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Couverture de la série La Promesse de la Tortue
La Promesse de la Tortue

Le cadre est sympathique – les Antilles au milieu du XVIIème siècle – et propice au développement d’aventures rythmées. Surtout que l’intrigue, qui baigne dans une atmosphère de piraterie, s’éloigne en fait des clichés du genre. En effet, tout se déroule à terre, et il est plus questions de lettres de course que de piraterie à proprement parler : même si pirates et corsaires pouvaient être les mêmes en fonction des opportunités, il n’y a ici aucun acte de piraterie. Un jeune roturier ambitieux français (et protestant) devenu maître de l’île de la Tortue, Levasseur, doit se défendre de la prédation d’un gouverneur voisin, hautain (et catholique), mais aussi des Espagnols, qui cherchent à récupérer l’île et contrôler cette région. Au milieu de ces conflits plus ou moins larvés, des corsaires, boucaniers, débarquent plusieurs femmes, prostituées sorties des geôles royales pour devenir épouser et « fixer » des hommes dans cette colonie stratégique, sont envoyées là par Richelieu. Trois d’entre-elles se lient, et chacune dans un style différent, elles occupent le centre de l’intrigue. c'est la principale originalité dans cet univers d'avoir trois femmes comme personnages principaux. Le dessin et la colorisation sont plaisants, la narration est rythmée, utilise plutôt bien le contexte évoqué plus haut (même si les oppositions entre Catholiques et Protestants, qui effleurent ici parfois, ne sont finalement pas trop développées). Il faut quand même accepter quelques petites facilités. Les trois femmes sont sans doute plus jolies et jeunes que ce qui pouvait être envoyé des prisons vers le Nouveau monde. Et le fait d’avoir choisi trois beautés, une rousse, une blonde et une brune permet certes de les différencier aisément, mais ça fait un peu cliché. Que l’une d’entre elle devienne maître d’équipage pirate/corsaire est étonnant mais pas improbable, mais qu’elle le soit devenu aussi vite, sans aucune connaissance de la mer a priori est moins crédible. Enfin, si l’histoire se laisse lire très agréablement, j’ai été un peu déçu par la fin, que j’ai trouvée un peu trop facile et expédiée.

21/02/2026 (modifier)
Par Vaudou
Note: 4/5
Couverture de la série L'Au-delà - Sous la peau du temps
L'Au-delà - Sous la peau du temps

Alors c'est l'histoire d'un animal mutant avec une tête de rat qui s'allie avec deux humaines pour renverser les robots. Ah j'allais oublier : le rat mutant est un super coup au lit. Tu penses que c'est très très con comme canevas de depart ? Et bien tu as raison ! Oui mais c'est très joli aussi ! Et ça se prend pas au sérieux (ouf) ! A partir de la page 15, l'histoire décolle et prend la forme d'une épopée assez fun à suivre. C'est sorti chez Himalaya en 1990 mais ça aurait pu sortir dans les années 80 au sein de la collection Pieds jaloux des humanoïdes associés.

21/02/2026 (modifier)
Par Vaudou
Note: 3/5
Couverture de la série Le Bal du rat mort
Le Bal du rat mort

Cette bande a un drôle d'historique. Entourée d'une aura d'oeuvre culte - assez relative car on parle d'une petite maison d'édition - elle est considérée aujourd'hui chez certains bedephiles comme un navet ou un nanar. J'ai trouvé que ce n'était ni l'un ni l'autre. J'ai simplement l'impression d'avoir lu un bon petit polar fantastique - et très rétro - où Freud s'invite à la table. Le dessin désuet de JF Charles renforce cette impression de mystère. Je suis sûr qu'un exemplaire du bal des rats morts traîne dans chaque vieille maison abandonnée. C'est une bd très sage si on compare avec les autres œuvres de Jean Bucquoy. Mais quelques indices traînent déjà ici et là, nous renseignant sur sa future évolution artistique. Je pense notamment à une superbe planche faisant toute la page et évoquant un tableau de Jérôme Bosch. C'est tout sauf un hasard, puisque le peintre faisait déjà entrer l'inconscient à l'intérieur de ses toiles. A lire pour se faire sa propre idée.

