David Snug est un bonhomme que j’aime bien. Son style à la fois minimaliste et rentre dedans, engagé, voire dégagiste, est souvent rafraichissant.
J’ai lu l’album dans sa version réédité chez Nada (des pages en plus, dessins refaits et nouvelle couverture par rapport à l’édition originale). Snug y a ajouté une « préface », qui diffère du reste car il apparait – avec son look impayable et reconnaissable de barbu à bonnet, livrant quelques pistes sur ce qui va suivre (et répétant son amour pour la musique plus ou moins punk – ici celle des Beruriers Noirs). C’est souvent cette version du bonhomme que j’aime bien.
La suite est globalement moins intéressante, en tout cas plus inégale, puisque c’est une accumulation de diatribes en une page et un monologue à chaque fois, dans lesquels un personnage – porte-parole de l’auteur – dénonce les plus ou moins gros travers de la société, la langue de bois, les abus de langage et de pouvoir, et diverses hypocrisies. La forme n’est pas captivante, alors même que les messages sont loin d’être inintéressants.
Une lecture rapide. Snug a fait plus percutant ailleurs je pense.
Note réelle 2,5/5.
Avec "Super Ball Girls", nous voilà partis pour une série bien déjantée qui semble pousser les curseurs bien hauts pour le plaisir du lecteur !
Eita Ichiyoshi est un jeune loser qui bosse à la chaîne dans une fabrique de chocolat. Sa vie banale, morose et sans grand avenir va pourtant basculer le soir de Noël, quand formulant le souhait de changer de vie, une balle rebondissante lui tombe dessus en pleine rue. Et c'est en la ramenant chez lui et en la jetant dans son appartement que celle-ci finit par se transformer en une magnifique jeune femme nue qui se jette sur lui pour l'embrasser... De là naissent trois nouvelles balles rebondissantes... se transformant en trois nouvelles nymphettes tout aussi peu couvertes, avides de câlins et qui commencent à se battre et retourner l'appartement pour parvenir à leur fin ! Un rêve à double tranchant ! Et ce n'est que le début, car cohabiter avec ces drôles de créatures n'est pas de tout repos...
Le pitch est donc bien barré et pourrait vite tourner en rond, mais le décalage entre ces créatures de rêves et le côté trash de leurs bastons, s'il est surprenant, donne aussi toute sa saveur à ce début de série. Mention spéciale à la sortie dans le supermarché où nos nymphettes partent en sucette et improvisent une baston à coup de légumes : l'une d'entre elle se retrouve énucléée par un lancé de concombre ! Bon, pas trop de bobos, nos mystérieuses créatures se régénèrent rapidement... ouf !
Côté dessin, Akira Hiramoto nous propose un trait très dynamique qui colle parfaitement à ce récit déjanté. Il a également une touche très personnelle dans sa façon de dessiner certains visages et cela lui donne une touche très personnelle fort appréciable.
Alors, je suis curieux de découvrir la suite de cette série originale qui part sur les chapeaux de roue !
(3.5/5)
Un autre manga de fantasy tiré d'un light novel qui contient des éléments qu'on a déjà vus: le héros venu d'un autre monde, des rois démons, des filles-chattes, la royauté, des chevalières, des magiciennes, le héros super-fort, les personnages qui agissent comme des Japonais dans un décor européen...
Le design de ce monde et ses habitants manquent vraiment d'originalité, et heureusement il y a quelques trucs qui sortent de l'ordinaire. Déjà, le héros vient d'un autre monde fantasy et pas du Japon, il n'est pas sélectionné pour être le grand héros qui va combattre le grand méchant roi démon et il se marie avec une seule femme, les autres personnages féminins qui gravitent autour de lui sont uniquement ses amies. Le scénario est pas trop mal sans être exceptionnel, on ne tombe pas dans les pires travers du genre isekai, hormis le fait que le héros super-fort bat souvent les méchants d'une manière que je ne comprends pas trop.
Il faut dire que les scènes d'action sont les parties les moins intéressantes de l'histoire, j'aime mieux voir les personnages vivre leur vie quotidienne. Le héros manque un peu de charisme, mais ce n'est pas grave, parce qu'on suit en parallèle des sous-intrigues mettant en vedette des personnages plus intéressants que lui. Le dessin est pas trop mal.
Au final, ça se laisse lire si on n’en a pas marre des 1000 séries d'isekai qui sortent chaque année au Japon.
