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Couverture de la série La Vieille Dame qui n'avait jamais joué au tennis et autres nouvelles qui font du bien
La Vieille Dame qui n'avait jamais joué au tennis et autres nouvelles qui font du bien

Voici une chouette petite bande dessinée ! Zidrou a composé l’ensemble des scénarios de l’album (oui, il s’agit de courtes nouvelles) et a confié l’illustration de ceux-ci à une multitude d’auteurs que je ne connaissais absolument pas. Ces artistes officient dans des styles différents mais tous font preuve d’une réelle sensibilité. Cette sensibilité, cette douceur (tant au niveau des scénarios que des dessins) est l’atout maître de l’album. Elle est … palpable. Les histoires sont pourtant toutes simples, mais Zidrou a l’art de saisir le moment juste, celui où l’émotion surgit, tout en gardant une immense pudeur. Les récits ne sont pas démonstratifs, et les personnages ne sont pas exubérants, au contraire. Ils « jouent » tout en retenue, et j’adore cela. La narration est fluide, le ton employé est doux et légèrement humoristique, mais jamais je n’ai eu le sentiment de lire de la « guimauve ». C’est tout simplement bien écrit, bien illustré et le petit format de l’objet ne s’avère pas spécialement réducteur. Simple et sensible, mais un réel coup de cœur !

16/09/2009 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Sauve qui peut
Sauve qui peut

Eh bien je ne m’attendais pas du tout à ça… Ça commence par le départ d’une ado rebelle pour ce qui s’annonce comme une colonie bien chiante. Marguerite est une ado rebelle, mais elle est surtout maline et débrouillarde. On est loin des clichés avec ce petit bout de femme qui cherche à garder son indépendance et a du mal à accepter l’autorité. Perrine Dorin a donc privilégié la vraisemblance, en mettant des bouts d’autobiographie dedans. Les neuf dixièmes du récit nous font balancer entre rire et stupeur, en particulier avec l’arrivée du fameux Frankie, sorte de hippie déglingué qui va semer le chaos dans la colo. L’intermède/flash-back, qui constitue le dernier dixième, m’a complètement chaviré. C’est trop beau pour être faux. La dégradation dans la trame principale vient rapidement, je trouve qu’elle aurait pu être un peu plus graduée, mais dans l’ensemble elle reste cohérente. Un seul regret, que l’on ne voie finalement pas la « splendide bâtisse » que les gamins de la colo sont censés retaper… D’autant plus que la dessinatrice, Natacha Sicaud, aurait à mon avis, le talent pour le faire. C’est une vraie découverte, puisque cette jeune illustratrice fait ici ses premiers pas seule sur un album, ou presque, n’ayant fait jusque-là que des albums collectifs - dont Boule de neige (Delcourt). Son trait est très fin, il me rappelle un peu celui de Benoît Springer dans sa veine réaliste, très clair, extrêmement lisible. Second atout, elle ose expérimenter des superpositions, des juxtapositions, des cases entremêlant hors texte (la plupart étant des pensées de Marguerite) et dessins de la jeune fille, habillée ou dévêtue. Mais pas de voyeurisme dans ces poses, il s’agit de la transposition des pensées –et parfois des fantasmes- d’une jeune fille de 16 ans. Le tout est écrit et dessiné avec beaucoup de subtilité, et même si je trouve la couverture un peu « dure » et maladroite par rapport au contenu, j’ai vraiment beaucoup aimé cet album, qui constitue l’un de mes coups de cœur « indé » du moment…

14/09/2009 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série School Rumble
School Rumble

*Avis sur les 12 premiers tomes* J'aime beaucoup « School Rumble ». C'est typiquement le genre de manga humoristique que j'aime. Les personnages ont tous un coté loufoque et particulièrement Kenji Harima qui est sans aucun doute mon personnage préféré. Il est très tordant lorsqu'il part dans ses délires. L'humour est souvent basé sur des quiproquos totalement stupides, mais moi ça me fait rigoler. J'ai tout de même eu un peu peur pour la suite. En effet, dans les tome 5 et 6 , on voit apparaitre des nouveaux personnages qui ne sont pas très drôles et qui sont aussi très forts (ils défieront d'ailleurs les héros pendant un tournoi entre les classes de l'école). J'ai eu peur que la série ne devienne qu'une série de combat et perde ainsi tout son humour. Heureusement, les nouveaux personnages deviennent très secondaire après le tome 6 et la série repart dans des délires totalement cons qui me font rire (le 'survival' est culte selon moi).

