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Couverture de la série Space Relic Hunters
Space Relic Hunters

Je suis partagé au moment de donner mon avis. Autant j’ai envie d’encenser les graphismes, autant j’ai envie de mettre plus bas que terre le récit, mais les choses sont peut être plus nuancées… Après avoir lu le titre, « Space Relic Hunters », et après avoir feuilleté vite-fait l’album, j’ai pensé que les auteurs allaient nous concocter une histoire d’aventure archéologique futuriste, du même type que le roman Seeker de Jack McDevitt, ou le cycle des Inhibiteurs d’Alastair Reynolds, une histoire se déroulant très loin dans le futur et où l’intrigue se résout par énigmes successives pour à la fin dénicher un potentiel « trésor ». Alors oui, en partie, mais en fait non pas vraiment… On est dans du gros Space Opera qui tâche, le genre d’histoire qui bouffe à tout les râteliers : du Star Wars, du Starship Troopers, du Total Recall, tout ce qu’il y a à pomper, on ne se gêne pas, et tant pis pour la patte personnelle. Mais surtout, je pense que c’est volontaire, mais c’est un nanar intégral ! La dernière fois que j’ai lu une histoire aussi médiocre c’était les romans de Kevin J. Anderson, ou Alexis Aubenque, des gars qui niveau tâcheron de la SF se posent là, on fait difficilement pire. Je ne dis pas que Runberg en est un, la preuve, il a écrit des bons trucs comme Orbital et On Mars entres autres, donc… Il y a un côté Raypunk là dedans, style Flash Gordon, m’voyez, les auteurs doivent être en mode « oui on sait qu’on flirte avec les limites mais on assume ». Parce que les tenues des personnages entre la parodie de sentai Power Rangers et le Dark Vador BDSM, les dialogues indigents avec les méchants qui LOL au-dessus des gentils en expliquant leurs plans machiavéliques, les passages invraisemblables ou les gros points d’interrogation (mais à quoi sert Vitelius ?! ), l’humour qui tape sous la ceinture niveau Lanfeust de Troy, les raccourcis scénaristiques en mode on s’en bat les steaks (quand ce n’est pas du charcutage)… pour moi c’est forcément voulu. Ça passe ou ça casse et j’ai envie de dire heureusement qu’il y a Grun pour sauver les meubles sinon… j’vais pas dire direct à la poubelle mais vous avez compris l’idée. Non mais les personnages qui s’appellent Ziscardo, Jupiter, Little Mercur, etc. avec des dégaines de Grand Stratéguerre (Goldorak), Skeletor, Cobra commander ou que sais-je, c’est pas possible. Je me suis prêté au jeu, mais même en mode décontracté du gland, parvenu à la 80ème page je saturais, ça m’a complètement empêché de pleinement entrer dans le récit. Heureusement qu’il y a Grun pour sauver le navire du naufrage. Quel artiste ! Je l’avais repéré sur Metronom' à l’époque, puis redécouvert avec On Mars. Un artiste qui ne cesse de surprendre, une évolution dans le bon sens, est-ce qu’on peut dire qu’aujourd’hui il est au sommet de son art ? Pour moi il y a tout ce que j’aime là-dedans : de l’inventivité (si je mets de côté l’aspect parfois kitch des personnages), de la minutie sur tous les plans, un trait propre et lisible, un régal visuel avec des dessins en pleine page, des couleurs diversifiées et hyper bien soignées. Si seulement il pouvait mettre son art au service d’une série un poil plus « ambitieuse »… Mais c’est néanmoins une bd magnifique et plaisante à parcourir. C’est dommage car même si je me tourne de prime abord vers des bd avec un dessin qui me plaît, je vais avoir tendance à n’acheter que celles qui ont aussi une histoire accrocheuse. J’ai fait une entorse à ma règle en craquant pour l’édition de Canal BD dont l’illustration de couverture est envoûtante.

15/10/2023 (modifier)
Couverture de la série La Lesbienne invisible
La Lesbienne invisible

Sans que je l’aie trouvé extraordinaire, l’album se laisse lire facilement. C’est dynamique et enjoué, et l’auteure arrive bien à rendre les malentendus, les malaises, qu’elle a ressenti ou qu’elle a déclenché, autour de son homosexualité. Elle ne correspond apparemment pas aux clichés de la lesbienne, cet aspect est donc « invisible », alors qu’elle a longtemps cherché à se trouver, et à trouver l’âme sœur. Même si visiblement elle n’a pas cherché à se fixer, et a beaucoup expérimenté (en fait d’intrigue, on a plutôt une suite de rencontres, de liaisons, lus ou moins longues et abouties). Il y a quelques moments amusants, c’est vif, un peu girly. Pas forcément mon truc, mais c’est une lecture pas désagréable.

