Les derniers avis (114692 avis)

Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Euy
Euy

Dans un cadre préhistorique situé au mésolithique, Euy, une jeune fille aux yeux vairons, est bannie de son village d'adoption après la disparition de son protecteur. Elle se retrouve livrée à elle-même et s'attache à un personnage ambigu, mi-sorcier mi-barde, rusé et manipulateur mais finalement pas si malveillant. Au premier abord, cette BD laisse une impression assez déroutante. Le dessin, volontairement simple, presque enfantin, et le personnage d'Euy, très spontané, instinctif, avec une manière de s'exprimer volontairement approximative, presque mal dégrossie, donnent au départ le sentiment d'un récit soit très jeunesse, soit un peu simpliste. Et pourtant, passé cette première impression, l'album révèle discrètement son intelligence. Derrière cette apparente candeur se construit un univers étonnamment cohérent et riche, qui propose une vision de la préhistoire à la fois fantaisiste et pourtant crédible. On y découvre différentes tribus, chacune avec ses coutumes, ses manières de parler, ses niveaux de développement technique, dans un monde où coexistent échanges, conflits, commerce et même formes d'esclavage. Le tout reste rudimentaire, mais sonne juste, comme une interprétation vivante et incarnée de ce que pouvaient être ces sociétés humaines en construction. Le travail sur le langage est d'ailleurs intéressant. Sans chercher de vraie rigueur linguistique, l'auteur s'amuse avec les mots, les manières de s'exprimer, et donne à chaque groupe une identité propre. Cela peut déstabiliser et paraitre arbitraire au début, mais quand on constate qu'il y a une vraie logique dans les manières de parler de chacun, cela participe à l'immersion et à la singularité du récit. Sur le plan narratif, l'histoire prend la forme d'un parcours initiatique teinté d'aventure. La relation entre les deux personnages principaux, faite de méfiance, d'intérêt mutuel et d'une forme d'attachement progressif, porte une bonne partie du récit. Les péripéties s'enchaînent avec énergie, parfois avec des touches d'humour ou des situations un peu absurdes, mais l'ensemble conserve sa propre cohérence. Ce mélange de naïveté apparente et de richesse de fond donne une BD tous publics assez singulière, qui demande un petit temps d'adaptation mais qui finit par convaincre. Une vision de la préhistoire colorée, vivante et inventive, qui parvient à être à la fois accessible et étonnamment nuancée derrière son voile de loufoquerie. Note : 3,5/5

02/04/2026 (modifier)
Couverture de la série Magasin général
Magasin général

Tome 1 : Une sorte de tranche de vie d'une communauté rurale dans le Québec des années 20. On suit le personnage principal, Marie, qui vient de perdre son mari. tout deux tenaient le magasin général, sorte de point névralgique du village, isolé de la ville. Beaucoup de personnages secondaires sont introduits de sorte que le lecteur a parfois du mal à cerner qui est qui... Dans ce tome 1, il n'y a pas de véritable fil conducteur mais on suit le quotidien de la communauté. Niveau dessin, c'est du pur Loisel, le trait un peu épais mais joli, tout comme la mise en couleur. dommage qu'il n'y ait pas de lexique en fin d'ouvrage pour mieux apprécier les expressions québecoises qui sont néanmoins savamment distillées afin que le lecteur français que je suis arrive à suivre et comprendre les échanges. SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 7/10 GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 7/10 NOTE GLOBALE : 14/20 Tome 2 : le meilleur tome selon moi de la série. On suit ici l'arrivée de Serge et la révolution qu'il va entrainer dans la communauté privée de ses hommes partis plusieurs mois en forêt pour couper du bois. SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 9/10 GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 7/10 NOTE GLOBALE : 16/20 Tome 3 : suite au retour des hommes, la vie de la communauté prend une tournure inattendue. Je ne m'attendait pas du tout à l'issue finale et au fait que Serge soit homosexuel. Beaucoup d'émotion dans ce tome qui sonne très juste.. SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 8/10 GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 7/10 NOTE GLOBALE : 15/20

02/04/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Les Grands Rêveurs
Les Grands Rêveurs

