Les derniers avis (7517 avis)

Par Bruno :)
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Far Sector
Far Sector

WOOF !... Je ne sais pas comment Jamal Campbell s'y prend, tablette graphique ou pas (?) ; mais le look de ses planches dans ce Comic-Book là est à couper le souffle ! Quelle maestria... Bien sûr son aisance purement stylistique, quant au rendu des personnages et des décors. Mais le découpage, les perspectives, les couleurs... C'est proprement spectaculaire de joliesse mais aussi de clarté, quand bien même il se permet pas mal d'audaces de mises en scènes ; et, malgré tout le côté très "léché" de l'ensemble, sa maitrise des expressions des visages force notre sympathie ; que ce soit envers Joe ou n'importe lequel des seconds couteaux qui gravitent autour d'elle dans cette histoire véritablement policière. Même les plus inhumains de ces bizarres ressortissants d'autres mondes -carrément virtuels pour un tiers d'entre eux !- semblent vivants sous sa plume/son pinceau/son stylet ?! Paradoxalement, c'est bel et bien à une enquête que nous invitent à participer les auteurs de ce Comic, précieux ovni dans la production habituelle de la maison d'édition DC. La présentation des différentes civilisations en place tient la route, même si le genre Super-Héroïque en limite fatalement l'exploration ; et le nœud de l'intrigue, suffisamment grave de conséquences funestes pour nous tenir en haleine, est habilement détourné de notre attention -et de celle de Joe !- chaque fois que cette dernière se trouve aux prises de ses sentiments contradictoires quant aux émotions que suscitent telle ou tel autre personnages, ambigus qu'ils apparaissent -à elle comme à nous !- dans leur insupportable perfection Zen ! Bien sûr, que les amateurs se rassurent : il y a évidemment quelques affrontements à coups de rafales zigzagantes dans l'éther si particulier de ce monde artificiel ; et, là comme ailleurs, le visuel est privilégié et aucune case ne semble de trop. Un grand plaisir de lecture, donc ; même si je pense que mon peu d'exposition à ce genre d'esthétique, très "orientée", a beaucoup joué dans mon enthousiasme. Cela-dit, j'ai récemment relu l'ensemble et, ma foi ! J'ai de nouveau bien apprécié ; alors...?!

10/12/2023 (modifier)
Couverture de la série Perpendiculaire au soleil
Perpendiculaire au soleil

Énorme coup de cœur pour cette BD que j’ai mis très longtemps à aller chercher à la bibliothèque : j’ai eu longtemps peur que l’autrice soit une espèce de fétichiste un peu comme les fans de Charles Manson qui le contactaient pour lui faire des demandes en mariage, je me demandais pourquoi ces gens qui écrivent aux prisonniers veulent passer du temps à distraire les bureaux (oui ça partait très mal pour moi lol). Finalement je me suis décidée à le prendre. Déjà c’est une œuvre d’art géniale, les dessins sont super beaux avec plusieurs moments expérimentaux pour passer entre les mailles de la censure des prisons. Même s’il y a des moments assez durs (ceux où elle décrit les exécutions dans la torture et les raisons pour lesquelles les crimes des condamnés ) ce n’est pas trash et ça vous passe l’envie de vouloir avoir la peine de mort dans un pays . Foncez vous ne serez pas déçus !

09/12/2023 (modifier)
Par Bruno :)
Note: 5/5
Couverture de la série Stratos
Stratos

