Je ne connais pas du tout le roman original, mais la lecture de cette adaptation m’a vraiment ravi.
Ca démarrait pourtant mal : j’ai moyennement accroché au chapitre introductif et au 1er acte. Je trouvais les dialogues pompeux, et les réflexions philosophiques un peu absconses et fatigantes. Mais les choses s’améliorent dès le 2ème acte, et la narration devient plus fluide. L’histoire est d’une richesse incroyable, et aborde des thèmes tels que l’hédonisme, la déchéance, la beauté et l’art, tout en restant plaisante et accessible.
Surtout que le travail graphique est magistral ! Chaque planche est un tableau. La peinture de l’auteur s’apprécie d’ailleurs encore plus sur les pleines pages qui introduisent chaque acte, et sur les planches doubles à couper le souffle qui illustrent le supplément en fin d’album – supplément passionnant, où l’auteur nous en dit un peu plus sur son travail d’adaptation, exercice toujours périlleux quand on s’attaque à un classique de la littérature,
« Dorian Gray » fait partie des rares albums que je pense relire très bientôt pour encore plus en apprécier la richesse. Et puis quel plaisir pour les yeux !
J'aime beaucoup Maliki mais le livre reprend exactement le blog donc tant qu'à faire, autant aller sur le blog pour lire les strip. Si vous aimez les chats, vous allez adorer.
Les dessins s'améliorent au fil du temps.
Je conseille donc sur le blog ou lire le livre d'un ami, mais cela ne vaut pas bien la peine de l'acheter (sauf si vous avez les moyens).
Après la lecture des 16 albums de l'édition originale.
Certainement une des meilleures séries strips-gags. Alors pourquoi ne pas mettre la note maximale ? Eh bien parce que je trouve les 7 premiers albums (du T0 au T6) concernant la période où Fantasio est directeur bien moins réussis que l'époque suivante (T7 à la fin) celle avec Prunelle et cela pour plusieurs raisons.
D'abord les dessins sont bien plus jolis, plus fins, plus travaillés. Ensuite grâce à un grand nombre de personnages apparus une fois de plus après le tome 7, les gags me paraissent bien meilleurs et font mouche à tous les coups ce qui n'était parfois pas le cas dans la première période.
En résumé, une excellente série humoristique à posséder absolument.
Al Crane, c'est le western iconoclaste qui se moque de son sujet mais sait aussi rappeler que la réalité historique avait sans doute moins de saveur qu'un John Wayne. Et c'est aussi un incroyable défouloir de la part d'un Alexis et Lauzier qui ne se privent de rien. Quelle déconnade !
En lisant Al Crane, on remarque directement que la première histoire s'inspire de Blueberry avec son personnage si reconnaissable. Mais le western part dans un tout autre style, avec ces dialogues qui font directement ressortir le racisme des blancs, la suprématie des hommes sur les femmes, les massacres traités de façon anodines (après tout, ces indiens ont attaqués en premier). Mais aussi l'idée des chutes, souvent incroyables. On pense que ça ne peut pas être pire et paf, on te colle un petit moment d'horreur encore plus grande.
On sent que Lauzier continue là ce qu'il a déjà fait avec d'autres œuvres : s'amuser en critiquant. Mais contrairement à ce qu'on pourrait penser, Lauzier ne fait pas ça gratuitement. Tout est prétexte à casser la figure héroïque du cow-boy merveilleux. On sent que cette déconstruction est presque jouissive : Al Crane est machiste, sexiste, homophobe, raciste, violent, imbu de lui-même. Et pourtant, il ne sera même pas le héros de plusieurs histoires, relégué au second plan par d'autres plus méchants, plus viriles mais tout aussi con. J'aime cette représentation jusqu'à la caricature qui est en même temps brocardé dans sa magnificence. C'est un trait que Lauzier avait déjà développé dans d'autres œuvres.
Enrobé par un trait de Alexis qui s'inspire de nombreux westerns, la BD s'amuse d'horreurs pour en rappeler la banalité. Oui, à une époque on pendait un noir sans procès, on tuait des indiens sans risques et quant aux femmes ... Ben mieux valait ne pas naître comme tel. Et même si nous ne sommes pas face à un propos historique, c'est salutaire de démystifier le cow-boy pour rappeler que la bêtise humaine était bien présente à cette époque aussi. Qu'elle était structurelle et qu'elle est un peu resté, dans une image d’Épinal.
