Ouvrage intéressant et témoignage rare que cette BD. Je n'adhère absolument pas au message sectaire diffusé en fond mais il permet de se rendre compte de la folie douce de ses affidés. Mention spéciale au passage qui crucifie l éducation en la faisant passer pour un complot castrateur pour bloquer la psychologie et le développement des jeunes, autant le reste de la BD est gentiment naïf, new age, nanar vieillissant mal autant certains passages comme celui si sont carrément limites...
Cela reste un voyage intéressant dans les méandres psychotiques d'une secte, à condition d'en revenir entier... et sain d'esprit.
Je le classe comme culte pour la rareté de la fenêtre qu'elle ouvre.
Mon dieu que j'adore ces albums ! Pour moi le 5/5 est amplement mérité. Margerin manie l'humour à merveille, que cela soit dans le visuel ou les dialogues. C'est exquis.
Son style de dessin, est compréhensible, fourmille de détails (enfin surtout quant il s'agit de gags d'arrière plans) et possède un petit coté chaleureux (même si il viendra plus avec le temps) rendant la lecture agréable.
Quand on allie ça à des gags vraiment bons cela donne des sketchs cultes.
Lucien est un (anti) héro vraiment attachant. En effet on s'identifie à lui, certaines des histoires nous font ressentir de la compassion pour lui. Et les personnages secondaires sont vraiment drôles et variés.
Les mini histoires où Lucien et sa bande n'apparaissent pas sont tout aussi plaisantes et elles permettent une diversité et d'éviter une redondance des personnages.
Ces quelques longs scénarios sont vraiment bons. Y'a très peu de temps morts (sauf peut être pour "toujours la banane"), les situations sont vraiment intéressantes à suivre et c'est très drôle.
L'idée de faire vieillir son personnage est une bonne idée, cela amène son lot de bonnes idées, et en plus la qualité n'as pas baissé (peut être pour "Tel père, tel fils") ce qui est gage de qualité.
Tout ça pour dire que pour moi Lucien est un personnage incontournable de la BD franco-belge au même titre que Gaston Lagaffe, et que pour passer un bon moment, décompressez ou je ne sais quoi d'autre pour se sentir bien lire un album Lucien est une bonne idée.
Je recommande fortement.
Ouarfff ! Voilà un album qu’il est poilant !
La majeure partie de l’album est muette, et décrit par le menu les (més)aventures d’une sorte de petit singe, qui tente de survivre dans un monde préhistorique.
Son principal prédateur et adversaire est un tigre à dents de sabre malmené par les événements. Au passage, cela me rappelle le léopard qui tente désespérément de becqueter un Marsupilami et qui échoue lamentablement à chaque fois. Cette traque ratée est source de nombreux gags.
Cette partie muette se lit vite et bien, est vraiment réussie, drôle, le dessin de Winshluss, dans un Noir et Blanc un peu brouillon, étant parfait pour coller à l’intrigue.
Un long épilogue avec dialogues, situé au XIXème siècle, me paraissait incongru au début, mais finalement, il amène de manière judicieuse la chute, elle aussi très amusante et « édifiante ».
Quelques années avant son chef d’œuvre, « Pinocchio », Winshluss avait déjà réalisé un chouette album, peut-être un peu moins ambitieux, mais absolument à redécouvrir !
Une énième relecture me fait ajouter une étoile à ce petit bijou !
Carl Barks... j'ai ignoré ce nom presque toute ma vie. Je savais seulement que quelqu'un devrait être le génie créateur de ces histoires et aventures si différentes! L'humour, la folie, les sentiments et émotions (compétition et haine, passion, obsessions, vraie amitié et héroisme aussi...), l'action, le mouvement et l'expression des dessins! Les personnages, bons et mauvais (tant de vilains géniaux!). Vous avez en français l'opportunité de lire ou d'avoir toute son oeuvre, ou presque...environ 6000 pages entre 1942(?) et 1968(?)...je crois.
