Princess Ai a la particularité d'être l'oeuvre conjointe de personnalités assez notables de la musique et du manga. Courtney Love a en effet été à l'origine du scénario, associée à un musicien que je ne connais pas, DJ Milky. Et au dessin, on trouve Ai Yazawa, idole des amatrices de Shojo puisque créatrice de la série Nana, associée à Misaho Kujiradou, jeune auteure dont le talent graphique est très intéressant. Tous partagent le même goût pour le rock et l'anti-conformisme.
Il résulte de ce cocktail une série plutôt à part qui n'hésite pas à aller à fond dans l'ambiance gothic-lolita et l'exaltation de la musique pop-rock qui soulève les foules et "guérit les âmes".
Graphiquement, c'est joli. Très imprégné du style shojo, l'accent est surtout mis sur les personnages au détriment de décors vides ou médiocres, à l'exception de quelques mises en page façon illustrations. Mais le travail sur ces personnages est assez intense, l'accent étant fortement mis sur leur look. Leur design aura de quoi ravir les apprentis stylistes et les amatrices de cosplay et de néo-gothique. C'en est parfois assez ridicule (il faut accepter le postulat que les personnages ont en réserve tous les vêtements les plus cools possibles pour se changer complètement entre chaque chapitre) mais c'est joliment dessiné et plaisant à regarder.
Le scénario, cependant, est assez gratiné.
Il se démarque en osant mettre en avant comme il le fait, avec beaucoup de sérieux, l'aspect "magique" de la musique, du rock qui va sauver le monde, les âmes, donner le bonheur à tous etc etc. Les auteurs se sont bien laissés aller dans leur trip, s'en donnant à coeur joie autant sur le côté mode que sur les réflexions sur la musique, sur l'amour romantique, etc. Très shojo et en même temps assez rock. Tant pis pour la crédibilité, ce n'est pas le but recherché.
En même temps, le plus souvent, qu'est-ce que c'est niais ! L'intrigue est bourrée de clichés, de retournements de situations improbables, de méchants caricaturaux, de beaux gentils. Les dialogues sont parfois involontairement hilarants. Le scénario se complexifie au fil des chapitres mais gagne aussi en ridicule à bien des moments.
Ca ressemble à un opéra rock sur fond de fantastique qui prône la révolution par la musique, l'anti-conformisme romantique et par les tenues à la mode, et qui n'a pas peur de plonger dans la niaiserie, ce qui tombe bien car on est en plein dedans. A réserver aux jeunes lectrices et aux amatrices de jolis dessins, de stylisme et d'illustrations façon gothic-lolita.
Certains trouvent ce polar surprenant, moi je trouve qu'il manque vraiment de matière. On se retrouve avec un duo a priori atypique, mais finalement pas tant que ça. Les caractères des deux flics sont différents, mais leur interaction ne soulève pas vraiment l'enthousiasme. En plus j'ai trouvé l'intrigue confuse, pas passionnante du tout, bref, je me suis assez vite ennuyé.
Au niveau du dessin, j'ai trouvé Douay meilleur dans ses albums précédents, peut-être une question d'univers, d'ambiances...
Bref, bof.
Entre deux averses est un roman graphique qui conte la vie d’une vieille femme ordinaire. Il n’y aura pas quelque chose de véritablement extraordinaire dans son existence qui incitera le lecteur à s’intéresser davantage à elle. C’est un recueil sur le temps qui passe et sur les actes manqués.
Au début, on se prend d’affection pour cette dame qui ne se reconnaît même plus sur une photo. On se dit que cela pourra nous arriver un jour lorsqu’on aura peut-être la chance d’atteindre un âge très avancé.
J’entends dire autour de moi que 85 ans, c’est encore un âge très jeune pour mourir. J’ai malheureusement une autre conception plus pessimiste. Bien sûr que l’on peut être jeune dans sa tête. Cependant, il faut admettre la vérité. Souvent, on refuse l’inéluctable. Or la mort viendra toucher chacun d’entre nous un jour ou l’autre. On espère toujours le plus tard possible…
Quand on referme ce livre, il nous parcourt un petit malaise et on sent déjà un peu d’arthrite dans les doigts. Bref, ce n’est pas une lecture qui fait du bien. Par ailleurs, sa construction est un peu chaotique. L’auteur a voulu donner un effet de style mais cela ne m’a pas séduit.
Je suis un peu déçu par ce gros one shot qui a fait partie de la sélection d'Angoulême cette année.
