Exceptionnel dès lors que l'on considère la BD comme un moyen artistique d'apprendre. Le lecteur plonge dans des univers qui lui apprennent à relativiser ses propres soucis parisiens ou français (sans chercher à minorer ces derniers). Il fréquente d'autres peuples, villes, problèmes, us et coutumes. Il faut rapprocher l'initiative de ce collectif de l'appel lancé par la revue XXI (dans laquelle les dessins ont été publiés à l'origine) quant à la nécessité d'un retour à certaines sources du journalisme, à savoir le terrain, la lenteur, l'honnêteté intellectuelle, la curiosité, le refus du tout internet. Si ces thèmes vous parlent, si la BD de reportage vous séduit, précipitez-vous!
Je viens de terminer le diptyque "Magasin sexuel". Ca fait du bien, de temps en temps, de lire une histoire "franchouillarde"qui se passe dans la France profonde et qui tente de confronter une citadine du XXI siècle avec le maire d'une bourgade enraciné dans ses certitudes bornées issu directement du XIXème siècle.
Autant le personnage d'Amandine est attachant que celui du Maire est "répugnant". Elle, une ravissante jeune fille : gentille, douce et sans méchanceté aucune. Lui un homme arriéré, franchement stupide et borné.
J'ai apprécié le quiproquos de la relation qui se noue entre le maire et Amandine tout au long des deux tomes (avec les deux point de vue respectifs). Ici le "magasin sexuel" est plus un prétexte et un artifice humoristique et décalé pour mettre en place la confrontation de deux mondes que tout oppose. Je dirais qu'il s'agit ici d'une fable sociologique bien ficelée.
Turf réalise là un diptyque de très bonne qualité avec son trait bien caractéristique que personnellement j'adore, il est aussi un des rares dessinateurs à mettre haut en couleur ses cases. Ce qui est un ravissement pour mes pupilles.
Les fans de Turf vont adorer et pour ceux qui ne connaissent pas je les invite à découvrir l'imaginaire Turf.
Ce genre d'album peut être mal interprété, je pense.
Certains (les plus obtus) y verront une remise en cause de la punition des crimes et délits en France. Et même si plusieurs philosophes ont déjà écrit des textes qui sont contre l'utilisation de la prison, ce n'est pas le message de l'album (de toute manière le système carcéral est bien trop ancré dans la société pour qu'il puisse changer de forme, à mon avis). Non cet album remet en cause la partie abusive du système carcéral : développement de la haine du prisonnier envers la société, aucun effort pour le réinsérer à sa sortie, traitements inhumains administrés par la hiérarchie des établissements, l'insalubrité des lieux, le manque d'intimité, l'accès difficile à la culture et à l'éducation et tant d'autres...
Personnellement, je savais qu'en France, on n'avait pas à être particulièrement fier de nos prisons (le taux de suicides de prisonniers le prouve), mais je ne pensais pas qu'à ce point là, la prison pouvait être un endroit où la loi est quasiment "abolie".
Alors certes, on peut ne pas toujours être d'accord avec le comportement du personnage principal, Milan, prisonnier certes intelligent, mais aussi très violent, cependant, l'album nous montre sa longue plongée en enfer, et personnellement cette histoire m'a touché, m'a ému, même si je ne cautionne pas tous les messages que véhicule l'album.
Le dessin, lui n'est pas exceptionnel, mais est bon pour ce récit ; assez brut et peu dégrossi.
Pour moi, c'est une BD à lire, peu importe ce qu'on peut penser des prisons en France.
J’étais un fervent lecteur de Picsou magasine étant enfant, mais bizarrement, je n'avais aucun souvenir d'histoire de la jeunesse de Picsou par Don Rosa. Je profite donc de la réédition des aventures de Picsou par Glénat.
C'est simple, La jeunesse de Picsou, c'est de l'aventure ! Quel plaisir de découvrir comment Picsou a obtenu son 1er sou fétiche, comment il a rencontré pour la 1ere fois les Rapetou, son ennemi Gripsou, comment il a dégoté sa vieille redingote, son chapeau haut de forme, etc.
Don Rosa a fait un travail énorme de cohérence pour que tout soit crédible avec les récits de Carl Barks. Les explications de Don Rosa entre chaque chapitre sont un vrai plaisir ! Beau travail éditorial de Glénat.
Tout y est, de l'aventure, des voyages aux 4 coins du globe (de l’Écosse, en passant par le Mississippi, le Far West, l’Australie ou encore l’Afrique du sud).
Les histoire sont bien rythmées, j'avais peur de trouver ça un peu enfantin, mais pas du tout, même un adulte peut se mettre à Picsou !
Les dessins sont excellents, ça fourmille de détails (j'avoue ne pas avoir cherché les easter-eggs mis dans chaque chapitre par Don Rosa).
J'attends la suite avec impatience !
Quelle série. C'est pour le moment ma plus belle lecture depuis longtemps.
Graphiquement c'est irréprochable, un style semi réaliste un peu arrondi qui sied à merveille à cette histoire. Les protagonistes principaux sont reconnaissables, la dynamique et le rythme sont très bons, et mis à part le premier tome qui multiplie un peu les flash back sans crier gare (mais on s'y fait), la narration est excellente.
Je ne vais pas faire ici un nouvel avis reprenant le scénario, ça a été fait de multiples fois plus bas. Cette série mi-documentaire, mi-fictive prend pied dans le terreau d'une période sombre, celle de la seconde guerre, de l'occupation et de la relation ambigüe des autorités françaises avec le Reich, relation ambigüe qui s'étendait de fait jusqu'aux industriels et hommes de peu. Outre ce récit tiré d'un personnage réel, revient la question du silence, de la complicité du peuple français. Et chacun de nous de nous interroger également sur ce que nous aurions fait, sur ce qui est bien ou pas. Le personnage de Joseph est à ce point ambigu qu'il abandonne sa famille pour l'appât du gain mais vu son passé cela en fait-il pour autant un mauvais homme, qu'il sauve des résistants dans un but de réhabilitation n'enlève pas le fait qu'il les ait sauvé..... Que lui, petit juif analphabète ait pu survivre et s'enrichir au su de tous à cette époque nous laisse un goût bizarre dans la bouche, entre admiration et dédain.