Ses publications dans le magasine Ère Comprimée sont parmi celles qui m'ont le plus enthousiasmé, à l'époque où j'ai découvert le genre S.F. adulte -ma préhistoire, donc ! Holà-là que c'est loin !- ; avec aussi les récits graphiquement plus classiques de Horacio Altuna ou ceux, carrément barrés (esthétiquement ET scénaristiquement !) du génial Dick Matena. Alex Niño et l'immense Sergio Toppi complétaient magnifiquement le trio susnommé et, si mon amour originel pour le Comic de Super-Héros n'avait pas été aussi fort ni déjà aussi bien enraciné au centre de mes préoccupations créatives, je suis prêt à parier que la fréquentation régulière d'autant d'aisances picturales si différentes auraient eu une influence bénéfique sur mes aptitudes "artistiques" ! La pluralité des incidences dans ce domaine -comme dans d'autres, d'ailleurs- est la garantie d'une plus grande ouverture d'esprit et, donc, d'une créativité plus riche... Tant pis ! L'audace de la stylisation des personnages a été le premier argument qui m'a fait lire ces récits avec plus de plaisir que certains autres. Loin de tous les clichés existants, réalistes ou non, Prado insuffle à chacun de ses intervenants, du "héros" au plus tertiaires d'entre eux, une réalité pleine de sensibilité et de justesse qui transcende leur rendu visuel, à priori comique (!), pour mieux nous faire ressentir les affres (tout ce qu'il y a de réelles, elles !) des dilemmes si humainement révélateurs où il les plonge. Chaque trait exprime et souligne, sans jamais alourdir le dessin, le propos Humaniste de l'Artiste ; et même le plus caricaturalement conditionné d'entre eux arrive à nous émouvoir tant sa détresse -souvent purement administrative, mais pas seulement- est facile à assimiler, pour nous qui la vivons au quotidien. Et ce pour des raisons de plus en plus absurdes ; tout comme ce citoyen, si passif et docile, qui va jusqu'à laisser son épouse se prostituer "par défaut" au profit des autorités officielles puisqu'on lui offre, pour sa peine (!), la possibilité d'obtenir un crédit bancaire ! Les découpages et cadrages, loin du plan-plan, font preuve d'une efficacité encore tout à fait d'actualité au jour d'aujourd'hui ; preuve s'il en est que l'art du récit en images dynamique n'est pas un privilège national (Anglo-Saxon ou Nippon !) mais bien plutôt le seul talent de représenter la réalité de manière sublimée -et pas uniquement intelligible. Radiographie assez dure de notre civilisation et de ses dérives Libérales et liberticides ; mais sans avoir l'air d'y toucher tant sa délicatesse à mettre en scène les pires sujets permet une lecture presque confortable... Presque. De la misère sociale programmée, résumée en quelques scénettes pleines de retenue, au racisme institutionnel (!), dont l'horreur bien réelle demeure malgré tout "atténuée" par le contexte encore une fois absurde de désespoir omnidirectionnel -cosmiquement impartial, pourrait-on dire !- qui afflige les protagonistes, on parcourt cet album avec la sensation persistante de bien connaitre les souffrances décrites, si familières -presque banales !- qu'elles en sont devenues à force d'être dénaturées par les formules successives utilisées pour en renouveler "l'attrait" à nos oreilles. Même l'annonce des émeutes civiles qui, finalement, résument encore une fois toute la vanité des hommes à exercer leur contrôle illusoire des "masses laborieuses", ne nous parvient qu'au travers de bulletins d'informations sans réelle influence sur la réalité de ceux qui ont encore le loisir d'écouter : il leur suffit de tourner le curseur pour retourner à leur vie quotidienne. Un magnifique travail d'écriture et de mise en scène véritablement au service de cette Bande-Dessinée, dont le graphisme inspiré et très maitrisé -loin de la "simple" illustration- renforce encore le propos politique et Humaniste des histoires sans jamais trahir le ton, volontairement distancié, choisi par l'Auteur/Artiste. Osmose assez rarement atteinte et qui continue d'être, à mes yeux, la qualité première du médium, tous genres confondus. ... Un bémol, cependant, mais imputable seulement aux traducteurs du présent ouvrage : les dialogues des histoires publiées via les pages du magasine étaient bien plus "sentis" que ceux de cet album. Bizarrement, on a l'impression d'un travail moins inspiré, plus littéraire dans le choix des mots et de la syntaxe. Le tout sonne moins BD et nuit -un peu- à la profondeur de l’œuvre ; et c'est très dommage.

