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Couverture de la série Les Campbell
Les Campbell

Oh, la bonne surprise que voilà ! J’ai toujours grandement apprécié le dessin de Munuera (que je trouve coloré et dynamique) mais n’avais malheureusement jamais été satisfaite de ses quelques œuvres que j’avais pu lire. Disons aussi que je l’associe à l’une des pires périodes de Spirou, alors… Mais là, cette série traînait dans ma bibliothèque, je voyais qu’elle sortait souvent et j’ai donc finalement décidé de lui donner sa chance. Et j’ai bien fait ! Les Campbell, c’est beaucoup de choses sous une forme assez simple : un drame familial, un conflit fratricide, l’histoire d’une famille monoparentale toujours hantée par la mort de la mère, le tout sous une forme de récit jeunesse. Savoir faire une œuvre simple mais bien réalisée, adaptée aux enfants et agréable pour les adultes aimant les drames simples ou tout simplement les récits entraînants que l’on trouve si souvent en jeunesse, ça mérite tout de même un applaudissement. J’y retrouve aussi des débuts de pensées et de sous-textes ma foi intéressants, notamment la fin de l’âge d’or de la piraterie et de la liberté utilisée comme métaphore du passage à l’âge adulte et de la perte d’une certaine forme d’innocence (idée que l’on retrouve bien mieux développée dans la trilogie originale des Pirates des Caraïbes, d’ailleurs). Mais peut-être que je m’emporte dans cette lecture… En tout cas, même si ce sous-texte n’est qu’une de mes affabulations, ce n’est pas grave, car l’intérêt principal de cette série ne repose pas (ou en tout cas pas complètement) sur la piraterie et ses symboliques. C’est avant tout une histoire de famille : de la famille de sang, celle qui reste, celle qui nous trahit, celle qui nous abandonne, celle que l’on veut protéger et celle que l’on hait. Mais aussi la famille du cœur, celle que l’on choisit, celle que l’on protège et aime coûte que coûte, et je trouve que c’est un simple mais très bon message à transmettre. Et moi qui suit amatrice d’œuvres sentimentales, romantiques et tragiques, j’avoue avoir grandement apprécié et même lâché quelques larmes à la fin du dernier tome. Bon, certes, l’œuvre n’est pas sans défaut. L’humour ne fait pas forcément mouche hors d’un publique jeunesse mais, même si l’on ne rit pas aux blagues, on y sourit volontiers (l’ambiance est vraiment bon enfant). Non, le vrai défaut objectif que je donnerais à cette série, c’est les quelques facilités scénaristiques auxquelles elle a parfois recours (la réplique sur la « quatrième malédiction » concluant le dernier tome est très belle, mais tombe un peu comme un cheveu sur la soupe puisque, si j’ai bien suivi l’histoire, les deux frères ne se sont pas revus depuis toutes ces années et l’autre n’est pas censé être au courant de cette histoire de trois malédictions, mais bref…). Je donnerais 4 étoiles à cette série (note réelle 3,5). Peut-être est-ce trop généreux, mais je me dis qu’une histoire si sympathique mériterait de voir sa note remonter. Et puis ma larme lâchée lors de cette lecture vaut bien une quatrième étoile (émotive que je suis…).

16/10/2024 (modifier)
Par Emka
Note: 4/5
Couverture de la série Oh, Lenny
Oh, Lenny

