Je ne m'attendais pas du tout à ça. Le nom de Vertigo et l'allure de la couverture me faisaient croire à un comics typique de cette collection, avec du fantastique, de l'action et une trame bien américaine. J'ai été surpris d'emblée de voir que les auteurs étaient brésiliens et que l'histoire prenait effectivement place dans le Brésil moderne, avec l'ambiance bien caractéristique de ce pays. Puis j'ai été surpris d'y découvrir non pas une intrigue à base de fantastique ou de super-héros mais un pur roman graphique à la construction originale.
Au début, je n'y ai pas trop accroché. Je comprenais qu'on allait voir des bouts peut-être indépendants de la vie d'un homme, dans le désordre chronologique, avec des chapitres d'une vingtaine de pages maximum où le héros mourait immanquablement à la fin. Au bout des premiers chapitres, comme je voyais mal le lien entre chaque scénette, je commençais à me lasser, peu intéressé par ces morceaux de vie et ces morts peu captivantes.
Et puis peu à peu les choses ont pris forme. Le déclic a probablement eu lieu à partir du chapitre où l'on découvre le héros à 10 ou 11 ans car sa mort, à ce jeune âge, m'a fait de la peine. Là, j'ai commencé à réaliser l'objectif des auteurs. Montrer la force et l'intérêt de chaque étape de la vie d'un homme par la perte que causerait sa mort à tel ou tel moment. "On ne comprend jamais mieux que l'on aime quelque chose qu'au moment où on le perd".
Se met alors en place un récit sur la vie, sur la force de ce qu'elle apporte notamment parce que la mort à la fin est inéluctable, sur le fait qu'il faille en profiter, transmettre ses émotions à ses proches et à ses enfants, etc...
Finalement, toute la vie est incluse dans cet ouvrage. La jeunesse, l'amitié, le travail, l'amour, la déception, la famille, les enfants, l'espoir, la perte, la vieillesse... et même un brave et bon chien-chien.
Le message est passé de belle manière, j'ai été de plus en plus touché au cours de ma lecture. Et même si quelques passages m'ont légèrement ennuyé, j'ai eu presque les larmes aux yeux sur certains autres vers la fin de l'ouvrage.
La morale est simple, évidente, mais tellement bien transmise par le biais de cette originalité narrative qu'il n'y a rien à en redire.
Un livre sur la vie par le biais de la mort.
Voici un bon récit réalisé à quatre mains qui s’attarde sur la vie à bord d’un U-Boot.
L’histoire de ce novice qui prend son service sur le sous-marin allemand est matinée d’une dose de fantastique. En effet, un livre interdit, qui aurait dû brûler lors de l’autodafé de 1933, fait des apparitions dans des endroits incongrus sans raisons apparentes. Ca se lit sans difficultés. On est pris par l’étrangeté de ce bouquin qui va conditionner l’équipage . . . Mais, derrière cette histoire, je retiendrai surtout le soin apporté aux planches. Avec un découpage frôlant la perfection, des dessins dynamiques et soignés et une mise en couleurs très à propos, on se régale !
Bref, un scénario honnête magnifié par des planches d’exception !
Ames sensibles s'abstenir. Si vous vous sentez mal à la vue du sang, si les aliments bizarres et pas toujours très frais vous donnent la nausée, cette BD n'est pas faite pour vous. Et c'est bien dommage car vous allez louper un petit bijou d'humour !
L'histoire est très originale et je pense que le scénariste doit avoir un sérieux problème pour imaginer des situations et des personnages aussi déjantés. Le scénario est truffé d'humour (plus certains volumes que d'autres).
Le dessin est clair, bien fait, rien à redire. Il fourmille de détails et n'hésitez pas à même lire les publicités et les titres des articles de presse collés sur les murs des décors.
Vivement le volume suivant !
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Après lecture du tome 5, ma note reste la même. Rien à redire, le dessin est toujours aussi expressif, plein de détails. Le scénario recèle encore quelques petites perles ce qui fait que la lecture est toujours aussi agréable et amusante. A quand le tome 6 ?
AHhhhhhhhhhhhh ! LA VOILA, la bonne surprise de ce début d'année !!! Merci Jetjet pour ton avis sur cette série qui avait su me mettre l'eau à la bouche et titiller ma curiosité. Un tour sur le stand Ankama à Angoulême pour voir ce que nous réservait le Label 619 a fini de me décider : me voilà reparti avec le tome 1 de "The Grocery" sous le bras !
Et c'est du tout bon, du tout cuit... ou plutôt du tout cru ! Car derrière cette première fausse impression de dessin pour gamin, ça balance sévère derrière ! Etrange mais EXCELLENT parti pris graphique que celui choisit par Guillaume Singelin. Lui qui m'avait accroché mais pas emballé dans le premier récit de Doggybags, m'a ici laissé sur le cul ! J'ai ADORE son graphisme simple, nerveux, expressif et faussement naïf qui tranche, contraste et accentue les péripéties (doux euphémisme) de notre bande de potes.
