Une partie de la fratrie Jouvray remet le couvert après un autre « western » décalé et semi comique, Lincoln, mais ici on est davantage dans du tout public. Le dessin est plus rondouillard en « jeunesse », et les personnages principaux sont des enfants (deux filles et un garçon – le fils/adjoint du shérif).
Toutefois le deuxième album ajoute un peu de densité et de maturité à l’univers. En effet, on y trouve une critique frontale de la circulation des armes à feu aux États-Unis (et du système capitaliste, avec ce Johnson, marchand d’armes aux méthodes marketing agressives), et aussi une critique du système judiciaire et du cumul des peines, mais aussi une mise en avant du rôle des femmes (plutôt rare dans l’univers western ultra machiste !), trois sujets plutôt pour adultes. De fait, le mélange des genres passe plutôt bien.
Les deux albums peuvent se lire séparément, même si c’est mieux de les lire à la suite mieux apprécier et comprendre certains personnages, comme le jeune hors-la-loi Albert. Mais aussi Bianca (sans doute le personnage le plus intéressant), une gamine qui détonne, pleine d’à propos, peu scrupuleuse. Avec son cochonnet domestique, elle apporte quelques touches d’humour bienvenue (plus généralement de petites touches d’humour – dialogues, situations – parsèment les histoires, et le rendent vivantes).
Chaque album culmine dans une scène volontairement étirée et remplie d’action. Dans le premier album, un spectacle de locomotives se fonçant dessus qui tourne mal, comme le hold-up concomitant, et dans le suivant une pendaison, autre spectacle qui lui aussi tourne à l’accumulation presque délirante et loufoque de conséquences imprévues.
Comme on est sur du tout public, tout est bien qui finit bien, morale et personnages sont saufs. Mais cette lecture est vraiment plaisante, et passe très bien la barrière de l’âge.
Une histoire sympa. Qui manque peut-être un chouia de densité, mais qui se laisse lire très agréablement.
Elle se déroule lors de la ruée vers l’or du Klondike, en Alaska. On y croise Jack London (qui y trouvera l’inspiration pour quelques belles histoires et dont les amateurs apprécieront l'univers proche de certains de ses romans), et vers le début la scène où des centaines de chercheurs d’or gravissent une montagne pour faire passer leur matériel fait immanquablement penser à la même scène immortalisée par Chaplin dans son excellent film « La ruée vers l’or ».
Plusieurs points forts pour ce récit.
D’abord le dessin chouette, en particulier pour les paysages – ce qui est un plus, étant donné le cadre fantastique de la nature du coin (même si certains visages sont quand même un chouia moins réussis).
Ensuite le scénario, qui évite – la fin mise à part – de tomber dans trop d’angélisme, en nous proposant des personnages pas trop monolithiques ni manichéens (bon, Matt, le héros, se tire quand même très bien de tous les dangers et a une belle gueule, mais bon). En particulier le personnage de Marie, qui s’écarte de plus en plus de Matt et de ce que l’on attendait de ce personnage (et c’est tant mieux, on évite une romance trop facile).
Les trois albums sont vite lus. Peu de texte, une intrigue pas non plus hyper fouillée. Mais c’est une lecture plaisante.
Lisa passe son été entre le café de sa mère, son dojo de karaté et les souvenirs liés à un ami d'enfance parti brutalement plusieurs années plus tôt après un drame familial resté mystérieux pour elle. Son retour inattendu va faire ressurgir des non-dits longtemps enfouis.
J'ai trouvé dans cette BD une ambiance estivale assez réussie, entre village italien au bord d'un lac, chaleur un peu languissante, souvenirs d'enfance et légère étrangeté en arrière-plan avec ce fameux compte à rebours vers la fin du monde annoncée chaque année par le même marginal. Le récit prend volontairement son temps, alterne présent et flashbacks, et installe progressivement son intrigue autour d'Alessandro, de son passé familial et de ce retour chargé de silences. Les chapitres construits autour des principes du karaté apportent une structure originale, même si j'avoue que cet aspect ne m'a pas toujours semblé indispensable ni clairement relié au déroulement de l'histoire.
Le scénario fonctionne mieux dans sa dernière partie, quand les révélations se précisent et que les enjeux émotionnels deviennent plus clairs, mais j'ai trouvé l'ensemble assez long à démarrer. Sur environ 200 pages, il y a beaucoup de scènes contemplatives, de silences et de moments du quotidien qui installent une atmosphère douce, mais donnent aussi par instants une impression de lenteur. Certains personnages secondaires apportent du charme, mais j'ai aussi eu le sentiment que plusieurs pistes restaient un peu survolées.
Graphiquement, c'est agréable sans être particulièrement marquant. Le trait est simple, parfois un peu raide, mais il retranscrit bien cette ambiance d'été suspendu, aidé par des couleurs sobres et élégantes.
