L'histoire d'O pourrait peut-être se sauver grâce au contexte historique de sa réalisation, ou grâce aux environnements art déco qui encadrent l'action et les dessins. Quand j'ai découvert, encore dans des photocopies clandestines, j'étais stupéfait et j'ai essayé de copier quelques dessins dans mes cahiers secrets.
Mais tout est trop daté et me suscite de l'aversion aujourd'hui. Crepax a de la valeur principalement pour l'expérimentation avec les pages et les cadrages des histoires de Valentina. Beaucoup trop peu au-delà de cela.
Je suis familier avec le terme « Kafkaesque », mais je n’avais jamais lu d’histoires de Franz Kafka, en roman ou en BD… lacune comblée, mais dans la douleur !
Je ne suis certes pas amateur d’absurde, mais j’ai adoré « Julius Corentin Acquefacques », et ce dernier est souvent comparé à Kafka, alors j’ai décidé d’emprunter « The trial » à la bibliothèque de l’université où je bosse… mauvaise pioche !
Je ne suis jamais rentré dans cette histoire sans queue ni tête, je ne me suis jamais intéressé aux personnages ou à l’intrigue. Il s’y cache peut-être un message ou une métaphore sur nos systèmes légaux, mais si c’est le cas, tout ça m’est complètement passé au dessus de la tête. J’ai fini ma lecture dans la douleur, je ne lisais presque plus les textes sur la fin.
Je trouve pourtant l’aspect technique intéressant. Le dessin en noir et blanc est joli et très détaillé, et le découpage souvent réussi. De plus, et contrairement à Ro, je ne trouve pas la narration trop chargée textuellement (un défaut courant dans les adaptations de romans).
Une lecture interminable et sans intérêt pour moi… je ne suis pas prêt de retenter une expérience Kafkaesque !
Je me range du côté de la majorité : j’ai trouvé cet album agréable mais pas spécialement marquant.
J’ai beaucoup aimé suivre le quotidien de notre antihéros, très timide et renfermé, et clairement passionné de peinture. Je l’ai trouvé attachant – la scène de « drague » avec la voisine est à ce titre assez cocasse.
L’aspect graphique intrigue, avec cette narration contemplative, faite de successions d’images d’une même scène, comme issues d’une pellicule de film… La lecture est en conséquence plutôt rapide. Le style me rappelle un peu Jon McNaught, comme le souligne déjà un autre posteur (voir Hors scène par exemple).
Un album vite lu, que j’ai emprunté en bibliothèque, et qui ne figurera pas dans ma collection personnelle, mais que je suis content d’avoir lu.
Je suis un gros lecteur de poésie, et Jean Teulé est un auteur qui a priori m’intéresse.
Mais je ne suis pas vraiment friand de la poésie de Verlaine (et je connais peu le personnage lui-même), lui préférant d’autres auteurs pour la même époque. Et si l’adaptation est fidèle (je n’ai pas lu le roman de Teulé), ça n’est clairement pas l’histoire la plus palpitante de cet auteur. Je suis donc sorti quelque peu déçu de cette lecture.
Le Verlaine qui nous est présenté ici est en fin de vie et de carrière. Un bonhomme acariâtre, alcoolique, survivant sans trop lutter contre la maladie et la dèche.
C’est sans doute d’ailleurs l’aspect qui m’a le plus intéressé, cette bohème mouiseuse et pleine de vie (artistes, étudiants, anarchistes), celle qui fera une certaine renommée de l’époque et de Paris, alors qu’elle choquait le bon bourgeois. Quelques personnages étonnants, amoureux de la poésie de Verlaine et le protégeant – a minima et à son insu – contre quelques vicissitudes…
Mais bon, si le décor m’intéresse, je ne me suis pas vraiment passionné pour notre mourant merveilleux, ni pour les quelques aléas de l’intrigue, ou pour les dialogues. Ça se laisse lire, mais j’en attendais peut-être autre chose.
Note réelle 2,5/5.