Cette BD n'est pas récente et pourtant je trouve qu'elle est encore d'actualité. La place de l'autochtone ou du noir dans nos fictions, le rôle des femmes, la question du mâle viril et parfait est aujourd'hui beaucoup questionné dans nos œuvres culturelles. Il y a près de 50 ans, Lauzier et Alexis s'interrogeaient déjà là-dessus, en s'en amusant. J'avoue que j'aime bien cette idée.
Vraiment adoré. Une fois le premier tome bien attaqué, je ne pouvais plus m'en détacher. Une histoire captivante. Un univers vraiment bien construit, très complet avec plusieurs personnages attachants en plus de l'héroïne.
Je n'ai pas vu le temps passer en lisant cette BD et une fois chaque tome fini, je voulais tout de suite avoir la suite. Le film retrace une partie infime de la bd. Le dessin est simple sur les personnages mais cela ne me gène pas tant l'histoire est superbe.
Très attachant. J'adore les personnages et la manière qu'ils ont d'évoluer. Les derniers tomes ont un peu perdu de leur innocence comparé au début mais ils restent toujours très bien.
Ce manga s'attaque à un sujet délicat sur l'éducation d'une enfant orpheline d'une manière cocasse et touchante.
Le dessin est très simple, avec peu de détail dans les décors mais des expressions très humaines des personnages.
Génial !
De la série Yazawa, c'est le plus vieux disponible en France mais surtout le meilleur. Plein de charme, tout est écrit assez légèrement. Peut paraitre un peu trop à l'eau de rose sur l'histoire, mais les personnages sont tellement attachants qu'on en oublie le scénario.
Voici un bel album pour qui aime la science fiction.
Jodorowski, que je ne présenterai plus, se livre ici comme il l’indique lui-même à un exercice de style qui est une grande première pour lui : fournir des mini récits, lui qui est habitué aux sagas se déroulant sur plusieurs tomes…
Ces histoires publiées indépendamment dans divers numéros de la revue "métal hurlant" lors de sa renaissance n’ont d’autre point commun qu’un astéroïde hurlant passant auprès d’une planète et influençant l’avenir d’un être. Le hurlement de cet astéroïde correspond aux ondes qu’il émet lors de son voyage intersidéral, lui seul vestige d’un être supérieur ayant un jour animé et dominé une planète aujourd’hui morte.
Nous avons donc droit à 11 essais de science fiction, avec 12 dessinateurs différents. Au-delà de la classique possibilité de comparer les styles de chaque auteur, j’ai été fortement surpris finalement, malgré une grande diversité de la cohésion de l’œuvre. Passer d’une histoire à l’autre est aisé, le changement de style entre chaque se fait naturellement tant chacune d’elle montre une grande qualité. Chacun des artistes a un vrai talent et je ne pourrais pas en choisir un plus qu’un autre. Les traits de crayons et les couleurs sont toutes intéressantes et collent parfaitement à l’univers de la nouvelle. Jodorowski d’ailleurs nous indique bien qu’il a essayé de créer des scénarios en se basant sur les forces et faiblesses de chaque dessinateur. Pari réussi de belle manière.
Ensuite, au-delà du dessin, il y a les histoires elles même. En à peine 10 pages pour chaque histoire, Jodorowski réussit pourtant à chaque fois à nous emmener dans ses univers. Sans fioriture, sans perte de temps dans des introductions à rallonge, son talent de conteur fait mouche et permet d’avoir des histoires rapides mais se suffisant parfaitement à elles mêmes.
Chaque histoire est bien distincte des autres, car le seul lien est l’apparition de l’astre errant dans le ciel de la planète incriminée. Après, les planètes, les personnages et les destins sont parfaitement variés et attachants.
Je note cependant 2 choses particulières :
* « les larmes d’or », se passant dans un univers très très proche du notre m’a le plus touché par son interprétation de la réalité exacerbée qui touche au cynisme le plus magistral.
