Les derniers avis (20731 avis)

Par Bruno :)
Note: 2/5
Couverture de la série L'Orchidée Noire (Black Orchid)
L'Orchidée Noire (Black Orchid)

Encore une BD qu'il aurait mieux valu découvrir au moment de sa sortie. Mais déjà, à l'époque, je la choisissais sur le rayonnage pour sa jolie couverture et, après un rapide feuilletage, la reposais, déçu. Maintenant que je l'ai enfin lue, je confirme ma première impression. C'est que Dave McKean, pourtant original dans son approche peinte du médium, échoue néanmoins à en maitriser les bases principales -et nécessaires- à son exploitation basique. Découpage, points de vue, mise en valeur des scènes ou même des personnages : rien ne vient au secours de la prose assez indigeste de Gaiman, faite d'interminables dialogues obscurs, dialogues calibrés et autres dialogues inutiles auxquels s'ajoutent moult monologues empesés et pas du tout informatifs -et désespérément dénués du moindre humour. Les phylactères, tout de rigueur d'imprimerie, tranchent assez laidement (c'est malheureusement banal) sur des images dont l'exécution, parfois si peu maitrisée, trouble la traduction qu'on peut en faire ; même si un semblant d'effort est fait pour les placer de manière élégante ou utile, comme cela se pratique pourtant dans des Comics graphiquement plus classiques. L'histoire n'a rien de passionnant, même si l'idée de la "renaissance amnésique" comme principal argument du récit demeure séduisante : hélas, le prétexte ne suffit pas et, malgré un début très riche de potentialités et l'errance consécutive des héroïnes, on a vraiment l'impression de faire du sur-place... Auteur en devenir, Neil Gaiman a depuis lors fait plus efficace, dans le fond sinon la forme. De Dave McKean, je n'ai pas vu mieux, par contre : son travail sur Arkham Asylum trahit les mêmes faiblesses que celles qui déparent ses peintures sur celui-ci. Dommage, parce que je suis plutôt amateur d'expérimentation, dans le genre.

16/04/2024 (modifier)
Par Présence
Note: 2/5
Couverture de la série Vic & Blood
Vic & Blood