En effet je m'attendais à un récit qui prend aux tripes, qui me fasse -une fois de plus- pester contre la connerie des militaires, et surtout de leurs supérieurs, ou me fasse apprendre avec humour un épisode méconnu de la Guerre du Pacifique.
Or aucune de ces qualités n'est présente dans "opération Mort". Certes, je ne demandais pas forcément du spectaculaire, mais quand on tombe dans une banalité aussi chiante, c'est presque criminel. Je dis bien presque, car Mizuki s'est servi de ses propres souvenirs de la guerre pour nourrir cette histoire. L'histoire d'une unité basée sur une île de Papouasie-Nouvelle-Guinée qu'on envoya en mission suicide ("Opération Mort" étant le nom de code de ce type d'opération) pour contrer l'offensive américaine.
Comme je l'ai dit, Mizuki a livré un récit plat, sans relief et sans saveur. Ses soldats passent leur temps à manger des patates, pisser dans un coin ou se faire trucider. Certes, leur quotidien devait bien ressembler à ça, mais de là à en parler sur plus de 350 pages... En plus Mizuki utilise la plupart du temps un style naïf, presque enfantin, qui désamorce le sérieux de la situation. Le reste du temps, ce sont des dessins ressemblant à des gravures (ou... à des photos !) montrant des phases de combats, d'approche de l'ennemi. Dommage qu'il n'ait pas utilisé ce style sur l'ensemble du bouquin.
Bref, une longue lecture plutôt fastidieuse.
On peut toujours rester amis est la bd typique pour les ados boutonneux et plutôt laids qui cherchent leur premier amour. Je caricature mais c'est à peu près cela.
Le truc de Markus, c'est de draguer les filles au catéchisme. On a droit à une quête désespérée sur le grand chemin de l'amour. Là encore, c''est censé être drôle.
Et question sexe, il n'y a vraiment rien. Tout juste un couchage sous une tente où il ne se passera rien. Tu parles d'une histoire d'amour ! C'est le vide sidéral et encore, je suis gentil.
On peut toujours rester amis !
Tour de force est une bd sur le cyclisme qui se lit en 10 minutes top chrono. Le dessin est plutôt gras et coloré. Il faut aimer ce style graphique.
Je devrais préciser qu'il s'agit d'anecdotes plutôt marrantes sur le tour de France du début du XXème siècle. Je dois bien avouer que le Tour de France ne m'a jamais trop passionné personnellement. J'admire cependant la force qu’avaient les premiers coureurs à une époque où le dopage n'existait pas. Les étapes faisaient plus de 300 Km et il n'y avait pas d'assistance technique. Bref, c'était le règne de la débrouillardise, de la volonté et du courage.
On termine par une nouvelle racontant la période 1914-1919. Le Tour avait été suspendu pendant la Première Guerre Mondiale et de nombreux coureurs avaient laissé leur peau sur les champs de bataille. Ce dernier chapitre plus grave tranche avec la légèreté de l'ensemble.
Or, c'est le seul chapitre qui m'a bien plu. Dans le même genre, j'ai préféré L'Aigle sans orteils de Lax.
Premier contact avec Trondheim, première désillusion. Au vu des critiques élogieuses, je m'attendais à un concentré d'humour et de réflexion. Malheureusement je n'ai rien détecté de tout cela. J'ai plutôt le sentiment que Trondheim nous expose sa vision du monde avec des assertions sans argument, un point de vue très peu voire pas argumenté du tout. Certes ses dires reposent sur des faits historiques mais je ne partage pas (entièrement du moins) son point de vue.
Comme le dit Ro, les problèmes posés sont trop basiques et bénéficient d'un traitement plus que léger.
Bref, je ressors déçu par mes lecture et relecture. J'espère cependant que les prochains Trondheim me convaincront plus que ça.
Infinite City est une déception.
Cette aventure de Superman traitée de manière originale manque le coche. Le scénario plongeant Superman dans un monde parallèle, utilise un ton un peu plus léger qu'à l'accoutumée, plutôt plaisant de ce point de vue mais dommage que le déroulement de l'histoire soit plombé par sa densité.
Il y a trop de personnages dont on n'apprend pas grand chose, trop d'éléments posés à la base de l'intrigue qui ne seront pas développés. A cela s'ajoute une narration difficile à suivre car sautant d'un évènement à l'autre au fil des scènes sans trop se soucier de transition. Cela nuit fortement à la cohérence narrative. La lecture est pénible et tend à perdre celui qui tourne les pages, pour finalement ne pas raconter grand chose.
