessin qui peut réellement bloquer, par sa façon très particulière d'être, les nombreux dialogues parfois perchés et poétiques qui alourdissent le rythme, et bien sûr l'aspect très poétique et onirique de l'ensemble. Mais si l'on arrive à rentrer dedans, il se dégage de Corto Maltese quelque chose de magnifique, me donnant l'impression de lire les aventures du dernier des aventuriers. Parcourant le monde, rencontrant des personnes de tous bords et de tous genres, Corto Maltese s'en tire toujours, inchangé mais affecté par tout ce qu'il vit. Vieillissant au fur et à mesure des albums, il continue son parcours inlassable, plus intéressé par l'aventure que par le trésor, cherchant quelque chose qu'il ne trouvera jamais. Ce qui m'a énormément aidé, dans cette lecture, c'est que la collection que j'ai a eu l'ingénieuse idée de mettre en appendice de chaque album quelques notes sur les inspirations et hommages que Pratt rend dans son œuvre. Je me suis ainsi retrouvé à comprendre certaines répliques qui peuvent sembler parfois saugrenues, et comprendre également comment ces inspirations (souvent de romans d'aventures du XIXe siècle d'ailleurs) ont formé le personnage et le monde de Corto Maltese.
Cependant, j'ai tout de même une réserve sur les albums les plus poétiques et oniriques, souvent considérés comme les meilleurs de la série (Venise, Mu le dernier continent, ...) et qui m'ont nettement moins plu que certains autres albums qui sont, eux, beaucoup plus politiques dans leur message. Entre les guerres, où aucun camp n'est bon et tout le monde aussi écrasé par ce qu'il se passe, les révolutions partant d'une bonne volonté et détournées par le profit, l'intérêt personnel, la jalousie ou la trahison. Il y a une ambivalence qui traverse plusieurs albums, dans lesquels Corto Maltese se contente d'être spectateur d'un monde qui semble violent, cruel et froid avec ses protagonistes, et dans lequel il se contentera de survivre et appliquer sa morale. J'ai énormément apprécié ce qui se dégageait de Corto Maltese en Sibérie ou Les Celtiques, justement, où la petite histoire et la grande se mélangent avec une pointe d'amertume parfois bien sentie. Je suis ressorti de ces albums plein de questions, les yeux dans le vague et l'esprit divaguant.
Le dessin de Pratt est unique en son genre, et je suis de ceux qui adorent regarder des cases dont les compositions pourtant simples peuvent donner lieu à quelque chose d'enchanteur et de merveilleux. Je me suis laissé entraîner plus d'une fois dans la contemplation des images, bien qu'elles ne soient pas des plus détaillées ou des plus belles que j'aie jamais vues. Hugo Pratt a su capter quelque chose dans le regard, les gestes, l'attitude et la colorisation (j'ai la version couleur et j'en suis bien content !) qui capte mon regard. Une mélancolie imprègne les pages, une contemplation et un véritable sens de l'esthétique dans les paysages. Je me suis senti transporté dans les différents lieux qu'il représentait à chaque fois, sans aucun mal, et c'est fabuleux de pouvoir le faire aussi bien.
C'est d'ailleurs le gros point fort, selon moi, de cette série : l'ambiance et la façon dont elle sait me happer pour me plonger dedans. Corto Maltese est une série faite pour les rêveurs, les lecteurs qui se perdent dans leur lecture et les mélancoliques qui aiment sourire. Il y a quelque chose d'indescriptible qui passe à la lecture, qui me plonge dedans sans pouvoir me faire sortir. Et rien qu'en cela, je le trouve assez incroyable. Ce qui explique sûrement que ceux qui ne peuvent rentrer dedans soient si distants avec cette série. On ne peux que plonger ou rester sur le bord.
Corto Maltese est une série qui a fait date dans le monde de la bande-dessinée, et je comprends totalement pourquoi, maintenant que j'ai découvert toute la série et que j'ai eu le loisir de me plonger dedans, avec délice et en prenant mon temps. C'est le genre de série dont j'ai du mal à expliquer tout ce que je peux y trouver, j'arrêterais donc ici ma logorrhée en concluant sur ces simples mots : qu'est-ce que ce fut bon comme lecture !
Enfin, mon manga préféré du moment a droit à une traduction en français. J'ai découvert la série lorsqu'il a été adapté en anime il y a de ça un an et depuis je suis littéralement obsédé par cette série ! J'ai lu tous les chapitres que j'ai pu trouver sur internet et je vais même jusqu'à regarder les scans en japonais chaque fois qu'un chapitre sort même si je ne comprends pas du tout cette langue, je veux juste voir les images pour me faire un idée de ce qui arrive.
Iruma, c'est l'histoire d'un pauvre garçon qui se fait exploiter par ses parents depuis qu'il est tout petit et un jour ils vont même jusqu'à le vendre à un vieux démon. Le pauvre Iruma se retrouve en enfer et personne ne doit savoir qu'il est humain parce qu'il risque de se faire manger ! Sur cette idée de base, l'auteur crée un univers merveilleux, rempli de personnages attachants, la plupart des démons étant au final plus sympathiques que les humains ! Je ne sais pas trop comment l'expliquer, mais je ressens toujours de l'énergie positive lorsque je lis cette série. Il y a de très bons messages. Par exemple, Iruma a toujours fait ce que les autres lui ont dit de faire et il va apprendre à prendre ses propres décisions et avoir une motivation dans la vie qui n'est pas de faire ce que les autres lui disent de faire.
