Les derniers avis (7594 avis)

Couverture de la série La Belette
La Belette

Pour cet album à lire et à relire, la vieille édition est difficile à conserver tant elle est fragile, pages mines et carton souple en couverture : il faut veiller aux trésors, allez même en avoir 2 un pour lire et un pour conserver ! Comes est un dessinateur noir et blanc. Ici pas de nuances de gris, non : du noir, du blanc rien d’autre… cela suffit pour produire des planches somptueuses mais surtout des contrastes saisissants qui vont coller parfaitement avec un scénario violent et mystérieux. Les visages sont clairement dérangeants de même que certaines proportions, mais tout cela nourrit le mystère et rester à ce sentiment de malaise serait dommage. L’ancrage parfois maladroit pourrait dénoter mais je me demande après maintes relectures si ce n’est pas volontaire pour accentuer le malaise et schématiser par l’image la psychologie des personnages. Oh nous ne sommes pas ici dans la violence physique, pas de super muscle de bras coupés, de veines crachant l’hémoglobine ou de gros calibre brulant d’avoir trop tiré, non Comes ne mange pas de ce pain là, il s’agit de violence psychique, psychologique et parfois humaine. L’histoire n’est pas simple et la dire serait donner une interprétation individuelle qui ne collera peut être pas avec l’idée qu’en aura quelqu’un d’autre. Car l’album est tellement riche que chacun suivra sa sensibilité pour l’interpréter et en tirer sa moelle. Comme souvent chez Comes on est dans le domaine des anciennes croyances, de la sorcellerie, de la cohabitation entre les hommes, des relations de pouvoir, avec toujours au cœur de l’intrigue celui qui est différent. Ici ce sera un autiste qui mettra en lumière les attitudes humaines les plus basses. Cupidité, ignorance, pouvoir, protection, intolérance, bêtise et aussi générosité seront croqués avec toujours cet apport mystique qui donne des pouvoirs surnaturels ou en tous cas matérialise une façon de penser ou de voir les phénomènes. D’une poésie sensible extrême, le dessin sert le scénario. On est à fleur de peau on frémit à la lecture (et la relecture), on est de plus en plus pris par ces personnages de prime abord simplistes et finalement complexes. Les révélations successives et surtout la mise en abyme finale fera de cette œuvre un authentique chef d’œuvre qui forme avec Silence la partie la plus aboutie de l’œuvre actuelle de Comes. Pour l’achat évidemment car plus que la lecture qui peut mettre mal à l’aise et devant laquelle on peut être dérouté, chaque relecture permet de faire un nouvel écho à l’œuvre en lui donnant de nouvelles perspectives. La magie n’opère pas que dans les planches mais aussi dans les esprits des lecteurs attentifs…

08/04/2009 (modifier)
Couverture de la série Silence
Silence

L’album est en carton habituel des anciennes éditions Casterman, c’est fragile et il faut en prendre soin pour que le tout reste en bon état. C’était l’époque où le nombre de planches pouvait être grand et où on ne coupait pas les albums pour faire plus de tomes… Côté dessin, il s’agit de l’habituel trait de Comès. Pas de surprise pour qui connait l’auteur, pour ceux qui ne le connaitraient pas, il s’agit de noir et blanc. Du pur noir et blanc comme Pratt. Le dessin est très beau pour les décors avec des rendus incroyables étant donné la technique, côté personnage, généralement de prime abord ils sont dérangeant. Cet album ne déroge pas à la règle : les visages sont croqués de façon étrange, souvent légèrement surprortionnés, avec des traits absolument non conventionnels on se croirait parfois au musée des masques. Côté scénario, Silence parle d’un simple à la campagne. Raillé par le village, Comès nous immerge une fois de plus dans les anciennes croyances, la sorcellerie dans un cadre champêtre. Silence n’est pas simplet, il est innocent et va voir autour de lui cette société des hommes dans toute sa violence, sa haine d’autrui, sa peur du différent. La méchanceté sociale (qu’elle soit à son encontre ou pas) va s’étaler devant ses yeux innocents et il essayera de comprendre. Silence vit avec la nature, il communie avec elle, il est curieux là ou la société montrera son ignorance violente, il est heureux quand autrui chercherait à avoir toujours plus. Autour de lui monde magique spirituel et monde réel vont se croiser, devant la bêtise crasse de l’un, les appels pour la seconde seront de plus en plus doux. Le tout se termine en drame, drame de l’incompréhension et de la haine qui voit l’humain agir dans toute son horreur. Manifeste pour la tolérance, la différence, l’acceptation de l’autre, cet album et La Belette sont les chefs d’œuvre de Comès. Le dessin sert idéalement cet univers réel-fantastique et ces personnages tout en finesse. Au fur et à mesure du récit les personnages se trouvent de plus en plus complexes et nous surprennent toujours. Les périodes de tensions et de calme relatif sont parfaitement gérés par l’écrivain qui signe l’une des œuvres les plus abouties. A lire et posséder pour avoir la joie de relire, de prendre le temps de sentir les sensations qui se dégagent de la nature, de sentir l’horreur de la violence qui suinte des humains, de partager la sensibilité extrême de se simple muet qui dans son sacrifice révèle le noir statut humain. Une version couleur (en deux tomes !) est sortie ensuite, sans que les couleurs soient laides, je la trouve moins agréable et moins traductrice de la violence sous-jacente à ce monde rural. Les contrastes sont plus marqués et plus sincères dans la version originale (comme souvent). La couleur adoucit des propos violents, dommage car ce n’est pas le propos, ce scénario est dur et violent.

