Tout simplement génial !
Après avoir offert la série complète à ma fille de 7 ans et suite aux nombreux avis positifs lus ici même (d'ailleurs si vous avez d'autres séries de cette qualité, je suis preneur), je me suis mis à mon tour à la lecture de cette oeuvre estampillée jeunesse...
En 30 pages chaque tome, les auteurs ont réussi l'incroyable compromis de mêler action, aventure, cruauté (quelques images sont quand même assez "dures" mais c'est la loi de la jingle !!! Et on peut l'expliquer aux enfants ce qui ne gâche rien, je fais référence aux cadavres d'animaux coupés en deux dans le premier tome) et humour !
Et ce qui ne gâche rien c'est qu'il y a toujours une petite morale ni gnangnan ni complètement inutile pour éclairer nos chères têtes blondes, ce qui ressemble à un monstre ne l'est pas, l'entraide paye toujours etc... , on rajoute un bestiaire attachant (chaque animal possède son petit caractère) et des dessins absolument splendides pour un résultat qui m'a vite conquis ainsi qu'à ma gamine !
Donc n'ayons pas peur des mots : vive Toto l'Ornithorynque et ses amis ! Chaudement recommandé !
A moins de détester les ouvriers, je ne vois pas comment on ne peut pas aimer cette bd !
Les auteurs ont réalisé un album dont l’histoire se passe en 1950 à Brest. Cinq ans après la deuxième guerre mondiale, la ville est encore en ruine et tout est à reconstruire. Le travail ne manque pas et des milliers ouvriers s’activent pour reconstruire ce port.
Cependant, pour revendiquer de meilleures conditions de travail et un meilleur salaire, les ouvriers montent des manifestations. Ces rassemblements ne sont pas au goût des responsables politiques et du patronat qui feront en sorte de les désamorcer même par la force…
C’est en s’intéressant au témoignage de René Vautier et des gens qui ont vécu cette époque que Kris a eu l’idée de scénariser cette bd. Au vu du mini-dossier en fin d’album, il a réalisé de nombreuses recherches allant jusqu’à avoir l’idée d’intégrer un aspect documentaire dans son projet. Après plusieurs tentatives de contact avec des dessinateurs, Kris rencontra Etienne Davodeau. Ce dernier fut intéressé par son scénario et réalisera le découpage complet de l’album en encourageant Kris de laisser tomber en grande partie ces séquences documentaires.
Le résultat est plus que satisfaisant, la bd présente une narration fluide et des personnages très attachants.
N’ayant pas vécu cette époque, je ne peux pas vraiment juger la véracité de cette histoire mais je suis très admiratif du travail de fourmi qu’a réalisé Kris. Militant ou pas, je pense que les lecteurs apprécieront énormément la partie historique de ce livre. Je trouve très intéressant de découvrir que l’après la deuxième guerre mondiale ne fut pas facile à vivre : les logements et la nourriture manquaient, l’économie du pays avait beaucoup de difficultés pour repartir…
La mise en couleurs d’ »un homme est mort » est vraiment excellente, Etienne Davodeau a, à mon avis, su trouver la meilleure ambiance à adapter pour cette histoire. A partir d’anciennes photos, il a su reproduire avec réalisme la ville de Brest dans les années 50. Les détails ne manquent pas et certaines planches comme celle où on voit défiler les manifestants sont sublimes (page 32). Certains passages traités au ralenti et celles avec « p’tit Zef » m’ont procuré beaucoup d’émotions.
Par son thème et son travail graphique impressionnant, « un homme est mort » est une de mes bds préférées. L’album ne plaira pas à tout le monde à cause de son côté engagé mais je pense que ce livre présente surtout un témoignage fort et assez réaliste des années 50. Le dessin de Davodeau sur ce one-shot est sublime et figure, à mon avis, parmi les plus belles réalisations de cet auteur.
Quand j'ai lu le premier tome il y a bien un an maintenant, j'avais été scotché par les dessins de Cecil, ces couleurs extraordinaires et l'univers que les deux auteurs avaient réussi a créé: un Bordeaux imaginaire (on voit la gare St-Jean dans le tome 2), très inspiré de Paris avec ses métros aériens, à mi-chemin entre les années 1900 et les années 2050; bref du steam punk à l'état brut mais beaucoup plus réussi que la moyenne du genre. J'avais par contre été déçu par l'intrigue autour des snuff movies que je trouvais un peu bancale. Bref tout ça donnait un bon 4 étoiles.
