Pour tout ceux qui aime Lanfeust, Hébus, Teträm et tous les protagonistes du monde magique de Troy, allez, ouste, en librairie c'est sorti !!!
Bon sinon ça reste du Arleston. On lit ça et on se sent bien, on passe un bon moment entre action, humour et suspense. Comme toujours (personnellement) je trouve que le mélange est particulièrement réussi.
Sinon au niveau du dessin j'ai été un peu interloqué. Le choix de Tota (certains Aquablue) m'a un peu surpris. En effet au début j'ai trouvé les visages un peu trop carrés à mon goût, mais on s'habitue bien.
Donc bilan, c'est du Arleston et c'est pas mal, le dessin est au demeurant pas mal (après un petit temps d'adaptation), c'était sans surprise ça devait être bien et bien ça l'est!
Alors là je dis 4/5 et encore je suis difficile on est vraiment à un haut niveau du point de vue bd.
Franchement la couverture je la trouve superbe c'est d'ailleurs ça qui m'a attiré en premier ensuite j'ai regardé les auteurs et là pfffffff des inconnus (en tout cas pour moi), mais je me suis rappelé avoir lu de bonnes critiques alors j'ai ouvert et puis ça avait l'air bien j'ai donc acheté. Et ben franchement je ne regrette pas.
Le dessin est franchement top, juste assez sombre avec de superbes nuances de rouge (le sang est tout particulièrement réussi), et les détails font mouche on tombe dans l'histoire grâce au dessin. Et parlons en de l'histoire, elle est si bien tournée que si on y réfléchit on s'aperçoit à la fin que beaucoup de choses se sont passées mais on se retrouve avec plein de questions et c'est à ça que l'on reconnaît selon moi les Grandes Histoires.
Sinon juste une dernière chose une BD allemande, c'est une grande première pour moi je savait même pas qu'ils en faisaient : ben sont pas mauvais du tout nos amis de l'autre côté du Rhin.
Quand j'ai eu fini cette BD - que mon mari m'avait chaudement recommandée -, je l'ai regardé sans rien dire - mon mari - et j'ai fait ça : "geste de lever le pouce en fermant le poing pour indiquer que quelque chose est excellent". Rarement je n'ai eu un avis aussi positif suite à une lecture.
Moi qui ai du mal à lire une simple Bande Dessinée en entier le soir - je m'endors avant en général -, j'ai ni plus ni moins dévoré les très nombreuses pages de "De Mal en Pis" sans plus me soucier du temps qui passait ni rien. J'avais le sourire aux lèvres en permanence, riant aux nombreuses touches d'humour, ressentant l'émotion des moments plus sensibles, mais surtout en étant totalement et complètement captivée par le récit. C'est un moment de bonheur de se plonger aussi intensément auprès de ces nombreux personnages si différents mais tellement vrais et proches de ce qu'on a pu être étant plus jeune - j'ai d'ailleurs reconnu des anciens colocataires dans les personnages du prof d'Histoire barbu et de sa copine à lunettes.
Une plongée dans la vie de personnages qu'on prend plaisir à suivre et à accompagner, un bonheur de lecture, une vraie émotion et un vrai plaisir qui fait rire, sourire, ressentir et réfléchir.
Franchement SdK est un bon manga, on aura beau dire c'est pas original et patati et patata, KYO est un manga très bien travaillé et très original.
Tout d'abord tout le monde s'accorde à dire que ce manga est très bien dessiné, ce qui est un argument de poids, mais KYO c'est aussi une quantité impressionnante de personnages vraiment très variés avec des personnalités très fortes.
L’histoire est complexe, certes, mais on n’y perd pas en plaisir, on sent que l'auteur maîtrise son sujet et ça c'est l'essentiel !
A tous les amateurs de manga SDK est à lire d'urgence!!!!
