Encore jeune, j'ai lu avidement tous les romans d'Emilio Salgari. Après avoir vu la série télévisée italienne, avec Kabir Bedi, j'ai décidé de commencer une bande dessinée sur Sandokan qui est restée inachevée. Le nom Yanez sonne à tout sauf portugais... et j'ai décidé de le changer en Eanes !
Au fil des ans, j'ai acquis plusieurs adaptations en bande dessinée, principalement dans des magazines espagnols et portugais. Ce n'est que récemment que j'ai acheté celle de Pratt.
Elle correspond à ce que j'attendais, mais avec un protagoniste aux traits plus malais que ce que j'avais imaginé, ce qui me paraît très bien. Les autres personnages sont également bien caractérisés, mais l'action, les séquences semblent être un Corto Maltese transplanté en Orient. Je savais que l'histoire était incomplète mais j'ai décidé de l'acheter quand même.
Je rejoins l'avis de Ro sur cette mini-série qui a malheureusement eu un certains succès lors de sa sortie et va emmener DC a rendre leur univers encore plus sombre et violent.
Déjà, on retrouve le défaut des crossovers de comics à savoir qu'il y a trop de personnages et si on ne connait pas bien l'univers de DC e cette époque on est rapidement perdu. Je ne sais pas pour vous, mais j’aime bien lire un album sans être obligé d’aller en permanence sur wikipédia. Le scénario avait pourtant une bonne idée à savoir que dans le passé certains membres de la Justice League ont prit une décision difficile et éthiquement douteux. Cela aurait pu emmener des discussions intéressantes sur s'il y a des limites à ce qu'un super-héros peut faire même si c'est pour le bien de tous, mais c'est noyé dans une intrigue policière sur qui a tué tel personnage et cela devient vite un gros truc incohérent et incompréhensible à lire. Il y a pleins de facilité comme la manière dont le méchant Dr Light se rappel ce qu'il a fait il y a des années. C'est vraiment juste ennuyeux à lire.
Un truc rigolo est qu'en bonus Urban a publié une histoire de la Justice League de la fin des années 70 qui a fortement influencé cette histoire et même si le scénario et le dessin sont datés, c'est une histoire beaucoup plus amusante à lire que la mini-série Crise d'identité.
2.5
Le Massacre Mutant est un événement important dans l'histoire des X-Men, notamment parce que c'était le premier crossover entre les séries mutantes (on aussi droit aux autres titres dont le couple Simonson s'occupaient à l'époque) et que l'histoire était plutôt sombre pour l'époque. Cela annonçait les comics de super-héros plus violent de la fin des années 80 et de la décennie 90.
Personnellement, je comprends que ce crossover a marqué l'esprit des lecteurs de l'époque, mais j'ai trouvé cela moyen. Il faut dire qu'on se situe en plein dans la période où je n'aime plus l'écriture de Chris Claremont. Il est un bon scénariste pour trouver des idées, mais à partir du milieu des années 80 je trouve que ses dialogues sont affreux et prétentieux. Ces histoires sont souvent difficiles à suivre parce qu'il y a pleins de personnages et d'intrigues qui vont nulle part. Les chapitres écrient par Claremont m'ont donc ennuyé et j'ai mieux aimé les chapitres écrient par les Simonson même si l'écriture de Louise Simonson est un peu lourde par moment. Notons que l'événement a apporté des changements que l'on verra dans les épisodes suivants des séries consacrés aux mutants (notamment en ce qui concernes les ailes brisés d'Angel) alors cela risque de frustrer certains lecteurs que l'album n'a pas vraiment de fin.
Quant au dessin, j'ai aimé le style de tous les dessinateurs présents dans l'album parce qu'ils ont le style de dessin que j'aime voir dans les comics de super-héros, mais des lecteurs plus habitué aux comics modernes risquent de trouver cela daté.
Je suis plutôt un lecteur curieux de ce que proposent les « petits éditeurs », et les œuvres minimalistes ne me rebutent pas (j’aime beaucoup par exemple ce que fait Ibn Al Rabin). Je suis resté sur des avis mitigés après lecture de plusieurs albums de Leif Tande, mais il m’avait agréablement surpris sur plusieurs albums oubapiens, donc je me suis lancé dans la lecture de ce « petit » pavé avec curiosité.
