Ayant plusieurs longues lectures en cours, je publie en attendant un avis sur cette BD qui fut un véritable coup de coeur!
Je ne connaissais Marion Montaigne que de nom, et avais déjà pu apercevoir distraitement des bribes de l'adaptation sur Arte de Tu mourras moins bête, et n'en savais pas beaucoup plus. "Dans la combi de Thomas Pesquet" constitue donc ma porte d'entrée dans son univers, qui m'a définitivement conquis autant que monsieur Pesquet ne l'a fait avec l'espace!
Tout d'abord, je suis très sensible à la vulgarisation, je trouve que c'est un excellent moyen de faire connaître et d'apprendre un sujet. Seulement il y a ceux qui savent le faire et ceux qui ne savent pas. Et fort heureusement, Marion Montaigne se montre très douée dans l'exercice. Le travail réalisé en amont de la création de cette BD dût être conséquent, et il est évident qu'il a été mené avec sérieux et minutie. Les faits rapportés, mine de rien derrière une façade gaguesque, sont très riches et précis, et j'ai particulièrement apprécié le fait de suivre l'aventure de Thomas étape par étape, ce qui retranscrit bien l'engagement colossal qu'une telle carrière demande, et le niveau d'exigence en tous points. Le récit est bien structuré et l'humour y est, d'après moi, parfaitement dosé, et c'est le prochain point que je souhaiterais aborder.
L'humour, donc. J'ai trouvé cette BD à mourir de rire. J'ai rarement ri d'aussi bon coeur devant une bande dessinée, et pourtant celle-ci m'a provoqué un tel effet sur de nombreuses pages. Il ne réside pas seulement dans le texte, mais les dessins, très sommaires, n'en restent pas moins remplis de détails complétant parfaitement l'approche humoristique du sujet, et sont un parfait assaisonnement à des situations hilarantes. J'y ai peut-être été particulièrement réceptif, mais je trouve que l'humour et son utilisation son parfaitement maîtrisés, et arrivent au final à rendre ce voyage spatial passionnant du début jusqu'à la fin.
Un très grand plaisir et une lecture que je recommande à tous les amateurs de vulgarisation scientifique, et à tous les curieux!
Juste wahou cet album ! Ce polar extravagant ne peut que vous étonner ! Ça pulse, c’est original, ça décape et tout ça avec un gros zest d’humour noir et une pincée de suspens. Vous voilà embarqué dans un road movie avec une kyrielle de personnages étonnants. Cela va du délinquant sexuel qui fait office de secrétaire du commissaire de police, à un champion de tennis sur table pressenti pour les prochains jeux olympiques, à une blonde avec des cheveux - je ne vais pas dire platine mais plutôt jaune Ricard - intrigante aux yeux bleus électriques , en passant par une communauté d’anciens nazis, éleveurs de porcs et survitaminés à la musique de Motorhead ! Le programme est alléchant non ?
Tous les ingrédients pour un sublime récit sont réunis. Ce premier opus est étincelant. Les actions sont solides et virevoltantes. On se délecte des dialogues délicieux entre les différents protagonistes. Ça fait mouche. Je ne sais pas où vont nous emmener Perna et Bedouel, mais pour le moment je les suis les yeux fermés. L’ambiance glauque et poussiéreuse de Flatstone – sur la route d’Albuquerque – est envoutante et captivante. Une douce folie s’empare de ce bled perdu au milieu de nulle part.
Cette trilogie, si elle tient la route jusqu’au bout, va marquer les esprits. Nous ne sommes pas loin d’un film de Tarantino.
Le titre de cet album est on ne peut plus judicieux, et explicite, tant il réunit les deux « ambiances » vers lesquelles tend l’histoire.
En effet, dans une sorte d’oxymore narratif, les auteurs mêlent – quasiment à chaque page – une histoire de conte de fées ou de poupée qui pourrait friser la bluette, à des passages violents, noirs, ceux-ci intervenant de façon abrupte, sans que l’on puisse forcément les voir venir, et sans que cela ne perturbe cette narration fluide et légère.