Ici, fi du manichéisme ! Les personnages sont entiers mais pas caricaturaux. Pas de ligne blanche (un rail ou deux à la rigueur...) infranchissable, plutôt des lignes pointillées entre lesquelles chacun slalome tant bien que mal pour échapper à l'ennui, sauver sa peau ou reconquérir ce qu'il a perdu. La guerre des gangs reprend du service, mais d'une façon des plus originales !
Ajoutez à cela, une trame sociale de l'Amérique dissolue actuelle, où pointent en ligne de mire les conflits armés et le système économique des subprimes qui laissent sur le carreau une frange non négligeable de la société américaine, et vous obtenez en filigrane de cette histoire déjantée, un cliché à vif de l'Amérique actuelle. Bravo à Aurélien Ducoudray qui nous tisse ici une histoire pour l'instant très bien ficelée et qui nous mets plus qu'en appétit pour une suite que j'attends plus qu'avec impatience !
Alors si comme moi Mutafukaz vous a fait délirer, je ne peux que vous conseiller cette nouvelle série de chez Ankama, qui s'annonce tout aussi originale, efficace, déjantée et délirante ! A lire impérativement pour les amateurs du genre !
****Lecture du tome 2****
Et c'est reparti pour un tour ! Angoulême, le retour, avec dans mes sacoches le second tome de "The Grocery" sorti là-bas en avant première ! Petit périple des plus intéressant, car il fut l'occasion d'un interview de Run et Guillaume Singelin (bientôt en ligne sur votre site préféré :p), qui m'a permis d'encore mieux apprécier le travail de nos bargeots de service.
Car après un premier tome des plus percutant, restait à transformer l'essai... Et c'est haut la main que ce deuxième opus remplit son office en déroulant tranquillement et balayant large devant son passage : home run finger in the noze en vue ! (Bon, j'm'emballe un peu, mais y'a de quoi !)
Le duo Ducoudray Singelin prends de l’assurance et monte en puissance ! L’histoire avance, rivée sur les rails d’une narration toujours aussi fluide, cinglante et efficace, et nos personnages s’étoffent au fil des pages en prenant de la profondeur. Bref, on n’est pas déçu ! Surtout que les nouveaux venus dans cette danse autour de ce corner ne font pas non plus dans la dentelle !
Le dessin de Guillaume Singelin toujours aussi mordant et original s’impose tranquillement. C’est impressionnant l’expressivité que ses gueules de Muppet arrivent à dégager ! Et le contraste entre ce dessin faussement simpliste et ce récit violent n’en est que plus marqué. Du tout bon !
Bref, le seul problème avec ce genre de BD, c’est qu’on est maintenant bon pour baver quelques temps avant d’avoir une suite à se mettre sous la dent. Attention, la méta’ de The Grocery, c’est de la bonne, tu tombes accroc direct !
Je ne sais pas comment les moins de 25 ans perçoivent cette catastrophe aujourd’hui, mais je me souviens qu’à l’époque ce fut (pour moi en tous cas) un énorme traumatisme malgré les tentatives du gouvernement et des médias français pour en minimiser la portée.
Tout d’abord, ce qui frappe au premier coup d’œil dans cette BD, c’est la beauté du graphisme, avec le recours à une aquarelle sépia et monochrome aux tonalités parfois très sombres, conférant une atmosphère oppressante dès les premières pages. C’est ainsi que l’on va suivre l’auteur dans son expédition avec la boule au ventre, comme si on y était, vers ce no man’s land terrifiant où le danger est invisible mais omniprésent. TCHER-NO-BYL . Ces trois syllabes, qui sonnent comme une explosion, une sorte d’éternuement atomique, exercent toujours le même pouvoir de fascination morbide mêlée d’effroi. Les voyeurs, eux, seront très certainement déçus, car ici Lepage évacue la question des malformations dès le début en ne faisant que reproduire – pudiquement - quelques photos d’enfants difformes prises quelques années après l’explosion, histoire de mettre les choses au clair. Une fois passés les questionnements liés à l’appréhension d’un tel voyage, l’arrivée dans la zone maudite, la découverte d’une ville fantôme et de ses ruines, l’approche de la centrale, gueule béante des enfers, comme un défi face à un monstre endormi, le récit va évoluer vers quelque chose d’inattendu, posant à Lepage et ses camarades artistes mille questions, leur imposant un virage à 180° - le titre résume tout. En effet, force leur est de constater, avec l’arrivée de la belle saison, que la nature s’est adaptée et a repris le dessus. La couleur, très rare au début, se fait de plus en plus fréquente, conférant à l’ensemble de la légèreté et éloignant la chape de plomb nucléaire.
Telle est la question se posant aux auteurs : comment décrire l’invisible ? Une nature exubérante aux couleurs chatoyantes, comme dopée par la radioactivité, contre toute attente. Une nature accueillante et omniprésente tout en restant très dangereuse pour quiconque s’y attarderait. Plus largement, se pose la question de l’objectivité de l’œuvre documentaire. Mandatés par une association humanitaire pour dénoncer les dangers du nucléaire, les auteurs sont confrontés à un vrai dilemme : doivent-ils dessiner ce qu’on attend d’eux ou dépeindre la réalité telle qu’ils la voient ?