Et c'est bien cette complexité dans ce personnage et ses actions qui amène ce double ressenti. Et in fine, nous ramène nos propres parts d'ombre et les compromissions que l'on accepte, quelle qu'en soit la finalité.
Et finalement, on débouche sur ce bras de fer entre deux hommes qui lâchent toute morale au nom de la leur, qui abandonnent tout, y compris leurs enfants, pour ne pas tomber, autant par orgueil que par une nécessité qui nous échappe.
Très grande série, qui mérite vraiment de figurer dans toutes les bibliothèques, qui nous force à nous interroger sur nous même, qui relance notre intérêt pour une période sombre, bref du grand art.
Comme le dit l'auteur en petite préface, il mélange le documentaire, la fiction et finalement, le tome 6 fermé, on en vient à regretter ne pas savoir ce qui est fictif et dans quelle mesure surtout.
Ah Aethernam, difficile d'être passé à côté, pour une habitué de BDThèque, vu le buzz que l'album a fait sur le site. En tout cas, il a fait assez de bruit pour attirer mon attention.
Je connaissais un peu le trait de Morinière (que j'appréciais beaucoup, et qui m'impressionnait de sa technique), pour ses contes détournés avec Tarek. Ici, son trait est résolument plus adulte, mais il ne perd en rien sa technique (c'est même très virtuose dans les décors). Même si ses dessins adultes me charment moins, je dois reconnaitre sa grande maîtrise, que ça soit pour le monde des hommes, réaliste et contemporain, comme pour l'univers de Éthers, fantastique et merveilleux.
Un trait qui, en plus d'être beau, est efficace, dynamique et qui sert très bien le récit.
Et puis il y a le scénario de Samély... Je dois bien avouer que je ne suis pas un grand connaisseur en fantastique, donc pour moi ce récit est forcément original et attirant.
D'ailleurs, ce sont plus les Éthers que Dante qui sont attachants. Dante ne fait que subir et n'est pas vraiment charismatique, alors que les Éthers, en plus d'être attachants (pour leurs côtés humains), mais inaccessibles (à cause de leurs côtés divins) sont aussi assez mystérieux (ils représentent les éléments, mais pas vraiment comme dans les autres œuvres, on a trois Éthers de terre, une d'eau, un de feu, et avant il y en avait un d'air).
Même si, au niveau de l'intrigue, ce premier tome est accrocheur, on quitte les sphères des Éthers trop vite, en se disant que finalement, il ne s'est pas passé grande chose.
Pour finir, l'édition est de très grande qualité, une belle couverture, un beau papier et un dossier de bonus à la fin très intéressant, pour prolonger l'expérience.
J'attends avec une réelle impatience la suite et (déjà) la fin, de cette série très prometteuse, je dois dire que ce premier tome laisse sur sa faim, et qu'on n'a pas envie de quitter l'univers merveilleux créé par Samély et Morinière.
Edit après lecture du tome 2 : La fin de la série est de la même veine que le premier tome, vraiment bien réalisée : on a le droit à quelques scènes magnifiques, dignes des plus grands blockbusters fantastiques, et à une fin, c'est le cas de le dire, dantesque et grandiose. Je passe donc ma note de 3 à 4* !
Après lecture des deux derniers volumes, je suis obligé de modifier ma note un peu à la baisse... hélas !
C’est une BD très racée à laquelle on a affaire ici, dans un genre unique situé entre SF et roman graphique inclassable, subtile, bien construite, captivante, profonde, poétique, onirique, littéraire, émouvante, envoûtante, fantaisiste, drôle, sensuelle, avec des personnages attachants aux personnalités fouillées… Rien à redire au niveau du trait qui me plaît vraiment beaucoup et me semble s’être affiné au fil de la série. Un beau noir et blanc aux courbes fluides et élégantes, une ligne épurée, hachée ou foisonnante selon les moments, un cadrage efficace s’attardant parfois sur des détails a priori insignifiants, bref, un vrai plaisir des yeux. F. Peeters semble décidément fasciné par toutes les choses qui poussent, prolifèrent, grouillent, serpentent et ondulent, végétales ou animales, géantes ou microscopiques, apparaissant régulièrement telles des images subliminales pour souligner un instant particulier ou créer une atmosphère… renforçant l’étrangeté de cette ambiance spatiale déjà particulière… le paysage est plus suggéré que dessiné, passant en quelque sorte au second plan derrière la psychologie des personnages, qui nous sont si proches qu’on pourrait tout à fait imaginer les rencontrer dans une rue de Paris, Guéret ou Bangkok… L’espace et ses planètes ne sont ici qu’une métaphore permettant de dramatiser le récit, un prétexte servant à montrant que l’environnement, si vaste et fantastique soit-il, ne fait jamais oublier aux hommes leurs limites et leur condition tragique…
Amateurs de SF, de polars, d’aventures, de poésie ou de littérature, anars, écolos ou alter mondialistes, chacun pourra y trouver son compte dans cet univers qui réussit avec brio le pari pas si évident de transporter le lecteur avec une économie de moyens… Une réussite dans le domaine du roman graphique ! Pour ce qui est de la forme, le papier est de qualité, ainsi que le graphisme des couvertures, remarquable, où Lupus, seul ou accompagné, semble toujours contemplatif, un peu perdu face à l’immensité du paysage environnant…
Bref, cette BD sent le vécu. Incontestablement, Frederick Peeters a produit quelque chose de très original et très personnel, réunissant les extrêmes (introspectif/aventure, familier/futuriste, microscopique/galactique, humoristique/tragique…). Tout aurait pu être parfait si l'équilibre n’avait été rompu dans la deuxième partie, où le sérieux tend à l’emporter sur la légèreté…
Volume 1
Dès les premières pages, on est intrigué par ces drôles de zigotos dans un vaisseau spatial qui ne pensent qu’à prendre du bon temps. On ne comprend pas très bien non plus ce qu’ils font ensemble, tant leurs personnalités semblent éloignées, la seule chose qui semblent les réunir étant la consommation de substances illicites et leur désir de fuir tout ce qui ressemble de près ou de loin à un humain… sauf peut-être si ce dernier est de sexe féminin et plutôt attirant… Très vite, on s’attache à ces personnages, en particulier Lupus, introverti et écorché vif, dont on se sent proche comme un frère, peut-être à cause de ses failles propres au commun des mortels. Bref, voilà une très bonne introduction à une histoire dont on tremble pour son « anti-héros » au destin vacillant…
