Les derniers avis (32322 avis)

Par karibou79
Note: 4/5
Couverture de la série Mother Sarah
Mother Sarah

Otomo au scénario et (le trop rare) Nagayasua au pinceau, ça ne pouvait qu'accoucher de quelque chose de puissant. Puissant comme la volonté de cette mère-courage qui brave (et en bave) tous les dangers de notre belle Terre ravagée par les guerres et leurs corrolaires. Un bel hommage à ce courage que chacun peut trouver au fond de soi s'il a une raison de continuer à vivre quelque soit le coût. J'ai bien aimé l'idée du tome 2 dans lequel les enfants créent un régime autoritaire rabaissant au rang de moins que rien les adultes responsables de la catastrophe ayant détruit cette planète, peut-être un avant-goût de ce que penseront dans 50 ans les descendants des boomers accros aux SUV suite au tragique changement climatique. Chaque tome peut se lire comme un one-shot et c'est bienvenu tant les prix à l'occasion sont prohibitifs (en d'autres termes je ne connais pas le fin mot de l'histoire). Et se relire pour apprécier les détails mécaniques ou de décor (Otomo devait traîner dans le dos des dessinateurs). Et se relire quelques années plus tard car c'est à la fois un beau récit et des aventures bien troussées.

16/06/2022 (modifier)
Par karibou79
Note: 4/5
Couverture de la série The Grocery
The Grocery

Le label 619 récidive avec une plongée dans les thug subburbs californiennes. Je n'ai pas accorché à Mutafukaz mais là je donne un coup de tampon "j'aime". Si le quotidien de ce quartier rongé par la violence et les gangs n'est pas folichon, ses protagonistes sont attachants (sauf les pervers psychopates ça et là) par leur amitié et leur naïveté (palme d'or au propriétaire de la fameuse grocery). Et en plus on apprend de façon ludique plein de choses sur le monde fantastique des dealers, taulards etc. façon fiche pratique du journal de Mickey. Le charadesign pourra rebuté, je l'accepte comme renforcement de l'originalité de cette sortie dont le petit prix de l'intégrale ne donnera aucune raison de ne pas l'acheter si vous l'appréciez.

16/06/2022 (modifier)
Par karibou79
Note: 4/5
Couverture de la série L'Anniversaire de Kim Jong-Il
L'Anniversaire de Kim Jong-Il

3.5 Triste de devoir noter ce genre d'album. La couverture fait sourir et c'est vrai que le début, tout en couleur, est comique tellement cette réalité est absurde. Puis petit à petit, les couleurs s'affadissent et se noircissent : on plonge dans l'horreur des camps qui déshumanisent tous ceux qui y entrent. Bien trouvé. Bonne idée également d'adopter le trait de Shigeru Mizuki pour plonger dans un univers asiatique tragi-comique.

16/06/2022 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série Pilote sacrifié - Chroniques d'un Kamikaze
Pilote sacrifié - Chroniques d'un Kamikaze

