Les derniers avis (7538 avis)

Par Lebroch
Note: 5/5
Couverture de la série Pinocchio (Winshluss)
Pinocchio (Winshluss)

Un de ces ouvrages qui font de la BD un art majeur à part entière. Quelques variations autour du thème du célèbre conte permettant à Winshluss de d'explorer certains des aspects sombres de l'humanité. Comme dans la fable de Collodi, le pantin de fer traverse un parcours initiatique parmi les paumés, les marginaux et les opprimés, côtoie la lie de la société et subit la folie des mégalomanes. Les apartés de Jiminy cafard, qui donne vie au pantin, rythme le récit et donne au lecteur un éclairage amusant et touchant sur les conditions d'écriture de l'ouvrage et le parcours du combattant qui est le lot des stars montantes de la BD. A bon entendeur... Une vraie réussite à ranger entre les idées noires de Franquin et La Bête est morte de Calvo.

08/03/2009 (modifier)
Par billy
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Nef des fous
La Nef des fous

Terminus tout le monde descend ! Et oui la série est terminée, et pour une fois je le regrette, j'aurais apprécié encore quelque tome à cette série délirante. Résumer cette série est un vrai casse tête, sans trop en dire, ni trop peu ! Je me lance tout de même... Je dirais qu'il s'agit au commencement d'un conte classique où le bon roi du royaume se voit emprisonner par son fidèle bras droit. Par la suite, on a une impression que tout part un peu dans tous les sens mêlant enquête policière loufoque sur un trafic de drogue locale, et de la science fiction. Dans les premiers tomes, on se demande un peu où tout ça va nous mener. Une chose est sûre, on rigole bien, et les dessins et la mise en page sont vraiment superbes. On tombe sous le charme de ce petit royaume bien pensé par Turf. Une fois les 7 tomes et le hors-série enfilés, l'histoire nous parait bien plus claire. Et on ne peut que saluer le travail de Turf. Un régal. Pour moi, un chef d'oeuvre de la bande dessinée ! Bravo Bravo et Bravo !

07/03/2009 (modifier)
Par Erik
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Tout seul
Tout seul

Chabouté est un auteur que j'aime bien. J'ai presque acquis la majorité de ces oeuvres. Celle-ci est étonnante à plus d'un titre. C'est un gros pavé qui se lit pourtant très rapidement car il y a une succession de plans presque comme dans une bd muette. Cependant, on peut que s'émerveiller devant une telle maîtrise des plans et de son trait si caractéristique qui s'est encore amélioré. La narration est quasi-parfaite et il y a véritablement des trouvailles qui permettent d'élever toujours et encore le niveau actuel de la bande dessinée. Chabouté s'éloigne progressivement de ses oeuvres fantastiques pour nous livrer une chronique sociale d'une réelle beauté et d'un très beau message. J'ai surtout aimé la façon dont est construite cette oeuvre. La curiosité d'un jeune marin-pêcheur va bouleverser la vie d'un gardien de phare isolé dans l'océan. Comment occupe t'il ses journées ? Tout simplement grâce à son pouvoir d'imagination au travers des mots qu'il pointe dans un dictionnaire sous le regard attendrissant de son poisson rouge. Et puis, il a su créer une véritable ambiance. On s'y croirait au milieu de l'océan avec ses vagues qui éclatent contre le rocher du phare. C'est d'une spontanéité qui permet au lecteur de vraiment ressentir une émotion hors du commun. Un seul mot : bravo ! Note Dessin: 4/5 - Note Scénario: 5/5 - Note Globale: 4.5/5

28/11/2008 (MAJ le 07/03/2009) (modifier)
Par Tibi
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Earl & Mooch
Earl & Mooch

Des personnages cabots et cabotins, un humour volontiers absurde, quelque zeste de philosophie humaniste... C'est frais et poétique !!! Pour moi, le meilleur strip !! Pour qui aime les chiens et les chats, du pur bonheur, car les personnages ne sont pas trop anthropomorphisés... En VO, "Mutts" (= les cabots), c'est juste cultissime !!! La version française y perd un peu en humour, mais personnellement j'adore...

