C'est avec Florida que j'avais découvert le travail de Jean Dytar et j'avais pris une bonne claque ! Si Les Illuminés n'avait pas réussi à m'embarquer, j'avais pourtant été impressionné par le remarquable travail graphique de cet album. Et c'est là que Jean Dytar est fort, avec cette capacité à adapter son style graphique à son sujet ! Avec "Les Sentiers d'Anahuac" il réussit le pari fou de mêler un style gravure à celui des aztèques,et ça fonctionne à merveille !
Car si ce récit basé sur des faits historiques laisse place à quelques supputations des auteurs, le parcours du prêtre franciscain Bernardino de Sahagun et du jeune natif Antonio Valeriano, est construit autour d'une recherche historique très étayée que vient appuyer une post-face très intéressante renvoyant à toutes leurs sources. Le prêtre va en effet consacrer sa vie à la rédaction d'un manuscrit retranscrivant à l'aide du jeune Antonio la culture et la mémoire aztèque. C'est l'histoire de ce manuscrit aujourd'hui conservé en Italie qui sert de fil rouge à cette histoire.
C'est avant tout le graphisme unique de Jean Dytar qui saute aux yeux quand on ouvre cet album. Le mélange des deux styles (aztèque et gravure) est un savant mélange parfaitement équilibré qui nous livre des planches assez époustouflantes tout en restant d'une grande lisibilité : chapeau ! C'est ensuite toute cette histoire post Conquête et cette volonté de quelques uns de préserver les restes de cette culture ancestrale qui va disparaître en si peu de temps qui marque. Loin d'être consensuelle, cette idée va se heurter à tous les idéaux économiques, de pouvoir et d'évangélisation des colons espagnols qui ne voient pas l'intérêt de ce travail herculéen, aussi chronophage que couteux.
Au final, un album remarquable qui nous prouve une nouvelle fois tout le savoir faire caméléonesque de Jean Dytar !
Je vais défendre le scénariste ! Il y a le voyage dans le temps par des moyens divers et poétiques, remémorations de Mort Cinder ou de l'antiquaire, dont on parle peu et dont le rôle est si important que des exégètes sont allés jusqu'à prétendre qu'il rêvait de Mort Cinder ! "Le passé est-il aussi mort qu'il le semble ? demande-t-il, ce qui pourrait résumer l'œuvre que j'ai acheté et garde dans un meuble dérobé aux regards, tant elle me plaît et que je n'ai pas envie de prêter pour la perdre. Que j'aime tellement que la fantaisie me prend de demander une image de Mort ou bien d'Ezra comme blason à nos relecteurs, si cela est gratuit et ne leur demande pas trop de temps. Je fuis les problèmes et évite d'en poser ! J'écris au fil de la plume, plutôt lyrique, le temps est court, mieux vaut se concentrer sur les meilleures créations, sauf parfois pour remettre à leur place de fausses gloires.
Bref, pour notre Cinder, hommage au dessinateur qui ne fait pas que dans l'expressionnisme d'ambiance, mais sait sculpter les traits de personnages habités par le passé comme Mort, ou touché par leurs reflets, savoir les objets puis Mort, comme l'antiquaire. Et le scénariste ? Il parvient à mêler le passé de son personnage à l'Histoire, contraste de son détachement d'homme qui en a tant vu et de son rôle de raconteur d'histoires ,et parfois de héros ou témoin détaché de l'action. Aux frontières d'un temps imprécis, car Mort peut revenir dans le passé et y entraîner Ezra, correspond une réalité en extension vers la science-fiction et le fantastique. Bien sûr, de telles intrigues demandaient un dessinateur exceptionnel ! Mais sans le scénariste, nous n'aurions pas senti passer sur nous le souffle de l'ailleurs !
Je dirais que Mort est comme le scénariste, lui qui passé de vie à trépas, peut ressusciter si quelqu'un empêche qu'on ne le tue de façon définitive, de sorte que l'antiquaire se demande s'il fait face à un vampire. Et le dessinateur est comme l'antiquaire, qui permet au héros de vivre. Les deux sont inséparables, et chacun ferait un beau blason.
Dans la même veine mais plus politique et plus difficile d'accès, il y a l'Eternaute, attention, je parle de la version de nos deux auteurs, assez courte mais inégalée ! Ai-je une chance de convaincre ? Certains sont bien insensibles à Corto Maltese, bien plus accessible.
Il m'est assez difficile de parler de "Slava". Déjà parce que d'autres avis l'ont fait mieux que moi et que j'ai du mal à être au clair sur mon avis.
