Une BD qui semble s'adresser à tous les publics mais dont la majorité des gags portent sur des sujets politiques voire militants qui parleront plutôt aux adultes.
C'est une bande d'animaux qui a décidé de se révolter contre les humains, leur pollution et leur oppression du monde animal, et pour cela d'effectuer des actions militantes voire de l'écoterrorisme. Le ton est un peu loufoque, voire absurde, avec des animaux gentiment ridicules même si on sent une vraie affection pour leurs idées et leur combat. L'album se structure en saynètes de quelques pages, voire parfois une seule, pas tout à fait des gags en une planche mais pas loin.
Le dessin est très simple, proche du dessin pour enfants, en particulier pour les couleurs qui ont l'air d'être réalisées au feutre, ce qui jette la confusion sur l'identification du public visé. Il n'y a rien de particulièrement attirant dans ce choix graphique mais la narration est claire et on s'y fait vite.
J'ai trouvé l'humour pas hilarant mais relativement sympa quand même.
En fait, ce qui agace dans cet album, c'est que la critique politique est vraiment à sens unique : ce sont trop régulièrement des critiques contre une droite caricaturale, des policiers qui tabassent tout le monde, des chasseurs bourrés qui tirent sur les cyclistes, des médias qui imposent leur vision au service du gouvernement, des ringards qui bouffent de la viande et se plaignent des wokes, et de tous ces salauds de capitalistes qui polluent et détruisent la Terre. Bref, c'est de la critique anti-droite trop caricaturale qui manque d'un équilibrage en critiquant aussi le bord opposé. Le militantisme est trop appuyé et sans subtilité malgré le fait qu'il se cache derrière une BD plus légère et loufoque dans ses protagonistes.
Toutefois, j'ai réussi à passer outre et à m'amuser un peu avec cette bande d'animaux, souriant ici et là de leurs dialogues et de leurs actions militantes à moitié ratées. Tant et si bien que j'ai passé un moment plutôt agréable.
A la limite, c’est potable, si du moins on est fan de Star Wars. J’ai en effet malheureusement déjà lu bien pire dans les œuvres (comics ou manga) produites pour la franchise. Oui, je sais, ce préambule met de suite en appétit…
Star Wars - Gardiens des Whills est donc l’adaptation sous forme de manga d’un roman de Greg Rucka. Edité aux USA et destiné avant tout au marché américain, il est publié avec un sens de lecture à l’occidentale (ce qui m’a étrangement désarçonné alors que je ne cesse de pester sur le sens de lecture de droite à gauche des mangas classiques). Son récit s’inscrit dans l’univers de Rogue One, avec quelques références faites au film mais surtout l’emploi de deux personnages importants de celui-ci. L’histoire n’est pas franchement originale mais distille son lot d’action et surtout permet de creuser quelque peu la personnalité de Baze Malbus et Chirrut Îmwe, avec une recherche au niveau des dialogues pour créer un sentiment de complicité vis-à-vis du lecteur (références au film, pointes d’humour).
Le dessin est acceptable même si peu fouillé. C’est du manga de grande distribution, très facile d’accès mais dégageant ce désagréable sentiment que les décors ont été tracés à la latte quand ils n’étaient pas tout simplement oubliés. La représentation des personnages est conforme à l’image véhiculée par le film Rogue One. Le contrat minimum est donc rempli mais on ne s’attardera pas sur une planche pour l’admirer.
Potable, donc. Un très petit pas mal pour le différencier d’autres production que j’ai trouvé autrement plus médiocres… mais je trouve qu’il y a mieux par ailleurs dans cet univers.
Pour l’avoir pratiquée à un niveau honorable dans ma jeunesse, je sais combien la natation est un sport rude et exigeant, qui demande beaucoup d’abnégation et très peu d’imagination (car il n’y a vraiment rien de plus ennuyeux à mes yeux que d’enchainer des longueurs et des longueurs de bassin, notre attention concentrée sur notre souffle, notre coordination et la fluidité de nos mouvements). Le parcours du jeune héros de cette série m’a donc assez naturellement parlé, lui qui au début de ce récit n’a plus aucun attrait pour la natation alors qu’il était un grand espoir quelques années plus tôt.