Banal - Ce tome regroupe les 3 histoires d'Harlan Hellison mettant en scène Vic et son chien Blood ("Eggsucker", "A boy and his dog", Run, Spot, run", à l'origine des nouvelles parues respectivement en 1977, 1969 et 1980), adaptées en bandes dessinées par Richard Corben, parues pour la première fois en 1987. Eggsucker (12 pages) - Dans cette courte histoire, le lecteur fait connaissance avec Vic (un adolescent) et Blood (un chien télépathe doué de conscience) et leur monde post apocalyptique, un peu après 2021. Vic a déniché quelques bouteilles de vin intactes dans des ruines et il se rend sur un bateau où un groupe de jeunes hommes effectue du troc, en l'occurrence de l'alcool contre des munitions. En chemin, Blood en profite pour faire réciter la liste des présidents américains à Vic, par ordre chronologique. A boy and his dog (36 pages) - Vic et Blood se sont mis d'accord pour se rendre dans une ville proche pour aller au cinéma. Il s'agit d'une ville en ruine où subsiste une petite communauté. Dans la salle, Blood flaire une femme humaine, une denrée rare dans cet environnement presqu'uniquement masculin. Vic se remémore pourquoi Blood dispose d'un odorat plus développé que celui des autres chiens. Ils attendent qu'elle quitte la salle pour la suivre, bien décidé à ce que Vic bénéficie de relations charnelles (consenties ou non). Run, Spot, run (13 pages) - Vic et Blood se retrouvent à nouveau en pleine zone sauvage avec des poches de radiation. Ils sont bientôt poursuivis par Fellini et son gang qui sont décidés à les tuer pour une raison peu claire. - Ces 3 histoires jouissent d'une réputation flatteuse du fait de leurs auteurs et du fait que la partie médiane a été adaptée en film A boy and his dog avec Don Johnson dans le rôle principal. Harlan Hellison est un écrivant de science-fiction à succès aux États-Unis, ayant également travaillé pour plusieurs séries télévisées telles que Star Trek, Au-delà du réel, La cinquième dimension, et Babylon 5. Richard Corben est surtout connu pour sa bande dessinée Den et sa participation aux magazines Creepy & Eerie. Dans un premier temps, l'admirateur de Richard Corben sera un peu déçu puisque pour commencer il n'a pas réalisé la mise en couleurs à l'aérographe comme il pouvait le faire pour ses propres histoires. Ensuite, son adaptation est assez platounette. Corben semble avoir adopté le parti d'être avant tout descriptif dans ses images. Il se met donc au service du récit pour dessiner avec application les paysages désolés, et les ruines, les cratères où subsistent des poches de radiations, le sol en terre informe, les amoncellements de débris de matériaux de constructions, les immeubles désertés avec des débris sur les sols des pièces, et la ville très proprette et années 1950 de la colonie souterraine. D'un coté il s'agit d'un travail soigné et appliqué ; de l'autre le lecteur ne retrouve pas la démesure et l'exagération propre à cet illustrateur. Il en va de même pour les personnages. Toujours au service des 3 nouvelles, Corben proscrit les morphologies qui l'ont rendu célèbre : homme bodybuildé au-delà du possible, femme à la poitrine énorme. Il dessine de jeunes adolescents filiformes pour être cohérent avec la rareté de la nourriture. La seule femme ayant un rôle important (Quilla June Holmes) dispose quand même d'une poitrine plantureuse qu'elle montre à Vic (et au lecteur en même temps) juste le temps d'une case. Il s'avère plus à l'aise pour définir des tenues vestimentaires variées et adaptées aux conditions de vie. Blood ressemble à un chien, sans disposer de postures ou de mouvements particulièrement élaborés. Les mises en pages reposent sagement sur des cases rectangulaires, ce qui n'empêche pas le découpage de chaque scène d'être très vivant. Difficile pour un lecteur des années 2000 de déterminer ce qui a pu rendre ces histoires inoubliables auprès des lecteurs de 1969 (date de parution de la première nouvelle "A boy and his dog"). Il est certain que la menace de la guerre atomique était plus présente dans l'inconscient collectif, d'où une plus grande résonnance de ce monde dévasté. Lorsque le jeune Vic détruit une paisible communauté figée dans années 1950 et refusant d'évoluer, il est vraisemblable que ce thème parlait plus à des lecteurs vivant l'éclosion de la contre-culture, de l'été de l'amour, etc. Aujourd'hui, ces péripéties ne constituent plus une attaque virulente contre l'ordre établi ; elles sont devenues des stéréotypes de ce genre de récit, largement dépassées en termes d'acidité, de refus de l'establishment, de violence, de crudité, de noirceur, et même de nihilisme. Aussi, avec le passage du temps, ces 3 histoires semblent un peu trop sages et convenues, avec un niveau de provocation et de rébellion trop basique. Or la psychologie n'est pas fortement développée : Vic est juste une incarnation d'une jeunesse débarrassée d'une tutelle adulte, obligé de subvenir par lui-même à ses besoins. Blood fait figure de compagnon plutôt générique, de gentil "ami imaginaire". La narration est linéaire (sauf pour l'explication des capacités télépathiques de Blood). La violence n'est pas graphique. Les coups de théâtre sont rares et amenés en douceur. Alors que le lecteur pouvait croire qu'il découvrirait une pépite rare et intense, il lit une histoire qui a perdu de son mordant et de sa virulence avec les années, sans que ce ne soit contrebalancé par des personnages forts ou une narration virtuose. Richard Corben évite de s'adonner à ses excès graphiques habituels pour ne pas phagocyter les histoires, et les illustrations deviennent trop sages. Il ne s'agit pas d'un ratage complet, mais ces histoires relèvent plus d'un témoignage d'une époque, que d'un récit classique ayant résisté à l'épreuve du temps.

