J'hésite un peu entre le "pas mal" et le "franchement bien". Car c'est une belle histoire sur l'enfance et son innocence qui se perd quand on passe à l'âge adulte, le droit à la différence qui est pourtant souvent synonyme d'exclusion ou de solitude. Le dessin est vraiment superbe, ça joue beaucoup sur le silence, on trouve également quelques pages entièrement noires vers la fin (et à ce propos quand est ce qu'un imprimeur arrivera à produire des noirs vraiment noirs et pas grisâtres ? j'admets que les coûts de fabrication sont sûrement serrés mais quand même). On suit sur une année une classe d'élèves dont un cas un peu "spécial", et entre autres personnages le jardinier de l'école et un autre élève surnommé Q.I. Celui-ci se balade toujours avec une boîte en carton sur la tête. Le chapitre Automne est complètement barré, Tachibana est au sommet de ses hallucinations. Alors on tourne les pages, on tourne, on tourne (et plutôt vite car comme je l'ai mentionné, le texte est parfois rare).
MAIS je m'attendais avec espoir à une sorte d'explication rationnelle, espoir qui s'est amenuisé à mesure que le nombre de pages avalées augmentait. Au final je ne dirai pas vraiment que j'ai "aimé" cet album tellement il est étrange mais il a une espèce de petit charme qui fait que j'émettrais un avis positif.
Quant à l'édition elle est réussie : livre relié d'environ 450 pages avec une couverture cartonnée (il faudra voir à long terme si ça tient vraiment), l'album est enserré dans un fourreau cartonné. La note est quand même salée à 30 euro. Le sens de lecture japonais est respecté ce qui est la moindre des choses.
Bref à voir mais c'est difficile de savoir si une personne va l'apprécier, décidemment Matsumoto pond des histoires très sibyllines.
L'univers de "Gogo Monster" est empli de poésie, d'arrêt sur images, d'émerveillement et de symboles forts. Le style de narration de l'auteur m'a surpris et m'a paru très particulier. Mais il ne m'a pas fallu longtemps pour que je tombe sous le charme.
Il est surtout question dans ce livre d'un enfant qui est régulièrement submergé par des absences pendant lesquelles il entre en communication avec des monstres. Persuadé que ceux-ci sont réels, ses camarades de classe prennent peur et/ou se moquent.
C'est superbement dessiné. Le style est assez épuré. Les cases, une à une, dégagent une grande force, un impact visuel étonnant.
Quelques pages en moins ne m'auraient pas ennuyé...mais j'aurais peut-être dû lire cette bd plus lentement, avec une tasse de camomille!!
Mon avis suit une première lecture à chaud. Ce ne sont sans doute pas des conditions idéales pour rédiger une critique mais je ne peux y résister, tant cet album m’a littéralement captivé ! Le découpage et la narration donnent l’impression curieuse de vivre cette histoire à côté de l’inspecteur Rivière. Cela permet au lecteur d’être un observateur privilégié des événements étranges qui se produisent. Pourquoi d’honnêtes citoyens se mettent –il à tuer ? Zentner construit son récit autour de deux histoires distinctes en apparence : celle de l’inspecteur Rivière et celle d’une jeune magicienne aux pouvoirs éteints. Ces deux histoires sont suivies en parallèle avec un décalage dans le temps. Ces destinées finissent par se croiser dans un final très réussi malgré son manque d’originalité. Comme à l’accoutumée, Zentner s’est adjoint les bons services de son ami Pellejero. Son trait rond et épais si caractéristique se conjugue avec de larges aplats noirs, assurant aux planches un rendu sans pareil.
Je ne sais si mon enthousiasme sera entamé lors d’une prochaine relecture, mais cette œuvre me paraît être un incontournable pour les amateurs du genre.
Avis après lecture du tome 1 : 4,5/5
Quelle superbe découverte ce "sourire du Clown". Autant vous l'avouer (j'ai honte) mais je n'avais encore jamais rien lu de Brunschwig (malgré ces séries précédentes à grand succès), et c'est donc avec aucun a priori que j'ai lu cet album.
Grossièrement, c'est l'histoire d'une banlieue française qui peut s'embraser à tout moment, notamment à l'occasion des assassinats (à des époques différentes) des deux clowns qui égaient le quartier. Mais je dois aussi dire que le déroulement du scénario est assez complexe en fait. Parfois, on est à la limite de ne plus trop comprendre. Mais c'est là où Brunschwig est fort : cette limite n'est jamais dépassée. Beaucoup de zones d'ombres persistent à la fin de ce premier tome, suscitant désormais mon impatience quant à la sortie du prochain.