C'est un récit sensible sur le deuil, les secrets familiaux, l'amitié et le passage à l'adolescence. Une lecture douce et relativement touchante, mais dont le rythme parfois trop lent peut aussi laisser un sentiment d'attente avant que le récit ne révèle pleinement où il veut en venir.
C'est la deuxième série liée au PSG que je lis, et c'est d'ailleurs à la fin de cet album que j'ai découvert avec un certain effarement la quantité assez hallucinante de BD et mangas estampillés PSG publiés dans cette pseudo-collection. Entre PSG Academy, PSG Dream Team, PSG All Stars, PSG Heroes, PSG Saga et autres PSG Girls Power, on sent très clairement la logique de produit dérivé pensé avant tout pour être vendu à de jeunes supporters du club.
PSG Academy - New Generation reprend exactement le même concept que la première série PSG Academy : de nouveaux jeunes joueurs rêvent d'intégrer le centre de formation du PSG, repartent de zéro, croisent quelques stars de l'équipe première en guests, et enchaînent rivalités, esprit d'équipe et dépassement de soi. Il n'y a absolument pas besoin d'avoir lu la série précédente puisque tout recommence quasiment à l'identique, avec simplement de nouveaux protagonistes. La série étant sortie plusieurs années plus tard, ce sont juste des joueurs du PSG un peu différents qui viennent faire leurs apparitions promotionnelles.
Le scénario est très balisé et sans la moindre surprise : rival arrogant, héros déterminé, coachs exigeants, valeurs collectives, progression étape par étape... tout est extrêmement prévisible. Mais honnêtement, ça se lit plutôt correctement. Les dialogues ont parfois ce ton très shonen nekketsu appliqué au football, avec de grandes déclarations sur l'effort, l'esprit d'équipe et le rêve de devenir pro, et même en me fichant complètement du foot comme du PSG, je dois reconnaître que je ne me suis pas particulièrement ennuyé.
Là où ça devient beaucoup plus difficile à défendre, c'est sur la partie graphique. Le dessin est franchement très faible, avec des visages approximatifs, des joueurs réels parfois à peine reconnaissables, et surtout une colorisation extrêmement criarde qui fait mal aux yeux. Honnêtement, j'ai du mal à imaginer beaucoup d'éditeurs publier un album visuellement aussi peu abouti sans le soutien financier et marketing de la marque PSG derrière.
Et le vrai coup de grâce, c'est que la série est abandonnée au bout de seulement deux tomes alors que le parcours des héros commençait à peine. Du coup, même en acceptant le côté pur produit dérivé et le scénario ultra formaté, difficile d'excuser une série aussi mineure quand elle cumule déjà un graphisme rebutant et un abandon aussi rapide.
De l'humour intello, politique et absurde, réalisé avec brio. Cette bd, dont les deux tomes m'ont été offerts coup sur coup pour un anniversaire, a fait mouche !
Les gags imaginés par tienstiens sont inventifs, incisifs et, je trouve, jamais lourdingues. C'est (presque) toujours politique, mais avec une vraie réflexion derrière, et un vrai propos. C'est pour le coup assez rare, je trouve, qu'une bd d'humour absurde et politique arrive à être drôle en étant aussi directement politisé, et en utilisant des termes et théories politiques aussi précises et poussées. Pour le coup, il y a certaines planches ou il faut s'accrocher, et qui pourraient être tout droit tirées de thèses de sociologie politiques.
Mais là où ça pourrait être rébarbatif et/ou chiant, l'auteur réussit l'exploit de rendre chacune de ses planches divertissante, et fraiche à chaque fois. J'ai par exemple beaucoup aimé les planches des Experts, qui constituent un running gag assez réussi. C'est d'ailleurs le ressort comique principal, les séries/figures connues qui sont détournées dans un contexte politique. Comme les autres, j'ai beaucoup aimé le surfeur d'argent et, en tant qu'amateur de catch, j'ai bien apprécié le passage de l'Undertaker dans le deuxième tome.
Au passage, j'ai trouvé ce deuxième tome un peu moins réussi que le premier, peut-être un peu moins frais. Koko et Paul sont pas mal présents, ce qui alourdit le récit, et les gags sont un peu plus longs et, parfois, un peu moins percutants. Reste que plusieurs gags m'ont franchement fait rire dans ce deuxième opus aussi.
Car oui, en plus de trouver le propos intéressant, les situations cocasses et les références savoureuses, j'ai parfois franchement rigolé. C'est typiquement le genre d'humour qui fonctionne à merveille chez moi.
J'ajouterai que j'aime beaucoup le dessin, plus fouillé qu'il n'y parait. Il se prête en tout cas très bien au propos et à l'avantage que l'on reconnait assez facilement les personnalités qui sont caricaturées.