Delcourt réédite ce manga de Junji Ito paru chez Tonkam en 2012 en y ajoutant deux autres nouvelles : "La lécheuse" et "Le pavillon étrange".
On retrouve avec ce manga le monde si singulier de Ito avec son fantastique macabre et horrifique. La nouvelle principale qui ouvre l'album nous raconte l'histoire d'un suicide collectif qui "tourne mal" : c'est un échec... Le fantastique s'invite en effet très vite et nos 4 protagonistes mettent fin à leur projet, confrontés à des événements troublants. Mais ce n'est que le début... Car la suite va rapidement tourner à l'horreur avec l'apparition d'étranges pierre sphériques qui seraient issues d'une porte ouverte avec le monde des âmes...
Le second récit, plus court, "La lécheuse" m'était déjà connu, l’ayant lu dans un autre recueil de l'auteur. J'avoue ne pas trop aimé ce récit.
Quant au dernier, "Le pavillon étrange", il tient en quelques pages, et ce n'est pas non plus ce que je préfère chez Ito.
Autant j'ai bien apprécié le premier que je trouve bien développé en plongeant toujours plus loin vers l'étrange et le fantastique, autant je ne vois pas trop l'intérêt de republier ce dernier en y ajoutant des nouvelles déjà présentes dans d'autres recueils.
Côté dessin, je reste toujours aussi amateur du trait fin de Junji Ito et des ambiances qu'il sait imposer.
C'est avec cet album que l'autrice Fumi Yoshinaga a remporté le Prix Kono Manga Ga sugoi de cette année dans la catégorie féminine. Du coup je m'attendais à découvrir une petite pépite... Mais j'avoue être ressorti assez mitigé de ma lecture...
Ce manga est construit autour de 5 courtes histoires où des personnages portant à chaque fois les noms de Tanaki et Amane évoluent à des périodes et dans des contextes différents. La première se passe à notre époque et nous raconte l'histoire de parents découvrant l'homosexualité de leur fille ; la seconde nous parle de la relation épistolaire entre deux femmes évoluant dans des classes sociales différentes à l'époque Meiji ; la troisième nous parle de l'amitié entre une jeune femme malade et un jeune enfant (son voisin) que sa mère peine à occuper à cause de sa vie professionnelle durant les années 70' ; la quatrième se déroule en période d'après guerre avec deux soldats ouvrant une échoppe dans le marché clandestin de Shinjuku ; la dernière enfin se déroule à l'époque des samouraïs et nous raconte une histoire de vengeance...
Si les récits sont assez inégaux dans leur intensité et leur façon de nous relater des formes différentes d'amour, d'amitiés ou de relations tout simplement, j'avoue avoir trouver le tout un peu plat. Alors oui; ce fil conducteur construit autour du prénom des personnages est intéressant, mais ne m'a pas plus convaincu que ça.
Surtout que du côté du dessin j'ai trouvé ça assez léger ; si les personnages sont plutôt bien rendus, les décors sont quasi inexistants.
Bref, un peu déçu par ma lecture (2.5/5)
Région parisienne de nos jours. Dans un hôtel miteux, le corps d'une jeune fille est retrouvé sans vie. Que faisait elle là ? Que s'est-il passé ? Au gré de l'enquête de police, Raphael Frydman dresse le portrait d'hommes et femmes miséreux, looser sur les bords, et relativement attachants
Voilà un bon gros pavé qui se lit très facilement. En effet le style épuré, les dessins, qui font plus penser à des croquis, le tempo et le découpage de l'histoire permettent une lecture fluide et rapide. J'ai eu l'impression d'avoir entre les mains un storyboard, ce qui n'est pas forcément surprenant, compte tenu de l'expérience des auteurs.
Concernant le scénario, nous sommes en présence d'un polar tout ce qu'il y a de plus classique, que l'on pourrait typiquement retrouvé dans un épisode du vendredi soir d'une série de France2. Rien d'extraordinaire donc mais rien de rédhibitoire non plus. Et pourtant cette histoire me laisse un goût d'inachevé. En effet le parti pris de s'attarder sur des personnages, liés de près ou de loin à l'affaire, ne permet pas de suivre le déroulé de l'enquête. Ce qui en soit est assez déroutant mais également, pour ma part, un peu dérangeant.
Un ouvrage qui pour moi ne nécessite pas forcément une acquisition mais qui au hasard d'un rayon d'une bibliothèque peu très bien faire l'objet d'un emprunt.
Découvert il y a quelques mois en furetant sur le net, ce bus m'a franchement plu.
