Les derniers avis (115417 avis)

Par Lodi
Note: 3/5
Couverture de la série Achille Talon
Achille Talon

Positif : le dessin, l'effet de surprise puis d'amusement pour le style empoupé d'Achille Talon. Après, il a fini par m'ennuyer mais j'en verrais bien quelques planches à l'occasion. Pour la nostalgie. S'il a une vérité sociologique, tant d'autres bd ne font pas moins. C'est vraiment les discours d'Achille et sa manière de se tenir qui sont originales, ça peut plaire, déplaire, indifférer… A mon avis, on est quand même loin, bien loin de Gaston Lagaffe ou même des insultes variées du capitaine Haddock !

06/06/2026 (modifier)
Par Lodi
Note: 3/5
Couverture de la série Je suis un vampire
Je suis un vampire

Le vampire est plutôt sympa, l'histoire aussi mais sans rien de bien marquant…. C'est l'image et le garçon qui obligent à tourner les pages, je pense. En tout cas, je les ai bien aimés tous les deux, il y a longtemps, quand je les ai lus… Naviguer ici c'est se tenir au courant des nouveautés, mais aussi se rappeler du passé. Cette bd me paraît assez raisonnable, ceci dit : se nourrir de sang n'implique pas de tuer des humains, boire le sang du steak comme notre héros, ou je pense se mettre d'accord avec quelque boucher ou paysan ou saigner des rats serait possible. Il n'est pas interdit de se demander ce que donnerait le mariage non de plats et de vin, mais de sang et de vin !

06/06/2026 (modifier)
Couverture de la série La Vallée des oubliées
La Vallée des oubliées

Je vais casser un peu l’ambiance mais pour ma part, je n’ai pas trouvé ça bien fameux. J’apprécie pourtant beaucoup les auteurs mais ici le résultat, bien que pro, m’est apparu bien trop bancal, trop facile, sans surprise et finalement sans âme. Il n’y a que pour les couleurs d’Usagi où je n’ai pas grand chose à dire, ça fait d’ailleurs plaisir de la voir créditer à égalité avec le duo scénariste/dessinateur (mot de remerciement, bibliographie …), très classe. Le dessinateur s’en tire tout de même avec les honneurs, c’est solide dans le trait. Cependant ce n’est pas un style que je recherche dans un western, le rendu me semble trop lisse et propre, ça passe dans les grandes cases et extérieurs mais beaucoup moins en gros plan ou scènes intérieures qui apparaissent plus pauvres et aseptisés à mes yeux. Ça ne colle pas avec l’idée que je me fais du genre (saleté, crasse …) et je tique un peu sur le charisme de ces 2 personnages masculins qui suivent un peu la même tendance. Un dernier point que j’ai peu goûté aussi et la représentation de certains mentons de personnages (l’indien, Ma ..) qui (à mes yeux) tombe dans la caricature, on tombe dans le Bogdanov et ça me fait sortir du côté réaliste distillé jusque là. Mais l’aspect le plus tendancieux de l’album reste l’histoire, j’ai connu Dubois bien plus inspiré, tout m’apparaît pauvre ici. Malgré une belle pagination, ça ne décolle jamais, j’ai trouvé ça linéaire, sans tension ni surprise. J’ai cette impression que le scénariste recycle le fond de Les Sans-Visages mais avec des ingrédients différents (western, communauté de femmes …) et agencés plus maladroitement. Je recense plein de détails qui coincent. C’est violent et à la fois niais, on ne croit à aucun personnage, le crush du héros qui apparaît de nul part, des gunfight cheatés et improbables, une fin façon Happy end … Alors c’est sûr ça se lit facilement, ce n’est pas honteux mais perso je ne m’y suis pas retrouvé.

