Voilà une très bonne BD historique dans la plus pure tradition classique. Elle permet de découvrir les Zeppelin et leurs premiers voyages transatlantiques à partir de 1936. J’avoue être fasciné par ces paquebots des airs et suis triste qu’il n’en existe plus de nos jours. C’est donc avec un réel intérêt que j’ai lu cet album qui m’a permis d’en découvrir l’intérieur, le fonctionnement, les problèmes rencontrés et la fierté et les soucis de leurs équipages. Et surtout les circonstances de l’incendie final du Hindenburg. Très intéressant et bien raconté. Le dessin est également tout à fait bon.
Rien de vraiment exceptionnel dans cette BD ni graphiquement ni dans le scénario mais c’est un récit historique très intéressant et bien raconté.
Cette histoire est assurément la meilleure de Servais dont je viens de découvrir que tout récemment les oeuvres dans la prestigieuse collection "Aire Libre".
On est tout de suite plongé dans le drame de cette famille qui a décidé de vivre en pleine forêt où des loups commencent à faire leur réapparition. C'est prenant.
Le deuxième tome demeure un peu décevant car c'est du déjà vu au cinéma (notamment le film "Nell" avec Jodie Foster). Cependant, je dois dire que j'ai été surpris par les intentions du demi-frère. Encore ce thème récurrent chez Servais entre le bien et le mal...
J'apprécie également le dessin, le trait des personnages même si celui-ci semble évoluer au fil de la lecture. On ne reconnaît pas toujours la mère d'une série de cases à l'autre.
Quand on referme le second volume, il y a comme un parfum de nostalgie. J'ai aimé voilà tout et je conseille vivement la lecture.
Note Dessin: 4.25/5 - Note Scénario: 3.75/5 - Note Globale: 4/5
J'ai été conquis d'emblée par la bichromie et par le scénario tout à fait noir, mais avec des personnages vite attachants. Les changements de couleur liés aux changements de contexte sont très intéressants
Pour le 2ème tome, les choix de couleur en bichromie sont audacieux, mais je trouve le scénario un peu confus en première lecture. Tout de même on reste l'envie tout à fait positive de connaître la suite !
Bien qu'ayant la version mal imprimée, je dois dire que j'ai beaucoup aimé cette BD.
Elle m'a plu par son style original, que ce soit le graphisme ou la narration.
Le dessin, tout en rondeur et courbe, est très dynamique et rigolo. C'est sûr que sans le défaut d'impression (images un peu floues et surtout décalage des pages sensées être en vis-à-vis) le travail des auteurs serait encore plus impressionnant.
L'histoire est très drôle. Elle raconte les exploits, les névroses, les techniques, la noblesse d'un roi de la cambriole. Je regrette juste quelques passages un peu moins intéressants mais ils ne sont pas nombreux.
Il me tarde maintenant de pouvoir récupérer une version parfaitement imprimée pour avoir le plaisir de relire cette BD.
Note : 3.5/5
Petites éclipses est une histoire qui ne m'a pas transportée mais qui a tout de même fini par m'accrocher. L'histoire n'est pas banale et ne reflète pas tellement mes préoccupations et mes soucis de trentenaire. Il n'empêche que les auteurs ont eu le talent de rendre leurs personnages troublants, attachants et même sympathiques. Toutefois, je ne comprends toujours pas certaines situations qui me semblent tirées par les cheveux : Comment un type, père de deux enfants, peut-il inviter son ex-maîtresse alors que sa femme l'accompagne et qu'elle est au courant? Comment un autre type, amoureux de sa femme (qui est restée avec les mômes) , père de deux enfants, peut-il inviter à le rejoindre une minette de près de 20 ans de moins que lui, alors que la meilleure amie de sa femme est présente, elle aussi? Ces deux points suspects et bizarres ont dérangé la lecture au début, mais elles étaient prétextes à de belles engueulades et au final, je m'en suis accommodé.
