Les derniers avis (39884 avis)

Par patwer
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Oscar et la dame rose
Oscar et la dame rose

Beaucoup pensent que la BD n’est juste qu’une distraction, mais en réalité c’est beaucoup plus que cela, on apprend dans divers domaines, on s’évade, on se questionne, et on ressent des émotions à la lecture. Oscar et la dame rose m’a particulièrement touché ; c’est beau, bien raconté, bien dessiné. Pas de mièvrerie, le ton est juste. Je ne connaissais pas l’auteur original mais peu importe, je ne vois pas ce que le roman pourrait m’apporter de plus. L’émotion est grandissante à la lecture même si on devine la fin, on est complètement pris par les personnages si attachants. En tout cas la collaboration entre scénariste et dessinatrice fonctionne bien. Un très bon moment de lecture.

25/11/2024 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série Zodiaque (Weiwei)
Zodiaque (Weiwei)

Je ne savais pas trop à quoi m'attendre en attaquant la lecture de cet album, j'étais juste curieux d'en découvrir un peu plus sur cette légende de l'art contemporain chinois que représente Ai Weiwei. Pour avoir suivi de études artistiques et philosophiques, la présentation de l'album ne pouvait pas être plus percutante pour titiller ma curiosité. Pour réaliser cet album, Ai Weiwei s'est entouré de deux auteurs engagés, ce qui n'est pas étonnant de sa part. Elettra Stamboulis, scenariste et experte en art est italo-grecque ; Gianluca Constantini est dessinateur de BD italien. Tous deux font preuve d'un engagement certain et mettent leur art et leur talent au service de leurs causes. On notera que la magnifique couverture est de Ai Weiwei. C'est donc au travers du zodiaque chinois que nous allons suivre les réflexions de cet artiste chinois. Ce qui nous donne douze chapitres où chaque anima donnera lieu aux réflexions de l'auteur, partant de son quotidien avec son fils ou des rencontres avec ses quelques amis en Chine, ou remontant le temps pour nous narrer sa jeunesse ou celle de ses parents. Son père poète mis au ban par Mao lui a d'une certaine façon montré la voie qu'il perpétue. C'est cette réflexion sur la force de l'art contre l'hégémonie d'un système qui est intéressante ; la liberté, surtout d'expression, dérange les dictatures. A travers son parcours, on découvre donc cette quête de soi et de liberté intimement liés qui l'ont conduit aux quatre coins du monde, mais aussi aux pires geôles chinoises. Le trait fin et réaliste de Gianluca Constantini surprend au début, mais il est des plus efficace et expressif pour passer aussi bien d'une scène du quotidien au figures légendaires du folklore chinois. Au final, un très bel album pour les curieux de l'artiste et ceux aiment réfléchir sur la force de l'art et la liberté d'expression. Et pour ça, Ai Weiwei ne nous déçoit pas ! (Je vous renvoie à la dernière case de l'album ;) )

25/11/2024 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série Le Voyage de Renn
Le Voyage de Renn

Décidément, Christian Paty nous régale avec ses animaux ! Après la bonne série Le Pré derrière l'église et Uluru qu'il avait réalisé avec Didier Crisse au scénario, il se lance en solo pour ce dernier album qui se déroule dans le grand Nord. C'est dans ce décor glaciaire (qui nous change de la chaleur torride de l'Australie -voir Uluru) que nous allons suivre le parcours initiatique de Renn, un jeune ours blanc adopté par une harde de rennes... Ne cherchons pas de rationalité dans cette adoption, et pour ceux qui tiqueraient, vous n'avez pourtant rien dit quand tout ce beau petit monde parlait ;) . Renn grandit donc dans cette nouvelle famille et se lie d'amitié avec le jeune Renne Solveig. C'est au cours de l'une de leurs escapades qu'ils trouvent un crâne d'ours dont Renn se pare, sans réussir à le retirer par la suite. La vieille shamane de la harde voit dans cet objet une relique sacré qui ferait de Renn un élu ! Dans le même temps, une jeune renne est retrouvé égorgé et Renn s'en retrouve accusé et banni du clan. Il entame donc un long voyage qui lui révèlera bien des secrets... C'est toujours un plaisir de retrouver les bouilles si expressives des animaux croqués par Christian Pati. Ses chèvres et autres moutons de la série Le Pré derrière l'église m'avaient déjà beaucoup fait marrer, on les retrouves par la bande avec ce clan de rennes tout aussi truculents. Mais d'autres animaux inattendus s'invitent aussi à la fête, comme cette bande de singes japonais qui est un vrai régal ! On retrouve aussi avec plaisir cette touche mystique et shamanique qui s'invite dans ses histoires ; c'est fait de belle manière et intelligemment, apportant profondeur au récit et lui permettant des scènes graphiques impressionnantes. Bref, encore un très bon tome, tout en humour et en aventure ; un album qui ravira aussi bien petits et grands lecteurs !

