C'est étrange, j'ai un collègue de boulot qui a passé 10 ans en Afrique, et qui nous rabat sans cesse les oreilles avec l'université de Dakar, les examens folkloriques, la case au bord de la mer. Et bien sûr, il tient absolument à raconter pour la Xième fois ses anecdotes juste quand on est pressé, sur le point de partir. Et bien, même si on en rit parfois entre nous, il est sympathique, ce collègue.
Pareillement, Rabier, s'il vit dans son monde, n'en est pas moins attachant. Quand on a fait l'effort de s'adapter à une société si différente de la nôtre, le retour est forcement douloureux. Mais il est également douloureux de "mourir" loin de chez soi. Cette bd traduit fort bien ce dilemme.
Bon, pour le reste, scénario, réalisme, et même dessin, c'est pas forcement le top. Personnellement, je ne compte pas investir là-dedans.
Note approximative : 2.5/5
On retrouve dans La maison où rêvent les arbres les thèmes qui sont chers à Comes : la Nature, la magie et des humains qui vivent à part de l'humanité et au milieu des arbres... Mais comparé à d'autres de ses oeuvres sur ce sujet, j'ai trouvé cette BD-là plutôt moyenne.
Le dessin est toujours du même style mais à mon sens moins travaillé et moins réussi que dans un album comme Les Larmes du Tigre par exemple (pour citer un one-shot au thème proche et de la même taille). Le trait ici est fin et le Noir & Blanc très peu exploité. Seule particularité de cet album: les brumes qui estompent le trait et blanchissent les planches, mais je ne trouve pas ça très joli pour autant. Le dessin manque d'esthétisme et de magie comparé à ce à quoi Comes m'a habitué.
Et puis concernant l'histoire, elle est juste pas mal. L'idée aurait pu être bonne mais est assez moyennement traitée: les arbres rêvent et de leurs rêves résultent la création d'animaux possédant une vie temporaire, et quand ils cauchemardent ce sont des animaux meurtriers qui apparaissent.
Mais bon, déjà, l'histoire commence de manière décevante pour moi, avec un couple de touristes tués par un crocodile dans un grand cri dans la brume, scène digne d'un film d'horreur de série B, indigne de Comes pour moi. Ensuite, quelques scènes sont sympas (comme le cite Arzak ci-dessous, l'apparition du macareux et la discussion qui s'en suit est belle et mignonne) mais globalement je n'ai pas été séduit. Des personnages comme l'arbre Gardien m'ont même paru ridicules, et l'Homme Vert n'a rien de la poésie et de la magie que l'auteur semble avoir voulu lui donner.
Dans l'ensemble, ça se lit bien ceci dit, et l'histoire est légèrement originale. Bref, ce n'est pas trop mal mais franchement Comes a fait mieux.
Une chouette BD.
Les dessins sont bien sympas, même si les disciples de Barbucci et Canepa sont encore loin de leurs maîtres. Certaines expressions des personnages sont bien marrantes.
Une histoire amusante. On s’attache vite aux deux petits héros ainsi qu’aux autres personnages, comme les monstres et Timothy. Ceci dit, le scénario, s'il est assez prenant, n’est pas des plus élaborés. Mais bon, c’est pour les "kids".
Une série qui vous ferra passer un agréable moment.
Je n'ai sans doute pas su apprécier cette BD comme une âme sensible à l'art aurait pu le faire.
J'ai un sentiment partagé par rapport au dessin de Mattoti. Ses couleurs et son style le rendent vraiment à part, c'est certain, proche de l'oeuvre d'art. Certaines planches m'ont parues superbes, même si appréciables sur un plan tout différent d'un dessin classique et détaillé tels que ceux d'autres BD plus conventionnelles. A vrai dire, j'ai même eu le sentiment de lire un recueil de peintures modernes et naïves à la fois, de belles images qui s'agencent en une histoire, un conte fait de formes et de couleurs. Mais ceci étant dit, parmi ces belles images, il en est aussi beaucoup qui m'ont laissé complètement froid, des images complexes, noires, tordues. Dès que l'imagination du personnage principal se met en branle et qu'il voit des choses en rêves (ou pas), je n'aime plus ces images que je n'arrive plus à capter ni à déchiffrer, devenues trop absconses pour moi.
En résumé, visuellement, cet album, comme tous ceux de Mattoti, est très particulier, parfois très beau mais parfois moins appréciable à mon goût.
