Dr Wertham
Fredrick Wertham était un psychiatre vilipendé par les amateurs de pop culture et de BD en particulier, à la suite d'une campagne très agressive menée contre les comics dans les années 1950. Schechter & Powell enquêtent et relatent son parcours.
Documentaires Séries avec un unique avis
Cet ultra-conservateur est l'auteur de Seduction of the Innocent, un ouvrage dans lequel il dénonce l'influence néfaste de la BD sur le comportement des enfants, ce qui amena la création du Comics Code Authority (comité d'auto-censure). Aujourd'hui reconnu comme un fanatique, qui cherchait à assurer son auto-promotion, il fut paradoxalement plutôt progressiste en ouvrant par exemple une clinique pour les défavorisés à Harlem.
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| Date de parution | 03 Septembre 2025 |
| Statut histoire | One shot 1 tome paru |
Les avis
Je ne connaissais pas du tout ce personnage, et cet album m’a permis de découvrir un homme qui a eu une influence non négligeable sur les comics américains. Dans la première moitié de l’album, on apprend à connaitre Wertham, son travail, sa personnalité – controversée, mais c’est la seconde partie qui m’a le plus intéressé. D’abord parce qu’il porte sur la soi-disant influence des comics sur la délinquance et autres déviances (idée fortement défendue par Wertham), mais aussi parce qu’il éclaire l’ambivalence de la personnalité de Wertham. En effet, il est étonnant de voir que cet homme, qui a lancé une croisade quasi fanatique contre la « mauvaise influence » des comics sur la jeunesse américaine, est aussi par beaucoup d’autres aspects quelqu’un de « progressiste ». Il va ainsi agir contre la politique ségrégationniste, s’opposer à Mc Carthy (qui lance sa « chasse aux sorcières » au même moment que la croisade de Wertham). Mais la personnalité de Wertham (bien éclairée par la première moitié de l’album) est égocentrique, autocentrée, hypocrite par pas mal d’aspects (il n’hésite pas à faire de l’argent avec les sujets qu’il étudie et/ou dénonce). Wertham a détruit en partie EC comics, a pourri la carrière de nombre d’auteurs (en particulier il a fait mal à des auteurs comme Wallace Wood), ce qui ne peut que me le faire détester. L’ironie de l’histoire, c’est que ça a poussé l’éditeur d’EC à accentuer le côté satirique de MAD (effet collatéral plutôt sympa de l’action de Wertham). Un album intéressant en tout cas, avec un dessin minimaliste au niveau des décors, une colorisation « gris délavé » déjà vue sur certains albums d’Eisner. Le rendu n’est pas très engageant, mais c’est lisible.Note réelle 3,5/5.
Plutôt fan du coup de crayon d'Eric Powell, j'étais curieux de découvrir cette biographie du Dr Wertham, personnage que j'avais découvert grâce à une autre BD : Fredric, William et l'Amazone de Jean-Marc Lainé et Thierry Olivier. Dans cet album j'avais découvert ce personnage parti en croisade contre les comics en plein Maccarthysme s'affrontait avec William Moulton Marston, le créateur de Wonder Woman, qui défendait lui l'intérêt pédagogique de ces créations. Ici, point de William Moulton Marston, on se recentre sur Fredric Wertham, un psychiatre d'origine allemande gorgé d'ambition qui va immigrer aux Etats-Unis et s'imposer au fil des ans comme un spécialiste des criminels. Car s'il est avant tout connu pour sa guerre contre les comics, Fredric Wertham fut avant tout un spécialiste des tueurs en série ; c'est ce que montre parfaitement la première partie de l'album. C'est en cherchant à déterminer les causes et les influences menant au crime que le Dr Fredric Wertham va se focaliser sur les comics qui apparaissent et pullulent après-guerre. Ce sont pour lui la cause de tous les maux de cette jeunesse dévoyée... Si c'est ce fanatisme qui restera comme image du personnage, nos auteurs n'en oublient pas pour autant la part humaniste de Wertham. C'est en effet grâce à lui que la ségrégation à été supprimée dans les écoles ou encore qu'il fût l'un des premiers à ouvrir une clinique psychiatrique pour les défavorisés à Harlem. En tout cas, voilà un album, un brin bavard, mais qui met en lumière un personnage central de l'histoire de la BD américaine. Peu s'en est fallu que celles-ci disparaissent sous ses coups de boutoir, aboutissant tout de même au fameux Comics Code Authority. Le graphisme d'Eric Powell est parfait pour l'exercice, avec cette colorisation tout en sepia, rendant à merveille le côté autoritaire du personnage et l'ambiance de chasse aux sorcières de l'époque.
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