Les derniers avis (31918 avis)

Par Présence
Note: 4/5
Couverture de la série Pretty Deadly
Pretty Deadly

Un western onirique et gothique, aux visions troublantes - Il s'agit du premier tome d'une série indépendante de tout autre. Il contient les épisodes 1 à 5 de la série, initialement parus en 2013/2014, écrits par Kelly Sue DeConnick dessinés et encrés par Emma Rios, mis en couleurs par Jordie Bellaire. Un papillon volette juste au dessus des herbes d'une praire en s'adressant à un lapin, lui demandant s'il se souvient de leur première rencontre. Les images de la séquence montrent que le lapin a été tué d'une balle dans la tête par une petite fille à ce moment là. le papillon demande au lapin de lui raconter l'histoire, mais pas depuis le début. La seconde séquence se déroule Far West, dans un patelin aux rues en terre, alors qu'un aveugle (Fox) et une jeune fille (Sissy) donne un spectacle à la populace. Sissy déroule une toile comportant une douzaine de cases qui servent de support visuel à son récit. Elle narre un conte dans lequel un mari enferme sa femme dans une tour. Elle réussit à convoquer la mort qui l'enferme à son tour et elle accouche d'une enfant Deathface Ginny. Sissy et Fox font la quête et continuent leur chemin à travers le désert. Quelque temps plus tard, Alice arrive dans la même ville, va trouver le shérif Johnny Coyote au bordel, le blesse à la jambe et lui reproche d'avoir confié un sceau à Sissy. Le récit commence comme un conte pour enfant (le temps d'une page), puis il débouche sur une vision horrifique. Il repart ensuite sur un western, pour à nouveau virer dans le conte de nature surnaturelle et horrifique. le lecteur a intérêt a bien s'accrocher, tout en se laissant porter par les tours et les détours de la narration. L'aspect western repose sur quelques conventions bien établies du genre : pistolero, ville sommaire avec sa grand rue, grands espaces, longues chevauchées. Toutefois le scénario incorpore ces conventions en les amalgamant intégralement dans le reste de la narration, au point qu'elles perdent leur fadeur, en s'imprégnant des autres saveurs. C'est également vrai sur le plan visuel, Emma Rios ne reproduit pas des stéréotypes, elle utilise une esthétique à l'apparence spontanée, sans être esquissée, avec des tenues vestimentaires à la fois crédibles et variées. Une simple chevauchée (un cavalier approchant du lecteur dans quatre cases de la largeur de la page) n'a rien de banal. La silhouette est en partie mangée par la poussière soulevée par le vent. Il subsiste assez de détails pour la rendre unique. le lecteur peut suivre la trajectoire légèrement arquée du cavalier et de sa monture. Il scrute le dessin, distinguant de nouveaux détails à chaque case. Emma Rios se révèle également très habile à rendre compte des espaces avec des horizons plus ou moins proches. De la même manière, le trait un peu esquissé (parfois un peu confus) d'Emma Rios confère une étrangeté inconfortable aux éléments inattendus. Il peut s'agir de la moitié de la boîte crânienne du lapin, emportée par une balle, ou de la tête de corbeau (ou de vautour) qui sert de couvre-chef à Sissy. le trait un lâche des dessins, parfois un peu imprécis, oblige le lecteur à se concentrer (2 ou 3 cases difficiles à saisir du premier coup d'œil), mais il laisse également une part d'inconnu dans ce qui est représenté, ce qui en augmente l'étrangeté ou l'horreur (par exemple la personnification de la mort). DeConnick n'intègre pas énormément de scènes chocs dans sa narration (une automutilation, quelques blessures par balle, un duel à l'épée) ; il s'agit d'un niveau de violence très basique pour un comics américain. C'est bien le soin apporté aux costumes, aux environnements qui confère de la substance à ces actes, ainsi qu'une légère dimension onirique, teinté de gothique. Il faut un peu de temps pour s'adapter à cette esthétique plutôt européenne, un peu esquissée, avec ces motifs de nuées, et de volutes de papillons ou de pétales. Emma Rios expose au lecteur un environnement qui oscille entre réalisme et onirisme, sans frontière marquée, les glissements s'opérant naturellement, au gré des oscillations de la narration. Il y a une complémentarité naturelle et sophistiquée entre dessins et histoire. Rios et DeConnick avaient déjà collaboré ensemble pour Osborn: Evil Incarcerated. De la même manière que le lecteur est invité à se laisser porter par des images qui défient ses attentes, il doit aussi accepter de renoncer à ses idées préconçues sur le schéma narratif. DeConnick ne met pas en avant un fil narratif principal. Il n'y a pas d'exposé ou de dialogue explicatif pour présenter chaque personnage. de nouveaux personnages surgissent sans avoir été présentés. Ils accomplissent des actions sans explication de leur motivation, sans que le lecteur ne puisse appréhender les conséquences de ces actes. DeConnick n'a pas placé un personnage qui vient d'arriver, et qui pose des questions pour comprendre, dont les réponses constitueraient un exposé pratique pour le lecteur. Ce dernier est le témoin de scènes dont le sens n'apparaît qu'au détour d'une autre, séparée de la première par plusieurs séquences. Ce mode de narration (un peu dangereux car parfois sibyllin) a un effet déstabilisant parce qu'il ne met pas en évidence les liens de cause à effet. Il a aussi pour conséquence de nourrir cette sensation de rêve éveillé. À l'issue de ces 5 épisodes, le lecteur aura plongé dans un monde aussi envoûtant que personnel, dans une histoire de vengeance cruelle. Il aura obtenu une partie des réponses, mais pas toutes. Il aura souffert d'une violence cruelle et il aura souffert avec les personnages qui se débattent pris dans la nasse confectionnée par les actions de leurs parents. Son cartésianisme aura été soumis à rude épreuve, ce qui aura pu engendrer un sentiment diffus de frustration de ci de là.