J'adore les personnages de cette série. Iruma, un très bon héros, ses amis Azz et Clara, la présidente de l'école Ameri... Je pourrais continuer ma liste pendant des heures. Ce que j'aime est que même les personnages secondaires ont droit à des moments de gloire et les caractères des personnages changent au fil des tomes, ne sont pas figés comme dans plusieurs shonen. Ainsi Iruma qui a peur d'être remarqué ne va pas avoir de problème lorsqu'il va finir par être l'élève le plus populaire de sa classe.
Il y a aussi le fait que ce shonen évite des clichés du genre. Un exemple : dans plein de mangas, le héros ou l’héroïne finit par inspirer les autres personnages qui vont changer alors que le héros ou l’héroïne ne change pas ou très peu. Ici, Iruma va faire le bien autour de lui, mais les autres lui font du bien. C'est la première fois qu'il a des amis, son parent adoptif le gâte et la présidente va changer sa vie en étant la première à lui demander ce qu'est sa motivation dans la vie.
C'est aussi un shonen où ce n'est pas qu'une suite de combats. Il y en a, mais le but du personnage principal n'est pas de devenir le plus fort par la faute. Iruma finit bien vite par avoir comme but dans la vie d'avoir le plus haut rang possible (les démons sont divisés en rang, de 1 jusqu'à 10) et on ne le devient pas juste en devenant super fort. On peut le devenir si on fait une belle présentation durant le festival de l'école ou en gagnant un match de ballon prisonnier.
Les différents arcs narratifs sont prenants, pas du tout répétitifs, remplis d'humour, d'un peu de drame et de bonne humeur. C'est aussi un des rares mangas pour garçon où les filles ne se retrouvent pas constamment nues. Le dessin est très bon, les expressions des visages des personnages sont excellentes ! Un manga rempli d'imagination qui me donne du plaisir et je le lirai jusqu'au bout même si ça finit en 100 tomes !
Ben mes aïeux voilà du lourd, du très lourd. Si l'on m'avait dit que je noterais de cette façon un comics coup de coeur qui plus est je ne l'aurais pas cru. Alors à tout seigneur tout honneur: Merci Mac Arthur c'est grâce à toi et ton avis que j'ai acheté les yeux fermés cette BD. Aucun regret.
Le monde des super-héros ne m'est pas le plus familier même si je possède quand même quelques bases. J'ai découvert le personnage de Harley Quinn par l'intermédiaire du film 'Suicide Squad' et j'avoue qu'outre la plastique de l'actrice qui interprète son rôle, le personnage Badass a de quoi réjouir les amateurs de trucs un peu déglingués.
Dans ce comics l'auteur croate Stjepan Sejic envoie du lourd sans jamais être lourdingue. Au démarrage j'avais un peu peur d'être assommé par un verbiage psychoneuro-patho je ne sais quoi pour expliquer les travers des méchants rencontrés au fil des pages. Mais non c'est bien à la personnalité de la jeune psy Harleen Quinzel que s'attache l'auteur. Il nous propose une jeune femme fragile cherchant au travers de son travail à s'accomplir. Il est rare de trouver dans les comics des personnages aussi fouillés avec une vraie psychologie.
On est fasciné par cette relation qui peu à peu s'installe entre Harleen et le Joker faite de faux-semblants mais qui envahit, détruit tout sur son passage.
Cette femme aux multiples facettes 'Arlequin' risque de rester longtemps dans nos mémoires de lecteurs tant elle est charismatique, belle et fragile.
A n'en pas douter un beau moment de lecture dont je fais mon coup de cœur du moment.
J'ai hésité un moment avant d'acheter, non pas l'album en tant que tel, mais cette version proposée par les éditions du Lombard, une version grand format, noir et blanc ou plutôt en bichromie. Et j'avoue ne pas avoir été déçu. Je ne dirai qu'un seul mot après la lecture de cet opus : sublime !
Avant de me lancer dans la lecture de "New York Cannibals", j'ai naturellement relu Little Tulip, véritable petit bijou de la bande dessinée.
Avec cette suite, Boucq et Charyn nous offrent un album flamboyant, encore meilleur que Little Tulip. Ici, nous retrouvons Pavel/Paul avec sa fille adoptive Azami qui s'est bien transformée. Mais les souvenirs de Goulag vont rapidement le rattraper.
Le rythme est bien soutenu, j'ai littéralement dévoré les 168 pages de l'album. Certes on va retrouver des personnages de Little Tulip mais aussi découvrir d'autres personnages attachants, comme l'étonnant Albatros qui joue un rôle important.
Pourtant le personnage principal ici ce n'est pas Pavel, Azami ou d'autres mais bien la ville de New York, ou plutôt ses bas-fonds, parfaitement illustrés par un Boucq très inspiré. D'ailleurs dans le dossier présent dans la version n&b, Charyn écrit : "le New York que nous présentons ici est une image miroir déformée du New York moderne... la ville s'est détraquée et plonge dans l'ombre des ténèbres..."
Évidemment, côté scénario, nous n'échappons pas aux références chamaniques, parfaitement assumées par Charyn et Boucq mais cela colle au scénario de manière éclatante.
Et que dire du dessin de Boucq. Avec le noir et blanc de cette édition, je suis resté époustouflé devant les planches. Le grand format permet d'admirer toute la beauté du trait de Boucq, dessinateur que j'ai pourtant mis beaucoup de temps à apprécier. Il faut ajouter qu'il s'agit d'un superbe objet éditorial, avec dos toilé. Il aura fallu la série Bouncer pour que je puisse me familiariser à son style.
Avec cet album, la rentrée débute bien. Un véritable coup de cœur en tout cas pour "New York Cannibals".
