La vache ! Ce n’est pas croyable les frissons que j’ai eus en terminant ma lecture de « David, les femmes et la mort ». Ça faisait longtemps que ça ne m’était pas arrivé en lisant une bande dessinée !
Ok, il y a le sujet qui n’est -pour ainsi dire- pas vraiment gai : ça parle de la maladie du cancer attrapée par David. Ce qui est assez émouvant avec ce récit, c’est qu’on se dit que ça va passer, que ça va aller mieux pour David et puis… je vous laisse découvrir cette histoire mais ça m’a donné froid au dos ! Ce qui assez touchant aussi dans cet album, c’est que le lecteur est invité à suivre les réactions de ses proches et il y en a de quoi dire : l’aînée de ses filles accouche au moment où il apprend qu’il a le cancer, la deuxième passe de plus en plus son temps avec son père, sa femme tombe peu à peu dans la dépression face au mutisme de son mari… On pourrait croire que tout ça a été mis en place pour nous faire volontairement arracher des larmes mais non, il y a une part réelle dans ces réactions, tellement réelle d’ailleurs que je me suis dit « Merde, à quoi bon ? C’est ça aussi la vie : dure, intraitable, parfois injuste mais à quoi bon de pleurer… ».
Cette bande dessinée comporte de nombreux passages poignants qui ne m’ont pas laissé insensible.
Cependant et c’est là le gros reproche que je fais à cette bande dessinée : Pourquoi ce récit se situe t-il en Allemagne ? Parce que l’euthanasie n’y est pas autorisée. Ok, là tout va bien sauf que Judith Vanistendael habite en… Belgique et l’euthanasie y est légalisée. En conclusion, cela me fait dire que l’auteure a une forte opinion sur la question et qu’elle nous tente à travers son récit très dramatique d’influencer nos avis vers une légalisation de l’Euthanasie. Du coup, j’ai eu la désagréable sensation d’avoir été berné par Judith Vanistendael.
Ce dessin n’est pas vraiment ce que j’aime le plus dans la bande dessinée mais il est expressif et s’avère adapté au scénario. En fait, c’est sa mise en couleurs qui m’a le plus enthousiasmé puisqu’elle s’accorde très bien avec l’intensité dramatique de chaque séquence.
Par sa construction, sa présence de scènes très fortes et sa narration fluide, « David, les femmes et la mort » m’a scotché lors son feuilletage. J’ai été happé par la réaction de tous les membres de la famille face au drame que vit David.
Reste que j’ai eu le sentiment d’avoir été un peu dupé par l’auteure… et ça, ça a du mal à passer.
Houuuuuu ! (lecteur de bd impressionné devant ce qu'il est en train de lire)
Je me répète mais je m'étonne encore et toujours de trouver des BD aussi géniales et inventives que celle-ci.
Bon, déjà le format : un journal grand format. Bon d'accord. Ajouté à ça que le format journal permet de faire des pliages et découpages liés à l'histoire (oui parfaitement des pliages). Et pour les maniaques qui ne voudraient pas abimer leur bd les pages-pour-faire-des-pliages sont en double donc on peut y aller.
Ensuite "l'histoire" qui pour moi se résumerait autour du thème de la mort mais en fait non. Les dessins aussi, très beaux.
L’intelligence est partout dans cette bd, si vous êtes professeur de philosophie et que vous nous lisez, faites lire cette BD à vos élèves (ainsi que la géniale bd Kaarib). En fait j'aurais du mal à qualifier cette œuvre (oui oui c'est une œuvre) si ce n'est qu'elle est très intelligente, belle et bien fichue
Les auteurs ont réussi à rendre visuels des impressions, idées, concepts intellectuels et philosophiques, que sais-je encore, ce qui pour moi est un tour de force
Bref j'ai adoré et comme un fan des films de Lynch ne saurait le faire, je ne sais pas non plus pourquoi j'adore cette BD.