A la lecture du deuxième tome, que je trouve personnellement bien meilleur que le premier (chose rare; quoique mon avis n'est semble t-il pas partagé par tout le monde), cette histoire de snuff passe un peu en second plan; tout est plus centré sur le chantage, le jeu de cache cache entre le réseau et les méchants et surtout sur les personnages. On découvre ainsi le passé de M. Lune, son caractère, son mal être et on découvre un personnage torturé, complexe, bref incroyable. Le propos est noir, sans concession, tout comme l'histoire où Cecil ne fait aucun compromis et se montre bien cruel avec ses personnages et leurs amours. Il réussit avec Corbeyran et Filippi (co-auteurs) un coup de maître avec cette histoire, cet univers délirant et ces personnages charismatiques. Le trait de Cécil n'a jamais été aussi efficace que dans ce second tome et certaines vues des toits sont absolument sublimes, bénéficiant toujours d'une mise en couleur exemplaire. L'architecture de la cité continue de jouer un rôle prépondérant au gré des péripéties de ces deux monte en l'air.
Cecil prévoyait à l'origine une série en 10 tomes. C'est maintenant réduit à 3 tomes mais on attend toujours la conclusion. Dommage, c'est une oeuvre qui pourrait faire date à mon sens.
J'adore cette bd !
Tout d'abord le principe. Choisir un genre tel que l'heroic fantasy pour développer le thème du fanatisme religieux (qui rappelle malheureusement des fanatismes tout à fait réels et actuels...), c'est courageux et novateur. Cela prouve que l'heroic fantasy peut être plus qu'une pompe à fric pour éditeur peu scrupuleux. Comme Lupus, qui à mon sens donne des lettres de noblesse au support SF.
Mais au-delà du background, l'histoire de ce hors caste, raisonnable, plutôt athée, broyé par la logique infernale d'un pouvoir religieux fanatique, a tout pour émouvoir. Un peu comme si ce pauvre tanneur était hors du temps, étranger dans un monde tout acquis à la croyance dominante. Quel est son crime? Par un malheureux concours de circonstance, il peut prouver que la religion qui sert de base à sa civilisation n'est qu'une sinistre farce. Enfin, c'est une image, car il en faudrait plus que ça, à mon avis, pour ébranler une religion comptant plusieurs millions d'adeptes (voir l'histoire d'Adam et Eve, ou le saint suaire, j'en passe et des meilleures). Mais ce n'est pas important, l'ensemble est très bien traité, avec beaucoup de finesse, sans plaidoyer acerbe contre les religions en général.
Et puis le dessin est là pour servir parfaitement le propos, fluide, presque naïf, mais très travaillé. Beau, quoi !
"Adèle Blanc-Sec" est une bonne série sous forme de feuilleton de Tardi.
J'aime beaucoup la galerie de personnages loufoques, inquiétants et surtout pathétiques qui défile dans cette séroe (Dugommier, Dieuleveult, Caponi, Brindavoine, etc.). Certains reviennent ou meurent tout simplement. J'aime beaucoup l'atmosphère que dégage le scénario. Le dessin est magnifique. Tardi dessine magnifiquement Paris.
Malgré certaines baisses de régime (le tome 6 notamment), cette série est excellente. Je le conseille aux fans de feuilletons !
Après mure réflexion, je passe ma coté à 5 étoiles. C'est l'une de mes premières claques en bande dessinée et j'aime cet univers.
Alors, Ken c'est toute ma jeunesse... devant la télé. Un dessin animé pas très bien réalisé, mais des histoires plutôt prenantes dans l'ensemble. Car Ken, c'est cela avant tout : l'histoire d'hommes et de femmes (surtout d'hommes d'ailleurs) au passé chargé et qui doivent vivre ou survivre dans un monde de brutes, à la Mad Max.
Ken, c'est (très) violent, mais il y a une extrême sensibilité qui se cache derrière chaque histoire et les deux enfants qui suivent Ken et sont protégés par notre héros.