Leif Tande a tenu un blog à la fin des années 1980 dans lequel il a dessiné cette histoire, au rythme d’une page par jour durant toute une année (1988).
Un projet ambitieux sur la forme donc (mais Trondheim a déjà su transformer ce type d’essai), mais aussi et surtout sur le fond.
En effet, il s’agit ni plus ni moins pour l’auteur de nous présenter les débuts de la vie, en partant de la « molécule originelle » (qui apparait dans le sous-titre) jusqu'à la sortie des eaux des premiers amphibiens.
Et je dois dire que le résultat m’a déçu et laissé de côté sous ces deux aspects. D’abord parce qu’il n’y a pas ici la force de certains essais proches (comme l’excellent et bluffant « Alpha…directions » de Jens Harder). C’est ici plus minimaliste à plus d’un titre. Le dessin déjà, mais aussi l’ambition et la réalisation.
Reste la narration donc. Mais, là où Trondheim apporte moult traits d’humour, trouvailles amusantes pour rendre vivants ses récits minimalistes, Tande ne parvient pas à le faire. Peut-être cela passait-il dans une lecture au fil de l’année sur le blog, mais la lecture d’une traite du pavé s’est révélée rébarbative, ennuyeuse. Les rares traits d’humour dans les dialogues tombent à plat, et le reste m’a lassé.
Si je salue l’ambition – relative – de l’auteur, et le beau travail éditorial de La Pastèque, c’est quand même très péniblement que j’ai fini cet album.
Je ne suis pas spécialement fan de Souchon, mais je ne déteste pas écouter certaines de ses « anciennes » chansons. Ça tombe plutôt bien, car c’est dans ce vivier qu’ont pioché les auteurs pour ce recueil/hommage.
Ce type d’album collectif souffre a priori de plusieurs handicaps, le plus souvent rédhibitoires. D’abord le peu de place laissée à chacun pour s’exprimer et développer quelque chose d’intéressant. Ensuite l’éclectisme (je n’aime pas trop au sein d’une même série ou d’un même album ces changements de styles graphiques). Enfin, spécificité de ce type d’album sur un chanteur/musicien/groupe, le plus souvent les auteurs se contentent d’illustrer des paroles, de les mettre platement en images sans réel intérêt.
Ici je trouve que c’est plutôt du bon boulot, et que le résultat a des chances de plaire aux amateurs du chanteur – mais aussi peut-être plus largement. D’abord la quasi-totalité des auteurs sont « pointures » (même si ça ne garantit pas la qualité), et le travail graphique est plutôt intéressant.
Surtout, presque tous les auteurs ont pris le parti de ne pas se contenter d’illustrer les paroles des chansons (qui sont à chaque fois placées en introduction de l’histoire), pour développer quelque chose souvent original, qui s’écarte du texte, pour le prolonger, sans le trahir. J’ai bien aimé cette idée, et sa réalisation. D’ailleurs, singulièrement, la seule histoire qui m’a totalement laissé froid est celle réalisée par Loustal, qui se contente de quatre images illustrant platement le texte répété en dessous de chacune d’entre elles (et le style froid et figé de Loustal – assez clivant peut-être – ajoute sans doute encore à mon ressenti négatif).
L’album n’est pas courant (je l’ai croisé récemment dans un gite), mais c’est un cadeau qui ferait sans aucun doute plaisir aux amateurs du chanteur (y compris les plus jeunes, qui y (re)découvrirait son répertoire d’avant 1989).
Ce diptyque suit un groupe de septuagénaires anciens rockeurs qui décident de reformer leur vieux groupe des années 60 afin de remonter sur scène une dernière fois, malgré l'âge, les problèmes de santé et les difficultés du quotidien.
Même si le concept rappelle forcément un peu Les Vieux Fourneaux, l'ensemble est plaisant. Le récit repose surtout sur l'énergie communicative de ses personnages et sur cette envie très simple mais touchante de refuser de se laisser glisser dans une vieillesse passive. On suit ces vieux musiciens retrouver peu à peu une forme de joie de vivre à travers la musique, l'amitié et les souvenirs de leur jeunesse rock, et cela fonctionne plutôt bien.
