J’ai bien quelques craintes pour la suite de cette trilogie annoncée. Je croise vraiment les doigts pour un final (et révélations) à la hauteur de l’entame de série, car ce premier tome s’avère franchement efficace. Ça vaut bien un petit 4* en l’état.
L’histoire pioche dans des éléments déjà rencontrés ici ou là. Il y a un peu de UW1 comme le souligne le grand A, mais j’y ai vu aussi un peu des 12 salopards, de the Mist … bref des références qui ont déjà fait leurs preuves. Le cocktail proposé pourrait être rapidement indigeste, mais j’ai trouvé ce tome bien équilibré. On rentre facilement dans l’histoire, présentation/mystère/personnages tout est bien amené.
La partie graphique sublime le récit et participe grandement au plaisir de lecture. Les scènes d’action sont réussies, les ambiances sont bien posées, les personnages bien campés … le tout dans une approche cinématographique bienvenue. On en prend gentiment plein les yeux.
Rien de nouveau donc, ça flirte gentiment avec le cinéma de genre, voir la série B (on n’échappe pas à quelques caricatures), cependant il y’a clairement un truc pour que le lecteur ne s’ennuie pas et passe un très bon moment.
Pour revenir à mon intro, il y a juste un point qui me fait peur, car à mes yeux ça peut vraiment ternir le bousin, c’est le coté biblique et prophètes (encore discret). Il faudra pas se louper là dessus.
MàJ tome 2 :
Un 2eme tome qui poursuit la bonne entame de série. Le graphisme y est toujours aussi soigné et le scénario déroule gentiment avant la conclusion annoncée dans le prochain.
Petite surprise au menu, puisque ici le fameux mur et son mystère sont à peine abordés. Le récit va s’attarder sûr le régime en place (du style du pains et des jeux) et sa chute annoncée via les rescapés du 1er tome.
Une aventure peut être moins marquante mais toujours plaisante à suivre. Je ne sais pas si ça sera finalement le cœur/fond du récit mais on ressent cette fois vraiment l’envie de montrer la fin d’une civilisation.
MàJ tome 3 (et fin) :
Un final qui a réussi à me décevoir, je baisse ma note.
La tournure du récit m’a surpris mais pas spécialement dans le bon sens. Je ne sais pas vraiment ce que j’espérais mais sans doute autre chose comme fin mot ou orientation.
La bonne « vibe » du début s’est doucement éteinte au fil de ce dernier tome. On ajoute à ça un petit côté surenchère dans les péripéties, les personnages me sont apparus moins attachants et plus stéréotypés.
Ça reste sympa et bien réalisé mais je ressors avec un petit goût amer, d’où la bascule du franchement bien au pas mal.
L’histoire se laisse lire, même si elle ne livre au final pas toutes ses clés. Mais on est embarqué du début jusqu’à la fin, avec cette ritournelle qui revient à chaque début de chapitre – chacun séparé de quelques années du précédent.
Du fantastique, du mystère quelque chose de polar, il y a sans doute un peu d’Edgard Allan Poe dans ce récit se déroulant à Bordeaux, dans le quasi huis-clos d’une maison, hantée par des souvenirs, ceux de certains de ses anciens propriétaires.
J’aurais mis trois étoiles pour le récit en lui-même, mais j’arrondis au supérieur pour deux raisons. D’abord le dessin de Bezian, avec ses visages taillés au scalpel, intriguant, convenant parfaitement à l’ambiance.
Et justement, cette ambiance, constitue un atout pour le lecteur, plus que l’intrigue elle-même. Bien installée, bien alimentée, sans retombée ou longueur, elle maintient le récit sur une ligne de crête sur laquelle on chemine avec plaisir.
Une lecture très plaisante.
Note réelle 35/5.
Pas inintéressant cet album, il se lit facilement mais j’avoue que j’en attendais quand même bien plus. Ce n’est pas une déception mais je l’oublierai très très vite.
J’ai bien aimé le rendu de l’époque et le milieu visité mais les personnages et l’histoire ne m’ont jamais attrapé.
J’ai trouvé que Christin ne forçait pas vraiment son talent avec cette intrigue, c’est bien documenté mais un peu lisse à suivre.
Il en va de même pour le dessin de Arroyo (que je découvre), si j’ai aimé ses couleurs et son application à retranscrire le design de ce Paris des années 50, son Style et trait ne me parle pas.
En fait (et c’est sans doute affaire de goût) tout m’apparaît trop sage dans cette BD.
