Un deuxième uppercut au foie en moins d'une semaine après Aliss, ici ni sexe, ni drogue, mais du fantastique horrifique avec un zeste de western.
Un récit basé sur des faits réels, Sarah Winchester perd sa fille unique, Annie, puis hérite à la mort de son mari, William, de cinquante pour cent des parts de la Winchester Repeating Arms Company. Elle tombe dans la dépression et se sent traquée par les personnes tuées par les carabines Winchester. Elle fera construire une maison, pendant 38 années consécutives et 24 heures sur 24, en Californie, pour elle et les fantômes. Une maison qui ne cessera de s'agrandir avec des escaliers et des couloirs qui ne mènent nulle part, des portes qui s'ouvrent sur le vide.
La maison existe toujours et peut se visiter, elle se situe à San José, elle est considérée comme hantée.
Voici le terreau sur lequel ce récit prend forme et qui mélange subtilement réalité, fiction et fantastique, et quoi de mieux que ces quelques mots de Sarah pour commencer : "Ce qui n'a aucun sens, c'est que tu t'obstines à prendre le parti d'une firme qui fabrique en masse des fantômes qui viennent me hanter et m'empêchent de conduire William et Annie jusqu'à leur repos éternel. Et cela je le prends très personnellement."
L'action se situe en 1905, Sarah fait travailler ses ouvriers en 3x8, elle a un besoin irrationnel d'entendre le bruit des marteaux à chaque instant. Tous les ouvriers sont d'anciens criminels, ils sont là pour faire pénitence. Fusils et revolvers sont interdits sur la propriété.
Un jour, arrive Warren Peck, un cowboy tout aussi abîmé, et celui-ci va prendre une place importante dans la vie de Sarah, ils vont tenter de se sauver mutuellement. Une histoire triste et émouvante avec la culpabilité et les armes à feu en caisse de résonance.
La narration fluide et maîtrisée de Tomasi fait monter crescendo la tension et visite merveilleusement bien la psyché tourmentée de Sarah. Des personnages complexes qui, malgré leurs défauts, restent attachants. Un sacré tour de force.
Je découvre Ian Bertram et là c'est le choc, la partie graphique est monumentale dans un style semi-réaliste qui rappelle un peu Moebius, François Bourgeon et Charles Burns, mais avec une patte bien personnelle. Un trait fin, précis, détaillé, dynamique et sale par moment qui donne une texture au dessin, j'en suis tombé amoureux. J'ai adoré la façon dont il représente la folie dès qu'elle apparaît avec ces espèces de tentacules qui sortent de partout. Mais ce qui m'a le plus marqué, c'est le regard des personnages, ils sont si expressifs qu'on en devine leurs émotions.
Quelle maestria dans la mise en page, elle est tantôt intimiste, tantôt extravagante avec toujours des cadrages qui font mouches.
J'en reste scotché sur ma chaise.
Un petit mot sur la colorisation de Dave Stewart, elle est superbe et apporte une intensité émotionnelle supplémentaire au récit.
Un trio d'auteurs qui réalisent un petit bijou dans un genre que j'affectionne.
J'ai longtemps hésité avec un 5 étoiles, peut-être lors d'une prochaine lecture.
Ha ben voilà un titre qui m'a littéralement subjugué.
Tout est bien : le dessin hyper expressif de Guibert, dans un registre un peu différent de ce qu'il propose habituellement, les dialogues décalés et souvent fendards, et le scénar qui nous immerge dans la Judée antique.
Cette histoire de gamin qui s'acoquine avec une bande de bras cassés de divers horizons afin de retrouver son père tient bien la route. Sfar et Guibert nous gratifient d'une jolie et truculente quête initiatique. De la part de Sfar, on aurait pu craindre une énième soupe spirituelle autour de la judéité, mais non. Ca c'était avant que notre homme se mette à tourner en rond autour de ses problèmes d'appartenance religieuse (le Chat du rabbin, pffff !... 4 tomes en trop, facile). Est-ce le fait que la série ne soit pas terminée, seul élément regrettable ? Parce que ça, faut l'admettre, ça fait vraiment chrique de savoir qu'on ne verra jamais la fin de ce projet abandonné en cours de route.
Est-ce d'ailleurs ce qui la rend culte à mes yeux ? Peut-être bien. En tout cas, c'est une BD que j'ai relue souvent et à chaque fois avec le même plaisir jubilatoire.
3.5
Je vois qu'un second album est sorti récemment. Franchement, je ne suis pas certain que j'ai envie de le lire. Ce premier tome se suffit à lui-même et je l'ai trouvé tellement bon que j'ai peur d'être déçu.
