Les derniers avis (48964 avis)

Couverture de la série Puppy knight
Puppy knight

Je pensais bien plus me régaler avec ce tome. Ce n’est pas mauvais, juste que c’est clairement destiné à un lectorat très jeune. Le dessin est le principal atout de cette bd : fluide, rond et coloré. Il accompagne bien ce petit monde, accentuant le côté mignon de l’univers. Les quelques doubles pages sont très chouettes avec moult détails. Par contre, je serai plus critique sur l’aventure, à l’image de nos héros, je l’ai trouvé bien niaise. La BD se lit très vite et il ne s’y passe pas vraiment grand chose. Notre duo quitte l’auberge, font une quête (soporifique au possible) et revienne à l’auberge, fin. Bah dis donc, bonjour le développement, !! même plus jeune j’aurai pesté. On ajoute à ça une absence de double lecture ou une quelconque profondeur, comme ça l’ennui arrive vite. Un deuxième tome est annoncé pour 2024. Ça sera sans moi, ça n’a m’a pas émoustillé. Bien faite et réalisée pour les primaires mais passer ce stade, elle vous tombera des mains. 2,5 En fait, ça m’a fait le même effet qu‘avec La Saga d'Atlas et Axis (et je préfère cette dernière).

16/09/2024 (modifier)
Couverture de la série Magda Ikklepotts
Magda Ikklepotts

Je ne suis a priori pas le cœur de cible. Le dessin et la colorisation à l’informatique, et certains aspects un peu manga au niveau des visages ne sont pas mon truc. Mes goûts font donc que mon ressenti est « moyen » (2,5/5). Ça se laisse lire : le dessin est lisible, et c’est dynamique. Disons que je pense que le public cible est plus adolescent – même si ça passe la barrière de l’âge. Le personnage de Magda, au départ une petite futée utilisant ses pouvoirs de sorcières pour arnaquer quelques crédules, s’assagit rapidement : délinquante recherchée par la police, elle devient une collaboratrice régulière de celle-ci, pour lutter contre les méfaits de certains de ses coreligionnaires. Car sorciers et humains ordinaires cohabitent – plutôt mal d’ailleurs. Des partis politiques et associations luttent même pour restreindre les droits des sorciers, dans un parallèle facile à faire avec certaines problématiques actuelles (si l’on remplace sorciers par migrants…) : la dirigeante la plus virulente contre les sorciers a d’ailleurs de faux airs de Marine Le Pen. Bon, pas fan a priori donc mais, après avoir lu l’intégrale, je reconnais que l’univers polar fortement teinté de fantastique de cette série peut trouver son public.

16/09/2024 (modifier)
Couverture de la série La Chute de la Maison Usher
La Chute de la Maison Usher

Les amateurs/amoureux de Poe trouveront sans aucun doute leur compte dans cette adaptation. D’abord parce que la nouvelle est entièrement reprise en fin de volume. Ensuite parce que la partie proprement BD est fidèle au texte, qu’elle garde la phrasé caractéristique – et parfois un peu lourd et grandiloquent il faut le dire ! – de Poe. C’est en effet très « littéraire », et il faut accepter ce parti pris de Nicolas Guillaume pour apprécier à sa juste valeur son travail. Il faut aussi être prêt à entrer dans son dessin, très personnel et sans doute déroutant. Mais j’ai vraiment beaucoup aimé ce trait nerveux, torturé. Un Noir et Blanc, avec des cases comme lacérées, raturées (un peu de Guido Buzzelli dans le rendu), des décors et des personnages parfois esquissés. On passe aussi à certains moments sans transition d’un réalisme détaillé à quelque chose de presque abstrait. Le dessin est en tout cas raccord avec le récit tourmenté : il donne à voir les crises internes, les coups de sang, les angoisses. Un chouette travail graphique.

