Oeuvre de commande publicitaire pour Jean-Michel Charlier, qui devait mettre à l'honneur dans son récit une boisson gazeuse dont le véritable héros de l'intrigue, le privé Dougherti, se trouve bien évidemment être friand.
Sachant cela, on pouvait craindre le pire pour cette histoire initialement intitulée "l'ange de la mort". Pourtant, l'oeuvre publiée aujourd'hui chez Casterman, débarrassée de ses allusions à la fameuse boisson, se révèle solide et intéressante. Comme toujours, le scénariste ne se laisse pas aller à la facilité et l'action débute dès les premières pages pour ne jamais retomber jusqu'à la dernière.
L'intrigue est particulièrement touffue sans perdre de sa lisibilité, portée par des dialogues vifs et intelligents, nourris de rebondissements bien sentis dont le rythme fait facilement passer les invraisemblances. Le tout ne se prend absolument pas au sérieux, et si cela se lit comme un excellent polar classique, le climat particulier avec la présence d'une secte n'en donne pas moins de la personnalité à ce récit.
Al Coutelis l'illustre dans un style dynamique proche de celui de Jijé, avec lequel il a en commun l'art de croquer une scène en quelques traits, comme de délaisser parfois les décors pour des aplats de noir, ce qui donne de la souplesse à ses mises en pages. Quelques maladresses font toutefois penser qu’il ne s’est pas autant investi ici que sur certaines de ses oeuvres ultérieures.
Ces quelques réserves mis à part, un album de bonne tenue bien défendu par un scénariste d'exception et un excellent dessinateur, qui mérite la découverte.
« Stratège » est un manga qui mériterait d'être beaucoup plus lu et connu des amateurs de BD nippones comme des autres !
On est ici assez loin des clichés manga habituels comme le héros invincible qui massacre tout le monde, les gouttes de sueur, les grimaces, etc. Tout ce que les détracteurs des mangas leur reprochent en somme.
Oui il y a une morale pacifique, un esprit de justice prononcé mais on est loin du niveau de martèlement d'autres oeuvres japonaise.
Ke-Ri est un héros tout à fait atypique : il est très humain malgré une grande force et intelligence. Ce qui fait son humanité, c'est qu'il ne sort pas indemne d'un combat. Il se blesse fréquemment et vulnérable par moment. Ce personnage est donc une grande réussite mais seulement lui. Les autres ont tous un charme fou et deviennent attachants.
Les quatre premiers tomes sont les meilleurs à mon goût. Ensuite, il y a un passage un peu moins rythmé avant d'arriver aux quatre derniers tomes à nouveau très bon. Le scénario est original. L'idée des hommes de Mo spécialisés dans la défense des cités assiégées est des plus intéressante. Même si je n'ai pas été dérangé, Stratège contient quelques passages assez violents. Attention donc aux âmes sensibles.
Une fois dans la lecture on ne décroche plus. De plus 11 tomes ce n'est pas beaucoup. La lecture n'en est que plus intense !
Le dessin est lui aussi différent de ce que le manga propose habituellement. Il est beaucoup plus "réaliste", plus brut. Le trait n'est pas tout net tout lisse. Il est parfois accidenté mais toujours d'une grande justesse et qualité.
Stratège mérite donc complètement sa place dans les immanquables du manga. J'insiste encore une fois sur le fait que ceux qui n’aiment pas le genre pourraient bien ici être conquis !
Note : 4.5/5 (j'hésite encore à mettre le maximum).
Oui. Pour moi également c’est un très gros coup de cœur ! Et quelle que soit la qualité de la suite (que j’attends déjà avec énormément d’impatience) ma note ne baissera pas. A mon goût, ce tome justifie largement à lui seul les quatre étoiles pour la série (à moins, vraiment, que ne se succèdent 10 tomes "pourris". Mais j'en doute)
Ah, quel pied ! Tellement emballé que je l’ai lu une seconde fois dans la foulée. Un humour subtil et décalé, des dialogues irrésistibles, un peu de poésie mais pas trop, des personnages attachants, et du rythme, beaucoup de rythme. Il s’en dégage une ambiance particulièrement jubilatoire, sorte de sympathique métissage des atmosphères de films comme « Mon oncle Benjamin » et « Princess Bride » avec l’excellentissime «De cape et de Crocs ». Un tout bougrement agréable porté par un dessin très vivant et très plaisant. J’ai vraiment ri de bon cœur à beaucoup de répliques ou de situations.
Un album remarquable qui me laisse jovial et détendu pour la journée.
Si vous n’en avez qu’un à acheter ce mois-ci, aucune hésitation, c’est celui-là !