Assez classiquement, le récit adopte une forme de nekketsu et les différents personnages vont devoir affronter des épreuves (ici des compétitions de natation) pour accomplir leur destin. De ce point de vue, rien de neuf à l’horizon. J’ai toutefois apprécié deux aspects. Le premier est que le personnage central n’est pas le seul à avoir des objectifs bien définis (chacun des quatre protagonistes principaux a une problématique bien précise). Le deuxième est que même si leurs personnages vainquent des obstacles, les auteurs ne tombent pas dans l’excès et nos nageurs sont loin de gagner toutes les compétitions auxquelles ils participent. A contrario, un aspect m’a fortement déçu : celui de l’alimentation. Car ici, les personnages mangent un peu de tout et n’importe quoi n’importe comment. Or l’hygiène de vie d’un nageur de haut niveau s’accompagne d’un régime alimentaire bien précis, ce qui n’est donc absolument pas montré dans cette série.
Au travers de leur récit, les deux mangakas nous délivrent de nombreux messages positifs. La compétition et les bienfaits de l’émulation qui en résulte figurent en tête de ligne de ceux-ci mais il est aussi beaucoup question d’amitié, de respect et de sens du sacrifice. L‘esprit général de Swimming Ace m’a donc beaucoup plu car jamais on ne tombe dans la compétition malsaine ou la rivalité déloyale (ici, jamais il n'y a de coup bas de la part de qui que ce soit). Par ailleurs, je me suis attaché aux quatre personnages principaux, mais aussi à quelques personnages secondaires qui, portés par l’émulation qui anime les autres, se découvrent une âme de guerriers (certes médiocres mais déterminés).
Le dessin est de qualité, je trouve. J’ai d’ailleurs été très surpris de ne pas trouver le nom du dessinateur dans la base de donnée de bdthèque tant son style est maîtrisé et propre. Beaucoup de représentations des nageurs en action démontrent qu’il n’a pas dessiné à l’aveugle, bien au contraire ! Angles de vue, position des bras, musculature, on a droit à beaucoup de clichés de l’image de la natation de compétition, mais des clichés qui apportent ici une réelle crédibilité au récit (même si on n’échappe pas à certaines exagérations indissociables du manga). Et comme on pouvait s’y attendre (bah oui, c’est du manga), le fait de dessiner des jeunes filles en maillot donne lieu à un peu de fan service avec des angles de vue suggestifs et un gag récurrent au sujet d’une professeur de natation pourvue de seins généreux. Cet aspect reste toutefois dans des limites raisonnables malgré la lourdeur de l’humour parfois développé.
Le dernier tome est quelque peu expédié et sa conclusion montre à quel point les auteurs ont du mal à abandonner leurs personnages. A sa lecture, j’ai eu le sentiment que certains passages avaient été tronqués, ce qui donne une sensation d’inabouti à l’ensemble. Et c’est bien regrettable car, sans ça, j’aurais presque été tenté d’attribuer un 4/5 à la série.
Franchement, une agréable surprise car je n’attendais pas grand-chose de cette série concept, et j’ai eu bien plus qu’espéré.
Voici une agréable BD "feel good" sur la cuisine, enrichie d'un propos sur les classes sociales, la relation aux parents et le poids des attentes, sur l'adolescence et l'éveil à soi, sur la collaboration aussi, la vie rurale, etc.
Un assez joli récit, riche en thématiques donc, présentant de beaux personnages caricaturaux mais sympathiques. L'ensemble au sein d'une belle édition mettant en valeur les illustrations rondes et chaleureuses de Servain, elles-mêmes bien servies par des couleurs au diapason.
De la belle ouvrage donc, pour un récit davantage sympathique que bon. C'est agréable, mais très attendu, prévisible jusque dans son propos finalement sans point de vue sur la cuisine moderne. Fort peu de passion ici, pas tant que cela de bravoure, de panache, simplement des élans bien contenus. De l'habile déjà vu.
Merveilleusement mis en image par Julie Rocheleau, ce récit de Julian Voloj nous relate le tour du monde de Nellie Bly et d’Elizabeth Bisland. Un tour du monde tout ce qu’il y a de plus véridique même si la version qu’en donnent les deux auteur.e.s fait montre de fantaisie à plus d’une occasion, mais c’est pour mieux illustrer la folie de l’entreprise et l’ampleur des obstacles à surmonter.
Après un court prologue dans lequel, les auteur.e.s nous présentent Nellie Bly et les origines de son projet, nous plongeons à cœur perdu dans cette course effrénée pour n’émerger qu’à la fin de l’album, encore essoufflés. C’est trépidant, vivant, drôle souvent, stupéfiant… En clair, c’est fun ! Mais épuisant car les auteur.e.s ne nous laissent que très rarement le temps de respirer. Les jours s’égrènent, les lieux défilent, les difficultés se vainquent, les rencontres fugaces s’enchainent, les découvertes (de pays, de cultures) s’amoncellent, c’est un tourbillon de paysages et d’émotions mais sur lequel on ne peut finalement réfléchir qu’a posteriori.
