BD pour enfant ou pas, c'est une bonne question. D'un côté, oui, dans le sens où les dialogues ne sont pas des plus durs à comprendre, le dessin est "enfantin", les animaux parlent...
D'un autre côté non, car je trouve que ce style représente bien l'enfance de Nävis (quand on la connaît adulte, on peut très bien imaginer celle-ci enfant comme présentée) ==> la BD n'est pas spécialement pour enfant, vu qu'elle est dans la continuité du caractère de Nävis.
Dans l'ensemble, je dirais que c'est un tome 1 qui aurait pu être mieux mais qui, certainement, n'est pas mauvais.
Donc, si vous êtes fan de Sillage, c'est un album à avoir.
Pour les autres, achetez-le à vos gosses comme prétexte, lisez-le et faites-vous votre opinion. :-)
J'ai découvert cette série après avoir lu vite fait un résumé qui parlait d'un homme ayant un tatouage XIII, qui luttait contre une grosse organisation et qui voulait éviter que son passé ne le rattrape. ô_O
Mais la ressemblance avec une certaine série à rallonge européenne s'arrête là, et j'ai découvert avec plaisir un manga bien classique, et qui reste cependant très efficace.
Ammateurs d'originalité, passez votre chemin, on a vraiment l'impression d'avoir déjà vu cette histoire pas mal de fois. Surtout au moment où ils commencent à expliquer la théorie sur leur pouvoirs "magiques", j'ai l'impression qu'aucun mangaka de shonen n'y résiste, au bout d'un certain point d'une série il faut que certains personnages aient un pouvoir, et il faut aussi que ce pouvoir soit théorisé et expliqué de long en large.
Mais malgré tout, la lecture reste très agréable, les personnages intéressants et bien dessinés, les rebondissements pas trop lassants, et l'humour toujours présent.
Le regroupement de ces albums sous le titre générique "Un monde merveilleux" me paraît quelque peu artificiel. Seul les deux personnages principaux sont communs, le reste changeant du tout au tout.
Tome 1 :
Ce petit recueil d'histoires courtes est assez sympathique. Assez acides en général, elles mettent en scène un personnage un peu gentil, une espèce de grande apserge toute molle qui regarde le monde d'un air un peu étonné, limite ahuri. Et quand il fait quelque chose, soit ça se retourne contre lui, soit ça tourne mal... et ce ne sont pas ses rêves éveillés qui vont y changer quelque chose.
Le dessin de Chauzy est assez savoureux, de même que ses tronches bien caricaturales. Et certaines cases montrant une expression hallucinée sont carrément hilarantes. L'aspect mat du papier ne rend pas l'ensemble vieillot pour autant, malgré le contraste flagrant avec l'aspect du dessin du tome 3.
Voilà, ça se lit bien et on y prend plaisir. Pour autant ça n'est pas inoubliable.
Tome 3 :
Cet album-ci est une histoire complète. Jean-Christophe et se femme Anne partent dans les Pyrénées (la vallée d'Aspet) pour rejoindre un ami d'Anne, écolo militant contre un projet de tunnel. Leurs "vacances" s"annoncent mouvementées, entre les écolos et les chasseurs qui sont à couteaux tirés...
Ce one-shot me semble moins réussi que les histoires courtes du tome 1... L'histoire est plus banale et a un aspect prononcé de course-pousuite. Elle dépeint malgré tout bien la bêtise humaine, avec son entêtement stupide et son total manque de réflexion.
Malgré tout, c'est un peu longuet et sans grand intérêt. Peut-être le style de dessin, à mon avis pas trop en accord avec l'histoire ?
Le dessin en question est pas mal du tout, et le passage au papier brillant ne lui nuit pas du tout. La mise en couleur est cependant parfois un peu étrange (le vert omnipérsent dans l'auberge...).
