Bienvenue, bienvenue dans la vie de Bras, petit miracle de la vie né dans des conditions difficiles et gâté par la vie et les rencontres qu’il va y faire.
Bienvenue oui dans le quotidien de cet aspirant écrivain contraint d’écrire des rubriques nécrophiles alors qu’il n’aspire qu’à parler de la vie et des petits tours qu’elle lui joue entre son grand ami Jorge, cette ombre paternelle absente et présente et les femmes dont il va partager l’existence.
Sous le soleil rougeoyant du Brésil, le lecteur va être immédiatement pris dans cette spirale apaisante et finalement banale. Le récit se laisse lire par une facilité déconcertante et on est vite happé par le quotidien de notre héros charismatique.
Mais Bras n’est pas un superhéros, il ne sauve personne ni même sa propre existence car chaque chapitre correspond à une période de sa vie avec une issue fatale en guise de conclusion.
Rien de fantastique dans tout cela, Daytripper se contente de raconter la même histoire universelle sur la vie et la mort et ne délivre aucune clé, aucune réponse à nos problèmes existentiels.
Mais il le fait avec tellement de brio et de fluidité qu’il ne peut laisser personne indifférent en fonction de notre expérience personnelle et unique.. Qu’il s’agisse de la rencontre avec une jeune femme fatale ou plus tard de l’attente de nouvelles par sa famille, on passe du rire aux larmes sans jamais perdre complètement le sourire et l’espoir…
Avec un découpage aussi rythmé et intelligent (le chapitrage n’aura jamais été aussi important que la narration) au style graphique simple et parfaitement en adéquation avec les propos tenus (les couleurs sont superbes), les auteurs prometteurs ne font rien de plus que de faire la démonstration que si nous avons 1000 vies à vivre, nous avons également 1000 morts à venir… Et qu’on ait 20 ou 40 ans finalement carpe diem…
Mais que tout cela ne vous empêche pas de lire cette histoire dont le seul reproche est finalement de se lire bien trop vite malgré sa taille conséquente. Finalement 10 chapitres c’est trop peu alors qu’on pourrait en lire 1000 indéfiniment…
Voilà le genre de série à côté de laquelle je serais passé si je n’avais pas été un indécrottable curieux boulimique. Et, franchement, j’aurais raté quelque chose !
Shelley nous propose de suivre les pas de deux personnages, Mary et Percy. Vous me direz : « mais qui est Percy ? » (et si vous me dite « mais qui est Mary ? », non seulement vous chuteriez dans mon estime mais de plus je vous inviterais à découvrir ce formidable roman qu’est « Frankenstein »). Percy est un poète anglais issu d’une famille aisée. Romantique, contestataire, totalement immature, abject à l’occasion, il m’est pourtant apparu des plus attachants. Un portrait sans doute très proche de la réalité (à ce sujet, le petit dossier complémentaire fourni à la fin du second album nous éclaire intelligemment sur certains aspects du récit) mais tiré avec tant d’humour et de gentillesse qu’il est difficile de ne pas s’attacher au gaillard.
Tout l’intérêt du premier tome repose d’ailleurs sur la personnalité de son personnage central. Grâce à lui, je me suis retrouvé plongé dans ce romantisme anglais qui m’attire tant (nous croiserons d’ailleurs Lord Byron au fil de ces pages).
La narration est fluide et le ton privilégie l’humour. J’ai suivi les aventures de cet inconséquent personnage avec plaisir. Sa naïveté, son goût pour la provocation (parfois involontaire) rendent le récit vivant. Les auteurs nous baladent dans toute la Grande-Bretagne, d’Oxford à Edimbourg en passant par Londres ou l’Irlande. Et c’est là une occasion de mieux nous présenter les réalités économiques de l’époque (même s’il ne s’agit pas du sujet principal, loin s’en faut).