Question dessin : à mon goût, ils ont trop forcé sur l'ombrage. De temps à autre, ils nous ont gratifiés d'un simple crayonné que je trouvais succulent et qui aurait, à mon avis, bien plus contribué à la simplicité et à la sincérité du propos.
Sept chapitres d’une œuvre qui nous ramène aux âges les plus reculés de l’humanité.
Sept «tranches de vie» dans l’errance d’un primate abandonné par les siens.
Sept étapes dans l’histoire de l’évolution de l’homme.
Avec L’âge de raison, l’auteur nous offre à la fois une paléo fiction originale et un pseudo docu-réalité sur notre préhistoire. Dans le rôle principal, un hominidé. Parce que différent, il a été rejeté par sa tribu, harde de primitifs brutaux et frustes. À présent seul, il suit son petit bonhomme de chemin, endurant les saisons dans un univers hostile, violent et cruel. Au gré de plusieurs épisodes, on le suit dans son dangereux quotidien, succession de rencontres, d’expériences, de découvertes ou de luttes élémentaires pour la survie qui vont constituer son parcours initiatique vers l’éveil. Un éveil intellectuel, spirituel et culturel. L’émergence d’émotions, la naissance d’une conscience, des marches qui, sur l’escalier de l’évolution, le mèneront à l’étage supérieur…
La pseudo absence de dialogues (seulement des borborygmes ou onomatopées) conditionnant une lecture plutôt expéditive, cet album semble, au premier abord, manquer de souffle et laisse une certaine impression de vide. En fait, il est d’une incroyable richesse. Une relecture plus posée m’a laissé tout le temps d’en apprécier les détails, les expressions et les subtilités, mais également d’admirer sa beauté toute particulière.
En effet, si les couleurs finissent par charmer, en premier lieu elles (d)étonnent. D’abord par leur choix: des tonalités fortes et contrastées, posées en de grands aplats. Ensuite par leur utilisation à contre-courant: des personnages bleus ou marron, un ciel rouge, de l’herbe jaune, une façon un peu «impressionniste» de renforcer les ambiances et les ressentis (marginalité du héros, rudesse du milieu…). Enfin dans l’économie de moyens: des vignettes à trois, quatre variations au maximum, peut-être pour faire écho au manque de nuances, au côté primaire de cette époque.
J’aime beaucoup le ton légèrement décalé de l’ensemble. La cruauté constante, affichée ou sous-jacente, est contrebalancée par une «philosophie» suggérée et ironique assez savoureuse. Et puis, en dépit de son air mal dégrossi, le héros est vraiment très attachant. Souvent drôle (malgré lui) dans le tragique ou le pathétique des situations, émouvant dans ses irruptions d’humanité ou inquiétant dans ses accès de bestialité.
Je clos par une mention spéciale pour la sympathique mise en abîme. Le primate «racontant» ses aventures par l’intermédiaire d’une peinture rupestre et reprenant point par point l’album de M.Bonhomme. Ne serait-il pas là en train de composer la première BD de l’Histoire ?
À lire, relire et lire encore !
Voilà un thriller graphique qui m'a totalement convaincu. Derrière une histoire de détective à la recherche d'un tueur en série, ce qui m'a surtout plu, c'est l'approche psychologique des personnages. C'est drôlement bien senti et j'ai retrouvé certaines ambiances des meilleurs films du genre. Le personnage de Néro est attachant et humain. J'ai beaucoup aimé sa complexité et ses failles. Sa souffrance aussi, qui en fait un homme et pas un banal redresseur de tord à la volonté de fer et monolithique. On se sent proche de ce personnage parce qu'il est tout à fait banal. Comme les questions et les doutes qui l'agitent d'ailleurs. En découvrant chacun des 2 tomes, on arrive bien à s'identifier à cet homme pugnace mais tenaillé par ses démons intérieurs.
Côté graphisme, j'ai aussi accroché. Le style est réaliste et précis. Il sert parfaitement le propos et son découpage fluide et parfaitement mis en valeur par des couleurs en demi teintes, nous permet d'avancer dans l'histoire sans jamais perdre de vue l'intrigue de base.
