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Par Présence
Note: 4/5
Couverture de la série Cintré(e)
Cintré(e)

Pauvre fou. Car tout ceci n’était qu’illusion. Et faux-semblant. - Ce tome contient une histoire complète, indépendante de toute autre. Sa première édition date de 2018. Il a été réalisé par Jean-Luc Loyer pour le scénario, les dessins et les nuances de gris. Il comprend cent-trente-et-une pages de bande dessinée. Il s’ouvre avec un texte introductif de l’auteur évoquant le fait que cette histoire s’inspire de faits réels, le sacerdoce des artistes qui déposent chaque jour sur leurs tables à dessin, leurs rêves les plus fous, leurs récits les plus subtils comme les plus absurdes. Il y a quelques années, un enterrement. Il fait nuit. Le téléphone sonne. Strident. L’auteur est tiré de son sommeil. Groggy. On lui apprend que sa nièce est décédée. Qu’elle s’est suicidée. On ne sait pas pourquoi. Vingt-deux ans. Elle en avait marre de la vie. Fatiguée. Une histoire d’amour tragique. Sans doute. Il dit qu’il va remonter dans le nord. À Hénin-Beaumont. Qu’il verra son frère. Sa femme. Il dit qu’il sera là très vite. Pour l’enterrement. Il raccroche. Il fait nuit noire. Il pleure. Mais les larmes sont vaines. Le drame s’est joué. Aucun mot, aucun dessin ne pourront décrire le chagrin d’un père. La douleur de son frère. Sa rage aussi. Le voilà donc à sept cents bornes de chez lui, son gros fondement d’obèse sur un banc de messe. Écoutant le remplaçant du prêtre. Oui, le véritable curé n’a pas pu venir. Trop occupé. Manque de personnel… De fait, c’est ce monsieur, une sorte de super catholique, qui fait l’homélie. Touchante d’ailleurs. Des larmes ruissellent sur ses joues… Il fait nuit noire. Et la famille pleure… Spectateurs impuissants de l’épilogue d’un drame qui vient de se jouer. C’est donc au rythme d’une marche funèbre de Mozart, diffusée en deux fois vingt-cinq watts, que débute cette histoire… Et par l’enterrement d’une petite fleur. Et c’est donc à elle que l’auteur dédie cette histoire. Petite fleur. Car sans le savoir, et au-delà de toute sa tristesse, elle venait de bouleverser sa vie. Liaison fatale. L’auteur sort du kébabier avec une boisson chaude et un sandwich qu’il consomme en marchant dans le froid de l’hiver. Il arrive à son rendez-vous galant, dans un véhicule utilitaire sport, avec une belle blonde. Ils discutent. Elle lui demande d’être réaliste : Rien que la voiture dans laquelle ils se trouvent, elle vaut quasiment des années de son salaire. Son mari à elle est allé l’acheter en Allemagne. Et comme elle n’a pas de besoin d’argent, elle peut accorder du temps à Jean-Luc. Il le reconnaît, mais ce qu’il aimerait c’est pouvoir faire des choses avec elle, avoir des journées… Elle l’interrompt : ils en ont déjà parlé cent fois, elle aussi l’aime ; mais elle ne va pas quitter son mari pour une vie sans lendemain. Elle imagine d’ici la tête des clients de l’agence immobilière qui découvriront que la femme du gérant s’est tirée avec un artiste local qui bosse dans Tourniquet Magazine. Elle le réconforte en lui demandant ne pas faire sa mauvaise tête : il sait qu’elle plaisante. Elle ajoute que lui la fait rêver avec ses histoires, ses dessins. Et puis, eux deux, c’est pas pareil. Elle sait ce qu’il aime, dit-elle en approchant sa main de la fermeture de sa braguette. En réaction, il sort de la voiture, fâché, lui disant que c’est fini. Quelle étrange couverture avec ce visage de jeune femme exaltée et exultant, à la peau bleue, et le reflet du visage d’un homme exprimant la surprise, avec un titre peu explicite en orange. Le lecteur se plonge dans le texte introductif et il comprend qu’il s’agit