Proche parfois dans le ton et l'esprit de l'oeuvre de Marc-Antoine Mathieu (comme Julius Corentin Acquefacques par exemple), il s'en écarte par certains aspects surréalistes.
Il s'en écarte aussi par le format, du livre d'abord (à l'italienne), mais aussi des histoires, ici des strips destinés à être publiés dans un magazine (Heavy Metal).
Contrairement aux histoires longues de Julius, ces courts récits muets offrent la possibilité de se renouveler rapidement, d'épuiser une idée, d'en tirer tout le jus, fut-il absurde ou onirique. Mais sur le long terme, une fois l'idée "épuisée", la surprise éventée, la possibilité de renouvellement n'existe plus.
C'est un album original, dont je conseille la lecture. J'étais tenté au début de mettre 3 étoiles, mais je suis passé au niveau supérieur pour deux raisons. D'abord parce que l'auteur a su voir l'impasse arriver avant de toucher le mur et a arrêté la publication (je suis d'accord ici avec l'avis précédent), mais aussi à cause du texte final où l'auteur se présente et présente son travail et ses doutes. Texte court, mais qui ajoute un réel plus à ce livre, par ailleurs d'une petite maison d'édition que je ne connaissais pas, TANIBIS, à qui je souhaite longue vie.
***************************
Bon, ben finalement, contrairement à ce qui était pressenti, il y a eu un second tome de ce bus, l'auteur ayant repris ses crayons pour nous concocter de nouveaux strips (les deux/trois pages où Paul Kirchner explique au début de l'album le redémarrage de son activité sont d'ailleurs plutôt drôles).
Mais, comme je le craignais un peu, ce n'est pas forcément une très bonne idée.
Certes, on retrouve encore la même atmosphère, proche des Julius de Marc Antoine Mathieu (ou du dessin minutieux et froid de son 3 Secondes (3'')), mais la magie n'opère pas si souvent. A noter que les strips que je trouve les moins intéressants sont les rares avec des paroles.
Je garde bien sûr le conseil d'achat, et la note moyenne, mais un peu plus à l'arrache. 4 étoiles pour le premier tome, 3 pour le second. Si vous n'en achetez qu'un, choisissez le premier (plus épais et plus intéressant.
??????????????????????????????????????
Je viens de lire le troisième tome de ce qui est devenue une série récurrente, qui poursuit dans la même veine absurde à outrance, jouant plus ou moins ouvertement sur un surréalisme visuel (influence que confirme la liste des artistes cités sur une image en fin d'album).
Ce style, ces influences revendiquées me plaisent, je suis clairement en territoire familier. Mais comme pour le deuxième tome, le résultat me laisse un peu sur ma faim. Les gags sont inégaux, et poésie et/ou humour absurde ne fonctionnent pas toujours suffisamment à mon goût. C'est encore globalement sympathique, parfois très bien vu, mais je n'y retrouve pas autant de plaisir que lors de ma lecture du premier tome. Et pourtant Kirchner est un auteur qui m'intéresse beaucoup depuis que je l'ai découvert.
Note réelle 3,5, que j'arrondis désormais globalement à 3 étoiles (le premier tome vaut bien mieux !).
Au moment ou j'écris ces lignes le tome 10 sortira dans les prochains mois. J'aimais beaucoup cette série (des enfants confrontés aux horreurs de la première guerre mondiale). Il y a également ce coté Tom Sawyer qui était sympathique. Mais là, un énième tome. Pour raconter quoi?
Il vont commettre la même erreur que la série Seuls. Il vont trainer la série en longueur jusqu'à épuisement.
Moi ce que je veux savoir c'est qu'est ce qu'est devenu l'instituteur (et pourquoi pas le curé) du tome1 ?
C'est un album qui se laisse lire, mais j'en ressors avec un avis mitigé, un peu sur ma faim.
Les premières pages sont très dynamiques et violentes, traitées à la Tarantino. La suite est par contre beaucoup moins rythmée, il y a pas mal de longueurs, et mon intérêt a fluctué et quelque peu baissé.
Si une certaine critique du cynisme et de l'hypocrisie des relations internationales (et des Américains en particulier) affleure, j'ai eu du mal à accepter cette organisation (finalement très en phase avec certaines théories du complot actuelles), la Mother Company.
Nicholaï Hel, le héros, est intriguant, énigmatique - hautement improbable aussi (comme le personnage du Gnome) - mais pas du tout attachant. Personnages et intrigue sont trop froids, distants, secs.
