Il est très très difficile de parler d'un album comme celui que je vais vous présenter.
Il ne ressemble à aucun autre, obéit à sa propre logique, se révèle souvent insaisissable.
Le sentiment premier lorsqu'on le lit se révèle, à l'analyse, un certain malaise, mêlé de fascination dans la plupart des moments de lecture.
Malaise parce qu'on sent un certain décalage, un côté "inadapté" dans les sentiments, les paroles et les attitudes des personnages. Pourquoi sont-ils là ? On a un peu l'impression d'être parachuté au début du récit. Et puis, après la lecture un peu circonspecte de la première nouvelle, on attaque la seconde, très différente narrativement, graphiquement... Puis la troisième. Et peu à peu, la trame se fait jour, on se rend compte qu'il ne s'agit pas de 7 nouvelles indépendantes, mais bel et bien d'une seule et même histoire, fragmentée en plusieurs épisodes, chacun raconté par une personne différente. Un peu comme si on prenait 7 articles de journaux différents, racontant la même histoire, et qu'on les éparpillait, qu'on les mélangeait, sans toutefois toucher à leur forme, à leur contenu. Car l'histoire n'est bien sûr pas racontée de façon chronologique par les différents protagonistes, c'est dans le désordre, et bien malin celui qui a pu raccrocher tous les wagons à la fin de la première lecture.
L'autre trait saillant de ce manhwa, c'est le dessin. Un dessin réaliste, mais pas cru, qui trouve une certaine apothéose dans les scènes (gentiment mais explicitement) érotiques qui parsèment le livre, comme si on mettait un émincé de basilic dans une soupe à la tomate. Pourtant Kim Sung Jun, au fil de ses dessins (qui ont été étalés sur 4 ans), s'est appliqué à utiliser différentes techniques, différents styles graphiques et narratifs, sans jamais se renouveler, sans presque jamais défaillir.
A noter que l'édition française comporte plusieurs suppléments assez intéressants : le premier récit de l'auteur, "où sont les libellules ?", qui a reçu un prix d'excellence à un festival coréen en 1997, mais aussi une critique extrêmement juste d'un webéditeur/journaliste coréen. Le court récit vaut à lui seul la lecture.
"Cosmos", c'est un plat savoureux, dont on a du mal à reconstituer la recette, avec des morceaux de sexe dedans.
Note approximative : 3.5/5
Ce qui parait comme un récit assez banal au départ se révèle au final plutôt original, et l'esprit "tordu" de Foerster permet une fin assez... tortueuse.
J'aime beaucoup le dessin. C'est un style un petit peu moins épuré que la ligne claire avec laquelle j'ai appris à connaître Berthet (Pin-up) mais c'est le style de dessin clair et fluide que j'aime beaucoup en BD et qui me donne envie de lire rien qu'à feuilleter les pages. De manière amusante, j'y retrouve des touches du dessin de Foerster lui-même dans les visages des personnages par exemple.
Quant à l'histoire, comme dit plus haut, je craignais une simple histoire de "cavale avec un justicier obstiné qui finissait par rattraper le gentil simplet au moment où il trouvait enfin le bonheur avec sa douce". Mais c'était oublier que Foerster était au scénario et qu'un récit aussi simple serait indigne de lui. Personnages complexes, quelques rebondissements inattendus, une conclusion dure et tortueuse. Ce n'est malgré tout pas un scénario qui me marquera par sa force ou son originalité, mais c'est une assez bonne histoire, bien construite.
Une bonne BD tant au niveau dessin que scénario.
Note approximative : 3.5/5
Je ne pensais pas que le scénario de cette série était aussi inspiré de Vingt mille lieues sous les mers. En fait la première moitié de l'histoire est strictement identique au roman de Jules Verne à quelques détails près. A ma connaissance, ce n'est qu'à partir du tome 3 que le récit s'écarte du livre, y apportant quelques nouveautés qui rendent l'histoire un peu plus dure mais aussi un peu plus intéressante.
Malgré la très bonne narration, je n'ai pas tout de suite été captivé par cette BD puisque je connaissais déjà l'histoire. Mais le tout est raconté de manière tellement agréable que j'ai fini par être plongé dedans.
Le dessin lui aussi est très plaisant. Là aussi, j'ai eu un peu de mal à m'habituer au visage aux expressions assez figées mais au fil des tomes, les faciés se font plus expressifs. Et les décors, l'encrage gras, les couleurs, tout le reste me plait vraiment bien. C'est le genre de dessin juste joli comme il faut mais surtout fluide et agréable.