08/04/2009 (modifier)
Couverture de la série Idées Noires
Idées Noires

Les idées noires forment le côté sérieux de Franquin, enfin sérieux au sens de Franquin, c'est-à-dire qu’on sent qu’il traite tous les sujets qui lui tiennent à cœur avec humour. Enfin un humour noir, car tout est incroyable noir et cynique ; ce sont les incohérences de la société qui sont ici méchamment croquées. Les cibles favorites sont les chasseurs, la condamnation à mort et les militaires, mais bien d’autres situations plus cocasses et moins épidermiques viennent agrémenter cet album culte. Car il faut bien l’avouer cet album est pour moi une référence absolue. Chaque planche représente une situation et sur la totalité des planches il doit y en avoir 90% qui me font mourir de rire 5% sur lesquels bof et 5 % qui ne me font pas rire du tout pour lesquelles au contraire je trouve le truc trop malsain. Car oui : on ne peut pas rester de glace face à ces histories courtes qui sont généralement tragiques, soit on adore, soit on trouve çà nul. De tête comment oublier cette espèce de hérisson mutant que l’on ne peut plus écraser sur les routes, cet industriel ayant inventé des boulons en papier pour la rentabilité, ce père de famille amateur de bonzaï, cet incident d’édredons sur une plage mazoutée, ce gus voulant sortir du cadre de la BD, ces variations sur la peine de mort et l’armement… en fait chaque scénario est une pépite noire qui vous explose à la figure. Evidemment ça peut mettre mal à l’aise, ça peut remettre en cause ce qu’on aimerait bien oublier, mais c’est justement ce que j’attend d’une bande dessinée, nous faire voir ce que l’on a pas forcément envie de voir de façon juste et pertinente. Pour moi cette œuvre fait partie du panthéon de la BD, tout simplement.

08/04/2009 (modifier)
Couverture de la série Gaston Lagaffe
Gaston Lagaffe

Est-il encore nécessaire de le présenter ? L’imagination débordante de Franquin trouve ici un côté humour décapant qui fonctionne malgré les années, malgré les 19 tomes, malgré les gaffes... Le dessin est connu de tous, tout comme les personnages. Comment peut-on passer à côté de cette série ? Nous sommes ici dans le burlesque absurde poétique. Oui poétique car touchant, Franquin va créer (là je ne sais pas s’il le crée vraiment ou s’il y en avait avant) le mythe de l'anti-héros. Celui par qui tout arrive malgré lui, celui qui n’aurait pas dû... L’univers sera toujours renouvelé malgré le côté récurrent des gags comme les contrats. Peuplé de cactus, d’instruments de musique, de mouettes, de chat, d’une voiture et de tant de choses si dérisoires inventées au gré des épisodes, Gaston est la personnification du gag. Champion de la sieste et du « en faire le moins possible » ce personnage est entré dans notre quotidien comme je pense aucun autre personnage BD (si, peut-être Astérix) A acheter pour rire entre générations

