Les derniers avis (115220 avis)

Couverture de la série L'Homme qui aimait les plantes
L'Homme qui aimait les plantes

Je me retrouve pas mal dans l’avis de Blue Boy, et c’est vrai que j’attendais – au niveau scénario, narration et dessin – quelque chose de sans doute plus affirmé, enlevé. Mais je serai un chouia moins dur que lui pour l’évaluer. D’abord parce que le sujet est intéressant : étudier, à la façon d’un baroudeur – très hippies années 70 – les plantes un peu partout dans le monde, rencontrer les populations locales, leurs savoir, pour mieux connaître la pharmacopée, sans pour autant piller ces connaissances autochtones ancestrales (comme peuvent le faire nombre de laboratoires pharmaceutiques !). Œuvre louable et intéressante, dans un bon état d’esprit. Il y a aussi un effort pédagogique, au-delà de l’aspect biographique autour de la personnalité de Jacques Fleurentiin – et de l’hommage rendu par ce dernier à son « maître », Jean-Marie Pelt. J’ai aussi bien aimé apprendre des choses sur ces liens qui pouvaient encore se nouer dans certaines régions (Afghanistan, Yemen et « occident »), sur la possibilité de fortement concurrencer sur pas mal de maladies la pharmacopée « moderne » et celle transmise de générations en générations, ou expérimentée au fil de quelques hasards dans des coins perdus du globe. Reste qu’effectivement c’est décousu, que le dessin ne permet pas toujours de reconnaitre tous les personnages, et que peut-être j’attendais plus d’émotions à la lecture de cet album. Il est quand même instructif, et met en avant des personnes et des idées estimables. Ce qui est déjà beaucoup.

21/05/2026 (modifier)
Couverture de la série Betty et Polo
Betty et Polo

Un album embarqué au hasard dans ma médiathèque. Bon, pas complètement au hasard, car le titre, la couverture et les premières pages feuilletées m’ont fait penser aux albums de Benjamin Renner (« Le grand méchant renard », mais surtout l’excellent « Un bébé à livrer »). Et je dois dire que la comparaison est sans doute pour beaucoup dans la relative déception ressentie durant cette lecture. En effet, l’humour absurde, con, mais souvent très réussi et punchy de Renner est clairement plus efficace et régulier que celui d’Adrien Poissier. Car il y a ici des longueurs, et des passages quelconques. Et un humour parfois poussif. Mou, trop mou, alors que je m’attendais (espérais) quelque chose de bien déjanté, tendance cartoon à la Tex Avery. Je ne sais pas non plus quel est le public visé. Sans doute jeune ou adolescent en priorité, ça passe peut-être moins la barrière de l’âge que les albums de Renner. Bon, ceci étant dit, ça se laisse quand même lire. Il y a des passages sympas. L’histoire de ces deux volatiles, qui ont quitté leur ferme pour éviter de finir dans un bouillon, et qui cherche des formations, du boulot (avec une chute qui ne va pas leur convenir !...) possède un certain potentiel décalé, qui est par moments exploité gentiment. Le dessin est minimaliste (pas de gaufrier, peu de décor, personnages rapidement esquissés, etc.), mais fluide et efficace. Par contre je trouve très réussis les deux zigottos qui font office de héros. Avec un minimum de moyens, Poissier les rend très expressifs, et souvent leurs simples tronches, avec leurs gros yeux, amènent le sourire et sauve certaines pages. Note réelle 2,5/5.

21/05/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 2/5
Couverture de la série FM
FM

J'ai déjà lu des histoires de Zentner plus inspirées. Elles se laissent lire mais manquent, pour la plupart, de suspense ou d'imprévisibilité. « Carmen » et « Comédies » se distinguent un peu. Le dessin de Pellejero, à cette époque, rappelle beaucoup celui d'autres auteurs hispaniques et sud-américains comme Mandrafina ou Altuna, principalement les expressions des personnages. Avec un trait fin et en noir et blanc, il est très différent de celui des périodes ultérieures.