Volume 2
Non seulement, cette suite reste digne du premier tome mais monte également en puissance, l’étau se resserrant peu à peu sur les fuyards dont la tête a été mise à prix dans toute la galaxie…Lupus se sent aspiré et désarmé face au charme et à la candeur de Sanaa, dont les yeux et le cœur restent insondables, [SPOILER] alors qu’il n’a même pas eu le temps de se remettre de la perte tragique et brutale de son ami… [ fin du SPOILER]. Deux éléments concourrant à accentuer lentement la tension du récit. Leur séjour dans la petite communauté clandestine leur permettra toutefois de prendre du recul et de passer du bon temps en compagnie de ces vieux rebelles aux personnalités bien trempées et non dépourvus d’humour... Des passages aussi hilarants (le t-shirt capteur d’émotions) que plein d’émotion contenue (la rencontre entre Sanaa et un vieillard emmuré dans le silence depuis 30 ans, après la mort accidentelle de sa femme et son fils). 19/20
Volume 3
Le scénario nous offre ici pas mal de rebondissements et une fois encore un changement d’environnement et pas mal de trouvailles surprenantes et souvent amusantes. Cela étant, j’ai trouvé que l’histoire avait perdu progressivement la légèreté du début en abordant des thèmes assez variés (le couple, la solitude des êtres, la transmission, etc.), mais d’une façon presque trop sérieuse. Certes il y a toujours l’humour, mais j’ai eu cette impression que l’auteur tendait à mettre un peu trop l’accent sur l’aspect psychologique au détriment de l’aventure. Bien sûr, ce n’est pas de la SF conventionnelle et on se dit que c’est certainement dû au mal de l’espace et à l’isolement en milieu confiné, alors on se dépêche de terminer pour passer au volume 4…
Volume 4
C’est avec ce tome que j’ai commencé à décrocher. J’ai trouvé que l’intrigue s’éternisait dans cet environnement confiné, à coup d’incidents anecdotiques parfois amusants, de rêves et de flashbacks en lien avec l’enfance de Lupus, sans aucun rebondissement. Disons que ce tome est essentiellement consacré aux états d’âme de Lupus et à la relation entre le jeune homme et Sanaa. Cela n’est pas inintéressant, mais cela tranche trop radicalement avec le reste de la série. Il me semble que l’auteur aurait pu davantage se lâcher par rapport à ce que laissait entrevoir la fantaisie des tomes précédents. Là au contraire, il se met à prendre son histoire trop au sérieux, recourant à des ellipses étranges voire nébuleuses, cela en devient légèrement agaçant. Le dénouement n’arrange rien, tombant un peu à plat, trop énigmatique voire incompréhensible [SPOILER] : pourquoi et où Sanaa disparaît-elle ? Par quel moyen est arrivé le père ? [FIN DU SPOILER]. Du coup, les moments qui sont censés être émouvants m’ont laissé de glace… C’est vraiment dommage et je reste donc un peu frustré avec ce dernier volet qui empêche la série d’être un véritable chef d’œuvre.
5 aventuriers échouent sur une ile déserte et commencent à organiser leur survie. Peu à peu d'étranges phénomènes inexpliqués viennent troubler leur quotidien. Quelques passages relatant la vie d'un prince indien se greffent en parallèle à l'histoire. Cet homme ne devrait pas tarder à devenir le grand méchant dans la suite de la série.
Encore une BD inspirée par l'œuvre de Jules Verne. Mathieu Gabella signe ici un super récit d'aventures. Le ton est léger, je n'ai pas l'impression qu'on veut nous faire croire à une histoire qui aurait pu être réelle. Le dessin précis, mais un peu fun, et les couleurs vives contribuent bien à ce sentiment.
L'histoire est simple, mais le scénario est rondement mené et diablement efficace. Le rythme est fluide, ça se lit vraiment tout seul. Il faut évidemment adhérer au pitch de départ pour entrer pleinement dans cette aventure. Et une fois plongé dedans, l'album se dévore. Que peut-il bien se passer réellement sur cette ile ? Que cache-t-elle à nos héros ? Les premiers éléments de réponses nous plongent dans une ambiance encore plus mystérieuse, parsemée d'une légère couche steampunk, avec le renfort de bien curieuses machines.
Intrigues et dessins : tout est bon ! A la fin de ce tome 1 je suis très impatient de lire la suite et d'en apprendre un peu plus sur les mystères de cette ile !
tome 2 et 3
La série se poursuit de la même manière, le rythme est toujours là, les éléments mystérieux aussi et le ton reste léger. Nouvelles péripéties, nouvelles rencontres, c'est presque tout bon ... mais au bout d'un moment cela commence à faire un peu trop. Il y a de plus en plus de technologie et de machines. Une petite couche c'était super agréable dans le premier tome, mais là il y en a un peu trop. D'autant que plus on avance dans le récit et plus on en découvre. (le meilleur exemple c'est lorsque les dites machines sont capables de manipuler le cerveau d'autres protagonistes).
C'est un peu moins passionnant et cela coûterait presque une étoile, mais heureusement que je m'étais attaché aux personnages et que ma curiosité avait vraiment été mise à mal par le début. Du coup cette lecture est toujours restée sympa. Et puis j'ai beaucoup aimé la fin, très bien trouvée et pleine de clins d'oeil particulièrement appréciables.
Excelllllllllentissime cette BD !! J'adore, tout simplement.
J'adore le journal intime de Lou qui est au début et à la fin de chaque tome, avec ce qu'elle pense de sa mère, de ses ami(e)s, de Richard, de son chat, de sa grand-mère. Le "jeu de moi" du T3 est une excellente trouvaille, autant qu'un très bon résumé des 2 premiers tomes de la série…
J'adore la mère de Lou, éternelle adolescente parfois moins mature que sa fille, qui joue en cachette aux jeux vidéo au lieu d'écrire son bouquin.
J'adore la grand-mère de Lou avec son caractère bourru, sa mauvaise humeur perpétuelle, ses choux de Bruxelles pour toutes les occasions (c'est festif le chou de Bruxelles) et son cœur gros comme ça.
J'adore les prénoms donnés au chat.
J'adore la gothique Marie-Machin et ses parents complètement à l'ouest.
