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Couverture de la série Les Damnés de la Commune
Les Damnés de la Commune

Raphaël Meyssan s’attaque ici à un beau sujet – injustement occulté par l’histoire officielle, quand il n’est pas travesti – à savoir la Commune de Paris. Il le fait de façon originale et très ambitieuse. En effet, il se lance dans ce premier tome à la poursuite d’un leader communard, qui aurait vécu dans son quartier. Mais ce qui fait toute l’originalité de son travail, c’est qu’il ne dessine pas, il ne fait qu’utiliser des documents d’époque : journaux, livres, documents officiels (rapports de police par exemple). Au milieu des gravures d’époques, se glissent des encadrés (commentaires off) et des bulles pour faire dialoguer ces personnages de papier. Le travail préparatoire, de recherche, a dû être énorme, ce que le dossier final confirme. Chaque illustration utilisée – gravure essentiellement – y est référencée. Si le rendu peut paraître aride, moi qui aime bien la gravure – y compris dans les collages surréalistes (de Max Ernst ou d’autres), ça me convient très bien. Reste le déroulé de l’intrigue qui, comme pour le titre de la collection dans laquelle il est publié chez Delcourt, mêle Histoire et histoires. Ce premier tome s’étend du début de l’année 1870 à la prise de pouvoir dans Paris de la Commune (après l’échec du gouvernement versaillais de s’emparer des canons parisiens). On sent bien l’empathie de l’auteur pour les idées communardes, et plus encore pour ceux qui les ont incarnées, jusqu’au bout de la souffrance. En cela le personnage de Victorine, parisienne mêlée aux événements, à la tragédie surtout, est une sorte de relais pour l’auteur, rendant plus vivant ce récit, lui donnant chair et palpitations. Et l’enquête menée par le narrateur pour retracer la trajectoire de ce communard presque voisin – à un siècle et demi d’intervalle, la vie de Victorine, tout cela est très bien lié aux événements parisiens, Raphaël Meyssan éclairant bien les tenants et aboutissants des décisions des Républicains, mais aussi des Bonapartistes, des monarchistes, et de Thiers et sa clique, prêts à tout pour éviter une révolution populaire, pourtant portée par les idéaux d’une République qu’il était censé diriger (il est vrai élu après une parodie d’élection, entouré d’élus absolument pas représentatifs de la population). Le tome suivant (et dernier je pense ?) verra l’affrontement entre Communards et Versaillais, et je l’attends en tout cas avec impatience. ************************** Maj après lecture du deuxième tome. C'est toujours aussi réussi ! Je suis bluffé par la somme de travail qu'a nécessité cette série, puisque l'auteur n'use que de gravures d'époque pour illustrer ses albums (et en plus cela rend très bien pour "l'intrigue", qui n'est pas corsetée, mais aussi du simple point de vue esthétique, c'est superbe !). On sent encore toute l'empathie de l'auteur pour la cause des Communards, ce qu'il montre au travers de Victorine, une femme que nous suivons dans les méandres de cette histoire à la fois belle et triste, mais aussi au travers des acteurs majeurs, que l'auteur fait parler avec des archives d'époque. Et le tout est toujours aussi fluide. Son empathie pour la cause communarde est aussi visible avec les quelques clins d'œil à la période actuelle, certaines citations faisant allusion à Sarkozy, hollande, voire Macron, tenants actuels de l'ordre. Ce deuxième tome montre la Commune se mettant en place, mettant en avant ses idéaux, au risque de passer pour idéaliste, voire naïve et inconsciente - ce dont va très bien se servir Adolphe Thiers (il est quand même des prénoms qui ne laissent que des trainées de sang dans l'histoire !). C'est aussi le début de la fin pour la Commune, les combats désespérés pour contrer la supériorité versaillaise laissant augurer la curée de la Semaine sanglante (qui sera traitée dans le troisième et dernier tome, à venir - et très attendu !!!). L'autre attrait de cet album est de traiter des Communes de Province, en particulier celle de Marseille (qui hélas ont subi le même sort que celle de Paris), ce qui est rarement le cas. Voilà donc une série en tous points remarquable, et qui semble très injustement méconnue. Je vous encourage donc à réparer cette erreur en la lisant, le travail de Raphaël Meyssan méritant un coup d'œil, un coup de chapeau (et, en ce qui me concerne, un coup de cœur !). Au passage, je lui attribue la dernière étoile manquante.