Une belle adaptation du roman de Verne, jolie et plaisante à lire tout en apportant quelques nouveautés permettant à ceux qui connaissent déjà le livre d'être un peu surpris par le récit.
Un des personnages les plus drôles de la bande dessinée. Jack Palmer présente le profil-type du détective looser confronté à des sujets d’actualité : les narco-dollars, le FLNC, Le milieu de la mode, l’affaire du voile... Son personnage navigue dans des histoires, où il ne fait que subir l’action et c’est jubilatoire.
Pétillon livre des histoires de très bonne qualité, insistant sur les problèmes de nos sociétés contemporaines. Son album le plus abouti est sans aucun doute l’enquête Corse qui m’a beaucoup fait rire. Si Pétillon fait une vraie analyse des rapports sociaux qui caractérisent l’île de Beauté, il le fait avec humour et ne tombe jamais dans la facilité.
Son album le chanteur de Mexico m’a beaucoup plu également et semble être une préfiguration des actuelles dérives des maisons de disque version télé réalité.
Seul petit problème, je me demande comment vieilliront des albums aussi ancrés dans l’actualité.
Une série difficile à cerner au premier abord mais qui révèle son charme et sa force au fil des 3 tomes qui la composent.
Elle est difficile à cerner pour différentes raisons. Quand on la découvre, on a en effet l'impression que le premier tome n'a rien à voir avec le suivant : l'ambiance, les personnages, le dessin, les couleurs, tout change. Et déjà, le premier tome à lui seul était difficilement cernable car nous y suivons 2 personnages dans ce qui ressemble à trois histoires courtes différentes, difficiles à situer les unes par rapport aux autres.
Ce n'est qu'au bout de la fin du 2e tome que les choses se mettent en place. C'est alors qu'on découvre que nous suivons, dans chaque tome, une intrigue et des personnages différents qui ont pour rapport de vivre dans le même monde, une sorte d'Europe imaginaire du début du 20e siècle, et qui se retrouveront tous en fin d'albums dans la même petite ville côtière.
Le premier tome est bien dessiné, même si j'apprécie moyennement sa colorisation qui manque de contraste et de chaleur. Dans cet album, nous suivons deux prisonniers dans une plateforme pénitentiaire puis leur évasion, leur participation ensuite à un étrange chantier minier puis leur retour vers la ville côtière qui a accueilli leur évasion. C'est l'album le plus difficile à cerner car les trois tranches de son récit manquent un peu de liant et la narration n'y est pas des plus réussies. En outre, cet album lance des pistes mystérieuses, comme la maladie du Grand Mal, les algues rousses, les Aériens, autant de sujets qui seront quasiment inexistants par la suite, comme si l'auteur avait changé d'idée de scénario entre le premier tome et les suivants.
Le dessin du deuxième tome devient très bon, et les couleurs aussi s'améliorent grandement. Nous quittons ici le décor des prisons et chantiers miniers pour un décor beaucoup plus proche de la France de la première guerre mondiale. Car c'est la guerre qui est le thème de cet album, la stupidité d'une guerre entre deux nations qui, hormis sur le champ de bataille, s'entendent très bien dans la vie civile, le conflit entre les pacifistes et les réactionnaires belliqueux, l'utilisation de la guerre comme outil de propagande, etc. Les héros sont les trois membres d'une famille de province, un père veuf, sa fille amoureuse d'un cinéaste célèbre et son frère à l'esprit rebelle. Cet album est bien plus facile à lire que le premier tome même si la narration n'y est pas toujours des plus évidentes. Le récit est en tout cas plus prenant à mes yeux.
Le troisième tome est également excellent au niveau du dessin et des couleurs, avec un style plus proche des albums récents de Mazan. Le décor est cette fois l'une des villes visitées dans le tome 2, permettant au lecteur de s'y retrouver plus rapidement. Les héros sont un champion automobile et une jolie fille noire. Le thème est celui du racisme et de la ségrégation entre riches et pauvres. Et c'est aussi le thème de l'amour. Un récit plus linéaire et plus facile à suivre que les précédents, un récit agréable à lire et bon.