Mais là où cette BD est géniale, c'est sur les dessins de Hirn qui sont somptueux. Vraiment, chaque planche m'a régalé, les têtes de clown étant si expressives. Ajouté à cela, une qualité de papier digne de ce nom, et vous avez un album finalement triste et déroutant très réussit.
Bon là, je ne vais pas du tout être objectif !
J'avais couru après les premières éditions incomplètes (comix USA, je crois) des tribulations de Hopey et Maggie ! Enfin tout est édité ! Ca permet de mieux comprendre certains point obscurs des éditions précédentes.
Certes, tout n'est pas de qualité égale mais il y a une telle densité dans le récit, ça n'est pas la BD que vous lisez en 10 minutes et que vous reposez à jamais dans votre bibliothèque.
Les relations entre les protagonistes ! Le dessin clair qui fait penser à Aggie ou Lili mais en bien déjanté ! Jaime Hernandez a fait du très bon boulot.
Une bd originale, qui en utilisant comme fil rouge une sombre affaire de diamants volés, met à jour les difficultés d'adaptation et positionnement des européens et des africains dans chacun des deux continent.
Ange Conti va devoir choisir entre son ami africaner et son beau frère aficain, refaire connaissance avec un continent qu'il croyait pourtant connaitre, faire la paix avec son passé, reconstruire un avenir débarrassé de ses fantômes.
Le scénario est vraiment bien construit de ce point de vue car l'enquête sur les diamants ne sert pas seulement de faire-valoir. Les amateurs du genre apprécieront.
Coté dessin, bizarrement, les africains sont bien mieux représentés que les européens, signe, je pense, que le dessinateur doit très bien connaître l'Afrique.
Au final, c'est une lecture bien sympathique et distrayante que voilà.
J'ai été charmé par cette série.
Le décor est original, pour commencer. Le peuple Inca y est traité avec beaucoup d'interêt et de vie. Les auteurs leur ont donné un dynamisme et une façon de parler modernes qui sont un tout petit peu anachroniques, mais les personnages sont d'autant plus attachants et l'intrigue mieux menée.
Outre le scénario de ce conte qui est déjà bon, j'ai adoré le dessin. Le trait est proche du crayonné avec hachures, etc, mais il a une vraie esthétique. La mise en page et la composition des images sont excellentes. J'ai été épaté par l'audace dans la composition de certaines cases véritablement superbes dans le tome 1 (formidable page 9 notamment avec cette scène où les étoiles se réflètent dans le lac). Le tome 2 m'a un petit peu déçu en comparaison car j'y ai trouvé les couleurs et les compositions un peu moins réussies, moins audacieuses et plus classiques.
Ce conte est original et bon. J'apprécie surtout la façon dont il nous plonge dans l'univers des Incas, retrouvant au passage des noms authentiques comme Kuzco, le Temple du Soleil, le Grand Inca, les Quipus, tout en leur donnant une vraie vie et un vrai dynamisme.
Une belle série en deux tomes de grande qualité.
Une association telle que Matthieu Bonhomme (auteur du remarquable Marquis d'Anaon) et Gwen de Bonneval (scénariste du formidable Gilgamesh) ne pouvait déboucher que sur une bonne surprise. Et c'est vraiment le cas.
Nous suivons les aventures de Guillaume, très jeune noble, (qui, par certains aspects, me rappelle Pirlouit, l'humour en moins, - peut-être à cause de sa chèvre - un clin d'oeil, non ?) dans un Moyen-Age cruel et à la limite du fantastique. D'ailleurs, pour continuer dans le monde de Peyo, l'enchanteur Homnibus s'est mué ici en une mystérieuse femme, Ysane. Qui dit Moyen Age, dit chevalier. Le chevalier de Brabaçon, bourru, maladroit mais courageux permet à l'histoire de s'ancrer dans le monde réel, au contraire des autres personnages (Guillaume, Ysade) dont on pressent qu'ils vont faire basculer l'histoire dans un univers plus fantastique (à l'image de la dernière page qui réserve des surprises pour la suite).