16/04/2024 (modifier)
Par Pierig
Note: 2/5
Couverture de la série Diamants vengeurs
Diamants vengeurs

Cet album de la collection Atomium vaut surtout le détour pour le trait semi-réaliste de Luc Cornillon. Si il est encore perfectible, j'ai été séduit par ses créatures marines, sortes de stranger thing tout droit sorti d'un comics. Côté récit, le format de la collection impose la brièveté. Mais ici, c'est clairement trop juste. Le manque de développement donne l'impression de survoler une histoire qui sent le déjà-vu. La recherche du butin du troisième Reich n'est pas franchement novateur et le traitement qui en est fait est décevant. Reste un final qui rattrape la sauce d'un rôti un peu trop cuit.

16/04/2024 (modifier)
Couverture de la série Bowie
Bowie

Une biographie de plus, serais-je tenté de dire. Celle-ci se focalise sur les débuts de David Bowie, les années de galères puis le succès rencontré avec Ziggy Stardust and the Spiders from Mars. A titre personnel, j'en sors peu emballé. En cause principalement, les nombreuses planches qui s'enchainent avec pour seuls textes l'évocation d'une anecdote des plus secondaires (David Bowie a un accident de voiture, tout le monde s'en sort indemne), les dates et lieux de concert (10 juillet, Rainbow Theatre) ou les différents costumes de scène du groupe. En fait, hormis l'aspect graphique qui permet d'illustrer brillamment l'esthétique glam dans toute son exubérance, j'ai trouvé cette biographie extrêmement pauvre. Elle ne parvient en tous les cas pas à me faire comprendre les raisons du succès de Bowie, l'originalité de l'artiste, son talent, son génie musical. Là, si je n'était pas amateur du musicien par ailleurs, j'aurais le sentiment que son seul talent, c'est son look extravagant. Donc voilà, lue d'un œil de plus en plus distrait au fur et à mesure que les planches défilaient, cette biographie n'aura pas réussi à m'apporter ce que j'en attendais. Reste l'aspect visuel avec cette mise en avant de l'exubérance glam, de ses paillettes, ses coupes de cheveux improbables et ses excès en tous genres. Bof pour ma part.

16/04/2024 (modifier)
Par Gaston
Note: 2/5
Couverture de la série Spirou et la Gorgone bleue
Spirou et la Gorgone bleue

Un autre one-shot pas terrible avec Spirou et Fantasio. Le dessin de Dany est bon même si je ne suis pas fan des looks de Spirou et Fantasio. Évidemment, la plupart des femmes de l'album sont toutes des canons. Je retiens tout de même qu'un personnage féminin avec un rôle important est grosse, c'est la seule qui ne soit pas un canon, mais c'est mieux que rien j'imagine. En revanche, l'histoire est pas terrible. Pourtant, les thèmes abordés sont actuels et pas dénué d'intérêt, mais c'est mal fait. J'aime bien l'humour de Yann dans ses premières œuvres et malheureusement au fil du temps il est devenu de plus en plus lourd. L’humour n’est pas du tout subtil dans ce Spirou. Je trouve d'ailleurs que le récit s'adapte mal à l'univers du groom. J'ai déjà eu des problèmes dans le passé avec la manière dont Yann traite cet univers et je trouve qu'ici c'est le pire exemple. Le comportement de Champignac me semble incohérent avec le personnage que je connais et Spirou et Fantasio passent l'histoire en tant que spectateurs qui ne font que subir les événements. On dirait presque que Yann a ressorti un vieux projet et qu'il s'est contenté d'ajouter Spirou et Fantasio et quelques références modernes (la caricature de Trump notamment). Une déception.

