Je suis très client de ce genre de récit, alors inutile de dire que la combinaison entre le dessin de l'autrice que j'adore et ce genre d'histoire allait me plaire ! Même si je suis conscient de défauts, je trouve qu'elle se tient et qu'elle a une qualité : elle reste distrayante et légère.
En lisant la série, je lui ai reconnu des faux airs de L'Autre Monde, mais aussi des inspirations de bien des sources. Il y a un mélange des genres qui peut paraitre surprenant mais j'ai trouvé personnellement qu'il allait très bien, notamment parce que les inspirations de sources différentes se croisent plutôt bien. Après tout, science-fiction ou fantastique évoquent d'autres mondes.
C'est le genre d'histoire assez simple, même si plusieurs fois j'ai du relire attentivement ce qu'il s'était passé. Les débuts de tomes jouent parfois à faire des allers-retours dans le temps, mais le reste se lit globalement facilement. C'est linéaire dans le déroulé, inspiré des légendes irlandaises mais aussi de plusieurs théories autour d'autres mondes. Le seul écueil que j'y vois, c'est que Florence Magnin ne dessine pas de façon dynamique, ce qui tend à donner des scènes rigides lorsqu'il y a de l'action.
En dehors de ce bémol, j'ai trouvé dans ce récit ce que je venais chercher. Pour peu que vos attentes ne soient pas trop élevées, la BD ne devrait pas vous décevoir. C'est une lecture distrayante, amusante enrobant une histoire qui se permet d'aller dans plein de sens sans vraiment se perdre. Un genre que j'aime bien et que je note assez large.
J’ai vraiment bien aimé ce documentaire. Autant sur le fond que sur la forme d’ailleurs.
Le côté graphique est réussi, en mélangeant plusieurs techniques, du crayonné, du dessin « amélioré », de la photo retravaillée, de simples photographies. L’ensemble donne un résultat à la fois joli, agréable, et accompagne très bien le récit.
Les auteurs prennent le temps d’écouter les témoins/victimes (simples habitants, bergers, « responsables », etc.) des inondations dévastatrices qui ont eu lieu dans la vallée de la Roya il y a quatre ans. Pour comprendre (la fatalité n’a pas sa place) le phénomène, et constater les modifications que la nature impose à tous par la suite.
On sent que les auteurs (dont ça n’est pas le premier travail sur ce genre de projet autour de la « nature » et de son « aménagement » par les hommes) sont passionnés par le sujet et qu’ils mènent leur documentaire à hauteur d’hommes, loin des théories lointaines.
Si l’on sent bien leur fibre écolo, leur « engagement », dessin et texte insufflent de la poésie et font de ce récit autre chose qu’un reportage post-catastrophe. Les digressions sur l’évolution des paysages, sur les roches avec un guide de canyoning, celles autour de la réintroduction des loups avec un berger, donnent plus d’ampleur à leur travail, et augmentent encore l’intérêt de cette lecture, que j’ai vraiment bien aimée.
Emprunté au pifomètre, je rejoins le ressenti de Mac Arthur, une lecture qui m’a bien emballé.
Comme lui, je me suis laissé emporter par le récit. Tout d’abord, j’ai bien aimé la partie graphique, les visages des protagonistes ne me plaisent pas spécialement mais il y a un truc très agréable qui ressort de l’ensemble. Un trait qui sait à la fois se faire simple mais pas non plus avare en détails, des couleurs automnales bien réfléchies, des passages nocturnes où la technique change et qui arrive à créer autre chose.
Bref bien pensé et soigné.
Mais c’est l’histoire et la narration qui ont surtout retenu mon attention. Rien de bien sorcier ou de révolutionnaire mais je me suis laissé bercer par l’intrigue, jamais perdu dans les nombreux personnages, je suivais ce petit monde avec intérêt et puis arrive une fameuse scène qui m’a touché particulièrement. Même si le récit retombe sur ses pattes je ne m’attendais pas à cette petite noirceur bienvenue.
3,5 Au final, un chouette « petit » album et tous publics, il y a une certaine fraîcheur qui s’en dégage.
Par contre, whodunit oblige, je ne pense pas le relire spécialement un jour mais une 1ere lecture très intéressante.
De superbes dessins
Des BD qui datent de plusieurs décennies pour les premiers tomes
Une ambiance qui plonge le lecteur dans un dépaysement sympa
Des belles voitures d’époque
Des souvenirs de plein de régions de France de Suisse et autres
Je passe d’excellents moments de divertissement
Une lecture qui m'a transporté à une autre époque, celle du début du XIXe siècle.
L'adaptation d'un roman de Victor Hugo, pas le plus connu, mais pas le moins intéressant. Un roman dédié à l'île de Guernesey et à ses habitants.
Glénat a réalisé un superbe travail éditorial, une BD à grand format pour profiter des magnifiques planches de Michel Durand. Et que dire de cette couverture avec des marques en relief qui aimante l'œil. Mais voilà, tout cela se paye.
