Les derniers avis (114476 avis)

Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Plaisir d'offrir
Plaisir d'offrir

Philippe Vuillemin fait partie des rares auteurs volontairement trash que j'ai fini par apprécier. Son dessin est pourtant tout sauf engageant : un trait extrêmement gras, volontairement sale, avec des personnages difformes, crasseux et souvent répugnants. Les histoires vont dans le même sens : humour noir très gras, scatologique, sexuel, provocateur et constamment borderline. Bref, tout est pensé pour être dégoûtant et agressif. Et pourtant, c'est précisément parce qu'il va jusqu'au bout de cette logique que cela a fini par fonctionner pour moi. Vuillemin ne cherche jamais à adoucir son propos ni à se donner des excuses : il assume un humour politiquement incorrect absolument crasseux, rempli de gags machistes et racistes qui dynamitent le bon goût. J'y ris souvent par le choc frontal, par la violence de la blague et par l'absence totale de filtre. Dans un paysage médiatique devenu hypersensible et souvent moralisateur, ce type d'humour brutal paraît presque rafraîchissant. Il y a chez lui une sorte de nihilisme goguenard qui tire dans toutes les directions et refuse toute forme de respectabilité. Et au-delà de la provocation, il faut aussi reconnaître une vraie efficacité narrative. Les gags sont rapides, secs, percutants, et tombent souvent juste. Même quand c'est excessif ou profondément stupide, le rythme fonctionne. Cela dit, cet album reste pour moi un peu moins marquant que "Hitler = SS", qui avait l'avantage d'un thème unique lui donnant une vraie cohérence. Ici, on est davantage face à un recueil d'histoires plus ou moins longues. Comme souvent dans ce type de compilation, le résultat est forcément un peu hétérogène et plus inégal. C'est du Vuillemin pur jus : sale, méchant, excessif et totalement décomplexé. Mieux vaut savoir exactement dans quoi on met les pieds.

16/03/2026 (modifier)
Par Simili
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Capitaine Albator - Mémoires de l'Arcadia
Capitaine Albator - Mémoires de l'Arcadia

J'ai une chance inouïe : je suis né à la fin des années 70. Ainsi si j'ai des souvenirs très précis de Sangoku, Seiya ou encore Olive & Tom, j'ai également pu voir Goldorak, Albator et Capitaine Flam. Alors si les souvenirs des trois derniers sont très ténus, ils me permettent toutefois de me jeter dans leurs aventures avec appétit mais également un œil nouveau et sans une certaine nostalgie qui viendrait tronquer mon avis. Comme Mac Arthur, j'ai trouvé que cette série collait parfaitement à l'idée même que je me faisais de notre héros. Pour la peine le corsaire de l'espace est celui dont je garde le plus de souvenirs, sans doute grâce au très bon animé à sa gloire sorti en 2013. J'ai retrouvé cette part de mystère qui, dans mes souvenirs, entourait le capitaine corsaire. Ce coté taciturne, mélancolique qui faisait le charme de l'animé a été très bien retranscrit par Jérôme Alquié. On sent que l'auteur éprouve un grand respect pour son héros Après, sur l'ouvrage même, je pense que l'on est légèrement en dessous du très bon Goldorak de Bajram et Dorison. Et pour moi cela tient certainement plus à la colorisation qu'à l'histoire. Attention ne me faites pas dire ce que j'ai pas dit : ça reste très bien fait et très beau. Mais j'avais trouvé les dessins d'Actarus et son robot plus "adulte". Enfin c'est surtout pour chipoter car, encore une fois, je trouve cela très bien. Au niveau du scénario j'ai trouvé que l'histoire faisait preuve d'une certaine justesse dans sa complexité, on arrive bien à comprendre où l'auteur nous amène et à quel danger l'équipage de l'Arcadia va devoir faire face. Il y a également ce qu'il faut d'action et de rebondissement pour ne pas s'ennuyer au fil des 3 tomes et ce même si le final est en dessous des 2 premiers albums. Cela a été un vrai plaisir pour moi de retrouver Albator, ce héros de ma prime enfance. Un grand merci donc à Jérôme Alquié pour avoir su très bien rendre hommage à ce héros de naguère. Je vais pouvoir m'attaquer à Capitaine Flam - L'Empereur éternel pour boucler la boucle de ma petite enfance. Je retrouverai Jérôme Alquié un peu plus tard pour des héros plus récents : Saint Seiya - Les Chevaliers du Zodiaque - Time Odyssey PS: On notera au passage le bon filon trouvé par Kana, avec ses adaptations des héros de notre enfance. Si tous se révèlent bons, je veux bien d'autres héros encore (Ulysse 31, Cobra, Nicky Larson, Cat's Eyes, ...)