Voilà un manga historique original qui saura titiller les curieux en abordant le sujet des Tokkôhei (les kamikazes pour nous autres occidentaux) avec ce récit authentique de Sasaki Tomoji qui revint 9 fois vivant de ses missions... Issu d'une famille modeste, Sasaki Tomoji rêve depuis tout petit de devenir pilote d'avion. C'est avec envie qu'il les admire passer au dessus de la ferme familiale. Il va donc se donner les moyens d'y parvenir en persistant malgré les échecs qu'il subira pour intégrer les fameuses escadrilles nippones. C'est en passant par la bande qu'il y parviendra, intégrant l'armée de terre ; il y suivra des cours de pilotage où il se fera remarquer, ce qui lui permettra de devenir pilote d'attaque spéciale dans le 4e corps aérien : le haut commandement nippon vient d'inventer les attaques suicides... Ce qui est le plus intéressant dans cette nouvelle série c'est le point vue narratif placé au niveau des "soldats de base". On se rend compte qu'ils n'étaient, d'une, pas forcément au courant de ce qui les attendait, et deuxièmement, qu'ils n'étaient pas forcément d'accord non plus avec ce procédé. Mais l'armée américaine avançant dangereusement dans le Pacifique en se rapprochant à grands pas du Japon, il fallait trouver un moyen radical pour couler le plus de navire possible. C'est donc la naissance de ces escouades qui auront marqué la seconde Guerre Mondiale qui nous est narrée de façon intelligente, avec comme personnage principal un pilote hors du commun puisqu'il aura vécu plus de 90 ans. Peu commun pour un kamikaze... Côté dessin si les décors sont plutôt inexistants, les auteurs ont mis l'accent sur les personnages et les avions. Le trait est dynamique et expressif, ce qui permet une forte empathie envers ces pilotes sacrifiés. Ce premier tome introductif pause le cadre et la trajectoire d'un pilote hors du commun qui sait interpeller le lecteur. Ajoutez à cela le point de vue peu connu de ces kamikaze que tout le monde connait pourtant et vous avez là une série dont on a très envie de lire la suite ! *** Tome 2 *** Le tome 2 de cette série historique enfonce le clou. Toujours aussi efficacement mis en scène, le destin de ces pilotes sacrifiés nous est narré de façon originale pour mettre à jour le point de vue des principaux intéressés, ce qui change radicalement de la version impériale que l'histoire a souvent retenu. Nous retrouvons donc Sasaki Tomoji, notre personnage principal qui est à l'origine de ce manga. On découvre comment son équipe va peu à peu s'organiser pour ne plus simplement servir de chair à canon en modifiant les appareils qui étaient destinés à aller s'empaler sur les navires américains. Si cela peut sembler du bon sens, il n'en reste pas moins qu'il s'agissait alors de désobéir aux ordres de ses supérieurs... Ce qui n'est pas une paille dans le système hiérarchique japonais assis sur un code de l'honneur pour le moins rigide ! Côté dessin, on reste sur la même veine réaliste qui met l'accent sur les personnages et les équipements sans trop faire d'effort sur les décors. Ce graphisme efficace sied parfaitement au récit en allant à l'essentiel. Voilà un second tome qui confirme la très bonne tenue qui se dégageait du premier opus. A lire !

01/04/2022 (MAJ le 16/06/2022) (modifier)
Par McClure
Note: 4/5
Couverture de la série Sa Majesté des Ours
Sa Majesté des Ours

La lecture des 2 premiers tomes de cette série m'a vraiment enthousiasmé. Graphiquement d'abord, c'est un travail de premier choix. Les personnages sont magnifiques, le trait est fin et la mise en couleur légèrement éthérée, avec des teintes douces rendent l'ensemble tout à la fois gracieux et mystérieux, rendant bien le pendant à l'histoire. Le scénario est, pour le moment très bon. Certes il y a des aspects que l'on a déjà vus (certains personnages de la troupe, le décès prématuré de certains) mais pour autant les pistes ne sont éclaircies que lentement, il reste beaucoup de questions en suspens et la fin des 2 tomes est digne d'une bonne fin de saison de série tv. On retrouve un classique de la fantasy, l'être primaire, ici primordial, mais les liens entre eux et le monde, la place de l'homme, les relations entre antropomorphisme et les rituels (et l'éther) sont encore flou. Le cliffhanger du démarrage de 2e tome et celui de fin laissent présager une histoire maîtrisée et contenue. Pour le moment une belle surprise. 4 étoiles en attendant impatiemment la suite.