10/09/2024 (modifier)
Couverture de la série Lincoln
Lincoln

Une série qui ne démérite pas son petit succès. Découverte à son origine, je la suis avec intérêt et plaisir à chaque nouveauté. Nous y suivrons Lincoln, un cowboy un rien bourru, à qui Dieu a conféré l’immortalité (une sorte d’expérience divine). Voilà pour la base. On pourrait croire que ça va vite tourné en rond, et honnêtement c’est à demi vrai. Mais la série regorge de chouettes idées et de suffisamment d’arguments pour me faire chavirer. Je vais essayer de mette le doigt sur tout ça. Ce que j’aime déjà, même si c’est très anecdotique et personnel, c’est que c’est une BD « familial » dans tous les sens du terme. Elle plaira à un large public mais j’aime bien l’idée que pour les auteurs, c’est aussi une aventure en famille. Un autre point que j’admire, c’est que la réalisation ne cesse de se bonifier. Avec le temps, les auteurs ont bien pris de la bouteille et ça se ressent. Même si ça n’a jamais été médiocre (toujours fluide, lisible et divertissant), les progrès sont flagrants. Le trait s’affine et on gagne vraiment en construction niveau scénario. En fait, et alors qu’ils sont bardés de récompenses ou prix, je trouve que les 2 premiers tomes sont les plus faibles. Les suivants n’ont fait qu’accentuer mon ressenti positif, ils sont tous remplis de moments d’anthologie. Notre petit trio (ah oui je l’avais pas précisé, mais qui dit dieu dit diable) m’est devenu plus qu’attachant sur la durée. Et enfin ce que je trouve excellent, c’est que si le scénariste nous sert un peu le même schéma à chaque fois, les environnements sont différents et se renouvellent. Notre héros étant immortel, il traverse les époques et les thématiques. Franchement rien d’hyper sorcier mais du bien bel ouvrage. Lincoln c’est cool.

10/09/2024 (modifier)
Couverture de la série Chevrotine
Chevrotine

Voilà un album inclassable, et franchement surprenant ! C’est en tout cas une lecture que j’ai appréciée. Il y a un arrière-plan de conte, mais alors totalement dévié, perverti, qui donne un résultat souvent jouissif. En effet, Chevrotine, avec ses mioches et son clébard qui parle, a des airs de Blanche Neige avec ses sept nains. Mais rapidement les repères des contes de fées traditionnels volent en éclat, et on est embarqué dans une histoire dominée par du loufoque – dans les grandes lignes et dans les détails, un peu d’absurde, d’humour noir. Pas mal de références prises un peu partout aussi, coincées dans certains dialogues, certaines images. De la SF, du fantastique, un peu de n’importe quoi, tout est bon pour surprendre le lecteur, sans pour autant sacrifier à l’intrigue – il y en a une ! Certes, il y a quelques longueurs, mais les apparitions saugrenues de personnages improbables (oiseau préhistorique domestiqué, facteur à moto volante, type à tête de crocodile, cosmonaute à la chevelure ridicule, etc.) et les rebondissements de l’histoire, permettent d’être captivé jusqu’au bout. Une histoire qui va en rebuter certains, mais on a là quelque chose d’original et de vraiment chouette.

