Tiens, le dernier Lou Lubie ! Cool :)
Plutôt fan de ses réalisations depuis que j'ai découvert son travail, j'avoue que cette fois-ci c'est la grosse déception...
Avec "Saigneurs", Lou Lubie nous transporte dans une Transylvanie fantasmée où les vampires prédominent mais cohabitent avec les humains. Anghel, Maggy et Iulia sont trois ami.e.s qui habitent en coloc' et sont confronté.e.s à différents soucis personnels. Anghel s'est fait mordre par un vampire et se transforme petit à petit en goule, Maggy se fait virer de sa boîte gérée par des vampires et se met à militer pour les droits humains, et Iulia n'ose avouer à ses amis qu'elle sort avec une vampire...
Ça pourrait faire sourire par ce petit côté série TV, mais Lou Lubie cherche à dénoncer à travers ses paraboles les violences sexistes et sexuelles... Sauf que pour ma part ça n'a pas du tout fonctionné.
Je n'avais pas lu les résumés et pitchs de présentation de l'album, et pour le coup, je me suis ennuyé très rapidement. Ce qu'elle veut dénoncer ne m'est apparu que tardivement, noyé sous une masse de dénonciations qui desservent son propos. Les références sont souvent ou trop diluées (cf. sa page d'explication des références en fin d'album) ou trop lourdes (les pubs à destinations des vampires dans les décors par exemple), et au bout d'un moment je ne savais plus ce qu'elle cherchait à dénoncer. Il aura fallu sa page de chiffres en lien avec son sujet en fin d'album pour comprendre son propos. Dommage, c'est trop tard et la lecture de l'album a été fastidieuse.
Côté dessin on reste sur son trait minimaliste efficace ajusté à une colorisation rouge et noire (vampire oblige) qui ne m'a pas emballé plus que ça ; je l'ai trouvée plus efficace et lumineuse dans Racines par exemple.
Bref, une belle déception.
Je ne suis pas spécialement fan de Daniel Clowes, je n’ai lu que David Boring (que j’avais adoré) et Ghost World (beaucoup moins), et surtout ces lectures remontent à 20 ans (bigre). J’ai néanmoins adoré « Patience », qui m’a donné envie de me pencher sur les autres albums de cet auteur au style tellement particulier.
J’ai trouvé l’intrigue scotchante, impossible de refermer l’album avant de savoir comment les (més)aventures temporelles du protagoniste allaient aboutir. La narration est maitrisée, je ne me suis jamais perdu dans les méandres du scénario, et les personnages sont attachants et intéressants. J’ai retrouvé ce côté « critique de la société américaine » déjà présent dans les autres albums de cet auteur.
Le style graphique « pop art » a beaucoup de caractère, et j’ai pris beaucoup de plaisir à admirer les planches.
Une lecture agréable et prenante.
Je ressors bluffé de ma lecture de ce polar réalisé par deux illustres inconnus (en France en tout cas, il s’agit peut-être de super stars en Italie !)
Le début de l’enquête est prenant mais un peu convenu, et au 2/3 de l’album je me voyais déjà déclarer dans mon avis que « l’intrigue est efficace mais trop prévisible ». Je dois cependant avouer ne pas avoir vu venir les retournements de situations successifs et les révélations aussi fracassantes que logiques. Le dénouement m’a également beaucoup plu. La narration est excellente et fluide, j’ai suivi l’enquête sans effort, tournant souvent avidement les pages pour découvrir la suite des évènements !
Et puis il faut dire que le graphisme de Alessandro Manzella est absolument magnifique, tout en restant très lisible. J’ai particulièrement apprécié les points de vue souvent originaux. Les planches sont un délice pour les yeux.
Bref, un polar sombre qui démarre tranquillement mais finit par surprendre, et une mise en image réussie… A recommander aux amateurs du genre.
MAJ 2026 : Ah, tiens, un tome 2. Je trouve le graphisme toujours aussi sublime, mais l'intrigue m'a semblé plus convenue, et les réflexions internes du protagoniste sur le Mal pas bien passionnantes. Un bon moment de lecture, mais qui lorgne plutôt vers le 3/5 en ce qui me concerne.
Elle est bien cette bande de Jodorowsky, elle permet de savoir où on en est niveau état de santé mentale et elle nous fait économiser par la même occasion une séance chez le psy !