15/05/2009 (MAJ le 13/09/2009) (modifier)
Par Sejy
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Pachyderme
Pachyderme

Il suffit de quelques cases, à peine deux ou trois pages. D’une file de voitures bloquées par un pachyderme étendu en travers de l’asphalte, d’une femme, élégante, qui marche au milieu de la route. Un peu affolée, agitée, elle cherche son mari soi-disant accidenté et nous entraine dans son sillage. Une forêt oppressante, un hôpital comme surgi du néant, et déjà le scénario confesse le fantastique et le songe, détissant méticuleusement le fil de futurs chemins tortueux, des voyages intérieurs que pourraient mal tolérer les esprits cartésiens les plus indécrottables. Mais voilà… Ce théâtre surréaliste agit comme une embuscade. En jouant le spectacle impalpable d’une réalité qui mue incessamment au gré des rencontres avec ses marionnettes, il annihile tous les repères. Dérouté, sans véritable garde-fou, le lecteur est rapidement happé par le récit, dans une sorte d’errance hypnotique tout en légèreté. Les états d’âme, les secrets et les fantasmes de personnages improbables, parfois inquiétants, souvent intrigants, voire farfelus (cet infirmier au sourire carnassier et à la coupe au bol semble tout droit échappé du trio comique des Stooges !), laissent entrevoir des vérités, la plupart du temps bancales ou éphémères. Autant de poupées russes dans la construction d’une intrigue ésotérique et magnétique, d’un labyrinthe évanescent où l’on prend plaisir à s’égarer et dont la sortie transparait, pourtant, en filigrane. Oui, tout est là ! Les symboles, indices ou métaphores visuels généreusement disséminés. Ce n’est qu’au final que l’on se les remémora, maintenant plus évidents, que l’on comprendra que tout (ou quasiment) ne pouvait que s’expliquer. Dès l’entame, cet album est une apnée sensorielle. Avec autant de plaisir, on plonge et replonge encore s’octroyant de temps à autre quelques bouffées d’oxygène autorisées par une narration magistrale. Non content de flatter nos pupilles avec son trait libéré et si expressif, ses couleurs et ses décors très typés, Frederik Peeters nous a concocté une mise en scène au cordeau. L’alternance d’ellipses, de flashbacks impromptus, de scènes de réel ponctuelles ou de longues parenthèses muettes plus oniriques instille un tempo syncopé, subtil et très harmonieux. LE point fort de l’œuvre. Un puzzle irréel, poétique et intelligent pour une lecture en apesanteur.

12/09/2009 (modifier)
Par herve
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Kaplan & Masson
Kaplan & Masson

Un scientifique allié à un as des services secrets, cela ne vous rappelle rien ? Bon sang mais c'est bien sûr ! Eh oui, beaucoup l'ont imaginée mais Didier Convard l'a faite, cette transposition des aventures de Blake et Mortimer dans notre hexagone des années 50, se référant ainsi aux années fastes des plus british de nos héros franco-belges. Et avec quelle maestria Convard a mené la danse ! Un dessin tout à fait remarquable de Jean Christophe Thibert, qui a su adapter son trait si particulier (rappelez-vous il avait signé cette formidable trilogie, euh... ramenée à deux volumes, intitulée Le marteau des sorcières) aux canons de la bd style ligne claire de la bd franco-belge. J'ai été plus que séduit par son dessin et par le scénario de Convard. Kaplan, évidemment tiré d'un film d'Hitchcock, représente la synthèse d'un Pradier style Jacobs, et d'un Gabin, style Audiard. Un album réussi, qui m'a fait sourire (Ah ! La liaison entre Masson et sa secrétaire reste un grand moment de l'album et déroge à la loi de 1949 qui régissait les albums de l'époque des années 50 auquel il se rattache) et qui plaira sans nul doute aussi bien aux jeunes générations qu'aux plus anciennes par la nostalgie qu'il dégage. Une indéniable réussite que je ne peux que saluer (en outre, l'histoire se conclue en un seul volume). Bravo aux auteurs.

