Le récit couvre la vie d'une femme, la mère d'Altarriba, tout au long de l'histoire contemporaine de l'Espagne, surtout pendant la période franquiste. Une vie de conformisme et de résignation, marquée par le catholicisme conservateur, par le silence concernant son handicap et l'obéissance aux hommes et aux pouvoirs établis. C'est bien écrit et nous le suivons bien. Les dessins de Kim, sans être excellents, remplissent leur rôle. Je suis d'accord avec l'avis de Noirdésir, la vie du père de l'auteur dans L'Art de voler est beaucoup plus mouvementée en péripéties.
Rosamée raconte l'histoire d'une jeune fille vivant sur une île isolée qui, en bravant un interdit pour retrouver son meilleur ami disparu, entreprend un voyage initiatique où elle sera confrontée à des secrets, des croyances anciennes et à la nécessité de tracer sa propre voie.
Rosamée est une jolie trilogie jeunesse qui séduit d'abord par son aspect visuel. Le dessin de Berny est sans doute le principal atout de la série : souple, expressif, très maîtrisé, il évoque autant l'univers de l'animation que la souplesse du trait de Cyril Pedrosa. Les décors, les couleurs et la mise en scène donnent régulièrement envie de tourner les pages, même lorsque le récit peine un peu à suivre le même niveau d'inspiration.
Car si l'histoire est globalement agréable et suffisamment intrigante pour donner envie d'aller au bout, son rythme narratif m'a laissé plus réservé. Le premier tome repose sur un ressort extrêmement classique : une enfant à qui l'on interdit d'aller dans un lieu mystérieux sans jamais lui expliquer pourquoi. On comprend immédiatement ce qui va se passer et pourtant cette mise en place occupe la totalité de l'album. Le deuxième tome est lui aussi dans une veine assez convenue, proche du conte pour enfants. Rosamée atteint enfin le lieu interdit, y rencontre des personnages inquiétants qui se montrent d'abord accueillants avant de révéler assez vite leur véritable nature. L'ensemble fonctionne correctement mais s'étire là aussi sur un volume entier, avec des personnages et des situations davantage guidés par le symbolisme et la métaphore que par une logique réaliste.
C'est finalement dans le troisième tome que l'intrigue prend une direction un peu moins attendue, plus concrète dans un premier temps, avant de développer à nouveau ses thèmes sur l'émancipation, la remise en question des traditions et la capacité des nouvelles générations à s'affranchir des croyances héritées. Les révélations apportent un supplément de sens à l'ensemble, même si elles conservent ce ton de fable symbolique qui caractérise toute la série.
Malheureusement, cette dernière partie donne aussi l'impression que les auteurs ont dû conclure la série plus vite que prévu. La fin paraît précipitée et plusieurs éléments auraient mérité davantage de développement. J'ai le sentiment que le contenu des deux premiers tomes auraient pu être davantage condensé, afin de laisser plus d'espace à l'intrigue du dernier tome et à la conclusion.
Une lecture sympathique, portée par un dessin réussi et un univers agréable à parcourir, mais dont la narration manque au départ trop de densité et d'originalité pour exploiter pleinement son potentiel.
J'ai commencé par L'empire des 1000 planètes, qui m'a ébloui. Hélas, le reste, moins ! Parfois, on éprouve une certaine lassitude et ennui sans qu'une œuvre ait franchement démérité. Peut-être l'enthousiasme de la nouveauté l'a-t-il fait surestimer ? J'aime bien les héros, le trait n'est pas mauvais mais je me suis lassé, les intrigues ne m'ayant pas happé, loin de là ! Or donc, quand tout est calme, il faut de fort belles images ou des dialogues brillantissimes, et ce n'est pas la cas.
Un peu dans le même genre, on a transformé l'essai dans Orbital ! Signe qui ne trompe pas, j'attends la suite, celle de notre série, non. Je comprends que certains se fixent sur Laureline : il y a si peu d'héroïnes un tant soit peu charismatique. Mais en humain, Yoko Tsuno est mieux, à mon avis. Et pour ne pas être humaine, l'héroïne d'Orbital ne lui cède en rien. Et cerise sur le gâteau, le héros n'a rien du presque benêt Valérian ! Le dessin est tellement plus beau et original : on voit tout le tranchant des aventures, des dilemmes, et il y a un certain flou, comme dans la vie.