A travers cette magnifique BD, l’auteur nous livre une œuvre libre, personnelle et sincère. Avec humilité et sensibilité, Lepage nous donne également à voir de beaux portraits des habitants de la région (et n’oublie pas au passage de rendre hommage aux « liquidateurs » qui se sont littéralement sacrifiés). Certains moments sont véritablement poignants, je peux affirmer sans hésitation qu’il s’agit de la meilleure BD documentaire qu’il m’ait été donnée de lire. Et en ce qui me concerne, malgré l’ « optimisme » dégagé par cette histoire, je ne suis pas devenu pour autant partisan du nucléaire. Cela reste une énergie terriblement dangereuse pour l’homme (qui voudrait habiter Tchernobyl à moins d’être suicidaire ?). Cet ouvrage ne fait que prouver que la nature s’en est toujours très bien sortie – et mieux – sans l’Homme, et devrait donc nous inciter à plus d’humilité devant des forces que l’on ne contrôle pas, comme en témoigne la catastrophe plus récente de Fukushima.
Je m’attendais à lire un récit historique mais je me suis surpris à y trouver un intérêt bien plus grand qu’escompté.
J’ai été littéralement happé par cette histoire hors norme d’un sous-marin anglais durant la seconde guerre mondiale. Le récit est une mine d’informations sur la vie à bord et sur les tactiques d’attaques. Mais à côté de cette rigueur des faits, il y a une aventure humaine bien contée avec, en haut de l’affiche, deux personnages typés : le capitaine expérimenté et son second gaffeur (Walter Woolf en l’occurrence). L’humour est aussi présent par touches parcimonieuses sans venir dénaturer la gravité des faits. Bref, voici un one shot qui a non seulement du corps mais également une âme. L’album se termine par des lettres du capitaine Woolf qui donne des éclaircissements sur la disparition du sous marin Thorn qui est longtemps resté une énigme.
A noter que j’ai la première édition. Non pas que j’y accorde de l’importance. Je trouve simplement la couverture superbe (contrairement à sa réédition).
A découvrir !
A force de traduire le catalogue d’auteurs Italiens, Toppi en tête, on en oublierait presque que Mosquito publie aussi des nouveautés. « Markheim » (a priori aucun lien avec la nouvelle éponyme de Robert Louis Stevenson) est un one-shot réalisé par deux géants de la BD franco-belge. On ne présente plus Rodolphe (L'Autre Monde entre autre), mais l’œuvre de Philippe Marcelé est malheureusement beaucoup moins connue. Ce dernier avait d’ailleurs déjà travaillé avec Rodolphe sur Gothic.
« Markheim » propose une histoire onirique construite sur un concept intriguant : un personnage jeune rêve qu’il est vieux, et le vieux rêve qu’il est jeune. Où se situe la réalité ? Qui rêve l’autre ? Je me garderais bien d’en dire plus, mais sachez que plus l’intrigue avance, plus on y voit claire, jusqu’à un final extrêmement bien vu. J’ai trouvé la lecture stimulante et jubilatoire, impossible de reposer l’album (enfin l’iPad sur le coup) avant de l’avoir terminé !
L’histoire elle-même n’est pas en reste et nous présente un pays (d’Europe de l’Est ?) où une guerre est sur le point de débuter (ou qui fut gagnée il y a longtemps, en fonction du « point de rêve »). L’univers mis en place est intéressant, même si l’intrigue reste simple et se focalise surtout sur le personnage central.
Le graphisme en noir et blanc de Marcelé est magnifique, je vous laisse admirer les planches dans la galerie.
Une histoire qui m’a beaucoup marqué, j’ai fini ma lecture hier soir, et j’y repense beaucoup depuis. Un coup de cœur !
Pour ne pas laisser JBT900 seul 10 ans de plus, voici mon avis sur ce one shot.
La première vignette donne le ton. Cette bd se veut décalée jusqu’au bout.
Vanoli, c’est un style. A y regarder de près, son dessin déformé est laid. Mais il y a "laid" et "laid". car son trait dégage un certain esthétisme qui hypnotise le regard. Bref, Vanoli prouve qu'on peut faire du travail intéressant avec du moche. Mais l’identité graphique ne fait pas tout. L'auteur propose un road movie résolument moderne dans sa construction et le ton employé tout en ancrant son récit dans le Japon féodal, raison du décalage évoqué plus avant. L’ensemble fonctionne et est même particulièrement jouissif. Il n’y a pas vraiment de début ni de fin. Juste une tranche de vie partagée par des compagnons de route très différents. On se rencontre, on vit un bout de chemin ensemble puis on se sépare (et on déconne entre temps). Chacun sa route, chacun son chemin ...
Certainement le meilleur Vanoli qui m’ait été donné de lire !