Je terminerai par un point important : je crois qu'après toutes ces années de quête, je l'ai enfin trouvée : Koko est la bd parfaite pour les toilettes : drôle, gags en une case ou plusieurs planches au choix (ce qui fait que ça s'adapte très bien à des durées plus ou moins longues), facile à s'arrêter et à reprendre. Et on peut même, ensuite, initier les autres à signer "grève générale expropriatrice".. Que demander de plus ?
Luc Jacamon, dessinateur du classique Le Tueur adapte ici un roman consacré à Vadim Baranov, surnommé le mage du Kremlin. Cet homme de l'ombre a façonné Poutine, facilitant d'abord son accession au pouvoir puis en restant un proche conseiller par la suite.
Coté dessin Jacamon reste fidèle au style qu'on lui connait. Son trait réaliste est vraiment adapté pour donner vie à ce roman. Ca fonctionne à merveille pour accompagner ces sombres histoires politiques faites de manipulations et de trahisons. C'est pas un polar de fiction, mais c'est tout comme, l'ambiance est là.
Coté scénario je reste sur ma faim. Les chapitres se succèdent chronologiquement. On y retrouve de manière datée quelques grands jalons des 30 dernières années (l'élection de Poutine, le sous marin qui a coulé au début des années 2000, les évènements de Crimée, et pleins d'autres...). Au milieu, le fil conducteur ce sont des dialogues qui racontent la face cachée de la vie politique russe. Comment certains hommes de pouvoir ont décidé un beau jour qu'il était temps d'offrir au peuple russe un nouvel élan au sortir des années Boris Eltsine. Comment ils ont choisi Poutine pour être cette personne. Très vite on va comprendre qu'il est ambitieux, puissant, déterminé et surtout qu'il n'a besoin de personne pour lui dire quoi faire.
Il sera question du pouvoir sous toutes ses formes : politique, militaire, médiatique. Poutine fait la pluie et le beau temps. Il place un pion ici... pour se débarrasser de lui des années plus tard. Exil, prison, rien ne l'arrête pour faire taire ceux qui ne lui servent plus à rien. Ça à l'air très bien me direz vous ?
Ça pourrait, sauf qu'on ne rentre pas dans le détail. Ça manque de profondeur et d'explications. Pourquoi cet homme ? Pourquoi plus lui soudainement ? Pourquoi Poutine prend telle décision ? Telle autre ? Quelles sont les motivations qui le poussent à faire ce qu'il fait ? Pourquoi envahir ici ou là ? Et le rôle de Baranov dans tout ça ? Que des questions sans réponse.
Cet album aurait pu apporter un éclairage intéressant sur le le contexte géopolitique actuel, pour permettre de comprendre comment on en est arrivé là. Il n'en n'est rien. Le comble c'est qu'une fois l'album terminé, je n'ai pas du tout l'impression de savoir qui est Vadim Baranov, je ne suis pas plus avancé sur son rôle de l'ombre, passée la première élection de Poutine.
Quand j’ai refermé La Ballade des frères Blood, j’ai eu cette sensation étrange d’avoir lu un western brutal, mais surtout profondément humain. Je m’attendais à une histoire de vengeance ou de survie dans un Far West violent, et au final j’ai surtout découvert un récit bouleversant sur l’enfance confrontée à la cruauté du monde.
Ce qui m’a frappé, c’est la manière dont le récit prend trois enfants et les jette dans un univers d’une violence terrible, sans jamais chercher à en faire des héros. Ils avancent parce qu’ils n’ont pas le choix, parce que le monde autour d’eux s’est effondré, et tout au long de leur voyage, on sent que quelque chose se brise en eux. Ce n’est pas seulement une aventure dangereuse, c’est une lente destruction de leur innocence. C’est ça qui m’a touché : derrière le western, j’ai vu avant tout le drame de trois gamins obligés de grandir trop vite.
J’ai trouvé que le récit dégageait une dureté incroyable, mais une dureté qui n’est jamais gratuite. La violence est omniprésente, mais elle n’est pas là pour impressionner. Elle sert à montrer un monde sans protection, un monde où l’enfance n’a pas sa place. Et c’est justement ce contraste entre la fragilité des frères et la brutalité du monde qui rend l’histoire aussi forte. Plus on avance, plus on comprend qu’ils ne sortiront pas indemnes de ce voyage, et cette impression donne au récit une vraie puissance émotionnelle.
Ce que j’ai aussi beaucoup aimé, c’est la relation entre les trois frères. Dans cet univers sale et cruel, leur lien devient la seule lumière possible. C’est ce qui rend l’histoire si poignante : malgré toute l’horreur qui les entoure, il reste cet attachement entre eux, cette volonté d’avancer ensemble. C’est sans doute ce qui donne autant d’âme au récit. Sans cette relation fraternelle, l’histoire serait seulement violente ; grâce à elle, elle devient profondément émouvante.