21/02/2026 (modifier)
Par Vaudou
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série A la recherche de la Licorne
A la recherche de la Licorne

A la recherche de la Licorne nous conte l'histoire de Juan de Olid. Missionné par le roi de Castille pour trouver une corne de licorne, il va traverser l'Afrique du nord au sud avec un corps expéditionnaire. J'ai eu l'impression parfois de retrouver le souffle d'un film comme Aguirre ou la colère de Dieu. Il y a le même caractère ontologique pour décrire les vicissitudes de l'être humain. Les espagnols subissent des événements violents au cours de leur périple mais cela ne les empêchent pas de faire le mal eux mêmes. Ils découvrent des sociétés aborigènes et adoptent un temps leur mode de vie mais finissent toujours par revenir à leurs certitudes d'hommes "civilisés". Je ne peux pas trop dévoiler le reste mais disons qu'on ne suit pas seulement Juan mais aussi cinq ou six compagnons avec chacun son destin au bout du voyage. Juan lui même en ressort transformé, tant physiquement que mentalement. C'est vraiment très bien écrit, très documenté, les dialogues sont aux petits oignons avec certaines tournures grammaticales d'époque par moment tout en restant très lisible. Côté dessin, Ana Miralles livre un superbe travail et nous plonge en pleine immersion de la Castille puis du continent africain. On reconnaît tout de suite son trait et ses techniques de dessin, je pense à sa manière de coloriser les ombres pour créer l'illusion du volume. Plus je m'avançais dans l'histoire et plus j'étais étonné du manque de réputation qui entoure cette oeuvre. A la recherche de la licorne offre un beau voyage dépaysant, une grande bande dessinée d'aventure et d'histoire. A noter que la version intégrale a une mise en page améliorée et quelques vignettes de plus par rapport aux éditions originales.

21/02/2026 (modifier)
Par PAco
Note: 2/5
Couverture de la série Hérétique
Hérétique

Cela fait un petit moment que j'ai lu cet album, et vu mon ressenti, je réalise que j'avais même oublié d'en rédiger un avis... Je vais suivre le ressenti des précédents aviseurs, ce n'est pas avec ce thriller moyenâgeux qu'on va arriver à la cheville d'un Conan Doyle ou d'un Umberto Ecco, comme comparé en 4e de couverture. Si c'est un plaisir de retrouver le trait et l'encrage sombre de Charlie Adlard dans un registre qui change forcément de Walking Dead, l'enquête que nous suivons, scénarisée par Robbie Morrison, est relativement plate. Je n'ai jamais ressenti de tension ou de réelle empathie pour les personnages, et l'histoire déroule sans susciter de réelles émotions. Alors oui c'est bien dessiné dans ce noir et blanc qui colle très bien au contexte, mais l'histoire peine à impliquer ou immerger le lecteur, comme dans tout bon thriller qui se respecte.

21/02/2026 (modifier)
Par Présence
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Abîmes
Abîmes

