Une lecture pas désagréable, mais clairement moins amusante que je l'espérais. J'avais bien apprécié récemment Happy Girls (Les Filles Electriques), et je m'attendais à y retrouver le même niveau.
Mais ici j'ai trouvé l'ensemble plus inégal et convenu. Les gags sont souvent moins surprenants, moins percutants - et donc globalement moins drôles.
Ça reste néanmoins un album sympathique, qui apporte un certain nombre de sourires, une petite lecture d'emprunt.
Le dessin de Zep est dans sa veine Titeuf, avec des gags qui visent un lectorat plus adulte.
Je ne pense pas être le cœur de cible, que ce soit pour l’histoire elle-même (que j’ai trouvée parfois un peu trop « romantique-guimauve ») ou pour le dessin (en particulier les expressions du visage et de la bouche d’Ella, proche du manga auquel je n’accroche pas).
Mais disons que ça se laisse lire, et que d’autres (affaire de goût donc) peuvent largement y trouver leur compte.
C’est une histoire d’amour de grandes adolescentes (entre Ella et Madeleine). Là que du classique. Mais elles vont se découvrir des expériences cleptomanes, et vouloir remettre à leur place les objets volés, refaire à l’envers l’incruste chez leurs victimes pour « annuler le vol ».
C’est assez vif, mais ça m’a un peu laissé de côté (c’est parfois un peu trop convenu et « gentil »). Je ne me suis pas passionné pour ces deux jeunes femmes et leurs potes, leurs aventures d’Arsène Lupin à rebours. Mais, comme je l’ai dit, les amateurs de ce type de romantisme y verront sans doute des réflexions sur l’amitié (en particulier lorsqu’Ella néglige un peu sa meilleure amie après avoir rencontré et fusionné avec Madeleine) ou sur la transparence que l’on doit à celle qu’on aime.
Un Webtoon bien typique de Corée qui s'adresse aux geeks et intègre dans la réalité des éléments issus du jeu vidéo et du RPG.
Le jeune héros se découvre du jour au lendemain des capacités de gaming dans le monde réel : il a soudain accès à sa fiche de stats, à son inventaire dématérialisé et il découvre qu'en s'entrainant et en absorbant des livres de compétences, il peut pexer et gagner des niveaux et de nouvelles compétences. En parallèle, il découvre aussi que d'autres personnes sont dotées de pouvoirs surnaturels et qu'elles s'affrontent dans des bulles les séparant de la réalité pour ne pas endommager le monde réel. Son pouvoir très particulier va lui permettre de se faire une place bien particulière dans ce nouveau monde qu'il découvre.
Le graphisme est celui de la majorité des webtoon, un graphisme manga réalisé sur ordinateur avec des décors réduits au strict nécessaire. Le trait est très moyen, les couleurs sont basiques et manquent d'élégance, les scènes nocturnes sont trop sombres car initialement prévues pour être affichées sur un écran et pas sur du papier, mais cela va à l'essentiel et la lecture est fluide donc ça passe.
L'histoire accroche comme le font les shonen nekketsu. On découvre avec le héros ses pouvoirs et le monde nouveau qui l'entoure, on est aussi curieux que lui de découvrir ses nombreux mystères, et on a hâte de le voir gagner en expérience et en puissance pour pouvoir affronter les dangers pour le moment trop élevés pour lui. Et effectivement, ses capacités spéciales différentes de celles des autres combattants lui permettent une évolution à part et on a hâte de voir comment il va pouvoir les utiliser pour se confronter aux autres.
Et c'est là que le bât blesse : on a hâte mais le webtoon, lui, prend énormément de temps à se mettre en place. Au bout de près de 500 pages, nous sommes toujours dans le pur apprentissage et la découverte pas à pas : le héros se contente de s'entrainer sans aucun réel affrontement ni sans qu'une intrigue globale plus concrète ne se mette en place. C'est frustrant et on comprend que certains lecteurs puissent commencer à s'ennuyer.
Mais comme je suis à la fois un geek et amateur de nekketsu, je reste plutôt bien accroché et j'ai envie d'en savoir plus, et de lire cette série comme un divertissement relativement proche dans son idée d'un isekai par les pouvoirs que le héros se découvre soudain et ce monde parallèle, masqué aux yeux des simples humains, qu'il doit découvrir.