Car très vite l'histoire s'éloigne de son point de départ pour tenter d'offrir un pan un peu mou de l'histoire personnelle de Superman. Peu intéressant, peu surprenant, peu séduisant en fait.
Quelques petits bons points sont tout de même à souligner. Le premier étant que cette histoire visiblement située hors continuité est accessible à tous, ceux qui ne connaissent pas Superman ne seront pas perdus. Comme il est de coutume dans ce type d'histoire, les origines de l'homme d'acier sont brièvement relatées en guise de prologue.
L'autre point positif de cet album en est le graphisme, pour peu que l'on apprécie le style carré de Carlos Méglia. Je suis loin d'en être friand, mais j'ai cru déceler pas mal de qualités dans les cases. C'est original et extrêmement soigné. Le rendu est riche et très détaillé. Presque trop parfois, cela risque bien de paraitre outrancier à certains, et, si l'on n'accroche immédiatement aux dessins, il est inutile d'entreprendre la lecture d'Infinite city.
Les bonnes histoires de Superman sont rares, Infinite City n’en fait pas partie.
JJJ
L’introduction cadre de suite le contexte : après la succession de génies ayant révolutionné la pensée de leur époque nous sont présentés ces trois enfants et leurs questions existentielles scatologiques. Tout de suite ça met le lecteur dans le bain. A ce stade (nous sommes à la seconde page) se pose vraiment la question : je continue ou je m’arrête là ?
Pour ma part, malgré le choc de cette seconde page qui mêle trivialité, déjà vu et humour scato douteux j’ai voulu continuer.
Question scénario ça ne change pas, voire pire : la mise en situation rigolote des génies des deux premières places ont fait place au quotidien de ces 3 sous doués. Tout l’album tient grosso modo en 3 situations, le gamin qui se prend un vent par une fille, la grosse brute encore plus stupide, la partie de cache-cache crado. Voilà c’est tout…
Question dessin, le style est particulier. Je dois avouer que je dois mon avancée dans la lecture uniquement aux couleurs chaudes et à l’originalité du style. Le trait est très personnel avec des personnages très touchants, leur apparence travaillée leur va comme un gant malgré les multiples déformations irréalistes. On est presque dans le cartoon, le réalisme n’a donc pas d’importance. D’autre part les décors sont agréables, travaillés. Bien sûr les arrières plans ne fourmillent pas de détail, mais la mise en page, ou les effets de couleur habillent toujours agréablement le décor. De plus la colorisation est une réussite absolue.
Hélas une BD n’est pas que des dessins. L’humour scatologique répétitif n’étant pas dans mes favoris, les multiples parties de cache-cache dans les cuvettes des WC m’ont saoulé, tout comme les grands jeux avec la grosse brute stupide. A la limite j’ai souri parfois aux râteaux de notre tout jeune garçon face à la junte féminine, même si la situation est convenue.
Pas subtil pour un sou, le dessin vient habilement cacher la lourdeur des sketches souffrant d’un comique de répétition dont la cible devrait être les 9-12ans. BD à ouvrir pour voir ce joli travail de dessin et feuilleter trois planches puis à refermer.
Dommage le dessin méritait vraiment mieux.
Finalement c'est du réchauffé cette histoire...
Une énième histoire d'enfant surdoué, un chevalier mystérieux qui va -peut-être- débarrasser un pays du joug draconien... La partie concernant Ioen manque singulièrement de profondeur, d'originalité, de sens même. Les personnages n'ont aucun charisme, on aimerait bien qu'ils se fassent boulotter par les dragons venus de l'espace...
Reste le dessin d'Iko, très bon, d'une maîtrise rare dans les proportions, les morphologies, les cadrages. A tel point que je me demande si ce n'est pas un autre dessinateur chevronné qui a pris un pseudonyme... vérification faite il s'agit d'un dessinateur italien de 35 ans, et des plus connus semble-t-il... Il y a des choses assez belles, visuellement parlant, tels les dragons, les constructions humanomorphes des veilleurs, la cité du roi... Mais j'avais un peu l'impression de me retrouver en Terre du milieu, c'est dommage...
La mise en couleurs, par contre, est assez fade : à base de jaune pisseux parfois, elle en devient carrément ratée sur certaines cases de la fin du premier tome.
Sans moi pour la suite...