15/10/2023 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Chroniques de jeunesse
Chroniques de jeunesse

Pas le plus passionnant des albums de Guy Delisle, il m'a quand même appris à quoi ressemblait la vie d'ouvrier dans une usine et plus spécifiquement une usine de papier. En guise de chroniques de jeunesse, nous n'avons en effet droit ici qu'au récit des boulots d'été que l'auteur a réalisé durant 4 années successives dans une usine de la région de Québec. C'est intéressant de voir comment les choses s'y passent, de voir le comportement des ouvriers, leur mélange de virilité idiote, de camaraderie et de comportements parfois plus innocents voire enfantins. Je ne suis pas sûr que je me serai senti à l'aise dans une telle ambiance. Mais à part ce que j'y ai appris, ce n'est pas une lecture très passionnante. il n'y a pas vraiment d'humour, rien que ressorte vraiment de l'histoire, donc c'est pas mal sans plus.

15/10/2023 (modifier)
Par greg
Note: 3/5
Couverture de la série La Dernière Vie
La Dernière Vie

Juan Gimenez est un grand nom de la BD, un espagnol au dessin immersif, parfois poisseux, parfois biomécanique, idéal pour un genre qui semble avoir été taillé sur mesure pour lui : la science-fiction. Il est surtout connu en France pour avoir illustré des œuvres comme Mutante, l'étoile noire, gangrène, et la caste de méta-barons ainsi que les méta-barons. C'est au milieu de la réalisation de la saga de ces derniers qu'il écrit et dessine la dernière vie, afin de déconnecter un peu de Jodorowsky. Cette BD raconte l'histoire d'un ado qui découvre une démo de jeux vidéos qui transporte littéralement l'esprit dans le jeu. Problème : une de ses amies est morte dedans après avoir usé toutes ses vies, et se voit plongée dans le coma. On suit donc le héros dans ce diptyque qui va essayer tous les jeux tout en tentant de ne pas user sa dernière vie, afin de trouver le jeu ayant plongé son amie dans le coma et ainsi la ramener à la vie. Conceptuellement, c'est une BD très étrange : on dirait un bout des années 80 qui se serait égaré dans les années 2000. En effet, cette BD a été éditée en 2002, mais la technologie qui nous est montrée date de deux décennies précédentes : le jeu par exemple est sous format disquette (en 2002 les premiers DVD-ROMs pointaient le bout de leur nez, la disquette avait déjà cessé de servir de support pour jeux depuis le début des années 90), les modems fonctionnent avec des téléphones connectés au réseau (pareil, le wi-fi commençait à apparaître, la connexion téléphonique n'existait pour ainsi dire plus depuis le milieu des années 90), pac-man fait son apparition, le personnage principal joue à tetris, et les héros n'ont que des téléphones filaires ou des cabines (alors que les téléphones portables envahissaient tout)... A partir de là deux alternatives : soit on considère que l'auteur est déconnecté de la réalité dans laquelle il vit, soit on considère cette série comme une capsule temporelle rétro, un petit plaisir que Gimenez s'est fait car l'essentiel de son œuvre de science-fiction date des années 80. Sachant que la dernière vie est une œuvre de "décompression", je penche pour la seconde hypothèse, ce qui me rend bien moins sévère que la plupart des autres critiques ayant pris ces anachronismes au premier degré. C'est donc une BD rétro, assez fun, bien qu'un peu simple/facile.

14/10/2023 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Traqueurs d'âmes
Traqueurs d'âmes

Niko Tackian a eu une belle carrière dans la BD dans la décennie 2003-2014, avant de se tourner avec succès vers le roman, se spécialisant dans le thriller. Avec "Traqueurs d'âmes" il revient à ses premières amours, la fantastique, mais cette fois-ci pour adolescents, en nous proposant des personnages modernes dans un cadre fictif. Lino est donc le nouvel héros mis en avant, aidé par un camarade de classe aux goûts vestimentaires quelques peu désuets, et sa grande sœur Solal. Il est assez crédible dans sa caractérisation, ainsi que son entourage, même si les parents sont un brin effacés. La première enquête de ces traqueurs d'âmes se révèle au final assez classique, une histoire de fantômes appelant à l'aide car coincés dans une dimension alternative à cause d'un acte manqué... Il y a de l'émotion, de l'action, mais cela manque d'un peu plus de peps à mon avis. Soann, jeune autrice autodidacte, se charge de la partie graphique de la série, et si son encrage mérite d'être plus affirmé, il y a un beau potentiel sur les ambiances et les attitudes des personnages. Par contre les voitures ce n'est pas trop son truc. Mais je suis curieux de voir sa progression. A suivre, c'est plutôt sympa.

14/10/2023 (modifier)
Couverture de la série Basketful of heads
Basketful of heads

On a là un polar thriller mâtiné de fantastique, dont la lecture se révèle agréable. La partie à proprement parler polar est très bien huilée, avec son lot de surprises et de révélations distillées au compte-gouttes. L'intrigue est très rythmée, et la tension monte crescendo. Du bon boulot donc, même si ça n’est pas non plus hyper original sur ce point-là. Par contre, Joe Hill glisse dans son scénario une idée assez loufoque et gore, amusante, avec les « têtes parlantes » remplissant le panier du titre. C’est gentiment absurde, mais ça pimente avec un peu d'humour noir une lecture globalement sympathique (même si j’en suis sorti un chouia moins enthousiaste que mes prédécesseurs). Note réelle 3,5/5.