Cette histoire nous permet de suivre les vies de Bras, un homme, journaliste et écrivain. Les vies, car chaque chapitre se conclut par sa mort. Une mort à 32 ans, à 21, à 45, à 11… chaque chapitre raconte une tranche de vie et cela se termine à chaque fois de façon tragique. Si dit comme ça, cela parait un peu curieux, le mécanisme est en fait terriblement efficace. On a l’impression d’enchainer des passages importants de sa vie, en se disant qu’à chaque fois cela aurait pu être le dernier. Du coup en lisant le chapitre suivant, on se dit que cette tranche de vie aurait pu ne pas exister si la mort précédente avait été « la bonne ». En fin de compte on ne sait pas ce qu’il en est, est-il mort ? vivant ? Mais ce n’est pas important.
Ce qui passe finalement au fil de cet album, c’est un peu "vivons au jour le jour et profitons-en le plus possible comme si c’était notre dernier jour". Mais ce message n’est pas du tout asséné tel une morale. Il est habilement suggéré tout au long de l’histoire. Au début, on s’attache avec plaisir à ce personnage et on est touché par sa mort. Donc on est content de pouvoir le suivre à nouveau dans le chapitre suivant. On est triste de le voir perdre son meilleur pote ou son père, se fâcher avec sa femme… C’est plus ou moins vrai selon les chapitres, mais sur la longueur de l’album, pas de doute cela fonctionne et on se dit que s’il avait su, il en aurait profité plus. Et ça nous renvoit évidemment vers notre propre existence.
Bref ce récit est agréablement touchant, car il réussit à faire passer ce message sans nous foutre le moral dans les chaussettes. Les dépressifs n’auront pas envie de se suicider après cette lecture…Cela fonctionne tant grâce à la qualité de l’écriture que par la beauté des dessins. Notamment en ce qui me concerne, j’ai été bluffé par les regards, ils dégagent une certaine sincérité.
En conclusion, Daytripper est malgré tout un album un peu particulier. C’est un roman graphique qui parle de la vie, et surtout de la mort. Du coup quand je dis un peu particulier, c’est dans le sens où pour moi ce genre d’œuvre peut s’apprécier de manière totalement différente selon le moment et le contexte qui entoure la découverte et la lecture de ce récit.
J’ai entamé sa lecture sans savoir à quoi m’attendre.
Et ce fut une agréable surprise.
Un coup de cœur !
Pourtant, le contexte géopolitique de l’époque n’est pas des plus heureux (guerre d’Espagne). Mais cette guerre fratricide reste essentiellement en toile de fond. Cette bd s’attarde sur l’amitié qui va se tisser entre un gardien de phare et un jeune gendarme républicain en fuite. Il ne se passe rien de transcendant. Et pourtant. C’est une petite pépite. En fait, tout est dans la simplicité des personnages qui vont apprendre à s’apprivoiser mutuellement.
Et que dire du final ? Poétique, surprenant, touchant !
Une histoire attachante, tout simplement.
Bref, un album chaudement recommandé !
Voyage assuré au temps des conquistadors, au milieu de dessins fabuleux. Les personnages sont drôles et bien dessinés, et leurs noms sont bien trouvés.. L'intrigue est intéressante, et l'on a hâte de connaître la suite.
A lire de 7 à 77 ans, rires garantis.
Amateurs de capes et d'épées et d’hémoglobine qui gicle un peu de tous les côtés , vous ne serez pas déçus !
Pour planter le décor, l'héroïne est aussi douée avec son sabre que Durango avec son luger.
Et forte de son talent, notre jeune et frêle donzelle s'est fait pour profession de dézinguer quantité de gros malabars et autres brigands très peu avenants.
Elle a également un trouble de la personnalité puisqu'elle parle en permanence à son père qui l'accompagne, mais qu'elle seule voit, ... son père étant mort à la guerre.
Elle laissera inhabituellement un jour s'échapper un brigand joli coeur qu'il serait dommage de, si jeune et si beau, déjà le raccourcir d'une tête. Est-ce un moment de faiblesse d'Isabellae qui lui portera préjudice ? Pour la réponse, …il vous faudra lire l'histoire !
Un chouette graphisme qui sert comme il convient le récit.
Opus bien planté dans la sauce Spaghetti des premiers Durango, très kitch, et transposé au japon médiéval, avec en plus, un zeste de sorcellerie.
Album ludique amusant à lire. Et la suite à paraître au titre très évocateur de : « Une mer de cadavres » a des chances de l’être tout autant !