15/04/2024 (modifier)
Par Pierig
Note: 2/5
Couverture de la série Hôtel Gagarine
Hôtel Gagarine

Je poursuis ma lecture de cette collection en petit format à dos toilé rouge. Attiré par le trait incisif de Dominique Hérody, j'ai entamé la lecture du n°23 de la collection Atomium. Les planches en bichromie en jettent franchement. J'aime le dessin et l'atmosphère mais je suis resté en dehors de l'histoire. Si je pense en avoir saisi la substance, cela demeure brouillon. Il est vrai qu'il y a de quoi se perdre avec les récits d'espionnage mais là je m'avoue vaincu, et ce malgré plusieurs relectures. En outre, la calligraphie, belle au demeurant, ne facilite pas l'immersion dans ces avatars d'espions. Certainement une subtilité qui m'a échappé ... tout comme l'espion qui a fini par prendre la tangente.

15/04/2024 (modifier)
Couverture de la série Les Experts - Crime scene investigation
Les Experts - Crime scene investigation

Je ne connais pas cette série télé - je ne suis pas fan des séries en général - mais ce surgeon ne m'a ni convaincu de la regarder, ni un temps soit peu intéressé. Déjà je n'ai pas aimé le dessin. Le style, très froid, et la colorisation à l'informatique. Et balancer 4 cases par page, avec de grandes plages blanches occupant une partie non négligeable de la page donne un résultat peu heureux, et une impression de flemme du dessinateur : un travail de commande réalisé à l'économie. Même impression pour la narration, très lente (il ne s'est presque rien passé dans les quarante premières pages du premier tome !). J'ai aussi eu l'impression d'une bête transposition d'un épisode en mode malentendants : des textes expliquent par le menu ce que font les enquêteurs ( redondant avec ce que le lecteur a vu et lu par ailleurs !), des "résumés " là aussi inutiles alourdissent parfois certains passages, etc. L'enquête en elle-même se laisse lire, mais ne sort pas du niveau basique d'une série polar américaine. Mais, plombée par les travers evoqués plus haut, et des dialogues quelconques, elle n'a amené chez-moi qu'ennui et désintérêt. Honnêtement, s'il ne s'était pas agi de faire sortir cette série de la catégorie des "avis uniques ", je l'aurais probablement laissé tomber avant la fin. Très gros bof me concernant. Note réelle 1,5/5.

15/04/2024 (modifier)
Par Présence
Note: 2/5
Couverture de la série Severed
Severed

