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Couverture de la série La Nuit des Temps
La Nuit des Temps

Tous comme mes prédécesseurs, j'avais lu le roman initial de René Barjavel lorsque j'étais au lycée, roman dont je gardais un bon souvenir bien qu'à l'époque j'étais beaucoup plus attiré par les livres d'épouvante que de SF pure (Stephen King, Graham Masterton, etc.) Au final, cette adaptation de ce roman par Christian De Metter n'est pas mauvaise en soi mais ne m'a pas transporté outre mesure. La faute tout d'abord au dessin que j'ai trouvé un peu froid, figé et avec des visages peu expressifs. C'est peut-être voulu par l'auteur afin de renforcer l'ambiance glaciale de cette base scientifique perdue en Antarctique. Le choix des traits des deux corps cryogénisés est également discutables, notamment ceux de la femme, bien trop stéréotypés à mon goût (blonde pulpeuse) et ne collant pas avec le type Amérindiens des personnages masculins. En tout cas, de mémoire, en lisant le roman, je ne m'étais pas imaginé les deux personnages venant du passé avec cette apparence. La colorisation est en revanche beaucoup plus réussie. S'agissant du scénario, il est très fidèle à celui de l’œuvre initiale. Cette adaptation a toutefois toutes les peines du monde à retranscrire le coup de foudre que connait l'un des scientifiques à la découverte de cette femme originelle cryogénisée. C'est là la principale carence de cette BD qui manque de poésie et de ce petit quelque chose qui fait que le lecteur va s'attacher aux personnages et se plonger corps et âme dans l'histoire. Ce ne fut ainsi pas le cas me concernant. J'ai lu cette BD sans déplaisir mais sans réellement me soucier de ce qui allait advenir des personnages. Quelques ficelles scénaristiques sont également assez faciles à deviner mais j'avais oublié cette très belle fin, comme un hommage au Roméo et Juliette de Shakespeare, qui relève quelque peu l'intérêt de l'ensemble. SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 6,5/10 GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 6,5/10 NOTE GLOBALE : 13/20

17/01/2026 (modifier)
Par Lodi
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Mariage - Les Gouttes de Dieu
Mariage - Les Gouttes de Dieu

Lire et relire Les Gouttes de Dieu, et Mariage, les Gouttes de Dieu, pour être heureux. Avec les gouttes, on a tenté d'apprendre cépage, terroir, et les travail des hommes, ici, le lien entre la cuisine, un art dont on donne quelque lueurs, et vin ! On avait déjà vu des restaurants, mais pas à ce point, et puis il y a... La Chine ! Eh oui, un des juges, un des officiers de l'ordre fondé par les deux concurrents au gain de la cave est Chinois, et il est madré, le rusé ! On va en Chine, et surtout, on mange du requin, pas vraiment quelque chose qu'on aurait osé écrire chez nous à cause de ceux qui ne prennent que les ailerons du poisson, condamné à mourir lentement, se balançant au fond des flots ! On croise aussi des tricheurs de compétition, et, ô joie, des choses vraiment subtiles, comme une boisson qu'on peut considérer et comme un vin, et comme un saké ! Le talent de nos héros est très grand, masque de celui des auteurs. Le trait a comme d'habitude parfait, dynamique et précis, personnages bien caractérisés sans exagération, et dessins merveilleux des poétiques descriptions de vins et de plats.

17/01/2026 (modifier)
Par Lodi
Note: 3/5
Couverture de la série Journal de 1985
Journal de 1985

1984 : roman inégalé en BD même si l'auteur a fait mieux que d'autres : des images qui giflent, en laissant hélas de côté le novlangue… Il refuse l'obstacle, il se réfugie dans les seules scènes d'action ! Dans 1985, il fait une suite ce qui est disons, culotté, mais d'un autre côté, facile, on a droit à une Résistance assez développée, à l'affrontement entre frères et à l'illustration de la fausse guerre qu'évoque Orwell dans son œuvre. Reste les images, toujours excellentes… Je pense qu'il fallait soit rester dans le canon, soit montrer comment toute résistance est à la fois larvaire est écrasée de manière plus minable et plus terrible, peut-être du point de vue du Ministère de l'Amour...