* L’histoire dessinée par Ciruello, ne fait pas apparaitre l’astéroïde hurlant et de fait, le scénario ne met pas en avant un quelconque changement de destin, mais une destinée somme toute apparemment logique et déjà programmée. Petite erreur et exception donc au fil rouge de cet album.
Pour finir, chaque histoire possède une page d’introduction présentation le thème abordé par Jodorowski, ainsi qu’une courte bio du dessinateur. Sympathique car cela donne encore plus de liant à l’œuvre.
Un album indéniablement à découvrir pour qui en aura la chance.
Tiens, Raymond Briggs n’a pas réalisé que des livres pour enfants… « Ethel & Ernest » est un hommage à ses parents, et une BD « roman graphique » autobiographique pure souche. Elle ne convertira pas les allergiques au genre : la vie des parents de l’auteur est terriblement banale, et le style narratif linéaire et académique au possible, même si des touches d’humours viennent égayer l’ensemble.
Pourquoi la bonne note alors ? Tout simplement parce que cette histoire constitue une véritable mini encyclopédie sur la vie en Angleterre entre les années 40 et 70 : guerre, rations, politiques intérieure, mais aussi des sujets et détails plus légers : styles vestimentaires, décors dans les maisons, arrivé de la premières télé, mœurs, langage etc… un vrai délice pour moi qui habite en Angleterre… reste à voir si ce genre de détails historiques vous intéressent.
Voila, un roman graphique comme tant d’autres, mais dont le contexte historique m’a beaucoup intéressé…
Basée sur une idée très classique des récits d'action à l'américaine, cette bande dessinée se révèle néanmoins particulièrement prenante.
L'idée, c'est celle d'un super-espion, le niveau au dessus de James Bond, ou alors un James Bond génétiquement modifié et doté du meilleur de la technologie cybernétique et informatique. A ce stade là, nous sommes plus dans le domaine du super-héros que du simple "meilleur agent secret du monde".
L'autre idée, un classique aussi, c'est que ce super-héros espion est un nom aux multiples visages, car les Jack Black, tous au service secret de sa Majesté, se sont succédés et ont été améliorés année après année depuis le 19e siècle, tellement secrets qu'ils utilisent même les services les plus secrets comme simples couvertures.
Tout ça vous parait un peu facile, pas vrai ? Il suffit en effet à un scénariste d'imaginer un service super-secret et un super-héros tout puissant capable de tout réussir et hop, plus besoin de se casser la tête à rendre les choses crédibles et à inventer des solutions pour se sortir de solutions difficiles : Jack Black est plus fort que tout, plus rapide, plus intelligent et en plus les femmes sont littéralement à ses pieds, subjuguées par ses phéromones.
Le rêve, pas vrai ?
Ben oui, comme une histoire de super-héros, quoi.
Et pour une histoire de super-héros super-espion super-tout, eh bien c'est une histoire tout simplement réussie. On s'y fiche du réalisme même si tout reste cohérent, l'important c'est d'apporter au lecteur une tranche de distraction très réussie qui lui fera passer un bon moment.
Le graphisme est moderne, dynamique et colle très bien au récit. On lui reprochera juste des anatomies un peu trop répétitives, jolies filles et mecs au physique de mannequins sportifs.
La narration coule parfaitement et s'offre en plus l'avantage d'être dense, permettant à une vraie histoire complète de tenir en un seul album de 54 pages.
Le personnage principal est charismatique. Les conséquences de sa soudaine position en tant que Jack Black sont cohérentes et assez bien trouvées, même si son incartade en ayant "juste pensé à l'Angleterre" sonne un peu faux compte tenu de son rôle initial de père de famille marié et fidèle.
L'intrigue joue en outre la carte de la proximité avec des personnages et faits réels et d'actualité, 11 Septembre et autres Richard Branson, ce qui lui ajoute une certain intérêt.
En définitive, Jack Black est une série d'action à l'américaine pur jus, cocktail de thriller d'espionnage et de comics de super-héros, avec une grosse dose de science-fiction et de deus ex machina, mais qui se révèle très distrayante et particulièrement efficace.