Visuellement, j’ai trouvé l’album magnifique dans sa noirceur. Le dessin porte parfaitement cette ambiance sèche, rude, presque désespérée. Il n’essaie jamais d’embellir la violence ou de romantiser l’Ouest. Tout semble poussiéreux, hostile, étouffant, et cela renforce encore l’impression que ces enfants avancent dans un monde trop grand et trop dur pour eux. J’ai trouvé que cette atmosphère pesante participait énormément à l’impact émotionnel du récit.
Ce que je retiens surtout, c’est que La Ballade des frères Blood ne raconte pas seulement une traversée de l’Ouest, mais une traversée de la perte : perte des repères, perte de l’innocence, perte de l’enfance. Et c’est ce qui en fait, à mes yeux, une lecture marquante. J’ai été touché par cette manière simple et brutale de montrer que, dans certains mondes, grandir revient surtout à apprendre la douleur.
J’ai vraiment trouvé ce comics puissant, dur, profondément triste, mais aussi très beau dans ce qu’il raconte sur les liens familiaux. Ce n’est pas une lecture facile, mais c’est une lecture qui laisse une trace. Et pour moi, c’est souvent le signe des récits qui comptent vraiment.
Mouais. Je ne suis pas vraiment convaincu par cet album, et je ne ferai pas d’effort pour lire la suite.
J’ai lu il y a très longtemps un bouquin de Moorcock, je ne me rappelle même plus lequel, c’est dire si ça ne m’a pas marqué plus que ça. Je ne suis donc pas spécialiste du bonhomme, et ne peut juger de la qualité de l’adaptation. Toujours est-il que c’est un univers ici qui m’a laissé de côté.
Pour plusieurs raisons.
D’abord le dessin n’est pas mon truc, pas toujours assez léché ou clair pour moi.
Ensuite l’intrigue elle-même, que j’ai trouvé à la fois trop « simple » et trop obscure. Trop simple car un très linéaire, succession de bastons, sans qu’il y ait des péripéties ou des personnages pour dynamiser ou densifier l’histoire.
Mais cela se révèle aussi indigeste, du fait des très très nombreux personnages, aux noms un peu difficiles à retenir !
Bref, une somme indigeste et peu captivante. Sans doute pas ma came.
Il y a des choses intéressantes dans cet album. Mais il m’a quand même laissé sur ma faim.
Un très beau travail éditorial de Sarbacane déjà (comme souvent avec eux).
Un dessin original, stylisé (avec plusieurs bichromies ou monochromies), pour se rapprocher d’une esthétique « persane ».
Et un sujet intéressant : non seulement l’arrivée d’immigrés en Europe. Mais surtout dans la première partie tout ce qui concerne la vie d’une famille de Hazaras, qui nous montre les conflits ethniques et religieux dont ils sont victimes : la vie du personnage principal en Iran est édifiante.
Pas mal de choses intéressantes donc. Mais ça n’a pas suffi.
En effet, il y a trop de longueurs, et le rythme est trop mollasson (et parfois saccadé, avec des allers retours qui hachent un peu le récit). Et du coup cette narration un peu « molle » s’accommode mal du dessin, dont les qualités masquent aussi mal une certaine légèreté : cela manque de détails, parfois de précision (j’ai eu du mal parfois à distinguer/reconnaitre certains personnages).
Note réelle 2,5/5.
Je me retrouve totalement dans l'avis de Pierig.
L'originalité du sujet traité, à savoir la persécution des Japonais ayant colonisé la Mandchourie après la seconde guerre mondiale, est gâchée par la narration et le dessin.
En effet, malgré l'importante pagination laissant au départ imaginer une œuvre dense, complexe et profonde, il n'en est finalement rien. Ce pavé se lit assez vite et aborde à mon sens ce sujet de manière trop abrupte, sans nuance. Les personnages ne sont pas assez travaillés et pour certains un brin caricaturaux.
Le dessin, qui se rapproche fortement du style manga (expressions du visage parfois exagérées, traits enfantins, etc.) est également en décalage avec le tragique de la situation. Par exemple, le personnage du médecin assistant l'accouchement de Sayo, ressemble plus à un chevalier du zodiaque qu'à un médecin ! Blague à part, j'ai globalement trouvé le graphisme trop dépouillé et parfois peu précis, notamment dans les plans larges décrivant des scènes assez vastes (marché, bateau, etc...).
C'est vraiment dommage car le sujet qui met en lumière plus globalement le sort des colons après l'émancipation d'un pays mérite mieux que cette histoire aseptisée.
A emprunter éventuellement en bibliothèque (ce que j'ai fait).
SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 4/10
GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 3/10
NOTE GLOBALE : 7/20
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Une partie de la fratrie Jouvray remet le couvert après un autre « western » décalé et semi comique, Lincoln, mais ici on est davantage dans du tout public. Le dessin est plus rondouillard en « jeunesse », et les personnages principaux sont des enfants (deux filles et un garçon – le fils/adjoint du shérif). Toutefois le deuxième album ajoute un peu de densité et de maturité à l’univers. En effet, on y trouve une critique frontale de la circulation des armes à feu aux États-Unis (et du système capitaliste, avec ce Johnson, marchand d’armes aux méthodes marketing agressives), et aussi une critique du système judiciaire et du cumul des peines, mais aussi une mise en avant du rôle des femmes (plutôt rare dans l’univers western ultra machiste !), trois sujets plutôt pour adultes. De fait, le mélange des genres passe plutôt bien. Les deux albums peuvent se lire séparément, même si c’est mieux de les lire à la suite mieux apprécier et comprendre certains personnages, comme le jeune hors-la-loi Albert. Mais aussi Bianca (sans doute le personnage le plus intéressant), une gamine qui détonne, pleine d’à propos, peu scrupuleuse. Avec son cochonnet domestique, elle apporte quelques touches d’humour bienvenue (plus généralement de petites touches d’humour – dialogues, situations – parsèment les histoires, et le rendent vivantes). Chaque album culmine dans une scène volontairement étirée et remplie d’action. Dans le premier album, un spectacle de locomotives se fonçant dessus qui tourne mal, comme le hold-up concomitant, et dans le suivant une pendaison, autre spectacle qui lui aussi tourne à l’accumulation presque délirante et loufoque de conséquences imprévues. Comme on est sur du tout public, tout est bien qui finit bien, morale et personnages sont saufs. Mais cette lecture est vraiment plaisante, et passe très bien la barrière de l’âge.
L'Or sous la neige
Une histoire sympa. Qui manque peut-être un chouia de densité, mais qui se laisse lire très agréablement. Elle se déroule lors de la ruée vers l’or du Klondike, en Alaska. On y croise Jack London (qui y trouvera l’inspiration pour quelques belles histoires et dont les amateurs apprécieront l'univers proche de certains de ses romans), et vers le début la scène où des centaines de chercheurs d’or gravissent une montagne pour faire passer leur matériel fait immanquablement penser à la même scène immortalisée par Chaplin dans son excellent film « La ruée vers l’or ». Plusieurs points forts pour ce récit. D’abord le dessin chouette, en particulier pour les paysages – ce qui est un plus, étant donné le cadre fantastique de la nature du coin (même si certains visages sont quand même un chouia moins réussis). Ensuite le scénario, qui évite – la fin mise à part – de tomber dans trop d’angélisme, en nous proposant des personnages pas trop monolithiques ni manichéens (bon, Matt, le héros, se tire quand même très bien de tous les dangers et a une belle gueule, mais bon). En particulier le personnage de Marie, qui s’écarte de plus en plus de Matt et de ce que l’on attendait de ce personnage (et c’est tant mieux, on évite une romance trop facile). Les trois albums sont vite lus. Peu de texte, une intrigue pas non plus hyper fouillée. Mais c’est une lecture plaisante.
21 jours avant la fin du monde
Lisa passe son été entre le café de sa mère, son dojo de karaté et les souvenirs liés à un ami d'enfance parti brutalement plusieurs années plus tôt après un drame familial resté mystérieux pour elle. Son retour inattendu va faire ressurgir des non-dits longtemps enfouis. J'ai trouvé dans cette BD une ambiance estivale assez réussie, entre village italien au bord d'un lac, chaleur un peu languissante, souvenirs d'enfance et légère étrangeté en arrière-plan avec ce fameux compte à rebours vers la fin du monde annoncée chaque année par le même marginal. Le récit prend volontairement son temps, alterne présent et flashbacks, et installe progressivement son intrigue autour d'Alessandro, de son passé familial et de ce retour chargé de silences. Les chapitres construits autour des principes du karaté apportent une structure originale, même si j'avoue que cet aspect ne m'a pas toujours semblé indispensable ni clairement relié au déroulement de l'histoire. Le scénario fonctionne mieux dans sa dernière partie, quand les révélations se précisent et que les enjeux émotionnels deviennent plus clairs, mais j'ai trouvé l'ensemble assez long à démarrer. Sur environ 200 pages, il y a beaucoup de scènes contemplatives, de silences et de moments du quotidien qui installent une atmosphère douce, mais donnent aussi par instants une impression de lenteur. Certains personnages secondaires apportent du charme, mais j'ai aussi eu le sentiment que plusieurs pistes restaient un peu survolées. Graphiquement, c'est agréable sans être particulièrement marquant. Le trait est simple, parfois un peu raide, mais il retranscrit bien cette ambiance d'été suspendu, aidé par des couleurs sobres et élégantes. C'est un récit sensible sur le deuil, les secrets familiaux, l'amitié et le passage à l'adolescence. Une lecture douce et relativement touchante, mais dont le rythme parfois trop lent peut aussi laisser un sentiment d'attente avant que le récit ne révèle pleinement où il veut en venir.