La morale de toute cette histoire: l'histoire n'a pas de morale!
Excellent.
J'ai découvert cette BD sur un salon à bordeaux sur le site de l'éditeur avec la présence bienvenue de l'auteur. Scénariste, dessinateur et coloriste, il signe ici sa toute première œuvre.
Et c'est une réussite sur tous les plans.
Scénario dense et bien amené, comportant une bonne distillation des informations par des article de journaux pour une immersion parfaite et une montée crescendo de la tension. Les personnages et les lieux fourmillent de détails ce qui les rend d'autant plus crédibles.
Dessins tantôt réalistes dans les situation de calme, tantôt flous et déformés dans l'action. L'expression des visages est pour moi le point fort de l’œuvre.
Enfin les couleurs. Elles suivent le dessin quelles soient fines ou débordantes telles des coup de pinceaux.
Un ouvrage totale et cohérente à recommander absolument pour tous les amateur d'ésotérisme et de suspens.
A ne pas mettre entre les mains des plus jeunes cependant.
Je n'ai lu que 3 tomes des cités obscures (+ le guide des cités). Mais j'éprouve vraiment une passion et une vraie attirance pour ce monde labyrinthique, froid et éthéré comme un univers parallèle. De plus la lecture de l’excellent guide des cités m'a fait connaitre, de loin, la géographie et l'historique (imaginaire) des autres régions de cet univers (et donc des autres bds), avec également ces passages entre ce monde et le nôtre (ça j'ai adoré). Je me sens donc un peu comme un touriste qui n'a pas encore tout visité:
(Je mets les albums dans l'ordre où je les ai lus):
- L'enfant penchée : **** . J'ai adoré. Extrêmement poétique, froid et mélancolique. De plus l'incrustation du roman photo est incroyablement bien gérée. C'était risqué comme idée mais ça marche. Les photos sont superbes et ce bâtiment vide au milieu des hauts plateaux de l'Aubrac est vraiment envoutant. Ce peintre qui repeint à sa manière toutes les salles puis qui disparait dans l'angle du mur et qui passe de l'autre côté ... sublime ! Dailleurs je crois reconnaitre la même bâtisse dans laquelle a été tourné la fin du film " C'est arrivé près de chez vous ".
- Les murailles de Samaris - **** . Un des 1ers albums et c'est toujours aussi bon et magique. Toujours cette même ambiance vide et désolée d'architectures monumentales perdues en plein désert. Avec ces humains ressemblant plus à des fantômes errants qu'à des personnages de chair et de sang (même les héros). C'est peut-être rebutant pour certains mais moi c'est justement cette ambiance froide et inhumaine qui m'envoute. On est perdu et un peu désorienté, comme dans un rêve. L'histoire est vraiment passionnante et me fait un peu penser au film " Dark city ". Je n'en dis pas plus pour ceux qui ne l'ont pas lu.
La tour - **** pour l'univers de cette espèce de tour de Babel sans fin. L'histoire perd un peu en intensité et en mystère au fur et à mesure mais c'est un monde vraiment énigmatique et encore une fois envoutant. J'use un peu toujours des mêmes adjectifs mais je manque un peu de vocabulaire désolé. Des couloirs sans fin, des précipices vertigineux, des zones abandonnées et oubliées, d'autres habitées et foisonnantes de vie (enfin foisonnantes n'exagérons rien nous sommes dans les cités obscures).
Par contre les personnages sont à chaque fois assez vides et froids. Ce n'est pas le point fort de cette série. Non le personnage principal c'est vraiment ce monde et ses diverses régions. Les personnages sont comme écrasés et effacés derrière l’immensité de ces architectures. Même les histoires d'amour (pourtant présentes dans chaque tome que j'ai lu) sont assez fades comme vidées de leurs substances. Ce n'est ni sensuel ni sexuel. C'est froid. Comme si des fantômes essayaient de se réchauffer dans ce monde glacé balayé par le vent.