Mon sentiment est donc un peu partagé. Je peux dire que j’ai aimé
- L’intérêt historique du récit ;
- La mise en scène inventive ;
- La vivacité du trait en osmose avec la truculence de l’aventure ;
- Les personnalités contrastées des deux principales protagonistes.
A contrario, je trouve que tout va finalement trop vite. J’ai bien conscience que c’était le but recherché et parfaitement atteint par Voloj et Rocheleau mais je sors essoufflé de cette lecture, avec ce regret de n’avoir pas pu m’attarder ici ou là. Surtout, touché par le sort d’Elizabeth Bisland, j’aurais aimé resté un peu auprès d’elle.
Franchement, pour moi c’est un album à lire (mais je suis un grand fan de Julie Rocheleau), il lui manque cependant un petit quelque chose pour que je le considère comme un indispensable. Ce que je traduis par un 3/5 et coup de cœur.
L’album est entièrement muet. Le dessin de Benoit Jacques (je découvre son travail avec cet album) est nerveux, rageur, très noir.
L’absence de mots, et le caractère quasi logorrhéen de ce flot d’encre de chine, avec parfois des ratures, l’impression d’un premier jet abandonné au lecteur sans relecture s’expliquent par l’état d’esprit de l’auteur au moment de composer cet album. Visiblement sous le coup d’une rupture amoureuse, et d’une remise en question radicale, Jacques présente cet album comme une sorte d’exutoire.
Mais l’aspect autobiographique et presque cathartique de l’album reste un peu hermétique pour le lecteur. Beaucoup de métaphores sans doute, sur le nouveau départ, une mort/renaissance, un questionnement sur ce qui peut et doit être sauvé de sa vie, voilà ce que j’ai cru deviner à partir des premières pages.
Le style graphique, sombre, minimaliste, peut rebuter. Mais ça n’a pas été mon cas, il m’a touché et, globalement, je l’ai bien aimé. C’est juste qu’il m’a manqué des clés pour comprendre davantage ce hurlement du cœur (peut-être des titres de chapitres au moins, pour aiguiller a minima le lecteur ?).
Un album muet, à ranger au côté de La Nuit de Druillet au niveau de l’ambiance un peu désespérante.
La présence de Tulard comme conseiller historique n’était pas pour moi un bon signal, tant celui-ci me parait un pourfendeur des Jacobins, de Robespierre et de Saint-Just. La figure de ce dernier ne sort donc pas forcément grandie, ni franchement éclairée par cet album.
Car, en plus des parti-pris historiques – qui après tout peuvent se défendre à condition d’être explicités et étayés – ce que la faible pagination empêche clairement ici, quand bien cela aurait été voulu par les auteurs, la narration m’a souvent gêné.
En effet, on passe d’une scène à l’autre, d’un « moment historique » à l’autre sans que tout ne soit clairement lié, sans que le contexte, les actes et propos des uns et des autres permettant de clarifier attitude et propos de Saint-Just ne soient donnés au lecteur peu familier de cette période et de ce personnage : une période et un personnage clivants, la Terreur a depuis longtemps vu sa réalité déformée, la Constitution de 1793 passant aux oubliettes. Robespierre et Saint-Just servant de repoussoir commode pour faire oublier les trahisons des Thermidoriens, et surtout le détournement de l’élan révolutionnaire par une bourgeoisie triomphante. Des historiens comme Tulard ou Furet ont accentué cet état de fait.
Du coup, que ce soit les débats autour du procès du roi, autour du sort des leaders Girondins ou, plus tard, entre Robespierre, Saint-Just et Danton/Desmoulins et Hébert (pour faire simple, faut-il oui ou non prolonger, voire approfondir la terreur ?), il est difficile si l’on n’est pas familier de la période de s’y retrouver. Et le dialogue entre Saint-Just et son compagnon de voyage pour énumérer ses actions est un peu artificiel. Du coup, on ne peut s’attacher à la personne de Saint-Just, ne restent que des bouts de discours, des actions presque désincarnées.
Il a pourtant été l’un des grands inspirateurs d’une législation sociale jamais appliquée – et ensuite « oubliée ».