Concernant l'histoire maintenant, elle m'a peu charmé. Elle mêle fantastique, onirique et un peu de mysticisme. J'ai eu du mal à apprécier le personnage principal, à entrer dans l'intrigue. Ces alternances de rêves et de visions m'agacent plus qu'autre chose. Si on le résumait, le scénario serait assez facile, en définitive. C'est plus sur les émotions que cette BD essaie de jouer, sur ce qui se dégage des dessins et des situations et images fantastiques dépeintes. Mais ça n'a pas vraiment marché avec moi, en réalité.
Je suis resté fermé à la poésie de cette histoire.
Une BD originale et forte graphiquement, mais qui n'a pas vraiment su me toucher personnellement.
Tout d'abord, j'ai franchement apprécié le dessin de ce manga. Le style d'Otomo est excellent, net et fort. La composition de ses images transforme certaines cases en vraies oeuvres d'art. Je trouve particulièrement réussies ses vues de ces immeubles énormes, certaines images allant même jusqu'à donner un vrai vertige. Le simple dessin rend les bâtiments de cette résidence impressionants, imposants, oppressants, ajoutant à l'ambiance particulière que le récit crée au long des pages.
Ensuite, quant à l'histoire, elle n'est pas mal. Elle joue beaucoup sur l'ambiance, mêlant thriller, fantastique et aussi un peu film à suspense ou d'horreur.
L'ennui, c'est que j'ai trouvé la narration très fouillis par moment, et les évènements durs à suivre et à comprendre. Les personnages ne sont pas facilement reconnaissables entre eux, les transitions entre scènes sont un peu ratées à mon goût, etc... Bref, malgré l'ambiance de certaines scènes, j'ai trouvé que le charme était assez rompu par les problèmes de narration. Je n'ai pas su rentrer comme il fallait dans le récit à cause de cela.
En outre, je trouve que certaines scènes gore sont franchement dispensables. Bon, c'est l'idée de l'histoire d'une certaine manière (imaginez 2 Tetsuo de Akira dans la même résidence, le sang ne peut que gicler autour d'eux), mais franchement j'ai trouvé les giclées de sang et de violence un peu gratuites par moments.
Globalement, cette BD a donc de grandes qualités visuelles et dans l'idée, mais la narration, la finalité de l'histoire et cet excès de scènes gore m'a un peu déçu.
Un album qui m'a un peu surpris en première lecture : je m'attendais à tomber sur une BD d'humour dans la lignée de Monsieur le ministre et autres Propos Irresponsables. Et au lieu de ça, j'ai découvert une histoire autobiographique ou presque, noire, sérieuse, emplie pourtant d'humour noir et surtout très proche d'une critique acide de l'hypocrisie et de la sordide médiocrité des institutions religieuses telles que celles où Binet s'est retrouvé "enfermé".
Les adultes y sont moches, méchants, pervers et égoïstes. Les gosses eux-mêmes sont des loups entre eux. Et tout concourt à représenter cette institution comme un monde affreux dont on ne peut que rêver de s'échapper. Ce côté sordide m'a fortement marqué, à tel point que je l'ai trouvé légèrement dérangeant.
Pourtant d'un autre côté, l'humour de Binet est très présent. Tout est traité sur un ton caustique, montrant avec un humour noir les situations absurdes et brutales de vérité qu'il aurait vécu à l'époque.
Mais personnellement, c'est le côté sordide qui a été le plus fort pour moi : je n'ai pas vraiment ri, ni en définitive apprécié la BD comme un agréable moment de lecture plein d'humour. Ce que j'en ai surtout retenu, c'est que SURTOUT PAS je n'enverrais mes enfants dans une institution de ce genre.
Une Bd intéressante, forte, noire, emplie de la vérité et de l'humour de Binet mais qui ne m'a pas personnellement charmé.
J'ai commencé cette lecture un peu "à reculons", pour ainsi dire... Je pensais "Encore un auteur de L'Association qui nous fourgue les aventures en noir et blanc de son petit nombril pour 11 euros, merci bien, j'ai déjà donné". Et pourtant... eh bien, en fait, j'ai rapidement été littéralement captivé par cette étrange et obsessionnelle quête des "Contures". Ce n'est pas une banale autobiographie comme en font 95% des auteurs de "BD indépendante", genre "Quand j'avais 8 ans, j'ai été en vacances à Douarnenez et je brûlais des fourmis pour rigoler, et à 13 ans, je me suis masturbé en lisant Fondement de la métaphysique des moeurs, et aujourd'hui je voudrais renouer de meilleures relations avec mon père avant qu'il meure de son cancer", c'est une exploration d'un monde de rêves, une tentative non pas de les interpréter mais de retrouver les éléments de la réalité à partir desquels son imagination d'enfant a fabriqué ces bizarreries. Ca m'a rappelé Mr. Punch de Gaiman et McKean, qui traite d'un sujet proche, mais j'ai trouvé Les Contures nettement plus intéressantes. Pour un peu, je mettrais presque 4/5 à ce petit album ; je me retiens parce que ça reste, justement, un "petit" album, et quand même pas quelque chose de réellement génial. Une BD à lire, néanmoins.