16/03/2026 (modifier)
Par Vaudou
Note: 3/5
Couverture de la série Kar War
Kar War

La deuxième publication de Voss dans la collection Pied Jaloux et la troisième aux Huma si on compte Heilman. Le dessin de Voss atteint ici sa pleine maturité artistique. Il y a une maîtrise du noir, un souci maniaque du détail dans chaque vignette... Les bolides terrestres et les engins spatiaux sont sublimes. Kar War se classe sans conteste sur le podium des plus belles bandes publiées dans cette collection. C'est d'autant plus dommage que l'histoire n'est pas toujours au niveau des images. En effet, on a droit à une intrigue trop convenue de bandes rivales cherchant à s'emparer du pouvoir sur une planète lointaine. La narration ne nous laisse pas souffler, on est souvent noyé sous les péripéties. De manière générale, le récit m'a moins emballé que L'Arbre à came qui était plus agréable à suivre. On a droit à une seconde histoire assez réussie de 10 pages, Vol de Lune, en fin d'album. Une très belle bande, passée pas loin du chef d'oeuvre si la narration avait été mieux maîtrisée.

15/03/2026 (modifier)
Couverture de la série Trempette dans l'Alcide
Trempette dans l'Alcide

Alcide nous présente un nouveau recueil de strips, que j’imagine au préalable publiés sur Instagram et/ou Facebook pour la plupart (si j’en crois la page de garde). Tous les gags sont construits sur le même schéma, avec une image par page, avec quelques dialogues plus ou moins débiles ou décalés, et en dessous un commentaire décalant encore d’un cran l’ensemble. Avec un dessin minimaliste et statique (classique pour ce type d’humour), les gags jouent sur un humour con, absurde, accentuant les méprises, hors-sujets, multipliant les jeux de mots à deux balles et les réparties creuses. Je suis a priori preneur de ce type d’humour. Mais le créneau est passablement encombré, et il est de plus en plus difficile de surprendre pour les chutes (surtout que ces chutes sont essentielles pour que le gag fonctionne). Et là, j’ai trouvé l’ensemble inégal, et globalement décevant. Quelques gags sont vraiment bons, d’autres m’ont fait sourires. Mais beaucoup ne m’ont pas convaincu. Ça reste une lecture rapide, gentiment nunuche, pas désagréable. Mais je suis resté sur ma faim. Note réelle 2,5/5/5.

15/03/2026 (modifier)
Couverture de la série Les Sanson et l'Amateur de souffrances
Les Sanson et l'Amateur de souffrances

Je m’attendais à lire une biographie d’une « dynastie » de bourreaux, célèbre pour avoir officié dans la capitale aux XVIIème et XVIIIème siècles (voire un peu au-delà). C’est un peu ça bien sûr. Mais, rapidement, l’intrigue bifurque vers autre chose. L’amateur de souffrances n’est pas le bourreau, comme je l’avais au départ imaginé, mais un personnage – puis d’autres, qui puisent dans la vision des souffrances infligées une sorte de remède miracle contre le vieillissement, une jouissance pas seulement sadique, mais aussi quasi orgasmique. Cet aspect de l’histoire rapproche cette série de certains romans gothiques, avec un fantastique noir et inquiétant, vaguement horrifique. Toutefois, une fois la situation mise en place, j’ai trouvé que le scénario en rajoutait un peu trop au niveau des pouvoirs de nuisance de cet « amateur ». Qu’il soit une sorte de Gilles de Rais moderne passe encore, mais qu’il soit l’instigateur de plusieurs régicides, voire de la Révolution française, en influençant à ce point certains personnages – et à travers eux la marche de l’Histoire – ça fait un peu trop. Ce travers s’accentue dans le deuxième, encore plus dans le dernier album – ce que je regrette un peu (j'aurais sans doute arrondis au supérieur sans ça). Au final, ça reste quand même une série plaisante, qui exploite bien l’Histoire, nous présente le « métier » de bourreau (et ici on est même surpris de découvrir des bourreaux presque humanistes, cherchant à limiter les souffrances de leurs « clients »), avec un dessin au trait gras mais lisible et pas désagréable. Note réelle 3,5/5.

