Cette BD m'est apparue doublement démodée.
D'abord par son sujet même : les scooters. J'ai vraiment l'impression que ce n'est plus du tout dans l'air du temps aujourd'hui, en 2026, largement supplantés par les vélos et trottinettes électriques, ou par les motos pour ceux qui restent attachés aux vrais deux-roues motorisés. Et même en 2011, date de sortie de l'album, ça donnait déjà un petit côté en retard, la vraie période "boosters" me semblant plutôt appartenir à la fin des années 90.
Ensuite par son concept, qui reprend avec vingt ans de retard, la formule de Joe Bar Team et de ses nombreux ersatz, mais dans une version beaucoup moins inspirée. Le problème, c'est que là où les motos pouvaient encore faire rêver, les scooters donnent ici une impression beaucoup plus banale, presque cheap, qui n'aide pas à embarquer le lecteur.
Côté dessin, c'est correct sans plus. Le trait est souple, mais l'encrage est trop léger, ce qui donne un rendu un peu fade, parfois proche de l'inachevé. Il n'y a pas vraiment de personnalité graphique qui se dégage.
Les gags, eux, ont le mérite d'être assez variés, mais ça ne suffit pas. Je ne les ai globalement pas trouvés drôles, et ils tournent trop souvent autour du côté dragueur lourdingue d'un personnage principal peu attachant. Résultat, l'humour tombe trop souvent à plat.
Je n'ai pas ri, et surtout je me suis ennuyé.
La tâche n'était pas facile ! Aborder de manière synthétique et accessible, agréable pour le public non spécialisé, des penseurs aussi complexes et difficiles, était dès le départ un pari risqué. Les auteurs parviennent à relever le défi avec brio, je pense.
Le texte nous présente l'impact d'auteurs français contemporains, M. Foucault, J. Derrida, G. Deleuze et F. Guattari, J. Baudrillard et de leurs concepts centraux, aux États-Unis, dans leur environnement intellectuel, social, politique. Cela est fait avec fidélité mais avec un certain humour également. Le dessin est simple mais efficace et l'on reconnaît bien les protagonistes.
Il a fallu faire des choix, et quelques auteurs comme J. F. Lyotard ne sont mentionnés qu'en passant. En résumé, j'ai trouvé cela très instructif et je recommande la lecture, non seulement aux philosophes en herbe.
Série globalement inégale, avec pas mal de récits assez oubliables, mais quelques tomes sortent clairement du lot.
Pour moi, les meilleurs sont La Ballade de Jango Fett et Dark Maul : Fils de Dathomir. (4/5) Le premier fonctionne super bien grâce à son ambiance de chasseur de primes et un Jango vraiment charismatique. Le second est tout simplement au-dessus en termes d’écriture, plus intense et plus moderne, avec un vrai développement du personnage de Maul.
À côté de ça, la plupart des récits centrés sur Dark Vador restent assez passables. (3/5) Ça se laisse lire, il y a de l’action, mais ça manque souvent de profondeur et d’impact, on est plus sur du contenu “correct” que mémorable.
Au final, une série à parcourir en sélectionnant les meilleurs tomes plutôt que de tout lire.
J’ai bien aimé le dessin de Beroy. Je n’avais pas trop aimé la colorisation des albums que j’avais déjà lus de lui, et ici le choix de n’utiliser que du Noir et Blanc et quelques nuances de gris donne quelque chose de bien plus agréable et abouti je trouve.
L’histoire est difficile à résumer. Elle est même difficile à appréhender, j’ai mis du temps à entrer dedans, tant elle se révèle complexe. Elle se déroule sur plusieurs plans, mêle rêves et réalité, joue sur la folie.
L’ambiance de l’intrigue – son point fort – s’accommode très bien du dessin et des choix de colorisation : peu de lumière, pour un récit se laisse apprivoiser lentement, sans forcément livrer toutes les clés. Un album intriguant, original.
Ça n’est a priori pas le genre d’album que j’achèterais ou emprunterais (les auteurs, le genre, mais aussi le fait que je ne suis pas vraiment un « fêtard » et donc beaucoup de situations évoquées ici m’ont laissé de marbre). Mais je l’ai rencontré dans une boîte à livre (où il va retourner illico), et donc j’ai fait l’effort de le lire. Je dis bien l’effort, tant ça n’est pas ma came.
C’est un album sans réelle ambition, comme le duo d’auteurs en a produit pas mal (Jim a poursuivi l’épuisement du filon tout seul sur certains albums). On est dans du « facile », de la BD de supermarché, des cadeaux pour les sans idées de cadeau je dirais (et m’offrir ça prouverait qu’on ne me connait pas du tout !).
Bref, Jim arrive quand même à amener quelques idées, quelques gags, mais aucun ne m’a fait rire, et seuls quelques rares sourires forcés m’empêchent de mettre la note minimale. Surtout que le problème de ce type d’album, qui épuise jusqu’au bout du bout une idée de départ, c’est que rapidement il y a des redites, et « l’intro » des trois premières pages rassemble déjà la plupart des idées développées par la suite…
Le dessin de Fredman est certes lisible, mais ça n’est clairement pas ma tasse de thé. Sans âme, pas vraiment joli. Il fait le boulot on va dire. Quant à la colorisation, je ne l’aime pas. Baveuse parfois, informatique et sans nuance, pas mon truc non plus.