17/01/2026 (modifier)
Par Lodi
Note: 3/5
Couverture de la série Purgatoire
Purgatoire

J'aime bien la tête d'ahuri du personnage principal, et avouez qu'il y a de quoi, les catastrophe s'enchainent sans parler de la dernière, revenir sur terre pour jouer le rôle de conscience ! Il a beau dire qu'on l'exploite, il n'y coupe pas, et il doit relever les dépressif, moraliser les méchants, bonjour la mission impossible sans pouvoir ! Il y prend pourtant goût, heureux de réduire le malheur de ce bas monde. Le moment attendu ? Quand il prend sa revanche. Le moment poétique ? Quand il revoit ses parents, assignés à la même mission que lui, l'encourager. Ils ne peuvent se parler ? Ils communiquent en se montrant des bouts de messages publicitaires, dans les rues.

17/01/2026 (modifier)
Par pol
Note: 3/5
Couverture de la série Juste après la vague
Juste après la vague

Dominique Monféry signe ici l'adaptation d'un roman post apocalyptique plutôt original. Le monde que nous connaissons a été submergé par une vague immense qui a tout englouti. La surface de la Terre ressemble à un lac immense duquel dépasse quelques iles, reliques des montagnes d'avant la catastrophe. L'univers dépeint n'est pourtant pas si glauque, au contraire, il est presque poétique. La famille de nos héros a organisé sa survie dans une bonne humeur apparente : Leur maison isolée se dresse en haut d'un pic qui dépasse encore de l'eau. La mère prépare le café et fait des tartines à ses enfants le matin, le père s'occupe du potager et des poules, quand il bricole pas dans son garage. Et à part quelques cauchemars les enfants s'accommodent très bien de ce mode de vie. Malgré cette situation précaire et incertaine, on ne sent pas une menace imminente... Et pourtant. Les parents ont bien compris que l'eau continue à monter et que leur rocher de fortune sera bientôt submergé lui aussi. Pour fuir, ils ont une vielle barque, dans laquelle il n'y a pas de places pour emmener toute la famille. Il va leur falloir choisir quels enfants emmener avec eux et quels enfants laisser derrière eux... L'histoire prend alors une dimension bien plus dramatique. Cette séparation forcée va être le début de la fin. Chaque groupe va s'organiser, s'inquiéter pour l'autre et subir des déconvenues. La situation va aller de mal en pis, et la tension va monter crescendo. Le ton sonne juste, et les péripéties successives agrémentent habilement le récit. On jongle entre espoir et déconvenues, c'est assez efficace et plaisant. De son coté, le dessin élégant et coloré contraste avec la noirceur de la situation. C'est bien vu et contribue à l'originalité de l'ensemble.

17/01/2026 (modifier)
Couverture de la série Lightfall
Lightfall

Même si le vieil adulte que je suis a plutôt apprécié la lecture des trois premiers tomes, c’est à un jeune lectorat – ou lectorat adolescent – qu’elle s’adresse en priorité. De par le dessin, assez simple et parfois enfantin, l’intrigue, finalement pas hyper étoffée, ou les dialogues. Mais ceci dit c’est bien fichu, dynamique, et cela plaira au public cible, qui pourra s’identifier à la jeune héroïne, Béa (une héroïne loin d’être infaillible et monolithique, qui est souvent en proie à des angoisses – matérialisées par des sortes de fumeroles noires l’enveloppant) ou son principal compagnon rondouillard, Cad. On est ici dans une fantasy relativement classique, une sorte de Tolkien « adouci » (même si la noirceur est présente !) : un groupe de personnages hétéroclites progressivement constitué lancé dans une quête au cœur d’un monde que la noirceur menace, le sorcier cochon Alfirid ayant de faux airs de Gandalf. C’est assez rythmé, quelques pointes d’humour accompagnent le récit (autour de Cad surtout). C’est une série à recommander à de jeunes lecteurs. Malgré la pagination conséquente de chaque tome, elle se lit relativement vite : peu de textes, pas mal de pages muettes, et une intrigue « classique » du genre, sans trop d’intrigues annexes. Note réelle 3,5/5.

