Les derniers avis (48898 avis)

Couverture de la série Les 100 derniers jours d'Hitler
Les 100 derniers jours d'Hitler

Je vais être moins sévère que Paco, même si la lecture de cet album m’a quelque peu laissé sur ma faim (je pense avoir eu sous la main une version revue, car il n’y avait pas les coquilles qu’il signale dans son avis). Je ne connais pas le livre de l’historien Jean Lopez à l’origine de cet album. Je ne jugerai donc que cette adaptation. Disons qu’elle n’est pas inintéressante, mais sa construction m’a semblé trop sèche et répétitive. Nous n’avons en fait qu’un enchainement lugubre et terrible de morts et de massacres, situés et datés plus ou moins précisément, le tout entrecoupés d’ordre et de vociférations de moins en moins crédibles et lucides d’Hitler, jusqu’à l’écroulement final et le suicide du Führer – après qu’il ait envoyé à la mort une bonne partie des habitants du Reich. Le problème, en plus d’une construction sèche, sorte de litanie de dates/massacres, c’est que manquent le contexte, et quelques explications. Je suis plutôt au fait du sujet, mais je pense que ça n’aurait pas été de trop (une ou deux cartes, une présentation d’une ligne des personnages principaux évoqués en fin ou en début de volume aiderait grandement ceux qui ne connaissent pas dans les détails cette période de la guerre). Dans le même genre de perspective, mais étendu au Reich et pas seulement à Hitler (mais ici les deux sont aussi imbriqués), j’avais plus apprécié le très bon travail de l’historien anglais Ian Kershaw « La Fin : Allemagne 1944-1945 » (même si bien sûr ça n’est pas une BD). Mais bon, le dessin fait bien le travail, et on comprend quand même le raidissement du régime, l’accentuation du fanatisme dans la fuite en avant qui mène à liquider tous les « traitres (de la même façon qu’on voit bien la violence des bombardements alliés sur des civiles). L’album se laisse lire. Mais Pécau aurait plus le rendre plus intelligible et digeste je pense. Note réelle 2,5/5.

11/03/2025 (modifier)
Couverture de la série Jusqu'à Raqqa
Jusqu'à Raqqa

Un récit assez brut, sans pathos ni envolées lyriques sur l’engagement, la mort de proches. Ça rend le récit sans doute un peu aride, mais ne gâche pas la lecture, intéressante. L’auteur raconte son engagement contre Daech en Syrie de 2015 à 2017. Je devrais d’ailleurs écrire que l’auteur s’est engagé, plus que contre Daech, pour les combattants kurdes en Rojava. En effet, c’est engagement fort, militaire, est la directe conséquences des idéaux politiques de l’auteur, qu’il explique en début d’album. C’est la liberté en général, mais aussi l’expérience révolutionnaire de cette région du Kurdistan qu’il est venu défendre les armes à la main, lui qui n’avait a priori aucune appétence ou aptitude au niveau du maniement des armes. Le récit est circonstancié, froid – et fait froid dans le dos aussi ! En effet, dès son arrivée sur le champ de bataille, la mort est omniprésente, puisqu’il fait partie des combattant s’infiltrant dans les lignes de l’Etat islamique, jusqu’à l’assaut final sur sa capitale en ruine, anéantie, remplie de mine et de tireurs isolés, jamais à l’abri d’un kamikaze ou d’une voiture suicide. L’auteur nous fait aussi découvrir d’autres combattant qui, comme lui, ont rejoint une sorte de Brigade internationale (avec des origines et des motivations assez diverses. L’album se termine avec le retour de l’auteur en France en 2017. Ce qui laisse en suspens quelques questions. D’abord vers la fin on voit apparaitre les premiers bombardements turcs contre les Kurdes. Un pays de l’Otan, bombarde donc nos alliés, sans que la France et plus généralement les occidentaux ne protestent outre mesure (et l’auteur montre bien la présence des forces spéciales françaises à côté des combattants kurdes). Une fois Daech « vaincue », on n’a plus besoin de ceux que l’on présentait dans les médias à l’époque comme des exemple (et depuis, lâchés, ils subissent une guerre violente de la part de la Turquie – en plus du régime d’Assad – à voir ce que le nouveau régime fera). Ubuesque est aussi le traitement subi par l’auteur lorsque, au milieu de sa « mission » en Syrie, il revient en France. Lorsqu’il souhaite retourner combattre, il est arrêté, traité comme un terroriste en puissance… Un récit à hauteur d’homme, sans doute assez sec, mais intéressant pour donner corps aux reportages ou études lus ailleurs (le Monde diplomatique en particulier a publié plusieurs articles intéressants sur le sujet).