Après avoir lu le premier tome, j'étais dans le flou total... Le deuxième nous éclaire un peu plus, mais je ne trouve pas l'histoire vraiment convaincante. Il y a de bonnes idées mais cela manque d'originalité. C'est l'éternel Grand Méchant qu'on aurait mieux fait de pas réveiller, les forces cosmiques par rapport auxquelles l'humanité n'est rien... C'est toujours fascinant, et on accroche presque malgré nous. Rien de neuf donc.
Apres lecture du 3e tome je reste sur mon avis et je ressens meme une certaine lassitude car les cliches sont vraiment nombreux...
Le dessin est pas mal, de belles planches parfois (celle du bateau encastré est vraiment bien je trouve). Cela reste honnête.
Ce qui me gêne le plus est la ressemblance avec les autres séries du scénariste, on ne sent pas de renouvellement, et cela se ressent. Je conseille de commencer plutôt par le Troisième Testament.
J'ai été un peu bloqué par le dessin, mais la lecture est agréable. Je mets une note moyenne car ce fut une lecture sympathique mais sans plus. Je trouve qu'on ne ressent pas trop l'atmosphère qu'il y avait sur les navires à cette époque, et c'est vraiment dommage. Mais ça reste plaisant.
Moi cette série me faisait beaucoup penser à Chapeau Melon et Bottes de cuir, que je regardais à la même époque. Peut-être est-ce dû à une analogie vestimentaire, allez savoir... En tous les cas, voici une série fort sympathique, pleine de rebondissements (pas toujours crédibles), servie par un dessin qui, sans être génial, ne manquait pas de qualités. Un fort bon moment de lecture.
Un souvenir d'enfance qui a ressurgi récemment quand j'ai retrouvé un album de cette série publiée dans Pif et dans Super As chez un brocanteur. Les Gentlemen mélangent allègrement les styles d'Arsène Lupin, de Mission Impossible, de James Bond et de Robin des Bois modernes. C'est l'exemple typique de la fine équipe de cambrioleurs menée par un génie du crime (mais gentil dans le fond) et formée par une bande de joyeux drilles tous plus doués les uns que les autres dans leurs domaines respectifs. Il y a une petite touche de SF avec les super inventions du bricoleur du groupe, un peu de fantastique dans certains albums et surtout beaucoup d'action et d'humour, à la manière d'une série télévisée qui ne se prend pas trop au sérieux. Et bien sûr, les gentils voleurs gagnent toujours à la fin grâce à la combinaison de tous leurs talents et à l'intelligence de leur chef, le "Comte".
Bref, tout ce qu'il y a pour plaire aux adolescents des années 70-80.
Maintenant, évidemment, quand on relit ça, ça parait très désuet, voire naïf. On a l'impression d'avoir déjà vu ça des centaines de fois à la télé ou au cinéma. Mais ça n'en reste pas moins une curiosité pas désagréable à lire.
En outre, le dessin, malgré une colorisation très vieillote limite moche, n'est pas mauvais du tout.
Ceci dit, si je ne conseille pas l'achat, c'est que c'est à mes yeux plus une curiosité à relire par nostalgie ou intérêt, mais pas vraiment à racheter.
Sympathique initiative de la part de Semic que de rééditer cette série vieille de 20 ans et dont la première version française, parue chez Zenda, est introuvable depuis fort longtemps. Ronin fut la première création originale de Frank Miller qui n’avait jusqu’alors travaillé que sur des séries et personnages déjà existants, notamment DareDevil.