03/06/2018 (MAJ le 15/07/2019) (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Brat Pack
Brat Pack

Décidément, Délirium est un éditeur à suivre si on s'intéresse aux comics moins mainstream que DC et Marvel. Brat Pack fait parti des œuvres des années 80-90 qui ont déconstruit le mythe des super-héros et apparemment cela a eu un certain succès underground aux États-Unis et voilà enfin que ce comics est traduit en français. Veitch s'attaque aux sidekicks ados dont Robin est le plus connu. Comme c'est une BD indépendante, cela va plus loin dans le trash que Dark Kight Returns ou Watchmen. Pour aimer, je pense qu'il ne faut pas être allergique à la satire noire et mordante et aussi se laisse porter par le délire de l'auteur parce que parfois le trait est un peu exagéré. L'auteur va assez loin dans son attaque et montre des super-héros adultes sans scrupules qui sont surtout préoccupés par l'aspect commercial de leur travail et qui exploitent des ados. J'ai trouvé que le scénario était prenant du début jusqu'à la fin. Il y a du suspense et j'ai été surpris par l'ultime révélation alors que je pensais avoir deviner l'identité du mystérieux super-vilain qui s'en prends au sidekick ! La narration est très bien maîtrisé. J'aime particulièrement comment l'auteur montre en parallèle la vie des 4 nouveaux sidekicks. Il y a de très bonnes idées comme par exemple l'émission de radio au début de l'album. Le dessin est vraiment excellent. Je ne pense pas qu'il faut absolument connaitre les super-héros pour aimer, mais je pense qu'il faut un peu de connaissances pour vraiment apprécier cette oeuvre. Par exemple, le sondage radio sur s'il faut tuer les sidekicks ou non est clairement une référence au fameux sondage téléphonique sur s'il fallait tuer Robin ou non que DC avait lancé à la fin des années 80.

14/07/2019 (modifier)
Couverture de la série Rhâ-Gnagna
Rhâ-Gnagna

Que dire de plus sur Gotlib qui n’ait déjà été écrit, par moi ou d’autres ? Je vais commencer par dire – mais je pourrais tout aussi bien conclure par ça – que je suis un fan de ses délires, de son humour décapant. « Rhâ-Gnagna » est dans la lignée des génialissimes Rubrique-à-Brac, c’est le même genre d’humour. Mais, publié un peu plus tard et par Fluide Glacial et non chez Dargaud, Gotlib se lâche sans doute un peu plus, on a là quelques gags plus « adultes ». Pour le reste, c’est encore et toujours de l’humour intelligent. Car cela part très souvent de connaissances culturelles, qui ne sont pas nécessaires pour rigoler, mais qui le sont pour apprécier complètement cet humour ravageur. Ainsi Gotlib prend-il plaisir à détourner, à prendre le contre-pied des classiques de la littérature (« Alice au pays des merveilles » par exemple), des personnages historiques (hilarant pot-pourri avec Charlemagne, Napoléon, etc.), Dieu et le paradis, le Père Noël, etc. Cela part dans tous les sens, que ce soit dans les textes (c’est très fourni !, les phylactères remplissent les cases jusqu’à déborder parfois) ou les délires des « intrigues » (qui doivent parfois pas mal à une certaine forme d’improvisation), Gotlib allant vraiment jusqu’au bout du bout d’une idée, fut-elle la plus loufoque. Quant au dessin, c’est vraiment le top, comme d’habitude ! Son trait caricatural fait merveille, dans un style (mais les textes jouent aussi sur le même registre) très cartoon : il y a du Tex Avery, du Chuck Jones dans ces dessins. Et on sent aussi percer l’influence de certains auteurs de « Mad », comme Kurtzman ou Wood (voir Fées en Folie (Cons de Fée) par exemple). On a parfois un exercice de style dans ce domaine (voir l’histoire parodiant certaines émissions radiophoniques, où des personnages se racontent des « blagues belges » : ces personnages ont des traits de plus en plus déjantés, jusqu’au feu d’artifices final). Bref, vous l’avez compris, c’est très chaudement que je vous recommande ce condensé d’humour noir, déconne et parfois trash !