11/03/2025 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Les Folies Bergère
Les Folies Bergère

Les Folies Bergère est une évocation traumatisante et lyrique de la guerre de 14-18. A l'instar d'un récit de Tardi, nous sommes plongés dans les tranchées au milieu de l'horreur, des cadavres et de soldats en sursis qui se créent un petit monde bien à eux pour supporter ce cauchemar désespéré. Et dans ce petit monde, il s'avère qu'une part de fantastique ou de cyniquement merveilleux a lieu, à commencer par ce condamné à mort que les balles des bourreaux refusent de tuer. Venu constater les faits, un aumônier va rencontrer le capitaine du régiment, lui-même obnubilé par le fait qu'il se considère, lui et ses hommes, comme des taupes prêtes à être éliminées dans ce monde terrible. Etonnant mélange de macabre, de merveilleux et de réalisme, cette BD laisse le lecteur un peu perplexe. Il y a du lyrisme dans cette horreur, mais aussi des messages parfois un peu éculés comme celui sur Dieu et le Diable qui se jouent des hommes. C'est parfois très noir, horrible comme ces visages arrachés en plein cours d'une conversation, et parfois plus mielleux comme cette petite fille qui vient toute seule sur le front retrouver son père et qu'on lui présente comme un héros. Il y a une part d'humour noir qui se mêle à de la poésie et à un réalisme cru et terrifiant. Il y a du coup forcément ce rapport à la folie qu'on retrouve dans le titre : tout est dérisoire, tout est sordide et étrangement beau à la fois. J'ai beau avoir été légèrement transporté par l'ambiance étrange qui se dégage de cette BD, je reste quand même circonspect par ce mélange de tons qui ne m'a pas toujours convaincu, en particulier par cette impression qu'il s'y mélange un peu trop de choses et de sous-intrigues.

11/03/2025 (modifier)
Couverture de la série L'École décomposée
L'École décomposée

Je viens de sortir d’une lecture décevante de Junji Ito, avec Rémina, longue histoire qui ne m’avait pas vraiment convaincu. Avec ce nouveau recueil d’histoires courtes, cela confirme qu’Ito est sans doute plus à l’aise dans ce format, dans lequel il excelle pour développer en peu de temps une ambiance dérangeante, malsaine, un fantastique où l’horreur vampirise le quotidien. Encore que, on peut presque considérer que les cinq premières histoires n’en forment qu’une longue. Mais c’est en fait plusieurs variations sur le même thème – et du coup il y a moins de surprises, et certaines redites ne peuvent être évitées. Dans ces histoires formant « L’école décomposée », Ito part d’un trait de la société traditionnelle japonaise, à savoir une certaine propension à s’excuser par avance de ses actes. Il le fait ici de façon outrancière, le personnage qui incarne cette obsession en est grotesque, jusqu’à ce qu’apparaisse sa sœur, et que l’on comprenne le mal que tous deux transmettent à ceux qui les côtoient. Ito donne ensuite libre cours à son imagination, pour nous montrer des situations horribles, avec des visages hideux, et des victimes se liquéfiant, leur cerveau se vidant par tous leurs orifices. On reste dans du classique, sans doute un chouia répétitif pour cet ensemble. En fin d’album, sont ajoutées deux histoires vraiment très courtes, mais pas inintéressantes, où, là aussi, l’horreur est au premier plan. Un peu de Lovrecraft dans la première, la suivante – un peu trop courte à mon goût – étant du pur Ito, l’étrange devenant rapidement malsain. Comme d’habitude, le dessin d’Ito, avec un trait très fin, se révèle très bon, très expressif, et en tout cas très agréable. Un album qui ne révolutionne rien, mais qui plaira aux amateurs de Junji Ito ne recherchant pas à tout prix la surprise.

11/03/2025 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série La Jeune Femme et la Mer
La Jeune Femme et la Mer

2.5 Lu cet album pour continuer de voir si un jour je trouverais une BD de Catherine Meurisse exceptionnelle. J'avoue que je ne comprends pas trop tout le buzz autour d'elle. Elle est très bonne dessinatrice, mais comme scénariste le résultat est moyen. C'est encore le cas ici. Ses paysages du Japon sont très beaux à regarder, mais la manière dont elle parle de son voyage au Japon manque vraiment de dynamisme. Elle inclut aussi du folklore japonais et même cette touche plus fantastique ne m'a pas passionné. C'est un peu plat. J'ai eu l'impression que le public cible était pour les lecteurs pour qui le Japon est un pays exotique rempli de secrets. Ben moi je lis des mangas depuis plus de deux décennies et j'en ai vu des documentaires et des vidéos youtube sur le Japon alors j'ai rien appris en lisant cet album. Ça se laisse lire, mais ce n'est pas une lecture marquante ou très agréable.