21/05/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Space Connexion
Space Connexion

Ayant lu pas mal de nouvelles de science-fiction et ayant été nourri depuis longtemps par des séries comme La Quatrième Dimension ou Au-delà du réel, je dois reconnaître que j'ai eu assez souvent une impression de déjà-vu à la lecture de ces récits. Les structures sont très codifiées, et on devine rapidement les twists, généralement teintés d’humour noir ou de satire humaine. L'effet de surprise est donc limité pour moi, tant ces mécanismes narratifs sont familiers. Cela dit, cela ne gâche pas vraiment le plaisir de lecture. On retrouve ici une série de courts récits de SF divertissants, bien construits et efficaces, qui jouent avec les classiques du genre (invasions extraterrestres, expériences absurdes, catastrophes humaines ou paradoxes temporels) en les traitant sur un mode caustique ou légèrement décalé. Même si ces histoires sont moins originales et moins intelligentes que celles d'un album comme Des lendemains sans nuage, ça reste plaisant à parcourir. Ici, on est davantage dans le divertissement SF à sketches, avec une tonalité souvent humoristique, parfois grinçante, qui fonctionne globalement bien. Le dessin de Romain Baudy est d'ailleurs un vrai point fort de l’ensemble : un trait dynamique à l'encrage bien lisible qui me fait parfois penser au style de Julien Solé (A l'ouest de l'infini et autres Cosmik Roger), avec une bonne énergie, qui donne du corps à ces histoires parfois très pulp qu'on imaginerait volontiers publiées dans Fluide Glacial. L'ensemble est propre et agréable à suivre, ce qui renforce l'efficacité des récits. Malgré une forte impression de déjà-vu liée à mon propre bagage de lecteur et spectateur du genre, j'ai trouvé ces récits sympathiques et adaptés à une lecture de SF de divertissement et d'humour caustique pas prise de tête.

21/05/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Trois + Deux = Fiiiiive
Trois + Deux = Fiiiiive

Une BD qui aborde avec tendresse et humour la question de la famille recomposée. On y suit Leila et Julian, en couple depuis six mois, chacun avec des enfants issus de précédentes relations, et craignant de les traumatiser en leur imposant trop vite un nouveau foyer commun. Tout le récit repose sur cette tension entre envie de reconstruction et peur de mal faire. Graphiquement, l'ensemble est agréable, avec un dessin doux qui évoque le style de Clément Oubrerie, dans cette manière souple et légèrement caricaturale de croquer les visages et les attitudes. L'univers visuel est chaleureux et lisible, ce qui accompagne bien le ton global de l'album. L'histoire joue régulièrement sur un registre humoristique, avec des situations qui cherchent à provoquer le sourire plutôt qu'à installer un drame frontal. Il y a une volonté de traiter un sujet potentiellement sensible avec légèreté et bienveillance, et par moments cela fonctionne très bien, notamment dans les interactions entre enfants et adultes, où les décalages de perception sont assez justes. Cependant, j'ai trouvé que la BD oscillait constamment entre deux registres sans toujours trouver son équilibre : d'un côté un roman graphique familial assez naturel dans son approche émotionnelle, et de l'autre une dimension presque didactique, comme si le récit cherchait parfois à expliquer explicitement comment il faut faire ou ne pas faire dans une famille recomposée. Les interventions récurrentes de la copine serveuse, qui surgit pour illustrer les situations à l'aide de boîtes de jeu ou de métaphores très démonstratives, renforcent cette impression. Cela crée une forme de distance, comme si le lecteur était tantôt invité à s'identifier aux personnages, tantôt mis en position d'observateur d'un petit manuel illustré. Certains choix de caractérisation participent aussi à ce flottement. Le père, très caricatural dans sa peur d'affronter la situation et son incapacité à parler clairement à ses filles, finit par devenir un peu agaçant, même si cela peut refléter une réaction parentale plausible dans ce type de contexte. À l'inverse, le garçon, plutôt écolo, calme et bienveillant, est assez sympathique, tandis que la réaction de la fille aînée, farouchement opposée à l'idée de voir son père s'installer avec une nouvelle compagne, m'a paru plus forcée dans sa radicalité. Cette série se situe dans un entre-deux assez particulier : une BD chaleureuse, pleine de bonnes intentions, souvent amusante et tendre, qui traite avec empathie des difficultés de la recomposition familiale, mais qui manque aussi de naturel dans sa narration et dans certains choix scénaristiques. J'ai néanmoins passé un moment globalement agréable, en attendant de voir si les développements ultérieurs permettront à la série de dépasser ce statut un peu introductif et démonstratif pour trouver une plus grande fluidité narrative.

