Après lecture des 5 premiers tomes :
J’ai beaucoup apprécié les 2 premiers tomes (surtout le 1) avec la prise de parole du chat faisant office d’interlocuteur qui ouvre le débat sur les différentes manières d’interpréter un texte religieux (un régal).
Les deux tomes suivants sont pour moi bien en dessous voire même assez ennuyeux (il faut dire que le chat ne converse plus) même si l’humour est toujours présent.
J’ai trouvé que l’histoire rebondissait un peu dans le tome 5 et c’est tant mieux !
Même si je ne suis pas trop fan du dessin de Sfar, cela n’a jamais été un frein pour acheter ses œuvres et celle-ci est à conseiller.
Un tout petit 4/5 en attendant la suite.
Après lecture des 4 premiers tomes :
Une série dont le style narratif est original et présentant beaucoup de texte. Elle est composée par des petites histoires indépendantes de 2 tomes reliées entre elles par une trame de fond.
Chaque histoire donne certains éléments permettant de construire (ou plutôt supposer) l’univers fantastique suggéré par les auteurs.
J’aime beaucoup les dessins de Sorel (avec ses faciès hors du commun, ses décors et ses vues plongeantes) et plus encore la colorisation.
Le seul petit reproche que je puisse faire est que le déroulement est assez lent avec des pièces du puzzle distillées au compte-goutte, rendant cet univers encore trop nébuleux à ce niveau.
Toutefois, la lecture de cette œuvre particulière par ses ambiances un peu oppressantes m’a beaucoup plu et je vais continuer à suivre.
Je ne connais pas le travail de Sébastien Ferran, mais je sens que je ne vais pas tarder à me procurer L'Odyssée, qu'il a aussi adaptée. Ici c'est donc le célèbre opéra de Richard Wagner qui nous est proposé, "librement". Un gros point commun entre ces deux mythes : ce sont des histoires où les dieux sont montrés presque comme des humains. Dans l'oeuvre d'Homère, les dieux se querellent comme dans une cour de récréation. Dans celle de Wagner, on voit notamment Wotan (Odin dans la tradition nordique) choisir d'abandonner ses deux enfants nés de l'union avec une mortelle, pour ne pas mettre en péril le couple compliqué qu'il forme avec Fricka (Frigg). Encore un qui a peur de sa mégère de bonne femme.
Ne connaissant pas l'oeuvre de Wagner, je ne saurai juger la liberté d'adaptation que s'est permis Ferran. Je me concentrerai donc sur la BD telle quelle. Celle-ci est plutôt bien faite, l'histoire est assez bien racontée. Le récit est très intéressant, et se lit sans gros problème. Le dessin est plutôt agréable, même s'il est semi-réaliste finalement. Mais quoi de mieux pour une légende ? Je relèverai tout de même qu'il y a moins de soins apportés aux visages, féminins en particulier. C'est un peu dommage.
Je vous recommande le doigt d'honneur d'Albérich à Wotan lorsque celui-ci vient lui réclamer l'Or du Rhin.
Finalement elle est pas mal cette adaptation de légende rhénane. Allez, on lui met un 3,5/5.
C'est sur une idée assez originale que Futuropolis associé à l'occasion à France Info que repose cette bande dessinée : mettre en image les grands évènements depuis 1987. Si le choix est forcément discutable, les auteurs s'en sortent très bien.
J'ai même eu l'agréable surprise de comprendre enfin, une histoire illustrée par Blutch. :)
Plus sérieusement, l'aventure de la Fatwa lancée sur Salman Rushdie, illustrée par David B. m'a vraiment bluffé ! Il est vraiment fort.
Autres moments particulièrement réussis : le 11 septembre, la canicule, et la place Tienanmen.
Par contre, j'ai été un peu moins réceptif au récit sur Florence Aubenas ou encore sur Maud Fontenoy.