Dans un décor très américain, cette série jeunesse mêle action et fantasy autour de deux jeunes héroïnes pleines d'énergie. Charlie, accompagnée de sa voisine Emma, découvre que de nombreux enfants, dont sa propre sœur, se rendent chaque nuit dans un mystérieux monde du Rêve pour affronter des créatures qui menacent directement l'imaginaire humain. Car derrière cette idée assez simple se cache un enjeu bien plus vaste : si ces forces venaient à l'emporter, les conséquences dans le monde réel pourraient être cataclysmiques. Visuellement, le dessin du canadien Tri Vuong est une réussite. Très dynamique et moderne, il oscille entre le style de l'animation et une esthétique young adult, avec une mise en scène nerveuse qui accompagne bien l'action. L'ensemble dégage une ambiance très comic book, renforcée par le cadre américain et par le rythme soutenu du récit. Ce premier tome mise clairement sur l'énergie et l'immersion plutôt que sur les explications. Le monde du Rêve est présenté comme une sorte de réalité parallèle, à la fois chaotique et organisée, avec des accents presque paramilitaires, sans que ses règles ou ses enjeux soient réellement clarifiés. On suit les héroïnes dans leur découverte en restant volontairement dans le flou, ce qui peut être à la fois intrigant et un peu frustrant. Il en va de même pour les éléments plus inquiétants, comme les corbeaux du Grand Kontrol, dont les tenues évoquent celles de Jin-Roh et qui laissent planer une menace encore assez opaque à ce stade du récit. Le duo d'héroïnes fonctionne bien, notamment grâce au personnage d'Emma, voisine débrouillarde et inventive qui n'est pas sans rappeler le Data du film Les Goonies, avec ses gadgets bricolés et son enthousiasme communicatif. Cette dynamique apporte fraîcheur et humour à l'ensemble. On se laisse facilement emporter par le rythme et l'énergie de cette série, mais ce premier tome donne surtout le sentiment d'une mise en place encore nébuleuse. Reste à voir si la suite parviendra à éclaircir les enjeux et à donner une véritable cohérence à cet univers riche mais encore très flou.

02/04/2026 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Dans les couloirs du Conseil constitutionnel
Dans les couloirs du Conseil constitutionnel

J'ai lu cette BD peu après La Tour de Babel - Voyages au coeur du grand bazar européen et je trouve qu'on a le même genre de BD, ce qui m'a fait ressortir encore plus les défauts. Le premier d'entre eux, c'est ce gimmick qui m'agace de mettre deux personnages dont l'un explique à l'autre ce qu'il faut comprendre. C'est assez souvent une façon un peu fainéante de faire passer le message par des dialogues qui mettent un des personnages en avatar du lecteur, mais plusieurs BD que j'ai lu parviennent à faire mieux en imaginant quelque chose de plus ludique ou créatif narrativement. Le gros souci que j'ai avec, c'est qu'ici encore les explications sont souvent parasitées par les facéties d'un personnage qui s'amuse en arrière plan, comme si l'autrice avait peur de lasser par des explications rébarbatives et donc en laissant un peu d'amusement passer dans ces planches. Sauf qu'en tant que lecteur, ça me fait lire souvent deux fois la même planche, une fois pour comprendre le propos qui est dense, une fois pour apprécier ce qui est dit derrière dans les personnages rigolos. Cet artifice est souvent lourd dans la lecture puisqu'il casse une fluidité que j'attends de la BD. Maintenant, le propos de la BD est intéressant sur ce fameux conseil constitutionnel, organisme garant de l’État de droit et qui semble sacrément intéressant en notre temps (je dis ça comme ça ...). Je ne connaissais pas toutes ses prérogatives ni son histoire, mais c'est intéressant. D'ailleurs je crois que cette BD complète bien d'autres ouvrages sur notre démocratie et les arcanes législatives qui gèrent notre vie. C'est dommage que la réalisation ne soit pas suffisamment léché pour arriver à faire ressentir l'essentiel de ce conseil constitutionnel, notamment par des schémas ou des métaphores bien senties qui font passer clairement l'essentiel de ces informations. J'ai quelques bribes en tête mais la majorité est déjà en train de s'effacer et la BD ne m'a pas suffisamment convaincu pour que je la relise. D'autres BD documentaires m'ont fait ressentir de manière bien plus efficace leurs sujets. C'est donc une BD intéressante, dont la réalisation est fonctionnelle mais pas extraordinaire que je ne trouve pas particulièrement notable. De fait, la BD est un peu longue pour ce que j'en retiens, et je ne serais pas convaincu qu'il faille la lire. C'est une BD plus intéressante pour des jeunes qui découvrent les rouages de notre état.