LE "Star Wars psychédélique" de la BD française. Un monument indétrônable. 6 tomes qui se lisent d'une traite, sans temps mort. Ils sont tous excellents. Jodorowsky et Moebius sont très en forme (1ère collaboration je crois) et livrent là leur oeuvre maîtresse (une des meilleures de Jodorowsky, en tout cas qui met tout le monde d'accord contrairement à d'autres).
Pour ma part la meilleure série de Jodorowsky avec Le Lama blanc, Juan Solo et La Caste des Méta-barons (voire Face de Lune aussi).
Nous suivons tout d'abord l'existence d'un citoyen lambda "John Difool" qui va, au fur et à mesure, devenir une sorte de "messie". Dans une "cité-puits" du futur. Les catégories sociales sont proportionnelles aux étages des différents niveaux (Le roi tout en haut, puis les aristocrates, puis les prolétaires et ainsi de suite jusqu'aux gueux et terroristes du lac d'acide tout en bas. Et puis il y a encore plus bas (album "ce qui est en bas" mais chut...). Et puis un autre album "ce qui est en haut" aussi. Au-dessus de la cité-puits, il y a la surface ou il n'y a... rien (ah si des champs labourés par des espèces de moissonneuses-batteuses du futur). Et plus haut le techno-pape et sa base en forme d'oeuf noir. Excellent ! Une sorte d'empereur de la force obscure. Voilà pour le décor. Après c'est du Star Wars complètement psychotronique.
Les 2 derniers tomes partent dans un trip cosmico-psychédélico-mystique assez hallucinant absolument bien géré et limpide (ce qui n'est pas le cas de toutes les séries de Jodorowsky qui peuvent se révéler indigestes ou bâclées). Là c'est divin. Une véritable illumination cosmique (que vous ne trouverez jamais dans Star Wars).
J'ai entendu dire que Moebius et Jodo s'étaient inspirés entre autres de leur travail sur le film "Dune" que devait réaliser Jodorowsky mais repris par David Lynch. Les producteurs ayant pris peur car Jodorowsky avait pour idée (entre autres) de confier le rôle de l'empereur à Salvador Dali sur un trône en forme de chiotte... Je les comprends ^^. Mais là je m'égare. Pour en revenir à l'Incal je n'ai pas envie de raconter toute l'histoire et puis tout le monde a lu ce monument je pense.
J'ai adoré également la suite ou plutôt la préquelle Avant l'Incal avec Janjetov. Mais on n'est pas au niveau - bien sûr - de la puissance de la série originelle.
Une série que j'ai découverte grâce à l'album n°3 : "La nuit du chat" que je possédais dans ma jeunesse. Cet album je l'ai lu et relu pendant toutes ces années et chaque lecture n'a fait qu'augmenter mon amour et ma passion pour cette bd. Ce n'est que plus tard que j'ai découvert "Les baleines publiques" et "Les sculpteurs de lumière".
En général on est souvent déçu par une série qu'on a aimé dans sa jeunesse. Et bien là non. Pas du tout. C'est plutôt rare pour le signaler.
Ces 3 albums sont des merveilles de poésie, d'amour de la nature, des animaux de toutes sortes et d'une certaine recherche de fantastique dans le quotidien. J'adhère totalement car moi aussi je suis en recherche d'une certaine atmosphère fantastique (je fais de la photo), que ce soit en forêt, en ville ou même dans un terrain vague. Et l'album de "La nuit du chat", que j'ai du lire pour la 1ère fois vers 10 ou 12 ans m'a profondément marqué voire inspiré inconsciemment. Cette "quête" de Brousaille pour retrouver son chat la nuit à travers les jardins, les voix ferrées est absolument magique voire mystique (c'est un peu fort ?). Et puis ce vieux clochard à la fin, qui garde secretement son petit désert de sable dans sa maison (qui logiquement ne sert à rien), de la poésie à l'état pur.
Les sculpteurs de lumière est tout aussi bon, si ce n'est supérieur au niveau des dessins ( petite rectification après relecture: non, la nuit du chat est encore plus beau). Rien à jeter. Je ne m'étendrai pas sur l'intrigue. C'est une merveille.
"Les baleines publiques" est très bon lui aussi mais peut être légèrement inférieur.
Seul petit reproche cependant. Le personnage de Broussaille est un peu niais à mon goût (voire beaucoup). C'est le jeune écolo sympa, cliché à mort. C'est quand même un point important qui logiquement devrait m'empêcher de mettre 5/5 à cette série. Et bien non car pour moi ce héros n'est qu'un prétexte à Franck pour nous faire partager sa passion et son amour la nature.
Inutile de préciser que les dessins et les couleurs sont fabuleux. Dans le genre franco-belge c'est du très haut niveau.
Donc récapitulons:
- Les baleines publiques: ****
- Les sculpteurs de lumière: *****
- La nuit du chat: *****
Les autres je ne les ai malheureusement pas lus.