Habituellement, j'évite les bd de compilations d'auteurs différents (genre les chansons de Truc illustrées par X auteurs), mais là, c'est vraiment une façon originale de revisiter l'info.
J'ajoute que cette bande dessinée comprend un CD retraçant 20 ans d'actualité.
C’est le premier album de Dillies que j’ai le plaisir de lire et je ne suis vraiment pas déçu. J’ai trouvé cette histoire fraîche et touchante et même si elle peut paraître très classique, la manière de la conter est superbe avec des ambiances qui ne le sont pas moins.
Le trait me plaît beaucoup, il est original et colle parfaitement à cette histoire émouvante.
Un album à la fois mélancolique et beau.
Après avoir apprécié Le Pouvoir des innocents du même auteur, je me suis lancé dans la lecture de ce thriller passionnant.
Les 3 premiers tomes m’ont littéralement scotché. C’est riche en rebondissements tout en exploitant à fond la psychologie des différents personnages qui évoluent. Cependant, je n’ai pas aimé la conclusion de cette histoire glauque.
Le 4ème tome m’a fait l’effet d’un soufflé qui retombe. Sans doute que j’en demandais trop après avoir connu le final époustouflant du « Pouvoir des Innocents ». Ce qui est surprenant dans cette BD, c’est qu’on peut passer d’un sentiment de haine puis de pitié pour le meurtrier d’un tome à l’autre. Et inversement, la victime peut également devenir un bourreau. Quel sentiment étrange et quelle maîtrise dans le scénario.
J’ai également apprécié le petit clin d’œil à l’autre série avec l’apparition du personnage de Jessica Ruppert, le maire de New-York…
Note Dessin : 4/5 – Note Scénario : 4/5 – Note Globale : 4/5
Kinky et Cosy, deux jumelles inséparables, possèdent une insatiable curiosité pour le monde sans pitié des adultes. Elles évoluent dans un univers complètement loufoque peuplé de parents infidèles, de policiers demeurés, d’extra-terrestres et même… de vibromasseurs !
Nos deux insolentes jumelles blondes évoluent dans un univers où se côtoient Lex le policier zélé, Trillion le maire mafieux ou Scalpel le savant fou. La majorité des histoires tiennent en une planche ou en une bande. Dans le troisième tome, petite nouveauté : l’apparition de deux histoires de quelques pages. Leur titre : « Crime glacé » et « Noces de verre ». Tout un programme ! L’humour est acide, souvent absurde et parfois trash. Le sexe y est très présent. La mère des deux fillettes est en effet une adepte de jouets intimes et le père un infidèle notoire. Ici, aucune mièvrerie. Tout est délirant et politiquement incorrect.
Nix est un jeune auteur belge, pourtant, son style graphique très épuré et dynamique pourrait faire penser à de l’underground américain. On retrouve un peu de « South Park » dans Kinky et Cosy. Les gags détonants et sans tabous font presque toujours mouche et offrent un ensemble d’une grande qualité. Cette série prend dorénavant une place importante dans la collection « Troisième degré » du Lombard. Mais attention ! L’album n’est pas à mettre entre toutes les mains.
1er septembre. C’est la rentrée ! Tous les professeurs des écoles retrouvent leur classe. Tous ou presque… Martin est un remplaçant et ne sait pas encore où il enseignera demain matin ni à quel niveau. Il est finalement affecté le 14 octobre dans un institut de redressement pour élèves ultra-violents.
Martin Vidberg est un jeune enseignant de 26 ans et consacre ses loisirs à la bande dessinée. Pendant une année, il fut l’instituteur d’une classe de 6 élèves extrêmement difficiles et nous raconte ici, sous forme d’un journal chronologique, cette expérience si particulière. Ils se prénomment Wesley, Rémi ou Jonas, ont entre 8 et 13 ans, sont déjà en échec scolaire et surtout, manifestent une violence excessive entre eux et envers les adultes.