J'adore le nom du collège de Lou : Collège "Guy Degrenne".
J'adore Sidera et le prince Fulgor.
Bref, je pourrais continuer longtemps comme ça… Cette série regorge de trouvailles à la fois dans l'image et dans le texte. Le dessin colle parfaitement à l'ambiance. C'est riche de la première à la dernière page et c'est peu de le dire. C'est drôle, mignon, et franchement je ne m'attendais pas à trouver autant de bonnes choses - pour moi - dans une série estampillée "Jeunesse".
Après lecture du T6 je suis... circonspecte. Personnellement je n'ai pas bien saisi le sens de cette histoire, j'ai espéré jusqu'à la fin avoir au moins un semblant d'explication, mais non... J'espère sincèrement que si suite il y a, elle rattrapera un peu cet OVNI, dont la qualité graphique laisse également un peu à désirer... Je retire un petit point à ma note de départ, ça reste tout de même une très bonne série, au moins les 4/5 premiers tomes.
Yes ! Quelle bonne surprise au final que cette BD ! Moi qui en avait tenté la lecture il y a quelques temps sans vraiment accrocher, je me suis régalé ce week-end après être vraiment tombé dans l'univers de Billy Brouillard.
Et du coup, c'est un franc coup de coeur ! Avec cette collection "Métamorphose", Soleil m'a littéralement conquis. L'objet en lui-même est déjà une réussite. Un format non formaté justement ; un air de vieux bouquin qui colle à merveille à l'univers de Guillaume Bianco ; un one-shot qui n'est pas avare de planches, où viennent se mêler des pages du journal de Billy, de fausses pages de journal, des poèmes illustrés...
Bref, au final, cette BD est un véritable coffre à bijoux, aux éclats "Burtoniens", mais qui a su composer un univers personnel. Non, nous ne sommes pas dans la pâle copie. On est chez Billy. Un monde noir où il chercher une réponse à la mort, et que lui permet son don de "trouble vue". Un univers sombre, parfois très cruel comme seuls les enfants savent l'être entre eux, mais empreint d'une grande poésie et d'humour (même si ça grince parfois au tournant).
Côté dessin, Guillaume Bianco, fait preuve d'une très grande maitrise du noir & blanc. Son travail à l'encre impose son style et est vraiment d'une très grande précision. Car derrière cette impression de dessin simplifié se révèle au fil des pages un grand dessinateur. Je me suis arrêté sur certaines pages pour apprécier les pauses des personnages ; Billy en train de dormir, Tarzan son chat est lové sur ses jambes : de véritables arrêts sur image d'un réalisme saisissants qui donnent force et vie à ses planches.
Bianco, se joue aussi des formes et de la narration. Il alterne aux aventures de Billy, des pages de journaux (aux articles et pubs tous aussi déjantés mais parfaitement en accord avec la trame), des poèmes sur les personnages qui composent la véritable mythologie ou bestiaire de cet univers. C'est cet aspect qui m'avait un peu freiné à ma première approche, mais qui se révèle au final d'une grande richesse, et complète parfaitement le récit pour lui en donner toute sa cohérence.
Au final, bravo et merci pour cette magnifique BD.
*****Après lecture de "Le petit garçon qui ne croyait plus au Père Noël"*****
Billy n'en avait pas fini avec son bestiaire et son obsession pour la mort était loin de s'être dissipé. Et puis, il y a ce Père Noël...
Guillaume Bianco poursuit avec cet album les points de suspensions qu'il avait semé dans ses albums précédents avec un travail graphique toujours aussi remarquable et une édition impeccable et très belle (Quelle couv' encore !).
Que du bonheur de replonger dans cet univers assez unique en BD qui mêle allègrement poésie, noirceur, rêverie et grain de folie et d'enfance.
Magnifique !
*****Après lecture du tome "Le chant des sirènes"*****
Je referme cet album avec beaucoup de respect en me disant : voilà une série qui va allègrement rejoindre mon petit panthéon personnel de mes meilleures lectures BD !
Un grand merci donc à Mr Guillaume Bianco pour ces purs moments d'évasion et la qualité de son travail. Car c'est vraiment l'originalité et son coup de patte si personnel qui forgent ce résultat si déroutant et percutant.
Déroutant, car le sieur Bianco se joue des règles traditionnelles et compose à nouveau un album qui de prime abord pourrait fort ressembler à un drôle de bric-à-brac-fourre-tout où môsssieur aurait au fil des pages lâché la bride à son imagination pour, tel un coucou, nous pondre à droite à gauche, un ersatz d'histoire abracabrantesque. Et que je te lâche un poème par-ci ; et que je te ponds une page de canard revue et corrigée par là ; un bon bout de bestiaire itou, et pour le dessert une bonne grosse tranche de trouble-vue façon Billy !
Mais loin du gloubiboulga, cet album façon cadavre exquis, tient tout autant la route que les précédents. Car après être allé trifouiller du côté de chez la Faucheuse, puis tirer la barbichette à nos croyances, une nouvelle épreuve existentielle attend Billy Brouillard : l’amour…
Il avait pourtant raccroché un brin le gars Billy ; fini le don de trouble-vue & co : il avait rechaussé ses bésicles et pensait pouvoir taquiner le bigorneau en père peinard. C’est effectivement pendant ses vacances pleines d’embruns que notre Billy va faire la rencontre de Prune. Et la miss, c’est pas la moitié d’une donzelle ! Ca a beau être une fille (horreur ! malheur !), côté caractère, imagination et aventure, elle n’est pas en reste et le Billy à de la concurrence sévère ! Et c’est de cette rencontre improbable que Billy va découvrir et vivre le temps d’une semaine intemporelle les affres du sentiment amoureux… Car pour sauver sa douce sirène, Billy ne va pas chômer et s’en laisser compter.
Mais bon, je ne vais pas m’étendre sur les détails de cette folle histoire, je vous laisse le plaisir et la surprise pour votre lecture. En attendant, ce nouvel opus m’a de nouveau conquis. Guillaume Bianco a du talent à revendre et de l’imagination comme je l’aime plein les bottes. Alors continue de faire ton gamin et de rêver pour nous, tant que tu nous le fait partager aussi bien. Sale gosse va ! Mais un très bon !