L'histoire reste globalement assez prévisible et parfois un peu facile dans certaines coïncidences ou retrouvailles, mais je trouve que ça passe grâce au ton très chaleureux de l'ensemble. Les personnages sont attachants, crédibles dans leurs faiblesses comme dans leur enthousiasme retrouvé, et le récit évite heureusement de tomber soit dans le misérabilisme sur la vieillesse, soit dans la caricature de papys complètement déjantés. On reste dans quelque chose d'humain, d'optimiste et de bienveillant.
Le diptyque parle autant de rock que du besoin de continuer à vivre pleinement malgré l'âge, sans renoncer à ses passions ni à ses envies. Il y a aussi un petit côté nostalgique très présent autour du rock des late sixties et de toute cette culture musicale. J'aurais probablement été davantage touché si j'avais moi-même été un grand amateur de cette période-là.
Graphiquement, le style semi-caricatural fonctionne bien avec l'ambiance du récit. Les visages marqués par l'âge rendent les personnages sympathiques, et les scènes musicales dégagent une bonne énergie.
Ce n'est pas une BD extrêmement profonde ni particulièrement originale, mais c'est une lecture sincère, agréable et relativement touchante. Et sa conclusion fonctionne plutôt bien en offrant un final satisfaisant tout en restant suffisamment réaliste. Elle conserve ce ton positif et cohérent avec tout ce que racontait la série depuis le début. C'est donc un petit diptyque feel good assez simple, porté par des personnages attachants et une vraie tendresse pour ses vieux rockeurs.
Après la mort de leurs maris lors d'un accident dans une centrale nucléaire, trois veuves décident de lancer un mouvement de contestation qui va rapidement dégénérer en grosse farce médiatique et politique.
Entre critique du nucléaire, satire des médias, récupération politique et colère populaire, la série tente de mélanger pamphlet social et comédie absurde. Mais très vite, tout bascule dans une caricature tellement appuyée qu'elle finit par affaiblir complètement son propos.
Le problème, c'est que l'album ne nuance jamais rien. Les politiques sont tous des pourris grotesques, les médias des manipulateurs hystériques, les forces de l'ordre des brutes absurdes, les industriels des monstres cyniques, et même les héroïnes passent pour des idiotes dépassées par ce qui leur arrive. Toute la satire fonctionne à coups de gros sabots, avec un humour qui m'a donné l'impression de lire une espèce de caricature de discours militant populiste plus qu'une véritable critique sociale construite. Cela fait parfois penser à une version très lourde d'une satire façon "Les Simpsons", mais sans la finesse, le recul ni le sens du gag qui permettent normalement à ce genre d'exagération de fonctionner.
Le récit enchaîne les situations volontairement outrancières autour de la corruption, des chaînes d'info, de la manipulation médiatique, des violences policières ou des intérêts privés, mais avec une telle insistance que cela finit par devenir plus embarrassant que percutant. À force de vouloir dénoncer tout le monde en permanence, l'album tourne souvent à la démonstration forcée plutôt qu'à une vraie comédie mordante.
The Boys ne m’a personnellement pas du tout accroché. Je comprends l’idée derrière le comics et ce qu’il cherche à parodier dans le monde des super-héros, mais la lecture m’a rapidement laissé de côté.
J’ai surtout eu l’impression que la série misait constamment sur la provocation, la violence et le cynisme sans réussir à me donner envie de m’investir dans l’histoire ou les personnages. Tout paraît excessif en permanence, au point que les scènes choquantes finissent presque par perdre leur impact.
Je n’ai pas non plus réussi à m’attacher aux personnages. Entre leur côté volontairement détestable et l’ambiance très nihiliste du récit, je suis resté complètement extérieur à ce qui se passait. Même les moments censés être marquants ou drôles m’ont laissé assez indifférent.
Au final, malgré sa réputation et son succès, c’est un comics avec lequel je n’ai jamais réussi à créer de connexion. J’ai continué un moment en espérant finir par accrocher, mais l’envie de poursuivre la lecture n’est jamais vraiment venue.
Fables est une série que j’ai adorée du début à la fin. L’univers est incroyablement riche et donne vraiment l’impression d’exister au-delà des personnages principaux. Le concept de reprendre les figures des contes et légendes pour les intégrer dans un monde moderne est exploité de manière intelligente et souvent surprenante.