Ken, c'est aussi un dessin ultra léché, parfaitement maîtrisé. Je n'ai que rarement pu admirer des planches entières aussi belles que celles des derniers tomes de cette BD. C'est d'ailleurs à ce titre que la BD a su toucher un public féminin assez large (surtout au Japon), à cause de la finesse du trait des personnages qui sont tout simplement... beaux.
Sans nul doute l'une de mes BD préférées, de celles qui procurent un très large panel de sensations différentes, chose extrêmement rare.
À choisir entre cette première série et la suivante Fist of the blue sky (qui raconte la vie du grand père de Ken), privilégiez l'originale, même si la plus récente bénéficie d'un dessin encore plus beau et monte en puissance au fil des tomes.
Si les avis positifs incitent à acquérir cette série, je dois bien avouer que j’ai été vraiment étonné de la qualité générale de ce qui nous est proposé.
Il est à noter que mon avis concerne l’édition intégrale des Editions Emmanuel Proust, regroupant les trois tomes initiaux ainsi qu’un important supplément.
La conception graphique est originale et ne ressemble en rien à ce que je connaissais des dessins du 9ème Art. C’est particulier et je pense que c’est, dans le cas présent, une "arme" à double tranchant. C’est tellement singulier que soit on accroche fortement ou assez pour entamer la lecture, soit on est rebuté et on abandonne l’idée d’achat. Il est donc conseiller de vérifier ses affinités, soit dans la galerie proposée dans ce site, soit sur le site des Editions Emmanuel Proust : www.epeditions.fr.
Les couleurs offrent un très bons rendus, compte tenu de la toile de fond utilisée : la seconde guerre mondiale.
Venons-en à l’atout principal de cette BD : son scénario. Sur ce point-là, chapeau bas à l’auteur qui nous offre une histoire passionnante d’espionnage au sein du parti nazi d’Adolf Hitler. C’est documenté et les trois parties du récit recouvrent l’ensemble de l’histoire de la seconde guerre mondiale, de la propagande et montée du parti nazi à la chute du troisième Reich, en passant par Yalta, la solution finale et d’autres opérations de cette époque. Sincèrement, pour qui s’intéresse à ces terribles événements, c’est un ouvrage excellent et le plaisir de lecture est réellement présent.
Enfin, et c’est aussi pour cela que j’attribue cette note à l’album, (en édition intégrale pour rappel) l’édition propose, à la clôture du récit, un dossier sur le personnage principal, un dossier que l’on peut qualifier de rappel historique des faits et des protagonistes, des informations sur les références bibliographiques, sur la filmographie, sur les documentaires et sur des sites internet. L’album se termine avec toute une série de planches graphiques supplémentaires.
Je trouve que l’auteur et la maison d’édition sont allés plus loin dans la conception de l’album et c’est ce genre d’ouvrage qui fait, selon moi, évoluer la BD. Allez, premier coup de coeur!
En résumé, compte tenu du prix demandé, nous ne sommes vraiment pas volés et si vous accrochez aux dessins et couleurs, si les histoires d’espionnage vous plaisent, foncez, et sans hésiter !
Cette bd est (comme dit ci-dessous) tout simplement le must de la bd !
Le meilleur de chez Soleil !
Lanfeust De Troy était déjà fabuleux mais Lanfeust des étoiles l'est plus encore : dessins très travaillés, la diversité des créatures, une grande aventure qui tient en haleine, toujours autant d'humour et pour finir en beauté : une pointe d'érotisme !^^
En conclusion pour ceux qui ne connaissent pas, achetez tous les Lanfeust aussi bien de Troy que des étoiles, pour ceux qui ne connaissent que de Troy vous savez ce qu'il vous reste à faire...
A la clôture de cet ouvrage, je ne peux encore une fois que souligner le talent du scénariste et écrivain Alan Moore mais également, dans ce cas-ci, du dessinateur Dave Gibbons.
Et pourtant...
