'lut tout le monde !
Eh ben moi qui aime la série De capes et de crocs, je n'ai qu'une phrase à dire "jte raconte pas !"
C'est Mirlipipifique !
C'est dingue comme les expressions des animaux nous font percevoir parfaitement les émotions. Les dessins sont super jolies. Pour ce qui est du récit ça va. Enfin vous l'aurez compris, je vous conseille surtout de l'acheter car c'est dans la même ligné que De cape et de crocs ...
... des bd que l'on voudrait voir plus souvent et qui hélas ... CULTE QUOI !!!
Lucky Luke fait partie intégrante du cercle restreint de "véritable BD culte". Pas la peine de faire un roman, d'autres s'en sont très bien chargés, mais quand même, c'est superbe Lucky Luke. On y trouve des histoires incroyables. 72 albums, c'est tout de même énorme! Etant un grand lecteur de BD, j'avoue quand même que certains m'étaient complètement sortis de l'esprit. Les meilleurs tomes sont ceux de milieu de série, globalement ceux scénarisés par Goscinny. On y trouve même des chef-d'oeuvres. Oui, des chef d'oeuvres, et ce n'est pas un vain mot. Je ne saurai les citer tous. Mais Lucky Luke, de même que ces sacrés Dalton, appartient au patrimoine culturel européen (même si ces aventures ont pour cadre les Etats-Unis!), et reste l'un des fleurons (malgré quelques monumentales bouses) de la grande BD franco-belge...
Ghost In The Shell (GITS ça sera plus court...) est une bd qu'il faut "mâcher". Je l'ai lue pour la première fois quand j'avais une vingtaine d'années, j'ai pas compris grand chose mais j'ai adoré l'ambiance générale et le dessin. Un peu comme quand j'ai vu Lost Highway, rien compris mais la tête remplie d'images.
Après quelque lectures j'ai commencé à m'intéresser à la géopolitique, aux nanotechnologies et aux divers sujets évoqués dans ce manga. Entre temps je suis tombé sur Orion (du même auteur) qui part plus dans un délire mystico-technologique unique en son genre et qui était aussi compréhensible que GITS... Au bout d'un moment j'ai eu la sensation que les pièces du puzzle commençaient à s'assembler et là... oh joie! Oh bonheur! De la bouffe pour le cerveau!!! On finit par capter que les protagonistes vivent à la fois dans un monde réel et virtuel et que dans la mesure où c'est une chose naturelle pour eux l'auteur le présente comme tel. On passe du réel au virtuel, du virtuel au réel... sans que ce soit présenté comme une chose extraordinaire et ça peut prêter à confusion. D'autant plus que quand Masamune Shirow se lance dans un truc il y va à fond. Il part dans les conséquences économiques, philosophiques, politiques, sociales... Ses scénarios sont comparables aux réseaux informatiques tentaculaires qu'il décrit, ça part dans tous les sens, on y trouve un peu tout et n'importe quoi mais le tout reste très cohérent.
Quant au dessin je trouve que même si on peut trouver à redire sur les planches informatisées des vol.3&4 c'est de l'excellent travail. Quant aux dessins noir et blanc, ils font partie de ceux qui donnent le plus une impression de mouvement, c'est très, très dynamique et personnellement j'adore ça!
"Eloge de la poussière" ! Quel titre ! Il résume parfaitement le contenu de l'album. Baudoin avec son trait nerveux qui semble constamment s'effacer comme le vent emmenant avec lui des grains de sables. Un trait poussiéreux, voilà le dessin ce n'est que ça : de la poussière.
Tout comme les souvenirs... Les souvenirs qui reviennent tout à coup comme une tempête et ses rafales de vent. La mort d'un père, l'amour avec une femme, avec un corps. Un chien trouvé, puis tué avant même qu'on ne l'oublie. La poussière n'existe pas ! C'est l'homme qui la crée. Mathilde fixe du regard une vague avant qu'elle ne disparaisse à tout jamais. Ce n'est qu'en les regardant, en les écoutant tous les jours qu'elle ne mourons plus sur le sable. Elles ne seront plus du sable mais de la poussière : dans les souvenirs, sur une feuille...