PSG Academy - New Generation
C'est la deuxième série liée au PSG que je lis, et c'est d'ailleurs à la fin de cet album que j'ai découvert avec un certain effarement la quantité assez hallucinante de BD et mangas estampillés PSG publiés dans cette pseudo-collection. Entre PSG Academy, PSG Dream Team, PSG All Stars, PSG Heroes, PSG Saga et autres PSG Girls Power, on sent très clairement la logique de produit dérivé pensé avant tout pour être vendu à de jeunes supporters du club. PSG Academy - New Generation reprend exactement le même concept que la première série PSG Academy : de nouveaux jeunes joueurs rêvent d'intégrer le centre de formation du PSG, repartent de zéro, croisent quelques stars de l'équipe première en guests, et enchaînent rivalités, esprit d'équipe et dépassement de soi. Il n'y a absolument pas besoin d'avoir lu la série précédente puisque tout recommence quasiment à l'identique, avec simplement de nouveaux protagonistes. La série étant sortie plusieurs années plus tard, ce sont juste des joueurs du PSG un peu différents qui viennent faire leurs apparitions promotionnelles. Le scénario est très balisé et sans la moindre surprise : rival arrogant, héros déterminé, coachs exigeants, valeurs collectives, progression étape par étape... tout est extrêmement prévisible. Mais honnêtement, ça se lit plutôt correctement. Les dialogues ont parfois ce ton très shonen nekketsu appliqué au football, avec de grandes déclarations sur l'effort, l'esprit d'équipe et le rêve de devenir pro, et même en me fichant complètement du foot comme du PSG, je dois reconnaître que je ne me suis pas particulièrement ennuyé. Là où ça devient beaucoup plus difficile à défendre, c'est sur la partie graphique. Le dessin est franchement très faible, avec des visages approximatifs, des joueurs réels parfois à peine reconnaissables, et surtout une colorisation extrêmement criarde qui fait mal aux yeux. Honnêtement, j'ai du mal à imaginer beaucoup d'éditeurs publier un album visuellement aussi peu abouti sans le soutien financier et marketing de la marque PSG derrière. Et le vrai coup de grâce, c'est que la série est abandonnée au bout de seulement deux tomes alors que le parcours des héros commençait à peine. Du coup, même en acceptant le côté pur produit dérivé et le scénario ultra formaté, difficile d'excuser une série aussi mineure quand elle cumule déjà un graphisme rebutant et un abandon aussi rapide.
Koko n'aime pas le capitalisme
De l'humour intello, politique et absurde, réalisé avec brio. Cette bd, dont les deux tomes m'ont été offerts coup sur coup pour un anniversaire, a fait mouche ! Les gags imaginés par tienstiens sont inventifs, incisifs et, je trouve, jamais lourdingues. C'est (presque) toujours politique, mais avec une vraie réflexion derrière, et un vrai propos. C'est pour le coup assez rare, je trouve, qu'une bd d'humour absurde et politique arrive à être drôle en étant aussi directement politisé, et en utilisant des termes et théories politiques aussi précises et poussées. Pour le coup, il y a certaines planches ou il faut s'accrocher, et qui pourraient être tout droit tirées de thèses de sociologie politiques. Mais là où ça pourrait être rébarbatif et/ou chiant, l'auteur réussit l'exploit de rendre chacune de ses planches divertissante, et fraiche à chaque fois. J'ai par exemple beaucoup aimé les planches des Experts, qui constituent un running gag assez réussi. C'est d'ailleurs le ressort comique principal, les séries/figures connues qui sont détournées dans un contexte politique. Comme les autres, j'ai beaucoup aimé le surfeur d'argent et, en tant qu'amateur de catch, j'ai bien apprécié le passage de l'Undertaker dans le deuxième tome. Au passage, j'ai trouvé ce deuxième tome un peu moins réussi que le premier, peut-être un peu moins frais. Koko et Paul sont pas mal présents, ce qui alourdit le récit, et les gags sont un peu plus longs et, parfois, un peu moins percutants. Reste que plusieurs gags m'ont franchement fait rire dans ce deuxième opus aussi. Car oui, en plus de trouver le propos intéressant, les situations cocasses et les références savoureuses, j'ai parfois franchement rigolé. C'est typiquement le genre d'humour qui fonctionne à merveille chez moi. J'ajouterai que j'aime beaucoup le dessin, plus fouillé qu'il n'y parait. Il se prête en tout cas très bien au propos et à l'avantage que l'on reconnait assez facilement les personnalités qui sont caricaturées. Je terminerai par un point important : je crois qu'après toutes ces années de quête, je l'ai enfin trouvée : Koko est la bd parfaite pour les toilettes : drôle, gags en une case ou plusieurs planches au choix (ce qui fait que ça s'adapte très bien à des durées plus ou moins longues), facile à s'arrêter et à reprendre. Et on peut même, ensuite, initier les autres à signer "grève générale expropriatrice".. Que demander de plus ?