J'ai pu être dur pour Alix et les autres œuvres de Jacques Martin ? Mais si on regarde Vae Victis, ce sont, en comparaison, de purs chefs d'œuvres ! Les dessins sont d'un moche... Les Romains n'étaient certes pas des tendres, comme nous le rappelle Murena, mais cette série me semble les caricaturer, et sinon, on n'apprendra pas grand-chose sur la culture celte. Les héros sont un mélange d'inexistence et de vulgarité, j'ai arrêté assez vite cette série mais je pense de mon devoir de dissuader de la commencer. Avec Jhen, on ne peut pas dire que je sois dans ma soirée de bonté, enfin avec les œuvres, mais je défends les lecteurs. Il y a tellement d'œuvres qui elles, sont belles et pleines de sève et de poésie, expressives. Ainsi, j'ai vu Slaine l'intégrale dans une boutique et ai mieux apprécié qu'il y a quelques années, presque au point de l'acheter. Quand j'aurais fait de la place, qui sait ?
Jhen est la face sombre d'Alix. Je veux dire que si on pouvait penser qu'Alix couchait avec Enac, cela restait entre deux jeunes consentants, alors que Barbe bleue, pardon, Gilles de Rais est un adulte abusant d'enfants et les tuant…On taquine la limite d'âge de notre époque dans Alix, on condamne Barbe Bleue dans Jhen, cependant, ce personnage étant bien plus fort que le héros, vers qui le lecteur va-t-il pencher, je vous le demande ?
Il est bien malheureux qu'autrefois l'homosexualité ait été mise au placard, d'abord pour les homosexuels, et ensuite parce que ceux qui les défendaient pouvaient se laisser entraîner à ne pas condamner la pédophilie, voire les abuseurs d'enfants se cacher derrière la lutte en faveur des homosexuels pour leur propre agenda. Bien sûr, une série historique pourrait montrer les choses les plus admises autrefois et les moins acceptés aujourd'hui en cela comme dans le cas de l'esclavage, mais dans le contexte d'œuvres pour enfants, cela me paraît infiniment délicat…
Sinon, je pense que ce que Jaques Martin réussit le mieux, c'est l'architecture, qu'on voit moins dans Jhen que dans Alix alors que Jhen est un artiste, cherchez l'erreur ! Je pense que Jacques Martin a besoin de rigueur pour encadrer ce que je soupçonne être ses démons, qu'il peut trouver dans l'architecture romaine, l'armée romaine, enfin, ce qui est tiré au cordeau. Il y a aussi la science et la technique dans Lefranc. Mais hélas ! Il s'égare sans perceptive, raideur des personnages, et presque théâtralité.
Avec cet album, les auteurs parviennent à rendre crédible et vivante une intrigue qui mêle petite et grande histoire, qui utilise faits et personnages avérés pour donner à voir un « moment » historique : l’abolition de l’esclavage dans la colonie de l’île Bourbon – devenue par la même Réunion.
J’ai trouvé cette histoire très agréable et fluide à lire. Le dessin de Tehem est simple, mais plaisant, et le récit ne tombe pas dans le pathos, ne s’encombre pas d’inventions scénaristiques inutiles.
Appollo retranscrit très bien la vie dans cette île avant et au moment de l’abolition, ainsi que les enjeux, et les évolutions par la suite. En particulier l’hypocrisie de la République coloniale qui – comme ailleurs, il n’y a qu’à voir ce qui s’est passé à Haïti – indemnise les anciens esclavagistes, et laisse les nouveaux « libres » croupir dans la misère. Le moment du jugement d’Edmond est utilisé par Appollo pour rappeler les très nombreuses inégalités et injustices dont souffrent les anciens esclaves. Il n’oublie pas non plus de rappeler le « déclassement » des « petits blancs…
Et le dossier de fin d’album est suffisamment intéressant et complet pour ajouter une plus-value. Voilà donc un album dont la lecture agréable et instructive se révèle très recommandable.
J’ai été étonné de retrouver Corbeyran à la baguette de cette série entièrement historique, ça n’est a priori pas sa came. Mais bon, Marie Tudor méritait bien d’intégrer cette collection – c’est même la seule qui a été de son temps qualifiée et surnommée de « sanglante ». Et la période du XVème siècle – particulièrement anglais – est intéressante et riche (ici les guerres de religion se doublent d’épurations « politiques », en plus des éliminations des diverses compagnes du père de Marie, Henri VIII).