13/07/2019 (modifier)
Couverture de la série Le Roi des Mouches
Le Roi des Mouches

Voilà une série où l’ambiance prend le pas sur l’intrigue elle-même. Après un – tout petit – temps d’adaptation, j’ai été véritablement happé par cette histoire. Découpée en courts chapitres, présentant des personnages qui peu à peu prennent corps et âme, et surtout s’entrecroisent pour créer une histoire, cette série est, à bien des égards, une extraordinaire réussite. Clairement l’album de la maturité pour ces deux auteurs, bien en dessus de leurs précédentes collaborations (qui n’étaient pourtant pas des bouses). Affaire d’ambiance ai-je dit, mais aussi d’univers. Il y a là du Lynch bien sûr, mais aussi une sorte d’hommage à une culture rock et psychédélique, une introspection de la société américaine (même si ça se passe « ailleurs »), de ses travers, de ses folies. Et une peur de vivre, un désespoir cachés ou alimentés par la consommation d’alcool, de drogues. Mais surtout il y a une évidente parenté avec l’œuvre de Charles Burns. Graphiquement d’abord, avec des dessins figés, presque stylisés parfois, et une colorisation (que j’adore) où dominent le mauve, le noir, des tons sombres qui attirent le quotidien vers le fantastique, un étrange underground. Mais aussi pour certains thèmes abordés, comme le malaise de la sortie de l’adolescence, la difficulté d’aimer et d’être aimé par exemple. En tout cas les amateurs de l’auteur américain – et tous ceux qui apprécient ce genre d’onirisme noir et torturé – se retrouveront dans ces trois albums. Les deux premiers albums sont vraiment superbes. La lecture est très agréable, même si la densité des textes nécessite un certain investissement (ils sont majoritairement au style indirect, comme si l’on – c’est-à-dire les auteurs comme les lecteurs – pratiquaient une sorte d’autopsie de la société, du moins des quelques personnages choisis pour la représenter ici). Je distinguerai un peu le troisième et dernier tome. Le côté graphique est toujours aussi beau, mais j’ai été un peu moins convaincu, et ai été davantage perdu par la logorrhée des textes, parfois bruts (dans tous les sens du terme, puisque souvent simples notes, mots alignés), ce langage saccadé, accéléré comme pour accompagner un mauvais trip, pour prévenir l’overdose, contrastant avec la fin, peut-être moins planante qu’attendu (et du coup un chouia décevante ?). La construction de « l’intrigue » m’est aussi apparue un peu moins claire. Mais cela reste quand même une très belle réussite, que je vous encourage à découvrir si ce n’est pas déjà fait. Une série culte, malgré les passages obscures, malgré les quelques rares petites baisses de régime.

12/07/2019 (modifier)
Couverture de la série I kill giants (Je tue des géants)
I kill giants (Je tue des géants)

C’est peut-être le comics que j’ai préféré depuis que je lis des bandes dessinées… J’ai dévoré ce récit, trouvant son scénario très bien construit et son personnage principal d’une grande justesse. Cette adolescente rebelle aux comportements autodestructeurs (entre scarifications et provocations en tous genres) se réfugie sous une carapace énorme que l’on va peu à peu soulever… avec l’aide de deux personnages secondaires. L’une, psychologue scolaire, soutient Barbara dans son combat (non contre des géants mais contre une vérité qu’elle ne peut admettre) tandis que l’autre, fraîchement débarquée, discerne rapidement la fragilité de l’adolescente derrière ce masque de cynisme et ces accès de folie. Et puis tous les autres rôles sont ‘justes’, de la grande sœur qui assume difficilement le rôle de mère de substitution à la caïd du préau, brutale, manipulatrice et lâche, en passant par le proviseur, patient mais mis à rude épreuve. J’ai beaucoup aimé le dessin de Ken Niimura, fin et expressif. Très caricatural, il allège ce récit, lui permet de respirer alors que l’histoire en elle-même est tout sauf amusante. Avis aux amateurs, ce récit est un pur roman graphique (c’est clair que si vous vous attendez à de l’heroïc-fantasy vous allez en être pour vos frais)… mais quel roman graphique !!!