10/09/2024 (modifier)
Couverture de la série Furieuse
Furieuse

Depuis le très bon De rien, j’étais plus ou moins resté sur ma faim en lisant des productions de Geoffroy Monde. Je le retrouve ici avec grand plaisir, dans un genre totalement différent. L’histoire s’adresse à un très large public. Les plus jeunes y trouveront leur compte au niveau du récit et du dessin. Mais l’adulte que je suis y a aussi trouvé du plaisir. Le récit est très rythmé, et je trouve qu’il n’y a pas trop de longueurs, on ne s’ennuie pas. Monde utilise quelques trames classiques. Le mythe arthurien (mais uniquement comme décor presque abstrait), ou la princesse refusant le mari désigné par son père et fuyant). A partir de là, il a réussi à bâtir un scénario qui s’écarte des sentiers battus, tout en restant finalement assez classique. Le dessin de Burniat est, comme à son habitude, moderne et fluide. Et très coloré ! C’est je crois la première fois que je ne le vois qu’au dessin, mais il a su bien accompagner le scénario de Monde. Une lecture très sympathique. Note réelle 3,5/5.

10/09/2024 (modifier)
Couverture de la série Vertige - 10 ans d'enquêtes sur la crise écologique et climatique
Vertige - 10 ans d'enquêtes sur la crise écologique et climatique

Un genre de travail que l’on pourrait qualifier « d’hélas nécessaire », tant le silence assourdissant qui accompagne les rapports du GIEC ou d’autres lanceurs d’alerte nous rapproche du vide. On peut en effet avoir le vertige en regardant le vide, ou en levant la tête vers ce qui nous reste à faire pour éviter la chute. Mais le propre de ce genre de travail documentaire – très documenté pour le coup – est justement d’ouvrir yeux et consciences, d’éclairer les « citoyens », à rebours du travail d’enfumage effectué depuis longtemps par les multinationales surtout, mais aussi les grands États et quelques communicants et « spécialistes » qui peuplent les plateaux télé pour instiller le doute, nier, menacer… Cet album est une sorte de compilation de diverses enquêtes parues dans La Revue Dessinée. C’est hétéroclite mais suffisamment lié par une même volonté de dénoncer inactions et menaces pour justifier leur réunion dans un même album. J’avais déjà lu l’album (dont un extrait est repris ici) sur les algues vertes. Comme cette enquête, plusieurs sujets sont vraiment très fouillés, même s’il n’y a ici qu’un « digest » d’un travail plus conséquent. D’autres sont de « simples » alertes bien documentées, mais peut-être moins poussées scientifiquement. Tous les sujets sont en tout cas intéressants, soulèvent de vraies et importantes questions, et l’album est à faire circuler. Il est aussi une porte d’entrée vers des recherches et documentations sur les sujets abordés, et il pousse à rester vigilant face à la communication politique et surtout des multinationales (mais les deux ont tendance à se confondre, tant ces dernières phagocytent les instances internationales et influencent les traités). Un beau travail d’information, à lire – même si hélas les scandales continuent à s’accumuler.

10/09/2024 (modifier)
Par grogro
Note: 4/5
Couverture de la série La Vengeance
La Vengeance

Visiblement une BD qui divise. Et bien moi, perso, j'ai trouvé ça d'un très bon niveau. Je n'avais pas tilté, mais l'auteur est David Wautier, un auteur dont je kiffe les carnets de voyage, ainsi que ses BD jeunesse, en particulier La tempête sortie très récemment. D'ailleurs, La vengeance reprend le contexte de la tempête : une famille de colons isolés dans le grand Ouest américain. Bon, il faut bien avouer qu'ici, l'auteur ne s'est pas foulé graphiquement. Quand on connait La tempête, et surtout ses carnets, on mesure l'écart qui sépare ce travail de cette BD, un peu bâclée dans les détails et c'est dommage. Alors heureusement, on oublie très vite cet aspect des choses, d'autant plus que malgré tout, le trait est quand même affirmé (faut pas exagéré) et les cadrages, comme toujours, très bien vus. De ce point de vue, c'est même presque un modèle du genre. La lecture est expédiée rapidement. Oui, c'est vrai, c'est une BD qui se lit vite. Néanmoins, ce scénario très ramassé est solide. Le déroulement de l'histoire par flashbacks, si ce n'est pas une idée nouvelle, permet de maintenir un suspens bien distillé, et d'entretenir quelques interrogations (alors ? Ces trois gars que le héros poursuit ? Sont-ce bien les auteurs du meurtre de sa femme ?...). Du coup, ben c'est plutôt une très bonne histoire, d'un classicisme indémodable, et l'ambiance est là, perceptible. J'ai peut-être un peu forcé ma note, eut égard à son auteur, mais ce n'est pas non plus du vol.