Il faut souligner, dans cette bande dessinée, le travail de Walter sur les couleurs qui mettent parfaitement en relief le dessin de Matthieu Bonhomme (les scènes nocturnes sont à cet égard une illustration typique).
Après le très réussi Voyage d'Esteban, Matthieu Bonhomme continue de m'enchanter (en outre le rythme de parution de ses livres reste soutenu) Un conte moyen-âgeux prometteur. L'année 2006 commence bien.
Que c’est bôôôôôô !!!!! Bonhomme est un grand monsieur ! Sa virtuosité et sa sensibilité explosent dans ce premier opus qui inaugure ce qui pourrait être une grande série. D’autant que ce messire Guillaume, c’est tout sauf une belle coquille vide, le scénario est très chouette, y’a ce petit côté Johan et Pirlouit qui me botte bien. Les personnages sont attachants et le récit prenant.
Les dernières pages semblent annoncer une tournure plus fantastique des événements, ce qui n’est pas pour me déplaire…
Sans conteste LA série d'Hermann où son talent s'exprime le mieux.
Les scénarios sont tour à tour âpres, fantastiques, héroïques, sombres et réalistes.
C'est un quasi documentaire sur le moyen-âge auquel on a droit.
Les personnages variés qui jalonnent le récit donne à chaque fois une autre tonalité, et qui plus est,d e par leurs apparitions "alternées", rajoutent à la vie de la série.
Le chevalier Aymar étant là pour structurer le recit, mais sa motivation de revoir ses fameuses tours hantent jusqu'à la fin l'esprit. De plus, ce chevalier sans terre n'est ni trop bon ni vraiment malfaisant. Les défauts de l'homme sont apparent, mais Hermann n'y va pas au pas de charge comme dans d'autres séries plus manichéennes.
C'est sans doute parce que ce moyen-âge est propre aux situations rudes, aux rêves d'absolus et de terre à reconquérir que "Les Tours" sont devenues au fil du temps et à mes yeux une référence du genre.
N.B : les deux albums en couleurs directes sont eux aussi à recommander, même si Hermann repart sur des bases différentes (One-shot avec à chaque fois des descendants d'Aymar).
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Gogo monster
J'hésite un peu entre le "pas mal" et le "franchement bien". Car c'est une belle histoire sur l'enfance et son innocence qui se perd quand on passe à l'âge adulte, le droit à la différence qui est pourtant souvent synonyme d'exclusion ou de solitude. Le dessin est vraiment superbe, ça joue beaucoup sur le silence, on trouve également quelques pages entièrement noires vers la fin (et à ce propos quand est ce qu'un imprimeur arrivera à produire des noirs vraiment noirs et pas grisâtres ? j'admets que les coûts de fabrication sont sûrement serrés mais quand même). On suit sur une année une classe d'élèves dont un cas un peu "spécial", et entre autres personnages le jardinier de l'école et un autre élève surnommé Q.I. Celui-ci se balade toujours avec une boîte en carton sur la tête. Le chapitre Automne est complètement barré, Tachibana est au sommet de ses hallucinations. Alors on tourne les pages, on tourne, on tourne (et plutôt vite car comme je l'ai mentionné, le texte est parfois rare). MAIS je m'attendais avec espoir à une sorte d'explication rationnelle, espoir qui s'est amenuisé à mesure que le nombre de pages avalées augmentait. Au final je ne dirai pas vraiment que j'ai "aimé" cet album tellement il est étrange mais il a une espèce de petit charme qui fait que j'émettrais un avis positif. Quant à l'édition elle est réussie : livre relié d'environ 450 pages avec une couverture cartonnée (il faudra voir à long terme si ça tient vraiment), l'album est enserré dans un fourreau cartonné. La note est quand même salée à 30 euro. Le sens de lecture japonais est respecté ce qui est la moindre des choses. Bref à voir mais c'est difficile de savoir si une personne va l'apprécier, décidemment Matsumoto pond des histoires très sibyllines.
Gogo monster
L'univers de "Gogo Monster" est empli de poésie, d'arrêt sur images, d'émerveillement et de symboles forts. Le style de narration de l'auteur m'a surpris et m'a paru très particulier. Mais il ne m'a pas fallu longtemps pour que je tombe sous le charme. Il est surtout question dans ce livre d'un enfant qui est régulièrement submergé par des absences pendant lesquelles il entre en communication avec des monstres. Persuadé que ceux-ci sont réels, ses camarades de classe prennent peur et/ou se moquent. C'est superbement dessiné. Le style est assez épuré. Les cases, une à une, dégagent une grande force, un impact visuel étonnant. Quelques pages en moins ne m'auraient pas ennuyé...mais j'aurais peut-être dû lire cette bd plus lentement, avec une tasse de camomille!!