Un autre accident passé sous silence. Ne pas en parler pour ne le faire exister ? - Ce tome contient une histoire complète, indépendante de toute autre. Sa première édition date de 2025. Il a été réalisé par Lucile Corbeille pour le scénario, les dessins et les couleurs. Il comprend cent-soixante-douze pages de bande dessinée. Des nœuds dans la tête. Lucille est en train de passer l’aspirateur, partout, plusieurs fois, avec application. Puis elle range les affaires éparpillées dans l’escalier, et elle passe la serpillère dans la cuisine. Elle a toujours eu une tendance au rangement. Mais ces derniers temps, ça frise l’obsession : elle range tout le temps. Lorsqu’elle est restée plantée devant les spaghettis, en se demandant comme elle allait bien pouvoir démêler ce sac de nœuds, elle a réalisé qu’elle a un sérieux problème. Ça fait tellement longtemps qu’elle ne se souvient plus quand ça a commencé : les voix. C’est peut-être dans les gènes la tristesse. Elle se renverse les pâtes sur la tête. Ces voix l’amènent à se recroqueviller sur elle-même, lui disant qu’elle va y laisser sa peau, qu’elle est perdue, qu’elle a un problème, qu’elle est incapable, nulle. Y a plus rien à faire, autant qu’elle laisse tomber, c’est trop tard, elle n’a pas de volonté, aucune volonté, c’est trop tard. Ça ne marchera jamais, elle baisse toujours les bras, fragile. Idées noires. Idées noires. Quelque chose s’effondre, il faut qu’elle bouge. Elle voit tout en noir, elle est faible, elle va sombrer. Quand est-ce qu’elle va s’en sortir ? Le vingt-neuf avril, Lucile est prostrée, attablée devant sa tasse de café. Elle se redresse, en boit une gorgée, prend son stylo et commence à écrire dans son cahier : rêve, une femme étrange murmure quelque chose. Lucile est interrompue dans son écriture, par les cris de ses deux filles en train de se disputer, tirant chacune sur les deux extrémités d’une même robe. Elle leur hurle dessus, qu’on ne crie pas sur les gens comme ça !!! Lucile a bien reconnu la robe et explique à ses filles que cette robe est à elles toutes, elle l’a portée quand elle était petite, elle avait même une photographie. Cette robe a traversé le temps, sa mère l’a portée aussi. C’est leur arrière-grand-mère qui l’a choisie, alors il faut en prendre soin, elle n’a pas fait tout ce chemin pour rien. L’une de ses filles a pris ses genoux entre ses bras, et déclare qu’elle se sent nulle, elle n’a plus aucune joie dans son corps. Le père rentre à ce moment-là, et la plus jeune des filles se précipite dans ses bras. Puis il répond à son épouse que si elle n’était pas si déprimée, peut-être que leur fille ressentirait encore un peu de joie. Cela déclenche un questionnement chez Lucille : Après tout peut-être que son mari n’a pas tort, où est passée sa joie à elle ? Sa joie d’enfant. Et si elle se devait d’être heureuse, ne serait-ce que pour donner l’exemple ? Elle devait retrouver cette photographie d’elle avec la petite robe bleue. Chercher dans le désert. En juin 2021, Lucille consulte ses messages téléphoniques : son employeur qui lui réclame sa sélection de photographies qu’elle devait leur envoyer. Elle descend du train et arrive dans la maison de sa mère qui l’accueille sur le perron. Une couverture cryptique, très éthérée, une jeune femme tranquillement assise les mains sur les genoux, sans aucun trait de visage, à la fois une énigme, à la fois une apparition onirique. Tout part d’un goût pour le rangement qui tourne à l’obsession, de voix dans sa tête terriblement dépréciatives, d’une remémoration occasionnée par une petite robe bleue, du constat d’un état d’esprit déprimé, avoisinant la dépression. Un objectif : retrouver sa joie d’enfant. Les dessins présentent une apparence douce et feutrée, vaporeuse. Dans des teintes bleues grises, évoquant l’aquarelle, le lecteur découvre des dessins