Mais je trouve que Corbeyran met trop de temps à placer Marie au premier plan (elle n’y arrive qu’en toute fin du deuxième album !). Si les atermoiements et décisions d’Henri VIII sont intéressantes, et peuvent bien sûr expliquer la personnalité de Marie (longtemps recluse, éloignée de la cour et de sa mère), cette « introduction » est trop longue par rapport au cœur du sujet. Il y a aussi des longueurs, un rythme lent et un récit quelque peu haché par quelques flash-backs, redites (le début du deuxième album reprend des choses vues en fin du premier).
Et ce règne, certes assez court, traité dans le troisième et dernier tome, passe trop rapidement tous les aspects qui ont valu à Marie son surnom de sanglante, en quelques cases.
De fait, même si la série se laisse lire, c’est davantage une série historique sur l’époque, l’Angleterre de la première moitié du XVIème siècle, que sur Marie Tudor à proprement parler. Il aurait peut-être fallu davantage centrer le récit sur Marie, moins développer la période précédant son règne (et davantage celui-ci).
Le dessin de Montalbano est intéressant, il retranscrit plutôt bien l’époque et est très lisible. Il est aussi un chouia trop rigide et avare de détails. La colorisation de Fernandez est un peu décevante (elle lisse trop les détails je trouve).
Un sujet intéressant, mais qui dévie trop de sa « cible » selon moi.
Azimut propose un univers totalement débridé, entre fantasy absurde, steampunk et conte philosophique. La série déborde d’idées et d’inventivité, avec un vrai travail autour du thème du temps, de la vieillesse et de la fuite de la mort. On sent une volonté permanente de surprendre le lecteur, autant dans les situations que dans les personnages ou les concepts développés.
Le dessin de Jean-Baptiste Andréae participe énormément à l’identité de la série. C’est extrêmement expressif, vivant et foisonnant, avec une vraie personnalité graphique. Même si le style ne m’a pas totalement convaincu personnellement, il reste difficile de nier la qualité et l’originalité du travail visuel.
Côté scénario, l’ensemble est intéressant et souvent très inspiré, mais la série a parfois tendance à se perdre dans sa propre complexité. Certaines idées ou détours donnent l’impression d’alourdir inutilement le récit, alors que le fond fonctionne déjà très bien. Le thème du temps reste le point fort principal, même s’il devient parfois un peu trop appuyé ou difficile à suivre par moments.
Une série clairement atypique, qui séduira surtout les amateurs d’univers imaginatifs et de récits qui assument pleinement leur folie créative.
Sous ses airs de comédie sociale un peu légère, la BD propose une lecture franchement agréable et très accessible. L’histoire se lit vite, les personnages sont attachants et le récit parvient assez facilement à embarquer le lecteur grâce à son mélange d’humour, d’émotion et de secrets de famille. Sans être particulièrement marquante ou ambitieuse, la série remplit bien son rôle de BD “plaisir de lecture”.
Le traitement de la trisomie 21 est probablement l’un des points les plus réussis de la série. Il est abordé avec sensibilité, bienveillance et sans tomber dans le misérabilisme. À l’inverse, le traitement des SDF paraît parfois plus romancé et un peu caricatural, avec certains clichés assez visibles. Le scénario reste globalement efficace mais souffre aussi de quelques facilités et de certaines zones qui auraient mérité davantage d’explications ou de développement.
Graphiquement, le dessin fonctionne bien avec le ton du récit. Le trait est expressif, chaleureux et colle parfaitement à cette ambiance entre chronique sociale et feel good story. Ce n’est pas une série particulièrement mémorable, mais elle reste sincère, fluide et agréable à parcourir.
J'ai moins aimé ce one-shot que les autres posteurs.
Pourtant, j'aime bien l'idée de départ. Pendant longtemps, on a fait des procès aux animaux comme s'ils étaient des humains alors j'imagine que c'est normal qu'il y avait des bourreaux spécialisés dans l'exécution d'animaux ! L'histoire possède de bons moments et de bons dialogues, mais qui venaient de personnages secondaires, comme le petit garçon psychopathe ou le vieil indien qui veut mourir. L'intrigue principale, le pauvre Jack qui voyage à travers les États-Unis et qui est suivi par une femme qui veut se venger, m'a laissé un peu indifférent et le dénouement m'a semblé trop prévisible. Je n'ai pas trouvé que c'était particulièrement captivant à lire.
Il reste le dessin qui est pas trop mal. Un one-shot correct sans plus.