Et puis il y a cette mère malade, sans mémoire. La tête ouverte comme un fenêtre : elle laisse s'envoler les derniers souvenirs. Et son fils qui la voit déjà comme un cadavre, comme de la poussière. Pourtant elle est toujours là, elle est toujours cette femme malicieuse.
"L'éloge de la poussière" est un album bouleversant. Il nous amène à Nice, à Beyrouth, il nous fait voyager à travers les années de page en page. Ces images recomposées viennent se nicher à l’intérieur de nous. Certainement l'une des plus belles autobiographie de la bande dessinée, l’une des plus justes, qui décrit parfaitement ce qu’est la mémoire, la véritable réalité humaine. Peu importe le temps, les lieux, ce qui est beau ce sont les grains de poussières qui volent dans cet album proustien.
Techniquement, Jirô Taniguchi n’est pas le premier auteur japonais dont j’aie lu les œuvres dessinées, si l’on tient compte des adaptations et novellisations illustrées de Goldorak (entre autres). Mais là, à la première lecture de L’Homme qui marche au milieu des années 1990, j’avais tout de suite été conquis par son style narratif et graphique (les deux étant indissociables chez cet auteur). Et même s’il s’agit d’adaptations de nouvelles d’un auteur populaire au japon, Taniguchi reste dans la même veine, et, en ce qui me concerne, le charme opère toujours, dix ans plus tard.
L’Orme du Caucase nous propose, en huit nouvelles, plusieurs variations sur le thème de la séparation d’avec un être cher, souvent un membre de la famille. L’amour, au sens large, et donc le chagrin dû à la séparation, sont donc au cœur des intrigues. Pas de violence, ou si peu, qu’on a l’impression que la vie au Japon contemporain est un long fleuve (presque) tranquille. Car la séparation peut durer plusieurs jours, des années, toute une vie, mais elle trouve toujours un aboutissement, une issue, voire une justification. La séparation, la disparition de l’être aimé peuvent faire très mal, vous faire sombrer dans des abîmes de folie ou vous permettre de recommencer une nouvelle vie. On remarquera également, dans ces nouvelles, des thèmes chers à l’auteur japonais les plus populaires en France : la nature et le respect des traditions.
Taniguchi se pose, au fil de son œuvre, comme un témoin attentif et discret de son temps et de son pays, et nous ne pouvons que nous incliner devant son énorme talent.
Oui culte. Parti pris ? Non point. Je n'ai même (hélas) jamais eu la chance de rencontrer M. Turf, donc aucun atome crochu issu d'une rencontre. Seul compte pour moi l'ivresse du voyage que procure un film, une musique, un livre, une BD. Et là je dois dire que je m'oxygène à plein poumon. Certains de critiquer le manque de profondeur ou de psychologie, d'autres de ne point trouver d'amarres auxquelles se raccrocher : peut être mais cette volonté bien contemporaine d'aller chercher au plus profond de tout art les explicits et implicits nuisent à la simple joie de l'éveil des sens, et la nef des Fous à tout ce qu'il faut pour cela. Pas de profondeur? Avez-vous bien lu et compris ce qu'il faut d'imagination pour sortir des sentiers battus de la BD lambda ? C'est beau, c'est coloré, les enfants s'émerveillent des couleurs, les adultes se délectent des détails. Je suis éditeur littéraire. Je craque. M Turf n'avez-vous aucun projet qui pourrait m'intéresser ? J'attends le 5 !
Tout nouveau : la maison d'éditions Kymera reprend la publication :
http://www.kymeracomics.com/
Pour moi c'est une BD culte ! et que "Bulle Dog" arrête de la publier sans aucune explication m'énerve énormément ! C'est un magnifique dessin dès le début ! La mise en page est merveilleuse. J'adore Francine et Katchoo, ce sont des personnages très humains, et non pas des super héros. Je connais mal la BD américaine en dehors de Calvin et Hobbes, mais certains dessinateurs européens devraient prendre des leçons chez Terry Moore.
L'histoire est assez compliquée et il m'a fallu relire plusieurs fois chaque album avant d'être sûre d'avoir tout compris. ;)
C'est vraiment une belle histoire. :)
Habituellement je ne suis pas fan des "one-shot" (trop vite lu, personnages peu approfondis...), mais là, quelle bonne surprise!
