Les derniers avis (32279 avis)

Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Le Royal Fondement - L'Histoire vraie de la face cachée du Roi Soleil
Le Royal Fondement - L'Histoire vraie de la face cachée du Roi Soleil

3.5 Un bon album divertissant comme je l'aime. Les auteurs montrent un coté un peu méconnu du roi soleil... Il faut dire que c'est un coté très privé de sa majesté qu'on traite dans le scénario ! Le ton du récit est léger et un peu cliché par moment (le héros a la même personnalité que d'autres héros de ce type d'histoire), mais il est agréable à lire et efficace. L'humour fonctionne bien et les dialogues sont savoureux. Le dessin est très bon. C'est le genre de style comique-réaliste que j'aime bien retrouver dans ce genre de bd humoristique qui mélange l'histoire et la fiction. Le dossier en complément qui éclaire sur la réalité historique de certains éléments du scénario est bien fait.

02/04/2024 (modifier)
Couverture de la série Le Tirailleur
Le Tirailleur

"Un album témoignage comme je les aime". J'espère qu'Alix ne m'en voudra pas de reprendre son accroche mais c'est exactement mon ressenti après la lecture de ce récit émouvant. J'ai été vraiment séduit par la confiance et le respect qui s'est établi entre Alain Bujak et Abdesslem. Bujak réussit très bien à traduire un récit plein de nostalgie, de peines, d'humilité dans un cadre de fatalité qui a permis à Abdesslem de traverser de si nombreuses épreuves sans être rongé par la colère. Abdesslem a beaucoup donné au drapeau français qu'il a longtemps porté sur son épaule. Comme nombre de ses copains, il aurait pu/du mourir dix fois sur les pentes italiennes ou les rizières vietnamiennes. La France lui a peu rendu, chichement et avec beaucoup de retard. Cet album apporte donc sa juste contribution au devoir de reconnaissance et de justice pour ces hommes et leur famille. Le beau reportage photo en fin d'ouvrage montre en creux toutes ces familles aux enfants riants qui ont été sacrifiées d'une façon plus ou moins légitime. Deux passages m'ont particulièrement plu dans le récit du vieil homme. Tout d'abord, la participation importante des forces africaines dans la terrible bataille du Monte Cassino. Bataille clé qui, avec celle de Normandie, a cassé les lignes de défense du front occidental. J'ai aussi apprécié le rappel du racisme et des mauvais traitements infligés par beaucoup de gardiens allemands. On a voulu un peu facilement faire porter toute la cruauté sur les SS Ainsi le récit travaille avec brio sur l'espace des situations où se trouve Abdesslem. Il y a ainsi alternance des horizons infinis et porteurs de vie (au Maroc) et de situations de confinements où la vie du soldat ne tient qu'à un fil (prison, rivière, chambre). Le graphisme de Piero Macola est très sobre pour porter ce récit. Il apporte dans son crayonné une sorte de tristesse devant une vie ballotée par une tempête historique. Macola donne à son personnage une gestuelle de soumission noble qui permet à Abdesslem de traverser les évènements qu'il ne comprend pas la tête haute. Une très belle et émouvante lecture.

02/04/2024 (modifier)
Par karibou79
Note: 4/5
Couverture de la série Crayon noir - Samuel Paty, histoire d'un prof
Crayon noir - Samuel Paty, histoire d'un prof

Le récit implacable et glaçant précédent le meurtre par un terroriste de Samuel Paty, devenu un symbole du malaise du monde enseignant et du combat permanent pour la liberté d'expression. Débutant par la cérémonie de funérailles, on suit le quotidien de ce prof de collège un peu farfelu qui aime débattre avec ses élèves et les pousser à s'interroger. Pour cela, il abordera le thème délicat des caricatures qui ont été le détonateur de l'attentat contre Charlie Hebdo. On connaît malheureusement ce déroulé tragique mais pas forcément le fonctionnement au sein du collège qui doit gérer la situation entre élèves adeptes des réseaux sociaux, parents enflant les faits et administration mécanique. Il est aisé de s'imaginer qu'une poignée de profs peut se sentir démunis lorsque la machine à haine se met en marche. Il y a de la noirceur mais aussi beaucoup d'espoir en suivant ces cours où les élèves se confient et parfois prennent conscience. Le récit est parfois hagiographique mais il est sain de montrer le bon côté de l'enseignement qui prend en compte le mot "éducation" de "Education Nationale", surtout dans ce collège qui n'a pas l'air si facile. Un récit documentaire donc, qui alterne parfaitement faits, scènes du quotidien, enquête et entretiens. Un beau boulot d'investigation bien mis en scène entre des planches en gaufre classiques et d'autres retranscrivant des conversations ou encore reliant des faits façon détective. Une BD engagée et instructive qui parlera sans doute également aux ados.