Pas mon truc donc.
Diosamante ouvre les yeux, et par ses yeux c’est l’Univers qui regarde…
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Lecture de l'intégrale qui rassemble le premier tome de la série, ainsi que la vingtaine de pages du deuxième resté inachevé : La Passion de Diosamante (1992) et Les enfants de Diosamante. Sa première édition date de 2010. Ils ont été réalisés par Alejandro Jodorowsky pour le scénario et par Jean-Claude Gal (1942-1992) pour les dessins et les couleurs. Cette intégrale comprend soixante-quatorze pages de bande dessinée, cinquante-cinq pour le tome 1, dix-neuf pour le début du tome 2. La série a été interrompue suite au décès du dessinateur. Le scénariste a réalisé la suite : La parabole du fils perdu (2002) avec Igor Kordey.
Chapitre 1 L’ascension de l’âme. Tu ne me chercherais pas si tu ne m’avais pas déjà trouvé. – Pascal. Le sage avait raison qui disait : Le Destin conduit celui qui accepte, celui qui refuse, il le traîne… Diosamante, reine d’Arhas, lui opposa un tel déni que le Destin lui fit tout perdre en l’espace d’un instant. Dans le même temps, par le fait même qu’une telle perte équivalait à une renonciation infinie, il lui faisait regagner l’essentiel : son impénétrable Vérité. Diosamante était d’une beauté si intense qu’en Arhas, toutes les autres femmes ne furent bientôt qu’insignifiantes ombres domestiques et que les hommes, partageant un seul et même rêve ne vivaient plus que pour devenir un jour son amant. Jeunes ou vieux, riches ou pauvres, nobles ou serfs, abandonnant tout autre activité, s’employaient à acquérir force et adresse dans le maniement des armes, avec l’espoir de triompher lors de la Joute et d’être le Champion qui, pendant la première nuit du Nouvel An, mériterait de partager la Couche Royale pour accepter ensuite qu’au cours du derniers mois, à l’occasion du Solstice d’Hiver, elle lui arrachât le cœur, en guise d’atroce démonstration d’amour, afin d’en dévorer un morceau et de précipiter le reste de la dépouille encore palpitante entre les crocs de ses hyènes noires. Voilà pourquoi de farouches guerriers, après avoir abandonné des épouses aux yeux secs, avancent à présent en trébuchant sur les rats téméraires des ruelles désertées, ivres de haine et de désir, vers le Palais Ardent où les attend l’unique femelle du Royaume, nue et luisante telle la lune en son plein… Voilà pourquoi des fossoyeurs souriants creusent d’innombrables sépultures : aujourd’hui est la première nuit du Nouvel An.
Das la cité d’Arhas, les deux servantes de la reine lui ôtent son voile, et elles se retrouve nue dans son immense chambre. Elle va s’allonger sur sa couche, congédiant les deux jeunes filles, et regardant les deux prétendants s’affronter en ombre chinoise derrière le voile tendu devant l’entrée. Les deux guerriers combattent à l’épée, vantant la force suprême de leur amour pour la reine, malgré sa cruauté. L’un des deux triomphe et décapite son adversaire pour offrir sa tête tranchée à Diosamante qui l’accueille avec volupté dans sa couche… Et il s’écroule sur elle, mort, un morceau d’épée planté dans son dos. Elle repousse le corps en disant qu’elle voulait un amant, pas un cadavre. Et elle lève, se drape du voile comme d’une robe, s’équipe d’une épée dans son fourreau ceint à sa taille et sort pour contempler la ville. Elle la découvre en proie aux flammes, les habitants en train d’être massacrés par les Barbares.
Les années ayant passé, les décennies également, le lecteur dispose des informations relatives à ce projet éditorial, au fait que la série ait été laissée inachevée, un second tome ayant vu le jour bien plus tard, dessiné par Igor Kordey, excellent artiste, n’ayant pour seul tort ne pas être Jean-Claude Gal. Les deux derniers tomes n’ont jamais été réalisés. Dans son introduction de janvier 2010, le scénariste évoque sa rencontre avec le dessinateur, la série Arn scénarisée par Jean-Pierre Dionnet, également connue sous le nom de Epopées fantastiques (Arn / Les armées du conquérant), et l’accord qu’il obtient de l’artiste lui-même de réaliser une série en couleurs. Puis il raconte que : Les trois premiers albums de Gal racontant les aventures de guerriers virils, il a décidé dans sa recherche sacrée de la différence de créer une héroïne, Diosamante, une femme hors du commun, qui réunit en son âme la sagesse et la beauté. Il a imaginé une histoire en quatre tomes. Dans le premier, Diosamante rencontre son amour, un saint homme avec qui elle aura trois fils. Dans le deuxième tome, elle sauve le premier d’entre eux. Dans les deux derniers tomes, elle libère ses autres enfants et retrouve sa vie d’avant la guerre. Et voilà tout est dit, le lecteur découvre que l’histoire est exactement conforme à ce qu’annonce le scénariste.