02/04/2026 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Après l'orage (Cremers)
Après l'orage (Cremers)

Une BD lente sur un choix à faire dans sa vie. La BD commence par l'arrivée de Hélène, une femme d'une quarantaine d'années, chez ses parents. Sa mère a Alzheimer, son père est un peu artiste. La pluie commence à arriver et couper les routes. Elle doit rester pour la nuit. Et puis les questions essentielles arrivent, les discussions importantes aussi ... La BD est lente, franchement lente, laissant le temps au propos de se développer. Certaines choses prennent sens dans la durée, jusqu'à certains moments clés et souvent muets. On comprend sans avoir besoin de texte pour nous souligner les choses, ce qui est franchement bien, d'autant plus pour un récit intimiste qui raconte les difficultés que traverse cette femme, et notamment la question de la prise de conscience qu'elle doit faire. Le tout est enrobé dans une histoire de pluie torrentielle et d'eau qui monte. Je ne sais pas trop de quand date l'idée de la BD mais ça m'a fait penser à ces inondations catastrophiques qui ont dévastées la Belgique en 2021. Cette idée introduit quelque chose d'inquiétant, une sorte de métaphore de tout ce qui remonte progressivement et nous isole des autres, mais aussi un refoulement d'émotion qui monte et gagne tout, dévastant nos vies jusqu'à un lever de soleil métaphorique sur une nouvelle étape de la vie. Hélène est une femme meurtrie, qui doit reconnaitre ses échecs et la réalité de ce qu'elle vit, forcée de rester chez ses parents qui sont gagnés par la maladie également. Le tout est servi par un dessin étrange, avec des têtes que j'ai trouvé trop fixe pendant un long moment avant de comprendre que c'était une volonté de l'auteur, puisque Hélène va progressivement changer de tête et se dérider, tout en s'ouvrant aux autres. L'air hautain est une défense qu'elle adopte pour survivre. En fait, en écrivant l'avis, j'ai un meilleur souvenir que la première impression que j'avais en écrivant l'avis. C'est une BD qui reste simple dans son déroulé, lent mais pas chiant, avec un rendu final plutôt tendre. Je vois quelques défauts, dont le principal selon moi est la disparition des parents étrangement fantastique. Je comprend que c'est une façon de continuer la métaphore du récit, mais cette disparition est si brusque et irréelle (presque irréaliste) qu'elle fait un peu tâche face au reste du récit qui est très réaliste. Cependant, en dehors de cette note que j'ai trouvé de trop, le reste est franchement bien tenu et arrive à me marquer plus que je n'aurais cru. En fin de compte je serais plus modéré dans ma note et mon avis, enclin à vous conseiller cette BD finalement.

02/04/2026 (modifier)
Par Vaudou
Note: 3/5
Couverture de la série Persecution
Persecution

Du bon post apo qui tâche, de la série B de qualité. Cette bande est largement ignorée et pourtant c'est un très bon recueil d'histoires courtes qui n'a pas à rougir face aux autres productions de la catégorie SF post apo. Le trait de Rubio, qui fait très années 90, est plein de charme. Si on veut chercher la petite bête, cette bande se lit assez vite étant donné qu'on compte seulement 42 pages. Lecture recommandée.