2.5
La grosse biographie d'Osamu Tezuka par son studio et disons que ça se voit un peu trop par moment lorsqu'on sort la brosse à luire et qu'on parle à quel point Tezuka était un grand maitre du manga et qu''il était un conteur génial né. Heureusement, on le montre aussi dans des situations qui ne le mets pas trop en valeur et au travers sa vie on voit une bonne partie de l'histoire du manga et des changements de la société japonaise pendant une bonne partie du vingtième siècle.
Ce manga est pas dénué d'intérêt, mais c'est trop long et surtout c'est un peu trop répétitif. À force de voir Tezuka accepter un boulot, avoir des problèmes avec ces éditeurs parce qu'il est toujours en retard, produire des animes...ben on dirait qu'on tourne un peu en rond. On est loin des longues sagas excitantes que Tezuka lui-même faisait. Le pire est qu'on a droit à des extraits de différentes œuvres autobiographies que Tezuka a faites au cours de sa vie et elles ont l'air plus passionnante à lire.
C’est une œuvre originale réservée à un public adulte, portée par un scénario correct et surtout par une identité visuelle très marquante.
Quelques mots d’abord sur le dessin. Il est immédiatement reconnaissable et vraiment singulier. Les couleurs pastel éclatantes, les associations audacieuses de teintes et d’aplats, ainsi que les contours minimalistes des personnages et des objets donnent à l’ensemble un aspect à la fois élégant, vivant et légèrement rétro. L’artiste accorde une attention particulière à la couleur et à la composition, et le résultat est particulièrement réussi. Certaines planches sont un véritable plaisir pour les yeux, et plusieurs cases pourraient facilement être exposées comme des affiches dans une galerie d’art contemporain.
J’ai également apprécié la manière dont l’histoire est racontée. Le récit passe par les pensées de Bo, qui se remémore des événements auxquels il a lui-même participé. Le scénario n’est ni particulièrement complexe ni très profond, mais il reste agréable à suivre et suffisamment prenant pour marquer la mémoire.
Au final, c’est une œuvre visuellement très originale destinée à un public adulte. Si elle ne brille pas forcément par ses idées, elle séduit par son style graphique atypique et son atmosphère.
Après ma lecture, j’ai eu envie de feuilleter à nouveau l’album, simplement pour revoir ces couleurs, ces compositions et ces choix visuels. C’est clairement le dessin qui m’a le plus marqué dans cette œuvre.
Une lecture intéressante.
Sixtine Dano (que je découvre avec cet album) parvient à traiter d’un sujet difficile avec une certaine pudeur, une retenue – même si, du coup, on pourrait reprocher à cette histoire de manquer de souffle.
Le fait est que le ton presque dépassionné du récit ne nous place pas immédiatement, ou totalement, en situation d’empathie envers Raphaëlle (ou sa copine). Et pourtant, elles se retrouvent dans des situations difficiles.
A l’inverse, l’auteure parvient bien – par-delà tel ou tel personnage – à nous rendre conscients de problèmes plus « généraux ». A savoir les problèmes économiques de certains étudiants – même si ici Raphaëlle n’est pas forcément représentative (ses parents sont là, et elle étudie et vit dans des conditions plus agréables que beaucoup d’étudiants fauchés).
Mais surtout, au travers de son activité d’escort girl, Raphaëlle rencontre quelques hommes qui font prendre conscience de certaines violences – sociales, sexuelles – qui se combinent. Le discours froid de certains « clients » fait peur. Le dernier client en est presque caricatural, odieux, sûr de lui et de sa « générosité » (« L’argent sert de contrat à un échange égalitaire et équilibré », « combien un homme peut-il dépenser pour une femme-trophée ? », etc.).
Plus que le personnage de Raphaëlle – qui nous sert presque d’envoyée spéciale, « d’infiltrée », c’est le sujet général qui captive. Même si la baisse de tension est brutale sur la fin, et qu’on quitte Raphaëlle et sa copine en ayant l’impression qu’on n’a pas tout appris sur elle. Elles n'illustrent pas non plus une vision très gaie, optimiste de l'amour...
Note réelle 3,5/5.
Positif : le dessin, l'effet de surprise puis d'amusement pour le style empoupé d'Achille Talon. Après, il a fini par m'ennuyer mais j'en verrais bien quelques planches à l'occasion. Pour la nostalgie. S'il a une vérité sociologique, tant d'autres bd ne font pas moins. C'est vraiment les discours d'Achille et sa manière de se tenir qui sont originales, ça peut plaire, déplaire, indifférer… A mon avis, on est quand même loin, bien loin de Gaston Lagaffe ou même des insultes variées du capitaine Haddock !
