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Couverture de la série Mitsuo
Mitsuo

Moi, quand il y a beaucoup de pathos comme c’est le cas ici, j’ai deux réactions : la première c’est de tomber dans le piège. Oui cette histoire est très émouvante, à tire-l’œil, on a envie d’être du côté des parents, qu’ils comprennent les mécanismes de « la folie » (j’ai lu une critique qui parlait de TDAH mais ce n’est mentionné nul part dans la BD donc on peut imaginer ce qu’on veut au final) de leur enfant et finissent par trouver la solution. Tous ces gens, y comprend Grand-mère et son frère, sont sympathiques, des gens gentils pleins de bonne volonté. Mais dans un second temps une fois les émotions mises de côté, j’aime bien faire appelle à ma raison, et là y a quand même un truc qui me gêne : je ne soutiens pas la vision un brin caricaturale et manichéenne du scénariste (cette histoire sent le vécu et je ne remets pas en doute la sincérité de l’écriture, mais voilà, je trouve que ça manque de nuance pour préciser ma pensée). Alors je comprends bien que pour les besoins du récit il est plus facile de créer un antagoniste aux personnages, la vision enfantine de Sasha, les gentils vs les méchants. Mais quand c’est présent tout du long et pas seulement à travers ses yeux, c’est gênant. En l’occurrence, que ce soit l’administration scolaire, les services sociaux ou la police, tous sont présentés comme d’affreux méchants vilains pas beaux (et ce n’est pas seulement dans le dessin), et bien entendu les parents eux, savent ce qui est bon et juste pour leur enfant, alors qu’ils sont tout autant complètement dépassés. Et malgré le clivage entre les parents sur ce qui doit être fait pour le mieux de Sasha, il y a toujours de manière latente cette vision gauchiste de l’inclusion, de l’égalité en toute circonstance qui fait fi de la réalité du handicap psychique, ou des déficiences intellectuelles par exemple. Tout pourra se régler avec le temps, chaque arbre pousse à son propre rythme… oui, mais non, c’est pas toujours comme ça que ça marche. Cependant, preuve que le récit est un poil nuancé par moment, certains personnages se posent la question de la pertinence de rentrer dans le délire du gamin, si c’était vraiment la bonne chose à faire. Donc voilà, un récit à charge, mais avec de la nuance. Ayant trouvé les dessins fort jolis et envoûtant, je n’ai eu aucun mal à aller au bout de ce premier tome qui se termine sur des révélations que j’avais un peu vu venir, en espérant être davantage surpris pour la suite et fin.

10/03/2025 (modifier)
Couverture de la série Bordeterre
Bordeterre

Je ne connais pas le roman ici adapté. C’est un univers pour le moment intrigant. Étonnant déjà car il mélange des choses d’époques différentes. Le « monde parallèle » dans lequel débarquent deux jeunes gens est hétéroclite : des aspects médiévaux, ou de la renaissance, voire du XIXème siècle, mais un camping-car dans la rue ! Étrange, mais ça passe. Quant à l’histoire, elle n’a pour le moment pas livré toutes ses clés. Inès, une jeune ado et son grand frère Tristan (et leur chien) se retrouvent dans ce monde étrange, une société dominée par quelques familles, qui contrôle le commerce du quartz – pêché au fond d’un lac maléfique – qui permet (mais uniquement accompagné de chansons) de faire pas mal de choses ! C’est l’autre originalité de cette histoire, la présence de chansons, pour le coup très old school (Nana Mouskouri, comptines célèbres, etc.). Le dessin est à la fois sombre et lumineux. Le plus souvent très beau, il manque parfois de clarté sur certaines scènes. Mais j’ai globalement bien aimé ce travail graphique (dessin et colorisation), qui donne un rendu féérique, brumeux et inquiétant. A voir ce que ça va donner par la suite. Mais j’ai envie de savoir ce qu’il en est de cette ville-Etat (Bordeterre donc).