J'ai un intérêt que je ne m'explique pas pour la Russie. Ce pays me fascine depuis des années, et j'ai eu l'occasion de visiter Moscou en hiver il y a quelques années avec une amie. Une visite qui m'a marqué sur la différence si grande qu'il y a entre européen de l'ouest et ce monde de l'est si différent. J'ai épluché son histoire, et comme Gomont, j'ai été surpris (le mot est faible) par les années Elstine. Le démembrement de l'URSS et la violence sordide de ceux qui deviendront les oligarques.
Cette BD, c'est tout cela. Avec un faux air de Kusturika comme disait Tomdelapampa, avec son humour parfois étrangement cartoonesque mais aussi une mélancolie sourde qui pointe, une tristesse de tout les instants. "Slava", c'est l'histoire qu'on aimerait voir bien finir et qu'on sait dès le début qu'elle sera un drame. Et je dois dire que sa fin est d'une tristesse très grande, d'autant que l'on a eu le temps de s'attacher à eux.
Une BD de Gomont c'est difficile à décrire pour moi. Déjà parce qu'il y a de la densité et que le bonhomme ne facilite pas la chose. Allez résumer "Slava" à trois paragraphes sans trop en dire ! Mais ce qui est simple, c'est que j'ai aimé. Adoré ? Non, clairement pas. La BD prend un peu trop de temps dans sa deuxième partie avant l'explosif final, et d'autre part j'ai trouvé la BD très (trop) bavarde dans son tome 3, surtout au début, lorsque je sentais le poids omniprésent du texte qui commençait à m'embêter dans ma lecture. D'autant que Gomont a ce tic d'intégrer du texte entre les bandes de dessins avec parfois des dialogues continus. Ce qui m'oblige à d'abord lire la voix off puis ensuite le dialogue sous peine de me perdre dans le texte, et parfois je trouve la voix-off trop présente, presque trop lyrique et parfois redondante.
Maintenant que cette critique est faite (une critique que je fais à plusieurs autres BD de Gomont) je dois dire que l'auteur sait y faire niveau histoire. Slava, Nina et Lavrine sont attachants, par leurs forces et par leurs faiblesses. Le dessin de Gomont, alliant ses bulles aux dessins explicatifs avec des passages muets, tout en y allant de ses dialogues percutants et ses moments de tension. C'est maitrisé et clair, comme à son habitude.
En fait je ressors de la BD frustré, un peu. Parce que j'ai l'impression que ça aurait pu être plus que ça, que l'histoire aurait été plus efficace et impactante plus condensé. En l'état, c'est bon, sans doute au-dessus de la moyenne, mais je continue de me dire que ça aurait pu être carrément génial.
Mais pour autant, ne vous privez pas d'une lecture qui tente de rendre tangible ce que fut l'éclatement de l'URSS et ce que les russes vécurent. Une BD pour se rendre compte...
Voilà une série Fantasy plutôt sympathique. Et qui se démarque déjà du tout venant du genre, par un univers original. Et, là où souvent un groupe de héros se lance dans une quête ou à l’assaut d’un mal ou de bestioles monstrueuses, c’est au contraire à une longue retraite que nous avons affaire.
L’inévitable tyran n’est pas omnipotent – il est même peu présent, sauf dans la conclusion – et les auteurs ne se sont pas embarrassés de bimbos peu vêtues ou d’histoire d’amour à deux balles.
La narration est fluide, rythmée, la menace des « fils du magma » grandissant, éliminant les uns après les autres les fuyards, jusqu’au dénouement final.
Ce final justement, qui est le seul petit bémol, tant je l’ai trouvé un chouia brutal, un peu trop vite expédié (je pense même que les auteurs auraient pu se permettre un tome supplémentaire pour mieux exploiter le vieux monarque et les vengeances ou trahison que ses décisions ou la situation dramatique du monde ravagé par les flammes pouvaient inspirer).
Reste que j’ai lu d’une traite les trois tomes, avec plaisir. Les amateurs du genre y trouveront leur compte.
