J’avais gardé de très bons souvenirs de lecture de La Terre, le ciel, les corbeaux, des mêmes auteurs, raison pour laquelle je me suis embarqué dans cette lecture qui avait l’air vraiment très bien et que j’avais très envie d’aimer.
Côté graphique (et même du point de vue scénaristique d’ailleurs), elle est même assez étonnante si on la compare à la BD précitée. En effet, on a l’impression que ce ne sont pas du tout les mêmes auteurs. Le trait est ici beaucoup plus fluide et rond, les couleurs plus lumineuses, et l’histoire plus pétillante. C’est surtout le dessin qui procure cette impression. Mais s’il donne effectivement la sensation de n’être pas produit par le même dessinateur, il est néanmoins très agréable. Le travail sur la couleur est soigné, apportant un dynamisme bienvenu. Les architectures sont très convaincantes, occasionnant même de très belles cases.
L’histoire est touchante et les personnages plutôt bien troussés. Pourtant, il y a un petit truc qui m’a laissé un goût un peu amer. Plusieurs petits trucs en fait. D’abord, le personnage du narrateur, vieux colporteur battant la campagne avec son chien, est tout à fait agaçant. Outre le fait que son existence n’apporte absolument rien au récit, le ton qu’il adopte m’a tout à fait agacé, et s’il n’est heureusement pas omniprésent, on termine quand même sur lui.
Et puis bon, à partir de la seconde moitié, je n’ai jamais pu me départir d’un sentiment de vacuité, sentiment qui domine une fois la BD refermée. Oui, tout ça pour ça. Si chaque élément pris individuellement reste intéressant (personnages bien campés, chouette dessins et couleurs, contexte historique…), on a quand même l’impression qu’Avila passe un peu à côté de son sujet, que les éléments s’enchainent sans vraiment parvenir à faire monter les blancs en neige. L’âme noire d’Avila, matérialisée par son ombre maléfique, n’est pas assez noire. On ne ressent pas assez les émotions unissant la mère et la fille. Globalement, les choses s’emmanchent un peu trop facilement, et les situations critiques se dénouent tout aussi facilement…
Voilà pour ce qui m’a laissé sur ma faim. Mais je ne voudrais pas non plus torpiller cette BD qui au demeurant m’a donné quelques motifs de satisfaction tout de même (le dessin principalement). Mais bon, il faut être honnête : c'est une déception !
J'ai commencé à admirer cette série dans Pilote dans les années 60 et ensuite dans l'hebdomadaire Tintin des années 70 ! Pour moi, c'est LA série de science-fiction de référence, très en avance sur toutes les autres. J'adore presque tout et il est difficile d'entrer dans les détails, mais je vais essayer un peu : l'apocalypse et la vie sur Terre après, les voyages dans le temps, les mondes extraterrestres, l'empire des mille planètes, les oiseaux du Seigneur, la maladresse de Valérian et la compétence de Laureline pour le compenser. Tout est très bon et étonnant !
Les récits et les dessins ont été une énorme influence sur le cinéma, sans qu'elle ait été reconnue nombreuses fois: George Lucas, Ridley Scott, Luc Besson...
Mézières disait qu'il ne savait pas dessiner et ressentait beaucoup de difficultés, les mains des personnages, par exemple. Mais je pense qu'il s'en est très bien sorti, ses vaisseaux spatiaux sont impressionnants !
J'ai eu quelques difficultés avec certains épisodes et personnages : la sainte trinité... les paradoxes spatio-temporels, je vais encore essayer de les comprendre mieux. À la fin de tout, je reste aussi idiot et amoureux de Laureline, tout comme les shingouz.
Vrai note : 3.5
J’ai vraiment passé un très bon moment avec Not All Robots. Sous ses airs de SF absurde et décalée, la BD propose finalement quelque chose d’assez malin et étonnamment actuel. L’histoire se déroule dans un futur où les robots travaillent désormais à la place des humains. Libérés du travail, ces derniers vivent dans une société qui semble pourtant toujours aussi tendue, frustrée et dysfonctionnelle. On suit principalement la famille Walters, dans un quotidien où les tensions sociales, familiales et existentielles finissent constamment par exploser.