Le risque c'est quand un invité un peu curieux, ou pire une femme, s'approche de votre bibliothèque.
A ce moment là, priez pour que l'objet du délit ne soit pas choisi. Sinon vous êtes bon pour un regard mélangeant incompréhension, pitié et dégoût à l'encontre de votre personne.
Pour les amoureux des bruits et des odeurs ça vaut un 5/5.
Mais pour un esthète tel que votre serviteur qui ne regarde que vers le haut, c'est 1/5.
Avis portant uniquement sur le tome 1 qui est un one shot au départ. Le fait d'avoir transformer ça en série mais avec des dessinateurs différents me semble plus une opportunité commerciale.
Une biographie de Vlad l'empaleur dit Dracula par le grand Hermann et son fils.
Yves H a souvent été critiqué à juste titre mais il livre ici une biographie passionnante à suivre.
C'est la véracité historique qui est privilégiée, pas de vampires à l'horizon.
Au dessin c'est un Hermann en couleurs directes, un de ses plus beaux travaux, à ranger au côté de On a tué Wild Bill.
Le découpage de certaines planches est divin.
Un vrai page turner, captivant, documenté et beau à regarder.
2.5
J'avais lu l'autre l'album autobiographique de cette autrice il y a quelques années et j'avais bien aimé. C'est donc avec une bonne impression que j'ai commencé la lecture de cet album
La première chose qui m'a frappé est le choix des couleurs. Le rouge et le vert sont beaucoup trop flashy, du moins dans l'exemplaire que j'ai vu et j'ai presque eu peur d'avoir un problème de vue après avoir fini l'album. Heureusement, ça se lit rapidement vu qu'il y a deux-trois gros dessins par pages. J'ai moins accroché aux thèmes de cet album que dans l'autre one-shot de cette autrice. Elle raconte comment durant son adolescence et ses premières années de jeune adulte elle était facilement influençable et changé de look et de gouts pour plaire aux garçons qu'elle aimait ou tout simplement pour que les autres ados ne la jugent pas en aimant ce que les autres aiment. La pression de groupe est un truc que tout ado a du vivre et justement ce que montre l'autrice est la plupart du temps un peu trop banal pour être passionnant.
Le truc le plus intéressant est qu'on voit un aperçu un peu glauque de ce que pouvaient vivre des ados dans les années 80. Non seulement il y a des jeunes qui boivent et fument en public dans l'indifférence générale, mais la meilleur amie de l'autrice est sorti avec un homme 10 ans plus vieux qu'elle lorsqu'elle avait seulement 14 ans ! Sinon, cela se laisse lire si on est pas allergique à l'autobiographique. Il faut dire que ça se lit vite... un peu trop vite. Parfois, l'autrice rencontre un garçon et quelques pages plus loin il y a un nouveau gars qui apparait !
2.5
J'ai remarqué que ces dernières années il y a eu plusieurs bandes dessinées sur les problèmes que les femmes rencontrent lorsqu'elles sont enceinte et aussi après l'accouchement. Est-ce que c'est parce que le monde de la BD est de plus en plus féminin et qu'on a donc des autrices qui peuvent parler de choses que les auteurs ne vivent pas ?
En tout cas, ici, l'autrice raconte la dépression qu'elle a vécue après son accouchement et il semblerait que plusieurs femmes souffrent de ce type de dépression. Je ne connaissais pas du tout la dépression post-partum et ça me rends triste de savoir qu'autant de femmes se sentent inutiles et tristes après avoir donné naissance à un être humain. Cela dit, ce n'est pas parce qu'une BD parle d'un sujet intéressant que cela donne automatiquement une BD intéressante.
Le dessin est minimaliste au possible, mais au moins c'est lisible et ce n'est pas très moche. Les anecdotes de l'autrice sont inégales avec certaines qui sont meilleurs que d'autres. Au bout d'un moment, je trouvais que ça tournait un peu en rond. Peut-être que les femmes qui ont vécu une expérience similaire à celle de l'autrice vont plus accrocher et se sentir moins seules en voyant que d'autres ont vécu la même chose.
Je suis passé à coté de cet album.