Une série (one shot) très particulière. C'est du second degré voire du 3ème. Car le style franco-belge d'Yves Chaland est en totale contradiction avec le fond. On s'attend à une espèce de bd franco belge classique type Quick et Flupke (surtout quand on est pas prévenu) et c'est en réalité tout le contraire.
Car le jeune Albert est un jeune gamin de Bruxelles (les années 50) complètement cynique, raciste, réac, égoïste et sadique. Et qui se plaît à torturer physiquement et psychologiquement son meilleur copain (et puis l'ensemble de son entourage). C'est à mourir de rire et très subtil dans l'écriture.
C'est en réalité une critique de la propagande raciste que peut exercer un Etat pendant les temps de guerre, en particulier sur les enfants. Et également peut-être en rapport avec l'état d'esprit légèrement réac d'une certaine bd franco belge ? (Hergé). Mais là je m'avance peut-être un peu.
Conclusion : un petit bijou d'humour noir, avec un réel fond politique.
J'ai avalé les 27 tomes avec un plaisir constant et assumé.
Oui, c'est un Shonen, c'est pour les ados, il y a des facilités, des bons sentiments un peu partout, des dénouements plus ou moins heureux (et plutôt plus que moins), des combats à tout va, mais voilà j'ai beau approcher de la quarantaine, chez moi la BD, ça couvre un spectre très large, et autant j'aime des récits très adultes, autant lire une série légère mais bien ficelée me satisfait pleinement. Surtout que pour cette série, c'est du très bon quasiment partout.
Côté dessin, c'est du manga, mais du beau et propre. Et puisque je n'en lis pas des tonnes, j'ai toujours plaisir à retrouver ces expressions délirantes, ces bonus décalés en fin de tome. C'est pour moi l'esprit manga, et contrairement à d'autres lecteurs, j'adore ! Surtout qu'en l'occurrence ça contrebalance un récit parfois assez dur. C'est un shonen, mais on n'est pas dans du DragonBall ou du X hunter non plus.
Et en effet, côté récit, eh ben, j'aime l'originalité de la trame et du monde décrit. On prend plaisir à voyager avec tous les personnages autour de cette intrigue de complot (classique mais toujours efficace). Et surtout c'est bien construit, malgré un côté linéaire assez classique. Les découvertes sont amenées au fur et à mesure, de même que les explications à certaines situations. C'est du beau travail qui a maintenu mon attention et mon intérêt tout du long. Et puis je me suis attaché aux personnages principaux. Les 2 frères sont vraiment intéressants et agréables à suivre. La galerie de personnages secondaires est également très sympathique jusqu'aux "méchants" de l'histoire, qui reprennent les 7 pêchés capitaux.
La série est terminée en plus, alors il ne faut pas bouder son plaisir !
A noter que l'animé a été réalisé en parallèle avec un point de départ commun mais une trame qui devient ensuite différente. La comparaison reste à faire en ce qui me concerne mais je suis curieux du coup !
Je ne mets pas 5/5 mais sincèrement j'en étais pas loin (j'aurais été un ado, je le classais Culte !), et j'aurai plaisir à relire cette série plus tard, et dès lors que j'éprouve ce sentiment, la note, en ce qui me concerne, ne peut pas être inférieure à 4 !
Si certains scénarios sont en béton, j’ai tendance à penser que celui que nous offre Thierry Smolderen pour l’Empire de l’Atome est en acier. Car, comme chacun le sait (du moins s’il habite dans une région sidérurgique), la fabrication de l’acier comprend deux phases : la phase à chaud et… (suspense)… la phase à froid (et là vous vous dites que ça y est le Mac Arthur a définitivement grillé son dernier neurone).
Lors de la phase à chaud, c’est le travail du haut fourneau qui prime, c’est la coulée continue. Ca fume, ça fait du bruit et l’on est emporté par un flot ininterrompu de matières bouillonnantes. Et c’est un peu ce sentiment que j’ai ressenti en première lecture. En effet, j’ai directement été happé par ce récit de science-fiction résolument influencé par les années 50 et 60. Il y est question de deux personnages en contact télépathique alors qu’ils appartiennent à deux mondes et à deux époques différentes. NON !! Partez pas tout de suite ! Le concept a l’air un peu bizarre, dit comme ça mais en fait c’est très bien amené, très bien construit, facile à comprendre. Les personnages sont attachants, l’histoire dispose de ce brin de naïveté indispensable pour ce type de récit faussement daté et le découpage en multiples chapitres donne immanquablement envie… d’en lire encore un avant de suspendre sa lecture. Résultat : alors que ce bouquin contient tout de même plus de 130 pages, on le dévore sans y faire gaffe. Voilà, c’est de la s-f un peu naïve mais rythmée et fort marquée par une époque révolue.