02/04/2026 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Helen de Wyndhorn
Helen de Wyndhorn

Je note large pour le dessin superbe et l'enthousiasme qui m'a porté tout au long de ma lecture, dans une ambiance parfaitement orchestrée entre son hommage et son propos. Parce que cette histoire est avant tout un bel hommage à la fantasy pulp des années 30, clairement inspiré de la vie de Robert E. Howard et son célèbre Conan, mais pas seulement puisqu'il y a aussi l'esthétique renvoyant au comics pulp, notamment l'héroïne qui rappelle pas mal Red Sonja. C'est surtout cet hommage qui se ressent, mais l'esthétique de la BD en envoie plein les mirettes, entre les couvertures magnifiques, le dessin coloré et rappelant les bons vieux designs de fantasy héroïque de ces années-là, sans jamais faire dans le plagiat ni dans la reprise sans originalité. La dessinatrice s'est fait plaisir en mélangeant différents styles visuels, chacun absorbé et digéré, jamais saugrenue. C'est clairement une maitrise de sa part, avec la combinaison de tout ce qu'il veut référencer suffisamment bien mélangé pour qu'on ne voit pas uniquement là quelque chose de forcé. Ce dessin est un excellent point, si ce n'est le meilleur, de cette BD. Pour autant, la BD n'est pas en reste sur l'histoire, prenante jusqu'au bout. C'est une histoire qui démarre doucement, avec cet interview d'une vieille femme par un type que je pensais plus important qu'il ne l'est finalement. Mais très vite, on comprend que ce sera une histoire scindée en deux parties : la narration de cette vieille femme, entrecoupée des cassettes enregistrées qui voyagent de propriétaire en propriétaire. Le tout est entrainant avec l'introduction progressive de ce monde de fantasy débridé, sans règles et qui ne se laisse jamais cerner ou appréhender totalement. L'histoire reste celle de cette gouvernante qui n'y va jamais, se contenant de tenir le rôle qu'on lui a donné tout en acceptant parfois de sortir de celui-ci pour obliger quelqu'un à se bouger. Le seul défaut que je vois à cette histoire est là toute fin, qui semble montrer l'importance de ces histoires certes mais qui se finit sans réellement avoir de point final. C'est dommage, même si je comprends la portée de ce message : les histoires comme celles-ci ne s'arrêtent jamais et leurs héros vivent encore à travers nous. Cependant, je trouve que la fin est abrupte, pas spécialement marquante et peut-être un peu trop cryptique. La dernière planche semble vouloir dire quelque chose mais je n'ai pas compris quoi. Bref, la BD est riche visuellement et franchement intéressante, prenante dans un récit épique mais aussi intime. C'est franchement bon, avec un dépaysement qui fait plaisir et me donnerait envie de revoir cette fantasy grand spectacle, débridée, s'autorisant tout et n'importe quoi pour faire rêver et proposer une inventivité de chaque instant. Bref, j'ai passé un excellent moment de lecture même si la fin m'a un peu déçu. Donc lecture conseillée !

02/04/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série L'Indicible
L'Indicible

2.5 Gou Tanabe semble vouloir adapter toute l'œuvre de Lovecraft et il continue avec ses nouvelles dont plusieurs mettent en vedette le personnage de Randolph Carter. On retrouve certains des thèmes chers à l'auteur, comme le monde des rêves (Lovecraft passait son temps à faire des cauchemars), les secrets de l'univers que les humains ne devraient pas connaitre, la mince ligne entre le rêve et la réalité.... Le résultat est encore une fois correct, mais aucune des histoires courtes ne m'a pas semblé mémorable. Certaines m'ont même laissé sur ma faim avec des fins qui m'ont semblé abruptes. Un autre problème est que Lovecraft reprend toujours les mêmes obsessions, alors à force les récits deviennent un peu trop répétitifs et les péripéties sont faciles à devenir. En gros, un album pour ceux qui ont déjà adoré les autres adaptations de cet auteur sur Lovecraft. Ce n'est pas un album que je conseillerais à ceux qui n'ont pas encore découvert le travail de Tanabe.