Cela se passe dans un monde post-apocalyptique où les gens meurent à 30 ans et reviennent en zombie. L'héroïne se promène dans ce monde, soutenu par la musique qu'elle écoute en permanence et puis rencontre un gars et ensuite il se passe des trucs. Déjà, le monde imaginé par l'autrice n'est pas des plus original et coche plein de cases des clichés qu'on retrouve dans les récits post-apocalyptiques, quoiqu'au moins pour une fois il y a pas un gang de violeurs en série. J'avoue que je me foutais un peu de la quête des deux personnages principaux et les moment censés être émouvants m'ont laissé de marbre. Je ne suis jamais rentré dans le récit.
Il reste le dessin qui n’est pas trop mal et c'est pratiquement la seule qualité que j'ai trouvé dans ce one-shot qui m'a laissé globalement indifférent.
« Instants d’années » est l’ouvrage qui accompagne l’exposition « L’Aventure éditoriale – Delcourt, 40 ans au rythme du 9e art », qui a lieu du 29 janvier au 15 novembre à la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image d’Angoulême. Celle-ci devait inaugurer le FIBD, qui par les malheureuses circonstances que l’on connaît, a été annulé cette année.
Il faut voir le livre davantage comme un objet souvenir, une fantaisie autopromotionnelle sans doute, un « beau livre » pourquoi pas, que comme une véritable bande dessinée, le seul critère étant le format du gaufrier. Le choix éditorial s’est porté sur un leporello muet pouvant se lire un peu dans tous les sens, comme un assemblage de dessins parfois esquissés, qui semblent avoir été griffonnés sur le coin d’une table, avec toute la sensibilité et le talent d’Alfred que l’on connaît bien à travers des œuvres comme Pourquoi j'ai tué Pierre, Come Prima, deux albums récompensés par des Fauves à Angoulême, ou encore Le Désespoir du Singe.
Guy Delcourt s’est fait plaisir avec cette autocélébration et il a bien eu raison. La bande dessinée ne serait pas tout à fait ce qu’elle est sans cet homme qui a transformé sa petite entreprise en machine de guerre incontournable parmi des éditeurs installés depuis plus longtemps dans le paysage, tels Casterman ou Dargaud. Et tout cela grâce à sa passion pour le médium, sa rigueur et son dynamisme, son éclectisme et sa curiosité, sa capacité à allier le populaire et l’avant-garde, et sans doute aussi un certain flair pour détecter les auteurs les plus talentueux.
Si malgré les apparences, la chronologie est respectée, les images, bien souvent dépourvues de texte ou en mode « private joke », ne parleront pas forcément à tout le monde. Pour en savoir plus, il faudra se référer aux notes à l’arrière de la couverture. Il y a évidemment beaucoup de clins d’œil et de références à des instants marquants, des fiestas joyeuses ou des œuvres iconiques — La Bande à Renaud (Renaud - BD d'enfer) (son premier succès !), les « Donjon », De Cape et de Crocs — qui ont jalonné le parcours de l’éditeur, et Alfred en sait quelque chose puisque son tout premier album, Abraxas, a été publié chez Delcourt en 2000, soit seulement 14 ans après la création de la maison.
On regrettera cependant le côté un brin foutraque du projet pour la partie textuelle, où le lien n’est pas fait entre les images et les notes explicatives : celles-ci sont bien numérotées mais pas les dessins… Il faudra donc être quelque peu motivé pour leur lecture. On aurait également apprécié un découpage chronologique plus explicite et une taille de police augmentée. Cela ne devrait pas empêcher les collectionneurs de curiosités et les nostalgiques d’apprécier.
Dessin et colorisation font vraiment leur âge ! Mais je trouve que l’ensemble passe encore très bien. Adamov nous propose quelque chose d’assez travaillé, et la vision qu’il donne d’un Paris post-apocalypse est souvent saisissante.
Un univers noir, glauque, dans lequel Cothias développe une intrigue un peu foutraque. Comme une fin du monde, une agonie flamboyante. Au milieu des ruines, des loques humaines en quête d’eau et de nourriture (il y a quelque chose du film « Delicatessen » - la couleur sombre et l’humour noir en moins – dans certaines scènes où le boucher Pancrasse prépare sa barbaque…), et des notabilités déconnectées de la réalité de la plèbe, multipliant orgies et caprices mortels.