Malgré mes critiques – qui sont, comme les choix inspirés par Tulard (et accentués par l’obligation de « tenir » en une cinquantaine de pages) affaire personnelle – l’album a le mérite de remettre en lumière un personnage qui a joué un rôle aussi éphémère qu’important dans l’une des périodes clés de l’Histoire nationale (et au-delà), et certains aspects de sa personnalité – sa fougue, sa lutte contre les inégalités, son absence de « carriérisme », son côté à la fois juvénile et mature – sont quand même bien montrés.
Note réelle 2,5/5.
L’idée de départ a du potentiel, et d’ailleurs ça semblait être bien exploité. En effet, en un instant, les huit milliards de Terriens se sont vus dotés d’un génie, capable d’exaucer immédiatement leur vœu. Mais un seul vœu par personne !
Le tenancier du bar où l’histoire a commencé ayant décidé d’utiliser immédiatement son vœu pour mettre son local et ceux qui s’y trouvent à l’abri des vœux des autres, cela nous permet d’avoir une petite dizaine de personnages réunis là par hasard, dans un huis-clos forcé, alors qu’à l’extérieur les délires plus ou moins dangereux se multiplient.
Car, on s’en doute, la plupart des vœux sont irréfléchis, égoïstes. Il y a d’ailleurs là un intérêt dans le scénario : que pourrions-nous souhaiter si pareille occasion se produit ? Si certains cherchent à protéger leurs proches, voire la planète, d’autres choisissent des vœux futiles (montagnes de jouets, de bouffe, de dollars, etc.), tandis que certains se dotent de super pouvoirs, veulent tuer d’autres personnes, ou en faire revenir des mortes. Le côté moralisateur de certains dialogues aurait pu être évité je pense.
Le monde est alors soumis à une loi de la jungle, et le décompte des génies et des Terriens montrent l’effondrement du nombre d’habitants.
Si l’idée de départ est séduisante, je trouve que ça peine à se renouveler sur la durée. D’abord tous les combats entre super-héros et super-méchants ne m’intéressent pas. Ensuite j’ai eu l’impression d’un potentiel mal ou sous exploité, même si une grosse révélation en fin de premier tiers de l’album semble relancer quelque peu l’intérêt global de l’histoire, qui tourne autour d’un fléau malthusien.
Lorsque ça commence à tourner en rond, l’autre astuce est de miser sur des flash-backs, pour présenter certains protagonistes. J’ai trouvé ça un peu artificiel, et surtout ça rompait un peu le « charme » de l’intrigue de base.
Les parties pos-apocalypse se laissent lire ensuite, mais le fantastique passe moins. Et le happy-end final m’a moyennement convaincu.
Quant au dessin, c’est du comics classique, mais bien fichu, très lisible. C’est la colorisation – informatique j’imagine – qui m’a moins convenu.
Bref, une lecture intéressante, mais pas autant que je ne le pensais au départ.
La première chose que je me suis dite après la lecture de ce livre, c'est comment j'aurais réagi à la place de cette femme.
Eh bien j'aurais été en état de choc et de panique, je serais rentrée et j'aurais préparé les funérailles dans un état de tristesse infini. Comme tout le monde je pense... Et c'est pour ça que ce récit m'a touché, elle ne fait pas ça, elle passe ses vacances comme elles étaient organisées, les sorties, les spectacles, la plage, restaurant...etc.
Au début il y a du déni, mais après quelques jours et des jolies rencontres on voit apparaître en elle une certaine résilience.
Le choix qu'elle a fait en restant était courageux et un très bel hommage...
J'aime les histoires qui poussent à la réflexion et celle-ci tient ses promesses. Note 3,5
Conçu et initialement publié avant leur énorme succès (justifié) autour de l’univers de Criminal, cette série du duo Phillips/Brubaker (ici accompagnés de Lark pour le dessin) est mieux qu’un galop d’essai.
La mécanique scénaristique est déjà bien huilée, c’est assez carré. Même si on reste dans du très classique pour un polar un peu poisseux (ici à San Francisco plutôt que dans le Los Angeles d’Ellroy, vers qui lorgne un peu l’histoire).
Le dessin est bon, dans un style adapté au récit, avec pas mal de sombre, un jeu sur les ombres intéressant. Tout juste peut-on regretter un lettrage trop petit, qui m’a un peu gêné pour ma lecture, ainsi que les traits de certains visages un peu effacés.
Un bon petit polar en tout cas.
Note réelle 3,5/5.