Après lecture du 2ème tome " La fièvre d'Urbicande " je fais remonter cet avis que je fais passer de 4 à 5. Car chaque tome que je lis ne me déçoit jamais. Il ajoute à chaque fois un peu plus de profondeur à ce monde unique en son genre.
J'ai donc adoré cet album. Peut être un peu plus froid et austère que les autres ( Samaris, la tour , l'enfant penché... ). Le dessin est très rigide tout en lignes droites dans les architectures. Mais cette histoire de forme géométrique qui grandit et fait "plier" en quelque sorte toute une population, qui n'a pas d'autre choix que de s'adapter à cette nouvelle architecture "virale" en constante évolution... Et bien ... c'est fort original ^^.
On ne saura pas vraiment le pourquoi du comment mais là réside tout le mystère des cités obscures. Amis cartésiens au revoir ... ( alors que tout ça est dessiné dans un esprit d'architecte assez austère, tout le paradoxe). La magie froide des cités obscures (n'est pas obscure pour rien ...).
C'est pourquoi je fais passer ma note de 4 à 5.
Cette œuvre est magnifique et envoûtante.
Tout d’abord l’ambiance est prenante on s’attache à Silence qui est à l’opposé des protagonistes habituels d’une bande dessinée. En effet il est muet et pas malin, l'idée originale pour nous faire comprendre ça est de faire des fautes d'orthographes quand on lit les pensées de Silence. Il se fait manipuler par les autres personnages qui abusent de sa gentillesse. Malgré tout il dégage un charisme et une forte présence.
On plonge totalement dans la vie de Beausonge, village de campagne à l’atmosphère poétique et inquiétante à la fois. On ne décroche pas jusqu’ à la dernière page. On suit Silence dans sa vie quotidienne qui va finir par lui révéler son mystérieux passé ce qui aura pour conséquence de changer sa vie.
Le dessin en noir et blanc est superbe et tous les personnages ont des «tronches». Abel Mauvy est angoissant avec son regard sadique. La sorcière est mystérieuse et sensuelle à la fois. Blanche-Neige est un nain à l'air malicieux. C’est quand même drôle d’avoir appelé un nain Blanche-neige.
Pour conclure je conseille vraiment cette bande dessinée qui n’a rien a voir avec les bandes dessinées classiques.
Avant de lire cette série, je me suis dit "encore une histoire de suceurs de sang avec tout l'attirail crucifix, gousses d'ail et eau bénite vu dans quantité de films sur Dracula", et puis, je vois le nom d'Yves Swolfs, dont je suis admiratif, et je me décide à tenter l'aventure. J'avais déjà apprécié son travail sur la série western Durango et sur Dampierre. Finalement, je suis loin d'avoir été déçu, car j'étais tellement captivé que j'ai lu les 6 albums à la suite en une journée. Swolfs livre ici avec un talent indéniable une habile chasse au vampire à travers 7 siècles, en utilisant les vieilles recettes de ce type de récit (châteaux lugubres, cryptes effrayantes, chauve-souris, pieu planté dans le coeur...). On se balade à travers les époques, en parallèle avec le destin de Vincent Rougemont dans le Paris de 1933, jeune journaliste dont la famille est frappée de malédiction par cet être fascinant qu'est Kergan.
Au travers de dessins superbes de vieux châteaux, Swolfs de son trait séduisant et puissant, restitue toute l'imagerie et le folklore des sagas vampiriques en prenant soin de cerner avec jubilation son anti-héros à l'appétit féroce, incarnation de toutes nos pulsions négatives, et en insufflant une ambiance à vous glacer le sang digne des vieux films gothiques anglais de la Hammer; le style de la série est très inspiré de ces films, de même que la progression du récit est remarquable, renforcée par quelques scènes-choc. L'érotisme ayant toujours été associé au vampirisme, Swolfs utilise cette donnée de belle façon, la morsure est vraiment un acte sexuel, comme le démontre la scène de morsure entre les cuisses d'une des victimes de Kergan.