Le vampire est plutôt sympa, l'histoire aussi mais sans rien de bien marquant…. C'est l'image et le garçon qui obligent à tourner les pages, je pense. En tout cas, je les ai bien aimés tous les deux, il y a longtemps, quand je les ai lus… Naviguer ici c'est se tenir au courant des nouveautés, mais aussi se rappeler du passé. Cette bd me paraît assez raisonnable, ceci dit : se nourrir de sang n'implique pas de tuer des humains, boire le sang du steak comme notre héros, ou je pense se mettre d'accord avec quelque boucher ou paysan ou saigner des rats serait possible. Il n'est pas interdit de se demander ce que donnerait le mariage non de plats et de vin, mais de sang et de vin !
Je vais casser un peu l’ambiance mais pour ma part, je n’ai pas trouvé ça bien fameux.
J’apprécie pourtant beaucoup les auteurs mais ici le résultat, bien que pro, m’est apparu bien trop bancal, trop facile, sans surprise et finalement sans âme. Il n’y a que pour les couleurs d’Usagi où je n’ai pas grand chose à dire, ça fait d’ailleurs plaisir de la voir créditer à égalité avec le duo scénariste/dessinateur (mot de remerciement, bibliographie …), très classe.
Le dessinateur s’en tire tout de même avec les honneurs, c’est solide dans le trait.
Cependant ce n’est pas un style que je recherche dans un western, le rendu me semble trop lisse et propre, ça passe dans les grandes cases et extérieurs mais beaucoup moins en gros plan ou scènes intérieures qui apparaissent plus pauvres et aseptisés à mes yeux. Ça ne colle pas avec l’idée que je me fais du genre (saleté, crasse …) et je tique un peu sur le charisme de ces 2 personnages masculins qui suivent un peu la même tendance.
Un dernier point que j’ai peu goûté aussi et la représentation de certains mentons de personnages (l’indien, Ma ..) qui (à mes yeux) tombe dans la caricature, on tombe dans le Bogdanov et ça me fait sortir du côté réaliste distillé jusque là.
Mais l’aspect le plus tendancieux de l’album reste l’histoire, j’ai connu Dubois bien plus inspiré, tout m’apparaît pauvre ici.
Malgré une belle pagination, ça ne décolle jamais, j’ai trouvé ça linéaire, sans tension ni surprise.
J’ai cette impression que le scénariste recycle le fond de Les Sans-Visages mais avec des ingrédients différents (western, communauté de femmes …) et agencés plus maladroitement. Je recense plein de détails qui coincent. C’est violent et à la fois niais, on ne croit à aucun personnage, le crush du héros qui apparaît de nul part, des gunfight cheatés et improbables, une fin façon Happy end …
Alors c’est sûr ça se lit facilement, ce n’est pas honteux mais perso je ne m’y suis pas retrouvé.
Féru d'Histoire, grand amateur de BDs sur le sujet quand elles sont bien documentées, comme la fameuse collection ils ont fait l'histoire ou bien Le Trône d'argile, c'est donc avec un à priori positif que j'ai commencé mes premières lectures... Las, cet à priori est parti très vite.
Entendons-nous bien : je n'ai rien contre quelques inventions ici ou là ; Vae Victis par exemple nous invente un personnage féminin principal, pour mieux nous faire comprendre la petite histoire par les yeux d'un personnage non "marqué" par les évènements.
Et ce du moment que c'est bien amené, bien documenté, aucun problème...
Le soucis, c'est qu'on nous met une espèce de Machiavel immortel qui est le fil rouge de chaque album et dont le seul but semble être de faire tomber la monarchie... On comprend bien grâce à la "subtilité" de l'intrigue et des dialogues qu'il sera responsable de la chute de la monarchie et l'exécution de Louis XVI.
Et on nous rajoute d'autres personnages inventés sans intérêt, on réécrit l'Histoire en donnant un autre rôle à d'autres personnages bien réels eux, en atteignant des niveaux grotesques.
Ensuite, on n'apprend rien de particulier : il y a de très nombreuses ellipses, des éléments capitaux de l'Histoire de France sont passés en une page (la journée des dupes), et surtout, pardon de le dire, c'est très chiant ! Le déroulement est mou, téléphoné, rempli des passages "obligés" comme un mauvais cour d'école primaire.