Le second tome, bien que plus dramatique, conserve une grande part de ce ton joyeux. On continue à suivre Percy mais, peu à peu, Mary devient le centre névralgique du récit, un récit qui demeure biographique jusqu’au soir où Mary écrit Frankenstein. C’est alors qu’une idée (assez géniale, je trouve) a traversé le cerveau des deux auteurs : mêler la vie de Mary à son œuvre, mais les mêler intimement, à un point tel que la fin du récit s’apparente à une adaptation d’un autre roman de Mary Shelley : Le dernier Homme. Ce basculement dans la fantaisie m’a désarçonné dans un premier temps avant de totalement me séduire par le vent de fraicheur que certaines séquences apportent.
Du point de vue narratif, chaque chapitre s’ouvre sur un texte, une phrase, un extrait de poème d’un des personnages présents dans le récit, et c’est là une façon bien agréable de les ouvrir ! On est immergé dans un état d’esprit en quelques mots.
Le dessin a une réelle personnalité, à la fois caricatural et expressif pour les personnages et soigné dans une ligne claire pour les décors. Le nez de Percy est assez particulier mais cela lui donne un furieux cachet. Je regrette juste que certains personnages féminins aient tendance à se ressembler (mais c’est uniquement vrai dans le premier tome). A contrario, j’ai autant apprécié la gueule des personnages masculins que le soin accordé à des décors discrets mais bel et bien présents.
Sur la fin du premier tome, il y a une ellipse malheureuse. Narrativement parlant, c’est le seul reproche que je fasse à cet album.
Pour le reste, c’est franchement bien ! Les auteurs ont réussi leur pari. J’ai dévoré les deux tomes et j’en sors imprégné de romantisme, plus instruit et amusé. Et puis, surtout, j’ai réellement envie de lire « le dernier Homme ». Et j’estime qu’une biographie atteint son but quand sa lecture vous donne envie de découvrir les œuvres du personnage central.
A découvrir en tous les cas, surtout si cette époque et ce genre de personnage vous attirent.
Je crois que c’est la première fois que je mets la note de 4/5 avec achat déconseillé.
« Gueule d'amour » est un album remarquable. Le sujet abordé est intéressant et original en BD. Sa réalisation est exemplaire, la narration est fluide, l’auteur n’en fait pas trop, pas de scènes larmoyantes, pas de voyeurisme… le ton est juste. Le dessin au crayon est esthétique et maitrisé.
Mais alors quelle déprime. J’ai commencé cet album dans le train en allant au boulot ce matin. Il faisait beau et chaud, les oiseaux chantaient, j’étais zen au possible… après une 20aine de pages j’avais envie de me jeter sous le train ! C’est dur, très dur, et le sort de ces malheureux m’a beaucoup perturbé. Pourtant comme je le dis ci-dessus, l’auteur n’en fait pas trop, et les protagonistes font même preuve d’un certain optimisme. Mais cette lecture m’a miné le moral, tout simplement.
Voila, un superbe album, que je conseille vivement si les sujets difficiles ne vous font pas peur… Par contre si pour vous la BD est avant tout un divertissement, passez votre chemin.
Voilà un bien beau petit récit.
Petit parce qu’il se lit vite et aisément, malgré un nombre de pages plutôt élevé. Mais l’art de faire simple n’est pas donné à tout le monde et Emile Bravo n’en a que plus de mérite.
Beau parce que le dessin accroche l’oeil même s’il n’est pas des plus raffinés. C’est simple et immédiat, frais aussi, joyeux, tout à fait en adéquation avec les propos.
Beau par son thème également. Le thème de la perte d’innocence est ici légèrement détourné, décalé dirais-je même. Car plutôt que de la perdre, notre jeune héros et son entourage vont tout faire pour au contraire la conserver. Ce léger décalage dans la manière de traiter le sujet permet de garder toute sa fraîcheur au récit, toute son… innocence.
Bien, parce que c’est ma cote finalement. Oui, j’ai aimé ce récit simple même si je n’ai pas été ému aux larmes. En fait, mon appréciation oscille entre le « pas mal » et le « franchement bien » mais j’ai vraiment apprécié la manière dont l’auteur aborde ce grave sujet (avec lequel on tombe trop souvent dans le cliché larmoyant), raison pour laquelle je tranche vers le haut.