Un plaisir de lecture qui doit beaucoup aux textes proposés, on parle XIXe siècle, cela risque d'en refroidir certains, mais j'ai été conquis par ce phrasé d'un autre temps, nous sommes en 1829. Un temps où la parole d'homme valait tous les contrats.
La première partie de l'album nous présente les différents personnages. Gilliatt, le pêcheur de Guernesey, il n'est pas apprécié dans son village, il aurait le pouvoir de guérir les gens, d'être le fils du diable. Mess Lethierry, un homme âgé, le propriétaire de la Durande, un bateaux à vapeur (le progrès ne fait pas toujours l'unanimité). Déruchette, la Jeune et très jolie nièce de mess Lethierry, elle devra se marier à celui qui ramènera le moteur de la Durande après son naufrage. Ebenezer Caudray, jeune révérend anglican, récemment arrivé sur l'île. D'autres personnages auront aussi des rôles importants dans cette histoire teintée de mysticisme digne d'une tragédie antique.
Ensuite, place au récit en lui-même, un récit sur la dure vie des îliens (le travail n'est pas un vain mot) et le milieu marin, la Manche en est un élément central. On va suivre les destins inéluctables des ces hommes et de cette jeune femme où l'amour, la révolution technologique, la persévérance et le sacrifice les accompagneront.
Une histoire captivante, puissante et romanesque.
Un plaisir de lecture qui doit aussi beaucoup à la proposition graphique de Michel Durand. Un somptueux noir et blanc tout en hachures, aucun contour. Chaque dessin ressemble à une gravure.
Un dessin d'une grande finesse, très expressif et sachant retranscrire aussi bien la fureur des éléments que les émotions des personnages.
Une mise en page cinématographique et immersive, des pleines pages succèdent à des planches où les images sont agencées sans être cloisonnées dans des cases qui elles-mêmes font place à des pages plus traditionnelles.
MAGNIFIQUE !
"Il était arrivé en même temps aux rhumatismes et à l'aisance. Au moment où l'on devient riche, on est paralysé".
"On l'allait croire mort, et il était riche. On l'allait croire perdu et il était sauvé ".
Je termine cet avis en écoutant une chanson de circonstance : "Guernesey" de William Sheller.
Je n'avais pas participé, bien que l'ayant lu, à l'emballement médiatique autour de La Bombe, illustré par Denis Rodier.
Pourtant, là j'ai cédé à l'achat de "la 3è Kaméra", dans sa version noir & blanc, qui a retenu toute mon attention.
Nous avons ici un album qui retrace avec un certain réalisme, la situation de Berlin lors de sa chute en 1945. Tout y est, le trafic,le troc , les russes triomphateurs de la Chancellerie, les Américains à la recherche de nazis en fuite, les prémices du procès de Nuremberg, sur fond d'un désordre dans l'ex capitale du III Reich où russes, américains et allemands se disputent les décombres d'un Empire qui devait durer 1000 ans.
Avec cette histoire de recherche d'appareil photographique , les auteurs nous offrent une histoire où l'histoire avec un grand H rejoint l'intrigue développée dans cet album; d'ailleurs le dossier présent en fin de l'album, vient corroborer ces dires.
Le scénario est habile, et m'a fait parfois songer au film "Usual suspect", Les auteurs, en outre, jouent avec nos nerfs en mettant en scène de nombreux personnages, dont les destins vont parfois se rencontrer.
Cet album est un puzzle savamment illustré par Rodier, dans cette édition noir et blanc , qui rend encore plus crédible l'atmosphère d'un Berlin dévasté de 1945.
Entre reportage, fiction et Histoire, les auteurs nous entrainent dans un Berlin où insécurité et désordre , tel que l'on ressent dans le livre "Une femme à Berlin", règnent par exemple.
En tout cas, cet album mérite toute votre attention, tant sur le plan scénaristique que graphique.
3.5
Adaptation d'un livre que je n'avais pas lu et qui parle de sujets qui m'intéressent. J'ai mis un certain temps à lire cette série parce que j'avais peur de revivre l'expérience que j'ai eu avec ''Et l'homme créa les dieux'', un album avec tellement d'informations que j'ai dû arrêter ma lecture parce que j'avais l'impression que mon cerveau allait exploser.
Heureusement, ce n'est pas arrivé avec cette série. Les trois albums sont gros, denses et c'est clairement pas une série dont on peut lire un à la suite de l'autre durant une journée, mais cela reste une lecture facile d'accès pour le grand public. J'ai bien aimé ma lecture, même si certains passages m'ont semblé un peu trainer en longueur et au bout de 3 tomes il y a des concepts qui se répètent. L'humour présent pour détendre l'atmosphère marche bien, mais je peux comprendre que d'autres lecteurs trouvent cela un peu lourd. Le dessin est agréable à l'œil.
En gros, c'est à lire si on est fan d'histoire et de sociologie et si on a beaucoup temps de lecture devant soi.