Il est possible que le lecteur entame ce tome avec une petite arrière-pensée irrépressible du genre : Ça va être compliqué. Il peut avoir en tête d’autres ouvrages de ce même scénariste à forte teneur mystique ou ésotérique, ou enfilant des horreurs insoutenables l’une après l’autre. Il éprouve la sensation que ses a priori s’avèrent fondés en découvrant la première page : un texte avec une illustration courant au pied et sur la partie gauche de la page. Or la page de texte constitue un repoussoir réflexe pour qui est venu lire une bande dessinée. Dans les faits, cette introduction se lit facilement, amenant à une scène d’action dès la deuxième planche, le lecteur soupire, tout va bien se passer. L’ensemble du récit illustré par Gal se compose de cinq chapitres avec les titres suivants : L’ascension de l’Âme, Les contraires unis par l’Amour, La Vérité de l’Illusion, Rien n’est fait pour durer et toujours sur lui-même le Monde se referme, La force de l’Amour triomphe de toutes les épreuves. Les quatre premiers chapitres s’ouvrent avec une citation de Blaise Pascal (1623-1662), puis de Angelus Silesius (1624-1677), El Topo (personnage principal du film du même nom de 1970, réalisé par Jodorowsky), Lao Tseu (VIe ou Ve siècle avant JC). Ces citations sont suivies par un paragraphe commençant par : Le Sage avait raison qui disait… Par exemple pour le premier chapitre : Le Destin conduit celui qui accepte, celui qui refuse, il le traîne…
En fait, une fois passé le texte introductif du premier chapitre, le lecteur en prend plein les yeux et ces considérations se trouvent reléguées au second plan. Quel spectacle ! Il s’agit d’un récit appartenant au genre Heroic Fantasy : il saute immédiatement aux yeux du lecteur que l’artiste (et cette appellation est totalement méritée) veut donner à voir ce monde imaginaire dans ses moindres détails, qu’il soit possible d’éprouver la sensation de le toucher, d’imaginer ce qui se trouve après la bordure de chaque case. Et c’est une réussite exemplaire. En fait, dès la page de texte avec cette illustration, c’est déjà incroyable : la texture de la pierre variant à chaque endroit, la sculpture finement ouvragée, le serpent, la jarre, les rochers, tout mérite que le lecteur y prenne son temps pour observer et scruter. La deuxième planche s’ouvre avec une case de la largeur de la page montrant plusieurs édifices en pierre de la cité, avec ce même soin apporté à définir chaque volume, à retranscrire le matériau dans toutes ses aspérités, avec un serpent au premier plan à gauche, une petite statue d’une déesse, les façades sculptées dans la pierre des temples… À nouveau il est possible d’y consacrer plusieurs minutes sans épuiser la richesse du dessin. Les parois de la chambre de la reine présentent tout autant de détails, de sculptures finement ouvragées. Les tenues de cérémonie des deux guerriers regorgent de détails. Etc. C’est un festin à chaque case.
Il est impossible de rendre compte de la munificence de chaque planche, chaque case étant un spectacle à elle seule. Visiblement le scénariste en a pleinement conscience, car il laisse les images porter la narration, en se faisant moins dissert qu’à son habitude. Alors le lecteur se laisse emmener dans ces lieux pleinement réalisés et ces séquences tangibles : attaque des Barbares, combats sanglants, magnificence de l’enceinte de la cité de Sarabba, beauté baroque du palais d’Urbal avec le trône gigantesque à l’extrémité d’un pont surplombant un bassin, ruine d’une autre cité où deux clans se font la guerre avec l’extermination mutuelle comme seule issue envisageable, temple perdu dans les montagnes avec ses statues de moines méditant, navire voguant sur les flots, etc. L’investissement et la minutie de l’artiste sont totaux et sans compromission de la première à la dernière case, un travail de titan. Dans son introduction, le scénariste indique qu’il avait accepté de travailler avec l’artiste sous réserve que celui-ci relève le défi de travailler en couleurs, ce qu’il a fait. Il sait coloriser les formes sans jamais les noyer, tout en travaillant pour aboutir à une ambiance pour chaque scène, en conservant la sensation d’une approche réaliste, du grand art.
Émerveillé par la narration visuelle enchanteresse et extraordinaire, le lecteur laisse l’intrigue passer au second plan. Fidèle à lui-même, le scénariste imagine une suite d’épreuves terribles et parfois sadiques comme métaphore de la progression spirituelle de son héroïne. Celle-ci avait littéralement le monde à ses pieds, et elle doit cheminer vers l’humilité, l’éveil spirituel, pour pouvoir obtenir ce que son cœur désire plus que tout : un mari et des enfants… Bon un peu plus que ça. Comme tous les héros mâles du scénariste, elle doit souffrir dans sa chair, et se faire humilier jusqu’au dernier degré, Jodorowsky se montrant d’une cruauté inventive quel que soit le genre des personnages. Le décès de l’artiste met un terme aux aventures avant qu’elle ne puisse sauver ses trois enfants et regagner son foyer. Toutefois, elle aura progressé sur le chemin de l’amélioration personnelle cher au scénariste, devant apprendre la leçon de l’humilité de manière répétée et à chaque fois plus humiliante.