Le Mage du Kremlin
Luc Jacamon, dessinateur du classique Le Tueur adapte ici un roman consacré à Vadim Baranov, surnommé le mage du Kremlin. Cet homme de l'ombre a façonné Poutine, facilitant d'abord son accession au pouvoir puis en restant un proche conseiller par la suite. Coté dessin Jacamon reste fidèle au style qu'on lui connait. Son trait réaliste est vraiment adapté pour donner vie à ce roman. Ca fonctionne à merveille pour accompagner ces sombres histoires politiques faites de manipulations et de trahisons. C'est pas un polar de fiction, mais c'est tout comme, l'ambiance est là. Coté scénario je reste sur ma faim. Les chapitres se succèdent chronologiquement. On y retrouve de manière datée quelques grands jalons des 30 dernières années (l'élection de Poutine, le sous marin qui a coulé au début des années 2000, les évènements de Crimée, et pleins d'autres...). Au milieu, le fil conducteur ce sont des dialogues qui racontent la face cachée de la vie politique russe. Comment certains hommes de pouvoir ont décidé un beau jour qu'il était temps d'offrir au peuple russe un nouvel élan au sortir des années Boris Eltsine. Comment ils ont choisi Poutine pour être cette personne. Très vite on va comprendre qu'il est ambitieux, puissant, déterminé et surtout qu'il n'a besoin de personne pour lui dire quoi faire. Il sera question du pouvoir sous toutes ses formes : politique, militaire, médiatique. Poutine fait la pluie et le beau temps. Il place un pion ici... pour se débarrasser de lui des années plus tard. Exil, prison, rien ne l'arrête pour faire taire ceux qui ne lui servent plus à rien. Ça à l'air très bien me direz vous ? Ça pourrait, sauf qu'on ne rentre pas dans le détail. Ça manque de profondeur et d'explications. Pourquoi cet homme ? Pourquoi plus lui soudainement ? Pourquoi Poutine prend telle décision ? Telle autre ? Quelles sont les motivations qui le poussent à faire ce qu'il fait ? Pourquoi envahir ici ou là ? Et le rôle de Baranov dans tout ça ? Que des questions sans réponse. Cet album aurait pu apporter un éclairage intéressant sur le le contexte géopolitique actuel, pour permettre de comprendre comment on en est arrivé là. Il n'en n'est rien. Le comble c'est qu'une fois l'album terminé, je n'ai pas du tout l'impression de savoir qui est Vadim Baranov, je ne suis pas plus avancé sur son rôle de l'ombre, passée la première élection de Poutine.
La Ballade des frères Blood
Quand j’ai refermé La Ballade des frères Blood, j’ai eu cette sensation étrange d’avoir lu un western brutal, mais surtout profondément humain. Je m’attendais à une histoire de vengeance ou de survie dans un Far West violent, et au final j’ai surtout découvert un récit bouleversant sur l’enfance confrontée à la cruauté du monde. Ce qui m’a frappé, c’est la manière dont le récit prend trois enfants et les jette dans un univers d’une violence terrible, sans jamais chercher à en faire des héros. Ils avancent parce qu’ils n’ont pas le choix, parce que le monde autour d’eux s’est effondré, et tout au long de leur voyage, on sent que quelque chose se brise en eux. Ce n’est pas seulement une aventure dangereuse, c’est une lente destruction de leur innocence. C’est ça qui m’a touché : derrière le western, j’ai vu avant tout le drame de trois gamins obligés de grandir trop vite. J’ai trouvé que le récit dégageait une dureté incroyable, mais une dureté qui n’est jamais gratuite. La violence est omniprésente, mais elle n’est pas là pour impressionner. Elle sert à montrer un monde sans protection, un monde où l’enfance n’a pas sa place. Et c’est justement ce contraste entre la fragilité des frères et la brutalité du monde qui rend l’histoire aussi forte. Plus on avance, plus on comprend qu’ils ne sortiront pas indemnes de ce voyage, et cette impression donne au récit une vraie puissance émotionnelle. Ce que j’ai aussi beaucoup aimé, c’est la relation entre les trois frères. Dans cet univers sale et cruel, leur lien devient la seule lumière possible. C’est ce qui rend l’histoire si poignante : malgré toute l’horreur qui les entoure, il reste cet attachement entre eux, cette volonté d’avancer ensemble. C’est sans doute ce qui donne autant d’âme au récit. Sans cette relation fraternelle, l’histoire serait seulement violente ; grâce à elle, elle devient profondément émouvante. Visuellement, j’ai trouvé l’album magnifique dans sa noirceur. Le dessin porte parfaitement cette ambiance sèche, rude, presque désespérée. Il n’essaie jamais d’embellir la violence ou de romantiser l’Ouest. Tout semble poussiéreux, hostile, étouffant, et cela renforce encore l’impression que ces enfants avancent dans un monde trop grand et trop dur pour eux. J’ai trouvé que cette atmosphère pesante participait énormément à l’impact émotionnel du récit. Ce que je retiens surtout, c’est que La Ballade des frères Blood ne raconte pas seulement une traversée de l’Ouest, mais une traversée de la perte : perte des repères, perte de l’innocence, perte de l’enfance. Et c’est ce qui en fait, à mes yeux, une lecture marquante. J’ai été touché par cette manière simple et brutale de montrer que, dans certains mondes, grandir revient surtout à apprendre la douleur. J’ai vraiment trouvé ce comics puissant, dur, profondément triste, mais aussi très beau dans ce qu’il raconte sur les liens familiaux. Ce n’est pas une lecture facile, mais c’est une lecture qui laisse une trace. Et pour moi, c’est souvent le signe des récits qui comptent vraiment.
