Un Davodeau de jeunesse, et ça se sent. L'histoire est bancale entre divers protagonistes dont les trajectoires se croisent autour d'une route et d'une virée en voiture. C'est assez mal équilibré, autant sur les personnages que les sujets.
Ce road-movie est autour de trois personnages, mais dont l'écriture n'est pas très réussi. Vincent est le jeune homme qui tente un coup mais se plante, Abel est le vieux qui tente de renouer avec son passé et Rose la jeune femme solide qui vit sa vie tranquillement sur les routes. C'est des personnages assez typés, voir archétypaux. Lorsque Abel commence à raconter son passé, on comprend que Davodeau veut raconter quelque chose sur la gauche revendicatrice, sauf que ça ne débouche jamais. Il y aurait eu l'occasion de parler de transmission avec son fils, notamment, dont l'histoire aurait pu servir de liaison entre son passé et le présent et donner une occasion de conclure, mais Davodeau passe à côté. De même, Vincent est très peu consistant, entre son coup fourré et les emmerdes qu'il développe ensuite, on a du mal à s'attacher au personnage. Il oscille entre l'innocence absurde et l'intelligence rare, même si personnellement je n'ai pas cru à son passé d'ingénieur, le personnage ne faisant pas du tout ancien ingénieur.
Davodeau commence à affiner son trait, mais les personnages sont encore un peu grossier dans le rendu. Les décors sont un peu absent, mais ce n'est pas mauvais sur la lisibilité. En tout cas ça ne gêne pas la lecture. C'est plus l'histoire qui va un peu dans tout les sens sans jamais prendre une direction claire et nette, le tout avec des personnages pas très attachant. Bref, une lecture dispensable !
Avec un dessin et une intrigue tout en épure, presque stylisés et minimalistes, j’ai trouvé que cet album ressemblait un peu à ce que peuvent nous proposer Nury et Brüno (sur Tyler Cross par exemple).
C’est plutôt agréable à regarder et à lire, globalement bien fichu. Le seul hic, c’est que c’est très très vite lu. Les 80 pages sont lues en peu de temps, tant l’intrigue en elle-même est squelettique, avec des personnages taiseux. C’est presque un exercice de style. Mais qui vaut quasi exclusivement par son ambiance – belle et noire au demeurant.
A emprunter, la lecture – rapide – est plaisante. Mais elle n’est pas inoubliable – même pour le rebondissement final, qui se laisse deviner longtemps à l’avance.
Mouais. Je ne sais trop quoi penser de ce petit album…
Le dessin, qui use d’un Noir et Blanc tranché, stylisé et minimaliste est original. Mais le rendu est sec, parfois énigmatique. Et il concourt à ne pas trop dissiper le brouillard qui, me concernant, a passablement recouvert l’intrigue.
Un en lieu indéfini, aux sonorités hispaniques pour les noms, à une époque elle aussi mal définie, mais dans une ambiance western (Mexique à la fin du XIXème siècle ???), nous suivons quelques personnages, issus de de grandes familles dominant la région. En particulier deux jeunes femmes (il faut dire que les femmes dominent, dirigent une sorte de société matriarcale, les hommes étant quasi absents du récit) qui, malgré les différends opposant les familles dont elles sont les héritières, vont devenir amantes.
Voilà pour ce que j’ai réussi à clairement établir. Car pour le reste, c’est moins évident. En particulier, une sorte de fantastique latent, en tout cas une menace (des êtres nommés « Ceux-là ») décime les troupeaux, chaque famille luttant contre cette menace, et celle de classiques voleurs de bétails.
Mais, comme pour le dessin, l’essentiel est esquissé, évoqué, on n’entre jamais réellement, en tout cas clairement, dans le sujet, et j’ai traversé l’album sans vraiment m’attacher au récit ou à ses protagonistes, c’est dommage.
Note réelle 2,5/5.
Une lecture qui m’a franchement laissé de côté, sur ma faim !
Pourtant plusieurs choses m’avaient intrigué, intéressé, d’où ma frustration au final.