09/12/2023 (modifier)
Couverture de la série Boule à zéro
Boule à zéro

Boule à zéro est vraiment très touchant car c'est l'histoire de cette petite fille qui a 13 ans et qui vit à l'hôpital depuis 9 ans, et qu'elle a l'impression de ne pas être aimée par sa mère. J'ai une mère qui est Infirmière et c'est pas toujours facile pour moi. Avec un père qui habite à Montpellier et que tu vois 1week-end sur 2 c'est pas facile non plus. Donc Joyeux Anniversaire Zita . Biz

08/12/2023 (modifier)
Par gruizzli
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Médée (Le Callet / Peña)
Médée (Le Callet / Peña)

Oh, mais c'est très très bien ça ! Je ne m'attendais pas à une telle série et je suis franchement ravi de l'avoir lu, parce que j'adore les mythes et que j'ai grandement apprécié les œuvres de Nancy Pena (pas toutes, mais en grande partie). J'ai pu me procurer l'intégrale généreusement complété d'un lexique documenté en fin d'ouvrage, et c'est parfait ! Il y a une certaine mode aujourd'hui à la reprise de figure mythologique (principalement grecques) pour en ressortir des histoires répondant aux nouveaux enjeux de notre temps (féminisme, homosexualité, etc …), non sans un certain succès d'ailleurs (Circé et le Chant d'Achille de Madeline Miller par exemple). A mon sens, Médée s'inscrit totalement dans cette optique : elle est une reprise de mythe grec mais se veut aussi une œuvre redonnant du sens à un personnage féminin et surtout, surtout, une incroyable remise en contexte historique de la légende. C'est sur ce point là que la série m'a convaincu définitivement : la reprise dans un contexte historique très précis, avec des explications de l'origine du mythe à la fois plausible mais surtout bien documentée pour en faire un récit historique (dans les grandes lignes). A ce niveau là, j'ai apprécié les ajouts qui renforcent la crédibilité : les grecs et les barbares, les questions de nouveautés techniques, les royaumes en guerre, les personnages mythologique qui s'inscrivent dans des réalités concrètes … J'ai senti le poids des recherches effectuées, des interactions crées mais aussi les explications que l'auteure a fourni aux mythes. Comment ceux-ci se sont crées et pourquoi, avec cette touche de poids historique qui le rend plausible. La série est comblée avec le dessin de Nancy Pena, qui a sorti les grands moyens et ça se voit. Les dessins, les couleurs, les effets de lumière … On sent le soleil de la Méditerranée, la Grèce, la mer. Elle s'est aussi fait plaisir sur les personnages, incarnant les mythes à l'opposé de ce qu'on imagine généralement : Jason n'est pas une montagne de muscle ni un héros à l'apparence sublime, les rois sont souvent moches, gras. C'est un dessin que j'apprécie grandement et qui est magnifiquement mis en scène. Cette série est une merveille, j'en suis sorti avec un énorme coup de cœur que je n'ai pas hésité à décerner immédiatement. La somme de travail, la réalisation, le dessin, le propos … On sent que les auteures parlent de la place des femmes dans une Grèce classique, mais sans verser dans la dénonciation absurde de notre monde. C'est aussi une très belle histoire sur la complexité d'un monde et de l'Antiquité qui s'ouvre aux nouvelles techniques. Une vraie belle découverte, je ne peux que la recommander chaudement. C'est une surprise de bout en bout, mais c'est une magnifique surprise.

07/12/2023 (modifier)
Par Ava
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Troie Zéro
Troie Zéro

Je suis adepte de ces albums. Si Salade César reste mon chouchou, Troie Zéro n'a pas à rougir. Les gags continuent de bien fonctionner pour moi et j'ai particulièrement aimé la deuxième partie du récit. Il y a beaucoup de répétitions, qui ajoutent au ridicule et qui me font mourir de rire. Pari réussi pour Karibou et Josselin.