d’un ouvrage à haute teneur biographique, les noms et des situations ayant été modifiés pour préserver l’intimité et la dignité des personnes. Il relève également que l’auteur dédie cette histoire à ses amis artistes, qui chaque jour déposent sur leurs tables à dessins leurs rêves les plus fous, leurs récits les plus subtils comme les plus absurdes. À ces auteur(e)s qui n’ont qu’une obsession : réinventer leurs vies ou des vies. Ceux qui couchent leurs états d’âme sur le papier, animés par de purs instincts de survie. Il remarque également que l’artiste opte pour un registre descriptif et réaliste, avec un degré significatif de simplification dans les formes humaines, les visages, et qu’il privilégie régulièrement les personnages à l’environnement dans lequel ils évoluent. Pour autant, il prend bien soin de d’installer chaque scène dans son décor en ouverture, il intègre des accessoires du quotidien. Le lecteur remarque que chaque personnage dispose d’une morphologie propre, allant de l’obésité pour le narrateur à la maigreur maladive pour la jeune femme, de tenues vestimentaires en phase avec sa position sociale et son positionnement économique. Le récit s’ouvre avec une séquence de cinq pages consacrées à une cérémonie d’enterrement, celui de la nièce du narrateur. Ce dernier raconte son récit sans préciser aucun nom : ni celui du personnage principal, ni celui de la jeune femme, ou de son amante ou de son meilleur ami qui est scénariste. Par effet d’assimilation, le lecteur a tôt fait de surnommer le narrateur avec le prénom de l’auteur, de penser à la jeune femme sous le nom de Elle, au meilleur ami en l’appelant par sa fonction Scénariste, etc. L’enterrement s’avère touchant, plus par sa dimension pragmatique que par les émotions associées au deuil. La simplicité ou l’évidence des dessins raconte la scène dans tout ce qu’elle a de concret, avec une belle représentation détaillée de l’architecture de l’église. Le constat relatif à l’absence de prêtre faute de moyens humains apparaît comme une forme de résignation : manque de personnel, remplaçant compétent dans le registre de l’émotion, moins sur le plan pratique (il n’arrive pas à enclencher la musique du premier coup), ce qui fait ressortir une forme de manque de considération pour la défunte, une cérémonie impersonnelle et à coût réduit. Le lecteur y voit un jugement de valeur sur l’importance très relative donnée à l’individu dans la société, aux automatismes sociaux sans considération personnalisée. Il suppose que ce choix de chapitre introductif apporte un éclairage sur ce qui va suivre. Sans a priori particulier, le lecteur entame cette tranche de vie. Il fait connaissance avec l’avatar de l’auteur : un homme rondouillard, vraisemblablement quadragénaire, même si son âge n’est jamais précisé, en se basant sur le fait qu’il pourrait presque être le père de Elle. Il porte quasiment la même tenue du début à la fin, ce qui est cohérent avec son manque de moyens, des vêtements amples et informes, masquant pour partie son obésité, ou tout du moins l’atténuant, la majorité du temps avec un bonnet sur la tête, et sa barbe qui lui mange ou lui masque la partie inférieure du visage. Ses yeux sont la plupart du temps réduit à deux points, avec un visage expressif. Il se rend à son rendez-vous galant avec la femme du gérant de l’agence immobilière, celle-ci étant pleine de vie, et sûre d’elle, plutôt agréable même si le rendez-vous se déroule mal. Le lecteur suit Jean-Luc dans chaque séquence, rencontrant avec lui d’autres personnages souvent banals et ordinaires, toujours avec une personnalité qui transparaît : le boucher (artiste très particulier), une première responsable