02/04/2024 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série Un polar à Barcelone (Je suis leur silence)
Un polar à Barcelone (Je suis leur silence)

C'est avec Lydie puis la série Les Beaux Étés que j'avais découvert et apprécié le travail de Jordi Lafebre. Avec "Je suis leur silence" c'est seul à la barre qu'il se lance pour nous proposer un polar caustique tout en gardant le côté solaire et frais qui caractérise ses productions. C'est du côté de Barcelone qu'il nous entraîne, pour suivre la jeune et pétillante (et énervante !) Eva. Elle doit se soumettre à un entretien avec un de ses collègues psychiatre pour pouvoir récupérer sa licence et reprendre son activité. C'est au cours de cet entretien qu'on va découvrir sa récente escapade chez une de ses richissimes cliente qui avait besoin d'une témoin pour la lecture d'un testament ; week-end tragique qui verra la mort d'un des protagonistes et le début de cette enquête un peu folle que va mener notre Eva. On se croirait presque dans un Agatha Christie dépoussiéré et plus débridé ! Car notre Eva a du caractère et de la suite dans les idées, tout en ayant une notion de la norme et du respect des règles bien à elle… Et forcément ça dérape souvent ! Ajoutez à cela une petite touche d'humour bien mordant, des dialogues aux petits oignons porté par un dessin toujours aussi chaleureux et dynamique, et vous obtenez un album qui offre à son lecteur un très bon moment de lecture !

02/04/2024 (modifier)
Couverture de la série Whisky San
Whisky San

Lire la première ligne de la préface m’a fait lever un sourcil. Fabien Rodhain y évoque en effet la genèse du projet en mentionnant un séjour à Jodoigne, puis une dégustation dans un magasin situé dans un petit village non loin de là. A vous, ça ne dira rien, à moi, ça disait beaucoup… car ce magasin, il me semblait évident qu’il devait s’agir de celui de mon frère ! Et, de fait ‘We are Whisky’ se retrouve en bonne position lorsque les auteurs adressent les traditionnels remerciements. Le plus amusant dans l’histoire est que mon frère avait acheté la BD en question sans rien savoir de cette genèse (il l’a même lue en sautant les remerciements et n’a découvert le lien avec son magasin que grâce à un article de presse). Bon ! Honnêtement, je n’avais pas besoin de ce détail pour acheter l’objet (je l’ai d’ailleurs acquis avant de lire la préface) mais celui-ci joue certainement dans mon appréciation… Ça et le fait que mon frère m’avait déjà parlé de l’histoire de Masataka Taketsuru. Une histoire incroyablement romanesque par bien des aspects ! Mais, clairement, si la bande dessinée n’avait pas été à la hauteur de mes attentes, je pense que ma déception aurait été encore plus vive. Ce n’est heureusement pas le cas et nous avons là une très bonne bande dessinée ! La trajectoire de Masataka Taketsuru est un exemple d’obstination et de courage face à l’adversité. Il ne lui a pas suffi d’avoir une vision et un nez hors du commun. Il lui faudra lutter contre les aléas du destin, les préjugés, les guerres, les accidents, les rivalités, la météo et le mépris pour enfin réaliser son rêve. Son parcours est incroyablement romanesque et les décors dans lesquels il se meut (les paysages d’Ecosse et du Japon) ajoutent encore au romantisme d’ensemble. Mais au-delà de ce parcours, cette bande dessinée permet aussi au lecteur d’en apprendre plus sur le whisky (rien qu’un amateur ne connaisse déjà mais de quoi éclairer plus d’un profane) tout en traversant un siècle d’histoire (siècle marqué notamment par deux guerres mondiales). La lecture est fluide, légère et instructive en même temps. Le dessin d’Alicia Grande garde un léger aspect inabouti qui, paradoxalement, lui ajoute de la matière. Les décors sont présents aux bons moments et s’effacent lorsque l’attention du lecteur doit se focaliser sur les personnages. Ceux-ci sont bien typés et leurs expressions de visage sont parlantes. C’est franchement agréable à lire même si pas spécialement tape-à-l’œil. J’avoue avoir été ému à la fin de ma lecture. Les auteurs parviennent à rendre cette histoire touchante et universelle. C’est celle du ‘petit’ face à l’adversité, qui à force de talent et de ténacité parvient à surpasser les aléas du destin. Très certainement à conseiller à tout amateur de whisky mais susceptible de plaire à un plus large public encore.

