Les derniers avis (31996 avis)

Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Trilogie Nikopol
La Trilogie Nikopol

A cette époque BD thèque était encore dans les limbes. S'il avait existé, nul doute que sur ce site chéri j'aurais mis la note maximale. Rappelons-nous qu'en ces années au niveau de la BD de SF il existait bien sur des choses mais pas au point de nous asséner cette claque visuelle et scénaristique. Récit futuriste mais aussi d'anticipation au sens que l'histoire décrit un monde qui n'est peut être pas si éloigné, hélas, de ce qu'il pourrait devenir un jour. Dans un monde fascisant avec les nantis d'un côté et les rebuts de la société de l'autre, l'irruption soudaine d'une pyramide égyptienne dans laquelle les anciens dieux de l’Égypte voyagent, va dérégler une société gangrénée, sclérosée. Dire qu'à l'époque de sa sortie j'ai scotché sur cette histoire n'est rien de le dire ! En pleine période Métal Hurlant, Rollerball viendrait ensuite Blade Runner, c'était le grand pied pour l'amateur lambda de SF qui visualisait enfin ses fantasmes sur papier. C'est noir, c'est pessimiste, c'est glauque, sans espoir, mais quelle patate. Depuis Bilal est à mon sens parti dans un autre genre, plus pictural, plus peintre que véritable dessinateur de BD. C'est un grand illustrateur et cette trilogie restera pour moi son grand œuvre dans le genre. A lire bien sûr et sûrement à posséder.

16/07/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Black Crow
Black Crow

Alors attention, je m'aperçois que finalement tous les avis concernent les tomes 1,2,3 ; généralement après ce tome les lecteurs assez "agacés" arrêtent leur lecture des aventures de Black Crow. Personnellement je suis allé jusqu'au 4 et je compte poursuivre la série. Mais hop là point trop d'enthousiasme toutefois, quoique ! Je m'explique : Né Breton, vivant en Bretagne, j'avoue avoir un petit poil de subjectivité, lorsqu'un dessinateur, quel qu'il soit, me dessine des navires, la mer, un brin de pirates et ces côtes lointaines en des époques ou le moyen de transport des idées, des informations passaient uniquement par la voile. A ce titre J.Y. Delitte est très fort, ce n'est pas pour rien qu'il est peintre officiel de la Marine belge. A défaut d'être à l'aise avec les personnages, un peu figés et ayant tous un peu la même trogne de pirates, il sait ce qu'est un navire de la Royale ou de sa Gracieuse Majesté, en l’occurrence le roi Georges. Au niveau de son trait il n'y a pas grand chose à redire, que ce soient ses architectures de forts maritimes, pontons, costumes( pas un boutons de guêtre ne manque), personnellement je ne trouve rien à redire hormis les réserves émises plus haut. Venons-en au fond, les deux premiers albums sont dans la plus pure tradition de l'histoire de pirates avec également le fait que tout s'insère dans une histoire "plus réelle", à savoir les guerres d'indépendances aux États Unis qui opposèrent les Français, les Anglais et les "rebelles" ou insurgents. Ça roule, nous sommes en terrain connu et l'ensemble est plutôt plaisant. Arrive ce fatidique tome 3 qui fait hurler un grand nombre de lecteurs. Mr Delitte serait-il un fumeur de gazon provoquant des hallucinations ou des troubles de l'organisation de la pensée ? Mystère que nous ne résoudrons sans doute jamais mais qui n'a sans doute pas fini de nous faire jaser. Black Crow et une partie de sa bande se retrouvent en Afrique à la poursuite d'un trésor qu'un fourbe commanditaire les oblige à suivre. Et hop, d'un coup nous voilà, au fin fond de l'Afrique dans une cité préservée depuis un millénaire, bâtie par des Grecs, habités par eux et gardant rien moins que le secret de la fontaine de jouvence. Celle-là vu où elle a été placée au gré des diverses histoires la concernant, il y aurait de quoi abreuver l'humanité entière !! J'avoue, tout ça est un peu fumeux mais bon, je suis bon public et si je n'adhère pas totalement et franchement au truc, je continue ma lecture, tout ça retombe finalement sur ses pattes et en route pour de nouvelles aventures !! Au tome 4, nous retournons en terrain connu, Black Crow et les barbaresques, décrit comme pirates musulmans, sans pitié, voire même un brin sadiques, (Ah les tortures de l'orient!). Bon ça passe encore, comme je l'ai dit auparavant je me suis arrêté au tome 4, j'attends maintenant notre Black Crow en mer de Chine et en Papouasie-Nouvelle Guinée ! Blague à part j'irai sûrement voir la suite tant le côté subjectif énoncé plus tôt me titille toujours. A lire toutefois et passez ce putain de tome 3.