Note approximative : 3.5/5
Je n'attendais absolument rien de cette série que j'avais déjà vue depuis longtemps en bibliothèque sans jamais vouloir la lire car je lui trouvais trop de ressemblances avec Louis la Guigne que ce soit pour le choix du décor historique (années 30), la même collection Vécu, le visuel assez proche des couvertures et l'habillement du personnage principal. Mais autant je n'aime pas trop Louis la Guigne, autant j'ai bien aimé les Chemins de la Gloire.
Au dessin, Hulet nous offre quelque chose de vraiment très bon. On peut lui reprocher quelques visages légèrement déformés sur certaines cases (et encore pas si nombreuses), on peut aussi lui reprocher quelques décors trop épurés (vides, quoi), mais un très grand nombre de cases et de planches sont vraiment très belles autant sur les personnages que sur les décors. Cela donne une série graphiquement très bonne et agréable à lire.
Quant à l'histoire, on peut aussi lui reprocher quelque chose : le fait qu'on ne sache pas vraiment trop où elle va. On suit les aventures de Raymond Lécluse qui sera successivement soldat, manifestant, boxeur, légionnaire, prisonnier, manutentionnaire, etc... Bref une vie sociale qui connaît des hauts et des bas, alternant moments de gloire et moments de déchéance. Contrairement à d'autres BDs basées sur les années 30, ici, le héros n'a absolument aucune opinion politique : il se retrouvera aussi bien auprès de manifestants syndicalistes que de jeunesses patriotiques d'extrême-droite. Cet aspect libre de l'histoire, sans trame vraiment définie, peut gêner car elle ne donne pas particulièrement envie de lire la suite de chaque album puisque la situation du héros est souvent bouleversée. On ne peut pas tellement s'accrocher à telle ou telle ascension sociale ou à un contexte d'histoire en particulier. On ne fait que suivre notre héros dans le cheminement de sa vie.
Mais malgré ce petit défaut (et encore tout le monde ne considère pas ça comme un défaut puisque raconté ainsi, c'est le réalisme et la justesse du personnage qui ressort), cette BD a de grandes qualités dans son scénario. Déjà, elle est assez originale dans son décor, France des années 30, monde de la boxe et de la bourgeoisie Parisienne, puis Légion Etrangère et Algérie d'avant la Guerre. Ensuite, sa narration et ses dialogues sont très bons et très agréables à lire. L'histoire se lit avec beaucoup de fluidité, sans jamais le moindre ennui, les personnages sont originaux et justes, les rebondissements suffisants pour capter l'intérêt du lecteur. Et même si l'histoire est déroutante car changeant souvent d'intrigue ou de décor, le suivi de la lecture se fait très bien et j'ai personnellement été agréablement plongé dans les chemins mêlés de gloire et de malheur de Raymond Lécluse.
La série a été arrêtée au tome 4 (publié en 1994) alors que Hulet avait repris seul le scénario (le reprenant très bien d'ailleurs, la transition ne se voit pas du tout à mes yeux). La dernière page du tome 4 annonce un tome 5 qui ne viendra sans doute jamais. Mais la série peut très bien se lire ainsi : comme dit plus haut, l'histoire n'est pas suffisamment linéaire pour nécessiter obligatoirement une suite et les tomes 1 à 4 forment un tout très cohérent et suffisant.
Parmi la masse des séries de Tezuka actuellement traduites en français, on trouve de tout. Du bon et du moins bon diront certains, mais surtout une incroyable variété. Dernière œuvre en date, Barbara est une histoire en deux volumes, racontée sous formes de récits d’une vingtaine de pages.
Barbara est une jeune hippie, sale, alcoolique, sans le sou. Yôsuke Mikura, un célèbre écrivain, la recueille. Elle s’installe chez lui apparemment sans vergogne, boit, lui prend de l’argent, et sème la pagaille. De son côté, Mikura – obsédé par des désirs sexuels anormaux comme il le dit lui-même – s’approche parfois dangereusement de la folie. Mais leur relation ne sera pas celle que l’on pourrait imaginer.