Quelle belle découverte ! Ce reportage autobiographique sur les geôles iraniennes est illustré par Mana Neyastani. Il nous fait partager de façon captivante ses peurs en prison et son stress dans l'attente d'une solution de sortie du pays.
Les dessins en noir et blanc sont précis et le noir/blanc accompagne parfaitement cette histoire rocambolesque. A découvrir !
Cristal ressemble religieusement sur le papier au film de Carpenter Starman à l’origine également d’une série télévisée célèbre dans les années 80.
Cette bd est de la même époque mais là où le film lorgnait sur un coté mystique voire amour interracial, Maric et Marcello préfèrent livrer une course poursuite coup de poing sur base d’une amitié et de révélations en cliffhanger préfigurant un rythme nerveux aux amateurs d’action et de mystères bien troussés.
En effet la vie de Alain va radicalement être bouleversée lors de la rencontre avec cet extra terrestre traqué qu’il va lui-même baptiser Cristal. Aidé par l’atout charme de la série, une jolie militaire qui se ralliera à leur cause, nos héros n’auront de cesse de braver armée et autres périls inédits pour les bons terriens que nous sommes.
Cristal sollicite effectivement l’aide de Alain qui découvre incrédule une autre forme de vie et ses pouvoirs (collier traducteur, l’eau peut le tuer et autres détails atypiques). Maric livre un scénario qui ne s’embarrasse guère de temps mort alors que Marcello revisite le comics européen par un trait dynamique et direct.
Bref, j’ai eu beaucoup de plaisir à lire Cristal et en aurais beaucoup également à le voir réédité dans les standards actuels. Un appel du pied ? :)
Une fois de plus, j’ai été subjugué par la qualité du dessin d’Andreae. Dieu ! Que c’est beau !!! Les planches sont équilibrées, lumineuses, toujours lisibles, soignées jusque dans le moindre détail. Les décors sont inventifs au même titre que les faciès des personnages ou que leurs costumes. Et que dire de ces originaux volatiles, qu’ils fussent insectes ou oiseaux !
L’histoire, elle, est pour le moins originale. Elle donne en tous les cas l’impression d’avoir été spécialement écrite pour le talentueux dessinateur. Ce premier tome se décompose en trois parties, histoire de pouvoir nous présenter quelques-unes des facettes de cet univers… tout en nous donnant l’envie d’en voir plus. L’intrigue est classique dans son fond mais moins dans sa forme. Une belle aventurière escroque un roi, voilà qui est assez classique. Mais c’est le pôle nord qui disparait… et ça c’est nettement moins convenu. Ajoutez à cela un « privé » et un lapin associés dans sa traque, le premier pour l’arrêter, le second pour l’épouser, et vous comprendrez que ce récit est pour le moins décalé.
Ajoutons à cela que ce premier tome est dense en matière d’événements, on n’assiste pas uniquement à la mise en place de l’histoire. Et même si certains d’entre eux (la majorité même, soyons honnêtes) demeurent pour le moins énigmatiques, ce départ ne m’a donné qu’une seule envie : bien vite découvrir la suite !
Je ne saurais dire ce que nous réserve celle-ci. Quant au départ, une chose est sûre : il n’est pas raté !
Alors ... Essayons de noter cette œuvre en restant le plus objectif possible.
Déjà, je dois dire que c'est mon premier Craig Thomson mais que dès demain je vais foncer acheter d'autres œuvres de lui qu'on m'a chaudement recommandées.
Alors selon moi, voici un véritable chef d'œuvre. A tous les niveaux encore une fois :
- Un dessin sublime (le mot est faible), qui ne faiblit pas un seul instant (sur les 650 pages j'ai rien remarqué) et qui s'accorde superbement bien avec le récit. On sent le trait maitrisé et les représentations sur des pages complètes sont des tableaux qu'on rêverait d'accrocher sur un mur. Le mélange avec les arabesques, l'écriture arabe et les symboles est parfaitement en accord, donnant un aspect fabuleux ;
- L'atmosphère, digne des contes orientaux (en fait je dirais que c'en est un), avec le mélange d'intemporel et de contemporain (parfaitement bien accordés), de mille et une nuit et de Coran, envoutante et entrainante, on se sent transporté dans un autre pays, clairement ;
- Et surtout, le scénario. Sublime. On suit nos deux protagonistes sans lâcher une seule seconde, c'est un plongeon superbe dans cette histoire, entrecoupé de récits de toutes sortes, de réflexions, de symboles, de ce fameux carré de neuf. On a de tout : l'alchimie, les mathématiques, les sciences, les histoires .... C'est inqualifiable.
