Alors je serais moins positif.
Le premier tome est assez distrayant, on suit un couple qui est invité sur un Yacht et se retrouve confronté à une situation improbable : les autres invités sont des chefs de cartels, qui meurent tués par un papillon (!), puis par une explosion coulant le yacht... Laissant une innocente emprisonnée dans l'épave que nos deux tourtereaux vont aller sauver... Je m'arrête là. C'est assez concon, mais cela fait le job.
Après les dessins sont assez moches de mon point de vue, et on ne sait quasi-rien de nos deux héros.
Le second tome reprend toutes les scories du premier (dessins moches, absence toujours totale d'info sur les deux personnages), en les aggravant : en plus du côté grand-guignol, on a limite un aspect un peu... scato : un des éléments clés de l'intrigue est une... gastro. Je rigole pas. On va donc passer pas mal de temps à voir des personnages vomir et autres joyeusetés. Le tout avec des composants pour le coup illogiques/ mal étayés (le premier tome était foutraque, mais il était cohérent) et des ellipses énormes (cette fois-ci il n'y a pas que les héros qui sont dépourvus d'infos, il y a des trous et absences d'explications assez garantuesques).
Bref, si il y a un troisième tome, je suis pas sûr de le lire.
Cela faisait très longtemps que j'avais lu du Leiji Matsumoto (il faut dire qu'il n’y a pas grand chose de lui disponible en français) et je pense que je vais continuer à ignorer son œuvre parce que je n'accroche pas du tout.
C'est dommage parce que c'est un mangaka important qui a marqué son époque et j'aime bien son dessin qui a un certain charme rétro et qui dégage une atmosphère que j'aime mais voilà les scénarios sont catastrophiques. Je me disais que ça serait intéressant de voir l'auteur faire autre chose que de la science-fiction pour une fois et ça a aussi mal vieilli qu'Albator. Ce sont des histoires épisodiques qui sont vite répétitives. On retrouve les éléments récurrents de ce type de publications pour jeunes hommes avec de la violence et de la nudité gratuite pour que le public se rince l'œil. Il y aussi le coté délirant qu'on retrouvait dans les mangas des années 70 qui a vraiment mal vieilli, c'est plus lourd qu'autre chose.
Il faut savoir aussi que contrairement à aujourd'hui où un mangaka a seulement une série ou à la limite deux en même temps, des mangakas connus comme Matsumoto pouvaient en avoir plein à la fois (parfois même avoir des séries dans plusieurs magazines hebdomadaires !) ce qui explique que souvent le scénario était improvisé parce qu'il fallait respecter les délais de livraison et je sens que cela se voit dans une œuvre comme Gun Frontier dont le principal intérêt de nos jours est de voir à quoi pouvait ressembler un manga pour adulte au début des années 70.
Mouais. Je suis sorti avec un avis très mitigé de cette lecture, pas vraiment désagréable, mais qui force quand même le lecteur à avaler quelques couleuvres.
Le récit est dynamique, c’est rythmé, on ne s’ennuie pas. Autre point intéressant, les quelques présentations d’ancêtres d’animaux préhistoriques. Le point le plus intéressant dans cet album est surtout la mise en avant – très contemporaine hélas ! – de l’intolérance face à ce qui est considéré comme une menace invasive, le rôle des « réseaux sociaux » dans l’exacerbation des tensions et la mise en avant des idées les plus primaires.
Si le roman ici adapté (que je ne connais pas) a été publié avant le covid, cet album, écrit lui après a sans doute joué davantage sur ce que nous avons connu ces dernières années. Mais après tout il peut aussi y avoir des résonances avec d’autres « virus » : voir le rejet des premiers malades du SIDA – et des homosexuels en particulier dans les années 1980…
Mais cela dit, plusieurs choses m’ont dérangé dans cette histoire, par leur manque de crédibilité, ou du fait d’incohérences.