Petit amuse-gueule : « J’épouserai tantôt la belle Pimprinule et à n’en pas douter, deviendrai bientôt roi. Me faisant tout de go en or les testicules, j’irai le cœur léger me vautrer dans la soie ! » :)
Superbe premier tome, l'histoire est bien mise en place mais il faudra attendre le tome 2 pour comprendre où se trouvent nos personnages. Le dessin est vraiment très beau, il y a de superbes planches et quelques cadrages magnifiques. La colorisation est dense et pourtant assez douce.
La base du scénario est osée. Traiter du cancer chez les enfants et sans le nommer directement en faire une histoire métaphorique, dans un monde imaginaire et légendaire, sur le traitement et la lutte contre ce fléau.
Une belle surprise qui ne demande qu'à confirmer.
Il y a des séries qui sentent bon dès leur premier tome. Célestin Gobe-la-lune appartient à cet race des tomes 1 qui emballent dès les premières pages. Quelques planches et le ton est donné : amusant et survolté, vitaminé et poétique, léger et parodique. Le caractère complètement allumé du personnage principal est tout à fait réjouissant. Les dialogues sont écrits avec une plume soucieuse de ses effets et le dessin n’est pas en reste, dynamique et soigné, il souffre (allez, je vais faire toute de même un petite critique) parfois d’un encrage un peu trop dur et de couleurs trop sombres. Mais je chipote.
L’album du jour, de la semaine ! Du mois ! La série du siècle ! Me voilà, comme Célestin, à vous faire gober les idées les plus folles !
Avec « Les vaincus », Duchazeau, pour la première fois en solo, nous raconte la chute du peuple inca. L’intrigue est cruelle et pleine de ce bruit et cette fureur qu’on imagine très bien. Epoque cruelle ou l’arrogance de la toute puissante Europe chrétienne exterminait à tour de bras tous les peuples qui se mettaient sur son chemin.
Le récit est sombre, violent, torturé, magnifiquement mis en image par un noir et blanc d’une impressionnante expressivité. Duchazeau a su nous intéresser à cette histoire en choisissant le point de vue d’un homme du peuple, un messager, de ceux qui parcouraient l’empire incas et lui conféraient son unité. En témoin privilégié, le personnage principal témoigne de cette chute, et de sa souffrance de voir son monde s’anéantir.
Pas besoin de présentation, je pense que tout le monde connaît ou presque.
Scénar très long (il reste encore une 10aine d'année avant de connaître la fin) mais très bon, beaucoup d'intrigues de rebondissement, des éléments qui dénouent ou au contraire qui en ajoutent.
Les dessins sont super, propres, réalistes, un classique bien maîtrisé. La coloration change 2 fois depuis le début de la série (jusqu'au tome 10), ça surprend surtout le dernier, couleurs très vives.
Les découpages donnent un bon rythme au scénar mais en même temps les albums se lisent trop vite. Quelques explications courtes et énigmatiques ajoutent un ton obscur. Elles complètent sobrement la popote en donnant un style bien particulier à la série. Elle reste une référence mais, à mon avis, ne peut être classée en culte en raison de sa très longue histoire (pas assez synthétique).
Avant de s’abonner aux chants des Stryges, il faut la lire dans les bibliothèques ou l’emprunter à quelqu’un. L’histoire envoûtante laisse pourtant en suspend à chaque fin d’album pouvant lasser à terme.
J'ai trouvé que « l'Infirmerie après les cours » avait au contraire une intrigue assez captivante. Bon, effectivement, il correspond au genre de mangas où l'on retrouve l'immuable triangle amoureux, et les sentiments toujours très purs d'adolescents quelques peu innocents mais il y a derrière, des intrigues plus complexes.
Tout d'abord, il y a le personnage principal, mi-femme mi-homme qui cherche son identité mais qui ne parvient qu'à renier une partie de lui-même, et le fait qu'il n'est pas sincère dans son amour (rare pour le personnage principal d'une histoire il me semble).
Il y a aussi l'étrange "cours" de l'infirmerie, qui rassemble quatre élèves dans le même rêve, mais aussi le mystère de ce que deviennent les élèves une fois qu'ils sont partis de l'école, la question de savoir pourquoi personne ne se rappelle d'eux et ce qu'ils peuvent bien devenir.
D'autre part on est amené à se questionner sur qui est qui dans les rêves où, seul le personnage principal, pourtant mal dans sa peau, dévoile son vrai visage. Voilà pourquoi l'intrigue me semble originale et que j'attends le prochain tome avec plaisir.