10/03/2025 (modifier)
Couverture de la série 40 éléphants
40 éléphants

Une série sympathique. La lecture est assez rapide, et plutôt agréable. J’ai préféré les deux premiers albums, qui forment un diptyque, ou plutôt un cycle complet. Certes, il faut accepter quelques facilités. La présence de ce gang de femmes – dont l’une d’elle est même la femme d’un membre d'un gang d’hommes concurrent ! La facilité avec laquelle elles commettent leurs larcins – comme le pillage d’Harrods par exemple. Et l’attitude de Florrie (et la réaction de celles qui « savent » ce qu’elle fait – elle est infiltrée par la police, en échange d’information sur son petit neveu enlevé et qu’elle recherche). Le personnage de Florrie est en tout cas central, et le plus intéressant. Le troisième album poursuit le récit. Il vaut quand même mieux avoir lu les deux premiers pour comprendre les personnages et les liens qui les unissent. Les 40 Voleurs ayant été éliminés, ne restent plus que les Éléphants, qui essayent de se réorganiser, suite à la perte de plusieurs des leurs – et pas des moindres – dans le diptyque précédent, mais aussi parce que la police essaye de les faire tomber. Comme pour les précédents albums, une des « éléphants » est mise en avant – ici Dorothy, tueuse à la fois douce et psychopathe, dont le rôle restera ambigu jusqu’au dénouement. Je n’ai pas trop accroché aux passages tentant d’insuffler de l’humour dans le récit axé plutôt polar (en particulier lors des courses-poursuites entrainant des carambolages). Et, là aussi, quelques petites facilités (c’est fou le nombre de nonnes se baladant seules la nuit dans ce quartier de Elephant & Castle quand même !) Globalement, c’est du polar qui est assez classique, avec plusieurs gangs luttant pour contrôler un secteur, alors que la police essaye de tous les coffrer, un juge acheté par l’un des gangs, etc. On reste sur un canevas classique des récits sur la mafia aux États-Unis dans l’entre-deux guerre. D’ailleurs dans le deuxième tome, l’un des gangs élimine les chefs du gang féminin concurrent le jour de la Saint Valentin, clin d’œil au massacre du même nom commandité à la même époque à Chicago par Al Capone ! Mais le fait que le principal gang soit exclusivement constitué de femmes apporte une touche originale. Et certains personnages, Florrie bien sûr, mais aussi la très jeune – et très débrouillarde ! – Maggie, sont vraiment intéressants.

10/03/2025 (modifier)
Couverture de la série Toubab
Toubab

Un album que j’ai lu sans réel déplaisir, mais qui ne m’a jamais vraiment emballé. Je n’y retournerai pas en tout cas. D’abord parce que j’ai eu du mal à accrocher au dessin de Tamarit. Sur des histoires différentes ça passait mieux (sur Géante par exemple). Ici, ça ne m’a pas convenu (affaire de goûts sans doute). L’histoire en elle-même m’a laissé de côté. Je n’ai pas accroché à cette gamine découvrant l’Afrique, supportant mal de se passer de son téléphone portable. Et, plus généralement, cette présentation « réaliste » d’une certaine Afrique ne m’a pas ici vraiment intéressé. Je ne saurais trop quoi dire de plus, c’est juste un album qui m’a laissé froid. Note réelle 2,5/5.

10/03/2025 (modifier)
Par Amb
Note: 3/5
Couverture de la série Le Sarcophage des âmes
Le Sarcophage des âmes

J'aime beaucoup l'idée de sarcophage des âmes, de nécromancien ou de sorcière même si le côté Salem est cliché (encore... !) Je me suis donc plongé dans cet album plein de confiance et d'enthousiasme. A la fin de ma lecture mon retour c'est "bof" à "pas mal" => 2.5 Question colorisation ou dessin rien à redire c'est très agréable à regarder. C'est plutôt le manque flagrant de profondeur des personnages et finalement un petit peu la simplicité ou le manque de rebondissements de l'histoire qui m'a gêné. C'est vrai que j'avais une certaine attente du scénario et des discussions entre les personnages de Le Tendre et c'est probablement ça qui m'a déçu le plus. Les échanges entre les personnages est plaisant mais sans plus. Bref un album sympa à lire mais que je regrette un petit peu de l'avoir acheté

09/03/2025 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5
Couverture de la série L'Âge de déraison (Steinkis)
L'Âge de déraison (Steinkis)

Voici une BD un peu à contre-courant. Elle nous permet de suivre Corinne, une coquette retraitée qui, à l'occasion des retrouvailles avec une ancienne amie, va se questionner sur sa vie quotidienne, sa façon de l'aborder. Nous avons donc une suite de saynètes relatifs au sport, à ses sorties culturelles, à sa vie familiale, son couple. Il y a donc beaucoup d'instants suspendus, dans une ambiance lumineuse, où les attitudes, les gestes, comptent autant que les paroles. Dounia Georgeon, dont c'est le premier scénario, propose donc une histoire pleine de bienveillance et de bons sentiments. Pascal M., dont c'est le premier album également, propose un style semi-réaliste qui a besoin d'être affiné, de mûrir, mais il a su capter l'essentiel du scénario de Dounia Georgeon. Sympathique, sans plus.