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Noir Horizon
J’ai bien quelques craintes pour la suite de cette trilogie annoncée. Je croise vraiment les doigts pour un final (et révélations) à la hauteur de l’entame de série, car ce premier tome s’avère franchement efficace. Ça vaut bien un petit 4* en l’état. L’histoire pioche dans des éléments déjà rencontrés ici ou là. Il y a un peu de UW1 comme le souligne le grand A, mais j’y ai vu aussi un peu des 12 salopards, de the Mist … bref des références qui ont déjà fait leurs preuves. Le cocktail proposé pourrait être rapidement indigeste, mais j’ai trouvé ce tome bien équilibré. On rentre facilement dans l’histoire, présentation/mystère/personnages tout est bien amené. La partie graphique sublime le récit et participe grandement au plaisir de lecture. Les scènes d’action sont réussies, les ambiances sont bien posées, les personnages bien campés … le tout dans une approche cinématographique bienvenue. On en prend gentiment plein les yeux. Rien de nouveau donc, ça flirte gentiment avec le cinéma de genre, voir la série B (on n’échappe pas à quelques caricatures), cependant il y’a clairement un truc pour que le lecteur ne s’ennuie pas et passe un très bon moment. Pour revenir à mon intro, il y a juste un point qui me fait peur, car à mes yeux ça peut vraiment ternir le bousin, c’est le coté biblique et prophètes (encore discret). Il faudra pas se louper là dessus. MàJ tome 2 : Un 2eme tome qui poursuit la bonne entame de série. Le graphisme y est toujours aussi soigné et le scénario déroule gentiment avant la conclusion annoncée dans le prochain. Petite surprise au menu, puisque ici le fameux mur et son mystère sont à peine abordés. Le récit va s’attarder sûr le régime en place (du style du pains et des jeux) et sa chute annoncée via les rescapés du 1er tome. Une aventure peut être moins marquante mais toujours plaisante à suivre. Je ne sais pas si ça sera finalement le cœur/fond du récit mais on ressent cette fois vraiment l’envie de montrer la fin d’une civilisation. MàJ tome 3 (et fin) : Un final qui a réussi à me décevoir, je baisse ma note. La tournure du récit m’a surpris mais pas spécialement dans le bon sens. Je ne sais pas vraiment ce que j’espérais mais sans doute autre chose comme fin mot ou orientation. La bonne « vibe » du début s’est doucement éteinte au fil de ce dernier tome. On ajoute à ça un petit côté surenchère dans les péripéties, les personnages me sont apparus moins attachants et plus stéréotypés. Ça reste sympa et bien réalisé mais je ressors avec un petit goût amer, d’où la bascule du franchement bien au pas mal.
Ne touchez à rien
L’histoire se laisse lire, même si elle ne livre au final pas toutes ses clés. Mais on est embarqué du début jusqu’à la fin, avec cette ritournelle qui revient à chaque début de chapitre – chacun séparé de quelques années du précédent. Du fantastique, du mystère quelque chose de polar, il y a sans doute un peu d’Edgard Allan Poe dans ce récit se déroulant à Bordeaux, dans le quasi huis-clos d’une maison, hantée par des souvenirs, ceux de certains de ses anciens propriétaires. J’aurais mis trois étoiles pour le récit en lui-même, mais j’arrondis au supérieur pour deux raisons. D’abord le dessin de Bezian, avec ses visages taillés au scalpel, intriguant, convenant parfaitement à l’ambiance. Et justement, cette ambiance, constitue un atout pour le lecteur, plus que l’intrigue elle-même. Bien installée, bien alimentée, sans retombée ou longueur, elle maintient le récit sur une ligne de crête sur laquelle on chemine avec plaisir. Une lecture très plaisante. Note réelle 35/5.
Pigalle, 1950
Pas inintéressant cet album, il se lit facilement mais j’avoue que j’en attendais quand même bien plus. Ce n’est pas une déception mais je l’oublierai très très vite. J’ai bien aimé le rendu de l’époque et le milieu visité mais les personnages et l’histoire ne m’ont jamais attrapé. J’ai trouvé que Christin ne forçait pas vraiment son talent avec cette intrigue, c’est bien documenté mais un peu lisse à suivre. Il en va de même pour le dessin de Arroyo (que je découvre), si j’ai aimé ses couleurs et son application à retranscrire le design de ce Paris des années 50, son Style et trait ne me parle pas. En fait (et c’est sans doute affaire de goût) tout m’apparaît trop sage dans cette BD.