Le lecteur sait en commençant cette série qu’elle n’a pas eu de fin. S’il commence par l’introduction du scénariste, il en découvre l’issue qu’il voulait lui donner, en même temps qu’une version synthétique des pages qu’il va lire. Rien ne peut le préparer à la solidité du monde dans lequel il va s’immerger, à la méticulosité des planches approchant le photoréalisme pour un monde imaginaire d’une richesse visuelle inouïe. Alors que tous les hommes tombent amoureux de Diosamante, lui tombe amoureux de la puissance incroyable des lieux et des personnages. Une trame narrative classique pour Jodorowsky, sublimée par la narration visuelle de Jean-Claude Gal. Un voyage inoubliable, qui importe plus que la destination.
2.5
Tiens, un autre comics où une autrice raconte un événement traumatisant de son enfance.
On suit parallèlement le personnage principal féminin (l'autrice, donc) comme adulte qui se remémore un mauvais souvenir et comme enfant qui va vivre un horrible événement. J'avoue qu'au début je ne comprenais pas trop bien où l'autrice voulait en venir jusqu'à ce que la tragédie arrive. Il y a peu de textes et l'autrice traite le tout avec pudeur. On a donc pas beaucoup d'explications, mais le lecteur peut facilement comprendre ce qui s'est passé en regardant le dessin. Après qu'on voit le passé de la femme, on va la voir accepter ce qui s'est passé et faire la paix avec son passée.
La BD m'a un peu ému, mais ça se lit tellement vite qu'au final ce n'est pas une lecture qui m'a particulièrement marqué. C'est vraiment une lecture pour les fans de romans graphiques un peu contemplatif (si vous aimez l'action, vous allez vous ennuyez ferme). Le dessin est correct et sobre.
Zidrou et Maltaite se moquent des travers des touristes et l'humour n'a pas fonctionné sur moi.
Je sais que lorsqu'on fait de la satire sociale, les défauts sont exagérés pour l'humour, mais ici c'est trop caricatural pour moi. Un autre problème est que si Zidrou n'a jamais été un scénariste subtile, ici j'ai eu l'impression que c'était pire que d'habitude. Les messages qu'il essaie de passer sont amenés avec des gros sabots. Il faut dire aussi qu'on change de personnages à chaque récit. Si on suivait les mêmes touristes, peut-être que je me serais attaché à eux malgré leurs défauts, comme c'est le cas avec une série comme 'Les Bidochons', mais ici on a juste droit à une galerie de touristes antipathiques qui n'ont rien d'autre à faire qu'être cons et méchants. L'humour est lourd.
Il reste le dessin de Maltaite qui est pas mal dans le genre bd humoristique à gros nez.
L'œuvre me touche entre autre parce qu'elle ne manipule pas : elle montre ce qui arrive quand un pouvoir, ici financier, a trop de pouvoir : des abus aux conséquences très graves. Elle ne diabolise pas, elle montre des mécanismes qu'il faut changer, le décalage entre ceux qui prennent les décisions et ceux qui les subissent. Est-ce qu'il faut surjouer en en rajoutant dans la souffrance des victimes ? Moi, je trouve beau le dessin, beau, sérieux et sévère, en accord avec le climat glacial des contrées théâtre du drame.
Pas le polar du siècle, et finalement l’intrigue se révèle quelque peu linéaire. Mais pourtant c’est une lecture très recommandable pour les amateurs de polar.
Une intrigue qui mise presque tout sur l’ambiance – de plus en plus noire – et le rythme – de plus en plus rapide. De fait, on ne s’ennuie vraiment pas en lisant ce récit, dont la tension monte crescendo, après quelques scènes d’exposition, plantant le décor, et présentant brièvement les principaux protagonistes.
Tout s’enchaine ensuite rapidement, sur un rythme haletant, dans une sorte d’exercice de style, dans lequel Lapham multiplie les coups d’accélérateurs. Peut-être un peu trop sur la fin dans la fête foraine. Autre petit bémol, je n’ai pas trop compris comment Daniel avait trouvé l’endroit exact où se trouvait Mia – et donc Suzanne (à moins qu’un détail m’ait échappé).
Pour densifier l’intrigue et la faire paraître moins linéaire, Lapham fait apparaitre les troubles mentaux du psychopathe Daniel de façon originale (ce qui donne aussi son titre à l’album – voir aussi la quatrième de couverture), Daniel ayant quelques poissons lui grignotant la tête – et les neurones ?
Ceci pour finir sur le dessin, plutôt bon, lisible et dynamique. Le Noir et Blanc convient très bien à ce type de récit.
Note réelle 3,5/5.