L’auteur nous livre sans concession son désarroi, son isolement et son impuissance face à cette situation pour laquelle il n’a reçu aucune formation. Il met en évidence les carences et la faillite d’un système éducatif qui ne parvient pas à trouver de solution adéquate sinon un profond désintérêt face aux minorités. Martin n’a que sa propre volonté et son acharnement pour parvenir, en de rares instants, à capter l’intérêt de ses élèves. Le reste du temps, tout n’est que conflits, violence et rapports de force.
Côté dessin, l’auteur a choisi d’uniformiser ses personnages en « pommes de terre humanisées ». On a parfois du mal à distinguer ainsi les élèves et notamment Rémi et Jonas. Néanmoins, ce choix graphique permet au lecteur de conserver une certaine distance par rapport au récit en rendant les protagonistes plus anonymes. Martin Vidberg ajoute à l’excellente collection « Shampooing » des éditions Delcourt, dirigée par Lewis Trondheim, un très bel ouvrage.
Ah que vraiment pas mal du tout !..
J'ai eu ici affaire à un véritable syncrétisme entre trois genres normalement différents : le manga asiatique, la BD dite "européenne" et le comics US.
Et ce diable de Hervé Bourhis parvient à réaliser une sorte de fusion entre ces trois genres.
C'est vrai qu'il y a cette partie "comics" avec ces héros à cape et slip kangourou ; ce style franco-belge au dessin rapide et -faussement- naïf ; le manga enfin grâce à un rythme trépidant, une sorte de systématique qui se met en route dès les premières planches et qui ne se relâche pas.
Qui plus est, ces deux albums ne sont pas qu'un simple exercice de style(s) ou une parodie bien balancée ; c'est également une sorte de farce politique moins "déconnante" qu'elle ne pourrait sembler.
Cette "farce" me semble en effet une véritable mise en garde contre la prééminence de la sécurité sur la liberté ainsi que de la conformité sur la différence.
Une série qui a 3 formes de styles et -surtout- le fond. Une réussite.
Excellent... tout simplement.
Là où vont nos pères est sans doute une des plus belles choses que vous proposent les étals de vos librairies, en ce moment. Un récit relativement simple, illustré de main de maître par un dessinateur qui sait donner à chacune de ses images, une force d'évocation assez phénoménale. Si je devais le rapprocher de quelque chose de déjà connu, j’évoquerais Schuiten. Mais là encore, ce serait trop réducteur, car en plus de livrer un dessin parfaitement soigné, Tan s’adonne à un autre art difficile : la bd muette. Il y a des planches qui sont de véritables modèles de narration en bd.
Voilà pour l’aspect formel. Ce qui, maintenant, m’empêche de donner 5 étoiles à ce superbe album, c’est le petit je–ne-sais-quoi de dramaturgie qui manque au scénario et à sa thématique. Je m’explique : on dirait que Tan a voulu avant tout dédramatiser le thème de l’immigration ; s’il évoque les raisons dramatiques qui ont poussé certains à quitter leur pays, il présente l’intégration comme quelque chose de relativement évident à plus ou moins court terme. Il y a là je pense, une certaine vision « culturelle » de l’immigration, une vision typiquement anglo-saxonne. Des pays comme les USA ou l’Australie (d’où Tan est originaire) se sont constitués par les vagues d’immigration successives. Pratiquement chaque habitant est donc un immigré ou un fils d’immigré, chacun a dès lors plus de chance d’être traité à égalité avec les autres. Il n’en est pas de même en France et en Belgique, je pense, où, non seulement l'état est moins accueillant, mais où la discrimination quasi systématique mine les espoirs d’avenir des enfants d'immigrés. Chez Tan, pas de traces de la moindre discrimination, le pays est relativement accueillant, les seules réelles difficultés à s’intégrer sont dues à un dépaysement culturel. C’est là, je pense, une des limites de cette bd.