éditoriale, une seconde, chacune avec son approche personnelle, la logeuse, le meilleur ami de l’auteur, qui est scénariste et un peu sans-gêne, des réfugiés à Sangatte et des membres d’une association humanitaire, un monsieur qui promène son chien la nuit… Et enfin en page cinquante-et-un, la demoiselle figurant sur la couverture. Une distribution de personnages attachants, émouvants, humains, normaux et uniques. Mine de rien, le récit emmène le lecteur dans des endroits variés : une église, un parking pour voitures offrant une vue panoramique sur la ville, une boucherie, un appartement de célibataire, les locaux d’une maison d’édition jeunesse, un TGV se rendant à Calais et retour, un camp de migrants à Sangatte et les locaux d’une association préparant deux cents repas deux fois par jour (avec corvée d’épluchage de patates), un fleuriste, un pont propice au suicide, une société de graphisme publicitaire, une autre église, et même une grande terrasse de café, un port de plaisance, et un centre médico-psychologique. Le lecteur se laisse gagner par cette petite vie chiche et tranquille, par cette relation difficile entre un artiste sans succès et une jeune femme avec des problèmes de cafetière (des troubles psychologiques). Il ressent l’attachement un peu protecteur de Jean-Luc pour elle, ainsi que ses tâtonnements bienveillants pour la soutenir, lui offrir un cadre accueillant et structuré. Il est sensible à leur cheminement pour apprendre à se connaître dans cette relation asymétrique. Ayant lu l’introduction, le lecteur se montre attentif aux éléments qui relèvent du métier d’artiste, de créateur. À l’évidence, les boulots alimentaires de Jean-Luc, sa démarche pour réaliser un roman graphique avec son ami scénariste, et pour essayer d’intéresser un éditeur. La manière dont il met à profit ce talent pour venir en aide à Elle. En périphérie, il voit comment l’ami scénariste se nourrit de nouvelles relations amoureuses, il découvre une sensibilité artistique inattendue chez le boucher à la forme d’expression très personnelle. Il sourit lorsque Jean-Luc donne des conseils à Elle sur la nécessité de se faire payer pour chaque travail. Il se dit que l’histoire du monsieur avec le chien peut s’appliquer à n’importe quel artiste : Un type un jour a voulu s’envoler. Il était persuadé d’avoir inventé une machine volante qui allait changer l’histoire de l’humanité. Il a hésité, testé ses liens, fait une prière. Re-testé ses liens, refait une prière et… Il a bondi dans le vide, tel un ange de carton ! C’était magnifique ! Le lecteur éprouve également un pincement au cœur lorsqu’il s’agit de trouver un éditeur pour publier une bande dessinée, ainsi que le caractère arbitrairement aléatoire de sa réception, de ses interprétations. Puis il repense à la scène introductive, à la motivation intime qu’elle met en lumière chez Jean-Luc, et aussi qu’au final chaque individu vit sa vie à sa manière, soumis aux aléas tout aussi arbitraires de la vie. Une bande dessinée étrangement placide, évoquant une forme de résignation plus que d’acceptation. Une narration visuelle à base de dessins qui peuvent parfois sembler simpliste, tout en racontant l’histoire avec efficacité et émotions, ce qui constitue une belle réussite. Une tranche de vie banale d’un artiste graphique, faisant son possible pour créer et trouver un compromis satisfaisant sur le plan économique. L’histoire d’une rencontre entre cet homme en surpoids et une jeune femme fofolle (cintrée) parfois imprévisible et souvent ingérable. Une histoire d’amitié totalement personnelle et émouvante. Une bande dessinée peu commune, sans effets de manche, sans tambour, ni trompette. Touchant.