J’ai beaucoup aimé, mais pas vraiment pour les raisons auxquelles j’aurais pu penser.
Le nom de Trondheim, le résumé et un rapide feuilletage m’avaient vendu une série d’humour qui m’aurait fait rire aux éclats (ou tout du moins un peu sourire) et…
Bah, ça a été le cas, mais pas tant que je l’aurais voulu.
Tous les gags ne m’ont pas fait rire. C’est malheureusement le défaut que l’on retrouve bien souvent dans ces recueils de gags en une page. Les séries bien faites arrivent tout de même à nous faire sourire lors des gags qui ne font pas mouches. Ici ce fut le cas, j’ai souris tout du long.
J’ai même plus souris que ris.
Certains gags étaient très drôles, hein, et j’ai facilement ris à plus de la moitié d’entre eux, mais j’ai surtout apprécier ma lecture car je me suis rapidement attachée aux personnages et que certaines de leurs interactions étaient étonnement très touchantes.
Voilà, c’est ça le truc : c’était drôle mais j’ai plus été attendrie qu’hilare.
Mais bonne surprise, hein, n’allons pas croire !
Ça m’a fait énormément plaisir !
J’ai sincèrement hâte de lire la suite des aventures de cette famille !
Comme série de gags à l’intention de la jeunesse (et lisible à tout âge), je l’ajoute illico à mes recommandations.
Un bon 4 étoiles (note réelle 3,5), ça me ferait mal de faire baisser sa note.
Storm de retour en Afrique, ou une fable sur la lutte pour l'indépendance et l'autonomie
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Il s'agit d'une histoire complète parue en 1999, écrite et illustrée par Barry Windsor Smith (en abrégé BWS).
Adastra (un compromis entre la déesse apparaissant dans Young Gods and Friends et Storm des X-Men) revient dans un village africain frappé par la famine. Elle y a déjà séjourné une fois, il y a plusieurs années et elle n'avait pu qu'assister impuissante au sacrifice d'un ancien (Mjnari) pour qu'un nouveau né puisse survivre sur les maigres quantités de nourriture disponibles. Malgré les progrès accomplis lors de sa précédente visite, elle retrouve le village dans une famine similaire. Ses habitants l'accueillent à bras ouvert, comme la déesse qu'elle est, en attendant d'elle un miracle. Elle constate que les villageois ont abandonné la coutume conduisant au sacrifice du plus vieux lors d'une nouvelle naissance pour garder le nombre d'habitants constant. La population a augmenté mais les gens meurent de malnutrition et de famine. Est-ce qu'un nouveau miracle sera suffisant pour redonner espoir à cette tribu ?
Pour bien comprendre cette histoire, il faut savoir qu'à l'origine son héroïne devait s'appeler Ororo Munroe, c'est-à-dire Storm des X-Men. Il devait s'agir de la troisième histoire intitulée Lifedeath, les deux premières correspondant aux épisodes 186 et 198 de la série Uncanny X-Men, respectivement parus en 1984 & 1985, coscénarisé par Chris Claremont. Pour cette proposition, Barry Windsor Smith avait travaillé tout seul, y compris pour le scénario. Quand il a été présenter son projet à l'éditeur responsable des comics des X-Men, ce dernier l'a refusé en jugeant les idées contenues incompatibles avec les valeurs des superhéros. Du coup BWS a repris ses planches, il les a retravaillées pour qu'elles puissent être publiées en noir & blanc. Enfin, il a changé le nom de l'héroïne pour Adastra, le personnage le plus piquant des Young Gods. Ces circonstances expliquent pourquoi Adastra fait référence à un précédent séjour dans ce village, alors qu'en fait il s'agissait de Storm. Cet historique permet aussi de comprendre que cette histoire est à aborder comme un conte (et non par à prendre de manière littérale) comme c'était déjà le cas pour Lifedeath II. Avec cette précaution en tête, le lecteur comprend que BWS n'adopte pas un ton condescendant vis-à-vis des populations indigènes d'Afrique noire.
Après ces éclaircissements, il est possible de commencer à apprécier l'histoire. BWS reprend donc le point de départ du village africain dont les habitants survivent tout juste. L'homme blanc est passé par là et il a laissé des tas de machines agricoles qui ne fonctionnent plus faute de carburant, et de pièces détachées pour l'entretien. Les habitants souffrent à la fois de malnutrition aggravée, de perte de repères culturels suite au décès de leur doyen, et de perte d'espoir du fait du caractère précaire de la vie et du caractère arbitraire de la mort. À nouveau la déesse est de retour et elle va pouvoir faire un miracle pour sauver le village, ou tout du moins pour pouvoir subvenir à ses besoins de nourriture. Mais, pour le coup, la question la plus pressante est celle de l'avenir. Est-il possible de pérenniser les effets du miracle ? Est-il possible de croire en cette déesse et de reprendre le dessus sur la fatalité ?