Barbara est en effet un personnage des plus mystérieux. Au fil des pages les éléments s’accumulent, contredisant allègrement les apparences, épaississant le mystère tout en pointant vers une possibilité étonnante. Il faudra attendre le 6ème récit pour comprendre ce que Mikura refusera encore d’accepter. Mais je n'en parlerai pas plus pour laisser le plaisir de la découverte au lecteur.
Barbara est une œuvre aussi riche que sombre.
Riche parce qu’elle s’inscrit dans les années 70, auxquelles elle multiplie les références. Parce que les neuf histoires de ce volume – a priori indépendantes – s’accumulent pour créer un récit hésitant entre folie et réalité. Parce que ces histoires tissent un panorama varié et aussi agréablement complexe que subtil sur les thèmes de la création, de la sexualité, de la perversité, de la folie, ainsi que de la politique…
Barbara se révèle éminemment sombre de par son personnage principal, Mikura, et sa folie. Folie cynique, folie sexuelle, folie inquiétante, hallucinatoire, folie violente voire meurtrière, folie créatrice, la liste est longue. Folies souvent partagées par les autres personnages. Folies qui transpirent du dessin de Tezuka, en particulier de ces décors courbes, ondulés, déformés, torturés, de ces cadrages déstabilisants, ainsi que de son dessin à proprement parler, qui adopte ici un aspect très adulte qu’on lui connaît peu. Sombre encore par la présence parfois surprenante de violence et de nombreuses morts...
Une œuvre plutôt pour adultes donc, offrant de multiples niveaux de lectures, des thèmes nombreux et traités avec beaucoup de finesse sous des dehors qui peuvent apparaître superficiellement caricaturaux. Ajoutons à cela une mise en page magistrale, un dessin très expressif, et on obtient une (courte) série à lire impérativement. Attention, en bien ou en mal elle ne laissera personne indifférent.
Pour ma part, un 4,5 pour ce premier tome.
"L'Epée de Cristal", c’est de l’aventure, du fantastique, des rebondissements, et de la sensualité.
• PREMIER CYCLE (tome 1 à 5) : 4,5/5
Le scénario de Goupil peut sembler au départ un peu simplet et manichéen : le bien contre le néant ; mais l’histoire cache pas mal de rebondissements qui la rendent très captivante. Et il s’avère finalement plus difficile de délimiter le bien du mal.
Le dessin de Crisse est tout bonnement magnifique, peut être légèrement plus brouillon que sur Atalante et Kookaburra mais plus dynamique. Zorya est à croquer.
Les couleurs de Anyk (aidé de Carpentier sur le T.1) sont belles.
• SECOND CYCLE (tome 6 à ?) : 3/5
Côté scénario (Goupil et Krainzow), c’est difficile de juger sur un seul tome, mais je trouve l’idée générale assez bien, et l’histoire est bien relancée pour entamer un second cycle.
Côté dessin, les six premières planches, c’est Crisse qui s’y colle et Waooo qu’est ce que c’est beau, Zorya est encore plus sensuelle et sexy, et le serpent est vraiment génial.
Ensuite c’est Boube qui prend le relais, pas facile de passé derrière Crisse, il ne s’en sort pas mal même si je trouve qu’il y a quelques cases de loupées et que Zorya a perdu un petit quelque chose.
Les couleurs de Lamirand, rien à redire même si je préférais celles de Anyk.
Aux détracteurs de ce second cycle, je dirai d’attendre un peu de voir la suite avant de trop crier au loup.
(EDIT: Si elle sort un jour.)
J’ai poussé jusqu'au « franchement bien », justement parce que ce tome est celui que l'on peut prêter pour donner envie de lire la série: il contient la fantaisie, l'humour de la série originelle tout en pouvant se lire complètement en dehors de celle-ci.