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Dorian Gray
Je ne connais pas du tout le roman original, mais la lecture de cette adaptation m’a vraiment ravi. Ca démarrait pourtant mal : j’ai moyennement accroché au chapitre introductif et au 1er acte. Je trouvais les dialogues pompeux, et les réflexions philosophiques un peu absconses et fatigantes. Mais les choses s’améliorent dès le 2ème acte, et la narration devient plus fluide. L’histoire est d’une richesse incroyable, et aborde des thèmes tels que l’hédonisme, la déchéance, la beauté et l’art, tout en restant plaisante et accessible. Surtout que le travail graphique est magistral ! Chaque planche est un tableau. La peinture de l’auteur s’apprécie d’ailleurs encore plus sur les pleines pages qui introduisent chaque acte, et sur les planches doubles à couper le souffle qui illustrent le supplément en fin d’album – supplément passionnant, où l’auteur nous en dit un peu plus sur son travail d’adaptation, exercice toujours périlleux quand on s’attaque à un classique de la littérature, « Dorian Gray » fait partie des rares albums que je pense relire très bientôt pour encore plus en apprécier la richesse. Et puis quel plaisir pour les yeux !
Maliki
J'aime beaucoup Maliki mais le livre reprend exactement le blog donc tant qu'à faire, autant aller sur le blog pour lire les strip. Si vous aimez les chats, vous allez adorer. Les dessins s'améliorent au fil du temps. Je conseille donc sur le blog ou lire le livre d'un ami, mais cela ne vaut pas bien la peine de l'acheter (sauf si vous avez les moyens).
Gaston Lagaffe
Après la lecture des 16 albums de l'édition originale. Certainement une des meilleures séries strips-gags. Alors pourquoi ne pas mettre la note maximale ? Eh bien parce que je trouve les 7 premiers albums (du T0 au T6) concernant la période où Fantasio est directeur bien moins réussis que l'époque suivante (T7 à la fin) celle avec Prunelle et cela pour plusieurs raisons. D'abord les dessins sont bien plus jolis, plus fins, plus travaillés. Ensuite grâce à un grand nombre de personnages apparus une fois de plus après le tome 7, les gags me paraissent bien meilleurs et font mouche à tous les coups ce qui n'était parfois pas le cas dans la première période. En résumé, une excellente série humoristique à posséder absolument.
Al Crane
Al Crane, c'est le western iconoclaste qui se moque de son sujet mais sait aussi rappeler que la réalité historique avait sans doute moins de saveur qu'un John Wayne. Et c'est aussi un incroyable défouloir de la part d'un Alexis et Lauzier qui ne se privent de rien. Quelle déconnade ! En lisant Al Crane, on remarque directement que la première histoire s'inspire de Blueberry avec son personnage si reconnaissable. Mais le western part dans un tout autre style, avec ces dialogues qui font directement ressortir le racisme des blancs, la suprématie des hommes sur les femmes, les massacres traités de façon anodines (après tout, ces indiens ont attaqués en premier). Mais aussi l'idée des chutes, souvent incroyables. On pense que ça ne peut pas être pire et paf, on te colle un petit moment d'horreur encore plus grande. On sent que Lauzier continue là ce qu'il a déjà fait avec d'autres œuvres : s'amuser en critiquant. Mais contrairement à ce qu'on pourrait penser, Lauzier ne fait pas ça gratuitement. Tout est prétexte à casser la figure héroïque du cow-boy merveilleux. On sent que cette déconstruction est presque jouissive : Al Crane est machiste, sexiste, homophobe, raciste, violent, imbu de lui-même. Et pourtant, il ne sera même pas le héros de plusieurs histoires, relégué au second plan par d'autres plus méchants, plus viriles mais tout aussi con. J'aime cette représentation jusqu'à la caricature qui est en même temps brocardé dans sa magnificence. C'est un trait que Lauzier avait déjà développé dans d'autres œuvres. Enrobé par un trait de Alexis qui s'inspire de nombreux westerns, la BD s'amuse d'horreurs pour en rappeler la banalité. Oui, à une époque on pendait un noir sans procès, on tuait des indiens sans risques et quant aux femmes ... Ben mieux valait ne pas naître comme tel. Et même si nous ne sommes pas face à un propos historique, c'est salutaire de démystifier le cow-boy pour rappeler que la bêtise humaine était bien présente à cette époque aussi. Qu'elle était structurelle et qu'elle est un peu resté, dans une image d’Épinal. Cette BD n'est pas récente et pourtant je trouve qu'elle est encore d'actualité. La place de l'autochtone ou du noir dans nos fictions, le rôle des femmes, la question du mâle viril et parfait est aujourd'hui beaucoup questionné dans nos œuvres culturelles. Il y a près de 50 ans, Lauzier et Alexis s'interrogeaient déjà là-dessus, en s'en amusant. J'avoue que j'aime bien cette idée.