10/09/2024 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5
Couverture de la série Amour cru
Amour cru

Une fois n'est pas coutume pour le prolifique Eldiablo, c'est à sa compagne (également créditée) que l'on doit ce scénario surprenant à plus d'un titre. Grégory Mardon dont j'avais apprécié le trait direct dans Cycloman illustre avec énergie cette histoire dont, une fois de plus, il serait dommage d'en dévoiler tous les aspects tant elle interpelle et titille le lecteur mais pas spécialement où on aurait pu le croire. Car non "Amour Cru" n'est pas une bête histoire de cul couchée sur papier. Pourtant des scènes affriolantes et sans tabou, il y en a : Mélina est une jeune trentenaire à la vie on ne peut plus banale. Vendeuse dans une boutique de prêt à porter, elle bouffe la vie et les plaisirs charnels. Extrêmement attirante physiquement et dotée d’un culot sans limites, elle multiplie les expériences « amoureuses » avec les inconnus rencontrés sur le net ou dans la rue. De ses histoires sans lendemain, elle ne garde aucune attache si ce n’est son amitié d’enfance pour sa copine Charlie, bien plus réservée et recherchant davantage le grand amour. Aussi lorsque Charlie va faire la connaissance d’Alan, un homme mur tout aussi réservé qu’elle et changer radicalement de vie, Mélina va devenir suspicieuse et douter du bonheur trop rapidement acquis de son amie et mener l’enquête… Amour Cru se pose comme un bouquin clairement porno sous le trait simple mais direct de Mardon dans une ambiance parisienne speed et sensuelle. Si on peut commencer la lecture par une main (les ébats de Mélina sont plutôt explicites et plutôt excitants), c’est à deux mains et les yeux bien ouverts que l’on poursuit sa lecture, le récit se métamorphosant en enquête aux révélations bien malsaines… Sans en dévoiler davantage, il est peut être utile d’ajouter que la couverture représente plutôt parfaitement le contenu des propos rapportés mais qu’on ne la comprendra qu’à la toute fin. Il s’agit ici d’une certaine forme extrême de l’amour physique et de la folie qui peut en découler : personne n’en sortira indemne mentalement. Je n’avais plus ressenti cela depuis certaines œuvres phares de David Cronenberg qui était jusqu’à présent le principal représentant de cette catégorie. Lire Amour Cru juste après le formidable « Un homme de goût » du même Eldiablo permet également de relier certains points car les correspondances sont légion. Si la fin arrive comme à la fois une évidence et également comme trop abrupte, je rejoins mes camarades des commentaires plus bas sur le thème : laisser infuser le récit. Ma première réaction fut tournée vers le rejet en me demandant quelle pouvait bien être la cible exacte de ce récit tout en m’ôtant l’idée de la relire un jour. Et puis, selon son ressenti, son propre vécu, et l’universalité des propos, on se rend compte qu’on a à faire à un truc vraiment malin, déroutant certes mais réussi. La lecture en une traite sans l’envie de bailler ou d’interrompre est également un signe d’une histoire réussie. Et elle le doit tant à son scénario qu’à la vigueur des dessins de Mardon. Amour Cru n’est certainement pas pour tous les publics (j’hésite à le proposer en lecture à ma compagne malgré le sujet intéressant) mais c’est plus pour l’incompréhension que l’histoire peut susciter. Car le ressenti est réel et authentique. Donc c’est une fois de plus réussi. Décidément Eldiablo réussit à transformer en or tout ce qu’il touche, même si cela doit bouleverser les idées préconçues et les biens pensants. Et en cette période trouble de notre histoire nationale, ça fait toujours ça de pris.

10/09/2024 (modifier)
Couverture de la série Ce n'est pas toi que j'attendais
Ce n'est pas toi que j'attendais