Je relève deux points négatifs, que j’ai déjà pu trouver sous des formes plus ou moins accentuées dans From Hell et V pour Vendetta. Dans un premier temps, le récit souffre d’un chapitre ou deux beaucoup plus lents, je pense notamment au Dr Manhattan sur la planète Mars. Ensuite, une histoire croisée d’un naufragé sur son radeau qui, il faut bien l’avouer, amène du poids dans le récit, mais rend le début de la lecture assez confus. Il m’a fallu quelques pages pour parvenir à bien cerner cette histoire comme indépendante. Heureusement que l’auteur aide le lecteur notamment par l’utilisation de caractères différents selon l’intervention de l’un ou l’autre personnage.
Les points positifs maintenant; le scénario, magistralement construit, ne se limite pas à une histoire du bien contre le mal. Encore une fois, Moore va plus loin et demande à son lecteur de ne pas se limiter aux apparences. Tout est construit pour que la psychologie des personnages, leur passé et leur caractère soient développés au mieux. Et je pense que l’auteur y parvient en beauté. Il faut préciser que la fin de chaque chapitre (douze au total) est agrémentée de deux ou trois pages de "dossiers" permettant encore de plus immerger le lecteur dans cette aventure. Si l'enquête sur la mort d'un super-héros est l'objet de l'histoire, le sens de la vie en est la toile de fond...
Les dessins et couleurs sont bons, certes un peu vieillit, mais apportent, comme apportait le noir et blanc dans From Hell, un background nostalgique des années "premiers super-héros avec costumes haut en couleurs".
Encore une fois, comme je l’ai conseillé dans le cadre de V pour Vendetta, il est préférable avant d’acheter cette œuvre de tourner quelques pages et dès lors se faire une idée concrète des dessins.
Pour le reste, "impressionnant", c’est le terme qui résume toute la maîtrise exposée dans la construction de cet album, version Delcourt en ce qui me concerne...
Après une relecture, ma note passe de 4/5 à 5/5, les zones d'ombre font partie du passé et j'ai vraiment pu apprécier tout le génie du scénario de Moore...
Un must qui se révèle progressivement. Ne surtout pas s'arrêter aux premiers tomes et bien se souvenir qu'ils datent de 1990. Depuis, Berserk est devenu un classique d'une richesse bluffante, ne passez pas à côté.
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Toto l'ornithorynque
Tout simplement génial ! Après avoir offert la série complète à ma fille de 7 ans et suite aux nombreux avis positifs lus ici même (d'ailleurs si vous avez d'autres séries de cette qualité, je suis preneur), je me suis mis à mon tour à la lecture de cette oeuvre estampillée jeunesse... En 30 pages chaque tome, les auteurs ont réussi l'incroyable compromis de mêler action, aventure, cruauté (quelques images sont quand même assez "dures" mais c'est la loi de la jingle !!! Et on peut l'expliquer aux enfants ce qui ne gâche rien, je fais référence aux cadavres d'animaux coupés en deux dans le premier tome) et humour ! Et ce qui ne gâche rien c'est qu'il y a toujours une petite morale ni gnangnan ni complètement inutile pour éclairer nos chères têtes blondes, ce qui ressemble à un monstre ne l'est pas, l'entraide paye toujours etc... , on rajoute un bestiaire attachant (chaque animal possède son petit caractère) et des dessins absolument splendides pour un résultat qui m'a vite conquis ainsi qu'à ma gamine ! Donc n'ayons pas peur des mots : vive Toto l'Ornithorynque et ses amis ! Chaudement recommandé !