Et puis, tout, TOUT nous ramène constamment à l'esprit qui animait ces années dorées. La manipulation par l'hypnose, le cas psychiatrique que représente le héros, les noms des personnages, et l'imagerie en général.
Et ma réflexion se serait arrêtée là s’il n’y avait eu la phase à froid, dans laquelle intervient le laminage… et autant vous dire que j’ai été laminé. Car derrière cette apparente naïveté d’un récit de science-fiction se cachent de multiples dimensions. Tout d’abord, l’introduction nous offre une pertinente réflexion sur la place et le rôle de l’homme dans l’univers. Réflexion d’un homme mûr face à la vanité de sa vie, vie pourtant extraordinaire par plus d’un aspect… ou pas. Ensuite, il y a l’usage du décor tel qu’imaginé par l’auteur. En effet, les bâtiments de l’Expo 58 seront constamment mis à l’honneur dans ce récit.
Petit aparté pour ceux qui ne voient pas de quoi je parle - Expo 58 = exposition universelle organisée à Bruxelles en 1958 qui marqua fortement la Belgique car elle eut lieu à l’époque de toutes les promesses. Nos voitures allaient voler dans le futur et nous disposerions à l’avenir d’une énergie renouvelable et économique grâce à l’atome, sous-entendu le nucléaire. La seule trace physique qu’il reste aujourd’hui de cette expo est l’Atomium, célèbre bâtiment conçu en forme d’atome de fer – Fin de l’aparté.
Cet univers s’accorde parfaitement avec le dessin d’Alexandre Clérisse. C’est une réelle alchimie qui nait ici (de celles qui transforment l’acier en or, serais-je presque tenté de dire). J’ai ressenti une profonde volonté commune d’explorer l’imagerie de la fin des années 50 jusqu’au milieu des années 60. Les couleurs sont vives, voire flashy, le trait est raide et racé.
Et c’est ainsi que s’impose le dernier point fort de la série. Dans une lecture « à froid », ce sont des dizaines de références qui surgissent au coin des planches. Par ici intervient André Franquin, par là est faite une allusion au « Prisonnier » (célèbre feuilleton diffusé dès 1968 ), le dessin nous rappelle celui des dessins animés de l’époque (« The Jetsons » se sont imposés à moi, mais ce sont tous les dessins animés des studios Hanna Barbera qui ont resurgi devant mes yeux). Les décors, eux, nous renvoient constamment au Bruxelles de ces années-là, avec des maisons encore remarquables de nos jours.
En résumé : c’est naïf, c’est frais, c’est inventif, c’est intelligent, c’est bien dessiné, c’est un bel hommage à l’esprit mais aussi à l’esthétique du Bruxelles des années 50, 60. Bref, c’est un grand album.
J’ai d’abord eu un peu de mal à rentrer dans cette histoire, déstabilisé que j’étais par ces morts inévitables en fin de chaque chapitre, et par ces réflexions sur la vie un peu téléphonées. Et puis je me suis fait happer par le récit, pour ne plus en sortir avec la dernière page.
Alors oui, il faut être friand d’élucubrations sur le sens de la vie, la mort, le bonheur etc. pour apprécier cet album, mais il faut quand même préciser que le message est la plupart du temps subtil et juste, et pas assené à grand coups de clichés comme je l’avais craint à la lecture du premier chapitre. Je suis ressorti de ma lecture revigoré, la tête remplie de passages touchants ou marquants, et l’impression peut-être futile de « comprendre » la vie un peu plus qu’avant.
Ajoutons à cela une mise en image exemplaire, avec un dessin clair et dynamique et une mise en couleurs magnifique, et on obtient un des tous meilleurs « romans graphiques » publiés ces dernières années. Les amateurs du genre peuvent investir les yeux fermés !