Ce chassé-croisé entre tous ces personnages est plein d'humanité, de finesse. On comprend rapidement leur caractère, leur désir, leur faiblesse. Les intrigues s'imbriquent merveilleusement l'une dans l'autre. Et chapeau au coup de génie de l'auteur sur la fin où le personnage qui sauve tous les autres est finalement celui qui nous semble (qui est) le plus faible depuis le début. C'est presque un petit conte philosophique.
Le dessin reste honnête et se regarde avec plaisir. Rien de tape à l'œil de ce côté.
Pour ma part cette bd m'a procuré un effet très bizarre.
Il se trouve que j'ai passé les 6 dernières années dans l'école des franciscaines, où logent nos deux «héros», qui depuis a été rachetée par la France pour en faire un lycée français. Et même si elle a été rénovée depuis, on reconnaît exactement l'endroit, la cour de récré et même les classes, les bureaux des profs...
La bd relate, à mon goût, exactement l'atmosphère de la guerre, cette très très sale guerre, si sale que même les pays développés non pas voulu s'y mêler. Et dire que le Rwanda c'était 4 ans plus tard...Il faut cependant rappeler que l'histoire se passe en 90, année (certes théorique) de la fin de la guerre, les combats sont moins fréquents, mais les traces des 20 dernières années sont là et le dessin cafouilleux, trop souvent qualifié de mauvais, installe parfaitement le décor, témoin de tout ce qui a pu se passer.
Je me suis retrouvé complètement abruti pendant 20 jours après avoir lu cette bd... Il faut comprendre que je l'ai lu en classe, en première année d'univ, fraîchement installé à Montréal, Canada (à l’autre bout du monde) ce qui fait mon 3ème pays de résidence après la France où j'ai passé la plus grosse partie de mon enfance... Malgré l'éloignement que je croyais avoir avec le Liban, cette bd m'a ramené à mes origines (même si je parle très peu l'arabe...) et m'a fait prendre conscience d'une série de choses....J'ai lu la bd en plein cours sur les administrations publiques québécoises et je peux vous dire qu'en sortant je me demandais ce que j'en avais vraiment à foutre du Québec et de ses petits problèmes de bourges... une réaction enfantine certes, mais d’autant plus humaine... Mon implication dans l'histoire, (et indirectement dans tout ce que j’ai entendu, vu, les histoires horribles comme la mort de mon grand-père tué par un franc tireur inconnu, sûrement shooté à bloc, alors qu'il allait faire ses courses et qu'il n'avait aucune opinion politique, faut pas chercher, y a pas de gentils de gentils dans ces cas) s'est fait grandissante. Exactement comme les deux (trois en réalité) jeunes français, parti là-bas avec un brin d'excitation semblable à celui qui m'a poussé à acheter ce livre.
Reste que, maintenant... que faire, la guerre est finie et le Liban a largement tourné la page ?... Eh bien comme se le promettent Sylvain et Bruno : ne pas oublier, ce serait déjà bien...
Je connaissait Arthur Qwak pour avoir lu le « Soleil des loups » et le « Creuset de la douleur » il y a déjà fort longtemps. A l’époque j’avais bien aimé son travail mais depuis je l’avais complètement oublié et c’est avec grande surprise que je découvre sa dernière création « Lola Cordova »
A sa lecture j’ai été complètement abasourdi des progrès réalisés au niveau de son dessin qui a gagné en précision, qui est moins confus et qui illustre également des scènes moins violentes que dans le « Soleil des loups ».
Maintenant ce qui fait à mon sens que « Lola Cordova est pour moi un OVNI dans la BD c’est qu’elle possède un scénario de fou avec de nombreuses idées de SF originales, un humour constant et un coté décalé de l’héroïne qui la rends très attachante (du début a la fin de l’histoire elle est complètement défoncée ne sachant pas trop finalement ou se trouve sa réalité). Je finirai par la qualité de la mise en page (découpage et couleur) et une action omniprésente.