15/06/2022 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Itinéraire d'une garce
Itinéraire d'une garce

J'ai rarement lu une bd aussi bien écrite, aussi juste et avec une belle âme. J'y reviendrai. D'abord, présentation des autrices : - Céline Tran, 43 ans, a étudié à Sciences Po, mais elle est plus connue sous son pseudo d'actrice de films X de 2001 à 2013, Katsuni. - Grazia La Padula, dessinatrice italienne de 41 ans. En 2007, elle gagne le prix "jeunes talents" au festival d'Angoulême. Élise a 52 ans, elle est journaliste pour un magazine féminin à Paris. Avec son mari, c'est le train train quotidien, mais sa vie va basculer, elle va découvrir l'infidélité de celui-ci et cerise sur le gâteau, la ménopause arrive. La force de cette bd, c'est sa narration, chaque chapitre dévoile l'évolution progressive d'Élise, son cheminement pour devenir la "vraie" Élise, celle qui va découvrir et accepter son corps, le plaisir qu'il peut lui procurer, le pouvoir qu'elle peut avoir sur les hommes et surtout de s'aimer. Je disais donc, une qualité d'écriture d'une justesse qui fait mouche à chaque fois avec une émotion à fleur de peau. "Je te faisais confiance. Pourquoi nous as-tu abîmés ? Tu es mon homme, la pièce maîtresse de mon équilibre et ses petits bonheurs. Aujourd'hui, je ne suis plus vraiment sûre. Qui es-tu vraiment ?" "Je suis désarmée, petite, laide, impuissante. Périmée ? Tu as peut-être raison, après tout. Les garces ont gagné." "Si le sexe peut se faire blessure,  humiliation, vide, frustration, il peut être tout autre chose. Quelque chose de rare, d'inestimable. ..... Quelle tristesse de ne découvrir cela qu'aujourd'hui, quel gâchis !" Quelques extraits de textes glissés entre chaque chapitre pour vous mettre l'eau à la bouche. Ces textes sont des atouts supplémentaires pour comprendre les émois d'Élise. De la prose. L'évolution d'Élise ne se fera pas naturellement et le dénouement vous surprendra. Mais comment ne pas s'attacher à Élise, à s'y identifier. C'est drôle, tendre, bouleversant, jamais vulgaire et surtout, cela émeut.  Vous n'emploierez plus les mots "garce et salope" de la même manière. Une belle âme disais-je. Un superbe dessin tout en rondeur qui est sublimé par une colorisation dans les tons sépia et qui retranscrit toute la sensibilité et la sensualité de ce one shot. A lire absolument, que vous soyez adepte ou non de bd érotique, mais on se rapproche plus du roman graphique. Une bd profonde par les thèmes explorés et qui vous fera peut-être réfléchir sur votre sexualité. ;-) Note réelle : 4,5.

15/06/2022 (modifier)
Couverture de la série Malcolm Max
Malcolm Max

Après lecture du premier cycle de trois tomes, je n’espère qu’une seule chose : que de nouveaux cycles d’une égale qualité voient le jour ! Malcolm Max est une série policière mêlant un univers steampunk à des références fantastiques. Une assistante à moitié vampire, un savant fou digne du docteur Frankenstein, l’ombre de Sherlock Holmes, voisin de deux gamines surdouées, des personnages illustres tels que la reine Victoria ou Nellie Bly, un tueur en série digne de Jack l’Eventreur revenu d’entre les morts, des spectres exigeantes, des humanoïdes serviles, un Londres en pleine mutation... Il n’y a pas à ergoter : l’univers est riche et multiplie les clins d’œil. L’enquête tient incontestablement la route. Il s’agit en fait d’une double enquête qui, d’une part, débute avec la disparition de nombreux cadavres et, d’autre part s’intéresse aux agissements d’un tueur en série aux méthodes similaires à celles d’un condamné à mort exécuté depuis peu. Le dessin est précis et élégant. La colorisation assez terne cadre bien avec l’ambiance de la série sans entacher la lisibilité des planches. Les compositions sont relativement diversifiées même s’il ne s’agit à aucun moment de nous offrir des planches « de démonstration », le dessin restant toujours avant tout au service de l’histoire. La narration est très présente. A l’ancienne, elle décrit bien souvent ce que l’on voit dans la case… mais elle use d’un style souvent décalé, sarcastique ou pince-sans-rire, et du coup, c’est un réel plaisir de lire ces textes. Les personnages sont tous intéressants et tous présentent plusieurs facettes. Ainsi Malcolm Max peut à la fois se montrer brillant détective ou redoutable boxeur et se couvrir de ridicule ou s’en prendre plein la tronche en fonction des circonstances et de ses opposants, ce qui le rend d’autant plus attachant. A la fin du troisième tome, nous avons toutes les réponses attendues et la série pourrait sans problème s’arrêter là… mais bon ! Pour ma part, je suis prêt à en reprendre une petite louche ! C’est Allemand, c’est verbeux, c’est steampunk, c’est fantastique, c’est bourré de références, c’est Victorien, c’est joliment dessiné, c’est dynamique, c’est Malcolm Max (et c’est du tout bon).