Ronin puise son inspiration dans les mangas et les univers S.-F. de Philip K. Dick, même si au départ c’est surtout la première influence qui est visible. C’est d’ailleurs ce qui est assez fâcheux avec cette BD : elle met du temps à décoller, au départ on a même l’impression que Miller ne sait pas exactement où il veut aller, et qu’il improvise un peu en route (la disparition soudaine du personnage du hippie, par exemple, est à mon avis typique de ce côté "bon, finalement, cette idée-là, je sais pas trop quoi en faire, alors je vire ni vu ni connu"). Pendant une bonne moitié de l’histoire, on a quand même un peu l’impression d’avoir affaire à de la série Z… le coup du samouraï et du démon projetés dans le futur par magie, franchement, au départ ça m’a laissé sceptique. Et puis de fil en aiguille, on se rend compte qu’en fait… Enfin bon, je voudrais pas trop dévoiler l’intrigue, mais disons qu’on s’éloigne de "Shaolin Ninja contre les Robots de l’Espace" pour entrer dans une thématique plus "dickienne" (de Philip K. Dick, hein, pas de Dick Rivers ; n’allez pas vous imaginer que le Ronin se met soudain à chanter "Est-ce que tu le sais ?" pour effrayer ses adversaires). Cela étant dit, si le scénario est donc moins nanaresque qu’il n’y paraît de prime abord, ce n’est quand même pas non plus un chef-d’œuvre : outre, donc, le fait qu’il mette trop de temps à dévoiler sa vraie nature (un peu de suspense et un retournement de situation surprise, c’est bien, mais s’il y a trop d’attente, ça devient aussi chiant que le film Sixième Sens avec Bruce Willis), il faut ajouter qu’il utilise quand même beaucoup de lieux communs de la science-fiction (comme le super-ordinateur qui échappe au contrôle de ses créateurs pour n’en citer qu’un), qu’il y a des longueurs, et que le propos général est un peu noyé sous une abondance de combats et un dessin surchargé. Autant dire que "Ronin" ne passionnera pas forcément le lecteur moyen.
En revanche, pour les fans de Frank Miller, et ils sont relativement nombreux, cet BD revêt un intérêt historique non négligeable. Ronin rassemble en effet à peu près tous les ingrédients qui constitueront par la suite l’univers de Miller, ses personnages, ses thèmes, et on s’amusera à y reconnaître tous les petits trucs qu’il réutilisera par la suite dans ses autres séries ("oh, le hippie, là, on dirait le Green Arrow de Dark Knight !", "Oh, un gang de néo-nazis SM, il a refait les mêmes dans Martha Washington !". Au menu, donc, ultraviolence stylisée, héros invincible physiquement mais instable psychologiquement (Dark Knight, Elektra, Sin City, Hard Boiled), héroïne sexy et redoutable (Elektra, Sin City), peur d’une troisième guerre mondiale apocalyptique (Dark Knight, Martha Washington), manipulation mentale (Elektra, Hard Boiled, Bad Boy), dangers de la technologies et des ordinateurs trop autonomes et intelligents (Martha Washington), etc… Le personnage de Casey McKenna, jeune militaire obstinée et légèrement indisciplinée, préfigure celui de Martha Washington ; le démon Agat est proche de La Bête dans Elektra ; l’ordinateur féminin tout-puissant se retrouve dans Martha Washington, et j’en passe… Bon, du coup, vous me direz "ah mais alors en fait, il ne fait que ressasser les mêmes choses depuis 20 ans !", mais quand c’est un cinéaste qui fait ça, on dit qu’il "revisite son univers" et que c’est génial, alors pourquoi jeter la pierre à Miller d’en faire autant ?
Bon, au final, donc, c’est une BD sans grand génie, loin de valoir ce que Miller a fait de mieux, mais les fans de l’auteur devrait quand même y trouver leur compte. Les autres ne sont pas obligés de jeter un œil dessus, à moins d’être passionnés par les histoires de samouraïs.
Une première lecture du tome 1 il y a quelques temps m'avait laissé sur une impression plutôt mitigée, voire même négative. J'ai eu l'occasion récemment de relire le premier tome et le deuxième dans la foulée. L'impression mitigée de départ reste mais avec quelques nuances cependant. Quand il le veut, Crisse montre qu'il est aussi adroit à la plume qu’au pinceau. L'histoire reste malgré tout convenue (Luuna part à la recherche de son totem mais, à la place, se retrouve sous l'emprise d'Unkui) et est un peu lourdingue par moment (le comportement des Pipintus sensés amuser la galerie) mais ça se lit bien. A noter que le Crépuscule du Lynx ne fait pas avancer le schmilblik d'un pouce. Attendons le troisième opus pour se prononcer sur la suite. Keramidas, lui, a un style très "Disney", à la limite du plagiat. On a droit à la petite sœur de Pochaontas dans le T1 et à la venue du petit frère de Tarzan dans le 2. Les planches, dans l'ensemble, sont belles (la mise en couleur y est pour beaucoup). Toutefois, les visages sont un peu trop géométriques à mon goût.