16/09/2024 (modifier)
Couverture de la série Une Farouche liberté - Gisèle Halimi, la cause des femmes
Une Farouche liberté - Gisèle Halimi, la cause des femmes

Je suis d’accord avec les remarques de Canarde. L’album se laisse lire agréablement, mais le style est quelque peu ampoulé parfois, tourne à une hagiographie presque béate. C’est vraiment dommage, parce que le sujet – la personne au centre de cet album – est des plus beaux. Autre bémol, le dessin. Il est très lisible, mais avec l’absence de gaufrier, et un style au rendu un peu « vieillot », j’ai trouvé qu’il peinait à faire sentir l’ardeur des combats, et la passion qui a toute sa vie habité Gisèle Halimi. Les albums sur Gisèle Halimi se sont multipliés ces derniers temps. « Gisèle Halimi – Une enfance tunisienne » m’avait vraiment intéressé en me dévoilant le pan le moins connu de cette femme, son enfance, période au combien importante pour sa « construction ». C’est aussi une des périodes les plus intéressantes de cet album. Gisèle Halimi est une belle personne, qui n’a jamais démérité des idéaux de sa jeunesse, qui a su mener jusqu’au bout des combats importants, en tant qu’avocate, que femme, que militante (les trois coïncidant souvent chez elle) : contre le sexisme et le patriarcat, contre le racisme et le colonialisme, et pour les droits des femmes à disposer de leur corps. Ce dernier combat très médiatique est celui qui occupe la plus grande partie de l’album, avec parfois quelques longueurs dans le développement. Mais bon, la vie de Gisèle Halimi est passionnante en elle-même, et ses combats révèlent en creux les fractures qui ont traversé – et qui traversent encore – la société française de la seconde moitié du XXème siècle (je regrette juste que le mélange entre parties chronologiques et thématiques durant la guerre d’Algérie gênent un peu la lecture). Une lecture forcément intéressante – « sujet » oblige – mais dont la tonalité parfois m’a gêné. Sans doute les auteures ont-elles, dans ce travail de commande, eu du mal à prendre un peu de distance dans la narration, je ne sais pas.

16/09/2024 (modifier)
Par Présence
Note: 3/5
Couverture de la série Comment je me suis radicalisée en féminazie
Comment je me suis radicalisée en féminazie