08/04/2009 (modifier)
Couverture de la série Le Combat ordinaire
Le Combat ordinaire

Cette série en 4 tomes est dessinée et scénarisée par Larcenet, forcément ça implique déjà plein de choses : le dessin ne fera pas de somptueuses planches ! Côté dessin justement, les personnages sont sommaires, mais les décors assez précis. Autant il y a souvent du trait noir peu joli sur les humains autant les ambiances et paysages sont joliment croqués. Côté scénario puisque c’est ça qui est vraiment intéressant dans cette série, il est important de lire l’œuvre dans son ensemble. Par exemple si l’on s’arrête au tome 2, on aura clairement l’impression de lire un manifeste du bobo de gauche inculquant ses valeurs idéales du politiquement correct. Oui, mais ça ne s’arrête pas là justement et les tomes suivants vont permettre de relativiser le discours. Et du coup la soupe indigeste idéologique devient le récit d’un changement de perception des choses : une école de la vie... Evidemment chacun lira cette série avec son propre ressenti, nul doute que nous-mêmes aurons des lectures différentes suivant notre propre évolution. Cet album est simplement le récit d’un bout de vie et de toutes ces petites choses infimes qui petit à petit vous font évoluer, grandir et regarder le monde différemment. C’est insignifiant une vie, l’album nous le montre bien et ça ne tient à pas grand-chose pour osciller entre bonheur et désespoir. Le dessin qui pose problème au début en raison de personnages imparfaits va finalement dans le sens du scénario qui dresse des portraits d’homme non aboutis que la vie se charge de modeler au fur et à mesure de son cours. Les dessins au 4ème tome sont d’ailleurs beaucoup plus agréables qu’au premier (hasard ou vraie volonté). Donc non, la série ne se résume pas à : le racisme c’est pas bien, le regard des autres c’est oppressant, la vie à la campagne c’est zen, le capitalisme c’est moche, les pétards c’est cool... ça c’est la vision premier degré des deux premiers tomes. La suite va révéler au contraire le côté artificiel de telles positions et la complexité réelle de tout homme devant son idéal. A lire et relire, vous trouverez toujours de nouveaux thèmes faisant écho à vos propres questionnements.

08/04/2009 (modifier)
Par scuineld
Note: 5/5
Couverture de la série La Vie de Bouddha
La Vie de Bouddha

Environ 3000 pages de plaisir. Voilà ce qu'est ce manga. Tout d'abord, au niveau de la narration: Tout est clair, pas moyen de s'embrouiller, malgré les noms qui sont imprononçables... Bien sûr, parfois, on se demande qui est ce personnage qui intervient: on sait qu'il est apparu deux tomes avant, mais que fait-il encore? Mais c'est inévitable sur autant de pages. Et puis, la mémoire revient assez vite et ne compromet pas le plaisir de lecture. De plus, Tesuka s'amuse avec les cases et leurs limites: c'est ainsi qu'un personnage surpris va sursauter et se cogner la tête contre la case du haut... Ou encore qu'un personnage bousculé peut passer à travers une ou plusieurs cases... Autant de petites choses qui rendent la lecture amusante. Ensuite, au niveau du dessin : Ils sont amusants, tout en rondeur. Les personnages ont souvent des expressions hilarantes. Ou bien sont dessinés avec une tête de cochon, avec des lunettes, ... Parfois même, certains personnages sont complètement hors époque (certains médecins, black Jack,...) Mention spéciale aussi pour toutes les touches d'humour qui parsèment la série. Du style: - Il est bien pâle? C'est normal pour un manga sans couleur - He, attention, on est dans la vie réelle, pas dans un manga... ... Tout cet humour vient "enrichir" les albums, rendant la lecture encore plus intéressante. En fait, on suit la vie de Bouddha et son enseignement (ou une partie de celui-là), mais, pour moi, cela devenait secondaire à certains moments, tant je prenais plaisir à me laisser porter par la narration et le dessin... A lire absolument !