Un rythme assez lent pour ces tranches de vies qui ont toutes un air de ressemblance, toutes des regrets et des espoirs perdus.
On approche les divers personnages et on se sent proche d'eux, nous aussi, par certains côtés.
Les dessins sont assez doux, un peu statiques, pour mieux s'imprégner de l'instant. Le tout dans des tons ocres, principalement.
Lecture agréable qui laisse derrière elle un petit parfum rétro et quelques notes de jazz.
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Nävis
BD pour enfant ou pas, c'est une bonne question. D'un côté, oui, dans le sens où les dialogues ne sont pas des plus durs à comprendre, le dessin est "enfantin", les animaux parlent... D'un autre côté non, car je trouve que ce style représente bien l'enfance de Nävis (quand on la connaît adulte, on peut très bien imaginer celle-ci enfant comme présentée) ==> la BD n'est pas spécialement pour enfant, vu qu'elle est dans la continuité du caractère de Nävis. Dans l'ensemble, je dirais que c'est un tome 1 qui aurait pu être mieux mais qui, certainement, n'est pas mauvais. Donc, si vous êtes fan de Sillage, c'est un album à avoir. Pour les autres, achetez-le à vos gosses comme prétexte, lisez-le et faites-vous votre opinion. :-)
Black Cat
J'ai découvert cette série après avoir lu vite fait un résumé qui parlait d'un homme ayant un tatouage XIII, qui luttait contre une grosse organisation et qui voulait éviter que son passé ne le rattrape. ô_O Mais la ressemblance avec une certaine série à rallonge européenne s'arrête là, et j'ai découvert avec plaisir un manga bien classique, et qui reste cependant très efficace. Ammateurs d'originalité, passez votre chemin, on a vraiment l'impression d'avoir déjà vu cette histoire pas mal de fois. Surtout au moment où ils commencent à expliquer la théorie sur leur pouvoirs "magiques", j'ai l'impression qu'aucun mangaka de shonen n'y résiste, au bout d'un certain point d'une série il faut que certains personnages aient un pouvoir, et il faut aussi que ce pouvoir soit théorisé et expliqué de long en large. Mais malgré tout, la lecture reste très agréable, les personnages intéressants et bien dessinés, les rebondissements pas trop lassants, et l'humour toujours présent.
Un monde merveilleux
Le regroupement de ces albums sous le titre générique "Un monde merveilleux" me paraît quelque peu artificiel. Seul les deux personnages principaux sont communs, le reste changeant du tout au tout.
Prophet
Après avoir lu le premier tome, j'étais dans le flou total... Le deuxième nous éclaire un peu plus, mais je ne trouve pas l'histoire vraiment convaincante. Il y a de bonnes idées mais cela manque d'originalité. C'est l'éternel Grand Méchant qu'on aurait mieux fait de pas réveiller, les forces cosmiques par rapport auxquelles l'humanité n'est rien... C'est toujours fascinant, et on accroche presque malgré nous. Rien de neuf donc. Apres lecture du 3e tome je reste sur mon avis et je ressens meme une certaine lassitude car les cliches sont vraiment nombreux... Le dessin est pas mal, de belles planches parfois (celle du bateau encastré est vraiment bien je trouve). Cela reste honnête. Ce qui me gêne le plus est la ressemblance avec les autres séries du scénariste, on ne sent pas de renouvellement, et cela se ressent. Je conseille de commencer plutôt par le Troisième Testament.
Le passage de Vénus
J'ai été un peu bloqué par le dessin, mais la lecture est agréable. Je mets une note moyenne car ce fut une lecture sympathique mais sans plus. Je trouve qu'on ne ressent pas trop l'atmosphère qu'il y avait sur les navires à cette époque, et c'est vraiment dommage. Mais ça reste plaisant.