02/04/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Quand je ne serai plus là
Quand je ne serai plus là

3.5 Un one-shot touchant qui met en lumière ce qui risque d'arriver lorsqu'on devient un laisser pour compte dans la société japonaise, que l'on soit un humain ou un animal, et malheureusement c'est une situation tellement universelle que n'importe quel lecteur dans le monde pourrait retrouver des problèmes de sa propre société. Alors on suit l'histoire d'un vieux qui vit en situation précaire et seul depuis la mort de sa femme. Le seul autre être vivant dans sa vie est sa vieille chienne et lorsqu'il apprend qu'il a une tumeur, il va tout faire pour que sa chienne ne soit pas abandonnée après sa mort. C'est un récit plein d'émotions (il y a une scène qui va faire pleurer à coup sûr les amateurs de chiens !) sans qu'on force trop dans le mélodrame. Je n'ai jamais eu l'impression que l'auteur voulait absolument que je pleure, même dans les scènes qui sont clairement faites pour que je ressente des émotions. Hormis peut-être une ou deux coïncidences un peu grosses, ce qui arrive à ce pauvre vieux et à sa chienne est crédible et on a bien de la peine pour eux. Le récit est captivant et comme c'est un one-shot, le scénario n'est pas inutilement étiré. Le dessin est du réaliste comme je l'aime dans les mangas, il y a un peu de dynamisme et ce n'est pas du tout figé.

01/04/2026 (modifier)
Couverture de la série Les Damnés de l'or brun
Les Damnés de l'or brun

Cette série se place délibérément dans les traces de « Les maîtres de l’orge ». Une préface « de copain » de la part de Van Hamme dans le premier tome, et bien sûr Vallès au dessin. Et aussi la volonté de dresser une sorte de portrait de famille sur plusieurs générations/décennies, autour dune industrie agroalimentaire (ici le chocolat remplace la bière du « Maître des orges ». et, comme pour « Les maîtres de l’orge », un épilogue (ici 8 pages de « dossier et textes au lieu d’un tome complet) comble les trous entre les périodes, et poursuit la généalogie (présentée en deuxième de couverture). Mais, au final, j’ai eu le même ressenti décevant sur cette série que pour « Les maîtres de l’orge ». Même si j’ai apprécié que l’intrigue ne s’étire pas autant et soit resserrée sur trois tomes. Et si aussi elle s’enrichit de plusieurs arrière-plans politiques : les luttes indépendantistes au Brésil dans le premier album, et comme fil rouge sur toute la série les débats/luttes autour de l’esclavage et de sa suppression. Cela densifie certes un peu l’intrigue – lisible au demeurant. Mais jamais elle ne m’a passionné, ou complètement intéressé. Le dessin de Vallès est très classique. Un chouia figé, il passe très bien. Mais l’histoire est décevante. Traitée en trois parties/albums, traversant le XIXème siècle (chaque partie est séparée de la précédente d’une trentaine d’années), elle escamote très rapidement les tensions nées dans chaque épisode. Surtout tout semble trop téléphoné, manque souvent de fond et de crédibilité. Dès le départ, les deux frangins que les premières pages montrent complices, se divisent violemment en quelques instants au point de vouloir la mort de l’autre ! Et les rebondissements sont souvent trop prévisibles (voir le cheminement du deuxième album), ou alors artificiels (les brouilles entre personnages – de celle des deux frères au début à celle d’Idalina et Philippe dans le dernier tome – ou alors le happy-end), sans que l’intrigue, la personnalité des personnages ne soient vraiment fouillées. On ne s’attache donc ni à l’une ni aux autres. Enfin, tous les – nombreux – passages présentant les procédés de fabrication du chocolat, les différentes variétés de cacao, voire l’intérêt d’acheter des chocolats issus du commerce équitable (car l’histoire est présentée comme un flash-back, une vendeuse d’une boutique équitable raconte à un acheteur curieux l’histoire de ses « ancêtres » et du chocolat) sont généralement intéressants, mais sont aussi un peu trop didactiques et alourdissent parfois la narration. Bref, rien de honteux, certains lecteurs peuvent largement y trouver davantage leur compte que moi, qui ai suivi cette « saga familiale » de loin, sans réellement me passionner pour cette famille. Note réelle 2,5/5.

01/04/2026 (modifier)