Les derniers avis (270 avis)

Par gruizzli
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Son odeur après la pluie
Son odeur après la pluie

Bon, pour mon petit retour sur BDthèque il fallait bien attaquer avec un avis trop long, trop enthousiaste et pas du tout objectif, non ? Alors que dire sur cette BD... Déjà que c'est une des récentes lectures qui m'a collé la larme à l’œil que j'apprécie d'avoir, surtout parce que j'ai été touché. Mais aussi que je ne peux que conseiller la lecture à tous ceux qui ont déjà eu un animal (félin, canin, autre). Parce que c'est une très belle lecture sur l'amitié avec les animaux, l'amour qu'on leur porte et ce que ça devient dans nos vies. Si le fait d'avoir un animal vous indiffère, si vous trouvez les gens qui parlent à leur chien gâteux, si vous pensez que les gens qui se soucient de leur chats sont émotionnellement instables, etc... Passez votre chemin. Cette BD n’est non seulement pas pour vous mais risque même de vous déplaire. Parce que l'auteur n'est pas tendre avec ces gens-là. Mais si vous avez eu (ou avez encore) un animal, que vous l'aimez vraiment, que vous comprenez ce que ça fait de l'avoir dans votre vie, alors cette BD est faite pour vous. Adaptée d'un roman qui fut un gros succès surprise de librairie (et dont je n'ai pas du tout entendu parler, à ma grande surprise), la BD a été mise en image par Munuera qui a fait un superbe travail. Je ne suis pas un grand connaisseur de son œuvre que j'ai très vaguement survolée mais là je reconnais son dessin et la respiration qu'il a donnée à ses planches. Pour une histoire de chien, de balade, de grand air, d'espace, c'est tout à fait indiqué et les planches sont très belles, éclatantes même. Quant à l'histoire, c'est simple, banal, même. Ordinaire. Un homme et un chien, leur petite vie, comment tout évolue. Un professeur de sport, un bouvier bernois, une rencontre. Enfin, deux rencontres, ou même trois ou quatre. Des petits riens de la vie, des détails insignifiants, beaucoup trop d'amour entre l'homme et l'animal et un récit qui fait du bien au cœur même si la larme est là à la fin. Mais pas que à la fin, puisque personnellement j'ai eu mon premier coup au cœur à l'enterrement qui arrive avant et cette magnifique phrase du veuf devant la tombe. Je ne la divulgacherai pas, mais je la trouve sublime et parfaitement bien amenée dans une planche muette qui laisse éclater ces simples mots. L'auteur originel semble aimer les mots et goûte à cet art de l'écriture parfois lyrique, presque poétique, cette touche d'originalité qui invite à s'amuser avec la langue plus qu'à raconter. La mise en BD a gardé certaines phrases, clairement, et les ajoute à son dynamisme, sa colorisation et surtout sa patte graphique qui rajoute une sorte de collection d'instants, comme des photos commentées dans un album. Une lecture plaisante pour un récit qui m'a beaucoup touché. Personnellement j'ai eu la chance de vivre avec le chien de ma colocataire pendant trois ans et je dois dire que ce récit m'a fait remonter souvenirs, émotions et larmes. Et maintenant que je me suis épanché si longtemps dessus, dois-je vraiment ajouter que je recommande la lecture ?

13/08/2025 (modifier)
Par pol
Note: 2/5
Couverture de la série Free Agents
Free Agents