Et toujours la fin de ces histoires a lieu dans la même petite ville côtière, permettant ainsi, dans la version intégrale, l'ajout d'un épilogue de quelques pages faisant le lien entre L'Hiver d'un Monde et Les aventures de Philibert. Cet épiloque permet au passage de cristalliser un peu l'ensemble de la série, donnant une vraie consistance globale aux 3 tomes pour former un bon ressenti de la série aux yeux du lecteur que je suis.
Ce qui sera la très longue saga des Timour débute dans l'hebdo Spirou n° 813 du 12 Novembre 1953.
Le créateur, Sirius, a l'idée d'une grande fresque qui raconterait l'histoire des hommes au travers d'une famille. Une famille dont les générations seraient suivies de siècles en siècles par les lecteurs jusqu'à ... (mais ça, il ne le sait pas trop bien !..)
Dès le premier tome -La tribu de l'homme rouge (rapport à sa chevelure )- Timour et ses descendants vont parcourir la planète, essaimer dans diverses parties du monde. Au gré de l'avancement de la série, on les trouvera Préhistoriques, Assyriens, Egyptiens, Romains, Grecs, etc... Enthousiasmes, les lecteurs suivent de leur plein gré cette série bien documentée, au dessin réaliste, qui va privilégier l'action. Sirius parviendra ainsi à offrir une vision ludique, attractive de l'Histoire, bien moins didactique que les cours donnés alors.
Les aventures des Timour paraissent chaque semaine dans l'hebdo Spirou jusqu'en 1978. Sirius travaille à d'autres sujets.
En 1980, les éditions Dupuis décident de rééditer l'ensemble des titres parus. Le succès est tel que Sirius va reprendre ses personnages en 1986. En 1994 sera édité le 32ème et dernier album de cette longue saga familiale.
J'adorais -et aime toujours autant- les Timour. Avec cette famille, je m'évadais dans l'Histoire, me promenais avec elle dans des pays inconnus, combattais les "mauvais", attendant impatiemment le début d'une nouvelle histoire en me demandant "où vais-je aller cette fois ?.."
Un peu déçu pourtant : les derniers albums de la "deuxième" série (celle à partir de 1986) où le grand souffle de l'aventure diminuait, Sirius souffrant peut-être d'un manque d'imagination (il a toujours tenu seul les rênes de la série).
Occasionnellement, je replonge avec délices dans un de mes vieux originaux. Ca sent si bon, le vieux papier...
Et Sirius dans tout cela ?...
De son vrai nom Max Mayeu, Sirius est né à Soignies (Belgique) le 26 Septembre 1911.
Hormis la saga des Timour, une autre très grande série est à mettre à son actif : L'Epervier Bleu, créé en 1942. Il réalisera aussi Simon le Danseur, les aventures de Pemberton, une magnifique biographie de Godefroid de Bouillon et autres séries moins connues qui ne demandent qu'à être (re)découvertes... et ça, vous qui me lisez (peut-être) je m'en occuperai aussi.
Sirius nous a quitté le 1 Mai 1997. C'était un des plus importants et prolifiques créateurs des "30 glorieuses" de la bande dessinée franco-belge. Une étoile porte son "nom de plume"... et j'en suis content !
J'aime bien Ergün... du moins sa "première vie"...
Il fait son apparition dans l'hebdo Pilote n° 699 du 29 Mars 1973.
Un véritable space-opera baroque mettant en scène femmes-fleurs, hommes-papillons, nain monstrueux et ancienne cosmonaute-vampire explose dans le premier tome.
Des décors somptueux, des cadrages audacieux, des femmes voluptueuses, des compositions baroques, un imaginaire débordant m'annoncent l'arrivée d'une superbe histoire. Et je ne serai pas déçu.
Au même titre que Lone Sloane de Philippe Druillet, l'hebdo tient là un très grand auteur créatif. Chaque planche est magnifique, déborde d'imagination. Des couleurs chaudes pour la plaine et la cité des arbres, des tons froids pour la ville et le château du dieu-vivant se complémentarisent avec une certaine maestria.
Grand succès parmi le lectorat.
Entamée, toujours par Didier Comès, la seconde histoire mettra 7 années avant d'être éditée : les planches sont en effet "perdues" par l'éditeur. Tout le travail sera à refaire.
Dépité ?... Occupé à ses autres séries (Silence, La Belette, etc..) ?.. Comès décide d'interrompre les pérégrinations de son renégat de l'espace.
Vous voulez découvrir l'Ergün que les gens ont apprécié ?... Plongez sans aucun remord dans le premier album ; vous allez y découvrir une merveilleuse histoire... pourtant faite de larmes et de sang.