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La Révolte sans précédent
Une BD qui semble s'adresser à tous les publics mais dont la majorité des gags portent sur des sujets politiques voire militants qui parleront plutôt aux adultes. C'est une bande d'animaux qui a décidé de se révolter contre les humains, leur pollution et leur oppression du monde animal, et pour cela d'effectuer des actions militantes voire de l'écoterrorisme. Le ton est un peu loufoque, voire absurde, avec des animaux gentiment ridicules même si on sent une vraie affection pour leurs idées et leur combat. L'album se structure en saynètes de quelques pages, voire parfois une seule, pas tout à fait des gags en une planche mais pas loin. Le dessin est très simple, proche du dessin pour enfants, en particulier pour les couleurs qui ont l'air d'être réalisées au feutre, ce qui jette la confusion sur l'identification du public visé. Il n'y a rien de particulièrement attirant dans ce choix graphique mais la narration est claire et on s'y fait vite. J'ai trouvé l'humour pas hilarant mais relativement sympa quand même. En fait, ce qui agace dans cet album, c'est que la critique politique est vraiment à sens unique : ce sont trop régulièrement des critiques contre une droite caricaturale, des policiers qui tabassent tout le monde, des chasseurs bourrés qui tirent sur les cyclistes, des médias qui imposent leur vision au service du gouvernement, des ringards qui bouffent de la viande et se plaignent des wokes, et de tous ces salauds de capitalistes qui polluent et détruisent la Terre. Bref, c'est de la critique anti-droite trop caricaturale qui manque d'un équilibrage en critiquant aussi le bord opposé. Le militantisme est trop appuyé et sans subtilité malgré le fait qu'il se cache derrière une BD plus légère et loufoque dans ses protagonistes. Toutefois, j'ai réussi à passer outre et à m'amuser un peu avec cette bande d'animaux, souriant ici et là de leurs dialogues et de leurs actions militantes à moitié ratées. Tant et si bien que j'ai passé un moment plutôt agréable.
Star Wars - Gardiens des Whills
A la limite, c’est potable, si du moins on est fan de Star Wars. J’ai en effet malheureusement déjà lu bien pire dans les œuvres (comics ou manga) produites pour la franchise. Oui, je sais, ce préambule met de suite en appétit… Star Wars - Gardiens des Whills est donc l’adaptation sous forme de manga d’un roman de Greg Rucka. Edité aux USA et destiné avant tout au marché américain, il est publié avec un sens de lecture à l’occidentale (ce qui m’a étrangement désarçonné alors que je ne cesse de pester sur le sens de lecture de droite à gauche des mangas classiques). Son récit s’inscrit dans l’univers de Rogue One, avec quelques références faites au film mais surtout l’emploi de deux personnages importants de celui-ci. L’histoire n’est pas franchement originale mais distille son lot d’action et surtout permet de creuser quelque peu la personnalité de Baze Malbus et Chirrut Îmwe, avec une recherche au niveau des dialogues pour créer un sentiment de complicité vis-à-vis du lecteur (références au film, pointes d’humour). Le dessin est acceptable même si peu fouillé. C’est du manga de grande distribution, très facile d’accès mais dégageant ce désagréable sentiment que les décors ont été tracés à la latte quand ils n’étaient pas tout simplement oubliés. La représentation des personnages est conforme à l’image véhiculée par le film Rogue One. Le contrat minimum est donc rempli mais on ne s’attardera pas sur une planche pour l’admirer. Potable, donc. Un très petit pas mal pour le différencier d’autres production que j’ai trouvé autrement plus médiocres… mais je trouve qu’il y a mieux par ailleurs dans cet univers.