Ce que j’ai particulièrement aimé, c’est la manière dont Mark Russell utilise cette situation pour tourner en dérision beaucoup de comportements humains. Derrière l’humour et les dialogues souvent très drôles, j’y ai vu une critique assez mordante du pouvoir, des rapports de domination et du patriarcat. Certains personnages sont volontairement caricaturaux dans leur besoin de contrôle, leur frustration ou leur incapacité à évoluer, et c’est justement ce qui rend l’ensemble aussi drôle que pertinent.
La BD fonctionne aussi très bien parce qu’elle ne se contente pas d’être une satire sociale. Elle parle également du rapport au travail, de l’utilité sociale, de la peur du changement et même de l’obsolescence humaine dans un monde dominé par les IA et les robots. Tout ça passe par un simple foyer de banlieue, presque banal, ce qui rend finalement le propos encore plus efficace.
Visuellement, Mike Deodato Jr livre un travail superbe, détaillé et très expressif. J’ai aussi beaucoup aimé la couverture qui détourne et reprend la célèbre peinture américaine "American Gothic "de Grantsymbole. Une peinture célèbre, annonçant immédiatement une œuvre qui joue avec les symboles et les codes culturels.
Une lecture drôle, intelligente et bien plus riche qu’elle n’en a l’air au premier abord.
J'ai fini de relire la série complète avec les intégrales Dupuis et c'est merveilleux ! Quand j'étais petit, l'histoire qui m'a le plus marqué a été évidemment La Flûte. Mais maintenant, je reconnais que la série vaut beaucoup plus. Je me suis rappelé tant d'aventures, de personnages et de scènes marquantes : les mollassons et le géant de la Source, la bataille navale des vikings, mais surtout le très drôle Pirlouit et sa chèvre Biquette, tant de magie et de sorts !
Les dessins ont évolué, les personnages sont devenus plus ronds et aboutis, l'humour toujours excellent.
La contribution à la soi-disant « école de Marcinelle » est indéniable. Bref, je recommande cette redécouverte !
Véritablement déçu par ce roman graphique de Tripp.
La construction du scénario est pour le moins loupée et aurait mérité qu'un éditeur intervienne véritablement afin de rectifier le tir.
Le sujet est pourtant merveilleux, mais l'ensemble demeure très anecdotique. La relation au père n'est traitée que sous l'angle des souvenirs d'enfance, non sous celui des absences futures, et trop peu sous celui de l'adulte réinterrogeant sa mémoire des événements. Le récit donne l'impression de longtemps traîner sa peine, jusqu'à ce qu'il accélère, sinon bâcle, la longue période de l'âge adulte. Pourtant, la manière fort réussie de s'appuyer sur le tragique du final permettait enfin aux souvenirs de s'élever, d'être travaillés par les regrets et déceptions du Jean-Louis devenu adulte.
Un récit laissant un goût amer, trop longtemps désincarné, avant de devenir bouleversant. Dommage.
Étrange roman graphique que celui-ci, attisant le feu et la glace.
L'histoire est pour le moins originale puisque s'articulant abondamment autour de la thématique de l'ornithologie, laquelle est travaillée par celle puissante du parricide, l'ensemble est enfin intégré à un univers SF envisageant une colonisation de la Lune et un rapport tendu entre les habitants des deux astres.
Tout s'imbrique pour le moment assez maladroitement : l'univers SF notamment s'efface puis revient, sans véritablement travailler ses thématiques sociétales (migrations de populations, dépendance alimentaire, intimidation guerrière, mouvements sociaux). Le traitement poétique de la dystopie engendre de beaux moments (l'épisode du géant de pierre est assez réussi), mais sa déclinaison technologique est plus triviale (les véhicules volants, le train... tels des copies gratuites de machines aperçues chez Miyazaki).