07/12/2023 (modifier)
Par Bruno :)
Note: 5/5
Couverture de la série X-Men - Dieu crée, l'Homme détruit
X-Men - Dieu crée, l'Homme détruit

...! Comme j'avais été excité à la lecture -laborieuse, à l'époque !- de cet album en V.O., prêté par un camarade Canadien. Quelle audace, ce récit plein de choix radicaux ! Magnéto confronté au résultat amer engendré par la politique qu'il prêche depuis le début de sa croisade -introduction incroyablement violente pour l'époque mais justifiée par le sujet et redoutablement efficace, sang effacé ou pas sur la main de la fillette. Xavier, Scott et Ororo, froidement abattus -j'ai vraiment cru qu'ils étaient morts !- et absents pendant la majeure partie de l'histoire ! Et dénonciation on ne peut plus claire des dérives religieuses ainsi que de la puissance qu'offrent les médias aux spécialistes de la communication. On a beau être dans l'univers des X-Men, on frôle un réalisme tout ce qu'il y a d'utile dans cette aventure pas du tout rigolote. Chris Claremont privilégie une approche très lucide de l'époque où sont sensés se situer les évènements et Brent Eric Anderson, tout maladroit qu'il soit -et est toujours : voir ses planches dans Astro-City !- fait preuve d'un grand talent à retranscrire les expressions des personnages -sa spécialité, que je découvrais à ce moment-là- mais aussi dans ses choix de cadrages et de découpages. Les scènes d'actions ne sacrifient rien au style (exception faite pour la néanmoins très "jolie" destruction de l'amplificateur psy par Cyclope, à la fin !) et il est capable de laisser suffisamment d'espace à la planche pour qu'on puisse y respirer. Les X-Men redevenaient vulnérables et ça les rendait à nouveaux bien plus attachants : la course-poursuite entre les sbires de Striker et Kitty est aussi haletante que dans n'importe quel film policier ; et les couleurs mettent particulièrement en valeur l'ambiance sombre des ruelles de la grande ville. J'ai tout aimé ; jusqu'à la couverture, magnifique de sens et de puissance : incroyablement inspirée. Mais surtout la colère adolescente de Kitty, si douloureuse dans ses expressions et si facile à appréhender pour le gamin de quatorze ans que j'étais. Contre Stevie bien sûr -c'était avant le culte de la langue de bois et du politiquement correct, en France-, mais surtout lors de sa dernière diatribe à l'encontre de Striker, dont on ressent qu'elle est d'autant plus virulente car motivée par sa propre répulsion/peur/intolérance initiale vis-à-vis de l'aspect physique de Kurt. Pas besoin d'explications de texte pour comprendre qu'elle règle alors d'un seul coup ce problème. Et la "conclusion", via le policier anonyme qui prend sur lui d'intervenir, est un parfait contrepoint à l'exécution sommaire qui débute l'histoire, la violence ne pouvant engendrer que la violence. Enfin le désarroi de Xavier, écrasé par ses doutes -et son âge, aussi : précieuse richesse du personnage complètement gommée dans la série !- ; scène qui permet, grâce au discours inspiré de Scott, un rappel assez salutaire de la mission initiale des X-Men (encore un élément galvaudé dans le Comic...). Je croyais naïvement que le genre vivait là les débuts d'une renaissance révolutionnaire... Hélas ! Mais l'objet demeure néanmoins un monument dans la production, toutes époques confondues et, si on veut comprendre l'intérêt et la spécificité des X-Men, la lecture de cette exceptionnelle parenthèse scénaristique et graphique réussie est un incontournable -à l'inverse de beaucoup, beaucoup d'autres ratatouilles inutiles et/ou indigestes inspirées par les célèbres mutants.

03/12/2023 (modifier)
Par grogro
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Moi, Edin Björnsson, pêcheur suédois au XVIIIe siècle coureur de jupons et assassiné par un mari jaloux
Moi, Edin Björnsson, pêcheur suédois au XVIIIe siècle coureur de jupons et assassiné par un mari jaloux