Flagrant délit de manterrupting ! - Ce tome contient une histoire complète, indépendante de toute autre. Sa parution initiale date de 2023. Il a été réalisé par Isabelle Denis & Michel Gaudelette pour le scénario, et par la première pour les dessins et les couleurs. Il comprend cinquante-trois pages de bande dessinée. En l’an 48 de l’ère #metoo, dans la résidence autogérée des viragos éco-wokistes, un groupe de quatre petits-enfants viennent rendre visite à leur tata Isa. Ils lui demandent de raconter les derniers jours patriarcat. Elle leur fait observer que c’est une longue histoire : le mâle blanc cis hétéro n’a pas été cancellé en un jour, on partait de loin. C’est qu’ils faisaient une descente d’organes au moindre point médian à l’époque. Alors #metoo, ils n’étaient pas prêts. Il faut se remettre dans le contexte. Elle accepte de raconter, mais il faut commencer par un bon goûter : qui va chercher la boîte de Palmito ? La fabrique de la monstre : Bin sang, mais c’est quoi cette horreur ? Voilà les premiers mots qu’Isa a entendus. Elle était attendue un vingt-et-avril, mais comme elle était bien au chaud, elle n’était pas pressée de sortir. Elle a été délogée le vingt-cinq. Le problème des séjours prolongés dans le liquide amiotique, c’est que ça donne des bébés tout fripés. Fort heureusement, ça ne dure pas : la peau se retend très rapidement. Mais allez savoir pourquoi, c’est le genre de truc anecdotique qui vient se nicher dans l’inconscient. Et bon, fatalement, ça ressort un jour. À partir de là, c’est open bar pour tout ce qui est déni, frustration et multi-traumatismes. Et c’est comme ça qu’on devient le cauchemar number one de toute société patriarcale : la quinquagénaire sans enfants, avec un chat, auteure de BD (facteur aggravant +1). 100% no life. Au XVIIe siècle, c’eût été le bûcher direct. Assoupie à sa table à dessin, Isa revient à la réalité, alors que son père vient d’entrer dans la pièce. Il lui apporte deux cageots de brugnons qu’ils lui ont ramenés de la campagne. Vu qu’elle ne passe pas les chercher à la maison. Et là, ils s’abiment. Alors faut vite les utiliser pour faire de la compote. Ou de la confiture. Isa objecte que ses pages sont à la bourre et qu’elle n’a pas le temps. Son père perd un peu patience, et lui fait observer qu’elle n’a jamais le temps. Franchement, comment aurait-elle fait si elle avait quatre gosses ? Cette réflexion l’a énervée : typiquement des propos de boomer cis blanc dominant. Et si elle n’avait jamais eu envie d’avoir des enfants ? Ce n’est pas parce qu’on a un utérus qu’on est obligé de s’en servir. Il continue en faisant une remarque sur le fait qu’elle ne passe jamais l’aspirateur sous son canapé. Plus tard, Elle raconte la scène à son amie Claire en prenant un café. Celle-ci estime qu’il est temps qu’elle la présente aux copines. C’est comme ça qu’Isa s’est radicalisée. Claire l’a emmenée dans un club de féministes qui lui ont fait recopier cent fois King Kong théorie. Pour sa première prise de paroles, Isa s’adresse à un troupeau de vaches élevées en batterie. Elles se plaignent qu’elle ne parle pas assez fort. Le titre annonce un programme clair, et vraisemblablement pétri d’autodérision, en utilisant un terme moqueur, et en l’associant au verbe très fort Radicaliser. Il peut paraître étrange qu’Isa tourne en dérision le féminisme dès le titre, en tant que femme, certes avec un co-auteur. D’un autre côté, il s’agit d’un album publié par l’éditeur Fluide Glacial, et le dessin s’inscrit dans un registre caricatural, dès la couverture. L’artiste se positionne dans l’école dite Gros nez, une caractéristique physique typique de l'école belge enfantine, popularisée par des séries comme Astérix, et Spirou et Fantasio. Dans l’avant-dernière histoire, Elfriede, une amie allemande, demande à Isa pourquoi elle se dessine avec un gros nez. La dessinatrice ne répond pas à cette question, mais elle se représente avec une réelle autodérision : en forcissant sa silhouette d’une manière générale, sa poitrine en particulier, avec un imperméable informe, des yeux souvent ronds et vides pour montrer un état d’ahurissement ou d’abrutissement comme s’il n’y avait rien entre les deux oreilles, ou encore un gros nez rouge à cause d’un gros rhume, une posture avachie en train de procrastiner à fond, et bien sûr se montrer complètement gaga avec son chat Kiki. Le lecteur peut voir une forme de filiation avec l’artiste Florence Cestac, dans ce parti pris de dessiner un gros nez aux personnages, dans l’expressivité des visages, et le rendu gentil des personnages. Dans le même temps, il perçoit la personnalité graphique d’Isa : un trait de contour moins gras, une exagération comique moins poussée, une narration visuelle plus posée. Elle gère la densité d’informations visuelles en fonction de la séquence, en maintenant un fort pourcentage de représentation des arrière-plans dans les cases. Au cours de cette dizaine de scénettes, le lecteur découvre Isa dans sa maison de retraite, bien calée dans un large fauteuil et il se retrouve avec