Il y a dans certaines scènes, et dans le dessin des choses qui m’ont aussi fait penser à Neige (une série qu’il faudra bien que j’avise, au passage !).
Si dessin et colorisation font leur âge donc, j’ai trouvé dans une lecture récente (je ne sais pas pourquoi j’étais passé à côté de cette série depuis si longtemps !?) que l’intrigue et certains personnages étaient presque intemporels. En tout cas qu’hélas on pouvait trouver quelques points communs avec notre époque contemporaine. Une société et des valeurs en déliquescence, des dirigeants méprisants envers le « peuple » (« Sans dent », immigrés, pauvres, etc.) : si pas mal de personnages font étalage de cynisme, de mépris de classe et de folie, c’est le duc Malik qui incarne le « méchant », gros salaud méprisant, ambitieux, égoïste, sadique, massacrant à tour de bras pour s’amuser avec son train blindé. Son personnage est fascinant – et repoussant – et s’intègre parfaitement dans cet univers où tout semble partir en vrille, où tout s’écroule dans la fange (dans tous les sens du terme). Malik est aussi garant de surprises, puisqu’on ne sait trop à l’avance qui il va tuer (parfois des personnages qui semblaient importants pour l’intrigue).
A l’inverse, Jérôme, Prince de Mortelune, gagne en consistance, et surtout en « positivité » au fur et à mesure qu’avance le récit – et qu’il devient une proie traquée, entourée de quelques personnages longtemps énigmatiques, alors qu’au départ il avait lui aussi un comportement méprisable.
Pour revenir sur le côté graphique, Adamov nous balade pas mal dans ce Paris déglingué, pourrissant, démantibulé. On a même droit à de longues virées dans les sous-sols (égouts, métro – avec un improbable contrôleur des Lilas), il se fait plaisir, et les connaisseurs de la capitale peuvent s’amuser à reconnaitre monuments et quartiers dévastés (j’ai plutôt bien aimé cet aspect) – je ne connais pas Lyon, et j’ai donc été moins captivé lorsque l’intrigue s’y est projetée dans le quatrième tome, ou comme lorsque par la suite nous voit traverser la France, avec ces insectes mutants.
Le tome 5 conclut un cycle. J’allais dire la série – et sans doute aurait-il dû en être ainsi, et les auteurs auraient produit une bien belle œuvre, certes pessimiste, mais originale et plaisante à lire.
Et du coup, difficile d’envisager une suite après ce cinquième tome. Pourtant les auteurs ont remis le couvert. La rupture est brutale, il faut s’y remettre. Mais le ton et les décors sont très – trop différents. Ça part vers quelque chose de plus rationnel au départ (on cherche à expliquer le pourquoi de l’apocalypse dans les premières pages – inutile et cela tue l’imagination du lecteur) et plus classique et moins noir, de la SF moins originale clairement. Et qui m’a en tout cas moins attiré.
Et puis, les touches d’humour – avec ce robot en forme de pingouin par exemple – et les dérives un peu foutraques du scénario m’ont peu à peu mis de côté. Faire revenir les personnages du premier cycle m’est apparu artificiel et vain, et l’histoire – en plus d’être moins facile à suivre – m’a moins intéressé. Sans être inintéressant, ce second cycle forme presque une série à part. en tout cas je pense que les cinq premiers albums, qui se suffisent à eux-mêmes, auraient pu et dû clore la série. Ce second cycle s’embarque dans les rêveries, mais les personnages de Nicolas et de Violhaine ne sont pas assez forts (ils sont même fades dans le premier cycle).
Dans ce second cycle, le dessin d’Adamov est toujours très bon – mais j’aime moins ses décors, j’avais préféré les ruines urbaines. Et la colorisation de Chagnaud (qui remplace ici Adamov) donne un rendu plus net, pas désagréable, mais cela accentue encore la rupture entre les deux cycles).
Vous l’avez compris, j’ai surtout été marqué par les cinq premiers albums (j’aurais sans doute mis une étoile supplémentaire sur ce seul cycle). Les suivants sont peut-être plus dispensables.