Adastra commence par se retrouver face à la mort injuste de ceux qui n'ont pas assez à manger. Comment a-t-elle pu rester si longtemps si loin de village ? N'a-t-elle par une part de responsabilité dans toutes ces morts. Et si elle accomplit un miracle, les indigènes sauront-ils retrouver la voie de l'autonomie ? Accepteront-ils ce nouveau cadeau venu des dieux ? BWS se sert donc du récit pour porter un regard curieux sur l'effet de la foi et sur les valeurs des autochtones.
Malheureusement ces débats philosophiques souffrent un peu de la transposition de l'histoire de l'univers des X-Men vers celui des Young Gods. Autant il est facile d'imaginer Storm dans ce rôle de femme un peu encline à un sentiment de supériorité, en train de materner ces individus ; autant Adastra aurait une attitude plus rentre dedans, moins fleur bleue, moins illusionnée. Or tout ce conte repose sur les échanges verbaux entre Adastra/Storm et les indigènes. Et BWS perd parfois la voix de son héroïne entre ses deux facettes. Du coup certains dialogues tombent dans l'artificiel et le guindé avec un effet pesant. Cette dichotomie est abordée par BWS dans la postface qui est présentée sous forme d'une interview entre Adastra et un journaliste, comme si elle avait joué le rôle de Storm pour à l'occasion de cette histoire. Il y a même des scènes coupées au montage, comme si Adastra n'avait pas su interpréter le personnage tout du long;
À l'évidence aussi, la transposition d'un projet en couleurs, à un projet en noir & blanc a occasionné quelques difficultés à BWS. Certaines cases sont vraiment chargées en nombre d'éléments, et donc de traits. Le lecteur sent bien que dans ces occasions, les couleurs auraient permis de rendre lisible ce qui fait parfois un peu fouillis surchargé. Il n'y a pas de hiérarchisation dans les différentes formes ce qui oblige le lecteur à effectuer un déchiffrage plus attentionné. Pour le reste; BWS a vraiment passé beaucoup de temps pour des illustrations très travaillées. Le lecteur retrouve avec plaisir la science du langage corporel au service des personnages. BWS se sert de la végétation comme d'un élément de décor qui sert à rehausser les sentiments de personnages et leur trouble intérieur. Comme à son accoutumé, il prête attention à des éléments qui passent pour superflu auprès des autres dessinateurs, mais qui confèrent une épaisseur et une identité spécifique à ce récit. Il y a la place de la musique tribale, les parures et les bijoux de fête, le rendu de la pluie, la présence des crânes des défunts, etc.
Adastra in Africa souffre à plusieurs reprises de sa transposition d'une histoire en couleurs mettant en scène Storm des X-Men, à une histoire en noir & blanc avec une héroïne au caractère bien différent. Malgré l'implication et l'application évidentes de BWS, le récit peine à prendre son plein essor. Il n'en reste pas moins une fable étrange sur des questions existentielles complexes mettant aussi bien en jeu l'individu, que la société au sein de laquelle il évolue, un questionnement sur l'ordre établi et l'ordre naturel des choses.
Un excellent polar.
C'est le deuxième comics de Pornsak Pichetshote que je lis après Infidel. Et ils ont un point commun, celui de mettre au centre de l'intrigue des discriminations. Ici, le racisme envers les asiatiques, ils n'ont pas la vie facile, en particulier ceux venant de Chine avec la loi d'exclusion des chinois adoptée par le Congrès en 1882, elle devait stopper cette immigration. En effet, Ils étaient perçus comme faisant baisser les salaires des travailleurs. Un sujet qui tient à cœur à Pornsak, étant lui-même d'origine thaïlandaise.
Un sujet qui sera le fil conducteur de ce polar dense, complexe, violent et à l'intrigue intelligemment construite, elle se situe en 1936 dans le chinatown de San Francisco. Une lecture qui se mérite, les personnages sont nombreux et il faut rester concentré pour ne pas perdre le fil de l'histoire. Mais un récit passionnant qui prend le temps de se développer avec les nombreux retours dans le passé des protagonistes, sans nous en laisser deviner le dénouement final.
Des personnages très bien travaillés, ils sont incontestablement un des points forts de cet ouvrage.
Je découvre Alexandre Tefenkgi, un dessinateur français expatrié aux États-Unis après quelques publications chez Bamboo dans la collection Grand Angle.
J'ai aimé sa composition graphique dans un style vintage, elle retranscrit merveilleusement cette période historique. Le stratagème des petits quadrilatères rouges qui apparaissent ci et là au milieu des vignettes fonctionne à merveille, il a guidé mon regard pour ne louper aucun détail.
Une ambiance réussie qui doit beaucoup aux somptueuses couleurs de Lee Loughridge, elles seront dans des tons distincts pour différencier les époques, ce qui permet de ne pas se perdre pendant la lecture.
Du très bon boulot.
Je serai du voyage si une suite voyait le jour.
