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Couverture de la série Intempérie
Intempérie

Un album vite lu, plutôt agréablement, même si j’aurais aimé une histoire plus longue et développée. Tout est sec ici. Que ce soient les paysages, le décors (une région déserte et aride d’Espagne ?), franchement rétifs à accueillir la vie. Et il faut dire que la vie qu’on nous donne à voir ici est des plus instables et fragiles. Un gamin, qui fuit les violences en tous genres de son père et d’un notable de son village, s’enfuit, et rejoint un vieux berger solitaire et son troupeau, qui va « l’escorter » et, sans trop parler ni lui manifester de l’empathie, ce vieux bonhomme va le sauver, lui transmettre son savoir et surtout une soif de vie nécessaire dans ce milieu hostile. Des solitaires taiseux, une intrigue minimaliste et des décors d’une région semi-raide, on a là quelque chose qui a priori peut rebuter. Mais comme un oued à sec, on est surpris de découvrir de la vie et de l’intérêt dans cette histoire, que j’ai aimée. Et le dessin de Javi Rey – proche de Gipi parfois – est raccord avec l’ensemble : sans fioriture, efficace.

29/08/2024 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Peindre avec les lions
Peindre avec les lions

Cette BD est une intéressante manière de représenter la société humaine lors de la Préhistoire et son rapport à l'art pariétal. Sa particularité est un certain optimisme, une vision relativement heureuse de la vie des hommes préhistoriques qui s'éloigne de l'âpre combat pour la survie au quotidien auquel on peut être habitué quand on pense aux hommes des cavernes. Certains d'entre eux peuvent vivre vieux, c'est déjà tout dire. C'est une vision assez égalitaire également avec des femmes et des hommes dédiés aux mêmes tâches, certaines femmes partant à la chasse, certains hommes se consacrant aux travaux plus rituels, et avec un respect égal des uns envers les autres. Et enfin une vision spirituelle également, avec la mise en avant de croyances shamaniques et d'une mythologie bien établie et partagées entre différents clans sur de grandes distances. C'est une vision peut-être fausse, peut-être romantique mais elle reste crédible et agréable. C'est également le cas du dessin qui est tout à fait plaisant et agréablement colorisé. La mise en scène suit un rythme un peu abrupt, avec quelques sauts chronologiques qui nous amènent à couvrir une cinquantaine d'années le long de l'album, mais elle reste à échelle humaine et même si on s'y attache pas parfaitement bien, on suit tout de même assez bien le parcours de l'héroïne du début à la fin. Et j'ai bien aimé aussi le rapport final avec la peinture de la grotte Chauvet qui m'avait, moi aussi, épaté quand je l'avais découvert. Incroyable de penser qu'un dessin aussi âgé pouvait être aussi talentueux et moderne. En définitive, c'est un bel hommage à l'art pariétal qui redonne profondeur et complexité à la société humaine à l'époque préhistorique. J'ai bien aimé, sans pour autant avoir été complètement transporté.

29/08/2024 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Le Monde de Lucie
Le Monde de Lucie

2.5 C'est effectivement le genre de lecture où il faut bien s'accrocher pour bien tout comprendre. Je peux comprendre que certains ont abandonné avant la fin. Je pense que j'aurai fait la même chose si je n'avais pas lu l'intégrale. Je me demande toutefois si je n'aurais pas dû tout simplement abandonner, parce que mes efforts ont été récompensés par un scénario que j'ai trouvé moyen. Il y a des bons moments, mais je n'ai jamais été captivé. Il faut dire que ce qui n'aide pas, c'est que le dessin est typiquement le genre de dessin réaliste que je trouve froid et qui ne dégage aucune émotion. Peut-être que j'aurais mieux accroché si c'était dessiné dans un style que j'aime. On va dire que c'est à emprunter si on fait un long voyage de plusieurs heures en train ou bus et qu'on a besoin de lecture.