D’abord le côté espionnage au cœur du Berlin de guerre froide, avec une omniprésence de la Stasi pour surveiller tout le monde, et des dialogues qui, un temps, m’ont fait penser à une ambiance orwellienne, avec ce personnage, espion de l’ouest infiltré au cœur de la police politique de la RDA.
A cela s’ajoute assez rapidement du fantastique/SF étrange, qui m’a dérouté, puis intrigué là aussi, surtout qu’il se développe dans le huis-clos d’un bunker où la Stasi mène des interrogatoires.
Mais voilà, grosse déception au final. Toutes les questions que je me posais, à propos du personnage principal (qui livre certaines de ses interrogations, questions intellectuelles, scrupules en tous genres) ou de l’entité qui met les être face à la/leur vérité avant de les détruire, tout ça reste largement sans réponse.
A ça s’ajoute une narration un peu saccadée, pas toujours claire à suivre (sur certains flash-backs), et finalement l’intrigue se révèle squelettique – et donc décevante.
Gros bof donc me concernant.
Cette relecture parodique des Misérables m'a laissé franchement froid. L'ensemble m'a donné l'impression d'un sous-Reiser et d'un sous-Vuillemin, beaucoup moins inspiré et nettement moins bien dessiné. Le trait se veut crade et agressif, mais sans la virtuosité ni la férocité graphique de ses modèles. Seules les couleurs plutôt sympas rendent les planches assez appréciables, mais elles ne sont pas toutes en couleurs, ce qui accentue l'impression d'inégalité et de bricolage.
L'adaptation suit globalement l'oeuvre d'Hugo, mais en la recouvrant d'une couche de cynisme et de provocation qui finit par tout écraser. Les premières pages proposent quelques anachronismes encore relativement discrets, puis ceux-ci deviennent de plus en plus envahissants au fil de la lecture. Côté humour, j'ai trouvé l'ensemble très paresseux. Je dois préciser que je n'ai jamais été amateur d'humour trash. L'album repose presque exclusivement sur ce principe d'anachronisme, trop convenu dans ce type de parodie, et sur un trash appuyé (violence gratuite, vulgarité systématique), un procédé qui me lasse très vite, surtout quand on connaît ce que Reiser et Vuillemin ont fait de bien plus fort, plus juste et plus dérangeant avec les mêmes recettes. Ici, tout tourne rapidement à la mécanique lourde, sans véritable montée en puissance ni regard neuf.
Quelques gags fonctionnent vaguement, mais beaucoup trop m'ont simplement ennuyé. Et au vu de l'épaisseur de l'album, la lecture m'a paru fatigante, répétitive et creuse. Ni la parodie ni la satire ne décollent réellement, et l'ensemble m'a donné surtout le sentiment d'un exercice de style forcé, qui confond irrévérence et facilité.
Dans ce monde de fantasy existent trois nations : celle des Anges, celle des Démons leurs ennemis, et la nation des animistes qui est coincée entre les deux. Dans celle-ci, les jeunes humains découvrent leur animal totem lors d'un rite de passage marquant leur transformation dans la forme humanoïde de cet animal, chacun ayant un rôle spécifique dédié au service de leur pays. Sauf que lorsque Kaël passe enfin ce rituel, aucun animal-totem ne s'offre à lui et il se retrouve avec le statut de Sans-totem, voué aux plus basses tâches de la société et au mépris de ses anciens pairs. Mais en réalité quelque chose s'est bien offert à lui, une entité différente qui va tenter de le corrompre.
C'est un récit de fantasy tous publics mais plutôt adressé aux jeunes lecteurs ados et préados. Cela se retrouve dans la légèreté de son ton mais aussi dans son dessin.
Le style de Kan-J est moderne, fait de nombreuses influences, franco-belge pour les décors et la mise en scène, manga pour les visages, et Disney pour l'aisance à représenter des personnages animaliers. C'est du bon boulot, avec une narration graphique claire et bien rythmée. J'aime beaucoup la représentation graphique de l'entité qui accompagne le héros et des ailes qu'elle lui donne. Seul les décors un peu trop souvent vides réduisent mon enthousiasme.