Moi, Grogro, pèlerin franchouille au XXIe siècle lecteur de bandes dessinées et estomaqué par une autrice talentueuse. La voilà la future lauréate d’Angoulême 2024 ! Hein ? Quoi ? Comment ça, cette BD n'est même pas sélectionnée ? Scandale ! J'ai tout aimé dans cette histoire. Même l'emballage m'a emballé. C'est même ça qui m'a jeté vers ce titre. J'adore son petit côté désuet, ce charme des livres de conte des années 40/50 (une vie éditoriale antérieure ?), mais en même temps très léché, avec juste cette image qui semble collée sur la couverture et dont même le toucher est différent, presque crémeux sous les doigts. Le cadre est détouré d'une ligne gris-bleue, discrète mais du plus bel effet, ainsi que le nom de l'autrice, un peu gaufré, et la lune de l'éditeur NoCtambule. Remarquable travail d'édition. Mais cela ne serait que poudre aux yeux sans un contenu à la hauteur de ce plumage. Le scénario, le dessin, la genèse même de cette BD... Tout derrière m'a littéralement subjugué. Avant toute chose, qu'est-ce que c'est t'y donc que ce titre à rallonge ? Et bien Edith le raconte elle-même en préambule : c'est une magnétiseuse qui, se saisissant d'un planisphère, d'un calendrier et de son pendule, révéla à Edith ce que fut l'une de ses vies antérieures. Voilà le point de départ, et quand on réalise ce qu'elle en a fait, c'est d'autant plus incroyable. En effet, elle ne reste pas à caboter le long de cet intitulé, mais emmène tout ça vers une conclusion inattendue. Je ne dirai rien de la fin, mais elle est tout bonnement incroyable. Tout prend un relief assez vertigineux. Mais le lecteur n'attendra pas la fin pour être séduit et embarqué. L'ambiance est d'emblée épaisse. On se retrouve immédiatement transporté dans la Suède du XVIIIe siècle. Les personnages habitent les pages et acquièrent rapidement une densité. Et surtout, on les sent évoluer avec le temps, prendre de l'âge et du plomb dans la cervelle (en ce qui concerne notre Edin Björnsson du moins). Densité temporelle aussi... Tout le génie d'Edith consiste à le suggérer par la grâce de ce dessin proprement sensationnel, à la fois simple et vivant, et d'une palette de couleurs savante. Son trait, je le connaissais à travers Emma G. Wilford, ou Séraphine que j'aimais déjà beaucoup. Les œuvres plus anciennes, notamment les série jeunesse comme le Trio Bonaventure, je l'avoue, n'ont quant à elles jamais suscité d'intérêt de ma part. Mais ici, elle a visiblement franchi un cap. Est-ce cette histoire, et le fait qu'elle soit chevillée à son propre destin qui l'a transcendée ? Quoiqu'il en soit, je me suis arrêté sur chaque image, longuement, je me suis empiffré de ces paysages magnifiques et de ces cieux au lavis devant lesquels je demeurais de longues minutes, suivant chaque trait du regard. Chaque case est forte et contribue à l'ambiance. Les expressions des personnages sont parfaitement rendues. Edith utilise en mélange de technique très dosé, et tout s'emboite. Elle sait tout rendre à merveille : impression d'ivresse, sortie de comas, paysage brumeux, pluie battante, soleil couchant... Bref ! Je suis sous le charme. Je terminerai en disant que de ma vie entière de lecteur de BD, c'est bien la première fois que je relis une œuvre sitôt la lecture achevée tant je voulais prolonger ce sentiment d'immersion totale. Ah oui, si, juste un truc ! Mais ça ne changera rien à tout ce que je viens de dire, même si c'est très agaçant quand même. Mais Wallah, qu'est-ce que c'est que ce goodie à la mord-moi-l’nœud qu'on trouve à la fin du livre ? Et surtout, qui a eu la bonne idée de l'insérer dedans ? Je laisse la surprise sur le bidule en lui-même, mais outre l'intérêt limité de la chose (c'est du vieux carton tout khenez !), à cause du rivet qui fixe l'aiguille sur le cadran, les dernières pages de la BD, des pleines pages de paysage somptueuses, sont complètement niquées en plein milieu. On aurait pu s'en douter, mais le nœud du rivet est venu imprimer non seulement sa marque, mais une double marque, comme un symbole infini (le truc a dû bouger plusieurs fois, entre le transport, les manipulations en librairie...). Hé ho ! Les éditions Oxymore ? Vous étiez bourrés ou quoi ? Faut pas laisser carte blanche au stagiaire bordel !... Remarque, c'est marrant quand on y pense : un symbole infini imprimé sur les dernières pages de cette histoire de réincarnation. Hasard ? Je ne crois pas...