Ces soubresauts, ces hoquets, qui crispent le sourire presque béat de l’intrigue principale (basée sur un fantastique assez doux et classique), apportent presque un aspect comique parfois. Le décalage brutal entre le côté fleur bleue et insouciant de la plupart des personnages, et la disparition brutale de la plupart d’entre eux – mais aussi par rapport à certaines images marquantes, morbides (par exemple la fenêtre qui se révèle être l’orbite vide de l’œil absent d’un cadavre) est original et quelque peu perturbant.
Et cela se poursuit jusqu’à la fin qui, toute en sérénité, comme la fin de n’importe quel conte, suit pourtant l’ultime massacre perpétué par l’héroïne qui, par sa naïveté, avait vainement tenté de faire fonctionner le monde hétéroclite créé par les auteurs.
Ajoutons que le dessin, lui aussi léger, accentue les deux aspects : de jolies images traversées par des éclairs de cruauté.
Je lis (en douce) et j'avise cet album juste avant de l'offrir à une jeune fille de 15 ans. Le dessin faussement naïf laisse penser que ce conte est enfantin. Alors, pas tout à fait. D'abord près de 200 pages, ce n'est pas rien, et ensuite l'histoire est dense et riche. Nous suivons l'évolution d'une ''petite'' fille vers son statut de femme et surtout de femme libre. Le parcours de l'héroïne est particulièrement intéressant. Au fur et à mesure de ses apprentissages et de ses expériences, elle s'affirme à la fois par sa forte personnalité mais aussi grâce à des rencontres avec des guides et des initiateurs (-trices) bienveillants. C'est que le monde est difficile pour tous, mais plus encore pour les filles. Oui, le propos est féministe, mais pas dans l'affrontement, juste dans le respect des autres. Dans chaque chapitre elle a à affronter les intolérances diverses, la place de la femme dans l'éducation, dans la vie familiale et la sexualité, les communautés religieuses... Elle remet tout le monde à sa place de façon magistrale. J'ai bien aimé justement son statut de géante qui lui permet de s'imposer sans qu'on lui en conte, à chacun(e) de devenir symboliquement géant(e) à son tour en suivant son exemple d'indépendance d'esprit. J'espère que la jeune fille à qui je le destine comprendra bien le message.
J'ai beaucoup apprécié le dessin, même les yeux si stylisés, il sert bien le conte. Et l'édition est superbe avec une couverture des plus réussies.
Pour chipoter, deux petits bémols peut-être : une fin un poil trop ''utopique'' mais c'est la suite logique de l'histoire et, ce qui me gêne un peu plus, même si la dénonciation des dogmes religieux est bien présente, il y a (à mon goût) un petit reste de religiosité avec ce ''Haut-puissant'' qui ne semble pas être remis en question.
Une version de Dracula par Georges Bess qui frappe d'abord par sa beauté graphique. Cela fait maintenant quelque années que je connais ce dessinateur et son trait est d'une finesse, on est impressionné par les heures de travail qui ont du être nécessaires pour toutes ces planches en noir et blanc.
Ce gros album est fidèle à l'histoire originale de Bram Stoker. Jonathan Harker se rend en Transylvanie et finit dans les griffes du monstre allant jusqu'à perdre la notion du temps dans un château labyrinthique. Pendant ce temps sa fiancée l'attend à Londres.
On ne sera pas trop surpris par l'histoire, mais on savoure près de 200 pages de claque visuelle.
Bonjour, la BD Billy the cat m'a beaucoup plu. Et je souhaiterais que les auteurs de la BD relancent les aventures de Billy, afin qu'il puisse redevenir un garçon. Par exemple, chez ses parents, en la présence de sa petite soeur Marie et de sa mère, il ferait signe à Marie pour lui dire qu'il voudrait écrire quelque chose. Ainsi il pourrait tout expliquer à sa mère par écrit, et pourrait aussi lui parler d'Icare, qui a la connaissance du langage des animaux. De ce fait, il pourrait être compris par sa famille au lieu d'entendre des miaulements, ce qui pourrait l'aider à redevenir un garçon.
J’avais la larme à l’œil en tournant les dernières pages de cet album tant celui-ci a réussi à me toucher. Oui, bon, j’avoue que le fait d’éprouver une affection particulièrement forte vis-à-vis des chats a joué dans mon ressenti mais il n’empêche qu’avec sa sincérité, la douceur de son trait, la simplicité des sentiments exprimés et la pudeur des grandes peines évoquées, Eloisa Scichilone (principale instigatrice de ce projet) m’a conquis.