Les allusions à la mentalité japonaise et au jeu de Go ne m'ont pas convaincu ou captivé.
Le dessin use d'un trait et d'une colorisation modernes, faisant penser parfois au travail de Blain. C'est simple et dynamique, plutôt agréable en tout cas.
Note réelle 2,5/5.
Après quatre biographies consacrées à des célébrités (Rod Serling, Bela Lugosi, The Velvet Underground et Gary Gigax, le créateur de Donjons & Dragons), Koren Shadmi nous revient avec un ouvrage beaucoup plus personnel, davantage dans la lignée du « Voyageur », son œuvre phare parue en 2017 chez Ici Même et rééditée cette année chez Marabulles. Si « Le Voyageur » faisait figure de récit intemporel, ne serait-ce que par son personnage immortel que l’on voyait traverser toutes les époques, « La Passe visage » se situe clairement dans le registre SF. L’action se déroule à New York, dans un futur relativement proche, à la fois inquiétant et familier, puisqu’il est question de ces applis de smartphones qui, telles des baguettes magiques hi-tech, permettent à leur détenteur d’avoir tout ce qu’ils veulent, à tout moment et dans un délai très court (colissimo presto). Un futur où tous les moindres obstacles à nos désirs doivent être annihilés, à tout prix. Qu'on se le dise, la vie ne sera plus une quête, puisque nos machines si compatissantes l'accompliront à notre place. Uber-Seigneur, délivre-nous de nos maux, amen.
En parallèle, c’est le thème de l’identité qui est abordé ici. Pour concevoir son scénario, Koren Shadmi, s’est inspiré, comme il le dit en postface, d’un étrange phénomène au Japon : « des sociétés louant de « faux » membres de leur famille à des clients esseulés, ou pour servir de remplaçants lors d’interaction sociale ». « La Passe visage » n’est donc pas totalement de la science-fiction, et c’est peut-être bien ça le plus terrifiant. L’auteur, très choqué en apprenant que de telles sociétés pouvaient exister, a donc cherché à nous faire partager ses états d’âme avec ce récit.
Shadmi aurait pu se contenter d’une intrigue simple. Son personnage principal, Rose Cladwell, actrice en devenir, aurait pu se grimer pour interpréter au mieux les personnes qu’elle était censée remplacer. Mais en lui donnant la possibilité de changer d’aspect grâce à son implant cérébral, il ne fait que renforcer l’effroi du lecteur, d’autant plus quand l’implant se dérègle et que son visage, de manière très furtive, se déforme façon Francis Bacon. Ne se contentant pas d’abandonner son identité moyennant finances, elle-même est confrontée à quelques galères : d’abord ce boulot qui, même s’il lui sert d’ersatz à ses rêves d’actrice, ne lui permet même pas de boucler ses fins de mois difficiles, et ensuite les tensions résultant d’un divorce fait dans la douleur. Une situation qui suscitera chez elle des interrogations sur sa propre identité et la conduira doucement vers la folie.
Partant d’un pitch original, Koren Shadmi a élaboré un scénario intrigant où ces questionnements philosophiques donnent le vertige. Mais s’il est original, ce scénario est complexe aussi, dans la mesure où l’on voit Rose vivre mille et une vies en se mettant dans la peau de plusieurs personnages, tandis que sa propre vie n’a pas l’air si simple. L’auteur du « Voyageur » s’en sort plutôt bien, mais il faudra parfois faire preuve d’une certaine concentration pour « identifier » tous les protagonistes. De plus, on pourra regretter l’absence d’un noyau véritablement magnétique dans ce récit qui reste un brin éparpillé. Les bonnes idées sont là, mais on aurait peut-être pu vibrer davantage si Shadmi avait opté pour un vrai thriller SF.
Quant à sa ligne claire, elle demeure toujours efficace et sa froide sobriété contribue à produire une atmosphère irréelle et un peu anxiogène, dans un futur pas franchement enviable mais dont nous semblons nous rapprocher inéluctablement. Comme le dessin, la mise en page reste simple mais confère à l’histoire une bonne lisibilité.