On dirait un peu la série Roma qui est tout aussi foirée.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
L'Aile brisée
Le récit couvre la vie d'une femme, la mère d'Altarriba, tout au long de l'histoire contemporaine de l'Espagne, surtout pendant la période franquiste. Une vie de conformisme et de résignation, marquée par le catholicisme conservateur, par le silence concernant son handicap et l'obéissance aux hommes et aux pouvoirs établis. C'est bien écrit et nous le suivons bien. Les dessins de Kim, sans être excellents, remplissent leur rôle. Je suis d'accord avec l'avis de Noirdésir, la vie du père de l'auteur dans L'Art de voler est beaucoup plus mouvementée en péripéties.
Rosamée
Rosamée raconte l'histoire d'une jeune fille vivant sur une île isolée qui, en bravant un interdit pour retrouver son meilleur ami disparu, entreprend un voyage initiatique où elle sera confrontée à des secrets, des croyances anciennes et à la nécessité de tracer sa propre voie. Rosamée est une jolie trilogie jeunesse qui séduit d'abord par son aspect visuel. Le dessin de Berny est sans doute le principal atout de la série : souple, expressif, très maîtrisé, il évoque autant l'univers de l'animation que la souplesse du trait de Cyril Pedrosa. Les décors, les couleurs et la mise en scène donnent régulièrement envie de tourner les pages, même lorsque le récit peine un peu à suivre le même niveau d'inspiration. Car si l'histoire est globalement agréable et suffisamment intrigante pour donner envie d'aller au bout, son rythme narratif m'a laissé plus réservé. Le premier tome repose sur un ressort extrêmement classique : une enfant à qui l'on interdit d'aller dans un lieu mystérieux sans jamais lui expliquer pourquoi. On comprend immédiatement ce qui va se passer et pourtant cette mise en place occupe la totalité de l'album. Le deuxième tome est lui aussi dans une veine assez convenue, proche du conte pour enfants. Rosamée atteint enfin le lieu interdit, y rencontre des personnages inquiétants qui se montrent d'abord accueillants avant de révéler assez vite leur véritable nature. L'ensemble fonctionne correctement mais s'étire là aussi sur un volume entier, avec des personnages et des situations davantage guidés par le symbolisme et la métaphore que par une logique réaliste. C'est finalement dans le troisième tome que l'intrigue prend une direction un peu moins attendue, plus concrète dans un premier temps, avant de développer à nouveau ses thèmes sur l'émancipation, la remise en question des traditions et la capacité des nouvelles générations à s'affranchir des croyances héritées. Les révélations apportent un supplément de sens à l'ensemble, même si elles conservent ce ton de fable symbolique qui caractérise toute la série. Malheureusement, cette dernière partie donne aussi l'impression que les auteurs ont dû conclure la série plus vite que prévu. La fin paraît précipitée et plusieurs éléments auraient mérité davantage de développement. J'ai le sentiment que le contenu des deux premiers tomes auraient pu être davantage condensé, afin de laisser plus d'espace à l'intrigue du dernier tome et à la conclusion. Une lecture sympathique, portée par un dessin réussi et un univers agréable à parcourir, mais dont la narration manque au départ trop de densité et d'originalité pour exploiter pleinement son potentiel.
Valérian
J'ai commencé par L'empire des 1000 planètes, qui m'a ébloui. Hélas, le reste, moins ! Parfois, on éprouve une certaine lassitude et ennui sans qu'une œuvre ait franchement démérité. Peut-être l'enthousiasme de la nouveauté l'a-t-il fait surestimer ? J'aime bien les héros, le trait n'est pas mauvais mais je me suis lassé, les intrigues ne m'ayant pas happé, loin de là ! Or donc, quand tout est calme, il faut de fort belles images ou des dialogues brillantissimes, et ce n'est pas la cas. Un peu dans le même genre, on a transformé l'essai dans Orbital ! Signe qui ne trompe pas, j'attends la suite, celle de notre série, non. Je comprends que certains se fixent sur Laureline : il y a si peu d'héroïnes un tant soit peu charismatique. Mais en humain, Yoko Tsuno est mieux, à mon avis. Et pour ne pas être humaine, l'héroïne d'Orbital ne lui cède en rien. Et cerise sur le gâteau, le héros n'a rien du presque benêt Valérian ! Le dessin est tellement plus beau et original : on voit tout le tranchant des aventures, des dilemmes, et il y a un certain flou, comme dans la vie.