Un homme est mort
A moins de détester les ouvriers, je ne vois pas comment on ne peut pas aimer cette bd ! Les auteurs ont réalisé un album dont l’histoire se passe en 1950 à Brest. Cinq ans après la deuxième guerre mondiale, la ville est encore en ruine et tout est à reconstruire. Le travail ne manque pas et des milliers ouvriers s’activent pour reconstruire ce port. Cependant, pour revendiquer de meilleures conditions de travail et un meilleur salaire, les ouvriers montent des manifestations. Ces rassemblements ne sont pas au goût des responsables politiques et du patronat qui feront en sorte de les désamorcer même par la force… C’est en s’intéressant au témoignage de René Vautier et des gens qui ont vécu cette époque que Kris a eu l’idée de scénariser cette bd. Au vu du mini-dossier en fin d’album, il a réalisé de nombreuses recherches allant jusqu’à avoir l’idée d’intégrer un aspect documentaire dans son projet. Après plusieurs tentatives de contact avec des dessinateurs, Kris rencontra Etienne Davodeau. Ce dernier fut intéressé par son scénario et réalisera le découpage complet de l’album en encourageant Kris de laisser tomber en grande partie ces séquences documentaires. Le résultat est plus que satisfaisant, la bd présente une narration fluide et des personnages très attachants. N’ayant pas vécu cette époque, je ne peux pas vraiment juger la véracité de cette histoire mais je suis très admiratif du travail de fourmi qu’a réalisé Kris. Militant ou pas, je pense que les lecteurs apprécieront énormément la partie historique de ce livre. Je trouve très intéressant de découvrir que l’après la deuxième guerre mondiale ne fut pas facile à vivre : les logements et la nourriture manquaient, l’économie du pays avait beaucoup de difficultés pour repartir… La mise en couleurs d’ »un homme est mort » est vraiment excellente, Etienne Davodeau a, à mon avis, su trouver la meilleure ambiance à adapter pour cette histoire. A partir d’anciennes photos, il a su reproduire avec réalisme la ville de Brest dans les années 50. Les détails ne manquent pas et certaines planches comme celle où on voit défiler les manifestants sont sublimes (page 32). Certains passages traités au ralenti et celles avec « p’tit Zef » m’ont procuré beaucoup d’émotions. Par son thème et son travail graphique impressionnant, « un homme est mort » est une de mes bds préférées. L’album ne plaira pas à tout le monde à cause de son côté engagé mais je pense que ce livre présente surtout un témoignage fort et assez réaliste des années 50. Le dessin de Davodeau sur ce one-shot est sublime et figure, à mon avis, parmi les plus belles réalisations de cet auteur.
Le Réseau Bombyce
Quand j'ai lu le premier tome il y a bien un an maintenant, j'avais été scotché par les dessins de Cecil, ces couleurs extraordinaires et l'univers que les deux auteurs avaient réussi a créé: un Bordeaux imaginaire (on voit la gare St-Jean dans le tome 2), très inspiré de Paris avec ses métros aériens, à mi-chemin entre les années 1900 et les années 2050; bref du steam punk à l'état brut mais beaucoup plus réussi que la moyenne du genre. J'avais par contre été déçu par l'intrigue autour des snuff movies que je trouvais un peu bancale. Bref tout ça donnait un bon 4 étoiles. A la lecture du deuxième tome, que je trouve personnellement bien meilleur que le premier (chose rare; quoique mon avis n'est semble t-il pas partagé par tout le monde), cette histoire de snuff passe un peu en second plan; tout est plus centré sur le chantage, le jeu de cache cache entre le réseau et les méchants et surtout sur les personnages. On découvre ainsi le passé de M. Lune, son caractère, son mal être et on découvre un personnage torturé, complexe, bref incroyable. Le propos est noir, sans concession, tout comme l'histoire où Cecil ne fait aucun compromis et se montre bien cruel avec ses personnages et leurs amours. Il réussit avec Corbeyran et Filippi (co-auteurs) un coup de maître avec cette histoire, cet univers délirant et ces personnages charismatiques. Le trait de Cécil n'a jamais été aussi efficace que dans ce second tome et certaines vues des toits sont absolument sublimes, bénéficiant toujours d'une mise en couleur exemplaire. L'architecture de la cité continue de jouer un rôle prépondérant au gré des péripéties de ces deux monte en l'air. Cecil prévoyait à l'origine une série en 10 tomes. C'est maintenant réduit à 3 tomes mais on attend toujours la conclusion. Dommage, c'est une oeuvre qui pourrait faire date à mon sens.