Même pas peur - Il s'agit d'un récit complet et indépendant en 1 tome, écrit par Scott Snyder & Scott Tuft, et illustré par Attila Futaki. Ce tome regroupe les 7 épisodes de la minisérie parue en 2011/2012. Dans une ville ensoleillée, un couple est en train de regarder Elvis à la télévision. Jimmy fait irruption dans la pièce et remet un courrier à Jack Garron, son grand-père à qui il manque le bras droit. À la lecture, Garron se souvient de ce qui a commencé en 1916, à Jamestown, dans l'état de New York. Il habitait alors avec sa mère dans une maison assez isolée en pleine campagne. Ses souvenirs commencent l'été de ses 12 ans. Katherine, sa mère le félicite pour l'air qu'il est en train de jouer au violon. Elle lui promet un brillant avenir de vagabond itinérant gagnant sa vie avec sa musique. Il s'agit en fait de taquineries : l'année prochaine il entre au collège et ils ont déjà fait l'emplette de son costume. Après le coucher, Jack Garrow fait la belle, il fugue avec son violon et devient passager clandestin à bord d'un train qui l'emmène vers Chicago. À bord, il développe un embryon d'amitié avec Sam, un autre jeune vagabond. Ailleurs dans le pays, un homme qui se fait appeler Porter vient prendre en charge un jeune garçon dans un orphelinat pour l'emmener apprendre le métier d'électricien. Il apparaît rapidement que ses intentions sont malveillantes et sinistres. Dans la postface, les 2 Scott (Snyder et Tuft) expliquent qu'il s'agit d'un projet qui leur tenait à cœur depuis de nombreuses années et que leur objectif était de créer un récit qui parlerait de peurs intimes et essentielles, tout en rendant hommage à ces clochards qui parcouraient les États-Unis à bord de trains de marchandise, une ode à la route symbole de liberté, un mythe américain, une allégorie des opportunités s'offrant aux individus entreprenants. Sur ce point, Snyder (également scénariste de Batman - La cour des hiboux et American Vampire), Tuft et Futaki atteignent leur objectif. Les 2 pages (presque muettes) consacrées à Jack attrapant le train au passage pour s'introduire dans un wagon transcrivent bien l'immensité de l'espace, la texture du bois des wagons, la sensation de s'embarquer pour un voyage à la fois guidé (les rails), et à la fois plein de promesses (une destination inconnue). Dans les épisodes 5 & 6, Jack se retrouve passager dans une voiture qui roule dans des paysages dégagés, sous un grand ciel ouvert. À nouveau le lecteur peut sentir cette liberté qui accompagne ces grands espaces. Les dessins de Futaki transmettent cette sensation par le choix des couleurs et des cadrages judicieux. Par contre le scénario se limite à cette dimension de liberté, sans s'appesantir sur la réalité sociale (dénuement, précarité) qui l'accompagne, par opposition à une histoire comme Kings in Disguise de James Vance & Dan Burr. En effet, l'objectif de Snyder et Tuft n'est pas de faire revivre une époque, avec tous les éléments historiques que cela exige. Il y a bien la première scène à Chicago avec un blanc grimé en noir, menant une revue de cabaret (évoquant vaguement le chanteur de jazz), ainsi qu'une scène de baiser sur des poutrelles métalliques (évoquant cette fois-ci la construction des premiers gratte-ciels). L'évocation de cette époque prend également visuellement corps dans les modèles de voitures, les bâtiments, et les aménagements intérieurs, mais tout cela reste à l'état de décor, sans prendre de dimension sociale. Et la peur ? Snyder et Tuft prennent un parti étrange : choisir comme personnage principal un enfant de 12 ans. Faire exister, de manière crédible, un enfant dans une oeuvre de fiction constitue un défi ardu. Ici, passé la première scène avec la maman, le lecteur a l'impression d'observer les faits et gestes d'un grand adolescent ou d'un jeune adulte. Il y a bien un coté confiant envers les adultes qui relève encore de l'enfance, et une absence de désir de nature sexuelle. Mais pour le reste, Jack Garron agit comme un individu confiant dans l'avenir, dépourvu de dépendance émotionnelle avec sa mère, capable d'une autonomie irréaliste à son âge (sans parler des réactions peu probables des adultes qu'il croise). du coup ce hiatus génère une dissonance narrative où le texte affiche un âge de 12 ans, alors que les actions du personnage montrent autre chose. La construction du récit désamorce également une partie significative du suspense puisque la scène d'ouverture stipule que Jack survivra aux épreuves qui l'attendent. Les scènes dans lesquelles l'individu meurtrier s'attaque à une victime n'arrivent pas non plus à faire naître un frisson d'inquiétude. Chacune de ces scènes démarre bien : Futaki utilise une mise en scène qui voit la victime potentielle agir en faisant le jeu du meurtrier. Et puis arrivé au 2 tiers de ce type de scène, la mise en page dévoile la résolution (fatale ou non), ou pire encore Futaki réalise un dessin évoquant les histoires d'horreur bon marché ce qui réduit à néant l'ambiance patiemment installée (le méchant s'avançant la bouche grande ouverte avec un rictus caricatural, ou le gentil dans une pose héroïque exagérée et disproportionnée). Du fait de ces artifices bon marché, le lecteur attend patiemment que chaque scène arrive à son terme, sans empathie pour les personnages, en guettant l'issue qu'il a déjà devinée. Difficile dans ces conditions de se sentir impliqué par un personnage qui à l'évidence n'est pas un enfant de 12 ans, ou de s'inquiéter pour lui quand les actions du méchant sont aussi prévisibles. Il ne reste plus qu'à apprécier les paysages quand le scénario leur laisse un peu de place. Alors que la quatrième de couverture promet un thriller avec un psychopathe imprévisible, le lecteur découvre une évocation un peu superficielle du vagabondage dans les États-Unis du début du vingtième siècle, centré sur un personnage plus générique qu'il n'en a l'air, avec un tueur dont les agissements sont trop prévisibles. Il reste quelques cases très réussies de paysages, ou de personnages secondaires.