elle dans une maternité alors qu’elle vient de naître, à sa table à dessin dans son salon, dans une réunion du Collectif de Féminazies Radicalisées Soon Menopaused, dans un long hangar abritant des dizaines de vaches en élevage intensif, les allées d’un supermarché, un bar où se déroule la soirée de bouclage du magazine Fluide Glacial, les bureaux dudit magazine, une version parodique de jeu massivement multijoueur en ligne, la tablée du repas de Noël chez les parents d’Isa, le plateau de tournage d’un version consentante du film Angélique, les plantations de courgette de Poutine, un épisode la série Wonder Woman des années 1970, un petit village balnéaire du sud de la France, un magasin d’outillage pour le bricolage, les calanques en randonnée pédestre, un séminaire de revirilisation dans la campagne, etc. La narration visuelle est empreinte d’humour visuel : l’œil au beurre noir du mari qui a présenté un autre bébé qu’Isa à son épouse, les vaches qui réclament un autre discours à Isa, la version parodique de World of Warcraft façon vieillotte et sans moyens, Vladimir Poutine en train de récolter ses courgettes, Lynda Carter en Wonder Woman façon Sergio Aragonés, un membre de la rédaction de Fluide Glacial allant chercher des touillettes en rampant, Gaudelette passant la serpillère, un bricoleur au bord des larmes en voyant tout le stock de tubes en PVC de diamètre 160 utilisés pour confectionner des arbres à chat, etc. Le lecteur ressent la dérision présente tout du long de l’album, sans même parler de l’avatar de papier d’Isa, sans enfants, arborant souvent un air ahuri, mémère avec son chat, un peu neuneu, tout en gardant à l’esprit que l’autrice s’autocaricature, mais sans jamais se dépeindre comme hystérique. Bien évidemment elle interagit avec différents hommes. Le lecteur découvre les premiers à la maternité : son père essayant de faire plaisir à sa mère, puis un gros costaud bas du front. Son père très attentionné envers elle, tout en lui demandant comment elle ferait si elle avait quatre gosses. La remarque banale de son père déclenche en Isa une vive réaction durable : ce n’est pas parce qu’on a un utérus qu’on est obligé de s’en servir. Elle s’en ouvre à une copine qui l‘invite à une réunion de féministes. Il est par la suite question de manspreading et de mansplaining, mais aussi d’élevage d’épouses par la métaphore des vaches en élevage de batterie, de male gaze (ce qui aboutit à une séquence de mom gaze), de condescendance des hommes vis-à-vis des femmes, de consentement, de rôle traditionnel, de charge mentale, d’occupation de lieux masculins (un magasin de bricolage) par des femmes, de politiquement correct (on ne peut plus rien dire), de persécution des mâles blancs dominants… Et même, dans une séquence, des femmes supportent stoïquement du mansplaining pour mieux manipuler leur interlocuteur mâle afin qu’il fasse le nettoyage de printemps de l’appartement de l’une d’elle. À l’instar d’une femme dans la dernière séquence, le lecteur peut lui aussi cocher les entrées de sa liste : tout y est dans les thèmes de la dénonciation du patriarcat. Dans le même temps, la charge féministe s’avère assez bénigne. L’humour désamorce toute critique, qu’elle soit contre les hommes ou contre les féministes radicalisées, ne serait-ce que parce que Isa n’est pas vraiment opprimée, et parce que les hommes qu’elle côtoie se conduisent en êtres humaines normaux. Voire la mise en scène gentiment caricaturale fait ressortir, par exemple, que l’explication condescendante d’un homme vis-à-vis d’Isa aurait très bien pu être formulée par une femme vis-à-vis d’elle, ou même par une femme vis-à-vis d’un homme. Dans le même temps, cela ne constitue pas non plus une raillerie contre des hommes tous machos ou bêtas. Virginie Despentes, Raphael Enthoven, Pascal Bruckner, Yann Moix, Chantal Montellier ne sont mentionnés que le temps d’une case chacun, pour la moquerie ou la référence culturelle, juste en passant. La promesse du titre peut se lire comme l’idée qu’Isa se fait de son comportement, trouvant qu’elle se rebiffe contre l’ordre établi qu’elle attribue au patriarcat, alors qu’elle ne fait que réagir à des comportements malpolis sans malice, voire qu’elle s’offusque pour pas grand-chose, ce qui correspond assez bien à la formulation de la quatrième de couverture : un combat en pantoufle armée d’un chat roux au creux de l’épaule. Un titre et une couverture qui captent l’attention du lecteur prêt à plonger dans une féroce critique soit du patriarcat, soit du féminisme radicalisé. Il apprécie tout de suite les rondeurs de la narration visuelle et son sens du détail, ainsi que l’expressivité des personnages. Il se rend compte que l’autrice se positionne sur le terrain de la dérision de la banalité, sans nier les difficultés des femmes dans la société, mais sans les attaquer de front non plus, sans tirer à boulet rouge contre tous les hommes, mais sans chercher à les glorifier non plus. Une vision plutôt attendrie de l’ordinaire banal du quotidien, avec un humour gentil et amusé.