« La Passe visage », s’il n’atteint pas le niveau du « Voyageur », reste une lecture plaisante. Koren Shadmi prouve ici qu’il n’est jamais aussi bon que quand il produit une œuvre personnelle, qu’il sait être créatif quand il est question de nous faire partager ses vues sur le monde actuel et nous alerter sur ses dérives.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
À bas l'humanité, à l'unanimité
David Snug est un bonhomme que j’aime bien. Son style à la fois minimaliste et rentre dedans, engagé, voire dégagiste, est souvent rafraichissant. J’ai lu l’album dans sa version réédité chez Nada (des pages en plus, dessins refaits et nouvelle couverture par rapport à l’édition originale). Snug y a ajouté une « préface », qui diffère du reste car il apparait – avec son look impayable et reconnaissable de barbu à bonnet, livrant quelques pistes sur ce qui va suivre (et répétant son amour pour la musique plus ou moins punk – ici celle des Beruriers Noirs). C’est souvent cette version du bonhomme que j’aime bien. La suite est globalement moins intéressante, en tout cas plus inégale, puisque c’est une accumulation de diatribes en une page et un monologue à chaque fois, dans lesquels un personnage – porte-parole de l’auteur – dénonce les plus ou moins gros travers de la société, la langue de bois, les abus de langage et de pouvoir, et diverses hypocrisies. La forme n’est pas captivante, alors même que les messages sont loin d’être inintéressants. Une lecture rapide. Snug a fait plus percutant ailleurs je pense. Note réelle 2,5/5.
Super Ball Girls
Avec "Super Ball Girls", nous voilà partis pour une série bien déjantée qui semble pousser les curseurs bien hauts pour le plaisir du lecteur ! Eita Ichiyoshi est un jeune loser qui bosse à la chaîne dans une fabrique de chocolat. Sa vie banale, morose et sans grand avenir va pourtant basculer le soir de Noël, quand formulant le souhait de changer de vie, une balle rebondissante lui tombe dessus en pleine rue. Et c'est en la ramenant chez lui et en la jetant dans son appartement que celle-ci finit par se transformer en une magnifique jeune femme nue qui se jette sur lui pour l'embrasser... De là naissent trois nouvelles balles rebondissantes... se transformant en trois nouvelles nymphettes tout aussi peu couvertes, avides de câlins et qui commencent à se battre et retourner l'appartement pour parvenir à leur fin ! Un rêve à double tranchant ! Et ce n'est que le début, car cohabiter avec ces drôles de créatures n'est pas de tout repos... Le pitch est donc bien barré et pourrait vite tourner en rond, mais le décalage entre ces créatures de rêves et le côté trash de leurs bastons, s'il est surprenant, donne aussi toute sa saveur à ce début de série. Mention spéciale à la sortie dans le supermarché où nos nymphettes partent en sucette et improvisent une baston à coup de légumes : l'une d'entre elle se retrouve énucléée par un lancé de concombre ! Bon, pas trop de bobos, nos mystérieuses créatures se régénèrent rapidement... ouf ! Côté dessin, Akira Hiramoto nous propose un trait très dynamique qui colle parfaitement à ce récit déjanté. Il a également une touche très personnelle dans sa façon de dessiner certains visages et cela lui donne une touche très personnelle fort appréciable. Alors, je suis curieux de découvrir la suite de cette série originale qui part sur les chapeaux de roue ! (3.5/5)
Chillin' life in a different world
Un autre manga de fantasy tiré d'un light novel qui contient des éléments qu'on a déjà vus: le héros venu d'un autre monde, des rois démons, des filles-chattes, la royauté, des chevalières, des magiciennes, le héros super-fort, les personnages qui agissent comme des Japonais dans un décor européen... Le design de ce monde et ses habitants manquent vraiment d'originalité, et heureusement il y a quelques trucs qui sortent de l'ordinaire. Déjà, le héros vient d'un autre monde fantasy et pas du Japon, il n'est pas sélectionné pour être le grand héros qui va combattre le grand méchant roi démon et il se marie avec une seule femme, les autres personnages féminins qui gravitent autour de lui sont uniquement ses amies. Le scénario est pas trop mal sans être exceptionnel, on ne tombe pas dans les pires travers du genre isekai, hormis le fait que le héros super-fort bat souvent les méchants d'une manière que je ne comprends pas trop. Il faut dire que les scènes d'action sont les parties les moins intéressantes de l'histoire, j'aime mieux voir les personnages vivre leur vie quotidienne. Le héros manque un peu de charisme, mais ce n'est pas grave, parce qu'on suit en parallèle des sous-intrigues mettant en vedette des personnages plus intéressants que lui. Le dessin est pas trop mal. Au final, ça se laisse lire si on n’en a pas marre des 1000 séries d'isekai qui sortent chaque année au Japon.