Il me semble que d'autres ont déjà dit la splendeur visuelle d'un album que le texte ne dépare pas. Alors pourquoi poursuivre ? Entre autre, pour relever encore la moyenne. Un album dont on peut goûter chaque page comme un tableau, ce qui ne veut pas dire qu'on manque de dynamisme narratif. En plus, j'adore le personnage principal ! Il y a tant d'albums qui ne sont rien, ou bien, de série dont la suite ne forme qu'un triste désaveu à l'idée de départ et aux premiers albums ! Tant de naufrages qu'on pense pouvoir expédier en une phrase assassine, n'étant pas de nature à s'épanouir dans le lyrisme de l'attaque ! Mais là, on a le baroque, le vrai, non la confusion maladroite de certains ! Toutes les techniques semblent n'en former qu'une, rêves et réalité se donnent la main, la diversité ne nuit pas à la lisibilité, et la cohérence ne nait pas de la pauvreté de l'inspiration. En bande dessinée, cet art qui unit le texte, ou plutôt, la narration et le dessin, aucun des deux ne doit faire oublier l'autre, non, la bd n'est pas de petites images, la bd n'est pas un texte aéré. Elle séquence leur union, et le fait au plus haut niveau ici, dans Corto Maltese et que sais-je encore ?
Il y a longtemps, dans une Californie lointaine, très lointaine...
Incontournable pour les adeptes de la saga, ce roman graphique super bien foutu pourra également intéresser les amateurs de backstage de cinéma tellement l’œuvre regorge d’anecdotes tout en étant dotée d’une narration fluide et assimilable par n’importe qui.
Ce livre ce lit comme un vrai page-turner, j’ai été scotché de bout en bout et pourtant je ne suis pas un néophyte : j’ai vu les 6 premiers films des dizaines de fois chacun, j’ai lu des comics, des romans, fait tous les jeux vidéos, je me suis intéressé à d’autres médias, bref, je connais plutôt bien l’univers Star Wars par rapport à la moyenne. Après pour certaines personnes c’est quasiment une religion il faut dire, donc des trucs diverses et variés on peut en apprendre tout les jours. J’ignorais par exemple que les interprètes de C3PO et R2-D2 ne pouvaient pas se blairer sur le tournage (est-ce toujours le cas ? ), l’infarctus de Lucas, sa jeunesse rebelle dont je n’avais pas le moindre soupçon (quand on voit Lucas il fait plus pépère tranquille, même lorsqu’il était jeune), je ne vais pas vous gâcher le plaisir de lecture en vous spoilant le récit mais il y a à boire et à manger là-dedans.
Ce qui est diablement intéressant, et c’est le tour de Force des auteurs, c’est d’avoir réussi à conjuguer une biographie intimiste de Georges Lucas tout en étant à la fois une histoire sur la production du tout premier « La Guerre des étoiles », de l’envie du réalisateur de créer quelque chose qui lui ressemble et qui sort des sentiers battus à la sortie dudit film et le ras-de-marée culturel qu’il a représenté. C’est une véritable aventure en parallèle de ce space fantasy qui nous est contée, et de for belle manière : Lucas cet homme taiseux et affable m’a touché par sa réserve, les gens de la 20st Century Fox au contraire apparaissent comme des méchants de James Bond tant ils sont vénales et calculateurs (c’est romancé mais est-ce si éloigné de la réalité ? ), certains personnages m’ont déçu : je savais par exemple qu’Alec Guinness trouvé les dialogues enfantins, ou que pas grand monde parmi le crew ne croyait au projet, mais j’ai été surpris que des Ford, Fisher ou Kenny Baker, c’est-à-dire des moins que rien avant ce film, se foutent ouvertement de ce film « de merde ».
Cela a été plus qu’un parcours du combattant la réalisation de ce film, dans la lignée de ces films maudits comme Fitzcarraldo, Don Quichotte ou Waterworld. Lucas a sué sang et eau pour le mener au bout et il est intéressant de remarquer que si son succès repose pour l’immense partie sur les épaules de Lucas imself, quelques noms de notables sont à ajouter, des gens qui ont cru au projet et en l’homme : sa femme Marcia Lucas sa première critique et relectrice et son équipe de monteurs, Gary Kurtz le producteur exécutif le Sam de l’équipe, Tom Pollock son avocat qui a négocié le contrat du siècle, Ben Burtt prodige des effets sonores, John Williams l’un des plus grands compositeurs de cinéma, Alan Ladd indéfectible soutient de Lucas envers et contre tous, George Mather qui a remis de l’ordre dans le bordel des studios I.L.M ; Willard et Gloria Huyck les dialoguistes (sans eux ça ne ressemblerai à rien vu que Lucas « ne sait pas écrire »), Fred Roos le directeur de casting qui a eu du flair.
Ah oui ! Et le dessin est juste parfait, aux petits oignons, il sert parfaitement la narration, le code couleur est génial, y rien à redire, c’est très plaisant à regarder.