10/09/2020 (MAJ le 15/06/2022) (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Mon destin... entre les mains des femmes
Mon destin... entre les mains des femmes

Ce qui est un peu triste avec les mangas c'est que souvent dans une série que j'adore il y a un ou des éléments du scénario qui m'agace voire même m'horripile. Par exemple, un manga avec des moments sombres qui finit sur une bonne fin heureuse un peu gnangnan ou encore un manga harem qui finit avec le héros qui se fait violer par la plupart des filles pendant qu'il était dans le coma et lorsqu'il se réveille il se fait tabasser par deux autres filles pour être un gros pervers. Ici, le problème est clair si on a lu le résumé : notre pauvre héros meurt et se retrouve dans un jeu vidéo pour filles (plus précisément, un otome game, un jeu où on joue une héroïne qui a plusieurs amoureux potentiels) où les femmes dominent les hommes (et en plus le résumé exagère vraiment cet aspect, je pense que ça a été écrit par un stagiaire qui a dû lire la moitié du premier chapitre) et tout de suite ça sent le truc misogyne du genre 'oh mon dieu les femmes au pouvoir ça va être la fin du monde pour les hommes' et il y a un peu de ça au début, mais heureusement il y a des trucs qui contrebalancent par la suite. En fait, je recommande de lire ce manga après la sortie de 3-4 tomes parce que cela s'améliore vraiment au fil des chapitres et la plupart des pires éléments de ce côté se retrouvent dans les premiers chapitres qui sont vraiment exagérés. Non parce que non seulement notre pauvre héros est forcé de travailler depuis qu'il est enfant, et lui et ses frères dorment dans un entrepôt, mais en plus sa méchante belle-mère veut le fiancer à une femme de 50 ans et l'envoyer dans l'armée juste dans l'espoir qu'il se fasse tuer et que sa femme touche sa pension. Après ça, on s'attend presque à ce qu'un groupe de méchantes féministes débarque et viole le héros et ensuite le poursuive pour harcèlement sexuel. Le pire est qu'en fait, contrairement à ce que dit le résumé la société n'est pas 100% dominée par les femmes. Ce n'est pas le cas chez les nobles de hauts rangs (vous savez ceux qui ont le plus de pouvoir dans une société monarchiste), cette situation se retrouve uniquement chez les petits nobles pour une raison que je n'ai pas comprise (le moment où on explique la situation n'a pas encore été adapté en manga... j'ai lu l'explication sur internet et j'ai pas trop compris si cela faisait sens ou non). En fait, on aurait pu facilement faire un scénario où l'oppression est basée uniquement sur la hiérarchie sociale, il y a déjà plusieurs éléments comme ça dans le scénario : la belle-mère du héros agit plus comme un propriétaire terrain qui fait chier ses parents issus de rang inférieur, les 5 héros du jeu vidéo peuvent agir comme des gros cons à l'académie parce qu'ils sont des nobles importants (le prince peut même traiter sa fiancée comme de la merde en public, les autres étudiants ont trop peur de lui pour faire quoique ce soit), l'héroïne se fait harceler parce que c'est la seule roturière dans une école de nobles... Bref, vu que le héros est un petit noble, il n'y avait pas besoin d'ajouter des méchants femmes misandres dans le scénario, ou alors juste donner ce rôle à la belle-mère méchante et puis c'est tout. Le pire pour moi est que les filles nobles jouissent d'une liberté sexuelle que l'auteur ne semble pas approuver et qui me semble hypocrite vu la vie sexuelle de plusieurs héros d'autres light novels. Bon maintenant que je me suis plaint de ce que je n'ai pas aimé dans le scénario, pourquoi est-ce que je mets tout de même 4 étoiles et qu'en plus je mets un coup de cœur ? Eh ben tout simplement parce qu'il y a aussi de bonnes choses et en fait pour le moment c'est un manga/light novel qui me passionne. J'ai regardé l'anime (dont le dernier épisode va sortir