Nausicaä de la vallée du vent
Vraiment adoré. Une fois le premier tome bien attaqué, je ne pouvais plus m'en détacher. Une histoire captivante. Un univers vraiment bien construit, très complet avec plusieurs personnages attachants en plus de l'héroïne. Je n'ai pas vu le temps passer en lisant cette BD et une fois chaque tome fini, je voulais tout de suite avoir la suite. Le film retrace une partie infime de la bd. Le dessin est simple sur les personnages mais cela ne me gène pas tant l'histoire est superbe.
Un drôle de père
Très attachant. J'adore les personnages et la manière qu'ils ont d'évoluer. Les derniers tomes ont un peu perdu de leur innocence comparé au début mais ils restent toujours très bien. Ce manga s'attaque à un sujet délicat sur l'éducation d'une enfant orpheline d'une manière cocasse et touchante. Le dessin est très simple, avec peu de détail dans les décors mais des expressions très humaines des personnages.
Je ne suis pas un ange
Génial ! De la série Yazawa, c'est le plus vieux disponible en France mais surtout le meilleur. Plein de charme, tout est écrit assez légèrement. Peut paraitre un peu trop à l'eau de rose sur l'histoire, mais les personnages sont tellement attachants qu'on en oublie le scénario.
Metal Hurlant Chronicles (Astéroïde hurlant)
Voici un bel album pour qui aime la science fiction. Jodorowski, que je ne présenterai plus, se livre ici comme il l’indique lui-même à un exercice de style qui est une grande première pour lui : fournir des mini récits, lui qui est habitué aux sagas se déroulant sur plusieurs tomes… Ces histoires publiées indépendamment dans divers numéros de la revue "métal hurlant" lors de sa renaissance n’ont d’autre point commun qu’un astéroïde hurlant passant auprès d’une planète et influençant l’avenir d’un être. Le hurlement de cet astéroïde correspond aux ondes qu’il émet lors de son voyage intersidéral, lui seul vestige d’un être supérieur ayant un jour animé et dominé une planète aujourd’hui morte. Nous avons donc droit à 11 essais de science fiction, avec 12 dessinateurs différents. Au-delà de la classique possibilité de comparer les styles de chaque auteur, j’ai été fortement surpris finalement, malgré une grande diversité de la cohésion de l’œuvre. Passer d’une histoire à l’autre est aisé, le changement de style entre chaque se fait naturellement tant chacune d’elle montre une grande qualité. Chacun des artistes a un vrai talent et je ne pourrais pas en choisir un plus qu’un autre. Les traits de crayons et les couleurs sont toutes intéressantes et collent parfaitement à l’univers de la nouvelle. Jodorowski d’ailleurs nous indique bien qu’il a essayé de créer des scénarios en se basant sur les forces et faiblesses de chaque dessinateur. Pari réussi de belle manière. Ensuite, au-delà du dessin, il y a les histoires elles même. En à peine 10 pages pour chaque histoire, Jodorowski réussit pourtant à chaque fois à nous emmener dans ses univers. Sans fioriture, sans perte de temps dans des introductions à rallonge, son talent de conteur fait mouche et permet d’avoir des histoires rapides mais se suffisant parfaitement à elles mêmes. Chaque histoire est bien distincte des autres, car le seul lien est l’apparition de l’astre errant dans le ciel de la planète incriminée. Après, les planètes, les personnages et les destins sont parfaitement variés et attachants. Je note cependant 2 choses particulières : * « les larmes d’or », se passant dans un univers très très proche du notre m’a le plus touché par son interprétation de la réalité exacerbée qui touche au cynisme le plus magistral. * L’histoire dessinée par Ciruello, ne fait pas apparaitre l’astéroïde hurlant et de fait, le scénario ne met pas en avant un quelconque changement de destin, mais une destinée somme toute apparemment logique et déjà programmée. Petite erreur et exception donc au fil rouge de cet album. Pour finir, chaque histoire possède une page d’introduction présentation le thème abordé par Jodorowski, ainsi qu’une courte bio du dessinateur. Sympathique car cela donne encore plus de liant à l’œuvre. Un album indéniablement à découvrir pour qui en aura la chance.