En dehors d'une fin un peu abrupte, tout dans le scénario m'a plus: les personnages sont attachants, les dialogues sont savoureux, le récit est captivant et le dessin est excellent. Au fil des pages, je me suis aperçu à quel point le scénario était bien construit et il y a des surprises. J'ai aussi aimé que ce ne soit pas manichéen, l'auteur ne tombe pas dans la facilité comme le ferait d'autres scénaristes qui se contenterait d'une simple histoire banale du genre 'le maire est un gros méchant qui fait rien que vouloir exproprier une grand-mère pour le pognon'. Ici, le maire pense à la sécurité de la vieille (et pas construire quelque chose pour une fois) et si la vieille semble folle au début de rester dans sa maison, on va s'apercevoir qu'elle n'ait pas aussi folle qu'elle en a l'air.
Je sais pas ce que vaut le deuxième tome qui semble être aussi un récit indépendant, mais ce premier tome est vraiment très bon !
Je connaissais peu le travail de Duhamel et après avoir lu trois albums de lui en un après-midi, j'ai bien envie de lire tout ce que je n'ai pas lu de lui !
Le dessin m'a vraiment bluffé. C'est le style comique-réaliste (ou peu importe comment ça s'appelle) que j'aime. Dynamique, lisible et fluide. Le scénario est très bien construit. Un artiste riche et controversé est retrouvé mort et au cours de l'enquête on va apprendre sa vie à coup de flashbacks. Le coup de génie est de faire du protagoniste principal un personnage complexe qui a peut-être des bonnes intentions au départ, mais qui au fond ne semble pas si différent des gens qu'il combat. Surtout, le scénariste ne prend pas un ton moraliste et laisse le lecteur jugé si l'artiste a fait plus de bien que de mal ou l'inverse dans son ile.
Certes, certains éléments du scénario sont un peu trop survolé (il y a de la corruption, mais ça parait pas vraiment), mais j'ai trouvé le personnage principal tellement fascinant que j'ai l'album d'une traite. Un scénario intelligent, qui brasse plusieurs thèmes et qui est captivant à lire.
J'ai adoré cette lecture je l'ai lue à l'école primaire et ma petite sœur a la même maîtresse donc elle aussi l'a lue et bien sûr je m'y suis replongé ?! Ce livre fût une vraie belle et incroyable découverte, je la recommande à tous ceux qui aiment les contes de frères Grimm et la mythologie plus ou moins...
Bonne lecture!
J'ai découvert Miguel Vila avec Padovaland, chronique acide d'une jeunesse perdue quelque part entre la banlieue padouane et la modernité qui caractérise désormais massivement les relations numériques, plus tout à fait humaines. L'auteur revient avec Fleur de lait, nouvelle fenêtre ouverte sur le jardin obscur de cette nouvelle génération de Digital Native. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il frappe dur.
Si Padovaland était une sorte de récit choral, Fleur de lait recentre son propos autour d'un trio déglingué dont on suit le parcours hasardeux : Marco et Stella, jeune couple peinant à sortir de l'adolescence, et Ludovica, jeune maman larguée au jeu trouble.
Graphiquement, c'est toujours aussi pertinent. Dans un style qui n'appartient qu'à lui, Vila éclate encore davantage ses cases façon puzzle. Les actions des personnages sont disséquées, étalées sous nos yeux un peu effarés. Des gros plans ingrats sur des visages qui ne le sont pas moins, des parties du corps disgracieuses, honteuses, graisseuses, parfois inopinément poilues, insistent sur la perversité des personnages que l'on peine à appeler héros, accentuant encore cette impression de pénétrer dans leur sphère intime. Vila capte des comportements apparemment anodins qu'il taraude afin d'enfoncer la vis. Tout cela fonctionne très très bien.
Mais sont-ce mes yeux qui vieillissent ou bien les cases qui rétrécissent ? Sans doute les deux mon général ! En effet, l'auteur incère des cases parfois microscopiques. Du coup, la lisibilité s'en ressent, en particulier lorsqu'il y a des dialogues, ce qui me rappelle que je dois prendre rendez-vous chez l'ophtalmo de toute urgence...
(Au passage, j'ai trouvé amusant de croiser un personnage déjà présent dans Padovaland, en l'occurrence cette fille en vélo qui manque ici de se faire renverser par Marco alors qu'il suit une leçon de conduite).