14/10/2023 (modifier)
Couverture de la série Dampierre
Dampierre

J’ai emprunté à ma médiathèque les trois premiers albums, pour un « sondage » de la série – les autres étant temporairement indisponibles. Si je les ai lus plutôt avec plaisir, je vais m’arrêter là. L’histoire est intéressante, nous plonge au cœur de la révolte vendéenne, une des principales insurrections royalistes, en l’An II. Swolfs s’est documenté, ça se voit au niveau de l’intrigue, des personnages, et des décors, la reconstitution est belle et crédible. Il réussit aussi à bien marier petite et grande histoire, avec ce personnage de Dampierre, palefrenier propulsé parmi les chefs vendéens suite à quelques circonstances plus ou moins fâcheuses. Je trouve juste un peu limite le jeu d’équilibre que Dampierre semble maintenir entre madame de St Didier (dont il est le pion et l’amant) et Ariane, fille de celui qui lui a appris à manier les armes, et dont il semblait éperdument amoureux. Si je m’arrête là, c’est que dans le troisième tome, les responsables du dessin et de la colorisation changent. Et le très beau dessin de Swolfs se transforme en quelque chose d’inégal et souvent moche – le contraste est saisissant, quel gâchis ! et la colorisation est, elle aussi, franchement ratée. Ça pique encore plus après comparaison avec les tomes précédents. Du coup, si le récit continuait à bien suivre le fil de l’Histoire, je n’avais plus l’envie de poursuivre une lecture devenue pénible.

14/10/2023 (modifier)
Par greg
Note: 3/5
Couverture de la série Amiante
Amiante

Je serais moins sévère que les autres : alors oui, le scénario n'est pas des plus imaginatifs, très loin de là : on se retrouve avec une énième quête diligentée par un énième mage qui sera escorté par une héroïne borgne qui donne son nom à la série. Il y a de (très) nombreux plans nichons (assez gratuits), c'est pas toujours très moral, c'est un peu con, mais c'est assez fun au fond. Très franchement, trolls de troy que tout le monde semble adorer ne vole pas plus haut. En fait la série a juste un énorme défaut : contrairement à ce que la page nous indique, la série n'est pas terminée, mais carrément abandonnée, et au milieu d'un sacré, voire énorme cliffhanger.

13/10/2023 (modifier)
Couverture de la série Le Spirou de Lebeault et Filippi - Fondation Z
Le Spirou de Lebeault et Filippi - Fondation Z

J’ai longtemps cru à une petite escroquerie, tant j’avais l’impression de lire une histoire qui aurait tout aussi bien pu se situer hors de l’univers Spirou & Fantasio : les personnages ne se connaissent pas, ou alors ont des liens familiaux surprenants entre eux, leur caractère est différent, c’est de la SF se déroulant 2 000 ans après les intrigues originelles, etc. L’usurpation me semblait un peu grosse et ne manquait pas de m’énerver. Mais j’ai quand même continué ma lecture. D’abord parce que le dessin de Lebeault porte bien son nom. On y retrouve pas mal de l’univers d’Horologiom ou de Sélénie. Ses décors, les vaisseaux, les robots, tout en rondeurs, très cartoonesques (un peu du « Roi et l’Oiseau » de Grimault ici aussi), tout ce bric-à-brac est plutôt chouette. Mon seul bémol concerne les personnages, dont les visages (et parfois certaines proportions des corps) ne sont pas à mon goût. L’histoire est moins originale, mais sort totalement de l’univers de Spirou. Une fois passées les surprises de découvrir nos personnages habituels totalement « rebootés », l’histoire se laisse lire, est assez dynamique. Surtout, je trouve que la pirouette finale est assez bien vue, et gomme en partie les accusations d’escroquerie que j’évoquais plus haut. Filippi réussit sa fin, qui justifie en grande partie les moyens utilisés pour développer cette histoire.

13/10/2023 (modifier)
Couverture de la série Fanchon
Fanchon

Tout ici transpire le classicisme. Le dessin de Servais, très réaliste, excellent pour tout ce qui touche à la nature, plus inégal mais quand même très bon pour les personnages. Ça n’est pas très fouillé, mais visuellement, c’est assez chouette, très lisible. L’histoire est elle aussi classique, pour le coup pas mal de déjà-vu. Les retrouvailles de trois anciens copains à l’occasion d’un enterrement, les vieux souvenirs qui ressortent, dans lesquels Fanchon, qui faisait partie de leur « bande », jouait un rôle central (forcément au centre de toutes les tensions amoureuses), elle qui a « disparu » vingt ans auparavant : on a là un canevas très peu révolutionnaire, narré de façon fluide, mais sans trop de surprises par Servais. La fin se démarque un chouia de ce que j’attendais, même si je l’ai trouvée un peu facile et bâclée. Si l’album se laisse lire agréablement – et relativement rapidement (peu de texte finalement), j’en suis sorti quelque peu déçu, c’est un peu trop creux je trouve. Note réelle 2,5/5.

13/10/2023 (modifier)