Le récit joue avec les temporalités, présentant des épisodes de l'enfance, de l'adolescence, des évocations du passé via souvenirs ou apparitions, au sein d'une tranche de vie avançant lentement, sans véritable direction. Il ne s'agit pas véritablement de reconstruire l'histoire d'un drame familial, ni de comprendre l'histoire de cette colonisation lunaire, ou de proposer une tranche de vie naturaliste ; le récit tente d'entremêler ces trois voies sans y parvenir avantageusement : l'anecdotique cohabitant trop souvent avec le dramatique, hurlant son incapacité à organiser avec cohérence et pertinence une dramaturgie en roue libre.
Néanmoins, ce récit fascine régulièrement, proposant ici ou là des visuels d'une belle puissance évocatrice (la couverture et tout l'épisode autour du géant de pierre, la splendide représentation de la lumière, etc.) et le traitement genré des personnages est assez intéressant dans sa manière d'accompagner l'inquiétante étrangeté dont se pare occasionnellement le récit.
Une réussite en demi-teinte, qui ne laisse pas indifférent et attise une curiosité quelque peu inquiète à l'égard du futur second tome.
Le chat Vincent m'a semblé assez agaçant. Je n'ai pas du tout adhéré à cette fable sur les peintres et leurs animaux, qui auraient soi-disant été les véritables auteurs ou inspirateurs de tant d'œuvres géniales.
J'ai acheté le premier tome sur un coup de tête, sans lire aucun avis préalable, et j'ai eu tort. Les dessins m'ont semblé bons, mais au fur et à mesure que je lisais, tout m'a semblé trop décousu.
Smudja a du talent et l'aspect visuel de l'ensemble du livre n'est pas désagréable, mais la tentative de reconstitution du style de peinture de Van Gogh échoue finalement, je pense.
Évidemment, je n'ai pas acheté le deuxième tome.
Un récit de vampires qui possède sa part d’originalité, agréable à lire mais sur lequel je ne pense pas revenir.
L’esthétisme graphique assure bien l’ambiance mais finalement je préfère le style de l’auteur dans des tonalités plus colorées.
L’histoire se laisse lire mais il a manqué quelque chose pour m’attraper. En fait, j’ai trouvé que c’était à la fois original et sans surprise, les personnages mêmes si bien campés sont peu attachants.
Une série sympa avec des qualités mais qui ne m’ont pas tant parlé.
On ne peut qu’être intrigué et séduit par le travail éditorial, avec un papier agréable au toucher, un grand format. J’ai beaucoup aimé la colorisation, souvent terne. Mais c’est l’esthétique général qui envoûte (mais qui peut aussi être clivante). Je fais partie de ceux qui apprécient ce type de dessin, qui fait penser au travail de Jérémy Piningre, mais aussi à l’auteur argentin Carlos Nine (auteur que j’aime beaucoup). Il y a aussi, de la part de Genis Rigol (auteur espagnol que je découvre avec cet album), une claire volonté de jouer sur un côté rétro du dessin (parfois proche de très vieilles BD), mais aussi sur quelques aspects cartoonesques. Bref, on a là quelque chose de très original !
Pour ce qui est de l’histoire elle-même, je dois dire d’emblée que certains aspects m’ont un peu échappé. Mais je suis prêt à accepter ces petites frustrations, car la lecture a été intéressante. Les aspects loufoques, absurdes de l’intrigue donnent une tonalité surréaliste au récit, ce qui n’est pas pour me déplaire.
L’intrigue se déroule dans un théâtre – aux dimensions assez énormes finalement, aux décors parfois proches de ceux d’Escher. Le dramaturge auteur de la pièce – qu’il continue d’écrire au fil des répétitions, voire même jusqu’au bout, jusqu’à la « Première » – se questionne continuellement (syndrome de la page blanche), alors qu’acteurs et certains bouts de décors passent dans tous les sens.
C’est donc très décousu, loufoque et absurde, mais, bien que certaines choses m’aient échappé, la lecture reste intéressante, du fait de l’ambiance, des côtés surréalistes et du dessin, tous originaux.
C’est clair que je recommande un feuilletage avant d’envisager l’achat, car cet album convient avant tout aux lecteurs curieux. Mais on tient là quelque chose qui fait la part belle à l’imagination, la poésie.