Je lui mets la note maximum car ça m’a bien explosé la tête.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Blacksad
'lut tout le monde ! Eh ben moi qui aime la série De capes et de crocs, je n'ai qu'une phrase à dire "jte raconte pas !" C'est Mirlipipifique ! C'est dingue comme les expressions des animaux nous font percevoir parfaitement les émotions. Les dessins sont super jolies. Pour ce qui est du récit ça va. Enfin vous l'aurez compris, je vous conseille surtout de l'acheter car c'est dans la même ligné que De cape et de crocs ... ... des bd que l'on voudrait voir plus souvent et qui hélas ... CULTE QUOI !!!
Lucky Luke
Lucky Luke fait partie intégrante du cercle restreint de "véritable BD culte". Pas la peine de faire un roman, d'autres s'en sont très bien chargés, mais quand même, c'est superbe Lucky Luke. On y trouve des histoires incroyables. 72 albums, c'est tout de même énorme! Etant un grand lecteur de BD, j'avoue quand même que certains m'étaient complètement sortis de l'esprit. Les meilleurs tomes sont ceux de milieu de série, globalement ceux scénarisés par Goscinny. On y trouve même des chef-d'oeuvres. Oui, des chef d'oeuvres, et ce n'est pas un vain mot. Je ne saurai les citer tous. Mais Lucky Luke, de même que ces sacrés Dalton, appartient au patrimoine culturel européen (même si ces aventures ont pour cadre les Etats-Unis!), et reste l'un des fleurons (malgré quelques monumentales bouses) de la grande BD franco-belge...
The Ghost in the shell
Ghost In The Shell (GITS ça sera plus court...) est une bd qu'il faut "mâcher". Je l'ai lue pour la première fois quand j'avais une vingtaine d'années, j'ai pas compris grand chose mais j'ai adoré l'ambiance générale et le dessin. Un peu comme quand j'ai vu Lost Highway, rien compris mais la tête remplie d'images. Après quelque lectures j'ai commencé à m'intéresser à la géopolitique, aux nanotechnologies et aux divers sujets évoqués dans ce manga. Entre temps je suis tombé sur Orion (du même auteur) qui part plus dans un délire mystico-technologique unique en son genre et qui était aussi compréhensible que GITS... Au bout d'un moment j'ai eu la sensation que les pièces du puzzle commençaient à s'assembler et là... oh joie! Oh bonheur! De la bouffe pour le cerveau!!! On finit par capter que les protagonistes vivent à la fois dans un monde réel et virtuel et que dans la mesure où c'est une chose naturelle pour eux l'auteur le présente comme tel. On passe du réel au virtuel, du virtuel au réel... sans que ce soit présenté comme une chose extraordinaire et ça peut prêter à confusion. D'autant plus que quand Masamune Shirow se lance dans un truc il y va à fond. Il part dans les conséquences économiques, philosophiques, politiques, sociales... Ses scénarios sont comparables aux réseaux informatiques tentaculaires qu'il décrit, ça part dans tous les sens, on y trouve un peu tout et n'importe quoi mais le tout reste très cohérent. Quant au dessin je trouve que même si on peut trouver à redire sur les planches informatisées des vol.3&4 c'est de l'excellent travail. Quant aux dessins noir et blanc, ils font partie de ceux qui donnent le plus une impression de mouvement, c'est très, très dynamique et personnellement j'adore ça!
Eloge de la poussière
"Eloge de la poussière" ! Quel titre ! Il résume parfaitement le contenu de l'album. Baudoin avec son trait nerveux qui semble constamment s'effacer comme le vent emmenant avec lui des grains de sables. Un trait poussiéreux, voilà le dessin ce n'est que ça : de la poussière. Tout comme les souvenirs... Les souvenirs qui reviennent tout à coup comme une tempête et ses rafales de vent. La mort d'un père, l'amour avec une femme, avec un corps. Un chien trouvé, puis tué avant même qu'on ne l'oublie. La poussière n'existe pas ! C'est l'homme qui la crée. Mathilde fixe du regard une vague avant qu'elle ne disparaisse à tout jamais. Ce n'est qu'en les regardant, en les écoutant tous les jours qu'elle ne mourons plus sur le sable. Elles ne seront plus du sable mais de la poussière : dans les souvenirs, sur une feuille... Et puis il y a cette mère malade, sans mémoire. La tête ouverte comme un fenêtre : elle laisse s'envoler les derniers souvenirs. Et son fils qui la voit déjà comme un cadavre, comme de la poussière. Pourtant elle est toujours là, elle est toujours cette femme malicieuse. "L'éloge de la poussière" est un album bouleversant. Il nous amène à Nice, à Beyrouth, il nous fait voyager à travers les années de page en page. Ces images recomposées viennent se nicher à l’intérieur de nous. Certainement l'une des plus belles autobiographie de la bande dessinée, l’une des plus justes, qui décrit parfaitement ce qu’est la mémoire, la véritable réalité humaine. Peu importe le temps, les lieux, ce qui est beau ce sont les grains de poussières qui volent dans cet album proustien.