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Je ne m'attendais pas du tout à ça. Le nom de Vertigo et l'allure de la couverture me faisaient croire à un comics typique de cette collection, avec du fantastique, de l'action et une trame bien américaine. J'ai été surpris d'emblée de voir que les auteurs étaient brésiliens et que l'histoire prenait effectivement place dans le Brésil moderne, avec l'ambiance bien caractéristique de ce pays. Puis j'ai été surpris d'y découvrir non pas une intrigue à base de fantastique ou de super-héros mais un pur roman graphique à la construction originale. Au début, je n'y ai pas trop accroché. Je comprenais qu'on allait voir des bouts peut-être indépendants de la vie d'un homme, dans le désordre chronologique, avec des chapitres d'une vingtaine de pages maximum où le héros mourait immanquablement à la fin. Au bout des premiers chapitres, comme je voyais mal le lien entre chaque scénette, je commençais à me lasser, peu intéressé par ces morceaux de vie et ces morts peu captivantes. Et puis peu à peu les choses ont pris forme. Le déclic a probablement eu lieu à partir du chapitre où l'on découvre le héros à 10 ou 11 ans car sa mort, à ce jeune âge, m'a fait de la peine. Là, j'ai commencé à réaliser l'objectif des auteurs. Montrer la force et l'intérêt de chaque étape de la vie d'un homme par la perte que causerait sa mort à tel ou tel moment. "On ne comprend jamais mieux que l'on aime quelque chose qu'au moment où on le perd". Se met alors en place un récit sur la vie, sur la force de ce qu'elle apporte notamment parce que la mort à la fin est inéluctable, sur le fait qu'il faille en profiter, transmettre ses émotions à ses proches et à ses enfants, etc... Finalement, toute la vie est incluse dans cet ouvrage. La jeunesse, l'amitié, le travail, l'amour, la déception, la famille, les enfants, l'espoir, la perte, la vieillesse... et même un brave et bon chien-chien. Le message est passé de belle manière, j'ai été de plus en plus touché au cours de ma lecture. Et même si quelques passages m'ont légèrement ennuyé, j'ai eu presque les larmes aux yeux sur certains autres vers la fin de l'ouvrage. La morale est simple, évidente, mais tellement bien transmise par le biais de cette originalité narrative qu'il n'y a rien à en redire. Un livre sur la vie par le biais de la mort.
Pacifique
Voici un bon récit réalisé à quatre mains qui s’attarde sur la vie à bord d’un U-Boot. L’histoire de ce novice qui prend son service sur le sous-marin allemand est matinée d’une dose de fantastique. En effet, un livre interdit, qui aurait dû brûler lors de l’autodafé de 1933, fait des apparitions dans des endroits incongrus sans raisons apparentes. Ca se lit sans difficultés. On est pris par l’étrangeté de ce bouquin qui va conditionner l’équipage . . . Mais, derrière cette histoire, je retiendrai surtout le soin apporté aux planches. Avec un découpage frôlant la perfection, des dessins dynamiques et soignés et une mise en couleurs très à propos, on se régale ! Bref, un scénario honnête magnifié par des planches d’exception !
Tony Chu Détective Cannibale
Ames sensibles s'abstenir. Si vous vous sentez mal à la vue du sang, si les aliments bizarres et pas toujours très frais vous donnent la nausée, cette BD n'est pas faite pour vous. Et c'est bien dommage car vous allez louper un petit bijou d'humour ! L'histoire est très originale et je pense que le scénariste doit avoir un sérieux problème pour imaginer des situations et des personnages aussi déjantés. Le scénario est truffé d'humour (plus certains volumes que d'autres). Le dessin est clair, bien fait, rien à redire. Il fourmille de détails et n'hésitez pas à même lire les publicités et les titres des articles de presse collés sur les murs des décors. Vivement le volume suivant ! -------------------------------------------------- Après lecture du tome 5, ma note reste la même. Rien à redire, le dessin est toujours aussi expressif, plein de détails. Le scénario recèle encore quelques petites perles ce qui fait que la lecture est toujours aussi agréable et amusante. A quand le tome 6 ?