Cela étant, le récit coule tout seul et avale la poussière qui se cache sous le tapis. A mesure que l'on progresse dans la lecture, la perversité se révèle. C'est particulièrement frappant avec le personnage de Ludovica qui a l'insigne honneur de figurer en couverture. Car c'est bien elle qui est la cheville de cette histoire. Jusqu'à la fin ou presque, le lecteur nourrit une sympathie certaine pour elle, sympathie qui fleurte avec la pitié. Et cette presque fin est d'ailleurs un passage magnifique où l'auteur semble enfin lever le voile sur la fragilité de Marco et Lulu. Jusque là, Lulu semblait en effet subir la vie qui, en contrepartie, ne se gênait pas pour la cogner de toutes ses forces, à commencer par un physique qui n'est pas vraiment celui d'une nymphe. Oui, pauvre fille égarée que cette jeune maman. Mais, ATTENTION SPOIL !!!! Les trois ou quatre dernières pages se chargent de renverser totalement la vapeur. Le piège s'est refermé sur le lecteur, et ça fait boom dans sa tête. Dans ma tête de pinpin naïf, ça l'a fait en tout cas, "boom !", très fort, très très fort. Fin puissante qui dit beaucoup sur les comportements de nos contemporains, noyés dans cette inconsistante civilisation du numérique, aux prises avec l'égoïsme, le chacun pour soi. Qui dit beaucoup également sur le règne sans partage du néolibéralisme. Car c'est bien cela qui ressort avec puissance de la vision de Vila : il ne fait que portrai(tor)turer cette génération sacrifiée, la première à naitre sous influence 2.0.
Je terminerai en évoquant cette remarque qu'a lâchée ma compagne en feuilletant Fleur de lait : "Beurk ! Qu'est-ce que c'est laid !" (lait/laid). Oui, c'est laid ; ce que nous donne à voir Miguel Vila est laid, mais c'est bien parce que ce qui sous-tend l'idéologie qui nous pousse dans le gouffre virtuel l'est (lait/laid/l'est) tout autant, diluant à la fois nos responsabilité et notre dignité. Tout se passe comme si sous une impunité toute apparente, nous étions à notre insu privés de nos retenues morales. En ce qui me concerne, je pense que l'auteur cherche, consciemment ou non, à mesurer l'écart qui se creuse entre ce que nous fûmes en tant qu'êtres humains et ce qui nous attend si nous persévérons dans cette voie désespérée et désespérante. En s'attaquant à Fleur de lait, il ne faut pas s'y tromper : ce nom innocent renvoyant à la maternité tout comme cette couverture immaculée dissimulent un récit noir d'encre qui nous saisit des deux côtés. Boom !
Enorme coup de cœur pour cet album !
La Méduse est un pur roman graphique dans lequel nous allons suivre une jeune libraire. Une femme toute simple, avec ses petits problèmes, des parents un peu trop intrusifs, un nouveau flirt en conflit avec son père, le quotidien de la librairie et des demandes des clients, les sorties avec les amis… Mais surtout, Odette -car c’est son prénom- a une méduse dans l’œil, une tache persistante qui l’accompagne au quotidien.
On sent que l’autrice a mis beaucoup d’elle-même dans ce récit. Il transpire d’authenticité et déborde d’émotions sans jamais sombrer dans le pathos. J’ai vraiment été embarqué par cette histoire, me sentant très proche du personnage central, partageant ses craintes, ses peurs, sa rage.
La mise en page est exemplaire. La lecture est on ne peut plus fluide. Les dernières pages (pour la plupart muettes) se lisent très vite mais elles en disent tellement que je finis cette lecture véritablement ému. Le dessin est à la hauteur du récit, rond, simple d’aspect, épuré. Il apporte beaucoup sans jamais trop en faire.
Vraiment, j’ai adoré.
C'est le scénariste, Pierrick Starsky, qui a attiré mon attention sur ce one shot, en m'indiquant que ça pourrait bien me plaire...
Et il a eu raison, le bougre ! Les aventures de Chevrotine et de sa marmaille se déroulent dans un univers très proche du nôtre, un brin rétrofuturiste, avec des personnages un brin déviants, et des situations où le grotesque et le subtil s'équilibrent curieusement. J'ai passé l'album en me demandant ce qu'il allait se passer, et à chaque fois j'ai été surpris. De manière positive ou négative, mais surpris. Et c'est le caractère principal de cette BD : elle ne va pas du tout où on pense.
Sorcières, anthropophagie, amour libre, motos volantes, paradoxes temporels... Il y a tellement d'éléments fascinants qu'on pourrait avoir peur d'être submergé, mais non, ça coule bien. En plus le dessin de Nicolas Gaignard, que je découvre pour l'occasion, est vraiment sympa, dans un style réaliste mâtiné de ligne claire, mais avec un dynamisme assez fou, et une mise en couleurs très discrète. C'est une BD qui mérite une deuxième lecture peu après la première, tant on a l'impression d'avoir loupé des trucs, tant elle est foisonnante...
Intrigante, oui, c'est cela.
Je ne connaissais pas cette œuvre pourtant classée dans les cent meilleurs romans de langue anglaise. Et j’avoue, à ma grande honte, que je n’avais jamais entendu parler de cet auteur, Kurt Vonnegut.. Ignorance désormais réparée, surtout que je vais de ce pas me procurer l’oeuvre originale.
Notre héros Billy Pilgrim est enlevé par les extra-terrestres pour servir d’animal de zoo sur la planète Tralfamadore. Et ils ne voient pas le temps comme les terriens, mais peuvent aller et venir en vivant tous les moments passés ou futurs en même temps. Et depuis, Billy peut également tout vivre en même temps. Et nous voyageons donc avec lui à différents moments de sa vie. C’est donc un récit de science-fiction.