Merci ;)
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Exceptionnel dès lors que l'on considère la BD comme un moyen artistique d'apprendre. Le lecteur plonge dans des univers qui lui apprennent à relativiser ses propres soucis parisiens ou français (sans chercher à minorer ces derniers). Il fréquente d'autres peuples, villes, problèmes, us et coutumes. Il faut rapprocher l'initiative de ce collectif de l'appel lancé par la revue XXI (dans laquelle les dessins ont été publiés à l'origine) quant à la nécessité d'un retour à certaines sources du journalisme, à savoir le terrain, la lenteur, l'honnêteté intellectuelle, la curiosité, le refus du tout internet. Si ces thèmes vous parlent, si la BD de reportage vous séduit, précipitez-vous!
Magasin Sexuel
Je viens de terminer le diptyque "Magasin sexuel". Ca fait du bien, de temps en temps, de lire une histoire "franchouillarde"qui se passe dans la France profonde et qui tente de confronter une citadine du XXI siècle avec le maire d'une bourgade enraciné dans ses certitudes bornées issu directement du XIXème siècle. Autant le personnage d'Amandine est attachant que celui du Maire est "répugnant". Elle, une ravissante jeune fille : gentille, douce et sans méchanceté aucune. Lui un homme arriéré, franchement stupide et borné. J'ai apprécié le quiproquos de la relation qui se noue entre le maire et Amandine tout au long des deux tomes (avec les deux point de vue respectifs). Ici le "magasin sexuel" est plus un prétexte et un artifice humoristique et décalé pour mettre en place la confrontation de deux mondes que tout oppose. Je dirais qu'il s'agit ici d'une fable sociologique bien ficelée. Turf réalise là un diptyque de très bonne qualité avec son trait bien caractéristique que personnellement j'adore, il est aussi un des rares dessinateurs à mettre haut en couleur ses cases. Ce qui est un ravissement pour mes pupilles. Les fans de Turf vont adorer et pour ceux qui ne connaissent pas je les invite à découvrir l'imaginaire Turf.
20 ans ferme
Ce genre d'album peut être mal interprété, je pense. Certains (les plus obtus) y verront une remise en cause de la punition des crimes et délits en France. Et même si plusieurs philosophes ont déjà écrit des textes qui sont contre l'utilisation de la prison, ce n'est pas le message de l'album (de toute manière le système carcéral est bien trop ancré dans la société pour qu'il puisse changer de forme, à mon avis). Non cet album remet en cause la partie abusive du système carcéral : développement de la haine du prisonnier envers la société, aucun effort pour le réinsérer à sa sortie, traitements inhumains administrés par la hiérarchie des établissements, l'insalubrité des lieux, le manque d'intimité, l'accès difficile à la culture et à l'éducation et tant d'autres... Personnellement, je savais qu'en France, on n'avait pas à être particulièrement fier de nos prisons (le taux de suicides de prisonniers le prouve), mais je ne pensais pas qu'à ce point là, la prison pouvait être un endroit où la loi est quasiment "abolie". Alors certes, on peut ne pas toujours être d'accord avec le comportement du personnage principal, Milan, prisonnier certes intelligent, mais aussi très violent, cependant, l'album nous montre sa longue plongée en enfer, et personnellement cette histoire m'a touché, m'a ému, même si je ne cautionne pas tous les messages que véhicule l'album. Le dessin, lui n'est pas exceptionnel, mais est bon pour ce récit ; assez brut et peu dégrossi. Pour moi, c'est une BD à lire, peu importe ce qu'on peut penser des prisons en France.
La Grande Histoire de Picsou (La Grande Epopée de/La Jeunesse de Picsou)
J’étais un fervent lecteur de Picsou magasine étant enfant, mais bizarrement, je n'avais aucun souvenir d'histoire de la jeunesse de Picsou par Don Rosa. Je profite donc de la réédition des aventures de Picsou par Glénat. C'est simple, La jeunesse de Picsou, c'est de l'aventure ! Quel plaisir de découvrir comment Picsou a obtenu son 1er sou fétiche, comment il a rencontré pour la 1ere fois les Rapetou, son ennemi Gripsou, comment il a dégoté sa vieille redingote, son chapeau haut de forme, etc. Don Rosa a fait un travail énorme de cohérence pour que tout soit crédible avec les récits de Carl Barks. Les explications de Don Rosa entre chaque chapitre sont un vrai plaisir ! Beau travail éditorial de Glénat. Tout y est, de l'aventure, des voyages aux 4 coins du globe (de l’Écosse, en passant par le Mississippi, le Far West, l’Australie ou encore l’Afrique du sud). Les histoire sont bien rythmées, j'avais peur de trouver ça un peu enfantin, mais pas du tout, même un adulte peut se mettre à Picsou ! Les dessins sont excellents, ça fourmille de détails (j'avoue ne pas avoir cherché les easter-eggs mis dans chaque chapitre par Don Rosa). J'attends la suite avec impatience !
Il était une fois en France
Quelle série. C'est pour le moment ma plus belle lecture depuis longtemps. Graphiquement c'est irréprochable, un style semi réaliste un peu arrondi qui sied à merveille à cette histoire. Les protagonistes principaux sont reconnaissables, la dynamique et le rythme sont très bons, et mis à part le premier tome qui multiplie un peu les flash back sans crier gare (mais on s'y fait), la narration est excellente. Je ne vais pas faire ici un nouvel avis reprenant le scénario, ça a été fait de multiples fois plus bas. Cette série mi-documentaire, mi-fictive prend pied dans le terreau d'une période sombre, celle de la seconde guerre, de l'occupation et de la relation ambigüe des autorités françaises avec le Reich, relation ambigüe qui s'étendait de fait jusqu'aux industriels et hommes de peu. Outre ce récit tiré d'un personnage réel, revient la question du silence, de la complicité du peuple français. Et chacun de nous de nous interroger également sur ce que nous aurions fait, sur ce qui est bien ou pas. Le personnage de Joseph est à ce point ambigu qu'il abandonne sa famille pour l'appât du gain mais vu son passé cela en fait-il pour autant un mauvais homme, qu'il sauve des résistants dans un but de réhabilitation n'enlève pas le fait qu'il les ait sauvé..... Que lui, petit juif analphabète ait pu survivre et s'enrichir au su de tous à cette époque nous laisse un goût bizarre dans la bouche, entre admiration et dédain. Et c'est bien cette complexité dans ce personnage et ses actions qui amène ce double ressenti. Et in fine, nous ramène nos propres parts d'ombre et les compromissions que l'on accepte, quelle qu'en soit la finalité. Et finalement, on débouche sur ce bras de fer entre deux hommes qui lâchent toute morale au nom de la leur, qui abandonnent tout, y compris leurs enfants, pour ne pas tomber, autant par orgueil que par une nécessité qui nous échappe. Très grande série, qui mérite vraiment de figurer dans toutes les bibliothèques, qui nous force à nous interroger sur nous même, qui relance notre intérêt pour une période sombre, bref du grand art. Comme le dit l'auteur en petite préface, il mélange le documentaire, la fiction et finalement, le tome 6 fermé, on en vient à regretter ne pas savoir ce qui est fictif et dans quelle mesure surtout.