Alim le tanneur
J'adore cette bd ! Tout d'abord le principe. Choisir un genre tel que l'heroic fantasy pour développer le thème du fanatisme religieux (qui rappelle malheureusement des fanatismes tout à fait réels et actuels...), c'est courageux et novateur. Cela prouve que l'heroic fantasy peut être plus qu'une pompe à fric pour éditeur peu scrupuleux. Comme Lupus, qui à mon sens donne des lettres de noblesse au support SF. Mais au-delà du background, l'histoire de ce hors caste, raisonnable, plutôt athée, broyé par la logique infernale d'un pouvoir religieux fanatique, a tout pour émouvoir. Un peu comme si ce pauvre tanneur était hors du temps, étranger dans un monde tout acquis à la croyance dominante. Quel est son crime? Par un malheureux concours de circonstance, il peut prouver que la religion qui sert de base à sa civilisation n'est qu'une sinistre farce. Enfin, c'est une image, car il en faudrait plus que ça, à mon avis, pour ébranler une religion comptant plusieurs millions d'adeptes (voir l'histoire d'Adam et Eve, ou le saint suaire, j'en passe et des meilleures). Mais ce n'est pas important, l'ensemble est très bien traité, avec beaucoup de finesse, sans plaidoyer acerbe contre les religions en général. Et puis le dessin est là pour servir parfaitement le propos, fluide, presque naïf, mais très travaillé. Beau, quoi !
Adèle Blanc-Sec
"Adèle Blanc-Sec" est une bonne série sous forme de feuilleton de Tardi. J'aime beaucoup la galerie de personnages loufoques, inquiétants et surtout pathétiques qui défile dans cette séroe (Dugommier, Dieuleveult, Caponi, Brindavoine, etc.). Certains reviennent ou meurent tout simplement. J'aime beaucoup l'atmosphère que dégage le scénario. Le dessin est magnifique. Tardi dessine magnifiquement Paris. Malgré certaines baisses de régime (le tome 6 notamment), cette série est excellente. Je le conseille aux fans de feuilletons ! Après mure réflexion, je passe ma coté à 5 étoiles. C'est l'une de mes premières claques en bande dessinée et j'aime cet univers.
Hokuto no Ken - Fist of the North Star (Ken le survivant)
Alors, Ken c'est toute ma jeunesse... devant la télé. Un dessin animé pas très bien réalisé, mais des histoires plutôt prenantes dans l'ensemble. Car Ken, c'est cela avant tout : l'histoire d'hommes et de femmes (surtout d'hommes d'ailleurs) au passé chargé et qui doivent vivre ou survivre dans un monde de brutes, à la Mad Max. Ken, c'est (très) violent, mais il y a une extrême sensibilité qui se cache derrière chaque histoire et les deux enfants qui suivent Ken et sont protégés par notre héros. Ken, c'est aussi un dessin ultra léché, parfaitement maîtrisé. Je n'ai que rarement pu admirer des planches entières aussi belles que celles des derniers tomes de cette BD. C'est d'ailleurs à ce titre que la BD a su toucher un public féminin assez large (surtout au Japon), à cause de la finesse du trait des personnages qui sont tout simplement... beaux. Sans nul doute l'une de mes BD préférées, de celles qui procurent un très large panel de sensations différentes, chose extrêmement rare. À choisir entre cette première série et la suivante Fist of the blue sky (qui raconte la vie du grand père de Ken), privilégiez l'originale, même si la plus récente bénéficie d'un dessin encore plus beau et monte en puissance au fil des tomes.
Sir Arthur Benton
Si les avis positifs incitent à acquérir cette série, je dois bien avouer que j’ai été vraiment étonné de la qualité générale de ce qui nous est proposé. Il est à noter que mon avis concerne l’édition intégrale des Editions Emmanuel Proust, regroupant les trois tomes initiaux ainsi qu’un important supplément. La conception graphique est originale et ne ressemble en rien à ce que je connaissais des dessins du 9ème Art. C’est particulier et je pense que c’est, dans le cas présent, une "arme" à double tranchant. C’est tellement singulier que soit on accroche fortement ou assez pour entamer la lecture, soit on est rebuté et on abandonne l’idée d’achat. Il est donc conseiller de vérifier ses affinités, soit dans la galerie proposée dans ce site, soit sur le site des Editions Emmanuel Proust : www.epeditions.fr. Les couleurs offrent un très bons rendus, compte tenu de la toile de fond utilisée : la seconde guerre mondiale. Venons-en à l’atout principal de cette BD : son scénario. Sur ce point-là, chapeau bas à l’auteur qui nous offre une histoire passionnante d’espionnage au sein du parti nazi d’Adolf Hitler. C’est documenté et les trois parties du récit recouvrent l’ensemble de l’histoire de la seconde guerre mondiale, de la propagande et montée du parti nazi à la chute du troisième Reich, en passant par Yalta, la solution finale et d’autres opérations de cette époque. Sincèrement, pour qui s’intéresse à ces terribles événements, c’est un ouvrage excellent et le plaisir de lecture est réellement présent. Enfin, et c’est aussi pour cela que j’attribue cette note à l’album, (en édition intégrale pour rappel) l’édition propose, à la clôture du récit, un dossier sur le personnage principal, un dossier que l’on peut qualifier de rappel historique des faits et des protagonistes, des informations sur les références bibliographiques, sur la filmographie, sur les documentaires et sur des sites internet. L’album se termine avec toute une série de planches graphiques supplémentaires. Je trouve que l’auteur et la maison d’édition sont allés plus loin dans la conception de l’album et c’est ce genre d’ouvrage qui fait, selon moi, évoluer la BD. Allez, premier coup de coeur! En résumé, compte tenu du prix demandé, nous ne sommes vraiment pas volés et si vous accrochez aux dessins et couleurs, si les histoires d’espionnage vous plaisent, foncez, et sans hésiter !
