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Par Présence
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Cosmic Ghost Rider
Cosmic Ghost Rider

C'est l'histoire de Thanos et de Francis Castle qui… - Ce tome contient la minisérie consacrée au personnage apparu pour la première fois dans l'épisode 13 de la série Thanos écrit par Donny Cates, qu'il vaut mieux avoir lu avant. Il s'agit d'une version alternative de Frank Castle, prenant sa source sur la Terre TR66. Il comprend les 5 épisodes de la minisérie, initialement parus en 2018, écrits par Donny Cates, dessinés et encrés par Dylan Burnett, et mis en couleurs par Antonio Fabela. Il comprend également le numéro 1 de Thanos Legacy (2018), également écrit par Donny Cates, dessiné et encré par Brian Level, avec une mise en couleurs de Jordan Boyd. Les couvertures ont été réalisées par Geoff Shaw. le tome contient également les couvertures alternatives réalisées par Mark Brooks, Mike Deodato junior, Stephanie Hans, J. Scott Campbell, Ron Lim, Gerardo Zaffino, Declan Shalvey, Ivan Shavrin (*2), Jamal Campbell, Superlog (*3). Francis Castle a été un soldat au Vietnam. Il a vu sa famille mourir dans une guerre des gangs. Il a mené une guerre contre les gangs. Il est mort, tué par Thanos. Il a fini en enfer, d'où il est revenu en tant qu'Esprit de la Vengeance. Il a affronté Galactus, Thanos, et il est mort à plusieurs reprises. Francis Castle coule des jours paisibles au Valhalla, tout en restant ombrageux, et en n'hésitant à remettre à leur place les dieux qui ne lui reviennent pas. Dernier dieu en date à s'être fait castagner par Castle : Koldaxe. Castle s'est isolé sur une pente herbue d'où il admire Bifrost, en terminant sa bière. Odin vient le trouver pour essayer de comprendre pourquoi Castle ne peut pas bien se tenir. Ce dernier lui explique qu'il ne peut pas accepter la récompense du Valhalla. Odin lui indique qu'il a le pouvoir de lui rendre ses pouvoirs et de le réinsérer dans le monde normal à l'endroit et à l'époque de son choix. Francis Castle prend le casque du Ghost Rider dans ses mains, et il est possédé sur le champ par l'esprit de la vengeance, retrouvant son apparence de Ghost Rider, avec crâne enflammé et sa personnalité troublée d'individu possédé. Conformément à sa promesse, Odin envoie Castle à l'endroit et au moment où il l'a demandé : sur Titan (une lune de Saturne). Cosmic Ghost Rider se rend directement dans la chambre de Thanos, encore enfant. Il dégaine son arme et s'apprête à tuer l'enfant de sang-froid. Castle se rend compte qu'il est incapable d'abattre un enfant à bout portant, même Thanos, parce que rien ne dit que cet enfant ne pourra pas dévier de son destin, de celui des autres lui-même dans d'autres réalités. Il n'a donc qu'une seule solution : prendre Thanos sous sa responsabilité et lui prodiguer une éducation de telle sorte à ce que Thanos ne devienne pas un dictateur meurtrier en masse. Avec sa reprise de Doctor Strange fin 2017 et de Thanos début 2018, Donny Cates devient un scénariste providentiel pour Marvel, capable d'insuffler un regain d'intérêt dans les personnages qu'on lui confie, et de faire du neuf. Au vu de l'accueil très positif de Cosmic Ghost Rider dans la série Thanos, les responsables éditoriaux lui commandent une minisérie sur le personnage, avant de l'intégrer dans la série Guardians of the Galaxy, les 2 écrites par Donny Cates. le lecteur se rend bien compte qu'il s'agit d'un personnage dérivatif dont les aventures se déroulent dans une autre dimension que celle de la Terre 616, sans conséquence sur la continuité ou sur l'ordre de l'univers partagé Marvel. Ce ne peut donc être qu'une histoire de divertissement, avec peut-être des idées dedans. Son horizon d'attente ainsi fixé, il a quand même du mal à résister à la curiosité de voir ce que peut donner la motivation obsessionnelle de Frank (ici Francis) Castle, avec les pouvoirs de Ghost Rider, s'en prenant au massacreur ultime qu'est Thanos. Il espère bien que le scénariste utilise la richesse de l'univers partagé Marvel, tout en ne ressassant pas les mêmes intrigues, et mettant à profit la liberté que lui donne l'environnement d'un univers parallèle. C'est exactement ce que fait Donny Cates, avec la volonté d'en donner pour argent au lecteur. Alors que ce dernier peut supposer que le scénariste se lance dans une variation sur Ogami Itt? et son fils Daigoro dans Lone Wolf & Cub, Cates emmène vite le scénario vers d'autres configurations. de la même manière, en voyant arriver Galactus, le lecteur se dit que le récit est parti pour une énième dévoration de planète, et là encore la situation évolue rapidement et est réglée en 1 épisode. le lecteur a compris que Cates utilise effectivement les ressources de l'univers partagé Marvel, sans devoir être corseté par le carcan de la continuité car il est dans un univers parallèle, sans limite, mais sans non plus transformer son récit en un catalogue de superhéros et supercriminels en lieu et place