Voilà, ça y est, j'ai lu tout ce que Larcenet a publié! Force est de reconnaître que, malheureusement, je n'ai pas terminé par le meilleur, loin de là. L'ensemble est plaisant mais dans le genre humour, Larcenet a déjà fait nettement mieux. Ca se lit avec plaisir mais sans grand éclat de rire; les gags font en général mouche mais ça ne sort pas de l'ordinaire comme ce que fait d'habitude cet auteur (à part peut-être l'histoire sur les hommes-poissons). Le dessin de Julien est tout à fait adapté, clair et pas très éloigné du Larcenet des débuts.
Le début de l'histoire est plutôt réussi: une femme, divorcée, mère d'un petit garçon adorable, sans ambition particulière, mais sans soucis particuliers non plus, fait ses courses au supermarché du coin. Une scène ordinaire, quoi.
Et puis soudain tout bascule: attaque à main armée, meurtres gratuits, et mort du petit garçon...
Police, soutien psychologique, tranquilisants, dépression...
Mais ensuite, tout sort de l'ordinaire, les circonstances de l'attaque étant plus floues qu'il n'y paraît. Et là, même si l'idée de base est très bonne, on tombe rapidement dans des développements Van Hammiens, rebondissements improbables, doubles, triples, quadruples jeux, avec quelques scènes érotiques pour pimenter la sauce, etc.
Finalement, c'est la crédibilité du tout qui en prend un coup, et l'émotion du début retombe d'elle même. C'est dommage. A mon sens, il aurait fallu rester simple pour plus d'efficacité.
Bon, ça reste très lisible. Les dessins, en noir et blanc, avec des dégradés de gris, sont plaisants, la psychologie des personnages assez fouillée, et certains passages sont très réussis. Ca vaut quand même bien les 3/5, même si je n'irais pas jusqu'à conseiller l'achat.
Il ne s'agit ici ni d'une parodie ni vraiment d'une suite donnée aux aventures de Gil Jourdan après la mort de Tillieux. C'est vraiment un hommage.
Le long de 8 histoires courtes (moins de 10 pages chacune), des auteurs BDs vont reprendre les personnages de Gil, Libellule, Crouton et Cerise dans des aventures nouvelles, mais exactement ou presque dans l'esprit des albums Gil Jourdan déjà parus : les enquêtes sont du même style, avec quelques ennemis récurrents issus de la série, et surtout avec un humour très similaire.
Certains transposent Gil dans un décor un peu plus moderne ("Meurtre télécommandés" et "Injection directe" notamment), d'autres récupèrent le titre et le thème d'histoires parues pour en faire une histoire nouvelle et différente ("Ours en Peluche et Popaïne"), une histoire n'est véritablement qu'un hommage, une suite d'actions et de péripéties presque muettes tout droit issues des aventures de Gil avec apparition de Tillieux lui-même à la fin ("En pleine forme"), et enfin la plupart ne sont rien d'autre que de véritables nouvelles enquêtes de Gil et Libellule, tout à fait dans l'esprit de la série.
Mon histoire préférée reste "Les Sept Bains de Libellule", toute bête au niveau du scénario et de l'intrigue, mais où je retrouve amplifié l'humour de Libellule et de Crouton : sympa.
Globalement, les histoires sont plutôt bien dessinées. Le style des dessins copie vraiment celui de Tillieux, tout en laissant reconnaître parfois aisément la patte de chaque dessinateur.
Ce sont des histoires que j'ai lues avec quasiment autant de plaisir que la série originale, pleines d'humour pour certaines, un peu trop modernes pour d'autres ceci dit. Un bel hommage donc, et pas une BD commerciale profitant du succès de Gil Jourdan comme on aurait pu le craindre.