28/08/2024 (modifier)
Couverture de la série Marion
Marion

Un Binet relativement surprenant, dans un registre en tout cas moins purement humoristique et caustique qu’à l’habitude. Mais après tout, il a déjà touché le drame, avec L'Institution, et, finalement, il y a ici aussi un peu d’humour – on rit jaune, désabusé par les propos de certains médecins par exemple, ou la froideur administrative gérant l’humain derrière le patient et sa famille. L’album raconte l’histoire d’une jeune femme, victime d’un AVC probablement après la prise d’une pilule contraceptive – en lisant un Bidochon. L’anecdote a permis la rencontre entre la jeune femme et Binet, et celui-ci en a fait un album (qui s’inspire de l’histoire et du livre qui en avait été tiré). L’histoire est touchante. Et les propos de certains médecins, qui manquent franchement de tact, voire de simple intelligence, mais aussi la défense – un peu à la Servier – du laboratoire fabriquant la pilule (comme toujours, c’est à la charge de la victime de fournir la preuve que son problème est lié au produit du laboratoire, et seulement à lui !) amusent un peu, et scandalisent. Mais, comme l’ont souligné mes prédécesseurs, l’album est très – trop – court. On aurait en particulier apprécié d’en savoir plus sur le combat judiciaire de Marion.

28/08/2024 (modifier)
Par Présence
Note: 3/5
Couverture de la série Archangel
Archangel