06/06/2026 (modifier)
Par greg
Note: 1/5
Couverture de la série La Couronne de France
La Couronne de France

Féru d'Histoire, grand amateur de BDs sur le sujet quand elles sont bien documentées, comme la fameuse collection ils ont fait l'histoire ou bien Le Trône d'argile, c'est donc avec un à priori positif que j'ai commencé mes premières lectures... Las, cet à priori est parti très vite. Entendons-nous bien : je n'ai rien contre quelques inventions ici ou là ; Vae Victis par exemple nous invente un personnage féminin principal, pour mieux nous faire comprendre la petite histoire par les yeux d'un personnage non "marqué" par les évènements. Et ce du moment que c'est bien amené, bien documenté, aucun problème... Le soucis, c'est qu'on nous met une espèce de Machiavel immortel qui est le fil rouge de chaque album et dont le seul but semble être de faire tomber la monarchie... On comprend bien grâce à la "subtilité" de l'intrigue et des dialogues qu'il sera responsable de la chute de la monarchie et l'exécution de Louis XVI. Et on nous rajoute d'autres personnages inventés sans intérêt, on réécrit l'Histoire en donnant un autre rôle à d'autres personnages bien réels eux, en atteignant des niveaux grotesques. Ensuite, on n'apprend rien de particulier : il y a de très nombreuses ellipses, des éléments capitaux de l'Histoire de France sont passés en une page (la journée des dupes), et surtout, pardon de le dire, c'est très chiant ! Le déroulement est mou, téléphoné, rempli des passages "obligés" comme un mauvais cour d'école primaire. On dirait un peu la série Roma qui est tout aussi foirée.

06/06/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
Couverture de la série L'Encyclopédie des peurs
L'Encyclopédie des peurs

J'aurais bien voulu remonter la note de cette série, car je trouvais le dessin et les couleurs sympathiques, et j'aimais bien l'idée d'une petite fille presque sans peur qui s'associe à sa grand-mère, ancienne aventurière, pour parcourir le monde à la recherche de différentes essences de peur. Mais voilà, il y a trop de choses qui gâchent le plaisir de lecture. La première est le manque de cohérence interne. La grand-mère a consacré sa vie entière à écrire un livre et perd soudainement tout son travail lorsque son chien mange les pages, comme si elle n'avait conservé aucune note, aucune recherche, aucune copie. Cette même grand-mère rêve ensuite de devenir célèbre en publiant la formule chimique de ces peurs alors qu'à côté de ça elle a inventé une machine fabuleuse capable de téléporter des personnes, de leur apprendre instantanément les langues étrangères, de produire la monnaie locale ou encore de localiser intuitivement les endroits où vont se produire des évènements liés à la peur. De la même manière, les lieux et circonstances trop alambiqués dans lesquelles l'héroïne doit récolter des peurs pourtant très simples paraissent bien trop artificiels alors qu'elle pourrait souvent les obtenir beaucoup plus simplement. Cette absence de logique interne implique une absence d'enjeux et d'implication du lecteur qui n'y croit pas. Mais au-delà de ce défaut, que j'aurais pu à la limite accepter dans le cadre d'une série jeunesse légère, c'est surtout la caractérisation des personnages qui m'a agacé. Ils surjouent constamment, avec des changements d'humeur pénibles. La grand-mère passe sans raison apparente de l'autoritarisme le plus excessif à des moments de tendresse. La jeune héroïne joue régulièrement les donneuses de leçons, se met à hurler de colère puis retrouve le sourire l'instant d'après comme si rien ne s'était passé, s'excuse à un moment pour mieux réprimander quelqu'un la minute suivante. Les personnages principaux en deviennent plus agaçants qu'attachants et, comme le récit adopte lui aussi ce ton trop changeant et rempli de facilités, je me suis trop vite ennuyé sans jamais réussir à m'investir dans les aventures racontées.

06/06/2026 (modifier)
Par Présence
Note: 4/5
Couverture de la série Hampton Roads
Hampton Roads