11/03/2026 (modifier)
Couverture de la série HugoDécrypte en Russie
HugoDécrypte en Russie

J’ai trouvé la BD HugoDécrypte – En Russie intéressante et facile à comprendre. Elle permet de découvrir l’histoire de la Russie de manière claire et accessible, même pour des lecteurs qui ne connaissent pas bien le sujet. Le fait que l’histoire soit racontée sous forme de BD rend la lecture plus agréable et dynamique. Les explications sont simples et permettent de mieux comprendre le contexte politique actuel. Les dessins de Kokopello sont efficaces et aident à suivre les événements historiques. Certains passages vont assez vite sur des périodes importantes de l’histoire russe. Cependant, il faut savoir que la BD est limitée à environ 200 pages, donc les auteurs doivent forcément résumer certains moments pour couvrir plus de mille ans d’histoire. Dans l’ensemble, c’est une BD documentaire réussie qui permet d’apprendre beaucoup de choses tout en restant agréable à lire.

10/03/2026 (modifier)
Couverture de la série L'Intranquille monsieur Pessoa
L'Intranquille monsieur Pessoa

Si j’ai déjà croisé sur des rayons de librairies ou de bibliothèques des bouquins de Pessoa, je crois n’avoir jamais rien lu de lui, son œuvre m’est inconnu (même si le titre aux airs d'oxymore du "Banquier anarchiste" m'intrigue). Et j’avoue – avec déception d’ailleurs – qu’elle le reste tout autant après la lecture de cet album. En effet, celui-ci ne traite que les derniers moments de l’écrivain – même si quelques flash-backs donnent quelques informations sur sa jeunesse, ses débuts littéraires. C’est trop succinct à mon goût. Du coup, ne reste que ce vieil homme semblant attendre et accepter la mort avec calme et sérénité, ce qui accentue la relative lenteur du rythme, et la mollesse de l’histoire. Une histoire qui se laisse lire, certes, mais sans jamais passionner. Les multiples pseudonymes sous lesquels Pessoa semblent avoir publié permettent certes de dynamiser un peu la narration – surtout lorsque Pessoa semble vouloir en finir avec eux, solder les comptes avant de mourir et se mettre en ordre pour la postérité. Mais ça ne suffit pas. Ça se laisse lire – rapidement qui plus est – mais cette lecture m’a laissé sur ma faim. Note réelle 2,5/5.

10/03/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Sweet Paprika
Sweet Paprika

Paprika est la jolie mais irascible directrice de la création d'un éditeur à succès. Mais derrière son fort caractère se cache une âme solitaire qui aimerait trouver l'amour... et, en attendant, le sexe. La couverture m'a immédiatement attiré avec ce dessin séduisant et joliment coloré. J'ai ensuite été légèrement déçu de découvrir que l'intérieur était en noir et blanc, avec un tramage type manga un peu trop visible à mon goût. Mais on s'y habitue finalement assez vite, ce qui permet d'apprécier pleinement le trait très énergique de Mirka Andolfo. Son dessin est extrêmement vivant, avec des visages et des attitudes très expressifs qui rendent parfaitement les excès d'humeur, les fantasmes ou les angoisses des personnages. Le fait que l'univers soit peuplé d'anges et de démons est d'ailleurs assez amusant visuellement. Au fond, cet aspect fantastique n'est quasiment jamais exploité dans l'intrigue elle-même, mais il sert surtout à donner une vraie personnalité graphique et comportementale aux personnages. Et il faut reconnaître que cela rend l'héroïne particulièrement charmante et attachante dans ses contradictions. Côté histoire, j'ai trouvé l'ensemble plutôt sympathique, avec plusieurs moments où l'on se sent proche des personnages et où l'on a envie de voir évoluer leurs relations. L'autrice aborde au passage des thèmes assez actuels comme la pression sociale, le rapport au travail ou la difficulté à s'affirmer face à son éducation. Le sexe est très présent dans l'album et constitue même une part importante de l'intrigue, mais l'ensemble reste finalement plus sexy qu'érotique : c'est assez direct et décomplexé, sans être gratuit ni particulièrement explicite. Cela s'inscrit plutôt dans une comédie romantique moderne autour de la découverte de soi, des relations amoureuses et des complexes personnels. Pour clarifier, cela pourrait évoquer un registre proche de "50 Shades of Grey" s'il n'y avait heureusement une bonne dose d'humour et une énergie bien plus sympathique à mes yeux. En revanche, l'album est très long, environ 300 pages, et cela se ressent parfois. Le récit a tendance à s'étirer, notamment à cause des hésitations et des changements d'avis répétés de l'héroïne, qui peuvent finir par paraître un peu fastidieux. J'ai presque cru qu'il s'agissait de l'adaptation papier d'un webtoon tant on retrouve cette tendance caractéristique à trop rallonger la sauce. Cela ne casse pas la lecture, mais cela a légèrement dilué mon intérêt sur la durée. Malgré ces longueurs, je garde une impression globalement positive. Ce n'est peut-être pas un récit parfaitement maîtrisé, mais le dessin plein de personnalité, l'énergie des personnages et le ton à la fois léger et sensible rendent la lecture agréable. Une comédie romantique moderne, sexy et attachante, même si l'intrigue aurait sans doute gagné à être plus resserrée et l'album un peu moins long.