The Grocery
AHhhhhhhhhhhhh ! LA VOILA, la bonne surprise de ce début d'année !!! Merci Jetjet pour ton avis sur cette série qui avait su me mettre l'eau à la bouche et titiller ma curiosité. Un tour sur le stand Ankama à Angoulême pour voir ce que nous réservait le Label 619 a fini de me décider : me voilà reparti avec le tome 1 de "The Grocery" sous le bras ! Et c'est du tout bon, du tout cuit... ou plutôt du tout cru ! Car derrière cette première fausse impression de dessin pour gamin, ça balance sévère derrière ! Etrange mais EXCELLENT parti pris graphique que celui choisit par Guillaume Singelin. Lui qui m'avait accroché mais pas emballé dans le premier récit de Doggybags, m'a ici laissé sur le cul ! J'ai ADORE son graphisme simple, nerveux, expressif et faussement naïf qui tranche, contraste et accentue les péripéties (doux euphémisme) de notre bande de potes. Ici, fi du manichéisme ! Les personnages sont entiers mais pas caricaturaux. Pas de ligne blanche (un rail ou deux à la rigueur...) infranchissable, plutôt des lignes pointillées entre lesquelles chacun slalome tant bien que mal pour échapper à l'ennui, sauver sa peau ou reconquérir ce qu'il a perdu. La guerre des gangs reprend du service, mais d'une façon des plus originales ! Ajoutez à cela, une trame sociale de l'Amérique dissolue actuelle, où pointent en ligne de mire les conflits armés et le système économique des subprimes qui laissent sur le carreau une frange non négligeable de la société américaine, et vous obtenez en filigrane de cette histoire déjantée, un cliché à vif de l'Amérique actuelle. Bravo à Aurélien Ducoudray qui nous tisse ici une histoire pour l'instant très bien ficelée et qui nous mets plus qu'en appétit pour une suite que j'attends plus qu'avec impatience ! Alors si comme moi Mutafukaz vous a fait délirer, je ne peux que vous conseiller cette nouvelle série de chez Ankama, qui s'annonce tout aussi originale, efficace, déjantée et délirante ! A lire impérativement pour les amateurs du genre ! ****Lecture du tome 2**** Et c'est reparti pour un tour ! Angoulême, le retour, avec dans mes sacoches le second tome de "The Grocery" sorti là-bas en avant première ! Petit périple des plus intéressant, car il fut l'occasion d'un interview de Run et Guillaume Singelin (bientôt en ligne sur votre site préféré :p), qui m'a permis d'encore mieux apprécier le travail de nos bargeots de service. Car après un premier tome des plus percutant, restait à transformer l'essai... Et c'est haut la main que ce deuxième opus remplit son office en déroulant tranquillement et balayant large devant son passage : home run finger in the noze en vue ! (Bon, j'm'emballe un peu, mais y'a de quoi !) Le duo Ducoudray Singelin prends de l’assurance et monte en puissance ! L’histoire avance, rivée sur les rails d’une narration toujours aussi fluide, cinglante et efficace, et nos personnages s’étoffent au fil des pages en prenant de la profondeur. Bref, on n’est pas déçu ! Surtout que les nouveaux venus dans cette danse autour de ce corner ne font pas non plus dans la dentelle ! Le dessin de Guillaume Singelin toujours aussi mordant et original s’impose tranquillement. C’est impressionnant l’expressivité que ses gueules de Muppet arrivent à dégager ! Et le contraste entre ce dessin faussement simpliste et ce récit violent n’en est que plus marqué. Du tout bon ! Bref, le seul problème avec ce genre de BD, c’est qu’on est maintenant bon pour baver quelques temps avant d’avoir une suite à se mettre sous la dent. Attention, la méta’ de The Grocery, c’est de la bonne, tu tombes accroc direct !
Un printemps à Tchernobyl
Je ne sais pas comment les moins de 25 ans perçoivent cette catastrophe aujourd’hui, mais je me souviens qu’à l’époque ce fut (pour moi en tous cas) un énorme traumatisme malgré les tentatives du gouvernement et des médias français pour en minimiser la portée. Tout d’abord, ce qui frappe au premier coup d’œil dans cette BD, c’est la beauté du graphisme, avec le recours à une aquarelle sépia et monochrome aux tonalités parfois très sombres, conférant une atmosphère oppressante dès les premières pages. C’est ainsi que l’on va suivre l’auteur dans son expédition avec la boule au ventre, comme si on y était, vers ce no man’s land terrifiant où le danger est invisible mais omniprésent. TCHER-NO-BYL . Ces trois syllabes, qui sonnent comme une explosion, une sorte d’éternuement atomique, exercent toujours le même pouvoir de fascination morbide mêlée d’effroi. Les voyeurs, eux, seront très certainement déçus, car ici Lepage évacue la question des malformations dès le début en ne faisant que reproduire – pudiquement - quelques photos d’enfants difformes prises quelques années après l’explosion, histoire de mettre les choses au clair. Une fois passés les questionnements liés à l’appréhension d’un tel voyage, l’arrivée dans la zone maudite, la découverte d’une ville fantôme et de ses ruines, l’approche de la centrale, gueule béante des enfers, comme un défi face à un monstre endormi, le récit va évoluer vers quelque chose d’inattendu, posant à Lepage et ses camarades artistes mille questions, leur imposant un virage à 180° - le titre résume tout. En effet, force leur est de constater, avec l’arrivée de la belle saison, que la nature s’est adaptée et a repris le dessus. La couleur, très rare au début, se fait de plus en plus fréquente, conférant à l’ensemble de la légèreté et éloignant la chape de plomb nucléaire. Telle est la question se posant aux auteurs : comment décrire l’invisible ? Une nature exubérante aux couleurs chatoyantes, comme dopée par la radioactivité, contre toute attente. Une nature accueillante et omniprésente tout en restant très dangereuse pour quiconque s’y attarderait. Plus largement, se pose la question de l’objectivité de l’œuvre documentaire. Mandatés par une association humanitaire pour dénoncer les dangers du nucléaire, les auteurs sont confrontés à un vrai dilemme : doivent-ils dessiner ce qu’on attend d’eux ou dépeindre la réalité telle qu’ils la voient ? A travers cette magnifique BD, l’auteur nous livre une œuvre libre, personnelle et sincère. Avec humilité et sensibilité, Lepage nous donne également à voir de beaux portraits des habitants de la région (et n’oublie pas au passage de rendre hommage aux « liquidateurs » qui se sont littéralement sacrifiés). Certains moments sont véritablement poignants, je peux affirmer sans hésitation qu’il s’agit de la meilleure BD documentaire qu’il m’ait été donnée de lire. Et en ce qui me concerne, malgré l’ « optimisme » dégagé par cette histoire, je ne suis pas devenu pour autant partisan du nucléaire. Cela reste une énergie terriblement dangereuse pour l’homme (qui voudrait habiter Tchernobyl à moins d’être suicidaire ?). Cet ouvrage ne fait que prouver que la nature s’en est toujours très bien sortie – et mieux – sans l’Homme, et devrait donc nous inciter à plus d’humilité devant des forces que l’on ne contrôle pas, comme en témoigne la catastrophe plus récente de Fukushima.