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Cette BD m'est apparue doublement démodée. D'abord par son sujet même : les scooters. J'ai vraiment l'impression que ce n'est plus du tout dans l'air du temps aujourd'hui, en 2026, largement supplantés par les vélos et trottinettes électriques, ou par les motos pour ceux qui restent attachés aux vrais deux-roues motorisés. Et même en 2011, date de sortie de l'album, ça donnait déjà un petit côté en retard, la vraie période "boosters" me semblant plutôt appartenir à la fin des années 90. Ensuite par son concept, qui reprend avec vingt ans de retard, la formule de Joe Bar Team et de ses nombreux ersatz, mais dans une version beaucoup moins inspirée. Le problème, c'est que là où les motos pouvaient encore faire rêver, les scooters donnent ici une impression beaucoup plus banale, presque cheap, qui n'aide pas à embarquer le lecteur. Côté dessin, c'est correct sans plus. Le trait est souple, mais l'encrage est trop léger, ce qui donne un rendu un peu fade, parfois proche de l'inachevé. Il n'y a pas vraiment de personnalité graphique qui se dégage. Les gags, eux, ont le mérite d'être assez variés, mais ça ne suffit pas. Je ne les ai globalement pas trouvés drôles, et ils tournent trop souvent autour du côté dragueur lourdingue d'un personnage principal peu attachant. Résultat, l'humour tombe trop souvent à plat. Je n'ai pas ri, et surtout je me suis ennuyé.
French Theory
La tâche n'était pas facile ! Aborder de manière synthétique et accessible, agréable pour le public non spécialisé, des penseurs aussi complexes et difficiles, était dès le départ un pari risqué. Les auteurs parviennent à relever le défi avec brio, je pense. Le texte nous présente l'impact d'auteurs français contemporains, M. Foucault, J. Derrida, G. Deleuze et F. Guattari, J. Baudrillard et de leurs concepts centraux, aux États-Unis, dans leur environnement intellectuel, social, politique. Cela est fait avec fidélité mais avec un certain humour également. Le dessin est simple mais efficace et l'on reconnaît bien les protagonistes. Il a fallu faire des choix, et quelques auteurs comme J. F. Lyotard ne sont mentionnés qu'en passant. En résumé, j'ai trouvé cela très instructif et je recommande la lecture, non seulement aux philosophes en herbe.
Star Wars - Le Côté Obscur
Série globalement inégale, avec pas mal de récits assez oubliables, mais quelques tomes sortent clairement du lot. Pour moi, les meilleurs sont La Ballade de Jango Fett et Dark Maul : Fils de Dathomir. (4/5) Le premier fonctionne super bien grâce à son ambiance de chasseur de primes et un Jango vraiment charismatique. Le second est tout simplement au-dessus en termes d’écriture, plus intense et plus moderne, avec un vrai développement du personnage de Maul. À côté de ça, la plupart des récits centrés sur Dark Vador restent assez passables. (3/5) Ça se laisse lire, il y a de l’action, mais ça manque souvent de profondeur et d’impact, on est plus sur du contenu “correct” que mémorable. Au final, une série à parcourir en sélectionnant les meilleurs tomes plutôt que de tout lire.
Aliénation
J’ai bien aimé le dessin de Beroy. Je n’avais pas trop aimé la colorisation des albums que j’avais déjà lus de lui, et ici le choix de n’utiliser que du Noir et Blanc et quelques nuances de gris donne quelque chose de bien plus agréable et abouti je trouve. L’histoire est difficile à résumer. Elle est même difficile à appréhender, j’ai mis du temps à entrer dedans, tant elle se révèle complexe. Elle se déroule sur plusieurs plans, mêle rêves et réalité, joue sur la folie. L’ambiance de l’intrigue – son point fort – s’accommode très bien du dessin et des choix de colorisation : peu de lumière, pour un récit se laisse apprivoiser lentement, sans forcément livrer toutes les clés. Un album intriguant, original.
Nos pires fêtes foireuses
Ça n’est a priori pas le genre d’album que j’achèterais ou emprunterais (les auteurs, le genre, mais aussi le fait que je ne suis pas vraiment un « fêtard » et donc beaucoup de situations évoquées ici m’ont laissé de marbre). Mais je l’ai rencontré dans une boîte à livre (où il va retourner illico), et donc j’ai fait l’effort de le lire. Je dis bien l’effort, tant ça n’est pas ma came. C’est un album sans réelle ambition, comme le duo d’auteurs en a produit pas mal (Jim a poursuivi l’épuisement du filon tout seul sur certains albums). On est dans du « facile », de la BD de supermarché, des cadeaux pour les sans idées de cadeau je dirais (et m’offrir ça prouverait qu’on ne me connait pas du tout !). Bref, Jim arrive quand même à amener quelques idées, quelques gags, mais aucun ne m’a fait rire, et seuls quelques rares sourires forcés m’empêchent de mettre la note minimale. Surtout que le problème de ce type d’album, qui épuise jusqu’au bout du bout une idée de départ, c’est que rapidement il y a des redites, et « l’intro » des trois premières pages rassemble déjà la plupart des idées développées par la suite… Le dessin de Fredman est certes lisible, mais ça n’est clairement pas ma tasse de thé. Sans âme, pas vraiment joli. Il fait le boulot on va dire. Quant à la colorisation, je ne l’aime pas. Baveuse parfois, informatique et sans nuance, pas mon truc non plus. Pas mon truc donc.
