Les derniers avis (113849 avis)

Par PAco
Note: 3/5
Couverture de la série Le Démon de l'hiver
Le Démon de l'hiver

C'est avec la très bonne série sur la 2e Guerre Mondiale Quand la nuit tombe, que j'avais découvert le talent de dessinateur de Toni Galmés. Delcourt lui ouvre cette fois ses portes pour un album jeunesse où il gère cette fois le dessin et le scénario. C'est déjà un plaisir de retrouver toute la rondeur et la douceur de son dessin aquarellé ; je trouve qu'il se prête à merveille à la BD jeunesse. Avec cet album, nous suivons l'arrivée (en France ?) d'une maman et de sa jeune fille au coeur d'un rude hiver ; on les suppose réfugiées, sans trop savoir d'où elles viennent ni pour quelles raisons, mais il semble clair que la neige et l'hiver ne font pas parti de leurs habitudes. C'est lors d'une de ses balades que la jeune fille va tomber sur une troupe de démons qui traversent la campagne. Un des jeunes démon va finir par suivre la jeune fille et devenir son ami ; c'est le début d'une relation d'amitié singulière qui commence... Voilà un album qui vaut le détour ne serait-ce que pour le graphisme de Toni Galmés. L'album se lit vite (surtout pour un adulte), mais sait imposer une ambiance particulière en abordant par la bande des sujets sensibles qui devraient résonner aux oreilles des jeunes lecteurs.

26/01/2026 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Stop Work - Les Joies de l'entreprise moderne
Stop Work - Les Joies de l'entreprise moderne

Une BD bien rigolote qui n'a malheureusement pas de chute à la hauteur de son sujet. Et c'est dommage, je trouve qu'il manque le dernier détail qui aurait fait le sel de cette comédie de mœurs au sein de l'entreprise. La BD parle de la folie nouvelle qui s'empare des entreprises autour de la sécurité, tout en pressant la masse salariale et restant dans une logique capitaliste débridée à l'extrême. Notre protagoniste est un agent zélé qui se rend compte qu'il se fait avoir comme les autres lorsqu'il ne reçoit pas sa promotion tant attendue, ce qui sera le point de départ d'une remise en question du système. Sauf que cette remise en question retombe à plat dans le dernier segment, même si on semble pointer du doigt une légère évolution. Mais clairement pas de remise en question des logiques managériales, ni du capitalisme ou du libéralisme, la BD est bien trop sage sur ce point. En fait c'est une BD vite lue qui sent les anecdotes réelles mais qui n'a pas de développement au-delà de ces anecdotes, aussi tordantes soient-elles. Je regrette que tout les petits détails ne servent pas, comme les occupations de monsieur le soir qui ne servent qu'à une seule chose pour le twist final. Bref, c'est rigolo, ça montre bien les dérives de ce libéralisme forcené, mais ça ne dépasse pas ce cadre et la façon dont à la fin, ironiquement, les plus bas de l'échelle seront victimes malgré toutes les précautions montre bien que notre système s'en fout des plus petits. Une BD drôle, donc, montrant les dérives d'un système mais ne les interroge pas. Dommage, il y aurait eu moyen d'aller plus loin avec cette idée.

26/01/2026 (modifier)
Par bab
Note: 4/5
Couverture de la série Les Indes fourbes
Les Indes fourbes

J’ai pris beaucoup de plaisirs lire Les Indes fourbes. Déjà parce que Guarnido… voilà. Presque pas besoin d'en dire plus, mais quand même (parce que c'est le but ici !) : Son dessin est plein de vie, d’énergie et d’expressivité. Les trognes, les postures, les décors, les foules, les petites scènes de comédie au détour d’une case : c’est riche, vivant, et ça pousse à s'attarder sur les planches pour être sur de ne rien louper. Côté scénario, Ayroles ne réinvente peut-être pas la roue (on est dans du grand récit d’aventures picaresque), mais c’est bien huilé. On se laisse embarquer dès le départ, et ça enchaîne les rebondissements avec une vraie maîtrise du rythme. Pablos, ce gredin ambitieux qui vise haut, est à la fois agaçant et, drôle. Les personnages qui gravitent autour sont tout aussi truculents. Bref : un album généreux, malin, superbement mis en images.

26/01/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Trop Humain
Trop Humain

Entre SF, polar et humour, cette BD aurait facilement eu sa place dans le magazine Métal hurlant. C'est une histoire de sosies, où un paumé cherchant à fuir la vengeance de ses créanciers va se faire relooker par son serviteur robot. Manque de bol, son nouveau look le fait ressembler comme deux gouttes d'eau à un malfrat lui-même recherché par la police. On est là dans une histoire légère, clairement destinée au divertissement. Le dessin de Garcés est le point fort de l'ouvrage. Il a des allures de séries d'humour de Fluide Glacial (le quatrième de couverture cite Foerster, et c'est vrai qu'il y a un petit air), tout en proposant des décors futuristes qui évoquent Moebius. Le héros a une sale gueule, mais pour le reste je trouve ce dessin réussi et soigné, surtout pour une histoire aussi légère. Celle-ci est plaisante sans plus. Pendant un long moment, je me suis dit que le fait d'intégrer un robot comme narrateur et serviteur était un peu dispensable car tout aurait pu se passer sans sa présence, aussi sympathique soit-il, mais c'est vers la fin de l'histoire qu'on comprend le petit intérêt qu'il apporte à l'intrigue. Elle se lit bien, amuse, et tout n'y est pas aussi prévisible qu'on pourrait le craindre. Ce n'est toutefois pas particulièrement mémorable, mais comme l'album est court et se lit vite, on n'a pas le temps de s'ennuyer.