15/03/2026 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Saigneurs
Saigneurs

Lou Lubie revisite le mythe du vampire de façon tout à fait originale et très actuelle. En l’associant habilement au thème de la prédation sexuelle, elle nous fait prendre conscience que ce type de comportement découle d’un système plus global et séculaire légitimant la domination des élites sur l’ensemble de la population. Et là où l’autrice fait preuve d’habileté, c’est qu’elle évite l’écueil du manichéisme en donnant à travers cette fiction la parole aux voix divergentes tout en les plaçant face à leurs contradictions. Le fil rouge de l’histoire est l’actrice Violeta Ovidia Lupescu, sorte de double féminin de notre Depardieu national, soupçonnée d’avoir mordu des assistants en toute impunité. Pour mieux coller au contexte, l’intrigue se déroule dans une Transylvanie contemporaine, où cohabitent humains et vampires sous une façade faussement égalitaire. Lassée de supporter une domination qui ne dit pas son nom, Maggy, après avoir été licenciée par sa supérieure sous prétexte d’ « indocilité », sera conduite à militer dans une association dont l’objectif est d’en finir avec la loi du silence. La morsure infligée à son ami Anghel par un inconnu jouera également beaucoup dans sa décision. On appréciera la façon dont Lubie brasse plusieurs thèmes très familiers dans notre époque tiraillée entre les positions réactionnaires des uns et les luttes progressistes des autres : la prédation, le harcèlement ou la pédophilie, des actes marquant durablement leurs victimes, qui souvent en ressortent honteuses et hésitent à dénoncer leur agresseur face à une administration peu empathique. On y devinera plusieurs allusions à des interviews et des affaires (principalement dans l’Hexagone) qui ont pris pied dans le débat public ces dernières années et abondamment commentés sur les réseaux sociaux. L’intelligence dont a fait preuve Lou Lubie est, peut-être pour éviter d’être cataloguée comme une « féministe enragée », d’avoir choisi une femme pour représenter les prédateurs (Lupescu) et un jeune homme (Anghel) en tant que victime, mais également de présenter le personnage de Iulia en couple avec une vampire, Andreea, très bien disposée vis-à-vis des idées progressistes. La ligne claire de Lou Lubie enchante par sa simplicité et son abondance de trouvailles, ne serait-ce que pour la bichromie mettant en avant le rouge carmin (logique, non ?). De façon un brin malicieuse, les vêtements sont inspirés par les broderies traditionnelles roumaines pour nous rappeler où se déroule le récit. Comme à son habitude, l’autrice a conçu une mise en page très efficace, appréciable par son dynamisme qui sait maintenir l’attention. Avec ses personnages attachants, « Saigneurs » est une lecture particulièrement rafraichissante qui jette en même temps une lumière crue sur un système que nous-mêmes avons cautionné et cautionnons encore, de manière plus ou moins consciente, parfois sur des questions en apparence insignifiantes. L’ouvrage fournit de nombreux arguments pour lutter à son niveau contre l’emprise toxique de la « fabrique du consentement » véhiculée par les discours dominants des dominateurs, que ce soit à travers la politique ou les médias « mainstream ». Lou Lubie prend soin de rappeler en fin d’ouvrage quelques statistiques sidérantes, rappelant que le combat est loin d’être terminé : à titre d’exemple, saviez-vous qu’en France, encore aujourd’hui, seulement 1% des violeurs sont condamnés, tandis que l’on dénombre 94 000 victimes de viol par an ?

15/03/2026 (modifier)
Par Vaudou
Note: 4/5
Couverture de la série L'Arbre à came
L'Arbre à came

Il y a trois auteurs à connaître absolument dans la collection Pied Jaloux : Chantal Montellier, Denis Sire et donc Alain Voss. L'arbre à came, sorti en 1981, est une petite friandise à savourer. Un jeune loubard, Tiger, se retrouve au coeur d'une conspiration qu'il va chercher à élucider avec ses potes rockers. Le récit haletant va aussi vite que les motos de l'histoire, on y croise des milices et des extra terrestres, c'est assez jouissif à suivre. Le dessin est juste exceptionnel, avec ses pages toutes noires et un trait puissant fortement inspiré de Crumb. La seule chose qui m'empêche de mettre la note maximale, c'est que l'idée du scénario n'est pas originale. C'est en effet une adaptation libre du film culte "Invasion of the body snatchers" réalisé par Kaufman en 1978. Ce n'est pas étonnant, l'imaginaire de Voss trouve majoritairement son inspiration dans l'emprunt et la parodie d'autres œuvres. Une des meilleures publications de cette collection.