Le temps de la marine à voile et aux carènes de bois semble bien révolu ! - Ce tome contient une histoire complète, indépendante de toute autre, constituant le septième de cette série sur les batailles navales. Son édition originale date de 2018. Il a été réalisé par Jean-Yves Delitte, peintre officiel de la Marine, membre titulaire de l’académie des Arts & Sciences de la Mer, pour le scénario et les dessins, par Douchka Delitte pour les couleurs. Il comprend quarante-six pages de bande dessinée. Il se termine par un dossier historique de huit pages, rédigé par le scénariste, agrémenté de documents visuels comprenant sept chapitres et un glossaire. Les différentes parties portent les titres suivants après une introduction sans titre sur le contexte des armes au moment où la guerre civile éclate en avril 1861 aux Amériques, entre États du Sud et du Nord : L’artillerie ou l’histoire d’une continuelle révolution, De la frégate au cuirassé, petit hier géant demain, Que cela est lent ! La roue à aubes ou l’hélice ?, CSS Virginia vs USS Monitor, Triste mot Fin !. Amérique du Nord, état de Virginie, le huit mars 1862, dans un fortin militaire, un jeune soldat de l’Union scrute l’horizon du port naturel d’Hampton Roads. Un autre soldat, plus expérimenté, lui enjoint de descendre du point haut sur lequel il se trouve, car il risque de se faire tirer dessus. Le premier obéit à contre-cœur car les Johnnys sont planqués de l’autre côté. Un autre soldat s’approche du vétéran pour savoir ce que voulait le jeunot. Constatant qu’il s’ennuie, l’autre comprend cette sensation : cela fait des mois qu’ils sont terrés ici, et que leurs belles frégates ont mouillé leurs ancres. Il ne pensait pas qu’un blocus ressemblait à cela. Il n’a pas encore vu un seul navire avec le Stars and Bars. L’ancien lui répond en lui demandant avec quoi les confédérés pourraient attaquer : avec leurs malheureux fluviaux armés de pierriers ? Pour lui, ce n’est pas demain qu’ils quitteront Norfolk. Faudrait être fou pour qu’ils oser attaquer les frégates de l’Union, rien qu’avec le Cumberland avec ses cinquante canons taillerait en pièces toute une armée. Pourtant, il se produit un mouvement sur l’eau du côté des confédérés. Le lieutenant appelle tous les servants à leurs pièces, les autres regardant par-dessus la barricade : un drôle de navire approche, avec une ligne de flottaison très basse et le drapeau Stars and Bars. Trois mois plus tôt à Hampton Roads, les confédérés s’impatientent dans leur camp fortifié, le sergent ne comprenant pas pourquoi ils ne leur envoient pas quelques obus. Un soldat lui fait observer que les macaques, comme dit son interlocuteur, font le blocus des ports confédérés, pas vraiment une déculottée. Puis il ajoute que tout cela sera bientôt fini car il se prépare un truc à Norfolk. Le lieutenant Taylor Wood vient à passer à cheval par-là, et il leur indique qu’il cherche à rejoindre l’arsenal de Norfolk. Le sergent lui explique qu’il est sur le mauvais chemin, Norfolk c’est derrière lui. Il lui faut retourner sur ses pas et au premier croisement prendre à l’ouest. Au même instant, plus au nord à New York, sur les rivages de East River à hauteur de Greenpoint, là où les constructeurs navals rivalisent d’ingéniosité loin des tumultes de la guerre… Le lecteur a pu venir à cet album parce qu’il connaît déjà la bataille et qu’il se demande comment elle va être racontée, ou parce qu’il lui tarde de se retrouver au cœur d’une nouvelle bataille navale dans cette série qu’il apprécie, ou encore la forme bizarre du navire en couverture, le CSS (Confederate States Ship), a éveillé sa curiosité. Comme dans les autres tomes, il prend graduellement conscience des enjeux réels du récit. À l’évidence dans l’histoire de la marine de guerre, cette bataille navale présente la première utilisation d’un navire cuirassé dans un affrontement militaire. Le contexte est rapidement établi : la guerre de Sécession, c’est-à-dire une guerre civile survenue entre 1861 et 1865 aux États-Unis. L’un des personnages mentionne le nom de Jefferson Davies (1808-1889), président des États-Unis confédérés de 1861 à 1865. Si le récit s’attache à quelques personnages jusqu’au conflit lui-même, le dossier évoque d’autres personnages historiques ayant eu une importance majeure dans l’évolution des navires de guerre : Henri-Joseph Paixans (1783-1854) inventeur du concept du canon-obusier, John Adolphus Bernard Dahlgren (1809-1870) pour le canon à chargement par la bouche en fonte, Thomas Jackson Rodman (1815-1871) pour le canon mixte boulet et obus, William George Armstrong (1810-1900) pour le canon rayé à chargement par la culasse, Martin von Wahrendorff (1789-1861) inventeur du mécanisme de chargement par la culasse des canons, Robert Parker Parrott (1804-1877) pour la mise au point d’un canon à âme rayée, Jacques-Noël Sané (1740-1831) ingénieur constructeur naval français, l’un des plus brillants de l’âge de la voile, surnommé aussi le Vauban de la marine. Ce qui donne une vision éclairante des enjeux techniques. Au premier degré, l’auteur évoque les dernières phases de préparation du CSS Virginia, et en parallèle évoque la réaction côté Union. Comme à son