d'un scénario en bonne et due forme. le scénariste n'hésite pas à s'amuser avec des personnages improbables comme l'amalgame d'Howard le canard et du Juggernaut, conférant un bon niveau de divertissement sans prétention à l'ensemble. Dans le même temps, l'intrigue reste focalisée sur le but que s'est fixé Cosmic Ghost Rider : changer le destin de Thanos, ou tout du moins voir si Thanos est condamné à devenir le génocidaire ultime. Dylan Burnett est un jeune artiste qui dessine dans un registre représentatif comme la majorité des dessinateurs de comics, avec un bon degré de détails dans la description. Il sait doser le niveau d'éléments représentés dans chaque case pour un maximum d'efficacité. Au fil des différentes séquences, le lecteur peut voir les feuilles de la végétation de la jungle, les arbres de Central Park, le pont Bifröst zébrant l'espace, les étranges façades de Titan, le bar dans lequel Cosmic Ghost Rider va descendre quelques verres en attendant Galani; les champs parsemés d'éolienne dans un monde en paix, etc. Dans le même temps, Dylan Burnett est d'une rare efficacité pour s'économiser et ne pas dessiner les décors quand il le peut. L'épisode 3 constitue un cas d'école, tellement il est exemplaire : 20 pages sans décor, si ce n'est un immeuble détruit et quelques sols déformés par les impacts. Il s'agit donc d'un affrontement épique entre Cosmic Ghost Rider et de nombreux superhéros qui l'assaillent successivement. L'artiste s'en donne à cœur joie pour montrer les coups portés, les décharges d'énergie, les corps éventrés, les costumes improbables de superhéros. le lecteur peut très bien ne pas s'apercevoir qu'il n'y a pas de décor tellement ça pète de partout, les personnages sont baroques, les énergies crépitent. Les dessins sont très complétés et nourris par une mise en couleur riche et vive, une grande réussite. Dylan Burnet & Antonio Fabela réussissent à montrer une bataille épique, visuellement intéressante du début à la fin, malgré l'absence de décor, et sans recourir à une chorégraphie millimétrée. En outre, le lecteur sort de cet épisode avec le sourire aux lèvres, car le dessinateur n'hésite pas à user de la licence artistique pour exagérer les coups portés, les expressions des visages, la destruction. Effectivement, les dessins sont en phase avec la tonalité du scénario, sérieux, violents, avec un humour pince-sans-rire qui fait mouche. Il embrasse toute la démesure de ce cavalier sur une moto de l'espace, avec une tête enflammée, ainsi que le caractère improbable d'une enfant violet avec un goût pour la violence, ou encore le côté métaphorique d'un individu géant qui mange des planètes. Cosmic Ghost Rider utilise une chaîne enflammée de plusieurs centaines de mètres de long, mais aussi des armes à feu, sans parler de sa capacité à projeter du feu de l'enfer. Quel spectacle pyrotechnique à la fois premier degré (il faut voir l'état de ses adversaires), à la fois ridicule dans la surenchère (pourquoi aurait-il besoin d'armes à feu en plus du reste ?). Quand Cosmic Ghost Rider retire son casque et reprend des traits humains, le lecteur peut voir le visage d'un homme âgé (> 50 ans) aux cheveux blancs, manquant d'assurance quant à la réalité de ce qu'il vit. Les mimiques de Thanos enfant sont irrésistibles. le lecteur apprécie d'autant plus cette expressivité que Donny Cates ne se contente pas d'une intrigue échevelée et loufoque, il brosse le portrait assez émouvant de Francis Castle, toujours accablé par la culpabilité de la mort de sa femme et de ses enfants, à l'équilibre mental fragile du fait de sa possession par un démon. En découvrant l'existence de cette minisérie, le lecteur espère y trouver un récit loufoque et endiablé. Il est comblé au-delà de ses espérances, à la fois par le scénario et par les dessins qui tirent le meilleur parti possible de la richesse de l'univers partagé Marvel, de l'absence de contrainte de continuité, par des scènes d'action spectaculaires, avec quelques moments d'humour, avec une utilisation très directe et perspicace des voyages dans le temps, et par un personnage principal tragique à sa manière. 5 étoiles. - Thanos Legacy 1 (20 pages) - Thanos est assis sur son trône et s'interroge sur ce qu'il léguera à l'univers, à la manière dont ses actes seront jugés. Mais il doit encore affronter un dernier adversaire. Donny Cates utilise cet épisode pour s'interroger sur le testament de Thanos, mais surtout pour boucler quelques intrigues secondaires en suspens et expliquer le sort final du personnage. le lecteur qui n'a pas suivi la dernière série Thanos risque d'être un peu perdu, et pas entièrement convaincu par les cartouches de texte du narrateur omniscient, manquant soit de cynisme, soit d'emphase. Brian Level se montre plus convaincant, mais pas aussi truculent que Dylan Burnett. La dernière page montre clairement qu'il s'agit d'une forme de prologue à une autre histoire, celle à venir dans la série Gardians of the Galaxy écrite par Donny Cates.