L'Orme du Caucase
Techniquement, Jirô Taniguchi n’est pas le premier auteur japonais dont j’aie lu les œuvres dessinées, si l’on tient compte des adaptations et novellisations illustrées de Goldorak (entre autres). Mais là, à la première lecture de L’Homme qui marche au milieu des années 1990, j’avais tout de suite été conquis par son style narratif et graphique (les deux étant indissociables chez cet auteur). Et même s’il s’agit d’adaptations de nouvelles d’un auteur populaire au japon, Taniguchi reste dans la même veine, et, en ce qui me concerne, le charme opère toujours, dix ans plus tard. L’Orme du Caucase nous propose, en huit nouvelles, plusieurs variations sur le thème de la séparation d’avec un être cher, souvent un membre de la famille. L’amour, au sens large, et donc le chagrin dû à la séparation, sont donc au cœur des intrigues. Pas de violence, ou si peu, qu’on a l’impression que la vie au Japon contemporain est un long fleuve (presque) tranquille. Car la séparation peut durer plusieurs jours, des années, toute une vie, mais elle trouve toujours un aboutissement, une issue, voire une justification. La séparation, la disparition de l’être aimé peuvent faire très mal, vous faire sombrer dans des abîmes de folie ou vous permettre de recommencer une nouvelle vie. On remarquera également, dans ces nouvelles, des thèmes chers à l’auteur japonais les plus populaires en France : la nature et le respect des traditions. Taniguchi se pose, au fil de son œuvre, comme un témoin attentif et discret de son temps et de son pays, et nous ne pouvons que nous incliner devant son énorme talent.
La Nef des fous
Oui culte. Parti pris ? Non point. Je n'ai même (hélas) jamais eu la chance de rencontrer M. Turf, donc aucun atome crochu issu d'une rencontre. Seul compte pour moi l'ivresse du voyage que procure un film, une musique, un livre, une BD. Et là je dois dire que je m'oxygène à plein poumon. Certains de critiquer le manque de profondeur ou de psychologie, d'autres de ne point trouver d'amarres auxquelles se raccrocher : peut être mais cette volonté bien contemporaine d'aller chercher au plus profond de tout art les explicits et implicits nuisent à la simple joie de l'éveil des sens, et la nef des Fous à tout ce qu'il faut pour cela. Pas de profondeur? Avez-vous bien lu et compris ce qu'il faut d'imagination pour sortir des sentiers battus de la BD lambda ? C'est beau, c'est coloré, les enfants s'émerveillent des couleurs, les adultes se délectent des détails. Je suis éditeur littéraire. Je craque. M Turf n'avez-vous aucun projet qui pourrait m'intéresser ? J'attends le 5 !
Strangers in Paradise
Tout nouveau : la maison d'éditions Kymera reprend la publication : http://www.kymeracomics.com/ Pour moi c'est une BD culte ! et que "Bulle Dog" arrête de la publier sans aucune explication m'énerve énormément ! C'est un magnifique dessin dès le début ! La mise en page est merveilleuse. J'adore Francine et Katchoo, ce sont des personnages très humains, et non pas des super héros. Je connais mal la BD américaine en dehors de Calvin et Hobbes, mais certains dessinateurs européens devraient prendre des leçons chez Terry Moore. L'histoire est assez compliquée et il m'a fallu relire plusieurs fois chaque album avant d'être sûre d'avoir tout compris. ;) C'est vraiment une belle histoire. :)
Corps à corps (Aire Libre)
Habituellement je ne suis pas fan des "one-shot" (trop vite lu, personnages peu approfondis...), mais là, quelle bonne surprise! Ce chassé-croisé entre tous ces personnages est plein d'humanité, de finesse. On comprend rapidement leur caractère, leur désir, leur faiblesse. Les intrigues s'imbriquent merveilleusement l'une dans l'autre. Et chapeau au coup de génie de l'auteur sur la fin où le personnage qui sauve tous les autres est finalement celui qui nous semble (qui est) le plus faible depuis le début. C'est presque un petit conte philosophique. Le dessin reste honnête et se regarde avec plaisir. Rien de tape à l'œil de ce côté.