Les Gentlemen
Moi cette série me faisait beaucoup penser à Chapeau Melon et Bottes de cuir, que je regardais à la même époque. Peut-être est-ce dû à une analogie vestimentaire, allez savoir... En tous les cas, voici une série fort sympathique, pleine de rebondissements (pas toujours crédibles), servie par un dessin qui, sans être génial, ne manquait pas de qualités. Un fort bon moment de lecture.
Les Gentlemen
Un souvenir d'enfance qui a ressurgi récemment quand j'ai retrouvé un album de cette série publiée dans Pif et dans Super As chez un brocanteur. Les Gentlemen mélangent allègrement les styles d'Arsène Lupin, de Mission Impossible, de James Bond et de Robin des Bois modernes. C'est l'exemple typique de la fine équipe de cambrioleurs menée par un génie du crime (mais gentil dans le fond) et formée par une bande de joyeux drilles tous plus doués les uns que les autres dans leurs domaines respectifs. Il y a une petite touche de SF avec les super inventions du bricoleur du groupe, un peu de fantastique dans certains albums et surtout beaucoup d'action et d'humour, à la manière d'une série télévisée qui ne se prend pas trop au sérieux. Et bien sûr, les gentils voleurs gagnent toujours à la fin grâce à la combinaison de tous leurs talents et à l'intelligence de leur chef, le "Comte". Bref, tout ce qu'il y a pour plaire aux adolescents des années 70-80. Maintenant, évidemment, quand on relit ça, ça parait très désuet, voire naïf. On a l'impression d'avoir déjà vu ça des centaines de fois à la télé ou au cinéma. Mais ça n'en reste pas moins une curiosité pas désagréable à lire. En outre, le dessin, malgré une colorisation très vieillote limite moche, n'est pas mauvais du tout. Ceci dit, si je ne conseille pas l'achat, c'est que c'est à mes yeux plus une curiosité à relire par nostalgie ou intérêt, mais pas vraiment à racheter.
Ronin
Sympathique initiative de la part de Semic que de rééditer cette série vieille de 20 ans et dont la première version française, parue chez Zenda, est introuvable depuis fort longtemps. Ronin fut la première création originale de Frank Miller qui n’avait jusqu’alors travaillé que sur des séries et personnages déjà existants, notamment DareDevil. Ronin puise son inspiration dans les mangas et les univers S.-F. de Philip K. Dick, même si au départ c’est surtout la première influence qui est visible. C’est d’ailleurs ce qui est assez fâcheux avec cette BD : elle met du temps à décoller, au départ on a même l’impression que Miller ne sait pas exactement où il veut aller, et qu’il improvise un peu en route (la disparition soudaine du personnage du hippie, par exemple, est à mon avis typique de ce côté "bon, finalement, cette idée-là, je sais pas trop quoi en faire, alors je vire ni vu ni connu"). Pendant une bonne moitié de l’histoire, on a quand même un peu l’impression d’avoir affaire à de la série Z… le coup du samouraï et du démon projetés dans le futur par magie, franchement, au départ ça m’a laissé sceptique. Et puis de fil en aiguille, on se rend compte qu’en fait… Enfin bon, je voudrais pas trop dévoiler l’intrigue, mais disons qu’on s’éloigne de "Shaolin Ninja contre les Robots de l’Espace" pour entrer dans une thématique plus "dickienne" (de Philip K. Dick, hein, pas de Dick Rivers ; n’allez pas vous imaginer que le Ronin se met soudain à chanter "Est-ce que tu le sais ?" pour effrayer ses adversaires). Cela étant dit, si le scénario est donc moins nanaresque qu’il n’y paraît de prime abord, ce n’est quand même pas non plus un chef-d’œuvre : outre, donc, le fait qu’il mette trop de temps à dévoiler sa vraie nature (un peu de suspense et un retournement de situation surprise, c’est bien, mais s’il y a trop d’attente, ça devient