Tabou
Mon avis suit une première lecture à chaud. Ce ne sont sans doute pas des conditions idéales pour rédiger une critique mais je ne peux y résister, tant cet album m’a littéralement captivé ! Le découpage et la narration donnent l’impression curieuse de vivre cette histoire à côté de l’inspecteur Rivière. Cela permet au lecteur d’être un observateur privilégié des événements étranges qui se produisent. Pourquoi d’honnêtes citoyens se mettent –il à tuer ? Zentner construit son récit autour de deux histoires distinctes en apparence : celle de l’inspecteur Rivière et celle d’une jeune magicienne aux pouvoirs éteints. Ces deux histoires sont suivies en parallèle avec un décalage dans le temps. Ces destinées finissent par se croiser dans un final très réussi malgré son manque d’originalité. Comme à l’accoutumée, Zentner s’est adjoint les bons services de son ami Pellejero. Son trait rond et épais si caractéristique se conjugue avec de larges aplats noirs, assurant aux planches un rendu sans pareil. Je ne sais si mon enthousiasme sera entamé lors d’une prochaine relecture, mais cette œuvre me paraît être un incontournable pour les amateurs du genre.
Le sourire du clown
Avis après lecture du tome 1 : 4,5/5 Quelle superbe découverte ce "sourire du Clown". Autant vous l'avouer (j'ai honte) mais je n'avais encore jamais rien lu de Brunschwig (malgré ces séries précédentes à grand succès), et c'est donc avec aucun a priori que j'ai lu cet album. Grossièrement, c'est l'histoire d'une banlieue française qui peut s'embraser à tout moment, notamment à l'occasion des assassinats (à des époques différentes) des deux clowns qui égaient le quartier. Mais je dois aussi dire que le déroulement du scénario est assez complexe en fait. Parfois, on est à la limite de ne plus trop comprendre. Mais c'est là où Brunschwig est fort : cette limite n'est jamais dépassée. Beaucoup de zones d'ombres persistent à la fin de ce premier tome, suscitant désormais mon impatience quant à la sortie du prochain. Mais là où cette BD est géniale, c'est sur les dessins de Hirn qui sont somptueux. Vraiment, chaque planche m'a régalé, les têtes de clown étant si expressives. Ajouté à cela, une qualité de papier digne de ce nom, et vous avez un album finalement triste et déroutant très réussit.
Locas
Bon là, je ne vais pas du tout être objectif ! J'avais couru après les premières éditions incomplètes (comix USA, je crois) des tribulations de Hopey et Maggie ! Enfin tout est édité ! Ca permet de mieux comprendre certains point obscurs des éditions précédentes. Certes, tout n'est pas de qualité égale mais il y a une telle densité dans le récit, ça n'est pas la BD que vous lisez en 10 minutes et que vous reposez à jamais dans votre bibliothèque. Les relations entre les protagonistes ! Le dessin clair qui fait penser à Aggie ou Lili mais en bien déjanté ! Jaime Hernandez a fait du très bon boulot.
Un diamant sous la lune
Une bd originale, qui en utilisant comme fil rouge une sombre affaire de diamants volés, met à jour les difficultés d'adaptation et positionnement des européens et des africains dans chacun des deux continent. Ange Conti va devoir choisir entre son ami africaner et son beau frère aficain, refaire connaissance avec un continent qu'il croyait pourtant connaitre, faire la paix avec son passé, reconstruire un avenir débarrassé de ses fantômes. Le scénario est vraiment bien construit de ce point de vue car l'enquête sur les diamants ne sert pas seulement de faire-valoir. Les amateurs du genre apprécieront. Coté dessin, bizarrement, les africains sont bien mieux représentés que les européens, signe, je pense, que le dessinateur doit très bien connaître l'Afrique. Au final, c'est une lecture bien sympathique et distrayante que voilà.