Ce que j’ai particulièrement aimé, c’est à quel point le monde paraît complet et vivant. Chaque personnage, chaque royaume et chaque intrigue donnent la sensation de faire partie d’un univers immense avec sa propre histoire et ses propres règles. Plus la série avance, plus on découvre de nouvelles facettes de cet univers, et ça rend la lecture très addictive.
Par contre, avec l’édition intégrale, j’ai dû m’y reprendre en deux fois pour tout lire. C’est extrêmement dense, et avaler toute la série d’un seul coup peut devenir un peu lourd. Mais malgré ça, je trouvais toujours une raison d’y revenir, justement parce que l’univers et les personnages donnent envie de continuer à explorer ce monde.
Pour moi, c’est clairement l’un des meilleurs comics de fantasy moderne, autant pour son ambiance que pour la manière dont il réinvente les contes classiques sans jamais tomber dans la parodie facile.
Great Teacher Onizuka est un manga que j’ai trouvé plutôt sympa dans l’ensemble. Il y a de bons moments d’humour, des situations absurdes efficaces et Eikichi Onizuka est clairement un personnage marquant avec son côté complètement déjanté. Le manga a une vraie énergie et je comprends facilement pourquoi il est devenu aussi populaire.
Par contre, ce qui m’a totalement sorti de la lecture, c’est l’utilisation constante de termes japonais non traduits. J’avais l’impression de devoir retourner en dernière page toutes les deux minutes pour vérifier la signification d’un mot ou d’une expression. Au bout d’un moment, ça casse complètement le rythme et ça devient plus fatigant qu’autre chose.
Au lieu d’être plongé dans l’histoire, je me retrouvais sans arrêt interrompu pour chercher des explications, ce qui a fini par me faire décrocher du manga. C’est dommage, parce qu’il y avait du potentiel pour une lecture vraiment fun, mais cette accumulation de références et de vocabulaire japonais a rendu l’expérience trop pénible pour moi.
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Sandokan
Encore jeune, j'ai lu avidement tous les romans d'Emilio Salgari. Après avoir vu la série télévisée italienne, avec Kabir Bedi, j'ai décidé de commencer une bande dessinée sur Sandokan qui est restée inachevée. Le nom Yanez sonne à tout sauf portugais... et j'ai décidé de le changer en Eanes ! Au fil des ans, j'ai acquis plusieurs adaptations en bande dessinée, principalement dans des magazines espagnols et portugais. Ce n'est que récemment que j'ai acheté celle de Pratt. Elle correspond à ce que j'attendais, mais avec un protagoniste aux traits plus malais que ce que j'avais imaginé, ce qui me paraît très bien. Les autres personnages sont également bien caractérisés, mais l'action, les séquences semblent être un Corto Maltese transplanté en Orient. Je savais que l'histoire était incomplète mais j'ai décidé de l'acheter quand même.
Justice League - Crise d'Identité
Je rejoins l'avis de Ro sur cette mini-série qui a malheureusement eu un certains succès lors de sa sortie et va emmener DC a rendre leur univers encore plus sombre et violent. Déjà, on retrouve le défaut des crossovers de comics à savoir qu'il y a trop de personnages et si on ne connait pas bien l'univers de DC e cette époque on est rapidement perdu. Je ne sais pas pour vous, mais j’aime bien lire un album sans être obligé d’aller en permanence sur wikipédia. Le scénario avait pourtant une bonne idée à savoir que dans le passé certains membres de la Justice League ont prit une décision difficile et éthiquement douteux. Cela aurait pu emmener des discussions intéressantes sur s'il y a des limites à ce qu'un super-héros peut faire même si c'est pour le bien de tous, mais c'est noyé dans une intrigue policière sur qui a tué tel personnage et cela devient vite un gros truc incohérent et incompréhensible à lire. Il y a pleins de facilité comme la manière dont le méchant Dr Light se rappel ce qu'il a fait il y a des années. C'est vraiment juste ennuyeux à lire. Un truc rigolo est qu'en bonus Urban a publié une histoire de la Justice League de la fin des années 70 qui a fortement influencé cette histoire et même si le scénario et le dessin sont datés, c'est une histoire beaucoup plus amusante à lire que la mini-série Crise d'identité.