Je cote 4 pour le premier opus. Le second mérite 3.
Et l'auteur dans tout ça ?...
Didier Comès, dessinateur-scénariste, est né à Sourbrodt, en Belgique, le 11 Décembre 1942.
Ses séries les plus connues sont : Ergün l'Errant, Silence, La Belette, Iris. Un grand auteur qui adore jouer de l'ombre et la lumière, auteur de magnifiques récits poétiques, et qui a l'art de transporter le lecteur dans ses univers magiques.
C'est le 14 Avril 1954 que les lecteurs découvrent les aventures animalières d'un petit lérot dans l'hebdo Tintin n° 15 (9ème année).
Son prénom ?... Chlorophylle. Créé par Raymond Macherot, notre petit ami va vivre de palpitantes aventures en compagnie de son copain Minimum, un mulot chanteur.
On les découvre d'abord en pleine campagne verdoyante, puis en la bourgade de Coquefredouille. Rapidement nos deux compères vont devoir faire face à une horrible bande de rats noirs aux dents acérées, dirigée par le tortueux Anthracite -et qui deviendra leur ennemi héréditaire-.
Comme dans de très nombreuses BD, il y a les gentils et les méchants. Côté "gentils", nos amis vont côtoyer le lapin Serpolet, le hérisson Goupillon, la loutre Torpille, l'oiseau Bitume, l'étourneau Caquet... Côté "méchants", outre les affreux rats, Albinos et Fricandeau, deux furets, donneront également du fils à retordre à ce petit monde.
Macherot va mettre en scène cette bien belle série jusqu'en 1963 et 5 albums. Après quelques années de parenthèse elle reprendra, en 1970, -sous le nom de "Chlorophylle et Minimum-, dessinée par Pierre Guilmard sur un scénario de Hubuc. La même année, et la suivante, deux nouveaux opus (7 et 8 ) -de Macherot- suivront.
De 1972 à 1996, la série reprendra sous la plume de divers scénaristes (Hubuc, Greg, De Groot, Bom) et dessinateurs (Guilmard, Dupa, Walli). Des "hors-séries", des éditions noir et blanc (de Macherot) seront également éditées.
Acheter ? Je vous conseille (mais sans vous imposer aucunement) les albums 1 à 5, 7 et 8. Ca, c'est du Macherot !...
Chlorophylle, diront certains, c'est de la BD pour enfants !... Pas trop d'accord !...Macherot utilisait sa créativité et -surtout- ces (ses) personnages pour montrer les nombreux travers des hommes. Lucide, et sous le couvert de "petits dessins", il analysait finement la société de l'époque, tant en matière politique que sociologique.
Et Macherot dans tout ça ? Il se porte bien !... Né le 30 Mars 1924 à Verviers (Belgique), il profite d'une retraite bien méritée au sein de sa famille. Un grand monsieur, un peu oublié des "jeunes", à (re)découvrir pourtant... mais ce n'est que mon avis...
Avant de poster cet avis, je n'avais pas consulté la fiche de cette série et je suis surpris du nombre de tome parus: 13! Pour ma part, j'ai découvert Jack Palmer avec sa très médiatique "enquête corse", et plus récemment "l'affaire du voile".
J'adore l'humour de Petillon, un peu absurde, un peu pince sans rire avec des situations et des répliques plus vraies que nature. Pour ma part, je trouve que "l'affaire du voile" est le meilleur des deux que j'ai lu, avec une photographie de l'islam en France qui me semble des plus pertinentes.
C’est certainement la meilleure bd ayant pour thème l’aviation durant la 2e guerre mondiale qu’il m’ait été donné de lire.
L’histoire, assez conventionnelle sur le fond, est prenante d’un bout à l’autre. On sent que Marvano s’est bien documenté pour décrire le quotidien de ces aviateurs anglais qui partent bombarder des villes allemandes. La courte amitié qui va lier Aubie à la petite fille à la poupée est touchante et donne une certaine intensité émotionnelle au récit sans pour autant tomber dans un sentimentalisme excessif. Voici donc un bel hommage à ces hommes qui font la guerre non pas par choix mais par devoir.
Marvano, qui assure aussi la partie graphique, propose des planches magnifiques avec des plans de bataille aérienne superbement cadrées. Vraiment du beau travail !
Bref, un one shot chaudement conseillé !