25/11/2024 (modifier)
Par Présence
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Bobigny 1972
Bobigny 1972

C'est votre loi qui est coupable. - Ce tome contient un récit complet indépendant de tout autre, qui ne nécessite pas de connaissance préalable sur le procès de Bobigny, contre l'avortement, en octobre et novembre 1972 à Bobigny. Sa première édition date de 2024. Il a été réalisé par Marie Bardiaux-Vaïente pour le scénario, et Carole Maurel pour les dessins et les couleurs. Il comprend cent-quatre-vingt-cinq pages de bande dessinée. Il se termine avec une page de remerciements et une page de bibliographie, ainsi que les coordonnées de l’association Choisir. Dans les rues de Bobigny, une nuit de janvier 1972, une voiture rouge fonce à toute allure, poursuivie par une voiture de police, sirène hurlante. Coincé dans une impasse, le conducteur doit sortir les mains levées, sous la menace de l’arme de service d’un policier. Il est emmené au commissariat et accusé de vol de voiture, refus d’obtempérer, délit de fuite, mise en danger de la vie d’autrui : Daniel P. va prendre cher. Conscient de ce qu’il risque, le jeune homme déclare vouloir négocier, ce qui fait rire de bon cœur les deux policiers. Quelques jours plus tard, un matin à six heures, une voiture de police se stationne en bas d’un petit immeuble, trois policiers dont un en uniforme montent dans les étages et sonnent à la porte de Mme Chevalier. La voisine ouvre sa porte, mais les policiers lui intiment de rentrer dans son appartement. Michèle Chevalier ouvre sa porte, les policiers entrent et ils procèdent à une perquisition de son appartement. Leur entrée a réveillé les trois filles, dont Marie-Claire adolescente. Les policiers dérangent tous les placards, les armoires, la commode, les matelas et finissent par trouver un objet suspect. Ils embarquent Michèle Chevalier et ses trois filles au commissariat. La voisine Nicole ressort sur le palier avec son nourrisson, et elle prend en charge les deux plus jeunes filles. Au commissariat, la mère et la fille sont interrogées séparément. L’adolescente reconnait qu’elle a avorté, et sa mère reconnaît l’avoir aidée. Les policiers leur posent la même question : Sont-elles conscientes qu’il s’agit d’un crime, relevant de l’article 317 du Code Pénal ? Ils en font la lecture : Quiconque, par aliments, breuvages, médicaments, manœuvres, violences ou par tout autre moyen aura procédé ou tenté de procurer l’avortement d’une femme enceinte ou supposée enceinte, qu’elle y ait consenti ou non, sera puni d’un emprisonnement d’un an à cinq ans, et d’une amende de mille huit cents francs à cent mille francs. Elles sortent du commissariat sous le coup de cette accusation. En juin 1971, plusieurs amies sont réunies : Gisèle Halimi, Christiane Rochefort, Simone Veil, Delphine Seyrig. Elles évoquent l’appel des trois cent quarante-trois femmes, publié dans l’hebdomadaire Le nouvel observateur. Certaines des signataires ont été convoquées par leur employeur. Elles décident de créer une association : Choisir la cause des femmes. Il est possible que le lecteur parte avec un a priori : une bande dessinée retraçant un fait historique et un événement social majeur, ça risque d’être pesant en informations. Il éprouve la surprise de découvrir que la bande dessinée commence par une rapide course-poursuite nocturne en voiture, puis par une effrayante arrestation avec une perquisition sans ménagement. Même s’il connaît le déroulement des faits dans les grandes lignes, ainsi que l’importance du procès de Bobigny menant à la loi du 17 janvier 1975 relative à l'interruption volontaire de grossesse, le lecteur est pris dans la tension des enjeux de ce procès, par la terrible pression qui pèse sur l’adolescente et sur sa mère, par la conviction inébranlable de l’avocate, par l’implication de nombreuses célébrités, par le calme et la patience du juge, et par-dessus tout par chaque injustice, les unes après les autres. Les scènes de prétoire sont bien présentes, mais pas majoritaires : les autrices mettent en scène plusieurs femmes, et elles racontent leur histoire personnelle : le viol et l’avortement de Marie-Claire, aussi éprouvants l’un que l’autre, d’autres avortements, le quotidien modeste de la famille monoparentale Chevalier, la relation mère-fille, l’entraide de la voisine, quelques éléments de médiatisation. Il apparaît également que ce procès devient le point de rencontre de sphères sociales généralement dissociées : une employée du métropolitain, un juge, un procureur, une avocate renommée, une femme politique à l’envergure nationale, une actrice féministe, un médecin, pour finir à l’Assemblée nationale. Avant tout, il s’agit de l’histoire d’une adolescente, violée. Le lecteur assiste à la scène : le jeune homme Daniel P. qui emmène la jeune fille dans sa chambre, en voiture, expliquant d’abord qu’il y aura ses copains, puis qu’ils ne peuvent pas venir mais qu’il y aura sa mère, les dessins mêlent une dimension descriptive pour les décors, et une approche émotionnelle pour les personnages. Le lecteur peut reconnaître la voiture (une DS), regarder la façade des immeubles de banlieue, faire le tour de ce qui se trouve dans l’appartement du violeur (le lit, le désordre, la petite table ronde, les plaques de cuisson, une ou deux bouteilles, etc.), puis la mise en couleur passe d’un mode naturaliste à un mode en noir & blanc avec des nuances de gris, des plans serrés rendant compte des impressions, des sensations, jusqu’à une illustration en double page, sans un mot, Daniel