Diosamante
Diosamante ouvre les yeux, et par ses yeux c’est l’Univers qui regarde… - Lecture de l'intégrale qui rassemble le premier tome de la série, ainsi que la vingtaine de pages du deuxième resté inachevé : La Passion de Diosamante (1992) et Les enfants de Diosamante. Sa première édition date de 2010. Ils ont été réalisés par Alejandro Jodorowsky pour le scénario et par Jean-Claude Gal (1942-1992) pour les dessins et les couleurs. Cette intégrale comprend soixante-quatorze pages de bande dessinée, cinquante-cinq pour le tome 1, dix-neuf pour le début du tome 2. La série a été interrompue suite au décès du dessinateur. Le scénariste a réalisé la suite : La parabole du fils perdu (2002) avec Igor Kordey. Chapitre 1 L’ascension de l’âme. Tu ne me chercherais pas si tu ne m’avais pas déjà trouvé. – Pascal. Le sage avait raison qui disait : Le Destin conduit celui qui accepte, celui qui refuse, il le traîne… Diosamante, reine d’Arhas, lui opposa un tel déni que le Destin lui fit tout perdre en l’espace d’un instant. Dans le même temps, par le fait même qu’une telle perte équivalait à une renonciation infinie, il lui faisait regagner l’essentiel : son impénétrable Vérité. Diosamante était d’une beauté si intense qu’en Arhas, toutes les autres femmes ne furent bientôt qu’insignifiantes ombres domestiques et que les hommes, partageant un seul et même rêve ne vivaient plus que pour devenir un jour son amant. Jeunes ou vieux, riches ou pauvres, nobles ou serfs, abandonnant tout autre activité, s’employaient à acquérir force et adresse dans le maniement des armes, avec l’espoir de triompher lors de la Joute et d’être le Champion qui, pendant la première nuit du Nouvel An, mériterait de partager la Couche Royale pour accepter ensuite qu’au cours du derniers mois, à l’occasion du Solstice d’Hiver, elle lui arrachât le cœur, en guise d’atroce démonstration d’amour, afin d’en dévorer un morceau et de précipiter le reste de la dépouille encore palpitante entre les crocs de ses hyènes noires. Voilà pourquoi de farouches guerriers, après avoir abandonné des épouses aux yeux secs, avancent à présent en trébuchant sur les rats téméraires des ruelles désertées, ivres de haine et de désir, vers le Palais Ardent où les attend l’unique femelle du Royaume, nue et luisante telle la lune en son plein… Voilà pourquoi des fossoyeurs souriants creusent d’innombrables sépultures : aujourd’hui est la première nuit du Nouvel An. Das la cité d’Arhas, les deux servantes de la reine lui ôtent son voile, et elles se retrouve nue dans son immense chambre. Elle va s’allonger sur sa couche, congédiant les deux jeunes filles, et regardant les deux prétendants s’affronter en ombre chinoise derrière le voile tendu devant l’entrée. Les deux guerriers combattent à l’épée, vantant la force suprême de leur amour pour la reine, malgré sa cruauté. L’un des deux triomphe et décapite son adversaire pour offrir sa tête tranchée à Diosamante qui l’accueille avec volupté dans sa couche… Et il s’écroule sur elle, mort, un morceau d’épée planté dans son dos. Elle repousse le corps en disant qu’elle voulait un amant, pas un cadavre. Et elle lève, se drape du voile comme d’une robe, s’équipe d’une épée dans son fourreau ceint à sa taille et sort pour contempler la ville. Elle la découvre en proie aux flammes, les habitants en train d’être massacrés par les Barbares. Les années ayant passé, les décennies également, le lecteur dispose des informations relatives à ce projet éditorial, au fait que la série ait été laissée inachevée, un second tome ayant vu le jour bien plus tard, dessiné par Igor Kordey, excellent artiste, n’ayant pour seul tort ne pas être Jean-Claude Gal. Les deux derniers tomes n’ont jamais été réalisés. Dans son introduction de janvier 2010, le scénariste évoque sa rencontre avec le dessinateur, la série Arn scénarisée par Jean-Pierre Dionnet, également connue sous le nom de Epopées fantastiques (Arn / Les armées du conquérant), et l’accord qu’il obtient de l’artiste lui-même de réaliser une série en couleurs. Puis il raconte que : Les trois premiers albums de Gal racontant les aventures de guerriers virils, il a décidé dans sa recherche sacrée de la différence de créer une héroïne, Diosamante, une femme hors du commun, qui réunit en son âme la sagesse et la beauté. Il a imaginé une histoire en quatre tomes. Dans le premier, Diosamante rencontre son amour, un saint homme avec qui elle aura trois fils. Dans le deuxième tome, elle sauve le premier d’entre eux. Dans les deux derniers tomes, elle libère ses autres enfants et retrouve sa vie d’avant la guerre. Et voilà tout est dit, le lecteur découvre que l’histoire est exactement conforme à ce qu’annonce le scénariste. Il est possible que le lecteur entame ce tome avec une petite arrière-pensée irrépressible du genre : Ça va être compliqué. Il peut avoir en tête d’autres ouvrages de ce même scénariste à forte teneur mystique ou ésotérique, ou enfilant des horreurs insoutenables l’une après l’autre. Il éprouve la sensation que ses a priori s’avèrent fondés en découvrant la première page : un texte avec une illustration courant au pied et sur la partie gauche de la page. Or la page de texte constitue un repoussoir réflexe pour qui est venu lire une bande dessinée. Dans les faits, cette introduction se lit facilement, amenant