En fait, je donne le culte car c'est véritablement un ouvrage .... tellement dur à décrire mais tellement bien. J'avais l'impression d'entendre une personne me raconter une histoire, comme lorsqu'on est gosse ... De plus j'ai toujours adoré tout ce qui touche aux autres cultures, et je pense qu'on ne peut être que servi sur ce point là aussi : le monde fascinant de l'orient m'a littéralement transporté. Les passages du Coran, les récits et les légendes, l'écriture, les poèmes aussi ... Tout est parfaitement mis en place. On est dans une autre dimension. C'est magique.
Pour essayer de nuancer cet envoi de fleurs ... je dirais qu'on peut peut-être y trouver quelques longueurs, et que l'ensemble est très long (même si tout passe sans qu'on s'en rende compte). Non, je pense que le plus gros défaut, c'est véritablement qu'on ne peut pas le lire rapidement dans un rayon de la librairie pour voir si ca vaut le coup (sous peine d'attraper un bon mal de dos à rester trop longtemps debout et immobile).
En fait, j'ai été complètement conquis, c'est là une œuvre poignante et d'une grande force, qui fait rêver et transporte encore longtemps après sa lecture.
Un sentiment agréable .....
EDIT : après plusieurs relectures, je baisse ma note d'un point tout de même. Non pas que je rejette la qualité de l’œuvre qui reste toujours la même, mais suite à la lecture de nombreux autres ouvrages, je le trouve un peu en deçà d'une note 'immanquable", d’où ma rétrogradation.
(Avertissement : j'accorde toujours plus d'importance au scénario qu'au dessin)
Cet avis est donné après la lecture de l’intégralité des cinq tomes.
J’ai adoré cette histoire et l’univers imaginé par La Neve.
Dans un monde contemporain (ou assimilé, 2003, date d’édition du premier tome) le scénariste nous a concocté une trame fantastique à base de magiciens ignorés du grand public. Nous allons suivre les péripéties – ça n’est pas un vain mot – de l’un deux, le jeune Drazen. Une partie de la fin aurait pu éviter certains classiques du genre mais il y a suffisamment d’originalité dans l’autre partie et surtout dans l’ensemble de la série pour obtenir la très bonne note de 16,37 / 20.
Le dessin est très bon lui aussi, Jodorowski rendant d’ailleurs un bel hommage à Nizzoli pour son œuvre.
Le look des magiciens masqués est très bien imaginé et réalisé. Au final un beau trait bien mis au service de l’histoire.
De plus, chaque album fait 56 pages, quand la qualité est là, je dis merci.
A coup sûr, une série à lire et à conserver.
Attention ovni !
Une histoire surprenante, originale et décalée. Quel plaisir de découvrir une série qui ne ressemble à aucune autre. Le monde de notre petit cuistot va être bouleversé, suite à un voyage pour le moins étonnant… je n’en dirais pas plus pour ne pas gâcher l’effet de surprise.
Surprenant et innovant, ces deux mots collent parfaitement à ce premier tome rempli d’humour et de situation décalée. Le deuxième et dernier tome (Déjà !) est donc vivement attendu.
Albert, le roi de la croquette à la crevette est vraiment un personnage très attachant et on a hâte de le retrouver, dans son drôle de périple.
Le dessin agréable et léger s’avère très expressif, et nous offre des gueules assez poilantes.
Une belle découverte, bravo aux auteurs de sortir des sentiers battus et de laisser libre cours à leur imagination, pour notre plus grand plaisir.