Amateurs de récits cartésiens et/ou de franco-belge classique s’abstenir !
À la lecture des avis précédents, je m'attendais à pire, mais au final je n'ai pas trouvé ce spin-off centré sur Seccotine désagréable à lire, même s'il reste inégal.
Graphiquement, l'ensemble est plutôt réussi. Le dessin est propre, plus soigné que dans Spirou et Fantasio Classique - La Baie des Cochons, avec des décors plus détaillés et une vraie volonté de redonner vie au village de Champignac et à son atmosphère. J'ai aussi trouvé que Seccotine était plutôt bien caractérisée dans cette version, avec un personnage qui conserve une certaine énergie et un côté attachant. En revanche, la colorisation de certains ciels et effets de lumière m'a parfois un peu fait tiquer, avec un rendu qui m'a semblé moins naturel.
Là où ça se complique, c'est du côté des personnages secondaires et de l'intrigue. J'ai trouvé Colette assez pénible, tout comme les deux antagonistes, qui ne m'ont pas vraiment intéressé. L'histoire en elle-même est très classique, presque trop sage, avec une impression générale de récit enfantin et sans aspérité. La résolution n'a pas réussi à me surprendre ni à me convaincre.
Il y a aussi cette étrange sensation au niveau du rythme, comme si les journées ne duraient qu'une ou deux heures dans le récit tant Seccotine semble vouloir déjà se reposer ou passer à autre chose dès qu'une piste commence à apparaître. Cela renforce encore cette impression de narration molle et de manque de tension.
Au final, même si je rejoins en partie les critiques sur le côté assez fade de l'ensemble, je n'ai pas passé un mauvais moment non plus. C'est une lecture plutôt tranquille, avec quelques qualités graphiques et une vraie envie de revisiter Champignac, mais globalement trop sage et trop lisse pour marquer durablement. Je reste malgré tout curieux de voir si d'autres tomes pourraient mieux exploiter le potentiel du personnage.
Note : 2.5/5
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Avila
J’avais gardé de très bons souvenirs de lecture de La Terre, le ciel, les corbeaux, des mêmes auteurs, raison pour laquelle je me suis embarqué dans cette lecture qui avait l’air vraiment très bien et que j’avais très envie d’aimer. Côté graphique (et même du point de vue scénaristique d’ailleurs), elle est même assez étonnante si on la compare à la BD précitée. En effet, on a l’impression que ce ne sont pas du tout les mêmes auteurs. Le trait est ici beaucoup plus fluide et rond, les couleurs plus lumineuses, et l’histoire plus pétillante. C’est surtout le dessin qui procure cette impression. Mais s’il donne effectivement la sensation de n’être pas produit par le même dessinateur, il est néanmoins très agréable. Le travail sur la couleur est soigné, apportant un dynamisme bienvenu. Les architectures sont très convaincantes, occasionnant même de très belles cases. L’histoire est touchante et les personnages plutôt bien troussés. Pourtant, il y a un petit truc qui m’a laissé un goût un peu amer. Plusieurs petits trucs en fait. D’abord, le personnage du narrateur, vieux colporteur battant la campagne avec son chien, est tout à fait agaçant. Outre le fait que son existence n’apporte absolument rien au récit, le ton qu’il adopte m’a tout à fait agacé, et s’il n’est heureusement pas omniprésent, on termine quand même sur lui. Et puis bon, à partir de la seconde moitié, je n’ai jamais pu me départir d’un sentiment de vacuité, sentiment qui domine une fois la BD refermée. Oui, tout ça pour ça. Si chaque élément pris individuellement reste intéressant (personnages bien campés, chouette dessins et couleurs, contexte historique…), on a quand même l’impression qu’Avila passe un peu à côté de son sujet, que les éléments s’enchainent sans vraiment parvenir à faire monter les blancs en neige. L’âme noire d’Avila, matérialisée par son ombre maléfique, n’est pas assez noire. On ne ressent pas assez les émotions unissant la mère et la fille. Globalement, les choses s’emmanchent un peu trop facilement, et les situations critiques se dénouent tout aussi facilement… Voilà pour ce qui m’a laissé sur ma faim. Mais je ne voudrais pas non plus torpiller cette BD qui au demeurant m’a donné quelques motifs de satisfaction tout de même (le dessin principalement). Mais bon, il faut être honnête : c'est une déception !