02/04/2024 (modifier)
Couverture de la série Far Sector
Far Sector

Je ne connais pas trop l’univers de Green Lantern, il ne m’a jamais intéressé et j’ai toujours eu tendance à le trouver ridicule. C’est donc le premier comics que je lis avec ce héros, je ne pouvais pas passer à côté après le bel enthousiasme de Bruno :) Même si je serai plus modéré, je vais partager son ébahissement. C’est sympa comme tout. Une des excellentes idées du récit est d’introduire un nouveau porteur de l’anneau (enfin de la bague, je me comprends), en plus de placer l’intrigue dans un secteur inconnu et éloigné. Franchement parfait pour les néophytes comme moi, on fait fi de toute continuité. Sur ce postulat, les auteurs développent du très bon comics, une histoire dense et qui prend son temps, ça ne manque pas de thématiques pertinentes et l’univers, qu’on découvre en même temps que notre héroïne, est original. De la bonne sf, intelligente, des personnages réussis, en fait je n’ai pas vraiment eu l’impression d’être devant une histoire de super-héros. Très fort de la part de la scénariste mais la partie graphique enfonce tout autant le clou, c’est franchement balèze à tous niveaux, trait, découpage et surtout les couleurs. Deux auteurs investis pour charmer le lecteur. Décidément, après Wonder Woman Historia que j’avais bien apprécié également, je suis agréablement surpris des nouvelles propositions autour de héros célèbres. Contradictoirement et bizarrement, ça ne m’a pas donné envie d’approfondir leurs aventures respectives classiques mais je considère ces tomes comme des immanquables dans leurs bibliographies.

01/04/2024 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Banana sioule
Banana sioule

Michaël Sanlaville l'avait déjà prouvé avec Lastman : il a parfaitement assimilé les codes du shonen nekketsu et il est capable de les restituer dans une série à mi-chemin entre esprit shonen et influence européenne orientée vers l'action, les combats et dotée d'une intrigue simple mais très prenante. Le contexte de Banan Sioule est inspiré à la fois de Rollerball et de Blood Bowl : un sport de balle très violent est au centre des passions et de l'attention de tous les médias. Il y a aussi un peu de Dragon Ball dans cette héroïne gentille et un peu naïve mais physiquement hors norme, ultra forte et solide. Comme dans un nekketsu classique, elle commence pleine de potentiel mais va d'abord devoir subir des épreuves de sélection avant de pouvoir intégrer l'école de Sioule, puis endurer l'entrainement spécial qui y est prodigué avant d'enfin aligner les matchs comme autant de combats pour progresser encore et encore, avec comme but ultime un adversaire ultra-puissant et le titre de champion du monde. Tant graphiquement qu'en terme de narration, c'est impeccable et super dynamique. On aligne les pages à toute vitesse comme on regarderait un bon animé avec l'envie de découvrir très vite la suite. On notera une influence franco-belge dans le rythme de progression de l'intrigue avec quelques sauts chronologiques qui surprendraient dans un manga. En effet, contrairement à un shonen classique, on n'assiste qu'à une part de l'entrainement mais une fois les choses posées, la suite est ellipsée. Puis on assiste à un ou deux matchs seulement, avant de n'avoir que des aperçus des suivants et de passer enfin au match tant attendu avant la fin du 3e tome. L'histoire se concentre certes sur l'action et la progression sportive de l'héroïne et de son équipe, mais elle aborde aussi en parallèle d'autres thématiques plus profondes telles que la surmédiatisation, le dopage, la corruption du sport et la violence tant physique que morale, ou encore le harcèlement de manière générale. J'ai été complètement happé par ma lecture et je suis heureux d'avoir pu lire les 3 tomes d'affilée sans quoi j'aurais sans doute été très impatient de lire la suite à la fin de chaque tome. Maintenant, je ne sais pas s'il y aura un autre cycle, mais dans tous les cas ces 3 albums là forment déjà une bonne histoire complète.