L'histoire est sympathique. Si elle part d'un concept assez original, avec cette nation coincée entre deux dangereuses rivales et ses habitants se transformant définitivement en leur animal totem, elle emprunte ensuite quelques sentiers convenus dans les récits de fantasy jeunesse. Certaines scènes et comportements de personnages sont très cousues de fil blanc. Difficile de ne pas soupirer devant le harcèlement caricatural que subit le héros (qui trouve toutefois plus tard une explication), ou devant la réaction des autorités qui sont comme par hasard au bon endroit au bon moment, devant le manichéisme des démons méchants par nature, ou encore devant les facilités scénaristiques qu'implique la révélation de fin du premier tome quand on pense aux pouvoirs de ses instigateurs et comment avec de tels capacités ils auraient pu faire les choses de manière bien moins alambiquée. Là encore, cela trouve une explication par la suite, mais celle-ci n'est pas très convaincante. Ces points un peu immatures laissent penser que le public visé est jeune. Et enfin, les évènements s'enchainent un peu trop vite et facilement dans la dernière partie du second tome. Et comme celui-ci se termine sur un mot Fin qu'il n'y avait pas dans le premier tome, on dirait bien que c'est soit une fin de série, soit au minimum une fin de diptyque, et cette fin un peu trop abrupte est un peu frustrante, même si sa dernière page laisse une porte ouverte vers plus de développements.
Bref, j'ai été diverti par cette série qui présente quelques idées sympathiques et un rythme assez prenant, mais aussi pas mal de facilités ou de séquences clichés qui laisse sur un léger sentiment de manque de maturité et qui semble indiquer que la série s'adresse avant tout à un public jeune.
Je n'ai jamais regardé la série Batman des années 90, mais je connais bien son influence et son aura. Elle aura imposé un style pour Batman dans les années suivantes et contribué à diffuser l'aura du Chevalier noir, devenu l'un des super-héros les plus populaires de l'univers DC pour les années suivantes.
C'est dans cette série que naitra donc Harley Quin, acolyte du Joker excentrique mais également développée en profondeur. Par rapport à beaucoup de personnages crée auparavant, les créateurs (Paul Dini et Bruce Timm) ont pu développer son origine et son caractère de façon plus poussé. Harley Quinn devient la psychiatre du Joker, personnage étant tombé amoureuse de son patient et vivant une relation d'amour toxique avec ce dernier. C'est son origine développée dans cette BD, avec Harley se remémorant son parcours tandis qu'elle tente de capturer Batman pour faire plaisir à son amour. Si l'histoire est assez basique, hélas, j'aime bien le fait que les créateurs aient eut cette idée de noirceur dans le ton. Harley Quinn est un archétype de femme dans une relation toxique, mélange entre la femme battue et l'amoureuse perpétuellement rejetée. Une figure qui va être reprise de façon très intéressante pour dire des choses dans d'autres oeuvres, notamment l'excellent Harleen.
Maintenant, la Bd en elle-même est assez moyenne. L'origine est bien faite, mais dans une histoire assez banale et qui n'a pas grand intérêt en dehors de cette explication du passée de Harley Quinn. De même, le volume est une petite arnaque avec les planches crayonnées et les planches colorisées, qui sont intéressantes pour les collectionneurs mais gonflent aussi le pages artificiellement. Je suis content de ne pas l'avoir acheté pour le coup ! Deux autres histoires sont présentes, en peu de pages, mettant en scène d'autres personnages de Gotham mais c'est clairement plus dispensable et ça fait un peu ajout pour mettre du gras.
Niveau dessin, c'est celui du dessin animé pur jus, avec ce trait assez cartoon dans la forme mais restant en style polar pour enfant. C'est un style qu'on peut ne pas aimer, mais c'est propre dans le traitement et carrément réussi en terme de cohérence. Harley Quinn est un personnage iconique notamment par ce dessin qui joue sur l'aspect enfantin et la gravité de ce qui se passe, contraste qui forgera sa personnalité.