Je ne saurais classer de manière objective cette BD. Elle s'apparente à une série jeunesse, elle en partage de nombreux critères : le graphisme qui est tout mignon et tout en couleurs pastels, l'héroïne qui doit avoir moins de 10 ans, les personnages secondaires également mignons comme dans les contes pour enfants, et des protagonistes qui s'y expriment parfois comme des gamins qui s'inventeraient une histoire. Et pourtant j'ai été emporté par le récit, comme par une belle histoire qui remue des souvenirs d'enfance, des instincts ludiques et des rêves d'aventures où on joue à se faire peur.
Parle-t-elle davantage aux enfants ou plutôt aux adultes ?
Je n'en sais rien mais toujours est-il que j'ai été charmé.
C'est une longue aventure où il se passe beaucoup de choses. Cela commence comme un Voyage de Chihiro avec une jeune fille qui traverse un tunnel qui l'amène dans un monde de fantasy et puis cela continue comme dans un rêve ou plutôt comme dans une histoire qu'un parent raconterait à son enfant le soir puis que l'enfant guiderait lui-même pour l'amener là où ça lui fait plaisir. Elle est parsemée de petits éléments loufoques, à la manière de ces vermeilles, des petits poneys arc-en-ciel gourmands, insouciants et têtus, ou de ce jeu des Petits Chevaux grandeur réelle façon Alice au pays des Merveilles, mais aussi d'éléments plus cruels comme cette mère emprisonnée ou ce chat tyran qui griffe jusqu'au sang des enfants. Il y a de l'humour, un peu de frayeur, de l'aventure pas très sérieuse et d'autres fois de vrais dangers. C'est un beau melting-pot complètement dépaysant, entraînant comme une grande aventure qu'on prend plaisir à vivre et emplie aussi d'une jolie part de poésie, surtout sur la fin.
Pour une fois, je suis d'accord avec un prix d'Angoulême de ces dernières années ! Cet album là est vraiment chouette, et clairement pas destiné uniquement à la jeunesse.
Un titre énigmatique pour un manga culte.
Gunnm est pour moi l'énième démonstration de la suprématie des Japonais dans le genre du cyberpunk. Les chefs-d’œuvre sont légions : Ergo Proxy, Ghost in the Shell, Tehnolyze, Serial Experiment Lain, et bien évidemment l'indétrônable Akira.
Parue à la toute fin du siècle dernier, c'est l'une des premières séries nippones à s'être exportée avec succès en Occident : en parallèle avec Dragon Ball par exemple, on peut dire sans trop se tromper qu'elle a contribué à démocratiser le manga, et on ne lui en saurait trop gré !
Dans cette dystopie la Terre n'est plus qu'un immense no man's land infâme, dévasté par quelque catastrophe naturelle (il me semble) qui a laissé une population humaine affaiblie et misérable, qui en est réduit à survivre et vivoter dans des conditions miteuses et précaires comme de vulgaires ilotes. Au dessus de cet océan ininterrompu de déchéance, flotte Zalem, une sorte de cité mystérieuse et inaccessible , à la forme d'une toupie, ou d'autres humains vivent sans contact avec ceux d'en bas. Deux mondes qui se regardent sans se côtoyer : l'un avec envie et émerveillement, l'autre avec morgue et dédain. En haut l'élite technocratique aisée, en bas le lumpenprolétariat. Vraiment pas réjouissant...
A kuzuetsu, l'une des innombrables favelas du monde d'en bas, un cybernéticien va trouver dans une décharge le corps mutilé d'une cyborg. Il va la réparer entièrement , lui donner un nom et la prendre sous son aile comme sa propre fille. cependant Gally, puisque c'est ainsi qu'elle s'appelle désormais, se questionne sur elle même, sur son passé, et les circonstances impromptues vont l'amener à partir loin, dans une quête existentielle et identitaire.
Derrière cette superbe série se dessine en filigrane une subtile critique sociale et écologiste ou se mélangent pêle-mêle les inégalités, le darwinisme social et le struggle for life. Une satire, un miroir ou se reflètent toutes les tares de notre société contemporaine, ou les plus riches, les happy few, pètent dans la soie, dégradent l'environnement pour maintenir leur niveau de vie tout en abandonnant les plus pauvres dans leur fange où la pègre règne en shérif et ou le chaos et la violence sont le pain quotidien. D'ailleurs le sport favori à Kuzuetsu est emblématique de cette violence : le motorball, ou les cyborgs s'affrontent dans des joutes impitoyables et sanglantes sur des patins à roulettes.
L'intrigue est captivante, suffisamment rythmée pour que l'ennui ne pointe pas le bout de son nez même s'il y a quelques trous d'air , en particulier vers les tomes du milieu quand Gally s'aventure au dehors de la décharge. L'auteur arrive à insuffler un dynamisme qui s'exprime dans les scènes de combat, dans la violence graphique, toujours impressionnante mais jamais gratuite, dans les dessins vivants et les visages si expressifs, humains comme cyborgs.
Le dernier tome est génial et reste mon préféré d'entre tous : tout prend enfin sens, tous les fils du scénario se dénouent et les révélations s'enchaînent les unes après les autres : on se prend une succession d'uppercuts comme un boxeur groggy sur le ring. Magistral.
Un vrai coup de coeur pour ce manga, je suis tombé amoureux de cette androïde féminine (et féministe), cette femme à poigne à la recherche de son identité et de son humanité, qui grandira et avancera dans sa quête à chaque épreuve que le destin dressera devant elle.
Japanese cyberpunk is the fuck..g shit !