11/09/2009 (modifier)
Par pewi
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Litost
Litost

J'ai été envouté par cette BD. C'est la première fois que de la poésie graphique m'emporte à ce point. Les expressions du personnage principal sont exquis, les implantations de couleurs au milieu du noir et blanc à la "liste de Schindler" est un régal, le tissage du dessin allégorique au travers du réel très subtil, il y a au moins une nouvelle idée graphique originale par double page. Le propos est mono-maniaque voir lancinant mais avec une telle douceur et un tel foisonnement qu'on le reçoit comme une caresse. Le texte est très simple, poétique mais pas bavard. Il change souvent de registre ce qui intensifie l'effet de densité. Je crois que je pourrais me repaitre de cet opus intense à l'infini. Un seul petit bémol : la première de couverture est franchement moche et la quatrième de couverture hideuse.

10/09/2009 (modifier)
Couverture de la série Laïka
Laïka

En 1947 commence une guerre opposant le bloc occidental contre le bloc soviétique : la Guerre Froide. C’est une guerre d’un genre nouveau, d’où son nom. En effet, chaque camp est empêché d’attaquer l’autre sous peine de provoquer une guerre nucléaire générale qui aurait sûrement mis fin à une grande partie de la vie sur Terre. Faute d’en découdre sur un champ de bataille, les deux blocs ont mené une guerre psychologique sans répit et ce jusqu’à la chute du mur de Berlin en 1989 puis l’indépendance des pays de l’est en 1991. Course à l’armement (notamment nucléaire), sport (boycott des jeux olympique de Los Angeles ou de Moscou), mobilisation des troupes, espionnage et course à l’espace, entre autres, ont été les batailles symboliques de cette guerre. C’est la course à l’espace qui nous intéresse ici et où la bande dessinée « Laïka » prend racine. Le 4 octobre 1957, la fusée russe de l’ingénieur Sergueï Korolev met en orbite le premier satellite artificiel de l’histoire de l’humanité : Spoutnik 1. C’est un coup de tonnerre dans le monde entier. Les soviétiques fêtent la supériorité du national socialisme sur le capitalisme. Les Américains perdent donc la première bataille dans la course à l’espace (qu’ils gagneront finalement en envoyant des hommes sur la lune en 1969). Fort de ce succès, Nikita Khrouchtchev, le premier secrétaire du parti communiste, demande à Korolev l’envoi d’une seconde fusée en orbite pour le 3 novembre 1957, soit le 40ème anniversaire de la révolution d’octobre. Cette fusée, Spoutnik 2, ne se contentera pas de transporter un vulgaire émetteur radio comme Spoutnik 1, mais un être vivant, le premier être vivant à voyager hors de notre atmosphère. Le petit animal choisi pour cette expérience et cette démonstration technologique est une petite chienne : Laïka. Ce one shot nous raconte avec beaucoup d’intelligence son histoire ainsi que certains aspects de la vie de Korolev et de Yelena Doubrovski, vétérinaire et responsable des chiens du centre spatial. Autant le dire tout de suite, j’ai adoré cet album ! Je suis encore sous l’émotion qu’il m’a procurée. Le dessin est de bonne facture et assez simple. Mais ce qui fait sa force, c’est son découpage très efficace délivrant une impression de confinement et parfois de liberté lorsque l’on explore les rêves de Laïka. Les couleurs sont simples également mais bien choisies. Le scénario est le gros point fort de ce one shot. J’ai été emballé par cette histoire fataliste et finalement assez triste. En effet, conformément à l’histoire, Laïka mourra... les ingénieurs russes n’ont eu qu’un mois pour préparer le vol et le retour du chien n’était pas envisageable faute de temps. Grand amoureux des animaux, j’ai eu plus d’une fois les yeux embués par le destin funeste de la si gentille et intelligente Laïka. Bien sur, l’histoire a été quelque peu romancée mais Nick Abadzis a su en capter les fondements pour les retranscrire avec talent. Au fil des pages, on sent le lancement de la fusée approcher et l’inéluctable arriver... une certaine tristesse m’a progressivement gagné. Le plus révoltant dans cette expérience, ce sacrifice, c’est que la mort de Laïka n’a servi à rien d’autre qu’à la propagande communiste russe. Quasiment aucun enseignement n’a été retiré du lancement de Spoutnik 2. Faute de temps, les ingénieurs russes ont simplement envoyé une fusée dans l’espace. Ce premier vol habité n’a pas vraiment préparé les futurs voyages des hommes... Une fois de plus l’homme a sacrifié une innocente victime sur l’autel de la science. J’ai longtemps hésité à mettre la note maximale à « Laïka » tant le récit m’a touché et intéressé. Je mets finalement un 4/5 en attendant une future relecture. Je recommande chaudement l’achat et la lecture de ce petit chef d’œuvre. Je pense cependant qu’un minimum de connaissance historique est nécessaire pour savourer pleinement la lecture proposée par Nick Abadzis. Une simple petite prise de connaissance des événements avant de lire « Laïka » pourrait bien changer du tout au tout votre plaisir, raison pour laquelle je me suis permis de rappeler rapidement le contexte historique au début de mon avis. Cette petite bête valait bien un coup de cœur !