simples : l’extrémité d’un aspirateur et son manche d’aspiration dans tous les sens possibles sur le sol, sur les murs, dans un total de quatorze cases dédiées à cette activité. Puis ce passage étrange dont il ne sait s’il doit le prendre au premier degré : Lucile qui se renverse la passoire de pâtes sur sa tête. Puis un effet remarquablement exécuté : Lucile recroquevillée sur elle-même comme si elle avait été froissée comme une feuille de papier. La narration visuelle se poursuit comme allégée, uniquement des silhouettes sur des fonds de case vides ou presque. Puis le chapitre deux commence avec une magnifique vue panoramique de paysage toujours à l’aquarelle, ensuite deux cases comme scotchées sur la feuille. Des cases jouant le contraste avec leurs couleurs par rapport aux autres toujours dans des tons bleus et gris. Les discussions commencent. Le lecteur perçoit progressivement le fil directeur de la narration : Lucile à la recherche de souvenirs d’enfance, visitant des membres de sa famille. Il se sent tout de suite immergé dans un monde très personnel, avec cette couleur un peu fade, un peu sombre, ces gestes mécaniques, cette absence de visage. Tous les éléments visuels concourent à ce ressenti de déprime, un mélange de baisse de moral, de perte de joie de vivre, de détresse généralisée sans pouvoir en identifier les raisons. Lucile semble être également assez proche de la dépression, entre baisse d'humeur et faible estime de soi. Le lecteur sent la douceur cotonneuse de ces dessins évoquant l’aquarelle, souvent dépourvus de contexte sur l’environnement, juste une sensation générique. Cela a pour effet de focaliser son attention sur les silhouettes, un geste, une attitude, un mouvement, entre position figée et langage corporel parfois expressif, tout en restant en retenue. L’artiste parvient à marier un faible niveau de caractéristiques visuelles avec une personnalité pourtant bien tangible et unique. Un ressenti très étrange, entre désensibilisation, anesthésie et une forme de sécurité puisqu’il semble que peu de choses puissent avoir prise sur le personnage principal, ou même l’atteindre. Dans le même temps, la narration visuelle produit des effets bien différents d’une potentielle monotonie. Quatorze cases sur une même page, consacrées à la tête d’un aspirateur. Une masse jaune sur les cheveux d’une silhouette féminine. L’effet de recroquevillement sur soi dans une feuille de papier froissée. Les photographies souvenirs en couleurs, contrastant avec la fadeur du présent. Des personnages se noyant littéralement dans une cuve d’alcool. Des maisons très tangibles, images réalisées à partir de photographies. Des carrés sur un mur : des photographies indistinctes pour une remémoration du passé. Une illustration en pleine page de Lucile assise avec une énorme bibliothèque murale derrière elle, faisant écho au mythe familial du côté de sa mère qui est en train de lui être raconté… Tiens, à ce moment, son visage présente quelques traits : bouche, base du nez, yeux ! Silhouettes en ombre chinoise. Quelques statistiques sur la consommation d’alcool présentées comme un texte à côté de l’illustration d’une bouteille. La même phrase comme tapée à la machine des centaines de fois comme arrière-plan d’une illustration en pleine page. Des pages dépourvues de tout texte. Etc. En fait, la narration visuelle s’avère variée, contrebalançant la potentielle sensation de monotonie des couleurs et du dépouillement des arrière-plans. Le lecteur prend insensiblement conscience que les personnages ont retrouvé leurs traits de visages dans les dernières pages… Rien de très original : une jeune femme, peut-être trentenaire, s’interroge sur le passé des membres de sa famille. Faire le deuil de son père s’avère difficile et sa déprime semble plus profonde qu’en apparence. Pour y remédier, elle se