Comment lancer une nouvelle série de super héros quand la place est déjà archi prise par toutes les franchises Marvel ? L'exercice est périlleux, certaines rares séries sont parvenues à tirer leur épingle du jeu, mais ce ne sera pas le cas de ces agents libres. Le pitch nous parle d'un groupe de super héros néo retraités, suite à la fin d'une guerre interdimensionelle qu'ils ont menés. Nos retraités ont en moyenne 20 ans, et l'un d'eux est un ado de 14 ans. Mouais, on va dire que c'est des jeunes retraités... Et que la retraite aura été de courte durée car la guerre reprend dès ... la première page. Du coup il vaut mieux avoir lu la quatrième de couv pour avoir du contexte. Autant dire que ça démarre pas hyper bien. Ce ne serait qu'un détail sans gravité si on rentrait rapidement dans une histoire prenante. Ce ne sera pas le cas malheureusement. Le scénario est mince et assez confus. Il y a bien quelques passages de leur vie sur terre, une des persos essaye de tourner la page et de s'insérer dans un quotidien normal. Mais c'est peu développé et cela devient vite anecdotique dans l'histoire. Le développement du récit n'offre hélas pas quelque chose de bien palpitant. C'est surtout l'occasion de mettre en image de nombreuse scènes de batailles entre notre groupe de super et des ennemis divers et variés aux motivations obscures. Le tout est agrémenté de dialogues qui sonnent archi faux. Le genre de répliques saupoudrées d'une ribambelle de mots inventés pour donner une tonalité futuriste. Au final, difficile de s'emballer pour ça, il manque vraiment une trame de fond accrocheuse. Et en l'état, pas de quoi pousser à la curiosité de lire la suite.

13/08/2025 (modifier)
Couverture de la série Eddy Milveux
Eddy Milveux

Lisa Mandel propose une série jeunesse bien qualibrée, parfaitement adaptée au lectorat visé, par son dessin simple et expressif. Adapté aussi car les lecteurs s'attacheront aux personnages de leur âge, en particulier le héros, Eddy donc, jeune garçon ordinaire et espiègle, en proie aux questionnements de son âge et rêvant en permanence de trouver une solution magique à tous les problèmes du quotidien (les moqueries à l'école ; La petite sœur chiante ; des parents rabat-joie ; une camarade ne s'intéressant pas à lui, etc.). Et il se trouve qu'Eddy a la possibilité de voir ses vœux exaucés par une blatte magique. En tout cas un par jour. Tous peuvent a priori être annulés par un autre vœu le jour suivant (sauf le bête premier vœu, qui vaut à Eddy d'arborer d'improbables cheveux roses !). A condition que la blatte soit sur la même longueur d'ondes qu'Eddy. Et, on s'en doute, les malentendus vont se multiplier, Eddy regrettant souvent au moment de la chute le résultat de son vœu. C'est gentiment amusant et décalé, et plaira donc au public visé. Je note juste un procédé qui s'émousse dans le premier tome, car la construction est répétitive. Mais j'ai préféré les histoires d'une page, proches de strips de ce premier tome à celles un chouia plus longues du troisième (je n'ai pas lu le deuxième).

13/08/2025 (modifier)
Par Présence
Note: 4/5
Couverture de la série La Nuit est belle
La Nuit est belle