Cette publication de Glénat est sans conteste devenue une oeuvre majeure de la BD, un véritable must de la BD fantastique, dont tous les albums sont de qualité égale, elle est donc indispensable dans toute bonne BDthèque qui se respecte.
ADDITIF SUR LA REPRISE : TOME 7
Je ne pensais pas que Swolfs reviendrait sur cette série que j'ai décrite comme un incontournable de la BD. Je pensais qu'il avait tout dit et que les 2 précédents cycles étaient tellement intenses que le tout se suffisait à lui-même. Il est vrai que la dernière planche du tome 6 marquait la fin de cette série et la fin du maléfique Kergan, mais Swolfs s'arrangeait pour laisser une fin ouverte, il choisit donc d'y revenir 14 ans après en abordant les origines de Kergan, depuis des temps reculés, puisque la période est celle de l'Antiquité, sous le règne de l'empereur romain Trajan, dans le royaume des Daces. Une bonne idée, ce peuple des bords du Danube (Roumanie actuelle) n'ayant jamais été vu en BD ; la Dacie fut d'ailleurs la grande conquête de Trajan, elle devint province romaine.
La progression est remarquable encore une fois, le dessin de Swolfs s'est considérablement épaissi, son trait est d'une vigueur et d'une puissance impressionnantes, j'adore ce style.. Mais combien de tomes encore ? est-ce le début d'un nouveau cycle qui va nous mener loin ? je ne souhaite pas que Swolfs épuise trop le sujet en l'affadissant, ce serait vraiment dommage ; pour l'instant cette reprise est d'un excellent niveau, on sait comment Kergan est devenu vampire, mais attention à ne pas tirer trop sur la corde..
Quand on est parent et qu’on attend la venue d’un bébé, il y a toujours cette angoisse qui peut vous prendre : et s’il y avait un problème ? Bien entendu, dans la plupart des cas, on essayera de minimiser, de dire que vous sombrez dans la paranoïa, qu’il n’y a aucune raison de s’en faire et comme ce père, vous pouvez alors décrocher le gros lot. Ce sont des situations qui arrivent malheureusement même si aucun problème pour votre premier enfant.
Avec tous les moyens médicaux à notre disposition, on ne peut pas tout déceler. On peut également avoir à faire à des médecins spécialistes incompétents c’est-à-dire qu’ils sont baignés dans une certaine routine qu’ils n’arrivent pas à déceler ce qui cloche. Une fois le bébé arrivé au monde, il est trop tard et ce sont de longues années de souffrance pour les familles concernées. Après, il faudra surmonter l’épreuve avec l’amour.
Il y a également le regard des autres qui est franchement insupportable avec leurs réflexions à la limite cruelles ou malveillantes. Bref, l’histoire de ce père est plus que touchante. Il décrit sans aucun artifice ni mensonge les différents sentiments qui peuvent surgir d’une telle situation. La fin est résolument optimiste alors que le sujet était très lourd. Cela ne se passe pas toujours comme cela.
C’est une bd témoignage fort utile et moderne quant à la diffculté d'être parent d'un enfant différent c'est à dire souffrant d'un handicap. Sur la forme, la sobriété sera de mise notamment avec les couleurs. Sur le fond, je me suis senti si proche de Fabien…
Cet ouvrage est à réserver à ceux qui aiment quand ça pique et quand ça tâche.
Les personnages ont tous des sales tronches, on se croirait à une foire aux monstres. Mais c'est voulu, et une fois la surprise passée, j'ai complètement accroché. Je comprend cependant ceux qui n'aiment pas.