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Le Chat du Rabbin
Après lecture des 5 premiers tomes : J’ai beaucoup apprécié les 2 premiers tomes (surtout le 1) avec la prise de parole du chat faisant office d’interlocuteur qui ouvre le débat sur les différentes manières d’interpréter un texte religieux (un régal). Les deux tomes suivants sont pour moi bien en dessous voire même assez ennuyeux (il faut dire que le chat ne converse plus) même si l’humour est toujours présent. J’ai trouvé que l’histoire rebondissait un peu dans le tome 5 et c’est tant mieux ! Même si je ne suis pas trop fan du dessin de Sfar, cela n’a jamais été un frein pour acheter ses œuvres et celle-ci est à conseiller. Un tout petit 4/5 en attendant la suite.
Algernon Woodcock
Après lecture des 4 premiers tomes : Une série dont le style narratif est original et présentant beaucoup de texte. Elle est composée par des petites histoires indépendantes de 2 tomes reliées entre elles par une trame de fond. Chaque histoire donne certains éléments permettant de construire (ou plutôt supposer) l’univers fantastique suggéré par les auteurs. J’aime beaucoup les dessins de Sorel (avec ses faciès hors du commun, ses décors et ses vues plongeantes) et plus encore la colorisation. Le seul petit reproche que je puisse faire est que le déroulement est assez lent avec des pièces du puzzle distillées au compte-goutte, rendant cet univers encore trop nébuleux à ce niveau. Toutefois, la lecture de cette œuvre particulière par ses ambiances un peu oppressantes m’a beaucoup plu et je vais continuer à suivre.
L'Anneau des Nibelungen
Je ne connais pas le travail de Sébastien Ferran, mais je sens que je ne vais pas tarder à me procurer L'Odyssée, qu'il a aussi adaptée. Ici c'est donc le célèbre opéra de Richard Wagner qui nous est proposé, "librement". Un gros point commun entre ces deux mythes : ce sont des histoires où les dieux sont montrés presque comme des humains. Dans l'oeuvre d'Homère, les dieux se querellent comme dans une cour de récréation. Dans celle de Wagner, on voit notamment Wotan (Odin dans la tradition nordique) choisir d'abandonner ses deux enfants nés de l'union avec une mortelle, pour ne pas mettre en péril le couple compliqué qu'il forme avec Fricka (Frigg). Encore un qui a peur de sa mégère de bonne femme. Ne connaissant pas l'oeuvre de Wagner, je ne saurai juger la liberté d'adaptation que s'est permis Ferran. Je me concentrerai donc sur la BD telle quelle. Celle-ci est plutôt bien faite, l'histoire est assez bien racontée. Le récit est très intéressant, et se lit sans gros problème. Le dessin est plutôt agréable, même s'il est semi-réaliste finalement. Mais quoi de mieux pour une légende ? Je relèverai tout de même qu'il y a moins de soins apportés aux visages, féminins en particulier. C'est un peu dommage. Je vous recommande le doigt d'honneur d'Albérich à Wotan lorsque celui-ci vient lui réclamer l'Or du Rhin. Finalement elle est pas mal cette adaptation de légende rhénane. Allez, on lui met un 3,5/5.
France Info, 30 ans d'actualité (Le jour où...)
C'est sur une idée assez originale que Futuropolis associé à l'occasion à France Info que repose cette bande dessinée : mettre en image les grands évènements depuis 1987. Si le choix est forcément discutable, les auteurs s'en sortent très bien. J'ai même eu l'agréable surprise de comprendre enfin, une histoire illustrée par Blutch. :) Plus sérieusement, l'aventure de la Fatwa lancée sur Salman Rushdie, illustrée par David B. m'a vraiment bluffé ! Il est vraiment fort. Autres moments particulièrement réussis : le 11 septembre, la canicule, et la place Tienanmen. Par contre, j'ai été un peu moins réceptif au récit sur Florence Aubenas ou encore sur Maud Fontenoy. Habituellement, j'évite les bd de compilations d'auteurs différents (genre les chansons de Truc illustrées par X auteurs), mais là, c'est vraiment une façon originale de revisiter l'info. J'ajoute que cette bande dessinée comprend un CD retraçant 20 ans d'actualité.