X-Men - Le Massacre Mutant
2.5 Le Massacre Mutant est un événement important dans l'histoire des X-Men, notamment parce que c'était le premier crossover entre les séries mutantes (on aussi droit aux autres titres dont le couple Simonson s'occupaient à l'époque) et que l'histoire était plutôt sombre pour l'époque. Cela annonçait les comics de super-héros plus violent de la fin des années 80 et de la décennie 90. Personnellement, je comprends que ce crossover a marqué l'esprit des lecteurs de l'époque, mais j'ai trouvé cela moyen. Il faut dire qu'on se situe en plein dans la période où je n'aime plus l'écriture de Chris Claremont. Il est un bon scénariste pour trouver des idées, mais à partir du milieu des années 80 je trouve que ses dialogues sont affreux et prétentieux. Ces histoires sont souvent difficiles à suivre parce qu'il y a pleins de personnages et d'intrigues qui vont nulle part. Les chapitres écrient par Claremont m'ont donc ennuyé et j'ai mieux aimé les chapitres écrient par les Simonson même si l'écriture de Louise Simonson est un peu lourde par moment. Notons que l'événement a apporté des changements que l'on verra dans les épisodes suivants des séries consacrés aux mutants (notamment en ce qui concernes les ailes brisés d'Angel) alors cela risque de frustrer certains lecteurs que l'album n'a pas vraiment de fin. Quant au dessin, j'ai aimé le style de tous les dessinateurs présents dans l'album parce qu'ils ont le style de dessin que j'aime voir dans les comics de super-héros, mais des lecteurs plus habitué aux comics modernes risquent de trouver cela daté.
L'Origine de la Vie
Je suis plutôt un lecteur curieux de ce que proposent les « petits éditeurs », et les œuvres minimalistes ne me rebutent pas (j’aime beaucoup par exemple ce que fait Ibn Al Rabin). Je suis resté sur des avis mitigés après lecture de plusieurs albums de Leif Tande, mais il m’avait agréablement surpris sur plusieurs albums oubapiens, donc je me suis lancé dans la lecture de ce « petit » pavé avec curiosité. Leif Tande a tenu un blog à la fin des années 1980 dans lequel il a dessiné cette histoire, au rythme d’une page par jour durant toute une année (1988). Un projet ambitieux sur la forme donc (mais Trondheim a déjà su transformer ce type d’essai), mais aussi et surtout sur le fond. En effet, il s’agit ni plus ni moins pour l’auteur de nous présenter les débuts de la vie, en partant de la « molécule originelle » (qui apparait dans le sous-titre) jusqu'à la sortie des eaux des premiers amphibiens. Et je dois dire que le résultat m’a déçu et laissé de côté sous ces deux aspects. D’abord parce qu’il n’y a pas ici la force de certains essais proches (comme l’excellent et bluffant « Alpha…directions » de Jens Harder). C’est ici plus minimaliste à plus d’un titre. Le dessin déjà, mais aussi l’ambition et la réalisation. Reste la narration donc. Mais, là où Trondheim apporte moult traits d’humour, trouvailles amusantes pour rendre vivants ses récits minimalistes, Tande ne parvient pas à le faire. Peut-être cela passait-il dans une lecture au fil de l’année sur le blog, mais la lecture d’une traite du pavé s’est révélée rébarbative, ennuyeuse. Les rares traits d’humour dans les dialogues tombent à plat, et le reste m’a lassé. Si je salue l’ambition – relative – de l’auteur, et le beau travail éditorial de La Pastèque, c’est quand même très péniblement que j’ai fini cet album.