15/03/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 2/5
Couverture de la série Profession Héros
Profession Héros

Un shonen qui montre bien l'importance du dessin... Alors c'est un manga qui fait partie d'un sous-genre du isekai: ceux qui montrent le héros revenir d'un monde de fantasy et il y en a peu de ce genre pour l'instant, alors c'est encore un peu original (la plupart du temps c'est plus une histoire du type des créatures fantastiques comme par exemple des elfes se retrouvent dans notre monde). Les auteurs ont la bonne idée de montrer ce qui arrive lorsqu'on a été emmené dans un autre monde lorsqu'on est jeune. Ça sert à quoi d'avoir sauvé un autre monde si dans le nôtre on se retrouve à 18 ans sans expérience de travail pertinent et avec pour seul diplôme l'école élémentaire ? Évidemment, le personnage principal va finir par trouver un groupe secret de magiciens et va finir par les rejoindre. Honnêtement, si le scénario contient des stéréotypes typiques des mangas calibrés pour les ados, il est pas trop mal... Seulement le dessin est vraiment mauvais. Je suis surpris de voir qu'il y a deux dessinateurs, mais peut-être que le fait que c'est un travail à quatre mains explique la mauvaise qualité. La mise en scène n’est pas terrible. Les scènes d'action sont difficiles à suivre et les scènes d'humour tombent à l'eau, alors que les gags sont souvent bien trouvés. Ajoutons à cela qu'il y a du fanservice, mais les filles ne sont pas du tout sexy, la fille que le héros aime ressemble d'ailleurs à une poupée gonflable ! Franchement, si ça avait été des romans, j'aurais sûrement trouvé ça correct et mis une note moyenne. J'ai tellement pas accroché au dessin que j'ai abandonné au deuxième tome.

15/03/2026 (modifier)
Par Vaudou
Note: 3/5
Couverture de la série Rupture
Rupture

Une première remarque pour commencer : je ne sais pas si c'est Chantal Montellier ou une autre personne des Humas qui validait ses couvertures, mais elles appartiennent au panthéon de la bd indépendante des années 80. Ici le style de Montellier est en parfaite adéquation avec le propos. Une rupture amoureuse et en parallèle une interrogation sur la condition d'artiste. C'est très punk, très contemporain aussi. L'histoire n'est pas dure à suivre mais les partis pris esthétiques peuvent être plus ou moins appréciés en fonction du lecteur. C'est dans les œuvres à lire si on apprécie l'auteure.

15/03/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Magical Buffs - L'éveil de l'enchanteur polyvalent
Magical Buffs - L'éveil de l'enchanteur polyvalent

2.5 Encore une adaptation d'un light novel qui se passe dans un monde de fantasy inspiré des jeux de rôles. Il y a vraiment peu d'originalité dans cette série, les personnages étant des archétypes qu'on a vu des centaines de fois. Mention spécial pour l'amie d'enfance du héros qui est amoureuse de lui, qui jalouse et possessive et aussi elle une poitrine plate alors les filles à gros seins la rendre furieuse ! En plus, le dessin est vraiment moyen. Malgré tout, j'ai lu les 4 premiers tomes, qui forment le premier arc de la série, sans trop de problème. Certaines scènes plus humoristiques marchent bien et j'ai été surpris par l'évolution psychologique du héros. Depuis quelques années, il y a eu plusieurs light novels où le héros est traité comme une merde par les autres personnages et il devient un gros méchant qui fait des trucs horribles et c'est justifié par le scénario même si le héros fait les pires trucs imaginables. Ici, le héros a été maltraité par son ancienne équipe et au fil d'aller abuser tout se qui bouge, il a peu confiance en lui même s'il possède un grand potentiel et il est surpris lorsqu'on est gentil avec lui. Je trouve ça rafraichissant même si je ne trouve pas son histoire particulièrement captivante. En fait, j'ai surtout accroché à la sous-intrigue tournant autour de l'ancienne équipe du héros. Ils ont engagé une nouvelle équipière pour le remplacer et celle-ci va vite se rendre compte qu'il y a quelques choses d'étrange et de toxique dans ce groupe. Donc voilà c'est pas le manga du siècle et je ne sais pas trop si j'ai envie de lire la suite, mais j'ai vu bien pire dans le même genre.

15/03/2026 (modifier)