Swimming Ace
Pour l’avoir pratiquée à un niveau honorable dans ma jeunesse, je sais combien la natation est un sport rude et exigeant, qui demande beaucoup d’abnégation et très peu d’imagination (car il n’y a vraiment rien de plus ennuyeux à mes yeux que d’enchainer des longueurs et des longueurs de bassin, notre attention concentrée sur notre souffle, notre coordination et la fluidité de nos mouvements). Le parcours du jeune héros de cette série m’a donc assez naturellement parlé, lui qui au début de ce récit n’a plus aucun attrait pour la natation alors qu’il était un grand espoir quelques années plus tôt. Assez classiquement, le récit adopte une forme de nekketsu et les différents personnages vont devoir affronter des épreuves (ici des compétitions de natation) pour accomplir leur destin. De ce point de vue, rien de neuf à l’horizon. J’ai toutefois apprécié deux aspects. Le premier est que le personnage central n’est pas le seul à avoir des objectifs bien définis (chacun des quatre protagonistes principaux a une problématique bien précise). Le deuxième est que même si leurs personnages vainquent des obstacles, les auteurs ne tombent pas dans l’excès et nos nageurs sont loin de gagner toutes les compétitions auxquelles ils participent. A contrario, un aspect m’a fortement déçu : celui de l’alimentation. Car ici, les personnages mangent un peu de tout et n’importe quoi n’importe comment. Or l’hygiène de vie d’un nageur de haut niveau s’accompagne d’un régime alimentaire bien précis, ce qui n’est donc absolument pas montré dans cette série. Au travers de leur récit, les deux mangakas nous délivrent de nombreux messages positifs. La compétition et les bienfaits de l’émulation qui en résulte figurent en tête de ligne de ceux-ci mais il est aussi beaucoup question d’amitié, de respect et de sens du sacrifice. L‘esprit général de Swimming Ace m’a donc beaucoup plu car jamais on ne tombe dans la compétition malsaine ou la rivalité déloyale (ici, jamais il n'y a de coup bas de la part de qui que ce soit). Par ailleurs, je me suis attaché aux quatre personnages principaux, mais aussi à quelques personnages secondaires qui, portés par l’émulation qui anime les autres, se découvrent une âme de guerriers (certes médiocres mais déterminés). Le dessin est de qualité, je trouve. J’ai d’ailleurs été très surpris de ne pas trouver le nom du dessinateur dans la base de donnée de bdthèque tant son style est maîtrisé et propre. Beaucoup de représentations des nageurs en action démontrent qu’il n’a pas dessiné à l’aveugle, bien au contraire ! Angles de vue, position des bras, musculature, on a droit à beaucoup de clichés de l’image de la natation de compétition, mais des clichés qui apportent ici une réelle crédibilité au récit (même si on n’échappe pas à certaines exagérations indissociables du manga). Et comme on pouvait s’y attendre (bah oui, c’est du manga), le fait de dessiner des jeunes filles en maillot donne lieu à un peu de fan service avec des angles de vue suggestifs et un gag récurrent au sujet d’une professeur de natation pourvue de seins généreux. Cet aspect reste toutefois dans des limites raisonnables malgré la lourdeur de l’humour parfois développé. Le dernier tome est quelque peu expédié et sa conclusion montre à quel point les auteurs ont du mal à abandonner leurs personnages. A sa lecture, j’ai eu le sentiment que certains passages avaient été tronqués, ce qui donne une sensation d’inabouti à l’ensemble. Et c’est bien regrettable car, sans ça, j’aurais presque été tenté d’attribuer un 4/5 à la série. Franchement, une agréable surprise car je n’attendais pas grand-chose de cette série concept, et j’ai eu bien plus qu’espéré.
Ulysse & Cyrano
Voici une agréable BD "feel good" sur la cuisine, enrichie d'un propos sur les classes sociales, la relation aux parents et le poids des attentes, sur l'adolescence et l'éveil à soi, sur la collaboration aussi, la vie rurale, etc. Un assez joli récit, riche en thématiques donc, présentant de beaux personnages caricaturaux mais sympathiques. L'ensemble au sein d'une belle édition mettant en valeur les illustrations rondes et chaleureuses de Servain, elles-mêmes bien servies par des couleurs au diapason. De la belle ouvrage donc, pour un récit davantage sympathique que bon. C'est agréable, mais très attendu, prévisible jusque dans son propos finalement sans point de vue sur la cuisine moderne. Fort peu de passion ici, pas tant que cela de bravoure, de panache, simplement des élans bien contenus. De l'habile déjà vu.