No Devil est la nouvelle série de Senchiro, mangaka français qui s’est déjà fait remarquer avec sa précédente série, Sweet Konkrete. Cette nouvelle série mixe romance et fantastique au travers d’une intrigue dynamique plutôt destinée à un public jeune (adolescents et jeunes adultes). Lucie, une jeune femme un peu maladroite et passionnée de musique, va croiser la route (dans le sens premier du terme) de Léo, un chasseur de démons pas des plus adroits, lui non plus. Et si cette première rencontre ne se passe pas de manière idyllique, on comprend vite que ces deux zozos ne sont pas insensibles au charme de l’autre. La situation prend cependant un tour inattendu lorsque Lucie découvre qu’elle-même se transforme en démon lorsqu’elle subit un choc émotionnel…
Ce premier tome nous présente les différents personnages et l’état d’esprit de la série (action, humour, romance, fantastique). Le début est par moments un peu bordélique, avec un flash-forward et des flash-backs que je n’ai pas toujours saisis immédiatement. Plus tard, l’auteur n’hésite pas à intercaler des illustrations sans rapport direct au cœur de ses planches (on peut ainsi tomber sur une illustration de Lucie jouant de la guitare au milieu d’une planche dans laquelle elle est en discussion avec sa mère). J’ai donc eu ce sentiment que Senchiro avait du mal à se canaliser. Mais ça ne nuit pas vraiment au manga, parce qu’il y a aussi pas mal de qualités dans celui-ci (personnages attachants, dynamisme, bonne idée de départ).
Tout ça pour dire que si je ne crie pas au chef d’œuvre et si je regrette certains clichés, ce premier tome est quand même sympa à lire et invite à découvrir sa suite.
NB : une bande son, signée par l’auteur lui-même, est également disponible. Elle donne logiquement la part belle à la guitare électrique. Et là encore, j’ai trouvé que l’auteur avait à la fois tendance à s’éparpiller et un talent évident qui devrait mieux être canalisé.
J’avais lu il n’y a pas si longtemps la série mère Le Choucas, que j’avais trouvée, malgré quelques défauts, plutôt plaisante, dans un registre parfois proche des « Nestor Burma » de Léo Malet, avec un personnage à gouaille, pas mal de bons mots, de références aux polars de la « Série noire ». Même si l’un de mes albums préférés se délocalisait en Amérique du sud (« Le Choucas n’en mène pas large »), j’appréciais surtout l’atmosphère parisienne de la série.
Et ici, avec cette renaissance de la série, sous un autre nom, j’y ai clairement moins trouvé mon compte.
Le dessin est toujours sympathique, et agréable, mais la colorisation m’a moins convaincu.
Surtout, les deux albums quittent totalement la région parisienne, le premier se situant surtout au Népal, le second au Mali. Je ne suis pas convaincu par ce changement complet d’atmosphère. Pourtant le début du second album me laissait penser que Paris, Gabin, les fondamentaux revenaient, mais en fait non.
Je n’ai pas été convaincu par les intrigues non plus.
D’une part les seconds rôles de la série mère sont soit abandonnés, soit utilisés dans un registre qui ne colle pas (autant Gabin pouvait jouer au Huggy les bons tuyaux à Paname, autant au Mali j’y crois moins – et son intervention est trop improbable en fin du premier album).
Ensuite les histoires elles-mêmes sont moyennes. C’est carrément bordélique dans le premier tome, où je me suis rapidement désintéressé de l’enquête (comme le scénario d’ailleurs, tant c’est décousu : voir l’épisode avec les rebelles maoistes et l’improbable Sidoine, peu clair, et qui ne fait pas vraiment avancer le schmilblick – on se débarrasse d’ailleurs de Sidoine brutalement).
Le deuxième album développe une enquête sans trop de digressions inutiles. Mais la résolution et la fuite du Choucas et de Gabin est quand même improbable.
Les dialogues ne sont pas désagréables. Mais ils sont moins percutants et drôles (même si, épars, quelques bons mots font mouche, comme la longue tirade sur l’échac au permis de conduire du Choucas à cause d’un journal Figaro balancé, pour finir sur ce pauvre jeu de mot qui m’a fait sourire : « je comprends que tu ne sois pas solidaire du Figaro »…), il y a moins d’autodérision à la Audiard. Quasiment plus d’allusion aussi à la « Série noire ». C’est un peu de la signature de la série qui a disparu.
