Une chronique bien humaine, avec de bons moments de rire sur des situations de tous les jours. Il y a toujours une scénette où l'on peut se reconnaître.
A lire par tous les trentenaires et aussi les autres :)
A quoi ressemble l'univers carcéral ?
Outre les excellents volumes collectifs chez Delcourt (paroles de parloirs, Paroles de taulards, paroles de taule), qui présentent de courtes histoires basées sur le vécu de la prisonniers, il faut absolument lire "Dans la prison" de Hanawa. La prison y est décrite avec une foule de détail (sur les repas, les vêtements, les sanitaires, les lectures, la discipline, les conversations, etc.) qui donne le vertige. Cette attention quasi obsessionnelle pour les détails les plus infimes peut sans doute devenir ennuyante pour le lecteur, mais est en même temps fascinante car elle en dit long sur la manière dont le temps s'écoule pour les prisonniers, ainsi que sur l'exiguïté de l'existence (qui n'a rien à envier à celle de leurs cellules).
La prison telle qu'elle y est décrite est à la fois moins dure (bons repas et sécurité), et plus débilitante que ce que je m'imaginais.
Aaaaahhhh... la magnifique série d'aventures que voilà...
Imaginée par Lee Falk, elle débute aux Etats-Unis et paraît dans le "New York American Journal" du 17 Février 1936.
De bien belles histoires réalistes qui puisent leur essence dans le genre "narratif populaire". C'est vrai que voir -de nos jours- un justicier masqué, vêtu d'une combinaison rouge, se promener dans des villes paraîtrait incongru. Mais à l'époque -voici 70 ans- les lecteurs ne demandaient qu'à se divertir. Et puis, n'est-ce pas là l'apanage du "merveilleux" ?...
Début des années 70, il m'a été donné un TRES GROS paquet de périodiques du milieu des années 30 à 1941 : "Aventures". Les feuilletant, les classant (ce sont des sortes de grands journaux), les lisant j'ai été immédiatement attiré par cette série. Imprimées en noir et blanc, certaines parutions étaient parfois en quadrichromie.
Le graphisme m'a intéressé. Moore y va d'un style puissant mais épuré, travaille le noir et blanc en jeux d'ombres, fait ressortir les éléments inquiétants et dramatiques en quelques traits.
Les scénarios de Lee Falk (créateur de "Mandrake le magicien") ne sont pas en reste. Il plonge son héros justicier dans des situations souvent impossibles mais dont il parviendra toujours à se dépêtrer.
Exotique, bondissante, prenante, explosive parfois : une excellente série "de papa" (plutôt de grand-père) plus connue -car traduite et parue- en France sous le nom : "Le Justicier du Bengale".
Et il y en a eu, des parutions : des albums, des périodiques, des récits complets, ...
Dans les dits albums, je vous conseille, car encore trouvables :
- Les 4 grands formats de l'Edition des Remparts ; d'épais volumes parus en 1980, noir et blanc, couverture semi rigide.
- Les 7 volumes des éditions Soleil. Parus entre 1993 et 1995 ; une excellente intégrale couleurs de ce héros qui fit les très beaux jours du lectorat d'avant-guerre.
A (re)découvrir, sincèrement.
(Beaucoup) plus d'infos sur les auteurs et parutions diverses ?... Voyez la "fiche technique".
L'aventure avec un grand "A".
Martin Mystère, il faut le lire pour le croire ! Celui qui sera surnommé "le détective de l'impossible" a été créé en 1978 en Italie. Les auteurs ont remanié plusieurs fois la série avant de la proposer à l'éditeur Sergio Bonelli.
Impressionné, ce dernier décide directement de créer un fascicule qui porte son nom. "Martin Mystère" n° 1 paraît en Avril 1982.
C'est tout bon ! Ces histoires aux scénarios bien fournis me rappellent les anciens romans populaires (que je collectionne aussi) qui faisaient la joie des lecteurs d'avant-guerre (celle de 40).
A la lecture des différentes histoires, je me suis dit : "c'est pas possible, ça ne peut pas arriver, ça n'existe pas !" Et pourtant, j'ai "marché" ! Martin m'a entraîné dans des aventures divertissantes, exotiques, secouantes, magnifiées par un très bon graphisme en noir et blanc (tous les albums).
Les scénarios passent de scènes "intimistes" à des poursuites, des règlements de comptes de haut-vol.