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Votre vote
David, les femmes et la mort
La vache ! Ce n’est pas croyable les frissons que j’ai eus en terminant ma lecture de « David, les femmes et la mort ». Ça faisait longtemps que ça ne m’était pas arrivé en lisant une bande dessinée ! Ok, il y a le sujet qui n’est -pour ainsi dire- pas vraiment gai : ça parle de la maladie du cancer attrapée par David. Ce qui est assez émouvant avec ce récit, c’est qu’on se dit que ça va passer, que ça va aller mieux pour David et puis… je vous laisse découvrir cette histoire mais ça m’a donné froid au dos ! Ce qui assez touchant aussi dans cet album, c’est que le lecteur est invité à suivre les réactions de ses proches et il y en a de quoi dire : l’aînée de ses filles accouche au moment où il apprend qu’il a le cancer, la deuxième passe de plus en plus son temps avec son père, sa femme tombe peu à peu dans la dépression face au mutisme de son mari… On pourrait croire que tout ça a été mis en place pour nous faire volontairement arracher des larmes mais non, il y a une part réelle dans ces réactions, tellement réelle d’ailleurs que je me suis dit « Merde, à quoi bon ? C’est ça aussi la vie : dure, intraitable, parfois injuste mais à quoi bon de pleurer… ». Cette bande dessinée comporte de nombreux passages poignants qui ne m’ont pas laissé insensible. Cependant et c’est là le gros reproche que je fais à cette bande dessinée : Pourquoi ce récit se situe t-il en Allemagne ? Parce que l’euthanasie n’y est pas autorisée. Ok, là tout va bien sauf que Judith Vanistendael habite en… Belgique et l’euthanasie y est légalisée. En conclusion, cela me fait dire que l’auteure a une forte opinion sur la question et qu’elle nous tente à travers son récit très dramatique d’influencer nos avis vers une légalisation de l’Euthanasie. Du coup, j’ai eu la désagréable sensation d’avoir été berné par Judith Vanistendael. Ce dessin n’est pas vraiment ce que j’aime le plus dans la bande dessinée mais il est expressif et s’avère adapté au scénario. En fait, c’est sa mise en couleurs qui m’a le plus enthousiasmé puisqu’elle s’accorde très bien avec l’intensité dramatique de chaque séquence. Par sa construction, sa présence de scènes très fortes et sa narration fluide, « David, les femmes et la mort » m’a scotché lors son feuilletage. J’ai été happé par la réaction de tous les membres de la famille face au drame que vit David. Reste que j’ai eu le sentiment d’avoir été un peu dupé par l’auteure… et ça, ça a du mal à passer.
Le Royaume (Ruppert & Mulot)
Houuuuuu ! (lecteur de bd impressionné devant ce qu'il est en train de lire) Je me répète mais je m'étonne encore et toujours de trouver des BD aussi géniales et inventives que celle-ci. Bon, déjà le format : un journal grand format. Bon d'accord. Ajouté à ça que le format journal permet de faire des pliages et découpages liés à l'histoire (oui parfaitement des pliages). Et pour les maniaques qui ne voudraient pas abimer leur bd les pages-pour-faire-des-pliages sont en double donc on peut y aller. Ensuite "l'histoire" qui pour moi se résumerait autour du thème de la mort mais en fait non. Les dessins aussi, très beaux. L’intelligence est partout dans cette bd, si vous êtes professeur de philosophie et que vous nous lisez, faites lire cette BD à vos élèves (ainsi que la géniale bd Kaarib). En fait j'aurais du mal à qualifier cette œuvre (oui oui c'est une œuvre) si ce n'est qu'elle est très intelligente, belle et bien fichue Les auteurs ont réussi à rendre visuels des impressions, idées, concepts intellectuels et philosophiques, que sais-je encore, ce qui pour moi est un tour de force Bref j'ai adoré et comme un fan des films de Lynch ne saurait le faire, je ne sais pas non plus pourquoi j'adore cette BD.