J’ai beaucoup aimé l’apparente simplicité du synopsis qui se résume à une journée de vie des auteur.e.s en compagnie de leurs chats mais derrière lequel se cache un éloge à l’esprit de clan face à la perte, à l’échec. Les facéties des chats, leur côté ‘collant’ apportent à la fois de la légèreté au récit mais aussi ce sentiment pour le lecteur d’être les spectateurs d’une tribu solidaire et unie dans laquelle les deux humains sont acceptés, et exploités autant que choyés. L'image de ce cocon chaleureux au coeur de l'hiver est celle qui persiste après lecture... Et ça fait du bien !
J’ai aimé la douceur, l’amour complice, la tendresse qui se dégagent du récit. J’ai aimé la mise en page aérée, les couleurs pastel. J’ai aimé la retenue avec laquelle les peines et difficultés sont évoquées… En fait, j’ai tout aimé !
Alors oui, je pense que cet album doit être réservé aux amoureux des chats mais si c’est votre cas, je suis convaincu que vous allez adorer.
Un très bon album.
Si je ne me trompe pas, c'est l'album qui m'a fait découvrir Émile Bravo et j'ai tout de suite aimé son dessin même si son style se rapproche plus d'un Tintin que d'un Spirou.
Le scénario est très mature, probablement l'album le plus 'adulte' de Spirou et pourtant c'est écrit dans un style qui peut plaire à la fois aux jeunes et aux adultes. En tout cas, moi j'ai lu ça la première fois lorsque je terminais mon adolescence et j'ai adoré. La relation entre Spirou et son amie polonaise est très touchante et j'ai bien aimé voir ce qu'un jeune comme Spirou qui ne connait pas grand chose à la vie réagit face aux événements qui vont engendrer la seconde guerre mondiale.
Seule ombre au tableau qui fait en sorte que je ne donne pas la note maximal: je n'aime pas du tout le traitement du personnage de Fantasio qui est transformé en crétin. Il était loufoque sous Jijé et dans les premiers Franquin, mais il était sympathique alors qu'ici il est énervant et j'avais envie de le frapper. Et il y a son rôle dans le dénouement que j'ai toujours détesté.
Presque un chef d'œuvre pour moi donc.
Cela faisait pas mal de temps que cette série me faisait de l’œil. Et j’ai enfin pu la lire, dans la version des Humanos de 1977.
J’en ressors avec un avis un chouia mitigé. Essentiellement à cause des textes, surabondants, ce qui alourdit un peu la lecture (d’autant plus que ce texte est très dense, peu aéré et avec une taille de police petite), même si ce travers s’explique en partie par l’époque de création. Pour la même raison, ce texte est généralement placé aux abords des « cases, en voix off.
Texte qui se veut exhaustif, mais qui reste quand même partial – écrit alors que les braises étaient encore vives, ce qui donne une vision manichéenne proche de la propagande (avec aussi des choix d’animaux pour représenter les protagonistes qui ne sont pas neutres) – sans y tomber complètement. Il faut quand même reconnaitre un matériau presque trop riche pour être contenu dans ces pages, et pourtant on a ici une vision des combats, de certains personnages qui vont intéresser les amateurs de la seconde guerre mondiale. Mais c’est clairement dans ce domaine que le bât blesse, le texte étant parfois indigeste, et aussi daté, naïf parfois.
Par contre, vu le contexte et la période de création (incertitudes de l’occupation et immédiat après-guerre), il est normal que les camps de la mort ne soient pas mis en avant (il faudra attendre la fin des années 1950 pour qu’on les distingue réellement des camps de concentration), et que cela soit centré sur l’Europe (avec la situation française mise en avant – voir la page douloureuse évoquant la tragédie d'Oradour-sur-Glane), on ne peut faire de reproches anachroniques à Dancette.
On pourrait presque ne voir là qu’un beau livre illustré sur la guerre, à la limite de la BD. Mais quelle illustration ! C’est ce domaine qui m’a marqué (comme beaucoup de lecteurs j’imagine), et explique mon coup de cœur, et c’est aussi ce qui me fait arrondir aux quatre étoiles.