Le mélodrame sauve l'innocence. - Ce tome contient une histoire complète, indépendante de toute autre. Son édition originale date de 2025. Il a été réalisé par David Graham pour le scénario, et par Aurélie Guarino pour les dessins et les couleurs. Il compte quatre-vingt quatorze pages de bande dessinée. Les personnages n’ayant ni prénom, ni nom, ils seront appelés comme sur la couverture : Loser, Danseuse, Pharmacienne, et Oscar Wilde (Ha, oui, lui il est nommé). Dans les couloirs de l’aéroport de Roissy, Loser pousse tout le monde dans un escalator, puis court comme un dératé dans les longs couloirs, pour enfin arriver devant l’hôtesse d’enregistrement. Elle lui annonce que c’est trop tard, car l’enregistrement est terminé, l’avion va décoller. Une autre jeune femme arrive en courant pour s’enregistrer, et elle reçoit la même réponse. L’hôtesse ajoute : Le prochain vol pour Miami est dans trois heures, c’est le dernier avant demain midi. Il est complet, mais il y aura peut-être une place ou deux, il y a toujours des retardataires qui perdent leur place. Danseuse va s’assoir sur un siège pour attendre, Loser vient s’installer à côté d’elle et essaye d’entamer la conversation. Il pose quelques questions gentiment, elle répond du bout des lèvres, sans donner beaucoup d’informations. Finalement l’heure de l’embarquement arrive, et ils se dirigent vers l’hôtesse. Elle les informe qu’il reste quatre places, une famille. Si elle n’est pas là dans cinq minutes, ils pourront embarquer tous les deux. Les minutes s’égrènent et soudain la famille surgit en courant. Lui et elle sont consternés. Ils se rendent au guichet de la compagnie aérienne pour changer leur billet. Elle s’éloigne pour aller trouver un hôtel dans l’aéroport, pour dormir. Il lui propose de plutôt en profiter pour aller à Paris. Il ajoute qu’il a sa voiture et qu’il est insomniaque, il ne la drague pas. Loser conduit sa voiture et demande à Danseuse où elle souhaite aller. Elle lui répond : le vingtième arrondissement. Arrivés devant le portail du cimetière du Père Lachaise, elle lui demande de l’aider à l’escalader pour s’y introduire. Ce qu’il fait, et les voilà dans l’enceinte, à déambuler dans les allées à la recherche d’une tombe bien précise. Il en profite pour consulter son portable et il lit à haute voix : L’intrusion dans un cimetière est passible d’une amende de cinquième classe pouvant aller jusqu’à mille cinq cents euros. Pour la profanation d’une tombe, la peine encourue est d’un an d’emprisonnement et de quinze mille euros d’amende. Compte-t-elle profaner une tombe ? Elle lui raconte que quand elle avait dix-sept ans, elle venait souvent ici avec sa copine Esther : Oscar Wilde était son héros. C’était à cause d’une lettre envoyée à son amant, Lord Alfred Douglas, qu’Oscar Wilde a été condamné à la prison. Esther voulait venger Oscar, mais aussi faire de ces baisers un symbole de liberté. Elles embrassaient donc la statue Flying Demon Angel en laissant une trace de rouge à lèvres. Elles revenaient souvent embrasser Oscar. Un jour, elles se sont aperçues qu’elles avaient inspiré des gens. Oscar recevait des baisers et des messages. Sa tombe était devenue un repère où l’on venait fêter la liberté d’aimer. Quatre personnages aussi communs qu’improbables. Tout commence par un retard à l’embarquement, et l’insistance gentille d’un monsieur pour lier connaissance avec celle qui est arrivée en retard comme lui. Voilà deux personnes qui ne se connaissent pas en train de faire une virée dans un Paris nocturne. Arriver en retard à l’enregistrement, espérer qu’il y ait un désistement dans le vol suivant : plausible, voire banal pour certains. Accepter d’aller se promener à Paris de nuit avec un inconnu, plutôt que de dormir (mal) dans un hôtel : inattendu. S’introduire de nuit dans le cimetière du Père Lachaise : cela commence à sortir un peu du réalisme. Rencontre un quasi-fantôme, celui d’un écrivain à la réputation internationale. La danseuse le résume le mieux : Alors on va sur une tombe, une sur soixante-dix mille… Et on choisit la seule qui est hantée ? C’est quand même pas de chance. Par ailleurs ce quasi-fantôme ressemble peu à l’original. Il s’en suit une course-poursuite en voiture dans Paris au cours de laquelle les fuyards réussissent à semer la Police : peu probable. Le lecteur fait le rapprochement avec la mention à répétition (jusqu’à en devenir un gag récurrent) du livre Le fantôme de Canterville (1887). Pas de doute, ce récit s’apparente à un conte, les auteurs font usage de licence poétique. En particulier, la dessinatrice s’amuse bien avec les preuves de l’immortalité de Wilde. La première scène se déroule par un beau soleil de printemps, peut-être de début d’été, avec des couleurs claires et des couleurs gaies. La mise en couleurs vient discrètement apporter des éléments d’information. Par exemple, l’évolution du camaïeu derrière les vitres de la zone d’attente qui passe du jaune orangé à un violet sombre pour marquer les heures qui passent, de l’après-midi à la nuit tombée. En page huit, elle réalise une mosaïque de rectangles colorés pour évoquer l’impression subliminale des éclairages artificiels et des enseignes. En page neuf, le lecteur admire un magnifique ciel étoilé dans une illustration en pleine page, en se faisant la remarque intérieure qu’il s’agit également pour partie d’une licence poétique dans cette banlieue. En page treize, la couleur prend le pas sur les contours encrés pour un effet