Pour moi, c'est de la très bonne bd.
Cette série est géniale. Au début c'est drôle puis on bascule petit à petit dans le mystère de la vie passé du personnage principal. A ne surtout pas manquer !
Les graphiques sont géniaux et les personnages très attachants. Au début c'est un peu bête avec plein d'humour mais par la suite le suspense grandit et ça devient génial.
Un western vrai de vrai, voilà ce qu'est "l'esprit du vent", une nouvelle série possédant son compte de fusillades et de dépaysement.
Que les amateurs du genre se jettent sur ce premier récit pour saluer l'effort des éditions Mosquito de nous traduire cette bande dessinée italienne. Ils ne seront pas déçus : dans son pays, cette création est publiée par la maison d'édition du signore Sergio Bonelli, celui-là même qui publie les aventures de Tex Willer, le héros qui a fait le bonheur durant des décennies de lecteurs français dans les mensuels "Rodéo" et "Mustang".
Sachant que le scénariste, Frisenda, a participé à la longue saga de Tex Willer, cela promet un western classique en même temps qu'un travail sérieux et maîtrisé. C'est exactement cela, avec une touche de fantastique et un ton moderne, adulte, sans temps morts, qui multiplie avec intelligence les retournements de situations et les rebondissements.
Il faut dire que la galerie de personnages est soignée, le héros, Ned, est charismatique tout comme son second surnommé "Poe". Et les "mauvais" sont souvent si pervers que l'on a du mal à les identifier avec certitude ...
La construction narrative est vraiment parfaite, l'intrigue brillamment menée avec une lutte sur fond d'exploitation minière particulièrement intéressante et il manque peu de chose pour que cet album soit exemplaire. Le seul point noir, c'est la présentation du personnage principal, Ned, qui reste abstraite, certaines zones d'ombres interférant dans le récit avant de s'expliquer, mais qui au final parait inachevée même s'il est bien sûr nécessaire de conserver du mystère autour du héros.
Le dessin de Manfredi correspond à tout ce qu'il y a de meilleur dans une oeuvre noire et blanc, maîtrise des jeux d'ombres, solides composition du trait, mais ce qui est plus rare chez les publications de Sergio Bonelli : reconstitution soignée et chaque personnage particulièrement typé. Sans parler d'un excellent sens de l'action qui sert admirablement ce récit d'aventure.
Bref, du western et du meilleur, digne de séduire le plus grand nombre, y compris l'amateur le plus difficile. La suite sera publiée dès septembre, alors pour dix euros, n'hésitez pas à découvrir quatre-vingt seize pages d'action et d'aventure dans un univers fascinant.
Connaissant le scénariste grâce à l'excellente série Alim le tanneur, je partais avec un à priori positif. Je dois dire que dès le début j'ai été très emballé. J'ai presque eu les mêmes sensations de plaisir que lorsque j'ai découvert Le désespoir du singe d'Alfred.
Un ton à mi-chemin entre la poésie et la parodie. Drôle et sensible à la fois. Une rareté dans la bande dessinée. Le personnage, bien que modèle d'opportunisme est terriblement attachant. De plus le côté rêveur de Célestin Gobe la lune comparé à celui de son ami le révolutionnaire apporte une touche d'originalité supplémentaire au scénario.
Ah les histoires d'amour...Cette bd a vraiment le mérite de nous emporter dans une grande aventure romantique, légère et j'ose espérer que la suite apportera son lot de tendresse pour les lecteurs avides d'émotions fortes que nous sommes.
Un bémol toutefois pour le dessin qui se révèle assez inégal; certaines planches sont très réussies alors que d'autres sont trop approximatives. Mais l'ensemble est très bon et prouve qu'en matière de drague, nous, hommes du 21ème siècle, avons fort à faire par rapport à nos aïeuls.