Note : 2,5/5
J'ai bien aimé l'idée de base, mais l'exécution m'a vraiment laissée sur ma faim.
L'histoire est celle de Taomeh, jeune orpheline vivant au sein d'une communauté régulièrement attaquée par des créatures mystérieuses, et qui va un jour tomber sur une épée magique lui permettant de contrôler les morts. Enfin, plus précisément un mort, étrangement gentil par ailleurs, qui va l'accompagner dans sa quête : sauver la forêt.
Le récit est simple mais intéressant : de la spiritualité, de la nécromancie, un propos filé sur la peur, un dessin très joli, ...
Vraiment, sur le papier, l'histoire est bonne. Mais voilà, j'ai trouvé que tout allait trop vite, que le récit ne respirait pas beaucoup et ne se permettait pas vraiment d'être "plus". Je n'arriverais sans doute pas à mieux m'exprimer là-dessus, mais je ressens vraiment qu'il y avait un grand potentiel qui aurait pu être libéré même en n'ajoutant qu'un tout petit rien.
Le résultat reste bon, il aurait simplement pu être très bon.
Même si elle m'a déçue par sa rapidité, la fin m'a tout de même plu sur un détail, à savoir le fait que le mort ne soit finalement que ça : un mort tout ce qu'il y a de plus banal. Pas un héros du passé ou quelqu'un de lié directement à Taomeh ou quelque chose comme ça, juste un mort lambda qui s'est sincèrement attaché à cette enfant. Cela appui la grande bonté du personnage.
Cet aspect est sans doute naïf mais je l'apprécie.
Décidément, cela semble être une mode ces dernières années, un auteur qui raconte une opération médicale qu'il a subit.
L'album m'a attiré parce que j'ai vu le nom de Keramidas et que j'aime bien son dessin dynamique. De ce côté-là je n'ai pas été déçu parce que le résultat est encore une fois très bon. J'aime aussi les couleurs qu'il utilise. On voit qu'il a travaillé dans l'animation parce qu'on dirait vraiment un dessin animé mis en papier.
Quant au scénario, il y a les forces et les faiblesses de ce genre d'autobiographie. Il y a des passages intéressants, mais à force de lire de l'autobio qui se passe dans le milieu médical, je commence à voir les mêmes éléments et cela devient blasant, mais il faut dire que la vie après une opération grave se ressemble (passer plusieurs jours/semaines à l'hôpital, visite de la famille et des proches, les séquelles sur le corps....). C'est aussi un récit un peu trop autocentré par moment qui donne l'impression que l'auteur produit une BD pour lui tout seul ou à la limite pour ceux qui ont eu le même problème que lui. Tant mieux si faire une BD sur son expérience aide l'auteur, mais cela ne veut pas dire que je vais trouver cela automatique passionnant à lire.
Cela reste sympathique à lire, mais ce n'est pas un indispensable.
Une belle arnaque cette série, je la suis depuis de (trop) nombreuses années sans déplaisir mais sans non plus en être un adepte inconditionnel.
Disons que j’ai toujours vu ses (gros) défauts et faiblesses, principalement scénaristique, mais que grâce aux dessins (et à mon cerveau reptilien) ça passe.
Froideval n’est pas un très bon scénariste (de bd du moins) mais il sait créer un univers. Les chroniques, c’est sympa à parcourir mais ça aurait mérité d’être bien plus concis et structuré. La première époque se traîne tellement que c’est abusé !! la suite est un peu plus cohérente mais tout aussi dispensable.
La partie graphique, pour peu que l’on aime ce style, rattrape l’intérêt. Déjà toutes les couvertures envoient du lourd. L’intérieur sera confié à plusieurs dessinateurs au fil des parutions, on aura ses préférences mais ils partagent tous une charte « grandiloquente » pour leurs planches, pas avare en détails ni en double pages. Il faut aimer mais il y a du boulot.
Ce n’est pas de la haute H-F, ça s’avère même plutôt cliché à bien des endroits, comme l’humour qui fait preuve de bien peu de subtilité. Bref je descends et je ne conseille pas mais il existe tout de même un petit plaisir coupable à suivre ces aventures.