16/09/2024 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Cosplay
Cosplay

Série plutôt pour adolescents ou pré-ados, j'ai cru que je n'allais pas vraiment l'apprécier. En effet, je trouvais qu'il surfait un peu sur la mode du cosplay en alignant quelques personnages pas mal stéréotypés. Il présente aussi des facilités peu crédibles sur la manière dont des gamins peuvent entraver les manœuvres de pros de la sécurité et du combat. Et surtout, j'ai trouvé que le retournement de situation qui a lieu vers le milieu de l'album était factice, dans le sens où dès lors qu'on le découvre, le comportement précédent des membres de la partie adverse apparait soudain illogique, comme volontairement tourné pour induire le lecteur en erreur au détriment du réalisme. Mais à côté de ça, le dessin est de bonne qualité, la narration rythmée et prenante, le scénario est dense pour un one-shot et la conclusion de l'histoire est sympathique avec quelques bonnes idées ici et là. Bref, ce n'est pas de la BD de supermarché, il y a une vraie sincérité de la part des auteurs et le résultat est divertissant.

16/09/2024 (modifier)
Par Yann135
Note: 3/5
Couverture de la série Nocturnes (Clarke)
Nocturnes (Clarke)

L album Nocturnes de Clarke est édité chez Le Lombard dans la collection Signé – une référence ! - est une bande dessinée qui se distingue par son atmosphère unique et son intrigue assez captivante je dois l’avouer même si sur les premières pages j’ai eu l’impression de patauger dans un marécage. Accrochez-vous cela vaut le coup ! Bon cette BD n est pas révolutionnaire mais ce one-shot se lit bien. L’histoire tourne autour de Léo, un écrivain dont les personnages semblent prendre vie et interagir avec lui de manière troublante. Clarke réussit à créer une tension palpable entre le créateur et ses créatures. Cette interaction entre l’auteur et ses personnages peut lasser sur le début de l’album, mais cette dimension métaphysique rend la lecture à la fois intrigante et réflexive. Et cela ne peut pas vous faire du mal ! Le dessin de Clarke, bien que différent de son style habituel, est parfaitement adapté à l’histoire. Chaque page est un régal visuel, avec des détails soignés qui ne peuvent qu’enrichir l’expérience de lecture. Bon moi en tout cas j’ai aimé ! L’intrigue reste complexe et il faut s’accrocher un minima pour comprendre. Clarke privilégie la clarté narrative, ce qui m’a permis de plonger pleinement dans l’histoire sans trop me perdre dans des méandres inutiles. Les personnages sont bien développés, chacun avec ses propres motivations et secrets, ce qui ajoute de la profondeur à l’ensemble. Un des points forts de Nocturnes est sa capacité à mélanger le fantastique et le quotidien de manière subtile. Les éléments surnaturels sont intégrés de façon à renforcer le sentiment de malaise sans jamais tomber dans l’excès. Cette approche douce du fantastique permet de maintenir une certaine crédibilité tout en laissant libre cours à son imagination. La conclusion de l’histoire, bien que simple, est très correcte. Perso je ne l’ai pas vu venir. La BD est bien ficelée et se laisse lire avec plaisir.

16/09/2024 (modifier)
Couverture de la série Supergirl  - Being Super
Supergirl - Being Super

Je ne connaissais pas trop le personnage de Supergirl, et si cet album ne m’a pas foncièrement déplu, il ne m’a pas non plus subjugué. L’histoire retrace la genèse de notre héroïne, je ne sais pas si c’est la version officielle mais c’est pas bien surprenant et ça lorgne méchamment vers Smallville (la ferme, le bahut, le sport …), reste qu’à défaut d’originalité ce n’est pas non plus déplaisant. En gros, c’est juste l’alternative féminine de notre héros en slip rouge. La réalisation, bien qu’un peu lisse, est constante et pas trop mal. Au regard de la collection, le public se veut plutôt jeune et féminin mais j’y ai trouvé relativement mon compte. Un bon tome pour Urban Link.