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Voilà une très bonne BD historique dans la plus pure tradition classique. Elle permet de découvrir les Zeppelin et leurs premiers voyages transatlantiques à partir de 1936. J’avoue être fasciné par ces paquebots des airs et suis triste qu’il n’en existe plus de nos jours. C’est donc avec un réel intérêt que j’ai lu cet album qui m’a permis d’en découvrir l’intérieur, le fonctionnement, les problèmes rencontrés et la fierté et les soucis de leurs équipages. Et surtout les circonstances de l’incendie final du Hindenburg. Très intéressant et bien raconté. Le dessin est également tout à fait bon. Rien de vraiment exceptionnel dans cette BD ni graphiquement ni dans le scénario mais c’est un récit historique très intéressant et bien raconté.
Lova
Cette histoire est assurément la meilleure de Servais dont je viens de découvrir que tout récemment les oeuvres dans la prestigieuse collection "Aire Libre". On est tout de suite plongé dans le drame de cette famille qui a décidé de vivre en pleine forêt où des loups commencent à faire leur réapparition. C'est prenant. Le deuxième tome demeure un peu décevant car c'est du déjà vu au cinéma (notamment le film "Nell" avec Jodie Foster). Cependant, je dois dire que j'ai été surpris par les intentions du demi-frère. Encore ce thème récurrent chez Servais entre le bien et le mal... J'apprécie également le dessin, le trait des personnages même si celui-ci semble évoluer au fil de la lecture. On ne reconnaît pas toujours la mère d'une série de cases à l'autre. Quand on referme le second volume, il y a comme un parfum de nostalgie. J'ai aimé voilà tout et je conseille vivement la lecture. Note Dessin: 4.25/5 - Note Scénario: 3.75/5 - Note Globale: 4/5
Cellule Poison
J'ai été conquis d'emblée par la bichromie et par le scénario tout à fait noir, mais avec des personnages vite attachants. Les changements de couleur liés aux changements de contexte sont très intéressants Pour le 2ème tome, les choix de couleur en bichromie sont audacieux, mais je trouve le scénario un peu confus en première lecture. Tout de même on reste l'envie tout à fait positive de connaître la suite !
Vilebrequin
Bien qu'ayant la version mal imprimée, je dois dire que j'ai beaucoup aimé cette BD. Elle m'a plu par son style original, que ce soit le graphisme ou la narration. Le dessin, tout en rondeur et courbe, est très dynamique et rigolo. C'est sûr que sans le défaut d'impression (images un peu floues et surtout décalage des pages sensées être en vis-à-vis) le travail des auteurs serait encore plus impressionnant. L'histoire est très drôle. Elle raconte les exploits, les névroses, les techniques, la noblesse d'un roi de la cambriole. Je regrette juste quelques passages un peu moins intéressants mais ils ne sont pas nombreux. Il me tarde maintenant de pouvoir récupérer une version parfaitement imprimée pour avoir le plaisir de relire cette BD.
Petites éclipses
Note : 3.5/5 Petites éclipses est une histoire qui ne m'a pas transportée mais qui a tout de même fini par m'accrocher. L'histoire n'est pas banale et ne reflète pas tellement mes préoccupations et mes soucis de trentenaire. Il n'empêche que les auteurs ont eu le talent de rendre leurs personnages troublants, attachants et même sympathiques. Toutefois, je ne comprends toujours pas certaines situations qui me semblent tirées par les cheveux : Comment un type, père de deux enfants, peut-il inviter son ex-maîtresse alors que sa femme l'accompagne et qu'elle est au courant? Comment un autre type, amoureux de sa femme (qui est restée avec les mômes) , père de deux enfants, peut-il inviter à le rejoindre une minette de près de 20 ans de moins que lui, alors que la meilleure amie de sa femme est présente, elle aussi? Ces deux points suspects et bizarres ont dérangé la lecture au début, mais elles étaient prétextes à de belles engueulades et au final, je m'en suis accommodé. Question dessin : à mon goût, ils ont trop forcé sur l'ombrage. De temps à autre, ils nous ont gratifiés d'un simple crayonné que je trouvais succulent et qui aurait, à mon avis, bien plus contribué à la simplicité et à la sincérité du propos.