Cigish, à la base, c'était le blog BD où l'autrice racontait sa propre vie depuis le moment où elle avait décidé , la trentaine bien passée, de changer sa vie en incarnant au jour le jour le rôle de son personnage préféré de jeux de rôles : le nain maléfique Cigish. Cela consiste donc à devenir ouvertement méchante, ou du moins à faire de son mieux pour l'être ou l'apparaitre, comme une manière d'exorciser le mal-être de sa vie précédente où elle ne se sentait pas à sa place. Et comme elle se livre en même temps sur son blog, son entourage apprend rapidement qu'elle joue ou qu'elle est ce fameux Cigish et appréhende cela de différentes manières.
L'idée de départ est particulièrement originale. Ancien roliste moi-même, j'ai apprécié le concept et j'étais très curieux de voir où il allait mener l'autrice. Autour de son "jeu de rôle pour de vrai", elle articule des thématiques nombreuses qu'on retrouvera dans nombre d'autres de ses ouvrages, notamment le rapport à sa soeur jumelle, sa valse hésitation au sujet de la religion catholique faite de culpabilité et de haine, ses pulsions de cruauté qui alternent avec sa douceur naturelle, sa carrière d'autrice et tout un mal-être autour de ces sujets. On est presque dans la psychanalyse tant l'autrice aime à dévoiler es pulsions intimes... mais jamais sexuelles comme le fait remarquer un de ses proches à un moment donné contrairement à ce qu'elle dévoilera plus tard dans Pucelle.
On ne sait jamais trop si c'est parfaitement sincère ou s'il y a un jeu dans le jeu de rôles et la manière dont elle le raconte, mais ça parait tout de même très crédible.
Toutefois, je dois admettre que passé la découverte initiale, le moteur de la curiosité s'épuise tandis que le récit traine un peu en longueur et en circonvolutions. Le rythme se fait mou et l'accroche trop ténue. Une fois finie la moitié de ce gros album, j'ai commencé à m'ennuyer et à peiner à aller jusqu'au bout sans avoir envie de sauter quelques pages.
L'idée est donc belle et originale, mais son développement a peiné à me convaincre et à me toucher.
Bec fait du Bec, mais ici sans trop d’esbroufe, donc ça passe bien, même pour ceux qui ne sont pas forcément amateur de son style.
Piochant un peu partout les influences SF (il le revendique d’ailleurs en entrée du premier tome), du début de « La planète des singes » à « Dune » (les vers) en passant par « La planète interdite (référence la plus évidente ici – jusqu’au nom des morbius).
Il réutilise aussi pas mal de ses marottes. Un univers forcément très sombre, une planète inhospitalière en voie de colonisation (avec bien sûr un consortium privé aux actions et intérêts égoïstes), des menaces omniprésentes empêchant toute baisse de tension, et une inévitable civilisation extra-terrestre ayant laissé des traces – et quelques énigmes.
Mais bon là il n’abuse pas trop de tout ça, et il n’y a pas trop non plus de charabia inutile, il va à l’essentiel, sacrifiant la psychologie des personnages (il se débarrasse d’ailleurs aisément des personnages pour n’en garder que quelques rares), mais aussi ne développant pas outre mesure l’univers et l’histoire. Conclue en trois tomes, elle mise essentiellement sur l’action, et une montée en tension régulière, jusqu’au final dramatique, qui volontairement ne réponds pas aux questions que les acteurs et les lecteurs se posaient sur cette planète et ses occupants (anciens ou contemporains de l’intrigue).
Ça se laisse lire donc, et le dessin de Sentenac – pas toujours suffisamment lisible à mon goût – accompagne bien cette intrigue, en livrant de belles planches de paysages où les tempêtes éclairent temporairement un univers baigné par une nuit polaire et glaciale.
Une honnête série du genre, qui contentera les amateurs de Bec et au-delà.