Sumato
C’est le premier album de Dillies que j’ai le plaisir de lire et je ne suis vraiment pas déçu. J’ai trouvé cette histoire fraîche et touchante et même si elle peut paraître très classique, la manière de la conter est superbe avec des ambiances qui ne le sont pas moins. Le trait me plaît beaucoup, il est original et colle parfaitement à cette histoire émouvante. Un album à la fois mélancolique et beau.
L'Esprit de Warren
Après avoir apprécié Le Pouvoir des innocents du même auteur, je me suis lancé dans la lecture de ce thriller passionnant. Les 3 premiers tomes m’ont littéralement scotché. C’est riche en rebondissements tout en exploitant à fond la psychologie des différents personnages qui évoluent. Cependant, je n’ai pas aimé la conclusion de cette histoire glauque. Le 4ème tome m’a fait l’effet d’un soufflé qui retombe. Sans doute que j’en demandais trop après avoir connu le final époustouflant du « Pouvoir des Innocents ». Ce qui est surprenant dans cette BD, c’est qu’on peut passer d’un sentiment de haine puis de pitié pour le meurtrier d’un tome à l’autre. Et inversement, la victime peut également devenir un bourreau. Quel sentiment étrange et quelle maîtrise dans le scénario. J’ai également apprécié le petit clin d’œil à l’autre série avec l’apparition du personnage de Jessica Ruppert, le maire de New-York… Note Dessin : 4/5 – Note Scénario : 4/5 – Note Globale : 4/5
Kinky & Cosy
Kinky et Cosy, deux jumelles inséparables, possèdent une insatiable curiosité pour le monde sans pitié des adultes. Elles évoluent dans un univers complètement loufoque peuplé de parents infidèles, de policiers demeurés, d’extra-terrestres et même… de vibromasseurs ! Nos deux insolentes jumelles blondes évoluent dans un univers où se côtoient Lex le policier zélé, Trillion le maire mafieux ou Scalpel le savant fou. La majorité des histoires tiennent en une planche ou en une bande. Dans le troisième tome, petite nouveauté : l’apparition de deux histoires de quelques pages. Leur titre : « Crime glacé » et « Noces de verre ». Tout un programme ! L’humour est acide, souvent absurde et parfois trash. Le sexe y est très présent. La mère des deux fillettes est en effet une adepte de jouets intimes et le père un infidèle notoire. Ici, aucune mièvrerie. Tout est délirant et politiquement incorrect. Nix est un jeune auteur belge, pourtant, son style graphique très épuré et dynamique pourrait faire penser à de l’underground américain. On retrouve un peu de « South Park » dans Kinky et Cosy. Les gags détonants et sans tabous font presque toujours mouche et offrent un ensemble d’une grande qualité. Cette série prend dorénavant une place importante dans la collection « Troisième degré » du Lombard. Mais attention ! L’album n’est pas à mettre entre toutes les mains.