Daytripper (au jour le jour)
Cette histoire nous permet de suivre les vies de Bras, un homme, journaliste et écrivain. Les vies, car chaque chapitre se conclut par sa mort. Une mort à 32 ans, à 21, à 45, à 11… chaque chapitre raconte une tranche de vie et cela se termine à chaque fois de façon tragique. Si dit comme ça, cela parait un peu curieux, le mécanisme est en fait terriblement efficace. On a l’impression d’enchainer des passages importants de sa vie, en se disant qu’à chaque fois cela aurait pu être le dernier. Du coup en lisant le chapitre suivant, on se dit que cette tranche de vie aurait pu ne pas exister si la mort précédente avait été « la bonne ». En fin de compte on ne sait pas ce qu’il en est, est-il mort ? vivant ? Mais ce n’est pas important. Ce qui passe finalement au fil de cet album, c’est un peu "vivons au jour le jour et profitons-en le plus possible comme si c’était notre dernier jour". Mais ce message n’est pas du tout asséné tel une morale. Il est habilement suggéré tout au long de l’histoire. Au début, on s’attache avec plaisir à ce personnage et on est touché par sa mort. Donc on est content de pouvoir le suivre à nouveau dans le chapitre suivant. On est triste de le voir perdre son meilleur pote ou son père, se fâcher avec sa femme… C’est plus ou moins vrai selon les chapitres, mais sur la longueur de l’album, pas de doute cela fonctionne et on se dit que s’il avait su, il en aurait profité plus. Et ça nous renvoit évidemment vers notre propre existence. Bref ce récit est agréablement touchant, car il réussit à faire passer ce message sans nous foutre le moral dans les chaussettes. Les dépressifs n’auront pas envie de se suicider après cette lecture…Cela fonctionne tant grâce à la qualité de l’écriture que par la beauté des dessins. Notamment en ce qui me concerne, j’ai été bluffé par les regards, ils dégagent une certaine sincérité. En conclusion, Daytripper est malgré tout un album un peu particulier. C’est un roman graphique qui parle de la vie, et surtout de la mort. Du coup quand je dis un peu particulier, c’est dans le sens où pour moi ce genre d’œuvre peut s’apprécier de manière totalement différente selon le moment et le contexte qui entoure la découverte et la lecture de ce récit.
Le Phare
J’ai entamé sa lecture sans savoir à quoi m’attendre. Et ce fut une agréable surprise. Un coup de cœur ! Pourtant, le contexte géopolitique de l’époque n’est pas des plus heureux (guerre d’Espagne). Mais cette guerre fratricide reste essentiellement en toile de fond. Cette bd s’attarde sur l’amitié qui va se tisser entre un gardien de phare et un jeune gendarme républicain en fuite. Il ne se passe rien de transcendant. Et pourtant. C’est une petite pépite. En fait, tout est dans la simplicité des personnages qui vont apprendre à s’apprivoiser mutuellement. Et que dire du final ? Poétique, surprenant, touchant ! Une histoire attachante, tout simplement. Bref, un album chaudement recommandé !
Lost Conquistadores
Voyage assuré au temps des conquistadors, au milieu de dessins fabuleux. Les personnages sont drôles et bien dessinés, et leurs noms sont bien trouvés.. L'intrigue est intéressante, et l'on a hâte de connaître la suite. A lire de 7 à 77 ans, rires garantis.
Isabellae
Amateurs de capes et d'épées et d’hémoglobine qui gicle un peu de tous les côtés , vous ne serez pas déçus ! Pour planter le décor, l'héroïne est aussi douée avec son sabre que Durango avec son luger. Et forte de son talent, notre jeune et frêle donzelle s'est fait pour profession de dézinguer quantité de gros malabars et autres brigands très peu avenants. Elle a également un trouble de la personnalité puisqu'elle parle en permanence à son père qui l'accompagne, mais qu'elle seule voit, ... son père étant mort à la guerre. Elle laissera inhabituellement un jour s'échapper un brigand joli coeur qu'il serait dommage de, si jeune et si beau, déjà le raccourcir d'une tête. Est-ce un moment de faiblesse d'Isabellae qui lui portera préjudice ? Pour la réponse, …il vous faudra lire l'histoire ! Un chouette graphisme qui sert comme il convient le récit. Opus bien planté dans la sauce Spaghetti des premiers Durango, très kitch, et transposé au japon médiéval, avec en plus, un zeste de sorcellerie. Album ludique amusant à lire. Et la suite à paraître au titre très évocateur de : « Une mer de cadavres » a des chances de l’être tout autant !