Mis à part son « emploi » au zoo tralfamadorien, Billy est quelqu’un d’à priori très ordinaire. Orthoptiste, marié heureux en ménage et papa, un peu sénile et materné par sa fille dans les épisodes où il a vieilli.
Oui, mais voilà, il vit en même temps sa jeunesse, et là on change d’univers. Billy s’est engagé sur le front de la deuxième guerre mondiale, envoyé en 44 sur la bataille des Ardennes, fait prisonnier par l’armée allemande et déporté pour travailler dans l’abattoir numéro 5 de Dresde…. Et Dresde est bombardée par les alliés ! Ville dévastée. Dans l’abattoir, Billy fait partie des quelques survivants…
Ce n’est plus de la science fiction, c’est réel bien sûr, c’est ce qu’a vécu Kurt Vonnegut. Il s’y met en scène d’ailleurs, en tant que co-prisonnier avec son héros Billy, à la manière d’un Hitchcock faisant de la figuration dans ses propres films.
Même si comme je l’ai dit je n’ai pas lu ce roman, je comprends que les auteurs aient eu à coeur de le transcrire en bande dessinée. Science-fiction, récit de guerre, souvenirs, surtout réflexion sur l’absurdité, de la guerre, de la connerie, de la violence larvée dans l’esprit d’humains débiles, de l’absurdité de tout ça.
C’est bien fait. Les auteurs nous offrent le tour de force de ne pas nous perdre dans les époques du récit, pourtant sacrément non linéaire, et pour cause. Et les « passages » temporels sont particulièrement bien construits, dans une espèce de continuité de mise en scène, très réussis. Le dessin s’avère très efficace. Les décors sont peu présents mais ce n’est pas le propos. Ce sont les personnages, leur caractère qui importe, même si toute l’ambiance est emprunte d’un certain fatalisme, tout cela est bel et bien rendu. Et c’est en plus ce fatalisme qui imprègne les dialogues de pointes d’humour, même dans les pires moments.
Ah j’oubliais le titre, Abattoir 5 on devine… et croisade des enfants pour l’âge de ces soldats qu’on envoie au front.
Je suis contente d’avoir découvert cette œuvre.
Et je recommande. Chaudement.
C’est en passant devant le stand des « Bulles dans l’océan » au festival d’Angoulême que j’ai rencontré Dwa… Il me présenta ce qu’il faisait et j’ai eu un gros coup de cœur sur ses réalisations. Dwa est à la fois un auteur de bandes dessinées et un carnettiste. C’est ce dernier aspect qui m’a tout de suite tapé dans l’œil car je fais également des sketches.
Et il a un sacré talent ce malgache ! Il m’a montré son carnet de voyages actuel et ce fut une vraie claque de voir ses magnifiques croquis faits avec grand soin, sans crayonnés, directement au stylo plume rehaussé par une mise en couleurs extra ! Sans compter qu’il conçoit lui-même ses carnets (reliure, choix du papier…) qu’il revend à des passionnés… Trop fort ce mec !
Du coup, j’ai acheté ses deux bandes dessinées « Back to Al Bak » et « Un Gasy à Paris » qu’il me dédicaça.
« Un Gasy à Paris » est donc un mixte entre la bande dessinée et le carnet de voyages. Dwa y raconte sa première venue en Europe suite à sa réussite à un concours d’art contemporain en 2018. Il restera 3 mois à Paris à la Cité des Arts où il découvrira des nouvelles techniques de dessin, exposera ses œuvres sur place et rencontrera de nombreux artistes (surtout des urban sketchers).
C’est cette expérience à Paris que l’auteur nous fera partager à travers ses anecdotes, son regard de malgache découvrant le quotidien des européens… J’ai trouvé son regard intéressant et j’ai été touché par la reconnaissance de Dwa envers tous ceux qui lui ont permis de vivre ce périple.
Son album se lit très bien malgré la présence de longs textes, on est vraiment dans un mixte carnet de voyages/ romans/ bande dessinée… Cela peut rebuter certains lecteurs mais personnellement, j’ai eu énormément de plaisir à lire ce récit d’autant plus que, je le répète encore, Dwa a un sacré coup de patte ! C’est exactement le genre de livre que je refeuilletterai à maintes reprises rien que pour admirer les dessins !
Je ressors donc de ce feuilletage admiratif devant l’excellente qualité graphique de l’album, c’est comme si Dwa m’avait pris la main pour m’emmener calmement à travers ses péripéties quotidiennes.
Une lecture reposante dotée de magnifiques croquis, voilà ce que je retiens de « Un Gasy à Paris ».
