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Couverture de la série Échecs
Échecs

La couverture m'a intriguée. Des gens se croisant dans un gigantesque échiquier mais ne parvenant pas vraiment à se croiser, une métaphore évidente du jeu d'Échec pour parler des relations humaines et des aléas de la vie (confirmée par le résumé), ça sonne comme une histoire avec beaucoup de potentiel. Je ne cache pas avoir également ressenti de la méfiance, ce genre de récits simples mais plein de potentiels sont malheureusement propices au bâclage, au fait que les auteur-ice-s n'aillent pas plus loin que le simple postulat prometteur, sans grand risque ou grandes idées. Mais que je sois méfiante ou non, le postulat m'a attirée et je me suis tentée à la lecture. Je ne le regrette pas, le résultat est bon ! Comme dit plus haut, c'est une histoire sur le jeu des échecs et les relations humaines. Nous suivons la vie de plusieurs personnages, tous-tes comparé-e-s à des pièces de l'échiquier, dont les destins et parcours vont se croiser, s'influencer parfois même sans que les gens s'en rendent vraiment compte. Je regrette que l'album se concentre majoritairement sur les relations romantiques et/ou sexuelles, le sujet des liens humains et de leurs importance dans les trajectoires de nos vie aurait pu (et aurait dû selon moi) parler des connections humaines sous plus de formes. Quitte à parler des relations amoureuses on aurait même pu sortir des carcans monogamiques (un peu d'imagination, que diable) ! Mais je reconnais tout de même que ces relations restent uniques, varient les unes avec les autres : un couple qui ne se comprend plus, un autre qui ne parvient plus à se voir, un autre encore qui se vit en distanciel, ... on croise même deux "serial lovers", l'une se posant finalement et l'autre devant comprendre qu'il existe d'autres liens humains dans la vie que les conquêtes amoureuses. On n'échappe pas à certains clichés des récits romantiques mais ils restent ici bien exécutés (et puis il y en a tellement que vous trouverez facilement celui qui saura vous toucher - si tant est que vous êtes sensibles aux histoires d'amour). La narration de toutes ces vies, qui se croisent et s'influencent sans vraiment le savoir, est assurée par une vieille dame acariâtre dans une maison de retraite, passionnée d'échecs, et qui discute avec un jeune homme venu lui tenir compagnie. En lui apprenant les règles du jeu, elle narre sans savoir la vie des gens que nous suivons. Enfin, sans savoir, tout est relatif, puisque la dame se révèle bien plus observatrice que ce que l'on pourrait penser (mais je me garde de trop en dire). J'ai justement particulièrement aimé le fait que, si cette vieille dame est la voix de la raison dans cette histoire, c'est non seulement parce qu'elle aussi a pu aller de l'avant grâce au contact avec les autres et le hasard d'une rencontre, mais aussi et tout simplement parce qu'elle observe ce qu'il se passe "au delà de l'échiquier". La conclusion qu'elle offre à la fin de l'album, même si elle pouvait se voir venir, est bien trouvée et assez maligne pour ce sujet. Bref, je n'irais pas jusqu'au coup de cœur mais l'album a su me toucher et faire vibrer mon cœur en pâte à sucre. Un très joli récit choral, plein de simplicité et de poésie du quotidien, que je ne regrette pas d'avoir lu.

10/10/2025 (modifier)
Couverture de la série Paul
Paul

J'ai tout aimé ! Tout : -retrouver mes amis les Beatles -apprendre pleins de choses, notamment sur cette période à vide de Paul que je connaissais à peine -le soucis du détail, de rendre compte de façon honnête à cette période de séparation des Beatles centré sur Paul et Linda sa compagne -les dessins, entre du réaliste et de la pop, exactement là ou il faut se situer je trouve L'interview en fin d'album de l'auteur est très intéressante Une bd absolument à lire si vous un fan des Beatles, et à lire dans tous les cas car ça reste une très bonne bd.

10/10/2025 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Beyrouth - Malgré tout
Beyrouth - Malgré tout