Mise à jour suite au tome 2
Note élevée au rang de "culte". Le tournage chaotique du premier film est bien connu des cinéphiles, je ne pensais pas qu'il y avait matière pour un épisode 2. Et pourtant ce livre se révèle aussi bien construit que le premier et enrichi d'anecdotes de tournage inédites. Les mecs ont potassé le sujet, le résultat est à la hauteur de l'attente suscitée par le succès de son prédécesseur. Le parallèle entre la bd et les films de Lucas est amusant de ce point de vu, mais que les auteurs se rassurent : ça casse la baraque !
Que dire... Vivement l'épisode III !
La série Martin Milan n’est pas passée inaperçue dans le journal tintin de la fin des années 60 et du début des années 70 tant le personnage était décalé parmi les héros de l’époque. On pourrait le ranger dans la catégorie des héros atypiques avec le Jonathan de Cosey.
Martin Milan n’est pas vraiment un aventurier a proprement parler, juste le pilote d’un avion branlant, pour lequel chaque vol
Qui se termine bien est un exploit.
D’un humour redoutable et décalé, Martin Milan cherche juste à gagner quelques argent pour vivre avec son vieux coucou. Mais ce n’est pas vraiment l’argent qui le motive, mais plutôt faire de belles rencontres. Les histoires qui ont le plus touché ne sont pas des récits complet de 46 pages mais plutôt des histoires courtes comme « il s’appelait Jérôme » ou églantine de ma jeunesse ». Les personnages d’enfant tiennent souvent un rôle prépondérant dans cette série; je pense ainsi à « l’âge et le surdoué » ou aux « clochards de la jungle ». Il faut reconnaître de Christian Godard à un véritable talent pour trouver des titres d’album marquant. Cette série qui compte finalement peu d’albums s’étale sur une trentaine d’année et j’avoue que je préfère le style graphique de Girard des années 70 à celui de la fin des années 80 et même des années 90, puisque la série a rebondi à ce moment là aux éditions Dargaud. Curieusement les éditions du Lombard n’ont pas vraiment respecté la chronologie pour la parution des albums et on voit bien. Que des histoires plus récentes ont été publiées en album avant des récits plus anciens. Cette série tendre et émouvante que je viens de relire m’a de nouveau procure bien du plaisir comme ce fut le cas lors de la pré publication des histoires dans le journal Tintin.
3.5
L'auteur rend hommage à son meilleur ami qui est mort bien trop tôt de la maladie.
C'est donc une histoire d'amitié comme il y en a déjà eu et on sent la sincérité de l'auteur qui veut montrer à quel point il aimait cet ami extraverti et optimiste, le genre de gars qu'on aimerait bien avoir dans son entourage lorsqu'on se sent mal. Si la première partie est pas mal, j'ai surtout ressenti de l'émotion lorsque le drame arrive. Le pauvre Cyril va passer des années à se battre contre la maladie. Lorsque ce n'est pas le cancer qui part et revient, c'est autre chose. Le sort semble s'acharner sur lui, mais Cyril a la force de se battre et d'essayer de profiter de la vie le plus longtemps. Je pense que d'autres auraient perdu toute volonté depuis et se seraient laissé mourir.
C'est vraiment une leçon de vie que nous montre Laurent Astier dans ce récit pudique au ton juste. La mise en scène est dynamique et j'ai bien aimé l'utilisation de super-héros. Une BD autobiographie à lire si on est amateur de ce genre.
Bon je vais pas m’attarder, je fais partie des très satisfaits.
Riad Sattouf a trouvé une chouette formule avec cette série. C’est admirablement bien raconté et son histoire est intéressante.
Je ne possède pas mais je ne peux que vous encouragez à la lire un jour. Perso, j’ai suivi le début un peu mollement avant de trouver mon rythme de croisière et finalement finir très touché avec sa conclusion.
Je recommande à 100% !
Je lis cette BD depuis que je suis tout petit et j'ai grandi avec Louca.
Toujours impatient de connaître la suite.
Pourrions nous s'il vous plaît avoir plus de communication ?
Ce serait incroyable pour la communauté Louca qui a du mal à se regrouper.
Ce serait génial d'avoir un forum dédié ou quelque chose comme ça.
En tout cas, BD amusante, avec des rebondissements dans tous les coins !
Soutiens à Bruno et son équipe !