31/03/2024 (modifier)
Par Tonio
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Vingt-décembre - Chronique de l'abolition
Vingt-décembre - Chronique de l'abolition

Vingt Décembre est un ouvrage qui retrace de manière romancée un événement majeur dans l'histoire de l'humanité et plus précisément du peuple réunionnais : l'abolition de l'esclavage. Cet événement est vu au travers d'un personnage au destin hors du commun, Edmond Albius, jeune esclave et génial botaniste qui découvre le procédé de fécondation de la vanille. Cette découverte va modifier pour toujours l'histoire de l'ile Bourbon ce " Petit caillou de l'Océan Indien". Il est très instructif de percevoir comment l'abolition de l'esclavage va provoquer des remaniements dans la société réunionnaise et que la liberté des travailleurs n'est en réalité que relative. Le trait du dessinateur est accessible, même pour des jeunes lecteurs. Quelques dialogues en créole viennent ponctuer certains échanges, ce qui est très agréable. Une traduction en français aurait pu être ajoutée. Je recommande cet ouvrage que j'ai vraiment apprécié et m'en vais le proposer à lire à mes enfants qui sont des descendants de réunionnais. Transmettre le savoir et la connaissance par la bd.... Quelle merveilleuse idée.

31/03/2024 (modifier)
Par Titanick
Note: 4/5
Couverture de la série La Fille de Rokubei
La Fille de Rokubei

Des contes japonais sous la plume de deux auteurs argentins. Pour ma part, j’avoue que l’ambiance de ces contes me semble suffisamment réussie pour que j’aie vraiment eu l’impression qu’ils étaient directement tirés du folklore nippon. Il semble que nenni, mes recherches n’ont rien donné quant à l’origine des héros, princesses combattantes et démons qui parsèment l’ouvrage. De la bien belle ouvrage d’ailleurs. Le dessin de couverture m’a fait de l’oeil, et je suis tombée sous le charme. Je ne connaissais pas le dessinateur, pauvre de moi. Un noir et blanc de toute beauté, époustouflant dans les détails des costumes et des textures, j’aime beaucoup. Et voilà, ces légendes, sans doute inventées, d’un Japon ancestral fantasmé et fantastique, peuplé de sorciers, de mages puissants, mais surtout de démons jusqu’aux portes des enfers, nous sont narrées dans un style à la fois moderne et en même temps à la manière des contes anciens. Je ne sais pas comment expliquer, j’ai plutôt apprécié. On ne s’ennuie pas. D’autant plus que deux contes, imbriqués, composent le volume : la fille de Rokubei et la fille de sel. Et tous deux prennent la forme de récits initiatiques, que chacun pourra d’ailleurs interpréter comme il l’entend.

31/03/2024 (modifier)
Couverture de la série Frnck
Frnck

J'ai beaucoup apprécié les huit tomes de cette série ado. Le scénario d'Olivier Bocquet réserve bien des surprises avec un schéma qui se complexifie d'album en album tout en gardant une grande cohérence dans sa narration. L'auteur sait parfaitement équilibrer les genres (aventure, SF et de l'humour) autour des personnages de Franck et de Kenza très attachants tout du long de la série. Après un premier cycle assez classique de voyage dans le temps au Jurassique, la fin du tome 4 propose un bouleversement qui conduit à un second cycle original et très bien travaillé. Bocquet introduit à travers de nouveaux personnages très réussis (Francisco, Anoukis) une complexité dans sa gestion des boucles temporelles pleine de maîtrise et d'intérêt. Le graphisme de Brice Cossu est parfaitement adapté à une lecture moderne pour un spectre assez large d'ados (et plus). Si l'auteur reste dans une ligne claire semi réaliste classique, il introduit des expressions comiques et des déformations du visages plus modernes qui passent très bien. Le découpage correspond au dynamisme du récit et rend bien l'humour ou la tension des différentes situations. Une très belle lecture récréative pour un large public.

30/03/2024 (modifier)