AEthernam
Ah Aethernam, difficile d'être passé à côté, pour une habitué de BDThèque, vu le buzz que l'album a fait sur le site. En tout cas, il a fait assez de bruit pour attirer mon attention. Je connaissais un peu le trait de Morinière (que j'appréciais beaucoup, et qui m'impressionnait de sa technique), pour ses contes détournés avec Tarek. Ici, son trait est résolument plus adulte, mais il ne perd en rien sa technique (c'est même très virtuose dans les décors). Même si ses dessins adultes me charment moins, je dois reconnaitre sa grande maîtrise, que ça soit pour le monde des hommes, réaliste et contemporain, comme pour l'univers de Éthers, fantastique et merveilleux. Un trait qui, en plus d'être beau, est efficace, dynamique et qui sert très bien le récit. Et puis il y a le scénario de Samély... Je dois bien avouer que je ne suis pas un grand connaisseur en fantastique, donc pour moi ce récit est forcément original et attirant. D'ailleurs, ce sont plus les Éthers que Dante qui sont attachants. Dante ne fait que subir et n'est pas vraiment charismatique, alors que les Éthers, en plus d'être attachants (pour leurs côtés humains), mais inaccessibles (à cause de leurs côtés divins) sont aussi assez mystérieux (ils représentent les éléments, mais pas vraiment comme dans les autres œuvres, on a trois Éthers de terre, une d'eau, un de feu, et avant il y en avait un d'air). Même si, au niveau de l'intrigue, ce premier tome est accrocheur, on quitte les sphères des Éthers trop vite, en se disant que finalement, il ne s'est pas passé grande chose. Pour finir, l'édition est de très grande qualité, une belle couverture, un beau papier et un dossier de bonus à la fin très intéressant, pour prolonger l'expérience. J'attends avec une réelle impatience la suite et (déjà) la fin, de cette série très prometteuse, je dois dire que ce premier tome laisse sur sa faim, et qu'on n'a pas envie de quitter l'univers merveilleux créé par Samély et Morinière. Edit après lecture du tome 2 : La fin de la série est de la même veine que le premier tome, vraiment bien réalisée : on a le droit à quelques scènes magnifiques, dignes des plus grands blockbusters fantastiques, et à une fin, c'est le cas de le dire, dantesque et grandiose. Je passe donc ma note de 3 à 4* !
Lupus
Après lecture des deux derniers volumes, je suis obligé de modifier ma note un peu à la baisse... hélas ! C’est une BD très racée à laquelle on a affaire ici, dans un genre unique situé entre SF et roman graphique inclassable, subtile, bien construite, captivante, profonde, poétique, onirique, littéraire, émouvante, envoûtante, fantaisiste, drôle, sensuelle, avec des personnages attachants aux personnalités fouillées… Rien à redire au niveau du trait qui me plaît vraiment beaucoup et me semble s’être affiné au fil de la série. Un beau noir et blanc aux courbes fluides et élégantes, une ligne épurée, hachée ou foisonnante selon les moments, un cadrage efficace s’attardant parfois sur des détails a priori insignifiants, bref, un vrai plaisir des yeux. F. Peeters semble décidément fasciné par toutes les choses qui poussent, prolifèrent, grouillent, serpentent et ondulent, végétales ou animales, géantes ou microscopiques, apparaissant régulièrement telles des images subliminales pour souligner un instant particulier ou créer une atmosphère… renforçant l’étrangeté de cette ambiance spatiale déjà particulière… le paysage est plus suggéré que dessiné, passant en quelque sorte au second plan derrière la psychologie des personnages, qui nous sont si proches qu’on pourrait tout à fait imaginer les rencontrer dans une rue de Paris, Guéret ou Bangkok… L’espace et ses planètes ne sont ici qu’une métaphore permettant de dramatiser le récit, un prétexte servant à montrant que l’environnement, si vaste et fantastique soit-il, ne fait jamais oublier aux hommes leurs limites et leur condition tragique… Amateurs de SF, de polars, d’aventures, de poésie ou de littérature, anars, écolos ou alter mondialistes, chacun pourra y trouver son compte dans cet univers qui réussit avec brio le pari pas si évident de transporter le lecteur avec une économie de moyens… Une réussite dans le domaine du roman graphique ! Pour ce qui est de la forme, le papier est de qualité, ainsi que le graphisme des couvertures, remarquable, où Lupus, seul ou accompagné, semble toujours contemplatif, un peu perdu face à l’immensité du paysage environnant… Bref, cette BD sent le vécu. Incontestablement, Frederick Peeters a produit quelque chose de très original et très personnel, réunissant les extrêmes (introspectif/aventure, familier/futuriste, microscopique/galactique, humoristique/tragique…). Tout aurait pu être parfait si l'équilibre n’avait été rompu dans la deuxième partie, où le sérieux tend à l’emporter sur la légèreté… Volume 1
Dès les premières pages, on est intrigué par ces drôles de zigotos dans un vaisseau spatial qui ne pensent qu’à prendre du bon temps. On ne comprend pas très bien non plus ce qu’ils font ensemble, tant leurs personnalités semblent éloignées, la seule chose qui semblent les réunir étant la consommation de substances illicites et leur désir de fuir tout ce qui ressemble de près ou de loin à un humain… sauf peut-être si ce dernier est de sexe féminin et plutôt attirant… Très vite, on s’attache à ces personnages, en particulier Lupus, introverti et écorché vif, dont on se sent proche comme un frère, peut-être à cause de ses failles propres au commun des mortels. Bref, voilà une très bonne introduction à une histoire dont on tremble pour son « anti-héros » au destin vacillant…