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Saigneurs
Tiens, le dernier Lou Lubie ! Cool :) Plutôt fan de ses réalisations depuis que j'ai découvert son travail, j'avoue que cette fois-ci c'est la grosse déception... Avec "Saigneurs", Lou Lubie nous transporte dans une Transylvanie fantasmée où les vampires prédominent mais cohabitent avec les humains. Anghel, Maggy et Iulia sont trois ami.e.s qui habitent en coloc' et sont confronté.e.s à différents soucis personnels. Anghel s'est fait mordre par un vampire et se transforme petit à petit en goule, Maggy se fait virer de sa boîte gérée par des vampires et se met à militer pour les droits humains, et Iulia n'ose avouer à ses amis qu'elle sort avec une vampire... Ça pourrait faire sourire par ce petit côté série TV, mais Lou Lubie cherche à dénoncer à travers ses paraboles les violences sexistes et sexuelles... Sauf que pour ma part ça n'a pas du tout fonctionné. Je n'avais pas lu les résumés et pitchs de présentation de l'album, et pour le coup, je me suis ennuyé très rapidement. Ce qu'elle veut dénoncer ne m'est apparu que tardivement, noyé sous une masse de dénonciations qui desservent son propos. Les références sont souvent ou trop diluées (cf. sa page d'explication des références en fin d'album) ou trop lourdes (les pubs à destinations des vampires dans les décors par exemple), et au bout d'un moment je ne savais plus ce qu'elle cherchait à dénoncer. Il aura fallu sa page de chiffres en lien avec son sujet en fin d'album pour comprendre son propos. Dommage, c'est trop tard et la lecture de l'album a été fastidieuse. Côté dessin on reste sur son trait minimaliste efficace ajusté à une colorisation rouge et noire (vampire oblige) qui ne m'a pas emballé plus que ça ; je l'ai trouvée plus efficace et lumineuse dans Racines par exemple. Bref, une belle déception.
Patience
Je ne suis pas spécialement fan de Daniel Clowes, je n’ai lu que David Boring (que j’avais adoré) et Ghost World (beaucoup moins), et surtout ces lectures remontent à 20 ans (bigre). J’ai néanmoins adoré « Patience », qui m’a donné envie de me pencher sur les autres albums de cet auteur au style tellement particulier. J’ai trouvé l’intrigue scotchante, impossible de refermer l’album avant de savoir comment les (més)aventures temporelles du protagoniste allaient aboutir. La narration est maitrisée, je ne me suis jamais perdu dans les méandres du scénario, et les personnages sont attachants et intéressants. J’ai retrouvé ce côté « critique de la société américaine » déjà présent dans les autres albums de cet auteur. Le style graphique « pop art » a beaucoup de caractère, et j’ai pris beaucoup de plaisir à admirer les planches. Une lecture agréable et prenante.
Une enquête de l’inspecteur Flavio Argento
Je ressors bluffé de ma lecture de ce polar réalisé par deux illustres inconnus (en France en tout cas, il s’agit peut-être de super stars en Italie !) Le début de l’enquête est prenant mais un peu convenu, et au 2/3 de l’album je me voyais déjà déclarer dans mon avis que « l’intrigue est efficace mais trop prévisible ». Je dois cependant avouer ne pas avoir vu venir les retournements de situations successifs et les révélations aussi fracassantes que logiques. Le dénouement m’a également beaucoup plu. La narration est excellente et fluide, j’ai suivi l’enquête sans effort, tournant souvent avidement les pages pour découvrir la suite des évènements ! Et puis il faut dire que le graphisme de Alessandro Manzella est absolument magnifique, tout en restant très lisible. J’ai particulièrement apprécié les points de vue souvent originaux. Les planches sont un délice pour les yeux. Bref, un polar sombre qui démarre tranquillement mais finit par surprendre, et une mise en image réussie… A recommander aux amateurs du genre. MAJ 2026 : Ah, tiens, un tome 2. Je trouve le graphisme toujours aussi sublime, mais l'intrigue m'a semblé plus convenue, et les réflexions internes du protagoniste sur le Mal pas bien passionnantes. Un bon moment de lecture, mais qui lorgne plutôt vers le 3/5 en ce qui me concerne.