habitude, l’auteur prend soin de promener le lecteur dans des lieux variés, insufflant ainsi du rythme à son récit et de la diversité de manière organique. Ainsi le lecteur se retrouve les pieds dans la boue à côté d’un canon sur un platelage en bois dans le fortin, puis dans un fortin du camp opposé à partager sa gamelle avec les soldats en buvant dans des tasses métalliques, dans les chantiers navals à Greenpoint (New York), puis ceux de Norfolk avec les rues en terre. Enfin devant le CSS Virginia en train d’être carapaçonné pour devenir un cuirassé dans une splendide illustration en double page (seize et dix-sept). Il se retrouve à suivre le lieutenant Taylor Wood sur sa monture dans des routes enneigées. Il peine avec les soldats à marcher dans la neige sous le vent pour regagner Norfolk à pied. Enfin le temps est venu de la première sortie du CSS Virginia qui fait feu sur un navire de l’Union, alors que les boulets pleuvent littéralement autour de lui, certains atteignant leur cible. Il passe la nuit dans un fortin avec les militaires en train de supputer quelles actions seront les plus probables le lendemain. La bataille opposant le CSS Virginia et le USS Monitor : en trois pages dont un dessin en double page, l’affrontement a eu lieu, bref, brutal et définitif. Le lecteur sent bien que ces pages se lisent toutes seules, chaque situation participant autant de l’évidence de que la plausibilité. En fonction de son horizon d’attente, il peut être plus ou moins contenté par les choix narratifs de l’auteur. Finalement la bataille navale s’avère très courte, ce qui correspond en fait à la réalité de son déroulement : deux sorties du premier cuirassé, chacune de quelques heures. Il peut trouver que consacrer la planche vingt-cinq au passage des saisons dans un plan fixe constitué de quatre cases de la largeur de la page aurait pu être employé à étoffer la narration par exemple quant aux circonstances historiques. D’un autre côté, il peut également l’interpréter comme une mise en scène du déroulement temporel menant à cette bataille : des jours, des semaines qui se passe sans que les soldats de l’Union ou confédérés ne perçoivent quelque information que ce soit concernant l’apparition à venir d’une nouvelle classe de navires. Comme à son habitude, l’auteur laisse de côté la gent féminine qui n’a pas le droit de cité dans son tome, et il met en scène des hommes burinés, blanchis sous le harnais pour certains. La direction d’acteurs fait ressortir des êtres humains sur la réserve propre à la vie en société, et à la relation subalterne découlant des grades dans l’armée. Ce qui n’empêche pas que leur visage exprime régulièrement des états d’esprit apportant une couleur inattendue à leurs propos, à commencer par ce soldat de l’Union portant une forme condescendance amusée sur l’inexpérience d’un jeune militaire, dans la première planche. Ou le même en page quarante-six arborant un air vraiment surpris (malgré son expérience) par les échanges de boulets de canon entre les deux cuirassés. Comme d’habitude chez cet auteur, le récit met en lumière à quel point la vie de chaque soldat est tributaire de décisions prises par des personnes maniant le pouvoir très loin des champs de bataille, méconnaissant complètement les conditions de vie des militaires en opération. Par exemple un soldat s’adresse un lieutenant pour donner son avis : Ce serait bien la première fois que ces abrutis de l’état-major auraient un plan, ils sont juste bons à les faire monter à l’assaut au premier coup de feu ! Un autre fait remarquer que : Le pire c’est cette guerre, car hier leurs grands-pères se sont battus pour leur offrir la liberté. Aujourd’hui, leurs descendances s’entretuent pour des histoires d’esclavage ou on ne sait trop bien quoi ! Plus loin un photographe plantant son appareil pour essayer d’obtenir un cliché de la bataille qui va se dérouler dans la baie, constate avec un cynisme à toute épreuve que : Ce qui l’ennuie, c’est qu’il n’y a même pas de quoi faire une belle photo avec toute cette fumée ! Malgré tout, à l’issue de la bataille navale, les uns et les autres ont conscience qu’ils ont assisté à un moment déterminant dans l’histoire de la marine : Le temps de la marine à voile et aux carènes de bois semble bien révolu ! À nouveau, le lecteur régulier (sans forcément être systématique) de la série en perçoit sa dimension sous-jacente : pointer les moments clés de l’évolution des engagements navals, soit en les racontant directement, comme cette première apparition de cuirassés, soit en les évoquant, comme l’évolution des techniques des canons. Avec le recul, une bataille d’une ampleur très réduite, en réalité l’affrontement de deux navires à une reprise. En fait une bataille de référence dans l’histoire de ces engagements car il s’agit de la première apparition d’un navire cuirassé. L’artiste et le scénariste (oui, c’est la même personne) font preuve d’un art consommé de la narration que ce soit par le réalisme rêche des dessins et la qualité de la reconstitution historique, ou par l’habileté élégante avec laquelle les informations apparaissent à chaque page, dressant un portrait multi-facette de la situation. Du bel ouvrage.