Le virus – transmis par un animal et échappé d’un laboratoire, comme on l’a supposé de celui du covid – entraine ici une régression génétique et se transmet d’espèces à espèces (hommes y compris). L’animal ou l’homme contaminé « mute » quasiment instantanément. Bizarrement, certaines espèces animales régressent sur des centaines de milliers, voire des millions d’années, tandis que pour l’homme c’est beaucoup moins (l’homme contaminé devient un Homo Erectus). Pourquoi cette différence ? Pourquoi la régression s’arrête-t-elle à une époque précise ? Mais surtout, on est très loin ici des travaux de gens comme Evelyne Heyer, et j’ai eu du mal à accepter cette mutation génétique instantanée, et non sur des milliers d’années sur plusieurs générations…
Autre problème, les animaux sont rapidement « oubliés », pour se concentrer sur les Erectus. Mais du coup la solution trouvée (je ne spoile pas) laisse totalement de côté les animaux qui, par milliards sur la Terre pourraient constituer une menace pérenne (on nous parle d’éliminer les rats, mais après le sujet est effacé).
Les atermoiements et changements d’information sur la stérilité ou non des « infectés » ayant muté manque de cohérence (en ce sens je n’ai pas saisi la chute – ouverte, mais qui contredit une partie du déroulement de l’intrigue).
L’attaque du musée de l’homme, puis son abandon est improbable (pourquoi s’arrêter sans avoir atteint l’objectif ?). comme sont improbables les faibles précautions prises par les scientifiques, voire les soldats de garde face aux éventuelles morsures contaminantes des Erectus ou autres animaux (j’ai un temps pensé à l’album « Le Schtroumpf noir » !)
Enfin, Anna Meunier, la scientifique héroïne est vraiment too much dans ce rôle, placée au centre de tout ce qui se passe sur la planète, bombasse jamais décoiffée, devenant aventurière intrépide déjouant les forces spéciales, arrivant miraculeusement à se faire comprendre des erectus (d’ailleurs l’un d’entre eux s’adapte lui aussi très bien, puisqu’il utilise un Talkie-Walkie pour tendre un piège à un militaire !). Les élans amoureux d’Anna Meunier sont aussi parfois risibles.
Le dessin est classique – il fait un peu plus que son âge – et fluide. Par contre sur certaines pages, le grand nombre de cases fait un peu regretter un format intermédiaire : du 240 x320 mm aurait sans doute été plus adapté (du coup le format aussi fait années 1980/1990…).
Bref, de l’aventure jouant sur des questionnements contemporains, mais qui le fait parfois de façon trop facile ou lourdingue. Ça se laisse lire, mais j’en suis sorti déçu.
Note réelle 2,5/5.
Pierre Christin était à l'aise dans les utopies, les récits d'anticipation qui sont simplement dérivés des tendances actuelles. Au milieu des années 1970 il a livré dans le journal Pilote des dizaines de récits de ce genre. Cette fois-ci, avec l'aide de Patrick Lesueur, il a écrit cinq récits (qu'il signait Linus à l'époque) qui dépeignent un futur sans aucune végétation, ou presque, où les milliardaires ont étouffé toute culture, où les dirigeants sont déchus de leurs états... Un futur noir, mais raconté avec humour et cynisme. Il y a peu de personnages "fil rouge" dans ces récits, ce sont plutôt des tableaux d'une situation à un moment donné. Si les idées sont bonnes, le format court ne permet pas de bien développer les idées. Christin y réussissait mieux dans ses récits complets.
Le dessinateur était Patrick Lesueur, dont le style se rapprochait un peu de celui de Bilal, mais avec une mise en couleurs qui fait saigner des yeux à présent. Il y a cependant de la recherche dans ses "gueules", ses décors, ses designs de vaisseaux spatiaux.
Au final, des récits qui raviront peut-être les inconditionnels de Christin ou d'anticipation, mais qui manquent d'épaisseur.
Bouzard aime la musique, Rouquemoute aime le rock et Bouzard (qui a d'ailleurs déjà publié plusieurs albums chez eux – dont un dans la même collection), et j’aime a priori beaucoup Bouzard. Voilà donc une rencontre attendue.
Mais qui hélas m’a laissé sur ma faim. En effet, si la chute, pleine de loufoquerie, permet de finir sur une note amusante, le reste est assez creux. Certes, peu de place ici pour développer ambiance et personnages. Mais Bouzard a fait le service minimum je trouve. Je l’ai connu – et je l’attendais plus mordant dans son humour décalé.
A réserver aux complétistes de l’auteur je pense.
Note réelle 2,5/5.