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Princess Ai
Princess Ai a la particularité d'être l'oeuvre conjointe de personnalités assez notables de la musique et du manga. Courtney Love a en effet été à l'origine du scénario, associée à un musicien que je ne connais pas, DJ Milky. Et au dessin, on trouve Ai Yazawa, idole des amatrices de Shojo puisque créatrice de la série Nana, associée à Misaho Kujiradou, jeune auteure dont le talent graphique est très intéressant. Tous partagent le même goût pour le rock et l'anti-conformisme. Il résulte de ce cocktail une série plutôt à part qui n'hésite pas à aller à fond dans l'ambiance gothic-lolita et l'exaltation de la musique pop-rock qui soulève les foules et "guérit les âmes". Graphiquement, c'est joli. Très imprégné du style shojo, l'accent est surtout mis sur les personnages au détriment de décors vides ou médiocres, à l'exception de quelques mises en page façon illustrations. Mais le travail sur ces personnages est assez intense, l'accent étant fortement mis sur leur look. Leur design aura de quoi ravir les apprentis stylistes et les amatrices de cosplay et de néo-gothique. C'en est parfois assez ridicule (il faut accepter le postulat que les personnages ont en réserve tous les vêtements les plus cools possibles pour se changer complètement entre chaque chapitre) mais c'est joliment dessiné et plaisant à regarder. Le scénario, cependant, est assez gratiné. Il se démarque en osant mettre en avant comme il le fait, avec beaucoup de sérieux, l'aspect "magique" de la musique, du rock qui va sauver le monde, les âmes, donner le bonheur à tous etc etc. Les auteurs se sont bien laissés aller dans leur trip, s'en donnant à coeur joie autant sur le côté mode que sur les réflexions sur la musique, sur l'amour romantique, etc. Très shojo et en même temps assez rock. Tant pis pour la crédibilité, ce n'est pas le but recherché. En même temps, le plus souvent, qu'est-ce que c'est niais ! L'intrigue est bourrée de clichés, de retournements de situations improbables, de méchants caricaturaux, de beaux gentils. Les dialogues sont parfois involontairement hilarants. Le scénario se complexifie au fil des chapitres mais gagne aussi en ridicule à bien des moments. Ca ressemble à un opéra rock sur fond de fantastique qui prône la révolution par la musique, l'anti-conformisme romantique et par les tenues à la mode, et qui n'a pas peur de plonger dans la niaiserie, ce qui tombe bien car on est en plein dedans. A réserver aux jeunes lectrices et aux amatrices de jolis dessins, de stylisme et d'illustrations façon gothic-lolita.
Commandant Achab
Certains trouvent ce polar surprenant, moi je trouve qu'il manque vraiment de matière. On se retrouve avec un duo a priori atypique, mais finalement pas tant que ça. Les caractères des deux flics sont différents, mais leur interaction ne soulève pas vraiment l'enthousiasme. En plus j'ai trouvé l'intrigue confuse, pas passionnante du tout, bref, je me suis assez vite ennuyé. Au niveau du dessin, j'ai trouvé Douay meilleur dans ses albums précédents, peut-être une question d'univers, d'ambiances... Bref, bof.
Entre deux averses
Entre deux averses est un roman graphique qui conte la vie d’une vieille femme ordinaire. Il n’y aura pas quelque chose de véritablement extraordinaire dans son existence qui incitera le lecteur à s’intéresser davantage à elle. C’est un recueil sur le temps qui passe et sur les actes manqués. Au début, on se prend d’affection pour cette dame qui ne se reconnaît même plus sur une photo. On se dit que cela pourra nous arriver un jour lorsqu’on aura peut-être la chance d’atteindre un âge très avancé. J’entends dire autour de moi que 85 ans, c’est encore un âge très jeune pour mourir. J’ai malheureusement une autre conception plus pessimiste. Bien sûr que l’on peut être jeune dans sa tête. Cependant, il faut admettre la vérité. Souvent, on refuse l’inéluctable. Or la mort viendra toucher chacun d’entre nous un jour ou l’autre. On espère toujours le plus tard possible… Quand on referme ce livre, il nous parcourt un petit malaise et on sent déjà un peu d’arthrite dans les doigts. Bref, ce n’est pas une lecture qui fait du bien. Par ailleurs, sa construction est un peu chaotique. L’auteur a voulu donner un effet de style mais cela ne m’a pas séduit.