Aucun répit : chaque histoire vous tient et ne vous lâche pas !
Et pourtant : Martin Mystère est paru en France et en Belgique dans ce qu'on appelle un "petit format". Je l'ai découvert dans "Ombrax" dès 1983. Et même dans ce format de poche, il se dégageait une véritable ambiance de ses aventures. Joie, vous pensez, quand j'ai trouvé les épais albums brochés dans le milieu des années 90.
J'ai, par la suite, fait quelques recherches. Surprise : Castelli -le scénariste- était l'auteur -dès 1978- du synopsis des films d' "Allan Quatermain" !...
"Martin Mystère" ?... une très bonne -mais rare- série qui fera l'objet de 6 épais albums brochés édités entre 1993 et 1995.
Si vous en trouvez en "seconde main", ne le /les ratez surtout pas !... A acheter... oh oui, oh oui...
Un ingénieur débarque de Paris au début du 20e siècle pour construire un phare sur un îlot perdu de Bretagne attaqué par les vagues et les vents. Il va devoir apprivoiser les gens avec qui il va vivre et travailler, se battre contre les éléments naturels et contre l'administration, prendre son mal en patience et user de divers moyens pour arriver à ses fins - un projet fou.
Malgré une narration et un dessin un peu hésitants et un choix de couleurs pas toujours des plus heureux, cela donne au final une très belle histoire, dure mais attachante et chaleureuse.
Un de ces albums qui marquent et qui laissent un souvenir indélébile après la lecture.
Sur les conseils (avisés) d'Alix, j'ai acheté l'intégrale en anglais et en noir et blanc de Polly et les pirates : 10€ la bête pour l'équivalent de 6 albums en français, je n'allais surtout pas me priver.
Et j'ai beaucoup aimé ma lecture !
L'histoire se met en place doucement, le premier chapitre (premier album dans la version française) ne suffisant pas encore à me plonger vraiment dans l'histoire. Mais ensuite, j'ai vraiment pris du plaisir à suivre ces aventures de pirates et de jeunes filles. La petite Polly est intelligente, débrouillarde et son aspect "désireuse de conserver sa respectabilité et son honneur" lui donnent une vraie personnalité très bien rendue. Les aventures qu'elle vit, à même de plaire à un lectorat de jeunes garçons ou filles, sont très bien construites et vraiment captivantes pour un lectorat adulte également.
Les dialogues sont fins et amusants, même lorsque les pirates parlent leur argot incompréhensible.
Et les dessins aussi sont sympas, même si l'absence de pieds et les doigts crochus de tous les personnages sont assez étonnants par moment.
Bref, un vrai petit bonheur de lecture et une histoire que je lirai ou ferai lire à ma fille dès qu'elle sera en âge de l'apprécier.
Maintenant, je conseille son achat, ça oui, mais franchement j'ai du mal à conseiller l'achat de la version française au prix où elle est, c'est-à-dire six fois plus cher que la version anglaise : même si le format est plus grand, les planches colorisées et les couvertures cartonnées, cela n'apporte pas grand chose de plus à l'histoire et je ne dépenserais pas ce prix là.
Les débuts prometteurs d'Hergé...
Popol et Virginie font leur première apparition, en noir et blanc, dans "Le Petit Vingtième" (supplément du quotidien belge "Le XXème siècle") n° 6 du 8 Février 1934.
En 1948, une version remaniée en couleurs paraîtra dans l'hebdo Tintin n° 18, 3ème année, du 29 Avril 1948.
Avec ce "Popol et Virginie", en réalité deux oursons, Hergé quitte son style qui fera le succès de Tintin et m'a fait entrer dans une histoire sympathique destinée à un jeune public. Le trait d'Hergé y est caractéristique : simplifié, pour une lecture aisée.
Pourquoi un seul album, alors que l'histoire est plaisante et aurait pu être une série à succès ?... J'ai fait quelques recherches. Il s'agissait d'un "travail alimentaire".
Episode anecdotique dans l'oeuvre d'Hergé, j'ai pourtant apprécié ces aventures simples, reflets de la "grande crise" des années 30 : tout comme pour nos deux petits héros, nombre de gens ont a l'époque tout quitté pour un monde qu'ils croyaient être meilleur. Mais l'était-il ?...