à une scène d’action dès la deuxième planche, le lecteur soupire, tout va bien se passer. L’ensemble du récit illustré par Gal se compose de cinq chapitres avec les titres suivants : L’ascension de l’Âme, Les contraires unis par l’Amour, La Vérité de l’Illusion, Rien n’est fait pour durer et toujours sur lui-même le Monde se referme, La force de l’Amour triomphe de toutes les épreuves. Les quatre premiers chapitres s’ouvrent avec une citation de Blaise Pascal (1623-1662), puis de Angelus Silesius (1624-1677), El Topo (personnage principal du film du même nom de 1970, réalisé par Jodorowsky), Lao Tseu (VIe ou Ve siècle avant JC). Ces citations sont suivies par un paragraphe commençant par : Le Sage avait raison qui disait… Par exemple pour le premier chapitre : Le Destin conduit celui qui accepte, celui qui refuse, il le traîne… En fait, une fois passé le texte introductif du premier chapitre, le lecteur en prend plein les yeux et ces considérations se trouvent reléguées au second plan. Quel spectacle ! Il s’agit d’un récit appartenant au genre Heroic Fantasy : il saute immédiatement aux yeux du lecteur que l’artiste (et cette appellation est totalement méritée) veut donner à voir ce monde imaginaire dans ses moindres détails, qu’il soit possible d’éprouver la sensation de le toucher, d’imaginer ce qui se trouve après la bordure de chaque case. Et c’est une réussite exemplaire. En fait, dès la page de texte avec cette illustration, c’est déjà incroyable : la texture de la pierre variant à chaque endroit, la sculpture finement ouvragée, le serpent, la jarre, les rochers, tout mérite que le lecteur y prenne son temps pour observer et scruter. La deuxième planche s’ouvre avec une case de la largeur de la page montrant plusieurs édifices en pierre de la cité, avec ce même soin apporté à définir chaque volume, à retranscrire le matériau dans toutes ses aspérités, avec un serpent au premier plan à gauche, une petite statue d’une déesse, les façades sculptées dans la pierre des temples… À nouveau il est possible d’y consacrer plusieurs minutes sans épuiser la richesse du dessin. Les parois de la chambre de la reine présentent tout autant de détails, de sculptures finement ouvragées. Les tenues de cérémonie des deux guerriers regorgent de détails. Etc. C’est un festin à chaque case. Il est impossible de rendre compte de la munificence de chaque planche, chaque case étant un spectacle à elle seule. Visiblement le scénariste en a pleinement conscience, car il laisse les images porter la narration, en se faisant moins dissert qu’à son habitude. Alors le lecteur se laisse emmener dans ces lieux pleinement réalisés et ces séquences tangibles : attaque des Barbares, combats sanglants, magnificence de l’enceinte de la cité de Sarabba, beauté baroque du palais d’Urbal avec le trône gigantesque à l’extrémité d’un pont surplombant un bassin, ruine d’une autre cité où deux clans se font la guerre avec l’extermination mutuelle comme seule issue envisageable, temple perdu dans les montagnes avec ses statues de moines méditant, navire voguant sur les flots, etc. L’investissement et la minutie de l’artiste sont totaux et sans compromission de la première à la dernière case, un travail de titan. Dans son introduction, le scénariste indique qu’il avait accepté de travailler avec l’artiste sous réserve que celui-ci relève le défi de travailler en couleurs, ce qu’il a fait. Il sait coloriser les formes sans jamais les noyer, tout en travaillant pour aboutir à une ambiance pour chaque scène, en conservant la sensation d’une approche réaliste, du grand art. Émerveillé par la narration visuelle enchanteresse et extraordinaire, le lecteur laisse l’intrigue passer au second plan. Fidèle à lui-même, le scénariste imagine une suite d’épreuves terribles et parfois sadiques comme métaphore de la progression spirituelle de son héroïne. Celle-ci avait littéralement le monde à ses pieds, et elle doit cheminer vers l’humilité, l’éveil spirituel, pour pouvoir obtenir ce que son cœur désire plus que tout : un mari et des enfants… Bon un peu plus que ça. Comme tous les héros mâles du scénariste, elle doit souffrir dans sa chair, et se faire humilier jusqu’au dernier degré, Jodorowsky se montrant d’une cruauté inventive quel que soit le genre des personnages. Le décès de l’artiste met un terme aux aventures avant qu’elle ne puisse sauver ses trois enfants et regagner son foyer. Toutefois, elle aura progressé sur le chemin de l’amélioration personnelle cher au scénariste, devant apprendre la leçon de l’humilité de manière répétée et à chaque fois plus humiliante. Le lecteur sait en commençant cette série qu’elle n’a pas eu de fin. S’il commence par l’introduction du scénariste, il en découvre l’issue qu’il voulait lui donner, en même temps qu’une version synthétique des pages qu’il va lire. Rien ne peut le préparer à la solidité du monde dans lequel il va s’immerger, à la méticulosité des planches approchant le photoréalisme pour un monde imaginaire d’une richesse visuelle inouïe. Alors que tous les hommes tombent amoureux de Diosamante, lui tombe amoureux de la puissance incroyable des lieux et des personnages. Une trame narrative classique pour Jodorowsky, sublimée par la narration visuelle de Jean-Claude Gal. Un voyage inoubliable, qui importe plus que la destination.