Maus est culte et c'est plus qu'une BD, en cela qu'on attend souvent de ce médium qu'il ne soit que divertissement !
Donc oui Maus peut surprendre par sa longueur, sa tristesse tellement preignante (NDW : poignante ?) qu'elle peut décourager certains. Oui le graphisme peut paraître simpliste.
Mais Maus c'est aussi et surtout le mélange bienvenu de la grande histoire et de l'histoire individuelle, d'un survivant qui témoigne.
Mais c'est aussi un témoignage de la difficulté de compréhension entre les générations et donc ici entre un père et son fils: bref sous une forme assez inattendu un message d'amour familial.
Pour le graphisme j'avoue que l'auteur est aux antipodes de mes goûts personnels : mais aurais-je pu soutenir la lecture de cette œuvre avec un graphisme plus réaliste...
Que dire de plus ? Maus fait partie des oeuvres à avoir pour les passionnés de Bd, d'histoire, elle fait partie des bds qui en transcendent les barrières du médium, arrivent à intéresser à la bd de nouveaux publics.
Culte donc, car au delà du témoignage d'une partie de notre histoire, cette bd marque je pense une étape de maturité dans l'histoire de la bande dessinée.
Tout a été dit :)
Le scénario tient la route et l'histoire est assez déjantée malgré le relent de déjà vu (les méchants orchestrent le mal, possèdent un remède mais veulent se faire du pognon avant de le distribuer). On retrouve un style proche de la nef et un monde où moderne et vieux kitch se retrouvent.
Le dessin est très soigné et ne manque pas de détails, notamment sur les vues d'extérieur de la ville ou des rues. Les lieux et personnages ont tous leur style et sont suffisamment singuliers pour que l'univers de la BD soit reconnaissable au milieu de toutes les autres.
Cet album a une vraie personnalité qu'il serait dommage de ne pas connaître.
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Les Conquérants de Troy
Pour tout ceux qui aime Lanfeust, Hébus, Teträm et tous les protagonistes du monde magique de Troy, allez, ouste, en librairie c'est sorti !!! Bon sinon ça reste du Arleston. On lit ça et on se sent bien, on passe un bon moment entre action, humour et suspense. Comme toujours (personnellement) je trouve que le mélange est particulièrement réussi. Sinon au niveau du dessin j'ai été un peu interloqué. Le choix de Tota (certains Aquablue) m'a un peu surpris. En effet au début j'ai trouvé les visages un peu trop carrés à mon goût, mais on s'habitue bien. Donc bilan, c'est du Arleston et c'est pas mal, le dessin est au demeurant pas mal (après un petit temps d'adaptation), c'était sans surprise ça devait être bien et bien ça l'est!
La Chronique des Immortels
Alors là je dis 4/5 et encore je suis difficile on est vraiment à un haut niveau du point de vue bd. Franchement la couverture je la trouve superbe c'est d'ailleurs ça qui m'a attiré en premier ensuite j'ai regardé les auteurs et là pfffffff des inconnus (en tout cas pour moi), mais je me suis rappelé avoir lu de bonnes critiques alors j'ai ouvert et puis ça avait l'air bien j'ai donc acheté. Et ben franchement je ne regrette pas. Le dessin est franchement top, juste assez sombre avec de superbes nuances de rouge (le sang est tout particulièrement réussi), et les détails font mouche on tombe dans l'histoire grâce au dessin. Et parlons en de l'histoire, elle est si bien tournée que si on y réfléchit on s'aperçoit à la fin que beaucoup de choses se sont passées mais on se retrouve avec plein de questions et c'est à ça que l'on reconnaît selon moi les Grandes Histoires. Sinon juste une dernière chose une BD allemande, c'est une grande première pour moi je savait même pas qu'ils en faisaient : ben sont pas mauvais du tout nos amis de l'autre côté du Rhin.