Opération Mort
Je suis un peu déçu par ce gros one shot qui a fait partie de la sélection d'Angoulême cette année. En effet je m'attendais à un récit qui prend aux tripes, qui me fasse -une fois de plus- pester contre la connerie des militaires, et surtout de leurs supérieurs, ou me fasse apprendre avec humour un épisode méconnu de la Guerre du Pacifique. Or aucune de ces qualités n'est présente dans "opération Mort". Certes, je ne demandais pas forcément du spectaculaire, mais quand on tombe dans une banalité aussi chiante, c'est presque criminel. Je dis bien presque, car Mizuki s'est servi de ses propres souvenirs de la guerre pour nourrir cette histoire. L'histoire d'une unité basée sur une île de Papouasie-Nouvelle-Guinée qu'on envoya en mission suicide ("Opération Mort" étant le nom de code de ce type d'opération) pour contrer l'offensive américaine. Comme je l'ai dit, Mizuki a livré un récit plat, sans relief et sans saveur. Ses soldats passent leur temps à manger des patates, pisser dans un coin ou se faire trucider. Certes, leur quotidien devait bien ressembler à ça, mais de là à en parler sur plus de 350 pages... En plus Mizuki utilise la plupart du temps un style naïf, presque enfantin, qui désamorce le sérieux de la situation. Le reste du temps, ce sont des dessins ressemblant à des gravures (ou... à des photos !) montrant des phases de combats, d'approche de l'ennemi. Dommage qu'il n'ait pas utilisé ce style sur l'ensemble du bouquin. Bref, une longue lecture plutôt fastidieuse.
On peut toujours rester amis
On peut toujours rester amis est la bd typique pour les ados boutonneux et plutôt laids qui cherchent leur premier amour. Je caricature mais c'est à peu près cela. Le truc de Markus, c'est de draguer les filles au catéchisme. On a droit à une quête désespérée sur le grand chemin de l'amour. Là encore, c''est censé être drôle. Et question sexe, il n'y a vraiment rien. Tout juste un couchage sous une tente où il ne se passera rien. Tu parles d'une histoire d'amour ! C'est le vide sidéral et encore, je suis gentil. On peut toujours rester amis !
Tour de force
Tour de force est une bd sur le cyclisme qui se lit en 10 minutes top chrono. Le dessin est plutôt gras et coloré. Il faut aimer ce style graphique. Je devrais préciser qu'il s'agit d'anecdotes plutôt marrantes sur le tour de France du début du XXème siècle. Je dois bien avouer que le Tour de France ne m'a jamais trop passionné personnellement. J'admire cependant la force qu’avaient les premiers coureurs à une époque où le dopage n'existait pas. Les étapes faisaient plus de 300 Km et il n'y avait pas d'assistance technique. Bref, c'était le règne de la débrouillardise, de la volonté et du courage. On termine par une nouvelle racontant la période 1914-1919. Le Tour avait été suspendu pendant la Première Guerre Mondiale et de nombreux coureurs avaient laissé leur peau sur les champs de bataille. Ce dernier chapitre plus grave tranche avec la légèreté de l'ensemble. Or, c'est le seul chapitre qui m'a bien plu. Dans le même genre, j'ai préféré L'Aigle sans orteils de Lax.
Genèses Apocalyptiques
Premier contact avec Trondheim, première désillusion. Au vu des critiques élogieuses, je m'attendais à un concentré d'humour et de réflexion. Malheureusement je n'ai rien détecté de tout cela. J'ai plutôt le sentiment que Trondheim nous expose sa vision du monde avec des assertions sans argument, un point de vue très peu voire pas argumenté du tout. Certes ses dires reposent sur des faits historiques mais je ne partage pas (entièrement du moins) son point de vue. Comme le dit Ro, les problèmes posés sont trop basiques et bénéficient d'un traitement plus que léger. Bref, je ressors déçu par mes lecture et relecture. J'espère cependant que les prochains Trondheim me convaincront plus que ça.