Je suis clairement resté sur ma faim concernant cet opus d’une collection qui certes ne laisse pas beaucoup de place pour développer un récit, mais qui permet quand même d’exposer des idées originales. Ici, Besseron ne propose pas grand-chose.
C’est un peu flemmard, et la chute, relativement amusante, ne parvient pas à compenser le vide de ce qui l’a précédée. Car, en plus du format restreint, l’histoire est quasi muette. Et elle est aussi assez vide, finalement, ne faisant qu’illustrer le titre, et les conséquences d’une beuverie. J’ai connu Besseron plus incisif ailleurs !
El Diablo a multiplié les publications ces dernières années, en particulier chez Rouquemoute. Il n’est donc pas étonnant de retrouver cet auteur « maison » dans cette petite collection « apéro » qui commence à regrouper pas mal d’auteurs de la nouvelle vague indépendante.
Mais, si sur d’autres formats El Diablo m’avait convaincu, ça n’a pas été le cas ici. J’ai trouvé son « histoire » (forcément succincte vu le format mini) un peu trop légère. Et la chute/gag censé conclure et donner du peps à l’ensemble ne m’a pas vraiment amusé.
J’ai moins accroché que mes prédécesseurs à cet album, qui ne doit pas être ma came.
Ça part dans tous les sens, que ce soit au niveau du scénario, avec une construction volontairement hachée par d’incessant allers-retours à différentes époques, mais aussi pour ce qui concerne les sujets abordés, de la chasse aux fantômes aux déboires d’une mère célibataire ne sachant pas comment récupérer et/ou surveiller son gosse laissé seul chez elle pendant qu’elle bosse et qu’elle est coincée dans une maison improbable.
Une bonne partie du récit tourne presque à l’escape game, mais avant d’en sortir, j’ai surtout eu du mal à y entrer. Du fait du côté fourre-tout et éclectique de l’ensemble, mais aussi à cause du dessin et de la colorisation, qui ne m’ont pas captivé : le rendu est trop artificiel. De plus, aucun des sujets évoqués plus haut n’est réellement poussé jusqu’au bout, et la narration et le travail graphique édulcorent même l’aspect vaguement horrifique du récit autour des fantômes, plus grotesques et psychédéliques que terrifiants.
Une lecture décevante me concernant.
Dès les premières pages j'ai été laissé de côté par cette histoire, et jamais par la suite je ne suis vraiment entré, le côté aventures historiques - par ailleurs peu ou mal présenté - ne compensant pas les défauts qui m'ont gêné.
Le point le plus réussi est le dessin. Un style classique et réaliste, sans doute un peu trop figé, mais globalement agréable. Dans le deuxième tome Keller tente par deux fois de varier les cadrages mais ses vues de haut en contre plongée sont brutales et se justifient moyennement. Mais bon, le dessin est plaisant.
Par contre l'intrigue est clairement décevante.
Le cœur de celle-ci tourne autour du duel entre Admunsen et Scott pour la conquête du pôle sud en 1910-1911. Même si plusieurs séries ont récemment traité du sujet, je pense que l'intrigue aurait dû se focaliser dessus, quitte à élagueur le tout sur deux albums maximum (car il y a des longueurs, ça s'étire trop).
Arrivons donc à ce qui m'a gêné. Le fait de situer Cancale en Normandie (l'erreur n'est corrigée que dans le dernier tome) fait tiquer (personne, de l'auteur à l'éditeur ne se relit ???).
Mais surtout l'histoire d'amour entre Maureen et Knut, qui parasite inutilement l'intrigue, multiplie les facilités ridicules (le drame séparant brutalement les amoureux sent le prétexte improbable, et les divagations des deux entre les deux expéditions en pleine tempête antarctique dépassent allègrement les limites du crédible). Et dès le départ, des dialogues, pensées mievres plombent cet aspect inutile et raté de l'intrigue.
Bref, une lecture laborieuse, sans passion, qui sera vite oubliée je pense.
Je préfère préciser d'emblée que pour vraiment apprécier une BD, j'ai besoin d'une histoire solide. Si je ne m'en tenais qu'au dessin, j'aurais trouvé cet album très réussi.