"Série" oubliée pendant des années, Popol et Virginie fait maintenant l'objet de recherches parmi les collectionneurs, plus je pense pour "avoir un album rare d'Hergé" que toute autre chose.
"Popol et Virginie revival" ?... Tant mieux pour eux, mais tant pis pour votre portefeuille si vous parvenez encore à en trouver une édition originale !
Un album "à part" dans l'oeuvre d' Hergé. Album que j'aime beaucoup de par son contenu, moins de ce qu'il vaut actuellement sur le marché du livre.
Note approximative : 3.5/5
Le récit de la détention de Giacomo Casanova dans les geôles du Doge de Venise : les fameux plombs. En trois tomes de 48 pages, cette BD nous raconte brièvement les raisons simples et fallacieuses qui ont mené le dandy en prison : jalousie, soupçon d'hérésie, de sorcellerie, mauvaise vie, mépris envers l'autorité, tout était bon pour le mettre au secret, sans avoir jamais besoin de le passer en jugement ou ne serait-ce que de lui énoncer les raisons de son arrestation. Une situation qui aurait de quoi rendre fou n'importe quel détenu, et Casanova avoue lui-même l'être devenu momentanément avant de chercher pour de bon à s'évader coûte que coûte et malgré les obstacles qui vont se dresser sans arrêt face à son évasion.
Un récit bien raconté et plaisant, une narration fluide, un personnage principal assez attachant, un dessin simple mais agréable, tout conduit à un bon moment de lecture permettant au passage de se retrouver de belle manière dans la Venise magnificente et cruelle.
Une très bonne série qui se passe au milieu du 18ème siècle.
Sur de solides scénarios de Greg, le héros- une sorte de "Fanfan la Tulipe"- bondissant, mais inexpérimenté, est envoyé dans le royaume de France pour mener à bien diverses missions.
Je me suis bien marré à la lecture de cette série. Chéret plante ses décors et y met ses personnages dans des situations dramatiques mais emplies de drôlerie.
Et ça marche ! La gestuelle, les mimiques, sont très bien rendues.
Ca bondit, se fleurette, se combat de taille et d'estoc... mais toujours dans la bonne humeur.
De bons gags, de bons cadrages, des situations épineuses -mais prises avec le sourire-, des personnages hauts en couleurs ; tout est ici réuni pour une série accrocheuse et fort divertissante.
Et c'est vrai que j'ai eu très peu le temps de souffler entre deux planches. Très rythmé, "Domino" bénéficie d'un très bon découpage où espions, hommes d'armes, truands, mercenaires ne cessent de se poursuivre dans une mise en pages fort attirante.
J'ai suivi avec un réel plaisir, et collectionné, les opus de cette "cavalcade" exécutée par deux très bons auteurs.
"Domino" n'est pas fort connu du lectorat. Dommage, vous ratez quelque chose !
Très plaisant. Vraiment.
Sur un thème très délicat, Olivier ka entreprend de raconter un événement autobiographique douloureux ; celui d'un abus sexuel perpétré par un bonhomme qui avait tout pour être sympathique. A partir d'un découpage très précis et d'autant plus percutant qu'il suit l'évolution de l'enfant qui est la victime des faits, l'histoire détaille de manière très fine l'enchaînement des situations qui vont mener jusqu'au traumatisme de ce dernier. Page après page on sent monter la tension, le désarroi, la colère puis la haine du jeune héros. En fait, cette histoire remarquable évoque la lente maturation d'un être qui peu à peu réalise que celui en qui il avait mis toute sa confiance, l'a trahi tout en lui faisant perdre une part de son enfance.
Loin du spectaculaire, le propos de Ka est d'une vérité humaine bouleversante. Il traduit de manière très pertinente le traumatisme durable qu'entraîne un abus sexuel. Et même si dans cette histoire cet abus garde des proportions limitées, il souligne avec force que voler l'innocence d'un être est un crime aux conséquences durables et redoutables.
Le propos force le respect. En tant qu'éducateur du judiciaire et habitué à traiter ce genre de dossier, je ne peux que vous conseiller cet ouvrage tant il est maîtrisé sur la forme et sur le fond.
Assurément une grande bd qui en plus, pourra aider les victimes d'abus à réaliser que la parole et la mise en lumière des abus, est la seule voie possible pour enfin se reconstruire.
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Je veux un bébé !