Valérian
J'ai commencé à admirer cette série dans Pilote dans les années 60 et ensuite dans l'hebdomadaire Tintin des années 70 ! Pour moi, c'est LA série de science-fiction de référence, très en avance sur toutes les autres. J'adore presque tout et il est difficile d'entrer dans les détails, mais je vais essayer un peu : l'apocalypse et la vie sur Terre après, les voyages dans le temps, les mondes extraterrestres, l'empire des mille planètes, les oiseaux du Seigneur, la maladresse de Valérian et la compétence de Laureline pour le compenser. Tout est très bon et étonnant ! Les récits et les dessins ont été une énorme influence sur le cinéma, sans qu'elle ait été reconnue nombreuses fois: George Lucas, Ridley Scott, Luc Besson... Mézières disait qu'il ne savait pas dessiner et ressentait beaucoup de difficultés, les mains des personnages, par exemple. Mais je pense qu'il s'en est très bien sorti, ses vaisseaux spatiaux sont impressionnants ! J'ai eu quelques difficultés avec certains épisodes et personnages : la sainte trinité... les paradoxes spatio-temporels, je vais encore essayer de les comprendre mieux. À la fin de tout, je reste aussi idiot et amoureux de Laureline, tout comme les shingouz.
Not All Robots
Vrai note : 3.5 J’ai vraiment passé un très bon moment avec Not All Robots. Sous ses airs de SF absurde et décalée, la BD propose finalement quelque chose d’assez malin et étonnamment actuel. L’histoire se déroule dans un futur où les robots travaillent désormais à la place des humains. Libérés du travail, ces derniers vivent dans une société qui semble pourtant toujours aussi tendue, frustrée et dysfonctionnelle. On suit principalement la famille Walters, dans un quotidien où les tensions sociales, familiales et existentielles finissent constamment par exploser. Ce que j’ai particulièrement aimé, c’est la manière dont Mark Russell utilise cette situation pour tourner en dérision beaucoup de comportements humains. Derrière l’humour et les dialogues souvent très drôles, j’y ai vu une critique assez mordante du pouvoir, des rapports de domination et du patriarcat. Certains personnages sont volontairement caricaturaux dans leur besoin de contrôle, leur frustration ou leur incapacité à évoluer, et c’est justement ce qui rend l’ensemble aussi drôle que pertinent. La BD fonctionne aussi très bien parce qu’elle ne se contente pas d’être une satire sociale. Elle parle également du rapport au travail, de l’utilité sociale, de la peur du changement et même de l’obsolescence humaine dans un monde dominé par les IA et les robots. Tout ça passe par un simple foyer de banlieue, presque banal, ce qui rend finalement le propos encore plus efficace. Visuellement, Mike Deodato Jr livre un travail superbe, détaillé et très expressif. J’ai aussi beaucoup aimé la couverture qui détourne et reprend la célèbre peinture américaine "American Gothic "de Grantsymbole. Une peinture célèbre, annonçant immédiatement une œuvre qui joue avec les symboles et les codes culturels. Une lecture drôle, intelligente et bien plus riche qu’elle n’en a l’air au premier abord.
Johan et Pirlouit
J'ai fini de relire la série complète avec les intégrales Dupuis et c'est merveilleux ! Quand j'étais petit, l'histoire qui m'a le plus marqué a été évidemment La Flûte. Mais maintenant, je reconnais que la série vaut beaucoup plus. Je me suis rappelé tant d'aventures, de personnages et de scènes marquantes : les mollassons et le géant de la Source, la bataille navale des vikings, mais surtout le très drôle Pirlouit et sa chèvre Biquette, tant de magie et de sorts ! Les dessins ont évolué, les personnages sont devenus plus ronds et aboutis, l'humour toujours excellent. La contribution à la soi-disant « école de Marcinelle » est indéniable. Bref, je recommande cette redécouverte !