21/05/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Un été loin des hommes
Un été loin des hommes

A l'occasion de retrouvailles avec son père suite au décès de sa mère, une jeune femme se souvient de ses vacances familiales en Corse 37 ans auparavant, alors que jeune adolescente elle se découvrait elle-même à peine. Un été loin des hommes est avant tout une œuvre d'atmosphère, portée par le beau travail graphique de Thomas Campi. Son trait doux et semi-réaliste, associé à des couleurs aux allures d'aquarelle ou d'encre diluée, donne énormément de charme à l'ensemble. Les paysages corses baignés de lumière, les scènes de plage, les intérieurs écrasés de chaleur estivale ou les simples moments de vacances possèdent une vraie beauté mélancolique. Les personnages eux-mêmes dégagent quelque chose de tendre et délicat, notamment l'héroïne dont le design fonctionne très bien visuellement. Il y a dans ces planches une capacité à faire ressentir les souvenirs d'été, la lenteur des journées, les sensations diffuses de l'adolescence et cette nostalgie très particulière des vacances familiales des années 80. En revanche, malgré cette réussite graphique évidente, je suis resté assez extérieur au récit et surtout à son héroïne. Frédérique demeure constamment très pudique, presque verrouillée émotionnellement, avec ce visage souvent figé et ce comportement mutique qui rendent difficile un véritable attachement. Je comprends que cette retenue fasse partie du propos et participe au réalisme intime recherché par les autrices, mais cela crée aussi une distance émotionnelle qui m'a empêché d'être réellement touché par ce qu'elle traverse. De manière générale, j'ai trouvé le rythme narratif très dilué, construit davantage sur les sensations, les silences et les impressions que sur une véritable progression dramatique. L'album semble volontairement privilégier les petits gestes, les regards, les flottements de l'été et les émotions contenues, mais cette approche m'a laissé un peu à côté. J'ai eu l'impression de survoler les deux grands axes du récit sans jamais vraiment y entrer : d'un côté la découverte intime de son attirance pour les femmes, de l'autre la peur diffuse du divorce de ses parents. Aucun des deux thèmes ne m'a réellement parlé ou ému, peut-être parce que le traitement reste trop subtil et intériorisé pour moi. Ce que je retiens surtout, c'est une légère nostalgie de jeunesse et de vacances, une sensation diffuse plus qu'un véritable récit marquant. L'ambiance méditerranéenne fonctionne, les souvenirs d'enfance affleurent souvent, mais je suis resté spectateur de cette mélancolie plus que véritablement embarqué avec elle. J'ai aussi parfois eu le sentiment qu'il ne se passait pas énormément de choses, tant l'album repose sur des nuances émotionnelles ténues et des instants suspendus. C'est sans doute une œuvre trop délicate, trop sensible et contemplative pour mon tempérament plus terre à terre, même si je reconnais sans difficulté la qualité de son approche et surtout la beauté de son univers graphique.

21/05/2026 (modifier)
Par Lodi
Note: 3/5
Couverture de la série Méto
Méto

Le dessin loin d'être parfait retranscrit toutefois l'histoire et l'atmosphère, ce qui est l'essentiel. Moi, la couverture m'a plu : une affiche sur une île en vase clos totalitaire se doit d'exprimer la froide oppression qui y règne et a fait son boulot de couverture, savoir m'attirer… Même si on ne manque pas d'histoire de totalitarisme, on peut la lire car elle a une certaine originalité même si je ne vais pas la relire. Le système d'oppression avec ses sortes de castes en formation, le jeu de balle original sont ce qu'il y a de plus saillant.

21/05/2026 (modifier)
Par Lodi
Note: 4/5
Couverture de la série Spirou et Fantasio
Spirou et Fantasio

Le dessin s'est amélioré au fil des ans, à l'image du marsupilami qui à chaque aventure montrait de nouvelles capacités ! Dommage que comme les Schtroumpfs il ait éclipsé les héros de la série mère. Spirou et Fantasio sont de vrais amis, avec leurs disputes, et bien complémentaires, avec le savant comte de Champignac, les habitants du village, le cousin Zantafio, inoubliable dictateur, Seccotine la journaliste à laquelle on ne va pas reprocher de ne pas être très sexuée quand rien ne l'est dans cette série, j'en passe et des meilleures. Cette longue série est malgré tout inégale, mais mérite une très bonne note. J'oubliais les inventions farfelues de Champignac et les belles voitures… Par contre, Zorblub ne vaut pas Zantafio mais imaginons qu'il ait trop bien marché, comme le marsupilamI, il aurait qui sait lui aussi éclipsé nos deux héros.