Le Jeune Albert
Une série (one shot) très particulière. C'est du second degré voire du 3ème. Car le style franco-belge d'Yves Chaland est en totale contradiction avec le fond. On s'attend à une espèce de bd franco belge classique type Quick et Flupke (surtout quand on est pas prévenu) et c'est en réalité tout le contraire. Car le jeune Albert est un jeune gamin de Bruxelles (les années 50) complètement cynique, raciste, réac, égoïste et sadique. Et qui se plaît à torturer physiquement et psychologiquement son meilleur copain (et puis l'ensemble de son entourage). C'est à mourir de rire et très subtil dans l'écriture. C'est en réalité une critique de la propagande raciste que peut exercer un Etat pendant les temps de guerre, en particulier sur les enfants. Et également peut-être en rapport avec l'état d'esprit légèrement réac d'une certaine bd franco belge ? (Hergé). Mais là je m'avance peut-être un peu. Conclusion : un petit bijou d'humour noir, avec un réel fond politique.
FullMetal Alchemist
J'ai avalé les 27 tomes avec un plaisir constant et assumé. Oui, c'est un Shonen, c'est pour les ados, il y a des facilités, des bons sentiments un peu partout, des dénouements plus ou moins heureux (et plutôt plus que moins), des combats à tout va, mais voilà j'ai beau approcher de la quarantaine, chez moi la BD, ça couvre un spectre très large, et autant j'aime des récits très adultes, autant lire une série légère mais bien ficelée me satisfait pleinement. Surtout que pour cette série, c'est du très bon quasiment partout. Côté dessin, c'est du manga, mais du beau et propre. Et puisque je n'en lis pas des tonnes, j'ai toujours plaisir à retrouver ces expressions délirantes, ces bonus décalés en fin de tome. C'est pour moi l'esprit manga, et contrairement à d'autres lecteurs, j'adore ! Surtout qu'en l'occurrence ça contrebalance un récit parfois assez dur. C'est un shonen, mais on n'est pas dans du DragonBall ou du X hunter non plus. Et en effet, côté récit, eh ben, j'aime l'originalité de la trame et du monde décrit. On prend plaisir à voyager avec tous les personnages autour de cette intrigue de complot (classique mais toujours efficace). Et surtout c'est bien construit, malgré un côté linéaire assez classique. Les découvertes sont amenées au fur et à mesure, de même que les explications à certaines situations. C'est du beau travail qui a maintenu mon attention et mon intérêt tout du long. Et puis je me suis attaché aux personnages principaux. Les 2 frères sont vraiment intéressants et agréables à suivre. La galerie de personnages secondaires est également très sympathique jusqu'aux "méchants" de l'histoire, qui reprennent les 7 pêchés capitaux. La série est terminée en plus, alors il ne faut pas bouder son plaisir ! A noter que l'animé a été réalisé en parallèle avec un point de départ commun mais une trame qui devient ensuite différente. La comparaison reste à faire en ce qui me concerne mais je suis curieux du coup ! Je ne mets pas 5/5 mais sincèrement j'en étais pas loin (j'aurais été un ado, je le classais Culte !), et j'aurai plaisir à relire cette série plus tard, et dès lors que j'éprouve ce sentiment, la note, en ce qui me concerne, ne peut pas être inférieure à 4 !