05/07/2024 (modifier)
Par Niok
Note: 5/5
Couverture de la série Le Shaolin Cowboy
Le Shaolin Cowboy

Pour ceux qui connaissent ce dessinateur, il est incontournable dans le monde de la BD. Il est notamment passé en France pour bosser un temps avec Moebius qu'il avait rencontré sur le tournage de Tron. Il a également travaillé sur le storyboard de Matrix. Il a le style graphique le plus fouillé que je n'ai jamais vu. Chaque case fourmille de détail : c'est complètement hors norme. Vous pouvez passer 10 minutes par dessin pour essayer tout voir. Par contre, le scenario est souvent maladroit et n'est que prétexte pour admirer le style de Geof. J'aimerais qu'un scénariste de renom collabore avec lui pour claquer un masterpiece total !

05/07/2024 (modifier)
Par Cegir
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Chef de Nobunaga
Le Chef de Nobunaga

Pour moi l'un des meilleurs mangas que j'ai eu à lire. Dedans il y a de tout, mais en plus c'est cohérent et passionnant. On s'attache facilement aux personnages et on a toujours envie de lire le tome suivant. L'un des gros points forts c'est également le dessin, il a beau être très détaillé, il reste également très lisible.

05/07/2024 (modifier)
Par Jeïrhk
Note: 5/5
Couverture de la série Vinland Saga
Vinland Saga

Désolé, mais je trouve incompréhensible qu'une série soit jugée si sévèrement après seulement deux tomes (d'ailleurs, quel intérêt de critiquer une série de 25 tomes après en avoir lu seulement 2 ?). Pour ma part, je suis obligé de donner 5 étoiles à cette série tant elle m'a bouleversé. C'est le premier manga de ma vie qui m'a fait verser une larme. Une grosse claque ! La force de ce manga réside dans l'évolution de son personnage principal. S'arrêter à sa jeunesse serait une grave erreur. C'est une œuvre très bien construite, et il faut la lire comme le parcours d'un enfant perturbé jusqu'à sa délivrance. L'auteur pose les bases, prend son temps, et arriver au 25eme tomes, on se rend compte que c'était magnifiquement bien orchestré. La dernière partie du manga semble presque appartenir à une autre œuvre, tant le ton change radicalement, et c'est pour le meilleur. Je vous la recommande vivement, surtout si vous traversez une période de votre vie où vous êtes en quête de sagesse, capable de remise en question, et avez une vision utopique. Ce manga sera alors un véritable bol d'air frais pour votre esprit. Cependant, il faudra d'abord affronter ses démons pour en apprécier toute la beauté.

04/07/2024 (modifier)
Par Présence
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Chroniques de l'éphémère
Chroniques de l'éphémère