Une chronique bien humaine, avec de bons moments de rire sur des situations de tous les jours. Il y a toujours une scénette où l'on peut se reconnaître. A lire par tous les trentenaires et aussi les autres :)
Dans la prison
A quoi ressemble l'univers carcéral ? Outre les excellents volumes collectifs chez Delcourt (paroles de parloirs, Paroles de taulards, paroles de taule), qui présentent de courtes histoires basées sur le vécu de la prisonniers, il faut absolument lire "Dans la prison" de Hanawa. La prison y est décrite avec une foule de détail (sur les repas, les vêtements, les sanitaires, les lectures, la discipline, les conversations, etc.) qui donne le vertige. Cette attention quasi obsessionnelle pour les détails les plus infimes peut sans doute devenir ennuyante pour le lecteur, mais est en même temps fascinante car elle en dit long sur la manière dont le temps s'écoule pour les prisonniers, ainsi que sur l'exiguïté de l'existence (qui n'a rien à envier à celle de leurs cellules). La prison telle qu'elle y est décrite est à la fois moins dure (bons repas et sécurité), et plus débilitante que ce que je m'imaginais.
Le Fantôme
Aaaaahhhh... la magnifique série d'aventures que voilà... Imaginée par Lee Falk, elle débute aux Etats-Unis et paraît dans le "New York American Journal" du 17 Février 1936. De bien belles histoires réalistes qui puisent leur essence dans le genre "narratif populaire". C'est vrai que voir -de nos jours- un justicier masqué, vêtu d'une combinaison rouge, se promener dans des villes paraîtrait incongru. Mais à l'époque -voici 70 ans- les lecteurs ne demandaient qu'à se divertir. Et puis, n'est-ce pas là l'apanage du "merveilleux" ?... Début des années 70, il m'a été donné un TRES GROS paquet de périodiques du milieu des années 30 à 1941 : "Aventures". Les feuilletant, les classant (ce sont des sortes de grands journaux), les lisant j'ai été immédiatement attiré par cette série. Imprimées en noir et blanc, certaines parutions étaient parfois en quadrichromie. Le graphisme m'a intéressé. Moore y va d'un style puissant mais épuré, travaille le noir et blanc en jeux d'ombres, fait ressortir les éléments inquiétants et dramatiques en quelques traits. Les scénarios de Lee Falk (créateur de "Mandrake le magicien") ne sont pas en reste. Il plonge son héros justicier dans des situations souvent impossibles mais dont il parviendra toujours à se dépêtrer. Exotique, bondissante, prenante, explosive parfois : une excellente série "de papa" (plutôt de grand-père) plus connue -car traduite et parue- en France sous le nom : "Le Justicier du Bengale". Et il y en a eu, des parutions : des albums, des périodiques, des récits complets, ... Dans les dits albums, je vous conseille, car encore trouvables : - Les 4 grands formats de l'Edition des Remparts ; d'épais volumes parus en 1980, noir et blanc, couverture semi rigide. - Les 7 volumes des éditions Soleil. Parus entre 1993 et 1995 ; une excellente intégrale couleurs de ce héros qui fit les très beaux jours du lectorat d'avant-guerre. A (re)découvrir, sincèrement. (Beaucoup) plus d'infos sur les auteurs et parutions diverses ?... Voyez la "fiche technique".
Martin Mystère
L'aventure avec un grand "A". Martin Mystère, il faut le lire pour le croire ! Celui qui sera surnommé "le détective de l'impossible" a été créé en 1978 en Italie. Les auteurs ont remanié plusieurs fois la série avant de la proposer à l'éditeur Sergio Bonelli. Impressionné, ce dernier décide directement de créer un fascicule qui porte son nom. "Martin Mystère" n° 1 paraît en Avril 1982. C'est tout bon ! Ces histoires aux scénarios bien fournis me rappellent les anciens romans populaires (que je collectionne aussi) qui faisaient la joie des lecteurs d'avant-guerre (celle de 40). A la lecture des différentes histoires, je me suis dit : "c'est pas possible, ça ne peut pas arriver, ça n'existe pas !" Et pourtant, j'ai "marché" ! Martin m'a entraîné dans des aventures divertissantes, exotiques, secouantes, magnifiées par un très bon graphisme en noir et blanc (tous les albums). Les scénarios passent de scènes "intimistes" à des poursuites, des règlements de comptes de haut-vol. Aucun répit : chaque histoire vous tient et ne vous lâche pas ! Et pourtant : Martin Mystère est paru en France et en Belgique dans ce qu'on appelle un "petit format". Je l'ai découvert dans "Ombrax" dès 1983. Et même dans ce format de poche, il se dégageait une véritable ambiance de ses aventures. Joie, vous pensez, quand j'ai trouvé les épais albums brochés dans le milieu des années 90. J'ai, par la suite, fait quelques recherches. Surprise : Castelli -le scénariste- était l'auteur -dès 1978- du synopsis des films d' "Allan Quatermain" !... "Martin Mystère" ?... une très bonne -mais rare- série qui fera l'objet de 6 épais albums brochés édités entre 1993 et 1995. Si vous en trouvez en "seconde main", ne le /les ratez surtout pas !... A acheter... oh oui, oh oui...