Ephemera
2.5 Tiens, un autre comics où une autrice raconte un événement traumatisant de son enfance. On suit parallèlement le personnage principal féminin (l'autrice, donc) comme adulte qui se remémore un mauvais souvenir et comme enfant qui va vivre un horrible événement. J'avoue qu'au début je ne comprenais pas trop bien où l'autrice voulait en venir jusqu'à ce que la tragédie arrive. Il y a peu de textes et l'autrice traite le tout avec pudeur. On a donc pas beaucoup d'explications, mais le lecteur peut facilement comprendre ce qui s'est passé en regardant le dessin. Après qu'on voit le passé de la femme, on va la voir accepter ce qui s'est passé et faire la paix avec son passée. La BD m'a un peu ému, mais ça se lit tellement vite qu'au final ce n'est pas une lecture qui m'a particulièrement marqué. C'est vraiment une lecture pour les fans de romans graphiques un peu contemplatif (si vous aimez l'action, vous allez vous ennuyez ferme). Le dessin est correct et sobre.
Fuck ze tourists !
Zidrou et Maltaite se moquent des travers des touristes et l'humour n'a pas fonctionné sur moi. Je sais que lorsqu'on fait de la satire sociale, les défauts sont exagérés pour l'humour, mais ici c'est trop caricatural pour moi. Un autre problème est que si Zidrou n'a jamais été un scénariste subtile, ici j'ai eu l'impression que c'était pire que d'habitude. Les messages qu'il essaie de passer sont amenés avec des gros sabots. Il faut dire aussi qu'on change de personnages à chaque récit. Si on suivait les mêmes touristes, peut-être que je me serais attaché à eux malgré leurs défauts, comme c'est le cas avec une série comme 'Les Bidochons', mais ici on a juste droit à une galerie de touristes antipathiques qui n'ont rien d'autre à faire qu'être cons et méchants. L'humour est lourd. Il reste le dessin de Maltaite qui est pas mal dans le genre bd humoristique à gros nez.
Mégantic - Un train dans la nuit
L'œuvre me touche entre autre parce qu'elle ne manipule pas : elle montre ce qui arrive quand un pouvoir, ici financier, a trop de pouvoir : des abus aux conséquences très graves. Elle ne diabolise pas, elle montre des mécanismes qu'il faut changer, le décalage entre ceux qui prennent les décisions et ceux qui les subissent. Est-ce qu'il faut surjouer en en rajoutant dans la souffrance des victimes ? Moi, je trouve beau le dessin, beau, sérieux et sévère, en accord avec le climat glacial des contrées théâtre du drame.
Silverfish
Pas le polar du siècle, et finalement l’intrigue se révèle quelque peu linéaire. Mais pourtant c’est une lecture très recommandable pour les amateurs de polar. Une intrigue qui mise presque tout sur l’ambiance – de plus en plus noire – et le rythme – de plus en plus rapide. De fait, on ne s’ennuie vraiment pas en lisant ce récit, dont la tension monte crescendo, après quelques scènes d’exposition, plantant le décor, et présentant brièvement les principaux protagonistes. Tout s’enchaine ensuite rapidement, sur un rythme haletant, dans une sorte d’exercice de style, dans lequel Lapham multiplie les coups d’accélérateurs. Peut-être un peu trop sur la fin dans la fête foraine. Autre petit bémol, je n’ai pas trop compris comment Daniel avait trouvé l’endroit exact où se trouvait Mia – et donc Suzanne (à moins qu’un détail m’ait échappé). Pour densifier l’intrigue et la faire paraître moins linéaire, Lapham fait apparaitre les troubles mentaux du psychopathe Daniel de façon originale (ce qui donne aussi son titre à l’album – voir aussi la quatrième de couverture), Daniel ayant quelques poissons lui grignotant la tête – et les neurones ? Ceci pour finir sur le dessin, plutôt bon, lisible et dynamique. Le Noir et Blanc convient très bien à ce type de récit. Note réelle 3,5/5.