Un père
Véritablement déçu par ce roman graphique de Tripp. La construction du scénario est pour le moins loupée et aurait mérité qu'un éditeur intervienne véritablement afin de rectifier le tir. Le sujet est pourtant merveilleux, mais l'ensemble demeure très anecdotique. La relation au père n'est traitée que sous l'angle des souvenirs d'enfance, non sous celui des absences futures, et trop peu sous celui de l'adulte réinterrogeant sa mémoire des événements. Le récit donne l'impression de longtemps traîner sa peine, jusqu'à ce qu'il accélère, sinon bâcle, la longue période de l'âge adulte. Pourtant, la manière fort réussie de s'appuyer sur le tragique du final permettait enfin aux souvenirs de s'élever, d'être travaillés par les regrets et déceptions du Jean-Louis devenu adulte. Un récit laissant un goût amer, trop longtemps désincarné, avant de devenir bouleversant. Dommage.
Terre ou Lune
Étrange roman graphique que celui-ci, attisant le feu et la glace. L'histoire est pour le moins originale puisque s'articulant abondamment autour de la thématique de l'ornithologie, laquelle est travaillée par celle puissante du parricide, l'ensemble est enfin intégré à un univers SF envisageant une colonisation de la Lune et un rapport tendu entre les habitants des deux astres. Tout s'imbrique pour le moment assez maladroitement : l'univers SF notamment s'efface puis revient, sans véritablement travailler ses thématiques sociétales (migrations de populations, dépendance alimentaire, intimidation guerrière, mouvements sociaux). Le traitement poétique de la dystopie engendre de beaux moments (l'épisode du géant de pierre est assez réussi), mais sa déclinaison technologique est plus triviale (les véhicules volants, le train... tels des copies gratuites de machines aperçues chez Miyazaki). Le récit joue avec les temporalités, présentant des épisodes de l'enfance, de l'adolescence, des évocations du passé via souvenirs ou apparitions, au sein d'une tranche de vie avançant lentement, sans véritable direction. Il ne s'agit pas véritablement de reconstruire l'histoire d'un drame familial, ni de comprendre l'histoire de cette colonisation lunaire, ou de proposer une tranche de vie naturaliste ; le récit tente d'entremêler ces trois voies sans y parvenir avantageusement : l'anecdotique cohabitant trop souvent avec le dramatique, hurlant son incapacité à organiser avec cohérence et pertinence une dramaturgie en roue libre. Néanmoins, ce récit fascine régulièrement, proposant ici ou là des visuels d'une belle puissance évocatrice (la couverture et tout l'épisode autour du géant de pierre, la splendide représentation de la lumière, etc.) et le traitement genré des personnages est assez intéressant dans sa manière d'accompagner l'inquiétante étrangeté dont se pare occasionnellement le récit. Une réussite en demi-teinte, qui ne laisse pas indifférent et attise une curiosité quelque peu inquiète à l'égard du futur second tome.
Vincent et Van Gogh
Le chat Vincent m'a semblé assez agaçant. Je n'ai pas du tout adhéré à cette fable sur les peintres et leurs animaux, qui auraient soi-disant été les véritables auteurs ou inspirateurs de tant d'œuvres géniales. J'ai acheté le premier tome sur un coup de tête, sans lire aucun avis préalable, et j'ai eu tort. Les dessins m'ont semblé bons, mais au fur et à mesure que je lisais, tout m'a semblé trop décousu. Smudja a du talent et l'aspect visuel de l'ensemble du livre n'est pas désagréable, mais la tentative de reconstitution du style de peinture de Van Gogh échoue finalement, je pense. Évidemment, je n'ai pas acheté le deuxième tome.
Little Monsters
Un récit de vampires qui possède sa part d’originalité, agréable à lire mais sur lequel je ne pense pas revenir. L’esthétisme graphique assure bien l’ambiance mais finalement je préfère le style de l’auteur dans des tonalités plus colorées. L’histoire se laisse lire mais il a manqué quelque chose pour m’attraper. En fait, j’ai trouvé que c’était à la fois original et sans surprise, les personnages mêmes si bien campés sont peu attachants. Une série sympa avec des qualités mais qui ne m’ont pas tant parlé.