Du Souchon dans l'air
Je ne suis pas spécialement fan de Souchon, mais je ne déteste pas écouter certaines de ses « anciennes » chansons. Ça tombe plutôt bien, car c’est dans ce vivier qu’ont pioché les auteurs pour ce recueil/hommage. Ce type d’album collectif souffre a priori de plusieurs handicaps, le plus souvent rédhibitoires. D’abord le peu de place laissée à chacun pour s’exprimer et développer quelque chose d’intéressant. Ensuite l’éclectisme (je n’aime pas trop au sein d’une même série ou d’un même album ces changements de styles graphiques). Enfin, spécificité de ce type d’album sur un chanteur/musicien/groupe, le plus souvent les auteurs se contentent d’illustrer des paroles, de les mettre platement en images sans réel intérêt. Ici je trouve que c’est plutôt du bon boulot, et que le résultat a des chances de plaire aux amateurs du chanteur – mais aussi peut-être plus largement. D’abord la quasi-totalité des auteurs sont « pointures » (même si ça ne garantit pas la qualité), et le travail graphique est plutôt intéressant. Surtout, presque tous les auteurs ont pris le parti de ne pas se contenter d’illustrer les paroles des chansons (qui sont à chaque fois placées en introduction de l’histoire), pour développer quelque chose souvent original, qui s’écarte du texte, pour le prolonger, sans le trahir. J’ai bien aimé cette idée, et sa réalisation. D’ailleurs, singulièrement, la seule histoire qui m’a totalement laissé froid est celle réalisée par Loustal, qui se contente de quatre images illustrant platement le texte répété en dessous de chacune d’entre elles (et le style froid et figé de Loustal – assez clivant peut-être – ajoute sans doute encore à mon ressenti négatif). L’album n’est pas courant (je l’ai croisé récemment dans un gite), mais c’est un cadeau qui ferait sans aucun doute plaisir aux amateurs du chanteur (y compris les plus jeunes, qui y (re)découvrirait son répertoire d’avant 1989).
Sold Out
Ce diptyque suit un groupe de septuagénaires anciens rockeurs qui décident de reformer leur vieux groupe des années 60 afin de remonter sur scène une dernière fois, malgré l'âge, les problèmes de santé et les difficultés du quotidien. Même si le concept rappelle forcément un peu Les Vieux Fourneaux, l'ensemble est plaisant. Le récit repose surtout sur l'énergie communicative de ses personnages et sur cette envie très simple mais touchante de refuser de se laisser glisser dans une vieillesse passive. On suit ces vieux musiciens retrouver peu à peu une forme de joie de vivre à travers la musique, l'amitié et les souvenirs de leur jeunesse rock, et cela fonctionne plutôt bien. L'histoire reste globalement assez prévisible et parfois un peu facile dans certaines coïncidences ou retrouvailles, mais je trouve que ça passe grâce au ton très chaleureux de l'ensemble. Les personnages sont attachants, crédibles dans leurs faiblesses comme dans leur enthousiasme retrouvé, et le récit évite heureusement de tomber soit dans le misérabilisme sur la vieillesse, soit dans la caricature de papys complètement déjantés. On reste dans quelque chose d'humain, d'optimiste et de bienveillant. Le diptyque parle autant de rock que du besoin de continuer à vivre pleinement malgré l'âge, sans renoncer à ses passions ni à ses envies. Il y a aussi un petit côté nostalgique très présent autour du rock des late sixties et de toute cette culture musicale. J'aurais probablement été davantage touché si j'avais moi-même été un grand amateur de cette période-là. Graphiquement, le style semi-caricatural fonctionne bien avec l'ambiance du récit. Les visages marqués par l'âge rendent les personnages sympathiques, et les scènes musicales dégagent une bonne énergie. Ce n'est pas une BD extrêmement profonde ni particulièrement originale, mais c'est une lecture sincère, agréable et relativement touchante. Et sa conclusion fonctionne plutôt bien en offrant un final satisfaisant tout en restant suffisamment réaliste. Elle conserve ce ton positif et cohérent avec tout ce que racontait la série depuis le début. C'est donc un petit diptyque feel good assez simple, porté par des personnages attachants et une vraie tendresse pour ses vieux rockeurs.