Une BD pour curieux du personnage et fan de Batman, mais pas indispensable en l'état.
Les jeunes hommes sevrés trop tôt y trouveront un certain agrément : de poitrine, il y en a. Pratiquement toujours la même quelle que soit l'identité de la donzelle mentionnée. C'est joli, soigné... Et terriblement stéréotypé !
Pour l'intrigue ? En fallait-il une ? Réponse : oui ! Parce que l'édition d'un porte folio avec un seul modèle de nana répété en boucle, cela aurait fait tache. Donc on a demandé à Mosdi et Thomas de noircir quelques pages. Soit on les a mal payé, soit ils avaient d'autre fers au feu. En tous cas, on ne sent pas vraiment l'investissement personnel.
Cela meublera une soirée, permettant de ne pas rallumer la TV éteinte depuis 24 ans. Mais un vieux San Antonio ferait aussi bien, l'imagination du lecteur en prime pour les images.
J’ai littéralement craqué dès que j’ai vu cette première de couverture, elle m’a captivé, intrigué et donné immédiatement envie de plonger dans cette BD. Et puis lorsque j’ai découvert la bande-annonce, j’ai été encore plus séduit : elle reflète parfaitement l’atmosphère poétique et étrange de l’univers et m’a mis l’eau à la bouche.
Dès les premières pages, j’ai été frappé par l’univers unique que Jade Khoo a créé. On suit Othello, un garçon de sept ans dont la vie bascule après un geste irréversible. Mais loin d’être seulement un drame familial, l’histoire mélange habilement émotion, poésie et une touche de science-fiction contemplative. Le monde dans lequel évolue Othello est à la fois familier et légèrement décalé : paysages, objets et oiseaux semblent sortir d’un rêve futuriste, renforçant l’impression d’un univers suspendu entre réalité et imaginaire.
J’ai adoré ce mélange subtil de SF et de sensibilité. Les planches, souvent réalisées à l’aquarelle, dégagent une fragilité et une beauté qui touchent profondément. Chaque détail, chaque scène, chaque symbole contribue à l’immersion dans ce récit initiatique : on suit Othello pas à pas, on ressent ses émotions, ses doutes et sa curiosité, et on se laisse guider dans sa quête de sens et de liberté.
Cette histoire est prévue en deux parties, et ce premier tome nous laisse dans l’attente du 2ème et dernier tome. L’attente devient presque excitante, car on veut absolument savoir comment se conclura ce voyage poignant et poétique.
Je ne peux que confirmer ce qu’indique le bandeau de l’album et le commentaire de Mathieu Bablet : « L’album le plus important de 2026, Jade Khoo est déjà un grand nom de la BD ». C’est exactement ce que j’ai ressenti en refermant ce premier tome. Et avec le prix de lancement à 27,90€, avant qu’il n’atteigne 32,90€ après le 29 avril 2026, c’est vraiment le moment idéal pour se le procurer.
2.5
Encore une fois, Nicolas Pitz adopte un roman jeunesse en BD.
Je n'ai pas lu l'œuvre originale donc je ne peux pas comparer, mais ce qui m'a frappé est à quel point tout va rapidement dans le scénario. La plupart des éléments du récit sont survolés. Le meilleur exemple est qu'à un moment Sam se bats avec un autre chien qu'on n'a jamais vu avant. On ne sait même pas trop pourquoi les deux chiens se battent, on pense que Sam a un coté sombre et puis c'est vite balayé par les personnages et on ne reparlera plus de l'incident ! Le seul moment qui a retenu mon attention est lorsque le vrai propriétaire du chien revient et se révèle plus complexe qu'il semblait de prime à bord.
Le scénario ne m'a pas trop excité, mais je ne fais parti du public-cible à savoir les jeunes qui adorent les chiens. Un truc bizarre est que le résumé mets en avant le grand frère de la famille qui est mise en avant alors qu'au final c'est sa petite sœur qu'on voit surtout.