Gilles Hamesh
Elle est bien cette bande de Jodorowsky, elle permet de savoir où on en est niveau état de santé mentale et elle nous fait économiser par la même occasion une séance chez le psy ! Le risque c'est quand un invité un peu curieux, ou pire une femme, s'approche de votre bibliothèque. A ce moment là, priez pour que l'objet du délit ne soit pas choisi. Sinon vous êtes bon pour un regard mélangeant incompréhension, pitié et dégoût à l'encontre de votre personne. Pour les amoureux des bruits et des odeurs ça vaut un 5/5. Mais pour un esthète tel que votre serviteur qui ne regarde que vers le haut, c'est 1/5.
Sur les traces de Dracula
Avis portant uniquement sur le tome 1 qui est un one shot au départ. Le fait d'avoir transformer ça en série mais avec des dessinateurs différents me semble plus une opportunité commerciale. Une biographie de Vlad l'empaleur dit Dracula par le grand Hermann et son fils. Yves H a souvent été critiqué à juste titre mais il livre ici une biographie passionnante à suivre. C'est la véracité historique qui est privilégiée, pas de vampires à l'horizon. Au dessin c'est un Hermann en couleurs directes, un de ses plus beaux travaux, à ranger au côté de On a tué Wild Bill. Le découpage de certaines planches est divin. Un vrai page turner, captivant, documenté et beau à regarder.
Bouées - Dérives identitaires, amours imaginaires et détours capillaires
2.5 J'avais lu l'autre l'album autobiographique de cette autrice il y a quelques années et j'avais bien aimé. C'est donc avec une bonne impression que j'ai commencé la lecture de cet album La première chose qui m'a frappé est le choix des couleurs. Le rouge et le vert sont beaucoup trop flashy, du moins dans l'exemplaire que j'ai vu et j'ai presque eu peur d'avoir un problème de vue après avoir fini l'album. Heureusement, ça se lit rapidement vu qu'il y a deux-trois gros dessins par pages. J'ai moins accroché aux thèmes de cet album que dans l'autre one-shot de cette autrice. Elle raconte comment durant son adolescence et ses premières années de jeune adulte elle était facilement influençable et changé de look et de gouts pour plaire aux garçons qu'elle aimait ou tout simplement pour que les autres ados ne la jugent pas en aimant ce que les autres aiment. La pression de groupe est un truc que tout ado a du vivre et justement ce que montre l'autrice est la plupart du temps un peu trop banal pour être passionnant. Le truc le plus intéressant est qu'on voit un aperçu un peu glauque de ce que pouvaient vivre des ados dans les années 80. Non seulement il y a des jeunes qui boivent et fument en public dans l'indifférence générale, mais la meilleur amie de l'autrice est sorti avec un homme 10 ans plus vieux qu'elle lorsqu'elle avait seulement 14 ans ! Sinon, cela se laisse lire si on est pas allergique à l'autobiographique. Il faut dire que ça se lit vite... un peu trop vite. Parfois, l'autrice rencontre un garçon et quelques pages plus loin il y a un nouveau gars qui apparait !
Chère Scarlet - L'Histoire de ma dépression post-partum
2.5 J'ai remarqué que ces dernières années il y a eu plusieurs bandes dessinées sur les problèmes que les femmes rencontrent lorsqu'elles sont enceinte et aussi après l'accouchement. Est-ce que c'est parce que le monde de la BD est de plus en plus féminin et qu'on a donc des autrices qui peuvent parler de choses que les auteurs ne vivent pas ? En tout cas, ici, l'autrice raconte la dépression qu'elle a vécue après son accouchement et il semblerait que plusieurs femmes souffrent de ce type de dépression. Je ne connaissais pas du tout la dépression post-partum et ça me rends triste de savoir qu'autant de femmes se sentent inutiles et tristes après avoir donné naissance à un être humain. Cela dit, ce n'est pas parce qu'une BD parle d'un sujet intéressant que cela donne automatiquement une BD intéressante. Le dessin est minimaliste au possible, mais au moins c'est lisible et ce n'est pas très moche. Les anecdotes de l'autrice sont inégales avec certaines qui sont meilleurs que d'autres. Au bout d'un moment, je trouvais que ça tournait un peu en rond. Peut-être que les femmes qui ont vécu une expérience similaire à celle de l'autrice vont plus accrocher et se sentir moins seules en voyant que d'autres ont vécu la même chose.