07/03/2009 (modifier)
Par Tomeke
Note: 5/5
Couverture de la série Walking Dead
Walking Dead

Walking Dead est une série de grand, de très grand divertissement… Le récit est très bien construit, à la manière d’un feuilleton télévisé. J’ai tout de suite accroché à l’histoire et la fin de chaque opus me rend à chaque fois plus impatient d’entamer le suivant. Ça m’a un peu rappelé la première fois que j’ai vu Prison Break à la télé ; je ne savais plus m’arrêter. L’histoire semble simple comme bonjour, et maintes fois présentée. Et pourtant, le récit va de surprise en surprise et maintient en permanence une tension habilement gérée. Ce n’est pas juste la survie de quelques individus dans un monde rempli de zombies ; c’est aussi la réorganisation des survivants qui cherchent un endroit de vie sécurisé, et qui se battent pour maintenir une cohésion dans le groupe en fonction du caractère de chacun. Qu’en est-il des prises de décisions ? Et du décès d’un proche ? Ou des sentiments de culpabilité et de vengeance ? Autant de choses auxquelles est confronté ce petit groupe. Alors non, je vous rassure, il n’y a pas la place ici pour de la philosophie à deux balles ou pour un sentimentalisme débile. Simplement, les auteurs nous proposent autre chose qu’une simple grosse baston entre humains et morts-vivants et ce, pour notre plus grand plaisir… La colorisation en noir et blanc me semble particulièrement bien adaptée au gore de certaines scènes. Les dessins, bien qu’en dessous de la performance de ceux du premier tome, sont relativement bons. En résumé, foncez vous procurer cette dynamite d’action et de fantastique. Vous ne regretterez qu’une seule chose : l’attente des tomes suivants ! Mais attention pour les plus jeunes, il m'a semblé qu'à partir du cinquième opus, l'histoire devenait particulièrement cruelle et violente...

07/03/2009 (modifier)
Par AqME
Note: 5/5
Couverture de la série Lanfeust de Troy
Lanfeust de Troy

Voila une B.D qui va figurer très très longtemps dans ma bibliothèque! C'est d'ailleurs la première série que j'ai lu et qui m'a donné envie de me mettre à la bande dessinée. Le scénario est assez bien foutu: dans une province, des villageois ont tous un pouvoir qui leur est propre. Lanfeust a le pouvoir de faire fondre le métal en un regard. Mais quand il est en contact avec l'ivoire d'une bête légendaire (le Magohamoth), il possède alors tous les pouvoirs. Mais un grand méchant du nom de Thanos possède aussi ce don. Un scénario bien ficelé, des tomes qui se suivent et tiennent en haleine. De plus, pour l'époque, c'était vraiment novateur. Le monde de Troy est lui aussi très travaillé. Chaque pays a sa particularité, ses croyances, chaque personnage possède une attention particulière que ce soit au niveau du dessin ou au niveau du background. Cet univers est tellement riche que de nombreuses histoires intéressantes pourrait y avoir lieu... Le dessin de Tarquin est très réussi et sert relativement bien le scénario d'Arleston. Les planches sont très réussies et chaque vignette fourmille de vies. Cette série fait vraiment partie des séries que j'adore et que je relirais sans aucun problème. Maintenant, Arleston tire un peu sur la corde avec d'autres séries, mais se sont d'autres avis....

06/03/2009 (modifier)
Couverture de la série Gaston Lagaffe
Gaston Lagaffe

Il faudra quelques temps pour que Gaston devienne irrésistible. Je trouve en effet les premiers albums assez moyens. Les gags sont alors trop conventionnels et l’univers assez pauvre. Le dessin lui-même est encore relativement simpliste et dépouillé. Cependant, dès que Franquin aura installé son univers (à partir du R3 dans l’ancienne collection), la série deviendra tout simplement et prodigieusement géniale. Une galerie de personnages mythiques, des inventions absurdement géniales, un éloge de la paresse, de la rêverie, que dire de plus ? Un dessin incroyablement dynamique, une multitude de détails, une richesse et une inventivité graphique à la (dé)mesure du personnage central. Et puis, ce chat ! Et Prunelle et ses Rogntudju ! Et De Mesmaecker (inspiré par le père de Jidéhem) ! et Longtarin ! Et Jules (de chez Smith en face) ! Et la mouette ! Et la boule de bowling ! Et … La liste pourrait encore durer des pages et des pages. Merveilleux ! Le personnage auquel tout le monde désire s’identifier est un anti héros, et son nom est Gaston.