Cette œuvre, réalisée en partenariat avec Amnesty International, vise à dénoncer l'oppression et les mauvais traitements infligés à certaines populations dans le monde et à travers l'Histoire. Elle se déroule dans un univers imaginaire et animalier qui évoque la grisaille étouffante de la RDA ou encore le ghetto de Varsovie. Ici, les opprimés sont des chats, dominés par un régime de chiens autoritaires et leur police brutale. Le personnage principal amnésique et au visage bandé mais dont on apprend qu'il est un chien rescapé d'un attentat, part à la recherche de son identité dans ce monde gangrené par l'oppression. Une licorne lui apparaîtra en cours de route, symbole énigmatique d'une liberté à retrouver.
L'album alterne des pages de bande dessinée muette avec des séquences illustrées, voire parfois de simples textes sans images. Côté dessin, c'est indéniablement beau. Stéphane Poulain, visiblement issu de l'illustration, propose un style pictural propre et maîtrisé, un peu froid, avec des influences qui rappellent Edward Hopper mais dans des tons plus ternes et sombres. Les décors urbains qu'il compose sont très réussis : ils dégagent une atmosphère mélancolique, parfois presque cauchemardesque, parfaitement en phase avec le propos. Il y a aussi un passage plus naturel, et même une séquence de bataille façon Japon féodal, inattendue mais là encore très bien réalisée. Graphiquement, rien à redire : les planches sont superbes et méritent le coup d'œil.
En revanche, l'histoire m'a laissé de marbre. Entre les errances d'un amnésique, les archétypes stéréotypés d'un régime totalitaire à peine esquissés, les touches d'onirisme et les scènes vaguement fantastiques qui ne sont jamais expliquées, tout semble flotter dans un nuage de symbolisme flou. Le texte, volontairement poétique et mélancolique, devient parfois abscons. Les scènes s'enchaînent sans toujours de logique apparente, comme si le scénario s'était peu à peu soumis aux envies du dessinateur, quitte à bricoler la cohérence ensuite. C'est trop décousu, trop lyrique pour être sincèrement touchant, et trop rempli de clichés. Jusqu'à une révélation finale qui n'en était pas une tant j'étais déjà persuadé de son fait dès les premières pages.
Bref, autant j'ai apprécié la beauté des dessins, autant l'intrigue m'a profondément ennuyé.
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Lune de miel
Alors je serais moins positif. Le premier tome est assez distrayant, on suit un couple qui est invité sur un Yacht et se retrouve confronté à une situation improbable : les autres invités sont des chefs de cartels, qui meurent tués par un papillon (!), puis par une explosion coulant le yacht... Laissant une innocente emprisonnée dans l'épave que nos deux tourtereaux vont aller sauver... Je m'arrête là. C'est assez concon, mais cela fait le job. Après les dessins sont assez moches de mon point de vue, et on ne sait quasi-rien de nos deux héros. Le second tome reprend toutes les scories du premier (dessins moches, absence toujours totale d'info sur les deux personnages), en les aggravant : en plus du côté grand-guignol, on a limite un aspect un peu... scato : un des éléments clés de l'intrigue est une... gastro. Je rigole pas. On va donc passer pas mal de temps à voir des personnages vomir et autres joyeusetés. Le tout avec des composants pour le coup illogiques/ mal étayés (le premier tome était foutraque, mais il était cohérent) et des ellipses énormes (cette fois-ci il n'y a pas que les héros qui sont dépourvus d'infos, il y a des trous et absences d'explications assez garantuesques). Bref, si il y a un troisième tome, je suis pas sûr de le lire.
Gun Frontier
Cela faisait très longtemps que j'avais lu du Leiji Matsumoto (il faut dire qu'il n’y a pas grand chose de lui disponible en français) et je pense que je vais continuer à ignorer son œuvre parce que je n'accroche pas du tout. C'est dommage parce que c'est un mangaka important qui a marqué son époque et j'aime bien son dessin qui a un certain charme rétro et qui dégage une atmosphère que j'aime mais voilà les scénarios sont catastrophiques. Je me disais que ça serait intéressant de voir l'auteur faire autre chose que de la science-fiction pour une fois et ça a aussi mal vieilli qu'Albator. Ce sont des histoires épisodiques qui sont vite répétitives. On retrouve les éléments récurrents de ce type de publications pour jeunes hommes avec de la violence et de la nudité gratuite pour que le public se rince l'œil. Il y aussi le coté délirant qu'on retrouvait dans les mangas des années 70 qui a vraiment mal vieilli, c'est plus lourd qu'autre chose. Il faut savoir aussi que contrairement à aujourd'hui où un mangaka a seulement une série ou à la limite deux en même temps, des mangakas connus comme Matsumoto pouvaient en avoir plein à la fois (parfois même avoir des séries dans plusieurs magazines hebdomadaires !) ce qui explique que souvent le scénario était improvisé parce qu'il fallait respecter les délais de livraison et je sens que cela se voit dans une œuvre comme Gun Frontier dont le principal intérêt de nos jours est de voir à quoi pouvait ressembler un manga pour adulte au début des années 70.