Clichés Beyrouth 1990
Pour ma part cette bd m'a procuré un effet très bizarre. Il se trouve que j'ai passé les 6 dernières années dans l'école des franciscaines, où logent nos deux «héros», qui depuis a été rachetée par la France pour en faire un lycée français. Et même si elle a été rénovée depuis, on reconnaît exactement l'endroit, la cour de récré et même les classes, les bureaux des profs... La bd relate, à mon goût, exactement l'atmosphère de la guerre, cette très très sale guerre, si sale que même les pays développés non pas voulu s'y mêler. Et dire que le Rwanda c'était 4 ans plus tard...Il faut cependant rappeler que l'histoire se passe en 90, année (certes théorique) de la fin de la guerre, les combats sont moins fréquents, mais les traces des 20 dernières années sont là et le dessin cafouilleux, trop souvent qualifié de mauvais, installe parfaitement le décor, témoin de tout ce qui a pu se passer. Je me suis retrouvé complètement abruti pendant 20 jours après avoir lu cette bd... Il faut comprendre que je l'ai lu en classe, en première année d'univ, fraîchement installé à Montréal, Canada (à l’autre bout du monde) ce qui fait mon 3ème pays de résidence après la France où j'ai passé la plus grosse partie de mon enfance... Malgré l'éloignement que je croyais avoir avec le Liban, cette bd m'a ramené à mes origines (même si je parle très peu l'arabe...) et m'a fait prendre conscience d'une série de choses....J'ai lu la bd en plein cours sur les administrations publiques québécoises et je peux vous dire qu'en sortant je me demandais ce que j'en avais vraiment à foutre du Québec et de ses petits problèmes de bourges... une réaction enfantine certes, mais d’autant plus humaine... Mon implication dans l'histoire, (et indirectement dans tout ce que j’ai entendu, vu, les histoires horribles comme la mort de mon grand-père tué par un franc tireur inconnu, sûrement shooté à bloc, alors qu'il allait faire ses courses et qu'il n'avait aucune opinion politique, faut pas chercher, y a pas de gentils de gentils dans ces cas) s'est fait grandissante. Exactement comme les deux (trois en réalité) jeunes français, parti là-bas avec un brin d'excitation semblable à celui qui m'a poussé à acheter ce livre. Reste que, maintenant... que faire, la guerre est finie et le Liban a largement tourné la page ?... Eh bien comme se le promettent Sylvain et Bruno : ne pas oublier, ce serait déjà bien...
Apocalypse selon Lola (Lola Cordova)
Je connaissait Arthur Qwak pour avoir lu le « Soleil des loups » et le « Creuset de la douleur » il y a déjà fort longtemps. A l’époque j’avais bien aimé son travail mais depuis je l’avais complètement oublié et c’est avec grande surprise que je découvre sa dernière création « Lola Cordova » A sa lecture j’ai été complètement abasourdi des progrès réalisés au niveau de son dessin qui a gagné en précision, qui est moins confus et qui illustre également des scènes moins violentes que dans le « Soleil des loups ». Maintenant ce qui fait à mon sens que « Lola Cordova est pour moi un OVNI dans la BD c’est qu’elle possède un scénario de fou avec de nombreuses idées de SF originales, un humour constant et un coté décalé de l’héroïne qui la rends très attachante (du début a la fin de l’histoire elle est complètement défoncée ne sachant pas trop finalement ou se trouve sa réalité). Je finirai par la qualité de la mise en page (découpage et couleur) et une action omniprésente. Je lui mets la note maximum car ça m’a bien explosé la tête.