06/03/2009 (modifier)
Par Pasukare
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Incident de Sakai et autres récits guerriers
L'Incident de Sakai et autres récits guerriers

"L'incident de Sakaï et autre récits guerriers" est la quatrième œuvre d'Hiroshi Hirata que je lis et elle occupe sans hésiter la première place du podium, ex-æquo avec L'âme du Kyudo. C'est un recueil d'histoires courtes qui prennent aux tripes, que ce soit par la force des événements qui sont décrits ou par le gouffre toujours plus grand entre nos traditions, notre manière de penser et cet étrange, parfois incompréhensible mais toujours admirable Japon et son sens de l'honneur plus ou moins bien placé à nos yeux. Pour être honnête, il y a bien 1 ou 2 histoires un peu difficiles à suivre du fait de la ressemblance entre les personnages principaux (parfois différenciables uniquement aux motifs de leurs kimonos) ou aux "raccourcis temporels" qui font qu'on ne comprend pas toujours la transition entre une page et la suivante. Mais cela reste anecdotique et tout à fait pardonnable eu égards aux immenses autres qualités de cette oeuvre. Quelques mots sur la première histoire de la série tout d'abord : "L'incident de Sakaï". A la lecture de cette histoire, c'est un immense sentiment d'injustice qui s'est emparé de moi dans les premières pages, et la différence de traitement entre cette version et ce qui est par exemple décrit dans wiki pour le même événement enfonce un peu plus le clou : deux visions différentes d'une même tragédie et c'est notre perception de l'Histoire et de ses certitudes qui en prend un sacré coup. Un véritable sentiment d'injustice donc, et toujours cette fascination devant le sens de l'honneur poussé à l'extrême et aussi une petite satisfaction quand les dignitaires français n'ont pas les tripes d'assister à ce qu'ils ont provoqué. La deuxième histoire, qui relate le combat des hommes contre les éléments en général et les inondations en particulier est d'une intensité incroyable. Mon avis serait incomplet si je n'avouais que pour la première fois dans un art "silencieux", j'ai pleuré. C'était dans les toutes dernières pages de l'avant-dernière histoire "Gôemon, vassal direct du shogun" : cette émotion, cette souffrance silencieuse, cette force intérieure, cette tristesse dans le regard et cette manière de rendre à un homme perdu l'honneur auquel il avait renoncé des années plus tôt, la vache, ça m'a complètement retournée. Un gros gros coup de cœur. Le dessin d'Hiroshi Hirata est toujours plus beau, plus expressif (par rapport aux œuvres précédentes que j'ai pu lire comme L'âme du Kyudo, Tueur !, La Force des humbles qui m'avaient déjà beaucoup marquée), précis, détaillé, dynamique et avec de magnifiques planches en lavis, que je pourrais regarder pendant des heures sans me lasser.

06/03/2009 (modifier)
Par AqME
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Nef des fous
La Nef des fous

Premier avis posté sur ce site, et premier coup de cœur! La nef des fous fait partie de ces B.D qui possèdent une atmosphère, une ambiance, un je ne sais quoi qui fait toute la magie de cette œuvre. En effet, cette série est inclassable car elle touche un peu à tous les univers, du steam-punk année 60, au fantastique limite fantasy, jusqu'à l'historique (fictif bien entendu!). Mais le dessin de Turf et la mise en page des planches reste incroyable. Tout est juste, tout est beau et tout est mis en scène à la façon d'un album de jeunesse. On sent que le dessinateur a prit son pied à faire cette B.D et il nous le transmet avec talent. L'humour est aussi omniprésent, avec des scènes cocasses (quand Ambroise tue plusieurs fois le même homme et que ce n'est seulement qu'à partir du cinquième qu'il se demande s'il n'est pas malade.), des dessins et des mises en images toujours réussis mais aussi des dialogues et des personnages particulièrement savoureux. Le scénario est lui aussi bien ficelé. On part avec plusieurs personnages qui se séparent pour se retrouver à un certain point. Chaque chemin que prennent les personnages sont très travaillé avec un univers particulier et au fur et mesure des tomes les questions se posent et s'accumulent. Le dernier tome reste émouvant (en même temps c'est le dernier que certains attendaient depuis 17ans!), et, même s'il n'y a pas de twist final, on reste surpris pas la richesse de cette univers et par tout ce qui se passe dans la tête de Turf. J'ai donc envie de dire un grand merci à Turf pour cette série, pour ce conte pour grands enfants (dont je fais partie) et j'espère que mes enfants liront cette B.D quand ils en auront l'âge!