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Cosmos
Il est très très difficile de parler d'un album comme celui que je vais vous présenter. Il ne ressemble à aucun autre, obéit à sa propre logique, se révèle souvent insaisissable. Le sentiment premier lorsqu'on le lit se révèle, à l'analyse, un certain malaise, mêlé de fascination dans la plupart des moments de lecture. Malaise parce qu'on sent un certain décalage, un côté "inadapté" dans les sentiments, les paroles et les attitudes des personnages. Pourquoi sont-ils là ? On a un peu l'impression d'être parachuté au début du récit. Et puis, après la lecture un peu circonspecte de la première nouvelle, on attaque la seconde, très différente narrativement, graphiquement... Puis la troisième. Et peu à peu, la trame se fait jour, on se rend compte qu'il ne s'agit pas de 7 nouvelles indépendantes, mais bel et bien d'une seule et même histoire, fragmentée en plusieurs épisodes, chacun raconté par une personne différente. Un peu comme si on prenait 7 articles de journaux différents, racontant la même histoire, et qu'on les éparpillait, qu'on les mélangeait, sans toutefois toucher à leur forme, à leur contenu. Car l'histoire n'est bien sûr pas racontée de façon chronologique par les différents protagonistes, c'est dans le désordre, et bien malin celui qui a pu raccrocher tous les wagons à la fin de la première lecture. L'autre trait saillant de ce manhwa, c'est le dessin. Un dessin réaliste, mais pas cru, qui trouve une certaine apothéose dans les scènes (gentiment mais explicitement) érotiques qui parsèment le livre, comme si on mettait un émincé de basilic dans une soupe à la tomate. Pourtant Kim Sung Jun, au fil de ses dessins (qui ont été étalés sur 4 ans), s'est appliqué à utiliser différentes techniques, différents styles graphiques et narratifs, sans jamais se renouveler, sans presque jamais défaillir. A noter que l'édition française comporte plusieurs suppléments assez intéressants : le premier récit de l'auteur, "où sont les libellules ?", qui a reçu un prix d'excellence à un festival coréen en 1997, mais aussi une critique extrêmement juste d'un webéditeur/journaliste coréen. Le court récit vaut à lui seul la lecture. "Cosmos", c'est un plat savoureux, dont on a du mal à reconstituer la recette, avec des morceaux de sexe dedans.
L'Oeil du chasseur
Note approximative : 3.5/5 Ce qui parait comme un récit assez banal au départ se révèle au final plutôt original, et l'esprit "tordu" de Foerster permet une fin assez... tortueuse. J'aime beaucoup le dessin. C'est un style un petit peu moins épuré que la ligne claire avec laquelle j'ai appris à connaître Berthet (Pin-up) mais c'est le style de dessin clair et fluide que j'aime beaucoup en BD et qui me donne envie de lire rien qu'à feuilleter les pages. De manière amusante, j'y retrouve des touches du dessin de Foerster lui-même dans les visages des personnages par exemple. Quant à l'histoire, comme dit plus haut, je craignais une simple histoire de "cavale avec un justicier obstiné qui finissait par rattraper le gentil simplet au moment où il trouvait enfin le bonheur avec sa douce". Mais c'était oublier que Foerster était au scénario et qu'un récit aussi simple serait indigne de lui. Personnages complexes, quelques rebondissements inattendus, une conclusion dure et tortueuse. Ce n'est malgré tout pas un scénario qui me marquera par sa force ou son originalité, mais c'est une assez bonne histoire, bien construite. Une bonne BD tant au niveau dessin que scénario.
Nemo
Note approximative : 3.5/5 Je ne pensais pas que le scénario de cette série était aussi inspiré de Vingt mille lieues sous les mers. En fait la première moitié de l'histoire est strictement identique au roman de Jules Verne à quelques détails près. A ma connaissance, ce n'est qu'à partir du tome 3 que le récit s'écarte du livre, y apportant quelques nouveautés qui rendent l'histoire un peu plus dure mais aussi un peu plus intéressante. Malgré la très bonne narration, je n'ai pas tout de suite été captivé par cette BD puisque je connaissais déjà l'histoire. Mais le tout est raconté de manière tellement agréable que j'ai fini par être plongé dedans. Le dessin lui aussi est très plaisant. Là aussi, j'ai eu un peu de mal à m'habituer au visage aux expressions assez figées mais au fil des tomes, les faciés se font plus expressifs. Et les décors, l'encrage gras, les couleurs, tout le reste me plait vraiment bien. C'est le genre de dessin juste joli comme il faut mais surtout fluide et agréable. Une belle adaptation du roman de Verne, jolie et plaisante à lire tout en apportant quelques nouveautés permettant à ceux qui connaissent déjà le livre d'être un peu surpris par le récit.