Globe-trotteuses - Le tour du monde de Nellie Bly et Elizabeth Bisland
Merveilleusement mis en image par Julie Rocheleau, ce récit de Julian Voloj nous relate le tour du monde de Nellie Bly et d’Elizabeth Bisland. Un tour du monde tout ce qu’il y a de plus véridique même si la version qu’en donnent les deux auteur.e.s fait montre de fantaisie à plus d’une occasion, mais c’est pour mieux illustrer la folie de l’entreprise et l’ampleur des obstacles à surmonter. Après un court prologue dans lequel, les auteur.e.s nous présentent Nellie Bly et les origines de son projet, nous plongeons à cœur perdu dans cette course effrénée pour n’émerger qu’à la fin de l’album, encore essoufflés. C’est trépidant, vivant, drôle souvent, stupéfiant… En clair, c’est fun ! Mais épuisant car les auteur.e.s ne nous laissent que très rarement le temps de respirer. Les jours s’égrènent, les lieux défilent, les difficultés se vainquent, les rencontres fugaces s’enchainent, les découvertes (de pays, de cultures) s’amoncellent, c’est un tourbillon de paysages et d’émotions mais sur lequel on ne peut finalement réfléchir qu’a posteriori. Mon sentiment est donc un peu partagé. Je peux dire que j’ai aimé - L’intérêt historique du récit ; - La mise en scène inventive ; - La vivacité du trait en osmose avec la truculence de l’aventure ; - Les personnalités contrastées des deux principales protagonistes. A contrario, je trouve que tout va finalement trop vite. J’ai bien conscience que c’était le but recherché et parfaitement atteint par Voloj et Rocheleau mais je sors essoufflé de cette lecture, avec ce regret de n’avoir pas pu m’attarder ici ou là. Surtout, touché par le sort d’Elizabeth Bisland, j’aurais aimé resté un peu auprès d’elle. Franchement, pour moi c’est un album à lire (mais je suis un grand fan de Julie Rocheleau), il lui manque cependant un petit quelque chose pour que je le considère comme un indispensable. Ce que je traduis par un 3/5 et coup de cœur.
L
L’album est entièrement muet. Le dessin de Benoit Jacques (je découvre son travail avec cet album) est nerveux, rageur, très noir. L’absence de mots, et le caractère quasi logorrhéen de ce flot d’encre de chine, avec parfois des ratures, l’impression d’un premier jet abandonné au lecteur sans relecture s’expliquent par l’état d’esprit de l’auteur au moment de composer cet album. Visiblement sous le coup d’une rupture amoureuse, et d’une remise en question radicale, Jacques présente cet album comme une sorte d’exutoire. Mais l’aspect autobiographique et presque cathartique de l’album reste un peu hermétique pour le lecteur. Beaucoup de métaphores sans doute, sur le nouveau départ, une mort/renaissance, un questionnement sur ce qui peut et doit être sauvé de sa vie, voilà ce que j’ai cru deviner à partir des premières pages. Le style graphique, sombre, minimaliste, peut rebuter. Mais ça n’a pas été mon cas, il m’a touché et, globalement, je l’ai bien aimé. C’est juste qu’il m’a manqué des clés pour comprendre davantage ce hurlement du cœur (peut-être des titres de chapitres au moins, pour aiguiller a minima le lecteur ?). Un album muet, à ranger au côté de La Nuit de Druillet au niveau de l’ambiance un peu désespérante.
Saint-Just
La présence de Tulard comme conseiller historique n’était pas pour moi un bon signal, tant celui-ci me parait un pourfendeur des Jacobins, de Robespierre et de Saint-Just. La figure de ce dernier ne sort donc pas forcément grandie, ni franchement éclairée par cet album. Car, en plus des parti-pris historiques – qui après tout peuvent se défendre à condition d’être explicités et étayés – ce que la faible pagination empêche clairement ici, quand bien cela aurait été voulu par les auteurs, la narration m’a souvent gêné. En effet, on passe d’une scène à l’autre, d’un « moment historique » à l’autre sans que tout ne soit clairement lié, sans que le contexte, les actes et propos des uns et des autres permettant de clarifier attitude et propos de Saint-Just ne soient donnés au lecteur peu familier de cette période et de ce personnage : une période et un personnage clivants, la Terreur a depuis longtemps vu sa réalité déformée, la Constitution de 1793 passant aux oubliettes. Robespierre et Saint-Just servant de repoussoir commode pour faire oublier les trahisons des Thermidoriens, et surtout le détournement de l’élan révolutionnaire par une bourgeoisie triomphante. Des historiens comme Tulard ou Furet ont accentué cet état de fait. Du coup, que ce soit les débats autour du procès du roi, autour du sort des leaders Girondins ou, plus tard, entre Robespierre, Saint-Just et Danton/Desmoulins et Hébert (pour faire simple, faut-il oui ou non prolonger, voire approfondir la terreur ?), il est difficile si l’on n’est pas familier de la période de s’y retrouver. Et le dialogue entre Saint-Just et son compagnon de voyage pour énumérer ses actions est un peu artificiel. Du coup, on ne peut s’attacher à la personne de Saint-Just, ne restent que des bouts de discours, des actions presque désincarnées. Il a pourtant été l’un des grands inspirateurs d’une législation sociale jamais appliquée – et ensuite « oubliée ». Malgré mes critiques – qui sont, comme les choix inspirés par Tulard (et accentués par l’obligation de « tenir » en une cinquantaine de pages) affaire personnelle – l’album a le mérite de remettre en lumière un personnage qui a joué un rôle aussi éphémère qu’important dans l’une des périodes clés de l’Histoire nationale (et au-delà), et certains aspects de sa personnalité – sa fougue, sa lutte contre les inégalités, son absence de « carriérisme », son côté à la fois juvénile et mature – sont quand même bien montrés. Note réelle 2,5/5.