dimanche prochain) et ce n'est pas une très bonne adaptation, mais il y avait des éléments dans le scénario qui m'ont poussé à regarder les nouveaux épisodes et très vite je suis allé voir l'adaptation en manga que j'ai fini par dévorer. Premièrement, histoire de clore le côté 'guerre des sexes 'du récit, après 4-5 chapitres où on a l’impression que toutes les filles nobles sont méchantes, il y a des contre exemples qui sont introduits et aussi il y a plein de nobles de sexe masculin qui agissent comme des cons. Et lorsque plusieurs volumes plus loin, les vrais méchants sont finalement introduits, la plupart sont des hommes et ne sont pas décrits de manière très sympathique. C'est pas juste un scénario 'toutes les femmes sont des garces et les hommes des pauvres victimes' comme le fait croire le résumé. Deuxièmement, les personnages principaux sont terriblement attachants. Le personnage principal, Leon, a un côté troll amusant et aussi le scénario montre lorsqu'il va trop loin ou fait des erreurs. C'est pas un connard qui peut agir comme un connard parce que la société est trop trop méchante avec lui et c'est correct de faire du mal aux autres personnages parce qu'ils sont tous mauvais (éléments qu'on retrouve dans plusieurs light novels où le héros peut se venger sans problème de la société en commettant des crimes). Les deux héroïnes, Olivia et Angelica, sont très bien décrites. L'originalité est que dans le jeu vidéo la première était l'héroïne et la deuxième la méchante rivale riche, mais des événements vont changer le cours du scénario et va les affecter et changer leurs rôles. Leur relation avec Leon est aussi intéressante. Contrairement à plein d'autres mangas ou d'animes, la relation entre les deux filles est aussi forte qu'entre elles et le héros. C'est vraiment une relation égale entre les trois et on imagine que s'ils finissent ensemble, c'est parce que tous les trois s'aiment et c'est pas juste deux filles qui aiment le même mec et décident qu’elles n’ont aucun problème à le partager. Ces deux personnages féminins sont très bien écrits, surtout que le scénario prend son temps pour développer leurs relations avec le héros et aussi il y a peu de fan-service donc ce ne sont pas deux belles filles sexy qui se retrouvent à poil toutes les 5 pages et veulent immédiatement coucher avec le héros après un ou deux chapitres parce qu'il les a sauvées d'un méchant monstre ou un truc du genre (en fait, on peut se demander si l'auteur du light novel originel n'a pas juste remplacé une misogynie très fréquente dans ce type d'œuvres par une autre). Le scénario est prenant, si certains éléments du scénario ne sont pas très bien pensés, d'autres au contraire sont très bien pensés. Ainsi, les actions des personnages ont des répercussions même si dans le monde clos de l'académie, les hauts nobles semblent faire ce qui leur plait. Le scénario s'amuse avec les codes des jeux de types otome game. Ainsi, la grosse méchante fille n'est peut-être pas aussi méchante que ça et a des raisons valables pour agir comme elle le fait. Ou encore le héros qui détestait ce jeu vidéo finit par trouver des éléments positifs et comprendre qu'il s'est trompé sur certains points. L'humour est très drôle, le drame fonctionne bien. Cerise sur le gâteau, le dessin est très bon alors que sur d'autres adaptations de light novels c'est clairement une œuvre de commande avec des dessins peu inspirants. Donc voilà un manga avec des défauts et des qualités que j'aime bien malgré tout. Il faut juste attendre la sortie de quelques tomes avant de le lire. Le seul point vraiment négatif est que j'ai lu plusieurs critiques négatives disant qu'après le premier arc narratif, la série devient moins bonne. En ce moment, le manga adapte le dernier tiers du premier arc... On espère que cette adaptation se termine après, histoire de finir sur une bonne note ?