01/07/2019 (modifier)
Couverture de la série Petit Pierre
Petit Pierre

Il y a peu je lisais « Enferme-moi si tu peux » qui regroupait de petites et sympathiques biographies d’artistes appartenant au courant de l’art brut. Des artistes marginaux, vierges de toute influence artistique (du fait d’un handicap mental ou tout simplement par manque d’instruction ou de culture) et qui, donc, produisaient des œuvres uniques en leur genre. Cet album m’a permis de découvrir un nouvel artiste rattaché à ce courant, Petit Pierre. Et le moins que l’on puisse dire est que ce gaillard m’a touché. Et le mérite en revient grandement aux deux auteurs de cet album, à savoir la scénariste Florence Lebonvallet et le dessinateur Daniel Casanave. Et ce n’est pas la première fois que je suis séduit par le style de Casanave, qui s’est fait une spécialité d’illustrer ce type de biographie de personnages poétiques et rêveurs. Il se dégage de son trait une telle fraicheur, une telle naïveté que ses planches me plongent dans une sorte de béatitude contemplative. Son trait est doux et léger, bien mis en valeur par la colorisation lumineuse de Claire Champion, ses planches sont épurées, donnant souvent à voir des grandes cases dépouillées et pourtant riches de détails anodins (ici, un nuage, là une vache qui broute). Quant à Florence Lebonvallet, nul doute qu’elle maîtrise parfaitement son sujet. J’ai senti toute la sympathie, toute la tendresse mais aussi la fascination qu’elle éprouve pour Pierre Avezard. Je l’ai sentie à l’aise dans cet univers champêtre. La narration est fluide, les pages coulent sous les doigts et, tout doucement, le charme opère. Oui, tout doucement parce que, dans un premier temps, j’ai trouvé ce récit très anecdotique, avec des informations un peu inutiles, avec un symbolisme un peu simpliste. Mais, au fil des pages, j’ai fini par comprendre la pertinence de ces choix. Le goût aux voyages du parrain, la naissance du petit frère… tout cela s’inscrit dans le parcours de vie et dans le parcours d’artiste de Petit Pierre… et finalement, je ressors conquis par l’album comme par le personnage. Et puis un gars calme et inventif qui aime les vaches, j’aurais eu du mal à ne pas l’apprécier. Ce Petit Pierre, au visage difforme, bossu, dur de la feuille mais loin d’être idiot, présenté comme un personnage profondément positif, drôle et généreux, m’a touché. Et le petit dossier en fin d’album a fini par me convaincre.

27/06/2019 (modifier)
Couverture de la série Paris 2119
Paris 2119

Je m’attendais à autre chose, à un récit plus fort, plus philosophique alors qu’en fait cet album est un simple récit d’anticipation, comme il y en a tant… Enfin, pas tant que ça, parce que c’est un simple mais bon récit d’anticipation. Il s’articule sur une très bonne trouvaille qui permet d’apporter une dose d’originalité et de crédibilité à cette vieille idée du voyage immédiat dans l’espace (on se dématérialise d’un côté du globe pour se rematérialiser dans un autre coin de la planète). Cette trouvaille est vraiment le point fort de l’album à mes yeux. A côté de cela, Zep nous offre une vision très sombre de la société de demain, avec un univers urbain noir, malade, peuplé de toxicos et de laissés-pour-compte, où chacun reste chez lui, privilégiant les rencontres virtuelles ou les voyages instantanés. C’est déprimant… d’autant plus que cet univers est crédible et rencontre plusieurs de nos craintes actuelles. L’enquête qui sert de fil conducteur au récit est assez classique. Agréable à suivre mais pas révolutionnaire. Enfin, la note d’espoir livrée en fin d’album me semble un peu maladroite, un peu facile. C’est con parce que, du coup, je referme ce livre avec une impression un peu mitigée… alors que si j’y repense, j’ai vraiment bien aimé ma lecture durant 95% du temps. Enfin, le dessin froid et sombre (quoique toujours très lisible) de Dominique Bertail convient parfaitement au thème de ce récit. Dessin et scénario se complètent donc parfaitement. Pour la note, j’hésite entre pas mal et franchement bien (c’est quand même con qu’il n’y a pas moyen de dire bêtement « bien » pour certains albums sur bdtheque). Chez moi, je traduis souvent ça par « pas mal », « coup de cœur » et « achat conseillé ». Dont acte !