Lanfeust des Etoiles
Cette bd est (comme dit ci-dessous) tout simplement le must de la bd ! Le meilleur de chez Soleil ! Lanfeust De Troy était déjà fabuleux mais Lanfeust des étoiles l'est plus encore : dessins très travaillés, la diversité des créatures, une grande aventure qui tient en haleine, toujours autant d'humour et pour finir en beauté : une pointe d'érotisme !^^ En conclusion pour ceux qui ne connaissent pas, achetez tous les Lanfeust aussi bien de Troy que des étoiles, pour ceux qui ne connaissent que de Troy vous savez ce qu'il vous reste à faire...
Watchmen
A la clôture de cet ouvrage, je ne peux encore une fois que souligner le talent du scénariste et écrivain Alan Moore mais également, dans ce cas-ci, du dessinateur Dave Gibbons. Et pourtant... Je relève deux points négatifs, que j’ai déjà pu trouver sous des formes plus ou moins accentuées dans From Hell et V pour Vendetta. Dans un premier temps, le récit souffre d’un chapitre ou deux beaucoup plus lents, je pense notamment au Dr Manhattan sur la planète Mars. Ensuite, une histoire croisée d’un naufragé sur son radeau qui, il faut bien l’avouer, amène du poids dans le récit, mais rend le début de la lecture assez confus. Il m’a fallu quelques pages pour parvenir à bien cerner cette histoire comme indépendante. Heureusement que l’auteur aide le lecteur notamment par l’utilisation de caractères différents selon l’intervention de l’un ou l’autre personnage. Les points positifs maintenant; le scénario, magistralement construit, ne se limite pas à une histoire du bien contre le mal. Encore une fois, Moore va plus loin et demande à son lecteur de ne pas se limiter aux apparences. Tout est construit pour que la psychologie des personnages, leur passé et leur caractère soient développés au mieux. Et je pense que l’auteur y parvient en beauté. Il faut préciser que la fin de chaque chapitre (douze au total) est agrémentée de deux ou trois pages de "dossiers" permettant encore de plus immerger le lecteur dans cette aventure. Si l'enquête sur la mort d'un super-héros est l'objet de l'histoire, le sens de la vie en est la toile de fond... Les dessins et couleurs sont bons, certes un peu vieillit, mais apportent, comme apportait le noir et blanc dans From Hell, un background nostalgique des années "premiers super-héros avec costumes haut en couleurs". Encore une fois, comme je l’ai conseillé dans le cadre de V pour Vendetta, il est préférable avant d’acheter cette œuvre de tourner quelques pages et dès lors se faire une idée concrète des dessins. Pour le reste, "impressionnant", c’est le terme qui résume toute la maîtrise exposée dans la construction de cet album, version Delcourt en ce qui me concerne... Après une relecture, ma note passe de 4/5 à 5/5, les zones d'ombre font partie du passé et j'ai vraiment pu apprécier tout le génie du scénario de Moore...
Berserk
Un must qui se révèle progressivement. Ne surtout pas s'arrêter aux premiers tomes et bien se souvenir qu'ils datent de 1990. Depuis, Berserk est devenu un classique d'une richesse bluffante, ne passez pas à côté.