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Coeur Tam-Tam
C'est étrange, j'ai un collègue de boulot qui a passé 10 ans en Afrique, et qui nous rabat sans cesse les oreilles avec l'université de Dakar, les examens folkloriques, la case au bord de la mer. Et bien sûr, il tient absolument à raconter pour la Xième fois ses anecdotes juste quand on est pressé, sur le point de partir. Et bien, même si on en rit parfois entre nous, il est sympathique, ce collègue. Pareillement, Rabier, s'il vit dans son monde, n'en est pas moins attachant. Quand on a fait l'effort de s'adapter à une société si différente de la nôtre, le retour est forcement douloureux. Mais il est également douloureux de "mourir" loin de chez soi. Cette bd traduit fort bien ce dilemme. Bon, pour le reste, scénario, réalisme, et même dessin, c'est pas forcement le top. Personnellement, je ne compte pas investir là-dedans.
La maison où rêvent les arbres
Note approximative : 2.5/5 On retrouve dans La maison où rêvent les arbres les thèmes qui sont chers à Comes : la Nature, la magie et des humains qui vivent à part de l'humanité et au milieu des arbres... Mais comparé à d'autres de ses oeuvres sur ce sujet, j'ai trouvé cette BD-là plutôt moyenne. Le dessin est toujours du même style mais à mon sens moins travaillé et moins réussi que dans un album comme Les Larmes du Tigre par exemple (pour citer un one-shot au thème proche et de la même taille). Le trait ici est fin et le Noir & Blanc très peu exploité. Seule particularité de cet album: les brumes qui estompent le trait et blanchissent les planches, mais je ne trouve pas ça très joli pour autant. Le dessin manque d'esthétisme et de magie comparé à ce à quoi Comes m'a habitué. Et puis concernant l'histoire, elle est juste pas mal. L'idée aurait pu être bonne mais est assez moyennement traitée: les arbres rêvent et de leurs rêves résultent la création d'animaux possédant une vie temporaire, et quand ils cauchemardent ce sont des animaux meurtriers qui apparaissent. Mais bon, déjà, l'histoire commence de manière décevante pour moi, avec un couple de touristes tués par un crocodile dans un grand cri dans la brume, scène digne d'un film d'horreur de série B, indigne de Comes pour moi. Ensuite, quelques scènes sont sympas (comme le cite Arzak ci-dessous, l'apparition du macareux et la discussion qui s'en suit est belle et mignonne) mais globalement je n'ai pas été séduit. Des personnages comme l'arbre Gardien m'ont même paru ridicules, et l'Homme Vert n'a rien de la poésie et de la magie que l'auteur semble avoir voulu lui donner. Dans l'ensemble, ça se lit bien ceci dit, et l'histoire est légèrement originale. Bref, ce n'est pas trop mal mais franchement Comes a fait mieux.
Monster Allergy
Une chouette BD. Les dessins sont bien sympas, même si les disciples de Barbucci et Canepa sont encore loin de leurs maîtres. Certaines expressions des personnages sont bien marrantes. Une histoire amusante. On s’attache vite aux deux petits héros ainsi qu’aux autres personnages, comme les monstres et Timothy. Ceci dit, le scénario, s'il est assez prenant, n’est pas des plus élaborés. Mais bon, c’est pour les "kids". Une série qui vous ferra passer un agréable moment.
Feux (Mattotti)
Je n'ai sans doute pas su apprécier cette BD comme une âme sensible à l'art aurait pu le faire. J'ai un sentiment partagé par rapport au dessin de Mattoti. Ses couleurs et son style le rendent vraiment à part, c'est certain, proche de l'oeuvre d'art. Certaines planches m'ont parues superbes, même si appréciables sur un plan tout différent d'un dessin classique et détaillé tels que ceux d'autres BD plus conventionnelles. A vrai dire, j'ai même eu le sentiment de lire un recueil de peintures modernes et naïves à la fois, de belles images qui s'agencent en une histoire, un conte fait de formes et de couleurs. Mais ceci étant dit, parmi ces belles images, il en est aussi beaucoup qui m'ont laissé complètement froid, des images complexes, noires, tordues. Dès que l'imagination du personnage principal se met en branle et qu'il voit des choses en rêves (ou pas), je n'aime plus ces images que je n'arrive plus à capter ni à déchiffrer, devenues trop absconses pour moi. En résumé, visuellement, cet album, comme tous ceux de Mattoti, est très particulier, parfois très beau mais parfois moins appréciable à mon goût. Concernant l'histoire maintenant, elle m'a peu charmé. Elle mêle fantastique, onirique et un peu de mysticisme. J'ai eu du mal à apprécier le personnage principal, à entrer dans l'intrigue. Ces alternances de rêves et de visions m'agacent plus qu'autre chose. Si on le résumait, le scénario serait assez facile, en définitive. C'est plus sur les émotions que cette BD essaie de jouer, sur ce qui se dégage des dessins et des situations et images fantastiques dépeintes. Mais ça n'a pas vraiment marché avec moi, en réalité. Je suis resté fermé à la poésie de cette histoire. Une BD originale et forte graphiquement, mais qui n'a pas vraiment su me toucher personnellement.