Pillage des ressources - Ce tome contient une histoire complète indépendante de toute autre. Il comprend les 5 épisodes de la minisérie, initialement parus en 2016/2017, coécrits par William Gibson & Michael St. John Smith (cocréateurs de la série), aidés par Michael Benedetto qui a effectué le découpage du scénario. Butch Guice a dessiné les épisodes 1 à 4 et en a encré une partie. Alejandro Barrionuevo a aidé Guice pour les dessins de l'épisode 4. L'épisode 5 a été dessiné par Wagner Reis. L'encrage des épisodes 1 à 5 a été réalisé par Tom Palmer. Les couleurs ont été réalisées par Diego Rodriguez et Wes Dzioba. Les couvertures ont été réalisées par Tula Lotay. Les couvertures alternatives ont été réalisées par Butch Guice (*3), David Fabbri (*1), James Biggie (*5, dont celle utilisée pour la couverture), Alejandro Barrionuevo (*1) et Wagner Reis (*1). le tome comprend également une postface de 2 pages rédigée par William Gibson (en juin 2017), et 9 pages de crayonnés d'étude de personnages réalisées par Butch Guice. En 2016, la Terre est en piteux état, que ce soit à Tokyo, à Moscou ou à Londres. Dans un hôpital, un médecin vient de terminer son opération de chirurgie esthétique : le vice-président Henderson a maintenant le visage de son grand-père Aloysius Henderson, major dans l'OSS. le major Guadalupe Torres préside au maniement de la machine à remonter dans le temps qui permet d'envoyer Henderson et 6 soldats dans le passé, en février 1945, au Pentagone. Ils sont à la recherche d'Archangel. Toujours en 2016, le docteur Jack Davis demande au major Torres d'éteindre la machine Splitter. Au lieu de cela, elle abat les gardes dans la pièce, ligote le docteur Davis et lui explique qu'elle refuse de se rendre plus longtemps complice dans ce projet d'aller piller une Terre alternative. En août 1945, dans un Berlin occupé, le lieutenant Naomi Givens met la dernière touche à son uniforme et sort à l'extérieur où l'attend Fritz, son contact avec le milieu du marché du noir. Elle se rend au quartier général de la British Royal Air Force, toujours dans Berlin. le commandant Gordon Tully lui présente un court film montrant un avion non identifié percuter un bombardier B-17 américain. Un des pilotes a été capturé par les militaires américains. le commandant suggère que Naomi Givens demande une faveur au capitaine Vince Matthews de l'armée américaine, qui fut son amant pendant un temps. Avec un petit chantage bien adroit, elle réussit à convaincre Matthews de l'introduire dans la cellule du Pilote (du mystérieux aéronef), puis dans la morgue pour regarder le cadavre d'un des autres membres d'équipage, et enfin de lui montrer un éclat de plastique provenant de l'aéronef lui-même. Sur la couverture n'apparaît que le nom de William Gibson, en gros caractère, sans mention des autres créateurs. Ce n'est pas étonnant puisque cet auteur est un romancier de science-fiction réputé, qui a créé le genre cyberpunk avec Neuromancien en 1984. Il a depuis écrit plusieurs romans dont certains relevant plus d'une légère anticipation comme l'excellent Identification des schémas (2004). Un lecteur rompu aux comics sait que les éditeurs sont friands de ce type de comics écrits par des romanciers. Cela permet d'attirer des lecteurs qui ne lisent jamais de comics, et de profiter de la notoriété d'un auteur connu, extérieur au petit monde des comics. Ce même lecteur sait également que cette promesse d'un comics écrit par un romancier ou par un scénariste de télé ou du cinéma peut s'avérer trompeuse : il arrive que l'auteur au nom connu n'ait apporté qu'une idée et qu'elle ait été développée par un autre scénariste. Il arrive également que l'auteur ne sache pas écrire une bande dessinée et incorpore de longues plages d'exposition, anathème d'une narration visuelle. En regardant qui a fait quoi, le lecteur devient un peu dubitatif. Non seulement, Michael Benedetto a réalisé le chapitrage du récit, mais en plus William Gibson n'a pas écrit le scénario tout seul, mais en plus il n'a pas imaginé le concept tout seul (mais avec Michael St. John Smith). Dans la postface, William Gibson explique qu'il s'agissait au départ d'un projet de film proposé à un producteur allemand, et déjà coécrit à la base par lui et St. John Smith. Évidemment, en choisissant de lire ce tome, il est vraisemblable que le lecteur espère un récit de type cyberpunk, mais qu'il accepte de retrouver le regard décillé de William Gibson dans un récit appartenant à un autre genre. Dans la postface, il explique qu'il souhaitait écrire un récit se déroulant durant la seconde guerre mondiale. Il s'agit donc plus d'une histoire de science-fiction avec voyage temporel et une Terre alternative. Pour donner corps à cette reconstitution historique, les responsables éditoriaux ont réussi à débaucher le vétéran Jackson Guice qui a débuté sa carrière en 1982, sur la série Micronauts écrite par Bill Mantlo. Il bénéficie de l'encrage d'un autre vétéran Tom Palmer, ayant lui débuté sa carrière dans le courant des années 1960. Là encore, le lecteur tique un peu quand il constate que ce tandem n'a réalisé que 3 épisodes, et qu'à partir du quatrième Jackson Guice a commencé à céder sa place à un autre artiste. Cela peut s'expliquer par le fait qu'il s'est écoulé 8 mois entre la parution de l'épisode 3 et celle de l'épisode 4. Les 3 premiers épisodes offrent effectivement une belle immersion dans un Berlin en partie en ruine. Guice ne reconstitue pas la ville à partir de photographies, mais il crée des endroits plausibles, avec un bon niveau de détails dans les agencements, les ameublements et les accessoires. Les personnages sont représentés de manière réaliste avec des visages et des morphologies spécifiques, et des tenues conformes à la réalité historique. L'artiste a donc choisi une approche réaliste avec des séquences d'action, en se tenant à l'écart des tics graphiques des comics de superhéros. L'encrage de Tom Palmer est à la fois précis et peu lâche, insufflant une réelle vitalité dans les dessins. Jackson Guice n'exagère pas les capacités physiques des personnages, ni l'étendue des destructions. Il n'y a que la petite amie de Fritz qui détonne vraiment, avec sa tenue laissant voir son nombril et sa mitrailleuse à la main. le lecteur suit donc des individus normaux essayant d'échapper aux balles, et se déplaçant dans des endroits plausibles et variés, les auteurs ayant bien assimilé que la narration d'une bande dessinée repose sur des éléments visuels. S'il y prête attention, le lecteur remarque que les dessins de l'épisode 4 présentent un degré de finition un peu moindre, même si l'encrage de Tom Palmer est toujours aussi vivant. En particulier, vers la fin de l'épisode, les visages commencent à être moins consistants. Étrangement, il ne ressent pas la même impression avec l'épisode 5 qui s'inscrit dans la continuité des dessins de Guice, mais avec un découpage de séquence moins fluide et des angles de prise de vue plus accentué. Le lecteur plonge donc dans un thriller (la course à Archangel) juste à la fin de la seconde guerre mondiale, avec une dimension de science-fiction. Les auteurs partent d'un postulat de départ un peu classique et très efficace. Une Terre parallèle a épuisé ses ressources et l'une de ses nations (les États-Unis) dispose des moyens d'aller s'approprier les richesses d'une autre Terre, peu importe ses habitants. Gibson et St. John Smith utilisent pour de vrai la situation de l'époque à laquelle se déroule l'histoire, et pas seulement comme un vague décor interchangeable. Ils construisent une course-poursuite dans laquelle les héros avancent en aveugle. Ils n'ont effectivement pas oublié qu'ils écrivent une bande dessinée et qu'il faut qu'un maximum d'informations soit apporté de manière visuelle. Ainsi, ils prennent soin que l'histoire change régulièrement d'endroit, et que les personnages en rencontrent des nouveaux parfois étonnants, comme Herr Saügling (surnommé Mister Baby). Ils développent un suspense à 2 niveaux, celui du temps présent dans la Terre parallèle et celui en 1945 sur la Terre principale. Le lecteur fait son deuil de l'absence d'éléments cyberpunk, pour un récit de science-fiction plus traditionnel. Les auteurs mettent en scène la rapacité d'une humanité consommant tout au fil de son existence, et n'hésitant pas à aller se servir chez le voisin. Au fur et à mesure de la prise de conscience de la dangerosité de cet ennemi venu du futur, les militaires de différentes nations (Royaume-Uni, Allemagne, États-Unis, URSS) finissent par s'allier contre cet ennemi commun. D'un côté, le récit bénéficie de sa brièveté car les auteurs ne peuvent pas se permettre de temps de mort, et ils restent donc en avance sur le lecteur qui découvre révélation après rebondissement. D'un autre côté, ils n'ont pas le temps ou la place de s'attarder sur les personnages qui finissent vite par être un peu lisse, passée leur scène de présentation initiale. Par rapport à d'autres histoires plus ou moins écrites par des auteurs de renom n'appartenant pas au monde des comics, celle-ci tient la route, sous la forme d'un thriller effectivement raconté avec les outils narratifs de la bande dessinée. Jackson Guice effectue un bon travail pour donner de la consistance aux personnages et aux environnements, avec un encrage toujours aussi vivant de Tom Palmer. le lecteur regrette que cette équipe artistique n'ait pas réalisé l'ensemble des 5 épisodes. Les auteurs racontent une bonne histoire de science-fiction qui finit par perdre un peu de se sensibilité dans la mesure où les personnages ne disposent pas d'assez de place pour exister.