Les Veuves électriques
Après la mort de leurs maris lors d'un accident dans une centrale nucléaire, trois veuves décident de lancer un mouvement de contestation qui va rapidement dégénérer en grosse farce médiatique et politique. Entre critique du nucléaire, satire des médias, récupération politique et colère populaire, la série tente de mélanger pamphlet social et comédie absurde. Mais très vite, tout bascule dans une caricature tellement appuyée qu'elle finit par affaiblir complètement son propos. Le problème, c'est que l'album ne nuance jamais rien. Les politiques sont tous des pourris grotesques, les médias des manipulateurs hystériques, les forces de l'ordre des brutes absurdes, les industriels des monstres cyniques, et même les héroïnes passent pour des idiotes dépassées par ce qui leur arrive. Toute la satire fonctionne à coups de gros sabots, avec un humour qui m'a donné l'impression de lire une espèce de caricature de discours militant populiste plus qu'une véritable critique sociale construite. Cela fait parfois penser à une version très lourde d'une satire façon "Les Simpsons", mais sans la finesse, le recul ni le sens du gag qui permettent normalement à ce genre d'exagération de fonctionner. Le récit enchaîne les situations volontairement outrancières autour de la corruption, des chaînes d'info, de la manipulation médiatique, des violences policières ou des intérêts privés, mais avec une telle insistance que cela finit par devenir plus embarrassant que percutant. À force de vouloir dénoncer tout le monde en permanence, l'album tourne souvent à la démonstration forcée plutôt qu'à une vraie comédie mordante.
The Boys
The Boys ne m’a personnellement pas du tout accroché. Je comprends l’idée derrière le comics et ce qu’il cherche à parodier dans le monde des super-héros, mais la lecture m’a rapidement laissé de côté. J’ai surtout eu l’impression que la série misait constamment sur la provocation, la violence et le cynisme sans réussir à me donner envie de m’investir dans l’histoire ou les personnages. Tout paraît excessif en permanence, au point que les scènes choquantes finissent presque par perdre leur impact. Je n’ai pas non plus réussi à m’attacher aux personnages. Entre leur côté volontairement détestable et l’ambiance très nihiliste du récit, je suis resté complètement extérieur à ce qui se passait. Même les moments censés être marquants ou drôles m’ont laissé assez indifférent. Au final, malgré sa réputation et son succès, c’est un comics avec lequel je n’ai jamais réussi à créer de connexion. J’ai continué un moment en espérant finir par accrocher, mais l’envie de poursuivre la lecture n’est jamais vraiment venue.
Fables
Fables est une série que j’ai adorée du début à la fin. L’univers est incroyablement riche et donne vraiment l’impression d’exister au-delà des personnages principaux. Le concept de reprendre les figures des contes et légendes pour les intégrer dans un monde moderne est exploité de manière intelligente et souvent surprenante. Ce que j’ai particulièrement aimé, c’est à quel point le monde paraît complet et vivant. Chaque personnage, chaque royaume et chaque intrigue donnent la sensation de faire partie d’un univers immense avec sa propre histoire et ses propres règles. Plus la série avance, plus on découvre de nouvelles facettes de cet univers, et ça rend la lecture très addictive. Par contre, avec l’édition intégrale, j’ai dû m’y reprendre en deux fois pour tout lire. C’est extrêmement dense, et avaler toute la série d’un seul coup peut devenir un peu lourd. Mais malgré ça, je trouvais toujours une raison d’y revenir, justement parce que l’univers et les personnages donnent envie de continuer à explorer ce monde. Pour moi, c’est clairement l’un des meilleurs comics de fantasy moderne, autant pour son ambiance que pour la manière dont il réinvente les contes classiques sans jamais tomber dans la parodie facile.
GTO - Great Teacher Onizuka
Great Teacher Onizuka est un manga que j’ai trouvé plutôt sympa dans l’ensemble. Il y a de bons moments d’humour, des situations absurdes efficaces et Eikichi Onizuka est clairement un personnage marquant avec son côté complètement déjanté. Le manga a une vraie énergie et je comprends facilement pourquoi il est devenu aussi populaire. Par contre, ce qui m’a totalement sorti de la lecture, c’est l’utilisation constante de termes japonais non traduits. J’avais l’impression de devoir retourner en dernière page toutes les deux minutes pour vérifier la signification d’un mot ou d’une expression. Au bout d’un moment, ça casse complètement le rythme et ça devient plus fatigant qu’autre chose. Au lieu d’être plongé dans l’histoire, je me retrouvais sans arrêt interrompu pour chercher des explications, ce qui a fini par me faire décrocher du manga. C’est dommage, parce qu’il y avait du potentiel pour une lecture vraiment fun, mais cette accumulation de références et de vocabulaire japonais a rendu l’expérience trop pénible pour moi.