Bref, je ne suis pas sûr que cette suite ait été nécessaire, même si ça se laisse lire.
Note réelle 2,5/5.
Bon, les choix graphiques ne sont pas très engageants je trouve. C’est lisible. Mais le trait un peu stylisé et raide, l’absence d’action, et une bichromie un peu monotone m’ont rapidement lassé, et ont sans doute joué sur le ressenti global de cette histoire.
Car je me suis franchement ennuyé en lisant cet album. Sans jamais m’intéresser réellement à la personne de Marilyn. Il y avait pourtant quelque matière à l’être. Mais ici, même l’évocation de ses failles, de ses malaises (elle est ici en fin de carrière et de vie lorsqu’elle consulte très régulièrement son psychiatre) m’ont laissé de marbre. Le rythme lent, la quasi absence d’action et les choix graphiques ne permettent pas de s’attacher à cette femme statufiée de son vivant mais extrêmement fragile. L’angle d’attaque consistant à lui donner de l’épaisseur, elle qui était clairement moins nunuche que l’image donnée d’elle-même par les médias, n’est pas non plus très utilisé.
Gros bof, le plaisir de lecture n'ayant pas été au rendez-vous.
Malgré son sujet qui me passionne, malgré le fait que Lomax soit l'une des très rares personnes dont j'aurais aimé vivre la vie, je ne lui mets que 3/5 (disons un bon 3,5) parce qu'elle est à mon sens bien trop expéditive. Le vie de notre homme (Alan, et dans une moindre mesure celle de son paternel) aurait pourtant mérité plusieurs volumes tant elle est dense et passionnante. Au passage, j'en profite pour laisser une référence à l'une des lectures les plus mémorables qu'il m'ait été donné de faire : Le pays où naquit le Blues de... Alan Lomax ! Paru aux Fondeurs de Briques, et lu pendant un été merveilleux, ce pavé de plus de 650 pages m'a transporté comme rarement. Il est tout à la fois une autobiographie ponctuées d'anecdotes proprement hallucinantes, un ouvrage de sociologie et d'Histoire, un condensé d'humanité... Bref ! Un des dix grands livres que je garderais s'il me fallait liquider ma bibliothèque.
Alors oui : 3/5 parce que cette BD, en regard de la vie de Lomax (père et fils), me parait bâclée, même si le dessin me plait par ailleurs.
J'aime beaucoup Duchazeau qui figure au panthéon de mes auteurs préférés. S'il n'a pas produit que des œuvres parfaites et inoubliables, il n'a toutefois jamais cessé d'affirmer son trait, splendide, sorte d'esquisse achevée. En effet, son trait flou parvient à chaque fois à s'extraire de l'immobilisme dans lequel pourrait le contraindre l'espace réduit de la case.
J'ai un faible pour les 5 conteurs de Bagdad qui est pour moi sa BD la plus achevée du point de vue scénaristique (bon, c'est Vehlmann, hein ?). En outre, la fin comporte un petit twist-ending étonnant qui fait qu'on a beau connaitre la fin dès le départ, on se retrouve tout tournebourboulé quand arrivent les dernières pages. C'est génial. Ajoutons que l'histoire rappelle les meilleurs contes d'orient, à commencer par celle que l'on trouve couramment sous le titre Ali et son destin.
Un classique. pour moi. Une BD culte !
Je ne sais pas si je suis né trop tard dans un monde trop antique, comme le centurion Caius Aérobus, ou si je suis né déjà trop vieux dans un monde trop nouveau...
J'ai quelques doutes que la série Astérix résiste à l'épreuve du temps. Ce n'est pas si universel et intemporel que les auteurs pourraient l'espérer, malgré tous les voyages et les caricatures des étrangers.
Les dessins d'Uderzo sont excellents (à partir d'Astérix et Cléopâtre) et les scénarii de Goscinny toujours pleins d'humour.
Les meilleurs albums sont, pour moi, Astérix Légionnaire, La Zizanie et Le Devin.
Après le décès de Goscinny, j'ai abandonné la lecture de la série. Mais même les derniers albums avant cela n'étaient pas formidables, je crois.