Philippe Pelaez est un passionné de cinéma et des classiques de la littérature anglaise notamment et cela se ressent dans cette série.
Il mêle habilement plusieurs personnages de la littérature : Zaroff, Shelley, Moreau... et construit finement une intrigue qui se dévoile juste assez pour nous faire attendre impatiemment la suite. Il sait en plus doser les rebondissements et les révélations.
Le dessin de Carlos Puerta rend très bien l'ambiance qui se dégage de l'histoire même si j'ai toujours un peu de mal avec les visages sur ce type d'illustration mais il faut reconnaître que même à ce niveau la qualité et la précision sont incroyables.
A voir sur les trois tomes mais c'est peut-être un futur classique
BAM ! C'te claque ! Ça c'est LA BD qui m'aura marqué cet été !
C'est en allant trainer chez mon libraire pour récupérer une commande que j'ai été attiré par cette couverture intrigante et un petit papillon "coup de coeur"... Feuilletage rapide et là, WOW !, rien que certaines planches m'ont fait ouvrir les yeux bieeeen grands ! Allez je prends ! Et j'ai bien fait !
Alors oui au début on comprend pas grand chose à ce qui se trame avec cette intro en flash back dans la jeunesse de notre future héroïne... Encore moins quand apparaît notre fameuse Karmen dans l'appartement où vient de se tailler les veines notre Catalina... Mais on se fait très rapidement happer par ce qu'on croit être un bad trip tant le dessin et la narration de Guillem March sont envoûtants. Son trait maîtrisé, sa colorisation un brin surannée dans les tons pastels roses, ses découpages et surtout ses cadrages... WOW !!! C'est juste hallucinant ! Et cette maîtrise de l'anatomie sous toutes ses coutures ! Impressionnant !
Mais sorti de ces qualités graphiques, Guillem March nous propose également une petite réflexion assez intéressante et bien amenée sur nos petites vies, nos sentiments, nos relations avec nos proches et bien sûr la mort. Tout cela est amené intelligemment, sans que cela soit trop lourd ni pesant. Ajoutez à cela un "personnage" original en la ville de Majorque qui sert de décor omniprésent au récit permettant à l'auteur de rendre un hommage assez vibrant à sa ville et vous obtenez ce petit bijou dont j'ai failli rater la lecture pour n'avoir pas entendu parler de cet album alors qu'il aurait mérité davantage.
A découvrir !
(4.5/5)
Une série dont le héros est un chercheur d'objets non pas d'art mais avec soit un pouvoir magique soit une symbolique historique. Ils ont tous un point commun, ils ont appartenu à un grand chef guerrier ou un homme de pouvoir.
Notre héros parcourt le monde avec une avidité sans borne pour retrouver ces objets.
J'ai lu l'intégrale qui se compose de 5 aventures, le scénario est toujours construit sur le même schéma avec à chaque fois un continent différent et un objet recherché qui possède un pouvoir spécifique.
Ces aventures situées aux quatre coins du monde avec un héros qui se déplace sans arrêt m'ont rappelé Corto Maltese mais la comparaison s'arrête là, leurs personnalités sont complètement différentes.
Le dessin en noir et blanc est juste incroyable, une précision des traits, des décors avec des perspectives qui vous donnent envie de voyager, la plupart des planches pourraient servir de couverture.
La représentation des personnages est proche du portrait y compris pour les personnages secondaires, les panoramas de montagnes sont tous travaillés avec des détails qui démontrent le talent et le travail de TOPPI.
Pour le dessin en noir et blanc cette bd est une référence.
Toppi est un auteur qui à chaque lecture m'a enchanté, pour l'ambiance avec Blues pour le scénario avec Sharaz-De et maintenant " Le collectionneur " pour le dessin.
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Les Aventures de Tintin
Comment débuter ma participation sinon par Tintin. J'ai appris à lire avec Tintin et même bien avant, aux dires de mes parents, car je ne m'en souviens forcément pas, j'ai appris à parler avec les personnages de Tintin. Ils étaient sur le calendrier du mur de la cuisine, il paraît qu'on me les montrait et je disais : « Tintin, Haddock, ... ». Après, je les ai tous lus, relus, re-relus quasiment à les connaître par cœur. À chaque fois c'était une aventure constamment renouvelée. Le plaisir de la découverte des premières lectures est vite remplacé par celui de l'attente impatiente des péripéties suivantes des prochaines pages, on s'en régale d'avance. Aujourd'hui encore, après quelques décennies, si je devais n'emmener qu'UNE série sur une île déserte... bref, on ne touche pas à Tintin ! Maintenant, si j'essaie de me détacher autant que je peux de l'affect pour appréhender l’œuvre d'Hergé, je trouve que, hormis les tout premiers, les récits sont sacrément bien construits. Les déroulements s'enchaînent, l'intensité dramatique se poursuit, entrecoupée de parenthèses d'humour en particulier avec les déboires du capitaine ou la surdité de Tournesol, mais le fil n'est jamais perdu et Hergé nous mène là où il veut. Un modèle du genre est le secret de la Licorne, aucun détail même d'arrière plan n'est laissé au hasard, c'est du grand art. Les bijoux de la Castafiore sont aussi ciselés à souhait. Et le dessin, clair, Essentiel avec un grand E, rien de superflu. Avec la simple ligne claire et les aplats de couleurs, on a la moiteur des forêts tropicales et le sublime des neiges himalayennes. Des personnages tous trop trognons accompagnent Tintin, que demander de plus ? Ah si, même si on pourrait reprocher le journal dans lequel travaillait Hergé, il n'empêche que Tintin est toujours du côté de l'opprimé, et l'affirme de plus en plus au fil des albums. Mes préférés, tous à partir du Lotus bleu, mais surtout, on va dire dans l'ordre : le secret de la Licorne, les bijoux de la Castafiore, Tintin au Tibet, l'affaire Tournesol, l'étoile mystérieuse, l'île noire, le diptyque au Pérou, celui sur la lune... bref tous. Rien que d'en parler, j'ai envie de me refaire la série, tiens, soirée cocooning Tintin aujourd'hui !