3.5 Deux journalistes françaises font le portrait de l'histoire du Liban depuis plus de 50 ans au travers du témoignage d'un vieux médecin. Il y a aussi d'autres témoignages, mais ce médecin va être présent du début jusqu'à la fin. La première chose qui frappe en ouvrant l'album est à quel point le dessin est agréable. Pour moi, c'est vraiment le style de dessin parfait pour ce type de documentaire rempli d'informations. Ce qui est incroyable aussi c'est que j'ai pris grand plaisir à lire cet album alors que je savais déjà la plupart des choses présentées par les deux journalistes. Il faut dire qu'elles savent bien vulgariser et les gens qu'elles interviewent ont des choses bien intéressantes à dire. Le fait qu'on va surtout parler avec un médecin fait en sorte qu'on voit les désastres et l'inégalité du système de santé libanais. Le Liban est devenu un pays ultra capitaliste caricatural alors préparez vous à être révolté parce que même lorsqu'il n'y a pas de guerre, la vie est terrible si on n’est pas riche. Dire qu'avant le Liban était considéré comme la Suisse du Moyen-Orient ! Depuis le début de la guerre civile, on dirait qu'il n'arrive que des malheurs à ce pays ! Certes, on fait surtout un survol des problèmes du Liban et de son histoire (pour mieux approfondir, il faudra lire des livres spécialisés), mais c'est un excellent album si on veut une bonne synthèse des problèmes du Liban.

09/10/2025 (modifier)
Par Brodeck
Note: 4/5
Couverture de la série Le Chien dans la Vallée de Chambara
Le Chien dans la Vallée de Chambara

Je poursuis ma découverte de Micol et j'ai bien aimé " Le chien dans la vallée de Chambara ". Fin plutôt ouverte et un peu abrupte, mais réussie, car le lecteur continue de s'interroger en refermant l'album. Une histoire de vengeance prenante et un beau conte initiatique avec une héroïne maline, mais qui confrontée à des choix difficiles, ne prendra peut-être pas toujours les bonnes décisions (Micol laisse le lecteur se faire son idée). Un one-shot auquel on s'attache, qui offre au passage quelques belles réflexions sans que cela ne soit pesant, bien au contraire, et qui évite le manichéisme : les adversaires de la belle Maraki ont tous une personnalité bien définie et ont évolué au fil du temps, difficile d'ailleurs de savoir s'ils se repentent sincèrement ou de façon opportuniste. C'est une immersion réussie dans ce japon médiéval aux couleurs chatoyantes. Mine de rien, Micol propose un univers riche (SF, aventure, conte...) et très rafraîchissant. Un 3,5 que j'arrondis à 4 pour le charme qui se dégage de cette histoire.

09/10/2025 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Guerres de Lucas
Les Guerres de Lucas

Ce n’est pas moi qui vais faire baisser la note de cette superbe série, et pourtant je ne suis pas spécialement fan de Star Wars. Etonnement, je n’ai vu la trilogie originale que récemment, en tant qu’adulte. Si j’ai beaucoup aimé, je n’ai aucun attachement émotionnel, aucune nostalgie envers cet univers, contrairement à Indiana Jones par exemple. J’ai malgré tout été fasciné par ce récit, qui absorbe et synthétise une quantité incroyable d’informations (la bibliographie en fin d’album est impressionnante) et propose une histoire entrainante et diablement intéressante. On y découvre un projet pour le moins mouvementé, en lequel personne ne croyait, à part George Lucas et quelques proches, qui a failli capoter un nombre incalculable de fois… un vrai miracle qu’il ait fini par sortir en salles. J’ai vibré avec George, et ressenti un gros soulagement quand le film finit par sortir et rencontre un succès phénoménal, alors que je connaissais déjà ce dénouement heureux, m’enfin ! MAJ pour le tome 2 : Le tome 2 s’intéresse à la réalisation du deuxième film, pas aussi paisible qu’on pourrait le penser malgré le succès du premier, notamment parce que George Lucas tente de s’affranchir pour de bon de la dictature des studios hollywoodiens, et de financer le film lui-même… un pari audacieux et lourd de conséquence ! Les auteurs réappliquent la même formule, à savoir une quantité incroyable d’information transmises via une histoire enjouée, prenante et très facile à lire. Une série passionnante, que vous soyez fan de Star Wars ou pas... Vivement le troisième et dernier tome ! Un grand bravo aux auteurs.

24/05/2024 (MAJ le 09/10/2025) (modifier)
Couverture de la série Dynamite Diva - Rumeur mécanique
Dynamite Diva - Rumeur mécanique