rend auprès des membres de sa famille pour leurs poser des questions, d’abord sa mère, puis son frère Jean, puis son oncle François. À chaque fois, elle consulte des photographies, autant de souvenirs d’un temps révolu, physiquement disparu tout en étant profondément enraciné dans la psyché. Elle s’intéresse à sa mère, à son père, à ses grands-parents. Elle effectue des découvertes, ordinaires plutôt que spectaculaires. Chaque aïeul a eu son histoire personnelle, parfois embellie par les années passées dans une forme de mythologie familiale, d’autres fois ordinaire au possible. Un grand-parent ouvrier et militant. Une tante ayant eu une relation homosexuelle extraconjugale. Un oncle alcoolique. Entre banalité de la vie humaine et unicité de chaque vie humaine. Parfois l’Histoire influe fortement sur une vie. Lucile découvre que des moments ou des événements peuvent avoir entraîné des répercussions durables d’une génération à la suivante. Elle prend du recul sur ses propres souvenirs et les émotions associées, en découvrant un autre point de vue, une information qu’elle ne pouvait saisir à l’époque ou dont son jeune âge ne lui permettait pas d’en comprendre le sens, et quelques éléments tenus secrets, ou plutôt tus, dont personne ne parlait. Chaque scénette vient doucement apporter sa pierre l’édifice, tissant insensiblement un ouvrage de grande ampleur. Il est question de la force des souvenirs des vacances, et de la joie associée à cette période de la vie, d’un enterrement, de vacances à la campagne ou en bord de mer, de transmission, etc. Les questions de Lucile et les souvenirs racontés évoquent également le fait de découvrir qu’on connaît très peu ses parents, et encore moins les générations précédentes que l’on a considéré uniquement comme des adultes parfois un peu bizarres à ses yeux d’enfant. Cela génère des prises de conscience chez l’adulte que l’on est advenu : la joie de l’enfant pour égayer son père que l’on trouve inconsciemment triste (le plus beau cadeau à lui offrir : sa joie d’enfant), la culpabilité silencieuse de l’épouse qui n’a pas pu sauver son époux de l’alcoolisme (culpabilité pour partie passée à ses propres enfants, de manière inconsciente), l’acceptation que sa mère raconte un récit figé sur son mari, les empreintes durables des sensations de l’enfance (collier d’une tante, odeur de crêpes, purée, poulet du dimanche, crèmes brûlées), une autre accident passé sous silence (une fille décédée à la naissance), les conséquences à vie d’un père au comportement violent sur le plan verbal et psychologique. Tous ces souvenirs amènent des moments de grâce réparatrice. Cela peut-être le message d’une chanson des Rolling Stones qui colle parfaitement à l’expérience de vie du moment : On ne peut pas toujours obtenir ce que l’on veut, mais parfois si on essaye on peut peut-être trouver ce dont on a besoin. Une remarque en passant sur un terrain en bordure de mer qui risque de s’effondrer, comme Lucile au bord de ses souvenirs oubliés, et la distinction que cela entraîne entre subsidence et résilience. Une couverture douce, énigmatique et onirique. Une narration visuelle un peu cotonneuse qui accompagne une autrice engluée dans la déprime qui va interroger sa famille sur les générations précédentes. Des découvertes ordinaires et en même temps uniques, qui viennent nourrir le passé, qui le rendent tangible, appréhendable et compréhensible, apportant une compréhension des forces qui ont modelé le présent. Une évocation des mouvements qui modèlent une famille, d’un passé révolu, des choses qui sont tues, tout en étant ressenties par les enfants les absorbant comme des éponges, qui s’adaptent inconsciemment aux non-dits. Une très belle mise en scène d’une forme de psychogénéalogie, d’un fardeau invisible transmis d’une génération à l’autre. Nommer ce qui a été refoulé.