Amateurs de Pacific Rim et d'Evangelion, vous ne serez vraiment pas dépaysés avec cette BD. Dans un monde futuriste, des monstres type kaijus sont apparus sur Terre en passant par un portail ouvert dans les airs et ont ravagé une partie de la civilisation humaine. Celle-ci s'est réorganisée en bloquant les monstres derrière des murs gigantesques et en fabriquant des méchas seuls capables de les affronter. Des corporations très mercantiles gèrent ces méchas et organisent les combats comme des spectacles de téléréalité. Et comme dans Neon Genesis Evangelion, les pilotes de ces méchas doivent se synchroniser avec l'esprit de ces machines... esprit issu de cerveaux humains pour une connexion plus fusionnelle. Quand l'héroïne monte à bord du plus perfectionné d'entre eux, elle se retrouve en connexion directe avec celui qui était un ancien soldat tué par les monstres et elle ne sait bientôt plus faire la différence entre leurs deux êtres et leurs souvenirs.
C'est un album de belle qualité. Le dessin est très pro, fonctionnant aussi bien pour dépeindre ce futur réaliste et ses protagonistes que pour l'ambiance un peu amère qui s'en dégage. Les monstres ont aussi de la gueule... mais... que ce soit eux ou les méchas, ils sont régulièrement cadrés trop serrés pour s'en faire une idée claire et cela rend les scènes d'action souvent difficiles à déchiffrer.
L'histoire est prenante sur une bonne moitié tandis qu'on est happé par son récit entre Running Man et Evangelion, et qu'on cherche à en apprendre plus sur l'esprit de ce soldat et sur sa relation avec la pilote de mécha. Cependant, j'avoue que j'attendais davantage de développement au récit et j'ai été un peu déçu par le déroulement de sa seconde moitié et là encore la manière dont ce qu'il s'y déroule m'a tellement rappelé un épisode d'Evangelion en particulier, avant ici d'aboutir à une fin un peu plate et qui n'a pas su me toucher.
Une très belle entame donc, quoiqu'un peu convenue dans son contexte, mais un final moins convaincant à mon goût.
Batman – Curse of the White Knight est le deuxième tome de la série dédiée à la sombre chauve-souris par Sean Murphy. Pour pouvoir profiter de cet album, il est indispensable de lire Batman –White Knight au préalable (à ce sujet, merci Gaston !!! j’avais commencé Curse of the White Knight et je n’y comprenais pas grand-chose jusqu’à ce que je lise ton avis et reprenne les choses dans l’ordre). De plus, la fin de Curse of the White Knight est telle qu’elle oblige le lecteur à lire une suite pour en retirer satisfaction. En clair, Batman – Curse of the White Knight n’est en rien un one-shot mais bel et bien un tome de transition se situant entre White Knight et Beyond the White Knight.
J’ai trouvé cet album encore plus à mon goût au niveau graphique mais nettement inférieur à White Knight au niveau du scénario. Il y a pourtant pas mal d’idées intéressantes mais trop d’éléments sont juste évoqués. Sean Murphy nourrit son univers, en accordant notamment beaucoup d’espace aux origines de la famille Wayne, mais laisse la plupart des portes ouvertes. A la fin de ce tome, j’ai juste l’impression que celui-ci a servi uniquement de mise en place en vue d’un troisième tome (Beyond the White Knight) qui, je l’espère, nous délivrera quelques clés. Ce sentiment est renforcé par certains passages qui ne sont jamais que des redites par rapport à White Knight ainsi que par le chapitre consacré au dr Freeze, qui fait un peu « Tiens ! Je clape ça là, ça fera du volume ».
Considéré comme un one-shot, cet album est très frustrant et peu prenant. On ne comprend rien à la situation de départ (si on n’a pas lu White Knight) et la fin ne débouche sur pas grand-chose de concret (si on ne poursuit pas cette lecture avec sa suite, Beyond the White Knight). Donc pour moi, si on considère qu’il s’agit d’un one-shot, c’est un gros bof.
Mais considéré comme un tome 2, nous avons un album qui permet à son auteur d’étoffer son univers et de continuer à soulever certains points dignes d’intérêt. Ce tome est inférieur à White Knight en termes d’intensité et de révélations jouissives mais c’est un tome de transition tout à fait acceptable, pour peu que la suite soit à la hauteur.