Corto Maltese
Je pense sincèrement que "Corto Maltese" est la BD la plus difficile à juger que j'aie jamais lue. Il s'agit indéniablement d'une œuvre unique, si différente et difficile d'accès qu'elle ne peut qu'être au centre de débats sans fin, entre haine et amour. Comme le soulignait justement Ju, c'est du quitte ou double en ce qui concerne ce marin à la boucle d'oreille. Et je comprends totalement les avis négatifs à ce sujet. Et pourtant, je dois être honnête et dire que j'ai apprécié, réellement apprécié cette œuvre. Même si je lui trouve quelques défauts, ma note est le reflet autant de mon appréciation que la considération de celle-ci dans le monde de la Bande-dessinée en général. Pour cela, Corto Maltese est désormais culte. Ce qui est amusant, c'est que j'ai gardé l'intégrale des albums (dans une magnifique collection pour les cinquante ans) pendant pratiquement six mois sur ma table de nuit, sans ouvrir ou me lancer dans la lecture. A la fois par la peur d'une attente trop grande, mais aussi rebuté par le dessin et l'aspect très poétique/rêveur. Cependant, je me suis finalement lancé, pour me faire happer pendant près d'une semaine par les différents albums, jusqu’à ressortir de ma lecture sur un petit nuage ! La lecture fut un réel plaisir, et j'ai réussi à passer outre les "défauts" de la BD qui la rendent souvent si inaccessible : le dessin qui peut réellement bloquer, par sa façon très particulière d'être, les nombreux dialogues parfois perchés et poétiques qui alourdissent le rythme, et bien sûr l'aspect très poétique et onirique de l'ensemble. Mais si l'on arrive à rentrer dedans, il se dégage de Corto Maltese quelque chose de magnifique, me donnant l'impression de lire les aventures du dernier des aventuriers. Parcourant le monde, rencontrant des personnes de tous bords et de tous genres, Corto Maltese s'en tire toujours, inchangé mais affecté par tout ce qu'il vit. Vieillissant au fur et à mesure des albums, il continue son parcours inlassable, plus intéressé par l'aventure que par le trésor, cherchant quelque chose qu'il ne trouvera jamais. Ce qui m'a énormément aidé, dans cette lecture, c'est que la collection que j'ai a eu l'ingénieuse idée de mettre en appendice de chaque album quelques notes sur les inspirations et hommages que Pratt rend dans son œuvre. Je me suis ainsi retrouvé à comprendre certaines répliques qui peuvent sembler parfois saugrenues, et comprendre également comment ces inspirations (souvent de romans d'aventures du XIXe siècle d'ailleurs) ont formé le personnage et le monde de Corto Maltese. Cependant, j'ai tout de même une réserve sur les albums les plus poétiques et oniriques, souvent considérés comme les meilleurs de la série (Venise, Mu le dernier continent, ...) et qui m'ont nettement moins plu que certains autres albums qui sont, eux, beaucoup plus politiques dans leur message. Entre les guerres, où aucun camp n'est bon et tout le monde aussi écrasé par ce qu'il se passe, les révolutions partant d'une bonne volonté et détournées par le profit, l'intérêt personnel, la jalousie ou la trahison. Il y a une ambivalence qui traverse plusieurs albums, dans lesquels Corto Maltese se contente d'être spectateur d'un monde qui semble violent, cruel et froid avec ses protagonistes, et dans lequel il se contentera de survivre et appliquer sa morale. J'ai énormément apprécié ce qui se dégageait de Corto Maltese en Sibérie ou Les Celtiques, justement, où la petite histoire et la grande se mélangent avec une pointe d'amertume parfois bien sentie. Je suis ressorti de ces albums plein de questions, les yeux dans le vague et l'esprit divaguant. Le dessin de Pratt est unique en son genre, et je suis de ceux qui adorent regarder des cases dont les compositions pourtant simples peuvent donner lieu à quelque chose d'enchanteur et de merveilleux. Je me suis laissé entraîner plus d'une fois dans la contemplation des images, bien qu'elles ne soient pas des plus détaillées ou des plus belles que j'aie jamais vues. Hugo Pratt a su capter quelque chose dans le regard, les gestes, l'attitude et la colorisation (j'ai la version couleur et j'en suis bien content !) qui capte mon regard. Une mélancolie imprègne les pages, une contemplation et un véritable sens de l'esthétique dans les paysages. Je me suis senti transporté dans les différents lieux qu'il représentait à chaque fois, sans aucun mal, et c'est fabuleux de pouvoir le faire aussi bien. C'est d'ailleurs le gros point fort, selon moi, de cette série : l'ambiance et la façon dont elle sait me happer pour me plonger dedans. Corto Maltese est une série faite pour les rêveurs, les lecteurs qui se perdent dans leur lecture et les mélancoliques qui aiment sourire. Il y a quelque chose d'indescriptible qui passe à la lecture, qui me plonge dedans sans pouvoir me faire sortir. Et rien qu'en cela, je le trouve assez incroyable. Ce qui explique sûrement que ceux qui ne peuvent rentrer dedans soient si distants avec cette série. On ne peux que plonger ou rester sur le bord. Corto Maltese est une série qui a fait date dans le monde de la bande-dessinée, et je comprends totalement pourquoi, maintenant que j'ai découvert toute la série et que j'ai eu le loisir de me plonger dedans, avec délice et en prenant mon temps. C'est le genre de série dont j'ai du mal à expliquer tout ce que je peux y trouver, j'arrêterais donc ici ma logorrhée en concluant sur ces simples mots : qu'est-ce que ce fut bon comme lecture !