Je ne vais pas rajouter beaucoup de choses aux louanges légitimes qui entourent cette remarquable série. Ce qui est remarquable dans cette première création BD de Fabien Toulmé est qu'il provient d'un univers assez éloigné de la BD (ingénieur dans le bâtiment) mais qu'il réussit à produire une œuvre de vieux briscard . C'est probablement la force amenée par sa fille Julia qui lui a permis de s'ouvrir avec autant de talent dans ce nouveau domaine. La construction du récit est proprement excellente. Sur une thématique difficile Toulmé introduit une tension qui va crescendo jusqu'au deux tiers du récit pour finir dans une explosion d'amour et de confiance. Comme tous j'ai été frappé par la sincérité du propos. Toulmé se présente d'une façon si stressante au début de l'album que c'est difficile de rester impassible devant son attitude. Pour autant cette attitude est intéressante car pur produit d'un monde qui promeut paradoxalement la compétition et la normalité même appliquée à la petite enfance. Sa Julia est bien "exceptionnelle" car elle ouvre sur un autre rythme, d'autres façons de faire. Le récit devient de plus en plus touchant au fur et à mesure que Fabien Toulmé découvre les richesses de sa fille. C'est toute la beauté de l'ouvrage de nous faire partager cette ouverture sur une différence qui peut être angoissante à cause de notre ignorance. Toulmé réussit à combattre cette ignorance par cette superbe série. Il est bien épaulé par sa femme et sa grande fille qui apportent une grande joie de vivre au récit. La narration est d'un très bon niveau évitant le pathos ou la mièvrerie. Le graphisme de type documentaire traduit parfaitement les émotions de Toulmé et de son entourage. L'auteur introduit de la distance à soi, de l'autodérision et un soupçon d''humour qui rendent la lecture plaisante malgré une thématique lourde. Une excellente lecture à la fois touchante, sincère et instructive pour combattre les idées reçues .

09/09/2024 (modifier)
Par Présence
Note: 4/5
Couverture de la série Wolverine - Possession
Wolverine - Possession

Logan a décidé de se ressourcer au Canada, à Dawson City dans le Yukon. Il boit une bière tranquille tout seul à sa table, avant d'être entraîné dans une bagarre. Une fois sortie en charmante compagnie, il est assailli d'images mentales et de sensations liées à la furie animale, et à la soif de tuer pour voir le sang couler. Il est également assailli physiquement par un groupe d'individus grands, élancés, couverts d'une fourrure blanche qui enlève la femme qui l'accompagnait. Il se lance à leur poursuite dans l'immensité neigeuse et sauvage. Le lecteur peut ressentir l'influence de Wolverine de Chris Claremont et Frank Miller dans la première pleine page (visuellement) et dans cette histoire de chasse et d'animalité. Néanmoins, Davis ne se contente pas d'un récit "à la manière de..". Il utilise comme Claremont et Miller, le flux de pensée de Logan, dans de brèves cellules de texte, pour transmettre sa confusion mentale sous l'assaut de ces sensations primaires. Il insère une composante surnaturelle importante, et une légère touche de science-fiction, pour un récit dans lequel Wolverine est complètement dans son élément, entre étendues sauvages enneigées, et tiraillement entre son coté animal et ses aspirations civilisées. Il est visible que Davis a passé du temps sur ses dessins (plus sur les personnages que sur les décors), avec un encrage méticuleux de Neary. L'environnement enneigé permet à Davis & Neary de s'affranchir des arrières plans pour un fond blanchâtre avec quelques jeux de lumière, transcrivant les étendues neigeuses. le soin apporté aux personnages permet d'éviter l'effet scène de théâtre vide de décor pour les différentes séquences. Davis et Neary réalisent une histoire originale de Wolverine respectant ses caractéristiques principales, avec une petite réflexion sur ses aspirations et ses craintes les plus intimes.

09/09/2024 (modifier)
Par Hervé
Note: 4/5
Couverture de la série Thorgal Saga - Shaïgan
Thorgal Saga - Shaïgan

Ce troisième tome ne s'inscrit pas dans le meilleur des cycles de Thorgal, pourtant Yann s'en sort assez bien avec ce hors série. C'est pourtant curieux d'avoir confier à Yann et Surzhenko, les deux auteurs de deux séries dérivées de Thorgal, la réalisation de ce hors série.Nous sommes loin de l'idée géniale d'aller trouver Robin Recht pour "Adieu Aaricia". Et passons aussi sur le tirage spécial, dans lequel j'ai lu cette aventure, exclusivement en noir et blanc, contrairement aux deux premiers tirages spéciaux des précédents albums . Revenons à l'album, que j'ai trouvé nettement meilleur que Thorgal Saga - Wendigo qui ne m'avait pas entièrement convaincu. Ici Yann nous livre une aventure que l'on aurait pu trouver dans la série mère. Pour une fois, Yann ne nous accable pas de références inutiles et j'ai été littéralement séduit par cette nouvelle quête de notre immortel héros. N'ayant lu ni "Louve", ni "la jeunesse de Thorgal", je découvre le dessin de Roman Surzhenko et il s'inscrit parfaitement dans les pas de Rosinski. Un scénario solide, avec un dessin qui m'a séduit dans sa version noir et blanc, bref j'ai passé un très agréable moment.

09/09/2024 (modifier)