En effet, Calvo, malgré le texte abondant, réussit à faire une place à son dessin. Et quel dessin ! Là, c’est bien simple, c’est aussi daté, mais c’est justement cet aspect presque désuet, rétro qui m’a plu. En effet, j’adore les cartoons des années 30 aux années 50, et Calvo a développé ici un style qui en est très proche. On pense évidemment au style de certains dessins animés de Disney, et surtout au « Blitz Wolf » du génial (pas forcément ici d’ailleurs) Tex Avery (lui-même parodiant Disney).
Et là c’est franchement très bon et très beau ! Calvo s’en donne à cœur-joie, usant parfois de pleines pages (fourmillant souvent de détails), jouant aussi avec la mise en page (de nombreux médaillons aérant la lecture et diversifiant les points de vue, certains dessins sortant parfois du cadre des cases, comme le faisaient certains cartoons d’Avery ou de Chuck Jones). On pourrait presque ne lire l’histoire qu’avec les illustrations de Calvo !
C’est en tout cas à lire au moins une fois dans sa vie !
Note réelle 3,5/5.
Je pense que pour apprécier cette histoire, il faut en savoir le moins possible à son sujet. Du coup, je ne vous en dirai que peu.
Le dessin de Giulio Macaione est très agréable, ultra-lisible, bien typé dans ses personnages et bien exposé par un découpage classique et élégant.
Les recettes de cuisine qui agrémentent ce récit lui apportent une petite note gastronomique agréable même si peu essentielle au bon déroulé de celui-ci (mais ça participe à l’ambiance).
Le découpage qui alterne les époques peut désarçonner dans un premier temps, mais en fait il est très clair et facile à suivre.
Les personnages sont très forts, à commencer par Maria, la mère de famille au caractère bien trempé qui nous raconte cette histoire depuis son cercueil.
Au plus j’ai avancé dans ce récit, au plus celui-ci m’a captivé.
Si cet album vous tente, je vous conseille de ne pas trop chercher d’avis à gauche et à droite, au risque d’en apprendre peut-être de trop, ce qui vous priverait d’un aspect que j’ai adoré mais qu’il est difficile de garder secret en écrivant un avis.
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Dans la combi de Thomas Pesquet
Ayant plusieurs longues lectures en cours, je publie en attendant un avis sur cette BD qui fut un véritable coup de coeur! Je ne connaissais Marion Montaigne que de nom, et avais déjà pu apercevoir distraitement des bribes de l'adaptation sur Arte de Tu mourras moins bête, et n'en savais pas beaucoup plus. "Dans la combi de Thomas Pesquet" constitue donc ma porte d'entrée dans son univers, qui m'a définitivement conquis autant que monsieur Pesquet ne l'a fait avec l'espace! Tout d'abord, je suis très sensible à la vulgarisation, je trouve que c'est un excellent moyen de faire connaître et d'apprendre un sujet. Seulement il y a ceux qui savent le faire et ceux qui ne savent pas. Et fort heureusement, Marion Montaigne se montre très douée dans l'exercice. Le travail réalisé en amont de la création de cette BD dût être conséquent, et il est évident qu'il a été mené avec sérieux et minutie. Les faits rapportés, mine de rien derrière une façade gaguesque, sont très riches et précis, et j'ai particulièrement apprécié le fait de suivre l'aventure de Thomas étape par étape, ce qui retranscrit bien l'engagement colossal qu'une telle carrière demande, et le niveau d'exigence en tous points. Le récit est bien structuré et l'humour y est, d'après moi, parfaitement dosé, et c'est le prochain point que je souhaiterais aborder. L'humour, donc. J'ai trouvé cette BD à mourir de rire. J'ai rarement ri d'aussi bon coeur devant une bande dessinée, et pourtant celle-ci m'a provoqué un tel effet sur de nombreuses pages. Il ne réside pas seulement dans le texte, mais les dessins, très sommaires, n'en restent pas moins remplis de détails complétant parfaitement l'approche humoristique du sujet, et sont un parfait assaisonnement à des situations hilarantes. J'y ai peut-être été particulièrement réceptif, mais je trouve que l'humour et son utilisation son parfaitement maîtrisés, et arrivent au final à rendre ce voyage spatial passionnant du début jusqu'à la fin. Un très grand plaisir et une lecture que je recommande à tous les amateurs de vulgarisation scientifique, et à tous les curieux!