de silhouettes ou d’ombres chinoises dans le cimetière. L’artiste met ainsi en œuvre différentes techniques : en page vingt-et-un un entrecroisement de traits au crayon gras pour un effet de plafond rocheux dans les ténèbres, en page vingt-cinq des traces lumineuses de phares de voiture pour rendre compte de la vitesse, en page quarante-neuf un passage par le noir & blanc avec des nuances de gris pour un vieux film, en page soixante-dix une case avec un fond rouge pour rendre compte de la violence, etc. Ainsi discrètement, la narration visuelle devient d’autant plus variée et animée. Les personnages apparaissent tous sympathiques, même ceux en colère, ou les figurants. Les visages sont représentés avec un degré de simplification. La dessinatrice joue avec leur expressivité en l’augmentant, sans systématisme, plus pour faciliter l’empathie du lecteur. Le lecteur peut porter un jugement de valeur sur le comportement de chacun des quatre personnages, ce qui ne diminue en rien l’empathie qu’il éprouve pour eux. L’artiste sait les rendre sympathiques et uniques : la sollicitude bienveillante de Danseuse, le détachement de Wilde du fait de son grand âge, le caractère un peu fataliste de Loser, la détermination teintée de sarcasme de Pharmacienne. Toujours sur le même plan, Le lecteur éprouve la sensation de suivre une aventure assez posée le temps d’une nuit. En y repensant, il se rend compte des différents lieux visités : un aéroport dans tout ce qu’il a de lieu de passage, le cimetière du Père Lachaise dont le tombeau de Wilde, un café parisien, un pont au-dessus de la Seine, une pharmacie, un grand café avec un grand espace karaoké, le parvis du palais Garnier place de l’Opéra, une grande librairie spacieuse, etc. Le lecteur apprécie le sens du détail de l’artiste, par exemple : les silhouettes de mannequin et leurs robes dans une boutique de l’aéroport, la guirlande de petits fanions dans le bar, le magnifique dallage de la pharmacie, la superbe porte en chêne d’un immeuble haussmannien, le jeu de lumières du karaoké, les graffitis sur les vitres de protection de la tombe de Wilde, etc. Le lecteur se sent tout acquis à la situation problématique des personnages. Il en découvre rapidement un peu plus sur Danseuse : son attachement au tombeau de l’écrivain. Il faut attendre plus longtemps pour en savoir plus sur Loser. Le ressort de l’intrigue est explicité à la fin du premier tiers de l’ouvrage. Ce qui déclenche les actions des personnages pour y remédier de plus ou moins bonne grâce. Le lecteur se rend compte qu’il apprécie de simplement passer du temps avec eux, sans trop se préoccuper d’une trame générale, sans même s’inquiéter de savoir s’ils seront à temps à l’aéroport le lendemain pour leur avion. Cela tient pour partie à la sympathie générée par les personnages, et pour partie à la forme de conte. Pour échapper à la police, Loser doit abandonner sa voiture, qui fera certainement l’objet d’une contravention, au minimum, cela ne préoccupe aucun personnage. Ils dont dû y abandonner leurs valises avec leurs effets personnels, aucune arrière-pensée non plus. Dans le cimetière, Loser se fait une méchante blessure : une branche ou une racine acérée qui se plante dans son mollet droit. Un simple bandage et une désinfection plus tard, et tout est oublié. Pour autant, la lecture comporte plusieurs autres centres d’intérêt, autre que l’intrigue proprement dite. Le lecteur ne peut pas s’empêcher de se demander, voire de de souhaiter qu’il se développe une relation affective entre Danseuse et Loser. Il sourit en voyant la forme de rébellion de Pharmacienne contre sa condition, car les auteurs n’hésitent pas à l’armer de cocktails Molotov faits maison, et même d’une grenade ! Il y a également le cas de ce quasi-fantôme. Le lecteur comprend que la mention répétée du Fantôme de Canterville agit à la fois comme un hommage, et comme une indication sur l’influence de cette histoire. Cela amène Oscar à évoquer l’exercice de son art d’écrivain, et à rappeler qu’il a écrit d’autres choses, par exemple Le portrait de Dorian Gray (1890). Plus loin, le libraire complète sa bibliographie : Wilde a écrit des pièces de théâtre, des contes, de la poésie, des lettres. Beaucoup de lettres… Il a beaucoup aimé Salomé. C’est une pièce formidable. Mais Son livre préféré de Wilde, c’est De profundis. Une longue lettre adressée à son amant, lord Alfred Douglas. Le lecteur peut ressentir que c’est un écrivain qui a compté aussi pour les présents auteurs. Au fur et à mesure émerge une autre thématique, celle de l’insatisfaction, de la répétition des schémas, de la vie qui semble comme bloquée dans une phase inextricable. La bande dessinée établit ce constat pour les différents personnages, sans proposer de solution miracle ou d’action magique (bien qu’il s’agisse d’un conte), mettant en lumière les effets de cette simple prise de conscience, à la fois de prise de recul sur sa vie, à la fois d’analyse de ce qui est en jeu. Une petite virée nocturne dans Paris, à quatre, avec un quasi-fantôme (et pas n’importe lequel), une super danseuse, une pharmacienne phénomène, un vrai faux loser ? Une narration visuelle douce et vive, discrètement variée et riche, un vrai plaisir de lecture. Des personnages sympathiques avec leurs défauts, et une narration s’apparentant par certains aspects à un conte. Une prise de conscience nécessaire sur une forme de décalage entre ce que l’on vit et ce que l’on souhaite. Attentionné.