Black Paradox
Delcourt réédite ce manga de Junji Ito paru chez Tonkam en 2012 en y ajoutant deux autres nouvelles : "La lécheuse" et "Le pavillon étrange". On retrouve avec ce manga le monde si singulier de Ito avec son fantastique macabre et horrifique. La nouvelle principale qui ouvre l'album nous raconte l'histoire d'un suicide collectif qui "tourne mal" : c'est un échec... Le fantastique s'invite en effet très vite et nos 4 protagonistes mettent fin à leur projet, confrontés à des événements troublants. Mais ce n'est que le début... Car la suite va rapidement tourner à l'horreur avec l'apparition d'étranges pierre sphériques qui seraient issues d'une porte ouverte avec le monde des âmes... Le second récit, plus court, "La lécheuse" m'était déjà connu, l’ayant lu dans un autre recueil de l'auteur. J'avoue ne pas trop aimé ce récit. Quant au dernier, "Le pavillon étrange", il tient en quelques pages, et ce n'est pas non plus ce que je préfère chez Ito. Autant j'ai bien apprécié le premier que je trouve bien développé en plongeant toujours plus loin vers l'étrange et le fantastique, autant je ne vois pas trop l'intérêt de republier ce dernier en y ajoutant des nouvelles déjà présentes dans d'autres recueils. Côté dessin, je reste toujours aussi amateur du trait fin de Junji Ito et des ambiances qu'il sait imposer.
Tamaki et Amane
C'est avec cet album que l'autrice Fumi Yoshinaga a remporté le Prix Kono Manga Ga sugoi de cette année dans la catégorie féminine. Du coup je m'attendais à découvrir une petite pépite... Mais j'avoue être ressorti assez mitigé de ma lecture... Ce manga est construit autour de 5 courtes histoires où des personnages portant à chaque fois les noms de Tanaki et Amane évoluent à des périodes et dans des contextes différents. La première se passe à notre époque et nous raconte l'histoire de parents découvrant l'homosexualité de leur fille ; la seconde nous parle de la relation épistolaire entre deux femmes évoluant dans des classes sociales différentes à l'époque Meiji ; la troisième nous parle de l'amitié entre une jeune femme malade et un jeune enfant (son voisin) que sa mère peine à occuper à cause de sa vie professionnelle durant les années 70' ; la quatrième se déroule en période d'après guerre avec deux soldats ouvrant une échoppe dans le marché clandestin de Shinjuku ; la dernière enfin se déroule à l'époque des samouraïs et nous raconte une histoire de vengeance... Si les récits sont assez inégaux dans leur intensité et leur façon de nous relater des formes différentes d'amour, d'amitiés ou de relations tout simplement, j'avoue avoir trouver le tout un peu plat. Alors oui; ce fil conducteur construit autour du prénom des personnages est intéressant, mais ne m'a pas plus convaincu que ça. Surtout que du côté du dessin j'ai trouvé ça assez léger ; si les personnages sont plutôt bien rendus, les décors sont quasi inexistants. Bref, un peu déçu par ma lecture (2.5/5)
L'Échelle de Richter
Région parisienne de nos jours. Dans un hôtel miteux, le corps d'une jeune fille est retrouvé sans vie. Que faisait elle là ? Que s'est-il passé ? Au gré de l'enquête de police, Raphael Frydman dresse le portrait d'hommes et femmes miséreux, looser sur les bords, et relativement attachants Voilà un bon gros pavé qui se lit très facilement. En effet le style épuré, les dessins, qui font plus penser à des croquis, le tempo et le découpage de l'histoire permettent une lecture fluide et rapide. J'ai eu l'impression d'avoir entre les mains un storyboard, ce qui n'est pas forcément surprenant, compte tenu de l'expérience des auteurs. Concernant le scénario, nous sommes en présence d'un polar tout ce qu'il y a de plus classique, que l'on pourrait typiquement retrouvé dans un épisode du vendredi soir d'une série de France2. Rien d'extraordinaire donc mais rien de rédhibitoire non plus. Et pourtant cette histoire me laisse un goût d'inachevé. En effet le parti pris de s'attarder sur des personnages, liés de près ou de loin à l'affaire, ne permet pas de suivre le déroulé de l'enquête. Ce qui en soit est assez déroutant mais également, pour ma part, un peu dérangeant. Un ouvrage qui pour moi ne nécessite pas forcément une acquisition mais qui au hasard d'un rayon d'une bibliothèque peu très bien faire l'objet d'un emprunt.