Eight billion genies
L’idée de départ a du potentiel, et d’ailleurs ça semblait être bien exploité. En effet, en un instant, les huit milliards de Terriens se sont vus dotés d’un génie, capable d’exaucer immédiatement leur vœu. Mais un seul vœu par personne ! Le tenancier du bar où l’histoire a commencé ayant décidé d’utiliser immédiatement son vœu pour mettre son local et ceux qui s’y trouvent à l’abri des vœux des autres, cela nous permet d’avoir une petite dizaine de personnages réunis là par hasard, dans un huis-clos forcé, alors qu’à l’extérieur les délires plus ou moins dangereux se multiplient. Car, on s’en doute, la plupart des vœux sont irréfléchis, égoïstes. Il y a d’ailleurs là un intérêt dans le scénario : que pourrions-nous souhaiter si pareille occasion se produit ? Si certains cherchent à protéger leurs proches, voire la planète, d’autres choisissent des vœux futiles (montagnes de jouets, de bouffe, de dollars, etc.), tandis que certains se dotent de super pouvoirs, veulent tuer d’autres personnes, ou en faire revenir des mortes. Le côté moralisateur de certains dialogues aurait pu être évité je pense. Le monde est alors soumis à une loi de la jungle, et le décompte des génies et des Terriens montrent l’effondrement du nombre d’habitants. Si l’idée de départ est séduisante, je trouve que ça peine à se renouveler sur la durée. D’abord tous les combats entre super-héros et super-méchants ne m’intéressent pas. Ensuite j’ai eu l’impression d’un potentiel mal ou sous exploité, même si une grosse révélation en fin de premier tiers de l’album semble relancer quelque peu l’intérêt global de l’histoire, qui tourne autour d’un fléau malthusien. Lorsque ça commence à tourner en rond, l’autre astuce est de miser sur des flash-backs, pour présenter certains protagonistes. J’ai trouvé ça un peu artificiel, et surtout ça rompait un peu le « charme » de l’intrigue de base. Les parties pos-apocalypse se laissent lire ensuite, mais le fantastique passe moins. Et le happy-end final m’a moyennement convaincu. Quant au dessin, c’est du comics classique, mais bien fichu, très lisible. C’est la colorisation – informatique j’imagine – qui m’a moins convenu. Bref, une lecture intéressante, mais pas autant que je ne le pensais au départ.
Je vais rester
La première chose que je me suis dite après la lecture de ce livre, c'est comment j'aurais réagi à la place de cette femme. Eh bien j'aurais été en état de choc et de panique, je serais rentrée et j'aurais préparé les funérailles dans un état de tristesse infini. Comme tout le monde je pense... Et c'est pour ça que ce récit m'a touché, elle ne fait pas ça, elle passe ses vacances comme elles étaient organisées, les sorties, les spectacles, la plage, restaurant...etc. Au début il y a du déni, mais après quelques jours et des jolies rencontres on voit apparaître en elle une certaine résilience. Le choix qu'elle a fait en restant était courageux et un très bel hommage... J'aime les histoires qui poussent à la réflexion et celle-ci tient ses promesses. Note 3,5
Scène de crime
Conçu et initialement publié avant leur énorme succès (justifié) autour de l’univers de Criminal, cette série du duo Phillips/Brubaker (ici accompagnés de Lark pour le dessin) est mieux qu’un galop d’essai. La mécanique scénaristique est déjà bien huilée, c’est assez carré. Même si on reste dans du très classique pour un polar un peu poisseux (ici à San Francisco plutôt que dans le Los Angeles d’Ellroy, vers qui lorgne un peu l’histoire). Le dessin est bon, dans un style adapté au récit, avec pas mal de sombre, un jeu sur les ombres intéressant. Tout juste peut-on regretter un lettrage trop petit, qui m’a un peu gêné pour ma lecture, ainsi que les traits de certains visages un peu effacés. Un bon petit polar en tout cas. Note réelle 3,5/5.