28/08/2024 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série La Fille du puisatier
La Fille du puisatier

Nouvelle adaptation d'un classique de Marcel Pagnol, la Fille du puisatier est à la base le scénario d'un film tourné durant la Seconde guerre mondiale et marqué par celle-ci et son impact sur la population française. On y retrouve pourtant la majorité des thèmes chers à Pagnol : le décor provençal, les petites gens, artisans et hommes du peuple aux relations simples et franches, un amour compliqué par la vie et aussi le destin d'une fille-mère abandonnée par le père de son enfant comme c'était le cas pour Fanny dans la trilogie marseillaise. C'est une histoire plutôt dense, s'étalant sur quelques années. C'est l'histoire de la rencontre entre la jolie Patricia, très honorable fille d'un puisatier qui l'aime beaucoup, et de Jacques, fringant pilote d'avion issu d'une classe sociale supérieure. Alors que ce dernier envisageait de la séduire comme une fille de rien, ils tombent amoureux mais sont brusquement séparés par la guerre qui envoie Jacques au front. Patricia se retrouve alors seule et enceinte, abandonnée en grande partie parce que la mère de Jacques a rompu les ponts entre son fils et elle, laissant croire à l'un que l'autre s'est mariée, et à l'autre que son fils ne lui a jamais écrit. Le dessin d'Emilio Van Der Zuiden est appréciable et lumineux. Il retransmet bien le soleil de Provence mais aussi la beauté des protagonistes, notamment les femmes rendues charmantes avec leurs lèvres noires. On notera aussi son choix de présenter ses propres personnages plutôt que d'imiter vaguement les visages des acteurs du film : ici point de Fernandel ou de Raimu mais des personnages propres au dessinateur. Si l'histoire est intéressante, l'adaptation en BD passe moyennement bien. Certains passages paraissent précipités, transmettant mal leur intensité. On ressent peu les émotions et les intentions des personnages. Et on est parfois mis devant le fait accompli des actes des uns et des autres, sans avoir participé émotionnellement aux raisons qui les ont poussé à agir ainsi. De même, la ferveur amoureuse entre les deux protagonistes est peu visible, difficile à ressentir, et la fin heureuse a des airs de compromis qui arrange chacun plutôt que de la victoire de l'amour. Il en découle une belle BD, avec une bonne histoire, mais qui dégage assez mal son lot d'émotions et maintient une certaine distance entre son lecteur et les actes et sentiments de ses personnages.