13/08/2025 (modifier)
Par Charly
Note: 3/5
Couverture de la série Green Arrow – The longbow hunters
Green Arrow – The longbow hunters

J’ai trouvé l’histoire correcte, mais pas incroyable. On suit Green Arrow qui enquête sur une série de meurtres liés à un trafic de drogue. Il y a aussi une nouvelle tueuse mystérieuse, Shado, qui entre dans l’histoire et complique un peu tout. J’ai aimé l’ambiance un peu sombre, mais je dois dire que je n’ai pas été totalement pris par l’enquête. À la fin, quand j’ai compris toute l’intrigue, je me suis dit que c’était un peu classique. Pas mauvais, mais pas très original non plus. J’ai trouvé ça intéressant à découvrir, mais ce n’est pas le genre de BD qui me reste longtemps en tête. Ce que j’ai trouvé fort, c’est le ton adulte et sérieux du récit. On parle de violence, de drogue, de torture, et même de meurtre. C’est plus dur que d’autres comics de super-héros que j’ai pu lire. Le récit montre aussi comment un héros peut changer à cause de ce qu’il vit. Il y a des moments vraiment durs, notamment pour Black Canary, et ça m’a mis mal à l’aise parfois. Mais je comprends que l’auteur a voulu montrer que ces héros vivent aussi des choses très humaines et parfois terribles. Il y a un côté très réaliste dans cette BD, presque brutal, qui m’a marqué, même si ce n’est pas toujours agréable à lire. J’ai bien aimé le duo Oliver Queen et Dinah Lance. Leur couple est touchant au début, mais on voit que leur relation est mise à rude épreuve à cause de tout ce qu’ils vivent. Shado, la nouvelle venue, m’a intrigué. Elle est froide, mystérieuse, et j’ai senti qu’elle allait avoir une place importante dans l’univers de Green Arrow. Ce que j’ai aussi apprécié, c’est qu’Oliver n’a pas de super-pouvoirs. C’est juste un type très bon à l’arc, et ça le rend plus humain. On le voit douter, souffrir, faire des choix difficiles. Ça m’a fait réfléchir sur ce que ça veut dire d’être un héros. Les dessins sont parfois très beaux, surtout quand on voit la ville ou certaines scènes de nuit. On sent que l’artiste a voulu faire quelque chose de spécial, avec des couleurs douces ou sombres selon les moments. Mais j’ai trouvé que ce n’était pas toujours très régulier. Il y a des cases très bien faites, et d’autres qui m’ont semblé moins soignées, un peu datées aussi. Parfois, je ne reconnaissais pas tout de suite les personnages. Ça ne m’a pas empêché de lire, mais ça a un peu freiné mon plaisir. Par contre, j’ai bien aimé les choix de couleurs, qui donnent un ton sérieux et mature à l’histoire.