16/07/2015 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Captain Britain - La Fin du Monde
Captain Britain - La Fin du Monde

Le seul travail d'Alan Moore pour Marvel si je comprends bien et ce sont des épisodes écrits durant les années 1982-1984. Je trouve que le résultat est très bien. L'histoire commence lors d'une aventure de Captain Britain, mais le fait ne pas avoir vu ce qui s'est passé avant ne m'a pas du tout gêné car la situation est facile à comprendre si on lit bien et le caractère des personnages est bien montré dès le début. J'ai trouvé que les différentes histoires qui au final forment une sorte de saga étaient bien écrites. C'est du comics de super-héros avec des gentils, des méchants et de la baston, mais qui vole au-dessus du lot et c'est plus intelligent que cela en a l'air. Le seul reproche que je peux faire est que le Captain Britain manque de charisme et j'ai préféré les vilains. Le dessin est pas mal. Le dessinateur sait très bien montrer la folie sur certaines pages.

15/07/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Folies Bergère
Les Folies Bergère

Assez refroidi ou plutôt lassé par les BD de Tardi sur la période de la guerre 14/18, c'est avec un peu de méfiance mais en même temps l'espoir d'être surpris que je me suis lancé dans cette lecture. D'entrée de jeu,je me suis dit qu'il allait falloir que je prennes tout mon temps pour bien apprécier l'ensemble. Je n'ai pas été déçu. D'autres avis l'ont dit avant moi, mais ce noir et blanc est franchement fabuleux, s'y ajoute quelques teintes sépia et des taches de couleurs qui renforcent le propos. La couverture n'est pas forcément de celles que l'on voudrait mettre dans son salon mais quelle accroche! Passé la beauté du dessin il y a une histoire très forte qui s'aventure vers le fantastique et l'onirisme mais sans jamais partir en sucette. L'histoire est forte avec son lot de drames, d'absurdité et même d'humour. C'est bien sur une approche différente de ce que propose Tardi mais le propos n'est en rien atténué dans la dénonciation de la bêtise humaine et la propension de l'homme à se foutre sur la tronche. Je conseille vivement la lecture de cette bande et l'achat si vous y trouvez votre compte, ce qui ne saurais manquer d'être !

14/07/2015 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série L'Île des Justes
L'Île des Justes

Je suis ressorti de cette lecture avec un mot en tête: sublime ! Dans le flot de mes lectures frénétiques, voici un one-shot qui sort véritablement du lot pour nous livrer une histoire émouvante basée sur des faits réels durant l'Occupation. Il y a eu à tous les niveaux des lâches méprisables mais également des hommes qui ont été très courageux pour défendre un brin d'humanité. Ceci est l'histoire d'un préfet qui tombe amoureux d'une femme d'origine juive. La Corse n'est pas une île comme les autres. Elle a joué un rôle non négligeable pour les juifs qui tentaient de fuir les rafles en France ordonnées par un maréchal qui a encore ses adeptes aujourd'hui. C'est une belle leçon qui nous démontre qu'il faut savoir dire non à certaines choses haineuses. Une belle bd qui est un véritable coup de maître de par la beauté de ses planches qui nous rappelle la Corse mais également par un récit poignant et juste.

14/07/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série END
END

S'il n'y avait que le dessin, je n'aurais pratiquement rien à redire, dans un genre gothique et qui n'est pas parfois sans rappeler un Tim Burton, j'ai trouvé l'ensemble vraiment fabuleux, tant au niveau des formes architecturales, les ambiances et une colorisation très belle. C'est baroque, un poil décadent, (pas assez à mon goût), vraiment un excellent travail. Et puis arrive le scénario et les textes. En ce qui concerne le premier, je dois dire qu'il faut tout de même s'accrocher, notamment dans les séquences qui semblent se passer dans le monde des morts. Au début il a fallu que je fasse de fréquents retours en arrière pour bien tout comprendre. En fin le texte, écrit petit et employant un langage extrêmement châtié qui s'il peut se comprendre tant le sujet abordé ne se prête pas à la grosse poilade et aux jeux de mots foireux, n'en est pas moins assez difficile à lire. C'est ce versant textuel qui me fait pondérer ma note mais qui reste cependant haute au vue de la très grande qualité graphique de l'ensemble. A vous de voir!

14/07/2015 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5
Couverture de la série Confidences à Allah
Confidences à Allah

Le sujet de l’album semble suggérer une histoire dure (conditions de vie des musulmanes, exploitation sexuelle), pourtant le ton est léger, voire humoristique, et assez cru sans pour autant vulgariser le contenu. Jbara n’a pas la vie facile, et fait certains choix douteux. Son seul confident : Allah, avec qui elle a des conversations parfois sérieuses, souvent cocasses. Le ton est un poil partial, voire féministe (ce n’est pas une critique), les hommes rencontrés sont pour la plupart des assoiffés sexuels (normal, si on considère les circonstances des rencontres) et Jbara « navigue » dans ces eaux troubles de son mieux. On finit vraiment à s’attacher à elle, malgré ses erreurs. La mise en image est superbe, le style « animation » contribue grandement au ton plutôt léger de l’album. Un bon moment de lecture.