allongé sur sa victime, en vue de dessus ce qui ajoute encore à la force du placage, à l’abjection de cet acte où la victime n’est plus qu’un objet, et le criminel un individu sans empathie aucune. Suit une séquence toute aussi accablante alors que Marie-Claire revient chez elle, toujours dans des tons noir & blanc et gris, montrant le retour au monde quotidien qui n’a plus rien de normal après la sidération du traumatisme. Trente pages plus loin, l’aveu sort de la bouche de la fille face à sa mère, une simple phrase, un constat accablant : Il m’a forcée ! Il n’y a aucun sensationnalisme, aucun voyeurisme : l’adolescente doit vivre avec la double peine de l’inculpation et du traumatisme. Elle doit également faire face au procès, aux questions posées par des hommes, aux interventions de son avocate dont la portée et le contexte sont à l’échelle nationale et s’inscrivent dans une démarche avec un historique et un enjeu sans commune mesure. Dans le même temps, d’autres femmes évoquent leur cas personnel. Le lecteur voit Gisèle en Tunisie en 1938, tenir tête à sa mère, en lui disant que ses frères peuvent faire leurs lits tout seuls et aider à mettre la table, rejetant l’ordre établi que lui énonce sa mère, que les garçons ça ne compte pas pareil, que le rôle d’une fille est de servir les hommes. Il voit une jeune fille s’exprimer avec la fougue de son âge, dans un environnement tunisien, avec les couleurs chaudes du soleil. La séquence se termine par l’avocate en robe, et son credo : elle a décidé que ses mots, cette arme absolue pour défendre, expliquer, convaincre, se prononceraient toujours dans la plus absolue des libertés, et dans l’irrespect de toute institution. Le témoignage de Micheline Bambuck, la faiseuse d’anges, décrit les conditions de son intervention pour Marie-Claire, dans le petit appartement des Chevalier, son déchirement entre ses actes et ses convictions religieuses. La narration visuelle reste très prosaïque, sans pathos ni effet dramatique : la réalité du petit appartement, les instruments, l’adolescente allongée sur le canapé, rien de misérable ou de glauque, mais aucun encadrement médical, des mesures d’hygiène artisanales sans comparaison possible avec l’environnement d’une clinique ou d’un hôpital. D’un côté, le constat d’une sororité dans la prise de risques ; de l’autre côté, une situation insupportable et inique engendrée par une loi qui est coupable, comme le formule Michèle Chevalier pendant les audiences. Lors de son audition, l’actrice Delphine Seyrig (1932-1990) explique qu’elle est complice d’avortements, quotidiennement. S’en suit une autre séquence d’avortement, pratiquée par un médecin, toujours dans un appartement. En pleine empathie avec la victime, sa mère, l’avocate, le lecteur découvre le déroulement du procès : la prise de contact de Michèle Chevalier auprès de l’association Choisir, la demande d’approbation de l’avocate auprès de Marie-Claire dont l’affaire va être médiatisée à l’échelle nationale, plusieurs audiences et plaidoiries. Sans effets de manche, avec quelques expressions de visage légèrement appuyées, l’avocate prend la parole, la victime raconte son histoire, la mère explique comment elle a aidé sa fille, la faiseuse d’anges évoque ses pratiques et leurs conditions d’exercice, le juge écoute, le procureur et plusieurs personnalités se succèdent à la barre. De manière très organique, les enjeux du procès gagnent en ampleur, en contexte, en finalité. En fonction de sa familiarité avec ces années-là, avec l’histoire de la légalisation de l’interruption volontaire de grossesse, avec les mouvements féministes de l’époque, le lecteur identifie et situe ces différents intervenants : Gisèle Halimi, Simone Veil, Christiane Rochefort (1917-1998), Jean Rostand (1894-1977), Jacques Monod (1910-1976), c’est-à-dire les cinq fondateurs de l’association Choisir la cause des femmes, Delphine Seyrig (1932-1990), Simone Veil (1927-2017), Claude Servan-Schreiber (1937-). Il peut également relever le livre de Simone de Beauvoir et Gisèle Halimi consacré à Djamila Boupacha (1938-). Il est frappé de stupeur par l’injustice de l’article 317 du Code Pénal, par l’évidence pointée par l’avocate que ce sont des femmes jugées par des hommes, par l’absence de connaissances biologiques du procureur, par l’aplomb de Delphine Seyrig sur la réalité de la pratique de l’avortement en France, par l’intervention de Simone Veil contextualisant la place de la femme dans la société française de l’époque. Les autrices prennent soin également de rendre compte de la question de classe sociale, la différence de traitement entre les Chevalier et les femmes connues. Un procès de plus pour avortement, un procès unique de part sa médiatisation et sa place symbolique vers la dépénalisation de l’avortement. Un moment symbolique dans l’histoire des droits des femmes. Les autrices reconstituent le cheminement de Marie-Claire Chevalier et de sa mère, ainsi que de la faiseuse d’anges, à hauteur humaine, l’histoire malheureusement banale d’une adolescente violée, et la médiatisation de son procès. La narration visuelle transcrit parfaitement la banalité du quotidien, la force de faire face de ces femmes, l’aide apportée par l’association Choisir et par l’avocate Gisèle Halimi à l’échelle humaine et individuelle, dans un récit poignant. Elles se montrent tout aussi habiles à faire apparaître les injustices systémiques, que ce soit l’iniquité de la loi, ou le décalage entre les classes privilégiées et le prolétariat. Irrésistible d’humanité et d’humanisme.