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Le Constat
Un Davodeau de jeunesse, et ça se sent. L'histoire est bancale entre divers protagonistes dont les trajectoires se croisent autour d'une route et d'une virée en voiture. C'est assez mal équilibré, autant sur les personnages que les sujets. Ce road-movie est autour de trois personnages, mais dont l'écriture n'est pas très réussi. Vincent est le jeune homme qui tente un coup mais se plante, Abel est le vieux qui tente de renouer avec son passé et Rose la jeune femme solide qui vit sa vie tranquillement sur les routes. C'est des personnages assez typés, voir archétypaux. Lorsque Abel commence à raconter son passé, on comprend que Davodeau veut raconter quelque chose sur la gauche revendicatrice, sauf que ça ne débouche jamais. Il y aurait eu l'occasion de parler de transmission avec son fils, notamment, dont l'histoire aurait pu servir de liaison entre son passé et le présent et donner une occasion de conclure, mais Davodeau passe à côté. De même, Vincent est très peu consistant, entre son coup fourré et les emmerdes qu'il développe ensuite, on a du mal à s'attacher au personnage. Il oscille entre l'innocence absurde et l'intelligence rare, même si personnellement je n'ai pas cru à son passé d'ingénieur, le personnage ne faisant pas du tout ancien ingénieur. Davodeau commence à affiner son trait, mais les personnages sont encore un peu grossier dans le rendu. Les décors sont un peu absent, mais ce n'est pas mauvais sur la lisibilité. En tout cas ça ne gêne pas la lecture. C'est plus l'histoire qui va un peu dans tout les sens sans jamais prendre une direction claire et nette, le tout avec des personnages pas très attachant. Bref, une lecture dispensable !
Calle Málaga
Avec un dessin et une intrigue tout en épure, presque stylisés et minimalistes, j’ai trouvé que cet album ressemblait un peu à ce que peuvent nous proposer Nury et Brüno (sur Tyler Cross par exemple). C’est plutôt agréable à regarder et à lire, globalement bien fichu. Le seul hic, c’est que c’est très très vite lu. Les 80 pages sont lues en peu de temps, tant l’intrigue en elle-même est squelettique, avec des personnages taiseux. C’est presque un exercice de style. Mais qui vaut quasi exclusivement par son ambiance – belle et noire au demeurant. A emprunter, la lecture – rapide – est plaisante. Mais elle n’est pas inoubliable – même pour le rebondissement final, qui se laisse deviner longtemps à l’avance.
Les Maudites
Mouais. Je ne sais trop quoi penser de ce petit album… Le dessin, qui use d’un Noir et Blanc tranché, stylisé et minimaliste est original. Mais le rendu est sec, parfois énigmatique. Et il concourt à ne pas trop dissiper le brouillard qui, me concernant, a passablement recouvert l’intrigue. Un en lieu indéfini, aux sonorités hispaniques pour les noms, à une époque elle aussi mal définie, mais dans une ambiance western (Mexique à la fin du XIXème siècle ???), nous suivons quelques personnages, issus de de grandes familles dominant la région. En particulier deux jeunes femmes (il faut dire que les femmes dominent, dirigent une sorte de société matriarcale, les hommes étant quasi absents du récit) qui, malgré les différends opposant les familles dont elles sont les héritières, vont devenir amantes. Voilà pour ce que j’ai réussi à clairement établir. Car pour le reste, c’est moins évident. En particulier, une sorte de fantastique latent, en tout cas une menace (des êtres nommés « Ceux-là ») décime les troupeaux, chaque famille luttant contre cette menace, et celle de classiques voleurs de bétails. Mais, comme pour le dessin, l’essentiel est esquissé, évoqué, on n’entre jamais réellement, en tout cas clairement, dans le sujet, et j’ai traversé l’album sans vraiment m’attacher au récit ou à ses protagonistes, c’est dommage. Note réelle 2,5/5.