Les Derniers corsaires
Je m’attendais à lire un récit historique mais je me suis surpris à y trouver un intérêt bien plus grand qu’escompté. J’ai été littéralement happé par cette histoire hors norme d’un sous-marin anglais durant la seconde guerre mondiale. Le récit est une mine d’informations sur la vie à bord et sur les tactiques d’attaques. Mais à côté de cette rigueur des faits, il y a une aventure humaine bien contée avec, en haut de l’affiche, deux personnages typés : le capitaine expérimenté et son second gaffeur (Walter Woolf en l’occurrence). L’humour est aussi présent par touches parcimonieuses sans venir dénaturer la gravité des faits. Bref, voici un one shot qui a non seulement du corps mais également une âme. L’album se termine par des lettres du capitaine Woolf qui donne des éclaircissements sur la disparition du sous marin Thorn qui est longtemps resté une énigme. A noter que j’ai la première édition. Non pas que j’y accorde de l’importance. Je trouve simplement la couverture superbe (contrairement à sa réédition). A découvrir !
Markheim
A force de traduire le catalogue d’auteurs Italiens, Toppi en tête, on en oublierait presque que Mosquito publie aussi des nouveautés. « Markheim » (a priori aucun lien avec la nouvelle éponyme de Robert Louis Stevenson) est un one-shot réalisé par deux géants de la BD franco-belge. On ne présente plus Rodolphe (L'Autre Monde entre autre), mais l’œuvre de Philippe Marcelé est malheureusement beaucoup moins connue. Ce dernier avait d’ailleurs déjà travaillé avec Rodolphe sur Gothic. « Markheim » propose une histoire onirique construite sur un concept intriguant : un personnage jeune rêve qu’il est vieux, et le vieux rêve qu’il est jeune. Où se situe la réalité ? Qui rêve l’autre ? Je me garderais bien d’en dire plus, mais sachez que plus l’intrigue avance, plus on y voit claire, jusqu’à un final extrêmement bien vu. J’ai trouvé la lecture stimulante et jubilatoire, impossible de reposer l’album (enfin l’iPad sur le coup) avant de l’avoir terminé ! L’histoire elle-même n’est pas en reste et nous présente un pays (d’Europe de l’Est ?) où une guerre est sur le point de débuter (ou qui fut gagnée il y a longtemps, en fonction du « point de rêve »). L’univers mis en place est intéressant, même si l’intrigue reste simple et se focalise surtout sur le personnage central. Le graphisme en noir et blanc de Marcelé est magnifique, je vous laisse admirer les planches dans la galerie. Une histoire qui m’a beaucoup marqué, j’ai fini ma lecture hier soir, et j’y repense beaucoup depuis. Un coup de cœur !
Le Bon Endroit
Pour ne pas laisser JBT900 seul 10 ans de plus, voici mon avis sur ce one shot. La première vignette donne le ton. Cette bd se veut décalée jusqu’au bout. Vanoli, c’est un style. A y regarder de près, son dessin déformé est laid. Mais il y a "laid" et "laid". car son trait dégage un certain esthétisme qui hypnotise le regard. Bref, Vanoli prouve qu'on peut faire du travail intéressant avec du moche. Mais l’identité graphique ne fait pas tout. L'auteur propose un road movie résolument moderne dans sa construction et le ton employé tout en ancrant son récit dans le Japon féodal, raison du décalage évoqué plus avant. L’ensemble fonctionne et est même particulièrement jouissif. Il n’y a pas vraiment de début ni de fin. Juste une tranche de vie partagée par des compagnons de route très différents. On se rencontre, on vit un bout de chemin ensemble puis on se sépare (et on déconne entre temps). Chacun sa route, chacun son chemin ... Certainement le meilleur Vanoli qui m’ait été donné de lire !