26/01/2026 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Ce qui nous sépare
Ce qui nous sépare

Une BD sur la difficulté d'être Tunisien en France (mais plus généralement maghrébin) avec les commentaires, les clichés, les détails de la vie de tout les jours. C'est le récit de Bilal, jeune tunisien venu en France pour les études et découvrant la réalité du racisme systémique français, racisme autant présent dans les discours réacs et facho à la télé et dans nos médias que dans des commentaires insidieux de la vie de tout les jours. Des commentaires de gens bien intentionnés par ailleurs, mais dont la logique de pensée est conditionnée par ce monde. Le maghreb est un endroit dépaysant pour des jeunes gens ayant suffisamment de moyen, Marrakech est une destination touristique et l'arabe une langue exotique. L'orientalisme encore bien présent ... La BD est sur ce regard des français sur "l'arabe", "l'autre", "le pas-comme-nous", soit par condescendance paternaliste soit par haine d'une religion et d'une ethnie. Le tout avec Bilal prisonnier de sa condition en France, ne sachant pas trop s'il a fuit un pays qui aurait besoin de lui pour venir être considéré comme un problème en France, ou s'il est un jeune étranger prometteur qui tente de s'en sortir, simplement. Les discussions avec sa copine et le monde qui l'entoure mettent en lumière cette problématique et la façon dont il vit tout cela alors que la Tunisie connait des mouvement populaires qui semblent vouloir changer les pouvoirs corrompus. Dis comme cela, la BD est franchement attractive et bien faite, mais je dois dire qu'elle a des failles, notamment sa brièveté. Elle fait déjà une centaine de pages mais toutes n'ont pas la même force et les sujets sont nombreux. J'apprécie que l'autrice montre différentes facettes de notre société, de la plus évidente et frontale (contrôle de police abusifs) aux plus insidieux (préfecture en sous-effectif alors qu'il doit renouveler ses papiers). De même les différentes phrases et discours qui parsèment l'ouvrage donnent un aperçu assez clair de ce que peut entendre un jeune homme identifié comme "arabe" (terme fourre-tout n'ayant pas d'existence ethnique d'ailleurs). Mais les sujets sont simplement mis en lumière sans ajouts clairs sur les personnes qui arrivent à s'extraire de ce racisme sociétale, comme sa copine qui apprend progressivement à son contact. De même il n'y a pas la question que ça soulève sur d'autres ethnies ou la crispation identitaire qui en découle. La BD est bien, mais "simplement bien", en somme. Elle soulève le sujet, montre ce qui est, sans dépasser ce cadre et plonger un peu plus loin. En somme, un témoignage qui ne va pas au-delà du cadre. Le dessin, lui, est très sobre mais efficace. Les traits anguleux et les a-plats de couleurs fondent les couleurs de peaux qui font ressortir encore plus ceux qui sont blancs, clairement identifiables dans le récit de fait. La patte graphique donne un sentiment que le blanc détonne, et je pense que c'est l'idée de l'autrice qui nous montre une vie dans laquelle les blancs sont les différents. Un travail intéressant, peut-être un peu trop plat sur l'ensemble puisque la BD reste dans les tons oranges et bleu tout le temps, laissant une impression de froid du fait des couleurs. Mais un travail graphique qui fait mouche quand même. Une BD sur le racisme systémique de la France et son impact réel au quotidien.

26/01/2026 (modifier)
Couverture de la série Origines
Origines

Origines est une bande dessinée de science-fiction exigeante, clairement pensée pour un lectorat averti. Le scénario multiplie les allers-retours temporels — flash-back et flash-forward — au point de rendre la lecture volontairement complexe, parfois même laborieuse. Les dialogues, souvent elliptiques et abstraits, accentuent ce sentiment d’opacité et demandent un réel investissement pour suivre les enjeux. Le fond du propos est pourtant solide et stimulant. La réflexion sur l’hubris humaine, la création devenue dominante et la place résiduelle de l’homme dans un monde post-humain fonctionne sur le plan conceptuel, surtout pour un amateur de SF. En revanche, cette densité nuit à la transmission des thèmes : l’émotion reste étonnamment distante, alors même que le sujet s’y prêterait pleinement. L’ensemble donne l’impression d’une œuvre intellectuellement riche mais peu accessible, et clairement pas conçue pour une lecture de détente. Le dessin est cohérent avec cette approche : esthétique travaillée, ambitieuse, mais chargée et parfois difficile à décrypter. La profusion d’informations visuelles renforce l’immersion mais peut aussi freiner la lisibilité et la fluidité. Au final, une BD de qualité, intéressante sur le fond, mais dont la complexité formelle limite l’impact émotionnel et la portée globale. On en attendait davantage.