C'est toujours un peu vrai mes histoires. - Ce tome constitue une anthologie de douze histoires courtes réalisées par Edmond Baudoin en noir & blanc. Elles sont initialement parues dans le magazine de bande dessinée et de culture, appelé Jade, publié par les éditions 6 Pieds sous terre depuis 1991. le présent recueil est paru en 1999. Beyrouth, quatre pages : Edmond Baudoin effectue un séjour dans une zone militarisée de Beyrouth. Il y a des hommes qui en tuent d'autres. C'est tout près de la place des canons. La ligne verte. Une espèce de long terrain vague qui coupait la ville en deux. Il se fait la réflexion que ce pourrait être le décor d'un film d'anticipation, à ceci près qu'il n'y a pas de bande originale. Il entend des poules : un soldat lui explique ce qu'il en retourne. Justice immanente, quatre pages : dans la rue par un matin de ciel gris, vraiment gris, Edmond sort pour se rendre au café en bas de chez lui, passant par la boulangerie avant pour s'acheter un pain aux raisins. Il voit un homme au volant d'un gros quatre-quatre en train de traiter une femme de prostituée, lui reprocher que tout ce qui l'intéresse, c'est de tortiller son derrière jusqu'à quatre heures du matin dans une boîte, et de se faire prendre par derrière par le premier venu. le mime, quatre pages : c'est un mime un peu minable. Il est grimé comme Charlot, de la poudre blanche sur le visage, debout sur un tabouret… Peut-être une caisse. Edmond ne se souvient plus. À ses pieds, un lecteur de cassettes diffuse inlassablement les musiques des films de Chaplin. Edmond ne sait pas combien d'années il l'a vu, au coin de la place Saint Germain, en face des Deux Magots, tout près de la station de métro. À force de persévérance, les années passant, cet homme est devenu indispensable à ce morceau de trottoir. Il avait autant d'importance pour la poésie de Paris, qu'une statue, un monument, un jardin. Il était peut-être autant photographié que le Danton de pierre deux cents mètres plus loin. Et puis Edmond ne l'a plus vu. Malaise avec une petite fille, deux pages : à Nice en août 1996, Edmond n'a pas trop le moral. Alors il voyage. Il s'en va vers le Nord, la Suisse, l'Allemagne, la Belgique. À Bruxelles, il loge chez des amis. L'affaire Dutroux donne une teinte livide à cette fin d'été. Son moral ne grimpe pas. Comment est-ce foutu à l'intérieur de certains cerveaux ? Sur le quai du métro, quatre pages : Edmond attend le métro avec une copine. Un aveugle arrive sondant devant lui avec sa canne blanche. Soudain il la brandit en l'air et il la jette sur la voie. Un jeune homme descend pour aller la chercher. En terrasse, quatre pages : deux jeunes demoiselles papotent assises en terrasse. Un jeune homme s'approche d'elle, leur déclarant que sa mère l'a abandonné à la table d'à côté, et leur demandant si elles veulent bien l'adopter. Les aimer toutes, trois pages : trente-et-un visages de demoiselle en gros plan, suivi de vingt-huit autres sur la page suivante, et d'une case avec le bassin dénudée d'une autre, et une case avec une jeune femme ayant dénudé la partie droite de son corps. Edmond Baudoin est né en 1942 à Nice. Sa carrière de bédéiste a commencé en 1981, avec la publication de ses premières œuvres par l'éditeur Futuropolis à compter de 1981. Il a reçu l'Alph-Art du meilleur album, pour Couma acò, en 1992. le lecteur ne sait pas sur quoi il va tomber en entamant le présent album. Il comprend rapidement qu'il s'agit d'une collection d'histoires courtes, toutes racontées à la première personne. Dans la dernière, l'auteur explique à sa compagne du moment que c'est toujours un peu vrai ses histoires. Il ne raconte pas tout, il fait de petits arrangements. le lecteur n'a pas de raison de mettre en doute sa parole, et il accepte que chaque petite histoire se soit bien produite, et que Edmond Baudoin en a été l'acteur ou le spectateur. Les six premières correspondent à une situation de la vie quotidienne (ou presque en ce qui concerne son séjour à Beyrouth), la seconde moitié concerne les relations amoureuses, avec un rapport physique. S'il a déjà lu une bande dessinée en noir & blanc de cet auteur, le lecteur identifie immédiatement ses caractéristiques. Les formes sont détourées avec un trait parfois charbonneux, souvent gras, avec un rendu à la fois spontané et esquissé, mais aussi précis et attestant d'un regard personnel sur les êtres humains et les environnements. Il retrouve également la propension de l'auteur à raconter l'histoire dans un texte qui court en bas des cases, ces dernières montrant ce qu'il dit, ou bien mettant en scène les actions des personnages alors qu'ils sont en train de parler. Dans le même temps, le lecteur voit que l'artiste expérimente en toute discrétion. La raison d'être d'une histoire ne réside pas dans le fait de lui servir de support pour essayer une technique de dessin, ou mettre à l'épreuve une mise en page, ce qui fait que le lecteur peut très bien ne pas prendre conscience de ce fait. S'il prend un peu de recul, cela devient une évidence. La première histoire est racontée sous la forme de quatre pages, contenant chacune trois cases de la largeur de la page. Dans la deuxième histoire, l'artiste semble avoir abandonné le pinceau au profit de la plume, ce qui donne un aspect plus griffé à ses dessins. Dans la quatrième, il n'y a aucun dialogue, aucun cartouche de texte, mais des dessins de la largeur de la page avec une bordure, et un texte qui court en dessous sans bordure. La mise en page de la suivante surprend le lecteur : des cases alignées en bande, avec des phylactères pour les personnages, une forme très traditionnelle. Il faut un peu de temps pour que la première page de la suivante fasse son impression : des cases où l'artiste semble s'être laissé guider par le trait du pinceau, plutôt que d'avoir cherché à construire ses traits pour une description classique. Avec la septième histoire, l'évidence saute aux yeux : trois pages avec presque uniquement des visages de femmes en gros plans. Dans l'histoire suivante, l'essai se trouve dans les phylactères : chacun des deux personnages prononcent leur dialogue à haute voix, et le lecteur peut lire le fond de leur pensée qu'ils n'osent pas formuler dans un autre phylactère avec une bordure différente, écrit dans une graphie manuscrite. Dans la dernière histoire, Baudoin intègre vingt-quatre pages constituant le patron d'une proposition pour un éditeur de manga, parfaitement lisibles, ainsi que les trois pages de Passe le temps, une histoire publiée par l'éditeur Futuropolis en 1982, racontant la même anecdote avec des variations. Ces cases aux traits bruts avec du texte peuvent rebuter un instant le lecteur. Puis, il commence la première histoire : localisation totalement inattendue, texte très agréable à lire, concis et porteur de l'état d'esprit d'Edmond, et un instant improbable avec ces cris de poule, puis une chanson des Rolling Stones à fond. Deuxième histoire : peut-être que l'auteur a rajouté la chute pour une forme de vengeance morale, mais le moment est bien saisi : cet homme qui insulte une femme, confortablement assis sur le fauteuil de son 4*4. le souvenir du mime : une impression produite en le voyant faire son numéro, un ressenti personnel (un peu de gêne), une sensation qui évolue avec le temps qui passe. le malaise provoqué par l'affaire Dutroux. le comportement sortant de la normalité, d'un aveugle sur le quai du métro. L'incrédulité de nature très différente chez un jeune homme, et chez la jeune femme qui se retrouvent au lit ensemble. le sentiment de solitude pendant l'acte sexuel. La manière de raconter un souvenir, en fonction de l'inspiration du moment. Autant de sensations, d'émotions fugaces que l'auteur sait faire partager avec naturel et conviction. Indubitablement, Edmond Baudoin sait parler avec le cœur, avec les sentiments pour faire partager son état d'esprit, son expérience de la vie, sur chacun de ces sujets. Bien évidemment, l'histoire à base de visages de femmes en gros plans transcrit le comportement d'un homme à femmes, ce qui ne représente qu'un petit pourcentage du lectorat de l'auteur. En même temps, chaque lecteur fait ainsi l'expérience d'une fascination pour les visages féminins, pour l'éternel féminin, d'une appétence inextinguible, irraisonnée, jusqu'au constat de l'auteur : il faudrait enfin qu'il accepte l'évidence, il ne pourra pas toutes les aimer. Un ressenti encore du côté de la résignation, pas encore du côté de l'acceptation. le lecteur fait également l'expérience de regarder la réalité par les yeux de l'artiste. Lorsqu'il prend en main la bande dessinée, il considère l'esquisse en quatrième de couverture, pas bien certain de ce qu'elle représente. Après la première histoire, vient une esquisse au pinceau : un homme nu assis sur un tabouret. Entre la deuxième et la troisième, une femme en longue robe noire, en train de danser, représentée à deux moments différents. Il y a ainsi un dessin au pinceau entre chaque histoire, également un moment éphémère capturé par le mouvement du pinceau. Chroniques de l'éphémère : un titre énigmatique qui ne permet pas de se faire une idée de ce qu'il y a dans cette bande dessinée. Le lecteur découvre douze historiettes, racontées avec un trait de pinceau agile, expressif et concis, des phrases portant toute la personnalité de l'auteur, une histoire illustrée à la plume. À chaque fois, Edmond Baudoin sait offrir toute la spécificité de cet instant éphémère, ainsi que toute son universalité qui parle au lecteur, quelle que soit sa propre personnalité, son propre parcours de vie. Une expérience de l'humanité dans tout ce qu'elle a d'éphémère, mais aussi d'éternel.