10/03/2026 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5
Couverture de la série Alison - À coups de pinceau
Alison - À coups de pinceau

Lizzy Stewart est une jeune autrice britannique surtout connue pour ses livres jeunesse illustrés– son bouquin « Il y a un tigre dans le jardin », paru en France aux éditions Gautier Languereau, a gagné plusieurs prix au Royaume-Uni. Sa première BD est inspirée de lettres et poèmes écrits par sa grand-mère « Alison », même si l’histoire est finalement entièrement fictive. Ce fait est remarquable, l’écriture est excellente et on croit vraiment en ces personnages, j’avais l’impression de lire une autobiographie, que ces artistes existaient vraiment. Les thèmes sont certes un peu déjà-vus, mais néanmoins intéressants. Alison peine à se définir, à trouver sa place et sa voix dans cette vie, et surtout dans ce milieu artistique dominé par les hommes. La réalisation est réussie. Le style narratif de l’autrice mêle la BD pure, des passages textuels typés « journal intime », et des assemblages de lettres, messages sur notes « post-it », photos… le tout contribue à la narration de façon ingénieuse – par exemple une lettre et quelques photos résument une certaine période de la vie d’Alison, avant d’enchainer sur un nouveau chapitre. Le graphisme est élégant et très précis, on reconnait bien les personnages. Un chouette moment de lecture… un album qui fait d’ailleurs partie de la sélection officielle Angoulême 2025.

10/03/2026 (modifier)
Couverture de la série Star Wars - Yoda
Star Wars - Yoda

Je serai moins enthousiaste que le précédent avis mais cette mini série centrée sur Yoda reste recommandable pour les amateurs de l’univers. Histoire et dessins sont dans une moyenne acceptable. Nous découvrirons le héros à différentes périodes de sa vie, il y a de bonnes idées, j’ai bien aimé voir sa relation avec Dooku (encore Jedi), comme la fil narratif sur Dagobah et cette certaine remise en question … Du boulot honnête donc, ça se lit facilement. Je ne suis pas déçu mais ça ne m’a pas non plus emporté plus que de raison. Finalement, si ma lecture a été satisfaisante, elle s’avère aussi relativement neutre pour une telle icône.

10/03/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Moi, Cléopâtre, dernière reine d'Égypte
Moi, Cléopâtre, dernière reine d'Égypte

Isabelle Dethan, une passionnée de l'histoire antique livre une biographie sur Cléopâtre. C'est un album qui m'a semblé bien documenté et qui essaie le plus possible de raconter la vraie vie de Cléopâtre loin des mythes qui tournent autour d'elle. C'est assez dense avec souvent beaucoup de textes, mais le scénario est aussi clair et facile à comprendre ce qui n'était pas facile. Non parce qu'avec toutes les intrigues à la cour d'Égypte ainsi qu'à Rome on peut facilement se mélanger, surtout lorsque plusieurs personnes portent le même nom, mais on ne se perd jamais. Cléopâtre est montrée comme une femme complexe qui est prête à tout pour protéger l'Égypte, même se débarrasser de ses frères et sœurs encombrants. Une bonne idée de Dethan est que c'est Cléopâtre elle-même qui narre sa vie tout en dialoguant avec la momie d'un ancien pharaon ainsi qu'avec son singe. Ce sont selon moi les meilleurs passages, surtout lorsque Cléopâtre essaie de justifier ses actions, cela permet de ne pas rendre cette biographie monotone et sans vie. Le dessin de Dethan est toujours aussi bon. À lire si on s'intéresse à l'histoire de l'antiquité.