Coup de cœur
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L'Héritage d'Emilie
Je suis très client de ce genre de récit, alors inutile de dire que la combinaison entre le dessin de l'autrice que j'adore et ce genre d'histoire allait me plaire ! Même si je suis conscient de défauts, je trouve qu'elle se tient et qu'elle a une qualité : elle reste distrayante et légère. En lisant la série, je lui ai reconnu des faux airs de L'Autre Monde, mais aussi des inspirations de bien des sources. Il y a un mélange des genres qui peut paraitre surprenant mais j'ai trouvé personnellement qu'il allait très bien, notamment parce que les inspirations de sources différentes se croisent plutôt bien. Après tout, science-fiction ou fantastique évoquent d'autres mondes. C'est le genre d'histoire assez simple, même si plusieurs fois j'ai du relire attentivement ce qu'il s'était passé. Les débuts de tomes jouent parfois à faire des allers-retours dans le temps, mais le reste se lit globalement facilement. C'est linéaire dans le déroulé, inspiré des légendes irlandaises mais aussi de plusieurs théories autour d'autres mondes. Le seul écueil que j'y vois, c'est que Florence Magnin ne dessine pas de façon dynamique, ce qui tend à donner des scènes rigides lorsqu'il y a de l'action. En dehors de ce bémol, j'ai trouvé dans ce récit ce que je venais chercher. Pour peu que vos attentes ne soient pas trop élevées, la BD ne devrait pas vous décevoir. C'est une lecture distrayante, amusante enrobant une histoire qui se permet d'aller dans plein de sens sans vraiment se perdre. Un genre que j'aime bien et que je note assez large.
Le Bruit de l'eau - Discussions dans la vallée de la Roya
J’ai vraiment bien aimé ce documentaire. Autant sur le fond que sur la forme d’ailleurs. Le côté graphique est réussi, en mélangeant plusieurs techniques, du crayonné, du dessin « amélioré », de la photo retravaillée, de simples photographies. L’ensemble donne un résultat à la fois joli, agréable, et accompagne très bien le récit. Les auteurs prennent le temps d’écouter les témoins/victimes (simples habitants, bergers, « responsables », etc.) des inondations dévastatrices qui ont eu lieu dans la vallée de la Roya il y a quatre ans. Pour comprendre (la fatalité n’a pas sa place) le phénomène, et constater les modifications que la nature impose à tous par la suite. On sent que les auteurs (dont ça n’est pas le premier travail sur ce genre de projet autour de la « nature » et de son « aménagement » par les hommes) sont passionnés par le sujet et qu’ils mènent leur documentaire à hauteur d’hommes, loin des théories lointaines. Si l’on sent bien leur fibre écolo, leur « engagement », dessin et texte insufflent de la poésie et font de ce récit autre chose qu’un reportage post-catastrophe. Les digressions sur l’évolution des paysages, sur les roches avec un guide de canyoning, celles autour de la réintroduction des loups avec un berger, donnent plus d’ampleur à leur travail, et augmentent encore l’intérêt de cette lecture, que j’ai vraiment bien aimée.
Sombres citrouilles
Emprunté au pifomètre, je rejoins le ressenti de Mac Arthur, une lecture qui m’a bien emballé. Comme lui, je me suis laissé emporter par le récit. Tout d’abord, j’ai bien aimé la partie graphique, les visages des protagonistes ne me plaisent pas spécialement mais il y a un truc très agréable qui ressort de l’ensemble. Un trait qui sait à la fois se faire simple mais pas non plus avare en détails, des couleurs automnales bien réfléchies, des passages nocturnes où la technique change et qui arrive à créer autre chose. Bref bien pensé et soigné. Mais c’est l’histoire et la narration qui ont surtout retenu mon attention. Rien de bien sorcier ou de révolutionnaire mais je me suis laissé bercer par l’intrigue, jamais perdu dans les nombreux personnages, je suivais ce petit monde avec intérêt et puis arrive une fameuse scène qui m’a touché particulièrement. Même si le récit retombe sur ses pattes je ne m’attendais pas à cette petite noirceur bienvenue. 3,5 Au final, un chouette « petit » album et tous publics, il y a une certaine fraîcheur qui s’en dégage. Par contre, whodunit oblige, je ne pense pas le relire spécialement un jour mais une 1ere lecture très intéressante.