15/09/2024 (modifier)
Couverture de la série Les Dinosaures du paradis - Naissance d'une aventure paléontologique
Les Dinosaures du paradis - Naissance d'une aventure paléontologique

Un album qui ne m’a pas tout le temps passionné mais que j’ai trouvé bien réalisé, sincère et didactique. J’ai beaucoup de sympathie pour Mazan, je m’interrogeais d’ailleurs sur sa carrière puisque ça fait un sacré bout de temps qu’il n’avait pas réalisé d’album … Et pour cause en 2010 avec les bonnes opportunités, l’auteur s’est permis une pause pour renouer/assouvir son rêve d’enfant, la paléontologie. Cet album retrace toute cette expérience, l’auteur accompagnera une équipe lors de fouilles, l’aventure démarrera proche d’Angoulême pour se terminer au Laos en 2012. J’avoue que l’album peut paraître un peu lourd, voir rébarbatif par moment. Il faut aimer le sujet (à moitié mon cas). A travers les nombreux personnages croisés, on ressent bien les passionnés. Malgré la fluidité et simplicité dont fait preuve l’auteur, il y a une sacré quantité d’infos pas si simple à digérer. Je confesse avoir survolé certains passages, tout ne m’a pas absorbé, préférant à la longue le côté carnet de voyages que les fouilles proprement dites. Par contre, j’ai trouvé la réalisation plus que correcte. Le trait et couleurs de l’auteur sont toujours agréables à l’œil, c’est bien chapitré et l’utilisation/intégration de nombreuses photos de son périple est judicieuse. Du bon boulot qui satisfera davantage ceux qui ont un réel intérêt pour le sujet.

15/09/2024 (modifier)
Couverture de la série Dwarf
Dwarf

De la fantasy très classique, qui transpire le Tolkien. Dans ce cadre aux airs de déjà-vu, je trouve que Shovel – que je découvre avec cette série – s’en sort plutôt bien. Auteur complet, il développe une esthétique très léchée. J’ai vraiment bien aimé son dessin (et la colorisation de Fogolin). Le trait est fin et précis, gros plans et plans larges réussis, personnage (et leurs mouvements) et décors itou, un visuel agréable pour accompagner l’histoire. Quelques réserves sur certains visages parfois, étonnamment manquant de détails, et sur certaines cases dans la seconde moitié du dernier tome, plus inégales – et ce d’autant plus que sur plusieurs cases le texte use d’une police trop petite !). C’est étonnant cette baisse de qualité. Sur un canevas classique, l’histoire est centrée sur Nains et Sylves, avec des Orcs et, ce qui fait la relative originalité, des animaux (ours, loups surtout) agissant comme des tribus (un crapaud joue le rôle d’un Jiminy Cricket, avec parfois des mimiques comiques, comme dans le dernier tome). A part un griffon, pas de bestiaire fantastique. L’intrigue est riche. Très riche. Parfois trop, ça part un peu dans tous les sens, et plusieurs groupes de personnages mènent une quête parallèle qui disperse un peu l’attention. Shovel introduit aussi trop de choses, parfois sans vraiment les exploiter, ce qui embrouille le lecteur (la tension autour de la gemme, l’apparition de la fille d’un prince nain rebelle, et d’autres choses que je ne veux pas spoiler. En tout cas on ne s’ennuie pas, l’action est très présente, les complots s’enchaînent et s’emmêlent (chez les Nains et chez les Sylves), dans des trames là aussi classiques. Shovel introduit peu à peu de l’humour dans les deux derniers tomes, avec le personnage du crapaud Albin de Morteflaque (plutôt sérieux jusqu’ici) et celui de Siliane, une générale naine nymphomane (personnage hautement improbable tant on peut s’étonner qu’une générale agisse comme un simple soudard). Au final, malgré un scénario qui se disperse un peu trop, et quelques facilités (et une baisse de qualité dans le dernier tome), j’ai globalement apprécié cette lecture, qui développe une histoire solide avec un bon visuel. Ma dernière réserve vient des textes. Comme pour l’histoire en général, c’est bien construit, les dialogues sont bien écrits, mais trop abondants ! La lecture de ces quatre tomes prend du temps !

15/09/2024 (modifier)