Trois éclats blancs
Un ingénieur débarque de Paris au début du 20e siècle pour construire un phare sur un îlot perdu de Bretagne attaqué par les vagues et les vents. Il va devoir apprivoiser les gens avec qui il va vivre et travailler, se battre contre les éléments naturels et contre l'administration, prendre son mal en patience et user de divers moyens pour arriver à ses fins - un projet fou. Malgré une narration et un dessin un peu hésitants et un choix de couleurs pas toujours des plus heureux, cela donne au final une très belle histoire, dure mais attachante et chaleureuse. Un de ces albums qui marquent et qui laissent un souvenir indélébile après la lecture.
Polly et les Pirates
Sur les conseils (avisés) d'Alix, j'ai acheté l'intégrale en anglais et en noir et blanc de Polly et les pirates : 10€ la bête pour l'équivalent de 6 albums en français, je n'allais surtout pas me priver. Et j'ai beaucoup aimé ma lecture ! L'histoire se met en place doucement, le premier chapitre (premier album dans la version française) ne suffisant pas encore à me plonger vraiment dans l'histoire. Mais ensuite, j'ai vraiment pris du plaisir à suivre ces aventures de pirates et de jeunes filles. La petite Polly est intelligente, débrouillarde et son aspect "désireuse de conserver sa respectabilité et son honneur" lui donnent une vraie personnalité très bien rendue. Les aventures qu'elle vit, à même de plaire à un lectorat de jeunes garçons ou filles, sont très bien construites et vraiment captivantes pour un lectorat adulte également. Les dialogues sont fins et amusants, même lorsque les pirates parlent leur argot incompréhensible. Et les dessins aussi sont sympas, même si l'absence de pieds et les doigts crochus de tous les personnages sont assez étonnants par moment. Bref, un vrai petit bonheur de lecture et une histoire que je lirai ou ferai lire à ma fille dès qu'elle sera en âge de l'apprécier. Maintenant, je conseille son achat, ça oui, mais franchement j'ai du mal à conseiller l'achat de la version française au prix où elle est, c'est-à-dire six fois plus cher que la version anglaise : même si le format est plus grand, les planches colorisées et les couvertures cartonnées, cela n'apporte pas grand chose de plus à l'histoire et je ne dépenserais pas ce prix là.
Popol et Virginie
Les débuts prometteurs d'Hergé... Popol et Virginie font leur première apparition, en noir et blanc, dans "Le Petit Vingtième" (supplément du quotidien belge "Le XXème siècle") n° 6 du 8 Février 1934. En 1948, une version remaniée en couleurs paraîtra dans l'hebdo Tintin n° 18, 3ème année, du 29 Avril 1948. Avec ce "Popol et Virginie", en réalité deux oursons, Hergé quitte son style qui fera le succès de Tintin et m'a fait entrer dans une histoire sympathique destinée à un jeune public. Le trait d'Hergé y est caractéristique : simplifié, pour une lecture aisée. Pourquoi un seul album, alors que l'histoire est plaisante et aurait pu être une série à succès ?... J'ai fait quelques recherches. Il s'agissait d'un "travail alimentaire". Episode anecdotique dans l'oeuvre d'Hergé, j'ai pourtant apprécié ces aventures simples, reflets de la "grande crise" des années 30 : tout comme pour nos deux petits héros, nombre de gens ont a l'époque tout quitté pour un monde qu'ils croyaient être meilleur. Mais l'était-il ?... "Série" oubliée pendant des années, Popol et Virginie fait maintenant l'objet de recherches parmi les collectionneurs, plus je pense pour "avoir un album rare d'Hergé" que toute autre chose. "Popol et Virginie revival" ?... Tant mieux pour eux, mais tant pis pour votre portefeuille si vous parvenez encore à en trouver une édition originale ! Un album "à part" dans l'oeuvre d' Hergé. Album que j'aime beaucoup de par son contenu, moins de ce qu'il vaut actuellement sur le marché du livre.