L'Âge de raison
Sept chapitres d’une œuvre qui nous ramène aux âges les plus reculés de l’humanité. Sept «tranches de vie» dans l’errance d’un primate abandonné par les siens. Sept étapes dans l’histoire de l’évolution de l’homme. Avec L’âge de raison, l’auteur nous offre à la fois une paléo fiction originale et un pseudo docu-réalité sur notre préhistoire. Dans le rôle principal, un hominidé. Parce que différent, il a été rejeté par sa tribu, harde de primitifs brutaux et frustes. À présent seul, il suit son petit bonhomme de chemin, endurant les saisons dans un univers hostile, violent et cruel. Au gré de plusieurs épisodes, on le suit dans son dangereux quotidien, succession de rencontres, d’expériences, de découvertes ou de luttes élémentaires pour la survie qui vont constituer son parcours initiatique vers l’éveil. Un éveil intellectuel, spirituel et culturel. L’émergence d’émotions, la naissance d’une conscience, des marches qui, sur l’escalier de l’évolution, le mèneront à l’étage supérieur… La pseudo absence de dialogues (seulement des borborygmes ou onomatopées) conditionnant une lecture plutôt expéditive, cet album semble, au premier abord, manquer de souffle et laisse une certaine impression de vide. En fait, il est d’une incroyable richesse. Une relecture plus posée m’a laissé tout le temps d’en apprécier les détails, les expressions et les subtilités, mais également d’admirer sa beauté toute particulière. En effet, si les couleurs finissent par charmer, en premier lieu elles (d)étonnent. D’abord par leur choix: des tonalités fortes et contrastées, posées en de grands aplats. Ensuite par leur utilisation à contre-courant: des personnages bleus ou marron, un ciel rouge, de l’herbe jaune, une façon un peu «impressionniste» de renforcer les ambiances et les ressentis (marginalité du héros, rudesse du milieu…). Enfin dans l’économie de moyens: des vignettes à trois, quatre variations au maximum, peut-être pour faire écho au manque de nuances, au côté primaire de cette époque. J’aime beaucoup le ton légèrement décalé de l’ensemble. La cruauté constante, affichée ou sous-jacente, est contrebalancée par une «philosophie» suggérée et ironique assez savoureuse. Et puis, en dépit de son air mal dégrossi, le héros est vraiment très attachant. Souvent drôle (malgré lui) dans le tragique ou le pathétique des situations, émouvant dans ses irruptions d’humanité ou inquiétant dans ses accès de bestialité. Je clos par une mention spéciale pour la sympathique mise en abîme. Le primate «racontant» ses aventures par l’intermédiaire d’une peinture rupestre et reprenant point par point l’album de M.Bonhomme. Ne serait-il pas là en train de composer la première BD de l’Histoire ? À lire, relire et lire encore !
Nero
Voilà un thriller graphique qui m'a totalement convaincu. Derrière une histoire de détective à la recherche d'un tueur en série, ce qui m'a surtout plu, c'est l'approche psychologique des personnages. C'est drôlement bien senti et j'ai retrouvé certaines ambiances des meilleurs films du genre. Le personnage de Néro est attachant et humain. J'ai beaucoup aimé sa complexité et ses failles. Sa souffrance aussi, qui en fait un homme et pas un banal redresseur de tord à la volonté de fer et monolithique. On se sent proche de ce personnage parce qu'il est tout à fait banal. Comme les questions et les doutes qui l'agitent d'ailleurs. En découvrant chacun des 2 tomes, on arrive bien à s'identifier à cet homme pugnace mais tenaillé par ses démons intérieurs. Côté graphisme, j'ai aussi accroché. Le style est réaliste et précis. Il sert parfaitement le propos et son découpage fluide et parfaitement mis en valeur par des couleurs en demi teintes, nous permet d'avancer dans l'histoire sans jamais perdre de vue l'intrigue de base. Pour moi, c'est de la très bonne bd.