13/08/2025 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Cachés
Cachés

L'autrice, qui anime un atelier artistique pour adultes présentant des troubles psychologiques ou intellectuels (autisme, handicaps mentaux, etc.), dresse une série de portraits sensibles et pudiques, reflétant à la fois les difficultés et la richesse des échanges. Chaque chapitre se concentre sur un participant particulier : son type d'œuvre (sans que l'on voie réellement les réalisations, seulement leur description sommaire), son comportement et la manière dont celui-ci influence les réflexions de l'autrice sur l'art, les relations humaines et sa propre perception. Le tout est abordé avec sobriété et respect, loin du larmoyant ou de tout discours politique ou artistique appuyé. On sent une vraie justesse de ton, même si la narration reste parfois trop neutre et le texte trop abondant, ce qui crée une certaine distance et peut rendre la lecture monotone. Graphiquement, le bilan est mitigé : les illustrations intercalées entre les chapitres, notamment les nombreux dessins de salières et poivriers, témoignent d'une vraie maîtrise, mais les planches en elles-mêmes sont plus moyennes, avec des personnages un peu disgracieux et parfois trop semblables, ce qui peut amener un peu de confusion entre les personnages. Si les portraits m'ont intéressé par la découverte des comportements et du rapport à l'art de ces personnes (avec, pour ma part, une affection particulière pour les autistes) ainsi que par la petite communauté qu'elles forment dans l'atelier, les questionnements personnels de l'autrice m'ont moins captivé, et la conclusion ne m'a pas laissé un souvenir marquant.

12/08/2025 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Elle ne fait pas son âge... mais bien d'autres choses
Elle ne fait pas son âge... mais bien d'autres choses

Cet album rassemble des gags et des histoires courtes que Florence Cestac a publiés dans divers magazines (Pilote, Spirou, L'Écho des Savanes, Fluide Glacial et d'autres), ainsi qu'une histoire tirée du collectif En chemin elle rencontre.... Ce n'est pas précisé, mais il me semble que ces récits s'étalent des années 1980 jusqu'à la fin des années 2010. Le style graphique de Florence Cestac reste fidèle à lui-même, mais ses thématiques évoluent au fil du temps, un peu à la manière de ses albums semi-autobiographiques comme Le Démon de midi. Les premières histoires tournent autour du couple et des relations hommes-femmes, puis viennent le divorce, la solitude des seniors, les enfants devenus ados ou jeunes adultes. La Grise Vie de Noémie tranche avec le reste, puisqu'il s'agit du récit dramatique d'une jeune fille brillante dont la vie est brisée par le harcèlement et le viol, perpétrés par des salauds haineux. L'ensemble est un peu disparate, mais on retrouve avec plaisir la patte et l'esprit de Florence Cestac. Enfant, j'étais totalement hermétique à son dessin à cause des Déblok que je détestais, mais j'ai fini par m'y attacher et à apprécier sa manière de raconter, très personnelle et ancrée dans sa vision du monde. Certains gags ont un peu vieilli, en particulier les caricatures de machos des années 70-80 ou les contrastes entre son esprit soixante-huitard et celui des jeunes des années 2000. Ce n'est pas vraiment drôle, ou du moins pas à mon goût. Mais j'ai apprécié de voir la vie à travers ses yeux, et de comprendre un peu mieux comment la génération qui a précédé la mienne percevait le monde et les évolutions de la société. Une lecture intéressante pour ceux qui connaissent déjà l'autrice à travers ses albums plus célèbres.