17/01/2026 (modifier)
Par Présence
Note: 4/5
Couverture de la série Page noire
Page noire

Ce voyage au cœur de notre propre abjection est la seule façon d’accepter les autres… - Ce tome contient une histoire complète indépendante de toute autre. Son édition originale date de 2010. Il a été réalisé par Frank Giroud et Denis Lapière pour le scénario, et par Ralph Meyer pour les dessins, qui a également réalisé les couleurs avec Caroline Delabie. Il comprend cent pages de bande dessinée. La réédition de 2012 se termine par un dossier de quatorze pages : six pour la biographie d’Afia dont deux consacrées à la genèse d’une planche (script + crayonnés), cinq pour celle de Kerry, et deux pages avec le script de la planche vingt-et-un et le crayonné correspondant. Chez l’éditeur de l’écrivain à succès Carson McNeal, la journaliste trentenaire Kerry Stevens est venue interviewer le personnel, dont le comptable Max qui lui remet une copie des premières pages du futur roman dudit auteur : un livre qui s’intitulera Le diable et la poupée. Elle le remercie profusément, et lui-même se déclare ravi qu’une personne leur montre autant de considération. Le directeur éditorial passe dans les couloirs, se montrant sarcastique sur l’importance relative des employés. La journaliste et le comptable arrivent dans le bureau de ce dernier, qui doit la laisser seule quelques minutes pour répondre à la demande sur le dernier relevé Maupin. Elle en profite pour consulter les souches sur son bureau et elle trouve ce qu’elle est venu chercher : le nom et l’adresse de l’intermédiaire avec lequel l’éditeur communique. Le midi, elle déjeune avec sa sœur Alyssa qui lui raconte que la chimiothérapie s’est avérée inefficace sur leur père, et qu’elle pourrait lui rendre visite. Kerry estime que l’idée est vouée à l’échec car son père ne lui a toujours pas pardonné : toute conversation se terminerait comme d’habitude, et elle ne veut pas se disputer avec un homme en train de mourir. Les deux sœurs quittent le restaurant et se rendent à un autre établissement pour prendre un café en terrasse. Kerry confie à Alyssa qu’elle est en train de se démener pour obtenir une interview d’un écrivain à succès qui n’en donne jamais, qui n’effectue aucune apparition en public, et qui ne se présente jamais à la remise des prix qu’il a raflés. Mieux : aucune photo de lui n’est parue dans la presse. Bref : personne ne sait qui est vraiment Carson McNeal. Elle ajoute qu’elle a réussi à dénicher son adresse ou celle de l’homme chez qui il reçoit son courrier. Ailleurs, dans un village au Liban, une enfant cachée sous une table voit arriver les bottes d’un soldat phalangiste, qui passe entre les cadavres de sa famille. Une balle se loge au beau milieu de son front, et elle s’éveille en hurlant. Romy, sa codétenue, réveillée par les cris, descend du lit superposé et vient la réconforter : c’est juste un des cauchemars d’Afia, mais c’est fini maintenant. Elle lui donne un verre d’eau, et lui rappelle que c’est sa dernière nuit qui s’achève : elle sort aujourd’hui. Romy a donné un numéro à son amie, une société de luxe avec des clients de luxe, mais Afia ne veut plus exercer le métier de prostituée. Elle sort, se heurte à la réalité, va prendre un café au comptoir, s’apprête à appeler le numéro, et est rejointe par l’éducateur pénitentiaire qui lui propose autre chose. Une couverture qui ne dit pas grand-chose de l’intrigue, un texte en quatrième de couverture tout aussi énigmatique. Le lecteur commence par découvrir la journaliste Kerry Stevens, sa situation, travaillant pour un magazine qui fuit comme la peste tout ce qui se veut branché, la revue misant au contraire sur les valeurs sûres et durables, voire