Apparition dans le ciel de Berlin-Est
Une lecture qui m’a franchement laissé de côté, sur ma faim ! Pourtant plusieurs choses m’avaient intrigué, intéressé, d’où ma frustration au final. D’abord le côté espionnage au cœur du Berlin de guerre froide, avec une omniprésence de la Stasi pour surveiller tout le monde, et des dialogues qui, un temps, m’ont fait penser à une ambiance orwellienne, avec ce personnage, espion de l’ouest infiltré au cœur de la police politique de la RDA. A cela s’ajoute assez rapidement du fantastique/SF étrange, qui m’a dérouté, puis intrigué là aussi, surtout qu’il se développe dans le huis-clos d’un bunker où la Stasi mène des interrogatoires. Mais voilà, grosse déception au final. Toutes les questions que je me posais, à propos du personnage principal (qui livre certaines de ses interrogations, questions intellectuelles, scrupules en tous genres) ou de l’entité qui met les être face à la/leur vérité avant de les détruire, tout ça reste largement sans réponse. A ça s’ajoute une narration un peu saccadée, pas toujours claire à suivre (sur certains flash-backs), et finalement l’intrigue se révèle squelettique – et donc décevante. Gros bof donc me concernant.
Les Misérables (Salch)
Cette relecture parodique des Misérables m'a laissé franchement froid. L'ensemble m'a donné l'impression d'un sous-Reiser et d'un sous-Vuillemin, beaucoup moins inspiré et nettement moins bien dessiné. Le trait se veut crade et agressif, mais sans la virtuosité ni la férocité graphique de ses modèles. Seules les couleurs plutôt sympas rendent les planches assez appréciables, mais elles ne sont pas toutes en couleurs, ce qui accentue l'impression d'inégalité et de bricolage. L'adaptation suit globalement l'oeuvre d'Hugo, mais en la recouvrant d'une couche de cynisme et de provocation qui finit par tout écraser. Les premières pages proposent quelques anachronismes encore relativement discrets, puis ceux-ci deviennent de plus en plus envahissants au fil de la lecture. Côté humour, j'ai trouvé l'ensemble très paresseux. Je dois préciser que je n'ai jamais été amateur d'humour trash. L'album repose presque exclusivement sur ce principe d'anachronisme, trop convenu dans ce type de parodie, et sur un trash appuyé (violence gratuite, vulgarité systématique), un procédé qui me lasse très vite, surtout quand on connaît ce que Reiser et Vuillemin ont fait de bien plus fort, plus juste et plus dérangeant avec les mêmes recettes. Ici, tout tourne rapidement à la mécanique lourde, sans véritable montée en puissance ni regard neuf. Quelques gags fonctionnent vaguement, mais beaucoup trop m'ont simplement ennuyé. Et au vu de l'épaisseur de l'album, la lecture m'a paru fatigante, répétitive et creuse. Ni la parodie ni la satire ne décollent réellement, et l'ensemble m'a donné surtout le sentiment d'un exercice de style forcé, qui confond irrévérence et facilité.
Kaël
Dans ce monde de fantasy existent trois nations : celle des Anges, celle des Démons leurs ennemis, et la nation des animistes qui est coincée entre les deux. Dans celle-ci, les jeunes humains découvrent leur animal totem lors d'un rite de passage marquant leur transformation dans la forme humanoïde de cet animal, chacun ayant un rôle spécifique dédié au service de leur pays. Sauf que lorsque Kaël passe enfin ce rituel, aucun animal-totem ne s'offre à lui et il se retrouve avec le statut de Sans-totem, voué aux plus basses tâches de la société et au mépris de ses anciens pairs. Mais en réalité quelque chose s'est bien offert à lui, une entité différente qui va tenter de le corrompre. C'est un récit de fantasy tous publics mais plutôt adressé aux jeunes lecteurs ados et préados. Cela se retrouve dans la légèreté de son ton mais aussi dans son dessin. Le style de Kan-J est moderne, fait de nombreuses influences, franco-belge pour les décors et la mise en scène, manga pour les visages, et Disney pour l'aisance à représenter des personnages animaliers. C'est du bon boulot, avec une narration graphique claire et bien rythmée. J'aime beaucoup la représentation graphique de l'entité qui accompagne le héros et des ailes qu'elle lui donne. Seul les décors un peu trop souvent vides réduisent mon