Valhalla Hotel
Juste wahou cet album ! Ce polar extravagant ne peut que vous étonner ! Ça pulse, c’est original, ça décape et tout ça avec un gros zest d’humour noir et une pincée de suspens. Vous voilà embarqué dans un road movie avec une kyrielle de personnages étonnants. Cela va du délinquant sexuel qui fait office de secrétaire du commissaire de police, à un champion de tennis sur table pressenti pour les prochains jeux olympiques, à une blonde avec des cheveux - je ne vais pas dire platine mais plutôt jaune Ricard - intrigante aux yeux bleus électriques , en passant par une communauté d’anciens nazis, éleveurs de porcs et survitaminés à la musique de Motorhead ! Le programme est alléchant non ? Tous les ingrédients pour un sublime récit sont réunis. Ce premier opus est étincelant. Les actions sont solides et virevoltantes. On se délecte des dialogues délicieux entre les différents protagonistes. Ça fait mouche. Je ne sais pas où vont nous emmener Perna et Bedouel, mais pour le moment je les suis les yeux fermés. L’ambiance glauque et poussiéreuse de Flatstone – sur la route d’Albuquerque – est envoutante et captivante. Une douce folie s’empare de ce bled perdu au milieu de nulle part. Cette trilogie, si elle tient la route jusqu’au bout, va marquer les esprits. Nous ne sommes pas loin d’un film de Tarantino.
Jolies ténèbres
Le titre de cet album est on ne peut plus judicieux, et explicite, tant il réunit les deux « ambiances » vers lesquelles tend l’histoire. En effet, dans une sorte d’oxymore narratif, les auteurs mêlent – quasiment à chaque page – une histoire de conte de fées ou de poupée qui pourrait friser la bluette, à des passages violents, noirs, ceux-ci intervenant de façon abrupte, sans que l’on puisse forcément les voir venir, et sans que cela ne perturbe cette narration fluide et légère. Ces soubresauts, ces hoquets, qui crispent le sourire presque béat de l’intrigue principale (basée sur un fantastique assez doux et classique), apportent presque un aspect comique parfois. Le décalage brutal entre le côté fleur bleue et insouciant de la plupart des personnages, et la disparition brutale de la plupart d’entre eux – mais aussi par rapport à certaines images marquantes, morbides (par exemple la fenêtre qui se révèle être l’orbite vide de l’œil absent d’un cadavre) est original et quelque peu perturbant. Et cela se poursuit jusqu’à la fin qui, toute en sérénité, comme la fin de n’importe quel conte, suit pourtant l’ultime massacre perpétué par l’héroïne qui, par sa naïveté, avait vainement tenté de faire fonctionner le monde hétéroclite créé par les auteurs. Ajoutons que le dessin, lui aussi léger, accentue les deux aspects : de jolies images traversées par des éclairs de cruauté.
Géante - Histoire de celle qui parcourut le monde à la recherche de la liberté
Je lis (en douce) et j'avise cet album juste avant de l'offrir à une jeune fille de 15 ans. Le dessin faussement naïf laisse penser que ce conte est enfantin. Alors, pas tout à fait. D'abord près de 200 pages, ce n'est pas rien, et ensuite l'histoire est dense et riche. Nous suivons l'évolution d'une ''petite'' fille vers son statut de femme et surtout de femme libre. Le parcours de l'héroïne est particulièrement intéressant. Au fur et à mesure de ses apprentissages et de ses expériences, elle s'affirme à la fois par sa forte personnalité mais aussi grâce à des rencontres avec des guides et des initiateurs (-trices) bienveillants. C'est que le monde est difficile pour tous, mais plus encore pour les filles. Oui, le propos est féministe, mais pas dans l'affrontement, juste dans le respect des autres. Dans chaque chapitre elle a à affronter les intolérances diverses, la place de la femme dans l'éducation, dans la vie familiale et la sexualité, les communautés religieuses... Elle remet tout le monde à sa place de façon magistrale. J'ai bien aimé justement son statut de géante qui lui permet de s'imposer sans qu'on lui en conte, à chacun(e) de devenir symboliquement géant(e) à son tour en suivant son exemple d'indépendance d'esprit. J'espère que la jeune fille à qui je le destine comprendra bien le message. J'ai beaucoup apprécié le dessin, même les yeux si stylisés, il sert bien le conte. Et l'édition est superbe avec une couverture des plus réussies. Pour chipoter, deux petits bémols peut-être : une fin un poil trop ''utopique'' mais c'est la suite logique de l'histoire et, ce qui me gêne un peu plus, même si la dénonciation des dogmes religieux est bien présente, il y a (à mon goût) un petit reste de religiosité avec ce ''Haut-puissant'' qui ne semble pas être remis en question.