04/07/2024 (modifier)
Par Charly
Note: 5/5
Couverture de la série Blacksad
Blacksad

Les illustrations de Juanjo Guarnido sont tout simplement magnifiques. Chaque page est une véritable œuvre d'art, avec des détails méticuleux et des expressions animales étrangement humaines. L'utilisation ingénieuse des animaux anthropomorphes confère une profondeur inattendue aux personnages. Chaque espèce est habilement sélectionnée pour refléter les caractéristiques de ses membres. Bien que parfois simples, les enquêtes policières servent de toile de fond à une exploration subtile des aspects sombres de la société. Corruption, racisme et violence cohabitent avec la splendeur du dessin. Le développement psychologique de certains protagonistes pourrait sembler en deçà des attentes. La série, visant un large public, pourrait être critiquée pour sacrifier une profondeur narrative au profit de l'accessibilité. Je dirai que Blacksad transcende les frontières du genre et reste une incontournable dans ma bibliothèque. Je recommande chaudement cette série !

03/07/2024 (modifier)
Par Simili
Note: 5/5
Couverture de la série Gaston Lagaffe
Gaston Lagaffe

Ah oui ça pour être culte , Gaston Lagaffe l'est assurément. Gaston a pour lui son coté doux rêveur qui fait qu'on lui pardonne toutes ses gaffes. Bon en vrai si je l'ai en collègue de boulot je le tue et après avoir usé Fantasio, Prunelle est franchement patient. Pour moi Gaston Lagaffe c'est une madeleine de Proust, un plaisir régressif assumé. Et assurément un fou rire dès que je prend une BD. C'est plus fort que moi. Gaston Lagaffe c'est comme une vidéo d'une chute, ça me fait marrer Mais comment de pas rire aux mésaventures de Monsieur De Mesmaeker ou de l'agent Longtarin. Comment de pas sourire à l'innocence de Gaston et de Mademoiselle Jeanne. Même le chat et la mouette sont des personnages clés et ont le droit à leur gag. Gaston c'est un grand oui pour moi.

02/07/2024 (modifier)
Par Simili
Note: 5/5
Couverture de la série Astérix
Astérix

Oh il n'y a bien sur rien d'original dans cette note. Et tout a été dit sur notre héros gaulois. C'est une rare série à passer entre les gouttes de la critique malgré de très gros clichés sur la société qui entourait Goscinny et Uderzo. Astérix a pour moi un avantage que très peu d'autres séries ont. On peut le relire indéfiniment. On a beau connaitre l'histoire, les gags et les chutes, on prend toujours du plaisir à le relire (au moins sur nos tomes préférés). Et c'est pourquoi je lui attribue la note de 5. Alors bien entendu toutes les histoires ne se valent pas et on a franchement touché le fond avec "Le ciel lui tombe sur la tête" (une des pires BD que j'ai pu lire) mais comme beaucoup, je pense que sur les 25 premiers tomes on est franchement pas loin de ce qu'il peut se faire de mieux. Et 25 tomes ça peut occuper toute une vie de BDphile.

02/07/2024 (modifier)
Par Présence
Note: 5/5
Couverture de la série Automne en baie de Somme
Automne en baie de Somme