enthousiasme. L'histoire est sympathique. Si elle part d'un concept assez original, avec cette nation coincée entre deux dangereuses rivales et ses habitants se transformant définitivement en leur animal totem, elle emprunte ensuite quelques sentiers convenus dans les récits de fantasy jeunesse. Certaines scènes et comportements de personnages sont très cousues de fil blanc. Difficile de ne pas soupirer devant le harcèlement caricatural que subit le héros (qui trouve toutefois plus tard une explication), ou devant la réaction des autorités qui sont comme par hasard au bon endroit au bon moment, devant le manichéisme des démons méchants par nature, ou encore devant les facilités scénaristiques qu'implique la révélation de fin du premier tome quand on pense aux pouvoirs de ses instigateurs et comment avec de tels capacités ils auraient pu faire les choses de manière bien moins alambiquée. Là encore, cela trouve une explication par la suite, mais celle-ci n'est pas très convaincante. Ces points un peu immatures laissent penser que le public visé est jeune. Et enfin, les évènements s'enchainent un peu trop vite et facilement dans la dernière partie du second tome. Et comme celui-ci se termine sur un mot Fin qu'il n'y avait pas dans le premier tome, on dirait bien que c'est soit une fin de série, soit au minimum une fin de diptyque, et cette fin un peu trop abrupte est un peu frustrante, même si sa dernière page laisse une porte ouverte vers plus de développements. Bref, j'ai été diverti par cette série qui présente quelques idées sympathiques et un rythme assez prenant, mais aussi pas mal de facilités ou de séquences clichés qui laisse sur un léger sentiment de manque de maturité et qui semble indiquer que la série s'adresse avant tout à un public jeune.
Batman - Mad Love
Je n'ai jamais regardé la série Batman des années 90, mais je connais bien son influence et son aura. Elle aura imposé un style pour Batman dans les années suivantes et contribué à diffuser l'aura du Chevalier noir, devenu l'un des super-héros les plus populaires de l'univers DC pour les années suivantes. C'est dans cette série que naitra donc Harley Quin, acolyte du Joker excentrique mais également développée en profondeur. Par rapport à beaucoup de personnages crée auparavant, les créateurs (Paul Dini et Bruce Timm) ont pu développer son origine et son caractère de façon plus poussé. Harley Quinn devient la psychiatre du Joker, personnage étant tombé amoureuse de son patient et vivant une relation d'amour toxique avec ce dernier. C'est son origine développée dans cette BD, avec Harley se remémorant son parcours tandis qu'elle tente de capturer Batman pour faire plaisir à son amour. Si l'histoire est assez basique, hélas, j'aime bien le fait que les créateurs aient eut cette idée de noirceur dans le ton. Harley Quinn est un archétype de femme dans une relation toxique, mélange entre la femme battue et l'amoureuse perpétuellement rejetée. Une figure qui va être reprise de façon très intéressante pour dire des choses dans d'autres oeuvres, notamment l'excellent Harleen. Maintenant, la Bd en elle-même est assez moyenne. L'origine est bien faite, mais dans une histoire assez banale et qui n'a pas grand intérêt en dehors de cette explication du passée de Harley Quinn. De même, le volume est une petite arnaque avec les planches crayonnées et les planches colorisées, qui sont intéressantes pour les collectionneurs mais gonflent aussi le pages artificiellement. Je suis content de ne pas l'avoir acheté pour le coup ! Deux autres histoires sont présentes, en peu de pages, mettant en scène d'autres personnages de Gotham mais c'est clairement plus dispensable et ça fait un peu ajout pour mettre du gras. Niveau dessin, c'est celui du dessin animé pur jus, avec ce trait assez cartoon dans la forme mais restant en style polar pour enfant. C'est un style qu'on peut ne pas aimer, mais c'est propre dans le traitement et carrément réussi en terme de cohérence. Harley Quinn est un personnage iconique notamment par ce dessin qui joue sur l'aspect enfantin et la gravité de ce qui se passe, contraste qui forgera sa personnalité. Une BD pour curieux du personnage et fan de Batman, mais pas indispensable en l'état.