Souvenirs de l'empire de l'atome
Si certains scénarios sont en béton, j’ai tendance à penser que celui que nous offre Thierry Smolderen pour l’Empire de l’Atome est en acier. Car, comme chacun le sait (du moins s’il habite dans une région sidérurgique), la fabrication de l’acier comprend deux phases : la phase à chaud et… (suspense)… la phase à froid (et là vous vous dites que ça y est le Mac Arthur a définitivement grillé son dernier neurone). Lors de la phase à chaud, c’est le travail du haut fourneau qui prime, c’est la coulée continue. Ca fume, ça fait du bruit et l’on est emporté par un flot ininterrompu de matières bouillonnantes. Et c’est un peu ce sentiment que j’ai ressenti en première lecture. En effet, j’ai directement été happé par ce récit de science-fiction résolument influencé par les années 50 et 60. Il y est question de deux personnages en contact télépathique alors qu’ils appartiennent à deux mondes et à deux époques différentes. NON !! Partez pas tout de suite ! Le concept a l’air un peu bizarre, dit comme ça mais en fait c’est très bien amené, très bien construit, facile à comprendre. Les personnages sont attachants, l’histoire dispose de ce brin de naïveté indispensable pour ce type de récit faussement daté et le découpage en multiples chapitres donne immanquablement envie… d’en lire encore un avant de suspendre sa lecture. Résultat : alors que ce bouquin contient tout de même plus de 130 pages, on le dévore sans y faire gaffe. Voilà, c’est de la s-f un peu naïve mais rythmée et fort marquée par une époque révolue. Et puis, tout, TOUT nous ramène constamment à l'esprit qui animait ces années dorées. La manipulation par l'hypnose, le cas psychiatrique que représente le héros, les noms des personnages, et l'imagerie en général. Et ma réflexion se serait arrêtée là s’il n’y avait eu la phase à froid, dans laquelle intervient le laminage… et autant vous dire que j’ai été laminé. Car derrière cette apparente naïveté d’un récit de science-fiction se cachent de multiples dimensions. Tout d’abord, l’introduction nous offre une pertinente réflexion sur la place et le rôle de l’homme dans l’univers. Réflexion d’un homme mûr face à la vanité de sa vie, vie pourtant extraordinaire par plus d’un aspect… ou pas. Ensuite, il y a l’usage du décor tel qu’imaginé par l’auteur. En effet, les bâtiments de l’Expo 58 seront constamment mis à l’honneur dans ce récit. Petit aparté pour ceux qui ne voient pas de quoi je parle - Expo 58 = exposition universelle organisée à Bruxelles en 1958 qui marqua fortement la Belgique car elle eut lieu à l’époque de toutes les promesses. Nos voitures allaient voler dans le futur et nous disposerions à l’avenir d’une énergie renouvelable et économique grâce à l’atome, sous-entendu le nucléaire. La seule trace physique qu’il reste aujourd’hui de cette expo est l’Atomium, célèbre bâtiment conçu en forme d’atome de fer – Fin de l’aparté. Cet univers s’accorde parfaitement avec le dessin d’Alexandre Clérisse. C’est une réelle alchimie qui nait ici (de celles qui transforment l’acier en or, serais-je presque tenté de dire). J’ai ressenti une profonde volonté commune d’explorer l’imagerie de la fin des années 50 jusqu’au milieu des années 60. Les couleurs sont vives, voire flashy, le trait est raide et racé. Et c’est ainsi que s’impose le dernier point fort de la série. Dans une lecture « à froid », ce sont des dizaines de références qui surgissent au coin des planches. Par ici intervient André Franquin, par là est faite une allusion au « Prisonnier » (célèbre feuilleton diffusé dès 1968 ), le dessin nous rappelle celui des dessins animés de l’époque (« The Jetsons » se sont imposés à moi, mais ce sont tous les dessins animés des studios Hanna Barbera qui ont resurgi devant mes yeux). Les décors, eux, nous renvoient constamment au Bruxelles de ces années-là, avec des maisons encore remarquables de nos jours. En résumé : c’est naïf, c’est frais, c’est inventif, c’est intelligent, c’est bien dessiné, c’est un bel hommage à l’esprit mais aussi à l’esthétique du Bruxelles des années 50, 60. Bref, c’est un grand album.
Daytripper (au jour le jour)
J’ai d’abord eu un peu de mal à rentrer dans cette histoire, déstabilisé que j’étais par ces morts inévitables en fin de chaque chapitre, et par ces réflexions sur la vie un peu téléphonées. Et puis je me suis fait happer par le récit, pour ne plus en sortir avec la dernière page. Alors oui, il faut être friand d’élucubrations sur le sens de la vie, la mort, le bonheur etc. pour apprécier cet album, mais il faut quand même préciser que le message est la plupart du temps subtil et juste, et pas assené à grand coups de clichés comme je l’avais craint à la lecture du premier chapitre. Je suis ressorti de ma lecture revigoré, la tête remplie de passages touchants ou marquants, et l’impression peut-être futile de « comprendre » la vie un peu plus qu’avant. Ajoutons à cela une mise en image exemplaire, avec un dessin clair et dynamique et une mise en couleurs magnifique, et on obtient un des tous meilleurs « romans graphiques » publiés ces dernières années. Les amateurs du genre peuvent investir les yeux fermés !