Erectus
Mouais. Je suis sorti avec un avis très mitigé de cette lecture, pas vraiment désagréable, mais qui force quand même le lecteur à avaler quelques couleuvres. Le récit est dynamique, c’est rythmé, on ne s’ennuie pas. Autre point intéressant, les quelques présentations d’ancêtres d’animaux préhistoriques. Le point le plus intéressant dans cet album est surtout la mise en avant – très contemporaine hélas ! – de l’intolérance face à ce qui est considéré comme une menace invasive, le rôle des « réseaux sociaux » dans l’exacerbation des tensions et la mise en avant des idées les plus primaires. Si le roman ici adapté (que je ne connais pas) a été publié avant le covid, cet album, écrit lui après a sans doute joué davantage sur ce que nous avons connu ces dernières années. Mais après tout il peut aussi y avoir des résonances avec d’autres « virus » : voir le rejet des premiers malades du SIDA – et des homosexuels en particulier dans les années 1980… Mais cela dit, plusieurs choses m’ont dérangé dans cette histoire, par leur manque de crédibilité, ou du fait d’incohérences. Le virus – transmis par un animal et échappé d’un laboratoire, comme on l’a supposé de celui du covid – entraine ici une régression génétique et se transmet d’espèces à espèces (hommes y compris). L’animal ou l’homme contaminé « mute » quasiment instantanément. Bizarrement, certaines espèces animales régressent sur des centaines de milliers, voire des millions d’années, tandis que pour l’homme c’est beaucoup moins (l’homme contaminé devient un Homo Erectus). Pourquoi cette différence ? Pourquoi la régression s’arrête-t-elle à une époque précise ? Mais surtout, on est très loin ici des travaux de gens comme Evelyne Heyer, et j’ai eu du mal à accepter cette mutation génétique instantanée, et non sur des milliers d’années sur plusieurs générations… Autre problème, les animaux sont rapidement « oubliés », pour se concentrer sur les Erectus. Mais du coup la solution trouvée (je ne spoile pas) laisse totalement de côté les animaux qui, par milliards sur la Terre pourraient constituer une menace pérenne (on nous parle d’éliminer les rats, mais après le sujet est effacé). Les atermoiements et changements d’information sur la stérilité ou non des « infectés » ayant muté manque de cohérence (en ce sens je n’ai pas saisi la chute – ouverte, mais qui contredit une partie du déroulement de l’intrigue). L’attaque du musée de l’homme, puis son abandon est improbable (pourquoi s’arrêter sans avoir atteint l’objectif ?). comme sont improbables les faibles précautions prises par les scientifiques, voire les soldats de garde face aux éventuelles morsures contaminantes des Erectus ou autres animaux (j’ai un temps pensé à l’album « Le Schtroumpf noir » !) Enfin, Anna Meunier, la scientifique héroïne est vraiment too much dans ce rôle, placée au centre de tout ce qui se passe sur la planète, bombasse jamais décoiffée, devenant aventurière intrépide déjouant les forces spéciales, arrivant miraculeusement à se faire comprendre des erectus (d’ailleurs l’un d’entre eux s’adapte lui aussi très bien, puisqu’il utilise un Talkie-Walkie pour tendre un piège à un militaire !). Les élans amoureux d’Anna Meunier sont aussi parfois risibles. Le dessin est classique – il fait un peu plus que son âge – et fluide. Par contre sur certaines pages, le grand nombre de cases fait un peu regretter un format intermédiaire : du 240 x320 mm aurait sans doute été plus adapté (du coup le format aussi fait années 1980/1990…). Bref, de l’aventure jouant sur des questionnements contemporains, mais qui le fait parfois de façon trop facile ou lourdingue. Ça se laisse lire, mais j’en suis sorti déçu. Note réelle 2,5/5.