Je ne savais pas à quoi m'attendre en lisant cet album et c'était d'autant mieux ! Avis donc aux lecteurs d'avis, vous serez forcément spoilés par la suite et aurez moins la surprise. J'ai beaucoup aimé l’ambiance installée dès les premières pages. Le quotidien de June, isolée dans une banlieue trop tranquille, est dépeint avec une simplicité qui fait ressortir le malaise. La découverte de Lenny, cette créature trouvée dans un égout, devient rapidement le point de bascule, transformant une vie en apparence ordinaire en quelque chose de bien plus étrange. L’évolution de la relation entre June et cette créature est traitée de manière subtile, tout en laissant planer une certaine inquiétude. La créature devient à la fois attachante et inquiétante, et on ne sait jamais à quel point elle est inoffensive, ce qui pousse à rester sur ses gardes tout au long du récit. Le dessin, en ligne claire est très plaisant et contraste avec la montée en tension progressive. Le choix graphique rend le récit visuellement limpide, mais ne dissipe jamais vraiment le malaise qui s’installe petit à petit. Cela donne un contraste intéressant entre le style épuré et la noirceur de l’histoire. Comme souvent, j’ai trouvé que certains moments traînaient un peu, et que l’intrigue, même si elle suit un bon rythme, aurait pu être plus resserrée. Il y a un vrai travail sur l’atmosphère, mais parfois au détriment du rythme. Cela dit, l’ensemble tient très bien la route, notamment grâce à la manière dont l’histoire joue sur l’ambiguïté de la situation. Un récit qui reste en mémoire, sans en faire trop, mais qui aurait gagné à aller un peu plus loin dans l’intensité.

16/10/2024 (modifier)
Par Emka
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Une histoire de voleurs et de trolls
Une histoire de voleurs et de trolls

Série découverte grâce à l'avis de Ro que je remercie ! Je me suis vraiment laissé emporter par cet album qui m’a fait retrouver une sensation presque nostalgique de la fantasy à l’ancienne. Il y a quelque chose d’authentique dans cette aventure, une imagination débordante qui s’éloigne des standards post-Lanfeust pour offrir un univers original, avec un graphisme qui m’a particulièrement plu. Je ne connaissais pas l'auteur non plus, et le dessin, souvent proche de l’illustration, est très soigné, presque impeccable dans sa clarté. La colorisation est superbe, le dessin très abouti, minutieux et détaillé, avec des paysages très riches et un soin particulier apporté pour rendre les personnages expressifs. Juste quelques mouvements de personnages, vus sous certains angles qui m'ont un peu gênés. Le scénario, lui aussi, m’a accroché. J'ai aussi eu peur de retomber dans les classiques du genre avec le personnage du voleur roublard et vantard, mais que j’ai trouvé sympathique au final. L'humaine apporte une autre dynamique intéressante. Ce duo improbable fonctionne bien et l’intrigue se densifie au fur et à mesure que de nouveaux éléments viennent bouleverser le récit. Le scénario évite les facilités narratives pour embrasser quelque chose de plus vaste et inattendu à la fin du premier tome. L'ensemble est bien construit, dans un univers qui ne se contente pas de recycler des clichés mais qui apporte un souffle nouveau, tout en restant dans les codes du genre. Coup de coeur pour moi aussi.

16/10/2024 (modifier)
Par grogro
Note: 4/5
Couverture de la série Lucky Luke - Jolly Jumper ne répond plus
Lucky Luke - Jolly Jumper ne répond plus

Alors, on parlait justement de noter ou pas toutes les BD qu'on lisait. Je n'avais pas encore noté celle-ci, lue pourtant à sa sortie, alors qu'en plus, c'est de sa couverture que je tire mon avatar !!!! La grosse Tehon ! Je répare le truc et vole au secours de cet auteur que j'aime tant. Bouzard est l'un des rares auteurs à me filer des crampes aux zygomatiques. Lui filer 1/5 ? Impossible pour moi d'accepter cette idée. NON !!! Oui, je le concède d'emblée, cet épisode ne vaut pas 4/5, mais je me devais de rectifier le tir. - D'abord, c'est drôle. Le gag du maire qui propose une brindille à Lucky Luke est proprement excellent. - La couv est marrante comme tout, ainsi que le titre. - Et puis bon, cette idée d'une brouille entre Lucky Luke et Jolly Jumper est quand même sympa. Certes, on ne s'attend pas à une aventure de ouf avec moults rebondissements, mais ça le fait bien. - Je ne me rappelle pas de tout. - Je fais ce que je veux, y compris être de mauvaise foi. Mais au fait, quelqu'un a-t-il des nouvelles de Bouzard ?