De mal en pis
Quand j'ai eu fini cette BD - que mon mari m'avait chaudement recommandée -, je l'ai regardé sans rien dire - mon mari - et j'ai fait ça : "geste de lever le pouce en fermant le poing pour indiquer que quelque chose est excellent". Rarement je n'ai eu un avis aussi positif suite à une lecture. Moi qui ai du mal à lire une simple Bande Dessinée en entier le soir - je m'endors avant en général -, j'ai ni plus ni moins dévoré les très nombreuses pages de "De Mal en Pis" sans plus me soucier du temps qui passait ni rien. J'avais le sourire aux lèvres en permanence, riant aux nombreuses touches d'humour, ressentant l'émotion des moments plus sensibles, mais surtout en étant totalement et complètement captivée par le récit. C'est un moment de bonheur de se plonger aussi intensément auprès de ces nombreux personnages si différents mais tellement vrais et proches de ce qu'on a pu être étant plus jeune - j'ai d'ailleurs reconnu des anciens colocataires dans les personnages du prof d'Histoire barbu et de sa copine à lunettes. Une plongée dans la vie de personnages qu'on prend plaisir à suivre et à accompagner, un bonheur de lecture, une vraie émotion et un vrai plaisir qui fait rire, sourire, ressentir et réfléchir.
Samuraï Deeper Kyo
Franchement SdK est un bon manga, on aura beau dire c'est pas original et patati et patata, KYO est un manga très bien travaillé et très original. Tout d'abord tout le monde s'accorde à dire que ce manga est très bien dessiné, ce qui est un argument de poids, mais KYO c'est aussi une quantité impressionnante de personnages vraiment très variés avec des personnalités très fortes. L’histoire est complexe, certes, mais on n’y perd pas en plaisir, on sent que l'auteur maîtrise son sujet et ça c'est l'essentiel ! A tous les amateurs de manga SDK est à lire d'urgence!!!!
Les Chemins de la Gloire
Note approximative : 3.5/5 Je n'attendais absolument rien de cette série que j'avais déjà vue depuis longtemps en bibliothèque sans jamais vouloir la lire car je lui trouvais trop de ressemblances avec Louis la Guigne que ce soit pour le choix du décor historique (années 30), la même collection Vécu, le visuel assez proche des couvertures et l'habillement du personnage principal. Mais autant je n'aime pas trop Louis la Guigne, autant j'ai bien aimé les Chemins de la Gloire. Au dessin, Hulet nous offre quelque chose de vraiment très bon. On peut lui reprocher quelques visages légèrement déformés sur certaines cases (et encore pas si nombreuses), on peut aussi lui reprocher quelques décors trop épurés (vides, quoi), mais un très grand nombre de cases et de planches sont vraiment très belles autant sur les personnages que sur les décors. Cela donne une série graphiquement très bonne et agréable à lire. Quant à l'histoire, on peut aussi lui reprocher quelque chose : le fait qu'on ne sache pas vraiment trop où elle va. On suit les aventures de Raymond Lécluse qui sera successivement soldat, manifestant, boxeur, légionnaire, prisonnier, manutentionnaire, etc... Bref une vie sociale qui connaît des hauts et des bas, alternant moments de gloire et moments de déchéance. Contrairement à d'autres BDs basées sur les années 30, ici, le héros n'a absolument aucune opinion politique : il se retrouvera aussi bien auprès de manifestants syndicalistes que de jeunesses patriotiques d'extrême-droite. Cet aspect libre de l'histoire, sans trame vraiment définie, peut gêner car elle ne donne pas particulièrement envie de lire la suite de chaque album puisque la situation du héros est souvent bouleversée. On ne peut pas tellement s'accrocher à telle ou telle ascension sociale ou à un contexte d'histoire en particulier. On ne fait que suivre notre héros dans le cheminement de sa vie. Mais malgré ce petit défaut (et encore tout le monde ne considère pas ça comme un défaut puisque raconté ainsi, c'est le réalisme