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Daytripper (au jour le jour)
Bienvenue, bienvenue dans la vie de Bras, petit miracle de la vie né dans des conditions difficiles et gâté par la vie et les rencontres qu’il va y faire. Bienvenue oui dans le quotidien de cet aspirant écrivain contraint d’écrire des rubriques nécrophiles alors qu’il n’aspire qu’à parler de la vie et des petits tours qu’elle lui joue entre son grand ami Jorge, cette ombre paternelle absente et présente et les femmes dont il va partager l’existence. Sous le soleil rougeoyant du Brésil, le lecteur va être immédiatement pris dans cette spirale apaisante et finalement banale. Le récit se laisse lire par une facilité déconcertante et on est vite happé par le quotidien de notre héros charismatique. Mais Bras n’est pas un superhéros, il ne sauve personne ni même sa propre existence car chaque chapitre correspond à une période de sa vie avec une issue fatale en guise de conclusion. Rien de fantastique dans tout cela, Daytripper se contente de raconter la même histoire universelle sur la vie et la mort et ne délivre aucune clé, aucune réponse à nos problèmes existentiels. Mais il le fait avec tellement de brio et de fluidité qu’il ne peut laisser personne indifférent en fonction de notre expérience personnelle et unique.. Qu’il s’agisse de la rencontre avec une jeune femme fatale ou plus tard de l’attente de nouvelles par sa famille, on passe du rire aux larmes sans jamais perdre complètement le sourire et l’espoir… Avec un découpage aussi rythmé et intelligent (le chapitrage n’aura jamais été aussi important que la narration) au style graphique simple et parfaitement en adéquation avec les propos tenus (les couleurs sont superbes), les auteurs prometteurs ne font rien de plus que de faire la démonstration que si nous avons 1000 vies à vivre, nous avons également 1000 morts à venir… Et qu’on ait 20 ou 40 ans finalement carpe diem… Mais que tout cela ne vous empêche pas de lire cette histoire dont le seul reproche est finalement de se lire bien trop vite malgré sa taille conséquente. Finalement 10 chapitres c’est trop peu alors qu’on pourrait en lire 1000 indéfiniment…
Shelley
Voilà le genre de série à côté de laquelle je serais passé si je n’avais pas été un indécrottable curieux boulimique. Et, franchement, j’aurais raté quelque chose ! Shelley nous propose de suivre les pas de deux personnages, Mary et Percy. Vous me direz : « mais qui est Percy ? » (et si vous me dite « mais qui est Mary ? », non seulement vous chuteriez dans mon estime mais de plus je vous inviterais à découvrir ce formidable roman qu’est « Frankenstein »). Percy est un poète anglais issu d’une famille aisée. Romantique, contestataire, totalement immature, abject à l’occasion, il m’est pourtant apparu des plus attachants. Un portrait sans doute très proche de la réalité (à ce sujet, le petit dossier complémentaire fourni à la fin du second album nous éclaire intelligemment sur certains aspects du récit) mais tiré avec tant d’humour et de gentillesse qu’il est difficile de ne pas s’attacher au gaillard. Tout l’intérêt du premier tome repose d’ailleurs sur la personnalité de son personnage central. Grâce à lui, je me suis retrouvé plongé dans ce romantisme anglais qui m’attire tant (nous croiserons d’ailleurs Lord Byron au fil de ces pages). La narration est fluide et le ton privilégie l’humour. J’ai suivi les aventures de cet inconséquent personnage avec plaisir. Sa naïveté, son goût pour la provocation (parfois involontaire) rendent le récit vivant. Les auteurs nous baladent dans toute la Grande-Bretagne, d’Oxford à Edimbourg en passant par Londres ou l’Irlande. Et c’est là une occasion de mieux nous présenter les réalités économiques de l’époque (même s’il ne s’agit pas du sujet principal, loin s’en faut). Le second tome, bien que plus dramatique, conserve une grande part de ce ton joyeux. On continue à suivre Percy mais, peu à peu, Mary devient le centre névralgique du récit, un récit qui demeure biographique jusqu’au