25/11/2024 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série Les Météores
Les Météores

C'est après ma lecture que je découvre que cet album fait parti de la sélection du prochain festival d'Angoulême. Et je valide ! Voilà une BD originale au charme certain et aux formidables ambiances. Une météorite fonce bille en tête vers la Terre, mais loin des scénario catastrophe des blockbusters US, c'est sur le quotidien d'une poignée de personnages liés par leur proximité de vie (une ville dont on ne sait pas grand chose ni où elle se situe) que va focaliser notre duo d'auteurs. Bienvenue dans la "vraie vie" ! Que ce soient les problèmes d'ados, la pénibilité au travail en tant qu'aide soignante auprès de petits vieux plus ou moins aigris et désobligeants, le train-train managérial d'une bande d'employés dans une grande enseigne genre Ikea ou la vie singulière d'un simple d'esprit, on se retrouve bien loin des impératifs qu'une catastrophe annoncée aurait pu mettre sur le devant de la scène. Pour autant, ces tranches de vies qui s’interpénètrent nous accrochent ; on rentre dans ces vies chaotiques un peu par effraction, et on s'y complet, on est bien avec cette brochette de bras-cassés. L'ambiance sombre et hivernale qui se rajoute à la catastrophe annoncée contraste singulièrement avec la bienveillance qui se dégage de ces destins croisés. Le dessin de Tommy Redolfi est pour ça d'une redoutable efficacité, à l'aune de ses découpages parfois très aérés qui viennent casser le rythme d'un gaufrier 6x6 de ce format à l'italienne ; ça apporte une petite touche de poésie et de mélancolie qui conforte à merveille l'ambiance générale qui se dégage de cet album. Une très belle découverte, qui conforte le talent de Tommy Redolfi que j'avais découvert d'ailleurs à Angoulême avec l'album Holy Wood - Portrait fantasmé de Marilyn Monroe.