La Nuit de l'Inca
J'ai été charmé par cette série. Le décor est original, pour commencer. Le peuple Inca y est traité avec beaucoup d'interêt et de vie. Les auteurs leur ont donné un dynamisme et une façon de parler modernes qui sont un tout petit peu anachroniques, mais les personnages sont d'autant plus attachants et l'intrigue mieux menée. Outre le scénario de ce conte qui est déjà bon, j'ai adoré le dessin. Le trait est proche du crayonné avec hachures, etc, mais il a une vraie esthétique. La mise en page et la composition des images sont excellentes. J'ai été épaté par l'audace dans la composition de certaines cases véritablement superbes dans le tome 1 (formidable page 9 notamment avec cette scène où les étoiles se réflètent dans le lac). Le tome 2 m'a un petit peu déçu en comparaison car j'y ai trouvé les couleurs et les compositions un peu moins réussies, moins audacieuses et plus classiques. Ce conte est original et bon. J'apprécie surtout la façon dont il nous plonge dans l'univers des Incas, retrouvant au passage des noms authentiques comme Kuzco, le Temple du Soleil, le Grand Inca, les Quipus, tout en leur donnant une vraie vie et un vrai dynamisme. Une belle série en deux tomes de grande qualité.
Messire Guillaume
Une association telle que Matthieu Bonhomme (auteur du remarquable Marquis d'Anaon) et Gwen de Bonneval (scénariste du formidable Gilgamesh) ne pouvait déboucher que sur une bonne surprise. Et c'est vraiment le cas. Nous suivons les aventures de Guillaume, très jeune noble, (qui, par certains aspects, me rappelle Pirlouit, l'humour en moins, - peut-être à cause de sa chèvre - un clin d'oeil, non ?) dans un Moyen-Age cruel et à la limite du fantastique. D'ailleurs, pour continuer dans le monde de Peyo, l'enchanteur Homnibus s'est mué ici en une mystérieuse femme, Ysane. Qui dit Moyen Age, dit chevalier. Le chevalier de Brabaçon, bourru, maladroit mais courageux permet à l'histoire de s'ancrer dans le monde réel, au contraire des autres personnages (Guillaume, Ysade) dont on pressent qu'ils vont faire basculer l'histoire dans un univers plus fantastique (à l'image de la dernière page qui réserve des surprises pour la suite). Il faut souligner, dans cette bande dessinée, le travail de Walter sur les couleurs qui mettent parfaitement en relief le dessin de Matthieu Bonhomme (les scènes nocturnes sont à cet égard une illustration typique). Après le très réussi Voyage d'Esteban, Matthieu Bonhomme continue de m'enchanter (en outre le rythme de parution de ses livres reste soutenu) Un conte moyen-âgeux prometteur. L'année 2006 commence bien.
Messire Guillaume
Que c’est bôôôôôô !!!!! Bonhomme est un grand monsieur ! Sa virtuosité et sa sensibilité explosent dans ce premier opus qui inaugure ce qui pourrait être une grande série. D’autant que ce messire Guillaume, c’est tout sauf une belle coquille vide, le scénario est très chouette, y’a ce petit côté Johan et Pirlouit qui me botte bien. Les personnages sont attachants et le récit prenant. Les dernières pages semblent annoncer une tournure plus fantastique des événements, ce qui n’est pas pour me déplaire…
Les Tours de Bois-Maury
Sans conteste LA série d'Hermann où son talent s'exprime le mieux. Les scénarios sont tour à tour âpres, fantastiques, héroïques, sombres et réalistes. C'est un quasi documentaire sur le moyen-âge auquel on a droit. Les personnages variés qui jalonnent le récit donne à chaque fois une autre tonalité, et qui plus est,d e par leurs apparitions "alternées", rajoutent à la vie de la série. Le chevalier Aymar étant là pour structurer le recit, mais sa motivation de revoir ses fameuses tours hantent jusqu'à la fin l'esprit. De plus, ce chevalier sans terre n'est ni trop bon ni vraiment malfaisant. Les défauts de l'homme sont apparent, mais Hermann n'y va pas au pas de charge comme dans d'autres séries plus manichéennes. C'est sans doute parce que ce moyen-âge est propre aux situations rudes, aux rêves d'absolus et de terre à reconquérir que "Les Tours" sont devenues au fil du temps et à mes yeux une référence du genre. N.B : les deux albums en couleurs directes sont eux aussi à recommander, même si Hermann repart sur des bases différentes (One-shot avec à chaque fois des descendants d'Aymar).