soir où Mary écrit Frankenstein. C’est alors qu’une idée (assez géniale, je trouve) a traversé le cerveau des deux auteurs : mêler la vie de Mary à son œuvre, mais les mêler intimement, à un point tel que la fin du récit s’apparente à une adaptation d’un autre roman de Mary Shelley : Le dernier Homme. Ce basculement dans la fantaisie m’a désarçonné dans un premier temps avant de totalement me séduire par le vent de fraicheur que certaines séquences apportent. Du point de vue narratif, chaque chapitre s’ouvre sur un texte, une phrase, un extrait de poème d’un des personnages présents dans le récit, et c’est là une façon bien agréable de les ouvrir ! On est immergé dans un état d’esprit en quelques mots. Le dessin a une réelle personnalité, à la fois caricatural et expressif pour les personnages et soigné dans une ligne claire pour les décors. Le nez de Percy est assez particulier mais cela lui donne un furieux cachet. Je regrette juste que certains personnages féminins aient tendance à se ressembler (mais c’est uniquement vrai dans le premier tome). A contrario, j’ai autant apprécié la gueule des personnages masculins que le soin accordé à des décors discrets mais bel et bien présents. Sur la fin du premier tome, il y a une ellipse malheureuse. Narrativement parlant, c’est le seul reproche que je fasse à cet album. Pour le reste, c’est franchement bien ! Les auteurs ont réussi leur pari. J’ai dévoré les deux tomes et j’en sors imprégné de romantisme, plus instruit et amusé. Et puis, surtout, j’ai réellement envie de lire « le dernier Homme ». Et j’estime qu’une biographie atteint son but quand sa lecture vous donne envie de découvrir les œuvres du personnage central. A découvrir en tous les cas, surtout si cette époque et ce genre de personnage vous attirent.
Gueule d'amour
Je crois que c’est la première fois que je mets la note de 4/5 avec achat déconseillé. « Gueule d'amour » est un album remarquable. Le sujet abordé est intéressant et original en BD. Sa réalisation est exemplaire, la narration est fluide, l’auteur n’en fait pas trop, pas de scènes larmoyantes, pas de voyeurisme… le ton est juste. Le dessin au crayon est esthétique et maitrisé. Mais alors quelle déprime. J’ai commencé cet album dans le train en allant au boulot ce matin. Il faisait beau et chaud, les oiseaux chantaient, j’étais zen au possible… après une 20aine de pages j’avais envie de me jeter sous le train ! C’est dur, très dur, et le sort de ces malheureux m’a beaucoup perturbé. Pourtant comme je le dis ci-dessus, l’auteur n’en fait pas trop, et les protagonistes font même preuve d’un certain optimisme. Mais cette lecture m’a miné le moral, tout simplement. Voila, un superbe album, que je conseille vivement si les sujets difficiles ne vous font pas peur… Par contre si pour vous la BD est avant tout un divertissement, passez votre chemin.
Ma maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill
Voilà un bien beau petit récit. Petit parce qu’il se lit vite et aisément, malgré un nombre de pages plutôt élevé. Mais l’art de faire simple n’est pas donné à tout le monde et Emile Bravo n’en a que plus de mérite. Beau parce que le dessin accroche l’oeil même s’il n’est pas des plus raffinés. C’est simple et immédiat, frais aussi, joyeux, tout à fait en adéquation avec les propos. Beau par son thème également. Le thème de la perte d’innocence est ici légèrement détourné, décalé dirais-je même. Car plutôt que de la perdre, notre jeune héros et son entourage vont tout faire pour au contraire la conserver. Ce léger décalage dans la manière de traiter le sujet permet de garder toute sa fraîcheur au récit, toute son… innocence. Bien, parce que c’est ma cote finalement. Oui, j’ai aimé ce récit simple même si je n’ai pas été ému aux larmes. En fait, mon appréciation oscille entre le « pas mal » et le « franchement bien » mais j’ai vraiment apprécié la manière dont l’auteur aborde ce grave sujet (avec lequel on tombe trop souvent dans le cliché larmoyant), raison pour laquelle je tranche vers le haut.