25/11/2024 (modifier)
Couverture de la série Le Fils de Rembrandt
Le Fils de Rembrandt

J’ai beaucoup aimé ce récit. Il s’en dégage beaucoup de vie alors que le sujet est marqué par de multiples décès. La destinée du fils de Rembrandt est en effet marquée par de nombreux épisodes dramatiques mais @Robin parvient à nous toucher sans tomber dans le pathos. L’aspect historique est soigné. J’ai ainsi découvert de nombreuses facettes de la vie de Rembrandt que je ne connaissais pas. Et je pourrais élargir ce constat à la reconstitution de la ville d’Amsterdam au XVIIème siècle alors même que le dessin de l’auteur est des plus épurés (avec des petits airs de Sempé, je trouve). Mais derrière cette dimension historique, ce qui m’aura surtout marqué, c’est cette histoire d’amour qui s’étire sur une longue période et qui résiste à bien des aléas. Il y avait tellement de raisons pour que Titus et Magdalena ne s’unissent jamais. Et pourtant, quelle belle histoire d’amour, marquée par les drames mais toujours portée par la vie ! A titre personnel, j’ai été emporté. Je me sens plus instruit et les personnages m’ont touché. Que demander de plus ?

25/11/2024 (modifier)
Couverture de la série Pawnee
Pawnee

Cet avis porte sur l’ensemble du diptyque Frenchmen/Pawnee. Je ne me vois en effet mal écrire deux avis chacun portant sur une moitié d’histoire alors que l’intérêt du récit réside dans l’homogénéité de son ensemble. En effet, Frenchmen s’arrête alors que deux des trois principaux protagonistes sont en mauvaise posture et Pawnee reprend sur des bases que ne peut justifier que l’évolution des personnages dans Frenchmen. Ce diptyque est à mes yeux l’œuvre la plus réussie de Patrick Prugne. Le contexte historique est intéressant et sa grande connaissance du sujet nous donne le sentiment de lire une œuvre réaliste. Les personnages sont bien développés, avec un premier tome (Frenchmen, donc) qui nous les montre encore jeunes et inexpérimentés, puis marqués par leur découverte de ce nouveau monde et de sa beauté (du moins pour deux des personnages) mais aussi refroidis par la cruauté des hommes. La seconde moitié du récit nous permet de les retrouver quelques années plus tard. De la sorte, on peut mieux comprendre le cheminement des deux garçons et leur évolution, tout en s’engageant dans les pas de la troisième larronne qui, elle, découvre le continent américain. C’est classique, bien foutu, avec quelques deus ex machina pas trop gênants (la manière dont ces personnages vont finir par se retrouver résulte quand même d’un hasard des plus heureux et des moins crédibles mais qu’importe) et une fin satisfaisante. Au niveau du dessin, c’est tout simplement superbe. Les aquarelles de Patrick Prugne sont autant d’accroche-l-œil et certaines de ses illustrations ne feraient pas tâche dans un musée. Malgré la richesse du dessin, le récit demeure fluide et agréable à suivre, l’artiste ayant réussi à garder l’équilibre et la complémentarité entre les deux domaines (dessin et texte). Un peu trop classique pour que je sois follement enthousiaste mais trop bien fait pour que je dise autre chose que « Franchement bien » (mais j’insiste, je juge ici le diptyque dans sa globalité).