C'est super violent. Savant mélange de pulp, de fantastique et d'horreur, on est plus dans le western chinois que dans le western spaghetti. Ca canarde dans tous les sens, et le fantastique explose. D'ailleurs, le fantastique est très orienté Série Z, et bien que le dernier tiers réserve quelques surprises, on est pas là pour les subtilités. ;)
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Voyage Intemporel
Ouvrage intéressant et témoignage rare que cette BD. Je n'adhère absolument pas au message sectaire diffusé en fond mais il permet de se rendre compte de la folie douce de ses affidés. Mention spéciale au passage qui crucifie l éducation en la faisant passer pour un complot castrateur pour bloquer la psychologie et le développement des jeunes, autant le reste de la BD est gentiment naïf, new age, nanar vieillissant mal autant certains passages comme celui si sont carrément limites... Cela reste un voyage intéressant dans les méandres psychotiques d'une secte, à condition d'en revenir entier... et sain d'esprit. Je le classe comme culte pour la rareté de la fenêtre qu'elle ouvre.
Lucien
Mon dieu que j'adore ces albums ! Pour moi le 5/5 est amplement mérité. Margerin manie l'humour à merveille, que cela soit dans le visuel ou les dialogues. C'est exquis. Son style de dessin, est compréhensible, fourmille de détails (enfin surtout quant il s'agit de gags d'arrière plans) et possède un petit coté chaleureux (même si il viendra plus avec le temps) rendant la lecture agréable. Quand on allie ça à des gags vraiment bons cela donne des sketchs cultes. Lucien est un (anti) héro vraiment attachant. En effet on s'identifie à lui, certaines des histoires nous font ressentir de la compassion pour lui. Et les personnages secondaires sont vraiment drôles et variés. Les mini histoires où Lucien et sa bande n'apparaissent pas sont tout aussi plaisantes et elles permettent une diversité et d'éviter une redondance des personnages. Ces quelques longs scénarios sont vraiment bons. Y'a très peu de temps morts (sauf peut être pour "toujours la banane"), les situations sont vraiment intéressantes à suivre et c'est très drôle. L'idée de faire vieillir son personnage est une bonne idée, cela amène son lot de bonnes idées, et en plus la qualité n'as pas baissé (peut être pour "Tel père, tel fils") ce qui est gage de qualité. Tout ça pour dire que pour moi Lucien est un personnage incontournable de la BD franco-belge au même titre que Gaston Lagaffe, et que pour passer un bon moment, décompressez ou je ne sais quoi d'autre pour se sentir bien lire un album Lucien est une bonne idée. Je recommande fortement.
Smart monkey
Ouarfff ! Voilà un album qu’il est poilant ! La majeure partie de l’album est muette, et décrit par le menu les (més)aventures d’une sorte de petit singe, qui tente de survivre dans un monde préhistorique. Son principal prédateur et adversaire est un tigre à dents de sabre malmené par les événements. Au passage, cela me rappelle le léopard qui tente désespérément de becqueter un Marsupilami et qui échoue lamentablement à chaque fois. Cette traque ratée est source de nombreux gags. Cette partie muette se lit vite et bien, est vraiment réussie, drôle, le dessin de Winshluss, dans un Noir et Blanc un peu brouillon, étant parfait pour coller à l’intrigue. Un long épilogue avec dialogues, situé au XIXème siècle, me paraissait incongru au début, mais finalement, il amène de manière judicieuse la chute, elle aussi très amusante et « édifiante ». Quelques années avant son chef d’œuvre, « Pinocchio », Winshluss avait déjà réalisé un chouette album, peut-être un peu moins ambitieux, mais absolument à redécouvrir ! Une énième relecture me fait ajouter une étoile à ce petit bijou !
La Dynastie Donald Duck
Carl Barks... j'ai ignoré ce nom presque toute ma vie. Je savais seulement que quelqu'un devrait être le génie créateur de ces histoires et aventures si différentes! L'humour, la folie, les sentiments et émotions (compétition et haine, passion, obsessions, vraie amitié et héroisme aussi...), l'action, le mouvement et l'expression des dessins! Les personnages, bons et mauvais (tant de vilains géniaux!). Vous avez en français l'opportunité de lire ou d'avoir toute son oeuvre, ou presque...environ 6000 pages entre 1942(?) et 1968(?)...je crois. La morale de toute cette histoire: l'histoire n'a pas de morale!