universelles et intemporelles. Elle s’est fâchée avec son père, elle traque un écrivain au succès planétaire : un phénomène d’édition et adapté en treize langues, un écrivain de génie, avec une plume comme on n’en a plus vu depuis Steinbeck, obsédé par le thème du renoncement, voire du reniement de soi. Le dessinateur la représente comme une jeune trentenaire, blonde et vive, perspicace et sportive sans être athlétique, une jeune femme indépendante avec du caractère et de l’initiative. Puis arrivé à la neuvième planche, il fait la connaissance avec un autre personnage principal : Afia Maadour, dont il découvre progressivement l’histoire en alternance avec elle de Kerry, Palestinienne dont la famille a fui les troupes israéliennes pour se réfugier au Liban. La technique de dessin change pour bien distinguer ces deux fils narratifs : le dessinateur passe de contours encrés avec des représentations descriptives et réalistes et une palette bleutée, à des contours moins appuyés, des représentations avec les mêmes caractéristiques, et une palette dans les tons ocre brun. Avec cette alternance de séquences entre le fil narratif mettant en scène la journaliste Kerry Stevens, et celui mettant en scène Afia Maadour fraîchement sortie de prison, le lecteur comprend que les auteurs vont jouer avec la structure de leur récit, et qu’ils l’invitent à y participer : à chercher les liens entre ces deux personnages et leur histoire, à détecter s’il se déroulent dans la même temporalité… tout en révélant rapidement que l’histoire d’Afia n’est autre que ce que raconte le roman en cours d’écriture de Carson McNeal. Le lecteur s’attache vite à la journaliste qui se montre fort astucieuse pour parvenir à ses fins : rencontrer cet écrivain si mystérieux dont les romans la touchent. Le lecteur lui envie son culot, et un peu sa chance : récupérer l’adresse du contact par la ruse et la duperie, simuler un accident, utiliser ses charmes en tout bien tout honneur, mettre à profit son histoire personnelle (la brouille avec son père) pour faire pleurer dans les chaumières, ou tout du moins émouvoir Lewis Shiffer, le contact de Carson McNeal. En tant que personnage réel (c’est-à-dire dans le cadre de cette histoire), Kerry prend le pas sur Afia qui est présentée comme un personnage de fiction, toujours dans le cadre de cette histoire. La narration visuelle apparaît immédiatement plaisante, en particulier dans les scènes consacrées à Kerry. Alors que les auteurs jouent la provocation en commençant par trois cases consistant en un travelling arrière à partir du mot Livres imprimés sur une page de l’épreuve du prochain roman de McNeal, jusqu’à voir la majeure partie d’un paragraphe, la suite est présentée avec naturel et simplicité, c’est-à-dire des extraits de texte en lieu et place des dessins attendus. Le groupe de feuillets passe d’une main à un autre, puis est mis dans un dossier qui finit dans le sac de la journaliste, le temps d’apercevoir une partie du titre. Le lecteur ressent l’efficacité de chaque prise de vue, sa clarté, l’unité de page pour également chaque prise de vue, le recours au gros plan sur les visages pour souligner un état d’esprit ou une émotion, sans en abuser, l’investissement de l’artiste pour donner corps aux décors, leur donner de la consistance et de la plausibilité. Il peut se projeter dans les couloirs et les bureaux impersonnels des locaux de la maison d’édition, en terrasse à New York, puis dans les forêts et les rives de l’océan Pacifique à Blue Falls dans l’Oregon, dans ses petits commerces, et dans une cabane en bordure de l’océan, etc. Il note que le dessinateur est attentif aux détails avec un sens du bon dosage dans la densité d’informations