15/04/2024 (modifier)
Par Bruno :)
Note: 2/5
Couverture de la série Batman - L'Adaptation officielle du film en BD
Batman - L'Adaptation officielle du film en BD

... Pas passionnant, je confirme, malheureusement. Et pourtant, le travail au niveau du dessin est impressionnant de qualités formelles : des détails (décors, costumes, accessoires...) aux visages, très ressemblants, Steve Erwin et Jerry Ordway ont bossé comme des fous ; et pas une planche n'est traitée par dessus la jambe. Beaucoup de cases sont visiblement des transcriptions quasi directes des images du film mais, à force de précision factuelle (cadrages, ombres et lumières très réalistes,...), l'entièreté de l'ambiance (plutôt surréaliste/Cartoon de Tim Burton.) est laissée de côté ; ce qui, étant donné le matériaux d'origine, est franchement regrettable vu que c'est tout l'intérêt du film et de l'histoire. Rien que le plan-plan de la couverture du premier tome (je n'ai pas lu le second) donne le ton de l'entièreté du volume : du figuratif tellement plat qu'on s'étonne qu'il soit question d'un Comic-Book Américain. Même le découpage semble issu du premier jet d'un story-board ; et les phylactères, mal placés et beaucoup trop "littéraires", accentuent encore la lourdeur de la démonstration. Probablement une exigence stylistique (!) de la production, dans l'espoir de séduire un lectorat plus large en appuyant le côté "sérieux/lisible" de leur publication ; et définitivement un mauvais choix artistique. Deux points pour le boulot graphique, néanmoins : c'est très loin d'être mauvais et un jeune amateur pourrait y trouver matière à travailler "classiquement" son encrage.

15/04/2024 (modifier)
Couverture de la série Chevalier des Sables
Chevalier des Sables

J'aime bien l'esprit des séries jeunesse de Sarbacane et j'apprécie beaucoup le travail de Fabien Grolleau. Tout était réuni pour que je passe un agréable moment de lecture. Avec ce "Chevalier des Sables" je trouve que l'auteur ne recherche pas la facilité. La thématique des Croisades dans une série jeunesse me semble déjà assez piégeuse tant le sujet reste sensible. Cela se ressent dans l'humour développé par Grolleau assez caustique et grinçant sans toutefois aller au fond des choses. Pour une série qui vise un jeune lectorat le sujet me semble bien complexe. Pour enrichir son récit Grolleau y adjoint une forte dose de fantastique un peu effrayant par endroit. C'est d'ailleurs ma principale réserve pour cette série. Je trouve qu'elle s'adresse bien plus à un public ado que jeunesse. En effet l'esprit général du récit est d'une violence prononcée avec un Colosse et un Duc de Châtellerault qui n'hésitent pas à trancher dans le vif à de nombreuses cases. Il y a donc un côté second degré caricatural pas toujours compréhensible par un jeune public. Ce sentiment est accentué par un graphisme qui multiplie les attitudes caricaturales des chevaliers. Je suis donc assez perplexe après une lecture que je ne recommanderais pas à un public pré-ado.

14/04/2024 (modifier)