06/03/2009 (modifier)
Par JJJ
Note: 5/5
Couverture de la série 100 %
100 %

Il n'est pas évident de parler d'une BD de Paul Pope, étrange auteur à l'univers difficile d'accès qui ne donne jamais une vraie fin à ses histoires. Il est également l'un de ces rares dessinateurs possédant un style reconnaissable entre tous. Les dessins de Pope débordent d'énergie, il insuffle une force et un dynamisme peu commun à son trait, chez Pope les dessins prennent littéralement vie. Quand il décide d'illustrer des séquences de musique, de bruit, d'amour et de projets fous, l'art de Pope explose. Le résultat est 100% Rock 'n' Roll. 100% s'ouvre sur une page d'actualité nous décrivant la vie de New York en 2038, puis la première case est très glauque. Une vue sur la jambe d'une femme morte au milieu d'un tas d'ordure, l’angle rend la scène à la fois ridicule et crue. Quelques mètres plus loin la vie continue, indifférente. On est immédiatement happé par l'ambiance poisseuse de ce futur peu reluisant, proche du notre, un peu plus sale, un peu plus excessif. Au fil des pages on est plongés toujours plus profond dans cette étrange ambiance, car le monde vu par Pope est pessimiste, il le construit tout en donnant une identité forte à son univers, créant des objets de demain crédibles dans quasiment chaque case, nous faisant comprendre sans en avoir l’air à quoi ces objets la sont destinés. Le tout avec le style et le talent qui le caractérise. Paul Pope n'oublie rien et bâti au fur et à mesure un contexte cohérent, réel, presque familier. L'histoire n'en est pas une à proprement parler mais plusieurs. Il s'agit d'histoires d'amour. Sur près de deux cent cinquante pages nous suivons le destin de six personnes qui se croisent, s'aiment, se déchirent, trois hommes, trois femmes, trois relations qui survivent au rythme de leurs passions. Ces gens se connaissent parfois, certains ont des liens avec les autres, d’autres pas, mais ils sont indirectement réunis par un lieu, le Catshack. Le Catshack est un club branché autour duquel tout gravite, ce club propose des spectacles de danseuses "Gastro-Show", un spectacle déviant issu de la dérive du voyeurisme, dépeinte de façon spectaculaire par l'auteur, spectacle improbable mais crédible montrant des filles projeter leurs entrailles au plafond pour un public totalement blasé a force d’avoir voulu en avoir toujours plus . Ridicule et Pathétique, le spectacle rappelle vaguement un mauvais cirque, ce qui n’est pas surprenant dans une BD de Paul Pope. Le monde du futur par Pope est violent, peu sur, difficile. Les gens survivent plus qu'ils ne vivent, on se dit que le temps ne fait pas évoluer les choses tant que ça. Mais 100% n'est pas une œuvre désespérée, au début on se sent perdu dans le noir, mal à l'aise, puis petit à petit les éléments se mettent en place, les détails s'imbriquent, la lecture se fait fluide et plaisante. On va plus loin et l’on s'attache à ces personnages, ces trois couples qui se font ou se cassent au fur et à mesure. Certains passages débordent de sensualité, de bonheur, de tristesse. Ces histoires entremêlées qui avaient débutée de si étrange façon finissent par résonner en nous, c’est humain, c’est touchant. La toile de fond reste sombre mais une forme d'espoir et d'optimisme se libère tout de même finalement du carcan environnant. Paul Pope nous raconte que l’on peu tout de même avoir des rêves, croire en l'avenir. Jusqu’au « dénouement » l’auteur maintient un fragile équilibre entre bonheur et mal être, c'est du grand art. Hélas les pages se tournent et les histoires s’achèvent déjà, le voyage était si beau qu'il a semblé court, vingt cinq chapitres semblent passés en un souffle. 100% se dévore et il en reste en nous quand on l'a fini, 100% est l'un de ces livres que l'on a en tête après l'avoir lu. Paul Pope est un auteur d'exception, 100% est peut-être la meilleure de ses œuvres. JJJ

05/03/2009 (modifier)