Dracula (Bess)
Une version de Dracula par Georges Bess qui frappe d'abord par sa beauté graphique. Cela fait maintenant quelque années que je connais ce dessinateur et son trait est d'une finesse, on est impressionné par les heures de travail qui ont du être nécessaires pour toutes ces planches en noir et blanc. Ce gros album est fidèle à l'histoire originale de Bram Stoker. Jonathan Harker se rend en Transylvanie et finit dans les griffes du monstre allant jusqu'à perdre la notion du temps dans un château labyrinthique. Pendant ce temps sa fiancée l'attend à Londres. On ne sera pas trop surpris par l'histoire, mais on savoure près de 200 pages de claque visuelle.
Billy the cat
Bonjour, la BD Billy the cat m'a beaucoup plu. Et je souhaiterais que les auteurs de la BD relancent les aventures de Billy, afin qu'il puisse redevenir un garçon. Par exemple, chez ses parents, en la présence de sa petite soeur Marie et de sa mère, il ferait signe à Marie pour lui dire qu'il voudrait écrire quelque chose. Ainsi il pourrait tout expliquer à sa mère par écrit, et pourrait aussi lui parler d'Icare, qui a la connaissance du langage des animaux. De ce fait, il pourrait être compris par sa famille au lieu d'entendre des miaulements, ce qui pourrait l'aider à redevenir un garçon.
Nous vivons chez nos chats
J’avais la larme à l’œil en tournant les dernières pages de cet album tant celui-ci a réussi à me toucher. Oui, bon, j’avoue que le fait d’éprouver une affection particulièrement forte vis-à-vis des chats a joué dans mon ressenti mais il n’empêche qu’avec sa sincérité, la douceur de son trait, la simplicité des sentiments exprimés et la pudeur des grandes peines évoquées, Eloisa Scichilone (principale instigatrice de ce projet) m’a conquis. J’ai beaucoup aimé l’apparente simplicité du synopsis qui se résume à une journée de vie des auteur.e.s en compagnie de leurs chats mais derrière lequel se cache un éloge à l’esprit de clan face à la perte, à l’échec. Les facéties des chats, leur côté ‘collant’ apportent à la fois de la légèreté au récit mais aussi ce sentiment pour le lecteur d’être les spectateurs d’une tribu solidaire et unie dans laquelle les deux humains sont acceptés, et exploités autant que choyés. L'image de ce cocon chaleureux au coeur de l'hiver est celle qui persiste après lecture... Et ça fait du bien ! J’ai aimé la douceur, l’amour complice, la tendresse qui se dégagent du récit. J’ai aimé la mise en page aérée, les couleurs pastel. J’ai aimé la retenue avec laquelle les peines et difficultés sont évoquées… En fait, j’ai tout aimé ! Alors oui, je pense que cet album doit être réservé aux amoureux des chats mais si c’est votre cas, je suis convaincu que vous allez adorer.
Le Spirou d'Emile Bravo - Le journal d'un ingénu
Un très bon album. Si je ne me trompe pas, c'est l'album qui m'a fait découvrir Émile Bravo et j'ai tout de suite aimé son dessin même si son style se rapproche plus d'un Tintin que d'un Spirou. Le scénario est très mature, probablement l'album le plus 'adulte' de Spirou et pourtant c'est écrit dans un style qui peut plaire à la fois aux jeunes et aux adultes. En tout cas, moi j'ai lu ça la première fois lorsque je terminais mon adolescence et j'ai adoré. La relation entre Spirou et son amie polonaise est très touchante et j'ai bien aimé voir ce qu'un jeune comme Spirou qui ne connait pas grand chose à la vie réagit face aux événements qui vont engendrer la seconde guerre mondiale. Seule ombre au tableau qui fait en sorte que je ne donne pas la note maximal: je n'aime pas du tout le traitement du personnage de Fantasio qui est transformé en crétin. Il était loufoque sous Jijé et dans les premiers Franquin, mais il était sympathique alors qu'ici il est énervant et j'avais envie de le frapper. Et il y a son rôle dans le dénouement que j'ai toujours détesté. Presque un chef d'œuvre pour moi donc.