Les Aventures de Jack Palmer
Un des personnages les plus drôles de la bande dessinée. Jack Palmer présente le profil-type du détective looser confronté à des sujets d’actualité : les narco-dollars, le FLNC, Le milieu de la mode, l’affaire du voile... Son personnage navigue dans des histoires, où il ne fait que subir l’action et c’est jubilatoire. Pétillon livre des histoires de très bonne qualité, insistant sur les problèmes de nos sociétés contemporaines. Son album le plus abouti est sans aucun doute l’enquête Corse qui m’a beaucoup fait rire. Si Pétillon fait une vraie analyse des rapports sociaux qui caractérisent l’île de Beauté, il le fait avec humour et ne tombe jamais dans la facilité. Son album le chanteur de Mexico m’a beaucoup plu également et semble être une préfiguration des actuelles dérives des maisons de disque version télé réalité. Seul petit problème, je me demande comment vieilliront des albums aussi ancrés dans l’actualité.
L'Hiver d'un monde
Une série difficile à cerner au premier abord mais qui révèle son charme et sa force au fil des 3 tomes qui la composent. Elle est difficile à cerner pour différentes raisons. Quand on la découvre, on a en effet l'impression que le premier tome n'a rien à voir avec le suivant : l'ambiance, les personnages, le dessin, les couleurs, tout change. Et déjà, le premier tome à lui seul était difficilement cernable car nous y suivons 2 personnages dans ce qui ressemble à trois histoires courtes différentes, difficiles à situer les unes par rapport aux autres. Ce n'est qu'au bout de la fin du 2e tome que les choses se mettent en place. C'est alors qu'on découvre que nous suivons, dans chaque tome, une intrigue et des personnages différents qui ont pour rapport de vivre dans le même monde, une sorte d'Europe imaginaire du début du 20e siècle, et qui se retrouveront tous en fin d'albums dans la même petite ville côtière. Le premier tome est bien dessiné, même si j'apprécie moyennement sa colorisation qui manque de contraste et de chaleur. Dans cet album, nous suivons deux prisonniers dans une plateforme pénitentiaire puis leur évasion, leur participation ensuite à un étrange chantier minier puis leur retour vers la ville côtière qui a accueilli leur évasion. C'est l'album le plus difficile à cerner car les trois tranches de son récit manquent un peu de liant et la narration n'y est pas des plus réussies. En outre, cet album lance des pistes mystérieuses, comme la maladie du Grand Mal, les algues rousses, les Aériens, autant de sujets qui seront quasiment inexistants par la suite, comme si l'auteur avait changé d'idée de scénario entre le premier tome et les suivants. Le dessin du deuxième tome devient très bon, et les couleurs aussi s'améliorent grandement. Nous quittons ici le décor des prisons et chantiers miniers pour un décor beaucoup plus proche de la France de la première guerre mondiale. Car c'est la guerre qui est le thème de cet album, la stupidité d'une guerre entre deux nations qui, hormis sur le champ de bataille, s'entendent très bien dans la vie civile, le conflit entre les pacifistes et les réactionnaires belliqueux, l'utilisation de la guerre comme outil de propagande, etc. Les héros sont les trois membres d'une famille de province, un père veuf, sa fille amoureuse d'un cinéaste célèbre et son frère à l'esprit rebelle. Cet album est bien plus facile à lire que le premier tome même si la narration n'y est pas toujours des plus évidentes. Le récit est en tout cas plus prenant à mes yeux. Le troisième tome est également excellent au niveau du dessin et des couleurs, avec un style plus proche des albums récents de Mazan. Le décor est cette fois l'une des villes visitées dans le tome 2, permettant au lecteur de s'y retrouver plus rapidement. Les héros sont un champion automobile et une jolie fille noire. Le thème est celui du racisme et de la ségrégation entre riches et pauvres. Et c'est aussi le thème de l'amour. Un récit plus linéaire et plus facile à suivre que les précédents, un récit agréable à lire et bon. Et toujours la fin de ces histoires a lieu dans la même petite ville côtière, permettant ainsi, dans la version intégrale, l'ajout d'un épilogue de quelques pages faisant le lien entre L'Hiver d'un Monde et Les aventures de Philibert. Cet épiloque permet au passage de cristalliser un peu l'ensemble de la série, donnant une vraie consistance globale aux 3 tomes pour former un bon ressenti de la série aux yeux du lecteur que je suis.