Casanova sous les Plombs de Venise
Note approximative : 3.5/5 Le récit de la détention de Giacomo Casanova dans les geôles du Doge de Venise : les fameux plombs. En trois tomes de 48 pages, cette BD nous raconte brièvement les raisons simples et fallacieuses qui ont mené le dandy en prison : jalousie, soupçon d'hérésie, de sorcellerie, mauvaise vie, mépris envers l'autorité, tout était bon pour le mettre au secret, sans avoir jamais besoin de le passer en jugement ou ne serait-ce que de lui énoncer les raisons de son arrestation. Une situation qui aurait de quoi rendre fou n'importe quel détenu, et Casanova avoue lui-même l'être devenu momentanément avant de chercher pour de bon à s'évader coûte que coûte et malgré les obstacles qui vont se dresser sans arrêt face à son évasion. Un récit bien raconté et plaisant, une narration fluide, un personnage principal assez attachant, un dessin simple mais agréable, tout conduit à un bon moment de lecture permettant au passage de se retrouver de belle manière dans la Venise magnificente et cruelle.
Domino
Une très bonne série qui se passe au milieu du 18ème siècle. Sur de solides scénarios de Greg, le héros- une sorte de "Fanfan la Tulipe"- bondissant, mais inexpérimenté, est envoyé dans le royaume de France pour mener à bien diverses missions. Je me suis bien marré à la lecture de cette série. Chéret plante ses décors et y met ses personnages dans des situations dramatiques mais emplies de drôlerie. Et ça marche ! La gestuelle, les mimiques, sont très bien rendues. Ca bondit, se fleurette, se combat de taille et d'estoc... mais toujours dans la bonne humeur. De bons gags, de bons cadrages, des situations épineuses -mais prises avec le sourire-, des personnages hauts en couleurs ; tout est ici réuni pour une série accrocheuse et fort divertissante. Et c'est vrai que j'ai eu très peu le temps de souffler entre deux planches. Très rythmé, "Domino" bénéficie d'un très bon découpage où espions, hommes d'armes, truands, mercenaires ne cessent de se poursuivre dans une mise en pages fort attirante. J'ai suivi avec un réel plaisir, et collectionné, les opus de cette "cavalcade" exécutée par deux très bons auteurs. "Domino" n'est pas fort connu du lectorat. Dommage, vous ratez quelque chose ! Très plaisant. Vraiment.
Pourquoi j'ai tué Pierre
Sur un thème très délicat, Olivier ka entreprend de raconter un événement autobiographique douloureux ; celui d'un abus sexuel perpétré par un bonhomme qui avait tout pour être sympathique. A partir d'un découpage très précis et d'autant plus percutant qu'il suit l'évolution de l'enfant qui est la victime des faits, l'histoire détaille de manière très fine l'enchaînement des situations qui vont mener jusqu'au traumatisme de ce dernier. Page après page on sent monter la tension, le désarroi, la colère puis la haine du jeune héros. En fait, cette histoire remarquable évoque la lente maturation d'un être qui peu à peu réalise que celui en qui il avait mis toute sa confiance, l'a trahi tout en lui faisant perdre une part de son enfance. Loin du spectaculaire, le propos de Ka est d'une vérité humaine bouleversante. Il traduit de manière très pertinente le traumatisme durable qu'entraîne un abus sexuel. Et même si dans cette histoire cet abus garde des proportions limitées, il souligne avec force que voler l'innocence d'un être est un crime aux conséquences durables et redoutables. Le propos force le respect. En tant qu'éducateur du judiciaire et habitué à traiter ce genre de dossier, je ne peux que vous conseiller cet ouvrage tant il est maîtrisé sur la forme et sur le fond. Assurément une grande bd qui en plus, pourra aider les victimes d'abus à réaliser que la parole et la mise en lumière des abus, est la seule voie possible pour enfin se reconstruire.