Iruma à l'école des démons
Enfin, mon manga préféré du moment a droit à une traduction en français. J'ai découvert la série lorsqu'il a été adapté en anime il y a de ça un an et depuis je suis littéralement obsédé par cette série ! J'ai lu tous les chapitres que j'ai pu trouver sur internet et je vais même jusqu'à regarder les scans en japonais chaque fois qu'un chapitre sort même si je ne comprends pas du tout cette langue, je veux juste voir les images pour me faire un idée de ce qui arrive. Iruma, c'est l'histoire d'un pauvre garçon qui se fait exploiter par ses parents depuis qu'il est tout petit et un jour ils vont même jusqu'à le vendre à un vieux démon. Le pauvre Iruma se retrouve en enfer et personne ne doit savoir qu'il est humain parce qu'il risque de se faire manger ! Sur cette idée de base, l'auteur crée un univers merveilleux, rempli de personnages attachants, la plupart des démons étant au final plus sympathiques que les humains ! Je ne sais pas trop comment l'expliquer, mais je ressens toujours de l'énergie positive lorsque je lis cette série. Il y a de très bons messages. Par exemple, Iruma a toujours fait ce que les autres lui ont dit de faire et il va apprendre à prendre ses propres décisions et avoir une motivation dans la vie qui n'est pas de faire ce que les autres lui disent de faire. J'adore les personnages de cette série. Iruma, un très bon héros, ses amis Azz et Clara, la présidente de l'école Ameri... Je pourrais continuer ma liste pendant des heures. Ce que j'aime est que même les personnages secondaires ont droit à des moments de gloire et les caractères des personnages changent au fil des tomes, ne sont pas figés comme dans plusieurs shonen. Ainsi Iruma qui a peur d'être remarqué ne va pas avoir de problème lorsqu'il va finir par être l'élève le plus populaire de sa classe. Il y a aussi le fait que ce shonen évite des clichés du genre. Un exemple : dans plein de mangas, le héros ou l’héroïne finit par inspirer les autres personnages qui vont changer alors que le héros ou l’héroïne ne change pas ou très peu. Ici, Iruma va faire le bien autour de lui, mais les autres lui font du bien. C'est la première fois qu'il a des amis, son parent adoptif le gâte et la présidente va changer sa vie en étant la première à lui demander ce qu'est sa motivation dans la vie. C'est aussi un shonen où ce n'est pas qu'une suite de combats. Il y en a, mais le but du personnage principal n'est pas de devenir le plus fort par la faute. Iruma finit bien vite par avoir comme but dans la vie d'avoir le plus haut rang possible (les démons sont divisés en rang, de 1 jusqu'à 10) et on ne le devient pas juste en devenant super fort. On peut le devenir si on fait une belle présentation durant le festival de l'école ou en gagnant un match de ballon prisonnier. Les différents arcs narratifs sont prenants, pas du tout répétitifs, remplis d'humour, d'un peu de drame et de bonne humeur. C'est aussi un des rares mangas pour garçon où les filles ne se retrouvent pas constamment nues. Le dessin est très bon, les expressions des visages des personnages sont excellentes ! Un manga rempli d'imagination qui me donne du plaisir et je le lirai jusqu'au bout même si ça finit en 100 tomes !
Harleen
Ben mes aïeux voilà du lourd, du très lourd. Si l'on m'avait dit que je noterais de cette façon un comics coup de coeur qui plus est je ne l'aurais pas cru. Alors à tout seigneur tout honneur: Merci Mac Arthur c'est grâce à toi et ton avis que j'ai acheté les yeux fermés cette BD. Aucun regret. Le monde des super-héros ne m'est pas le plus familier même si je possède quand même quelques bases. J'ai découvert le personnage de Harley Quinn par l'intermédiaire du film 'Suicide Squad' et j'avoue qu'outre la plastique de l'actrice qui interprète son rôle, le personnage Badass a de quoi réjouir les amateurs de trucs un peu déglingués. Dans ce comics l'auteur croate Stjepan Sejic envoie du lourd sans jamais être lourdingue. Au démarrage j'avais un peu peur d'être assommé par un verbiage psychoneuro-patho je ne sais quoi pour expliquer les travers des méchants rencontrés au fil des pages. Mais non c'est bien à la personnalité de la jeune psy Harleen Quinzel que s'attache l'auteur. Il nous propose une jeune femme fragile cherchant au travers de son travail à s'accomplir. Il est rare de trouver dans les comics des personnages aussi fouillés avec une vraie psychologie. On est fasciné par cette relation qui peu à peu s'installe entre Harleen et le Joker faite de faux-semblants mais qui envahit, détruit tout sur son passage. Cette femme aux multiples facettes 'Arlequin' risque de rester longtemps dans nos mémoires de lecteurs tant elle est charismatique, belle et fragile. A n'en pas douter un beau moment de lecture dont je fais mon coup de cœur du moment.