21/05/2026 (modifier)
Couverture de la série La Fourrière des Animaux
La Fourrière des Animaux

La Fourrière des animaux s’inscrit directement dans l’héritage de La Ferme des animaux d’Orwell, dont elle propose une relecture moderne, dense et très actuelle. Le point de départ est simple mais redoutablement efficace : des animaux se révoltent contre les humains qui les enferment et tentent de construire leur propre société, leurs propres règles, leur propre démocratie. Ce récit met en scène une communauté auto-gérée et critique l’autoritarisme (ici, ciblant le trumpisme, là où Orwell fustigeait le stalinisme). Mais Tom King ne se contente jamais d’une lecture frontale ou caricaturale : ce qui l’intéresse, c’est la mécanique du pouvoir. Comment une démocratie naissante porte déjà en elle ses propres fissures, et comment ces fissures s’élargissent sous l’effet de la peur, des ambitions personnelles et des divisions idéologiques. Il y a clairement une lecture politique contemporaine, très ancrée dans les tensions américaines récentes. Le parallèle avec le populisme est évident, et certains lecteurs pourront y voir un rapprochement entre le personnage de Piggy et Donald Trump, sans que le comic ne se limite pour autant à une simple charge dirigée contre une figure précise. Ce qui frappe surtout, c’est la place donnée à la parole. La Fourrière des animaux est un comic très bavard, presque théâtral. Les débats, les discours et les confrontations d’idées structurent entièrement le récit. Par moments, cela peut sembler excessif, presque démonstratif. Mais ce choix est aussi ce qui fait sa force : ici, la démocratie ne se raconte pas, elle se construit et se désagrège sous nos yeux, à travers le langage lui-même. Graphiquement, Peter Gross propose un dessin sobre, précis, sans esbroufe, mais parfaitement maîtrisé. Tout repose sur l’expression, la lisibilité et une atmosphère parfois étouffante qui accompagne parfaitement la tension politique du récit. Et c’est là que la comparaison avec Le Château des animaux devient intéressante. Là où le roman graphique de Xavier Dorison et Félix Delep proposait une fable plus poétique, presque intemporelle dans sa manière d’aborder la tyrannie, La Fourrière des animaux est beaucoup plus frontale, contemporaine et ancrée dans un contexte politique identifiable. Les deux œuvres parlent du pouvoir et de la manière dont il corrompt ou fracture une société, mais avec deux tons opposés : l’un est plus symbolique et contemplatif, l’autre plus discursif et brûlant d’actualité. Au final, La Fourrière des animaux est une œuvre ambitieuse, parfois un peu trop verbeuse, mais cohérente de bout en bout et vraiment marquante. Une fable politique moderne qui laisse volontairement un malaise, parce qu’elle rappelle à quel point les idéaux collectifs peuvent vaciller vite.

20/05/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Génération X - L'intégrale
Génération X - L'intégrale

Dans les années 60, on a eu droit aux X-Men et la série fut arrêtée faute de popularité. On relance la série dans les années 70 avec une nouvelle équipe et le titre a fonctionné et est devenu tellement populaire que dans les années 80 on a fait un spin-off avec une nouvelle équipe composé d'adolescents qui appartenaient à devenir des super-héros et contrôler leurs pouvoirs de mutants. Ses ados ce sont émanciper au début des années 90 alors c'était normal d'avoir une autre équipe de mutants composés de nouveaux personnages adolescents. J'avoue que je connais surtout l'univers des X-Men des années 60-80 alors cette série est remplit de personnages que je ne connaissais pas et je ne sais pas même s'ils sont encore utilisé aujourd'hui. En tout cas, j'ai trouvé que la plupart était un peu attachant même si c'est parfois un peu dur de ce rappeler qui était qui. Les changements de dessinateurs n'aidant pas, certaines ayant des styles radicalement différents. J'ai surtout aimé les moments de détentes qui montraient la vie de tous les jours des personnages ainsi que leurs problèmes. La force de Lobdell est de raconter les relations entres les personnages. L'humour fonctionne bien. Lobdell part parfois dans des délires, et parfois même un peu trop à mon gout (il y a un numéro où Stan Lee est le narrateur !). Une bonne idée est que l'un des deux profs de ce groupe d'ados mutants est Emma Frost qui était une méchante jusqu'à qu'elle se reforme dans les années 90. Évidemment, ce n'est pas parce qu'elle n'est plus dans le camp des méchants qu'elle est une personne agréable et cela donne des moments savoureux. Quant au coté baston des scénarios, c'est correct, mais parfois les scènes de combats sont un peu dur à comprendre et les méchants manquent souvent de charismes. C'est du comics de super-héros pas trop mal, mais on se perds parfois lorsqu'on fait référence à ce qui se passait dans l'univers X-Men de cette période.

20/05/2026 (modifier)