28/08/2024 (modifier)
Par Jeïrhk
Note: 3/5
Couverture de la série Un sac de billes
Un sac de billes

Je n'ai malheureusement pas retrouvé la même intensité émotionnelle qui m'avait tant bouleversé lors de ma lecture du roman. Les moments de tension, si marquants dans le livre, m'ont ici semblé manquer de rythme et de profondeur. Bon, mes souvenirs remontent à plus de 20 ans, donc je compare surtout avec les impressions émotionnelles que le roman m'avait laissées. Le dessin et la colorisation ne m'ont pas non plus vraiment convaincu, mais c'est sans doute parce que je les compare aux images bien plus réalistes et sombres que j'avais en tête. Si je mets de côté cette comparaison, ce style de dessin m'aurait totalement charmé dans une autre lecture. Cela étant dit, quelle agréable surprise de découvrir cette adaptation en BD ! Même si elle ne m'a pas transporté autant que le livre, j'ai pris beaucoup de plaisir à lire cette intégrale. Quelle aventure, et quelle force mentale pour des enfants si jeunes ! c'est un périple incroyable à découvrir !

28/08/2024 (modifier)
Par Présence
Note: 3/5
Couverture de la série Legenderry - L'Aventure Steampunk
Legenderry - L'Aventure Steampunk