Brunilda à la Plata
On ne peut qu’être intrigué et séduit par le travail éditorial, avec un papier agréable au toucher, un grand format. J’ai beaucoup aimé la colorisation, souvent terne. Mais c’est l’esthétique général qui envoûte (mais qui peut aussi être clivante). Je fais partie de ceux qui apprécient ce type de dessin, qui fait penser au travail de Jérémy Piningre, mais aussi à l’auteur argentin Carlos Nine (auteur que j’aime beaucoup). Il y a aussi, de la part de Genis Rigol (auteur espagnol que je découvre avec cet album), une claire volonté de jouer sur un côté rétro du dessin (parfois proche de très vieilles BD), mais aussi sur quelques aspects cartoonesques. Bref, on a là quelque chose de très original ! Pour ce qui est de l’histoire elle-même, je dois dire d’emblée que certains aspects m’ont un peu échappé. Mais je suis prêt à accepter ces petites frustrations, car la lecture a été intéressante. Les aspects loufoques, absurdes de l’intrigue donnent une tonalité surréaliste au récit, ce qui n’est pas pour me déplaire. L’intrigue se déroule dans un théâtre – aux dimensions assez énormes finalement, aux décors parfois proches de ceux d’Escher. Le dramaturge auteur de la pièce – qu’il continue d’écrire au fil des répétitions, voire même jusqu’au bout, jusqu’à la « Première » – se questionne continuellement (syndrome de la page blanche), alors qu’acteurs et certains bouts de décors passent dans tous les sens. C’est donc très décousu, loufoque et absurde, mais, bien que certaines choses m’aient échappé, la lecture reste intéressante, du fait de l’ambiance, des côtés surréalistes et du dessin, tous originaux. C’est clair que je recommande un feuilletage avant d’envisager l’achat, car cet album convient avant tout aux lecteurs curieux. Mais on tient là quelque chose qui fait la part belle à l’imagination, la poésie. Amateurs de récits cartésiens et/ou de franco-belge classique s’abstenir !
Seccotine
À la lecture des avis précédents, je m'attendais à pire, mais au final je n'ai pas trouvé ce spin-off centré sur Seccotine désagréable à lire, même s'il reste inégal. Graphiquement, l'ensemble est plutôt réussi. Le dessin est propre, plus soigné que dans Spirou et Fantasio Classique - La Baie des Cochons, avec des décors plus détaillés et une vraie volonté de redonner vie au village de Champignac et à son atmosphère. J'ai aussi trouvé que Seccotine était plutôt bien caractérisée dans cette version, avec un personnage qui conserve une certaine énergie et un côté attachant. En revanche, la colorisation de certains ciels et effets de lumière m'a parfois un peu fait tiquer, avec un rendu qui m'a semblé moins naturel. Là où ça se complique, c'est du côté des personnages secondaires et de l'intrigue. J'ai trouvé Colette assez pénible, tout comme les deux antagonistes, qui ne m'ont pas vraiment intéressé. L'histoire en elle-même est très classique, presque trop sage, avec une impression générale de récit enfantin et sans aspérité. La résolution n'a pas réussi à me surprendre ni à me convaincre. Il y a aussi cette étrange sensation au niveau du rythme, comme si les journées ne duraient qu'une ou deux heures dans le récit tant Seccotine semble vouloir déjà se reposer ou passer à autre chose dès qu'une piste commence à apparaître. Cela renforce encore cette impression de narration molle et de manque de tension. Au final, même si je rejoins en partie les critiques sur le côté assez fade de l'ensemble, je n'ai pas passé un mauvais moment non plus. C'est une lecture plutôt tranquille, avec quelques qualités graphiques et une vraie envie de revisiter Champignac, mais globalement trop sage et trop lisse pour marquer durablement. Je reste malgré tout curieux de voir si d'autres tomes pourraient mieux exploiter le potentiel du personnage. Note : 2.5/5