02/04/2015 (MAJ le 25/11/2024) (modifier)
Couverture de la série Frenchman
Frenchman

Cet avis porte sur l’ensemble du diptyque Frenchmen/Pawnee. Je ne me vois en effet mal écrire deux avis chacun portant sur une moitié d’histoire alors que l’intérêt du récit réside dans l’homogénéité de son ensemble. En effet, Frenchmen s’arrête alors que deux des trois principaux protagonistes sont en mauvaise posture et Pawnee reprend sur des bases que ne peut justifier que l’évolution des personnages dans Frenchmen. Ce diptyque est à mes yeux l’œuvre la plus réussie de Patrick Prugne. Le contexte historique est intéressant et sa grande connaissance du sujet nous donne le sentiment de lire une œuvre réaliste. Les personnages sont bien développés, avec un premier tome (Frenchmen, donc) qui nous les montre encore jeunes et inexpérimentés, puis marqués par leur découverte de ce nouveau monde et de sa beauté (du moins pour deux des personnages) mais aussi refroidis par la cruauté des hommes. La seconde moitié du récit nous permet de les retrouver quelques années plus tard. De la sorte, on peut mieux comprendre le cheminement des deux garçons et leur évolution, tout en s’engageant dans les pas de la troisième larronne qui, elle, découvre le continent américain. C’est classique, bien foutu, avec quelques deus ex machina pas trop gênants (la manière dont ces personnages vont finir par se retrouver résulte quand même d’un hasard des plus heureux et des moins crédibles mais qu’importe) et une fin satisfaisante. Au niveau du dessin, c’est tout simplement superbe. Les aquarelles de Patrick Prugne sont autant d’accroche-l-œil et certaines de ses illustrations ne feraient pas tâche dans un musée. Malgré la richesse du dessin, le récit demeure fluide et agréable à suivre, l’artiste ayant réussi à garder l’équilibre et la complémentarité entre les deux domaines (dessin et texte). Un peu trop classique pour que je sois follement enthousiaste mais trop bien fait pour que je dise autre chose que « Franchement bien » (mais j’insiste, je juge ici le diptyque dans sa globalité).

06/10/2011 (MAJ le 25/11/2024) (modifier)
Couverture de la série Ed Gein - Autopsie d'un tueur en série
Ed Gein - Autopsie d'un tueur en série

S’il me faut faire un reproche à cet album, c’est au niveau du dessin. En effet, je trouve que Eric Powell dessine très mal les enfants. Ceux-ci se retrouvent affublés de têtes de vieillards. Voilà… c’est tout pour les reproches. Le reste est juste excellent. Le travail de reconstitution dégage une impression de sérieux mais aussi un sentiment de neutralité qui l’empêche de sombrer dans le sensationnalisme sans occulter le caractère sordide de l‘affaire. Resituer l’affaire dans son époque permet de mieux comprendre son impact sur la culture américaine. Le découpage en courts chapitres ne donne qu’une envie : lire le suivant. Malgré sa forme de documentaire, le récit est dynamique et prenant. A titre personnel, j’avais une vision d’Ed Gein principalement forgée par sa réinterprétation sous les traits de Norman Bates. J’ai donc appris plusieurs choses même si je n’ai pas été surpris par la majeure partie de ces révélations. Ce genre de personnage intrigue, dégoûte et fascine à la fois et le talent des auteurs est de faire coexister ces différents sentiments au travers d’une analyse à la fois clinique et humaine des faits. Franchement, dans le domaine des biographies de serial killers en bd, cet album est sans doute ce que j’ai lu de mieux.

25/11/2024 (modifier)
Couverture de la série Magritte - Ceci n'est pas une biographie
Magritte - Ceci n'est pas une biographie

Ils ne nous trompent pas sur la marchandise, car, de fait, les auteurs ne nous proposent pas une biographie… mais nous invitent à découvrir le peintre au travers de ses œuvres, une balade pleine de fantaisie pour évoquer l’un des grands maîtres du surréalisme. J’ai trouvé le procédé adéquat même si déstabilisant. Mine de rien, on apprend pas mal de chose sur René Magritte et certains liens entre l’artiste, son vécu et ses œuvres permettent de mieux comprendre ces dernières. Et pourtant, tout instructif qu’il soit, ce récit est un rêve éveillé dans lequel l’humour occupe une grande place. Du coup, la lecture est très ludique. Côté dessin, l’hommage à Magritte est réussi. On croise au fil des planches un bon paquet de ses œuvres, dont les plus célèbres mais même hors de ces reproductions, le style de Thomas Campi est parfaitement en harmonie avec le genre surréaliste tel que pratiqué par Magritte. Au final, j’ai trouvé ici un bel hommage à René Magritte réalisé par deux auteurs qui semblent réellement aimer le peintre. Franchement pas mal bien !

25/11/2024 (modifier)