Construire un environnement partagé au goût steampunk - Il s'agit d'un récit complet et indépendant, initialement paru sous la forme de 7 épisodes, en 2013/2014. le scénario a été écrit par Bill Willingham (le scénariste de Fables). Les dessins et l'encrage ont été réalisés par Sergio Fernandez Davila. Wes Hartman a effectué la mise en couleurs. Les couvertures principales sont de Joe Benitez, avec l'aide d'Ivan Nunes. Ce tome contient aussi toutes les couvertures alternatives, ainsi que le script du premier épisode, et les dessins de conception graphique des personnages, réalisés par Johnny Desjardins. L'histoire commence à New York, à une date indéterminée (sûrement la fin du dix-neuvième siècle, pour être cohérent avec le concept du Steampunk). Dans un restaurant huppé, Vampirella (dans une superbe robe rouge & noire) est en train de dîner avec Brit Reid (dans un beau costume trois pièces vert bouteille, évoquant la couleur de son costume de Green Hornet). Une femme fait irruption dans la salle, poursuivie par une demi-douzaine de tueurs cagoulés. Vampirella a vite fait de s'en occuper de manière très brutale. Cette jeune femme s'appelle Magna Spadarossa, et elle est à la recherche de sa sœur, une certaine Red Sonja. Brit Reid (et son homme de main Kano) va essayer de déterminer qui a commandité ces tueurs. Par la suite, elle va voyager sur un autre continent à bord d'un vaisseau sous le commandement de Captain Victory. Elle sera ensuite amenée à faire équipe avec Phantom (Kit Walker) & Devil, Flash Gordon, Silver Star, Steve Austin et Don Diego de la Vega (Zorro). Dès la couverture, le lecteur comprend bien qu'il s'agit d'un projet fabriqué de toutes pièces. L'éditeur Dynamite a été chercher Joe Benitez (l'auteur de Lady Mechanika) pour qu'il apporte sa touche steampunk aux couvertures (alors qu'il ne dessine rien à l'intérieur), et Benitez s'en tient strictement à dessiner des personnages, sans aucun arrière-plan. L'apparence des personnages a été conçue par un artiste engagé spécialement pour cette tâche : Johnny Desjardins. L'association de héros est assez hétéroclite, et reflète surtout le catalogue de personnages dont Dynamite détient les droits au moment de la parution de l'ouvrage. Red Sonja est un personnage annexe de la série Conan le Barbare (mais pas créé par Robert E. Howard). Vampirella est une vampire (oui, c'est marqué dans son nom) rescapé d'un magazine des années 1970. Green Hornet (et Kato) provient d'une série télé, dont la renommée doit beaucoup à la présence de Bruce Lee au générique. Flash Gordon était le héros d'un comic-strip d'Alex Raymond dans les années 1930. The Phantom (& Devil) provient lui aussi d'un comic-strip des années 1930, créé par Lee Falk. Steve Austin était le personnage principal d'une série télé dans les années 1970. Zorro fut créé en 1919 par l'écrivain Johnston McCulley, et a bénéficié d'une série télé réalisée par les studios Disney dans les années 1950 (avec Guy Williams). Enfin Silver Star et Captain Victory sont des personnages de comics, créés, écrits et dessinés par Jack Kirby au début des années 1980. Le lecteur se rassure un peu quand il voit que ce bel emballage d'un assemblage hétéroclite d'héros (devant plus à l'exploitation de licences, qu'à une logique d'auteurs) bénéficie d'un scénariste de grand renom : Bill Willingham. Il apparaît rapidement que son objectif est de donner corps à ces versions steampunk de personnages établis et de construire et développer un monde cohérent à partir de ce concept artificiel. La notion de steampunk qualifie un genre littéraire dont l'action se déroule dans l'atmosphère de la société industrielle du dix-neuvième siècle, avec une utilisation massive des machines à vapeur. Les dessins de Sergio Fernandez Davila montrent une utilisation un peu libérale et parfois trop littérale de l'imagerie associée au steampunk. Il y a donc les tenues vestimentaires, croisement stylistique entre les vêtements de l'époque de la reine Victoria, et des tenues un peu plus décolletées pour les femmes, un peu plus moulantes pour les hommes (voire carrément collantes pour Silver Star, comme un costume de superhéros). Ensuite il y a la présence sur chaque tenue de quelques éléments ou accessoires en cuivre. D'un côté, Davila reprend le métal en vogue à l'époque ; de l'autre côté il s'agit d'un élément visuel sans réelle signification autre que visuel (il n'y a pas de logique technologique d'anticipation rétrofuturiste justifiant cette omniprésence du cuivre). de même Davila a décidé que les lunettes de protection (avec monture en cuivre) constituent un élément indispensable du steampunk. du coup tous les personnages (sauf peut-être les figurants) en portent systématiquement, tout le temps. le lecteur comprend que Davila veut à tout prix faire "steampunk", sans se soucier d'une logique pour l'usage ou la présence de ces éléments. Passé ce petit agacement pour ces éléments steampunk utilisés à tort et à travers, les dessins de Davila sont agréables, de bonne facture pour un comics. Les personnages se distinguent aisément. Les vêtements comportent des détails en quantité suffisante. Les arrière-plans sont présents régulièrement, et assez développés pour rendre de compte de la spécificité des lieux. Les scènes de combats disposent d'un minimum de mise en scène pour ne pas se limiter à une juxtaposition de cases avec des gens se tapant dessus au hasard de postures que le dessinateur trouve cool. Davila arrive à reproduire assez d'éléments spécifiques à chaque héros pour qu'ils ne soient ni interchangeables, ni fades. Il n'y a vraiment que les héros de Kirby qu'il n'arrive pas à assimiler au steampunk (il faut dire que le choix de ces personnages était incongru dès le départ). Bien sûr quand Red Sonja finit par apparaître, elle arbore son soutien-gorge en cotte de mailles (mais elle porte un vrai pantalon). Par contre le mode de représentation fait ressortir avec force l'idiotie pour Steve Austin de disposer d'un bras bionique, puisque le reste de sa musculature humaine est incapable de supporter les poids soulevés ou maniés par ce bras. De son côté, Bill Willingham ne dispose que de 7 épisodes pour concevoir, présenter et installer une dizaine de personnages, dans un environnement où tout est à construire. Il ne faut donc pas espérer beaucoup de personnalité pour chaque héros. le scénariste s'appuie sur les particularités déjà connues du lecteur et arrive tout juste à donner quelques répliques sémillantes à Zorro, et un semblant de suffisance à Silver Star. Pour le reste, ils sont tous valeureux et courageux. Finalement, c'est encore Devil (le chien robotique de Phantom) qui sort les répliques les plus piquantes. Il s'appuie également sur les criminels de chaque héros pour fomenter un complot à grande échelle, afin de régner sur tous les territoires. le lecteur voit donc apparaître Lidia Valcallan, Felix Avalon, Ming, Docteur Moreau, Général Tara, Kulan Gath. L'intrigue et le développement de l'environnement priment donc sur les personnages. Willingham a conçu une trame générale (la recherche de Red Sonja portée disparue) qui fournit le motif des pérégrinations de Magna Spadarossa, au cours desquelles elle croise tous ces héros. le plan de conquête tient la route. Les rencontres sont justifiées par le scénario. Willingham a conçu son intrigue de manière satisfaisante. Alors que le lecteur peut s'agacer des disparités de technologies existant dans ce monde (pas que des moteurs à vapeur), l'apparition de Flash Gordon fournit une explication à ces divergences. Au final ce tome constitue un divertissement léger à base d'aventures grand spectacle, dans le cadre d'un environnement steampunk qui dépasse les limites strictes du genre. Les personnages n'ont que peu de personnalité, l'objectif étant de poser les fondations d'un environnement dans lequel d'autres créateurs pourront venir jouer par la suite (l'amorce d'une franchise d'un genre très pointu). Si le lecteur est venu chercher un récit bien ficelé, rigoureux, avec des thèmes adultes, il sera déçu par un récit attaché à servir de bible pour les auteurs suivants. 3 étoiles. S'il vient chercher une aventure sans conséquence, il pourra apprécier une histoire facile à lire, avec des personnages hauts en couleurs, et un parfum steampunk un peu original.