16/10/2024 (modifier)
Par cac
Note: 4/5
Couverture de la série La Route
La Route

Très belle lecture, certes elle est parfois dure visuellement avec des scènes choc. C'est la survie, certains deviennent cannibales. La route, la Route avec un grand R même et bien que je ne l'ai pas lu est la référence littéraire du post-apocalyptique. Un homme et son fils tentent de s'en sortir en évitant toute mauvaise rencontre, poussant leur chariot sans fin tel Sisyphe poussant sa pierre. Manu Larcenet sort un récit qui happe le lecteur et son dessin est un atout indéniable. Je trouve par contre la couverture assez ratée, elle manque de visibilité et c'est à la lecture que j'ai compris qu'ils passaient près d'une chute d'eau.

15/10/2024 (modifier)
Couverture de la série Paul a un travail d'été
Paul a un travail d'été

Je découvre (enfin) Paul avec cet album. Un personnage et un auteur qui m’intéressaient depuis longtemps. Et bien je dois dire que j’en suis sorti assez conquis. Je ne crie pas à la révolution mais la magie a opéré tout doucement sur moi. En tout cas ça m’a donné envie de pousser plus loin avec ce personnage, surtout que c’est l’une des premières productions de l’auteur. J’ai lu ce tome dans l’édition formule vacances ! (édition regroupée avec Paul dans le Nord). Le petit format n’a pas été un frein, j’ai même haché ma lecture x fois. En fait, on touche là à tout le savoir faire de l’auteur. C’est fluide, lisible, fait avec beaucoup d’honnêteté et de fausse simplicité. Bref c’est admirablement bien raconté. Pourtant tout n’est pas passionnant mais il y a une vrai alchimie qui se crée à la lecture. De la sincérité, de la bonhomie, et surtout la construction du récit, j’ai eu quelques moments d’émotions. Dans le cas présent, l’auteur raconte ses 18 ans et les tournants qui vont avec. Je me répète mais c’est franchement bien fait et le langage ajoute sa touche de charme. J’avais lu d’autres œuvres (Un été d'enfer !, Chroniques de jeunesse …) se rapprochant un peu des thématiques développés ici. Cette déclinaison de Paul les enterre tous.

15/10/2024 (modifier)
Couverture de la série Caravage - L'Ombre du peintre
Caravage - L'Ombre du peintre

L’approche de cet album est différente de celle de Manara dans son récent diptyque sur le même peintre. D’abord bien sûr le dessin est différent ! Mais, si le trait réaliste et classique de Manara est vraiment excellent, j’ai aussi bien aimé le dessin d’Anderle (que je découvre ici). C’est un trait moderne, très nerveux, et il a su donner à certaines cases la force qu’on retrouve dans des dessins de Goya. C’est très expressif, et cela accompagne très bien le récit. Car ce récit ne s’intéresse qu’au bonhomme « ordinaire ». L’artiste est presque évacué de la partie BD, ce qui donne – étant donné la vie mouvementée du Caravage (il était bagarreur, instable, violent et passionné) – quelque chose de très rythmé. Quelques passages picaresques, un peu d’humour, une agitation chronique, les déambulations du Caravage dans toute l’Italie – et les rencontres qu’il fait à cette occasion – donnent une lecture plaisante. Bien sûr, l’œuvre du peintre n’est pas absente. Chaque chapitre est entrecoupé de deux ou trois pages présentant son histoire, mais aussi ses tableaux (nombreuses reproductions), analysés pour certains par des conservateurs spécialistes. Bref, c’est une lecture à la fois plaisante et instructive, différente mais complémentaire de celle de Manara sur le même sujet.