Elle était une saison qui sait que le temps lui est compté. - Il s'agit d'une histoire complète en un seul tome, indépendante de toute autre. Cette bande dessinée a été réalisée par Philippe Pelaez pour le scénario, et par Alexis Chabert pour les dessins et les couleurs directes. Elle comporte soixante-deux pages. Il se termine avec une postface d'une page de l'artiste expliquant pour quelle raison il a choisi 1900 à Paris. Dans ce projet, il s'est amusé à retranscrire les ambiances que son arrière-grand-mère lui a transmises, recréer un passé où il peut voyager comme un fantôme, et honorer la mémoire de ses ancêtres. Chacune des trois parties s'ouvre avec un texte de Nelly Roussel (1878-1922), extraits de son ouvrage Quelques lances rompues pour nos libertés (1910). Sur une grande plage de la baie de Somme, se trouve un petit navire à voile, échoué sur le sable comme un animal mortellement blessé regardant une dernière fois l‘horizon, avant de se coucher définitivement sur le flanc. Un homme en train d'agoniser s'extirpe tant bien que mal de la cabine et s'allonge sur le pont. Les mouettes volent haut au-dessus du bateau. le lendemain, la gendarmerie locale est sur place et elle accueille l'inspecteur Amaury Broyan, venu de Paris, dépêché par le ministre lui-même. Car le défunt était un riche industriel : Alexandre de Breucq. le lieutenant Brousse lui explique que le malheureux s'est étouffé dans son propre sang, et que son agonie a dû être longue. L'inspecteur se demande si la victime connaissait son assassin, si ce dernier avait préparé le poison en étant sûr que de Breucq le prendrait, ou s'il était à bord de cette goélette, avec lui, et qu'il a pris tout son temps pour le regarder mourir. Quelques jours après, l'inspecteur se tient à quelque distance de la mise en terre du cercueil au cimetière, accompagné par Arsène. Ils regardent les gens présents venus se recueillir : les banquiers d'un côté, les industriels de l'autre, et au milieu l'État. Un franc-maçon à la tête de l'État, un communard comme président du Conseil, et les socialistes qui gagnent encore des voix aux dernières élections municipales. Et tout ce beau monde pour enterrer le plus prometteur, le moins corrompu et le plus social des industriels. La vie est mal faite. Arsène s'écarte rapidement car la veuve Marthe de Breucq se dirige vers eux avec son garde du corps Simon. Broyan lui présente ses condoléances. Elle lui demande de passer le jeudi suivant, à dix-sept heures à son hôtel particulier. Une fois la cérémonie terminée, Elle monte dans sa calèche avec Simon et lui demande pourquoi Broyan a été choisi pour l'enquête. C'est un des policiers les plus efficaces de Paris, enfin avant les soucis avec sa défunte fille. Dans l'atelier d'Alfons Mucha, Axelle Valencourt pose pour la toile L'Automne. Elle lui fait observer que des grains commencent à se détacher de la grappe. Rien de grave : il a terminé pour aujourd'hui. Il faut qu'elle revienne dans deux jours pour terminer le tableau. le lendemain elle a prévu d'aller au marché aux modèles place Pigalle. le soir Thérèse sort de la prison de Saint Lazare, et elle monte dans le fiacre qui l'attend. Pour commencer, une couverture superbe avec un mystère, une jeune femme représentée avec une manière qui évoque Alfons Mucha (1860-1939), ce qui est tout à fait intentionnel puisque cette demoiselle est le modèle qui a servi pour sa représentation de l'Automne. le fini de la couverture est particulièrement soigné : le titre et la dorure en arc de cercle sont rendus avec une encre métallique, en légère surimpression, pour un très bel effet. En bas, le bateau échoué sur ce qui doit être une plage de la baie de Somme. Une introduction en six pages qui permet de poser le récit : une enquête policière sur le meurtre d'un industriel progressiste, un capitaine d'industrie mettant en œuvre une politique paternaliste, à la fin du dix-neuvième siècle. Elle permet aussi d'apprécier toute la palette de l'artiste. Il commence par trois pages avec plusieurs marines, très vaporeuses, un très beau rendu de l'ambiance lumineuse du ciel et du sable à deux moments différents de la journée, une goélette et des personnages détourés d'un trait fin et fragile, avec des silhouettes un peu allongées, des contours nourris par les couleurs directes. L'autre moitié se déroule d'abord dans un cimetière parisien, puis dans les rues de la capitale. La couleur directe permet de réaliser un jeu d'ombre mouvante du plus bel effet. L'artiste joue remarquablement bien du niveau de précision et du niveau d'imprécision dans les formes : le lecteur assimile facilement les contours des stèles funéraires sans avoir besoin de les voir dans le détail, et il identifie au premier regard la forme d'une colonne Morris. Raconter un polar en bande dessinée s'avère souvent un exercice périlleux, car il faut parvenir à caser tout à un tas d'informations comme les éléments de contexte, l'histoire personnelle de la victime et de ses proches, la recherche d'indices et leur analyse, et il faut également parvenir à mettre en scène les phases de déduction sans qu'elles n'apparaissent ni trop artificielles et mécaniques, ni trop parachutées ou absconses. le lecteur se rend vite compte que les auteurs savent inclure les informations avec une