Dômu - Rêves d'enfants
Tout d'abord, j'ai franchement apprécié le dessin de ce manga. Le style d'Otomo est excellent, net et fort. La composition de ses images transforme certaines cases en vraies oeuvres d'art. Je trouve particulièrement réussies ses vues de ces immeubles énormes, certaines images allant même jusqu'à donner un vrai vertige. Le simple dessin rend les bâtiments de cette résidence impressionants, imposants, oppressants, ajoutant à l'ambiance particulière que le récit crée au long des pages. Ensuite, quant à l'histoire, elle n'est pas mal. Elle joue beaucoup sur l'ambiance, mêlant thriller, fantastique et aussi un peu film à suspense ou d'horreur. L'ennui, c'est que j'ai trouvé la narration très fouillis par moment, et les évènements durs à suivre et à comprendre. Les personnages ne sont pas facilement reconnaissables entre eux, les transitions entre scènes sont un peu ratées à mon goût, etc... Bref, malgré l'ambiance de certaines scènes, j'ai trouvé que le charme était assez rompu par les problèmes de narration. Je n'ai pas su rentrer comme il fallait dans le récit à cause de cela. En outre, je trouve que certaines scènes gore sont franchement dispensables. Bon, c'est l'idée de l'histoire d'une certaine manière (imaginez 2 Tetsuo de Akira dans la même résidence, le sang ne peut que gicler autour d'eux), mais franchement j'ai trouvé les giclées de sang et de violence un peu gratuites par moments. Globalement, cette BD a donc de grandes qualités visuelles et dans l'idée, mais la narration, la finalité de l'histoire et cet excès de scènes gore m'a un peu déçu.
L'Institution
Un album qui m'a un peu surpris en première lecture : je m'attendais à tomber sur une BD d'humour dans la lignée de Monsieur le ministre et autres Propos Irresponsables. Et au lieu de ça, j'ai découvert une histoire autobiographique ou presque, noire, sérieuse, emplie pourtant d'humour noir et surtout très proche d'une critique acide de l'hypocrisie et de la sordide médiocrité des institutions religieuses telles que celles où Binet s'est retrouvé "enfermé". Les adultes y sont moches, méchants, pervers et égoïstes. Les gosses eux-mêmes sont des loups entre eux. Et tout concourt à représenter cette institution comme un monde affreux dont on ne peut que rêver de s'échapper. Ce côté sordide m'a fortement marqué, à tel point que je l'ai trouvé légèrement dérangeant. Pourtant d'un autre côté, l'humour de Binet est très présent. Tout est traité sur un ton caustique, montrant avec un humour noir les situations absurdes et brutales de vérité qu'il aurait vécu à l'époque. Mais personnellement, c'est le côté sordide qui a été le plus fort pour moi : je n'ai pas vraiment ri, ni en définitive apprécié la BD comme un agréable moment de lecture plein d'humour. Ce que j'en ai surtout retenu, c'est que SURTOUT PAS je n'enverrais mes enfants dans une institution de ce genre. Une Bd intéressante, forte, noire, emplie de la vérité et de l'humour de Binet mais qui ne m'a pas personnellement charmé.
Les Contures
J'ai commencé cette lecture un peu "à reculons", pour ainsi dire... Je pensais "Encore un auteur de L'Association qui nous fourgue les aventures en noir et blanc de son petit nombril pour 11 euros, merci bien, j'ai déjà donné". Et pourtant... eh bien, en fait, j'ai rapidement été littéralement captivé par cette étrange et obsessionnelle quête des "Contures". Ce n'est pas une banale autobiographie comme en font 95% des auteurs de "BD indépendante", genre "Quand j'avais 8 ans, j'ai été en vacances à Douarnenez et je brûlais des fourmis pour rigoler, et à 13 ans, je me suis masturbé en lisant Fondement de la métaphysique des moeurs, et aujourd'hui je voudrais renouer de meilleures relations avec mon père avant qu'il meure de son cancer", c'est une exploration d'un monde de rêves, une tentative non pas de les interpréter mais de retrouver les éléments de la réalité à partir desquels son imagination d'enfant a fabriqué ces bizarreries. Ca m'a rappelé Mr. Punch de Gaiman et McKean, qui traite d'un sujet proche, mais j'ai trouvé Les Contures nettement plus intéressantes. Pour un peu, je mettrais presque 4/5 à ce petit album ; je me retiens parce que ça reste, justement, un "petit" album, et quand même pas quelque chose de réellement génial. Une BD à lire, néanmoins.