visuelles : la maquette du Cutty Sark, les autres maquettes de bateaux et les outils d’assemblage, l’aménagement intérieur du chalet de McNeal, le cric pour changer le pneu de la voiture, etc. Il retrouve ces caractéristiques dans le fil narratif consacré à Afia avec l’impression d’être plus dans les sensations du fait du mode de mise en couleurs, tout en retrouvant ce niveau de détails quand il prête plus attention à la case qu’il regarde. Au fur et à mesure que les liens entre les deux histoires apparaissent progressivement, le lecteur comprend qu’il s’est peut-être un peu vite emballé lorsqu’il a classé cette histoire dans le genre polar. En fait, la journaliste n’enquête pas dans le monde de l’édition : elle cherche un scoop pour une raison psychologique clairement explicitée. De fait, ce pan du récit s’apparente plus à une forme de poursuite pour démasquer l’écrivain qu’à un polar. La dimension sociale, ou plutôt historique, se trouve plutôt dans l’autre pan de l’histoire avec l’exécution sommaire au Liban, massacre perpétré contre des Palestiniens. Les auteurs font explicitement référence à la guerre du Liban qui oppose les phalanges chrétiennes aux milices palestiniennes et musulmanes, ayant éclaté en 1975. Là encore, ce fond historique sert de fondation à cette partie de l’intrigue, sans déboucher sur une mise en perspective de ce conflit ou une analyse de ses répercussions sociales ou politiques. Puis le lecteur se remémore les observations initiales de la journaliste sur McNeal : un écrivain de génie, avec une plume comme on n’en a plus vu depuis Steinbeck, et le fait qu’il soit obsédé par le thème du renoncement, voire du reniement de soi. Par la suite, lorsqu’il lui est donné d’échanger avec l’écrivain, elle évoque le fait que le mode de vie d’un auteur influe sur son œuvre, et les influences qu’elle a détectées telles que John Steinbeck (1902-1968), Ernest Hemingway (1899-1961), Robert Louis Stevenson (1850-1894), sur sa fascination par le caractère de ses personnages monstrueux. McLean lui rétorque qu’elle a dû découvrir que les séances de psychanalyse constituent un voyage au cœur sa propre abjection, ce qui est la seule façon de s’accepter, d’accepter les autres et finalement d’accepter la vie. Il s’agit d’une véritable profession de foi pour McLean, et peut-être pour les auteurs eux-mêmes. Le lecteur se dit les scénaristes évoquent peut-être leurs propres convictions. Il repense également à leur choix de construire un récit à partir d’une forme très particulière : l’entrelacement de deux fils narratifs, et aussi des personnages qui en manipulent d’autres, avec une forme de perspicacité et de préscience qui peut nécessiter une augmentation de suspension consentie d’incrédulité chez le lecteur. De ce point de vue, le propos du récit devient un peu plus un commentaire et une mise en pratique de l’art de la narration, cette mise en abîme étant corroborée par le fait que les auteurs mettent en scène un écrivain, c’est-à-dire quelqu’un dont le métier est également de raconter des histoires. Une enquête de journaliste bien agréable à lire : une narration visuelle d’une grande qualité, avec un dosage parfait dans ce qui est montré, un art consommé de la prise de vue et de son découpage, de la direction d’acteurs, et une capacité à différencier deux modes de dessins, l’un pour Kerry Stevens, l’autre pour Afia Maadour. Une intrigue qui tient en haleine, à la condition d’accepter d’être dans un récit de genre, ce qui suppose une suspension d’incrédulité consentie pour les conventions dudit genre. En sous-texte, les auteurs évoquent l’art de raconter une histoire, celle-ci ayant été conçue à partir d’une structure spécifique. Satisfaisant.