New York cannibals
J'ai hésité un moment avant d'acheter, non pas l'album en tant que tel, mais cette version proposée par les éditions du Lombard, une version grand format, noir et blanc ou plutôt en bichromie. Et j'avoue ne pas avoir été déçu. Je ne dirai qu'un seul mot après la lecture de cet opus : sublime ! Avant de me lancer dans la lecture de "New York Cannibals", j'ai naturellement relu Little Tulip, véritable petit bijou de la bande dessinée. Avec cette suite, Boucq et Charyn nous offrent un album flamboyant, encore meilleur que Little Tulip. Ici, nous retrouvons Pavel/Paul avec sa fille adoptive Azami qui s'est bien transformée. Mais les souvenirs de Goulag vont rapidement le rattraper. Le rythme est bien soutenu, j'ai littéralement dévoré les 168 pages de l'album. Certes on va retrouver des personnages de Little Tulip mais aussi découvrir d'autres personnages attachants, comme l'étonnant Albatros qui joue un rôle important. Pourtant le personnage principal ici ce n'est pas Pavel, Azami ou d'autres mais bien la ville de New York, ou plutôt ses bas-fonds, parfaitement illustrés par un Boucq très inspiré. D'ailleurs dans le dossier présent dans la version n&b, Charyn écrit : "le New York que nous présentons ici est une image miroir déformée du New York moderne... la ville s'est détraquée et plonge dans l'ombre des ténèbres..." Évidemment, côté scénario, nous n'échappons pas aux références chamaniques, parfaitement assumées par Charyn et Boucq mais cela colle au scénario de manière éclatante. Et que dire du dessin de Boucq. Avec le noir et blanc de cette édition, je suis resté époustouflé devant les planches. Le grand format permet d'admirer toute la beauté du trait de Boucq, dessinateur que j'ai pourtant mis beaucoup de temps à apprécier. Il faut ajouter qu'il s'agit d'un superbe objet éditorial, avec dos toilé. Il aura fallu la série Bouncer pour que je puisse me familiariser à son style. Avec cet album, la rentrée débute bien. Un véritable coup de cœur en tout cas pour "New York Cannibals".
Les Vermeilles
Je ne saurais classer de manière objective cette BD. Elle s'apparente à une série jeunesse, elle en partage de nombreux critères : le graphisme qui est tout mignon et tout en couleurs pastels, l'héroïne qui doit avoir moins de 10 ans, les personnages secondaires également mignons comme dans les contes pour enfants, et des protagonistes qui s'y expriment parfois comme des gamins qui s'inventeraient une histoire. Et pourtant j'ai été emporté par le récit, comme par une belle histoire qui remue des souvenirs d'enfance, des instincts ludiques et des rêves d'aventures où on joue à se faire peur. Parle-t-elle davantage aux enfants ou plutôt aux adultes ? Je n'en sais rien mais toujours est-il que j'ai été charmé. C'est une longue aventure où il se passe beaucoup de choses. Cela commence comme un Voyage de Chihiro avec une jeune fille qui traverse un tunnel qui l'amène dans un monde de fantasy et puis cela continue comme dans un rêve ou plutôt comme dans une histoire qu'un parent raconterait à son enfant le soir puis que l'enfant guiderait lui-même pour l'amener là où ça lui fait plaisir. Elle est parsemée de petits éléments loufoques, à la manière de ces vermeilles, des petits poneys arc-en-ciel gourmands, insouciants et têtus, ou de ce jeu des Petits Chevaux grandeur réelle façon Alice au pays des Merveilles, mais aussi d'éléments plus cruels comme cette mère emprisonnée ou ce chat tyran qui griffe jusqu'au sang des enfants. Il y a de l'humour, un peu de frayeur, de l'aventure pas très sérieuse et d'autres fois de vrais dangers. C'est un beau melting-pot complètement dépaysant, entraînant comme une grande aventure qu'on prend plaisir à vivre et emplie aussi d'une jolie part de poésie, surtout sur la fin. Pour une fois, je suis d'accord avec un prix d'Angoulême de ces dernières années ! Cet album là est vraiment chouette, et clairement pas destiné uniquement à la jeunesse.
Gunnm
Un titre énigmatique pour un manga culte. Gunnm est pour moi l'énième démonstration de la suprématie des Japonais dans le genre du cyberpunk. Les chefs-d’œuvre sont légions : Ergo Proxy, Ghost in the Shell, Tehnolyze, Serial Experiment Lain, et bien évidemment l'indétrônable Akira. Parue à la toute fin du siècle dernier, c'est l'une des premières séries nippones à s'être exportée avec succès en Occident : en parallèle avec Dragon Ball par exemple, on peut dire sans trop se tromper qu'elle a contribué à démocratiser le manga, et on ne lui en saurait trop gré ! Dans cette dystopie la Terre n'est plus qu'un immense no man's land infâme, dévasté par quelque catastrophe naturelle (il me semble) qui a laissé une population humaine affaiblie et misérable, qui en est réduit à survivre et vivoter dans des conditions miteuses et précaires comme de vulgaires ilotes. Au dessus de cet océan ininterrompu de déchéance, flotte Zalem, une sorte de cité mystérieuse et inaccessible , à la forme d'une toupie, ou d'autres humains vivent sans contact avec ceux d'en bas. Deux mondes qui se regardent sans se côtoyer : l'un avec envie et émerveillement, l'autre avec morgue et dédain. En haut l'élite technocratique aisée, en bas le lumpenprolétariat. Vraiment pas réjouissant... A kuzuetsu, l'une des innombrables favelas du monde d'en bas, un cybernéticien va trouver dans une décharge le corps mutilé d'une cyborg. Il va la réparer entièrement , lui donner un nom et la prendre sous son aile comme sa propre fille. cependant Gally, puisque c'est ainsi qu'elle s'appelle désormais, se questionne sur elle même, sur son passé, et les