10/03/2025 (modifier)
Par Cacal69
Note: 3/5
Couverture de la série Des femmes guettant l'annonce
Des femmes guettant l'annonce

Un album féministe. Le débat sur l'avortement au Maroc est à l'origine de cet album, Fedwa Misk est une journaliste et militante marocaine. Cet album est sa première BD, elle nous propose un road Trip à travers le Maroc en compagnie de trois femmes. Nisrine est une militante marocaine, une sorte d'alter ego de Fedwa. Lila est la meilleure amie de Nisrine, c'est une jeune femme joyeuse, insouciante et croquant la vie à pleines dents jusqu'à ce qu'elle découvre qu'elle est enceinte. Malika est une mère de famille avec cinq enfants, elle est fonctionnaire, son mari Tibari est au chômage et elle vient d'apprendre qu'elle attend un sixième enfant. Deux grossesses non désirées. On va suivre leur périple pour trouver une solution à leur problème, car c'est un gros problème d'être enceinte sans être mariée ou de ne pas vouloir d'une nouvelle naissance. Elles deviennent des mécréantes et peuvent être reniées par leurs proches. La recherche d'un médecin pouvant les avorter est un chemin de croix, ceux-ci risquent entre 10 à 20 ans de prison. Un récit émouvant, avec une touche d'humour, sur la place de la femme dans la société marocaine sous le dogme de l'islam, il fait le bonheur du patriarcat. Le sujet de l'avortement n'est que le prétexte pour réveiller les consciences, il sera aussi question de transgenrisme. Une lecture très plaisante grâce à ces trois femmes aux tempéraments si différents, mais si complémentaires, elles sont le rayon de soleil dans ce monde qui s'obscurcit à vue d'œil. Un dessin simple, tout en rondeur et assez expressif à la colorisation lumineuse, je n'en suis pas fan, mais il a un côté très positif qui amène à espérer en un monde meilleur (et il y a du boulot). Je termine mon avis par ces quelques mots qui clôturent cet album, ils résument très bien le message qu'il veut faire passer : "Si tu ne sais pas jouir de la vie, sans penser à l'enfer, si tu ne peux exister qu'en tapant des pieds et des mains... Si tu ne peux pas lâcher du lest sans te sentir traître, si tu ne peux pas pardonner à ceux qui prennent un autre chemin, alors ta prison est bien plus exiguë qu'une geôle en béton. " Je recommande. Note réelle : 3,5.

10/03/2025 (modifier)
Couverture de la série Western Love
Western Love

Sympathique comme tout ce premier tome d’une trilogie annoncée. Le titre n’est pas trompeur puisqu’on y trouve exactement ce que ça dit, une romance au temps des cowboys. Un cocktail plutôt rare dans le genre et qui change des croque-morts & co. En fait, la série m’a fait penser à Arizona love dans Blueberry (un album que j’apprécie beaucoup) avec un ton plus feel good. Notre jeune hors-la-loi manque encore un peu de sel mais Molly la teigne est réussie, un couple un peu improbable qu’on prendra plaisir à suivre. Hormis le personnage de la demi-sœur qui m’a moyennement convaincu, le reste est très agréable en terme de péripéties. L’auteur utilise bien les codes du genre (Shérif, bandit, banque …) pour construire son intrigue. La partie graphique accompagne le récit de belle manière. Un style lisible et détaillé, Molly est attachante et la narration est parfaite. Du bon boulot. Bref un premier tome qui remplit très bien son office, si le rythme ne faiblit pas on aura une chouette petite série. J’augmenterai même ma note si on tend vers plus de surprises. MàJ tome 2 : Bon je n’augmente pas encore ma note mais un 2eme tome vraiment bon et efficace. Notre couple d’amoureux m’est apparu encore plus attachant. Même si j’ai l’impression d’avoir lu une intrigue de transition, le plaisir de lecture était bien présent. Je connais que très peu la bibliographie d'Augustin Lebon mais bravo à lui. Tout est parfaitement maîtrisé, du chouette divertissement. Hâte de voir la conclusion.

