Chroniques de l'île perdue

Note: 3/5
(3/5 pour 3 avis)

Des univers fantastiques peuplés d’entités inquiétantes, des peurs enfantines matérialisées pour, peut-être, mieux les apprivoiser… Cette BD jeunesse aborde, avec douleur et douceur, le lien si complexe qui unit un petit frère à son ainé.


Albums jeunesse : 6 à 10 ans Animalier

Sacha et Charlie, deux jeunes frères, font une croisière avec leurs parents. Soudain, une terrible tempête éclate : leur bateau sombre et tous deux échouent séparément sur de mystérieux rivages… À la recherche de son petit frère, Sacha va devoir lutter contre d’étranges entités malveillantes, tandis que Charlie fera la rencontre d’une jeune fille qui le protégera contre une force inconnue. Au gré de leurs aventures, tous vont croiser une faune fantasmagorique : les Doudous, peuple de peluches – originellement bienveillant – torturé et violent ; les Akupunkts, troncs d’arbres anthropomorphiques ; les Loups-cauchemars ; ou encore, les Moaïs, sages qui tiennent des discours apparemment sans queue ni tête. L’île, composée de six environnements distincts, semble être vivante et se nourrir des frayeurs et des angoisses des naufragés... Cet album comporte 4 fiches d’apprentissage de la survie : – Comment faire du feu avec un « briquet acier » ; – Comment reconnaître des papillons arc-en-ciel, insectes comestibles dont la couleur détermine le goût ; – Quelles sont les caractéristiques des Doudous ; – Schéma du Pic noir, point culminant de l’île.

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 26 Septembre 2018
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Chroniques de l'île perdue
Les notes (3)
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01/11/2018 | Blue Boy
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Par Alix
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
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J’ai beaucoup apprécié cet album, dont la thématique m’a beaucoup touché (ayant moi-même un frère plus jeune, mais aussi deux fils). L’auteur traite des marques indélébiles que peuvent laisser certaines expériences lors de notre petite enfance, notamment les « boutades » du grand frère. Le traitement très onirique et rempli de symbolisme est assez difficile d’accès, et je dois avouer mal imaginer mes garçons de 7 et 9 ans lire cet album seuls, sans aide… mais une lecture accompagnée est peut-être ce que recherchait l’auteur ? Reste que j’ai moi-même eu du mal à suivre tous les méandres scénaristiques, surtout sur la fin. Je note que les autres posteurs ont aussi relevé ce petit souci. La mise en image d’Anne Montel est vraiment sublime. Le trait est précis et fourmille de petits détails rigolos, et les couleurs aquarelles lumineuses apportent un esthétisme indéniable aux planches. Et puis alors, cette couverture, miam ! Un chouette moment de lecture, mais parfois éprouvant, surtout sur la fin.

24/06/2019 (modifier)
Par PAco
Note: 3/5
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Après l'excellent Chaussette, Loïc Clément et Anne Montel nous reviennent avec un nouvel album pour la jeunesse, toujours très tourné vers la psychologie infantile et les tourments qui peuvent affliger les enfants. Mais si j'avais vraiment apprécié la fausse simplicité de Chaussette pour parler de la mort avec les plus jeunes, j'ai trouvé cet album un peu plus alambiqué et moins fluide pour aborder les différentes peurs que nos chères têtes blondes vont affronter au fil de leurs jeunes années. Sacha, l'aîné et son jeune frère Charlie partent en croisière avec leur parents. Le navire fait naufrage et Sacha se retrouve séparé du reste de sa famille pour se réveiller sur une étrange ile déserte quand Sacha est pour sa part plongé dans un univers beaucoup plus sombre et inquiétant où loups et monstres en tout genre pullulent. Heureusement, il va être pris sous la coupe de Rose, une jeune fille étrange mais bienveillante à son égard qui va tenter de lui faire retrouver son grand frère. L'univers est riche, foisonnant (peut-être trop ?) et j'en suis arrivé à me demander qui allait vraiment s'y retrouver dans cet album. La forme très "jeunesse" du graphisme d'Anne Montel ferait pencher la balance du côté album jeunesse, mais le fond, la narration et certaines scènes m'orienteraient davantage vers une BD ados... Du coup ce déséquilibre et le trop plein de questions ou de sujets abordés laissent un peu l'album le cul entre deux chaises, ce que j'ai toujours un peu de mal à apprécier... Mon indécision se retrouve donc dans mon appréciation finale : 2.5/5

13/12/2018 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 3/5
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Avec ces « Chroniques de l’île perdue », Loïc Clément & Anne Montel traitent des relations complexes qui peuvent exister entre un petit frère et son aîné. Et incontestablement il y a ici comme un petit air de vécu doublé d’une sincérité dans le propos. Pour raconter l’histoire de ces deux frères séparés par une tempête, les auteurs sont allés prospecter dans les recoins les plus enfouis de leur imaginaire poétique débridé, en jouant sur le contraste et les effets de miroir. D’un côté, il y a Sacha, le grand frère, qui se retrouve sur une île tropical accueillante (du moins au début), et de l’autre, Charlie, le petit frère, propulsé dans un univers sombre et hivernal, sous la menace constante de « loups-cauchemars », terrifiantes émanations noires et belliqueuses. Charlie va tenter de survivre dans ce monde hostile sous la protection d’une jeune fille, Rose, la confidente que son frère ainé n’a pas su être... Quant à Sacha, les souvenirs de son jeune frère vont lui revenir à l’esprit, non sans une certaine culpabilité, car en effet, il n’a pas été toujours tendre avec Charlie… Sa culpabilité croissante sera alimentée par les étranges entités peuplant l’île (notamment les trois Moaïs et les Doudous). Au fil de l’histoire, celles-ci se montreront de plus en plus malveillantes et agressives, renforçant chez Sacha le désir croissant de retrouver son frère, qu'il a l'impression d'avoir abandonné… A l’image du récit, l’univers graphique d’Anne Montel est foisonnant, compensant d’une certaine manière un trait en « pattes-de-mouches » enfantin et schématique, mais on sent chez celle-ci la volonté de bien faire, notamment par une colorisation à l’aquarelle très soignée. Cette production, qui s’adresse donc au jeune public sans les prendre pour des crétins, est loin d’être inintéressante et pourtant, on ne ressort pas réellement conquis…Cette dernière aurait-elle les défauts de ses qualités ? Si les auteurs ont laissé libre court à leur fantaisie, tant dans la narration que dans le dessin, le lecteur pourrait toutefois ressentir une certaine lassitude vis-à-vis de ce trop-plein visuel et ces circonvolutions scénaristiques qui empèsent le récit, au final trop complexe pour être réellement marquant. L’objet, qui reste tout de même une œuvre très personnelle, aurait mérité un élagage à la fois sur la forme et sur le fond.

01/11/2018 (modifier)