12/08/2025 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Betty et Polo
Betty et Polo

Betty est une oie, Polo un coquelet. Tous deux vivent dans une ferme jusqu'au jour où Polo entend dire que pour le Réveillon de Noël, le fermier a prévu de les cuisiner. Ni une ni deux, les deux compères décident de s'évader et de rejoindre une école pour animaux de compagnie, dans l'espoir d'échapper à la casserole. Le dessin, volontairement simple, repose sur un trait souple et expressif, avec des décors minimalistes et une palette d'expressions limitée. Mais cette apparente simplicité cache une vraie maîtrise. L'auteur, bien qu'il signe ici sa première BD, n'est pas novice : son expérience dans l'illustration jeunesse se ressent. Le vrai atout visuel de l'album, ce sont les belles couleurs à l'aquarelle qui apportent chaleur et personnalité aux planches. Reste que la cible de l'ouvrage est floue. Le style évoque à la fois les albums pour enfants et le dessin de presse ou le strip comics, tandis que le ton oscille entre fable animalière et récit plus adulte. Avec ses près de 160 pages, l'album risque de lasser les plus jeunes, tandis que les lecteurs adultes pourraient y trouver l'intrigue trop convenue. L'humour, bien présent, vise plus à alléger l'ambiance qu'à provoquer de vrais éclats de rire. Pour ma part, je suis resté assez hermétique au charme de cette histoire attendue, dont le ton ne m'a pas autant séduit que d'autres récits du même genre tels que Le Grand Méchant Renard qui m'avait semblé bien plus percutant. Peut-être que d'autres que moi serons davantage attendris par ce couple de volailles gentilles mais un peu naïves. Note : 2,5/5

12/08/2025 (modifier)
Couverture de la série La Maison des Damnés
La Maison des Damnés

Est-ce une vraie anecdote ? Est-ce une vraie interrogation qui a hanté l'esprit de l'auteur toutes ces années et qu'il nous transmet ici tant bien que mal sur papier ? Je ne sais pas, mais en tout cas je me pose sincèrement la question. Je me la pose surtout car j'avoue être circonspecte suite à cette lecture. Le dessin est beau, le texte bien écrit, et pourtant je ne sais qu'en dire, je ne s'en non plus qu'en penser. Je n'ai pas boudé ma lecture, je ne l'ai pas apprécié pour autant, je n'en ai pas non plus gardé grand chose une fois la dernière page tournée si ce n'est le fait que j'ai cru y déceler une certaine forme de poésie. Est-ce le texte qui me fait dire ça ? Le dessin figé et suggestif ? Les deux ? Je ne sais pas, mais en tout cas je me pose sincèrement la question. (Note réelle 2,5)

12/08/2025 (modifier)
Couverture de la série De trop
De trop

Comme beaucoup d'album de cette collection, ici on mise tout sur la chute (bah oui, c'est court, il faut s'adapter). La chute est bonne, potentiellement prévisible quand on a déjà entendu beaucoup de fois ce genre de rhétoriques, mais fait mouche. Bon, je ne peux pas m'en empêcher, je carjack mon avis sur cet album (qui se voulait sans spoiler) pour m'exprimer sur son sujet ! SPOIL DU TWIST DE FIN : l'album cherche à nous parler de l'enfance, bien trop souvent ostracisée dans notre société qui n'hésite pas à réduire toujours davantage les espaces alloués aux jeunes et où celleux-ci puissent s'épanouir. Je suis on ne peut plus d'accord avec le sujet, effectivement notre société contemporaine rejette énormément, parfois même inconsciemment, ce qui attrait à l'enfance. Je n'aurais vraiment pas été contre un prolongement de la pensée (voire même à l'apport d'une nuance fondée et pertinente du propos) mais ce que l'album pointe du doigt reste juste et marquant même avec cette contrainte de temps alors je vais m'arrêter là (et j'ai "la grosse flemme sa mère d'argumenter aujourd'hui alors lâchez-moi les couilles", pour citer ma mamie - en français dans le texte).

12/08/2025 (modifier)