Volume 2
Non seulement, cette suite reste digne du premier tome mais monte également en puissance, l’étau se resserrant peu à peu sur les fuyards dont la tête a été mise à prix dans toute la galaxie…Lupus se sent aspiré et désarmé face au charme et à la candeur de Sanaa, dont les yeux et le cœur restent insondables, [SPOILER] alors qu’il n’a même pas eu le temps de se remettre de la perte tragique et brutale de son ami… [ fin du SPOILER]. Deux éléments concourrant à accentuer lentement la tension du récit. Leur séjour dans la petite communauté clandestine leur permettra toutefois de prendre du recul et de passer du bon temps en compagnie de ces vieux rebelles aux personnalités bien trempées et non dépourvus d’humour... Des passages aussi hilarants (le t-shirt capteur d’émotions) que plein d’émotion contenue (la rencontre entre Sanaa et un vieillard emmuré dans le silence depuis 30 ans, après la mort accidentelle de sa femme et son fils). 19/20
Volume 3
Le scénario nous offre ici pas mal de rebondissements et une fois encore un changement d’environnement et pas mal de trouvailles surprenantes et souvent amusantes. Cela étant, j’ai trouvé que l’histoire avait perdu progressivement la légèreté du début en abordant des thèmes assez variés (le couple, la solitude des êtres, la transmission, etc.), mais d’une façon presque trop sérieuse. Certes il y a toujours l’humour, mais j’ai eu cette impression que l’auteur tendait à mettre un peu trop l’accent sur l’aspect psychologique au détriment de l’aventure. Bien sûr, ce n’est pas de la SF conventionnelle et on se dit que c’est certainement dû au mal de l’espace et à l’isolement en milieu confiné, alors on se dépêche de terminer pour passer au volume 4…
Volume 4
C’est avec ce tome que j’ai commencé à décrocher. J’ai trouvé que l’intrigue s’éternisait dans cet environnement confiné, à coup d’incidents anecdotiques parfois amusants, de rêves et de flashbacks en lien avec l’enfance de Lupus, sans aucun rebondissement. Disons que ce tome est essentiellement consacré aux états d’âme de Lupus et à la relation entre le jeune homme et Sanaa. Cela n’est pas inintéressant, mais cela tranche trop radicalement avec le reste de la série. Il me semble que l’auteur aurait pu davantage se lâcher par rapport à ce que laissait entrevoir la fantaisie des tomes précédents. Là au contraire, il se met à prendre son histoire trop au sérieux, recourant à des ellipses étranges voire nébuleuses, cela en devient légèrement agaçant. Le dénouement n’arrange rien, tombant un peu à plat, trop énigmatique voire incompréhensible [SPOILER] : pourquoi et où Sanaa disparaît-elle ? Par quel moyen est arrivé le père ? [FIN DU SPOILER]. Du coup, les moments qui sont censés être émouvants m’ont laissé de glace… C’est vraiment dommage et je reste donc un peu frustré avec ce dernier volet qui empêche la série d’être un véritable chef d’œuvre.
Le Mystère Nemo
5 aventuriers échouent sur une ile déserte et commencent à organiser leur survie. Peu à peu d'étranges phénomènes inexpliqués viennent troubler leur quotidien. Quelques passages relatant la vie d'un prince indien se greffent en parallèle à l'histoire. Cet homme ne devrait pas tarder à devenir le grand méchant dans la suite de la série. Encore une BD inspirée par l'œuvre de Jules Verne. Mathieu Gabella signe ici un super récit d'aventures. Le ton est léger, je n'ai pas l'impression qu'on veut nous faire croire à une histoire qui aurait pu être réelle. Le dessin précis, mais un peu fun, et les couleurs vives contribuent bien à ce sentiment. L'histoire est simple, mais le scénario est rondement mené et diablement efficace. Le rythme est fluide, ça se lit vraiment tout seul. Il faut évidemment adhérer au pitch de départ pour entrer pleinement dans cette aventure. Et une fois plongé dedans, l'album se dévore. Que peut-il bien se passer réellement sur cette ile ? Que cache-t-elle à nos héros ? Les premiers éléments de réponses nous plongent dans une ambiance encore plus mystérieuse, parsemée d'une légère couche steampunk, avec le renfort de bien curieuses machines. Intrigues et dessins : tout est bon ! A la fin de ce tome 1 je suis très impatient de lire la suite et d'en apprendre un peu plus sur les mystères de cette ile ! tome 2 et 3 La série se poursuit de la même manière, le rythme est toujours là, les éléments mystérieux aussi et le ton reste léger. Nouvelles péripéties, nouvelles rencontres, c'est presque tout bon ... mais au bout d'un moment cela commence à faire un peu trop. Il y a de plus en plus de technologie et de machines. Une petite couche c'était super agréable dans le premier tome, mais là il y en a un peu trop. D'autant que plus on avance dans le récit et plus on en découvre. (le meilleur exemple c'est lorsque les dites machines sont capables de manipuler le cerveau d'autres protagonistes). C'est un peu moins passionnant et cela coûterait presque une étoile, mais heureusement que je m'étais attaché aux personnages et que ma curiosité avait vraiment été mise à mal par le début. Du coup cette lecture est toujours restée sympa. Et puis j'ai beaucoup aimé la fin, très bien trouvée et pleine de clins d'oeil particulièrement appréciables.
Lou !