14/07/2015 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Buffalo Runner
Buffalo Runner

3.5 Un bon western qui commence moyen et puis dès qu' Ed raconte sa vie j'ai trouvé le scénario plus passionnant. L'histoire est certes remplie de plusieurs clichés du genre western vu que le personnage principal a vécu la plupart des évènements marquant du far-west, mais ils sont utilisés de manière efficace et rendent le scénario captivant à lire. J'ai bien aimé qu'il y a ait plusieurs péripéties sans que cela aille trop vite à mon gout. La narration est fluide et le personnage d'Ed est attachant. Le dessin est le point fort de cet album. Il est absolument sublime à regarder et les couleurs sont magnifiques. C'est un excellent travail.

12/07/2015 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série Amère Russie
Amère Russie

J'attendais la sortie du tome 2, sortie un peu rapprochée, pour m'attacher à la lecture de ce diptyque. Contrairement à ce que laisse entendre le titre, le récit ne se déroule pas en Rusie, mais en Tchétchénie, où une mère se rend pour retrouver son fils prisonnier de guerre. Bien évidemment tout ne va pas se passer comme elle l'espère, et la Tchétchénie est un pays troublé. Avec Aurélien Ducoudray il ne fallait pas s'attendre à un récit classique. Son passé d'ancien grand reporter lui permet d'écrire ses histoires comme des reportages, et même si cette fois-ci il s'est appuyé sur un reportage vu à la télévision, la rigueur historique semble présente, même si on voit l'Histoire par le petit bout de la lorgnette. Et comme souvent avec ce scénariste, l'humour est plutôt présent, discret, permettant de souffler un peu dans une histoire quand même pas simple à gérer. A ses côtés Anlor prouve qu'elle fait partie de ces dessinatrices solides, à l'aise dans toutes les situations ou presque, son dessin très expressif se mariant à merveille avec le ton grave teinté d'humour du récit. Une belle réussite, dévorée en peu de temps.

11/07/2015 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 4/5
Couverture de la série Alvin
Alvin

Avec son drôle de chapeau, Abélard était une sorte de magicien poète. Ces aphorismes qu’il sortait de son galurin avaient le pouvoir de toucher l’âme. Ce petit personnage attachant, en plus d’être décrocheur de lune et ramasseur d’étoiles, avait réussi à tirer sa révérence de façon grandiose à la fin de la série qui portait son nom. Les cendres, jetées du haut d’un avion par son compagnon Gaston, s’étaient transformées en poussières d’étoiles. L’héritage d’Abélard, c’est ça. Ces poussières dorées, qui une fois au sol, ont germé pour donner les plus beaux bouquets. « Alvin » semble être de ceux-là. Abélard, comme tous les poètes, n’est pas mort et continue à vivre dans les cœurs aussi bien de ses créateurs que de ses lecteurs. Régis Hautière et Renaud Dillies ont ainsi décidé de prolonger le rêve avec « Alvin ». On y retrouve Gaston, la moitié de notre duo au départ improbable et désormais cultissime. Le grizzly grincheux au cœur tendre bien dissimulé semble éprouver quelque remords de n’avoir su protéger de la mort son petit ami « insupportable » qui posait tant de questions sur les choses de la vie. Il se sent encore redevable de n’avoir su apprécier pleinement la pureté de cette amitié qui lui tendait les bras, lui dont le regard sur le monde était obstrué par un nuage de mélancolie désabusée. Alvin l’orphelin va peut-être lui fournir, bien contre son gré, une seconde chance. Car Alvin, incontestablement, rappelle Abélard, non seulement par la première lettre de son prénom, mais aussi par sa petite taille. Sauf que le jeune matou fait plus figure d’enfant terrible et semble, avec sa langue bien pendue, mieux armé que le fragile moineau poète. Gaston aimerait s’en débarrasser, mais la loyauté est une de ses qualités premières. Et au fond lui, on le sent curieux de cette association inopinée qu’une fois encore il n’a pas décidée. Ce n’est d’ailleurs pas par hasard si, contre l’avis de Gaston, le gamin cherche à s’approprier le seul héritage matériel d’Abélard, ce sacré chapeau qui continue à engendrer ses petits mots de sagesse… Ainsi, une nouvelle aventure démarre pour Gaston et Alvin. Ils feront une rencontre étonnante au-delà du personnage peu recommandable qu’est ce pasteur de foire promenant sa cage aux monstres pour mieux conquérir les foules. Car sous le fumier se cachent parfois les plus beaux diamants… Le premier tome de ce diptyque nous remet donc l’eau à la bouche et c’est peu dire qu’on attend la suite avec impatience. En plus de ce mélange subtil de tendresse et d’humour décalé, on y retrouve avec bonheur le trait « enfantin » et graphiquement très maîtrisé de Renaud Dillies, assorti d’une mise en couleur sobre et juste aux tonalités chaleureuses. Ce trait, justement, qui contraste une fois de plus avec la maturité du propos et quelques « gros mots » ça et là, confirmant que l’œuvre n’est pas vraiment destinée aux plus jeunes.

11/07/2015 (modifier)