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Dans l'antre de la pénitence
Un deuxième uppercut au foie en moins d'une semaine après Aliss, ici ni sexe, ni drogue, mais du fantastique horrifique avec un zeste de western. Un récit basé sur des faits réels, Sarah Winchester perd sa fille unique, Annie, puis hérite à la mort de son mari, William, de cinquante pour cent des parts de la Winchester Repeating Arms Company. Elle tombe dans la dépression et se sent traquée par les personnes tuées par les carabines Winchester. Elle fera construire une maison, pendant 38 années consécutives et 24 heures sur 24, en Californie, pour elle et les fantômes. Une maison qui ne cessera de s'agrandir avec des escaliers et des couloirs qui ne mènent nulle part, des portes qui s'ouvrent sur le vide. La maison existe toujours et peut se visiter, elle se situe à San José, elle est considérée comme hantée. Voici le terreau sur lequel ce récit prend forme et qui mélange subtilement réalité, fiction et fantastique, et quoi de mieux que ces quelques mots de Sarah pour commencer : "Ce qui n'a aucun sens, c'est que tu t'obstines à prendre le parti d'une firme qui fabrique en masse des fantômes qui viennent me hanter et m'empêchent de conduire William et Annie jusqu'à leur repos éternel. Et cela je le prends très personnellement." L'action se situe en 1905, Sarah fait travailler ses ouvriers en 3x8, elle a un besoin irrationnel d'entendre le bruit des marteaux à chaque instant. Tous les ouvriers sont d'anciens criminels, ils sont là pour faire pénitence. Fusils et revolvers sont interdits sur la propriété. Un jour, arrive Warren Peck, un cowboy tout aussi abîmé, et celui-ci va prendre une place importante dans la vie de Sarah, ils vont tenter de se sauver mutuellement. Une histoire triste et émouvante avec la culpabilité et les armes à feu en caisse de résonance. La narration fluide et maîtrisée de Tomasi fait monter crescendo la tension et visite merveilleusement bien la psyché tourmentée de Sarah. Des personnages complexes qui, malgré leurs défauts, restent attachants. Un sacré tour de force. Je découvre Ian Bertram et là c'est le choc, la partie graphique est monumentale dans un style semi-réaliste qui rappelle un peu Moebius, François Bourgeon et Charles Burns, mais avec une patte bien personnelle. Un trait fin, précis, détaillé, dynamique et sale par moment qui donne une texture au dessin, j'en suis tombé amoureux. J'ai adoré la façon dont il représente la folie dès qu'elle apparaît avec ces espèces de tentacules qui sortent de partout. Mais ce qui m'a le plus marqué, c'est le regard des personnages, ils sont si expressifs qu'on en devine leurs émotions. Quelle maestria dans la mise en page, elle est tantôt intimiste, tantôt extravagante avec toujours des cadrages qui font mouches. J'en reste scotché sur ma chaise. Un petit mot sur la colorisation de Dave Stewart, elle est superbe et apporte une intensité émotionnelle supplémentaire au récit. Un trio d'auteurs qui réalisent un petit bijou dans un genre que j'affectionne. J'ai longtemps hésité avec un 5 étoiles, peut-être lors d'une prochaine lecture.
Les Olives noires
Ha ben voilà un titre qui m'a littéralement subjugué. Tout est bien : le dessin hyper expressif de Guibert, dans un registre un peu différent de ce qu'il propose habituellement, les dialogues décalés et souvent fendards, et le scénar qui nous immerge dans la Judée antique. Cette histoire de gamin qui s'acoquine avec une bande de bras cassés de divers horizons afin de retrouver son père tient bien la route. Sfar et Guibert nous gratifient d'une jolie et truculente quête initiatique. De la part de Sfar, on aurait pu craindre une énième soupe spirituelle autour de la judéité, mais non. Ca c'était avant que notre homme se mette à tourner en rond autour de ses problèmes d'appartenance religieuse (le Chat du rabbin, pffff !... 4 tomes en trop, facile). Est-ce le fait que la série ne soit pas terminée, seul élément regrettable ? Parce que ça, faut l'admettre, ça fait vraiment chrique de savoir qu'on ne verra jamais la fin de ce projet abandonné en cours de route. Est-ce d'ailleurs ce qui la rend culte à mes yeux ? Peut-être bien. En tout cas, c'est une BD que j'ai relue souvent et à chaque fois avec le même plaisir jubilatoire.