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Happy parents
Une lecture pas désagréable, mais clairement moins amusante que je l'espérais. J'avais bien apprécié récemment Happy Girls (Les Filles Electriques), et je m'attendais à y retrouver le même niveau. Mais ici j'ai trouvé l'ensemble plus inégal et convenu. Les gags sont souvent moins surprenants, moins percutants - et donc globalement moins drôles. Ça reste néanmoins un album sympathique, qui apporte un certain nombre de sourires, une petite lecture d'emprunt. Le dessin de Zep est dans sa veine Titeuf, avec des gags qui visent un lectorat plus adulte.
Voleuse
Je ne pense pas être le cœur de cible, que ce soit pour l’histoire elle-même (que j’ai trouvée parfois un peu trop « romantique-guimauve ») ou pour le dessin (en particulier les expressions du visage et de la bouche d’Ella, proche du manga auquel je n’accroche pas). Mais disons que ça se laisse lire, et que d’autres (affaire de goût donc) peuvent largement y trouver leur compte. C’est une histoire d’amour de grandes adolescentes (entre Ella et Madeleine). Là que du classique. Mais elles vont se découvrir des expériences cleptomanes, et vouloir remettre à leur place les objets volés, refaire à l’envers l’incruste chez leurs victimes pour « annuler le vol ». C’est assez vif, mais ça m’a un peu laissé de côté (c’est parfois un peu trop convenu et « gentil »). Je ne me suis pas passionné pour ces deux jeunes femmes et leurs potes, leurs aventures d’Arsène Lupin à rebours. Mais, comme je l’ai dit, les amateurs de ce type de romantisme y verront sans doute des réflexions sur l’amitié (en particulier lorsqu’Ella néglige un peu sa meilleure amie après avoir rencontré et fusionné avec Madeleine) ou sur la transparence que l’on doit à celle qu’on aime.
The Gamer
Un Webtoon bien typique de Corée qui s'adresse aux geeks et intègre dans la réalité des éléments issus du jeu vidéo et du RPG. Le jeune héros se découvre du jour au lendemain des capacités de gaming dans le monde réel : il a soudain accès à sa fiche de stats, à son inventaire dématérialisé et il découvre qu'en s'entrainant et en absorbant des livres de compétences, il peut pexer et gagner des niveaux et de nouvelles compétences. En parallèle, il découvre aussi que d'autres personnes sont dotées de pouvoirs surnaturels et qu'elles s'affrontent dans des bulles les séparant de la réalité pour ne pas endommager le monde réel. Son pouvoir très particulier va lui permettre de se faire une place bien particulière dans ce nouveau monde qu'il découvre. Le graphisme est celui de la majorité des webtoon, un graphisme manga réalisé sur ordinateur avec des décors réduits au strict nécessaire. Le trait est très moyen, les couleurs sont basiques et manquent d'élégance, les scènes nocturnes sont trop sombres car initialement prévues pour être affichées sur un écran et pas sur du papier, mais cela va à l'essentiel et la lecture est fluide donc ça passe. L'histoire accroche comme le font les shonen nekketsu. On découvre avec le héros ses pouvoirs et le monde nouveau qui l'entoure, on est aussi curieux que lui de découvrir ses nombreux mystères, et on a hâte de le voir gagner en expérience et en puissance pour pouvoir affronter les dangers pour le moment trop élevés pour lui. Et effectivement, ses capacités spéciales différentes de celles des autres combattants lui permettent une évolution à part et on a hâte de voir comment il va pouvoir les utiliser pour se confronter aux autres. Et c'est là que le bât blesse : on a hâte mais le webtoon, lui, prend énormément de temps à se mettre en place. Au bout de près de 500 pages, nous sommes toujours dans le pur apprentissage et la découverte pas à pas : le héros se contente de s'entrainer sans aucun réel affrontement ni sans qu'une intrigue globale plus concrète ne se mette en place. C'est frustrant et on comprend que certains lecteurs puissent commencer à s'ennuyer. Mais comme je suis à la fois un geek et amateur de nekketsu, je reste plutôt bien accroché et j'ai envie d'en savoir plus, et de lire cette série comme un divertissement relativement proche dans son idée d'un isekai par les pouvoirs que le héros se découvre soudain et ce monde parallèle, masqué aux yeux des simples humains, qu'il doit découvrir. Note : 2,5/5