A l'ouest de l'infini
Voilà, ça y est, j'ai lu tout ce que Larcenet a publié! Force est de reconnaître que, malheureusement, je n'ai pas terminé par le meilleur, loin de là. L'ensemble est plaisant mais dans le genre humour, Larcenet a déjà fait nettement mieux. Ca se lit avec plaisir mais sans grand éclat de rire; les gags font en général mouche mais ça ne sort pas de l'ordinaire comme ce que fait d'habitude cet auteur (à part peut-être l'histoire sur les hommes-poissons). Le dessin de Julien est tout à fait adapté, clair et pas très éloigné du Larcenet des débuts.
Colère noire
Le début de l'histoire est plutôt réussi: une femme, divorcée, mère d'un petit garçon adorable, sans ambition particulière, mais sans soucis particuliers non plus, fait ses courses au supermarché du coin. Une scène ordinaire, quoi. Et puis soudain tout bascule: attaque à main armée, meurtres gratuits, et mort du petit garçon... Police, soutien psychologique, tranquilisants, dépression... Mais ensuite, tout sort de l'ordinaire, les circonstances de l'attaque étant plus floues qu'il n'y paraît. Et là, même si l'idée de base est très bonne, on tombe rapidement dans des développements Van Hammiens, rebondissements improbables, doubles, triples, quadruples jeux, avec quelques scènes érotiques pour pimenter la sauce, etc. Finalement, c'est la crédibilité du tout qui en prend un coup, et l'émotion du début retombe d'elle même. C'est dommage. A mon sens, il aurait fallu rester simple pour plus d'efficacité. Bon, ça reste très lisible. Les dessins, en noir et blanc, avec des dégradés de gris, sont plaisants, la psychologie des personnages assez fouillée, et certains passages sont très réussis. Ca vaut quand même bien les 3/5, même si je n'irais pas jusqu'à conseiller l'achat.
L'Hommage à Gil Jourdan et à M. Tillieux - Les Enquêtes de leurs amis
Il ne s'agit ici ni d'une parodie ni vraiment d'une suite donnée aux aventures de Gil Jourdan après la mort de Tillieux. C'est vraiment un hommage. Le long de 8 histoires courtes (moins de 10 pages chacune), des auteurs BDs vont reprendre les personnages de Gil, Libellule, Crouton et Cerise dans des aventures nouvelles, mais exactement ou presque dans l'esprit des albums Gil Jourdan déjà parus : les enquêtes sont du même style, avec quelques ennemis récurrents issus de la série, et surtout avec un humour très similaire. Certains transposent Gil dans un décor un peu plus moderne ("Meurtre télécommandés" et "Injection directe" notamment), d'autres récupèrent le titre et le thème d'histoires parues pour en faire une histoire nouvelle et différente ("Ours en Peluche et Popaïne"), une histoire n'est véritablement qu'un hommage, une suite d'actions et de péripéties presque muettes tout droit issues des aventures de Gil avec apparition de Tillieux lui-même à la fin ("En pleine forme"), et enfin la plupart ne sont rien d'autre que de véritables nouvelles enquêtes de Gil et Libellule, tout à fait dans l'esprit de la série. Mon histoire préférée reste "Les Sept Bains de Libellule", toute bête au niveau du scénario et de l'intrigue, mais où je retrouve amplifié l'humour de Libellule et de Crouton : sympa. Globalement, les histoires sont plutôt bien dessinées. Le style des dessins copie vraiment celui de Tillieux, tout en laissant reconnaître parfois aisément la patte de chaque dessinateur. Ce sont des histoires que j'ai lues avec quasiment autant de plaisir que la série originale, pleines d'humour pour certaines, un peu trop modernes pour d'autres ceci dit. Un bel hommage donc, et pas une BD commerciale profitant du succès de Gil Jourdan comme on aurait pu le craindre.