Une Métamorphose iranienne
Quelle belle découverte ! Ce reportage autobiographique sur les geôles iraniennes est illustré par Mana Neyastani. Il nous fait partager de façon captivante ses peurs en prison et son stress dans l'attente d'une solution de sortie du pays. Les dessins en noir et blanc sont précis et le noir/blanc accompagne parfaitement cette histoire rocambolesque. A découvrir !
Cristal
Cristal ressemble religieusement sur le papier au film de Carpenter Starman à l’origine également d’une série télévisée célèbre dans les années 80. Cette bd est de la même époque mais là où le film lorgnait sur un coté mystique voire amour interracial, Maric et Marcello préfèrent livrer une course poursuite coup de poing sur base d’une amitié et de révélations en cliffhanger préfigurant un rythme nerveux aux amateurs d’action et de mystères bien troussés. En effet la vie de Alain va radicalement être bouleversée lors de la rencontre avec cet extra terrestre traqué qu’il va lui-même baptiser Cristal. Aidé par l’atout charme de la série, une jolie militaire qui se ralliera à leur cause, nos héros n’auront de cesse de braver armée et autres périls inédits pour les bons terriens que nous sommes. Cristal sollicite effectivement l’aide de Alain qui découvre incrédule une autre forme de vie et ses pouvoirs (collier traducteur, l’eau peut le tuer et autres détails atypiques). Maric livre un scénario qui ne s’embarrasse guère de temps mort alors que Marcello revisite le comics européen par un trait dynamique et direct. Bref, j’ai eu beaucoup de plaisir à lire Cristal et en aurais beaucoup également à le voir réédité dans les standards actuels. Un appel du pied ? :)
Azimut
Une fois de plus, j’ai été subjugué par la qualité du dessin d’Andreae. Dieu ! Que c’est beau !!! Les planches sont équilibrées, lumineuses, toujours lisibles, soignées jusque dans le moindre détail. Les décors sont inventifs au même titre que les faciès des personnages ou que leurs costumes. Et que dire de ces originaux volatiles, qu’ils fussent insectes ou oiseaux ! L’histoire, elle, est pour le moins originale. Elle donne en tous les cas l’impression d’avoir été spécialement écrite pour le talentueux dessinateur. Ce premier tome se décompose en trois parties, histoire de pouvoir nous présenter quelques-unes des facettes de cet univers… tout en nous donnant l’envie d’en voir plus. L’intrigue est classique dans son fond mais moins dans sa forme. Une belle aventurière escroque un roi, voilà qui est assez classique. Mais c’est le pôle nord qui disparait… et ça c’est nettement moins convenu. Ajoutez à cela un « privé » et un lapin associés dans sa traque, le premier pour l’arrêter, le second pour l’épouser, et vous comprendrez que ce récit est pour le moins décalé. Ajoutons à cela que ce premier tome est dense en matière d’événements, on n’assiste pas uniquement à la mise en place de l’histoire. Et même si certains d’entre eux (la majorité même, soyons honnêtes) demeurent pour le moins énigmatiques, ce départ ne m’a donné qu’une seule envie : bien vite découvrir la suite ! Je ne saurais dire ce que nous réserve celle-ci. Quant au départ, une chose est sûre : il n’est pas raté !