06/06/2026 (modifier)
Par Talum
Note: 3/5
Couverture de la série Les Princes d'Arclan
Les Princes d'Arclan

C’est une aventure fantasy légère, agrémentée d’une touche d’enquête, qui se lit agréablement en une ou deux soirées. Même si le dessin comme le scénario ne proposent rien de véritablement exceptionnel, l’histoire reste captivante et parvient à immerger efficacement le lecteur dans une atmosphère de fantasy coloniale inspirée des Caraïbes. L’univers évoque l’époque des compagnies commerciales maritimes et des États insulaires caribéens, transposée dans un cadre fantastique. Ce n’est ni le récit le plus profond ni le plus ambitieux, mais il parvient sans difficulté à maintenir l’intérêt jusqu’à la dernière page. Parmi les points faibles, je noterais qu’Olgo et Lekard, deux des personnages principaux, se ressemblent beaucoup : mêmes visages, mêmes barbes, coiffures très proches et même couleur de cheveux. Au début, il n’est pas toujours facile de les distinguer ou de les mémoriser. J’ai également eu l’impression que l’auteur ne faisait qu’effleurer un univers beaucoup plus vaste, riche en histoires potentielles. Le cadre paraît bien plus grand que l’intrigue elle-même. Ce que nous lisons n’est finalement qu’une histoire parmi des centaines d’autres possibles : celle de quatre personnages aux objectifs et motivations différents, dont les destins se croisent de manière habile. Au final, c’est une bonne bande dessinée de divertissement : agréable à lire, immersive et cohérente. Elle ne cherche pas à révolutionner le genre ni à transmettre des idées particulièrement marquantes, mais elle remplit parfaitement son rôle. Une lecture sympathique, sans être pour autant mémorable ou exceptionnelle.

06/06/2026 (modifier)
Par Lodi
Note: 5/5
Couverture de la série Bande d'arrêt d'urgence
Bande d'arrêt d'urgence

Autrefois, pour dire qu'on prenait quelqu'un de haut, on disait qu'on le traitait cavalièrement, nom d'un cheval et d'un chevalier ! Le véhicule, animal ou mécanique, rehausse face au piéton et induit de vivre dans son monde ou de le prendre de haut. C'est inévitable, ne faisons pas de la publicité, du capitalisme, de la vitesse ou de je ne sais quoi encore, la cause. C'est un rapport de force élémentaire, basique… Cependant, l'œuvre l'exprime de façon dramatisée mais juste par exemple avec l'image du piano risquant de tomber sur le piéton…. Et elle explore tous les détails de cette situation. Les conducteurs ne sont pas coupables, mais ils le deviendraient si après cette lecture, ils n'adoptaient pas une conduite plus respectueuse des cyclistes et autres piétons.