Corum
Mouais. Je ne suis pas vraiment convaincu par cet album, et je ne ferai pas d’effort pour lire la suite. J’ai lu il y a très longtemps un bouquin de Moorcock, je ne me rappelle même plus lequel, c’est dire si ça ne m’a pas marqué plus que ça. Je ne suis donc pas spécialiste du bonhomme, et ne peut juger de la qualité de l’adaptation. Toujours est-il que c’est un univers ici qui m’a laissé de côté. Pour plusieurs raisons. D’abord le dessin n’est pas mon truc, pas toujours assez léché ou clair pour moi. Ensuite l’intrigue elle-même, que j’ai trouvé à la fois trop « simple » et trop obscure. Trop simple car un très linéaire, succession de bastons, sans qu’il y ait des péripéties ou des personnages pour dynamiser ou densifier l’histoire. Mais cela se révèle aussi indigeste, du fait des très très nombreux personnages, aux noms un peu difficiles à retenir ! Bref, une somme indigeste et peu captivante. Sans doute pas ma came.
Hazara Blues
Il y a des choses intéressantes dans cet album. Mais il m’a quand même laissé sur ma faim. Un très beau travail éditorial de Sarbacane déjà (comme souvent avec eux). Un dessin original, stylisé (avec plusieurs bichromies ou monochromies), pour se rapprocher d’une esthétique « persane ». Et un sujet intéressant : non seulement l’arrivée d’immigrés en Europe. Mais surtout dans la première partie tout ce qui concerne la vie d’une famille de Hazaras, qui nous montre les conflits ethniques et religieux dont ils sont victimes : la vie du personnage principal en Iran est édifiante. Pas mal de choses intéressantes donc. Mais ça n’a pas suffi. En effet, il y a trop de longueurs, et le rythme est trop mollasson (et parfois saccadé, avec des allers retours qui hachent un peu le récit). Et du coup cette narration un peu « molle » s’accommode mal du dessin, dont les qualités masquent aussi mal une certaine légèreté : cela manque de détails, parfois de précision (j’ai eu du mal parfois à distinguer/reconnaitre certains personnages). Note réelle 2,5/5.
L'Histoire de Sayo
Je me retrouve totalement dans l'avis de Pierig. L'originalité du sujet traité, à savoir la persécution des Japonais ayant colonisé la Mandchourie après la seconde guerre mondiale, est gâchée par la narration et le dessin. En effet, malgré l'importante pagination laissant au départ imaginer une œuvre dense, complexe et profonde, il n'en est finalement rien. Ce pavé se lit assez vite et aborde à mon sens ce sujet de manière trop abrupte, sans nuance. Les personnages ne sont pas assez travaillés et pour certains un brin caricaturaux. Le dessin, qui se rapproche fortement du style manga (expressions du visage parfois exagérées, traits enfantins, etc.) est également en décalage avec le tragique de la situation. Par exemple, le personnage du médecin assistant l'accouchement de Sayo, ressemble plus à un chevalier du zodiaque qu'à un médecin ! Blague à part, j'ai globalement trouvé le graphisme trop dépouillé et parfois peu précis, notamment dans les plans larges décrivant des scènes assez vastes (marché, bateau, etc...). C'est vraiment dommage car le sujet qui met en lumière plus globalement le sort des colons après l'émancipation d'un pays mérite mieux que cette histoire aseptisée. A emprunter éventuellement en bibliothèque (ce que j'ai fait). SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 4/10 GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 3/10 NOTE GLOBALE : 7/20