Lefranc
De superbes dessins Des BD qui datent de plusieurs décennies pour les premiers tomes Une ambiance qui plonge le lecteur dans un dépaysement sympa Des belles voitures d’époque Des souvenirs de plein de régions de France de Suisse et autres Je passe d’excellents moments de divertissement
Les Travailleurs de la mer
Une lecture qui m'a transporté à une autre époque, celle du début du XIXe siècle. L'adaptation d'un roman de Victor Hugo, pas le plus connu, mais pas le moins intéressant. Un roman dédié à l'île de Guernesey et à ses habitants. Glénat a réalisé un superbe travail éditorial, une BD à grand format pour profiter des magnifiques planches de Michel Durand. Et que dire de cette couverture avec des marques en relief qui aimante l'œil. Mais voilà, tout cela se paye. Un plaisir de lecture qui doit beaucoup aux textes proposés, on parle XIXe siècle, cela risque d'en refroidir certains, mais j'ai été conquis par ce phrasé d'un autre temps, nous sommes en 1829. Un temps où la parole d'homme valait tous les contrats. La première partie de l'album nous présente les différents personnages. Gilliatt, le pêcheur de Guernesey, il n'est pas apprécié dans son village, il aurait le pouvoir de guérir les gens, d'être le fils du diable. Mess Lethierry, un homme âgé, le propriétaire de la Durande, un bateaux à vapeur (le progrès ne fait pas toujours l'unanimité). Déruchette, la Jeune et très jolie nièce de mess Lethierry, elle devra se marier à celui qui ramènera le moteur de la Durande après son naufrage. Ebenezer Caudray, jeune révérend anglican, récemment arrivé sur l'île. D'autres personnages auront aussi des rôles importants dans cette histoire teintée de mysticisme digne d'une tragédie antique. Ensuite, place au récit en lui-même, un récit sur la dure vie des îliens (le travail n'est pas un vain mot) et le milieu marin, la Manche en est un élément central. On va suivre les destins inéluctables des ces hommes et de cette jeune femme où l'amour, la révolution technologique, la persévérance et le sacrifice les accompagneront. Une histoire captivante, puissante et romanesque. Un plaisir de lecture qui doit aussi beaucoup à la proposition graphique de Michel Durand. Un somptueux noir et blanc tout en hachures, aucun contour. Chaque dessin ressemble à une gravure. Un dessin d'une grande finesse, très expressif et sachant retranscrire aussi bien la fureur des éléments que les émotions des personnages. Une mise en page cinématographique et immersive, des pleines pages succèdent à des planches où les images sont agencées sans être cloisonnées dans des cases qui elles-mêmes font place à des pages plus traditionnelles. MAGNIFIQUE ! "Il était arrivé en même temps aux rhumatismes et à l'aisance. Au moment où l'on devient riche, on est paralysé". "On l'allait croire mort, et il était riche. On l'allait croire perdu et il était sauvé ". Je termine cet avis en écoutant une chanson de circonstance : "Guernesey" de William Sheller.
La 3e Kamera
Je n'avais pas participé, bien que l'ayant lu, à l'emballement médiatique autour de La Bombe, illustré par Denis Rodier. Pourtant, là j'ai cédé à l'achat de "la 3è Kaméra", dans sa version noir & blanc, qui a retenu toute mon attention. Nous avons ici un album qui retrace avec un certain réalisme, la situation de Berlin lors de sa chute en 1945. Tout y est, le trafic,le troc , les russes triomphateurs de la Chancellerie, les Américains à la recherche de nazis en fuite, les prémices du procès de Nuremberg, sur fond d'un désordre dans l'ex capitale du III Reich où russes, américains et allemands se disputent les décombres d'un Empire qui devait durer 1000 ans. Avec cette histoire de recherche d'appareil photographique , les auteurs nous offrent une histoire où l'histoire avec un grand H rejoint l'intrigue développée dans cet album; d'ailleurs le dossier présent en fin de l'album, vient corroborer ces dires. Le scénario est habile, et m'a fait parfois songer au film "Usual suspect", Les auteurs, en outre, jouent avec nos nerfs en mettant en scène de nombreux personnages, dont les destins vont parfois se rencontrer. Cet album est un puzzle savamment illustré par Rodier, dans cette édition noir et blanc , qui rend encore plus crédible l'atmosphère d'un Berlin dévasté de 1945. Entre reportage, fiction et Histoire, les auteurs nous entrainent dans un Berlin où insécurité et désordre , tel que l'on ressent dans le livre "Une femme à Berlin", règnent par exemple. En tout cas, cet album mérite toute votre attention, tant sur le plan scénaristique que graphique.
Sapiens (Albin Michel)
3.5 Adaptation d'un livre que je n'avais pas lu et qui parle de sujets qui m'intéressent. J'ai mis un certain temps à lire cette série parce que j'avais peur de revivre l'expérience que j'ai eu avec ''Et l'homme créa les dieux'', un album avec tellement d'informations que j'ai dû arrêter ma lecture parce que j'avais l'impression que mon cerveau allait exploser. Heureusement, ce n'est pas arrivé avec cette série. Les trois albums sont gros, denses et c'est clairement pas une série dont on peut lire un à la suite de l'autre durant une journée, mais cela reste une lecture facile d'accès pour le grand public. J'ai bien aimé ma lecture, même si certains passages m'ont semblé un peu trainer en longueur et au bout de 3 tomes il y a des concepts qui se répètent. L'humour présent pour détendre l'atmosphère marche bien, mais je peux comprendre que d'autres lecteurs trouvent cela un peu lourd. Le dessin est agréable à l'œil. En gros, c'est à lire si on est fan d'histoire et de sociologie et si on a beaucoup temps de lecture devant soi.