Taomeh et le mort immortel
J'ai bien aimé l'idée de base, mais l'exécution m'a vraiment laissée sur ma faim. L'histoire est celle de Taomeh, jeune orpheline vivant au sein d'une communauté régulièrement attaquée par des créatures mystérieuses, et qui va un jour tomber sur une épée magique lui permettant de contrôler les morts. Enfin, plus précisément un mort, étrangement gentil par ailleurs, qui va l'accompagner dans sa quête : sauver la forêt. Le récit est simple mais intéressant : de la spiritualité, de la nécromancie, un propos filé sur la peur, un dessin très joli, ... Vraiment, sur le papier, l'histoire est bonne. Mais voilà, j'ai trouvé que tout allait trop vite, que le récit ne respirait pas beaucoup et ne se permettait pas vraiment d'être "plus". Je n'arriverais sans doute pas à mieux m'exprimer là-dessus, mais je ressens vraiment qu'il y avait un grand potentiel qui aurait pu être libéré même en n'ajoutant qu'un tout petit rien. Le résultat reste bon, il aurait simplement pu être très bon. Même si elle m'a déçue par sa rapidité, la fin m'a tout de même plu sur un détail, à savoir le fait que le mort ne soit finalement que ça : un mort tout ce qu'il y a de plus banal. Pas un héros du passé ou quelqu'un de lié directement à Taomeh ou quelque chose comme ça, juste un mort lambda qui s'est sincèrement attaché à cette enfant. Cela appui la grande bonté du personnage. Cet aspect est sans doute naïf mais je l'apprécie.
À cœur ouvert
Décidément, cela semble être une mode ces dernières années, un auteur qui raconte une opération médicale qu'il a subit. L'album m'a attiré parce que j'ai vu le nom de Keramidas et que j'aime bien son dessin dynamique. De ce côté-là je n'ai pas été déçu parce que le résultat est encore une fois très bon. J'aime aussi les couleurs qu'il utilise. On voit qu'il a travaillé dans l'animation parce qu'on dirait vraiment un dessin animé mis en papier. Quant au scénario, il y a les forces et les faiblesses de ce genre d'autobiographie. Il y a des passages intéressants, mais à force de lire de l'autobio qui se passe dans le milieu médical, je commence à voir les mêmes éléments et cela devient blasant, mais il faut dire que la vie après une opération grave se ressemble (passer plusieurs jours/semaines à l'hôpital, visite de la famille et des proches, les séquelles sur le corps....). C'est aussi un récit un peu trop autocentré par moment qui donne l'impression que l'auteur produit une BD pour lui tout seul ou à la limite pour ceux qui ont eu le même problème que lui. Tant mieux si faire une BD sur son expérience aide l'auteur, mais cela ne veut pas dire que je vais trouver cela automatique passionnant à lire. Cela reste sympathique à lire, mais ce n'est pas un indispensable.
Chroniques de la lune noire
Une belle arnaque cette série, je la suis depuis de (trop) nombreuses années sans déplaisir mais sans non plus en être un adepte inconditionnel. Disons que j’ai toujours vu ses (gros) défauts et faiblesses, principalement scénaristique, mais que grâce aux dessins (et à mon cerveau reptilien) ça passe. Froideval n’est pas un très bon scénariste (de bd du moins) mais il sait créer un univers. Les chroniques, c’est sympa à parcourir mais ça aurait mérité d’être bien plus concis et structuré. La première époque se traîne tellement que c’est abusé !! la suite est un peu plus cohérente mais tout aussi dispensable. La partie graphique, pour peu que l’on aime ce style, rattrape l’intérêt. Déjà toutes les couvertures envoient du lourd. L’intérieur sera confié à plusieurs dessinateurs au fil des parutions, on aura ses préférences mais ils partagent tous une charte « grandiloquente » pour leurs planches, pas avare en détails ni en double pages. Il faut aimer mais il y a du boulot. Ce n’est pas de la haute H-F, ça s’avère même plutôt cliché à bien des endroits, comme l’humour qui fait preuve de bien peu de subtilité. Bref je descends et je ne conseille pas mais il existe tout de même un petit plaisir coupable à suivre ces aventures.