Osamu Tezuka - Une vie en manga (Osamu Tezuka - Biographie)
2.5 La grosse biographie d'Osamu Tezuka par son studio et disons que ça se voit un peu trop par moment lorsqu'on sort la brosse à luire et qu'on parle à quel point Tezuka était un grand maitre du manga et qu''il était un conteur génial né. Heureusement, on le montre aussi dans des situations qui ne le mets pas trop en valeur et au travers sa vie on voit une bonne partie de l'histoire du manga et des changements de la société japonaise pendant une bonne partie du vingtième siècle. Ce manga est pas dénué d'intérêt, mais c'est trop long et surtout c'est un peu trop répétitif. À force de voir Tezuka accepter un boulot, avoir des problèmes avec ces éditeurs parce qu'il est toujours en retard, produire des animes...ben on dirait qu'on tourne un peu en rond. On est loin des longues sagas excitantes que Tezuka lui-même faisait. Le pire est qu'on a droit à des extraits de différentes œuvres autobiographies que Tezuka a faites au cours de sa vie et elles ont l'air plus passionnante à lire.
B.O. comme un dieu
C’est une œuvre originale réservée à un public adulte, portée par un scénario correct et surtout par une identité visuelle très marquante. Quelques mots d’abord sur le dessin. Il est immédiatement reconnaissable et vraiment singulier. Les couleurs pastel éclatantes, les associations audacieuses de teintes et d’aplats, ainsi que les contours minimalistes des personnages et des objets donnent à l’ensemble un aspect à la fois élégant, vivant et légèrement rétro. L’artiste accorde une attention particulière à la couleur et à la composition, et le résultat est particulièrement réussi. Certaines planches sont un véritable plaisir pour les yeux, et plusieurs cases pourraient facilement être exposées comme des affiches dans une galerie d’art contemporain. J’ai également apprécié la manière dont l’histoire est racontée. Le récit passe par les pensées de Bo, qui se remémore des événements auxquels il a lui-même participé. Le scénario n’est ni particulièrement complexe ni très profond, mais il reste agréable à suivre et suffisamment prenant pour marquer la mémoire. Au final, c’est une œuvre visuellement très originale destinée à un public adulte. Si elle ne brille pas forcément par ses idées, elle séduit par son style graphique atypique et son atmosphère. Après ma lecture, j’ai eu envie de feuilleter à nouveau l’album, simplement pour revoir ces couleurs, ces compositions et ces choix visuels. C’est clairement le dessin qui m’a le plus marqué dans cette œuvre.
Sibylline - Chroniques d'une escort girl
Une lecture intéressante. Sixtine Dano (que je découvre avec cet album) parvient à traiter d’un sujet difficile avec une certaine pudeur, une retenue – même si, du coup, on pourrait reprocher à cette histoire de manquer de souffle. Le fait est que le ton presque dépassionné du récit ne nous place pas immédiatement, ou totalement, en situation d’empathie envers Raphaëlle (ou sa copine). Et pourtant, elles se retrouvent dans des situations difficiles. A l’inverse, l’auteure parvient bien – par-delà tel ou tel personnage – à nous rendre conscients de problèmes plus « généraux ». A savoir les problèmes économiques de certains étudiants – même si ici Raphaëlle n’est pas forcément représentative (ses parents sont là, et elle étudie et vit dans des conditions plus agréables que beaucoup d’étudiants fauchés). Mais surtout, au travers de son activité d’escort girl, Raphaëlle rencontre quelques hommes qui font prendre conscience de certaines violences – sociales, sexuelles – qui se combinent. Le discours froid de certains « clients » fait peur. Le dernier client en est presque caricatural, odieux, sûr de lui et de sa « générosité » (« L’argent sert de contrat à un échange égalitaire et équilibré », « combien un homme peut-il dépenser pour une femme-trophée ? », etc.). Plus que le personnage de Raphaëlle – qui nous sert presque d’envoyée spéciale, « d’infiltrée », c’est le sujet général qui captive. Même si la baisse de tension est brutale sur la fin, et qu’on quitte Raphaëlle et sa copine en ayant l’impression qu’on n’a pas tout appris sur elle. Elles n'illustrent pas non plus une vision très gaie, optimiste de l'amour... Note réelle 3,5/5.
Achille Talon
Positif : le dessin, l'effet de surprise puis d'amusement pour le style empoupé d'Achille Talon. Après, il a fini par m'ennuyer mais j'en verrais bien quelques planches à l'occasion. Pour la nostalgie. S'il a une vérité sociologique, tant d'autres bd ne font pas moins. C'est vraiment les discours d'Achille et sa manière de se tenir qui sont originales, ça peut plaire, déplaire, indifférer… A mon avis, on est quand même loin, bien loin de Gaston Lagaffe ou même des insultes variées du capitaine Haddock !