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Les Sentiers d'Anahuac
C'est avec Florida que j'avais découvert le travail de Jean Dytar et j'avais pris une bonne claque ! Si Les Illuminés n'avait pas réussi à m'embarquer, j'avais pourtant été impressionné par le remarquable travail graphique de cet album. Et c'est là que Jean Dytar est fort, avec cette capacité à adapter son style graphique à son sujet ! Avec "Les Sentiers d'Anahuac" il réussit le pari fou de mêler un style gravure à celui des aztèques,et ça fonctionne à merveille ! Car si ce récit basé sur des faits historiques laisse place à quelques supputations des auteurs, le parcours du prêtre franciscain Bernardino de Sahagun et du jeune natif Antonio Valeriano, est construit autour d'une recherche historique très étayée que vient appuyer une post-face très intéressante renvoyant à toutes leurs sources. Le prêtre va en effet consacrer sa vie à la rédaction d'un manuscrit retranscrivant à l'aide du jeune Antonio la culture et la mémoire aztèque. C'est l'histoire de ce manuscrit aujourd'hui conservé en Italie qui sert de fil rouge à cette histoire. C'est avant tout le graphisme unique de Jean Dytar qui saute aux yeux quand on ouvre cet album. Le mélange des deux styles (aztèque et gravure) est un savant mélange parfaitement équilibré qui nous livre des planches assez époustouflantes tout en restant d'une grande lisibilité : chapeau ! C'est ensuite toute cette histoire post Conquête et cette volonté de quelques uns de préserver les restes de cette culture ancestrale qui va disparaître en si peu de temps qui marque. Loin d'être consensuelle, cette idée va se heurter à tous les idéaux économiques, de pouvoir et d'évangélisation des colons espagnols qui ne voient pas l'intérêt de ce travail herculéen, aussi chronophage que couteux. Au final, un album remarquable qui nous prouve une nouvelle fois tout le savoir faire caméléonesque de Jean Dytar !
Mort Cinder
Je vais défendre le scénariste ! Il y a le voyage dans le temps par des moyens divers et poétiques, remémorations de Mort Cinder ou de l'antiquaire, dont on parle peu et dont le rôle est si important que des exégètes sont allés jusqu'à prétendre qu'il rêvait de Mort Cinder ! "Le passé est-il aussi mort qu'il le semble ? demande-t-il, ce qui pourrait résumer l'œuvre que j'ai acheté et garde dans un meuble dérobé aux regards, tant elle me plaît et que je n'ai pas envie de prêter pour la perdre. Que j'aime tellement que la fantaisie me prend de demander une image de Mort ou bien d'Ezra comme blason à nos relecteurs, si cela est gratuit et ne leur demande pas trop de temps. Je fuis les problèmes et évite d'en poser ! J'écris au fil de la plume, plutôt lyrique, le temps est court, mieux vaut se concentrer sur les meilleures créations, sauf parfois pour remettre à leur place de fausses gloires. Bref, pour notre Cinder, hommage au dessinateur qui ne fait pas que dans l'expressionnisme d'ambiance, mais sait sculpter les traits de personnages habités par le passé comme Mort, ou touché par leurs reflets, savoir les objets puis Mort, comme l'antiquaire. Et le scénariste ? Il parvient à mêler le passé de son personnage à l'Histoire, contraste de son détachement d'homme qui en a tant vu et de son rôle de raconteur d'histoires ,et parfois de héros ou témoin détaché de l'action. Aux frontières d'un temps imprécis, car Mort peut revenir dans le passé et y entraîner Ezra, correspond une réalité en extension vers la science-fiction et le fantastique. Bien sûr, de telles intrigues demandaient un dessinateur exceptionnel ! Mais sans le scénariste, nous n'aurions pas senti passer sur nous le souffle de l'ailleurs ! Je dirais que Mort est comme le scénariste, lui qui passé de vie à trépas, peut ressusciter si quelqu'un empêche qu'on ne le tue de façon définitive, de sorte que l'antiquaire se demande s'il fait face à un vampire. Et le dessinateur est comme l'antiquaire, qui permet au héros de vivre. Les deux sont inséparables, et chacun ferait un beau blason. Dans la même veine mais plus politique et plus difficile d'accès, il y a l'Eternaute, attention, je parle de la version de nos deux auteurs, assez courte mais inégalée ! Ai-je une chance de convaincre ? Certains sont bien insensibles à Corto Maltese, bien plus accessible.