Timour
Ce qui sera la très longue saga des Timour débute dans l'hebdo Spirou n° 813 du 12 Novembre 1953. Le créateur, Sirius, a l'idée d'une grande fresque qui raconterait l'histoire des hommes au travers d'une famille. Une famille dont les générations seraient suivies de siècles en siècles par les lecteurs jusqu'à ... (mais ça, il ne le sait pas trop bien !..) Dès le premier tome -La tribu de l'homme rouge (rapport à sa chevelure )- Timour et ses descendants vont parcourir la planète, essaimer dans diverses parties du monde. Au gré de l'avancement de la série, on les trouvera Préhistoriques, Assyriens, Egyptiens, Romains, Grecs, etc... Enthousiasmes, les lecteurs suivent de leur plein gré cette série bien documentée, au dessin réaliste, qui va privilégier l'action. Sirius parviendra ainsi à offrir une vision ludique, attractive de l'Histoire, bien moins didactique que les cours donnés alors. Les aventures des Timour paraissent chaque semaine dans l'hebdo Spirou jusqu'en 1978. Sirius travaille à d'autres sujets. En 1980, les éditions Dupuis décident de rééditer l'ensemble des titres parus. Le succès est tel que Sirius va reprendre ses personnages en 1986. En 1994 sera édité le 32ème et dernier album de cette longue saga familiale. J'adorais -et aime toujours autant- les Timour. Avec cette famille, je m'évadais dans l'Histoire, me promenais avec elle dans des pays inconnus, combattais les "mauvais", attendant impatiemment le début d'une nouvelle histoire en me demandant "où vais-je aller cette fois ?.." Un peu déçu pourtant : les derniers albums de la "deuxième" série (celle à partir de 1986) où le grand souffle de l'aventure diminuait, Sirius souffrant peut-être d'un manque d'imagination (il a toujours tenu seul les rênes de la série). Occasionnellement, je replonge avec délices dans un de mes vieux originaux. Ca sent si bon, le vieux papier... Et Sirius dans tout cela ?... De son vrai nom Max Mayeu, Sirius est né à Soignies (Belgique) le 26 Septembre 1911. Hormis la saga des Timour, une autre très grande série est à mettre à son actif : L'Epervier Bleu, créé en 1942. Il réalisera aussi Simon le Danseur, les aventures de Pemberton, une magnifique biographie de Godefroid de Bouillon et autres séries moins connues qui ne demandent qu'à être (re)découvertes... et ça, vous qui me lisez (peut-être) je m'en occuperai aussi. Sirius nous a quitté le 1 Mai 1997. C'était un des plus importants et prolifiques créateurs des "30 glorieuses" de la bande dessinée franco-belge. Une étoile porte son "nom de plume"... et j'en suis content !
Ergün l'errant
J'aime bien Ergün... du moins sa "première vie"... Il fait son apparition dans l'hebdo Pilote n° 699 du 29 Mars 1973. Un véritable space-opera baroque mettant en scène femmes-fleurs, hommes-papillons, nain monstrueux et ancienne cosmonaute-vampire explose dans le premier tome. Des décors somptueux, des cadrages audacieux, des femmes voluptueuses, des compositions baroques, un imaginaire débordant m'annoncent l'arrivée d'une superbe histoire. Et je ne serai pas déçu. Au même titre que Lone Sloane de Philippe Druillet, l'hebdo tient là un très grand auteur créatif. Chaque planche est magnifique, déborde d'imagination. Des couleurs chaudes pour la plaine et la cité des arbres, des tons froids pour la ville et le château du dieu-vivant se complémentarisent avec une certaine maestria. Grand succès parmi le lectorat. Entamée, toujours par Didier Comès, la seconde histoire mettra 7 années avant d'être éditée : les planches sont en effet "perdues" par l'éditeur. Tout le travail sera à refaire. Dépité ?... Occupé à ses autres séries (Silence, La Belette, etc..) ?.. Comès décide d'interrompre les pérégrinations de son renégat de l'espace. Vous voulez découvrir l'Ergün que les gens ont apprécié ?... Plongez sans aucun remord dans le premier album ; vous allez y découvrir une merveilleuse histoire... pourtant faite de larmes et de sang. Je cote 4 pour le premier opus. Le second mérite 3. Et l'auteur dans tout ça ?... Didier Comès, dessinateur-scénariste, est né à Sourbrodt, en Belgique, le 11 Décembre 1942. Ses séries les plus connues sont : Ergün l'Errant, Silence, La Belette, Iris. Un grand auteur qui adore jouer de l'ombre et la lumière, auteur de magnifiques récits poétiques, et qui a l'art de transporter le lecteur dans ses univers magiques.