Superman - Infinite City
Infinite City est une déception. Cette aventure de Superman traitée de manière originale manque le coche. Le scénario plongeant Superman dans un monde parallèle, utilise un ton un peu plus léger qu'à l'accoutumée, plutôt plaisant de ce point de vue mais dommage que le déroulement de l'histoire soit plombé par sa densité. Il y a trop de personnages dont on n'apprend pas grand chose, trop d'éléments posés à la base de l'intrigue qui ne seront pas développés. A cela s'ajoute une narration difficile à suivre car sautant d'un évènement à l'autre au fil des scènes sans trop se soucier de transition. Cela nuit fortement à la cohérence narrative. La lecture est pénible et tend à perdre celui qui tourne les pages, pour finalement ne pas raconter grand chose. Car très vite l'histoire s'éloigne de son point de départ pour tenter d'offrir un pan un peu mou de l'histoire personnelle de Superman. Peu intéressant, peu surprenant, peu séduisant en fait. Quelques petits bons points sont tout de même à souligner. Le premier étant que cette histoire visiblement située hors continuité est accessible à tous, ceux qui ne connaissent pas Superman ne seront pas perdus. Comme il est de coutume dans ce type d'histoire, les origines de l'homme d'acier sont brièvement relatées en guise de prologue. L'autre point positif de cet album en est le graphisme, pour peu que l'on apprécie le style carré de Carlos Méglia. Je suis loin d'en être friand, mais j'ai cru déceler pas mal de qualités dans les cases. C'est original et extrêmement soigné. Le rendu est riche et très détaillé. Presque trop parfois, cela risque bien de paraitre outrancier à certains, et, si l'on n'accroche immédiatement aux dessins, il est inutile d'entreprendre la lecture d'Infinite city. Les bonnes histoires de Superman sont rares, Infinite City n’en fait pas partie. JJJ
La Vie en slip
L’introduction cadre de suite le contexte : après la succession de génies ayant révolutionné la pensée de leur époque nous sont présentés ces trois enfants et leurs questions existentielles scatologiques. Tout de suite ça met le lecteur dans le bain. A ce stade (nous sommes à la seconde page) se pose vraiment la question : je continue ou je m’arrête là ? Pour ma part, malgré le choc de cette seconde page qui mêle trivialité, déjà vu et humour scato douteux j’ai voulu continuer. Question scénario ça ne change pas, voire pire : la mise en situation rigolote des génies des deux premières places ont fait place au quotidien de ces 3 sous doués. Tout l’album tient grosso modo en 3 situations, le gamin qui se prend un vent par une fille, la grosse brute encore plus stupide, la partie de cache-cache crado. Voilà c’est tout… Question dessin, le style est particulier. Je dois avouer que je dois mon avancée dans la lecture uniquement aux couleurs chaudes et à l’originalité du style. Le trait est très personnel avec des personnages très touchants, leur apparence travaillée leur va comme un gant malgré les multiples déformations irréalistes. On est presque dans le cartoon, le réalisme n’a donc pas d’importance. D’autre part les décors sont agréables, travaillés. Bien sûr les arrières plans ne fourmillent pas de détail, mais la mise en page, ou les effets de couleur habillent toujours agréablement le décor. De plus la colorisation est une réussite absolue. Hélas une BD n’est pas que des dessins. L’humour scatologique répétitif n’étant pas dans mes favoris, les multiples parties de cache-cache dans les cuvettes des WC m’ont saoulé, tout comme les grands jeux avec la grosse brute stupide. A la limite j’ai souri parfois aux râteaux de notre tout jeune garçon face à la junte féminine, même si la situation est convenue. Pas subtil pour un sou, le dessin vient habilement cacher la lourdeur des sketches souffrant d’un comique de répétition dont la cible devrait être les 9-12ans. BD à ouvrir pour voir ce joli travail de dessin et feuilleter trois planches puis à refermer. Dommage le dessin méritait vraiment mieux.
Ténèbres
Finalement c'est du réchauffé cette histoire... Une énième histoire d'enfant surdoué, un chevalier mystérieux qui va -peut-être- débarrasser un pays du joug draconien... La partie concernant Ioen manque singulièrement de profondeur, d'originalité, de sens même. Les personnages n'ont aucun charisme, on aimerait bien qu'ils se fassent boulotter par les dragons venus de l'espace... Reste le dessin d'Iko, très bon, d'une maîtrise rare dans les proportions, les morphologies, les cadrages. A tel point que je me demande si ce n'est pas un autre dessinateur chevronné qui a pris un pseudonyme... vérification faite il s'agit d'un dessinateur italien de 35 ans, et des plus connus semble-t-il... Il y a des choses assez belles, visuellement parlant, tels les dragons, les constructions humanomorphes des veilleurs, la cité du roi... Mais j'avais un peu l'impression de me retrouver en Terre du milieu, c'est dommage... La mise en couleurs, par contre, est assez fade : à base de jaune pisseux parfois, elle en devient carrément ratée sur certaines cases de la fin du premier tome. Sans moi pour la suite...