Wouahouh, ça décoiffe ! Et c’est bien à réserver à un lectorat adulte, tant le récit, qui mélange pas mal de genres – du polar, du fantastique, de l’érotisme – se développe dans une atmosphère trash et provocatrice. On pourrait en effet dire que c’est un polar noir, glauque et désespéré, avec des personnages ayant du mal à vivre avec leurs névroses (le chauffeur de taxi psychopathe et meurtrier en tête). Mais l’enquête sur des meurtres violents est menée par un inspecteur vieille école désabusé et bourré de préjugés, et une jeune profileuse amoureuse de la principale suspecte, Dynamite Diva, héroïne au look gothique improbable, qui elle-même se lance à la poursuite du suspect, mais dans le rôle de l’ange exterminateur. Plus que le récit lui-même, c’est l’ambiance développée par Jasper Jubenvill (que je découvre avec cet ovni) qui vaut le détour, et qui ne manquera pas d’interpeler et d’attirer les amateurs d’underground et plus généralement de folie indé déjantée. Au service de cette histoire – tout aussi facilement ou difficilement résumable – Jubenvill nous propose un travail graphique lui aussi original, et plutôt à mon goût. Il y a un peu de Crumb dans les personnages – féminins en tête – bien en chairs. Et j’aime bien le rendu de son Noir et Blanc. Au milieu du récit sont glissées plusieurs pages remplies de fausses pubs, de gadgets et autres produits dérivés autour de Dynamite Diva, et ça donne une patine vintage pas désagréable. La dernière page laisse entendre qu’une suite est possible. Pourquoi pas ? En tout cas cet album m’a suffisamment intrigué pour que j’en sois si elle voit le jour. Pour finir, ajoutons que les éditions Ici Même ont encore fait du très beau travail.

08/10/2025 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Le Dernier Atlas
Le Dernier Atlas

Ça fait quelques temps que je n'avais pas eu de série qui m'avait happée au point de ne pas la lâcher tant qu'elle n'est pas finie. Et c'est tant mieux, parce que cette série assez blockbuster dans le fond est carrément bien écrite ! J'ai commencé la série sans même savoir ce qu'elle contiendrait et grand bien m'en a pris, c'était sans aucun doute la meilleure façon de faire. Puisqu'un résumé ne rend pas justice à la complexité de la BD, qui est une sacrée collection de sujets. Que ce soit la mafia, le changement climatique, le nucléaire, les relations franco-algériennes, la question des origines, la guerre, la géopolitique (et la politique tout court d'ailleurs), la BD se développe autour de nombreux sujets et surtout autour d'une pléthore de petits détails annexes bien vu. Ça commence par cette uchronie algérienne détaillée à la fin du premier volume qui permet de parler de nombreux sujets de la vraie vie véritable dans un contexte où la réalité historique n'est pas un poids et permet de s'amuser avec le scénario. Mais ça se poursuit avec toute ces questions soulevées sans cesse dans le récit et qui finissent par devenir prépondérante à l'intrigue principale. On a quand même une BD sur des gros robots et un truc extra-terrestre qui parle de zadistes (et de fermes bio), des clans de mafias se disputant, de l'Inde et de l'Algérie, des relations politiques et de la réécriture de l'Histoire par les États ... Non, vraiment, je me dois d'insister mais le contexte développé est touffu et prenant, presque trop pourrait-on dire, tout en permettant à une histoire de se développer. Histoire dont la résolution est somme toute classique mais parce que l'essentiel n'est pas dans celle-ci mais dans tout ce dont elle permet de parler. Je veux dire, vous en connaissez beaucoup des histoires blockbuster à ce point qui finissent avec un tel sentiment d'amertume et de fatalisme ? Ça détruit à tout va et la fin semble parler de paix presque illusoire, tandis que la mafia reste plus puissante que jamais. Et le tout sur fond de corruption politique, Histoire réécrite et passée violent qui refait surface. La série est clairement dans l'air du temps, d'ailleurs elle est à mon avis nourri de l'anxiété qu'a fait monter le covid (le tome 3 sent plus clairement l'impact du covid), mais c'est aussi et surtout une réflexion longue et lente sur l'humanité à l'aube des années 2020. On sent les commentaires sociaux et politiques, clairs et jamais dissimulés, mais avec une touche de grand spectacle, de scénario rocambolesque qui ne s’embarrasse pas toujours de détails techniques. Et je dois dire que je suis très client de cette approche à la fois simple dans le récit mais complexe dans le propos. Une série passionnante aux personnages hauts en couleurs, menée tambour battant autour de questions de plus en plus importantes dans nos sociétés. Non, franchement, je ne peux que vous recommander cette lecture !

08/10/2025 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série Dr Wertham
Dr Wertham