Mortelle mixtape
Je suis passé à coté de cet album. Cela se passe dans un monde post-apocalyptique où les gens meurent à 30 ans et reviennent en zombie. L'héroïne se promène dans ce monde, soutenu par la musique qu'elle écoute en permanence et puis rencontre un gars et ensuite il se passe des trucs. Déjà, le monde imaginé par l'autrice n'est pas des plus original et coche plein de cases des clichés qu'on retrouve dans les récits post-apocalyptiques, quoiqu'au moins pour une fois il y a pas un gang de violeurs en série. J'avoue que je me foutais un peu de la quête des deux personnages principaux et les moment censés être émouvants m'ont laissé de marbre. Je ne suis jamais rentré dans le récit. Il reste le dessin qui n’est pas trop mal et c'est pratiquement la seule qualité que j'ai trouvé dans ce one-shot qui m'a laissé globalement indifférent.
Instants d'années
« Instants d’années » est l’ouvrage qui accompagne l’exposition « L’Aventure éditoriale – Delcourt, 40 ans au rythme du 9e art », qui a lieu du 29 janvier au 15 novembre à la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image d’Angoulême. Celle-ci devait inaugurer le FIBD, qui par les malheureuses circonstances que l’on connaît, a été annulé cette année. Il faut voir le livre davantage comme un objet souvenir, une fantaisie autopromotionnelle sans doute, un « beau livre » pourquoi pas, que comme une véritable bande dessinée, le seul critère étant le format du gaufrier. Le choix éditorial s’est porté sur un leporello muet pouvant se lire un peu dans tous les sens, comme un assemblage de dessins parfois esquissés, qui semblent avoir été griffonnés sur le coin d’une table, avec toute la sensibilité et le talent d’Alfred que l’on connaît bien à travers des œuvres comme Pourquoi j'ai tué Pierre, Come Prima, deux albums récompensés par des Fauves à Angoulême, ou encore Le Désespoir du Singe. Guy Delcourt s’est fait plaisir avec cette autocélébration et il a bien eu raison. La bande dessinée ne serait pas tout à fait ce qu’elle est sans cet homme qui a transformé sa petite entreprise en machine de guerre incontournable parmi des éditeurs installés depuis plus longtemps dans le paysage, tels Casterman ou Dargaud. Et tout cela grâce à sa passion pour le médium, sa rigueur et son dynamisme, son éclectisme et sa curiosité, sa capacité à allier le populaire et l’avant-garde, et sans doute aussi un certain flair pour détecter les auteurs les plus talentueux. Si malgré les apparences, la chronologie est respectée, les images, bien souvent dépourvues de texte ou en mode « private joke », ne parleront pas forcément à tout le monde. Pour en savoir plus, il faudra se référer aux notes à l’arrière de la couverture. Il y a évidemment beaucoup de clins d’œil et de références à des instants marquants, des fiestas joyeuses ou des œuvres iconiques — La Bande à Renaud (Renaud - BD d'enfer) (son premier succès !), les « Donjon », De Cape et de Crocs — qui ont jalonné le parcours de l’éditeur, et Alfred en sait quelque chose puisque son tout premier album, Abraxas, a été publié chez Delcourt en 2000, soit seulement 14 ans après la création de la maison. On regrettera cependant le côté un brin foutraque du projet pour la partie textuelle, où le lien n’est pas fait entre les images et les notes explicatives : celles-ci sont bien numérotées mais pas les dessins… Il faudra donc être quelque peu motivé pour leur lecture. On aurait également apprécié un découpage chronologique plus explicite et une taille de police augmentée. Cela ne devrait pas empêcher les collectionneurs de curiosités et les nostalgiques d’apprécier.