Vae Victis
J'ai pu être dur pour Alix et les autres œuvres de Jacques Martin ? Mais si on regarde Vae Victis, ce sont, en comparaison, de purs chefs d'œuvres ! Les dessins sont d'un moche... Les Romains n'étaient certes pas des tendres, comme nous le rappelle Murena, mais cette série me semble les caricaturer, et sinon, on n'apprendra pas grand-chose sur la culture celte. Les héros sont un mélange d'inexistence et de vulgarité, j'ai arrêté assez vite cette série mais je pense de mon devoir de dissuader de la commencer. Avec Jhen, on ne peut pas dire que je sois dans ma soirée de bonté, enfin avec les œuvres, mais je défends les lecteurs. Il y a tellement d'œuvres qui elles, sont belles et pleines de sève et de poésie, expressives. Ainsi, j'ai vu Slaine l'intégrale dans une boutique et ai mieux apprécié qu'il y a quelques années, presque au point de l'acheter. Quand j'aurais fait de la place, qui sait ?
Jhen (Xan)
Jhen est la face sombre d'Alix. Je veux dire que si on pouvait penser qu'Alix couchait avec Enac, cela restait entre deux jeunes consentants, alors que Barbe bleue, pardon, Gilles de Rais est un adulte abusant d'enfants et les tuant…On taquine la limite d'âge de notre époque dans Alix, on condamne Barbe Bleue dans Jhen, cependant, ce personnage étant bien plus fort que le héros, vers qui le lecteur va-t-il pencher, je vous le demande ? Il est bien malheureux qu'autrefois l'homosexualité ait été mise au placard, d'abord pour les homosexuels, et ensuite parce que ceux qui les défendaient pouvaient se laisser entraîner à ne pas condamner la pédophilie, voire les abuseurs d'enfants se cacher derrière la lutte en faveur des homosexuels pour leur propre agenda. Bien sûr, une série historique pourrait montrer les choses les plus admises autrefois et les moins acceptés aujourd'hui en cela comme dans le cas de l'esclavage, mais dans le contexte d'œuvres pour enfants, cela me paraît infiniment délicat… Sinon, je pense que ce que Jaques Martin réussit le mieux, c'est l'architecture, qu'on voit moins dans Jhen que dans Alix alors que Jhen est un artiste, cherchez l'erreur ! Je pense que Jacques Martin a besoin de rigueur pour encadrer ce que je soupçonne être ses démons, qu'il peut trouver dans l'architecture romaine, l'armée romaine, enfin, ce qui est tiré au cordeau. Il y a aussi la science et la technique dans Lefranc. Mais hélas ! Il s'égare sans perceptive, raideur des personnages, et presque théâtralité.
Vingt-décembre - Chronique de l'abolition
Avec cet album, les auteurs parviennent à rendre crédible et vivante une intrigue qui mêle petite et grande histoire, qui utilise faits et personnages avérés pour donner à voir un « moment » historique : l’abolition de l’esclavage dans la colonie de l’île Bourbon – devenue par la même Réunion. J’ai trouvé cette histoire très agréable et fluide à lire. Le dessin de Tehem est simple, mais plaisant, et le récit ne tombe pas dans le pathos, ne s’encombre pas d’inventions scénaristiques inutiles. Appollo retranscrit très bien la vie dans cette île avant et au moment de l’abolition, ainsi que les enjeux, et les évolutions par la suite. En particulier l’hypocrisie de la République coloniale qui – comme ailleurs, il n’y a qu’à voir ce qui s’est passé à Haïti – indemnise les anciens esclavagistes, et laisse les nouveaux « libres » croupir dans la misère. Le moment du jugement d’Edmond est utilisé par Appollo pour rappeler les très nombreuses inégalités et injustices dont souffrent les anciens esclaves. Il n’oublie pas non plus de rappeler le « déclassement » des « petits blancs… Et le dossier de fin d’album est suffisamment intéressant et complet pour ajouter une plus-value. Voilà donc un album dont la lecture agréable et instructive se révèle très recommandable.