27/08/2024 (modifier)
Couverture de la série Défends-toi toi-même
Défends-toi toi-même

A priori pas ma came, mais pas encore référencé ici, donc j’ai emprunté cette nouveauté au hasard dans ma médiathèque. Je ne suis pas du tout adepte des bouquins de conseils, de coaching en tous genres, qui encombrent les devantures et accumulent souvent lapalissades et autres stratégies et considérations fumeuses, se contredisant les uns les autres. Commencée avec appréhension et recul – et les premières pages n’ont fait que renforcer mes préventions, cette lecture ne s’est pas révélée aussi pénible que je ne le craignais. Disons que si ça reste quelque chose qui ne m’intéresse pas forcément, tout n’est pas à jeter, et certains lecteurs peuvent y trouver leur compte. Le dessin est minimaliste – et cela est accentué par les différentes bichromies utilisées par la coloriste. Mais ça fait le boulot et c’est dynamique et très lisible. En fait, plus que les différentes techniques présentées ici pour se « défendre », ce sont les questionnements, les réflexions qui les introduisent qui sont intéressantes. En effet, les préjugés – sexistes surtout mais pas seulement – sont souvent bien présentés, avec quelques touches d’humour, et l’auteure, qui se met en scène, parvient à montrer comment on peut ne pas les laisser s’installer. Kei Lam et sa coach Anne van Hyfte (qui est aussi chercheuse) donnent ici quelques pistes pour combattre pas mal de petites – et grosses – agressions du quotidien. Et la bibliographie en fin de volume est intéressante. Note réelle 2,5/5.

27/08/2024 (modifier)
Couverture de la série Opus
Opus

La construction de l’intrigue est assez prenante, et relativement surprenante au début. J’ai même un temps cru que ce diptyque était la suite d’une autre série, « Résonance » en lisant les deux/trois premières pages, jusqu’à ce que je comprenne que c’était une série du narrateur, mangaka, qui va se trouver embarquer dans sa propre série, côtoyant ses personnages, dans une mise en abime parfois renversée, puisque certains personnages virtuels viennent dans son monde réel. Le procédé est dynamique, et plutôt bien utilisé pour donner du rythme et de l’intérêt à l’intrigue. Heureusement, car l’histoire créée par le mangaka est peu intéressante. Mais elle dévie totalement pour se transformer en une course poursuite, une lutte pour la survie incluant l’auteur, voire une lutte pour sauver le monde ! Il y a quelques longueurs, et certaines scènes de baston sont un peu trop étirées (moins quand même que dans beaucoup de mangas). Le dessin est fluide, très lisible. Il fait la part belle aux personnages, mais ne s’encombre pas de détails (très peu de décors). Une lecture relativement rapide, mais globalement intéressante.

27/08/2024 (modifier)