03/12/2023 (modifier)
Par Alix
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Dans la tête de Sherlock Holmes
Dans la tête de Sherlock Holmes

Et bien, ce n’est pas moi qui vais faire baisser la moyenne de cette excellente série. L’enquête elle-même est passionnante et bien construite, et m’a tenu en haleine jusqu’à son dénouement, logique et bien amené. Il faut bien sûr accepter le côté un peu foutraque des histoires de Sherlock Holmes par rapport à des polars plus réalistes, mais moi, j’ai adoré. Mais c’est la réalisation qui me fait mettre la note maximale, et en particulier la narration phénoménale, qui utilise le medium de la BD à 100%, et qui fait que cette histoire ne pourrait pas être racontée en roman ou film sans faire de compromis. La mise en page est magistrale, chaque planche (ou double-planche) propose un découpage inédit : une coupe de bâtiment, une carte de Londres, l’intérieur de la tête de Sherlock montrant son raisonnement... Les cases représentent souvent une forme en rapport avec le contenu de la page, voir par exemple la loupe en début de tome 1, ou la couronne de la Reine en fin de tome 2. Le « fil rouge » de l’enquête, auquel se rattachent les indices (numérotés) glanés par nos protagonistes, est représenté sur les pages et guide la narration (il relie les cases, suit le parcours de nos détectives sur les cartes de Londres, s’emmêle et se démêle en fonction des évènements). Ajoutons des astuces certes un peu gadget mais néanmoins amusantes : il faut parfois regarder une case par transparence ou plier une page pour révéler un indice... Surtout que le dessin est magnifique, le trait est fin, les cases fourmillent de détails. Bref, une lecture jubilatoire, stimulante, passionnante... Un diptyque parfait selon moi.

02/12/2023 (modifier)
Par Bruno :)
Note: 5/5
Couverture de la série Cochléa & Eustachia
Cochléa & Eustachia

Je l'ai lu en virtuel, celui-là (moins les récits annexes); ce qui a un peu perturbé mon immersion : c'est pénible de tenir son ordinateur ouvert sur ses tranches... ... J'ai pas tout compris, du coup ! Mais qu'est-ce que j'ai fortement ressenti, dis-donc ! C'est un CAUCHEMAR claustrophobe SANS ISSUE ce machin ! Malgré un graphisme éloigné de mes préférences habituelles -ça fourmille de petits détails !- je me suis surpris à lire (avec application, encore !) chaque bulle de cette Odyssée -quasiment organique !- se déroulant au sein d'une réalité aussi dépourvue de sens qu'elle apparait pourtant tout au long des planches dotée d'une réelle profondeur ; et dont il est assez difficile de s'extraire, d'ailleurs... "Donnez-moi de l'oxygèèèène !" comme le chantait DD (l'autre !). C'est très appliqué, très minutieux et, par moment, on tombe sur des cases qui sont du carrément jamais vu : aucun Yogi n'est capable de faire ce que Cochléa (je crois ?!) fait à Eustachia (je suppose ?!), côté "checkup interne" du système digestif...? Rassurez-moi ! À force d'horreur (sans effets appuyés et, donc, sacrément efficace !), ça en devient beau ou, en tous cas, abouti. Ça reste un cauchemar, néanmoins ; alors il faut vraiment avoir envie de ressentir ça pour le lire. À ce sujet, la couverture originale, à des années-lumières de celle-ci, est l'argument qui m'a donné l'envie (furieuse !) d'ouvrir le Comic : prodigieusement poétique malgré sa rigueur graphique, elle figure à elle-seule toute l'originalité fortement dérangeante de cet ovni-là.

02/12/2023 (modifier)