Les Eaux de Mortelune
Dessin et colorisation font vraiment leur âge ! Mais je trouve que l’ensemble passe encore très bien. Adamov nous propose quelque chose d’assez travaillé, et la vision qu’il donne d’un Paris post-apocalypse est souvent saisissante. Un univers noir, glauque, dans lequel Cothias développe une intrigue un peu foutraque. Comme une fin du monde, une agonie flamboyante. Au milieu des ruines, des loques humaines en quête d’eau et de nourriture (il y a quelque chose du film « Delicatessen » - la couleur sombre et l’humour noir en moins – dans certaines scènes où le boucher Pancrasse prépare sa barbaque…), et des notabilités déconnectées de la réalité de la plèbe, multipliant orgies et caprices mortels. Il y a dans certaines scènes, et dans le dessin des choses qui m’ont aussi fait penser à Neige (une série qu’il faudra bien que j’avise, au passage !). Si dessin et colorisation font leur âge donc, j’ai trouvé dans une lecture récente (je ne sais pas pourquoi j’étais passé à côté de cette série depuis si longtemps !?) que l’intrigue et certains personnages étaient presque intemporels. En tout cas qu’hélas on pouvait trouver quelques points communs avec notre époque contemporaine. Une société et des valeurs en déliquescence, des dirigeants méprisants envers le « peuple » (« Sans dent », immigrés, pauvres, etc.) : si pas mal de personnages font étalage de cynisme, de mépris de classe et de folie, c’est le duc Malik qui incarne le « méchant », gros salaud méprisant, ambitieux, égoïste, sadique, massacrant à tour de bras pour s’amuser avec son train blindé. Son personnage est fascinant – et repoussant – et s’intègre parfaitement dans cet univers où tout semble partir en vrille, où tout s’écroule dans la fange (dans tous les sens du terme). Malik est aussi garant de surprises, puisqu’on ne sait trop à l’avance qui il va tuer (parfois des personnages qui semblaient importants pour l’intrigue). A l’inverse, Jérôme, Prince de Mortelune, gagne en consistance, et surtout en « positivité » au fur et à mesure qu’avance le récit – et qu’il devient une proie traquée, entourée de quelques personnages longtemps énigmatiques, alors qu’au départ il avait lui aussi un comportement méprisable. Pour revenir sur le côté graphique, Adamov nous balade pas mal dans ce Paris déglingué, pourrissant, démantibulé. On a même droit à de longues virées dans les sous-sols (égouts, métro – avec un improbable contrôleur des Lilas), il se fait plaisir, et les connaisseurs de la capitale peuvent s’amuser à reconnaitre monuments et quartiers dévastés (j’ai plutôt bien aimé cet aspect) – je ne connais pas Lyon, et j’ai donc été moins captivé lorsque l’intrigue s’y est projetée dans le quatrième tome, ou comme lorsque par la suite nous voit traverser la France, avec ces insectes mutants. Le tome 5 conclut un cycle. J’allais dire la série – et sans doute aurait-il dû en être ainsi, et les auteurs auraient produit une bien belle œuvre, certes pessimiste, mais originale et plaisante à lire. Et du coup, difficile d’envisager une suite après ce cinquième tome. Pourtant les auteurs ont remis le couvert. La rupture est brutale, il faut s’y remettre. Mais le ton et les décors sont très – trop différents. Ça part vers quelque chose de plus rationnel au départ (on cherche à expliquer le pourquoi de l’apocalypse dans les premières pages – inutile et cela tue l’imagination du lecteur) et plus classique et moins noir, de la SF moins originale clairement. Et qui m’a en tout cas moins attiré. Et puis, les touches d’humour – avec ce robot en forme de pingouin par exemple – et les dérives un peu foutraques du scénario m’ont peu à peu mis de côté. Faire revenir les personnages du premier cycle m’est apparu artificiel et vain, et l’histoire – en plus d’être moins facile à suivre – m’a moins intéressé. Sans être inintéressant, ce second cycle forme presque une série à part. en tout cas je pense que les cinq premiers albums, qui se suffisent à eux-mêmes, auraient pu et dû clore la série. Ce second cycle s’embarque dans les rêveries, mais les personnages de Nicolas et de Violhaine ne sont pas assez forts (ils sont même fades dans le premier cycle). Dans ce second cycle, le dessin d’Adamov est toujours très bon – mais j’aime moins ses décors, j’avais préféré les ruines urbaines. Et la colorisation de Chagnaud (qui remplace ici Adamov) donne un rendu plus net, pas désagréable, mais cela accentue encore la rupture entre les deux cycles). Vous l’avez compris, j’ai surtout été marqué par les cinq premiers albums (j’aurais sans doute mis une étoile supplémentaire sur ce seul cycle). Les suivants sont peut-être plus dispensables.