15/06/2022 (modifier)
Couverture de la série Les Mauvaises humeurs de James et de la tête X
Les Mauvaises humeurs de James et de la tête X

Ouah 15 ans déjà !! Je me souviens encore de l’achat de ce petit album, ça avait l’air terrible et ça ne s’est pas démenti après lecture. L’impression d’avoir trouvé une petite œuvre sous le manteau, un rien confidentielle et toujours (malheureusement) injustement méconnue. La petite relecture récente n’a pas modifié mon ressenti, toujours aussi bon, une œuvre fort attachante. L’album compile 4 (faux) fanzines, les couvertures et dos sont à chaque fois en papier glacé, une édition de qualité. On retrouve à l’intérieur le format classique fanzine : sommaire, édito, petites annonces, pubs … entrecoupé de nombreux strips. J’ai adoré de bout en bout, il faut tout lire, certains détails sont hilarants (le coupon d’abonnement, l’organigramme etc …). Le fond épingle le médium de la bande dessinée sous toutes ses formes (éditeur, auteur, lecteur, critiques …), le tout sous la moulinette caustique de James et de la tête X, leurs fameuses humeurs. Quelques vérités bien senties, le tout est franchement bien vu et très drôle, alors que certaines critiques vont sur des choses que j’apprécie grandement. Pendant longtemps, j’ai cru que seul James était à la barre et que la tête X était un acolyte fictif pour la mise en scène. Grave erreur, derrière ce nom se cache Boris Mirroir. Les 2 auteurs forment une bonne équipe, une belle osmose. N’étant pas encore de grands noms, on sent le début, le(s) dessin(s) n’est pas encore à son apogée mais le ton est très libre, personne n’est épargnée. A noter le clin d’œil de quelques guest star (Trondheim, Sfar, Bouzard et B. Mirror) qui jouent le jeu de la carte blanche pour un jeune auteur, la grande classe. A (re)noter que depuis, les auteurs ont publié dans des collections ou chez des éditeurs écornés gentiment. Un bien chouette album, une lecture dense, mordante, originale, amusante et qui me ravit à chaque fois. Franchement bien +

14/06/2022 (modifier)
Par Laure B
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Assiégés
Les Assiégés

Sortie en avril 2022, cette bd fait l'unanimité parmi les lecteurs de BD. Et pourtant : Pourtant il faut passer l'étape du résumé : "encore une histoire sordide d'immeuble squatté ?", "encore un polar ?" Pourtant il faut passer l'étape de l'image de couverture avec cet énigmatique immeuble orange qui barre l'horizon. Pourtant il faut passer les premières vignettes, très grises et très sombres. C'est une histoire à tiroirs, qui commence et finit par la réunion d'une bande de braqueurs qui vient de se faire le bureau de poste du coin, et qui va entamer le partage des gains. L'un d'eux remarque une drôle de peinture accrochée au mur, signée d'un drôle de peintre "Faustino, le peintre fou". C'est l'occasion pour le chef de la bande de raconter cette histoire. Une histoire de crime, de vengeance, de caïds, de banlieue, de flics. Une histoire d'amour aussi, et l'histoire sombre tragique de ce peintre, reclus volontaire dans cet immeuble. Le scénario est impeccable dans sa maitrise et sa noirceur. L'album se dévore très facilement. Et le dessin. C'est extrêmement rare que je sois séduite par un dessin. Là, tout est juste. Un dessin expressionniste qui s'accorde à merveille aux propos. C'est véritablement un très bel album.

14/06/2022 (modifier)