Jamais
3.5 Je vois qu'un second album est sorti récemment. Franchement, je ne suis pas certain que j'ai envie de le lire. Ce premier tome se suffit à lui-même et je l'ai trouvé tellement bon que j'ai peur d'être déçu. En dehors d'une fin un peu abrupte, tout dans le scénario m'a plus: les personnages sont attachants, les dialogues sont savoureux, le récit est captivant et le dessin est excellent. Au fil des pages, je me suis aperçu à quel point le scénario était bien construit et il y a des surprises. J'ai aussi aimé que ce ne soit pas manichéen, l'auteur ne tombe pas dans la facilité comme le ferait d'autres scénaristes qui se contenterait d'une simple histoire banale du genre 'le maire est un gros méchant qui fait rien que vouloir exproprier une grand-mère pour le pognon'. Ici, le maire pense à la sécurité de la vieille (et pas construire quelque chose pour une fois) et si la vieille semble folle au début de rester dans sa maison, on va s'apercevoir qu'elle n'ait pas aussi folle qu'elle en a l'air. Je sais pas ce que vaut le deuxième tome qui semble être aussi un récit indépendant, mais ce premier tome est vraiment très bon !
Le Retour
Je connaissais peu le travail de Duhamel et après avoir lu trois albums de lui en un après-midi, j'ai bien envie de lire tout ce que je n'ai pas lu de lui ! Le dessin m'a vraiment bluffé. C'est le style comique-réaliste (ou peu importe comment ça s'appelle) que j'aime. Dynamique, lisible et fluide. Le scénario est très bien construit. Un artiste riche et controversé est retrouvé mort et au cours de l'enquête on va apprendre sa vie à coup de flashbacks. Le coup de génie est de faire du protagoniste principal un personnage complexe qui a peut-être des bonnes intentions au départ, mais qui au fond ne semble pas si différent des gens qu'il combat. Surtout, le scénariste ne prend pas un ton moraliste et laisse le lecteur jugé si l'artiste a fait plus de bien que de mal ou l'inverse dans son ile. Certes, certains éléments du scénario sont un peu trop survolé (il y a de la corruption, mais ça parait pas vraiment), mais j'ai trouvé le personnage principal tellement fascinant que j'ai l'album d'une traite. Un scénario intelligent, qui brasse plusieurs thèmes et qui est captivant à lire.
Le Diable aux trois cheveux d'or
J'ai adoré cette lecture je l'ai lue à l'école primaire et ma petite sœur a la même maîtresse donc elle aussi l'a lue et bien sûr je m'y suis replongé ?! Ce livre fût une vraie belle et incroyable découverte, je la recommande à tous ceux qui aiment les contes de frères Grimm et la mythologie plus ou moins... Bonne lecture!
Fleur de lait
J'ai découvert Miguel Vila avec Padovaland, chronique acide d'une jeunesse perdue quelque part entre la banlieue padouane et la modernité qui caractérise désormais massivement les relations numériques, plus tout à fait humaines. L'auteur revient avec Fleur de lait, nouvelle fenêtre ouverte sur le jardin obscur de cette nouvelle génération de Digital Native. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il frappe dur. Si Padovaland était une sorte de récit choral, Fleur de lait recentre son propos autour d'un trio déglingué dont on suit le parcours hasardeux : Marco et Stella, jeune couple peinant à sortir de l'adolescence, et Ludovica, jeune maman larguée au jeu trouble. Graphiquement, c'est toujours aussi pertinent. Dans un style qui n'appartient qu'à lui, Vila éclate encore davantage ses cases façon puzzle. Les actions des personnages sont disséquées, étalées sous nos yeux un peu effarés. Des gros plans ingrats sur des visages qui ne le sont pas moins, des parties du corps disgracieuses, honteuses, graisseuses, parfois inopinément poilues, insistent sur la perversité des personnages que l'on peine à appeler héros, accentuant encore cette impression de pénétrer dans leur sphère intime. Vila capte des comportements apparemment anodins qu'il taraude afin d'enfoncer la vis. Tout cela fonctionne très très bien. Mais sont-ce mes yeux qui vieillissent ou bien les cases qui rétrécissent ? Sans doute les deux mon général ! En effet, l'auteur incère des cases parfois microscopiques. Du coup, la lisibilité s'en ressent, en particulier lorsqu'il y a des dialogues, ce qui me rappelle que je dois prendre rendez-vous chez l'ophtalmo de toute urgence... (Au passage, j'ai trouvé amusant de croiser un personnage déjà présent dans Padovaland, en l'occurrence cette fille en vélo qui manque ici de se faire renverser par Marco alors qu'il suit une leçon de conduite). Cela étant, le récit coule tout seul et avale la poussière qui se cache sous le tapis. A mesure que l'on progresse dans la lecture, la perversité