réelle élégance, et une réelle ambition. Ainsi, la victime était un riche industriel de type paternaliste, portrait qui se dessine par bribe au fil de remarques rapides. L'inspecteur a une histoire personnelle tragique qui influe directement sur ses motivations et donc la façon dont il hiérarchise ses priorités. Il dispose d'un physique avec une certaine carrure et des postures parlantes sur son caractère et ses dispositions d'esprit. La veuve éplorée est d'une réelle élégance, son maintien et sa façon de se tenir en disent également long sur son assurance et sa détermination. Axelle est magnifique de bout en bout, une beauté diaphane, avec un soupçon de mélancolie, une réelle douceur, une assurance d'une autre nature. L'artiste sait donner vie à chaque protagoniste, leur insuffler du caractère, ce qui est indispensable pour que la mécanique policière ne ressorte pas comme un artifice. La quatrième de couverture précise que l'histoire se déroule à la Belle Époque, et même précisément en 1896. Cette année correspond effectivement à la date de réalisation du tableau Automne par Mucha. Les auteurs ne l'ont pas choisi par hasard, et le lecteur constate rapidement que l'intrigue est indissociable de la réalité historique de l'époque, qu'elle en découle, qu'elle n'aurait pas pu se passer à une autre époque. C'est donc un véritable polar qui agit comme révélateur d'une facette de la réalité sociale de la société à ce moment-là, et à cet endroit-là. Avec son air de ne pas y toucher vraiment, l'artiste réalise une reconstitution historique visuelle impressionnante. Les tenues sont d'époque, aussi bien pour les hommes que pour les femmes. Il est possible d'identifier les rues de Paris où se déroule chaque scène. le lecteur finit par se rendre compte que Chabert est allé faire des recherches sur les différents modèles de voiture hippomobile en circulation à Paris, ce qui atteste du temps consacré à recréer cette époque avec authenticité. S'il ne l'a pas fait avant, le lecteur prend alors le temps de regarder les détails : les façades immeubles, la fontaine d'une place, l'évocation du cabaret Au Lapin Agile (à nouveau une mise en couleurs extraordinaire), un paravent, un intérieur bourgeois, un cabinet médical, etc. Il regarde les moulins de la Butte Montmartre et il découvre le chantier de la construction de la basilique du Sacré-Coeur de Montmartre (1875-1923), avec ses échafaudages et son campanile pas encore construit. Le décor de ce chantier en cours a été proposé par le scénariste qui, lui aussi, parsème son récit de marqueurs historiques contribuant à la reconstitution. Lors du prologue, Arsène évoque Félix Faure (1841-1899), franc-maçon alors président, et Jules Méline (1838-1925), un communard alors président du Conseil. Au fil des pages, le lecteur peut relever la mention de Sarah Bernhardt (1844-1923, actrice ayant également servi de modèle Mucha), Paul Brouardel (1837-1906, médecin légiste), et une citation de Jean Jaurès (1859-1914, on recrute dans le crime pour surveiller le crime, dans la misère de quoi surveiller la misère). Il y a également le titre de chacun des trois actes (Les sanglots longs – le cœur des femmes – Morte saison) et les citations en ouverture : elles sont toutes les trois extraites du même ouvrage de Nelly Roussel (1878-1922), une libre penseuse, franc-maçonne, féministe, antinataliste, néomalthusienne et femme de lettres libertaire française, une des premières femmes à se déclarer en faveur de la contraception, et à promouvoir l'importance de l'éducation sexuelle des femmes. Tous ces éléments font partie intégrante de l'intrigue, à l'opposé de simples éléments de décor pour meubler artificiellement. L'histoire se déroule en suivant l'inspecteur, et sa façon de procéder est dictée par son caractère et son histoire personnelle. L'enquête ne se résume pas à un jeu intellectuel, mais procède des convictions du policier. Les autres personnages ne font pas figuration : les actes d'Axelle ou de Marthe reflètent également leurs convictions et leurs objectifs, à l'opposé de personnages superficiels ou interchangeables. Le scénariste maîtrise aussi bien l'esprit que la lettre des polars. Il y a des phases de déductions, des indices, des indicateurs, quelques coups échangés, autant de conventions attendues du genre. L'enquête implique aussi bien des individus de la haute société, que des gens du peuple, et elle fait ressortir des vices cachés. Elle agit donc bien comme un révélateur de plusieurs facettes de la société de l'époque. Elle fonctionne sur ses particularités et pas indépendamment du lieu ou de l'Histoire. En un nombre limité de pages, les auteurs savent immerger le lecteur dans un environnement concret et une reconstitution historique rigoureuse. Celui-ci est sous le charme de la narration visuelle dès les premières pages, et il se prend à savourer le texte assez écrit qui parsèment les cases de la première planche. Il retrouve ce dispositif à l'occasion d'une planche dans chaque acte, venant apporter une touche littéraire et poétique à la narration. Il se laisse porter par l'enquête à la méthode naturaliste, sans essayer de devancer l'inspecteur, se retrouvant surpris à plusieurs reprises par ces découvertes, et révulsé par l'horreur du véritable crime. Excellent.