10/03/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Liv et Bivonche
Liv et Bivonche

Liv est une jeune bergère qui vit dans les alpages. Elle devient amie avec Bivonche, un animal mi-vache mi-bison doté de pouvoirs magiques : grâce à ses cornes, il peut matérialiser tout ce que la gentille petite bête désire. Ensemble, ils vivent de jolies aventures pleines de sourires et d'insouciance, mais ce serait sans compter sur des braconniers qui veulent s'accaparer le pouvoir de ces cornes bleues. Il s'agit de courtes aventures mignonnes, sans véritable danger, où le sourire et les fins heureuses sont forcément au rendez-vous : une série bien adaptée à un public de moins de 10 ans. Le dessin d'Amandine Rolain s'inscrit parfaitement dans cette veine : rond, coloré, lumineux, il dégage beaucoup de bonne humeur et une ambiance chaleureuse, même lorsque l'intrigue fait légèrement monter la tension. On sent que tout finira bien. Il s'en dégage aussi un petit message de protection de la nature et d'affection envers les animaux qui, associé aux éléments magiques du scénario, n'est pas sans rappeler une série comme Yakari, dans un décor plus alpestre et contemporain. C'est gentil, c'est mignon, un peu convenu peut-être, mais bien dessiné et porteur d'un message positif : typiquement le genre de petite série qu'un parent glissera volontiers entre les mains de ses enfants.

10/03/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 1/5
Couverture de la série Les Frustrés
Les Frustrés

J'ai essayé de lire cette série à plusieurs moments de ma vie, sans jamais réussir à accrocher. Quand j'étais enfant déjà, elle me tombait des mains : je n'arrivais tout simplement pas à la lire. Adolescent, j'ai retenté d'en relire un album par curiosité mais je me suis tellement ennuyé que je l'ai refermé au bout de quelques pages. Et récemment, adulte, j'ai retenté car après tout c'est une série réputée et Bretecher a marqué de son empreinte féminine la BD de l'époque Pilote... mais ce fut sans plus de succès. Sur l'album entier que j'ai tenté de relire hier (le tome 5), je n'ai souri qu'une seule fois, et encore sur une blague que je connaissais déjà chez Coluche, donc probablement inspirée d'ailleurs. Tout le reste du temps, j'ai soupiré d'ennui, en attendant que ça se termine. L'humour ne fonctionne absolument pas sur moi, et c'est évidemment rédhibitoire pour une série de ce type. Il faut dire que je ne suis déjà pas très sensible au dessin de Bretécher. Le trait est très minimaliste mais je le trouve brouillon, et les personnages ne me plaisent pas visuellement. Le lettrage et la mise en scène des dialogues, très bavards, n'aident pas non plus à rendre la lecture fluide. Mais ce qui me laisse surtout à distance, c'est le monde que la série décrit. Toute cette galerie de personnages me paraît profondément agaçante : ils parlent beaucoup, commentent tout, intellectualisent leurs relations... et m'exaspèrent très vite. On sent bien qu'il s'agit d'une satire d'un certain milieu, probablement une intelligentsia urbaine des années 1970, entre bourgeois bohèmes, parisiens cultivés et héritiers de l'esprit post-soixante-huitard, mais je dois avouer que je reste complètement extérieur à cet univers. Je ne m'y reconnais pas du tout, et je n'arrive même pas vraiment à cerner précisément le type de personnages que l'autrice caricature. Malgré son statut d'oeuvre importante et son succès critique relatif, cette série n'est tout simplement pas mon monde. Je comprends qu'on puisse y voir un témoignage social ou générationnel, mais pour ma part la lecture a surtout été une longue suite de soupirs et d'envies que ça s'arrête.

10/03/2026 (modifier)
Par Isma
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Quartier lointain
Quartier lointain

Quartier lointain est une très belle lecture. J’ai lu ce manga presque d’une traite, tant je me suis laissé emporter par l’histoire. Tout m’a plu : les dessins, le découpage, mais aussi ces nombreux moments de silence que Jiro Taniguchi sait si bien installer. Certaines pages sont presque contemplatives, mais elles disent énormément de choses sans avoir besoin de beaucoup de dialogues. Cela donne au récit une atmosphère très particulière, douce et mélancolique. C’est un manga qui prend le temps de raconter son histoire et de laisser respirer les émotions. On se laisse porter par cette plongée dans les souvenirs et les regrets d’une vie. Je conseille vraiment cette œuvre. En revanche, je ne suis pas certain qu’elle fasse le même effet sur un adolescent. C’est une lecture qui touche probablement davantage quand on a déjà un peu de vécu et que les thèmes du temps qui passe et des choix de vie résonnent davantage. Une œuvre simple en apparence, mais très touchante.

10/03/2026 (modifier)