se révèle. C'est particulièrement frappant avec le personnage de Ludovica qui a l'insigne honneur de figurer en couverture. Car c'est bien elle qui est la cheville de cette histoire. Jusqu'à la fin ou presque, le lecteur nourrit une sympathie certaine pour elle, sympathie qui fleurte avec la pitié. Et cette presque fin est d'ailleurs un passage magnifique où l'auteur semble enfin lever le voile sur la fragilité de Marco et Lulu. Jusque là, Lulu semblait en effet subir la vie qui, en contrepartie, ne se gênait pas pour la cogner de toutes ses forces, à commencer par un physique qui n'est pas vraiment celui d'une nymphe. Oui, pauvre fille égarée que cette jeune maman. Mais, ATTENTION SPOIL !!!! Les trois ou quatre dernières pages se chargent de renverser totalement la vapeur. Le piège s'est refermé sur le lecteur, et ça fait boom dans sa tête. Dans ma tête de pinpin naïf, ça l'a fait en tout cas, "boom !", très fort, très très fort. Fin puissante qui dit beaucoup sur les comportements de nos contemporains, noyés dans cette inconsistante civilisation du numérique, aux prises avec l'égoïsme, le chacun pour soi. Qui dit beaucoup également sur le règne sans partage du néolibéralisme. Car c'est bien cela qui ressort avec puissance de la vision de Vila : il ne fait que portrai(tor)turer cette génération sacrifiée, la première à naitre sous influence 2.0. Je terminerai en évoquant cette remarque qu'a lâchée ma compagne en feuilletant Fleur de lait : "Beurk ! Qu'est-ce que c'est laid !" (lait/laid). Oui, c'est laid ; ce que nous donne à voir Miguel Vila est laid, mais c'est bien parce que ce qui sous-tend l'idéologie qui nous pousse dans le gouffre virtuel l'est (lait/laid/l'est) tout autant, diluant à la fois nos responsabilité et notre dignité. Tout se passe comme si sous une impunité toute apparente, nous étions à notre insu privés de nos retenues morales. En ce qui me concerne, je pense que l'auteur cherche, consciemment ou non, à mesurer l'écart qui se creuse entre ce que nous fûmes en tant qu'êtres humains et ce qui nous attend si nous persévérons dans cette voie désespérée et désespérante. En s'attaquant à Fleur de lait, il ne faut pas s'y tromper : ce nom innocent renvoyant à la maternité tout comme cette couverture immaculée dissimulent un récit noir d'encre qui nous saisit des deux côtés. Boom !
La Méduse
Enorme coup de cœur pour cet album ! La Méduse est un pur roman graphique dans lequel nous allons suivre une jeune libraire. Une femme toute simple, avec ses petits problèmes, des parents un peu trop intrusifs, un nouveau flirt en conflit avec son père, le quotidien de la librairie et des demandes des clients, les sorties avec les amis… Mais surtout, Odette -car c’est son prénom- a une méduse dans l’œil, une tache persistante qui l’accompagne au quotidien. On sent que l’autrice a mis beaucoup d’elle-même dans ce récit. Il transpire d’authenticité et déborde d’émotions sans jamais sombrer dans le pathos. J’ai vraiment été embarqué par cette histoire, me sentant très proche du personnage central, partageant ses craintes, ses peurs, sa rage. La mise en page est exemplaire. La lecture est on ne peut plus fluide. Les dernières pages (pour la plupart muettes) se lisent très vite mais elles en disent tellement que je finis cette lecture véritablement ému. Le dessin est à la hauteur du récit, rond, simple d’aspect, épuré. Il apporte beaucoup sans jamais trop en faire. Vraiment, j’ai adoré.
Chevrotine
C'est le scénariste, Pierrick Starsky, qui a attiré mon attention sur ce one shot, en m'indiquant que ça pourrait bien me plaire... Et il a eu raison, le bougre ! Les aventures de Chevrotine et de sa marmaille se déroulent dans un univers très proche du nôtre, un brin rétrofuturiste, avec des personnages un brin déviants, et des situations où le grotesque et le subtil s'équilibrent curieusement. J'ai passé l'album en me demandant ce qu'il allait se passer, et à chaque fois j'ai été surpris. De manière positive ou négative, mais surpris. Et c'est le caractère principal de cette BD : elle ne va pas du tout où on pense. Sorcières, anthropophagie, amour libre, motos volantes, paradoxes temporels... Il y a tellement d'éléments fascinants qu'on pourrait avoir peur d'être submergé, mais non, ça coule bien. En plus le dessin de Nicolas Gaignard, que je découvre pour l'occasion, est vraiment sympa, dans un style réaliste mâtiné de ligne claire, mais avec un dynamisme assez fou, et une mise en couleurs très discrète. C'est une BD qui mérite une deuxième lecture peu après la première, tant on a l'impression d'avoir loupé des trucs, tant elle est foisonnante... Intrigante, oui, c'est cela.