Trigun
Cette série est géniale. Au début c'est drôle puis on bascule petit à petit dans le mystère de la vie passé du personnage principal. A ne surtout pas manquer ! Les graphiques sont géniaux et les personnages très attachants. Au début c'est un peu bête avec plein d'humour mais par la suite le suspense grandit et ça devient génial.
Esprit du vent
Un western vrai de vrai, voilà ce qu'est "l'esprit du vent", une nouvelle série possédant son compte de fusillades et de dépaysement. Que les amateurs du genre se jettent sur ce premier récit pour saluer l'effort des éditions Mosquito de nous traduire cette bande dessinée italienne. Ils ne seront pas déçus : dans son pays, cette création est publiée par la maison d'édition du signore Sergio Bonelli, celui-là même qui publie les aventures de Tex Willer, le héros qui a fait le bonheur durant des décennies de lecteurs français dans les mensuels "Rodéo" et "Mustang". Sachant que le scénariste, Frisenda, a participé à la longue saga de Tex Willer, cela promet un western classique en même temps qu'un travail sérieux et maîtrisé. C'est exactement cela, avec une touche de fantastique et un ton moderne, adulte, sans temps morts, qui multiplie avec intelligence les retournements de situations et les rebondissements. Il faut dire que la galerie de personnages est soignée, le héros, Ned, est charismatique tout comme son second surnommé "Poe". Et les "mauvais" sont souvent si pervers que l'on a du mal à les identifier avec certitude ... La construction narrative est vraiment parfaite, l'intrigue brillamment menée avec une lutte sur fond d'exploitation minière particulièrement intéressante et il manque peu de chose pour que cet album soit exemplaire. Le seul point noir, c'est la présentation du personnage principal, Ned, qui reste abstraite, certaines zones d'ombres interférant dans le récit avant de s'expliquer, mais qui au final parait inachevée même s'il est bien sûr nécessaire de conserver du mystère autour du héros. Le dessin de Manfredi correspond à tout ce qu'il y a de meilleur dans une oeuvre noire et blanc, maîtrise des jeux d'ombres, solides composition du trait, mais ce qui est plus rare chez les publications de Sergio Bonelli : reconstitution soignée et chaque personnage particulièrement typé. Sans parler d'un excellent sens de l'action qui sert admirablement ce récit d'aventure. Bref, du western et du meilleur, digne de séduire le plus grand nombre, y compris l'amateur le plus difficile. La suite sera publiée dès septembre, alors pour dix euros, n'hésitez pas à découvrir quatre-vingt seize pages d'action et d'aventure dans un univers fascinant.
Célestin Gobe-la-lune
Connaissant le scénariste grâce à l'excellente série Alim le tanneur, je partais avec un à priori positif. Je dois dire que dès le début j'ai été très emballé. J'ai presque eu les mêmes sensations de plaisir que lorsque j'ai découvert Le désespoir du singe d'Alfred. Un ton à mi-chemin entre la poésie et la parodie. Drôle et sensible à la fois. Une rareté dans la bande dessinée. Le personnage, bien que modèle d'opportunisme est terriblement attachant. De plus le côté rêveur de Célestin Gobe la lune comparé à celui de son ami le révolutionnaire apporte une touche d'originalité supplémentaire au scénario. Ah les histoires d'amour...Cette bd a vraiment le mérite de nous emporter dans une grande aventure romantique, légère et j'ose espérer que la suite apportera son lot de tendresse pour les lecteurs avides d'émotions fortes que nous sommes. Un bémol toutefois pour le dessin qui se révèle assez inégal; certaines planches sont très réussies alors que d'autres sont trop approximatives. Mais l'ensemble est très bon et prouve qu'en matière de drague, nous, hommes du 21ème siècle, avons fort à faire par rapport à nos aïeuls.