Plutôt fan du coup de crayon d'Eric Powell, j'étais curieux de découvrir cette biographie du Dr Wertham, personnage que j'avais découvert grâce à une autre BD : Fredric, William et l'Amazone de Jean-Marc Lainé et Thierry Olivier. Dans cet album j'avais découvert ce personnage parti en croisade contre les comics en plein Maccarthysme s'affrontait avec William Moulton Marston, le créateur de Wonder Woman, qui défendait lui l'intérêt pédagogique de ces créations. Ici, point de William Moulton Marston, on se recentre sur Fredric Wertham, un psychiatre d'origine allemande gorgé d'ambition qui va immigrer aux Etats-Unis et s'imposer au fil des ans comme un spécialiste des criminels. Car s'il est avant tout connu pour sa guerre contre les comics, Fredric Wertham fut avant tout un spécialiste des tueurs en série ; c'est ce que montre parfaitement la première partie de l'album. C'est en cherchant à déterminer les causes et les influences menant au crime que le Dr Fredric Wertham va se focaliser sur les comics qui apparaissent et pullulent après-guerre. Ce sont pour lui la cause de tous les maux de cette jeunesse dévoyée... Si c'est ce fanatisme qui restera comme image du personnage, nos auteurs n'en oublient pas pour autant la part humaniste de Wertham. C'est en effet grâce à lui que la ségrégation à été supprimée dans les écoles ou encore qu'il fût l'un des premiers à ouvrir une clinique psychiatrique pour les défavorisés à Harlem. En tout cas, voilà un album, un brin bavard, mais qui met en lumière un personnage central de l'histoire de la BD américaine. Peu s'en est fallu que celles-ci disparaissent sous ses coups de boutoir, aboutissant tout de même au fameux Comics Code Authority. Le graphisme d'Eric Powell est parfait pour l'exercice, avec cette colorisation tout en sepia, rendant à merveille le côté autoritaire du personnage et l'ambiance de chasse aux sorcières de l'époque.

08/10/2025 (modifier)
Par Brodeck
Note: 4/5
Couverture de la série Saint Rose - À la recherche du dessin ultime
Saint Rose - À la recherche du dessin ultime

Saint Rose, c'est un peu la rencontre entre Jean-Pierre Mocky et Jules Verne... Moi qui ne suis pourtant pas toujours un adepte de l'humour absurde (dans mon souvenir, j'avais moyennement aimé Les Miettes de Peeters par exemple), j'ai lu avec délectation ce récit d'aventures décalé, mais enlevé, bourré d'énergie et franchement drôle. Il y a du James Bond dans cette histoire, un peu d'Indiana Jones, des personnages hauts en couleur (dont un papou téméraire et un aventurier élégant et généreux, le dénommé Saint Rose, et Micol qui se met en scène avec beaucoup d'autodérision), des gangsters rappelant de célèbres philosophes et même Scarlett Johansson ! La somme de ces éléments pourrait paraître bien baroque, mais l'auteur parvient pourtant à garder le cap jusqu'au bout et à nous offrir un récit d'aventures palpitant. J'ai également beaucoup apprécié la partie graphique, on navigue entre le trait d'Oubrerie je trouve (mais là, " Renée Stone " est bien dépoussiéré !) et celui de Sfar. Pas complètement convaincu par " Mimesia " dont j'attendais beaucoup, je vais maintenant découvrir : Le Chien dans la Vallée de Chambara qui semble plus classique.

07/10/2025 (modifier)
Couverture de la série Le Loup des Mers
Le Loup des Mers

Je pense qu'Emka a exprimé avec brio l'essentiel de ce que je voulais dire sur cet ouvrage dans son avis précédent ! J'ai moi-même beaucoup apprécié ce roman graphique, basé sur l’œuvre originale de Jack London. Je n'ai, pour ma part, pas encore lu les deux autres ouvrages composant la trilogie de la mer de Riff Reb's donc je ne pourrai malheureusement pas les comparer. Le découpage de l'histoire en chapitres courts, denses, rend l'histoire très rythmée. Le graphisme de Riff Reb's au trait bien appuyé et dynamique confère aux marins de vraies gueules cassées, tranchant avec le raffinement des naufragés accueillis sur le bateau. L'idée de traiter chaque chapitre en monochromie avec des tons allant du bleu au rouge selon l’enchainement des événements est également très astucieuse et renforce l'immersion du lecteur. La confrontation des personnages de Loup Larsen (en français dans le texte), capitaine brutal faisant régner la terreur sur son bateau mais qui témoigne tout de même d'une certaine intelligence, et d'Humphrey Van Weyden, critique littéraire peu habitué aux travaux manuels et qui ignore tout de la rudesse de la vie en mer, est particulièrement intense et donne lieu à des échanges et débats philosophiques très intéressants (vie après la mort, culture, sens de la vie, etc). J'ai ainsi beaucoup apprécié la profondeur de ces deux personnages qui ne tombent pas dans la caricature de la brute écervelée contre le faible mais intelligent critique littéraire. Le final, beaucoup plus sombre que l’œuvre initiale de J. London, clôt de manière très juste ce huis-clos se déroulant dans l'immensité d'une mer souvent déchainée et avalant goulument les marins. Un roman graphique qui mérite sans nul doute de figurer dans les immanquables de BDthèque. SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 8/10 GRAPHISME (Dessin, colorisation, mise en page) : 8/10 NOTE GLOBALE : 16/20

07/10/2025 (modifier)