Emprise
Excellent. J'ai découvert cette BD sur un salon à bordeaux sur le site de l'éditeur avec la présence bienvenue de l'auteur. Scénariste, dessinateur et coloriste, il signe ici sa toute première œuvre. Et c'est une réussite sur tous les plans. Scénario dense et bien amené, comportant une bonne distillation des informations par des article de journaux pour une immersion parfaite et une montée crescendo de la tension. Les personnages et les lieux fourmillent de détails ce qui les rend d'autant plus crédibles. Dessins tantôt réalistes dans les situation de calme, tantôt flous et déformés dans l'action. L'expression des visages est pour moi le point fort de l’œuvre. Enfin les couleurs. Elles suivent le dessin quelles soient fines ou débordantes telles des coup de pinceaux. Un ouvrage totale et cohérente à recommander absolument pour tous les amateur d'ésotérisme et de suspens. A ne pas mettre entre les mains des plus jeunes cependant.
Les Cités obscures
Je n'ai lu que 3 tomes des cités obscures (+ le guide des cités). Mais j'éprouve vraiment une passion et une vraie attirance pour ce monde labyrinthique, froid et éthéré comme un univers parallèle. De plus la lecture de l’excellent guide des cités m'a fait connaitre, de loin, la géographie et l'historique (imaginaire) des autres régions de cet univers (et donc des autres bds), avec également ces passages entre ce monde et le nôtre (ça j'ai adoré). Je me sens donc un peu comme un touriste qui n'a pas encore tout visité: (Je mets les albums dans l'ordre où je les ai lus): - L'enfant penchée : **** . J'ai adoré. Extrêmement poétique, froid et mélancolique. De plus l'incrustation du roman photo est incroyablement bien gérée. C'était risqué comme idée mais ça marche. Les photos sont superbes et ce bâtiment vide au milieu des hauts plateaux de l'Aubrac est vraiment envoutant. Ce peintre qui repeint à sa manière toutes les salles puis qui disparait dans l'angle du mur et qui passe de l'autre côté ... sublime ! Dailleurs je crois reconnaitre la même bâtisse dans laquelle a été tourné la fin du film " C'est arrivé près de chez vous ". - Les murailles de Samaris - **** . Un des 1ers albums et c'est toujours aussi bon et magique. Toujours cette même ambiance vide et désolée d'architectures monumentales perdues en plein désert. Avec ces humains ressemblant plus à des fantômes errants qu'à des personnages de chair et de sang (même les héros). C'est peut-être rebutant pour certains mais moi c'est justement cette ambiance froide et inhumaine qui m'envoute. On est perdu et un peu désorienté, comme dans un rêve. L'histoire est vraiment passionnante et me fait un peu penser au film " Dark city ". Je n'en dis pas plus pour ceux qui ne l'ont pas lu. La tour - **** pour l'univers de cette espèce de tour de Babel sans fin. L'histoire perd un peu en intensité et en mystère au fur et à mesure mais c'est un monde vraiment énigmatique et encore une fois envoutant. J'use un peu toujours des mêmes adjectifs mais je manque un peu de vocabulaire désolé. Des couloirs sans fin, des précipices vertigineux, des zones abandonnées et oubliées, d'autres habitées et foisonnantes de vie (enfin foisonnantes n'exagérons rien nous sommes dans les cités obscures). Par contre les personnages sont à chaque fois assez vides et froids. Ce n'est pas le point fort de cette série. Non le personnage principal c'est vraiment ce monde et ses diverses régions. Les personnages sont comme écrasés et effacés derrière l’immensité de ces architectures. Même les histoires d'amour (pourtant présentes dans chaque tome que j'ai lu) sont assez fades comme vidées de leurs substances. Ce n'est ni sensuel ni sexuel. C'est froid. Comme si des fantômes essayaient de se réchauffer dans ce monde glacé balayé par le vent. Après lecture du 2ème tome " La fièvre d'Urbicande " je fais remonter cet avis que je fais passer de 4 à 5. Car chaque tome que je lis ne me déçoit jamais. Il ajoute à chaque fois un peu plus de profondeur à ce monde unique en son genre. J'ai donc adoré cet album. Peut être un peu plus froid et austère que les autres ( Samaris, la tour , l'enfant penché... ). Le dessin est très rigide tout en lignes droites dans les architectures. Mais cette histoire de forme géométrique qui grandit et fait "plier" en quelque sorte toute une population, qui n'a pas d'autre choix que de s'adapter à cette nouvelle architecture "virale" en constante évolution... Et bien ... c'est fort original ^^. On ne saura pas vraiment le pourquoi du comment mais là réside tout le mystère des cités obscures. Amis cartésiens au revoir ... ( alors que tout ça est dessiné dans un esprit d'architecte assez austère, tout le paradoxe). La magie froide des cités obscures (n'est pas obscure pour rien ...). C'est pourquoi je fais passer ma note de 4 à 5.