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Histoire d'O
L'histoire d'O pourrait peut-être se sauver grâce au contexte historique de sa réalisation, ou grâce aux environnements art déco qui encadrent l'action et les dessins. Quand j'ai découvert, encore dans des photocopies clandestines, j'étais stupéfait et j'ai essayé de copier quelques dessins dans mes cahiers secrets. Mais tout est trop daté et me suscite de l'aversion aujourd'hui. Crepax a de la valeur principalement pour l'expérimentation avec les pages et les cadrages des histoires de Valentina. Beaucoup trop peu au-delà de cela.
Le Procès (Actes Sud)
Je suis familier avec le terme « Kafkaesque », mais je n’avais jamais lu d’histoires de Franz Kafka, en roman ou en BD… lacune comblée, mais dans la douleur ! Je ne suis certes pas amateur d’absurde, mais j’ai adoré « Julius Corentin Acquefacques », et ce dernier est souvent comparé à Kafka, alors j’ai décidé d’emprunter « The trial » à la bibliothèque de l’université où je bosse… mauvaise pioche ! Je ne suis jamais rentré dans cette histoire sans queue ni tête, je ne me suis jamais intéressé aux personnages ou à l’intrigue. Il s’y cache peut-être un message ou une métaphore sur nos systèmes légaux, mais si c’est le cas, tout ça m’est complètement passé au dessus de la tête. J’ai fini ma lecture dans la douleur, je ne lisais presque plus les textes sur la fin. Je trouve pourtant l’aspect technique intéressant. Le dessin en noir et blanc est joli et très détaillé, et le découpage souvent réussi. De plus, et contrairement à Ro, je ne trouve pas la narration trop chargée textuellement (un défaut courant dans les adaptations de romans). Une lecture interminable et sans intérêt pour moi… je ne suis pas prêt de retenter une expérience Kafkaesque !
Hubert
Je me range du côté de la majorité : j’ai trouvé cet album agréable mais pas spécialement marquant. J’ai beaucoup aimé suivre le quotidien de notre antihéros, très timide et renfermé, et clairement passionné de peinture. Je l’ai trouvé attachant – la scène de « drague » avec la voisine est à ce titre assez cocasse. L’aspect graphique intrigue, avec cette narration contemplative, faite de successions d’images d’une même scène, comme issues d’une pellicule de film… La lecture est en conséquence plutôt rapide. Le style me rappelle un peu Jon McNaught, comme le souligne déjà un autre posteur (voir Hors scène par exemple). Un album vite lu, que j’ai emprunté en bibliothèque, et qui ne figurera pas dans ma collection personnelle, mais que je suis content d’avoir lu.
Ô Verlaine
Je suis un gros lecteur de poésie, et Jean Teulé est un auteur qui a priori m’intéresse. Mais je ne suis pas vraiment friand de la poésie de Verlaine (et je connais peu le personnage lui-même), lui préférant d’autres auteurs pour la même époque. Et si l’adaptation est fidèle (je n’ai pas lu le roman de Teulé), ça n’est clairement pas l’histoire la plus palpitante de cet auteur. Je suis donc sorti quelque peu déçu de cette lecture. Le Verlaine qui nous est présenté ici est en fin de vie et de carrière. Un bonhomme acariâtre, alcoolique, survivant sans trop lutter contre la maladie et la dèche. C’est sans doute d’ailleurs l’aspect qui m’a le plus intéressé, cette bohème mouiseuse et pleine de vie (artistes, étudiants, anarchistes), celle qui fera une certaine renommée de l’époque et de Paris, alors qu’elle choquait le bon bourgeois. Quelques personnages étonnants, amoureux de la poésie de Verlaine et le protégeant – a minima et à son insu – contre quelques vicissitudes… Mais bon, si le décor m’intéresse, je ne me suis pas vraiment passionné pour notre mourant merveilleux, ni pour les quelques aléas de l’intrigue, ou pour les dialogues. Ça se laisse lire, mais j’en attendais peut-être autre chose. Note réelle 2,5/5.