Je vais pas m'éterniser sur les ressemblances avec le nom de la rose, on a presque fait le tour.
J'adore cette série, la meilleure de la collection celtique avec Le sang du Dragon.
Sûrement celle qui développe le mieux les légendes celtiques et ce qui s'y rapporte ; le culte druidique est très intéressant, surtout pour un breton attaché à ses origines celtiques tel que moi. Le traitement de ces mythes ressemble un peu à celui d'Arthur en voulant coller le plus possible aux éventuels écrits.
L'intrigue en elle-même manque certes d'originalité mais avance bon train et est agréable à suivre. Les dessins en revanche sont inégaux, je trouve. Lamontagne est très bon en ce qui concerne les paysages et pour donner une ambiance sombre parsemée de lumière (La double page de la ville d'ys est magnifique), par contre je butte un peu sur les visages surtout ceux des femmes et leurs yeux (sa Dahud ne vaut pas celle, magnifique, de Merlin ).
Mais bon c'est un peu du détail compte tenu de toutes les autres qualités de cette bd que je vous engage à découvrir. Pas beaucoup d'action mais une histoire très bien construite où la fin de chaque tome laisse le lecteur dans un suspense insoutenable. Vite le tome 4...
Contrairement à d'autres posteurs, le dessin de cette bd ne m'attirait pas trop mais, après que plusieurs personnes me l'aient conseillée, je me suis décidé à l'acheter.
Ce fut une toute bonne surprise car je me suis très vite habitué au style de Carré et l'ai très rapidement apprécié.
Quand au scénario, il n'est certes pas des plus originaux, mais est carrément captivant, fluide et bien ficelé.
De plus, ce premier tome n'est pas de ceux qui laissent le lecteur sur sa faim, de ceux qui n'en dévoilent que très peu sur le reste de l'histoire et qui énervent plus qu'autre chose, vu le temps qu'il faut souvent attendre avant la parution du deuxième tome.
J'aurait bien mis cinq étoiles à cette bd mais je me suis résolu à n'en mettre que quatre dans le but d'être prudent et de voir si la suite sera de même qualité.
En tout cas ça s'annonce très bien et j'ai très bon espoir pour la suite.
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Oeuvre de commande publicitaire pour Jean-Michel Charlier, qui devait mettre à l'honneur dans son récit une boisson gazeuse dont le véritable héros de l'intrigue, le privé Dougherti, se trouve bien évidemment être friand. Sachant cela, on pouvait craindre le pire pour cette histoire initialement intitulée "l'ange de la mort". Pourtant, l'oeuvre publiée aujourd'hui chez Casterman, débarrassée de ses allusions à la fameuse boisson, se révèle solide et intéressante. Comme toujours, le scénariste ne se laisse pas aller à la facilité et l'action débute dès les premières pages pour ne jamais retomber jusqu'à la dernière. L'intrigue est particulièrement touffue sans perdre de sa lisibilité, portée par des dialogues vifs et intelligents, nourris de rebondissements bien sentis dont le rythme fait facilement passer les invraisemblances. Le tout ne se prend absolument pas au sérieux, et si cela se lit comme un excellent polar classique, le climat particulier avec la présence d'une secte n'en donne pas moins de la personnalité à ce récit. Al Coutelis l'illustre dans un style dynamique proche de celui de Jijé, avec lequel il a en commun l'art de croquer une scène en quelques traits, comme de délaisser parfois les décors pour des aplats de noir, ce qui donne de la souplesse à ses mises en pages. Quelques maladresses font toutefois penser qu’il ne s’est pas autant investi ici que sur certaines de ses oeuvres ultérieures. Ces quelques réserves mis à part, un album de bonne tenue bien défendu par un scénariste d'exception et un excellent dessinateur, qui mérite la découverte.