Slava
Il m'est assez difficile de parler de "Slava". Déjà parce que d'autres avis l'ont fait mieux que moi et que j'ai du mal à être au clair sur mon avis. J'ai un intérêt que je ne m'explique pas pour la Russie. Ce pays me fascine depuis des années, et j'ai eu l'occasion de visiter Moscou en hiver il y a quelques années avec une amie. Une visite qui m'a marqué sur la différence si grande qu'il y a entre européen de l'ouest et ce monde de l'est si différent. J'ai épluché son histoire, et comme Gomont, j'ai été surpris (le mot est faible) par les années Elstine. Le démembrement de l'URSS et la violence sordide de ceux qui deviendront les oligarques. Cette BD, c'est tout cela. Avec un faux air de Kusturika comme disait Tomdelapampa, avec son humour parfois étrangement cartoonesque mais aussi une mélancolie sourde qui pointe, une tristesse de tout les instants. "Slava", c'est l'histoire qu'on aimerait voir bien finir et qu'on sait dès le début qu'elle sera un drame. Et je dois dire que sa fin est d'une tristesse très grande, d'autant que l'on a eu le temps de s'attacher à eux. Une BD de Gomont c'est difficile à décrire pour moi. Déjà parce qu'il y a de la densité et que le bonhomme ne facilite pas la chose. Allez résumer "Slava" à trois paragraphes sans trop en dire ! Mais ce qui est simple, c'est que j'ai aimé. Adoré ? Non, clairement pas. La BD prend un peu trop de temps dans sa deuxième partie avant l'explosif final, et d'autre part j'ai trouvé la BD très (trop) bavarde dans son tome 3, surtout au début, lorsque je sentais le poids omniprésent du texte qui commençait à m'embêter dans ma lecture. D'autant que Gomont a ce tic d'intégrer du texte entre les bandes de dessins avec parfois des dialogues continus. Ce qui m'oblige à d'abord lire la voix off puis ensuite le dialogue sous peine de me perdre dans le texte, et parfois je trouve la voix-off trop présente, presque trop lyrique et parfois redondante. Maintenant que cette critique est faite (une critique que je fais à plusieurs autres BD de Gomont) je dois dire que l'auteur sait y faire niveau histoire. Slava, Nina et Lavrine sont attachants, par leurs forces et par leurs faiblesses. Le dessin de Gomont, alliant ses bulles aux dessins explicatifs avec des passages muets, tout en y allant de ses dialogues percutants et ses moments de tension. C'est maitrisé et clair, comme à son habitude. En fait je ressors de la BD frustré, un peu. Parce que j'ai l'impression que ça aurait pu être plus que ça, que l'histoire aurait été plus efficace et impactante plus condensé. En l'état, c'est bon, sans doute au-dessus de la moyenne, mais je continue de me dire que ça aurait pu être carrément génial. Mais pour autant, ne vous privez pas d'une lecture qui tente de rendre tangible ce que fut l'éclatement de l'URSS et ce que les russes vécurent. Une BD pour se rendre compte...
Hurlevent (Duval/Créty)
Voilà une série Fantasy plutôt sympathique. Et qui se démarque déjà du tout venant du genre, par un univers original. Et, là où souvent un groupe de héros se lance dans une quête ou à l’assaut d’un mal ou de bestioles monstrueuses, c’est au contraire à une longue retraite que nous avons affaire. L’inévitable tyran n’est pas omnipotent – il est même peu présent, sauf dans la conclusion – et les auteurs ne se sont pas embarrassés de bimbos peu vêtues ou d’histoire d’amour à deux balles. La narration est fluide, rythmée, la menace des « fils du magma » grandissant, éliminant les uns après les autres les fuyards, jusqu’au dénouement final. Ce final justement, qui est le seul petit bémol, tant je l’ai trouvé un chouia brutal, un peu trop vite expédié (je pense même que les auteurs auraient pu se permettre un tome supplémentaire pour mieux exploiter le vieux monarque et les vengeances ou trahison que ses décisions ou la situation dramatique du monde ravagé par les flammes pouvaient inspirer). Reste que j’ai lu d’une traite les trois tomes, avec plaisir. Les amateurs du genre y trouveront leur compte.