10/09/2009 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Sambre
Sambre

Une très bonne série romanesque. Les personnages sont ignobles et/ou torturés comme je les aime. J'adore quand les personnages sont victimes d'un destin cruel où ils sont impuissants ! L'histoire m'a captivé du début jusqu'à la fin. Il était impossible pour moi d'arrêter ma lecture ! Les dessins de Yslaire sont magnifiques à regarder et cette couleur... sublime ! Le seul défaut de la série c'est que l'auteur prend bien son temps. Ce n'est pas une mauvaise qualité, mais aucun album n'est sorti depuis 2003 et j'ai peur de devoir patienter encore un peu pour lire la suite.

10/09/2009 (modifier)
Par Altaïr
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Pachyderme
Pachyderme

Chaque nouvel opus de Frederik Peeters est un enchantement. Loin de se répéter, il explore sans cesse de nouveaux genres. Dans "pachyderme", ce sera une histoire à la Lynch, période "Mullholland drive" : une histoire sans queue ni tête en apparence mais qui prend forme une fois que le lecteur a ramassé toutes les pièces du puzzle. S'il y avait un reproche à faire à cet opus d'ailleurs ce serait, justement, de trop ressembler dans ses mécanismes à son modèle de cinéma. Dans Pachyderme, on suit les errements d'une femme, et on comprend assez vite qu'il s'agit d'un rêve, ou d'une exploration de son inconscient. La narration de Peeters est comme d'habitude parfaite et c'est délice de se laisser porter dans cet étrange voyage. Certains passages sont de véritables bijoux de narration et d'intelligence, comme cette scène où on fait connaissance avec le chirurgien... Pas de dialogues, quelques entrechats, une bouteille d'alcool, et on en sait déjà plus sur le personnage qu'avec un long descriptif. L'interprétation ne me parait en revanche pas forcément évidente. Autant tout ce qui se rapporte à Carice me semble relativement limpide, autant je ne sais trop comment situer l'histoire avec le chirurgien. Il faudra que je relise, il y a clairement certains détails qui m'ont échappés. Mais, même sans la "solution", cet album est un régal à lire.

10/09/2009 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Appelle-moi Ferdinand
Appelle-moi Ferdinand

Plus je lis les bouquins de Christian Durieux, plus je les aime. Et même si je n'ai pas trop apprécié La Maison d'Éther, cette fois-ci, c'est un peu mieux. Le récit, écrit par Hervé Bourhis et Christophe Conty, est humain, tout simplement humain. Nous suivons les derniers jours d'Oscar Lehmann, atteint d'un cancer en phase terminale, qui décide de faire voler en éclats sa vie terne et sans relief. Claquer son pognon, se payer la meilleure prostituée du coin, tuer celui qu'il exècre, telles sont par exemple les expériences qu'il tente. Si j'étais dans sa situation, que ferais-je ? Probablement des choses un peu extrêmes, bien sûr. Et vous, que feriez-vous ? C'est à cette aune qu'on mesure l'universalité d'un bouquin : si cette question, vous pouvez vous la poser. Le dessin de Durieux est expressif, colorisé de façon remarquable avec ces aplats de couleurs disséminés dans les tons sépia. L'encrage est assez épais, mais la relative épure des décors en fait ressortir la pureté. Cette BD ne manque donc pas de qualités. Mais pourquoi seulement un 3/5 (un 3,5/5, en réalité) Eh bien parce qu'elle ne m'a pas fait vibrer plus que ça. Je n'ai pas eu de prise de conscience à sa lecture, car la question qui en est au centre, je me la posais déjà (rassurez-vous, je ne suis pas en phase terminale d'une maladie...).

08/09/2009 (modifier)