La Bête est morte
Cela faisait pas mal de temps que cette série me faisait de l’œil. Et j’ai enfin pu la lire, dans la version des Humanos de 1977. J’en ressors avec un avis un chouia mitigé. Essentiellement à cause des textes, surabondants, ce qui alourdit un peu la lecture (d’autant plus que ce texte est très dense, peu aéré et avec une taille de police petite), même si ce travers s’explique en partie par l’époque de création. Pour la même raison, ce texte est généralement placé aux abords des « cases, en voix off. Texte qui se veut exhaustif, mais qui reste quand même partial – écrit alors que les braises étaient encore vives, ce qui donne une vision manichéenne proche de la propagande (avec aussi des choix d’animaux pour représenter les protagonistes qui ne sont pas neutres) – sans y tomber complètement. Il faut quand même reconnaitre un matériau presque trop riche pour être contenu dans ces pages, et pourtant on a ici une vision des combats, de certains personnages qui vont intéresser les amateurs de la seconde guerre mondiale. Mais c’est clairement dans ce domaine que le bât blesse, le texte étant parfois indigeste, et aussi daté, naïf parfois. Par contre, vu le contexte et la période de création (incertitudes de l’occupation et immédiat après-guerre), il est normal que les camps de la mort ne soient pas mis en avant (il faudra attendre la fin des années 1950 pour qu’on les distingue réellement des camps de concentration), et que cela soit centré sur l’Europe (avec la situation française mise en avant – voir la page douloureuse évoquant la tragédie d'Oradour-sur-Glane), on ne peut faire de reproches anachroniques à Dancette. On pourrait presque ne voir là qu’un beau livre illustré sur la guerre, à la limite de la BD. Mais quelle illustration ! C’est ce domaine qui m’a marqué (comme beaucoup de lecteurs j’imagine), et explique mon coup de cœur, et c’est aussi ce qui me fait arrondir aux quatre étoiles. En effet, Calvo, malgré le texte abondant, réussit à faire une place à son dessin. Et quel dessin ! Là, c’est bien simple, c’est aussi daté, mais c’est justement cet aspect presque désuet, rétro qui m’a plu. En effet, j’adore les cartoons des années 30 aux années 50, et Calvo a développé ici un style qui en est très proche. On pense évidemment au style de certains dessins animés de Disney, et surtout au « Blitz Wolf » du génial (pas forcément ici d’ailleurs) Tex Avery (lui-même parodiant Disney). Et là c’est franchement très bon et très beau ! Calvo s’en donne à cœur-joie, usant parfois de pleines pages (fourmillant souvent de détails), jouant aussi avec la mise en page (de nombreux médaillons aérant la lecture et diversifiant les points de vue, certains dessins sortant parfois du cadre des cases, comme le faisaient certains cartoons d’Avery ou de Chuck Jones). On pourrait presque ne lire l’histoire qu’avec les illustrations de Calvo ! C’est en tout cas à lire au moins une fois dans sa vie ! Note réelle 3,5/5.
Basilicò
Je pense que pour apprécier cette histoire, il faut en savoir le moins possible à son sujet. Du coup, je ne vous en dirai que peu. Le dessin de Giulio Macaione est très agréable, ultra-lisible, bien typé dans ses personnages et bien exposé par un découpage classique et élégant. Les recettes de cuisine qui agrémentent ce récit lui apportent une petite note gastronomique agréable même si peu essentielle au bon déroulé de celui-ci (mais ça participe à l’ambiance). Le découpage qui alterne les époques peut désarçonner dans un premier temps, mais en fait il est très clair et facile à suivre. Les personnages sont très forts, à commencer par Maria, la mère de famille au caractère bien trempé qui nous raconte cette histoire depuis son cercueil. Au plus j’ai avancé dans ce récit, au plus celui-ci m’a captivé. Si cet album vous tente, je vous conseille de ne pas trop chercher d’avis à gauche et à droite, au risque d’en apprendre peut-être de trop, ce qui vous priverait d’un aspect que j’ai adoré mais qu’il est difficile de garder secret en écrivant un avis.