Marie Tudor - La Reine sanglante
J’ai été étonné de retrouver Corbeyran à la baguette de cette série entièrement historique, ça n’est a priori pas sa came. Mais bon, Marie Tudor méritait bien d’intégrer cette collection – c’est même la seule qui a été de son temps qualifiée et surnommée de « sanglante ». Et la période du XVème siècle – particulièrement anglais – est intéressante et riche (ici les guerres de religion se doublent d’épurations « politiques », en plus des éliminations des diverses compagnes du père de Marie, Henri VIII). Mais je trouve que Corbeyran met trop de temps à placer Marie au premier plan (elle n’y arrive qu’en toute fin du deuxième album !). Si les atermoiements et décisions d’Henri VIII sont intéressantes, et peuvent bien sûr expliquer la personnalité de Marie (longtemps recluse, éloignée de la cour et de sa mère), cette « introduction » est trop longue par rapport au cœur du sujet. Il y a aussi des longueurs, un rythme lent et un récit quelque peu haché par quelques flash-backs, redites (le début du deuxième album reprend des choses vues en fin du premier). Et ce règne, certes assez court, traité dans le troisième et dernier tome, passe trop rapidement tous les aspects qui ont valu à Marie son surnom de sanglante, en quelques cases. De fait, même si la série se laisse lire, c’est davantage une série historique sur l’époque, l’Angleterre de la première moitié du XVIème siècle, que sur Marie Tudor à proprement parler. Il aurait peut-être fallu davantage centrer le récit sur Marie, moins développer la période précédant son règne (et davantage celui-ci). Le dessin de Montalbano est intéressant, il retranscrit plutôt bien l’époque et est très lisible. Il est aussi un chouia trop rigide et avare de détails. La colorisation de Fernandez est un peu décevante (elle lisse trop les détails je trouve). Un sujet intéressant, mais qui dévie trop de sa « cible » selon moi.
Azimut
Azimut propose un univers totalement débridé, entre fantasy absurde, steampunk et conte philosophique. La série déborde d’idées et d’inventivité, avec un vrai travail autour du thème du temps, de la vieillesse et de la fuite de la mort. On sent une volonté permanente de surprendre le lecteur, autant dans les situations que dans les personnages ou les concepts développés. Le dessin de Jean-Baptiste Andréae participe énormément à l’identité de la série. C’est extrêmement expressif, vivant et foisonnant, avec une vraie personnalité graphique. Même si le style ne m’a pas totalement convaincu personnellement, il reste difficile de nier la qualité et l’originalité du travail visuel. Côté scénario, l’ensemble est intéressant et souvent très inspiré, mais la série a parfois tendance à se perdre dans sa propre complexité. Certaines idées ou détours donnent l’impression d’alourdir inutilement le récit, alors que le fond fonctionne déjà très bien. Le thème du temps reste le point fort principal, même s’il devient parfois un peu trop appuyé ou difficile à suivre par moments. Une série clairement atypique, qui séduira surtout les amateurs d’univers imaginatifs et de récits qui assument pleinement leur folie créative.
À coucher dehors
Sous ses airs de comédie sociale un peu légère, la BD propose une lecture franchement agréable et très accessible. L’histoire se lit vite, les personnages sont attachants et le récit parvient assez facilement à embarquer le lecteur grâce à son mélange d’humour, d’émotion et de secrets de famille. Sans être particulièrement marquante ou ambitieuse, la série remplit bien son rôle de BD “plaisir de lecture”. Le traitement de la trisomie 21 est probablement l’un des points les plus réussis de la série. Il est abordé avec sensibilité, bienveillance et sans tomber dans le misérabilisme. À l’inverse, le traitement des SDF paraît parfois plus romancé et un peu caricatural, avec certains clichés assez visibles. Le scénario reste globalement efficace mais souffre aussi de quelques facilités et de certaines zones qui auraient mérité davantage d’explications ou de développement. Graphiquement, le dessin fonctionne bien avec le ton du récit. Le trait est expressif, chaleureux et colle parfaitement à cette ambiance entre chronique sociale et feel good story. Ce n’est pas une série particulièrement mémorable, mais elle reste sincère, fluide et agréable à parcourir.
À la poursuite de Jack Gilet
J'ai moins aimé ce one-shot que les autres posteurs. Pourtant, j'aime bien l'idée de départ. Pendant longtemps, on a fait des procès aux animaux comme s'ils étaient des humains alors j'imagine que c'est normal qu'il y avait des bourreaux spécialisés dans l'exécution d'animaux ! L'histoire possède de bons moments et de bons dialogues, mais qui venaient de personnages secondaires, comme le petit garçon psychopathe ou le vieil indien qui veut mourir. L'intrigue principale, le pauvre Jack qui voyage à travers les États-Unis et qui est suivi par une femme qui veut se venger, m'a laissé un peu indifférent et le dénouement m'a semblé trop prévisible. Je n'ai pas trouvé que c'était particulièrement captivant à lire. Il reste le dessin qui est pas trop mal. Un one-shot correct sans plus.