aussi chiant que le film Sixième Sens avec Bruce Willis), il faut ajouter qu’il utilise quand même beaucoup de lieux communs de la science-fiction (comme le super-ordinateur qui échappe au contrôle de ses créateurs pour n’en citer qu’un), qu’il y a des longueurs, et que le propos général est un peu noyé sous une abondance de combats et un dessin surchargé. Autant dire que "Ronin" ne passionnera pas forcément le lecteur moyen. En revanche, pour les fans de Frank Miller, et ils sont relativement nombreux, cet BD revêt un intérêt historique non négligeable. Ronin rassemble en effet à peu près tous les ingrédients qui constitueront par la suite l’univers de Miller, ses personnages, ses thèmes, et on s’amusera à y reconnaître tous les petits trucs qu’il réutilisera par la suite dans ses autres séries ("oh, le hippie, là, on dirait le Green Arrow de Dark Knight !", "Oh, un gang de néo-nazis SM, il a refait les mêmes dans Martha Washington !". Au menu, donc, ultraviolence stylisée, héros invincible physiquement mais instable psychologiquement (Dark Knight, Elektra, Sin City, Hard Boiled), héroïne sexy et redoutable (Elektra, Sin City), peur d’une troisième guerre mondiale apocalyptique (Dark Knight, Martha Washington), manipulation mentale (Elektra, Hard Boiled, Bad Boy), dangers de la technologies et des ordinateurs trop autonomes et intelligents (Martha Washington), etc… Le personnage de Casey McKenna, jeune militaire obstinée et légèrement indisciplinée, préfigure celui de Martha Washington ; le démon Agat est proche de La Bête dans Elektra ; l’ordinateur féminin tout-puissant se retrouve dans Martha Washington, et j’en passe… Bon, du coup, vous me direz "ah mais alors en fait, il ne fait que ressasser les mêmes choses depuis 20 ans !", mais quand c’est un cinéaste qui fait ça, on dit qu’il "revisite son univers" et que c’est génial, alors pourquoi jeter la pierre à Miller d’en faire autant ? Bon, au final, donc, c’est une BD sans grand génie, loin de valoir ce que Miller a fait de mieux, mais les fans de l’auteur devrait quand même y trouver leur compte. Les autres ne sont pas obligés de jeter un œil dessus, à moins d’être passionnés par les histoires de samouraïs.
Luuna
Une première lecture du tome 1 il y a quelques temps m'avait laissé sur une impression plutôt mitigée, voire même négative. J'ai eu l'occasion récemment de relire le premier tome et le deuxième dans la foulée. L'impression mitigée de départ reste mais avec quelques nuances cependant. Quand il le veut, Crisse montre qu'il est aussi adroit à la plume qu’au pinceau. L'histoire reste malgré tout convenue (Luuna part à la recherche de son totem mais, à la place, se retrouve sous l'emprise d'Unkui) et est un peu lourdingue par moment (le comportement des Pipintus sensés amuser la galerie) mais ça se lit bien. A noter que le Crépuscule du Lynx ne fait pas avancer le schmilblik d'un pouce. Attendons le troisième opus pour se prononcer sur la suite. Keramidas, lui, a un style très "Disney", à la limite du plagiat. On a droit à la petite sœur de Pochaontas dans le T1 et à la venue du petit frère de Tarzan dans le 2. Les planches, dans l'ensemble, sont belles (la mise en couleur y est pour beaucoup). Toutefois, les visages sont un peu trop géométriques à mon goût.
Fats Waller
Un rythme assez lent pour ces tranches de vies qui ont toutes un air de ressemblance, toutes des regrets et des espoirs perdus. On approche les divers personnages et on se sent proche d'eux, nous aussi, par certains côtés. Les dessins sont assez doux, un peu statiques, pour mieux s'imprégner de l'instant. Le tout dans des tons ocres, principalement. Lecture agréable qui laisse derrière elle un petit parfum rétro et quelques notes de jazz.