et la justesse du personnage qui ressort), cette BD a de grandes qualités dans son scénario. Déjà, elle est assez originale dans son décor, France des années 30, monde de la boxe et de la bourgeoisie Parisienne, puis Légion Etrangère et Algérie d'avant la Guerre. Ensuite, sa narration et ses dialogues sont très bons et très agréables à lire. L'histoire se lit avec beaucoup de fluidité, sans jamais le moindre ennui, les personnages sont originaux et justes, les rebondissements suffisants pour capter l'intérêt du lecteur. Et même si l'histoire est déroutante car changeant souvent d'intrigue ou de décor, le suivi de la lecture se fait très bien et j'ai personnellement été agréablement plongé dans les chemins mêlés de gloire et de malheur de Raymond Lécluse. La série a été arrêtée au tome 4 (publié en 1994) alors que Hulet avait repris seul le scénario (le reprenant très bien d'ailleurs, la transition ne se voit pas du tout à mes yeux). La dernière page du tome 4 annonce un tome 5 qui ne viendra sans doute jamais. Mais la série peut très bien se lire ainsi : comme dit plus haut, l'histoire n'est pas suffisamment linéaire pour nécessiter obligatoirement une suite et les tomes 1 à 4 forment un tout très cohérent et suffisant.
Barbara
Parmi la masse des séries de Tezuka actuellement traduites en français, on trouve de tout. Du bon et du moins bon diront certains, mais surtout une incroyable variété. Dernière œuvre en date, Barbara est une histoire en deux volumes, racontée sous formes de récits d’une vingtaine de pages. Barbara est une jeune hippie, sale, alcoolique, sans le sou. Yôsuke Mikura, un célèbre écrivain, la recueille. Elle s’installe chez lui apparemment sans vergogne, boit, lui prend de l’argent, et sème la pagaille. De son côté, Mikura – obsédé par des désirs sexuels anormaux comme il le dit lui-même – s’approche parfois dangereusement de la folie. Mais leur relation ne sera pas celle que l’on pourrait imaginer. Barbara est en effet un personnage des plus mystérieux. Au fil des pages les éléments s’accumulent, contredisant allègrement les apparences, épaississant le mystère tout en pointant vers une possibilité étonnante. Il faudra attendre le 6ème récit pour comprendre ce que Mikura refusera encore d’accepter. Mais je n'en parlerai pas plus pour laisser le plaisir de la découverte au lecteur. Barbara est une œuvre aussi riche que sombre. Riche parce qu’elle s’inscrit dans les années 70, auxquelles elle multiplie les références. Parce que les neuf histoires de ce volume – a priori indépendantes – s’accumulent pour créer un récit hésitant entre folie et réalité. Parce que ces histoires tissent un panorama varié et aussi agréablement complexe que subtil sur les thèmes de la création, de la sexualité, de la perversité, de la folie, ainsi que de la politique… Barbara se révèle éminemment sombre de par son personnage principal, Mikura, et sa folie. Folie cynique, folie sexuelle, folie inquiétante, hallucinatoire, folie violente voire meurtrière, folie créatrice, la liste est longue. Folies souvent partagées par les autres personnages. Folies qui transpirent du dessin de Tezuka, en particulier de ces décors courbes, ondulés, déformés, torturés, de ces cadrages déstabilisants, ainsi que de son dessin à proprement parler, qui adopte ici un aspect très adulte qu’on lui connaît peu. Sombre encore par la présence parfois surprenante de violence et de nombreuses morts... Une œuvre plutôt pour adultes donc, offrant de multiples niveaux de lectures, des thèmes nombreux et traités avec beaucoup de finesse sous des dehors qui peuvent apparaître superficiellement caricaturaux. Ajoutons à cela une mise en page magistrale, un dessin très expressif, et on obtient une (courte) série à lire impérativement. Attention, en bien ou en mal elle ne laissera personne indifférent. Pour ma part, un 4,5 pour ce premier tome.