Mamma mia !
J’ai beaucoup aimé, mais pas vraiment pour les raisons auxquelles j’aurais pu penser. Le nom de Trondheim, le résumé et un rapide feuilletage m’avaient vendu une série d’humour qui m’aurait fait rire aux éclats (ou tout du moins un peu sourire) et… Bah, ça a été le cas, mais pas tant que je l’aurais voulu. Tous les gags ne m’ont pas fait rire. C’est malheureusement le défaut que l’on retrouve bien souvent dans ces recueils de gags en une page. Les séries bien faites arrivent tout de même à nous faire sourire lors des gags qui ne font pas mouches. Ici ce fut le cas, j’ai souris tout du long. J’ai même plus souris que ris. Certains gags étaient très drôles, hein, et j’ai facilement ris à plus de la moitié d’entre eux, mais j’ai surtout apprécier ma lecture car je me suis rapidement attachée aux personnages et que certaines de leurs interactions étaient étonnement très touchantes. Voilà, c’est ça le truc : c’était drôle mais j’ai plus été attendrie qu’hilare. Mais bonne surprise, hein, n’allons pas croire ! Ça m’a fait énormément plaisir ! J’ai sincèrement hâte de lire la suite des aventures de cette famille ! Comme série de gags à l’intention de la jeunesse (et lisible à tout âge), je l’ajoute illico à mes recommandations. Un bon 4 étoiles (note réelle 3,5), ça me ferait mal de faire baisser sa note.
Adastra in Africa
Storm de retour en Afrique, ou une fable sur la lutte pour l'indépendance et l'autonomie - Il s'agit d'une histoire complète parue en 1999, écrite et illustrée par Barry Windsor Smith (en abrégé BWS). Adastra (un compromis entre la déesse apparaissant dans Young Gods and Friends et Storm des X-Men) revient dans un village africain frappé par la famine. Elle y a déjà séjourné une fois, il y a plusieurs années et elle n'avait pu qu'assister impuissante au sacrifice d'un ancien (Mjnari) pour qu'un nouveau né puisse survivre sur les maigres quantités de nourriture disponibles. Malgré les progrès accomplis lors de sa précédente visite, elle retrouve le village dans une famine similaire. Ses habitants l'accueillent à bras ouvert, comme la déesse qu'elle est, en attendant d'elle un miracle. Elle constate que les villageois ont abandonné la coutume conduisant au sacrifice du plus vieux lors d'une nouvelle naissance pour garder le nombre d'habitants constant. La population a augmenté mais les gens meurent de malnutrition et de famine. Est-ce qu'un nouveau miracle sera suffisant pour redonner espoir à cette tribu ? Pour bien comprendre cette histoire, il faut savoir qu'à l'origine son héroïne devait s'appeler Ororo Munroe, c'est-à-dire Storm des X-Men. Il devait s'agir de la troisième histoire intitulée Lifedeath, les deux premières correspondant aux épisodes 186 et 198 de la série Uncanny X-Men, respectivement parus en 1984 & 1985, coscénarisé par Chris Claremont. Pour cette proposition, Barry Windsor Smith avait travaillé tout seul, y compris pour le scénario. Quand il a été présenter son projet à l'éditeur responsable des comics des X-Men, ce dernier l'a refusé en jugeant les idées contenues incompatibles avec les valeurs des superhéros. Du coup BWS a repris ses planches, il les a retravaillées pour qu'elles puissent être publiées en noir & blanc. Enfin, il a changé le nom de l'héroïne pour Adastra, le personnage le plus piquant des Young Gods. Ces circonstances expliquent pourquoi Adastra fait référence à un précédent séjour dans ce village, alors qu'en fait il s'agissait de Storm. Cet historique permet aussi de comprendre que cette histoire est à aborder comme un conte (et non par à prendre de manière littérale) comme c'était déjà le cas pour Lifedeath II. Avec cette précaution en tête, le lecteur comprend que BWS n'adopte pas un ton condescendant vis-à-vis des populations indigènes d'Afrique noire. Après ces éclaircissements, il est possible de commencer à apprécier l'histoire. BWS reprend donc le point de départ du village africain dont les habitants survivent tout juste. L'homme blanc est passé par là et il a laissé des tas de machines agricoles qui ne fonctionnent plus faute de carburant, et de pièces détachées pour l'entretien. Les habitants souffrent à la fois de malnutrition aggravée, de perte de repères culturels suite au décès de leur doyen, et de perte d'espoir du fait du caractère précaire de la vie et du caractère arbitraire de la mort. À nouveau la déesse est de retour et elle va pouvoir faire un miracle pour sauver le village, ou tout du moins pour pouvoir subvenir à ses besoins de nourriture. Mais, pour le coup, la question la plus pressante est celle de l'avenir. Est-il possible de pérenniser les effets du miracle ? Est-il possible de croire en cette déesse et de reprendre le dessus sur la fatalité ? Adastra commence par se retrouver face à la mort injuste de ceux qui n'ont pas assez à manger. Comment a-t-elle pu