En attendant le printemps
Pierre Christin était à l'aise dans les utopies, les récits d'anticipation qui sont simplement dérivés des tendances actuelles. Au milieu des années 1970 il a livré dans le journal Pilote des dizaines de récits de ce genre. Cette fois-ci, avec l'aide de Patrick Lesueur, il a écrit cinq récits (qu'il signait Linus à l'époque) qui dépeignent un futur sans aucune végétation, ou presque, où les milliardaires ont étouffé toute culture, où les dirigeants sont déchus de leurs états... Un futur noir, mais raconté avec humour et cynisme. Il y a peu de personnages "fil rouge" dans ces récits, ce sont plutôt des tableaux d'une situation à un moment donné. Si les idées sont bonnes, le format court ne permet pas de bien développer les idées. Christin y réussissait mieux dans ses récits complets. Le dessinateur était Patrick Lesueur, dont le style se rapprochait un peu de celui de Bilal, mais avec une mise en couleurs qui fait saigner des yeux à présent. Il y a cependant de la recherche dans ses "gueules", ses décors, ses designs de vaisseaux spatiaux. Au final, des récits qui raviront peut-être les inconditionnels de Christin ou d'anticipation, mais qui manquent d'épaisseur.
Hard Cow
Bouzard aime la musique, Rouquemoute aime le rock et Bouzard (qui a d'ailleurs déjà publié plusieurs albums chez eux – dont un dans la même collection), et j’aime a priori beaucoup Bouzard. Voilà donc une rencontre attendue. Mais qui hélas m’a laissé sur ma faim. En effet, si la chute, pleine de loufoquerie, permet de finir sur une note amusante, le reste est assez creux. Certes, peu de place ici pour développer ambiance et personnages. Mais Bouzard a fait le service minimum je trouve. Je l’ai connu – et je l’attendais plus mordant dans son humour décalé. A réserver aux complétistes de l’auteur je pense. Note réelle 2,5/5.
Multiverres
Je suis clairement resté sur ma faim concernant cet opus d’une collection qui certes ne laisse pas beaucoup de place pour développer un récit, mais qui permet quand même d’exposer des idées originales. Ici, Besseron ne propose pas grand-chose. C’est un peu flemmard, et la chute, relativement amusante, ne parvient pas à compenser le vide de ce qui l’a précédée. Car, en plus du format restreint, l’histoire est quasi muette. Et elle est aussi assez vide, finalement, ne faisant qu’illustrer le titre, et les conséquences d’une beuverie. J’ai connu Besseron plus incisif ailleurs !
Le Sauveur du monde
El Diablo a multiplié les publications ces dernières années, en particulier chez Rouquemoute. Il n’est donc pas étonnant de retrouver cet auteur « maison » dans cette petite collection « apéro » qui commence à regrouper pas mal d’auteurs de la nouvelle vague indépendante. Mais, si sur d’autres formats El Diablo m’avait convaincu, ça n’a pas été le cas ici. J’ai trouvé son « histoire » (forcément succincte vu le format mini) un peu trop légère. Et la chute/gag censé conclure et donner du peps à l’ensemble ne m’a pas vraiment amusé.
Spectregraph
J’ai moins accroché que mes prédécesseurs à cet album, qui ne doit pas être ma came. Ça part dans tous les sens, que ce soit au niveau du scénario, avec une construction volontairement hachée par d’incessant allers-retours à différentes époques, mais aussi pour ce qui concerne les sujets abordés, de la chasse aux fantômes aux déboires d’une mère célibataire ne sachant pas comment récupérer et/ou surveiller son gosse laissé seul chez elle pendant qu’elle bosse et qu’elle est coincée dans une maison improbable. Une bonne partie du récit tourne presque à l’escape game, mais avant d’en sortir, j’ai surtout eu du mal à y entrer. Du fait du côté fourre-tout et éclectique de l’ensemble, mais aussi à cause du dessin et de la colorisation, qui ne m’ont pas captivé : le rendu est trop artificiel. De plus, aucun des sujets évoqués plus haut n’est réellement poussé jusqu’au bout, et la narration et le travail graphique édulcorent même l’aspect vaguement horrifique du récit autour des fantômes, plus grotesques et psychédéliques que terrifiants. Une lecture décevante me concernant.