Le Bus
Découvert il y a quelques mois en furetant sur le net, ce bus m'a franchement plu. Proche parfois dans le ton et l'esprit de l'oeuvre de Marc-Antoine Mathieu (comme Julius Corentin Acquefacques par exemple), il s'en écarte par certains aspects surréalistes. Il s'en écarte aussi par le format, du livre d'abord (à l'italienne), mais aussi des histoires, ici des strips destinés à être publiés dans un magazine (Heavy Metal). Contrairement aux histoires longues de Julius, ces courts récits muets offrent la possibilité de se renouveler rapidement, d'épuiser une idée, d'en tirer tout le jus, fut-il absurde ou onirique. Mais sur le long terme, une fois l'idée "épuisée", la surprise éventée, la possibilité de renouvellement n'existe plus. C'est un album original, dont je conseille la lecture. J'étais tenté au début de mettre 3 étoiles, mais je suis passé au niveau supérieur pour deux raisons. D'abord parce que l'auteur a su voir l'impasse arriver avant de toucher le mur et a arrêté la publication (je suis d'accord ici avec l'avis précédent), mais aussi à cause du texte final où l'auteur se présente et présente son travail et ses doutes. Texte court, mais qui ajoute un réel plus à ce livre, par ailleurs d'une petite maison d'édition que je ne connaissais pas, TANIBIS, à qui je souhaite longue vie. *************************** Bon, ben finalement, contrairement à ce qui était pressenti, il y a eu un second tome de ce bus, l'auteur ayant repris ses crayons pour nous concocter de nouveaux strips (les deux/trois pages où Paul Kirchner explique au début de l'album le redémarrage de son activité sont d'ailleurs plutôt drôles). Mais, comme je le craignais un peu, ce n'est pas forcément une très bonne idée. Certes, on retrouve encore la même atmosphère, proche des Julius de Marc Antoine Mathieu (ou du dessin minutieux et froid de son 3 Secondes (3'')), mais la magie n'opère pas si souvent. A noter que les strips que je trouve les moins intéressants sont les rares avec des paroles. Je garde bien sûr le conseil d'achat, et la note moyenne, mais un peu plus à l'arrache. 4 étoiles pour le premier tome, 3 pour le second. Si vous n'en achetez qu'un, choisissez le premier (plus épais et plus intéressant. ?????????????????????????????????????? Je viens de lire le troisième tome de ce qui est devenue une série récurrente, qui poursuit dans la même veine absurde à outrance, jouant plus ou moins ouvertement sur un surréalisme visuel (influence que confirme la liste des artistes cités sur une image en fin d'album). Ce style, ces influences revendiquées me plaisent, je suis clairement en territoire familier. Mais comme pour le deuxième tome, le résultat me laisse un peu sur ma faim. Les gags sont inégaux, et poésie et/ou humour absurde ne fonctionnent pas toujours suffisamment à mon goût. C'est encore globalement sympathique, parfois très bien vu, mais je n'y retrouve pas autant de plaisir que lors de ma lecture du premier tome. Et pourtant Kirchner est un auteur qui m'intéresse beaucoup depuis que je l'ai découvert. Note réelle 3,5, que j'arrondis désormais globalement à 3 étoiles (le premier tome vaut bien mieux !).
La Guerre des Lulus
Au moment ou j'écris ces lignes le tome 10 sortira dans les prochains mois. J'aimais beaucoup cette série (des enfants confrontés aux horreurs de la première guerre mondiale). Il y a également ce coté Tom Sawyer qui était sympathique. Mais là, un énième tome. Pour raconter quoi? Il vont commettre la même erreur que la série Seuls. Il vont trainer la série en longueur jusqu'à épuisement. Moi ce que je veux savoir c'est qu'est ce qu'est devenu l'instituteur (et pourquoi pas le curé) du tome1 ?
Shibumi
C'est un album qui se laisse lire, mais j'en ressors avec un avis mitigé, un peu sur ma faim. Les premières pages sont très dynamiques et violentes, traitées à la Tarantino. La suite est par contre beaucoup moins rythmée, il y a pas mal de longueurs, et mon intérêt a fluctué et quelque peu baissé. Si une certaine critique du cynisme et de l'hypocrisie des relations internationales (et des Américains en particulier) affleure, j'ai eu du mal à accepter cette organisation (finalement très en phase avec certaines théories du complot actuelles), la Mother Company. Nicholaï Hel, le héros, est intriguant, énigmatique - hautement improbable aussi (comme le personnage du Gnome) - mais pas du tout attachant. Personnages et intrigue sont trop froids, distants, secs. Les allusions à la mentalité japonaise et au jeu de Go ne m'ont pas convaincu ou captivé. Le dessin use d'un trait et d'une colorisation modernes, faisant penser parfois au travail de Blain. C'est simple et dynamique, plutôt agréable en tout cas. Note réelle 2,5/5.