Excelllllllllentissime cette BD !! J'adore, tout simplement. J'adore le journal intime de Lou qui est au début et à la fin de chaque tome, avec ce qu'elle pense de sa mère, de ses ami(e)s, de Richard, de son chat, de sa grand-mère. Le "jeu de moi" du T3 est une excellente trouvaille, autant qu'un très bon résumé des 2 premiers tomes de la série… J'adore la mère de Lou, éternelle adolescente parfois moins mature que sa fille, qui joue en cachette aux jeux vidéo au lieu d'écrire son bouquin. J'adore la grand-mère de Lou avec son caractère bourru, sa mauvaise humeur perpétuelle, ses choux de Bruxelles pour toutes les occasions (c'est festif le chou de Bruxelles) et son cœur gros comme ça. J'adore les prénoms donnés au chat. J'adore la gothique Marie-Machin et ses parents complètement à l'ouest. J'adore le nom du collège de Lou : Collège "Guy Degrenne". J'adore Sidera et le prince Fulgor. Bref, je pourrais continuer longtemps comme ça… Cette série regorge de trouvailles à la fois dans l'image et dans le texte. Le dessin colle parfaitement à l'ambiance. C'est riche de la première à la dernière page et c'est peu de le dire. C'est drôle, mignon, et franchement je ne m'attendais pas à trouver autant de bonnes choses - pour moi - dans une série estampillée "Jeunesse". Après lecture du T6 je suis... circonspecte. Personnellement je n'ai pas bien saisi le sens de cette histoire, j'ai espéré jusqu'à la fin avoir au moins un semblant d'explication, mais non... J'espère sincèrement que si suite il y a, elle rattrapera un peu cet OVNI, dont la qualité graphique laisse également un peu à désirer... Je retire un petit point à ma note de départ, ça reste tout de même une très bonne série, au moins les 4/5 premiers tomes.
Billy Brouillard
Yes ! Quelle bonne surprise au final que cette BD ! Moi qui en avait tenté la lecture il y a quelques temps sans vraiment accrocher, je me suis régalé ce week-end après être vraiment tombé dans l'univers de Billy Brouillard. Et du coup, c'est un franc coup de coeur ! Avec cette collection "Métamorphose", Soleil m'a littéralement conquis. L'objet en lui-même est déjà une réussite. Un format non formaté justement ; un air de vieux bouquin qui colle à merveille à l'univers de Guillaume Bianco ; un one-shot qui n'est pas avare de planches, où viennent se mêler des pages du journal de Billy, de fausses pages de journal, des poèmes illustrés... Bref, au final, cette BD est un véritable coffre à bijoux, aux éclats "Burtoniens", mais qui a su composer un univers personnel. Non, nous ne sommes pas dans la pâle copie. On est chez Billy. Un monde noir où il chercher une réponse à la mort, et que lui permet son don de "trouble vue". Un univers sombre, parfois très cruel comme seuls les enfants savent l'être entre eux, mais empreint d'une grande poésie et d'humour (même si ça grince parfois au tournant). Côté dessin, Guillaume Bianco, fait preuve d'une très grande maitrise du noir & blanc. Son travail à l'encre impose son style et est vraiment d'une très grande précision. Car derrière cette impression de dessin simplifié se révèle au fil des pages un grand dessinateur. Je me suis arrêté sur certaines pages pour apprécier les pauses des personnages ; Billy en train de dormir, Tarzan son chat est lové sur ses jambes : de véritables arrêts sur image d'un réalisme saisissants qui donnent force et vie à ses planches. Bianco, se joue aussi des formes et de la narration. Il alterne aux aventures de Billy, des pages de journaux (aux articles et pubs tous aussi déjantés mais parfaitement en accord avec la trame), des poèmes sur les personnages qui composent la véritable mythologie ou bestiaire de cet univers. C'est cet aspect qui m'avait un peu freiné à ma première approche, mais qui se révèle au final d'une grande richesse, et complète parfaitement le récit pour lui en donner toute sa cohérence. Au final, bravo et merci pour cette magnifique BD. *****Après lecture de "Le petit garçon qui ne croyait plus au Père Noël"***** Billy n'en avait pas fini avec son bestiaire et son obsession pour la mort était loin de s'être dissipé. Et puis, il y a ce Père Noël... Guillaume Bianco poursuit avec cet album les points de suspensions qu'il avait semé dans ses albums précédents avec un travail graphique toujours aussi remarquable et une édition impeccable et très belle (Quelle couv' encore !). Que du bonheur de replonger dans cet univers assez unique en BD qui mêle allègrement poésie, noirceur, rêverie et grain de folie et d'enfance. Magnifique ! *****Après lecture du tome "Le chant des sirènes"***** Je referme cet album avec beaucoup de respect en me disant : voilà une série qui va allègrement rejoindre mon petit panthéon personnel de mes meilleures lectures BD ! Un grand merci donc à Mr Guillaume Bianco pour ces purs moments d'évasion et la qualité de son travail. Car c'est vraiment l'originalité et son coup de patte si personnel qui forgent ce résultat si déroutant et percutant. Déroutant, car le sieur Bianco se joue des règles traditionnelles et compose à nouveau un album qui de prime abord pourrait fort ressembler à un drôle de bric-à-brac-fourre-tout où môsssieur aurait au fil des pages lâché la bride à son imagination pour, tel un coucou, nous pondre à droite à gauche, un ersatz d'histoire abracabrantesque. Et que je te lâche un poème par-ci ; et que je te ponds une page de canard revue et corrigée par là ; un bon bout de bestiaire itou, et pour le dessert une bonne grosse tranche de trouble-vue façon Billy ! Mais loin du gloubiboulga, cet album façon cadavre exquis, tient tout autant la route que les précédents. Car après être allé trifouiller du côté de chez la Faucheuse, puis tirer la barbichette à nos croyances, une nouvelle épreuve existentielle attend Billy Brouillard : l’amour… Il avait pourtant raccroché un brin le gars Billy ; fini le don de trouble-vue & co : il avait rechaussé ses bésicles et pensait pouvoir taquiner le bigorneau en père peinard. C’est effectivement pendant ses vacances pleines d’embruns que notre Billy va faire la rencontre de Prune. Et la miss, c’est pas la moitié d’une donzelle ! Ca a beau être une fille (horreur ! malheur !), côté caractère, imagination et aventure, elle n’est pas en reste et le Billy à de la concurrence sévère ! Et c’est de cette rencontre improbable que Billy va découvrir et vivre le temps d’une semaine intemporelle les affres du sentiment amoureux… Car pour sauver sa douce sirène, Billy ne va pas chômer et s’en laisser compter. Mais bon, je ne vais pas m’étendre sur les détails de cette folle histoire, je vous laisse le plaisir et la surprise pour votre lecture. En attendant, ce nouvel opus m’a de nouveau conquis. Guillaume Bianco a du talent à revendre et de l’imagination comme je l’aime plein les bottes. Alors continue de faire ton gamin et de rêver pour nous, tant que tu nous le fait partager aussi bien. Sale gosse va ! Mais un très bon ! Merci ;)