Chlorophylle
C'est le 14 Avril 1954 que les lecteurs découvrent les aventures animalières d'un petit lérot dans l'hebdo Tintin n° 15 (9ème année). Son prénom ?... Chlorophylle. Créé par Raymond Macherot, notre petit ami va vivre de palpitantes aventures en compagnie de son copain Minimum, un mulot chanteur. On les découvre d'abord en pleine campagne verdoyante, puis en la bourgade de Coquefredouille. Rapidement nos deux compères vont devoir faire face à une horrible bande de rats noirs aux dents acérées, dirigée par le tortueux Anthracite -et qui deviendra leur ennemi héréditaire-. Comme dans de très nombreuses BD, il y a les gentils et les méchants. Côté "gentils", nos amis vont côtoyer le lapin Serpolet, le hérisson Goupillon, la loutre Torpille, l'oiseau Bitume, l'étourneau Caquet... Côté "méchants", outre les affreux rats, Albinos et Fricandeau, deux furets, donneront également du fils à retordre à ce petit monde. Macherot va mettre en scène cette bien belle série jusqu'en 1963 et 5 albums. Après quelques années de parenthèse elle reprendra, en 1970, -sous le nom de "Chlorophylle et Minimum-, dessinée par Pierre Guilmard sur un scénario de Hubuc. La même année, et la suivante, deux nouveaux opus (7 et 8 ) -de Macherot- suivront. De 1972 à 1996, la série reprendra sous la plume de divers scénaristes (Hubuc, Greg, De Groot, Bom) et dessinateurs (Guilmard, Dupa, Walli). Des "hors-séries", des éditions noir et blanc (de Macherot) seront également éditées. Acheter ? Je vous conseille (mais sans vous imposer aucunement) les albums 1 à 5, 7 et 8. Ca, c'est du Macherot !... Chlorophylle, diront certains, c'est de la BD pour enfants !... Pas trop d'accord !...Macherot utilisait sa créativité et -surtout- ces (ses) personnages pour montrer les nombreux travers des hommes. Lucide, et sous le couvert de "petits dessins", il analysait finement la société de l'époque, tant en matière politique que sociologique. Et Macherot dans tout ça ? Il se porte bien !... Né le 30 Mars 1924 à Verviers (Belgique), il profite d'une retraite bien méritée au sein de sa famille. Un grand monsieur, un peu oublié des "jeunes", à (re)découvrir pourtant... mais ce n'est que mon avis...
Les Aventures de Jack Palmer
Avant de poster cet avis, je n'avais pas consulté la fiche de cette série et je suis surpris du nombre de tome parus: 13! Pour ma part, j'ai découvert Jack Palmer avec sa très médiatique "enquête corse", et plus récemment "l'affaire du voile". J'adore l'humour de Petillon, un peu absurde, un peu pince sans rire avec des situations et des répliques plus vraies que nature. Pour ma part, je trouve que "l'affaire du voile" est le meilleur des deux que j'ai lu, avec une photographie de l'islam en France qui me semble des plus pertinentes.
Berlin (Les Sept Nains)
C’est certainement la meilleure bd ayant pour thème l’aviation durant la 2e guerre mondiale qu’il m’ait été donné de lire. L’histoire, assez conventionnelle sur le fond, est prenante d’un bout à l’autre. On sent que Marvano s’est bien documenté pour décrire le quotidien de ces aviateurs anglais qui partent bombarder des villes allemandes. La courte amitié qui va lier Aubie à la petite fille à la poupée est touchante et donne une certaine intensité émotionnelle au récit sans pour autant tomber dans un sentimentalisme excessif. Voici donc un bel hommage à ces hommes qui font la guerre non pas par choix mais par devoir. Marvano, qui assure aussi la partie graphique, propose des planches magnifiques avec des plans de bataille aérienne superbement cadrées. Vraiment du beau travail ! Bref, un one shot chaudement conseillé !