L'Epée de Cristal
"L'Epée de Cristal", c’est de l’aventure, du fantastique, des rebondissements, et de la sensualité. • PREMIER CYCLE (tome 1 à 5) : 4,5/5 Le scénario de Goupil peut sembler au départ un peu simplet et manichéen : le bien contre le néant ; mais l’histoire cache pas mal de rebondissements qui la rendent très captivante. Et il s’avère finalement plus difficile de délimiter le bien du mal. Le dessin de Crisse est tout bonnement magnifique, peut être légèrement plus brouillon que sur Atalante et Kookaburra mais plus dynamique. Zorya est à croquer. Les couleurs de Anyk (aidé de Carpentier sur le T.1) sont belles. • SECOND CYCLE (tome 6 à ?) : 3/5 Côté scénario (Goupil et Krainzow), c’est difficile de juger sur un seul tome, mais je trouve l’idée générale assez bien, et l’histoire est bien relancée pour entamer un second cycle. Côté dessin, les six premières planches, c’est Crisse qui s’y colle et Waooo qu’est ce que c’est beau, Zorya est encore plus sensuelle et sexy, et le serpent est vraiment génial. Ensuite c’est Boube qui prend le relais, pas facile de passé derrière Crisse, il ne s’en sort pas mal même si je trouve qu’il y a quelques cases de loupées et que Zorya a perdu un petit quelque chose. Les couleurs de Lamirand, rien à redire même si je préférais celles de Anyk. Aux détracteurs de ce second cycle, je dirai d’attendre un peu de voir la suite avant de trop crier au loup. (EDIT: Si elle sort un jour.)
Bone - Big Johnson Bone
J’ai poussé jusqu'au « franchement bien », justement parce que ce tome est celui que l'on peut prêter pour donner envie de lire la série: il contient la fantaisie, l'humour de la série originelle tout en pouvant se lire complètement en dehors de celle-ci.
Maus
Maus est culte et c'est plus qu'une BD, en cela qu'on attend souvent de ce médium qu'il ne soit que divertissement ! Donc oui Maus peut surprendre par sa longueur, sa tristesse tellement preignante (NDW : poignante ?) qu'elle peut décourager certains. Oui le graphisme peut paraître simpliste. Mais Maus c'est aussi et surtout le mélange bienvenu de la grande histoire et de l'histoire individuelle, d'un survivant qui témoigne. Mais c'est aussi un témoignage de la difficulté de compréhension entre les générations et donc ici entre un père et son fils: bref sous une forme assez inattendu un message d'amour familial. Pour le graphisme j'avoue que l'auteur est aux antipodes de mes goûts personnels : mais aurais-je pu soutenir la lecture de cette œuvre avec un graphisme plus réaliste... Que dire de plus ? Maus fait partie des oeuvres à avoir pour les passionnés de Bd, d'histoire, elle fait partie des bds qui en transcendent les barrières du médium, arrivent à intéresser à la bd de nouveaux publics. Culte donc, car au delà du témoignage d'une partie de notre histoire, cette bd marque je pense une étape de maturité dans l'histoire de la bande dessinée.
Pest
Tout a été dit :) Le scénario tient la route et l'histoire est assez déjantée malgré le relent de déjà vu (les méchants orchestrent le mal, possèdent un remède mais veulent se faire du pognon avant de le distribuer). On retrouve un style proche de la nef et un monde où moderne et vieux kitch se retrouvent. Le dessin est très soigné et ne manque pas de détails, notamment sur les vues d'extérieur de la ville ou des rues. Les lieux et personnages ont tous leur style et sont suffisamment singuliers pour que l'univers de la BD soit reconnaissable au milieu de toutes les autres. Cet album a une vraie personnalité qu'il serait dommage de ne pas connaître.