24/06/2019 (modifier)
Par Alix
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Chroniques de l'île perdue
Chroniques de l'île perdue

J’ai beaucoup apprécié cet album, dont la thématique m’a beaucoup touché (ayant moi-même un frère plus jeune, mais aussi deux fils). L’auteur traite des marques indélébiles que peuvent laisser certaines expériences lors de notre petite enfance, notamment les « boutades » du grand frère. Le traitement très onirique et rempli de symbolisme est assez difficile d’accès, et je dois avouer mal imaginer mes garçons de 7 et 9 ans lire cet album seuls, sans aide… mais une lecture accompagnée est peut-être ce que recherchait l’auteur ? Reste que j’ai moi-même eu du mal à suivre tous les méandres scénaristiques, surtout sur la fin. Je note que les autres posteurs ont aussi relevé ce petit souci. La mise en image d’Anne Montel est vraiment sublime. Le trait est précis et fourmille de petits détails rigolos, et les couleurs aquarelles lumineuses apportent un esthétisme indéniable aux planches. Et puis alors, cette couverture, miam ! Un chouette moment de lecture, mais parfois éprouvant, surtout sur la fin.

24/06/2019 (modifier)
Couverture de la série Silencio
Silencio

Silencio aborde un sujet assez original puisque nous sommes plongés dans une compétition de street-basket en milieu carcéral. Bienvenue donc dans une prison d’état made in USA, avec ses clans, sa violence… Et pourtant ce récit va s’avérer très positif dans son état d’esprit. De fait, le personnage principal -le fameux Silencio- va trouver dans cette compétition une planche de salut, tant pour son acceptation au sein de cette prison que comme premier pas vers une possible réintégration dans la société. Le traitement scénaristique de cette histoire est franchement influencé par le style manga. C’est rythmé et on ne s’ennuie pas. Des flash-backs permettent de découvrir le passé de Silencio et les raisons de son emprisonnement… mais des raccourcis faciles sont bel et bien présents. Les personnages sont assez caricaturaux et les exploits physiques de certains d'entre eux relèvent plus du fantasme que d’une recherche d’authenticité. Mais le plaisir de lecture est bien présent. Les trois albums se lisent vite et avec plaisir. Le destin de Silencio en fait un véritable héros pour adolescents, avec ce côté bad-boy taciturne capable d’encaisser, qui se donne à fond (fond qu’il a bon, fondamentalement) et qui ne renonce jamais. Le dessin, que j’ai trouvé excellent dans son genre, mélange des influences diverses. L’encrage lui donne un côté « comics » tandis que le découpage des scènes de match me semble plus influencé par le style manga (mais de haut vol). Les poses sont très naturelles dans tous ces passages et Gabriel Germain a l’intelligence –et le talent nécessaire pour le faire- de ne pas utiliser d’effets artificiels (genre lignes de perspectives pour suggérer la vitesse). Le rendu est donc très naturel, très réaliste et contrebalance parfaitement les aspects plus fantaisistes du scénario. Du coup, on y croit ! En définitive, Silencio a été une bonne surprise pour moi. Récit sportif avec les stéréotypes du genre, il apporte un autre regard grâce à son cadre carcéral. Un excellent investissement pour qui aime ces deux genres (et je pense vraiment que beaucoup d’ados devraient adorer). Mieux que "pas mal" mais un peu trop caricatural pour que je dise "franchement bien"... mais c'est à lire !!

20/06/2019 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série A travers
A travers

J’ai adoré le concept de cet album. L’histoire est certes banale, on découvre la vie d’un homme né en Alaska, de sa naissance jusqu’à sa mort : souvenirs d’enfances, université, travail, mariage, divorce etc. Pourtant certains passages ont réussi à me toucher par leur poésie et leur justesse, malgré le minimalisme de la narration mais aussi du graphisme. Et on tient là LA grosse originalité de cet album : en le feuilletant, on a plus l’impression d’avoir affaire à un recueil d’illustrations plutôt qu’une histoire traditionnelle… et pourtant. Chaque double page contient deux illustrations relativement petites, représentant un moment clé de la vie du protagoniste. La page de gauche montre une vue à la 3eme personne, alors que celle de droite, une vue à la 1ere personne (donc ce que le personnage voit lui à ce moment-là – voir la galerie pour des exemples). Cette trouvaille narrative fonctionne parfaitement, et ajoute une dimension vraiment intéressante au récit. Je conclus sur le graphisme, que je trouve magnifique et élégant, dans un style très épuré. Un chouette moment de lecture, et un coup de cœur en ce qui me concerne.

19/06/2019 (modifier)