circonstances impromptues vont l'amener à partir loin, dans une quête existentielle et identitaire. Derrière cette superbe série se dessine en filigrane une subtile critique sociale et écologiste ou se mélangent pêle-mêle les inégalités, le darwinisme social et le struggle for life. Une satire, un miroir ou se reflètent toutes les tares de notre société contemporaine, ou les plus riches, les happy few, pètent dans la soie, dégradent l'environnement pour maintenir leur niveau de vie tout en abandonnant les plus pauvres dans leur fange où la pègre règne en shérif et ou le chaos et la violence sont le pain quotidien. D'ailleurs le sport favori à Kuzuetsu est emblématique de cette violence : le motorball, ou les cyborgs s'affrontent dans des joutes impitoyables et sanglantes sur des patins à roulettes. L'intrigue est captivante, suffisamment rythmée pour que l'ennui ne pointe pas le bout de son nez même s'il y a quelques trous d'air , en particulier vers les tomes du milieu quand Gally s'aventure au dehors de la décharge. L'auteur arrive à insuffler un dynamisme qui s'exprime dans les scènes de combat, dans la violence graphique, toujours impressionnante mais jamais gratuite, dans les dessins vivants et les visages si expressifs, humains comme cyborgs. Le dernier tome est génial et reste mon préféré d'entre tous : tout prend enfin sens, tous les fils du scénario se dénouent et les révélations s'enchaînent les unes après les autres : on se prend une succession d'uppercuts comme un boxeur groggy sur le ring. Magistral. Un vrai coup de coeur pour ce manga, je suis tombé amoureux de cette androïde féminine (et féministe), cette femme à poigne à la recherche de son identité et de son humanité, qui grandira et avancera dans sa quête à chaque épreuve que le destin dressera devant elle. Japanese cyberpunk is the fuck..g shit !
Maudit sois-tu
Philippe Pelaez est un passionné de cinéma et des classiques de la littérature anglaise notamment et cela se ressent dans cette série. Il mêle habilement plusieurs personnages de la littérature : Zaroff, Shelley, Moreau... et construit finement une intrigue qui se dévoile juste assez pour nous faire attendre impatiemment la suite. Il sait en plus doser les rebondissements et les révélations. Le dessin de Carlos Puerta rend très bien l'ambiance qui se dégage de l'histoire même si j'ai toujours un peu de mal avec les visages sur ce type d'illustration mais il faut reconnaître que même à ce niveau la qualité et la précision sont incroyables. A voir sur les trois tomes mais c'est peut-être un futur classique
Karmen
BAM ! C'te claque ! Ça c'est LA BD qui m'aura marqué cet été ! C'est en allant trainer chez mon libraire pour récupérer une commande que j'ai été attiré par cette couverture intrigante et un petit papillon "coup de coeur"... Feuilletage rapide et là, WOW !, rien que certaines planches m'ont fait ouvrir les yeux bieeeen grands ! Allez je prends ! Et j'ai bien fait ! Alors oui au début on comprend pas grand chose à ce qui se trame avec cette intro en flash back dans la jeunesse de notre future héroïne... Encore moins quand apparaît notre fameuse Karmen dans l'appartement où vient de se tailler les veines notre Catalina... Mais on se fait très rapidement happer par ce qu'on croit être un bad trip tant le dessin et la narration de Guillem March sont envoûtants. Son trait maîtrisé, sa colorisation un brin surannée dans les tons pastels roses, ses découpages et surtout ses cadrages... WOW !!! C'est juste hallucinant ! Et cette maîtrise de l'anatomie sous toutes ses coutures ! Impressionnant ! Mais sorti de ces qualités graphiques, Guillem March nous propose également une petite réflexion assez intéressante et bien amenée sur nos petites vies, nos sentiments, nos relations avec nos proches et bien sûr la mort. Tout cela est amené intelligemment, sans que cela soit trop lourd ni pesant. Ajoutez à cela un "personnage" original en la ville de Majorque qui sert de décor omniprésent au récit permettant à l'auteur de rendre un hommage assez vibrant à sa ville et vous obtenez ce petit bijou dont j'ai failli rater la lecture pour n'avoir pas entendu parler de cet album alors qu'il aurait mérité davantage. A découvrir ! (4.5/5)
Le Collectionneur
Une série dont le héros est un chercheur d'objets non pas d'art mais avec soit un pouvoir magique soit une symbolique historique. Ils ont tous un point commun, ils ont appartenu à un grand chef guerrier ou un homme de pouvoir. Notre héros parcourt le monde avec une avidité sans borne pour retrouver ces objets. J'ai lu l'intégrale qui se compose de 5 aventures, le scénario est toujours construit sur le même schéma avec à chaque fois un continent différent et un objet recherché qui possède un pouvoir spécifique. Ces aventures situées aux quatre coins du monde avec un héros qui se déplace sans arrêt m'ont rappelé Corto Maltese mais la comparaison s'arrête là, leurs personnalités sont complètement différentes. Le dessin en noir et blanc est juste incroyable, une précision des traits, des décors avec des perspectives qui vous donnent envie de voyager, la plupart des planches pourraient servir de couverture. La représentation des personnages est proche du portrait y compris pour les personnages secondaires, les panoramas de montagnes sont tous travaillés avec des détails qui démontrent le talent et le travail de TOPPI. Pour le dessin en noir et blanc cette bd est une référence. Toppi est un auteur qui à chaque lecture m'a enchanté, pour l'ambiance avec Blues pour le scénario avec Sharaz-De et maintenant " Le collectionneur " pour le dessin.