Le Journal d'un remplaçant
1er septembre. C’est la rentrée ! Tous les professeurs des écoles retrouvent leur classe. Tous ou presque… Martin est un remplaçant et ne sait pas encore où il enseignera demain matin ni à quel niveau. Il est finalement affecté le 14 octobre dans un institut de redressement pour élèves ultra-violents. Martin Vidberg est un jeune enseignant de 26 ans et consacre ses loisirs à la bande dessinée. Pendant une année, il fut l’instituteur d’une classe de 6 élèves extrêmement difficiles et nous raconte ici, sous forme d’un journal chronologique, cette expérience si particulière. Ils se prénomment Wesley, Rémi ou Jonas, ont entre 8 et 13 ans, sont déjà en échec scolaire et surtout, manifestent une violence excessive entre eux et envers les adultes. L’auteur nous livre sans concession son désarroi, son isolement et son impuissance face à cette situation pour laquelle il n’a reçu aucune formation. Il met en évidence les carences et la faillite d’un système éducatif qui ne parvient pas à trouver de solution adéquate sinon un profond désintérêt face aux minorités. Martin n’a que sa propre volonté et son acharnement pour parvenir, en de rares instants, à capter l’intérêt de ses élèves. Le reste du temps, tout n’est que conflits, violence et rapports de force. Côté dessin, l’auteur a choisi d’uniformiser ses personnages en « pommes de terre humanisées ». On a parfois du mal à distinguer ainsi les élèves et notamment Rémi et Jonas. Néanmoins, ce choix graphique permet au lecteur de conserver une certaine distance par rapport au récit en rendant les protagonistes plus anonymes. Martin Vidberg ajoute à l’excellente collection « Shampooing » des éditions Delcourt, dirigée par Lewis Trondheim, un très bel ouvrage.
Comix Remix
Ah que vraiment pas mal du tout !.. J'ai eu ici affaire à un véritable syncrétisme entre trois genres normalement différents : le manga asiatique, la BD dite "européenne" et le comics US. Et ce diable de Hervé Bourhis parvient à réaliser une sorte de fusion entre ces trois genres. C'est vrai qu'il y a cette partie "comics" avec ces héros à cape et slip kangourou ; ce style franco-belge au dessin rapide et -faussement- naïf ; le manga enfin grâce à un rythme trépidant, une sorte de systématique qui se met en route dès les premières planches et qui ne se relâche pas. Qui plus est, ces deux albums ne sont pas qu'un simple exercice de style(s) ou une parodie bien balancée ; c'est également une sorte de farce politique moins "déconnante" qu'elle ne pourrait sembler. Cette "farce" me semble en effet une véritable mise en garde contre la prééminence de la sécurité sur la liberté ainsi que de la conformité sur la différence. Une série qui a 3 formes de styles et -surtout- le fond. Une réussite. Excellent... tout simplement.
Là où vont nos pères
Là où vont nos pères est sans doute une des plus belles choses que vous proposent les étals de vos librairies, en ce moment. Un récit relativement simple, illustré de main de maître par un dessinateur qui sait donner à chacune de ses images, une force d'évocation assez phénoménale. Si je devais le rapprocher de quelque chose de déjà connu, j’évoquerais Schuiten. Mais là encore, ce serait trop réducteur, car en plus de livrer un dessin parfaitement soigné, Tan s’adonne à un autre art difficile : la bd muette. Il y a des planches qui sont de véritables modèles de narration en bd. Voilà pour l’aspect formel. Ce qui, maintenant, m’empêche de donner 5 étoiles à ce superbe album, c’est le petit je–ne-sais-quoi de dramaturgie qui manque au scénario et à sa thématique. Je m’explique : on dirait que Tan a voulu avant tout dédramatiser le thème de l’immigration ; s’il évoque les raisons dramatiques qui ont poussé certains à quitter leur pays, il présente l’intégration comme quelque chose de relativement évident à plus ou moins court terme. Il y a là je pense, une certaine vision « culturelle » de l’immigration, une vision typiquement anglo-saxonne. Des pays comme les USA ou l’Australie (d’où Tan est originaire) se sont constitués par les vagues d’immigration successives. Pratiquement chaque habitant est donc un immigré ou un fils d’immigré, chacun a dès lors plus de chance d’être traité à égalité avec les autres. Il n’en est pas de même en France et en Belgique, je pense, où, non seulement l'état est moins accueillant, mais où la discrimination quasi systématique mine les espoirs d’avenir des enfants d'immigrés. Chez Tan, pas de traces de la moindre discrimination, le pays est relativement accueillant, les seules réelles difficultés à s’intégrer sont dues à un dépaysement culturel. C’est là, je pense, une des limites de cette bd.