Bokko (Stratège)
« Stratège » est un manga qui mériterait d'être beaucoup plus lu et connu des amateurs de BD nippones comme des autres ! On est ici assez loin des clichés manga habituels comme le héros invincible qui massacre tout le monde, les gouttes de sueur, les grimaces, etc. Tout ce que les détracteurs des mangas leur reprochent en somme. Oui il y a une morale pacifique, un esprit de justice prononcé mais on est loin du niveau de martèlement d'autres oeuvres japonaise. Ke-Ri est un héros tout à fait atypique : il est très humain malgré une grande force et intelligence. Ce qui fait son humanité, c'est qu'il ne sort pas indemne d'un combat. Il se blesse fréquemment et vulnérable par moment. Ce personnage est donc une grande réussite mais seulement lui. Les autres ont tous un charme fou et deviennent attachants. Les quatre premiers tomes sont les meilleurs à mon goût. Ensuite, il y a un passage un peu moins rythmé avant d'arriver aux quatre derniers tomes à nouveau très bon. Le scénario est original. L'idée des hommes de Mo spécialisés dans la défense des cités assiégées est des plus intéressante. Même si je n'ai pas été dérangé, Stratège contient quelques passages assez violents. Attention donc aux âmes sensibles. Une fois dans la lecture on ne décroche plus. De plus 11 tomes ce n'est pas beaucoup. La lecture n'en est que plus intense ! Le dessin est lui aussi différent de ce que le manga propose habituellement. Il est beaucoup plus "réaliste", plus brut. Le trait n'est pas tout net tout lisse. Il est parfois accidenté mais toujours d'une grande justesse et qualité. Stratège mérite donc complètement sa place dans les immanquables du manga. J'insiste encore une fois sur le fait que ceux qui n’aiment pas le genre pourraient bien ici être conquis ! Note : 4.5/5 (j'hésite encore à mettre le maximum).
Célestin Gobe-la-lune
Oui. Pour moi également c’est un très gros coup de cœur ! Et quelle que soit la qualité de la suite (que j’attends déjà avec énormément d’impatience) ma note ne baissera pas. A mon goût, ce tome justifie largement à lui seul les quatre étoiles pour la série (à moins, vraiment, que ne se succèdent 10 tomes "pourris". Mais j'en doute) Ah, quel pied ! Tellement emballé que je l’ai lu une seconde fois dans la foulée. Un humour subtil et décalé, des dialogues irrésistibles, un peu de poésie mais pas trop, des personnages attachants, et du rythme, beaucoup de rythme. Il s’en dégage une ambiance particulièrement jubilatoire, sorte de sympathique métissage des atmosphères de films comme « Mon oncle Benjamin » et « Princess Bride » avec l’excellentissime «De cape et de Crocs ». Un tout bougrement agréable porté par un dessin très vivant et très plaisant. J’ai vraiment ri de bon cœur à beaucoup de répliques ou de situations. Un album remarquable qui me laisse jovial et détendu pour la journée. Si vous n’en avez qu’un à acheter ce mois-ci, aucune hésitation, c’est celui-là ! Petit amuse-gueule : « J’épouserai tantôt la belle Pimprinule et à n’en pas douter, deviendrai bientôt roi. Me faisant tout de go en or les testicules, j’irai le cœur léger me vautrer dans la soie ! » :)
La Confrérie du crabe
Superbe premier tome, l'histoire est bien mise en place mais il faudra attendre le tome 2 pour comprendre où se trouvent nos personnages. Le dessin est vraiment très beau, il y a de superbes planches et quelques cadrages magnifiques. La colorisation est dense et pourtant assez douce. La base du scénario est osée. Traiter du cancer chez les enfants et sans le nommer directement en faire une histoire métaphorique, dans un monde imaginaire et légendaire, sur le traitement et la lutte contre ce fléau. Une belle surprise qui ne demande qu'à confirmer.
Célestin Gobe-la-lune
Il y a des séries qui sentent bon dès leur premier tome. Célestin Gobe-la-lune appartient à cet race des tomes 1 qui emballent dès les premières pages. Quelques planches et le ton est donné : amusant et survolté, vitaminé et poétique, léger et parodique. Le caractère complètement allumé du personnage principal est tout à fait réjouissant. Les dialogues sont écrits avec une plume soucieuse de ses effets et le dessin n’est pas en reste, dynamique et soigné, il souffre (allez, je vais faire toute de même un petite critique) parfois d’un encrage un peu trop dur et de couleurs trop sombres. Mais je chipote. L’album du jour, de la semaine ! Du mois ! La série du siècle ! Me voilà, comme Célestin, à vous faire gober les idées les plus folles !
Les vaincus
Avec « Les vaincus », Duchazeau, pour la première fois en solo, nous raconte la chute du peuple inca. L’intrigue est cruelle et pleine de ce bruit et cette fureur qu’on imagine très bien. Epoque cruelle ou l’arrogance de la toute puissante Europe chrétienne exterminait à tour de bras tous les peuples qui se mettaient sur son chemin. Le récit est sombre, violent, torturé, magnifiquement mis en image par un noir et blanc d’une impressionnante expressivité. Duchazeau a su nous intéresser à cette histoire en choisissant le point de vue d’un homme du peuple, un messager, de ceux qui parcouraient l’empire incas et lui conféraient son unité. En témoin privilégié, le personnage principal témoigne de cette chute, et de sa souffrance de voir son monde s’anéantir.