09/03/2025 (modifier)
Couverture de la série Aucune tombe assez profonde
Aucune tombe assez profonde

Aucune tombe assez profonde est une bande dessinée poignante qui mêle western et exploration du deuil. À travers l’histoire de Ryder, une femme confrontée à sa propre mort, les chapitres suivent les cinq étapes du deuil – déni, colère, marchandage, dépression et acceptation – d’une manière subtile et émotive. Les dessins, à la fois sombres et expressifs, renforcent l’intensité du récit. C’est une œuvre intense et humaine, parfaite pour ceux qui apprécient des récits introspectifs et profonds. Note : 3,5/5

09/03/2025 (modifier)
Par pol
Note: 3/5
Couverture de la série La Nuit des lanternes
La Nuit des lanternes

Cette nuit des lanternes est un conte fantastique teinté d'une petite touche d'horreur. L'histoire prend place sur une ile, qui pourrait être en Bretagne, et l'action se situe le soir de la grande fête locale : la nuit des lanternes. Pour l'occasion Eloane, une jeune femme, revient sur l'ile retrouver sa famille : son petit frère qui ne parle pas et sa mère, une fonctionnaire de police. Les retrouvailles vont être animées, les tensions et les vieux problèmes de famille vont vite revenir sur le devant de la scène. Et en plus, dans le même temps, une créature fantastique ancestrale va se reveiller et semer un peu le bazar. On a un récit à deux dimensions. D'un coté, une histoire fantastique rythmée par cette créature, des meurtres sordides et une chasse aux monstres. C'est dynamique, plutôt efficace même si on n'a aucune inquiétude pour nos héros, la tension théorique de la situation n'est pas pesante. De l'autre un sujet de fond sur des problèmes de famille. Cette partie sensée amener une dimension moins tournée vers l'action mais plus dans la réflexion n'est pas très exploitée. On reste en surface du sujet, la mère et la fille ne peuvent pas se parler sans hausser le ton, et ça finit systématiquement par un clash. Toute cette tension repose sur des non-dits des années auparavant, alors qu'en fait tout le monde s'aime. C'est un résumé un peu caricatural mais le traitement de cette partie de l'histoire manque de profondeur et de surprise. Au final, tout ça s'imbrique plutôt bien, la lecture est rapide et divertissante à défaut d'être 100% originale. Le tout est très joliment mis en image avec une colorisation sombre bien adaptée.

09/03/2025 (modifier)
Couverture de la série L'Ombre des pins
L'Ombre des pins

L’ombre des pins est une bande dessinée qui dépeint la rencontre estivale de deux adolescents, Pablo et Clara, dans un village côtier. Le récit se concentre sur leur complicité naissante, ponctuée de moments de baignade et de flâneries sous les pins, le tout capturé à travers l’objectif de l’appareil photo de Clara. Le dessin se distingue par sa palette de couleurs chaudes, principalement des tons ocre et verts, évoquant la chaleur estivale et l’ambiance méditerranéenne. Les illustrations, larges cases et paysages détaillés, plongent le lecteur dans une atmosphère apaisante et contemplative. ? Cependant, malgré la beauté visuelle, le récit manque de profondeur émotionnelle. Les personnages restent en surface, leurs interactions peu développées, ce qui empêche une véritable connexion avec le lecteur. L’absence de dialogues riches et de développement narratif laisse une impression de déjà-vu, sans véritable originalité. ? En somme, L’ombre des pins offre une expérience visuelle agréable, mais son manque de substance narrative et de profondeur émotionnelle peut laisser certains lecteurs sur leur faim. Note : 2,5/5

09/03/2025 (modifier)
Couverture de la série Dans la nuit noire
Dans la nuit noire

J’avais découvert David Small avec Sutures, que j’avais bien aimé. Je le retrouve ici avec une histoire qui, une nouvelle fois, est assez noire, et nous montre une fin d’enfance des plus difficiles. Je ne sais pas s’il y a autant d’aspects autobiographiques ici que dans « Sutures », mais si c’est le cas, l’auteur a alors connu une adolescence compliquée ! Ici, nous suivons un adolescent, quitté par sa mère, qui déménage avec son père – alcoolique – en Californie, pour finalement être plus ou moins livré à lui-même. Outre cette forte instabilité familiale, il peine à sécuriser des amitiés, et ses questionnements – sur la sexualité en particulier – ne trouvent pas de réponses satisfaisantes. Beaucoup de passages sont très noirs (voir le petit chien que le héros voulait adopter – ce que son père refuse – et qui est écrasé par un camion. La fin du récit est assez ouverte – on peut y voir une petite fenêtre ouverte sur du positif – mais c’est quand même globalement un récit qui prend le titre au pied de la lettre. Small ne nous présente pas le meilleur côté de l’Amérique. Ni le meilleur côté du passage de l’adolescence à l’âge adulte. L’album est très épais, mais il se lit très vite. Car il y a peu de texte. Et puis c’est assez fluide. Le dessin de Small est sans fioriture, un Noir et Blanc un peu rehaussé d’aquarelle jouant sur les nuances de gris. Simple, efficace, et plutôt plaisant. Note réelle 3,5/5.

09/03/2025 (modifier)