Antarctica
Dès les premières pages j'ai été laissé de côté par cette histoire, et jamais par la suite je ne suis vraiment entré, le côté aventures historiques - par ailleurs peu ou mal présenté - ne compensant pas les défauts qui m'ont gêné. Le point le plus réussi est le dessin. Un style classique et réaliste, sans doute un peu trop figé, mais globalement agréable. Dans le deuxième tome Keller tente par deux fois de varier les cadrages mais ses vues de haut en contre plongée sont brutales et se justifient moyennement. Mais bon, le dessin est plaisant. Par contre l'intrigue est clairement décevante. Le cœur de celle-ci tourne autour du duel entre Admunsen et Scott pour la conquête du pôle sud en 1910-1911. Même si plusieurs séries ont récemment traité du sujet, je pense que l'intrigue aurait dû se focaliser dessus, quitte à élagueur le tout sur deux albums maximum (car il y a des longueurs, ça s'étire trop). Arrivons donc à ce qui m'a gêné. Le fait de situer Cancale en Normandie (l'erreur n'est corrigée que dans le dernier tome) fait tiquer (personne, de l'auteur à l'éditeur ne se relit ???). Mais surtout l'histoire d'amour entre Maureen et Knut, qui parasite inutilement l'intrigue, multiplie les facilités ridicules (le drame séparant brutalement les amoureux sent le prétexte improbable, et les divagations des deux entre les deux expéditions en pleine tempête antarctique dépassent allègrement les limites du crédible). Et dès le départ, des dialogues, pensées mievres plombent cet aspect inutile et raté de l'intrigue. Bref, une lecture laborieuse, sans passion, qui sera vite oubliée je pense.
Au pays de la mémoire blanche
Je préfère préciser d'emblée que pour vraiment apprécier une BD, j'ai besoin d'une histoire solide. Si je ne m'en tenais qu'au dessin, j'aurais trouvé cet album très réussi. Cette œuvre, réalisée en partenariat avec Amnesty International, vise à dénoncer l'oppression et les mauvais traitements infligés à certaines populations dans le monde et à travers l'Histoire. Elle se déroule dans un univers imaginaire et animalier qui évoque la grisaille étouffante de la RDA ou encore le ghetto de Varsovie. Ici, les opprimés sont des chats, dominés par un régime de chiens autoritaires et leur police brutale. Le personnage principal amnésique et au visage bandé mais dont on apprend qu'il est un chien rescapé d'un attentat, part à la recherche de son identité dans ce monde gangrené par l'oppression. Une licorne lui apparaîtra en cours de route, symbole énigmatique d'une liberté à retrouver. L'album alterne des pages de bande dessinée muette avec des séquences illustrées, voire parfois de simples textes sans images. Côté dessin, c'est indéniablement beau. Stéphane Poulain, visiblement issu de l'illustration, propose un style pictural propre et maîtrisé, un peu froid, avec des influences qui rappellent Edward Hopper mais dans des tons plus ternes et sombres. Les décors urbains qu'il compose sont très réussis : ils dégagent une atmosphère mélancolique, parfois presque cauchemardesque, parfaitement en phase avec le propos. Il y a aussi un passage plus naturel, et même une séquence de bataille façon Japon féodal, inattendue mais là encore très bien réalisée. Graphiquement, rien à redire : les planches sont superbes et méritent le coup d'œil. En revanche, l'histoire m'a laissé de marbre. Entre les errances d'un amnésique, les archétypes stéréotypés d'un régime totalitaire à peine esquissés, les touches d'onirisme et les scènes vaguement fantastiques qui ne sont jamais expliquées, tout semble flotter dans un nuage de symbolisme flou. Le texte, volontairement poétique et mélancolique, devient parfois abscons. Les scènes s'enchaînent sans toujours de logique apparente, comme si le scénario s'était peu à peu soumis aux envies du dessinateur, quitte à bricoler la cohérence ensuite. C'est trop décousu, trop lyrique pour être sincèrement touchant, et trop rempli de clichés. Jusqu'à une révélation finale qui n'en était pas une tant j'étais déjà persuadé de son fait dès les premières pages. Bref, autant j'ai apprécié la beauté des dessins, autant l'intrigue m'a profondément ennuyé.