26/01/2026 (modifier)
Couverture de la série Albertine a disparu
Albertine a disparu

Lecture fluide et accessible, portée par une intrigue que l’on suit sans effort. Le récit installe un cadre réaliste et crédible, mais reste ambigu dans ses intentions : hésitation persistante entre enquête de proximité et chronique quasi documentaire. Les thématiques — vieillesse, isolement, responsabilité collective — sont présentes mais peu creusées à mon goûts et sans réelle montée en tension ni construction d’une morale lisible. Les personnages sont bien caractérisés, humains et cohérents, ce qui maintient l’intérêt malgré une impression de flottement quant au propos. Le dessin, soigné et respectueux du monde villageois, joue une caricature mesurée : typologies reconnaissables, lisibilité constante, mise en scène au service du réel sans effet appuyé. Ensemble agréable mais peu marquant, pertinent dans son observation, plus limité dans son impact émotionnel et narratif.

26/01/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Intraitable
Intraitable

Une série sud-coréenne qui se passe dans le monde de l'entreprise et plus précisément qui raconte comment la société française Carrefour (dont le nom est changé dans la série bien sûr) a raté son implantation en Corée. Pour faire simple, la compagnie exploite sans vergogne les employés, certains vont finir par se rebeller et vouloir monter un syndicat, ce qui bien sûr crée un gros bordel. Au travers de cette série, l'auteur montre la complexité de la société coréenne à un moment où la crise financière asiatique a fait des dégâts dans une société où on est habitué à obéir sans poser de questions. C'est pas mal, mais malgré le sujet passionnant je n'ai pas réussi à trouver cette série passionnante à lire. Je trouve qu'il y a des longueurs. Par exemple, on va voir le passé militaire d'un des personnages et j'ai fini par trouver que ce passage tournait en rond. Je comprends que cela fasse du sens de montrer la vie dans l'armée vu que la Corée du sud a été sous une dictature militaire pendant des décennies (on voit d'ailleurs ce que pensent les hauts gradés de la démocratie) et ce passage permet de comprendre la psychologie du personnage, mais la narration aurait gagné en dynamisme si ça avait été raconté avec moins de pages. C'est le principal soucis avec cette série que j'aurais aimé adorer. On voit que l'auteur a travaillé son sujet et les personnages sont souvent plus complexes qu'ils semblaient l'être au début, mais voilà j'ai juste trouvé que c'était pas palpitant à lire. Cela reste intéressant de voir comment les patrons abusent et exploitent leurs employés, et malheureusement l'expérience de ces Sud-Coréens est sans doute universelle dans ce monde où les riches sont de plus en plus riches. En tout cas, je pense que n'importe quel lecteur occidental qui a travaillé dans un milieu non-syndiqué où le salaire minimum est la norme vont se reconnaitre dans certaines situations.

25/01/2026 (modifier)
Couverture de la série Les Gardiens
Les Gardiens

Commençons par saluer une nouvelle fois les éditions Polystyrène, un « petit éditeur » qui nous propose de très très beaux objets, de chouettes leporellos, avec des couleurs aux couleurs qui me plaisent à chaque fois. Mais c’est aussi une collection à fortes contraintes pour les auteurs, au niveau du format, contraint et très court. Réussir à transcender ces contraintes, voire à s’en servir est donc une gageure pas toujours relevée. Ici c’est encore l’occasion de découvrir un nouvel auteur, qui nous propose quelque chose de joli à regarder. Évidemment léger au niveau de l’histoire – très vite lue. Dans une sorte de moyen-âge onirique, un type courageux se joue des dragons pour voler un trésor caché. Il manque sans doute (format oblige – mais pas que je pense) un petit quelque chose en plus pour savourer complètement cet opus, un peu trop anecdotique. Quelques « à-côtés » (dans les décors ou la narration, un peu d’humour, je ne sais pas) auraient permis de densifier cette aventure. Note réelle 2,5/5.

25/01/2026 (modifier)
Couverture de la série To catch a cat
To catch a cat

Commençons par saluer une nouvelle fois les éditions Polystyrène, un « petit éditeur » qui nous propose de très très beaux objets, de chouettes leporellos, avec des couleurs aux couleurs qui me plaisent à chaque fois. Mais c’est aussi une collection à fortes contraintes pour les auteurs, au niveau du format, contraint et très court. Réussir à transcender ces contraintes, voire à s’en servir est donc une gageure pas toujours relevée. Je découvre avec cet album cette auteure qui, avec les grosses contraintes imposées par le format de la collection, s’en sort plutôt bien. Certes, c’est vite lu. Mais sa petite scène polar, avec une chute ironique – sur le mode de qui est pris qui croyait prendre – est assez bien vu. Je n’ai juste pas saisi ce que faisait la dame dans cette maison au départ ? Le dessin est relativement minimaliste, presque stylisé, mais aéré et très lisible. Un petit exercice de style qui relève bien le défi de la collection Façades.

25/01/2026 (modifier)