Silence
Cette œuvre est magnifique et envoûtante. Tout d’abord l’ambiance est prenante on s’attache à Silence qui est à l’opposé des protagonistes habituels d’une bande dessinée. En effet il est muet et pas malin, l'idée originale pour nous faire comprendre ça est de faire des fautes d'orthographes quand on lit les pensées de Silence. Il se fait manipuler par les autres personnages qui abusent de sa gentillesse. Malgré tout il dégage un charisme et une forte présence. On plonge totalement dans la vie de Beausonge, village de campagne à l’atmosphère poétique et inquiétante à la fois. On ne décroche pas jusqu’ à la dernière page. On suit Silence dans sa vie quotidienne qui va finir par lui révéler son mystérieux passé ce qui aura pour conséquence de changer sa vie. Le dessin en noir et blanc est superbe et tous les personnages ont des «tronches». Abel Mauvy est angoissant avec son regard sadique. La sorcière est mystérieuse et sensuelle à la fois. Blanche-Neige est un nain à l'air malicieux. C’est quand même drôle d’avoir appelé un nain Blanche-neige. Pour conclure je conseille vraiment cette bande dessinée qui n’a rien a voir avec les bandes dessinées classiques.
Le Prince de la Nuit
Avant de lire cette série, je me suis dit "encore une histoire de suceurs de sang avec tout l'attirail crucifix, gousses d'ail et eau bénite vu dans quantité de films sur Dracula", et puis, je vois le nom d'Yves Swolfs, dont je suis admiratif, et je me décide à tenter l'aventure. J'avais déjà apprécié son travail sur la série western Durango et sur Dampierre. Finalement, je suis loin d'avoir été déçu, car j'étais tellement captivé que j'ai lu les 6 albums à la suite en une journée. Swolfs livre ici avec un talent indéniable une habile chasse au vampire à travers 7 siècles, en utilisant les vieilles recettes de ce type de récit (châteaux lugubres, cryptes effrayantes, chauve-souris, pieu planté dans le coeur...). On se balade à travers les époques, en parallèle avec le destin de Vincent Rougemont dans le Paris de 1933, jeune journaliste dont la famille est frappée de malédiction par cet être fascinant qu'est Kergan. Au travers de dessins superbes de vieux châteaux, Swolfs de son trait séduisant et puissant, restitue toute l'imagerie et le folklore des sagas vampiriques en prenant soin de cerner avec jubilation son anti-héros à l'appétit féroce, incarnation de toutes nos pulsions négatives, et en insufflant une ambiance à vous glacer le sang digne des vieux films gothiques anglais de la Hammer; le style de la série est très inspiré de ces films, de même que la progression du récit est remarquable, renforcée par quelques scènes-choc. L'érotisme ayant toujours été associé au vampirisme, Swolfs utilise cette donnée de belle façon, la morsure est vraiment un acte sexuel, comme le démontre la scène de morsure entre les cuisses d'une des victimes de Kergan. Cette publication de Glénat est sans conteste devenue une oeuvre majeure de la BD, un véritable must de la BD fantastique, dont tous les albums sont de qualité égale, elle est donc indispensable dans toute bonne BDthèque qui se respecte. ADDITIF SUR LA REPRISE : TOME 7 Je ne pensais pas que Swolfs reviendrait sur cette série que j'ai décrite comme un incontournable de la BD. Je pensais qu'il avait tout dit et que les 2 précédents cycles étaient tellement intenses que le tout se suffisait à