15/10/2024 (modifier)
Couverture de la série La Longue Marche des Dindes
La Longue Marche des Dindes

Il y a dans ce récit pas mal de naïveté, et une très grosse dose de bons sentiments. Presque tous les personnages sont ici en rédemption : Simon, le jeune héros prouve qu’il « vaut » quelque chose (seule son institutrice semblait y croire), et la jeune esclave en fuite, la femme ayant tout perdu, le muletier ivrogne, trouvent aussi tous un moyen de regagner en dignité en accompagnant Simon dans un périple a priori fou. Car Simon est un turkey-boy, il va convoyer 1000 dindes sur des centaines de kilomètres jusqu’à Denver, et vivre des aventures qui vont lui permettre, ainsi qu’à ceux qui vont successivement s’agréger à son « équipe » de donner le meilleur d’eux-mêmes. Un peu farfelue, pleine de bons sentiments donc (Noirs esclaves, Indiens, femmes, tous les laissés pour compte de l’Amérique ont ici le beau rôle, et les « méchants – le père de Simon qui ne pense qu’à le voler, les soldats tuant les dindes pour le plaisir, sont immanquablement « punis par les représentants de l’ordre, Sheriff ou officier), cette histoire s’adresse à un jeune lectorat, qui y trouvera sans doute son bonheur. C’est en fonction du lectorat visé que je la note.

15/10/2024 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Le Dieu-Fauve
Le Dieu-Fauve

3.5 Je rejoins les avis positifs sur ce one-shot et je ne pas trop quoi ajouter. Ah si. J'ai moins aimé le premier chapitre qui montre la vie du singe dans la nature et particulière le fait qu'on a droit qu'à du texte narratif qui décrit les pensés et les actions des singes. C'est un truc que je trouve lourd à lire et j'ai eu peur que ça soit comme ça tout le long de l'album. Heureusement, les humains vont débarquer et s'il y a encore beaucoup de textes narrations, il y aussi des gens qui parlent et ça passent mieux pour moi. Donc voilà le scénario est dense, captivant avec des scènes mémorables, mais cela m'a prit quand même un peu de temps pour que je rentre complètement dans le récit ce qui explique pourquoi ma vraie note est entre 3 et 4 étoiles. Le dessin est vraiment spectaculaire avec une bonne mise en scène très bien maitrisé. Un des albums de 2024 à lire absolument.

15/10/2024 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Carcajou
Carcajou

Je ressors de cette BD avec le même sentiment qu'après avoir fini Le Serpent et le Coyote : une BD qui brode sur un canevas classique mais si bien qu'on ne peut lui en tenir rigueur. C'est l’apanage des grands conteurs, ça ! En effet, l'histoire ne raconte rien de fondamentalement neuf : un gars qui veut extorquer les propriétaires du coin pour leur piquer leur terres et s'enrichir, une ville où il règne en maitre avec la complicité du chef de la police, un vieux métis qui vit en solitaire sur une colline chargée en pétrole ... C'est simple et classique dans le déroulé, mais l'intérêt n'est jamais dans la surprise. L'intérêt, il est avant tout dans les personnages : ce sont des personnages typés (et pas stéréotypés) qui se développent petit à petit. Le métis solitaire n'est pas épris de nature contre une industrialisation, c'est un vieux pochtron attaché à sa colline, point. Le méchant n'est pas monolithique et même plus pathétique (et risible) que caricaturale. Les contrepoints sont nombreux dans le récit, pour montrer surtout une société foncièrement injuste, où l'argent et la force règnent en maitre. L'ensemble se tient narrativement jusqu'au bout, avec une petite page finale que je n'ai pas vu venir d'ailleurs. Le récit est rythmé sans temps mort et avec toujours une petite pointe pour relancer l'intérêt. Chaque partie est clairement exposée, on sait où on va mais l'intérêt est surtout de savoir comment. Et le final est à la hauteur des attentes, avec une séquence qui en jette niveau dessin d'ailleurs. Ce dernier se fait toujours discret mais joue avec son trait gras, son environnement sobre mais présent et ses personnages animés à chaque case. On sent que Eldiablo s'est attaché à en faire des humains animés, pas juste des pantins au service d'un récit. Et c'est ce qui marche ! Un très bon western, sobre et classique, qui ne joue que modérément la carte du fantastique pour livrer une histoire qui prend rapidement le lecteur. C'est classique mais bon !

15/10/2024 (modifier)