rester si longtemps si loin de village ? N'a-t-elle par une part de responsabilité dans toutes ces morts. Et si elle accomplit un miracle, les indigènes sauront-ils retrouver la voie de l'autonomie ? Accepteront-ils ce nouveau cadeau venu des dieux ? BWS se sert donc du récit pour porter un regard curieux sur l'effet de la foi et sur les valeurs des autochtones. Malheureusement ces débats philosophiques souffrent un peu de la transposition de l'histoire de l'univers des X-Men vers celui des Young Gods. Autant il est facile d'imaginer Storm dans ce rôle de femme un peu encline à un sentiment de supériorité, en train de materner ces individus ; autant Adastra aurait une attitude plus rentre dedans, moins fleur bleue, moins illusionnée. Or tout ce conte repose sur les échanges verbaux entre Adastra/Storm et les indigènes. Et BWS perd parfois la voix de son héroïne entre ses deux facettes. Du coup certains dialogues tombent dans l'artificiel et le guindé avec un effet pesant. Cette dichotomie est abordée par BWS dans la postface qui est présentée sous forme d'une interview entre Adastra et un journaliste, comme si elle avait joué le rôle de Storm pour à l'occasion de cette histoire. Il y a même des scènes coupées au montage, comme si Adastra n'avait pas su interpréter le personnage tout du long; À l'évidence aussi, la transposition d'un projet en couleurs, à un projet en noir & blanc a occasionné quelques difficultés à BWS. Certaines cases sont vraiment chargées en nombre d'éléments, et donc de traits. Le lecteur sent bien que dans ces occasions, les couleurs auraient permis de rendre lisible ce qui fait parfois un peu fouillis surchargé. Il n'y a pas de hiérarchisation dans les différentes formes ce qui oblige le lecteur à effectuer un déchiffrage plus attentionné. Pour le reste; BWS a vraiment passé beaucoup de temps pour des illustrations très travaillées. Le lecteur retrouve avec plaisir la science du langage corporel au service des personnages. BWS se sert de la végétation comme d'un élément de décor qui sert à rehausser les sentiments de personnages et leur trouble intérieur. Comme à son accoutumé, il prête attention à des éléments qui passent pour superflu auprès des autres dessinateurs, mais qui confèrent une épaisseur et une identité spécifique à ce récit. Il y a la place de la musique tribale, les parures et les bijoux de fête, le rendu de la pluie, la présence des crânes des défunts, etc. Adastra in Africa souffre à plusieurs reprises de sa transposition d'une histoire en couleurs mettant en scène Storm des X-Men, à une histoire en noir & blanc avec une héroïne au caractère bien différent. Malgré l'implication et l'application évidentes de BWS, le récit peine à prendre son plein essor. Il n'en reste pas moins une fable étrange sur des questions existentielles complexes mettant aussi bien en jeu l'individu, que la société au sein de laquelle il évolue, un questionnement sur l'ordre établi et l'ordre naturel des choses.
The Good Asian
Un excellent polar. C'est le deuxième comics de Pornsak Pichetshote que je lis après Infidel. Et ils ont un point commun, celui de mettre au centre de l'intrigue des discriminations. Ici, le racisme envers les asiatiques, ils n'ont pas la vie facile, en particulier ceux venant de Chine avec la loi d'exclusion des chinois adoptée par le Congrès en 1882, elle devait stopper cette immigration. En effet, Ils étaient perçus comme faisant baisser les salaires des travailleurs. Un sujet qui tient à cœur à Pornsak, étant lui-même d'origine thaïlandaise. Un sujet qui sera le fil conducteur de ce polar dense, complexe, violent et à l'intrigue intelligemment construite, elle se situe en 1936 dans le chinatown de San Francisco. Une lecture qui se mérite, les personnages sont nombreux et il faut rester concentré pour ne pas perdre le fil de l'histoire. Mais un récit passionnant qui prend le temps de se développer avec les nombreux retours dans le passé des protagonistes, sans nous en laisser deviner le dénouement final. Des personnages très bien travaillés, ils sont incontestablement un des points forts de cet ouvrage. Je découvre Alexandre Tefenkgi, un dessinateur français expatrié aux États-Unis après quelques publications chez Bamboo dans la collection Grand Angle. J'ai aimé sa composition graphique dans un style vintage, elle retranscrit merveilleusement cette période historique. Le stratagème des petits quadrilatères rouges qui apparaissent ci et là au milieu des vignettes fonctionne à merveille, il a guidé mon regard pour ne louper aucun détail. Une ambiance réussie qui doit beaucoup aux somptueuses couleurs de Lee Loughridge, elles seront dans des tons distincts pour différencier les époques, ce qui permet de ne pas se perdre pendant la lecture. Du très bon boulot. Je serai du voyage si une suite voyait le jour. Coup de cœur