Ethel & Ernest
Tiens, Raymond Briggs n’a pas réalisé que des livres pour enfants… « Ethel & Ernest » est un hommage à ses parents, et une BD « roman graphique » autobiographique pure souche. Elle ne convertira pas les allergiques au genre : la vie des parents de l’auteur est terriblement banale, et le style narratif linéaire et académique au possible, même si des touches d’humours viennent égayer l’ensemble. Pourquoi la bonne note alors ? Tout simplement parce que cette histoire constitue une véritable mini encyclopédie sur la vie en Angleterre entre les années 40 et 70 : guerre, rations, politiques intérieure, mais aussi des sujets et détails plus légers : styles vestimentaires, décors dans les maisons, arrivé de la premières télé, mœurs, langage etc… un vrai délice pour moi qui habite en Angleterre… reste à voir si ce genre de détails historiques vous intéressent. Voila, un roman graphique comme tant d’autres, mais dont le contexte historique m’a beaucoup intéressé…
Jack Black
Basée sur une idée très classique des récits d'action à l'américaine, cette bande dessinée se révèle néanmoins particulièrement prenante. L'idée, c'est celle d'un super-espion, le niveau au dessus de James Bond, ou alors un James Bond génétiquement modifié et doté du meilleur de la technologie cybernétique et informatique. A ce stade là, nous sommes plus dans le domaine du super-héros que du simple "meilleur agent secret du monde". L'autre idée, un classique aussi, c'est que ce super-héros espion est un nom aux multiples visages, car les Jack Black, tous au service secret de sa Majesté, se sont succédés et ont été améliorés année après année depuis le 19e siècle, tellement secrets qu'ils utilisent même les services les plus secrets comme simples couvertures. Tout ça vous parait un peu facile, pas vrai ? Il suffit en effet à un scénariste d'imaginer un service super-secret et un super-héros tout puissant capable de tout réussir et hop, plus besoin de se casser la tête à rendre les choses crédibles et à inventer des solutions pour se sortir de solutions difficiles : Jack Black est plus fort que tout, plus rapide, plus intelligent et en plus les femmes sont littéralement à ses pieds, subjuguées par ses phéromones. Le rêve, pas vrai ? Ben oui, comme une histoire de super-héros, quoi. Et pour une histoire de super-héros super-espion super-tout, eh bien c'est une histoire tout simplement réussie. On s'y fiche du réalisme même si tout reste cohérent, l'important c'est d'apporter au lecteur une tranche de distraction très réussie qui lui fera passer un bon moment. Le graphisme est moderne, dynamique et colle très bien au récit. On lui reprochera juste des anatomies un peu trop répétitives, jolies filles et mecs au physique de mannequins sportifs. La narration coule parfaitement et s'offre en plus l'avantage d'être dense, permettant à une vraie histoire complète de tenir en un seul album de 54 pages. Le personnage principal est charismatique. Les conséquences de sa soudaine position en tant que Jack Black sont cohérentes et assez bien trouvées, même si son incartade en ayant "juste pensé à l'Angleterre" sonne un peu faux compte tenu de son rôle initial de père de famille marié et fidèle. L'intrigue joue en outre la carte de la proximité avec des personnages et faits réels et d'actualité, 11 Septembre et autres Richard Branson, ce qui lui ajoute une certain intérêt. En définitive, Jack Black est une série d'action à l'américaine pur jus, cocktail de thriller d'espionnage et de comics de super-héros, avec une grosse dose de science-fiction et de deus ex machina, mais qui se révèle très distrayante et particulièrement efficace.