21/02/2026 (modifier)
Par Ubrald
Note: 4/5
Couverture de la série Le Secret du Roi
Le Secret du Roi

Une bd effectivement sortie dans l’anonymat, dommage, car c’est une chouette bd d’aventure, de complots, d’espionnage, de cape et d’épée sous Louis XV pendant la Guerre de Sept Ans. Un bon moment de détente. Les personnages sont attachants et les « méchants » réussis. Le graphisme est joyeux, dynamique, similaire à celui du Le Paris des merveilles. Je serai au rendez-vous pour le tome 2.

20/02/2026 (modifier)
Couverture de la série Impact - Green War
Impact - Green War

Je ne connaissais pas le roman de Norek. Il participe à son adaptation, donc on peut supposer qu’il lui est resté fidèle. Disons que ça se laisse lire, plutôt agréablement. D’abord parce que l’intrigue thriller/polar est relativement dynamique. Ensuite parce que l’intrigue joue habilement des grands questionnements actuels, autour des conséquences de l’action humaine sur la planète (réchauffement climatique et ses conséquences), mais aussi du rôle des multinationales et des banques dans la fuite en avant au profit d’actionnaires assoiffés de bénéfices et aveugles aux conséquences – souvent immédiatement invisibles chez nous – de leurs décisions. C’est parfois outré, manichéen, mais on est embarqué et ça fonctionne globalement. Je ne suis par contre pas convaincu par l’apparente apathie des milieux d’affaires et leurs relais médiatiques et/politiques (voir le traitement – médiatique, politique, judiciaire – subis par les Gilets jaunes ou une organisation comme Extinction Rebellion) Par contre, autant les idées défendues et mises en avant – par-delà une certaine naïveté quant à leur diffusion dans les médias – m’ont intéressé, autant la conclusion, dans les dix dernières pages, m’a déçu. En effet, le soufflé retombe brutalement, c’est trop peu crédible en soi, et surtout, quand bien même ça le serait, l’échelle évoquée est tellement minuscule que cela ne changerait fondamentalement rien au désordre général combattu depuis des décennies (et les 120 précédentes pages). Enfin, j’ai bien aimé le dessin de Pontarolo. J’aime bien son travail en général. Et j’aime vraiment beaucoup sa colorisation. Une lecture plaisante.

20/02/2026 (modifier)
Couverture de la série Frankenstein - Au nom du père
Frankenstein - Au nom du père

Si Marco Cannavo modifie quelques petits détails de l’histoire de Mary Shelley, il reste néanmoins relativement fidèle au récit d’origine, à son originelle noirceur, à son côté « drame antique » mâtiné de romantisme, avec ce destin implacable, cette machinerie funeste mise en branle par Frankenstein, une fois sa « créature » ramenée à la vie. Avec une économie de moyens, de dialogues, il nous présente un Frankenstein cherchant vengeance et rédemption, en poursuivant – jusqu’au bout du monde – celui qui a ruiné sa vie et celle de ses proches, qui lui a échappé. Sans être très prenant, le récit se laisse lire agréablement. Surtout que le dessin de Corrado Roi sort lui un peu plus des sentiers battus. En effet, son travail en Noir et Blanc, au lavis, donne un rendu quelque peu envoûtant. Il ajoute en tout au caractère désespéré et fantastique de la relation entre Frankenstein et sa créature. J’ai bien aimé ce travail graphique. En fin d’album, un dossier d’une vingtaine de pages de Marco Grasso reprend la création de Mary Shelley, mais aussi ses adaptations ultérieures (au cinéma en particulier, mais aussi en littérature), ce qui est un petit plus pour les lecteurs.

20/02/2026 (modifier)
Couverture de la série Survival - Guna Yala
Survival - Guna Yala

Mouais. Gros bof me concernant. Je trouve que cette collection, qui surfe sur des récits de genre, peine à sortir du tout-venant. Mais ici, Bec ne s’est vraiment pas foulé ! En effet, il y a quand même une belle accumulation des poncifs du genre. Les gros plans sur les araignées, les serpents, le puma, etc. surjouent les dangers de la jungle (qui sont présentés et rappelé plusieurs fois au début dans des dialogues un peu lourdingues et prétextes). Le crash de l’avion a laissé quelques survivants, qui sont là, comme dans un mauvais film américain, pour disparaitre brusquement, sans que jamais leur personnalité ne soit réellement développée, tout reste superficiel. Et les facilités ne sont pas rares. Les narcotrafiquants qui n’avaient même pas entendu apparemment le crash, et tombent par hasard sur l’hôtesse… Une hôtesse dont je n’ai absolument pas compris (ou cru) le modus operandi de sa « vengeance ». Quant aux dialogues, ils ne planent eux non plus pas très haut, hélas. Bref, ce sous téléfilm ne m’a jamais convaincu ou intéressé.

20/02/2026 (modifier)