Abattoir 5 ou la croisade des enfants
Je ne connaissais pas cette œuvre pourtant classée dans les cent meilleurs romans de langue anglaise. Et j’avoue, à ma grande honte, que je n’avais jamais entendu parler de cet auteur, Kurt Vonnegut.. Ignorance désormais réparée, surtout que je vais de ce pas me procurer l’oeuvre originale. Notre héros Billy Pilgrim est enlevé par les extra-terrestres pour servir d’animal de zoo sur la planète Tralfamadore. Et ils ne voient pas le temps comme les terriens, mais peuvent aller et venir en vivant tous les moments passés ou futurs en même temps. Et depuis, Billy peut également tout vivre en même temps. Et nous voyageons donc avec lui à différents moments de sa vie. C’est donc un récit de science-fiction. Mis à part son « emploi » au zoo tralfamadorien, Billy est quelqu’un d’à priori très ordinaire. Orthoptiste, marié heureux en ménage et papa, un peu sénile et materné par sa fille dans les épisodes où il a vieilli. Oui, mais voilà, il vit en même temps sa jeunesse, et là on change d’univers. Billy s’est engagé sur le front de la deuxième guerre mondiale, envoyé en 44 sur la bataille des Ardennes, fait prisonnier par l’armée allemande et déporté pour travailler dans l’abattoir numéro 5 de Dresde…. Et Dresde est bombardée par les alliés ! Ville dévastée. Dans l’abattoir, Billy fait partie des quelques survivants… Ce n’est plus de la science fiction, c’est réel bien sûr, c’est ce qu’a vécu Kurt Vonnegut. Il s’y met en scène d’ailleurs, en tant que co-prisonnier avec son héros Billy, à la manière d’un Hitchcock faisant de la figuration dans ses propres films. Même si comme je l’ai dit je n’ai pas lu ce roman, je comprends que les auteurs aient eu à coeur de le transcrire en bande dessinée. Science-fiction, récit de guerre, souvenirs, surtout réflexion sur l’absurdité, de la guerre, de la connerie, de la violence larvée dans l’esprit d’humains débiles, de l’absurdité de tout ça. C’est bien fait. Les auteurs nous offrent le tour de force de ne pas nous perdre dans les époques du récit, pourtant sacrément non linéaire, et pour cause. Et les « passages » temporels sont particulièrement bien construits, dans une espèce de continuité de mise en scène, très réussis. Le dessin s’avère très efficace. Les décors sont peu présents mais ce n’est pas le propos. Ce sont les personnages, leur caractère qui importe, même si toute l’ambiance est emprunte d’un certain fatalisme, tout cela est bel et bien rendu. Et c’est en plus ce fatalisme qui imprègne les dialogues de pointes d’humour, même dans les pires moments. Ah j’oubliais le titre, Abattoir 5 on devine… et croisade des enfants pour l’âge de ces soldats qu’on envoie au front. Je suis contente d’avoir découvert cette œuvre. Et je recommande. Chaudement.
Un Gasy à Paris
C’est en passant devant le stand des « Bulles dans l’océan » au festival d’Angoulême que j’ai rencontré Dwa… Il me présenta ce qu’il faisait et j’ai eu un gros coup de cœur sur ses réalisations. Dwa est à la fois un auteur de bandes dessinées et un carnettiste. C’est ce dernier aspect qui m’a tout de suite tapé dans l’œil car je fais également des sketches. Et il a un sacré talent ce malgache ! Il m’a montré son carnet de voyages actuel et ce fut une vraie claque de voir ses magnifiques croquis faits avec grand soin, sans crayonnés, directement au stylo plume rehaussé par une mise en couleurs extra ! Sans compter qu’il conçoit lui-même ses carnets (reliure, choix du papier…) qu’il revend à des passionnés… Trop fort ce mec ! Du coup, j’ai acheté ses deux bandes dessinées « Back to Al Bak » et « Un Gasy à Paris » qu’il me dédicaça. « Un Gasy à Paris » est donc un mixte entre la bande dessinée et le carnet de voyages. Dwa y raconte sa première venue en Europe suite à sa réussite à un concours d’art contemporain en 2018. Il restera 3 mois à Paris à la Cité des Arts où il découvrira des nouvelles techniques de dessin, exposera ses œuvres sur place et rencontrera de nombreux artistes (surtout des urban sketchers). C’est cette expérience à Paris que l’auteur nous fera partager à travers ses anecdotes, son regard de malgache découvrant le quotidien des européens… J’ai trouvé son regard intéressant et j’ai été touché par la reconnaissance de Dwa envers tous ceux qui lui ont permis de vivre ce périple. Son album se lit très bien malgré la présence de longs textes, on est vraiment dans un mixte carnet de voyages/ romans/ bande dessinée… Cela peut rebuter certains lecteurs mais personnellement, j’ai eu énormément de plaisir à lire ce récit d’autant plus que, je le répète encore, Dwa a un sacré coup de patte ! C’est exactement le genre de livre que je refeuilletterai à maintes reprises rien que pour admirer les dessins ! Je ressors donc de ce feuilletage admiratif devant l’excellente qualité graphique de l’album, c’est comme si Dwa m’avait pris la main pour m’emmener calmement à travers ses péripéties quotidiennes. Une lecture reposante dotée de magnifiques croquis, voilà ce que je retiens de « Un Gasy à Paris ».