Cigish ou le Maître du Je
Cigish, à la base, c'était le blog BD où l'autrice racontait sa propre vie depuis le moment où elle avait décidé , la trentaine bien passée, de changer sa vie en incarnant au jour le jour le rôle de son personnage préféré de jeux de rôles : le nain maléfique Cigish. Cela consiste donc à devenir ouvertement méchante, ou du moins à faire de son mieux pour l'être ou l'apparaitre, comme une manière d'exorciser le mal-être de sa vie précédente où elle ne se sentait pas à sa place. Et comme elle se livre en même temps sur son blog, son entourage apprend rapidement qu'elle joue ou qu'elle est ce fameux Cigish et appréhende cela de différentes manières. L'idée de départ est particulièrement originale. Ancien roliste moi-même, j'ai apprécié le concept et j'étais très curieux de voir où il allait mener l'autrice. Autour de son "jeu de rôle pour de vrai", elle articule des thématiques nombreuses qu'on retrouvera dans nombre d'autres de ses ouvrages, notamment le rapport à sa soeur jumelle, sa valse hésitation au sujet de la religion catholique faite de culpabilité et de haine, ses pulsions de cruauté qui alternent avec sa douceur naturelle, sa carrière d'autrice et tout un mal-être autour de ces sujets. On est presque dans la psychanalyse tant l'autrice aime à dévoiler es pulsions intimes... mais jamais sexuelles comme le fait remarquer un de ses proches à un moment donné contrairement à ce qu'elle dévoilera plus tard dans Pucelle. On ne sait jamais trop si c'est parfaitement sincère ou s'il y a un jeu dans le jeu de rôles et la manière dont elle le raconte, mais ça parait tout de même très crédible. Toutefois, je dois admettre que passé la découverte initiale, le moteur de la curiosité s'épuise tandis que le récit traine un peu en longueur et en circonvolutions. Le rythme se fait mou et l'accroche trop ténue. Une fois finie la moitié de ce gros album, j'ai commencé à m'ennuyer et à peiner à aller jusqu'au bout sans avoir envie de sauter quelques pages. L'idée est donc belle et originale, mais son développement a peiné à me convaincre et à me toucher.
Siberia 56
Bec fait du Bec, mais ici sans trop d’esbroufe, donc ça passe bien, même pour ceux qui ne sont pas forcément amateur de son style. Piochant un peu partout les influences SF (il le revendique d’ailleurs en entrée du premier tome), du début de « La planète des singes » à « Dune » (les vers) en passant par « La planète interdite (référence la plus évidente ici – jusqu’au nom des morbius). Il réutilise aussi pas mal de ses marottes. Un univers forcément très sombre, une planète inhospitalière en voie de colonisation (avec bien sûr un consortium privé aux actions et intérêts égoïstes), des menaces omniprésentes empêchant toute baisse de tension, et une inévitable civilisation extra-terrestre ayant laissé des traces – et quelques énigmes. Mais bon là il n’abuse pas trop de tout ça, et il n’y a pas trop non plus de charabia inutile, il va à l’essentiel, sacrifiant la psychologie des personnages (il se débarrasse d’ailleurs aisément des personnages pour n’en garder que quelques rares), mais aussi ne développant pas outre mesure l’univers et l’histoire. Conclue en trois tomes, elle mise essentiellement sur l’action, et une montée en tension régulière, jusqu’au final dramatique, qui volontairement ne réponds pas aux questions que les acteurs et les lecteurs se posaient sur cette planète et ses occupants (anciens ou contemporains de l’intrigue). Ça se laisse lire donc, et le dessin de Sentenac – pas toujours suffisamment lisible à mon goût – accompagne bien cette intrigue, en livrant de belles planches de paysages où les tempêtes éclairent temporairement un univers baigné par une nuit polaire et glaciale. Une honnête série du genre, qui contentera les amateurs de Bec et au-delà.
