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Les Vermeilles

Note: 4/5
(4/5 pour 2 avis)

Angoulême 2020 : Prix Jeunesse Un conte satirique rafraichissant sur la comédie du pouvoir qui réjouira petits et grands.


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Lors d’un pique-nique en forêt, la petite Jo, échappant à la surveillance de ses parents, va ouvrir une porte spatio-temporelle, ce qui la conduira au « pays des Vermeilles ». Dans ce pays imaginaire, le petit peuple bigarré de la forêt va devoir s’unir contre la tyrannie de l’odieux empereur Matou, reclus dans son château de pacotille, qui emprisonne tous ceux qui ne sont pas d’accord avec lui et collectionne les vermeilles, de magnifiques chevaux sauvages aux mille couleurs… Décidée à libérer ses amis des geôles du tyran, Jo va se voir entraînée dans une aventure extraordinaire où mille dangers l’attendent…

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 02 Octobre 2019
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Les Vermeilles
Les notes (2)
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16/01/2020 | Blue boy
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Par Ro
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
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Je ne saurais classer de manière objective cette BD. Elle s'apparente à une série jeunesse, elle en partage de nombreux critères : le graphisme qui est tout mignon et tout en couleurs pastels, l'héroïne qui doit avoir moins de 10 ans, les personnages secondaires également mignons comme dans les contes pour enfants, et des protagonistes qui s'y expriment parfois comme des gamins qui s'inventeraient une histoire. Et pourtant j'ai été emporté par le récit, comme par une belle histoire qui remue des souvenirs d'enfance, des instincts ludiques et des rêves d'aventures où on joue à se faire peur. Parle-t-elle davantage aux enfants ou plutôt aux adultes ? Je n'en sais rien mais toujours est-il que j'ai été charmé. C'est une longue aventure où il se passe beaucoup de choses. Cela commence comme un Voyage de Chihiro avec une jeune fille qui traverse un tunnel qui l'amène dans un monde de fantasy et puis cela continue comme dans un rêve ou plutôt comme dans une histoire qu'un parent raconterait à son enfant le soir puis que l'enfant guiderait lui-même pour l'amener là où ça lui fait plaisir. Elle est parsemée de petits éléments loufoques, à la manière de ces vermeilles, des petits poneys arc-en-ciel gourmands, insouciants et têtus, ou de ce jeu des Petits Chevaux grandeur réelle façon Alice au pays des Merveilles, mais aussi d'éléments plus cruels comme cette mère emprisonnée ou ce chat tyran qui griffe jusqu'au sang des enfants. Il y a de l'humour, un peu de frayeur, de l'aventure pas très sérieuse et d'autres fois de vrais dangers. C'est un beau melting-pot complètement dépaysant, entraînant comme une grande aventure qu'on prend plaisir à vivre et emplie aussi d'une jolie part de poésie, surtout sur la fin. Pour une fois, je suis d'accord avec un prix d'Angoulême de ces dernières années ! Cet album là est vraiment chouette, et clairement pas destiné uniquement à la jeunesse.

26/08/2020 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5
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Avant tout illustratrice de livres jeunesse, Camille Jourdy avait fait une incursion remarquée dans la BD avec plusieurs récompenses en 2009 pour « Rosalie Blum », un ouvrage adapté depuis au cinéma. Cette fois, elle revient avec une quatrième BD, qui à peine sortie, se voit déjà couronnée par la une Pépite au Salon du livre jeunesse de Montreuil. Camille Jourdy, c’est d’abord un univers. Un univers en phase totale avec le monde de l’enfance, un monde un peu loufoque, rafraîchissant et plein d’humour, où l’imagination est le maître mot, avec de nombreuses circonvolutions scénaristiques qui progressent tel un tourbillon mû par l’énergie de l’âge tendre. Et le minimalisme du trait enfantin appliqué aux personnages, loin d’être une gêne, laissera au contraire à chacun la liberté d’adapter à son propre imaginaire l’univers incroyablement riche de l’autrice. On est par ailleurs bluffé par les planches « grand-angle » très variées, superbement mises en couleur, que permet la curiosité insatiable de la petite Jo, qui, telle une Alice des temps modernes, « ne tient pas en place » au grand dam de ses parents et ne pense qu’à explorer le monde… Les vermeilles en question, ce sont des créatures hybrides entre le cheval sauvage et la licorne, qui ont la particularité d’être de couleurs différentes. À cet égard, on est infiniment reconnaissant à Camille Jourdy de n’avoir pas réutilisé la désormais trop classique licorne, qui, de chimère féérique rare autrefois, s’est transformée aujourd’hui une vulgaire poupée de plastoc présente dans toutes les chambres de fillettes, grâce aux lois du merchandising mièvre et aux dents longues. Et ce sont ces chevaux colorés qui vont, sous la houlette de la jeune héroïne, renverser de son trône l’odieux et cruel empereur Matou qui exigeait que le monde soit à son image en traitant ses sujets comme de vulgaires pions. Et aussi rapidement qu’un château de cartes pourrait s’écrouler, le roi d’opérette finira nu… En lisant entre les lignes, on peut en déduire aisément que l’autrice, en plus des petits messages disséminés ça et là, notamment sur la perte de l’innocence, revendique l’imagination contre le totalitarisme sous toutes ses formes. C’est cette métaphore puissante qui achève de faire des « Vermeilles » un livre au ton moderne, hautement recommandable à tous les enfants, et qui plaira sans doute à leurs parents estimant peut-être avoir grandi trop vite…

16/01/2020 (modifier)