No Devil
No Devil est la nouvelle série de Senchiro, mangaka français qui s’est déjà fait remarquer avec sa précédente série, Sweet Konkrete. Cette nouvelle série mixe romance et fantastique au travers d’une intrigue dynamique plutôt destinée à un public jeune (adolescents et jeunes adultes). Lucie, une jeune femme un peu maladroite et passionnée de musique, va croiser la route (dans le sens premier du terme) de Léo, un chasseur de démons pas des plus adroits, lui non plus. Et si cette première rencontre ne se passe pas de manière idyllique, on comprend vite que ces deux zozos ne sont pas insensibles au charme de l’autre. La situation prend cependant un tour inattendu lorsque Lucie découvre qu’elle-même se transforme en démon lorsqu’elle subit un choc émotionnel… Ce premier tome nous présente les différents personnages et l’état d’esprit de la série (action, humour, romance, fantastique). Le début est par moments un peu bordélique, avec un flash-forward et des flash-backs que je n’ai pas toujours saisis immédiatement. Plus tard, l’auteur n’hésite pas à intercaler des illustrations sans rapport direct au cœur de ses planches (on peut ainsi tomber sur une illustration de Lucie jouant de la guitare au milieu d’une planche dans laquelle elle est en discussion avec sa mère). J’ai donc eu ce sentiment que Senchiro avait du mal à se canaliser. Mais ça ne nuit pas vraiment au manga, parce qu’il y a aussi pas mal de qualités dans celui-ci (personnages attachants, dynamisme, bonne idée de départ). Tout ça pour dire que si je ne crie pas au chef d’œuvre et si je regrette certains clichés, ce premier tome est quand même sympa à lire et invite à découvrir sa suite. NB : une bande son, signée par l’auteur lui-même, est également disponible. Elle donne logiquement la part belle à la guitare électrique. Et là encore, j’ai trouvé que l’auteur avait à la fois tendance à s’éparpiller et un talent évident qui devrait mieux être canalisé.
Les Tribulations du Choucas
J’avais lu il n’y a pas si longtemps la série mère Le Choucas, que j’avais trouvée, malgré quelques défauts, plutôt plaisante, dans un registre parfois proche des « Nestor Burma » de Léo Malet, avec un personnage à gouaille, pas mal de bons mots, de références aux polars de la « Série noire ». Même si l’un de mes albums préférés se délocalisait en Amérique du sud (« Le Choucas n’en mène pas large »), j’appréciais surtout l’atmosphère parisienne de la série. Et ici, avec cette renaissance de la série, sous un autre nom, j’y ai clairement moins trouvé mon compte. Le dessin est toujours sympathique, et agréable, mais la colorisation m’a moins convaincu. Surtout, les deux albums quittent totalement la région parisienne, le premier se situant surtout au Népal, le second au Mali. Je ne suis pas convaincu par ce changement complet d’atmosphère. Pourtant le début du second album me laissait penser que Paris, Gabin, les fondamentaux revenaient, mais en fait non. Je n’ai pas été convaincu par les intrigues non plus. D’une part les seconds rôles de la série mère sont soit abandonnés, soit utilisés dans un registre qui ne colle pas (autant Gabin pouvait jouer au Huggy les bons tuyaux à Paname, autant au Mali j’y crois moins – et son intervention est trop improbable en fin du premier album). Ensuite les histoires elles-mêmes sont moyennes. C’est carrément bordélique dans le premier tome, où je me suis rapidement désintéressé de l’enquête (comme le scénario d’ailleurs, tant c’est décousu : voir l’épisode avec les rebelles maoistes et l’improbable Sidoine, peu clair, et qui ne fait pas vraiment avancer le schmilblick – on se débarrasse d’ailleurs de Sidoine brutalement). Le deuxième album développe une enquête sans trop de digressions inutiles. Mais la résolution et la fuite du Choucas et de Gabin est quand même improbable. Les dialogues ne sont pas désagréables. Mais ils sont moins percutants et drôles (même si, épars, quelques bons mots font mouche, comme la longue tirade sur l’échac au permis de conduire du Choucas à cause d’un journal Figaro balancé, pour finir sur ce pauvre jeu de mot qui m’a fait sourire : « je comprends que tu ne sois pas solidaire du Figaro »…), il y a moins d’autodérision à la Audiard. Quasiment plus d’allusion aussi à la « Série noire ». C’est un peu de la signature de la série qui a disparu. Bref, je ne suis pas sûr que cette suite ait été nécessaire, même si ça se laisse lire. Note réelle 2,5/5.