lui-même. Il est vrai que la dernière planche du tome 6 marquait la fin de cette série et la fin du maléfique Kergan, mais Swolfs s'arrangeait pour laisser une fin ouverte, il choisit donc d'y revenir 14 ans après en abordant les origines de Kergan, depuis des temps reculés, puisque la période est celle de l'Antiquité, sous le règne de l'empereur romain Trajan, dans le royaume des Daces. Une bonne idée, ce peuple des bords du Danube (Roumanie actuelle) n'ayant jamais été vu en BD ; la Dacie fut d'ailleurs la grande conquête de Trajan, elle devint province romaine. La progression est remarquable encore une fois, le dessin de Swolfs s'est considérablement épaissi, son trait est d'une vigueur et d'une puissance impressionnantes, j'adore ce style.. Mais combien de tomes encore ? est-ce le début d'un nouveau cycle qui va nous mener loin ? je ne souhaite pas que Swolfs épuise trop le sujet en l'affadissant, ce serait vraiment dommage ; pour l'instant cette reprise est d'un excellent niveau, on sait comment Kergan est devenu vampire, mais attention à ne pas tirer trop sur la corde..
Ce n'est pas toi que j'attendais
Quand on est parent et qu’on attend la venue d’un bébé, il y a toujours cette angoisse qui peut vous prendre : et s’il y avait un problème ? Bien entendu, dans la plupart des cas, on essayera de minimiser, de dire que vous sombrez dans la paranoïa, qu’il n’y a aucune raison de s’en faire et comme ce père, vous pouvez alors décrocher le gros lot. Ce sont des situations qui arrivent malheureusement même si aucun problème pour votre premier enfant. Avec tous les moyens médicaux à notre disposition, on ne peut pas tout déceler. On peut également avoir à faire à des médecins spécialistes incompétents c’est-à-dire qu’ils sont baignés dans une certaine routine qu’ils n’arrivent pas à déceler ce qui cloche. Une fois le bébé arrivé au monde, il est trop tard et ce sont de longues années de souffrance pour les familles concernées. Après, il faudra surmonter l’épreuve avec l’amour. Il y a également le regard des autres qui est franchement insupportable avec leurs réflexions à la limite cruelles ou malveillantes. Bref, l’histoire de ce père est plus que touchante. Il décrit sans aucun artifice ni mensonge les différents sentiments qui peuvent surgir d’une telle situation. La fin est résolument optimiste alors que le sujet était très lourd. Cela ne se passe pas toujours comme cela. C’est une bd témoignage fort utile et moderne quant à la diffculté d'être parent d'un enfant différent c'est à dire souffrant d'un handicap. Sur la forme, la sobriété sera de mise notamment avec les couleurs. Sur le fond, je me suis senti si proche de Fabien…
Billy Wild
Cet ouvrage est à réserver à ceux qui aiment quand ça pique et quand ça tâche. Les personnages ont tous des sales tronches, on se croirait à une foire aux monstres. Mais c'est voulu, et une fois la surprise passée, j'ai complètement accroché. Je comprend cependant ceux qui n'aiment pas. C'est super violent. Savant mélange de pulp, de fantastique et d'horreur, on est plus dans le western chinois que dans le western spaghetti. Ca canarde dans tous les sens, et le fantastique explose. D'ailleurs, le fantastique est très orienté Série Z, et bien que le dernier tiers réserve quelques surprises, on est pas là pour les subtilités. ;) Bref, c'est direct, brutal et efficace. Superbe réalisation.