07/04/2009 (modifier)
Par mimix
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Akira
Akira

Akira... comment décrire Akira... En fait, prenez une histoire un poil futuriste style néo-Tokyo sans virer trop dans la science fiction, ajoutez y un coté sombre, pollué, avec la dimension destroy d'un Mad Max mais en urbain ... le tout sur fond d'expériences génétiques sur des cobayes qui deviennent incontrôlables et surpuissants, tellement puissants qu'ils se mettent en danger eux-mêmes ! Voilà, grosso-modo c'est ça Akira. Bon je fais dans le court car inutile de parler plus sur un manga que tout le monde connais et qui a gravé l'histoire du genre au fer rouge ! D’ailleurs si vous lisez ces lignes, c'est que vous n'avez sans doute pas encore lu l'oeuvre d'Otomo ! Franchement c'est pas sérieux ! Courrez vite vous lancer dans cette aventure ! Elle ne laisse personne de marbre ! NB : j'ai lu l'édition couleur qui est géniale, en noir et blanc ça donne aussi très bien, mais préférez la version couleur si vous le pouvez ! C’est tellement rare un manga en couleur et qui plus est qui y gagne au change ! Et aussi, pas la peine de regarder le DVD pour voir si le manga mérite d'être lu, le DVD est vraiment trop rapide, fait l'impasse sur énormément de choses et perds beaucoup d'intérêt !!!

04/04/2009 (modifier)
Par mimix
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Quartier lointain
Quartier lointain

Un scénario vraiment original, qui a une profonde dimension humaine, et qui a la fin nous ferais presque verser la ptite larme. Vraiment ce manga est cultissime ! Acheté en édition brochée regroupant les deux volumes, 400 pages de lecture où on ne décroche pas, où on se plait à découvrir comment le héros gère sa jeunesse retrouvée, sa vision adulte de la vie d'un enfant, voir surtout de sa propre enfance et des problèmes de famille qu'il n'avait pas conscience à cet âge... Je lis beaucoup de mangas différents, de l'action, des thrillers, du fantastique, et celui là je l'ai acheté pour découvrir un manga à part que tout le monde aime apparemment. Et maintenant j'ai enfin mon avis : Si vous ne l'avez pas, il vous le faut ! C'est un indispensable à toute biblio de manga un tant soit peu ouverte sur les genres !!!

04/04/2009 (modifier)
Par Jetjet
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Pinocchio (Winshluss)
Pinocchio (Winshluss)

Etonnant ouvrage que ce Pinocchio rassemblant toutes les réactions les plus vives et les plus controversées ! Il n'y a pas grand chose à rajouter aux précédents et excellents autres avis (qu'ils soient positifs ou pas) car cette oeuvre rassemble et diverge mais quelle prouesse que d'avoir su raconter une histoire revisitée avec autant de brio et sans aucune parole ! Beaucoup n'aimeront pas le coté trash de Pinocchio ainsi que son caractère passif mais le découpage en multiples récits est épatant, le soin apporté aux couleurs ainsi qu'aux différents styles est réjouissant (pour peu on se croirait dans un Mutafukaz revu par un Disney sous acides) et les références sont nombreuses, du Géant de Fer, chef d'oeuvre d'animation pour l'utilisation du robot en tant qu'arme de destruction massive ou même des films muets de Charlie Chaplin avec panoplie de personnages désuets, cruels ou tout simplement attachants. Le tour de force est d'avoir su enrober le tout d'un humour à base de slapsticks, qui a su emprunter l'univers scato de Vuillemin pour nous en balancer une oeuvre pétrie de poésie absurde ! Très fort ! la page n° 129 résume à elle seule tout le bien condensé en quelques dessins de ce que j'estime de cet OVNI...

04/04/2009 (modifier)
Par Ems
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Inès
Inès

Que dire sur cette BD ? Son thème traditionnellement tabou s'affiche de plus en plus dans les médias. Mais il reste souvent abstrait. La force de cette BD est de démontrer les mécanismes de la violence conjugale tant physiques que psychologiques. La narration est fluide et la lecture est relativement rapide. Mais l'objectif est atteint : passer un message fort. Apporter des images sur ces mots sans tomber dans le voyeurisme ou le sensationnel. Je suis surpris par la force du contenu alors que le dessin reste léger. Je ne trouve pas de défaut à ce one shot. La note maximum me parait justifiée. Un coup de coeur pour la sensibilité et le travail merveilleux des auteurs.

01/04/2009 (modifier)