Je suis un vampire
Le vampire est plutôt sympa, l'histoire aussi mais sans rien de bien marquant…. C'est l'image et le garçon qui obligent à tourner les pages, je pense. En tout cas, je les ai bien aimés tous les deux, il y a longtemps, quand je les ai lus… Naviguer ici c'est se tenir au courant des nouveautés, mais aussi se rappeler du passé. Cette bd me paraît assez raisonnable, ceci dit : se nourrir de sang n'implique pas de tuer des humains, boire le sang du steak comme notre héros, ou je pense se mettre d'accord avec quelque boucher ou paysan ou saigner des rats serait possible. Il n'est pas interdit de se demander ce que donnerait le mariage non de plats et de vin, mais de sang et de vin !
La Vallée des oubliées
Je vais casser un peu l’ambiance mais pour ma part, je n’ai pas trouvé ça bien fameux. J’apprécie pourtant beaucoup les auteurs mais ici le résultat, bien que pro, m’est apparu bien trop bancal, trop facile, sans surprise et finalement sans âme. Il n’y a que pour les couleurs d’Usagi où je n’ai pas grand chose à dire, ça fait d’ailleurs plaisir de la voir créditer à égalité avec le duo scénariste/dessinateur (mot de remerciement, bibliographie …), très classe. Le dessinateur s’en tire tout de même avec les honneurs, c’est solide dans le trait. Cependant ce n’est pas un style que je recherche dans un western, le rendu me semble trop lisse et propre, ça passe dans les grandes cases et extérieurs mais beaucoup moins en gros plan ou scènes intérieures qui apparaissent plus pauvres et aseptisés à mes yeux. Ça ne colle pas avec l’idée que je me fais du genre (saleté, crasse …) et je tique un peu sur le charisme de ces 2 personnages masculins qui suivent un peu la même tendance. Un dernier point que j’ai peu goûté aussi et la représentation de certains mentons de personnages (l’indien, Ma ..) qui (à mes yeux) tombe dans la caricature, on tombe dans le Bogdanov et ça me fait sortir du côté réaliste distillé jusque là. Mais l’aspect le plus tendancieux de l’album reste l’histoire, j’ai connu Dubois bien plus inspiré, tout m’apparaît pauvre ici. Malgré une belle pagination, ça ne décolle jamais, j’ai trouvé ça linéaire, sans tension ni surprise. J’ai cette impression que le scénariste recycle le fond de Les Sans-Visages mais avec des ingrédients différents (western, communauté de femmes …) et agencés plus maladroitement. Je recense plein de détails qui coincent. C’est violent et à la fois niais, on ne croit à aucun personnage, le crush du héros qui apparaît de nul part, des gunfight cheatés et improbables, une fin façon Happy end … Alors c’est sûr ça se lit facilement, ce n’est pas honteux mais perso je ne m’y suis pas retrouvé.
La Couronne de France
Féru d'Histoire, grand amateur de BDs sur le sujet quand elles sont bien documentées, comme la fameuse collection ils ont fait l'histoire ou bien Le Trône d'argile, c'est donc avec un à priori positif que j'ai commencé mes premières lectures... Las, cet à priori est parti très vite. Entendons-nous bien : je n'ai rien contre quelques inventions ici ou là ; Vae Victis par exemple nous invente un personnage féminin principal, pour mieux nous faire comprendre la petite histoire par les yeux d'un personnage non "marqué" par les évènements. Et ce du moment que c'est bien amené, bien documenté, aucun problème... Le soucis, c'est qu'on nous met une espèce de Machiavel immortel qui est le fil rouge de chaque album et dont le seul but semble être de faire tomber la monarchie... On comprend bien grâce à la "subtilité" de l'intrigue et des dialogues qu'il sera responsable de la chute de la monarchie et l'exécution de Louis XVI. Et on nous rajoute d'autres personnages inventés sans intérêt, on réécrit l'Histoire en donnant un autre rôle à d'autres personnages bien réels eux, en atteignant des niveaux grotesques. Ensuite, on n'apprend rien de particulier : il y a de très nombreuses ellipses, des éléments capitaux de l'Histoire de France sont passés en une page (la journée des dupes), et surtout, pardon de le dire, c'est très chiant ! Le déroulement est mou, téléphoné, rempli des passages "obligés" comme un mauvais cour d'école primaire. On dirait un peu la série Roma qui est tout aussi foirée.