Le Chant des Stryges
Pas besoin de présentation, je pense que tout le monde connaît ou presque. Scénar très long (il reste encore une 10aine d'année avant de connaître la fin) mais très bon, beaucoup d'intrigues de rebondissement, des éléments qui dénouent ou au contraire qui en ajoutent. Les dessins sont super, propres, réalistes, un classique bien maîtrisé. La coloration change 2 fois depuis le début de la série (jusqu'au tome 10), ça surprend surtout le dernier, couleurs très vives. Les découpages donnent un bon rythme au scénar mais en même temps les albums se lisent trop vite. Quelques explications courtes et énigmatiques ajoutent un ton obscur. Elles complètent sobrement la popote en donnant un style bien particulier à la série. Elle reste une référence mais, à mon avis, ne peut être classée en culte en raison de sa très longue histoire (pas assez synthétique). Avant de s’abonner aux chants des Stryges, il faut la lire dans les bibliothèques ou l’emprunter à quelqu’un. L’histoire envoûtante laisse pourtant en suspend à chaque fin d’album pouvant lasser à terme.
L'Infirmerie après les cours
J'ai trouvé que « l'Infirmerie après les cours » avait au contraire une intrigue assez captivante. Bon, effectivement, il correspond au genre de mangas où l'on retrouve l'immuable triangle amoureux, et les sentiments toujours très purs d'adolescents quelques peu innocents mais il y a derrière, des intrigues plus complexes. Tout d'abord, il y a le personnage principal, mi-femme mi-homme qui cherche son identité mais qui ne parvient qu'à renier une partie de lui-même, et le fait qu'il n'est pas sincère dans son amour (rare pour le personnage principal d'une histoire il me semble). Il y a aussi l'étrange "cours" de l'infirmerie, qui rassemble quatre élèves dans le même rêve, mais aussi le mystère de ce que deviennent les élèves une fois qu'ils sont partis de l'école, la question de savoir pourquoi personne ne se rappelle d'eux et ce qu'ils peuvent bien devenir. D'autre part on est amené à se questionner sur qui est qui dans les rêves où, seul le personnage principal, pourtant mal dans sa peau, dévoile son vrai visage. Voilà pourquoi l'intrigue me semble originale et que j'attends le prochain tome avec plaisir.
Les Druides
Je vais pas m'éterniser sur les ressemblances avec le nom de la rose, on a presque fait le tour. J'adore cette série, la meilleure de la collection celtique avec Le sang du Dragon. Sûrement celle qui développe le mieux les légendes celtiques et ce qui s'y rapporte ; le culte druidique est très intéressant, surtout pour un breton attaché à ses origines celtiques tel que moi. Le traitement de ces mythes ressemble un peu à celui d'Arthur en voulant coller le plus possible aux éventuels écrits. L'intrigue en elle-même manque certes d'originalité mais avance bon train et est agréable à suivre. Les dessins en revanche sont inégaux, je trouve. Lamontagne est très bon en ce qui concerne les paysages et pour donner une ambiance sombre parsemée de lumière (La double page de la ville d'ys est magnifique), par contre je butte un peu sur les visages surtout ceux des femmes et leurs yeux (sa Dahud ne vaut pas celle, magnifique, de Merlin ). Mais bon c'est un peu du détail compte tenu de toutes les autres qualités de cette bd que je vous engage à découvrir. Pas beaucoup d'action mais une histoire très bien construite où la fin de chaque tome laisse le lecteur dans un suspense insoutenable. Vite le tome 4...
Smoke City
Contrairement à d'autres posteurs, le dessin de cette bd ne m'attirait pas trop mais, après que plusieurs personnes me l'aient conseillée, je me suis décidé à l'acheter. Ce fut une toute bonne surprise car je me suis très vite habitué au style de Carré et l'ai très rapidement apprécié. Quand au scénario, il n'est certes pas des plus originaux, mais est carrément captivant, fluide et bien ficelé. De plus, ce premier tome n'est pas de ceux qui laissent le lecteur sur sa faim, de ceux qui n'en dévoilent que très peu sur le reste de l'histoire et qui énervent plus qu'autre chose, vu le temps qu'il faut souvent attendre avant la parution du deuxième tome. J'aurait bien mis cinq étoiles à cette bd mais je me suis résolu à n'en mettre que quatre dans le but d'être prudent et de voir si la suite sera de même qualité. En tout cas ça s'annonce très bien et j'ai très bon espoir pour la suite. A lire absolument et à posséder pour les collectionneurs !!!