Marilyn - Dernières séances
Bon, les choix graphiques ne sont pas très engageants je trouve. C’est lisible. Mais le trait un peu stylisé et raide, l’absence d’action, et une bichromie un peu monotone m’ont rapidement lassé, et ont sans doute joué sur le ressenti global de cette histoire. Car je me suis franchement ennuyé en lisant cet album. Sans jamais m’intéresser réellement à la personne de Marilyn. Il y avait pourtant quelque matière à l’être. Mais ici, même l’évocation de ses failles, de ses malaises (elle est ici en fin de carrière et de vie lorsqu’elle consulte très régulièrement son psychiatre) m’ont laissé de marbre. Le rythme lent, la quasi absence d’action et les choix graphiques ne permettent pas de s’attacher à cette femme statufiée de son vivant mais extrêmement fragile. L’angle d’attaque consistant à lui donner de l’épaisseur, elle qui était clairement moins nunuche que l’image donnée d’elle-même par les médias, n’est pas non plus très utilisé. Gros bof, le plaisir de lecture n'ayant pas été au rendez-vous.
Lomax - Collecteurs de Folk Songs
Malgré son sujet qui me passionne, malgré le fait que Lomax soit l'une des très rares personnes dont j'aurais aimé vivre la vie, je ne lui mets que 3/5 (disons un bon 3,5) parce qu'elle est à mon sens bien trop expéditive. Le vie de notre homme (Alan, et dans une moindre mesure celle de son paternel) aurait pourtant mérité plusieurs volumes tant elle est dense et passionnante. Au passage, j'en profite pour laisser une référence à l'une des lectures les plus mémorables qu'il m'ait été donné de faire : Le pays où naquit le Blues de... Alan Lomax ! Paru aux Fondeurs de Briques, et lu pendant un été merveilleux, ce pavé de plus de 650 pages m'a transporté comme rarement. Il est tout à la fois une autobiographie ponctuées d'anecdotes proprement hallucinantes, un ouvrage de sociologie et d'Histoire, un condensé d'humanité... Bref ! Un des dix grands livres que je garderais s'il me fallait liquider ma bibliothèque. Alors oui : 3/5 parce que cette BD, en regard de la vie de Lomax (père et fils), me parait bâclée, même si le dessin me plait par ailleurs.
Les Cinq Conteurs de Bagdad
J'aime beaucoup Duchazeau qui figure au panthéon de mes auteurs préférés. S'il n'a pas produit que des œuvres parfaites et inoubliables, il n'a toutefois jamais cessé d'affirmer son trait, splendide, sorte d'esquisse achevée. En effet, son trait flou parvient à chaque fois à s'extraire de l'immobilisme dans lequel pourrait le contraindre l'espace réduit de la case. J'ai un faible pour les 5 conteurs de Bagdad qui est pour moi sa BD la plus achevée du point de vue scénaristique (bon, c'est Vehlmann, hein ?). En outre, la fin comporte un petit twist-ending étonnant qui fait qu'on a beau connaitre la fin dès le départ, on se retrouve tout tournebourboulé quand arrivent les dernières pages. C'est génial. Ajoutons que l'histoire rappelle les meilleurs contes d'orient, à commencer par celle que l'on trouve couramment sous le titre Ali et son destin. Un classique. pour moi. Une BD culte !
Astérix
Je ne sais pas si je suis né trop tard dans un monde trop antique, comme le centurion Caius Aérobus, ou si je suis né déjà trop vieux dans un monde trop nouveau... J'ai quelques doutes que la série Astérix résiste à l'épreuve du temps. Ce n'est pas si universel et intemporel que les auteurs pourraient l'espérer, malgré tous les voyages et les caricatures des étrangers. Les dessins d'Uderzo sont excellents (à partir d'Astérix et Cléopâtre) et les scénarii de Goscinny toujours pleins d'humour. Les meilleurs albums sont, pour moi, Astérix Légionnaire, La Zizanie et Le Devin. Après le décès de Goscinny, j'ai abandonné la lecture de la série. Mais même les derniers albums avant cela n'étaient pas formidables, je crois.