Habibi
Alors ... Essayons de noter cette œuvre en restant le plus objectif possible. Déjà, je dois dire que c'est mon premier Craig Thomson mais que dès demain je vais foncer acheter d'autres œuvres de lui qu'on m'a chaudement recommandées. Alors selon moi, voici un véritable chef d'œuvre. A tous les niveaux encore une fois : - Un dessin sublime (le mot est faible), qui ne faiblit pas un seul instant (sur les 650 pages j'ai rien remarqué) et qui s'accorde superbement bien avec le récit. On sent le trait maitrisé et les représentations sur des pages complètes sont des tableaux qu'on rêverait d'accrocher sur un mur. Le mélange avec les arabesques, l'écriture arabe et les symboles est parfaitement en accord, donnant un aspect fabuleux ; - L'atmosphère, digne des contes orientaux (en fait je dirais que c'en est un), avec le mélange d'intemporel et de contemporain (parfaitement bien accordés), de mille et une nuit et de Coran, envoutante et entrainante, on se sent transporté dans un autre pays, clairement ; - Et surtout, le scénario. Sublime. On suit nos deux protagonistes sans lâcher une seule seconde, c'est un plongeon superbe dans cette histoire, entrecoupé de récits de toutes sortes, de réflexions, de symboles, de ce fameux carré de neuf. On a de tout : l'alchimie, les mathématiques, les sciences, les histoires .... C'est inqualifiable. En fait, je donne le culte car c'est véritablement un ouvrage .... tellement dur à décrire mais tellement bien. J'avais l'impression d'entendre une personne me raconter une histoire, comme lorsqu'on est gosse ... De plus j'ai toujours adoré tout ce qui touche aux autres cultures, et je pense qu'on ne peut être que servi sur ce point là aussi : le monde fascinant de l'orient m'a littéralement transporté. Les passages du Coran, les récits et les légendes, l'écriture, les poèmes aussi ... Tout est parfaitement mis en place. On est dans une autre dimension. C'est magique. Pour essayer de nuancer cet envoi de fleurs ... je dirais qu'on peut peut-être y trouver quelques longueurs, et que l'ensemble est très long (même si tout passe sans qu'on s'en rende compte). Non, je pense que le plus gros défaut, c'est véritablement qu'on ne peut pas le lire rapidement dans un rayon de la librairie pour voir si ca vaut le coup (sous peine d'attraper un bon mal de dos à rester trop longtemps debout et immobile). En fait, j'ai été complètement conquis, c'est là une œuvre poignante et d'une grande force, qui fait rêver et transporte encore longtemps après sa lecture. Un sentiment agréable ..... EDIT : après plusieurs relectures, je baisse ma note d'un point tout de même. Non pas que je rejette la qualité de l’œuvre qui reste toujours la même, mais suite à la lecture de nombreux autres ouvrages, je le trouve un peu en deçà d'une note 'immanquable", d’où ma rétrogradation.
Le Jour des Magiciens
(Avertissement : j'accorde toujours plus d'importance au scénario qu'au dessin) Cet avis est donné après la lecture de l’intégralité des cinq tomes. J’ai adoré cette histoire et l’univers imaginé par La Neve. Dans un monde contemporain (ou assimilé, 2003, date d’édition du premier tome) le scénariste nous a concocté une trame fantastique à base de magiciens ignorés du grand public. Nous allons suivre les péripéties – ça n’est pas un vain mot – de l’un deux, le jeune Drazen. Une partie de la fin aurait pu éviter certains classiques du genre mais il y a suffisamment d’originalité dans l’autre partie et surtout dans l’ensemble de la série pour obtenir la très bonne note de 16,37 / 20. Le dessin est très bon lui aussi, Jodorowski rendant d’ailleurs un bel hommage à Nizzoli pour son œuvre. Le look des magiciens masqués est très bien imaginé et réalisé. Au final un beau trait bien mis au service de l’histoire. De plus, chaque album fait 56 pages, quand la qualité est là, je dis merci. A coup sûr, une série à lire et à conserver.
Shrimp
Attention ovni ! Une histoire surprenante, originale et décalée. Quel plaisir de découvrir une série qui ne ressemble à aucune autre. Le monde de notre petit cuistot va être bouleversé, suite à un voyage pour le moins étonnant… je n’en dirais pas plus pour ne pas gâcher l’effet de surprise. Surprenant et innovant, ces deux mots collent parfaitement à ce premier tome rempli d’humour et de situation décalée. Le deuxième et dernier tome (Déjà !) est donc vivement attendu. Albert, le roi de la croquette à la crevette est vraiment un personnage très attachant et on a hâte de le retrouver, dans son drôle de périple. Le dessin agréable et léger s’avère très expressif, et nous offre des gueules assez poilantes. Une belle découverte, bravo aux auteurs de sortir des sentiers battus et de laisser libre cours à leur imagination, pour notre plus grand plaisir.