Succubes
Les jeunes hommes sevrés trop tôt y trouveront un certain agrément : de poitrine, il y en a. Pratiquement toujours la même quelle que soit l'identité de la donzelle mentionnée. C'est joli, soigné... Et terriblement stéréotypé ! Pour l'intrigue ? En fallait-il une ? Réponse : oui ! Parce que l'édition d'un porte folio avec un seul modèle de nana répété en boucle, cela aurait fait tache. Donc on a demandé à Mosdi et Thomas de noircir quelques pages. Soit on les a mal payé, soit ils avaient d'autre fers au feu. En tous cas, on ne sent pas vraiment l'investissement personnel. Cela meublera une soirée, permettant de ne pas rallumer la TV éteinte depuis 24 ans. Mais un vieux San Antonio ferait aussi bien, l'imagination du lecteur en prime pour les images.
Terre ou Lune
J’ai littéralement craqué dès que j’ai vu cette première de couverture, elle m’a captivé, intrigué et donné immédiatement envie de plonger dans cette BD. Et puis lorsque j’ai découvert la bande-annonce, j’ai été encore plus séduit : elle reflète parfaitement l’atmosphère poétique et étrange de l’univers et m’a mis l’eau à la bouche. Dès les premières pages, j’ai été frappé par l’univers unique que Jade Khoo a créé. On suit Othello, un garçon de sept ans dont la vie bascule après un geste irréversible. Mais loin d’être seulement un drame familial, l’histoire mélange habilement émotion, poésie et une touche de science-fiction contemplative. Le monde dans lequel évolue Othello est à la fois familier et légèrement décalé : paysages, objets et oiseaux semblent sortir d’un rêve futuriste, renforçant l’impression d’un univers suspendu entre réalité et imaginaire. J’ai adoré ce mélange subtil de SF et de sensibilité. Les planches, souvent réalisées à l’aquarelle, dégagent une fragilité et une beauté qui touchent profondément. Chaque détail, chaque scène, chaque symbole contribue à l’immersion dans ce récit initiatique : on suit Othello pas à pas, on ressent ses émotions, ses doutes et sa curiosité, et on se laisse guider dans sa quête de sens et de liberté. Cette histoire est prévue en deux parties, et ce premier tome nous laisse dans l’attente du 2ème et dernier tome. L’attente devient presque excitante, car on veut absolument savoir comment se conclura ce voyage poignant et poétique. Je ne peux que confirmer ce qu’indique le bandeau de l’album et le commentaire de Mathieu Bablet : « L’album le plus important de 2026, Jade Khoo est déjà un grand nom de la BD ». C’est exactement ce que j’ai ressenti en refermant ce premier tome. Et avec le prix de lancement à 27,90€, avant qu’il n’atteigne 32,90€ après le 29 avril 2026, c’est vraiment le moment idéal pour se le procurer.
Le Choix de Sam
2.5 Encore une fois, Nicolas Pitz adopte un roman jeunesse en BD. Je n'ai pas lu l'œuvre originale donc je ne peux pas comparer, mais ce qui m'a frappé est à quel point tout va rapidement dans le scénario. La plupart des éléments du récit sont survolés. Le meilleur exemple est qu'à un moment Sam se bats avec un autre chien qu'on n'a jamais vu avant. On ne sait même pas trop pourquoi les deux chiens se battent, on pense que Sam a un coté sombre et puis c'est vite balayé par les personnages et on ne reparlera plus de l'incident ! Le seul moment qui a retenu mon attention est lorsque le vrai propriétaire du chien revient et se révèle plus complexe qu'il semblait de prime à bord. Le scénario ne m'a pas trop excité, mais je ne fais parti du public-cible à savoir les jeunes qui adorent les chiens. Un truc bizarre est que le résumé mets en avant le grand frère de la famille qui est mise en avant alors qu'au final c'est sa petite sœur qu'on voit surtout.