02/07/2024 (modifier)
Par Simili
Note: 5/5
Couverture de la série Lanfeust de Troy
Lanfeust de Troy

Il était compliqué pour moi de ne pas prendre cette série afin de poser mon premier avis tant elle aura marqué un passage pour moi entre la BD classique (Astérix, Tintin, Lucky Luke, ...) et de nouveaux horizons du 9ème art. Forcément mon avis ne peut être objectif (remarque que c'est le principe même d'un avis). J'ai découvert Lanfeust il y a un peu plus de vingt ans, âgé moi même d'une vingtaine d'années j'ai tout de suite été emballé par l'univers de Troy, l'humour (parfois lourd) d'Arleston et les dessins de Tarquin. Troy est un monde magnifique et dangereux avec un bestiaire très diversifié ; les personnages sont attachants avec une mention spéciale pour Hébus. La quête de Lanfeust est noble et va l'amener bien au delà de ce qu'il imaginait. J'ai rapidement lu les 8 tomes de la série avant d'embrayer sur les Lanfeust des Etoiles et Lanfeust Odyssey. J'ai lu les critiques sur la vision très sectaire de la femme (Cian/Cixi) mais cela n'est pour moi pas recevable car cela reviendrait 1/à sortir la BD de l'époque où elle a été écrite et 2/de complètement nier le pouvoir que la femme peut avoir sur l'homme. Alors oui toutes les femmes ne sont pas des Cian ou des Cixi mais comme tous les hommes ne sont pas des Lanfeust ou des Thanos. Alors oui la BD est destinée plutôt (surtout) à des jeunes hommes qui tout comme Lanfeust se préparent à faire la découverte de la vie du monde extérieur aimant l'humour potache et parfois lourd. Car finalement c'est bien de ça qu'il est question des choix d'un grand adolescent qui vont façonner l'homme. L'homme que je suis devenu sourit toujours à certaines blagues (ah les chanson paillardes pour faire avancer le pétaure) et regrette bien amèrement le temps béni où tout n'était pas aseptisé par une pseudo morale et où on pouvait encore rire de (presque) tout. NB : Lanfeust des Etoiles et Odyssey sont clairement en dessous de la série originelle. Preuve que le long n'est pas toujours bon. :-)

01/07/2024 (modifier)