Black Dog - Les Rêves de Paul Nash
Il me semble que d'autres ont déjà dit la splendeur visuelle d'un album que le texte ne dépare pas. Alors pourquoi poursuivre ? Entre autre, pour relever encore la moyenne. Un album dont on peut goûter chaque page comme un tableau, ce qui ne veut pas dire qu'on manque de dynamisme narratif. En plus, j'adore le personnage principal ! Il y a tant d'albums qui ne sont rien, ou bien, de série dont la suite ne forme qu'un triste désaveu à l'idée de départ et aux premiers albums ! Tant de naufrages qu'on pense pouvoir expédier en une phrase assassine, n'étant pas de nature à s'épanouir dans le lyrisme de l'attaque ! Mais là, on a le baroque, le vrai, non la confusion maladroite de certains ! Toutes les techniques semblent n'en former qu'une, rêves et réalité se donnent la main, la diversité ne nuit pas à la lisibilité, et la cohérence ne nait pas de la pauvreté de l'inspiration. En bande dessinée, cet art qui unit le texte, ou plutôt, la narration et le dessin, aucun des deux ne doit faire oublier l'autre, non, la bd n'est pas de petites images, la bd n'est pas un texte aéré. Elle séquence leur union, et le fait au plus haut niveau ici, dans Corto Maltese et que sais-je encore ?
Les Guerres de Lucas
Il y a longtemps, dans une Californie lointaine, très lointaine... Incontournable pour les adeptes de la saga, ce roman graphique super bien foutu pourra également intéresser les amateurs de backstage de cinéma tellement l’œuvre regorge d’anecdotes tout en étant dotée d’une narration fluide et assimilable par n’importe qui. Ce livre ce lit comme un vrai page-turner, j’ai été scotché de bout en bout et pourtant je ne suis pas un néophyte : j’ai vu les 6 premiers films des dizaines de fois chacun, j’ai lu des comics, des romans, fait tous les jeux vidéos, je me suis intéressé à d’autres médias, bref, je connais plutôt bien l’univers Star Wars par rapport à la moyenne. Après pour certaines personnes c’est quasiment une religion il faut dire, donc des trucs diverses et variés on peut en apprendre tout les jours. J’ignorais par exemple que les interprètes de C3PO et R2-D2 ne pouvaient pas se blairer sur le tournage (est-ce toujours le cas ? ), l’infarctus de Lucas, sa jeunesse rebelle dont je n’avais pas le moindre soupçon (quand on voit Lucas il fait plus pépère tranquille, même lorsqu’il était jeune), je ne vais pas vous gâcher le plaisir de lecture en vous spoilant le récit mais il y a à boire et à manger là-dedans. Ce qui est diablement intéressant, et c’est le tour de Force des auteurs, c’est d’avoir réussi à conjuguer une biographie intimiste de Georges Lucas tout en étant à la fois une histoire sur la production du tout premier « La Guerre des étoiles », de l’envie du réalisateur de créer quelque chose qui lui ressemble et qui sort des sentiers battus à la sortie dudit film et le ras-de-marée culturel qu’il a représenté. C’est une véritable aventure en parallèle de ce space fantasy qui nous est contée, et de for belle manière : Lucas cet homme taiseux et affable m’a touché par sa réserve, les gens de la 20st Century Fox au contraire apparaissent comme des méchants de James Bond tant ils sont vénales et calculateurs (c’est romancé mais est-ce si éloigné de la réalité ? ), certains personnages m’ont déçu : je savais par exemple qu’Alec Guinness trouvé les dialogues enfantins, ou que pas grand monde parmi le crew ne croyait au projet, mais j’ai été surpris que des Ford, Fisher ou Kenny Baker, c’est-à-dire des moins que rien avant ce film, se foutent ouvertement de ce film « de merde ». Cela a été plus qu’un parcours du combattant la réalisation de ce film, dans la lignée de ces films maudits comme Fitzcarraldo, Don Quichotte ou Waterworld. Lucas a sué sang et eau pour le mener au bout et il est intéressant de remarquer que si son succès repose pour l’immense partie sur les épaules de Lucas imself, quelques noms de notables sont à ajouter, des gens qui ont cru au projet et en l’homme : sa femme Marcia Lucas sa première critique et relectrice et son équipe de monteurs, Gary Kurtz le producteur exécutif le Sam de l’équipe, Tom Pollock son avocat qui a négocié le contrat du siècle, Ben Burtt prodige des effets sonores, John Williams l’un des plus grands compositeurs de cinéma, Alan Ladd indéfectible soutient de Lucas envers et contre tous, George Mather qui a remis de l’ordre dans le bordel des studios I.L.M ; Willard et Gloria Huyck les dialoguistes (sans eux ça ne ressemblerai à rien vu que Lucas « ne sait pas écrire »), Fred Roos le directeur de casting qui a eu du flair. Ah oui ! Et le dessin est juste parfait, aux petits oignons, il sert parfaitement la narration, le code couleur est génial, y rien à redire, c’est très plaisant à regarder. Mise à jour suite au tome 2 Note élevée au rang de "culte". Le tournage chaotique du premier film est bien connu des cinéphiles, je ne pensais pas qu'il y avait matière pour un épisode 2. Et pourtant ce livre se révèle aussi bien construit que le premier et enrichi d'anecdotes de tournage inédites. Les mecs ont potassé le sujet, le résultat est à la hauteur de l'attente suscitée par le succès de son prédécesseur. Le parallèle entre la bd et les films de Lucas est amusant de ce point de vu, mais que les auteurs se rassurent : ça casse la baraque ! Que dire... Vivement l'épisode III !