La Passe-visage
Après quatre biographies consacrées à des célébrités (Rod Serling, Bela Lugosi, The Velvet Underground et Gary Gigax, le créateur de Donjons & Dragons), Koren Shadmi nous revient avec un ouvrage beaucoup plus personnel, davantage dans la lignée du « Voyageur », son œuvre phare parue en 2017 chez Ici Même et rééditée cette année chez Marabulles. Si « Le Voyageur » faisait figure de récit intemporel, ne serait-ce que par son personnage immortel que l’on voyait traverser toutes les époques, « La Passe visage » se situe clairement dans le registre SF. L’action se déroule à New York, dans un futur relativement proche, à la fois inquiétant et familier, puisqu’il est question de ces applis de smartphones qui, telles des baguettes magiques hi-tech, permettent à leur détenteur d’avoir tout ce qu’ils veulent, à tout moment et dans un délai très court (colissimo presto). Un futur où tous les moindres obstacles à nos désirs doivent être annihilés, à tout prix. Qu'on se le dise, la vie ne sera plus une quête, puisque nos machines si compatissantes l'accompliront à notre place. Uber-Seigneur, délivre-nous de nos maux, amen. En parallèle, c’est le thème de l’identité qui est abordé ici. Pour concevoir son scénario, Koren Shadmi, s’est inspiré, comme il le dit en postface, d’un étrange phénomène au Japon : « des sociétés louant de « faux » membres de leur famille à des clients esseulés, ou pour servir de remplaçants lors d’interaction sociale ». « La Passe visage » n’est donc pas totalement de la science-fiction, et c’est peut-être bien ça le plus terrifiant. L’auteur, très choqué en apprenant que de telles sociétés pouvaient exister, a donc cherché à nous faire partager ses états d’âme avec ce récit. Shadmi aurait pu se contenter d’une intrigue simple. Son personnage principal, Rose Cladwell, actrice en devenir, aurait pu se grimer pour interpréter au mieux les personnes qu’elle était censée remplacer. Mais en lui donnant la possibilité de changer d’aspect grâce à son implant cérébral, il ne fait que renforcer l’effroi du lecteur, d’autant plus quand l’implant se dérègle et que son visage, de manière très furtive, se déforme façon Francis Bacon. Ne se contentant pas d’abandonner son identité moyennant finances, elle-même est confrontée à quelques galères : d’abord ce boulot qui, même s’il lui sert d’ersatz à ses rêves d’actrice, ne lui permet même pas de boucler ses fins de mois difficiles, et ensuite les tensions résultant d’un divorce fait dans la douleur. Une situation qui suscitera chez elle des interrogations sur sa propre identité et la conduira doucement vers la folie. Partant d’un pitch original, Koren Shadmi a élaboré un scénario intrigant où ces questionnements philosophiques donnent le vertige. Mais s’il est original, ce scénario est complexe aussi, dans la mesure où l’on voit Rose vivre mille et une vies en se mettant dans la peau de plusieurs personnages, tandis que sa propre vie n’a pas l’air si simple. L’auteur du « Voyageur » s’en sort plutôt bien, mais il faudra parfois faire preuve d’une certaine concentration pour « identifier » tous les protagonistes. De plus, on pourra regretter l’absence d’un noyau véritablement magnétique dans ce récit qui reste un brin éparpillé. Les bonnes idées sont là, mais on aurait peut-être pu vibrer davantage si Shadmi avait opté pour un vrai thriller SF. Quant à sa ligne claire, elle demeure toujours efficace et sa froide sobriété contribue à produire une atmosphère irréelle et un peu anxiogène, dans un futur pas franchement enviable mais dont nous semblons nous rapprocher inéluctablement. Comme le dessin, la mise en page reste simple mais confère à l’histoire une bonne lisibilité. « La Passe visage », s’il n’atteint pas le niveau du « Voyageur », reste une lecture plaisante. Koren Shadmi prouve ici qu’il n’est jamais aussi bon que quand il produit une œuvre personnelle, qu’il sait être créatif quand il est question de nous faire partager ses vues sur le monde actuel et nous alerter sur ses dérives.