Dawnrunner
Amateurs de Pacific Rim et d'Evangelion, vous ne serez vraiment pas dépaysés avec cette BD. Dans un monde futuriste, des monstres type kaijus sont apparus sur Terre en passant par un portail ouvert dans les airs et ont ravagé une partie de la civilisation humaine. Celle-ci s'est réorganisée en bloquant les monstres derrière des murs gigantesques et en fabriquant des méchas seuls capables de les affronter. Des corporations très mercantiles gèrent ces méchas et organisent les combats comme des spectacles de téléréalité. Et comme dans Neon Genesis Evangelion, les pilotes de ces méchas doivent se synchroniser avec l'esprit de ces machines... esprit issu de cerveaux humains pour une connexion plus fusionnelle. Quand l'héroïne monte à bord du plus perfectionné d'entre eux, elle se retrouve en connexion directe avec celui qui était un ancien soldat tué par les monstres et elle ne sait bientôt plus faire la différence entre leurs deux êtres et leurs souvenirs. C'est un album de belle qualité. Le dessin est très pro, fonctionnant aussi bien pour dépeindre ce futur réaliste et ses protagonistes que pour l'ambiance un peu amère qui s'en dégage. Les monstres ont aussi de la gueule... mais... que ce soit eux ou les méchas, ils sont régulièrement cadrés trop serrés pour s'en faire une idée claire et cela rend les scènes d'action souvent difficiles à déchiffrer. L'histoire est prenante sur une bonne moitié tandis qu'on est happé par son récit entre Running Man et Evangelion, et qu'on cherche à en apprendre plus sur l'esprit de ce soldat et sur sa relation avec la pilote de mécha. Cependant, j'avoue que j'attendais davantage de développement au récit et j'ai été un peu déçu par le déroulement de sa seconde moitié et là encore la manière dont ce qu'il s'y déroule m'a tellement rappelé un épisode d'Evangelion en particulier, avant ici d'aboutir à une fin un peu plate et qui n'a pas su me toucher. Une très belle entame donc, quoiqu'un peu convenue dans son contexte, mais un final moins convaincant à mon goût.
Batman - Curse of the White Knight
Batman – Curse of the White Knight est le deuxième tome de la série dédiée à la sombre chauve-souris par Sean Murphy. Pour pouvoir profiter de cet album, il est indispensable de lire Batman –White Knight au préalable (à ce sujet, merci Gaston !!! j’avais commencé Curse of the White Knight et je n’y comprenais pas grand-chose jusqu’à ce que je lise ton avis et reprenne les choses dans l’ordre). De plus, la fin de Curse of the White Knight est telle qu’elle oblige le lecteur à lire une suite pour en retirer satisfaction. En clair, Batman – Curse of the White Knight n’est en rien un one-shot mais bel et bien un tome de transition se situant entre White Knight et Beyond the White Knight. J’ai trouvé cet album encore plus à mon goût au niveau graphique mais nettement inférieur à White Knight au niveau du scénario. Il y a pourtant pas mal d’idées intéressantes mais trop d’éléments sont juste évoqués. Sean Murphy nourrit son univers, en accordant notamment beaucoup d’espace aux origines de la famille Wayne, mais laisse la plupart des portes ouvertes. A la fin de ce tome, j’ai juste l’impression que celui-ci a servi uniquement de mise en place en vue d’un troisième tome (Beyond the White Knight) qui, je l’espère, nous délivrera quelques clés. Ce sentiment est renforcé par certains passages qui ne sont jamais que des redites par rapport à White Knight ainsi que par le chapitre consacré au dr Freeze, qui fait un peu « Tiens ! Je clape ça là, ça fera du volume ». Considéré comme un one-shot, cet album est très frustrant et peu prenant. On ne comprend rien à la situation de départ (si on n’a pas lu White Knight) et la fin ne débouche sur pas grand-chose de concret (si on ne poursuit pas cette lecture avec sa suite, Beyond the White Knight). Donc pour moi, si on considère qu’il s’agit d’un one-shot, c’est un gros bof. Mais considéré comme un tome 2, nous avons un album qui permet à son auteur d’étoffer son univers et de continuer à soulever certains points dignes d’intérêt. Ce tome est inférieur à White Knight en termes d’intensité et de révélations jouissives mais c’est un tome de transition tout à fait acceptable, pour peu que la suite soit à la hauteur.