05/06/2026 (modifier)
Par Vaudou
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Eternus 9
Eternus 9

Félicitations Dave, vous venez de trouver le second monolithe de la bande dessinée bis. Il vous en reste 7 à trouver... Aucun avis sur ce chef d'oeuvre vraiment ? Je vais devoir réparer ce sacrilège alors. Car si je lis des bandes dessinées, c'est pour découvrir des œuvres comme Eternus 9. Victor Mesquita, auteur portugais à la reconnaissance proche du néant, décide de sortir ce petit bijou totalement méconnu en l'an de grâce 1983. L'humanité est condamnée à court terme à cause de la surpopulation. Les scientifiques décident d'envoyer dans l'espace un couple avec une mission pour le moins originale : procréer un enfant qui sera capable de vivre dans le cosmos, libéré des contraintes physiques et temporels. Le récit est donc une odyssée spatiale et métaphysique, avec une narration qui se veut poétique, sans être trop compliquée. Pas besoin de relire trois fois une page. Bon, deux fois peut être... L'esthétique, très vintage, est au diapason de l'histoire : architectures monumentales en pleine page à la Philippe Druillet, paysages psychédéliques saturés de couleurs explosives, effets d'optique, vaisseaux spatiaux de toute beauté... Chaque planche est un tableau d'une richesse graphique inouïe. Le tour de force : Eternus 9 n'est pas du tout un trip visuel hasardeux. Le but de Mesquita est clairement de jouer avec l'inconscient de son lecteur, de le mettre au centre d'une expérience hypnotique. Il suffit d'accepter le voyage... Une masterclass, à ranger fièrement à côté de Delirius.

05/06/2026 (modifier)
Couverture de la série La Muette - Drancy, un camp aux portes de Paris
La Muette - Drancy, un camp aux portes de Paris

Un album agréable à lire – si tant est que l’on puisse parler de plaisir en lisant cette présentation d’un enfer haineux… Les auteurs se sont solidement documentés. Ça se voit tout au long de l’album, et se vérifie avec les sources données en fin d’album (et c’était confirmé par la préface d’Annette Wieviorka). « La Muette », c’est le nom de la cité de Drancy qui va servir, durant toute l’occupation, de « camp de transit », « stockant les Juifs raflés avant que ceux-ci ne remplissent les convois en direction des camps d’extermination en Pologne, une fois que la « Solution finale » a été précisée à Wannsee. Encore que l’expression camp de transit soit assez floue. Car La Muette est plus qu’un avant-goût de l’enfer, elle en est une partie. En effet, nombreux sont ceux qui succombent aux mauvais traitements, affamés, fous, humiliés en permanence. On voit bien la collaboration de la police et donc de Vichy (pour les grandes rafles, mais aussi pour la surveillance de ce camp). Je ne peux donc que me joindre aux auteurs, qui parlent d’ordures à propos de ceux qui tentent de réhabiliter Pétain et son œuvre, prétendant que celui-ci a « sauvé » les Juifs français. On voit aussi la radicalisation des Nazis (après Wannsee) et de Laval, lorsque les rafles – et les convois vers la mort – ne concerneront plus seulement les hommes, mais aussi les femmes et les enfants. La force de ce récit est de donner corps aux victimes. De donner à voir noms et visages, de « réhumaniser » ces personnes, qui ont été déshumanisées avant que d’être exterminées. Le dessin est fluide, et la bichromie bleue/gris convient bien à l’atmosphère grisâtre, terne et déprimante qui domine parmi ces êtres en sursis. Un album à lire, pour ne pas oublier ce à quoi mène l’essentialisation et le rejet de groupes stigmatisés. Ici les Juifs, mais aujourd’hui d’autres populations pourraient en être victimes.

05/06/2026 (modifier)