L'Incal
LE "Star Wars psychédélique" de la BD française. Un monument indétrônable. 6 tomes qui se lisent d'une traite, sans temps mort. Ils sont tous excellents. Jodorowsky et Moebius sont très en forme (1ère collaboration je crois) et livrent là leur oeuvre maîtresse (une des meilleures de Jodorowsky, en tout cas qui met tout le monde d'accord contrairement à d'autres). Pour ma part la meilleure série de Jodorowsky avec Le Lama blanc, Juan Solo et La Caste des Méta-barons (voire Face de Lune aussi). Nous suivons tout d'abord l'existence d'un citoyen lambda "John Difool" qui va, au fur et à mesure, devenir une sorte de "messie". Dans une "cité-puits" du futur. Les catégories sociales sont proportionnelles aux étages des différents niveaux (Le roi tout en haut, puis les aristocrates, puis les prolétaires et ainsi de suite jusqu'aux gueux et terroristes du lac d'acide tout en bas. Et puis il y a encore plus bas (album "ce qui est en bas" mais chut...). Et puis un autre album "ce qui est en haut" aussi. Au-dessus de la cité-puits, il y a la surface ou il n'y a... rien (ah si des champs labourés par des espèces de moissonneuses-batteuses du futur). Et plus haut le techno-pape et sa base en forme d'oeuf noir. Excellent ! Une sorte d'empereur de la force obscure. Voilà pour le décor. Après c'est du Star Wars complètement psychotronique. Les 2 derniers tomes partent dans un trip cosmico-psychédélico-mystique assez hallucinant absolument bien géré et limpide (ce qui n'est pas le cas de toutes les séries de Jodorowsky qui peuvent se révéler indigestes ou bâclées). Là c'est divin. Une véritable illumination cosmique (que vous ne trouverez jamais dans Star Wars). J'ai entendu dire que Moebius et Jodo s'étaient inspirés entre autres de leur travail sur le film "Dune" que devait réaliser Jodorowsky mais repris par David Lynch. Les producteurs ayant pris peur car Jodorowsky avait pour idée (entre autres) de confier le rôle de l'empereur à Salvador Dali sur un trône en forme de chiotte... Je les comprends ^^. Mais là je m'égare. Pour en revenir à l'Incal je n'ai pas envie de raconter toute l'histoire et puis tout le monde a lu ce monument je pense. J'ai adoré également la suite ou plutôt la préquelle Avant l'Incal avec Janjetov. Mais on n'est pas au niveau - bien sûr - de la puissance de la série originelle.
Broussaille
Une série que j'ai découverte grâce à l'album n°3 : "La nuit du chat" que je possédais dans ma jeunesse. Cet album je l'ai lu et relu pendant toutes ces années et chaque lecture n'a fait qu'augmenter mon amour et ma passion pour cette bd. Ce n'est que plus tard que j'ai découvert "Les baleines publiques" et "Les sculpteurs de lumière". En général on est souvent déçu par une série qu'on a aimé dans sa jeunesse. Et bien là non. Pas du tout. C'est plutôt rare pour le signaler. Ces 3 albums sont des merveilles de poésie, d'amour de la nature, des animaux de toutes sortes et d'une certaine recherche de fantastique dans le quotidien. J'adhère totalement car moi aussi je suis en recherche d'une certaine atmosphère fantastique (je fais de la photo), que ce soit en forêt, en ville ou même dans un terrain vague. Et l'album de "La nuit du chat", que j'ai du lire pour la 1ère fois vers 10 ou 12 ans m'a profondément marqué voire inspiré inconsciemment. Cette "quête" de Brousaille pour retrouver son chat la nuit à travers les jardins, les voix ferrées est absolument magique voire mystique (c'est un peu fort ?). Et puis ce vieux clochard à la fin, qui garde secretement son petit désert de sable dans sa maison (qui logiquement ne sert à rien), de la poésie à l'état pur. Les sculpteurs de lumière est tout aussi bon, si ce n'est supérieur au niveau des dessins ( petite rectification après relecture: non, la nuit du chat est encore plus beau). Rien à jeter. Je ne m'étendrai pas sur l'intrigue. C'est une merveille. "Les baleines publiques" est très bon lui aussi mais peut être légèrement inférieur. Seul petit reproche cependant. Le personnage de Broussaille est un peu niais à mon goût (voire beaucoup). C'est le jeune écolo sympa, cliché à mort. C'est quand même un point important qui logiquement devrait m'empêcher de mettre 5/5 à cette série. Et bien non car pour moi ce héros n'est qu'un prétexte à Franck pour nous faire partager sa passion et son amour la nature. Inutile de préciser que les dessins et les couleurs sont fabuleux. Dans le genre franco-belge c'est du très haut niveau. Donc récapitulons: - Les baleines publiques: **** - Les sculpteurs de lumière: ***** - La nuit du chat: ***** Les autres je ne les ai malheureusement pas lus.