16/07/2024 (MAJ le 10/03/2025) (modifier)
Couverture de la série Batman - Last knight on Earth
Batman - Last knight on Earth

Ouais la moyenne de justesse on va dire. Ce n’est pas la pire histoire mais il y a vraiment mieux dans l’univers de Gotham. Un plaisir de lecture mi-figue mi-raisin donc. Si j’ai aimé certaines idées du récit comme certaines pages, il y en a aussi qui m’ont bien fait soupirer. Commençons par le dessin, le trait est moderne, loin d’être désagréable et homogène … mais que de cases vides !! Ils sont où les arrières plans, les décors ? Je suis raccord avec la remarque de Kenshiroux sur ce point. On sent que Capullo ne s’est pas trop foulé avec ce tome néanmoins c’est toujours cool quand un dessinateur de comics ne passe pas la main en cours de route. Efficace mais pas renversant sur ce point. Niveau histoire, j’aime bien l’idée générale, ça tranche avec une aventure classique de notre justicier. Comme quelques ingrédients qui éclairent d’une nouvelle façon des faits bien connus. Mais (le fameux mais) ça se perd parfois trop, c’est loin d’être tout le temps passionnant. Si j’ai aimé le nouveau rôle de personnages bien connus (Wonder woman, le méchant par ex), d’autres m’ont moins convaincu (le Joker à titre perso). Un petit pas mal donc, il y a des éléments novateurs mais un peu trop ampoulés dans l’exécution pour se démarquer véritablement. Ça reste cependant bien plus digeste que ma précédente rencontre avec les auteurs (Batman - Death Metal).

10/03/2025 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série L'Institutrice
L'Institutrice

Joli récit, porté par le trait d'une Carole Maurel dont je suis assidument la production. Un peu trop gentil dans l'ensemble mais pétri de bon sentiments, sans doute le genre de BD qui fera réfléchir les adolescents et jeunes personnes sur les implications de chacun lors de problématiques aussi grosses que celles-ci. Si je suis un peu moins enthousiaste que mes camarades, c'est parce que je trouve le récit un peu trop gentil dans son ensemble. Il y a de bons dialogues notamment sur les enfants qui s'interrogent ensemble sur ce qu'est un juif, mais aussi lorsque l'institutrice doit expliquer aux enfants les règles d'application de la morale. C'est bien mené et cette épopée à travers les bois des enfants ainsi que leur institutrice devient vite une lutte pour l'humanité de ces enfants. Maintenant, je dois dire aussi que je ne suis pas porté plus que ça par le récit, que je trouve plus orienté jeunesse. Il pose des bonnes questions et apporte des réflexions aux plus jeunes (notamment sur les failles des adultes même lorsqu'ils paraissent toujours déterminés), mais l'histoire pour un adulte comme moi me semble assez rapide, parfois pas suffisante dans le traitement. Ce n'est pas mauvais, loin de là, juste pas plus marquant que ça dans ma vie. Je met un 3* qui est plus le reflet de mon appréciation personnelle que de la qualité réelle de l'ouvrage. Lisez-le !

10/03/2025 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Éclore
Éclore

Éclore est une longue autobiographie de l'autrice centrée sur sa vie sexuelle et romantique, et comment un évènement datant de son adolescence l'a affectée. L'autrice se livre sur des sujets très intimes mais sans aucune exhibition ni dessin explicite. Car c'est avant tout une question de psychologie. Le dessin d'Aude Mermilliod est doux et agréable. Sa narration permet de rentrer en toute facilité dans le récit et de s'attacher à la jeune fille qu'elle était. On se demande quelques instants où l'histoire va nous mener mais très vite le récit laisse entrevoir un moment clé, un traumatisme. Et contrairement à ce que je craignais, cet instant est assez rapidement dévoilé. S'il n'est pas traumatisant sur l'instant, l'autrice nous fait réaliser en même temps que son personnage à quel point il va en réalité modifier sa vie et surtout son rapport à la sexualité. L'histoire est intéressante, instructive à la fois sur à quoi peut ressembler la vie sexuelle de quelqu'un d'autre mais aussi sur comment un évènement particulier peut impacter insidieusement une vie entière/ Pourtant, je ne me suis pas senti particulièrement proche du personnage principal tant sa vie sexuelle est différente et éloignée de la mienne. J'ai gardé tout du long une certaine distance, un regard curieux et presque naturaliste, sans l'empathie qu'on aurait pu espérer, voire même avec un léger sentiment de malaise tant elle fait certains choix qui m'auraient rebuté. J'ai également trouvé l'ensemble assez long. Comme j'étais bien pris par la narration, je ne m'en suis pas rendu compte immédiatement, mais c'est une fois arrivé aux deux tiers de l'album que j'ai commencé à décrocher, me demandant quand est-ce que l'autrice allait en arriver au but de son long message. En parallèle, j'admets sans problème que le tout est raconté avec justesse et sincérité, que cette lecture m'a amené à m'interroger sur certains aspects de la vie sexuelle et romantique en général, et m'a permis de découvrir certains d'entre eux qui sont loin de ceux que je connais. Intéressant, instructif, bien raconté et joliment dessiné, mais je n'ai pas été autant touché que j'aurais espéré d'un album aussi épais.

10/03/2025 (modifier)