17/01/2026 (modifier)
Par Vaudou
Note: 4/5
Couverture de la série Mégalex
Mégalex

Jodorowsky et Beltran (qui assure les couleurs des Technoperes) se retrouvent pour une nouvelle épopée SF! Cette fois Jodorowsky nous raconte l'histoire de Megalex, une mégalopole de béton, et de ses castes. On est happé dans cet univers minéral dès les premières pages grâce à la technique de dessin en modélisation 3D de Beltran. Nous avons d'un côté les nantis qui sont déshumanisés par les drogues et qui vivent dans une sorte de décadence technologique et de l'autre les parias, qui vivent dans les souterrains et rêvent d'un retour à la nature. Tous les habitants sont soumis à une règle : une espérance de vie limitée. Plus vous êtes haut dans la hiérarchie sociale et plus vous avez du temps de vie et inversement. Cette idée est admirablement exploitée et aboutit à des scènes très fortes. C'est difficile d'en dire plus sans spolier mais on est sur du Jodo pur jus, avec notamment un troisième tome très inspiré qui multiplie les pirouettes scénaristiques. Les fans vont adorer et les réfractaires vont encore s'étonner d'être dégoûtés par tous les excès du récit et la noirceur générale de l'oeuvre. Megalex n'est pas sans petits défauts : Jodo a du mal à choisir le personnage principal de son histoire et la fin du premier cycle est expédiée (mais vraiment). Dommage, j'aurais adoré un second cycle qui ne verra jamais le jour. Encore un bijou signé Jodorowsky.

17/01/2026 (modifier)
Couverture de la série Jan Karski - L'homme qui a découvert l'Holocauste
Jan Karski - L'homme qui a découvert l'Holocauste

Série très solide et marquante par son angle d’approche. Le récit adopte un point de vue interne à la guerre, en embrassant un spectre large : avant les camps, le ghetto, les violences dans les campagnes, la mécanique progressive de l’horreur. Cette contextualisation donne une profondeur rare au parcours de Jan Karski et évite une focalisation exclusive sur l’univers concentrationnaire, sans jamais en atténuer la gravité. Le scénario est rythmé, tendu, et remarquablement prenant. Malgré la dureté du sujet, la narration maintient un réel suspense et pousse à enchaîner les pages. Les personnages sont bien écrits, nuancés, souvent attachants, et l’ensemble fait preuve d’une certaine subtilité, notamment dans le traitement du témoignage, de la transmission et de l’incrédulité politique. Graphiquement, le dessin est efficace et lisible, parfaitement au service du propos sans chercher l’esbroufe. Il n’est pas particulièrement marquant mais fonctionne globalement bien. On peut relever une légère difficulté à distinguer certains visages ou personnages secondaires, sans que cela nuise réellement à la compréhension ou à l’impact du récit.

17/01/2026 (modifier)
Par Lodi
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série La Tête de mort venue de Suède
La Tête de mort venue de Suède

Grand Prix Artémisia 2026 mérité ! Je viens de finir la bd empruntée à la Bibliothèque, et je pense que je ne la rendrais que pour l'acheter, et ce alors que je cherche à faire de la place chez moi, c'est dire ! Je ne sais ce qui est le mieux : la manière fantastique de (re)découvrir Descartes et ses successeurs ou les images. Des suppléments ne servent pas à réparer les lacunes comme dans tant de bd ou de dvd, non, on dirait de nouveaux morceaux interprétés par des artistes généreux, quand ils ont chanté tout ce qu'attendait le public. Si on en vient au visuel, par quoi commencer ? Les os sont encore plus expressifs que dans cette série de bd, Monsieur Mardi Gras Descendres ! Et ce n'est pas peu dire. Mais là, les os expriment la condition de l'être humain qui s'interroge, je suis quoi, à présent, reprenant la fameuse interrogation de Descartes à nouveaux frais. Et les animaux revendiquent de n'être pas des mécaniques en se plaignant des conséquences de cette supposition, débats et liens se tissent entre le philosophe et ses compagnons animaux moins réduits que lui, ayant tout leur squelette quand il n'a plus que son crâne. Tous ces restes sont rassemblés dans des conditions qu'on suit comme un roman policier. Je ne saurais dire si cette œuvre est en noir et blanc ou en couleur, elle transcende les deux, et pour s'évader peut-être des os, on voit des scènes oniriques où la vie est célébrée. Poétique et amusant : chaque animal voit non midi à sa porte, mais le paradis selon son biotope. Merveilleux !

16/01/2026 (modifier)