Martin Milan
La série Martin Milan n’est pas passée inaperçue dans le journal tintin de la fin des années 60 et du début des années 70 tant le personnage était décalé parmi les héros de l’époque. On pourrait le ranger dans la catégorie des héros atypiques avec le Jonathan de Cosey. Martin Milan n’est pas vraiment un aventurier a proprement parler, juste le pilote d’un avion branlant, pour lequel chaque vol Qui se termine bien est un exploit. D’un humour redoutable et décalé, Martin Milan cherche juste à gagner quelques argent pour vivre avec son vieux coucou. Mais ce n’est pas vraiment l’argent qui le motive, mais plutôt faire de belles rencontres. Les histoires qui ont le plus touché ne sont pas des récits complet de 46 pages mais plutôt des histoires courtes comme « il s’appelait Jérôme » ou églantine de ma jeunesse ». Les personnages d’enfant tiennent souvent un rôle prépondérant dans cette série; je pense ainsi à « l’âge et le surdoué » ou aux « clochards de la jungle ». Il faut reconnaître de Christian Godard à un véritable talent pour trouver des titres d’album marquant. Cette série qui compte finalement peu d’albums s’étale sur une trentaine d’année et j’avoue que je préfère le style graphique de Girard des années 70 à celui de la fin des années 80 et même des années 90, puisque la série a rebondi à ce moment là aux éditions Dargaud. Curieusement les éditions du Lombard n’ont pas vraiment respecté la chronologie pour la parution des albums et on voit bien. Que des histoires plus récentes ont été publiées en album avant des récits plus anciens. Cette série tendre et émouvante que je viens de relire m’a de nouveau procure bien du plaisir comme ce fut le cas lors de la pré publication des histoires dans le journal Tintin.
La Force de vivre
3.5 L'auteur rend hommage à son meilleur ami qui est mort bien trop tôt de la maladie. C'est donc une histoire d'amitié comme il y en a déjà eu et on sent la sincérité de l'auteur qui veut montrer à quel point il aimait cet ami extraverti et optimiste, le genre de gars qu'on aimerait bien avoir dans son entourage lorsqu'on se sent mal. Si la première partie est pas mal, j'ai surtout ressenti de l'émotion lorsque le drame arrive. Le pauvre Cyril va passer des années à se battre contre la maladie. Lorsque ce n'est pas le cancer qui part et revient, c'est autre chose. Le sort semble s'acharner sur lui, mais Cyril a la force de se battre et d'essayer de profiter de la vie le plus longtemps. Je pense que d'autres auraient perdu toute volonté depuis et se seraient laissé mourir. C'est vraiment une leçon de vie que nous montre Laurent Astier dans ce récit pudique au ton juste. La mise en scène est dynamique et j'ai bien aimé l'utilisation de super-héros. Une BD autobiographie à lire si on est amateur de ce genre.
L'Arabe du futur
Bon je vais pas m’attarder, je fais partie des très satisfaits. Riad Sattouf a trouvé une chouette formule avec cette série. C’est admirablement bien raconté et son histoire est intéressante. Je ne possède pas mais je ne peux que vous encouragez à la lire un jour. Perso, j’ai suivi le début un peu mollement avant de trouver mon rythme de croisière et finalement finir très touché avec sa conclusion.
Louca
Je recommande à 100% ! Je lis cette BD depuis que je suis tout petit et j'ai grandi avec Louca. Toujours impatient de connaître la suite. Pourrions nous s'il vous plaît avoir plus de communication ? Ce serait incroyable pour la communauté Louca qui a du mal à se regrouper. Ce serait génial d'avoir un forum dédié ou quelque chose comme ça. En tout cas, BD amusante, avec des rebondissements dans tous les coins ! Soutiens à Bruno et son équipe !